La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Sam 11 Fév 2017 - 20:10

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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par soto² le Dim 12 Fév 2017 - 8:12

Décidément So Sure, tu m'es précieuse ! Mais faudrait peut-être que je range un peu tes boîtes... Merci pour les infos, je vais tâcher d'en faire mon miel ! facepalm   Respect  

Si c'est pas de l'amour çà madame, prenez-en de la graine les feignasses.  Dent pétée Amour


Dernière édition par soto² le Dim 12 Fév 2017 - 9:26, édité 1 fois (Raison : Et les butineuses, hein !)
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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 13:07

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Les défis et les talents des personnes multipotentielles



  • Publié le 11 février 2017






Matthieu Lassagne
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Coach certifié de dirigeant(e)s atypiques et CEO COACHING & DOUANCE







Résumé




Elles font partie de ces personnes très réactives dès qu'on les enferme dans une définition, et qui pourtant ne peuvent s'empêcher de se reconnaître à la lecture des articles et témoignages sur la multipotentialité.
Parfois surdouées et hyperactives, souvent très orientées cerveau droit, elles aiment créer, explorer, expérimenter dans des contextes toujours nouveaux, et surtout garder toujours ouvert l'espace infini des possibles.
Toujours conscient de ma subjectivité, et avec les schématisations auxquelles m'obligent l'écriture d'un article lisible, j'aborderai quelques défis et talents de ces personnes touchantes, étranges, passionnées et passionnantes que sont les multipotentialistes.
(Pour être informé(e) de mes publications, cliquez sur le bouton "Suivre" en haut de cet article)

La multipotentialité par l'exemple : la petite histoire de la naissance d'une idée




Une partenaire de travail et moi-même sommes installés à une terrasse de café pour échanger autour de nos projets, simplement pour explorer, réfléchir ensemble. Les multipotentiels aiment les rencontres sans autres intentions que de laisser émerger des idées étonnantes.
Je l'écoute et ne peux m'empêcher de sourire. Elle le remarque et me dit dans un rire : "Bon, je sais que je vais dans tous les sens". Nous en sommes effectivement à la septième parenthèse de la deuxième métaphore en lien avec le sujet initial, dont bien évidemment, nous ne nous souvenons plus !
Faire des liens dans tous les sens, explorer, se perdre, jusqu'à ce que dans une fulgurance, tout devienne logique, cohérent


Et j'ai confiance, car étant moi-même concerné, j'ai l'habitude d'en croiser, des multipotentiels. Je sais que nous allons débusquer une idée passionnante, cachée quelque part dans le paysage multidimensionnel de notre discussion, peut être la trouverons-nous 5 minutes avant de nous quitter ! C'est ça la multipotentialité, telle que je la perçois : faire des liens dans tous les sens, explorer, se perdre, jusqu'à ce que dans une fulgurance, tout devienne logique, cohérent, évident : et cela, à l'échelle d'une simple discussion, d'un projet, comme de la vie professionnelle.
Et effectivement, à la fin de notre rendez-vous, nous ressortons avec une idée élégante, efficace, parfaitement alignée avec notre rencontre et nos activités respectives.

Les multipotentiels dans la vie professionnelle



Ils ont besoin de nouveauté, de changement, d'entreprendre et d'apprendre continuellement, de réaliser des missions d'une grande diversité.
Au sein d'une organisation, souvent, ils aiment semer des graines innovantes et partir s'ouvrir à d'autres aventures, en interne si leur poste le permet, ou en externe. 
Ils aiment semer des potentiels, et les laisser germer et s'épanouir grâce aux autres qu'ils tiennent à rendre indépendants le plus vite possible.

De très nombreux employeurs français n'ont pas compris que leur posture répond exactement aux enjeux d'aujourd'hui : sens de intelligence collective, transversalité, flexibilité et innovation


Souvent à la fois investisseurs, enseignants, startuppers, présidents d'associations,... ils sont avides de savoir, tiennent à conserver une vision globale de leurs métiers, une vision transversale, tout en s'intéressant aux détails lorsque cela les passionne. Ils disposent d'une forte capacité à faire des liens entre des domaines qui ne sont distincts qu'en apparence.
Ils sont souvent devenus multientrepreneurs car de très nombreux employeurs français n'ont pas compris que leur posture répond exactement aux enjeux d'aujourd'hui : sens de intelligence collective, transversalité, flexibilité et innovation.

Les défis des multipotentialistes





Problématiques possibles



Parfois, les multipotentiels rencontrent les problématiques suivantes : 


  • Syndrome de l'imposteur et à la fois sentiment de gâchis de ne pas être à sa juste place



  • Rapport complexe au monde du travail très sclérosé (burn-out et bore-out)



  • Expérience de la rencontre d'un pervers narcissique ou personnalités semblables



  • Situation financière instable






Leur hyper-empathie et sensibilité leur font vivre intensément ces problématiques. Chez le multipotentiel, bien souvent, les échecs et les situations difficiles sont à comprendre comme l'étiquette que l'on met sur des passages de la vie professionnelle où il s'agit, au fond, de se poser pour prendre du recul, pour recadrer son parcours et redémarrer dans la vraie bonne direction.

Une problématique n'est-elle autre qu'un choix déjà fait qu'il reste à comprendre ?


Parfois, le burn-out ou la dépression, constituent pour la société des justifications qui permettent en réalité à notre multipotentiel de se reposer, pour laisser tout se réorganiser dans sa tête, et rebondir.
Pour le multipotentiel se sentant en "échec", il convient de conscientiser qu'il a décidé de prendre le temps d'une réflexion salutaire. Souvent, il s'agit d'un choix que l'on a déjà fait, mais que toutes les dimensions de soi n'ont pas encore accepté. Une problématique n'est-elle autre qu'un choix déjà fait qu'il reste à comprendre ?

Les ressources des multipotentialistes



Les ressources qu'ils mobilisent pour transformer leur problématique en solutions :


  • Leur pensée transversale et créative les amènent à trouver des réponses inattendues, parfois inespérées



  • La capacité de résilience des multipotentiels



  • La motivation qui monte en flèche dès qu'il trouve un sujet passionnant



  • Les capacités émotionnelles (sensibilité, empathie) et intellectuelles qui concernent souvent les multipotentiels



  • Certains réussissent à adopter un grand recul sur eux-mêmes, à percevoir les multiples dimensions de leur personnalité



  • Le goût d'apprendre, la créativité, les intuitions géniales, la pensée foisonnante de solutions...








Les choix pour utiliser ces ressources au bénéfice du changement



Les choix salutaires sont souvent les suivants :


  • S'émanciper des jugements de son entourage et de la société



  • Oser être soi-même, et s'entourer de personnes avec qui ont se sent vraiment bien, des personnes passionnées et passionnantes !



  • Oser se faire confiance - laisser de coté ce cerveau qui crie à l'imposture - et donc prendre des risques, à la fois importants et raisonnables, notamment financiers, pour réaliser ses projets



  • Faire la chasse à la perte de temps, ce qui revient souvent à repérer les personnes - parfois pervers narcissiques - qui vous tirent vers le bas et vous consomment de l'énergie, notamment les râleurs et les culpabilisateurs et autres négatifs



  • Rétablir des relations saines, en famille et au travail, où vous donnez et recevez en proportion







Les actions pour mettre en oeuvre ces choix et déployer ses ailes



Quelques actions pratiques qui en découlent souvent :


  • Réaliser son site Internet et s'investir dans les réseaux sociaux - souvent essentiels !



  • Reprendre contact avec son réseau et le développer



  • Structurer son modèle économique, ou sa stratégie, et prendre conscience des marchés cachés



  • S'entourer de partenaires et d'accompagnants (coachs, thérapeutes, consultants) pour doper sa nouvelle montée en énergie



  • Oser demander aux autres de vous aider, oser dire à votre entourage que vous avez besoin de temps



  • Networker un maximum, mais sans intentions, c'est d'autant plus passionnant, les opportunités et les collaborations arriveront d'elles-mêmes



  • Un bon coup de balai pour éloigner ses croyances limitantes et autres jugements, issus de son milieu social, sa culture, son entourage, et que le monde des affaires international n'est pas obligé de partager. S'émanciper de ses petites spécificités pour pouvoir parler au monde entier, c'est un talent chez le multipotentiel !



  • En tant que collaborateur, faire le point sur son job, son niveau de délégation, ses relations professionnelles, son niveau de satisfaction dans les différents domaines, et envisager des actions comme la reconversion, un entretien avec le responsable, ou la constatation que l'on est très heureux dans son activité et qu'il y a simplement quelques aménagements à réaliser.






Dans la vie concrète, cela peut se matérialiser par une expatriation, un changement radical de mode de vie (nomadisme), une déculpabilisation salutaire vis-à-vis de la réussite et de l'argent.

Ethique et multipotentialité



Souvent, face à la possibilité d'être soi-même, le multipotentiel invoque les problématiques éthiques, vis-à-vis de l'entourage, d'être pleinement soi-même. Penser à soi, ce serait de l'égoïsme !
Sortir du jugement, vis-à-vis du soi (et des autres en reflet) constitue souvent une étape vers le changement.

En sortant leur vie du statu quo, les multipotentialistes encouragent leurs enfants comme leurs collaborateurs à oser ce même challenge


Ils oublient souvent que l'éthique se transmet par l'exemple en premier lieu, pas en se sacrifiant (à être sauveur nous devenons tour à tour persécuteur et victime), mais en trouvant des solutions intelligentes pour s'épanouir avec les autres. 
Et en refusant de céder du terrain sur leur intégrité et leur bien être et en sortant leur vie du statu quo, les multipotentialistes encouragent leurs enfants comme leurs collaborateurs à oser ce même challenge.
Les multipotentiels pensent d'abord aux autres, à leur équipe, leur société. Or pour vraiment apporter le bien autour de soi, il convient de partir de Soi. C'est en devenant un soleil, solide, stable, dense, que l'on peut envoyer ses rayons de lumière par delà l'espace immense qui nous sépare.

Parlons des enjeux des entrepreneurs multipotentiels à succès



Beaucoup parmi eux réussissent dans tout, et paradoxalement, c'est pour cela qu'ils demandent d'être accompagnés. Comme en reflet de leur propre multipotentialité, le marché vient à eux, même concernant les prestations qu'ils ne se sentent pas légitimes de réaliser.

Ils ont développé une vision globale du monde des affaires dans son ensemble que plus grand monde ne peut rattraper


Et ils répondent, à ces clients qui leur proposent des missions aussi variées que passionnantes, parfois jusqu'à l'épuisement. Leurs succès paraissent souvent insolents, car au fil de leur carrière, à travers leurs multiples missions dans tous les secteurs et à tous les niveaux, ils ont développé une vision globale du monde des affaires dans son ensemble que plus grand monde ne peut rattraper.
Et un jour, même si tout cela est joyeux, coloré, il se rendent compte qu'ils ne sont plus connectés au sens. Ils voudraient se recentrer, trouver une mission de vie, un socle bien solide, qui repousse la peur de la mort, de la solitude et de l'insignifiance.
Et à la fois, ils se sentent incapables de se mettre à faire une seule et même chose, de restreindre leurs projets, de se couper de cet univers multiple qui fait réellement partie de leur identité. Ils se sentent alors prisonniers d'un paradoxe.

Une solution : faire un peu de couture ?



Imaginez des fils de toutes les couleurs emmêlés, chaque fil étant un projet, une mission, un intérêt, un domaine d'activité. Tout cela semble impossible à dénouer ! (et c'est souvent bien plus complexe que sur cette image !)
Peut être pouvons-nous commencer par prendre le temps de regarder ces fils, un à un. Cela revient à identifier des phases dans ses activités, et à prendre conscience que dans une même mission, il y a des choses que l'on aime faire, d'autres qui nous passionnent vraiment plus.
Souvent, les multipotentiels flânent très haut dans le monde des idées. Tel le biologiste, le chercheur, cela peut faire un bien fou de prendre le temps un dimanche d'énumérer, de classer, l'ensemble de ses réalisations, de ses missions, de ses centres d'intérêts, de ses réussites et de ce que l'on a pris le plus de plaisir à faire.
En prenant le temps de contempler ces fils colorés, nous pouvons soudainement voir émerger une cohérence d'ensemble. Parfois, il suffit d'inverser un fil jaune et un fil vert pour qu'une pelote de laine incompréhensible se transforme en une belle œuvre d'art.  
Et naturellement, nous voyons émerger ce qu'il y a d'essentiel dans notre identité, ce qu'il y a de plus précieux en nous et que nous avons enrobé au cours de notre vie dans des couches successives de faux-self.
Puis il en découle une marque, un business, un ADN, qui sera nécessairement unique sur le marché car connecté à sa singularité; ou une posture de leader nouvelle, incarnée et donc reposante lorsque l'on travaille pour une entreprise.

Une autre possibilité : la mise en abîme



Peut être retrouvons-nous l'essentiel de ce que nous sommes dans notre manière même de relever les challenges que nous donnent cette multipotentialité.
Quand nous pensons trouver notre identité en allant au somment de la montagne ou au fond de l'océan, c'est sur le chemin, dans l'ici et maintenant, dans l'effort que nous pouvons trouver la révélation.
Et lorsque nous tombons, lorsque nous nous perdons, nous pouvons retrouver notre pulsion de vie dans la manière que nous avons de nous rattraper. Nous nous révélons dans l'urgence. Cela m'évoque la Nuit de Feu d'Eric-Emmanuel Schmitt, qui s'est perdu dans le désert algérien, pour se retrouver à un point qu'il n'aurait jamais imaginé.

Quelques postes intéressants pour les multipotentiels ?



Avec un responsable lui-même multipotentiel, ou prêt à faire confiance et à laisser une grande marge de manœuvre à son collaborateur, les postes qui me viennent à l'esprit sont les suivants :


  • Chargé de missions transverses dans le public ou le privé : mise en place de plateformes collaboratives, pilotage d'un changement de la culture de management ou d'un projet à grande échelle...



  • Accompagner une transformation, dans le cadre d'une fusion par exemple



  • Chasseur de tête : permet de faire la rencontre de métiers et d'entreprises toujours différentes, tout en progressant dans le domaine de l'humain



  • Responsable de pôle innovation ou R&D



  • Coach professionnel, qui comme le chasseur de têtes, accompagne des enjeux à chaque fois différents



  • Consultant en stratégie



  • Métiers permettant de fédérer et de mettre en musique des entreprises et des institutions autour d'un projet qui fait sens (relier les gens entre eux)



  • Métiers de la banque d'affaire qui demandent un vison globale et une très grande flexibilité






Au delà de l'étiquette du poste, à laquelle nous avons tendance à bien trop nous attacher, il convient de largement considérer la stabilité de l'actionnariat, le contexte économique de l'entreprise et la compatibilité de sa personnalité avec l'équipe et le responsable.
A titre d'exemple, un poste de contrôleur de gestion, pas très attirant sur le papier pour le multipotentiel, pourra le rendre heureux comme un petit soleil si le responsable a vraiment compris le rôle crucial du CDG et lui offre la possibilité de missions transverses.

Le poste de directeur général, idéal pour un multipotentiel ?



Les fonctions précises variant selon le statut juridique de l'entreprise et le pays, nous partirons du principe qu'il s'agit de toute personne ayant un pouvoir de décision important sur les orientations d'une organisation publique ou privée.

Beaucoup n'osent pas franchir le pas décisif entre le rôle d'excellent consultant stratégique ou de direction, ou de second très reconnu et apprécié, et le rôle de leader


Beaucoup, par excès de perfectionnisme ou par sentiment d'illégitimité, n'osent pas franchir le pas décisif entre le rôle d'excellent consultant stratégique ou de direction, ou de second très reconnu et apprécié, et le rôle de leader, qui amène à s'exposer, s'engager, prendre des décisions parfois difficiles.
J'ai pourtant l'intuition qu'un leader multipotentiel rendrait un grand service à de nombreuses organisations compte tenu des enjeux que nous vivons : évolution rapide des modes de vie, géopolitique instable, finance devenue adepte des cygnes noirs, marchés fonctionnant par disruptions.
Le rôle de leader peut aussi donner l'occasion de démultiplier l'impact de sa vision, ses valeurs, son sens des relations humaines, ses idées philosophiques.
Lorsque cela est possible, ou envisageable, passer par cette étape me semble très enrichissant pour un multipotentiel, essentiel s'il s'agit en réalité de la fonction qu'il occupe plus ou moins déjà, sous couvert d'un autre étiquette qui arrange tout le monde ! 

Le poste de directeur des ressources humaines, un poste multipotentiel !



Je pose l'hypothèse qu'il s'agit du poste qui a le plus besoin de transversalité aujourd'hui. Le DRH est dans l'idéal formé au coaching et aux outils de communication. Bienveillant, il dispose d'une vision globale du numérique comme de l'humain. Il s'intéresse aux enjeux concrets des collaborateurs des différentes filiales et conserve une indispensable largeur de vue.
Il s'intéresse aux neurosciences qui donnent actuellement des informations dont la connaissances est essentielle pour mettre en place un management efficient, se passionne pour les méthodes de co-développement et d'intelligence collective, et reste capable de comprendre les enjeux du DAF et d'être partie prenante dans la stratégie de l'organisation. Ce poste gagnerait à être bien plus valorisé d'une part, ainsi qu'à être considéré comme multipotentiel par essence.

Conclusion



Comment, en tant que multipotentiel, ne pas écrire une conclusion qui partirait dans 1000 directions ? Comment synthétiser une problématique si multiple et passionnante ?
Alors je fais confiance à mon intuition, et vous partage la première réponse qui me vient à l'esprit, et donc nécessairement juste. C'est l'action.
Même si cela vous semblerait être un coup d'épée dans l'eau, que pourriez-vous faire comme petit pas, même minuscule, où que vous soyez, pour gagner encore un peu plus de motivation et avancer ? Prendre le temps de refaire votre CV, reprendre le contact avec une personne dont l'activité vous avait passionnée ? Aller à la rencontre d'un dirigeant ou d'un investisseur pour lui parler de votre idée ?
Pour beaucoup d'entre vous, votre cerveau criera à l'illégitimité. Tant pis, allez-y quand même, faites-vous confiance, nous n'avons qu'une vie. 
Matthieu Lassagne
CEO de Coaching & Douance - Libérons les potentiels des talents Surdoués, Asperger, Atypiques au bénéfice de tous Explorer le site Internet
Chasseur de têtes avec Variations RH - la page pour les entreprises

Quelques autres articles de Matthieu Lassagne sur les enjeux des talents surdoués, multipotentiels, hypersensibles, Asperger, et de leurs organisations






  • Les personnes Hypersensibles, Surdouées et le Networking : comment faire de belles rencontres professionnelles qui donnent des ailes à vos projets ?



