Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Page 1 sur 40 1, 2, 3 ... 20 ... 40  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 17:41



Hello    





tu-l-as-su-a-l-age-adulte


Spoiler:


http://www.zebrascrossing.net/t24560-tu-l-as-su-a-l-age-adulte




-quelles-compétences-tu-as-developpées-quelles-limites-tu-as-croisées-avant-et-après





12 septembre 2013/03 février 2014 : 
(Gahangirl)
http://www.zebrascrossing.net/t12664-me-voici-en-vrac-pour-l-instant

17 novembre 2014/01 février 2015 : 

http://www.zebrascrossing.net/t19156-ancienne-venue-a-cet-endroit-mais-desormais-a-l-endroit-peux-pas-restee-en-vrac-toute-ma-vie

01 février 2015/06 mai 2015 : 

http://www.zebrascrossing.net/t20249-zebulonnette-en-mobylette

07 mai 2015/19 juillet 2015 : 

http://www.zebrascrossing.net/t21708-ca-roule-ma-poule-avec-ou-sans-options

19 juillet 2015/18 février 2016

http:// http://www.zebrascrossing.net/t22712-bordelle-de-journal-yeah-le-flux-des-flux-posee-a-la-cafet-de-la-gare-game-over-the-rainbow#975814


la-communication-dans-tous-ses-supports-et-ses-insupportables

Spoiler:


essai-sur-une-differenciation-generale-du-doue-et-du-tout-le-monde


Spoiler:



12 mars 2016/02 juillet 2016
http://www.zebrascrossing.net/t25904-news-lifes?highlight=news+lifes
 

02 juillet 2016/10 septembre 2016

http://www.zebrascrossing.net/t27262-parametres-polyvalents-et-modele-de-base

10 septembre 2016/06 novembre 2016
http://www.zebrascrossing.net/t28024-les-rocks-et-aussi-les-slows-mode-radio-radieuse

06 novembre 2016/20 décembre 2016


http://www.zebrascrossing.net/t28656-november-s-girl-and-roses



To be continued.... to be or not to be con, just be come as you are, it is not because you ah ah, cat love you, cat love you en kit because I do doux, c'est pas parce que you are me cat I'am you... so sure in your pompes, you see what I mine ? (alors mine HP ou HB ?)


avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par Doom666 le Mar 20 Déc 2016 - 17:46


Smile
avatar
Doom666
Rayures apprivoisées
Rayures apprivoisées

Messages : 948
Date d'inscription : 23/04/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 17:50

 par Mildiou Aujourd'hui à 17:30

Ha oui pardon. Le carré pour la puissance, le tubercule pour la racine ( carré, l'origine) réfère à la méconnaissance de soi, la difficulté de se connaitre. Le sandwich pour mâcher à coté de toi, ça me permet de réfléchir. Du pâté ou des rillettes si tu préfères  . Les statistique pour la répétition ( cf la fatalité, pessimisme tout ça tout ça) Pis ma question ( petit passage par la vidéo mensa) pour savoir si un hp est capable de s'analyser autrement que par des notions de hp ( ça a du sens cette question.. par sûr..) [ je met du tps à répondre, je suis occupé à coté]

Je pense que oui à savoir que j'ai la prétention de penser que j'ai pu m'analyser avant de savoir que... même si c'est pas confirmé,  intéressante question et qui souligne tout à fait ce que j'avais dit à une époque à savoir que je ne voulais pas de confirmation tant que j'étais dans la faille spacieuse intrasupratemporelle du doute sur les pourquoi de mes doutes que j'avais plus du moins sur certaines questions que je ne m'étais pas posées par le biais de ce biais puisque j'avais pas avant les notions du hp.  Very Happy Razz
Ca devient quand même terriblement concret tout cet abstrait.

Ben c'est qui qui t'a dit que tu devais répondre de suite sans rien faire à coté ? Razz
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 17:56

Contextualiser les th´eories du jeu de Johan Huizinga et Roger Caillois Laurent Di Filippo To cite this version: Laurent Di Filippo. 
Contextualiser les theories du jeu de Johan Huizinga et Roger Caillois. Questions dé communication, Presses Universitaires de Nancy - Editions Universitaires de Lorraine, 2014, pp.281-308. HAL Id: hal-01227855 https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01227855 Submitted on 12 Nov 2015 HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of scientific research documents, whether they are published or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers. L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destin´ee au d´epˆot et `a la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publi´es ou non, ´emanant des ´etablissements d’enseignement et de recherche fran¸cais ou ´etrangers, des laboratoires publics ou priv´es. 281 questions de communication, 2014, 25, 281-308 > NOTES DE RECHERCHE LAURENT DI FILIPPO Centre de recherche sur les médiations Université de Lorraine F-57000 laurent@di-filippo.fr CONTEXTUALISER LES THÉORIES DU JEU DE JOHAN HUIZINGA ET ROGER CAILLOIS 



