dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Invité le Sam 25 Juin 2011 - 9:57

Claude_F972 a écrit:Je l'ai dis à mes proches et à mes collègues de travail.

A midi entre deux mains au poker je leurs sors en gros "je suis surdoué, c'est pour ça que certains me trouverons bizarre et ça me bouffe la vie" on en à parlé 5 min et c'est tout, une ou deux petite vanne mais rien de bien méchant

Certains amis dubitatifs, sans essayer de me "descendre" cherchent plutôt à me montrer qu'eux aussi on tel, tel ou tel caractéristique et sont meilleurs que moi dans certains domaines.
Même si je le pense, je n'ose pas dire "toi, je pense pas que tu sois surdoué". N'ayant pas la même signification pour eux et moi nous n'interpréterions pas le mot de la même façon et ça pourrais blesser, dans ce cas j'acquiesce bêtement et coupe court.(rhaa ! saleté de mot)

Certain on l'air d'y croire d'autres moins, ça ne me gêne pas je trouve que c'est normal, de toutes façon j'ai une foultitude d'arguments, je connais mon sujet.


J'adore l'expression "cerveau droit" moi qui cherchait désespérément une alternance à l'affreux mot surdoué, merci bien

De rien je l'ai pioché ailleurs sur ce même forum Wink
Le hic c'est que surdoué ne veut pas dire meilleurs que les autres en tout. Ce genre de conversation me fatigue à l'avance, un peu comme celles sur le végétarisme ou chacun a sa vérité, son expérience, ses convictions, forcément différentes, qui le touchent très fort, ça part tjs en vrille et ça n'apporte rien.

Mais je te trouve courageux !

Le plus que j'en dit c'est que j'ai un système de fonctionnement de pensée différent qui me permet de faire tel ou tel truc plus rapidement, donc pas nécessaire de flipper devant moi parce qu'on est plus lent. Par ailleurs dès que je dis que je n'arrive pas à conduire ça rassure assez vite sur les capacités des autres.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Mégalopin le Sam 25 Juin 2011 - 11:07

Claude_F972 a écrit:J'adore l'expression "cerveau droit" moi qui cherchait désespérément une alternance à l'affreux mot surdoué, merci bien

Oui, cerveau droit est très bien. Ce mot permet d'évoquer la différence de la structure neuronale.

L'expression PESM est également à garder sous le coude, Personne Encombrée de Surefficience Mentale. Elle peut aider à développer les inconvénients et faire passer la pilule Suspect What a Face

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par alty le Sam 25 Juin 2011 - 11:43

Mégalopin a écrit:
Claude_F972 a écrit:J'adore l'expression "cerveau droit" moi qui cherchait désespérément une alternance à l'affreux mot surdoué, merci bien

Oui, cerveau droit est très bien. Ce mot permet d'évoquer la différence de la structure neuronale.

L'expression PESM est également à garder sous le coude, Personne Encombrée de Surefficience Mentale. Elle peut aider à développer les inconvénients et faire passer la pilule Suspect What a Face

Je crois que j'avais besoin de rire . cyclops J'adore cette expression. Par contre, je ne suis pas certaine que les gens prennent bien ce trait d'humour :p

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par alty le Sam 25 Juin 2011 - 11:50

cramique a écrit:


Je ne fais pas ça à 100% non plus, je m'en rends compte en te lisant.
Les 3 premiers mois j'ai pas ouvert la bouche quasiment, en même temps chaque soir je me disais que j'y retournais pas le lendemain, et puis le gout du défit de m'adapter...
Les moments chiants me poussent à l'ouvrir et à recadrer tout le monde vers une discussion constructive, en général tu en as au moins 2 ou 3 qui sont super contents qu'on se recentre vers le sujet de discussion pour pas y passer la journée. Mais évidemment faire attention à qui on parle, tjs la même chose, diplomatie etc.

Mais c'est bizarre car pour le moment je me sens hyper mal au boulot, je vois bien lucidement que je suis comme la mouche derrière la vitre qui veut ressortir à l'air libre. Je vois bien lucidement mes collègues tout moisis contents de leur sort. Et pourtant voilà deux fois qu'on me dit que sans moi c'est pas pareil et que lorsque je ne serai plus là ce sera dommage. Et sincèrement en plus. Je les distraits de leurs habitudes ?

J'ai la même sensation que toi au boulot. D'ailleurs, j'ai tellement l'impression que tout est lent ou ennuyeux que j'ai fait la bêtise, hier, de refuser une tâche que l'on me proposait, différente... par peur de l'après : on me proposait de conceptualiser et de mettre en place quelque chose de nouveau (en plus de mon quotidien) que j'ai refusé par peur de l'après mise en place alors qu'ils m'ont dit qu'ils ne voyaient que moi pour le faire. Je n'arrivais pas à prendre de décision et j'ai, bêtement, mis en avant tous les côtés négatifs au point de faire douter la hiérarchie sur le bienfait de cette nouvelle structure qui n'est pas idiote du tout. Arf. C'est bête. Maintenant que c'est non, je me rends compte que ne pas relever ce défi me ronge. D'ailleurs quand il m'en avait parlé, j'avais déjà vu toutes les hypothèses, les possibilités et autres. Et le pire, c'est que j'y pense encore et que je me suis documentée... dans le genre folle, je crois que j'ai décroché la palme. No
Je sens que je vais devoir y retourner lundi (ça va faire malin, tiens, mais je vais mettre ça sur le compte de ma fatigue. Ils s'y sont repris à trois fois pour me convaincre). Et pourquoi j'ai dit non ? Parce que je m'ennuie déjà tellement que je me suis dit que ça servirait à rien de faire ça en plus.
Résultat des courses, le chef a tellement eu peur que je parte qu'il m'a dit tout un tas de choses formidables sur l'organisation à venir de mon temps de travail pour préparer mon évolution de carrière dans les meilleures conditions possibles.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Mégalopin le Sam 25 Juin 2011 - 13:38

alty a écrit:
Mégalopin a écrit:
L'expression PESM est également à garder sous le coude, Personne Encombrée de Surefficience Mentale. Elle peut aider à développer les inconvénients et faire passer la pilule Suspect What a Face