  • Gérer un collaborateur surdoué et haut potentiel dans un contexte relationnel tendu



  • L'urgence de mieux recruter et accompagner les talents surdoués








Quelques articles d'autres auteurs et vidéos sur la multipotentialité






  • Blog Une Etincelle - Petit manifeste de la multipotentialité



  • Blog Multi-potentiels et multipotentiel (multipotentialiste), deux sujets distincts



  • TED - Pourquoi certains d'entre nous n'ont pas de vocation








Des infos sur les profils atypiques au travail, et sur le recrutement, l'innovation RH et digitale



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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 13:15

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Le repos, ce n’est pas rien faire… ou pourquoi le repos est indispensable à la qualité de vie et à la productivité

 Émilie Lemire Auclair  7 Février 2017  Pas De Commentaire

Un grand nombre de personnes sacrifient leur temps de sommeil. En effet, au Québec, on estime qu’une majorité de personnes dorment 2 heures de moins que ce qui serait nécessaire. Aux États-Unis, les Centers for Disease Control and Prevention ont évalué que 1 adulte sur 3 ne dort pas suffisamment, c’est-à-dire moins de 6 heures par nuit.
Dormir moins est souvent le moyen que nous privilégions pour réussir à accomplir toutes nos tâches quotidiennes. La logique n’est pas mauvaise : il est vrai que nous devons souvent choisir  et établir des priorités, car nous ne pouvons tout faire! Toutefois, sacrifier son sommeil au profit d’autres activités peut avoir des conséquences contre-intuitives : étonnamment, ne pas dormir pour compléter nos activités nous rend improductif. Par ailleurs, on sait maintenant que le manque de sommeil est néfaste pour la santé physique et mentale.
Les effets du manque de sommeil
Encore aujourd’hui, on sous-estime grandement les effets du manque de sommeil. Pourtant, plusieurs études ont permis de les documenter. En effet, on sait maintenant que le manque de sommeil :


    • diminue notre capacité à réguler nos émotions;

    • diminue notre capacité à contrôler notre impulsivité;

    • affecte nos fonctions cognitives, notamment l’attention;

    • augmente les risques de vivre de l’anxiété;

    • augmente le risque de développer des problèmes de santé physique;

    • augmente le risque de développer des problèmes de santé mentale, dont la dépression;

    • est corrélé avec un plus haut taux de suicide.





Pourquoi le repos est-il si important?
L’idée que le repos est bon pour la santé peut sembler aller de soi pour certains, mais pourquoi en est-il ainsi? Que se passe-t-il exactement quand on se repose?
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, se reposer ne signifie pas qu’on ne fait rien… bien au contraire! Il semble que le sommeil permette au cerveau de compléter des opérations qui ne sont pas possibles pendant que nous sommes éveillés. En effet, le sommeil favorise la communication entre les différentes parties du cerveau. Cette communication fluide et l’arrangement de nouvelles connections cérébrales ne seraient possibles que pendant la nuit, alors que notre cerveau n’est pas constamment sollicité par les stimulations de l’environnement. Cette activité cérébrale nocturne est d’ailleurs un ingrédient essentiel à la créativité.
Voilà pourquoi il nous arrive de nous réveiller le matin avec des idées ou des solutions nouvelles à des problèmes qui nous semblaient insolubles la veille encore…
Se reposer… même au travail?
On peut faire un parallèle avec le repos en milieu de travail. Un peu comme on sacrifie le sommeil pour arriver à répondre à toutes nos exigences personnelles, les pauses et les heures de repas sont souvent les premières activités sacrifiées lorsque la charge de travail augmente. Pourtant, comme pour le sommeil, il est maintenant clairement établi que [url=http://thriving.berkeley.edu/sites/default/files/Embracing Work Breaks (Eschleman Lecture).pdf]les pauses en milieu de travail ont une fonction réparatrice essentielle[/url].
On a évidemment documenté les effets des longues pauses, telles que les vacances ou les fins de semaine, mais il est aussi démontré que de courtes pauses ont des [url=http://thriving.berkeley.edu/sites/default/files/Embracing Work Breaks (Eschleman Lecture).pdf]effets significatifs[/url] sur le bien-être des travailleurs et à leur productivité :



    • une meilleure humeur;

    • une diminution du sentiment de fatigue;

    • une meilleure performance;

    • une augmentation de la motivation au travail;

    • une plus grande initiative et un meilleur engagement au travail.





Ces pauses, même si elles sont courtes, permettent de « recharger nos batteries » ainsi que nos ressources psychologiques. En effet, la concentration est comme un muscle : « pour bien fonctionner, elle ne doit pas être surmenée. » Une étude du Draugiem Group, en Lettonie, recommande le ratio travail/repos « idéal » : 52 minutes de travail intense pour 17 minutes de repos. Selon eux, pour que les pauses soient source de repos, les employés doivent se déconnecter de leur ordinateur et faire une activité qui les distancie du travail : prendre une marche, lire, discuter avec des collègues.
Selon une étude américaine, les micro-coupures du travail seraient d’autant plus efficaces si on les utilise pour s’éloigner de l’ordinateur, bouger un peu et compléter de petites activités positives en lien avec le travail. En fait, les activités qui permettent de faire un apprentissage, de donner du sens à son travail ou de construire des relations positives avec ses collègues auront un effet encore plus intéressant qu’une pause-café. Ainsi, une réelle distance psychologique du travail, pour être bénéfique, doit s’opérer dans les pauses plus longues : les soirs, les fins de semaine et pendant les vacances.
Comment savoir si on repose suffisamment?
On entend souvent qu’une nuit de sommeil devrait durer 8 heures. Ce chiffre revient régulièrement dans les écrits sur le sujet, mais ce n’est pas une règle incontournable. En effet, comme dans la majorité des cas, il s’agit d’un indicateur qui représente la moyenne des besoins de l’ensemble de la population. Il y aura toujours des personnes qui en auront besoin d’un peu plus ou d’un peu moins.
La meilleure façon de savoir si vous dormez suffisamment, c’est d’être attentif à votre état lorsque vous vous réveillez. Vous sentez-vous reposé? Vous réveillez-vous avec une envie de traîner au lit qui disparait après 30 ou 60 minutes d’éveil? C’est probablement le signe que vous dormez suffisamment. Si cette impression perdure toute la journée, vous devriez vous questionner sur votre sommeil.
Une autre façon de vérifier si votre sommeil est suffisant, c’est d’essayer de dormir une heure de plus par nuit pendant une semaine. Si vous constatez une différence positive, il s’agit probablement d’un signe que vous avez besoin de plus de sommeil.
Faites le même exercice au travail. Observez votre état psychologique après une pause ou une heure de dîner partagée avec vos collègues. Vous sentez-vous plus motivée, énergique ou reposée? Si oui, n’hésitez pas à répéter l’expérience. Vous en bénéficierez probablement à court et à long terme… et votre employeur également.



À PROPOS DE L'AUTEURE


Émilie Lemire Auclair
Travailleuse sociale et consultante en santé mentale, j’ai pu constater, au fil de mon parcours, à quel point une attention portée à la santé mentale au travail constitue une réelle plus-value, tant pour le bien-être des individus que pour le développement des organisations. L’atelier des points d’équilibre est une occasion, pour moi, d’échanger avec vous autour de ce qui construit une bonne santé mentale : nos forces individuelles, les relations que nous tissons, les organisations dans lesquelles nous nous impliquons et la société dans laquelle nous évoluons. Arrimer toutes ces pièces de casse-tête est au coeur de mon travail. J’espère pouvoir vous transmettre ma passion pour cet art à la fois complexe mais tellement stimulant!
http://blog.lespointsdequilibre.com/2017/02/07/le-repos-ce-nest-pas-rien-faire-ou-pourquoi-le-repos-est-indispensable-a-la-qualite-de-vie-et-a-la-productivite/
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Sortir de la logique de gestion de soi : une réponse possible au « burn-out »
 Émilie Lemire Auclair  17 Octobre 2016  Pas De Commentaire
David Le Breton, dans son essai Disparaître de soi – Une tentation contemporaine, aborde le désir de disparaître, de façon consciente ou non, pour se retirer momentanément de notre vie, rythmée par la vitesse, le contrôle et la performance. À la lumière de cette proposition, plutôt que d’interpréter le « burn-out » comme une faiblesse individuelle ou une incapacité à s’adapter aux exigences de notre emploi, on pourrait plutôt le comprendre comme un acte de survie ou le dernier rempart qui reste pour s’échapper, même momentanément, du monde du travail. Dans ce contexte, la logique de « gestion de soi », très répandue dans le discours sur le bien-être, est-elle la voie la plus appropriée pour réfléchir à la sortie du « burn-out »? Et s’il existait d’autres propositions? 
« Se gérer » : le premier réflexe face à une rupture de performance 
Le sociologue décrit, dans son ouvrage, la lourdeur ou le fardeau contemporain « d’être soi », par lequel il faut constamment montrer et même prouver que nous sommes à la hauteur, en répondant à des responsabilités qui repoussent constamment les limites de notre compétence. Par exemple, il ne suffit plus d’être un parent; il faut être un excellent parent qui connait et applique les meilleures pratiques parentales. Alors qu’elles se sentent dépassées, les personnes qui viennent me voir en consultation relatent les multiples exigences auxquelles elles sont confrontées : leur contexte de travail, une rupture, la maladie d’un proche, une vie familiale effrénée… Une fois bien exposée toute l’ampleur des attentes qu’elles essaient de combler, leur première demande peut se résumer à la phrase suivante : « Que puis-je faire de plus pour maintenir mon niveau de performance à son maximum? » Elles veulent apprendre à gérer leur stress.
Appliquées au monde du travail, les exigences de performance justifient une culture de « l’overwork » qui peut se concrétiser de plusieurs façons. Il peut s’agir d’exiger un nombre d’heures de travail de plus en plus élevées aux employés de façon à répondre à la charge de travail ou, lorsque le cadre de travail ne permet pas cette augmentation des heures, de demander aux employés de « faire plus avec moins » : justifier une augmentation des tâches par une « réorganisation » du travail. Lorsqu’ils me consultent, plusieurs travailleurs expriment leur sentiment d’être dépassé : des dossiers ou des projets de plus en plus complexes, des ressources limitées, des relations de travail tendues, une communication difficile avec les gestionnaires… Une fois bien exposée toute l’ampleur des attentes qu’ils essaient de combler, leur première demande peut se résumer à la phrase suivante : « Comment puis-je mieux m’organiser de façon à compléter toutes les tâches qu’on attend de moi? » Ils veulent apprendre à gérer leur temps.
Dans les deux cas, la logique demeure la même : on cherche à l’intérieur de soi une réponse à des exigences démesurées et extérieures à soi. Bien que les techniques de gestion du stress et de gestion du temps aient sans aucun doute leur utilité, lorsque les demandes et les attentes sont trop grandes, la solution n’est pas d’en faire plus… La solution au « trop », c’est « moins ». Les meilleures techniques de gestion du temps ne feront jamais en sorte que vous complèterez l’équivalent de 35 heures d’activités dans une journée qui n’en contiendra toujours que 24.   
C’est en prenant en compte cette réalité que David Le Breton introduit la notion de « disparition de soi » : un moyen de tenir le coup, de résister à ces injonctions inatteignables. Ce désir de retrait, de solitude, d’échappatoire à nos stimulations quotidiennes et constantes se matérialisent de plusieurs façons : le « slowfood », le jardinage, le yoga, la méditation, la marche… Des activités pendant lesquelles nous ne devons répondre à aucun délai, aucune demande et nous pouvons disparaître, en refusant de répondre au téléphone ou aux courriels. Néanmoins, lorsque nous n’avons plus le temps d’introduire ces échappatoires dans nos vies ou lorsqu’ils ne suffisent plus, que nous reste-t-il? C’est ici que le burn-out trouve son sens.
Une autre option : développer le réflexe de la bienveillance personnelle et collective
Plusieurs intervenants, qu’ils soient chercheurs, intellectuels ou cliniciens, ont déjà sonné l’alarme : le milieu du travail nous rend de plus en plus malades, en imposant des injonctions paradoxales. On nous demande de s’épanouir et de s’affirmer dans un travail qui répond à nos aspirations, tout en nous imposant un système qui ne permet pas cet épanouissement. C’est le paradoxe d’être soi en répondant aux exigences d’hyperadaptation de l’autre… Le « burn-out », c’est la réponse à ce paradoxe ou le constat qu’on ne peut s’adapter à l’insupportable. Le fait qu’on observe de plus en plus de cas d’épuisement en milieu de travail nous indique que ce qui devient insupportable est commun à un grand nombre de personnes et s’ancre dans des causes qui dépassent les seuls individus. Ce constat peut sembler fataliste et, pourtant, il n’en est rien. Il est possible de réfléchir à des moyens pour émerger d’une période de « burn-out » et même le prévenir. Ces moyens doivent toutefois refléter l’ensemble de ses causes.
Briser le silence autour de la souffrance au travail
Constater que les causes de la souffrance au travail ont des racines sociales, culturelles et organisationnelles, c’est également accepter l’idée que les solutions ne pourront être qu’individuelles. Un premier pas à faire est de briser le silence entourant la souffrance au travail, à la fois pour prendre acte de l’ampleur du problème mais également pour lever le voile de la honte entourant les personnes qui traversent une période de « burn out ». Lever ce voile permet donc d’amorcer un dialogue sur les causes de cette souffrance, ancrée dans le collectif, pour ensuite passer à une étape suivante, soit l’amorce de changements dans nos pratiques.
Réintroduire un peu d’humanité dans la gestion des organisations
À mon sens, la gestion est une activité essentiellement relationnelle, car on ne peut soutenir la mission d’une organisation sans la participation des individus qui en font partie. Gérer une organisation relève plus souvent de l’art que de la science… Pourtant, elle est graduellement devenue une affaire de technicité : tableaux de chiffres, de données et de statistiques, gestion de processus et analyse de performance organisationnelle. La part humaine du fonctionnement des organisations s’est effacée derrière les « bonnes pratiques » de gestion. Pourtant, l’efficacité des organisations passe par le bien-être de ses membres. Ainsi, renforcer les organisations implique nécessairement de soutenir le bien-être des travailleurs, ce qui ne pourra se faire sans la réintroduction de l’humanité dans les pratiques de gestion. En voici quelques exemples, en vrac : 

  • appuyer les décisions de gestion sur une réflexion éthique qui prend en compte les impacts des décisions sur l’ensemble des membres de l’organisation;
  • favoriser une culture du savoir-être, par la collaboration et le soutien social en milieu de travail, sans négliger la valorisation et la mise en valeur des compétences professionnelles et des savoir-faire;
  • avoir une vision claire de l’organisation, de sa mission et de ses objectifs qui aura été communiquée à l’ensemble des membres;
  • décliner cette vision en des demandes réalistes, contenues dans des ententes claires.

Cultiver la bienveillance envers soi
Nous l’avons déjà identifié : nous vivons dans une culture qui encourage la sur-performance, c’est-à-dire une adaptation parfaite aux normes sociales de réussite et ce, en tout temps, dans toutes les sphères de nos vies. Quel fardeau… Résister au poids de ce fardeau implique d’abord d’en prendre conscience, et, d’autre part, d’y faire contre-poids. Malheureusement, la pression sociale fait en sorte que nous internalisons ces normes externes et devenons nos propres bourreaux : nous jetons sur nos performances un regard constamment insatisfait, exigeant sans cesse de nous-mêmes d’en faire plus, de réussir mieux.
Faire contre-poids, c’est donc contrer le jugement critique et le regard accusateur, c’est-à-dire cultiver la bienveillance envers soi. Cultiver cette bienveillance signifie qu’on prend conscience de ses limites, de ses zones de fragilité et qu’on les prend en considération dans nos prises de décision. Par exemple, plutôt que d’espérer pouvoir en tout temps « se gérer » et confronter les sources de stress, pourquoi ne pas s’accorder le droit de s’éloigner momentanément de ces sources de stress? Cette mise à distance est souvent interprétée comme de la fuite; pourquoi ne pas y voir plutôt la capacité à prendre soin de soi? Plutôt que d’essayer de tout réussir parfaitement en même temps, pourquoi ne pas admettre que nous avons des ressources limitées et tout simplement prioriser ce qui est le plus important pour nous? Alors que certains y voient un constat d’échec, pourquoi ne pas y voir la capacité de faire des choix éclairés quant à ce qui est bon pour nous?
La majorité des personnes que j’ai rencontrées alors qu’elle traversaient un épisode de « burn-out » sont entrées dans mon bureau avec l’attente d’apprendre à exceller dans la gestion de leur stress, mais leurs apprentissages ne se sont pas limités à une meilleure « gestion de soi ». Elles ont appris qu’elles étaient plus compétentes qu’elles ne le croyaient : elles avaient à leur disposition tout un bagage de connaissances et d’expériences dans lequel puiser pour se ressourcer. Elles ont également accepté le pari de s’accorder du temps, plutôt que de tenter sans cesse de le gérer. Finalement, elle ont également pris conscience de leurs limites et de la façon d’en tenir compte dans leurs choix de vie.
En résumé, poser un regard bienveillant entre individus, au sein des organisations et d’un point de vue collectif permet d’offrir une perspective plus nuancée sur nos normes sociales de performance et de réfléchir à des réponses plus adaptées à la souffrance au travail.
http://blog.lespointsdequilibre.com/2016/10/17/sortir-de-la-logique-de-gestion-de-soi-une-reponse-possible-au-burn-out/




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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 13:18

Spoiler:

Vents en Poupe


Dans la vie il y a les flaques et les éclaboussures
Dans la rue les petites frappes, des lions, des vrais durs
Dans la musique il y a des farces et les graines du futur
Et si souvent des coups d'État, parfois des investitures
Il y a des notes d'espoir, des images qui saturent
Il y a ceux qu'on ne voit pas et il y a les statues
Il y a ceux qui aboient et quelques vraies statures
Il y a ceux qui ont la foi et il y a les postures

Les épreuves, l'apprentissage et les coups de ceinture
Il y a des cœurs des réceptacles et il y a les ordures
On voit des bras qui se cassent dans la sueur et la sciure
Il y a ceux que l'on écrase et ceux qui exultent
Il y a les pièges, les arnaques, quelques âmes encore pures
Il y a parfois des comebacks parfois des ruptures
Entre ma conscience et moi, deux poids deux mesures
Il y a le temps des grands soirs et le temps des blessures

300 lésions et les rideaux se ferment
21 grammes pris dans l'atmosphère
Et tu me verras sourire du seul endroit où je brille
J'ai l'impression d'être là où il faut être
Sur ma photo un trou de cigarette
Et tu me verras sans peine un soir où la lune est pleine

Dans la vie il y a les claques et le côté obscur
Et dans mon cahier tant de pages remplies de ratures
Les pieds collés au tarmac on ne voit que l'azur
Il y a le point de contact et le point de rupture
Et dans la rue le manque de tact et il y a les injures
Et j'avais la larme à la barre, du sang dans ma cellule
Un océan de vagues à l'âme quand j'ai cru t'avoir perdue
Et dans mon cœur c'est la débâcle, j'aime tant la vie, ça me tue

300 lésions et les rideaux se ferment
21 grammes pris dans l'atmosphère
Et tu me verras sourire du seul endroit où je brille
J'ai l'impression d'être là où il faut être
Sur ma photo un trou de cigarette
Et tu me verras sans peine un soir où la lune est pleine

C'est juste un jour de plus
Entre l'enfer et le ciel
Le chant des poupées russes
Qui nous ensorcelle
C'est juste un jour de plus
Mais c'est un jour bien réel
Dans les bras de Vénus
Même l'amour est schizophrène

300 lésions et les rideaux se ferment
21 grammes pris dans l'atmosphère
Et tu me verras sourire du seul endroit où je brille
J'ai l'impression d'être là où il faut être
Sur ma photo un trou de cigarette
Et tu me verras sans peine un soir où la lune est pleine

C'est juste un jour de plus
Mais c'est un jour bien réel

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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 13:25

Sautes au deux.





Spoiler:

Du chaos à l’harmonie
BY ARMELLA · 10 FÉVRIER 2017

Il y a quelques temps, j’ai eu une grosse période de rangement…
et c’est en faisant du rangement que j’ai compris une loi fondamentale de l’univers…
Laquelle ?? La réponse en BD ! 
 