Résumé. — Les réflexions de deux des théoriciens du jeu parmi les plus importants, Johan Huizinga et Roger Caillois, font régulièrement l’objet de citations et de discussions dans des recherches diverses. Cependant, dans les études sur le jeu, force est de constater que peu de chercheurs se référant à leurs travaux s’attachent à les replacer dans leurs contextes sociohistoriques ou dans l’œuvre globale de leurs auteurs. L’article vise à combler ce vide et montre que les théories des deux hommes impliquent une vision du monde qui leur est propre et ne peuvent par conséquent pas être reprises sans interroger leurs fondements, leurs implications ainsi que leurs enjeux. Mots clés. — Johan Huizinga, Roger Caillois, jeu, théorie, culture, civilisation, sacré. 282 notes de recherche L. Di Filippo Depuis quelques décennies, l’importance prise par les industries du jeu et leur place de plus en plus visible dans les pratiques culturelles, notamment à la suite de l’essor des jeux vidéo, entraînent une multiplication des travaux scientifiques portant sur ces thèmes1 . Sous le terme « jeu » se retrouvent des phénomènes variés auxquels de nombreux auteurs ont tenté de donner des définitions. Comme dans tout travail de recherche, ces derniers font alors appel aux théories de leurs prédécesseurs qui ont abordé des thèmes similaires. Développées dans leurs ouvrages majeurs respectifs, Homo Ludens (1938) et Les jeux et les hommes (1958b), les théories de Johan Huizinga et de Roger Caillois font office de « passage obligé » pour les chercheurs sur le jeu. Cependant, force est de constater que si beaucoup, reprenant leurs théories, se sont attachés à les présenter afin de les critiquer, très peu ont cherché à les replacer dans leurs contextes sociohistoriques ou dans les œuvres globales de leurs auteurs. On trouve un exemple frappant de ce type dans le livre de Jesper Juul, Half Real (2005 : 30), qui juxtapose et compare plusieurs définitions du jeu sans jamais les recontextualiser et qui, à partir de cela, propose ce qu’il appelle un « modèle classique du jeu » (« classic game model »), capable, selon lui, d’expliquer au moins 5 000 ans de jeu dans l’histoire de l’humanité ... Face à cette proposition, il est possible d’objecter que « les jeux accompagnent les évolutions du social et celles-ci en retour modifient la nature du jeu et de ce qui s’y joue » (Schmoll, 2011 : 10). Ceci n’est d’ailleurs pas sans rappeler les propos de Jacques Henriot (1989 : 26-27) disant, au sujet du jeu, qu’« il n’est pas évident qu’il y ait “quelque chose” qui corresponde à ce que conçoivent les hommes qui appartiennent à des sociétés différentes, qui vivent à des époques différentes, qui parlent des langues différentes ». Pour aborder ces différences, il semble nécessaire de mieux comprendre les multiples enjeux et implications des définitions et des théories du jeu, à commencer par celles de Johan Huizinga et de Roger Caillois. La nécessité de ce travail est apparue après avoir abordé les liens entre le jeu et le sacré dans un article écrit en collaboration avec Patrick Schmoll (2013). Nous constations alors que les deux auteurs établissaient un rapport entre ces deux notions et se situaient ainsi dans la continuité des travaux sur le sacré de l’école française de sociologie. C’est d’ailleurs sur ce rapprochement que porteront les premières critiques de Roger Caillois (1946) à l’encontre des théories de l’auteur néerlandais. Puis, il fera évoluer ses propres théories à la suite des échanges qu’il aura au milieu des années 50 avec Claude Lévi-Strauss. Il convient alors d’interroger la manière dont ces deux pensées se sont construites, leurs sous-entendus, leurs implications en termes de vision du monde, les enjeux liés à leur reprise ou la manière d’en faire une critique pertinente, pour qui veut saisir correctement la portée de ces travaux, les réutiliser ou les remettre en question. Ce questionnement participe de l’attitude réflexive que tout chercheur se doit d’adopter face aux théories qu’il utilise (Di Filippo, François, Michel, 2013 : 12-13). Aborder les fondements de ces relations entre 1 Nous tenons à remercier les deux experts pour leur relecture attentive, la pertinence de leurs conseils ainsi que pour les références complémentaires qui ont permis de préciser le travail effectué dans cet article. notes de recherche 283 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois jeu et sacré permettra aussi de se demander si, dans ce cadre précis, on retrouve les caractères du sacré en dehors de la sphère religieuse (Boutaud, Dufour, 2013 : Cool, en revenant aux définitions données par les chercheurs qui ont fondé la notion de sacré et comment celle-ci a influencé les définitions du jeu des deux auteurs présentés. Leurs travaux seront traités de manière chronologique, en commençant par les textes de Johan Huizinga, afin de montrer que c’est, entre autres ressources, à partir de ceux-ci que Roger Caillois construisit les siens. L’objectif de la contribution est donc avant tout d’offrir une meilleure compréhension des fondements des théories des deux hommes et non de proposer une nouvelle théorie du jeu à partir de leurs travaux. Comme Camille Tarot (2003 : 270), on peut se poser la question de savoir si « des faits importants, des acquis sous-estimés attendent dans les échecs de grands esprits », car sans doute « il n’y a pas que des échecs dans leurs voies ». Définitions et influences Pour Johan Huizinga (1938 : 51), le jeu « est une action ou une activité volontaire, accomplie dans certaines limites fixées de