Je crois que j'avais besoin de rire . cyclops J'adore cette expression. Par contre, je ne suis pas certaine que les gens prennent bien ce trait d'humour :p

Conten de t'avoir fait rire, c'est toujours ça de pris Very Happy

En revanche l'expression PESM n'est pas un trait d'humour, une assoc et un forum existent sous cette dénomination voir ICI



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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Mégalopin le Dim 26 Juin 2011 - 13:43

cramique a écrit:
Mégalopin a écrit:[Ben oui mais c'est ça qui marche...

Moui

Tu as
bonjour ça va ==> oui ça va et toi ?
.....

J'ai pas dit que je savais y faire, je souligne que c'est ce genre de chose qui semble créer la communication. Pour moi aussi ces phrases sont vides, j'essaie de faire monter le niveau d'échange et il ne faut pas What a Face What a Face mais parfois, de très rares fois ça fonctionne, il s'agit d'un zébrâne, ou d'un zèbre Long hug

Le réchauffement planétaire est un sujet intermédiaire qui marche pas mal, mais il faut dire ah lala ma bonne dame et ça j'ai du mal... Il est dangereux de souligner que Mars se réchauffe également. Le rapport Dmitriev est à proscrire totalement scratch scratch scratch


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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Mégalopin le Dim 26 Juin 2011 - 14:20

Clemelle a écrit:t'as qu'a dire le nouveau truc a la mode "je suis cerveau droit" pas de sous entendu de précoce, d'age, de QI ni rien, juste un fait concret de fonctionnement différent... ni mieux, ni moins bien, juste complémentaire...

ce terme me plait de plus en plus drunken

A part cerveau droit, il m'arrive aussi de dire que je suis un peu Asperger (c'est faux. Enfin, je crois...), en commentant ce que c'est Suspect clown

Ca fait passer l'idée de mec un peu handicapé doté d'aptitudes zintellectuelles particulières rendeer

L'interlocuteur accepte plus faciement l'existence d'un décalage, admirant les aptitudes et condescendant envers les zharbitudes lol king geek

Mais tolérant: devenu complice, il observe votre maladie Shocked cyclops

Pour 'instant ça fonctionne pas mal

scratch (j'en suis encore en phase de test) scratch



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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Invité le Dim 26 Juin 2011 - 21:23

alty a écrit:
cramique a écrit:


Je ne fais pas ça à 100% non plus, je m'en rends compte en te lisant.
Les 3 premiers mois j'ai pas ouvert la bouche quasiment, en même temps chaque soir je me disais que j'y retournais pas le lendemain, et puis le gout du défit de m'adapter...
Les moments chiants me poussent à l'ouvrir et à recadrer tout le monde vers une discussion constructive, en général tu en as au moins 2 ou 3 qui sont super contents qu'on se recentre vers le sujet de discussion pour pas y passer la journée. Mais évidemment faire attention à qui on parle, tjs la même chose, diplomatie etc.

Mais c'est bizarre car pour le moment je me sens hyper mal au boulot, je vois bien lucidement que je suis comme la mouche derrière la vitre qui veut ressortir à l'air libre. Je vois bien lucidement mes collègues tout moisis contents de leur sort. Et pourtant voilà deux fois qu'on me dit que sans moi c'est pas pareil et que lorsque je ne serai plus là ce sera dommage. Et sincèrement en plus. Je les distraits de leurs habitudes ?

J'ai la même sensation que toi au boulot. D'ailleurs, j'ai tellement l'impression que tout est lent ou ennuyeux que j'ai fait la bêtise, hier, de refuser une tâche que l'on me proposait, différente... par peur de l'après : on me proposait de conceptualiser et de mettre en place quelque chose de nouveau (en plus de mon quotidien) que j'ai refusé par peur de l'après mise en place alors qu'ils m'ont dit qu'ils ne voyaient que moi pour le faire. Je n'arrivais pas à prendre de décision et j'ai, bêtement, mis en avant tous les côtés négatifs au point de faire douter la hiérarchie sur le bienfait de cette nouvelle structure qui n'est pas idiote du tout. Arf. C'est bête. Maintenant que c'est non, je me rends compte que ne pas relever ce défi me ronge. D'ailleurs quand il m'en avait parlé, j'avais déjà vu toutes les hypothèses, les possibilités et autres. Et le pire, c'est que j'y pense encore et que je me suis documentée... dans le genre folle, je crois que j'ai décroché la palme. No
Je sens que je vais devoir y retourner lundi (ça va faire malin, tiens, mais je vais mettre ça sur le compte de ma fatigue. Ils s'y sont repris à trois fois pour me convaincre). Et pourquoi j'ai dit non ? Parce que je m'ennuie déjà tellement que je me suis dit que ça servirait à rien de faire ça en plus.
Résultat des courses, le chef a tellement eu peur que je parte qu'il m'a dit tout un tas de choses formidables sur l'organisation à venir de mon temps de travail pour préparer mon évolution de carrière dans les meilleures conditions possibles.