Livre en question : « Un miroir turbulent : Guide illustré de la théorie du chaos » de John Briggs et David Peat.
http://conscience-quantique.com/du-chaos-a-lharmonie/














Spoiler:

Bon, ben, ça a été dûûûr de boucler cette BD !






Je voulais tellement tout dire, tout partager, et que ce soit parfait… en 48 pages de dessins et de bulles ! ^^’
Et merci à tous pour vos messages encourageants qui sont tous tombés pil poil au bon moment !!
 
 
 

La parution, c’est donc début Juin ! 






Et je vous propose de découvrir une histoire extraite de la BD tous les 2 jours en attendant ;D !
La première, c’est ici !!! 

>>> commander une BD ici
 
 
 
Et pour info, j’ai présenté une partie de la BD “Emotions, enquête et mode d’emploi” en AVANT PREMIERE dans un atelier sur les émotions à BPI ! (en savoir plus ICI)
http://conscience-quantique.com/des-news-de-la-bd-sur-les-emotions/





Spoiler:

Comment retrouver ses yeux d’enfant ?
BY ARMELLA · 30 OCTOBRE 201

Certains jours, le quotidien peut nous paraître terne… gris… fade… tellement connu… Comment retrouver le sentiment d’émerveillement de son enfance en quelques secondes ? Avec un petit jeu très simple !  Suivez le guide !

Pour avoir lu un article sur l’effet bénéfique des plantes hallucinogènes sur les états dépressifs, je pense que ça fait un peu le même effet : cela seccoue un bon coup les connexions du mode “par défaut” du cerveau… et le libère ! Oui et tout ça sans prendre de champi ! 



Petite variante amusante :







Donner des noms qui n’existent pas à ce que vous mangez…
Les moindres détails apparaissent soudain comme par magie, chaque chose se montre dans tout ce qui la rend unique et fascinante… ! 

Amusez-vous bien ! Et si vous testez, laissez moi un petit commentaire pour me dire si ça a marché pour vous, et ce que ça vous a fait ! 

*D’après un exercice de l’excellent livre “Impro, improvisation’ théâtre” de Keith Johnsthone :
http://conscience-quantique.com/comment-retrouver-ses-yeux-denfant/











Spoiler:

La reproduction scolaire des inégalités sociales en France : Le cas des enfants précoces
Nicolas Gauvrit
LDAR Université Paris 7 et Université d’Artois
nicolas.gauvrit@gmail.com
 
RESUME
Parmi les causes bien identifiées de la reproduction scolaire des inégalités sociales, plusieurs touchent plus particulièrement les enfants intellectuellement précoces. C’est le cas de l’adaptation des exigences scolaires en fonction du milieu social, du rapport au savoir chez les pairs, ou encore des styles parentaux. Pour des raisons en partie liées à une représentation politique et sociale de l’égalité, la société française a choisi de ne pas – ou peu – intervenir de façon spécifique auprès des enfants précoces dans le cadre éducatif. Ce défaut de prise en charge spécifique appuyer sur une rhétorique de l’égalité permet à l’ensemble des facteurs de discrimination sociale de jouer à plein, en créant dans la population des enfants intellectuellement précoces une augmentation particulièrement importante des inégalités sociales. C’est ce paradoxe que nous présentons ici, en croisant des résultats de sociologie de l’éducation et de psychologie.
 
Les enfants intellectuellement précoces (nous utiliserons indifféremment dans cet article les termes de doués, surdoués et précoces) forment un groupe de sujets à besoins spécifiques à part : Une bonne partie des enfants intellectuellement précoces finissent en échec scolaire (Terrassier, 1981) malgré des capacités au-delà de la norme. On estime en effet que 33% des surdoués sont en échec scolaire en fin de 3ème de collège (9ème année d’enseignement) Pourtant, ils constituent une des populations à besoins spécifiques de l’institution scolaire dont on s’occupe le moins sur le terrain (Vrignaud, 2006) en France. D’autres pays, comme les Etats-Unis le Canada, Taiwan ou Israël, ont mis en place des programmes spécifiques ambitieux pour les enfants doués.
Jusqu’en 2002, aucun texte officiel de l’Education Nationale (Française) n’évoquait le traitement des enfants précoces, alors que les enfants présentant d’autres caractéristiques à part (handicaps sensoriels, difficultés d’apprentissage) étaient reconnus. Sous la pression d’associations de parents d’enfants précoces, le ministère commanda alors un rapport, le Rapport Delaubier (Delaubier, 2002), pour faire le point sur la situation. Ce rapport préconise quelques modifications et présente l’avantage certain d’aborder, enfin, la question de la précocité à l’école. Néanmoins, sa lecture laisse transparaître un ensemble de partis-pris répandus dans les politiques éducatives nationales depuis plusieurs décennies, et qui laissaient présager que les préconisations du rapport n’auraient que peu d’effets concrets (ce qui se confirma par la suite). Le rapport insiste par exemple sur l’idée qu’il ne faut envisager d’action que pour les enfants qui sont en échec scolaire ou présentent des difficultés d’apprentissage visibles. Il rappelle qu’il existe déjà une marge de manœuvre assez grande dans les textes de l’Education Nationale, qui permet aux enseignants de réagir en proposant des projets personnalisés aux élèves, ou en accélérant la scolarité par un passage anticipé dans la classe supérieure. Le texte finit par préconiser des mesures locales et rejette la possibilité d’organiser au niveau national une prise en charge des enfants précoces ou de prendre en compte les enfants doués qui ne posent pas problème dans la classe (seuls les enfants en échec ou présentant des troubles du comportement sont concernés).
Si, dans les textes, le rapport Delaubier a débouché sur des encouragements à la formation et à l’information, la situation réelle dans les IUFM (Institut Universitaires de Formation des Maîtres) et les masters professionnels préparant au professorat des écoles n’a pas changé. Il faut bien le dire : neuf ans après la parution du rapport, aucun changement n’est visible sur le terrain concernant l’information ou la prise en charge autour des enfants doués. Aussi, la formation insuffisante des enseignants est-elle toujours mise en cause, mais également le manque de moyens pratiques et de volonté politique. Les chercheurs préconisent généralement de regrouper les enfants intellectuellement précoces dans des écoles ou des classes à part, une option qui reste en pratique impossible et a été explicitement critiquée par le rapport Delaubier. Les enfants doués ont pourtant besoin d’un enseignement spécifique fondé sur des situations variées (Terrassier & Gouillou, 1988), à l’opposé du réflexe courant chez les enseignants consistant à leur donner plus d’un travail inadapté et déjà ennuyeux pour eux.
La réaction commune des enseignants à l’ennui que montrent les enfants intellectuellement précoces est en effet de leur donner à faire plus d’exercices d’application de ce qui a été vu et travaillé en classe. Les enseignants pensent ainsi occuper utilement les enfants doués sans remettre en cause la progression du reste de la classe. Or, l’ennui de l’enfant doué ne tient pas à ce qu’il n’a rien à faire, mais au fait qu’il comprend plus vite que les autres et est particulièrement réfractaire aux exercices répétitifs dont les autres ont besoin pour s’approprier les savoirs. Les professeurs, en leur demandant plus d’un travail répétitif, les lassent encore plus ce qui peut le cas échéant les pousser à un rejet total de l’école et des apprentissages scolaires. Les spécialistes de la précocité préconisent au contraire de donner aux enfants précoces à faire un autre travail leur permettant de découvrir des objets de connaissances hors programme.
Au-delà de la formation insuffisante, ce sont les représentations sociales et stéréotypes concernant les enfants intellectuellement précoces, à l’œuvre chez les enseignants, les autres élèves et bien entendu les parents, qui expliquent le hiatus entre les besoins des enfants intellectuellement précoces et ce que leur entourage leur fournit (Tavani, Zenasni, & Pereira-Fradin, 2009). Très sensibles, ils sont particulièrement rejetés par le groupe classe. Très demandeurs de nouveauté et de variété, on leur demande un travail encore plus répétitif que les autres. Sur le terrain, les psychologues scolaires sont souvent confrontés à des parents qui exigent que leur enfant soit traité comme les autres. Ce refus d’une prise en charge est encore renforcé par les enseignants qui n’estiment pas nécessaire de s’occuper d’un élève ayant de bonnes capacités.
À cela s’ajoute l’effet délétère des représentations stéréotypées des enfants intellectuellement précoces. Un film comme Les Tuche illustre doublement ces stéréotypes. Dans cette comédie, un enfant intellectuellement précoce est confronté au déni de ses parents socialement défavorisés, persuadés qu’il ne peut avoir de bonnes notes qu’en trichant. Mais cet enfant confronté à l’incompréhension de ses parents est lui-même un personnage caricatural, brillant dans toutes les matières scolaires sans exception, ce qui n’est certainement pas la règle générale chez les enfants précoces…
Il arrive fréquemment qu’à la préconisation du psychologue d’un passage anticipé dans la classe supérieure (ce qui est loin d’être la solution idéale, mais reste la seule possible en pratique dans la plupart des cas) l’enseignant réponde « Mais il n’est pas surdoué ! Il a des résultats très moyens. Comment voulez-vous qu’il suive dans la classe supérieure ? » en s’appuyant sur le stéréotype de l’enfant intellectuellement précoce nécessairement brillant scolairement. Les enfants précoces sont également rarement détectés : lorsqu’ils le sont, c’est généralement pour des troubles du comportement qu’ils sont d’abord signalés au psychologue scolaire, ou pour des symptômes dépressifs toujours inquiétants chez l’enfant.
Tous les enfants, y compris intellectuellement précoces, peuvent souffrir de l’institution scolaire qui, malgré les efforts développés pour en faire un lieu d’intégration et d’égalité des chances, voire un « ascenseur social », reste une fabrique de reproduction sociale, et même de creusement des inégalités, comme l’ont montré de nombreux travaux de sociologie de l’éducation (pour une synthèse, voir Duru-Bellat, 2007). Un ensemble de facteurs liées aux familles, comme le rapport au savoir (Maury & Caillot, 2003), la connaissance de l’institution qui prend corps dans les stratégies de cursus scolaires différenciés ou encore l’accès à la langue scolaire (Duru-Bellat, Jarousse, & Mingat, 1993) a été proposé pour expliquer que l’école renforce les disparités sociales. D’autres raisons liées au milieu scolaire lui-même, comme l’attente différenciée des enseignants, les aménagements de programmes, ou encore la culture d’école (Duru-Bellat, Landrier-Le Bastard, Piquée, & Suchaut, 2004) ont également été proposés et validés.
Une idée répandue est que les enfants intellectuellement précoces ont moins à souffrir de ces facteurs que les autres enfants, et qu’ils disposent d’une forme de résilience scolaire suffisante qui leur permet de surmonter les effets délétères d’un enseignement inadapté. A la racine de cette idée, on trouve sans doute le constat que les enfants intellectuellement précoces sont relativement peu dépendants de la qualité de l’enseignement : capables de combler eux-mêmes les défaillances didactiques des enseignants, ils ne sont finalement que peu sensibles à la pratique des professeurs. Mais il ne faut pas confondre ce qui relève de la qualité des pratiques pédagogiques et ce qui relève des disparités sociales, stratégiques, familiales. De ce point de vue, les enfants intellectuellement précoces sont au contraire particulièrement sensibles aux disparités : c’est l’hypothèse que nous défendons ci-dessous, en détaillant quelques facteurs susceptibles de renforcer des différences liées aux milieux sociaux dont sont issus les enfants intellectuellement précoces, et auxquels ces enfants sont vraisemblablement plus exposés que les autres.
La crainte qui transparaissait en filigrane dans le rapport Delaubier est que les enfants doués, disposant de capacités supérieures à la moyenne, bénéficient de surcroît d’un enseignement exceptionnel qui creuserait encore l’inégalité cognitive entre eux et le reste de la population scolaire. C’est donc sans doute par un réflexe égalitaire si ce n’est égalitariste que l’on s’est empressé de ne rien faire. Pourtant, c’est précisément cette absence presque totale de prise en compte de la précocité qui organise, sur un axe social et non cognitif, une augmentation des inégalités spectaculaires entre des surdoués de divers milieux sociaux, parce que ces enfants sont particulièrement sensibles à un ensemble de facteurs sociaux de renforcement des inégalités.
Stéréotypes de l’enfant intellectuellement précoces et dépistages disparates
Dans la majeure partie du monde (Israël est une exception de ce point de vue), il n’existe aucun « dépistage » systématique des enfants intellectuellement précoces. Pour qu’un tel enfant soit pris en charge d’une manière ou d’une autre, une première étape indispensable est donc qu’il soit signalé comme enfant intellectuellement précoce, ce qui est loin d’être le cas général.
Une des causes les plus évidentes de ce défaut de dépistage est l’absence de formation des enseignants et d’information auprès des parents, à laquelle s’ajoute une représentation des enfants précoces en décalage avec la réalité. Tavani, Zenasni et Pereira-Fradin (2009) ont par exemple étudié les représentations sociales des enfants intellectuellement précoces chez les adultes ayant ou non une connaissance ou un contact régulier avec cette population. Ils montrent que les personnes non familières des enfants intellectuellement précoces les caractérisent presque exclusivement en termes d’intelligence et de capacités cognitives, alors que ceux qui les connaissent ont une position bien plus riche, où la sensibilité et le risque d’échec scolaire apparaissent par exemple en bonne place.
En France, dans les formations qui préparent au métier de professeur des écoles (master éducation), des cours sur les enfants handicapés ou souffrant de troubles de apprentissages et de retard mental sont prévus. Mais, en général, rien n’est dit aux étudiants sur les enfants précoces, et cet état de fait n’est pas propre à la France. Les jeunes enseignants arrivent ainsi en classe sans aucune connaissance sur la précocité. Il n’est donc pas étonnant que leur capacité à repérer correctement les enfants précoces ait été largement questionnée (Siegle, Moore, & Mall, 2010).
Si la détection de la précocité par les enseignants est globalement remise en question, cela n’empêche qu’existe en outre un décalage dans la perception de l’intelligence et de la précocité par les enseignants en fonction du milieu social de l’enfant. On sait par exemple que les enseignants ont tendance à sous-estimer l’intelligence des enfants des catégories sociales défavorisées, et à surestimer au contraire celle des enfants de milieux favorisés (Alviderez & Weinstein, 1999). Cela débouche sur une probabilité de reconnaissance plus faible pour les enfants intellectuellement précoces des milieux défavorisés (McBee, 2006).
A ces différences liées à la perception des enseignants viennent probablement s’ajouter des représentations parentales différentes. Les parents de milieux défavorisés sont moins susceptibles de repérer la précocité, moins susceptibles de penser qu’elle mérite une prise en charge s’ils l’ont repérée, moins susceptibles enfin d’être en mesure d’apporter une aide à leur enfant même s’ils la pensent nécessaire.
Des facteurs liés aux représentations sociales de la précocité chez les parents et les enseignants se combinent ainsi pour creuser les inégalités sociales entre les enfants intellectuellement précoces des différentes classes sociales en jouant sur la probabilité de reconnaissance et de prise en charge. Cette probabilité est plus faible dans les milieux défavorisés, ce qui explique l’augmentation des inégalités sur l’axe social. On peut noter que le cas n’est pas identique pour d’autres populations d’enfants particuliers. Les troubles des apprentissages ou le retard mental est relativement bien pris en compte. Tout au moins est-il aussi bien pris en compte par les institutions éducatives des différentes zones géographico-sociales.
Différences pédagogiques et éducatives
Il existe des écarts pédagogiques importants entre les écoles implantées en zone favorisée et défavorisée (Van Zanten, 2001). Cela se traduit par des exigences réduites pour les enfants des zones géographiques défavorisées. Cette modulation des exigences peut avoir un effet bénéfique pour les élèves ayant des capacités moyennes ou faibles dans les milieux défavorisées et aboutir à une réduction des inégalités pour la population des élèves les plus en difficulté. En revanche, l’effet est globalement inverse pour les enfants précoces.
Une des causes majeures de l’échec scolaire des enfants précoces est le désinvestissement cognitif qui fait suite à une stimulation intellectuelle trop faible, ou arrivant trop tard (il existe des cas d’enfants précoces désireux d’apprendre à lire en maternelle, et à qui on impose d’attendre l’âge du CP, âge auquel ils ne sont plus intéressés). En réduisant les exigences et en s’adaptant à un public jugé plus faible, les enseignants travaillant dans les zones défavorisées organisent de fait un enseignement plus répétitif, moins abstrait, et ne couvrant pas toujours l’ensemble du programme officiel. Or, c’est précisément l’inverse de ce qui convient aux enfants précoces chez qui l’ennui – prodrome fréquent de l’échec et parfois de la dépression – vient de l’inadaptation aux routines. Alors que l’enfant précoce réclame des objets plus abstraits, des activités plus variées que la moyenne, ceux qui vivent en zone défavorisée se trouvent confrontés à un enseignement particulièrement concret, répétitif et une progression lente.
Parallèlement à cela, les enfants des milieux défavorisés retrouvent également plus souvent dans leurs familles un type d’éducation particulièrement néfaste aux enfants doués. On classe traditionnellement les styles parentaux en trois catégories : les styles permissif, démocratique, et autoritaire. Le style permissif se caractérise par un laisser-faire, une absence de cadre et de contrôle parentale. Le style autoritaire, au contraire, est défini par un contrôle parental excessif non justifié : pour les parents relevant de cette catégorie, l’enfant doit une obéissance inconditionnelle à ses parents et ceux-ci n’ont pas à justifier les ordres qu’ils donnent. La parentalité est une relation de pure domination. Enfin, les parents relevant du style démocratique fournissent à leurs enfants un cadre non rigide où la négociation est possible. Les enfants sont progressivement poussés à être autonomes, en fonction du développement de leurs capacités.
Dans les milieux défavorisés, le style autoritaire est plus fréquent et le style démocratique moins fréquent que dans le reste de la population. Or, le style autoritaire (comme le style permissif) a un effet négatif sur la réussite scolaire (Marcotte, Fortin, Royer, Potvin, & Leclerc, 2001).
Le style parental autoritaire est néfaste au développement de l’enfant parce qu’il ne favorise pas l’autonomie et la réflexion sur ce qui pourrait légitimer la domination parentale. Or, chez les enfants précoces encore plus que chez les autres, le besoin d’autonomie et le désir de comprendre (pourquoi il faut obéir, par exemple) est important. Un style autoritaire présente ainsi pour les enfants précoces un effet négatif encore plus important, ce qui peut se traduire à l’adolescence par des troubles du comportement (surtout chez les garçons) ou des troubles plus intériorisés comme la dépression (surtout chez les filles), augmentant le risque de désinvestissement et d’abandon scolaire. Choisir des études courtes peut pour ces enfants devenus adolescents être une solution pour échapper plus vite à la pression familiale et au refus d’autonomie et de justification du contrat familial.
Les différences pédagogiques à l’école et de style parental à la maison jouent un rôle dans la reproduction scolaire des inégalités sociales chez tous les enfants, mais cet effet est particulièrement flagrant lorsqu’il s’associe à la précocité intellectuelle de l’enfant.
Représentations sociales de la précocité chez les pairs
Bien que cette idée ne fasse pas parfaitement l’unanimité, la plupart des spécialistes de la précocité semblent s’accorder à dire que les enfants intellectuellement précoces sont particulièrement sensibles (Cross, 2005). Récemment, on a pu montrer un déficit dans les stratégies sociales des enfants intellectuellement précoces dans le cadre du jeu de l’ultimatum (Yun, Chung, Jang, Kim, & Jeaong, 2011).
Le jeu de l’ultimatum fonctionne de la manière suivante : une personne A dispose d’une certaine somme. Elle en propose une partie à l’autre joueur, B, qui peut soit accepter (auquel cas l’argent est partagé selon la proposition de A), soit refuser, et personne ne gagne alors rien. On ne peut jouer qu’une fois. La stratégie optimale pour A consiste à proposer le moins d’argent possible, et pour B à accepter toute proposition. Dans la réalité, les choses sont bien entendu plus complexes, et il faut une certaine intelligence sociale pour comprendre quelle somme sera perçue comme suffisante et non blessante pour l’autre. C’est cette intelligence sociale qui semble défaillante chez les enfants précoces. Les résultats de cette étude montrent en effet une suractivation cognitive au détriment du raisonnement social qui peut également s’interpréter comme la résultante d’un besoin de justice exacerbé.
Il est généralement admis également que les enfants précoces sont plus exposés aux difficultés relationnelles, du fait d’une hypersensibilité psychomotrice, sensuelle et émotionnelle (Daniels & Piechowski, 2009).
Dans une étude qui fait encore référence, Galbraith (1985) a interrogé plus de 400 enfants intellectuellement précoces de 7 à 18 ans. Elle décrit à partir de la synthèse de ces entretiens les difficultés rencontrées par les enfants doués dans les domaines sociaux et émotionnels. Plus de la moitié des thèmes récurrents dans les entretiens tombent dans la catégorie des problèmes relationnels. Cela inclut la difficulté à lier des relations de camaraderie ou d’amitié (ou d’amour), une perception aigüe et déstabilisante des espoirs de l’entourage, le fait de se sentir constamment ridiculisé par les pairs, un sens profond de sa différence et un désir puissant d’être accepté.
Delisle et Galbraith (2002) montrent comment cet ensemble de difficultés peut, si l’enfant n’arrive pas à les surmonter, conduire à l’échec scolaire. La qualité des relations sociales est en effet le deuxième meilleur prédicteur de symptômes dépressifs de l’adolescence (Ross, Shochet, & Bellair, 2010).
Comme le montrent les entretiens de Galbraith (1985), les problèmes sociaux-émotionnels rencontrés par les enfants intellectuellement précoces sont largement causés par les représentations des pairs : la peur d’être ridiculisé à cause de sa différence n’a lieu d’être que si la précocité est socialement connotée négativement.
Dans un environnement social favorable, un milieu où les représentations de la précocité et de l’intelligence sont valorisantes, on devrait en toute logique observer une bonne intégration des enfants intellectuellement précoces. En cela, cette intégration – dont la qualité revêt nous l’avons vu une importance sanitaire – est très dépendante des représentations sociales et des stéréotypes véhiculés dans l’environnement de la classe et de l’école.
Or, les valeurs qui fondent en partie les représentations sociales sont très dépendantes des milieux culturels et sociaux. Alors que les milieux les plus favorisés ont globalement une représentation positive de l’intelligence, de la réussite scolaire et des compétences cognitives, les milieux défavorisés développent parfois une attitude négative vis-à-vis de ces caractéristiques. Dans les milieux défavorisés, l’école est plus souvent vécue sur un mode « policier », et l’intégration scolaire passe par la confrontation ouverte avec l’institution et ses missions, et un dédain affiché pour les valeurs qu’elle tente de transmettre. Cela se traduit parfois par des actes de « transgression socialisante » (Laplante, 2007). Dans un tel cadre, l’enfant intellectuellement précoce est perçu comme un traitre s’il réussit. Certains enfants intellectuellement précoces qui ont une intelligence sociale suffisante comprennent si bien cela qu’ils adaptent leur comportement et recherchent activement l’échec scolaire, ou la médiocrité tout au moins, pour échapper à la stigmatisation comme « intello de service » – Expression utilisée par un surdoué pour décrire ce que lui renvoyait les autres élèves lorsqu’il était à l’école. http://www.douance.be/douance-ahp-temoignage6.htm, consulté le 22 novembre 2011.
Ainsi, les pairs jouent indirectement un rôle de médiation dans le creusement des inégalités sociales chez tous les enfants qui pourraient réussir à l’école. Ce rôle est, encore une fois, particulièrement actif sur les enfants intellectuellement précoces, du fait de leur sensibilité extrême et du risque accru, dans cette population, de troubles consécutifs à une carence de socialisation.
Que faire ?
Alors que la précocité devrait être un atout et une chance, elle est bien souvent un handicap. Alors que les enfants intellectuellement précoces de toutes les classes sociales devraient illustrer la capacité de l’école à repérer les potentiels et à ne pas reproduire et amplifier – au moins dans un cas où cela n’est pas une fatalité – les écarts sociaux, l’exact inverse se produit. Les enfants intellectuellement précoces sont sans doute, encore plus que les autres enfants, sensibles à la disparité des prises en charge, des rapports au savoir et à l’apprendre et des relations avec les pairs.
Ce qui est à l’œuvre ici, ce sont de manière implicite les représentations de la précocité, qui varient avec les catégories sociales. Ce qu’il faudrait faire pour les enfants intellectuellement précoces est connu et détaillé depuis longtemps par des chercheurs et des militants ainsi que des associations de parents d’enfants précoces. Il est évident que le manque de volonté politique est le premier frein à une prise en charge intelligente des enfants intellectuellement précoces : la formation des enseignants ne prend toujours pas en charge l’information sur la précocité. L’information au grand public, malgré l’intérêt des médias de masse pour le thème, reste très parcellaire, et les stéréotypes d’enfants « surdoués » sont toujours actifs socialement.
Des structures à même de prendre en charge adéquatement les enfants intellectuellement précoces existent en petit nombre, et uniquement parce que certaines personnes ont su se consacrer à leur création pendant des années, voire des décennies. Hélas, pour la grande majorité des enfants doués notamment en milieu défavorisé ou simplement rural, rien n’est prévu en France.
En attendant que des mesures politiques soient prises pour assurer que les enfants intellectuellement précoces, si précieux à la société, soient traités selon leurs besoins (comme le sont les autres enfants inadaptés à un cursus normal), le rôle du psychologue scolaire me semble capital. Au cœur du système, suffisamment formé pour connaître les besoins des enfants intellectuellement précoces, il peut intervenir auprès des parents et des enseignants pour informer – dans le meilleur des cas – ou tout au moins, au coup par coup, pour faire accepter qu’un enfant puisse, lorsque cela est raisonnable, être intégré à une classe de niveau supérieur. Pour cela, il devra souvent vaincre les résistances des enseignants et des parents, et cela surtout en milieu défavorisé où les enfants intellectuellement précoces sont moins facilement repérés et, qui plus est, souvent mal perçus.
Conclusion
L’acharnement de parents et de chercheurs à faire reconnaître la précocité comme un atout, certes, mais qui nécessite cependant une adaptation de l’école à l’enfant, est fondé sur l’évidence du gâchis social que représente le tiers d’enfants surdoués sortant du système scolaire sans diplôme, mais aussi le scandale que constitue une forme de dédain institutionnel face à l’ennui créé chez les enfants précoces. Car un enfant précoce qui n’a pas de comportement d’opposition, réussit correctement à l’école, mais souffre d’ennui pendant les 10 ans de sa scolarité obligatoire n’est pas un enfant adapté à l’école, même s’il ne gêne pas.
Une raison supplémentaire de lutter pour l’information autour de la précocité et la prise en charge de la douance est, comme nous venons le voir, que les enfants intellectuellement précoces forment probablement une population pour laquelle la reproduction et même l’amplification des inégalités sociales qu’organise sans le vouloir l’école est particulièrement dramatique… Paradoxalement, c’est sans doute la peur de créer des inégalités qui entrave le développement de programme de prise en charge de la précocité…