temps et de lieu, suivant une règle librement consentie mais complètement impérieuse, pourvue d’une fin en soi, accompagnée d’un sentiment de tension et de joie, et d’une conscience d’“être autrement” que dans la “vie courante” ». À cette définition, Roger Caillois (1958b : 43) rajoute qu’elle est « improductive » et que son issue est « incertaine ». Ces deux définitions ont pour intérêt de définir le jeu comme une activité sociale et orientent son étude vers des problématiques anthropologiques, sociologiques, voire historiques, traitant de l’organisation de l’espace social. Il s’agit donc moins d’étudier les jeux en tant qu’objet matériel (ce qui rapprocherait alors le terme de celui de jouets), que de considérer leur rôle dans la constitution des sociétés. Thierry Wendling (2000 : 27) note que Johan « Huizinga avance sans crier gare l’ébauche d’une théorie générale de la culture », qu’il évoque plus tard comme une « anthropologie générale » (Wendling, à paraître : 215). En plus de sa définition, Roger Caillois (1958b : 45-92) a proposé une typologie des jeux définissant quatre « catégories fondamentales » – l’alea, l’agon, l’ilinx et la mimicry – et deux principes – ludus et paidia – servant à catégoriser les attitudes mentales des individus propres à différents jeux. Ces théories permettent de réfléchir au rapport établi entre la notion de jeu et celles de culture ou de société, à condition de bien comprendre le sens que ces auteurs attachent à ces notions. Leurs théories et définitions du jeu ont irrigué de nombreux travaux traitant de cet objet dans son aspect global (Henriot, 1989 : 171-175 ; Brougère, 2005 : 40), de jeux plus particuliers, tels le jeu d’échecs (Wendling, 2002 : 34-44), les jeux de rôle (Caira, 2007 : 206-210) ou les jeux vidéo (Juul, 2005 : 30 ; Taylor, 2006 : 88). Ces derniers servent aussi à interroger des thématiques plus générales comme le rapport que le jeu entretient à la culture (Genvo, 2009 : 9, 111 ; Mäyrä, 2008 : 20-21), les oppositions entre jeu et sérieux – importantes, notamment, chez Johan Huizinga (Bogost, 2007 : 57-55) – ou entre narratologie et ludologie dans l’étude 284 notes de recherche L. Di Filippo des jeux vidéo que Gonzalo Frasca (2003) a discutées à partir des catégories de ludus et de paidia. Les ouvrages des deux hommes ont aussi engendré des discussions en dehors de leurs disciplines d’origine. Pour Roger Caillois, citons par exemple Ruth Amossy (1991 : 137-138) qui évoque sa définition du jeu et la mimicry dans le cadre d’études littéraires, et François Jost (2006 : 184) dans ses études sur la télévision. Pour sa part, Johan Huizinga a suscité les réactions de spécialistes du droit en Italie (Andrini, 1991). S’ils ne font pas toujours l’unanimité, loin de là, ces travaux provoquent des discussions. Comme nous le voyons, de nombreux chercheurs s’inspirent des travaux des deux auteurs, s’attachant parfois à un point particulier de leurs démonstrations, et remettent en question plusieurs des aspects de leurs définitions. Parmi les critiques les plus fréquentes, on retrouve l’idée selon laquelle le jeu n’est pas totalement séparé de la vie courante, ou encore une remise en question des combinaisons possibles dans la typologie de Roger Caillois. Cependant, ces critiques ne proposent pas de replacer les théories du jeu de ces auteurs, ainsi que les définitions de cette notion qui en découlent, dans leurs contextes historiques, ni dans leurs œuvres globales. Ce défaut est particulièrement présent chez des auteurs contemporains des games studies. Néanmoins, le présent travail doit aider à définir l’« horizon de pertinence » (Leleu-Merviel, 2010 : 174) des travaux de Johan Huizinga et de Roger Caillois, c’est-à-dire aider à prendre la mesure de leur validité afin de déterminer leurs apports possibles dans les études contemporaines sur le jeu. Johan Huizinga, historien de la culture Historien néerlandais, Johan Huizinga naît en 1872. Il vit la Première Guerre mondiale ainsi que les nombreux changements que connaît la société durant l’entre-deux-guerres, comme le développement des moyens de communication dont il évoquera les effets dans son ouvrage Incertitudes (Huizinga, 1935 : 77-79). Il observe également la montée du fascisme italien et du nazisme, en Allemagne. Ce dernier point est important car il explique un certain nombre d’orientations prises dans son ouvrage principal sur le jeu, traduit sous le titre Homo Ludens. Essai sur la fonction sociale du jeu, qui paraît dans sa langue originale en 1938. En effet, la clé de lecture de l’ouvrage repose dans le dernier chapitre, intitulé « L’élément ludique de la culture contemporaine » (Huizinga, 1938 : 268-292). Thierry Wendling (2000 : 27) précise que l’ouvrage fut « rédigé, en partie, sous la pression des événements » et qu’il « ne se comprend pas indépendamment du contexte de sa parution » (ibid. : 35). Il faut ainsi le lire comme « la contribution d’un grand intellectuel à la lutte contre le nazisme » (Wendling, à paraître : 213). Avant cela, Johan Huizinga avait déjà publié plusieurs textes dans lesquels il mettait en avant les valeurs qu’il accordait à la culture et à l’histoire. Dans un de ses premiers ouvrages majeurs, L’automne du Moyen Âge (1919), il évoque les valeurs de cette période, telle la chevalerie, ou les rêves d’héroïsme et d’amour. Un autre ouvrage notes de recherche 285 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois important, dont la publication précède de peu celle d’Homo Ludens, est traduit sous le titre Incertitudes. Essai de diagnostic du mal dont souffre