Tu peux probablement demander à en reparler, surtout si tu dis que ton chef a peur que tu ailles voir ailleurs.
Dis-que tu as dormi dessus. Le dialogue est toujours considéré comme positif, constructif et tu risques au pire un refus, pas qu'on te prenne pour une folle Wink

Et puis fais comme moi, prépare un projet d'avenir pour tenir mentalement le coup.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par alty le Mar 28 Juin 2011 - 6:03

cramique a écrit:
Tu peux probablement demander à en reparler, surtout si tu dis que ton chef a peur que tu ailles voir ailleurs.
Dis-que tu as dormi dessus. Le dialogue est toujours considéré comme positif, constructif et tu risques au pire un refus, pas qu'on te prenne pour une folle Wink

Et puis fais comme moi, prépare un projet d'avenir pour tenir mentalement le coup.

Comme j'ai joué mes Cassandre, du coup, le projet a été complètement changé... finalement, ça sera différent, s'il a lieu un jour Suspect

J'ai mon projet d'avenir depuis quelques mois, le seul hic, c'est qu'il repose sur moi et mes compétences/capacités et seulement moi. C'est le plus angoissant savoir que tout dépend de moi (examen professionnel).

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Invité le Mar 28 Juin 2011 - 12:58

Je te crois.. Et en même temps ça risque de te sortir de l'impasse..
Tous les gens que je croise ici semblent en reconversion pro. Tu pourras en parler ici Smile

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Nicole le Mar 28 Juin 2011 - 13:16

je confirme
bon, c'est vrai, il faut se faire violence, mais les réussites sont d'autant plus agréables.
moi je suis en train de monter ma petite boîte - si tu veux en causer, je t'en prie :-)

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Message par marco31 le Dim 10 Juil 2011 - 15:07

Il y a des gens (famille, quelques amis) à qui je n'ai pas envie de taire ma douance, et dont qui je ne me sens pas forcément l'intime. En fait, le fait de le cacher me saoule; je n'ai pas forcément envie de le crier sur les toits mais me taire comme si c'était honteux me déplait. Du coup, j'ai élaboré un petit canevas qui pourra peut-être servir à d'autres...

"Il se trouve qu'il existe des personnes qui ont un mode de fonctionnement du cerveau qui est différent de celui de la très grande majorité des gens. Cette différence de fonctionnement ( à ce moment là, j'aimerais dire "ce phénotype différent" je crois que ça serait le terme le plus approprié) est observable scientifiquement/en IRM. Cela s'accompagne d'hyperesthésies/d'hyper-perceptions variées (ici, donner les exemples qui passent par la tête) mais aussi souvent, de difficultés pour se faire comprendre ou échanger avec les autres, en allant de l'isolement social à l'échec scolaire. Et puis ça s'accompagne aussi de scores bizarrement élevés aux tests de QI, c'est d'ailleurs comme ça qu'on nous détecte. J'ai d'ailleurs trouvé un réseau de congénères tout à fait sympatiques dans le même cas avec qui j'échange des trucs et astuces pour survivre dans ce monde..."

Et ça a marché assez bien ces dernières fois récentes...

Et puis même si ça quote la page d'avant, je salue Bird!

Bird a écrit:L'hyper-adaptabilité est une chose dont on prend conscience petit à petit. Je me prend en flagrant délit 267 fois par jour si je commence à y prêter attention.

Je plussoie. La même ici. Ca pourrit la vie. Shocked

Bird a écrit:
Se découvrir "zèbre" (décidément aucun terme ne me convient), c'est comme un oignon qu'on épluche... Une peau, une autre, et encore. Avec l'espoir de faire ou refaire connaissance avec ce qu'il y a au centre, au coeur de soi.
Et puis après. Qu'en faire ?

Je plussoie aussi!

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Invité le Lun 11 Juil 2011 - 2:55

Hello.

Cramique, oui, je bosse comme toi. Pourtant souvent dérangée par des passages de collègues (dans le secteur formatif, une grande partie du temps se passe à se branler les méninges à chaque occasion possible, en parlant de soi, des apprenants, à faire de l'emporte-pièce, pas mal aussi)...

Malgré tout, à force de changer de taf, mon challenge c'est de repérer le plus vite possible les failles du cahier des charges, qui me permettront de récupérer du temps pour moi.

Déjà, j'ai deux boulots. Alors à l'un, quand en séance on nous dit qu'il faut combler des trous, reprendre une journée de cours, d'examen, etc, je ne moufte pas; y'a toujours un missionnaire ou un christ en croix pour lever les yeux au ciel en jouant les martyrs - et puis, la chef d'équipe nous dit assez que si on ne peut pas trouver dans l’équipe régulière, on cherchera quelqu'un parmi les intervenants extérieurs. Je garde mes possibilités de dépannage pour les personnes qui fonctionnent comme moi; pour les pétasses qui me lancent habituellement des peaux de banane, je prends juste la peine, diplomatiquement parlant, d'ouvrir mon agenda pour y constater par devers-moi que j'ai congé le jour qu'elles convoitent et répondre d'un air contrit que "plouf dans l'eau". Spécialement la gourdasse pétrie de morale qui sans strabisme aucun arrive à rouler de l’œil sur les documents ouverts sur mon bureau et voudrait contrôler l'agenda des autres... Je suis en fait bien protégée par le fait que j'ai un autre taf, et que je dois aussi des heures ailleurs. Imparable. Autre chose: au début, je m'angoissais à me faire des plans spéciaux pour suivre les plans des journées de formation... et j'ai très vite arrêté, je connais assez mon sujet pour y aller à l'impro. En une année, je crois que j'ai retenu une fois les étudiants... de 5'. Je crois surtout que je culpabilisais de suivre les trois mois d'introduction, où je devais juste suivre les cours... et de me dire chaque jour in petto que j'allais surtout pas faire comme je voyais faire! Surtout en étant formatrice d'adultes toute fraîche diplômée, après avoir intégré cette formation en mentant sur mon CV - à l'heure actuelle, une année et demie après avoir été engagée dans ma boîte, je crois que je remplis tout juste les conditions que j'aurais dû satisfaire avant de pouvoir accéder à cette formation justement, en termes d'heures d'enseignement déjà prodiguées. La première fois que j'ai donné une leçon à un groupe, c'est lors d'une des épreuves de l'examen final de ladite formation...et on m'a dit que j'avais mis la barre très haut. Merci la ligue d'improvisation!!!