Bibliographie

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Cross, T. (2005). The social and emotional lives of gifted kids: Understanding and guiding their development. Waco, TX: Prufrock Press.

Daniels, S., & Piechowski, M. (2009). Living with intensity: Understanding the scnsitivity, excitability, and emotional development of gifted children, adolescents, and adults. Scottsdale, AZ: Great Potential Press.

Delaubier, J.-P. (2002). http://media.education.gouv.fr/file/01/1/4011.pdf. Consulté le 11 28, 2011

Delisle, J., & Galbraith, J. (2002). When gifted kids don't have all the answers: How to meet their social and emotional needs. Minneapolis, MN: Free Spirits Pub.

Duru-Bellat, M. (2007). Les déterminants sociaux et pédagogiques de la réussite scolaire. Dans S. Ionescu, & A. Blanchet, Psychologie du développement et de l'éducation (pp. 171-195). Paris: PUF.

Duru-Bellat, M., Jarousse, J.-P., & Mingat, A. (1993). Les scolarités de la maternelle au lycée. Revue Française de Sociologie, 34 (1), 43-60.

Duru-Bellat, M., Landrier-Le Bastard, S., Piquée, C., & Suchaut, B. (2004). Tonalité sociale du contexte et expérience scolaire des élèves au lycée et à l'école primaire. Revue Française de Sociologie, 45 (3), 441-468.

Galbraith, J. (1985). The eight great gripes of gifted kids: Responding to special needs. Roeper Review, 8 (1), 15-18.

Laplante, J. (2007). La violence et les jeunes. Ottawa: Université d'Ottawa.

Marcotte, D., Fortin, L., Royer, E., Potvin, P., & Leclerc, D. (2001). Influence du style parental, de la dépression et des troubles du comportement sur le risque d'abandon scolaire. Revue des Sciences de l'Education, 27 (3), 687-712.

Maury, S., & Caillot, M. (2003). Rapport au savoir et didactiques. Paris: Fabert.

McBee, M. T. (2006). A descriptive analysis of referral sources for gifted identification screening by race and socioeconomic status. Journal of Secondary Gifted Education, 17, 103-111.

Ross, A., Shochet, I., & Bellair, R. (2010). The role of social skills and school connectedness in preadolescent depressive symptoms. Journal of Clinical Child and Adolescent Psychology, 39 (2), 269-275.

Siegle, D., Moore, M., & Mall, R. L. (2010). Factors that influence in-service and preservice teachers' nomination of students for gifted and talented programs. Journal for the Education of the Gifted, 33 (3), 337-360.

Tavani, J.-L., Zenasni, F., & Pereira-Fradin, M. (2009). Social representation of gifted children: A preliminary study in France. Gifted and Talented International, 24(2), 61-70.

Terrassier, J.-C. (1981). Les Enfants surdoués ou la Précocité embarrassante. Paris: ESF.

Terrassier, J.-C., & Gouillou, P. (1988). Guide pratique de l'enfant surdoué : Comment réussir en étant surdoué ? Paris: ESF.

Van Zanten, A. (2001). L'école de la périphérie: scolarité et ségrégation en banlieue. Paris: PUF.

Vrignaud, P. (2006). La scolarisation des enfants intellectuellement précoces en France: Présentation des différentes mesures et de résutlats de recherches. Bulletin de Psychologie, 59 (5), 439-450.

Yun, K., Chung, D., Jang, B., Kim, J. H., & Jeaong, J. H. (2011). Mathematically gifted adolescents have deficiencies in social valuation and mentalization. Plos ONE, 6 (4).





DOC]Représentations sociales de la précocité chez les pairs - Hal







https://hal.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/645137/filename/Gauvrit_EIP.docx


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de N Gauvrit - ‎Autres articles
La reproduction scolaire des inégalités sociales en France : Le cas des enfants .... des inégalités spectaculaires entre des surdoués de divers milieux sociaux, ...


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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 13:58

Spoiler:


Le nombre d’enfants précoces explose. Tous milieux sociaux confondus : l’intelligence s’emballe. Et encore, le Q.I. mesure seulement deux des neuf intelligences fondamentales : la logico-mathématique et la verbale...
Le Q.I. éclaire la partie émergée de l’iceberg : c’est en réalité tout le champ du potentiel humain qui est en train d’accéder à un niveau supérieur de développement. Pour moi, le surdouement est polymorphe. Il en existe une multitude de configurations. C’est un phénomène qualitatif et non quantitatif, généré par des harmoniques, des accords harmonieux, entre plusieurs intelligences.
Exemple : enfant, j'étais doué sur les dimensions existentielle-spirituelle, naturaliste (animaux et plantes) et musicale. (J'étais à la ramasse sur le reste.) Un profil de poète ? Un enfer à l'école ! Et puis à 20 ans, un thérapeute m'a débloqué l'intelligence logico-mathématique et l'intelligence intrapersonnelle (connaissance de soi). Mon pôle de surdouement est alors devenu cohérent et productif. Plus tard, d'autres accompagnateurs m'ont aidé à cultiver le graal : l'intelligence interpersonnelle (relations aux autres).
Evidemment, ce modèle des intelligences multiples ne résume pas l’être humain. La carte n’est pas le territoire. D’autres dimensions que les intelligences sont à prendre en compte : l’intuition est un aspect transversal au neuf intelligences (intelligence cardinale), comme le niveau de vitalité, ou la curiosité. 
Voici donc quelques principes de bon sens, tirés de mon expérience.
Principe 1 - Tous les enfants sont porteurs d’une configuration de surdouement. Le surdouement existe à la naissance (génétique). Il peut aussi s’activer grâce à des circonstances particulières : notamment d’excellentes relations avec un enseignant ou un mentor (modélisation) et une transmission intense et profonde. Indépendamment de l’âge, la maturité de ce talent est plus ou moins avancée. Elle requière plus ou moins d’accompagnement. L'enfant est un génie potentiel polymorphe.
Principe 2 - Tous les enfants et les adultes sont porteurs d’une configuration unique de surdouement. L’accompagnement doit donc être réalisé sur-mesure, et en relation. NB : c’est souvent grâce à la crise de milieu de vie que l’individu se met en quête de sa configuration singulière de surdouement. La crise de la quarantaine est maintenant supplantée par la crise de la trentaine, tant ces questions arrivent tôt aujourd’hui !
Principe 3 - L’enfant et l’adulte qui sont en contact avec leur surdouement ont un besoin vital de cultiver leurs forces. Sinon, rien n’y fait : ils s’étiolent. Le besoin fondamental de l’être humain est la réalisation de soi. Le surdouement appelle donc son épanouissement dans des réalisations concrètes. Comme l’avaient bien compris les alchimistes, la réalisation de soi passe par des réalisations intérieures et extérieures (pierre philosophale).
Principe 4 - Les individus surdoués ont un besoin vital de cultiver leurs forces, sans s’attarder sur leurs fragilités (intelligences sous-développées). Les aspects handicapants de celles-ci seront régulés, emmenés, par le développement de leurs talents. Il est totalement inutile et contre-productif de souligner leurs fragilités, et de vouloir les réduire frontalement. Les apprentissages se bloquent immédiatement, tant cette tactique est inadéquate.
Principe 5 - Le développement des intelligences respecte un principe d’harmonie. L’apport du mentor dans un domaine doit être en équation avec le développement des autres intelligences. Exemple : un conseil pour l’intrapersonnel (connaissance de soi) qui va à l'encontre de l'interpersonnel (relation aux autres) ne marche pas. Le mentoré va être déçu, et c’est alors une double peine pour lui : non seulement il s’étiole, et en plus il désespère d’une logique et d’un développement unifiants.
Principe 6 - L’enfant et l’adulte surdoués ont besoin de comprendre que chaque être humain est unique, sans être nécessairement exceptionnel. La singularité peut s’exprimer sans isoler l’individu, sans en faire une exception (étymol. : ce qui est hors de la règle commune). Ce risque doit être explicité et accompagné car la peur de l’isolement peut générer un refus inconscient de se développer. La toute-puissance et grandiosité peuvent aussi aller à l’encontre du principe d’harmonie.
Principe 7 - Les six principes précédents se résume en un seul : l’amour. Accompagner l'enfant et l'adulte surdoués est toujours déroutant. La tâche est complexe. Elle requiert écoute, intuition et créativité. Et surtout de l'intégrité. La meilleure règle pour le mentor est donc : Aime, et fais ce qui te plaît ! (saint Augustin) Il vaut mieux accompagner... les gens qu'on aime ! Soit les enfants et les adultes qui nous intéressent : ceux avec qui l'on sent un engagement émotionnel évident et spontané.
Principe 8 La disponibilité : l'amour, c'est se rendre disponible. La vie peut disposer de nous. Il y a une dimension de lâcher prise, d'ouverture à l'inconnu, et à l'imprévu. Seule cette attitude intérieure nous rend capables de déployer la vie en nous et autour de nous. La dynamique est celle de la fécondité, et non celle de l'efficacité volontaire, contrôlée et reproductible... La disponibilité nous rend aussi capables de nous déployer nous-mêmes : de cultiver notre pool d'intelligences singulières, et de les réaliser dans le monde. Ce déploiement est alors d'autant plus fort et puissant qu'il garde l'amour, et la disponibilité, au centre.
 
Merci à mes mentors, Jean-Pierre, Paolo, Eric, Marie, Agnès, Nelly, Didier et Michel. Grâce à vous, je comprends que le contraire de la dépendance, c'est l'interdépendance, et non l'indépendance. Le bonheur, ça se pratique. Le bonheur, c'est se relier les uns aux autres, toujours plus, dans de la solidarité et de la coopération.
Cet article est dédié à Chantal, ma mère, mon premier mentor, pour Le Petit Prince et l'intelligence du coeur, et à mes amis Sophie et Alexis : votre désarroi de parents m'a mis en mouvement pour écrire !
Dieu ne fait rien que par compagnonnage. (Charles Péguy, La tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d'Arc, IX.) Les non-croyants peuvent remplacer "Dieu" par, "la vie", ça marche aussi !
http://www.lavie.fr/blog/matthieu-langaerd/l-epidemie-d-enfants-surdoues,4571



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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par soto² le Dim 12 Fév 2017 - 14:15

So Sure a écrit:Le nombre d’enfants précoces explose

C'est çà où c'est le niveau général qui s'effondre ?!

c’est en réalité tout le champ du potentiel humain qui est en train d’accéder à un niveau supérieur de développement

Je nuancerais pour ma part ce "grand saut en hauteur". Je me pose vraiment la question de savoir si les civilisations progressent par bond "quantiques" dans les niveaux d'englobement, par décalage/dérive (on gagne d'un coté, mais on oublie de l'autre => finitude de l'homme), ou plus probablement les deux ?...
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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 16:06

Spoiler:


Si les montagnes pouvaient cesser d’accoucher de souris…

Publié le 12 février 2017 par Blandine Messager

Comme vous l’avez sans doute compris, je gravite pas mal dans l’autistosphère du web. Et j’assiste à nombre de débats plus ou moins passionnés sur la condition des adultes autistes de France.
Une de ces discussions animées a abordé le fait que certains autistes médiatisés n’ont pas tous reçu de diagnostic médical de leur état autistique. Pour certains, dont aucune preuve ni témoignage concernant leur état antérieur ne peut être accessible, alors qu’ils vivent dans des pays de la Francophonie où les évaluations pour adultes sont beaucoup plus simples qu’en France, c’est un réel problème car cela entache la crédibilité de tous les autres. Surtout lorsque ceux-ci cherchent à en faire un business lucratif. En France, ça passe très mal. Mieux vaut ne pas en parler car c’est un terrain miné. Pour d’autres, dont on sait clairement qu’ils le sont, du fait de leur parcours connu, vus de tous alors qu’ils étaient enfants et que cela ne fait aucun doute, cela semble nettement moins important à mes yeux.
Je ne doute à aucun moment que l’un d’eux, critiqué pour cela alors qu’auteur Français connu dans les médias, soit autiste, et il a raison de s’affirmer comme tel. D’autant que son travail d’auteur est remarquable et fort utile pour la défense de la cause autistique. Seulement cela dérange quelques uns. Pas moi, mais on peut les comprendre d’estimer que ce soit un gage de bonne volonté et de solidarité envers cette communauté, que de passer – comme les autres – sous les fourches caudines du diagnostic. Je ne pense pas tant que ce soit la pertinence de celui-ci qui soit remise en cause par ceux qui s’en indignent, mais plutôt un sentiment d’injustice chez eux. Je dirais même qu’avec la notoriété et le relationnel qu’on a lorsqu’on est à ce point médiatisé, ce serait bien étonnant de ne pas trouver un psychiatre pour délivrer un document officiel de diagnostic, afin d’éteindre une fois pour toutes les exaspérations.
Ceci dit, je comprends aussi son refus de se faire évaluer, car il n’a rien à prouver, fait partie des chanceux qui ne se sentent pas handicapés, mène une vie en harmonie avec ses particularités, et a fait ses preuves en tant qu’artiste auteur et militant de la cause. Et on constate régulièrement qu’il se donne à fond dans ce sens. Il fut parmi les premiers à témoigner sur les plateaux de TV, radios et presse, et pour cette simple raison, il mérite autre chose que des jugements mesquins sur son parti pris de ne pas aller au diagnostic. Il n’a de compte à rendre à personne, s’est construit son identité publique malgré ses difficultés initiales et sans doute grâce à un environnement parental bienveillant. Et dans la mesure où il ne se sent pas handicapé, il est logique qu’il ne ressente pas le besoin de s’engager dans ces démarches.
La seule raison qui me ferait pencher du côté de cette nécessité de se faire estampiller, c’est celle du recensement : comment évaluer le nombre d’autistes dans notre pays, si ceux qui le sont de façon évidente refusent d’être pris en compte dans les statistiques ? C’est quand même un problème : si on veut que l’état prenne ses responsabilités, il est important de savoir pour quel nombre de citoyens il va falloir engager des enveloppes budgétaires. Tant que le nombre sera flou, les réponses politiques seront aussi floues, sinon plus.