notre temps (1935) qui, en version originale, fait référence à la souffrance mentale et spirituelle (« geestelijk lijden ») de son époque. L’auteur y reviendra dans À l’aube de la paix. Étude sur les chances de rétablissement de notre civilisation (1945), intitulé en néerlandais Geschonden wereld (1945 : 4) soit, littéralement, « monde abimé », mais le terme peut aussi renvoyer à l’idée de monde dégradé, violé, profané2 . Johan Huizinga s’intéresse donc à l’évolution des sociétés et aux effets de ces changements au cours du temps. Ainsi pouvons-nous comprendre ses textes comme ceux d’un observateur critique des transformations culturelles qui s’opèrent dans la société. Période de l’entre-deux-guerres Le contexte historique durant lequel Johan Huizinga (1938) écrit Homo Ludens est marqué par les développements techniques, la crise économique et, on l'a signalée, la montée du fascisme italien et du nazisme, plusieurs phénomènes qui vont grandement orienter ses réflexions dans une optique de contestation. Son attitude envers le régime nazi lui vaudra d’être enfermé durant trois mois dans un camp d’otages puis exilé en province. Il faut garder cela à l’esprit lorsque Johan Huizinga (1938 : 288) évoque, à la fin de son livre, l’idée d’une certaine perte de valeurs associée aux changements de société : « Peu à peu, nous en sommes arrivés à la conviction que la culture est fondée sur le jeu noble, et qu’elle ne peut manquer de teneur ludique, si elle veut déployer sa qualité suprême de style et de dignité. Nulle part, l’observance des règles établies n’est aussi indispensable que dans les relations entre peuples et États. Si ces règles sont violées, la société tombe alors dans la barbarie et le chaos ». Comme le montre cette citation, l’auteur associe la culture à un certain nombre de valeurs morales également présentes dans le jeu qu’il qualifie de « noble ». Ainsi semble-t-il définir un idéal pour la culture dans les conventions ou les normes qui, comme les règles du jeu, doivent être respectées, car elles définissent les conditions du respect mutuel entre les participants. Sans cela, les sociétés perdraient ce qui constitue leur plus grande qualité. Pour mieux comprendre cela, il faut se tourner vers son essai précédent, Incertitudes (1935). Les titres des chapitres sont évocateurs. Voici quelques exemples : « Aspects problématiques du progrès » (ibid. : 55-59), « Affaiblissement général du jugement » (ibid. : 71-83), « Déclin du besoin critique » (ibid. : 85-98), « Renoncement à l’idéal de connaissance » (ibid. : 105-110), « Déclin des normes morales » (ibid. : 133-146), etc. Ces titres évoquent un retour en arrière, ou une régression par rapport à des qualités acquises avec le temps, ainsi qu’une forme d’abandon des valeurs que l’auteur considère comme importantes pour définir ce 2 Dictionnaire en ligne Van Dale. Accès : http://www.vandale.nl/opzoeken?pattern=Geschonden&lan g=nf. Consulté le 20/05/13. 286 notes de recherche L. Di Filippo qui fait le mérite d’une culture. Il consacre également un chapitre au puérilisme3 (ibid. : 175-187). Il « appelle puérilisme l’attitude d’une société dont la conduite ne correspond pas au degré de discernement et de maturité auquel elle est censée être parvenue, une société qui, au lieu de préparer l’adolescent à passer à l’âge viril, adapte sa propre conduite à celle de l’enfance » (ibid. : 175). Johan Huizinga utilise une métaphore anthropomorphique pour appuyer sa vision du progrès des sociétés vers un stade de raison. Le puérilisme est une forme d’inadaptation des comportements effectifs à ceux attendus qui créé une dissonance entre une projection idéale de ce que la société doit être selon l’auteur et ce qu’il observe. Tour à tour, Johan Huizinga y joint les intrigues politiques, les changements de nom de villes, les parades et marches au pas qui rassemblent des milliers d’hommes et qui suggèrent une « apparente grandeur et force trompeuse » (ibid. : 176), rajoutant que « le salut fasciste est proche du puérilisme général » (ibid. : 177). Quant aux États-Unis, ils sont le pays le plus puéril, mais cela est pardonnable car c’est aussi un pays plus jeune et à l’esprit plus « gamin » (ibid.) ; il est donc simplement plus naïf que les pays européens. Cette image exprime l’idée selon laquelle les sociétés acquièrent une forme d’expérience avec le temps et ce presque indépendamment de leurs membres. Ensuite, les exemples se multiplient de la même manière tout au long du chapitre jusqu’à dénoncer la devise allemande « Blut und Boden (sang et sol) » (ibid. : 185) comme n’étant rien d’autre qu’un slogan, c’est-à-dire qu’elle « appartient au domaine de la réclame » et, par conséquent, n’est pas sérieuse. Pour l’auteur néerlandais, le danger survient lorsque le puérilisme entraîne une attitude sérieuse. Pour résumer, « la confusion du jeu et du sérieux, qui est au fond de tout ce qu’ici nous entendons par puérilisme, est de tous les signes du mal dont souffre la vie contemporaine, indéniablement le plus important » (ibid. : 186). Tout ce que l’auteur condamne dans le reste de l’ouvrage conduit au puérilisme qu’il dénonce, que ce soit les développements techniques pour lesquels l’homme n’est pas prêt ou la baisse des exigences concernant le regard critique qu’il est nécessaire de porter sur le monde. Comme le remarque Thierry Wendling (2000 : 36), la fonction créative que Johan Huizinga accorde à la culture par son aspect ludique se perd dans le puérilisme. S’appuyant sur les thèses d’Oswald Spengler, dont l’ouvrage Le déclin de l’Occident (1918-1922) était déjà cité comme étant un « signal d’alarme pour d’innombrables humains » (Huizinga, 1935 : 19), il « fait le départ entre d’un côté une culture jouée et noble et de l’autre un puérilisme dont il perçoit avec acuité le danger extrême » (Wendling, 2000 : 36). Chez Johan Huizinga, on constate une vision particulière du progrès qui a pour objectif de conduire à une société meilleure parce que ses membres auraient une conscience plus grande de ce qui constitue les bonnes attitudes à adopter, ce qui pourrait être comparé à une forme de sagesse. D’ailleurs, la confusion des attitudes liées au jeu et au sérieux est considérée comme le « mal » spirituel qu’évoque le titre de l’ouvrage. On observe alors un jugement moral dans l’analyse du changement et de l’évolution culturelle et sociale de l’auteur. 