A l'autre boulot, une équipe d'amateurs et de bénévoles experts de leur domaine mais complètement désorganisée, je bluffe en les lançant sur des pistes qui les valorisent. Nouvelle stratégie avec une collaboratrice adorable mais qui n'a pas inventé le fil à couper l'eau chaude, si j'ose dire, et se stresse avec des missions impossibles: je la stresse encore plus en lui demandant son avis dans sa spécialité, et là elle me répond en utilisant les arguments que je lui ai servi la demi-heure d'avant ("On arrivera pas à tout faire! Allons à l'essentiel!")

En fait, je ne dis plus que je suis zèbre, mais je me zébrouille pour envoyer les gens dans des directions qu'ils croient avoir pris tous seuls, et je les congratule de m'aider parce que "je ne m'en sortirais pas sans eux". J'ai juste une fois dit que s'ils m'avaient engagée, c'est parce que j'avais le putain de diplôme qu'ils n'avaient pas, et que si mes conseils de spécialiste diplômée HES devaient rencontrer de la résistance sous prétexte qu'on n'avait jamais fait les choses comme ça, ils allaient se trouver une autre documentaliste. Silence frisé... M'en fous. Je reste là le temps nécessaire à leur faire produire un certificat de travail qui me propulse là où je veux aller, et salut.

Dans une place comme dans l'autre, je passe la moitié du temps à bosser pour moi et mes projets persos, en indépendante. Parce que à côté, j'ai mon petit bizness, qui ne nécessite qu'un PC fonctionnel, et plus rarement, une clé USB. Je file me prendre une pause déjeuner prolongée, lorsque j'ai un examen pratique à faire passer à l'extérieur et que ça se termine (souvent) tôt, car j'ai une manière d'évaluer qui me permet de respecter la procédure tout en accélérant le mouvement...

Bref, en étant engagée à 70%, je ne bosse réellement pour mes patrons qu'à, au mieux... 50%. Même pas vrai: je suis physiquement présente, seulement. Et comme à l'un des deux il y a une porte dérobée qui me permet de filer au troquet d'à côté, je sens que je vais pousser le bouchon, c'est sans danger. Je pourrais même prendre mon PC et bosser avec la wifi du troquet (on nous limite depuis peu l'accès au web - bon, j'ai réussi à me faire débloquer ma boîte e-mail sous un prétexte ridicule...) Je me demande si je vais encore trouver des créneaux pour exploiter le monde, tiens!

Le pire c'est que j'ai même réussi, d'un côté comme de l'autre, à me construire une aura de personne engagée à fond, car je leur ai très vite proposé de prendre en charge des mandats surnuméraires... qui en fait sont des propositions de simplification du travail visant l'efficience, et demandent un petit peu d'investissement de départ (quelques heures où je me serais emmerdée de toute façon à faire de la présence), histoire de lancer ensuite les gens sur le remplissage de la trame que je leur propose, et qui les valorise.


Bref, en somme, je ne mets pas en évidence ce qui pourrait me mettre en difficulté: déjà vu ce que ça donnait avec quelques proches, et des copines que j'ai larguées vu leur réaction - comme dit par quelqu'un plus haut, c'est comme si je leur disais qu'elles sont connes...
Au premier boulot, j'ai une relation privilégiée avec la coordinatrice des secrétaires de mon secteur, et puis un des mandats surnuméraires que j'endosse, c'est de rédiger les protocoles de travail des secrétaires et du sien (enfin, leur trame...). A elle, je vais finir par le dire.

Je parle plus de mon don, je fais avec. Et je travaille à ne pas me sentir un escroc, parce que ça, c'est encore une autre paire de manches. J'ai trouvé pour ça une psy-coach spécialisée dans les changements d'orientation des zarbizèbres. Je viens de commencer, et pour le moment je parle surtout pour me dédouaner de mon sentiment d'imposture. Songez que je dois même m'inventer des heures supp' pour ne pas m'attirer des remarques de la part des collègues qui se demandent comment je fais... c'est grave. Comme je les reprends, obéissant en ceci aux gros yeux de mon chef, la boucle est bouclée! Comprenez que du coup, c'est plus à 50% que je bosse mais à 40... et encore, je suis polie.

Au passage, notez bien: j'ai eu la banane à fond quand l'aîné de mes neveux a terminé sa formation HES de graphiste design ce printemps (un programme d'enfer, vraiment, les semaines de 100 heures, il connaît)... il a achevé son cursus avec un 7 sur 6 (tollé mahousse au secrétariat, mais komenkonfé pour rentrer ce résultat???). Bon zèbre, va.