Je pense aussi qu’une classe politique qui mise sur le court terme n’a aucun intérêt à mesurer l’ampleur de la tâche. Les quinquennats se succédant, les engagements politiques pourraient très bien se résumer à quelques effets de manches et temporisations ?…

On peut se questionner aussi sur les multiples barrages opérés dans le secteur public pour infirmer les diagnostics. Il y aurait des affaires de gros sous là-dessous, des consignes données en « haut lieu » pour minimiser le recensement comme le coût de ces évaluations diagnostiques, ou encore des acharnements corporatistes… je n’en serais pas étonnée.
Et les délais imposés aux adultes semblent suspects : on dirait que le but visé est de les dissuader. Et hélas, ça marche. Beaucoup abandonnent, écœurés. L’énergie des personnes autistes étant limitée, il arrive un moment où celles-ci préfèrent s’isoler pour lécher leurs plaies dans leur coin, comme des animaux blessés. Certains disparaissent même sans laisser de traces ; ça arrange « tout le monde ».
Pourtant, aller au diagnostic est un acte citoyen. C’est comme voter : chaque diagnostic est comme un bulletin ajouté dans l’urne en faveur de la cause qu’on veut défendre.
Donc chacun est libre d’évaluer ce sujet selon ses propres valeurs et ressentis. Je considère quand même ce débat autour des sources des diagnostics comme secondaire, peu important. Je ne me sens pas vraiment concernée par ces querelles et me contente juste de les observer. Avec un peu de consternation, je dois dire.
Les multiples chemins menant au diagnostic font tellement l’objet de hiérarchisations stupides en ce moment (je parle des lieux où les uns ou les autres se font évaluer et reçoivent leur compte-rendu de diagnostic), que je commence à sérieusement douter de la pertinence de ce que je viens d’écrire ci-dessus. Vu le contexte et la cacophonie ambiante parmi les psychiatres et psychologues, ou à l’inverse : leur lâche connivence à peine voilée quand il s’agit de sabotage diagnostique, vu l’absence d’harmonisation des techniques d’évaluation dans les CRA et centres experts… on est en droit de se questionner sur la qualité réelle des évaluations. Que celles-ci émanent du secteur public comme du privé.
Ce qui me choque le plus en ce moment, c’est la guéguerre engagée entre une forme de petite aristocratie autoproclamée de ceux qui ont eu leur diagnostic dans le secteur public, versus ceux qui l’ont eu dans le privé. Néologisme de circonstance : les « DIAGuistoCRAtes » (valable tant pour les intervenants que pour les patients !)… Pour le moment, nul n’a de preuve tangible de la supériorité d’un secteur sur l’autre (les psychiatres du privé travaillent aussi en cheville avec des neuropsychologues, psychomotriciens…), mais c’est ce à quoi on assiste et c’est déplorable.
Actuellement, il y a des justifications valables au fait de mettre la pression sur le secteur public : la première est celle de sa responsabilité quant à son rôle « réhabilitant » d’une lacune historique de repérage, de soutien, de respect… Ce fut ma démarche de ces presque quatre dernières années… en vain. J’ai voulu m’accrocher au secteur public, non pas pour la qualité de ses procédures de diagnostic, mais bien clairement pour les mettre au pied du mur, en me disant que si tout le monde insiste, plus on les envahit, les harcèle par le nombre… et plus on les place face à leurs responsabilités, plus on les pousse ainsi à se perfectionner. D’autre part, mes moyens financiers sont ultra limités à ma survie au quotidien, et les sacrifices que je vais devoir engager sont énormes en regard de mon maigrissime revenu, largement en dessous du seuil national de pauvreté. Mais je n’étais qu’un pot de terre… Mais au moins, on ne pourra pas me reprocher d’avoir fait le maximum en presque quatre années de recherche pour obtenir une évaluation dans le secteur public. Là, de guerre lasse, j’envisage sérieusement d’autres solutions (je pense pouvoir en donner des nouvelles dans l’année. Pour l’instant, je préfère me taire). La seconde est, comme je l’ai dit plus haut, la nécessité d’un dépistage systématique afin de savoir pour quel nombre de personnes l’état devra prendre ses responsabilités pour réparer un préjudice collectif, ne serait-ce que par une reconnaissance des personnes et une demande de pardon de sa part. Car si le terme n’est pas encore employé, je vois cela comme un scandale sanitaire de plus, au même titre que celui du sang contaminé ou du Mediator : il y a eu des morts, des maltraitances, des enfants arrachés à leur famille, des enfants soustraits aux enseignements scolaires, des incarcérations psychiatriques abusives, des diagnostics erronés, des errances diagnostiques parfois des vies durant, des suicides par milliers, des abus de prescriptions et de thérapies inadaptées, des traitements aux conséquences morbides, des familles détruites, déchirées, disloquées, expatriées à l’étranger, de vieux autistes qui croupissent et meurent dans des conditions intolérables… Je ne dramatise rien, là : les témoignages sont légions sur les réseaux sociaux. Et depuis que les personnes et leurs familles ont commencé à s’exprimer, l’absence de mesures tangibles qu’on y oppose est coupable.
Sans parler de l’instrumentalisation éhontée du clivage droite-gauche par le lobby psychanalyste. Est-ce un luxe de leur rappeler qu’il existe pas mal de psychanalystes de droite comme d’anti-psychanalyse de gauche ? Et je formule ces objections sans pour autant être « anti » psychanalyse : j’estime seulement que c’est une activité privée, devant relever d’une démarche individuelle entre adultes consentants, au même titre que les arts divinatoires. Et que la psychanalyse n’a rien à faire, plus rien à faire, dans le domaine public : que ce soit dans les CRA, dans les tribunaux, dans les administrations sanitaires et sociales… Laissons la psychanalyse à sa place de pratique individuelle privée et volontaire. L’argent du contribuable n’a pas, n’a plus à alimenter ces pratiques, non seulement obsolètes en regard de la science, mais aussi particulièrement néfastes dans le cas précis de l’autisme.
Bien sûr, il y a eu les derniers plans Autisme, les discours du Ministère de la Santé, le « projet Fasquelle »… Tout cela est à saluer avec reconnaissance. Mais quand on voit comment le projet de Mr Fasquelle a été balayé lors du vote à l’Assemblée Nationale, on a de quoi douter. J’y vois encore – comme bien d’autres – l’effet de querelles partisanes opérées sur le dos des usagers. L’autisme n’a pas de couleur politique, mais ceux qui l’instrumentalisent en ont. Et pas plus un camp qu’un autre, je crois. Une fois de plus, les autistes sont laissés sur le carreau, ignorés, méprisés.
Je ne suis motivée par aucun sentiment de vengeance quelconque, mais il est plus qu’indispensable que les autorités de notre pays mettent fin à ce carnage physique et psychique, et demande pardon aux victimes pour les restaurer dans leur dignité.
Et une demande de pardon, juste cela, ce serait déjà bien. Ça remonterait le moral, un peu, quand même.
Les nouvelles générations sont dépistées (même si pas encore correctement : on constate une évolution), mais il y a toutes les générations précédentes et encore survivantes qui doivent être prises en compte, réhabilitées dans leur droit à ne pas être jugées, maltraitées ni exclues comme elles le furent et le sont encore.
Alors quand je lis certaines discussions, j’ai l’impression d’être dans un poulailler empli de volailles caquetantes se querellant à qui est ou sera plus légitime que l’autre selon le lieu de son diagnostic. Et l’autisme des uns ou des autres n’a pas à justifier ces comportements discriminatoires qu’on pourrait désigner par un mot en « isme », du fait qu’ils s’apparentent à des procédés de sélection dignes d’autres temps et autres lieux bien sordides.
Mais en tous cas, j’ai une certitude : tout cela est le produit d’un état qui se défausse et ne traite le sujet « autisme » que très mollement, même si les discours se sont améliorés. Si les CRA et autres centres experts étaient harmonisés sur leurs méthodes, surveillés quant à d’éventuels comportements inadmissibles, nantis de moyens suffisants et de personnels réellement compétents (ce qui est loin d’être le cas partout pour le moment)… Si les médecins et psys étaient correctement formés dans des facs d’où les charlatans seraient définitivement exclus, avec des programmes révisés… Si la sécurité sociale prenait en charge les consultations en libéral pour désengorger les centres publics et si un recensement national de toutes les personnes dans le spectre était enfin réalisé, afin de les soutenir, les sortir de la marginalité, leur fournir les outils dont ils ont besoin pour s’insérer à tous les niveaux… ces querelles n’existeraient pas et tout le monde serait gagnant. Oui, tout le monde ! Qu’on n’objecte pas le coût que ça représente car le coût actuel est exorbitant pour la collectivité. Et un autiste bien accompagné peut devenir un citoyen actif dans la société, pour ne pas dire productif, s’il faut employer un mot pas toujours bien perçu selon les orientations politiques des uns ou des autres. Mais c’est un fait. Seulement, dans notre société où le court terme prime sur l’intérêt commun, et donc peu de monde a le courage de s’engager, et ceux qui le font prêchent dans le désert.
Le terreau des querelles entre autistes repose sur la pénurie, comme toujours. Moins on alloue de moyens à une cause, et plus les populations concernées s’épuiseront en querelles de cour de récré et autres discriminations absurdes, au lieu d’utiliser leur énergie mentale à des actions plus constructives. C’est un peu comme ce qui se passe en politique en général : plus on appauvrit les masses et plus on y voit s’installer la discorde, la zizanie, les discriminations, racismes, abus… et élections de dictateurs.
Je crois que plutôt que de montrer du doigt le canard boiteux, plutôt que de faire la chasse aux brebis galeuses, on serait mieux avisé de se retourner contre l’origine de la gale et des briseurs de pattes, et de réfléchir à des solutions, se retrousser les manches. Ce serait constructif, pour le coup.
L’ampleur de la tâche est telle : recenser, soutenir, valoriser, réhabiliter… réparer les dégâts du passé, construire le futur des autistes pour eux DONC avec eux… Et donc ces querelles contre-productives sur les « diags versus non diags » comme les « diags publics versus diags privés »… etc., n’auraient plus lieu d’être.
Et pendant ce temps, les tenants de la psychanalyse dans l’autisme doivent bien se marrer en se frottant les mains. Car plus on se fritte et plus on les conforte dans leur acharnement à faire du lobbying.
Et pendant ce temps, les autistes verbaux se querellent sur la toile. C’est triste.
J’en reviens donc à ce qui se dégage de ces querelles…
On est là, dans ces discussions entre autistes, un peu (beaucoup) face à un serpent de mer : l’imposteur (de l’auto-diagnostic, du diagnostic, de la com sur le sujet, etc.). J’ai l’impression qu’on joue là à se faire peur ou qu’on s’empare un peu trop du truc pour se positionner en vertueux, en dénonçant le « gros vilain » d’en face. C’est vieux comme le monde : c’est un moyen de se rassurer sur soi-même. Et je crois que nul n’y échappe.
Or la tempérance serait de mise : c’est effectivement un problème qu’il existe quelques imposteurs dans ce milieu, certes, mais ce n’est pas un problème important en regard d’autres bien plus graves.
C’est aussi un phénomène qu’on retrouve dans l’expression des opinions politiques des gens : on prête des intentions ou on accuse une catégorie de « profiter du système » (sous-entendu : aux crochets du collectif, donc de soi-même en tant qu’élément de ce collectif), et on amplifie, on joue à se faire peur, tant dans sa tête que dans le discours ambiant, la peur et l’accusation de son prochain. Genre « je connais quelqu’un qui a fraudé pour toucher le RSA, donc tous les gens au RSA sont des parasites et des fraudeurs » —> « Supprimons les aides ! » Et tant qu’on y est : « accusons tous les pauvres d’être des fraudeurs en puissance et fliquons-les jusque dans leur salle de bains »…
Alors si on repère une fois un auto-diagnostiqué qui fait manifestement du cinoche (ou même plusieurs), le processus est le même : « Un-e-tel-le s’auto-diagnostique (à tort ou pour tromper son monde) DONC tous les auto-diagnostiqués sont des imposteurs ! » —> « Interdisons-leur d’employer le terme auto-diagnostic ! » —> « Haro sur les auto-diagnostiqués car ils sont illégitimes ! »… Et c’est ainsi qu’on s’engouffre dans le terrorisme lexical, la novlangue et son cortège d’hypocrisies qui vont avec, puisqu’à ce stade, les auto-diagnostiqués sérieux ou sincères se retrouvent en état de terreur et se voient obligés de parler en termes faussement humbles, de courber l’échine de façon servile en employant un langage de doute de soi, en minimisant leurs propos pour ne pas se faire lyncher par la horde en furie des plus arrogants parmi les diagnostiqués, perchés sur leurs ergots (pourquoi tant d’acharnement ?). Heureusement que tous les diagnostiqués ne se comportent pas de la sorte, sinon nul ne pourrait compter sur certains d’entre-eux pour se faire soutenir dans ses démarches. Résultat : la majorité des auto-diagnostiqués a la trouille et n’ose plus employer l’expression « auto-diagnostic », donc hypocrisie dans les échanges. Est-ce souhaitable ?
Il y a près d’un an, j’en avais déjà parlé ICI.
Et plus la peur enfle et plus les accusations pleuvent, et plus on les amplifie encore jusqu’à une forme de « théorie du complot ». En l’occurrence ici : théorie du complot des imposteurs auto-diagnostiqués qui viendraient brouter l’herbe des gentils diagnostiqués « innocents » (dans le sens où que non ! Avant d’être diagnostiqués ils ne se seraient en aucun cas auto-diagnostiqués, jamais (?), oh que non ! Je ris). Car non, le fait d’être un adulte autiste ne met ni à l’abri de la mauvaise foi, ni de l’acrimonie, loin de là. Or une « théorie du complot », en tant qu’erreur de jugement, n’est pas forcément exempte de faits parfois réels. Le problème avec les « théories du complot » les plus efficaces, c’est qu’elles se basent sur un ou deux cas isolés pour en faire une généralité. Et c’est comme ça aussi (encore !) qu’on finit par dire que telle ou telle catégorie humaine est illégitime, voire à abattre. Ce qui s’appelle : « jeter le bébé avec l’eau du bain »… ou se tirer une balle dans le pied.
Alors, plutôt que de se lancer dans des chasses aux sorcières, le mieux serait sans doute de se focaliser sur la compréhension de l’autisme et la mise en place de solutions positives. On ne résout pas les grands problèmes en y ajoutant des petits. Sinon, c’est petit.
Ne nous laissons pas manipuler !
Il serait temps de grandir, de plancher sérieusement sur le sujet et de miser sur l’avenir. Si on se querelle, c’est qu’on a de l’énergie. Alors utilisons-la pour construire. La solidarité est la clé de l’évolution de la cause autistique.
Nous sommes des montagnes ; cessons d’accoucher de souris !
------------------------------------------------------------------------------------

PHÉNOMÈNE de MODE !

Publié le 25 décembre 2016 par Blandine Messager





Yess ! Trop cool ! Je vais me faire ASPIE !



 




Vu aujourd’hui, sur un réseau social, un T-shirt portant la mention :





J’ai bien aimé.
C’est vrai que le syndrome d’Asperger est souvent désigné comme un phénomène de mode, un truc de dandy…
La connerie aussi. C’est très tendance, la connerie : ça permet de voir des phénomènes de mode partout.

Un psy aux yeux gris : « Oh vous savez… le syndrome d’Asperger, c’est un phénomène de mode ! »
Le patient : « Oui, c’est comme les yeux gris : c’est devenu tellement cool depuis quelques temps, que plein de gens s’achètent des lentilles de contact grises.
– Mais c’est la vraie couleur de mes yeux !
– Je ne vous le fais pas dire, mais comme c’est un phénomène de mode, je ne peux pas vous croire.
– Regardez plus près, vous verrez que ce sont bien mes yeux…
– Non, pas besoin ! Vu que les yeux gris sont à la mode : vous avez des lentilles. »

Un médecin : « En quoi est-il utile de vous coller une étiquette ? »
Le patient très patient : « Et votre diplôme (affiché dans votre cabinet), ça va ? Ce n’est pas trop dur de ne pas avoir d’existence propre en dehors de votre diplôme ? »

« Mais, tout le monde est un peu autiste, en fait !
– Oui… et tout le monde est un peu niais, aussi. »


« Avec ce diagnostic… tu n’as pas peur de t’enfermer dans une case ?
– Et avec un raisonnement pareil, tu n’as pas peur de dire une connerie, là ? »

« Tous les surdoués sont un peu Asperger mais on ne peut pas être « aspie » et surdoué en même temps.
– Vous avez de la chance, vous ! Car si tous les cons sont un peu cons, on peut être les deux à la fois. »


Ce qui est intéressant, avec les phénomènes de mode, ce sont les réflexions à la con qui vont avec.