3 Le terme utilisé dans ce chapitre dans la version originale est « puerilisme », sans accent. notes de recherche 287 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois C’est aussi dans ce chapitre que l’on trouve des réflexions sur le jeu qui préparent celles d’Homo Ludens : « Dans ses phases primitives, la vie sociale se passe en grande partie en jeux. C’est une trêve temporaire des activités humaines habituelles se passant en divertissements, d’après des règles librement consenties et sous une forme fixe et déterminée » (Huizinga, 1935 : 180). Caractère séparé de la vie courante, réglé, librement consenti et dont la forme et les limites de temps et d’espace sont déterminées à l’avance, tels sont les traits principaux de la définition du jeu dans Homo Ludens. Mais, selon Johan Huizinga, le plus important est que « ce qui caractérise le plus essentiellement tout jeu véritable, c’est qu’à un moment donné, il cesse. Les spectateurs retournent chez eux, les acteurs déposent leurs masques, la représentation est finie. C’est ici qu’apparaît le défaut de notre temps. Dans bien des cas, le jeu, aujourd’hui, ne finit jamais. Ce n’est donc pas un jeu véritable. Il y a là une grave contamination entre le jeu et le sérieux : les deux sphères se sont mêlées » (ibid. : 181). Néanmoins, l’historien néerlandais suggère que, en y regardant de plus près, la confusion entre jeu et sérieux « a toujours existé dans une certaine mesure » (ibid.), surtout dans la psychologie animale, mais qu’on doit à la société occidentale d’avoir entremêlé les deux sphères à l’extrême. Les conséquences sont l’incapacité à reconnaître ce qui convient et ce qui est déplacé, l’absence de dignité personnelle, de respect d’autrui et de ses opinions qui aboutit à une forme d’égocentrisme (ibid. : 182). Cela renvoie à la dimension morale de l’analyse de Johan Huizinga. À la suite de cela, il fallait à l’auteur écrire un ouvrage qui permettrait de lutter contre ces dérives, contre cette contamination, qui n’est pas sans rappeler celle entre le sacré et le profane (voir infra), avec les moyens à sa disposition, c’est-à-dire l’érudition du professeur et l’écriture. Son âge avancé au début de la guerre et la position de son pays ne lui laissant, sans doute, que peu d’alternatives. C’est dans ce contexte qu’Homo Ludens voit le jour. Dans cet ouvrage, Johan Huizinga (1938 : 25) revient sur les difficultés que pose la distinction entre jeu et sérieux, qui, selon lui, reste « flottante ». Sa distinction sera moins stricte puisqu’il dira que « l’attitude ludique authentique et spontanée peut être celle du profond sérieux. Le joueur peut s’abandonner au jeu de tout son être » (ibid. : 41). On voit la difficulté que pose à l’auteur le vocabulaire employé, sans doute due à la polysémie des termes. Étudiant d’un point de vue philologique différentes acceptions des notions de jeu et de sérieux dans plusieurs langues, il arrive à la conclusion que les termes désignant le sérieux « représentent une tentative secondaire de la langue en vue d’exprimer la notion générale antithétique de la notion générale du jeu » (ibid. : 73). Là où le jeu est une notion en soi, qui ne se limite pas à désigner le non-sérieux, l’idée de sérieux, quant à elle, ne se comprend que dans son opposition avec le jeu. Cela fait de la notion « jeu » une notion première par rapport à celle de « sérieux ». Ce que Johan Huizinga justifie ainsi : « Le sérieux tend à exclure le jeu, tandis que le jeu peut fort bien englober le sérieux » (ibid.). C’est l’opposition entre jeu et « vie courante » qui deviendra primordiale dans son propos, cette dernière pouvant à tout moment faire irruption et rompre le jeu (ibid. : 42). Cette dualité sera au fondement de la théorie de l’émergence de la culture qu’il développera et qu’il convient d’éclairer. 288 notes de recherche L. Di Filippo Jeu et culture Johan Huizinga (1938 : 112) écrit que « la culture ne naît pas en tant que jeu, ni du jeu mais dans le jeu ». Pour lui, notamment dans son aspect agonal de compétition, le jeu est une des composantes à la base de toute culture. Cependant, le terme « culture » pose des problèmes de définition, car son usage varie dans le temps, dans les espaces géographique et social, comme l’a montré Denys Cuche (1996). Aujourd’hui, il est donc difficile pour un chercheur de reprendre cette proposition à son compte sans interroger la définition que donne Johan Huizinga au terme « culture ». Bien entendu, la traduction du néerlandais au français pose un premier problème. De plus, dans Homo Ludens, à aucun moment cette question n’est posée clairement de cette façon – ce que note aussi Thierry Wendling (2000 : 29). Heureusement, ces deux obstacles peuvent être surmontés, car c’est l’un des sujets que l’auteur