Ca me fait du bien aussi de me sentir en famille, dans ma vraie famille. cheers bounce Basketball

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Invité le Lun 11 Juil 2011 - 10:37

Merci pour ces deux nouveaux témoignages Smile

Tangerine je vois bien comment tu fonctionnes et le sentiment de léger malaise que cela peut procurer :s
J'aime bien trouver le potentiel de gens qui en semblent dépourvus aussi même si au final il me semble tjs que cela irait plus vite sans eux Embarassed

Je pense avec le recul de ces dernières semaines que je suis tout simplement dans un environnement extrême à la mentalité trop différente de la mienne. Je suis obligée de reconnaitre qu'après près de 2 ans aucun des dossiers que j'ai traité n'a avancé au delà de mon travail. Ce sont pourtant des dossiers intéressants, voire essentiels pour la pérennité de l'entreprise pour certains. Dans ce cas il m'est difficile de me sentir encore investie dans l'entreprise.

D'autre part je n'ai pas trouvé de ressources en moi pour travailler pour moi en cas de creux. Certes j'ai fait quelques petites choses mais rien de constructif ou de passionnant.

J'ai du mal à ne pas être intègre et honnête même avec les gens qui n'en valent pas la peine. Étant dans un environnement de travail conflictuel je mets un point d'honneur à ne pas l'être.

Disons que mon problème a été : dois-je me forcer à rester (et comme le disait une personne ailleurs : vivre 8 h vide par jour, ce qui m'est impossible) pour le salaire et les avantages réels (congés, formations, primes) qui sont importants dans la vie ou bien dois-je rebondir ailleurs même si c'est repasser par la case "sans emploi" ?
Je suis forcée en plus de vivre dans un bureau insalubre soit seule soit en face d'un "fou", ce qui m'a mené à saturation.

N'as tu pas envie de passer chef d'équipe vu tes capacités à valoriser les gens ?

Pour le reste j'assume (depuis peu) ma façon de travailler, d'être rapide souvent, de ne pas comprendre un bête truc parfois, d'aimer l'action, le constructif, le défit. J'ai un esprit de synthèse et je recadre souvent lorsque les réunions partent vrille. Je ne fais des heures sup que lorsque j'en ai envie et que c'est nécessaire. Lorsque j'ai fini je n'ai pas peur de le dire. En gros je peux prendre deux pauses d'1/2 h dans la journée ou pas du tout selon la motivation pour le travail en cours. Je suis appréciée par ceux qui se rendent compte de tout ça, pas du tout appréciée par les glandeurs.


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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Invité le Lun 11 Juil 2011 - 13:39

cramique a écrit:Merci pour ces deux nouveaux témoignages Smile

Tangerine je vois bien comment tu fonctionnes et le sentiment de léger malaise que cela peut procurer :s
J'aime bien trouver le potentiel de gens qui en semblent dépourvus aussi même si au final il me semble tjs que cela irait plus vite sans eux Embarassed

On les occupe, et pendant ce temps, on utilise la marge pour peaufiner d'autres projets; avoir l'air dynamique auprès de la direction, ça peut toujours servir. Et du coup, on reste disponible pour accueillir leurs petits soucis, faire médiation quand ça chauffe entre deux gnolguis.

Je pense avec le recul de ces dernières semaines que je suis tout simplement dans un environnement extrême à la mentalité trop différente de la mienne. Je suis obligée de reconnaitre qu'après près de 2 ans aucun des dossiers que j'ai traité n'a avancé au delà de mon travail. Ce sont pourtant des dossiers intéressants, voire essentiels pour la pérennité de l'entreprise pour certains. Dans ce cas il m'est difficile de me sentir encore investie dans l'entreprise.

D'autre part je n'ai pas trouvé de ressources en moi pour travailler pour moi en cas de creux. Certes j'ai fait quelques petites choses mais rien de constructif ou de passionnant.

J'ai bâti mon petit truc en cherchant en quoi j'étais le plus douée... et toi, c'est quoi? Rien que tu puisses creuser pour devenir consultante? Autre question: pour la formation continue, t'as des possibilités? Là je fouillasse pour dégotter quelque chose que je puisse mettre sur mon CV pour l'avenir... si c'est pas sur la liste que mon taf me donne, je peux toujours proposer, je risque juste qu'on me dise non.

J'ai du mal à ne pas être intègre et honnête même avec les gens qui n'en valent pas la peine. Étant dans un environnement de travail conflictuel je mets un point d'honneur à ne pas l'être.

Tout-à-fait compatible!On a aussi repéré ça avec la coach, comment donner les moyens de renvoyer la balle au chercheur de crosse - pas la rattraper, déjà. Ca se bosse un peu... mais ça vaut l'os, et ça reste valable pour un tas d'autres occasions.

Disons que mon problème a été : dois-je me forcer à rester (et comme le disait une personne ailleurs : vivre 8 h vide par jour, ce qui m'est impossible) pour le salaire et les avantages réels (congés, formations, primes) qui sont importants dans la vie ou bien dois-je rebondir ailleurs même si c'est repasser par la case "sans emploi" ?

Et chercher sans démissionner, why not? Pour annoncer un beau jour la bouche en cœur que dans trois mois, salubonsouâr...

Je suis forcée en plus de vivre dans un bureau insalubre soit seule soit en face d'un "fou", ce qui m'a mené à saturation.

Mmmh. Pour ça, je suis passée par la case "médecin-léger médoc", genre phytothérapie, Rescue, etc. Et les barrages psychologiques, genre mur de cactus au bord de mon bureau, entre schnowboot et moi. Là, j'ai élevé le mur de mon disque dur posé sur la tranche pour plus voir les cucuteries que ma voisine de droite (on se fait face deux à deux) collectionne sur son burlingue, genre décoration mièvre faites par le Tiers-Monde et relayée par une assoce locale.