« And I had Asperger’s before Lorna Wing named it ! » (Fashion phenomenon)

 
Et pour finir, la « réponse qui tue » à fournir aux psys qui prétendent qu’il n’y a « pas de femmes Asperger », qui refusent de faire passer les tests d’évaluation aux femmes, sous des prétextes aussi aberrants que le fait de regarder dans les yeux, de parler avec intonation, d’être capables d’utiliser des expressions imagées… et autres clichés émanant d’ignares crasses qui feraient bien de mettre leur arrogance en veilleuse pour aller tenir leurs connaissances à jour :

« Pardon, mais c’est de l’ignorance ou de la mauvaise foi, ce que vous dites ? Parce que si c’est de l’ignorance, je peux vous aider… »





 
© Blandine Messager – 2016

P.S. – Attention : pas de confusion !
Si j’étais capable de dire ces répliques dans des conversations en direct, je n’aurais pas créé ce blog. N’ayant strictement aucun sens de la répartie, je réponds toujours en différé, et l’écrit me permet de poser mes mots à posteriori, faute d’être capable de les prononcer de vive voix.
Il s’agit donc ici d’une ébauche de liste de répliques toutes faites, à apprendre par cœur si on le désire, pour pouvoir les ressortir lorsque la situation l’exige ou le permet. Mais les opportunités de voir les choses se dérouler exactement comme on les avait prévues sont tellement minces, que celles de pouvoir user de ce répertoire sont quasi-infimes. Hélas.
P.P.S. – Je ne résiste pas au plaisir d’ajouter ceci :



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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 16:09

Spoiler:


Ah, toi aussi tu… ?

Publié le 3 septembre 2016 par Blandine Messager



D’après maints témoignages lus dans l’autistosphère du web, il semble que les intérêts restreints se manifestent différemment chez les hommes et les femmes autistes.
Hormis les histoires « bateau » de trains, de Pokemons, de collections de stylos roses, de hublots de machines à laver et autres trucs qui tournent et font surtout tourner la tête des « spécialistes » dont c’est devenu une obsession envahissante au point de réfuter toutes les autres formes d’intérêts restreints…
Chez les garçons et les hommes, ces IR sont souvent plus durables (de quelques années à la vie entière) plus circonscrits à peu de domaines (parfois même un seul), et à des domaines pas forcément proches de leur quotidien : astrophysique, roman policier, cinéma des années trente, construction des cathédrales, salmonidés, guerre de 14-18, pratique d’un instrument de musique, pratique d’un sport, chasse au trésor, mycologie, collections diverses… Il arrive d’ailleurs parfois qu’un IR se transforme avec bonheur en carrière professionnelle, quand se présentent des opportunités d’y accéder.
Chez les filles et femmes, les IR sont souvent moins durables (mais pas forcément non plus) et plus éclectiques tout en étant plus circonscrits à des domaines qui touchent personnellement la personne elle-même et son environnement immédiat. Certaines disent ne pas avoir d’IR précis, mais souvent, si on gratte un peu, elles en ont : sous la forme de toquades transitoires de type jeux ou d’addictions diverses. D’ailleurs, l’IR relève en soi d’une forme d’addiction.
Ainsi, beaucoup de femmes autistes déclarent se passionner pour certaines sciences humaines (moyen de pallier leurs difficultés d’empathie cognitive) qui leur offrent des grilles de lecture de leur environnement humain : tests psychométriques et projectifs, graphologie, astrologie, morphopsycho, symbolique, arts divinatoires divers dont psychanalyse (clin d’œil goguenard) …
Pour peu qu’un problème ou événement grave, important… leur arrive, c’est CE sujet qui devient un intérêt restreint, notamment durant la période qui préoccupe. Par exemple, une femme autiste qui va traverser une épreuve de santé, va transformer sa maladie en intérêt restreint jusqu’à ce qu’elle ait glané suffisamment d’informations sur le sujet, au point d’en acquérir une expertise et arriver face au médecin nantie d’autant, sinon plus d’informations « techniques » sur sa maladie. Une fois guérie ou certaine de maîtriser assez le sujet pour se mettre à l’abri, cet IR va se dissoudre et elle passera à autre chose. Mais l’acquis demeure. Ce n’est donc pas dépourvu de bénéfices à terme.
Et tout ceci dans un niveau d’intensité anormal. Pour donner un exemple concret : j’ai eu un cancer il y a quelques années. Lors des séances de radiothérapie, j’ai passé quelques heures en salle d’attente, à observer les femmes présentes et à devoir répondre à leurs souhaits de converser. J’ai constaté que la plupart d’entre elles (pour ne pas dire toutes) ne savait rien de la nature de ses carcinomes, ni pourquoi on leur avait attribué tel ou tel traitement. Elles venaient là, comme résignées, parce qu’on leur avait dit qu’il fallait le faire, souvent très désemparées, déprimées… alors que j’y allais « la fleur au fusil », joyeuse de pouvoir bénéficier de soins gratuits et de savoir pourquoi. J’avais fouiné « à donf » sur ce que j’avais. J’en connaissais la nature, la prévalence, la taille, la localisation, l’état des recherches, la prévalence géographique à travers le monde de ce type de tumeur, les causes environnementales possibles… etc. Et ces nanas de me regarder avec les yeux ronds, décrire ce que je connaissais de ma maladie. Nulle d’entre-elles ne songeait à s’informer : la peur, peut-être ? Pour ma part, quand je suis face à un problème, je m’y plonge pour tout savoir : ne pas savoir est pour moi la pire des sources d’anxiété. Me documenter obsessionnellement m’a permis de bien vivre ces années de soins et, peut-être ? De m’en débarrasser.
Pareil par exemple avec un problème juridique : elle va devenir experte en CE problème jusqu’à sa résolution. Puis pourra ultérieurement mettre son expertise au service d’autrui si on le lui demande un renseignement, même si elle est sortie de cet IR (mais auquel cas il ne sera plus actualisé).
Une autre ayant des enfants en bas âge va développer un IR et une expertise en matière d’allaitement maternel. Telle autre étant concernée par un problème lié à la sexualité, va développer une expertise en sexologie. Telle autre encore, pour pallier ses difficultés d’interprétation et de reconnaissance des visages, se focalisera frénétiquement sur la morphopsychologie. L’amoureuse va faire de son ou sa partenaire un intérêt restreint, au point parfois de l’envahir, ou bien celle-ci, qui souffre de TCA, va devenir experte en diététique, parfois à des niveaux de maîtrise du sujet bien plus importants que ceux des diététiciens professionnels eux-mêmes, à qui elles pourraient en apprendre.
Et il s’agit bien d’intérêts restreints, dans le sens ou ces activités mobilisent la majeure partie du temps et de l’énergie disponibles, au point de ne plus avoir la moindre minute d’attention possible pour autre chose, d’y penser jour et nuit et d’en arriver parfois à ne plus rien pouvoir faire d’autre. Bref : l’IR, c’est de l’Amour ! Et de l’Amour passionnel. Parfois pour le pire, mais pas que…
Bien sûr, il y a des exceptions : un homme peut avoir plusieurs IR non forcément durables au cours de sa vie, une femme peut en avoir plusieurs et avec l’un plus important que les autres, qui dure toute la vie.
Mais dans l’ensemble, ces IR, s’ils sont typiques de l’autisme, ne sont pas à considérer comme pathologiques, car ils permettent de bien vivre et même de mieux vivre que les autres ce qui nous arrive. La pire connerie consisterait à vouloir sortir un autiste de son IR, je pense. Car c’est ce qui le sustente, le rend heureux. L’IR est la clé du bonheur de l’autiste. Bien accompagné, soutenu et aidé, il peut en faire sa vocation et partir de cela pour intégrer des connaissances annexes qui lui ouvriront d’autres horizons. En le laissant se focaliser sur un sujet, il pourra ensuite se « défocaliser » de celui-ci, enrichir ses bases de données, en faire quelque chose d’utile pour lui-même comme pour les autres.
Dans l’autistosphère du web, si on a un renseignement précis à demander : il suffit de poser une question et miracle : on a toujours un expert qui connaît la réponse ! Et qui va même aller au delà en déversant devant notre porte des brouettées d’informations qu’on n’a pas forcément demandées. Mais c’est ce qui fait aussi le charme des autistes.
Mais en toile de fond de ces intérêts restreints, revient toujours cet auto-centrage typique des personnes autistes, souvent taxé d’égocentrisme, voire d’égoïsme. Et dans ce contexte il est parfaitement logique que les femmes autistes transforment leur vécu personnel, leur propre personne, leur environnement immédiat en intérêt restreint, y développent DES expertises.
Comme me l’a dit judicieusement Val, une bonne copine autiste Asperger : « Ah, toi aussi, tu intérêrestreintises tout ce qui te touche de près ? » Alors que je fournissais un exposé détaillé d’un sujet de santé « pointu » qui m’avait touchée personnellement.
De même que depuis quelques années, j’ai intérêtrestreintisé l’autisme en général et ma personne dans l’autisme en particulier : tout mon temps y passe, le peu d’argent dont je dispose est dépensé en bouquins, je poursuis mes démarches en vue d’une évaluation diagnostique sérieuse, je tiens ce blog, toutes mes recherches web ne concernent que ce sujet, je passe ma vie au peigne fin du matin au soir, je soûle mon homme à ne parler que de ça, je ronge mon frein pour ne pas en parler aux autres gens (ce qui m’empêche de me concentrer sur tous les autres sujets de discussion)… Et bien que n’ayant aucune légitimité pour cela, j’ai constaté, à la lecture et au contact de professionnels censés s’occuper d’autistes, que je pourrais leur en apprendre.
Bien sûr, j’ai d’autres activités. Enfin, une autre seulement, et très secondaire en ce moment, puisque tant que je suis focalisée sur l’autisme, je n’arrive à rien faire d’autre (ou médiocrement), et que seule la fin du parcours signera sans doute la fin de cet IR (la libération par la légitimité !), dont je garderai le bénéfice à vie : la connaissance et le repos de savoir enfin comment je fonctionne neurologiquement et comportementalement. Et je pourrai passer à autre chose, mais forte de cette connaissance de mon fonctionnement. De même que je garde bénéfice de tous mes IR passés : c’est de l’engrangé, du capital inaltérable. Quelle chance n’est-ce pas ?
C’est dommage et ce serait chouette que les plus courageux de ces professionnels (psychiatres, psychologues, neurologues, généralistes, éducateurs aussi…) descendent un peu de leur Olympe pour aller à la rencontre et à l’écoute de ces adultes autistes qui en ont fait leur spécialité, pour y puiser matière à mieux travailler avec eux, à mieux cibler leurs recherches, à mieux cerner et recevoir les personnes autistes, mieux les connaître, mieux concevoir les aides dont ils ont besoin, les respecter… mais on ne pourra pas changer ce monde ni ses aberrations, de toutes façons. Et puis on ne peut pas demander à tout le monde de faire preuve d’autant d’humilité et d’intelligence que Laurent Mottron, en recrutant Michelle Dawson pour l’épauler dans son centre de recherche.
Et oui, tous ces intérêts semblent bien restreints. Je suppose que vu depuis les hauteurs prétendument neurotypiques, ça doit paraître bien petit, sinon minable que de limiter sa vie quotidienne à une ou deux seules activités.
Mais qu’on vienne me demander des renseignements sur un de mes IR passés ou présents, et on verra bien qui, des intérêtrestreintiseurs ou des normosurvoleurs n’a pas perdu son temps !
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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 16:16

Nous ne sommes pas d'accord sur les "mouvements" du papier peint et de l'horloge de cette vidéo, mais pour le reste c'est assez proche.



Spoiler:


http://deescaa.free.fr/blog/category/societe/science



Dernière édition par I am so sure le Sam 25 Fév 2017 - 12:10, édité 1 fois
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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 18:48

B ZZZ




Spoiler:



Chronique - Tu me dis zèbre ...
Tu me dis zèbre ?
Le zèbre hennit.
Ne nie pas.
Je m’ennuie.
Parfois je me nuie.
Zèbre.
Oui je suis le seul équidé que l’homme ne peut pas apprivoiser. 
Mais moi j'adorerais apprivoiser l'homme.
Oulala !
Je ne VEUX pas être apprivoisée.
Je ne VEUX pas être domptée.
Déjà que j’ai du mal à me dompter moi-même … C’est un sacré bordel dans ma tête un bordel créatif & oui la créativité vient du bordel mais pas forcément d'un bordel.

Tu me dis surdouée ?
Supérieure au don.
Le don est gratuit.
Or parfois ce don je le paie. Je le paie cher. 
C’est une jouissance qui me torture. 
Ce bouillonnement interne me tabasse le crâne.
Ces grêlons assaisonnent cette tempête sous mon crâne.
Cette empathie est antipathiquement antisympathique. 
Cette hyperexcitabilité dévoile mon amygdale, cérébelleuse & non palatine, vulnérable.
Cette hypersensibilité me fait chialer.

Non je ne pleurerai pas maintenant, non.
Sur-douée.
Non je n’aime pas ce mot.
Je n’en VEUX pas.
Non merci. A ta merci.
Toi aussi tu as un don, tu as le don d’être toi, le surdon d'être toi.
& Moi j’ai le don d’être moi, le surdon d'être moi.
C’est ça qui est beau.
C’est ça qui est important.

Tu me dis HPI ?
Encore un autre nom. 
Haut Potentiel Intellectuel.
HPI.
On dirait un maladie sexuellement transmissible.
J’ai l’impression, j’ai la pression que mes neurones font toujours l’amour sans se protéger.
Oulala les p'tits fous-fous.
Sans me protéger.

Excuse-moi ?
Où est le bouton pause ? 
Je n’ose pas. 
Est-ce que quelqu’un dans cette forêt peut me remplacer ne serait-ce qu’un instant ? Qu’un souffle de ma vie ? 
Prends mes pensées.
Juste une stp.
Panse-moi comme tu panserais un zèbre. 
J’ai le poil doux, promis.
Carresse-moi.
Aide-moi.
Prends mes pensées.
Prends les …
“Je te donne toutes mes pensées, mon arborescence.”

Zèbre.
Surdouée.
HPI.
BlaBlaBla.
Etagère.
Tiroirs.
Miroir.
Non me dis pas si chui la plus belle j'men fous.
Intelligence qualitativement différente.
QI. 
Quotient Intellectuel. 
Hum.
QI QI. 
Vole jolie tourterelle.
Mon oiseau préféré de l'été.
Parce que l'hiver ça me perturbe.
QI.
Qualité Intime.
Merci Jeanne Siaud-Facchin.
Ne te fâche pas.

Respire.
Notre cerveau a un vilain défaut.
On se concentre sur ce qui est douloureux. Houleux. 
Mais la vie est belle, si belle, décibel, quel joli son fait la vie. Une chanson naturelle. 
Concentrons-nous sur ce que nous aimons chez nous.

Je suis amoureuse de mon énergie.
Je suis amoureuse de ma créativité.
Je suis amoureuse de ma sensibilité.
Je suis amoureuse de mes valeurs.
Je suis amoureuse de mon observation guetteuse & non gâteuse.

Ok souvent toi je ne te comprends pas.
Ok souvent toi tu ne me comprends pas.
Mais maintenant j’ai compris pourquoi.
Ok souvent je m’ennuie. J’avoue. Je ne trouve pas place. Je ne sais pas quoi te dire. 
Ce silence séquestré à l'extérieur de moi percute mon brouhaha haha interne. 
Brouhaha lui-même séquestré.
Cette double séquestration contraire provoque une violence extrême en mois mais je tente de me dompter.

Ok souvent tu me trouves bizarre. 
Bizarre. 
Bizarre. 
J'adore ce mot.
Je te mets mal à l’aise …
Tu m’observes avec des yeux en forme de berlon. De berlon frit. 
Pas cher mais j'ai pas tout compris.
Je me sens incomprise parce que tu ne me comprends pas. 
Logique. 
Hic ! 
Je rentre dans ma loge. 
Ma loge d’artiste incomprise. 
Une conne prise pour une conne.
Mais ce qui est drôle, étrange, intéressant c’est que je ne te comprends pas non plus.
Alors comment fait-on ?
Elle est où la grille de lectuuuure ?

Qui suis-je ? 
Où vais-je ? 
Dans quelle étagère ?
Sommes-nous tous voués à entrer dans des cases, des étagères, des placards avec des tiroirs non communicants ?
Ca m’déprime.
Ca m’dépasse même. 
Non.
Je dis non.
Cassons ces étagères ! 
“Casse-moi tout la d’dans, j’veux plus rien r’connaître.”

Nous sommes réunis aujourd’hui pour parler de l’importance de prendre en compte les individualités, c'est marrant dans"individualités" il y a "individus" & "dualités", nous sommes réunis pour parler des différentes intelligences pour mieux se comprendre, mieux vivre ensemble.
Joli défi, je sais, merci ! 
Perso, j’ai 3 options : 
- 1 : je me fonds dans la masse, je m’effondre dans la masse : j’aime pas la macédoine, non merci c’est dangereux.
- 2 : j’évite, je me renferme sur moi & “je fuis, fuis, fuis mon QI QI QI, laisse-moi aller” : non merci c’est dangereux.
- 3 : je trouve un com-promis, une promesse de connerie, entre le monde et moi : oui merci joli défi, allez on y croit !

Parce qu’on est tous normaux dans notre catégorie.
Parce que la norme allitée n’a qu’à rester au lit.
Mais ne restons pas sous le couette.
Dévoilons-nous.
Tous à poil.
Nous sommes tous talentueux à notre façon, il suffit de se connaître & de tenter de connaître l'autre.

Emmanuel ?
Pierre ?
Etes-vous prêts à révéler & à relever ce défi avec moi ?
A vous.

BS : Qu'est-ce que c'est bon d'être pieds nus !
BBS : Rdv mercredi 15 février à 19h sur les ondes d'Euradionantes pour l'émission des artisans du changement spéciale "HPI - zèbres - surdoués ... BlaBla" avec Emmanuel Dinéty (Mensa), Pierre Rougier & Cécile Bernier !


http://www.bigbananaradio.com/les-artisans-du-changement-hpi-zebres-surdoues/


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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 18:50

Spoiler:


https://lesneurostars.wordpress.com/2016/04/03/refuser-detre-coupe-en-deux/

https://lesneurostars.wordpress.com/2016/04/17/autonomie-et-salle-de-bain-organisation-dinspiration-teacch/comment-page-1/#comment-91

http://joliesoul.com/le-vide-interieur-nous-fait-grandir/

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Être père d’un enfant doué

Chronique publiée le 16/02/15 10:03

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On évoque souvent les parents perplexes et déroutés à l’annonce des résultats du test, mais sans doute plus encore le père dont le rôle au sein de la famille comporte des spécificités, même si elles sont de plus en plus mises à mal par toutes les modifications touchant la notion de famille.



[size=16]Il n’en reste pas moins que cette place et ce rôle ont une portée symbolique difficile à négliger complètement et encore plus à nier.

L’annonce aux parents des notes obtenues au test, provoque parfois un très bref instant  de sidération, surtout si on a pratiqué un WISC IV où, à l’Echelle Verbale, les enfants doués atteignent des sommets et les dépassent même parfois. Il faut s’empresser de pondérer ce résultat vertigineux, beaucoup plus rarement atteint quand des épreuves de calcul mental et de mémoire immédiate faisaient partie de cette échelle.