traite dans deux autres ouvrages, Incertitudes (1935) publié avant Homo Ludens, et À l’aube de la paix (1945), qu’il écrit juste après. L’auteur y détaille ce qu’il entend par culture et civilisation, deux termes dont les sens se recouvrent dans son propos. Il est donc possible de comprendre à quoi ces termes renvoient sous sa plume. Sa pensée restant cohérente entre les deux volumes, on peut en déduire qu’il n’a pas eu une vision différente lorsqu’il écrivait son ouvrage sur le jeu, et plusieurs points s’y trouvant vont le confirmer. Dans le premier de ces ouvrages, Johan Huizinga (1935 : 41-53) consacre un chapitre aux « conditions essentielles de la culture ». Pour lui, elles se résument en trois points : – « La culture exige en premier lieu un certain équilibre entre les valeurs spirituelles et matérielles. Cet équilibre permet le développement d’une disposition sociale qu’on estime supérieure et plus élevée que ne l’est la simple obtention du nécessaire ou la satisfaction de l’ambition » (ibid. : 43). L’auteur refuse de « considérer [...] comme culture les civilisations primitives, ou inférieures ou plus grossières » (id.), mais il ne veut pas non plus « tomber dans une admiration exclusive des civilisations déjà très avancées ou dans la surestimation d’un facteur culture unique, que ce soit la religion, l’art, le droit, le pouvoir politique ou autre chose » (id.). Selon lui, il faut qu’il y ait une forme d’« harmonie des fonctions culturelles » (id.). Bien qu’il s’intéresse aux changements culturels et qu’il désigne certaines sociétés comme inférieures, son approche n’est pas celle d’un évolutionnisme strict et unilinéaire comme on a pu le trouver au xixe siècle. Cependant, il prône bien l’idée qu’un développement doit s’opérer pour conduire à une forme d’équilibre que constitue la culture et qui doit faire sortir les sociétés d’un état d’origine primitif ; – « Le deuxième trait fondamental de toute culture, c’est qu’elle doit comporter une aspiration » (ibid. : 44). L’auteur entend par là une « direction vers un but, un idéal de toute collectivité ». Il ajoute : « Que le but final se situe dans l’au-delà ou dans le proche avenir terrestre, dans la sagesse ou le bien-être, la condition pour notes de recherche 289 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois le poursuivre ou l’atteindre sera toujours la sécurité et l’ordre. La tendance naturelle de toute culture comporte toujours impérieusement le maintien de cet ordre et de cette sécurité. […] L’aspiration vers une culture quelconque se manifeste toujours dans de nombreux systèmes d’autorité et de droit » (ibid. : 45). Toute culture doit donc s’accompagner d’un certain nombre d’orientations qui doivent être garanties par ses institutions. L’aspect ordonné de la culture se retrouve dans le jeu qui est à son fondement. À ce propos, dans Homo Ludens (Huizinga, 1938 : 114-129), on retrouve un chapitre, intitulé « Le jeu et la juridiction », sur les liens entre les jeux et le droit déjà annoncés dans le premier chapitre ; – enfin, la troisième condition : « Qui dit culture dit domination de la nature » (Huizinga, 1935 : 45). Par cela, l’auteur entend non seulement la nature comme environnement, mais aussi « la nature de l’homme » (ibid. : 47) afin de saisir « certaines obligations qui lui incombent » (id.). La culture est donc le dépassement d’une condition initiale. « L’obligation s’étend bientôt sous forme de tabous, de conventions, de règles de conduites, de cultes. L’emploi facile du mot tabou a conduit en de nombreux milieux à sous-estimer le caractère matérialiste du sens éthique des soi-disant civilisations primitives » (id.). Bien qu’utilisant ce terme en référence à l’école française de sociologie, il en condamne l’abus : « Encore laissons-nous de côté la tendance sociologique qui, pour juger tout ce qui s’appelle droit, morale, crainte de Dieu, verse le tout dans un récipient étiqueté “tabou” avec une légèreté toute moderne, même lorsqu’il s’agit d’une culture déjà développée » (id.). Johan Huizinga récuse l’amalgame entre certaines sociétés primitives et des sociétés plus avancées qui s’appuie sur l’usage de concepts génériques appliqués à toutes les formes de vies sociales. L’auteur met l’accent sur « la notion de service, indispensable à toute culture digne de ce nom » (ibid. : 48). Celle-ci commence « par le service de Dieu jusqu’à celui du prochain ». Dans cette citation, on découvre un auteur chrétien dont les interrogations sur les valeurs morales accompagnent la pensée scientifique. À ce titre, il convient de rappeler les dernières pages d’Homo Ludens, dans lesquelles Huizinga (1938 : 290-292) discute les propos de Platon qui font de l’homme un jouet des dieux. Selon le Néerlandais, seule l’éthique qui fonde la morale et la justice permet de dépasser les limites que la logique ne peut franchir pour définir s’il faut se comporter de manière sérieuse ou comme dans un jeu. La position de Johan Huizinga quant à ce que la culture doit être est avant tout morale. D’ailleurs, l’historien rappelle qu’il est important de retrouver des « valeurs éternelles » (Huizinga, 1935 : 243) servant de guide au-delà « de l’évolution et du changement ». La morale apparaît avec la mise en place d’un ordre et d’obligations. Elle a une visée, un idéal et conduit à un équilibre matériel et spirituel, qui permet de se dégager d’un état initial chaotique. Rappelons que le chaos est aussi associé à la barbarie déjà évoquée à propos de la Première Guerre mondiale et qui s’oppose à l’idée de civilisation. Johan Huizinga craint une