N'as tu pas envie de passer chef d'équipe vu tes capacités à valoriser les gens ?

Ah ben non, pas là en tous cas, le social, ou le milieu religieux catho, au secours... La place de chef d'équipe c'est l'endroit le plus sûr pour jouer les boogies entre wagons: le chef, en burn-out depuis trois mois, vient de donner son sac. Le plus drôle , c'est que la secrétaire principale, avec laquelle il s’engueulait régulièrement, s'était fait mettre en congé-maladie le même jour que lui, et à donné sa dém' il y a un mois! Alors dans cette boîte, sûrement pas: et d'un, elle est en souffrance depuis 2-3 ans (déjà deux chefs précédemment épuisés, des sauveteurs forcément déçus): c'est le genre d'endroit où les managers sont considérés par les collaborateurs comme des gestionnaires sans humanité, et les collaborateurs, comme des chieurs idéalistes, par les managers (budget connaît pas, yakaengager-dumonde versus on tente d'équilibrer les entrées et les sorties). Ca m'étonnerait pas de trouver des poupées vaudou une de ces 4 matins, l'altruisme et l’humanitaire, c'est Batman et Cie, alors ça pense que leur mission est juste et que le reste des gens qui n'embarquent pas dans leurs vues sont des cons de tyrans finis -et ça prend congé toute une après-midi pour aller se faire rééquilibrer les énergies chez le chromothérapeute... Comme je me sens de plus en plus encline à penser qu'en effet, mes collaborateurs sont des chieurs idéalistes, et de vrais crocos pour la hiérarchie, capable de lynchages en séance... si je prends un poste de chef de projet, ce sera en tous cas jamais là, pitié!!! Very Happy

Pour le reste j'assume (depuis peu) ma façon de travailler, d'être rapide souvent, de ne pas comprendre un bête truc parfois, d'aimer l'action, le constructif, le défit. J'ai un esprit de synthèse et je recadre souvent lorsque les réunions partent vrille. Je ne fais des heures sup que lorsque j'en ai envie et que c'est nécessaire. Lorsque j'ai fini je n'ai pas peur de le dire. En gros je peux prendre deux pauses d'1/2 h dans la journée ou pas du tout selon la motivation pour le travail en cours. Je suis appréciée par ceux qui se rendent compte de tout ça, pas du tout appréciée par les glandeurs.

Ah mais que c'est un bon début, ça, madame... clown


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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Denis le Sam 29 Oct 2011 - 1:04

marco31 a écrit:Du coup, j'ai élaboré un petit canevas qui pourra peut-être servir à d'autres...
J'aime beaucoup cette approche qui met l'accent sur une différence au niveau neurologique et non une supériorité au niveau résultat d'un test de QI (qui n'en est que la conséquence). Cela m'aurait aidé quand j'ai parlé ouvertement de ma surdouance à quelques personnes, ce que j'ai toujours regretté par la suite.

La première fois, c'était à un copain, enseignant-chercheur. Il m'avait confié être franc-maçon. En retour, je me suis ouvert à lui, touché par sa confiance. Il m'a grondé vertement, mais gentiment (il m'aime bien), me reprochant de ne pas me mettre plus en avant. Il n'empêche que j'ai regretté après coup.

La seconde fois, ce fut lors d'un conseil de famille improvisé avec mes frères et belles-soeurs. Pour calmer les esprits dans un contexte de très forte émotion (notre père était moribond), moi qui ne parle jamais de ma santé, j'ai dû révéler mon diabète pour expliquer certains de mes actes très mal interprétés. Encouragé par leur réaction du genre "mais c'est banal, ce que tu as..., t'en fait pas..., Y'a pas de quoi en faire un foin...", je me suis dit que c'était peut-être le moment d'en dire plus sur moi et d'être enfin accepté comme je suis par ma famille. Quand une belle-soeur m'a dit que les tests de QI, ça ne voulait rien dire, car il suffisait de s'entraîner (bin voyons), j'ai compris mon erreur.

Depuis, je n'en parle plus, mais au moins, je n'ai plus de scrupule à me cacher : lors de discussions familiales, j'argumente ma position désormais de manière beaucoup plus fouillée, sans être pédant ni arrogant (si je veux être accepté de mes frères, je dois aussi les respecter). J'espère ainsi qu'ils comprendront qu'un entraînement au test de QI n'explique pas la justesse des arguments.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Bird le Sam 29 Oct 2011 - 8:22

marco31 a écrit:Du coup, j'ai élaboré un petit canevas qui pourra peut-être servir à d'autres...

"Il se trouve qu'il existe des personnes qui ont un mode de fonctionnement du cerveau qui est différent de celui de la très grande majorité des gens. Cette différence de fonctionnement ( à ce moment là, j'aimerais dire "ce phénotype différent" je crois que ça serait le terme le plus approprié) est observable scientifiquement/en IRM. Cela s'accompagne d'hyperesthésies/d'hyper-perceptions variées (ici, donner les exemples qui passent par la tête) mais aussi souvent, de difficultés pour se faire comprendre ou échanger avec les autres, en allant de l'isolement social à l'échec scolaire. Et puis ça s'accompagne aussi de scores bizarrement élevés aux tests de QI, c'est d'ailleurs comme ça qu'on nous détecte. J'ai d'ailleurs trouvé un réseau de congénères tout à fait sympatiques dans le même cas avec qui j'échange des trucs et astuces pour survivre dans ce monde..."