Malgré tout, les parents s’affolent un peu et se demandent comment ils vont procéder pour être de bons parents face à un enfant déconcertant. 
Il est une règle d’or, valable pour tout individu doué : il faut toujours se fier à son intuition, parfois en apparence au détriment de la raison qui inspirerait une conduite plus rationnelle. Cette règle est valable pour les parents qui comprennent leur enfant de façon intuitive par un ressenti qu’ils seraient bien en peine d’expliquer ou de justifier. La notion de devoir et de transmission des codes sociaux est plus forte chez les pères : elle est ancestrale et ne peut disparaître rapidement, il en reste des traces, renforcées par la logique et l’idée de responsabilité. On objectera toutes sortes de configuration familiale contredisant cette assertion, mais il s’agit là d’une direction générale dont, évidement, de nombreux cas particuliers s’écartent largement.
Dans le courant de la vie, certains pères ne peuvent s’empêcher de penser, de façon fugitive et quasi inconsciente, que leur fils, surtout leur fils, pourrait très vite se révéler plus habile qu’eux, comme s’il possédait une science infuse procurée par ce don parfois dérangeant. Un infime malaise les gagne, confusément teinté par l’ombre d’un sentiment difficile à admettre pour un père : la jalousie, surtout quand la mère admire sans réserve un fils brillant d’un éclat particulier.
Il semblerait alors qu’il faille choisir entre une humilité, qui n’est pas appropriée, face à un enfant qui raisonne si bien, et une autorité renforcée pour éviter de le laisser libre d’agir comme il l’entend, alors qu’il a encore si peu d’expérience de la vie.
Un père trop réservé n’est pas suffisamment rassurant pour un enfant imaginatif et sensible : il doit savoir qu’il est protégé par quelqu’un qui non seulement l’aime et veut son bien, mais aussi qui a le savoir, la force et l’expérience nécessaires pour faire face aux situations délicates, imprévues, dangereuses peut-être. Un enfant plonge dans la terreur quand il voit ses parents désemparés, ou pire encore, effrayés.
Dans les tests de personnalité, la plupart des jeunes garçons admirent sans réserve leur père, ils le prennent pour modèle et rêvent de lui ressembler : à cet âge, l’essentiel de leur vie et de leurs préoccupations est centré sur la vie familiale et les rôles des parents sont bien distribués : à la mère, le quotidien, les câlins, les décisions à prendre dans l’instant et la chaleureuse complicité entre mère et fille, au père, la force rassurante, la place en première ligne en cas de danger et la participation nécessaire aux décisions touchant le fonctionnement de la famille.  Père et mère assurent à égalité la protection des enfants.
Même si dans la réalité le père est absent, s’il reste un personnage flou, le couple est évoqué comme tel dans les récits des enfants. C’est dire son importance dans la construction de la personnalité.
Parfois, les parents ont le sentiment que leur enfant de 8 ou 9 ans est déjà un adolescent parce qu’il sait discuter avec une étourdissante habileté : le maniement du langage lui est si aisé, celui des concepts lui semble tellement amusant qu’il ne résiste pas au plaisir d’exercer ses dons oratoires : la joute verbale, surtout si elle l’oppose à un père avocat, juriste, commercial, professeur, tout métier où le verbe est important, revêt une valeur inestimable pour un enfant doué qui a peu d’adversaires à sa mesure parmi ses pairs. Cependant, il peut aussi reconnaître la solidité d’un argument logique pour se soumettre à l’autorité de ses parents : on explique, on ne se lance pas dans une discussion où on ne l’emportera pas, on évite de négocier parce qu’on risque d’être perdant face à un virtuose du langage prêt à utiliser tous les arguments, même sordides. Ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas tenir compte des détails de la situation. Des parents trop laxistes ou impressionnés par les plaidoiries talentueuses de leur enfant ne sont pas rassurants, des parents qui ne veulent rien savoir bloquent le dialogue.
Se montrer trop exigeant pour que l’enfant doué exploite intensément ses dons peut créer une tension fatigante : on dira qu’il est bien précisé partout que l’enfant doué ignore le sens de l’effort et qu’on lui rend service en l’incitant à fournir ces efforts qui ne lui sont pas encore  nécessaires, mais le perfectionnisme propre aux enfants doués rend cette exigence parfois étouffante. Certains savent très bien se mettre la pression tout seul. Pourtant, le père n’aimerait pas se reprocher de ne pas avoir été suffisamment exigeant quand, par la suite,  il voit son fils tout à coup perdu face à une scolarité plus difficile.
Quelle que soit la configuration familiale, cette place symbolique du père revient de façon têtue et presque surprenante, parfois seulement comme un vide que les enfants cherchent à combler en échafaudant toutes sortes de scénarios  pour expliquer cette absence.
Quand le père est présent, mais vraiment défaillant, son fils doué recherche désespérément à lui reconnaître des qualités, à lui trouver des excuses justifiant sa faiblesse.
Alors, quand un père bien présent enseigne à son fils son savoir, ou son savoir-faire dans un domaine particulier, le fils s’applique pour faire honneur à son professeur et le combler par sa réussite. Il arrive qu’il le dépasse et on imagine bien le trouble du père chez qui se mêlent fierté et aussi dépit de ne pas avoir su se dépasser lui-même.
Il y a quelques années une émission de Jean-Luc Delarue abordait cette situation : il y avait une adolescente férue de mathématiques dont la mère, placide et lucide, disait "en tous cas, ce n’est pas de moi qu’elle tient ce don" et tout allait bien. Il y avait aussi un petit garçon devenu champion dans une discipline sportive, après avoir été entraîné par son père. Désormais il le dépassait et son père avait un peu de mal à accepter cette réussite. La  psychologue présente a remis les choses à leur place en rappelant que le fils avait bénéficié de tout le savoir-faire de son père, il partait avec un acquis patiemment découvert avant lui : son père participait donc à sa réussite, sans lui il serait encore à tâtonner en recherchant les meilleures postures. Tout a donc été remis dans l’ordre, le père professeur/entraîneur rasséréné, le fils plus libre de savourer ses victoires.
Les enfants doués préfèrent l’ordre au désordre, ils préfèrent aussi garder leur père à une place où ils peuvent admirer ses qualités : même s’ils ont été plus loin sur le plan professionnel, ce parcours ne nuit en rien à l’amour qui les unit ni à la reconnaissance de l’enfant pour celui qui lui a indiqué comment tracer sa voie.[/size]
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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 18:51

Ca peut aussi chier des bulles, je soupçonne un plagiat avec bulleschies



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8 - DOSSIER, 8 - L'IMPOSTURE, IDÉES
Ce qui est compliqué est-il toujours plus intelligent ?
POSTÉ PAR REVUEPROJECTIONS ⋅ AOÛT 31, 2015 ⋅ 1 COMMENTAIRE
CLASSÉ DANS  ALAN SOKAL, AUTORITÉ INTELLECTUELLE, CHARABIA, G. A. COHEN, HARRY FRANKFURT, IMPOSTURE, JACQUES DERRIDA, JEAN BRICMONT, LACAN, MARTHA NUSSBAUM, MICHEL FOUCAULT, MYSTIFICATION, NOAM CHOMSKY

Ce qui est compliqué est-il toujours plus intelligent ?










Sur le charabia et les impostures intellectuelles










Tout le monde s’est déjà un jour retrouvé dans cette situation : une personne parle, donne un cours, fait une conférence, et l’on ne comprend rien à ce qu’elle raconte, au point qu’il est difficile de dire si c’est nous qui sommes idiots ou le discours qu’on écoute qui est privé de sens. Or, l’autorité intellectuelle fait presque systématiquement pencher la balance vers la première réponse. Pour peu qu’une certaine légitimité soit reconnue à celui qui s’exprime, c’est ceux qui ne le comprennent pas qui sont des idiots. C’est ainsi qu’ont pu naître et prospérer les plus belles impostures intellectuelles, sous l’illusion protectrice de l’expertise (untel est reconnu comme expert en son domaine, donc il sait sûrement ce qu’il dit). Mais s’il n’existe pas de critère autre que la réputation d’expertise permettant de distinguer les discours sensés des élucubrations insensées, c’est le règne de l’autorité sur la vérité et de la mystification sur la raison.

L’affaire Sokal

C’est dans ce contexte qu’a germé l’idée maléfique, dans l’esprit du physicien Alan Sokal, agacé par le charabia des philosophes postmodernes (français, en particulier, mais pas uniquement) et leur détournement sans vergogne de formules scientifiques à des fins de mystification (à ses yeux), de révéler le pot aux roses en soumettant pour publication une supercherie, un article dépourvu de sens général (et truffé d’erreurs volontaires), mais doté des atours de ce qu’il considérait comme la fine fleur de la pensée postmoderne. Et l’article, habilement nommé « Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique » [1] fut accepté par la revue Social Text, publication de la Duke University qui, faut-il noter, fonctionnait alors sans comité scientifique de lecture.

Alan Sokal




Aux yeux de l’auteur du canular, cette publication révélait l’incapacité de la part de chercheurs en sciences humaines de distinguer le sens du non-sens dans leur domaine d’expertise. Il se peut toutefois qu’il ne se soit agi que d’un accident, lié à l’imprudence et l’incompétence de la revue incriminée (même si ce serait une manière un peu rapide de clore le débat). Dans ses explications subséquentes [2], dès lors, Sokal (désormais accompagné du physicien belge Jean Bricmont, interviewé dans ce numéro) insiste sur le détournement abusif par bon nombre de philosophes, sociologues et psychanalystes contemporains de formules empruntées aux sciences de la nature à des fins d’analogie, mais sans aucune maîtrise, semble-t-il, des concepts utilisés [3].

Les auteurs incriminés – Debray, Deleuze, Lacan, Latour, notamment – et leurs « défenseurs » réagirent généralement à la polémique en pointant du doigt les intérêts cachés derrière la démarche de Sokal, en particulier la compétition universitaire pour les financements publics et le dénigrement des sciences humaines par les sciences de la nature, prétendument « exactes » [4]. La revue incriminée reprocha à Sokal son abus de la confiance basée sur sa position d’autorité scientifique. Et dans les médias, l’affaire prit une tournure démesurée de guerre intellectuelle entre écoles de pensée. On y trouva peu de place pour une véritable réflexion sur les enjeux de la question. Sans doute faut-il pour cela prendre quelque peu distance avec l’affaire Sokal (qu’on ne pouvait toutefois pas manquer de rappeler) et ses protagonistes.

Penser le charabia

Parmi la multitude d’écrits qui touchent de près ou de loin à ces questions, on trouve matière à penser plus sereinement chez les anglo-saxons, qui pour désigner le charabia intellectuel et les énoncés dépourvus de sens utilisent avec poésie le terme « bullshit ». On doit à Harry Frankfurt d’avoir pris au sérieux ce phénomène dans son bien nommé On Bullshit, traduit en français par De l’art de dire des conneries (10/18, 2006). Il y établit une distinction importante entre le mensonge et le charabia, le premier étant délibéré et le second plus involontaire, simplement causé par un désintérêt pour la vérité.

G. A. Cohen (1941-2009)




Le philosophe canadien Gerald Cohen a ensuite remis le bullshit sur le métier (confessant qu’il le faisait autant par intérêt intellectuel que par plaisir de pouvoir jurer à l’université). Dans son article « Deeper into bullshit », il explique que la lutte contre le bullshit a rythmé sa carrière académique dès lors que son intérêt pour le marxisme l’obligea (par respect de l’autorité intellectuelle des auteurs concernés), dans sa jeunesse, à se farcir les écrits des auteurs marxistes français (autour d’Althusser). À cause de deux mécanismes pervers, il ne pouvait se résoudre à les considérer comme dépourvus de sens. D’abord, parce que les auteurs étaient internationalement reconnus (tandis que lui n’avait pas encore grande confiance en son jugement). Ensuite, parce qu’après s’être acharné sur un texte pour essayer de le comprendre, il avait du mal à assumer l’idée qu’il ait pu totalement perdre son temps. Admettant finalement ses erreurs de jeunesse, Cohen fonda le mouvement du marxisme analytique, également baptisé par ses membres le « Non-Bullshit Marxism Group », qui s’efforça de reformuler dans le langage le plus clair et précis possible les différentes thèses de Marx et de les évaluer ensuite d’un point de vue normatif (ce qui les fit d’ailleurs presque tous abandonner le marxisme « orthodoxe »).

Il continua également de s’intéresser au bullshit, le définissant pour sa part comme de la « non-clarté non clarifiable » (unclarifiable unclarity), c’est-à-dire des énoncés non seulement obscurs, impossibles à comprendre du premier coup, mais impossibles à exprimer dans un langage clair et compréhensible [5]. Cette réalité existe-elle dans le monde universitaire, comme le prétend Cohen ? Tout énoncé n’a-t-il pas toujours au moins du sens pour celui qui l’exprime ?

Qui est en faute quand on ne se comprend pas ?

La grosse difficulté, quand on traite de cette question, c’est qu’on est toujours naïf ou immodeste, aucune des deux situations n’étant enviable. Le lecteur qui, par modestie, fait l’hypothèse qu’un texte doit avoir du sens, même s’il lui échappe, est sans doute naïf. Mais celui qui ose affirmer qu’une chose n’a aucun sens sous le seul prétexte qu’il ne la comprend pas manque sans doute de modestie. Alors, qui est en faute, celui qui ne comprend pas ou celui qui ne sait pas s’exprimer clairement ?

Sans naïveté, mais avec une certaine retenue, Cohen, au contraire de Sokal et Bricmont, renonce à s’attaquer à des personnes ou des œuvres en particulier, mentionnant simplement que des passages de textes d’Althusser, Balibar, Derrida et Lacan notamment, lui paraissent non clarifiables, et précisant que c’est au bullshit qu’il s’attaque, non aux bullshiters. Il cherche plutôt à mettre en garde contre le charabia en promouvant un style de pensée analytique, dans lequel tous les termes utilisés sont définis s’ils risquent d’être interprétés de diverses manières, et le langage ordinaire préféré autant que faire se peut aux créations linguistiques.

Ce faisant, il est fidèle à une longue tradition anglo-saxonne de faire de la philosophie, qu’on oppose régulièrement à la manière continentale de philosopher. Martha Nussbaum, notamment, à laquelle on ne reprochera pas de ne pas s’intéresser aux discours plus littéraires, observe que certains protagonistes de la philosophie continentale « ont une tendance malheureuse à considérer le philosophe comme une star qui fascine, fréquemment par l’obscurité, plutôt que comme un discutant parmi ses égaux » [6].

Une spécialité française ?

Et il semble plus particulièrement – et sur ce point Cohen est d’accord avec Sokal et Bricmont – que le charabia soit une réalité typiquement (mais pas uniquement) française [7]. La France, en effet, est un pays où les philosophes sont encore des célébrités (du moins ils l’étaient encore il y a peu) et où la complexité semble davantage valorisée intellectuellement que la simplicité. Après tout, explique Nussbaum, quand des idées sont expliquées clairement, elles peuvent être facilement détachées de leurs auteurs (volées ?), tandis que quand elles sont obscures et mystérieuses, les lecteurs restent dépendants de l’autorité de l’auteur ; ils ne risquent pas de se les approprier [8].

Et en effet, plusieurs années après l’affaire Sokal, bon nombre de grands penseurs français demeurent la cible de critiques continues. Récemment encore, le célèbre linguiste étatsunien Noam Chomsky s’en prenait à Derrida et Lacan, les accusant d’obscurcir délibérément leurs textes pour éblouir leurs lecteurs [9]. Une réalité que reconnaissent même certains éminents penseurs français, qui ont parfois eux-mêmes péché par confusion délibérée. Ainsi, le philosophe américain John Searle raconte qu’il s’était une fois étonné devant son ami Michel Foucault de le trouver parfois si inutilement complexe dans ses écrits en français alors qu’il se montrait, à d’autres occasions, capable de grande clarté d’exposition. Et Foucault lui aurait alors expliqué qu’en France, si l’on ne met 10% de propos incompréhensibles dans ses écrits, on n’est pas pris au sérieux ; on pense que vos idées ne sont pas profondes. Étonné par cet aveu, Searle aurait alors posé la même question au sociologue Pierre Bourdieu, qui aurait répondu : « c’est pire ; c’est 20% qu’il faut » [10].





Cohen évoque plusieurs facteurs qui peuvent aider à comprendre cette spécificité française : un goût particulièrement prononcé pour le style ; l’exposition précoce des jeunes français, à l’école, à des théories philosophiques complexes, ce qui les rendrait plus tolérants à la non-clarté ; également la présence importante de philosophie dans la littérature française, ce qui tend à relativiser la distinction entre les deux genres [11]. Certains ajoutent que cela tient au fonctionnement de l’université et au statut des professeurs, dont on doit boire les idées, tandis que les anglo-saxons incitent davantage les étudiants à la confrontation et à la critique. Sans compter que l’organisation centralisée de l’université française oblige pratiquement tout le monde à passer par le même « moule » [12]. Il y a certainement là des problèmes qui justifieraient une sérieuse remise en question de la part de l’université française. Cependant, on aurait tort d’opposer de manière manichéenne les « bons anglophones » aux « mauvais francophones » (tentation à laquelle ont parfois péché les « accusateurs », Sokal, Bouveresse, mais également les « défenseurs » de la pensée française, tel Pascal Engel [13]).

Le style analytique est-il supérieur ?

C’est bien la question qui se pose, à ce stade de la réflexion. Mais il faut sans doute apporter bien plus de nuance à la réponse que n’en a apportée le débat sur l’affaire Sokal. En effet, pour juger un style de pensée supérieur à un autre, il faut un critère commun d’évaluation. Supérieur de quel point de vue ? Telle est la question qu’occultent les scientistes lorsqu’ils méprisent des écritures plus poétiques, plus subjectives, plus métaphoriques. Car quand des physiciens, par exemple, disent des sciences humaines qu’elles manquent de scientificité, ils veulent sans doute dire qu’elles manquent des attributs qui font la scientificité des sciences exactes, ce qui revient à appliquer à un type de sciences un critère de scientificité qui ne leur appartient pas forcément (car il est celui des sciences de la nature).

Il paraît plus correct de dire qu’à différentes disciplines intellectuelles correspondent différents critères de validité. Pour les sciences de la nature, il s’agirait de l’adéquation des théories avec la réalité (ou avec la manière dont elle se présente à nous). Pour certaines sciences sociales, d’adéquation avec un état temporaire de la réalité (puisque la réalité sociale évolue plus rapidement que la réalité naturelle et évolue même parfois en fonction des théories [14]). Pour d’autres (sciences morales), d’entente potentielle dans une situation idéale de discussion [15]. Et pour les études littéraires, ainsi qu’un certain type de philosophie, la validité importerait parfois moins que le caractère suggestif, évocateur d’une théorie, le fait qu’elle donne à penser. Un certain relativisme dans ce genre de disciplines qui mettent la subjectivité et l’interprétation à l’avant-plan serait donc beaucoup moins dangereux ou absurde qu’un relativisme dans le domaine moral ou scientifique. De telles distinctions évitent de tout mélanger et de faire certains reproches qui n’ont pas lieu d’être (d’autres, par contre, demeurent justifiés).

En outre, ce qu’une pensée gagne en clarté, elle le perd parfois en créativité. Or, la créativité est fondamentale dans le domaine de ce qu’on appelle la pensée herméneutique (interprétation d’œuvres d’art, compréhension spirituelle de soi et du monde), qui est profondément subjective. Voilà pourquoi il serait dogmatique et regrettable d’imposer le style analytique à toute forme de pensée.

Cependant, cette relativisation de la supériorité de la méthode analytique sur ses rivales ne condamne pas à la grande équivalence relativiste. On pourrait en effet affirmer que certaines méthodes sont supérieures à d’autres en fonction de l’objectif poursuivi par la discipline. Ainsi, la méthode scientifique moderne est-elle indéniablement supérieure aux discours subjectivistes pour ce qui concerne la description de la nature (les découvertes « récentes » du rôle prépondérant de la subjectivité dans l’observation des faits ne font que nuancer l’adéquation des théories aux faits et engagent plus à la prudence qu’au relativisme subjectiviste). De même, le style analytique semble supérieur à ses concurrents dans les domaines où l’entente potentielle est le critère de validité, telle la pensée politique. S’entendre sur les normes qui doivent régir le vivre-ensemble est un objectif qui recommande, de fait, la plus grande clarté d’expression, puisque les théories avancées doivent pouvoir être soumises au (et comprises par le) plus grand nombre.