forme de régression qui renvoie à certaines conceptions évolutionnistes de la culture comme faisant partie de ce processus de civilisation. Celle-ci est liée à l’acquisition de bonnes mœurs, 290 notes de recherche L. Di Filippo elle s’oppose à la barbarie et démontre le progrès d’un peuple vers un état jugé meilleur. Encore faut-il que ce progrès soit maîtrisé. On retrouve cette idée dans À l’aube de la paix, dont le premier chapitre, intitulé « Terminologie du phénomène de civilisation » (Huizinga, 1945 : 11-24), est consacré au terme « civilisation » et où les termes « culture » et « civilisation » se rejoignent. Déjà évoquée, la vision anthropomorphique des sociétés se fonde sur l’idée que le processus de civilisation est une sortie d’un stade de jeunesse et dirige les peuples vers une forme de sagesse. Johan Huizinga (1938 : 37) fait ce même amalgame dans Homo Ludens à propos du jeu : « La communauté archaïque joue comme jouent l’enfant et l’animal. Cette opération, dès l’origine, est riche des éléments propres aux jeux : ordre, tension, mouvement, solennité, enthousiasme. Dans une phase plus évoluée seulement de la vie sociale s’associe à ce jeu la conception que quelque chose s’y trouve exprimé : une image de la vie ». L’idée d’« image de la vie » évoque la construction d’un sens particulier, à la fois signification et orientation, donné à des actions qui prennent place dans les formes évoluées de vie sociale. C’est par l’évolution de la vie sociale que permet le jeu que l’homme prendra conscience de la place qu’il occupe dans l’univers. Le jeu participe donc au fait de rendre possible une forme d’élévation spirituelle comme celle dont il est question dans la définition de la culture de l’auteur, qui aide à définir le sens que l’homme accorde à sa vie. Johan Huizinga poursuit alors : « Ce qui était un jeu dépourvu d’expression verbale prend une forme poétique. Dans la forme, et dans la fonction du jeu, qualité spécifique, la conscience qu’a l’homme d’être intégré dans le cosmos trouve sa première expression, la plus haute et la plus sainte. Dans le jeu pénètre peu à peu la signification d’un drame sacré. Le culte se greffe sur le jeu. Le jeu en soi fut toutefois le fait initial » (ibid.). Il est donc une condition pour rendre possible l’émergence des formes du sacré, qu’il précède, et il permet à l’homme de se situer. Cela signifie que l’ordre est une des qualités principales du jeu. Il permet de donner une place aux êtres et aux choses. Jeu, sacré et cercle magique On note avec intérêt que, dans Incertitudes, Johan Huizinga (1935) fait référence au terme « tabou » utilisé par les sociologues. Repris des travaux de Robertson Smith à la suite de James G. Frazer notamment (Borgeaud, 1994 : 397), l’idée de tabou a influencé les études de l’école française de sociologie. Elle est liée à celle d’interdits et, par conséquent, à celle de sacré (Hubert, Mauss, 1906 : 16-17). D’ailleurs, Roger Caillois (1939b : 77-125) consacre un chapitre entier, intitulé « Le sacré de respect : Théorie des interdits », de son ouvrage L’homme et le sacré à la question des interdits. Pour les sociologues français, considérée comme une différence « absolue » au-delà même de celle entre le bien et le mal (Durkheim, 1912 : 53), l’opposition entre sacré et profane sert de fondement à l’institution religieuse qui est la première des institutions (Tarot, 2003 : 271 ; 2012 : 340-341). Ces catégories servent à l’analyse de l’organisation de l’espace social et ces réflexions sont liées à la question des origines et de l’évolution qui conduit les peuples primitifs jusqu’aux notes de recherche 291 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois civilisations plus avancées (Borgeaud, 1994 : 389). Chez Johan Huizinga (voir supra), c’est le jeu qui, par son opposition à la vie courante, sert à poser des bases ordonnées de la culture et qui donne ses fondements au culte. Un dernier point peut à présent être abordé, celui du lien entre le jeu et le sacré tel que proposé par Johan Huizinga. Cette idée se retrouve tout au long du premier chapitre d’Homo Ludens, intitulé « Nature et signification du jeu comme phénomène de culture » (Huizinga, 1938 : 15-50). En effet, chez Johan Huizinga (1938 : 24), tout comme le sacré s’oppose au profane, le jeu s’oppose à la vie courante ; « il offre un prétexte à s’évader de celle-ci pour entrer dans une sphère provisoire d’activité à tendance propre ». L’esprit ludique devient organisateur d’espace physique et social : « De même qu’il n’existe point de différence formelle entre un jeu et une action sacrée, à savoir que l’action sacrée s’accomplit sous des formes identiques à celles du jeu, de même le lieu sacré ne se distingue pas formellement de l’emplacement du jeu. […] Ce sont des mondes temporaires au cœur du monde habituel, conçus en vue de l’accomplissement d’une action déterminée » (ibid. : 26). C’est aussi le terme « mondes » séparés, sacré et profane, que l’on retrouve chez Henri Hubert et Marcel Mauss (1899 : 301) lorsqu’ils émettent l’hypothèse selon laquelle le sacrifice sert à établir une communication entre les mondes profane et sacré, dont François-André Isambert (1982 : 226) relève qu’il apparait chez les deux auteurs à la fois « comme champ sémantique, comme espace symbolique et comme système opératoire ». L’idée qui préside aux couples sacré/profane et jeu/vie courante est bien celle de deux cadres à la fois séparés et distincts, mais qui peuvent se rejoindre selon certaines modalités. .../...
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 17:58