Excellent ce canevas, marco31. Pour moi, dans l'état actuel, je préfère l'anonymat, par peur de mauvaise réception du message dans mon environnement pro courant (qui ne correspond pas vraiment à ce que je suis, et dont j'imagine les réactions... Je préfère ne pas prendre le risque). Côté famille idem pour d'autres raisons.

Les rares amis à qui j'en ai parlé me semblent être des congénères - comme tu dis - justement, avec qui je vole depuis longtemps dans des zones ou domine le "plus" : plus de sens, d'imagination, d'ouverture, d'éthique, de questionnement, (d'humour aussi) etc... Mes amis les plus chers sont tous des atypiques. A eux seuls j'ai pu m'ouvrir un peu sur cette question, sans me sentir menacé.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par marco31 le Sam 29 Oct 2011 - 12:15

Merci de vos retours! Un élément qui rend quand même plus facile la tenue de ce discours, c'est le contexte dans lequel tu vis. Il se trouve que je suis chercheur, que j'ai fait une thèse en chimie quantique, et que du coup dans mes ami-e-s on n'est pas étonné que je sois branché par les choses "difficiles à comprendre". Je me dis que c'est autrement plus difficile de le dire quand on n'est pas déjà "étiqueté" comme ça avant. Et puis la douance, j'en parle à des ami-e-s, à des proches, pas à de simples collègues de travail.

En revanche, je commence maintenant à recevoir des coups de fils de copains, de la famille, sur le thème "tiens, on a appris que notre enfant était 'précoce', tu crois que...(ici questions diverses)... ?" Je suis très content, parce que selon moi, un des points centraux du discours à défendre sur la douance, c'est que vivre avec la douance fait qu'il y a un certain nombre de choses qui pour nous/avec nous/ ne vont pas de soi, un certain nombre d'évidences pour les autres qui ne le sont pas pour nous, et que le maximum (enfin presque) de ce qu'on peut demander aux autres pour vivre ensemble au mieux, c'est qu'ils se posent quelques questions de temps en temps (et de préférence à haute voix, merci : )

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Invité le Sam 29 Oct 2011 - 12:47

Je pense que comme tout handicap (pour moi c'est un handicap social) plus on ne parle et mieux on peut communiquer, s'adapter, trouver des solutions et éviter incompréhensions. Par contre, et selon mon expérience, parler de QI est tjs reçu comme "S'il a un plus haut QI que moi alors je suis bête => il m'insulte". Donc QI j'évite absolument par contre je parle des deux cerveaux et j'aime bien ton explication.

Je pense vraiment qu'il faut sortir du tabou et donc ne parler. Après tout pour considérer les gens comme arriérés mentaux (donc moins intelligents que soi) les gens ne sont pas troublés.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Bird le Sam 29 Oct 2011 - 14:44

Absolument d'accord avec vous deux sur le fond et la méthode. Il me faut encore du temps je crois... Merci pour les contributions.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Mokuren le Sam 29 Oct 2011 - 14:54

C'est tout même triste de voir à quel point notre société à du mal avec l'intelligence au point qu'il est difficile pour nous de faire notre "comming out".

Il m'est venu l'idée de remplacer le mot "intelligence" par un autre concept. C'est aussi une qualité humaine, donnée par hasard à la naissance et très inégalement, qu'on peut choisir de cultiver ou non.

"La famille, les amis, etc.., voilà je dois vous avouer quelque chose: je suis très beau/belle, dans la population on pourrait me classer parmi les 2% des personnes au plus beau physique. C'est comme ça, je n'y peux rien. Je vais ma lancer dans le mannequinat."

Je ne sais pas si il viendrait à l'idée de quelqu'un de répondre: la beauté physique ça n'existe pas c'est pour se faire mousser.

Personne ne trouve rien à redire sur la beauté des mannequins, ou les performances physiques des athlètes, sur les bons yeux des pilotes de ligne ou je ne sais quoi d'autre. En revanche, parler de son intelligence est vu comme quelquechose d'agressif, une façon de rabaisser l'interlocuteur. Ce qui est faux. Combien de fois j'ai essayé de partager un savoir avec quelqu'un (Est ce que tu savais que etc...) par pur plaisir de connaissance, et que l'on m'a envoyée sur les roses parce qu'on pensait que je me moquais de l'ignorance de mon interlocuteur?
Marco31 tu as sans doute trouvé une bonne technique d'approche en parlant du QI en dernier et en parlant d'abord de fonctionnement cérébral puisque c'est véritablement ça qui est important et que les gens ne comprennent pas.

Moi je ne sais pas à qui je pourrais parler de mes rayures. Mes parents s'en doutent déjà depuis longtemps, mais ils ont fait comme si de rien n'était. Ils m'ont traité comme la bonne petite fille intelligente et sérieuse, sans jamais se renseigner sur les particularités d'une intelligence de zèbre. Bien qu'ils m'aient toujours promis de me laisser toute liberté pour mes choix de vie, en ce moment ils ont tendance à me pousser à entrer en doctorat (alors que je leur ai répété que je ne voulais pas). Leur apporter la preuve de mes rayures ne les encourageraient pas vraiment à me laisser tranquille je crois. Tu as les capacités, pourquoi tu ne fais pas medecine/ l'Ena/ doctorat (j'ai eu le droit à tous). Quant à mes amis ils n'y a peut être que deux personnes à qui je pourrais me confier après avoir préparé le terrain à mon avis.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Bird le Sam 29 Oct 2011 - 15:45