Pour résumer et conclure, il apparaît souhaitable, dans les domaines où priment soit l’objectivité soit l’intersubjectivité (l’entente mutuelle) de s’exprimer dans le style le plus clair possible. Mais là où règne la subjectivité (dans le domaine « herméneutique », disons), on doit sans doute tolérer beaucoup plus de créativité linguistique, de poésie, d’allusions, de métaphores, etc., obstacles à l’intercompréhension, mais vecteurs de créativité et de pluralité d’interprétations [16]. Ces dernières disciplines doivent toutefois prendre conscience de ce que l’imposture les guette plus que d’autres. Quant aux lecteurs et auditeurs de charabia, ils doivent impérativement se décomplexer ; ce qui est compliqué n’est pas forcément profond, quelle que soit la personne qui s’exprime.

Pierre-Étienne Vandamme






[1] Alan Sokal, « Transgressing the Boundaries: Towards a Transformative Hermeneutics of Quantum Gravity », Social Text, 46/47, 1996, p. 217-252.

[2] Jean Bricmont et Alan Sokal, Impostures intellectuelles, Jacob, 1997.

[3] Comparer Jacques Bouveresse, Prodiges et vertiges de l’analogie. De l’abus des belles-lettres dans la pensée, Raisons d’agir, 1999 et Pascal Engel, « L’affaire Sokal concerne-t-elle vraiment les philosophes français ? », Philosopher en français, Jean-François Mattéi (dir.),  PUF, 2001, p. 557-576, www.rationalites-contemporaines.paris4.sorbonne.fr/…/j_en_fais_mon_affaire.pdf.

[4] Pour un aperçu global des réactions à l’affaire dans la presse francophone, voir http://peccatte.karefil.com/SBPresse/SokalBricmontPresse.html

[5] Cohen propose le test suivant, pour vérifier si un énoncé est clair : si quand vous ôtez ou ajoutez un signe de négation à la phrase, sa plausibilité ne change pas, c’est qu’elle n’est à l’évidence pas claire. Gerald A. Cohen, « Deeper Into Bullshit », Contours of Agency: Essays of Themes from Harry Frankfurt, Sarah Buss et Lee Overton (dir.), MIT Press, 2002, p. 333, http://fr.scribd.com/doc/147805187/Cohen-G-a-Deeper-Into-Bullshit.

[6] Martha Nussbaum, « The Professor of Parody », The New Republic, 1999, http://www.akad.se/Nussbaum.pdf, citée par Mike Springer, « John Searle on Foucault and the Obscurantism in French Philosophy », Open Culture, 2013, http://www.openculture.com/2013/07/jean_searle_on_foucault_and_the_obscurantism_in_french_philosophy.html.

[7] Gerald A. Cohen, « Why One Kind of Bullshit Flourishes in France », Finding Oneself in the Other, Princeton University Press, 2012.

[8] Martha Nussbaum, loc. cit.

[9] Noam Chomsky, interview citée par Mike Springer, loc. cit.

[10] John Searle, http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=yvwhEIhv3N0

[11] Gerald A. Cohen, « Why a Certain Kind of Bullshit Flourishes in France », loc. cit.

[12] Cécile Fabre, citée dans ibid.

[13] Cf. Pascal Engel, « L’affaire Sokal concerne-t-elle vraiment les philosophes français ? », loc. cit.

[14] Cf. Christian Arnsperger, Full-Spectrum Economics. Toward an inclusive and emancipatory social science, Routledge, 2010.

[15] Jürgen Habermas, Vérité et justification, Gallimard, 2001.

[16] Ce qui fait que Cohen, qui reconnaît cette réalité, restreint le bullshit à ce qui est à la fois non clarifiable et ne possède pas cette force poétique de suggestion. « Deeper Into Bullshit », loc. cit., p. 334.
https://revueprojections.wordpress.com/2015/08/31/ce-qui-est-complique-est-il-toujours-plus-intelligent/
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[ltr]Autour du RP : Les dialogues[/ltr]




[ltr]Bonjour à tous ![/ltr]



[ltr]Il y a un sujet en RP sur lequel je suis souvent en désaccord avec la grande majorité de mes interlocuteurs : les conversations entre personnages. Non pas que je sois partisane des personnages muets, mais pour ce qui me concerne, jouer un dialogue en RP relève souvent du tour de force.[/ltr]



[ltr]En RP, nous écrivons les interactions de nos personnages via des messages d'une longueur plus ou moins variable. Comme nous sommes tous un peu prétentieux à notre niveau, ces messages se doivent de respecter une longueur standard adéquate (soit approximativement 250 mots pour ma part). Je ne m'attarderai pas (cette fois, du moins) sur les messages pleins de remplissage, c'est une autre histoire, je vais plutôt me pencher sur les dialogues[/ltr]



[ltr]Un dialogue est un échange. Lorsque vous discutez avec votre interlocuteur dans la vie réelle, vous n'allez pas forcément vous retrouver à réfléchir intensément sur le sens de la vie entre chaque phrase. Par contre, par écrit, en narratif, vous chercherez peut être à remplir un peu pour ne pas faire un message trop vide. Pour ma part, par exemple, je tâche parfois d'éclaircir le propos de mon personnage par une explication, ou bien je décris sa gestuelle, ou encore je m'efforce de faire régner un climat de suspicion. Ces “pauses” narratives entre les phrases du dialogue sont purement cosmétiques et, en principe, ne sont pas de vraies pauses dans le contexte du jeu. Mon personnage ne s'est pas interrompu en pleine tirade pour contempler fixement un bout de mur et méditer sur son passé.[/ltr]



[ltr]D'autres, évidemment, choisiront de remplir leur message par un interminable monologue bourré de tournures un peu compliquées pour allonger le tout, avec une intro et une conclusion pour faire le lien avec ce qui a été dit et ce qui sera dit ensuite.[/ltr]



[ltr]C'est là que se pose un problème qui m'agace profondément en RP : la conversation à plusieurs niveaux. Elle résulte d'une part de l'incompréhension d'un partenaire de jeu qui prend une pause narrative pour un silence et considère donc que son personnage a le temps d'en placer une, d'autre part du fait qu'une précédente réplique peut contenir plusieurs informations nécessitant une réponse. Et ainsi, notre partenaire prendra soin de répondre à chacune, une par une, potentiellement avec ces mêmes silences narratifs. Ceci finit par créer une succession de “bulles conversationnelles” se situant en principe dans la même conversation, mais se développant indépendamment.[/ltr]



[ltr]Pour être plus claire, prenons un exemple tiré par les cheveux (ne le plaignez pas, il l'a mérité).[/ltr]



[ltr]1 - Machin vient d'arriver dans la pièce, et déclare avec phrasé “Bonjour, comment allez vous ?” puis enchaine immédiatement (potentiellement après une pause narrative) “Quelqu'un aurait-il vu un lapin ?”.[/ltr]



[ltr]2 - Son partenaire de jeu, que nous appellerons Bidule pour les besoins de l'expérience, voit là deux répliques bien distinctes et répondra à la première : “Je vais bien, et vous ?“ puis à la seconde : ”Un lapin blanc, j'imagine ? Je ne l'ai pas vu.“ Ici, il fera peut être une petite pause narrative pour laisser le lecteur respirer, avant de poursuivre : ”Pourquoi le cherchez vous ?“.[/ltr]



[ltr]3 - Machin va donc répondre à la question formulée au premier "niveau” de la conversation : “Oh, je vais bien, mais j'ai perdu mon lapin.” puis s'attaquera au second niveau de la conversation : “Oui, un lapin blanc. Je le cherche partout depuis ce matin.” et enfin au troisième niveau : “Parce que c'est le repas de ce midi.”.[/ltr]



[ltr]4 - Bidule répond à la première affirmation : “Vous avez perdu votre lapin ? Qu'est ce qui s'est passé ?” puis à la seconde “Depuis ce matin ? Ça m'a l'air d'être mal parti dites moi.” et à la dernière : “Comment pouvez vous égarer le repas du midi ?” et il ajoutera peut-être par pur élan d'altruisme : “Si vous voulez, je peux vous aider.[/ltr]



[ltr]Évidemment, l'exemple donné est parfaitement ridicule et on se rend vite compte qu'on tourne en rond. Mais il est loin d'être irréaliste. Une conversation peut très vite développer quatre ou cinq niveaux si les partenaires de jeu se sentent obligés de rendre réplique pour réplique, transformant le jeu en une sorte de caricature irréaliste de conversation. Pire encore, si vous jouez des personnages susceptibles, le premier niveau de conversation peut fort bien se finir avec une baffe dans la gueule de Bidule, rendant caduc le reste de la conversation ! Et ce n'est pas forcément vous qui êtes maniaque de la réponse au détail près : dans le cas des joueurs plaçant un pavé de dialogue bien énorme, on croule sous les informations et votre personnage aurait bien envie, en cours de route, de donner son avis… La seule solution est donc de répondre point par point, et hop, conversation à plusieurs niveaux.[/ltr]



[ltr]Plusieurs solutions sont potentiellement possibles face à ce genre de problèmes :[/ltr]




  •  Votre personnage ignore la moitié du dialogue et ne répond qu'à la première ou dernière affirmation. C'est souvent comme ça que je marche, en m'autorisant un maximum de deux niveaux (que je ramène à un seul aussi vite que possible).




  • Vous vous arrangez avec votre partenaire de jeu pour jouer le dialogue complet, ou improviser un peu en vous basant sur ses indications. Ceci permet de rajouter un peu de dynamisme avec des persos qui en interrompent d'autres par exemple, ou qui finissent la phrase de l'autre parce qu'ils sont complices, tavu.




  • Vous faites preuve de vos talents d'écrivain pour gommer toute forme de multiconversation, par exemple en modifiant subtilement l'enchainement des propos pour que ça ait l'air naturel, tout en essayant par la même subtilité de faire comprendre à votre partenaire que oui, bon, faudrait se calmer un peu.




  • Vous n'en avez rien à foutre de mes élucubrations de maniaque, vous avez toujours joué comme ça et personne ne s'en est jamais plaint x) (Ou personne n'a osé le faire)



[ltr]J'ai tendance à considérer les dialogues à plusieurs niveaux comme une forme d'anti-jeu. Comme mentionné plus haut, une fois que vous vous êtes emberlificoté dans trois ou quatre niveaux distincts, impossible de faire tourner la conversation en cacahuète même si votre perso le justifie, vu qu'il vous faut prendre en compte ce qui a été dit dans les bulles conversationnelles suivantes.

Et évidemment, si les joueurs sont bons, s'ils ont un bon niveau de complicité en jeu, ça peut également tourner de façon très naturelle, mais malheureusement, c'est bien trop rare à mon goût.
[/ltr]



[ltr]Je n'ai pas de conclusion moralisatrice à faire à cet article, mais les commentaires Disqus sont à votre disposition pour me donner votre opinion sur la question, et vous pouvez toujours utiliser le point d'interrogation en haut de ce tumblr si vous avez une idée de sujet sur lequel vous voudriez que je râle un coup, parce que c'est rigolo de voir des grincheux rager.[/ltr]



[ltr]Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de semaine et à la prochaine Wink[/ltr]



http://roleplay-and-sarcasm.tumblr.com/post/58422850778/autour-du-rp-les-dialogues
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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 18:53

Tu peux aussi aller te faire enc 

Spoiler:


L'enculturation est le processus par lequel l’enfant apprend et adopte « les bonnes manières » de la culture. La différence avec la socialisation est que l’importance est mise sur les résultats de la socialisation, c'est-à-dire sur les effets psychologiques subjectifs de la culture intériorisée dans le développement6.
Ces processus qui commencent dès l'accouchement, durent jusqu'au dernier jour de vie. À la naissance, les enfants ont la capacité de distinguer tous les phonèmes que les humains sont capables de prononcer. Cette capacité du nouveau-né diminue déjà pendant la première année de vie, reconnaissant de moins en moins les phonèmes qui ne sont pas présents dans son environnement, dans sa langue3. D’après cette constatation, les chercheurs3 suggèrent que les humains sont biologiquement préparés à entendre le langage dès la naissance, mais ce sont les premières expériences qui détermineront nos capacités linguistiques ultérieures. Le langage et la culture sont deux systèmes appris à travers les interactions sociales. L’apprentissage de la culture et de la langue sont certainement entremêlés car elles impliquent, dans les deux cas, un effort pour comprendre la signification de l’environnement social. Les enfants semblent naître avec une grande aptitude à percevoir les significations produites par leur environnement social et d’organiser leur vies autour de ces significations, bien que cette aptitude diminuera, pour finalement se limiter aux significations de leur propre langue et leur propre culture7.
Les agents d’enculturation et de socialisation peuvent être des personnes (tels que la famille, les pairs ou d'autres éducateurs), des institutions (comme l’école, la religion, la politique) ou des organisations (tels que les scouts, des équipes de sports, etc.). Cependant, les parents sont en général les agents d’enculturation et de socialisation les plus importants. Des chercheurs se sont intéressés à comment les interactions entre individus et différents agents de socialisation (et d’enculturation) contribuent à produire des cultures, et comment les identités culturelles et ethniques se développent. Bronfenbrenner6 postule que nous ne sommes pas passifs dans le processus de socialisation et d’enculturation6. En effet, le développement serait selon lui, un processus dynamique qui interagit à plusieurs niveaux. Notre socialisation ne dépendrait donc pas simplement des agents tels que nos parents, notre famille, nos amis, l’école ou la religion, « nous contribuons aussi à notre propre développement en influençant les personnes et les contextes qui nous entourent6 ». Nous serions donc des agents actifs produisant aussi notre propre développement6.
.../...

Théorie des systèmes écologiques[modifier | modifier le code]

Brofenbrenner est un des premiers développementalistes à adopter les idées de Vygotsky en développant sa théorie des systèmes écologiques en 19793. Il intègre dans cette théorie les paramètres microsociaux et macro sociaux qui influencent le développement de l’enfant7. Pour représenter la socialisation de l’enfant ainsi que ses relations avec la culture, il utilise un schéma sous forme de cercles concentriques imbriqués les uns dans les autres à la manière des poupées russes3. Dans ce schéma, quatre sphères entourent l’enfant en développement, allant de l’environnement immédiat à la culture étendue3.



Le modèle du développement de l'enfant de Brofenbrenner

[list="margin-top: 0.3em; margin-right: 0px; margin-left: 3.2em; padding-right: 0px; padding-left: 0px; list-style-image: none; color: rgb(37, 37, 37); font-family: sans-serif; font-size: 14px; background-color: rgb(255, 255, 255);"]
[*]Le microsystème : Cette sphère est en contact direct avec l’enfant et représente ses principaux agents de socialisation tels que la famille (père, mère, frères et sœurs7).

[*]Le mésosystème : Cette sphère entoure le microsystème. Elle symbolise d’autres microsystèmes inter-reliés comme l’école, le voisinage ou encore la crèche3.

[*]L’exosystème : C'est dans cette couche que l’on retrouve des protagonistes qui vont influencer le développement de l’enfant, mais de manière plus distante3. Il s’agit par exemple des agences gouvernementales locales, des médias, des amis d’amis7, de la situation économique des parents3, etc. Cette sphère influence le microsystème ainsi que le mésosystème3.

[*]Le macrosystème : Cette sphère est la couche la plus englobante du système écologique. Elle représente les normes culturelles, les buts de socialisation et les valeurs propres à une culture donnée3.

[/list]
Ces couches interagissent entre elles et influencent le développement de l’enfant. Ainsi, toujours selon Brofenbrenner, c’est en analysant les interactions quotidiennes de l’enfant au sein d’environnements naturels que l’on peut réellement comprendre son développement3.

Théorie des niches développementales[modifier | modifier le code]

Super et Harkness, dans leur théorie des niches développementales, insistent sur le fait que le développement de l’enfant est un processus qui n’est pas seulement interne mais également influencé par l'environnement3. Ce modèle propose de prendre le contexte culturel comme élément central dans le développement de l’enfant1plaçant ainsi l’enfant dans sa « niche de développement », soit son « micro-environnement » matériel, social, culturel et psychologique.
Cette théorie suggère que l’individu et la culture s’influencent et se construisent mutuellement1. Les niches développementales seraient composées de trois sous-systèmes liés et en interaction, qui fonctionnent de manière coordonnée :
[list="margin-top: 0.3em; margin-right: 0px; margin-left: 3.2em; padding-right: 0px; padding-left: 0px; list-style-image: none; color: rgb(37, 37, 37); font-family: sans-serif; font-size: 14px; background-color: rgb(255, 255, 255);"]
[*]l’agencement du contexte physique et social

[*]les traditions culturelles de soin et d’éducation

[*]les ethnothéories des éducateurs

[/list]
https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_interculturelle_du_d%C3%A9veloppement

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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par chuna56 le Dim 12 Fév 2017 - 18:56

Tchao

Je lis, même si je commente pas, merci à toi Wink
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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 19:06

chuna56 a écrit:Tchao

Spoiler:

Je lis, même si je commente pas, merci à toi Wink

Tchao 


On ne dit pas pour un doué qu'il est fainéant, il est parfois "fais néant".... c'est ce qui fait toute sa différence avec ses semblables (ah ben non, alors il n'a pas de semblables non plus, s'il est pas pareil  Suspect)


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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par chuna56 le Dim 12 Fév 2017 - 19:19

Mon dieu, si tu savais ce que c'est vrai pour moi en ce moment Shocked

"Fait néant". Boudiou!....
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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 19:30

Spoiler:

Mon dieu, si tu savais ce que c'est vrai pour moi en ce moment Shocked

"Fait néant". Boudiou!....

Il te faut faire faire un diagnostic, ça sent le syndrome de la "fais née hantise" à plein clavier, je te rassure c'est la première fois de ma vie que je n'ai rien fait pendant....... trois ans et demi !!!!! et je ne vais pas tenter de m'en sortir vivant Very Happy , je me fourvoie dans le "molle luxe" (mots luxe et cadeaux bonux en mode fardeau) sans sombrer aucunement dans la cul palpitations  Razz je cul habilises plutôt, je pulpe habilise, Orangina laisse parfois en fait la pulpe en bas, ne me secouez pas Smile
Chouette nous voici donc deux dans "l'Hiber Nation", d'autres volontaires ?  Wink cat


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Message par ortolan le Dim 12 Fév 2017 - 19:31

Le fainéant n'est-il pas celui qui ne réalise pas qu'il fait plein de choses ou bien qui est fatigué d'en avoir trop fait ?
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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 19:33

Spoiler:

Le fainéant n'est-il pas celui qui ne réalise pas qu'il fait plein de choses ou bien qui est fatigué d'en avoir trop fait ?





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Message par ortolan le Dim 12 Fév 2017 - 19:35

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Message par chuna56 le Dim 12 Fév 2017 - 19:38

Voui, fatiguée fatiguée ^^
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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 19:41

Spoiler:




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Re: La Boite à So Sure (dans le mille, doux, on s’emboîte mode Tétris)

Message par I am so sure le Dim 12 Fév 2017 - 19:43

Spoiler:

Voui, fatiguée fatiguée ^^

Je te prends en flagrant délit de commentage !!!  Wink



Ils disent qu'on doit si on carbure trop des neurones utiliser son potentiel de repos Smile On applique donc à la lettre  Razz Je dois être THPR (très haut potentiel de repos) et je viens de bosser le sujet pendant de longues années, comme les théseux en fait  Wink


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