Pour compléter : plusieurs personnes m'ont renvoyé cette image de quelqu'un de "très intelligent". Et c'est vrai que :
1/ J'ai du mal à admettre qu'on me le dise par peur de ce que tu décris très bien : la hantise de passer pour quelqu'un qui se croit supérieur. Donc je remercie en disant que c'est sûrement très exagéré... et change de sujet.
2/ Même avec ces personnes, je ne partage pas l'info, par peur de ce qui pourrait en être fait.
Et derrière ces peurs, toujours la même motivation je crois : être (paraître) "comme tout le monde". Pour ne pas être seul, pour ne pas être agressé, ni même questionné, que sais-je encore ?
J'ai été testé dans l'enfance, mes parents ont pris connaissance des résultats (qui me situaient clairement dans la précocité) et n'en n'ont parlé à personne, moi compris. Donc pas de mode d'emploi jusqu'à récemment, et c'est maintenant qu'il faut tout inventer, en passant au filtre une vie d'habitudes pas forcément bonnes, mais qui m'ont permis de m'adapter au mieux.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Mokuren le Dim 30 Oct 2011 - 11:36

A ce que je vois je ne suis pas la seule dont les parents ont fait comme si de rien n'était. Peut être que les tiens se sont au moins un peu renseignés, pour les miens j'en doute fort. Je sais que mes parents voulaient à tout prix que j'ai une vie normale, d'autant qu'ils avaient eu l'exemple dans ma famille d'un cousin, très intelligent aussi, qui avait été trop poussé par ses parents et qui s'est "autodétruit" pour ainsi dire. Mais faire l'autruche n'est pas la bonne solution. Déjà parce que le fonctionnement du zèbre est particulier et n'est pas le même que celui d'une personne non zèbre mais très intelligente, mais aussi peut être parce que le fait que nos propres parents aient du mal avec nos rayures et n'aient pas voulu en parler, et bien on prend l'habitude de le cacher aussi. On se dit que c'est quelque chose dont il ne faut pas parler.

Et puis comme tu l'as dit Bird, on a tous envie d'être accepté, c'est plus facile de ne rien dire.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Ysée le Lun 31 Oct 2011 - 17:50

Le dernier post de Mokuren me fait penser à un sujet sur les parents d'enfants - comme nous l'avons été - surdoués. Mon père est surdoué. Je le suis aussi. Pourtant, je n'ai accepté ma surdouance finalement qu'il y a quelques semaines, et j'ai accepté de me faire tester, rapports aux doutes qui m'habitaient (tout en étant consciente que le résultat du test ne serait qu'un indicatif puisque l'on peut tout à fait rater le test et être surdoué, je vous passe les errances de mon cerveau à ce propos, vous avez surement eu les mêmes (suis-je surdoué ? mais non, je suis normal ? mais non, quand même, je suis bizarre, ah ! mais peut-être que je suis quand même surdouée et bla bla bla et blabla bli).

BREF : je m'entends bien avec mon père, il a toujours répondu à mes attentes, émotionnelles et intellectuelles. Pourtant, c'est finalement MOI qui ai dû aborder le sujet comme quoi je pourrais être surdouée et LUI AUSSI. Finalement, il me réponds qu'il l'est et que j'ai été testée dans mon enfance, que je le suis aussi, mais qu'il ne voulait pas m'influencer (?).

Ceci me renvoit en miroir. Et quand nos parents sont surdoués ? ils ont aussi toutes nos errances, mais par rapports à eux-mêmes + par rapport aux enfants (ils ne savent pas s'ils sont surdoués, se posent des questions, se retrouvent inadéquats émotionnellements, font le balancier peut-être aussi entre "je le suis - je ne le suis pas - mais quelle prétention de penser que je le suis ? Et ma fille ? l'est-elle ? si oui, qu'est-ce que cela signifie pour moi ? pour elle ? si je l'accepte, dois-je lui dire ? si oui, comment ? si non, que dois-je faire ? comment développer son potentiel ? comment répondre à ces attentes ? Mais le suis-je ? Ah, non, en fait pas, mais peut-être que oui ?).

Intéressant, non ?

Sinon, moi j'ai opté pour ne pas le dire, si ce n'est à deux/trois personnes de confiance, des "vrais"amis, lesquels m'ont dit : on le savait, nous, on n'en doutait pas (je sais, j'ai de la chance Very Happy ) Pour le reste, aucune envie de m'épuiser à expliquer le pourquoi du comment et de commencer à résumer tout ce que j'ai lu à ce propos à quelqu'un qui - finalement - ne s'y intéresse pas. Et c'est pas par peur de ne pas être accepté, ça, je m'en fous maintenant (pas avant).

Mot de la fin : discussion ce we avec mon conjoint sur faut-il le dire ou pas ? et Pourquoi certains le prenne-t-il si mal ? (même dit avec toutes les pincettes qu'on veut) Parce qu'un sportif de haut niveau, on l'admet, de toute façon, c'est qu'il a une tare ailleurs (dans l'esprit des gens), beauté, pareil. Mais intelligent, c'est ce qui fait l'être humain par essence (le fait de "penser"). ètre plus intelligent, c'est mettre en danger son interlocuteur à ce niveau-là, d'une manière inconsciente ? Bref, belle discussion !

Allez, faut que je rentre dans ma petite prairie avec mes zèbres à la maison (et oui, on est plusieurs !)

Bises à tous cheers


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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

Message par Bird le Lun 31 Oct 2011 - 19:18

Amusant, avec ma compagne on en a reparlé aujourd'hui avec les mêmes conclusions : le plus important, c'est qu'on le sache nous pour essayer de gérer (moi...), supporter (elle...), s'en amuser (chacun son tour). Bref, faire avec.

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Re: dire qu'on est adulte surdoué ou non ?

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