Pour Johan Huizinga (1938 : 26), le jeu précède le sacré et c’est en se développant en des formes plus évoluées qu’il pourra acquérir des significations sur lesquelles se grefferont des manifestations liées au sacré : « Quoi qu’il en soit, le jeu humain, dans toutes ses manifestations supérieures, où il signifie ou célèbre quelque chose, a sa place dans la sphère des fêtes et du culte, la sphère sacrée ». De cette façon, il acquiert un rôle et une utilité pour la communauté qui le pratique : « Comme action sacrée, le jeu peut servir la prospérité du groupe, mais alors d’une autre manière et avec d’autres moyens que l’acquisition immédiate d’éléments de subsistance » (ibid.). Ainsi, si le jeu est utile à la communauté, c’est qu’il n’est pas séparé de la vie courante au sens strictement littéral. Son rôle est plutôt d’ordre spirituel par opposition à l’idée d’éléments de subsistance comme la nourriture ou les biens matériels. Les rituels et les cultes adoptent la forme d’un jeu et en gardent par conséquent de nombreux traits. Ils permettent de donner formes à des choses normalement invisibles (ibid. : 32-33). Le jeu comme principe fondamental participe à faire de l’homme un être spirituel au-delà de sa nature terrestre. Cela renvoie à l’idée de culture développée dans Incertitudes selon laquelle les valeurs spirituelles y jouent un rôle au côté des valeurs matérielles et que, pour qu’il y ait culture, l’homme doit dominer la nature. Ainsi comprend-on mieux le rôle du jeu pour lutter contre la souffrance mentale et spirituelle (« geestelijk ») qu’évoque le titre original de l’ouvrage. 292 notes de recherche L. Di Filippo Notons aussi que, selon Johan Huizinga, c’est par le jeu et son aspect de compétition que l’homme réalise son aspiration à s’élever au-delà des éléments terrestres, et ce, indépendamment des formes que prend la religion dans différentes sociétés (ibid. : 113). Le jeu constitue une forme d’expérience subjective pour les participants, qui se construit dans le rapport à la communauté. Encore une fois, un rapprochement peut être effectué4 avec la notion du sacré comme force active découlant de ce qu’Émile Durkheim (cité in : Isambert, 1982 : 242-243) appelle la « communion des consciences » qui doit, selon lui, avoir « un certain degré d’unité, d’intimité, et que les forces qu’elle dégage soient assez intenses pour tirer l’individu hors de lui-même et l’élever à une vie supérieure ». Comme le sacré, le jeu sert à l’homme à dépasser le stade de son simple état d’être terrestre et naturel en en faisant un être spirituel. Encore une fois, cela s’inscrit dans la continuité de la définition de la culture de son ouvrage précédent. Ces nombreux rapports entre jeu et sacré permettent de mieux comprendre les sous-entendus de la définition du jeu telle que Johan Huizinga (1938 : 51) la propose : « Le jeu est une action ou une activité volontaire, accomplie dans certaines limites fixées de temps et de lieu, suivant une règle librement consentie mais complètement impérieuse, pourvue d’une fin en soi, accompagnée d’un sentiment de tension et de joie, et d’une conscience d’“être autrement” que dans la “vie courante” ». De cette définition, nous pouvons retenir quatre éléments importants : le jeu est une action volontaire, c’est-à-dire qu’on y participe par choix ; il est limité dans le temps et l’espace ; il est réglé ; il se situe hors de la « vie courante ». Pour ainsi dire, il organise les conventions sociales en définissant des espaces, des temporalités, les manières d’être et d’agir et leur donne du sens. Par son opposition à la vie courante, le jeu adopte donc chez Johan Huizinga les qualités que le sacré possédait chez d’autres chercheurs, notamment ceux de l’école française de sociologie. Tout comme chez Émile Durkheim (1912 : 65) pour qui l’opposition sacré/profane donnait naissance à la religion qui était la première de toutes les institutions, chez le Néerlandais, le jeu peut être à l’origine de l’ensemble des phénomènes qui seront explorés dans son ouvrage : compétition, droit, poésie, sagesse, mythes, philosophie, art, guerre. Comme les durkheimiens souhaitaient donner à la notion de sacré une valeur trans-historique et transculturelle (Isambert, 1982 : 215), Johan Huizinga (1938 : 52) rappelle que tous les peuples jouent « de manière notablement similaire ». Mais c’est bien dans la forme que le jeu et le sacré se retrouvent, et Johan Huizinga le rappelle à plusieurs reprises : « Parmi les traits formels du jeu, la séparation locale de l’action par rapport à la vie courante en constituait le plus important. Un espace fermé est isolé, soit matériellement soit idéalement, séparé de l’entourage quotidien » (ibid. : 40). Ou encore, « formellement, la fonction de cette délimitation est exactement la même, qu’elle vise à des fins sacrées ou au jeu pur et simple. La piste, le court de tennis, le terrain de marelle, l’échiquier ne diffèrent pas formellement du temple ou du cercle magique » (ibid. : 40). L’historien se limite bien à une homologie de forme et non pas à une homologie de sens comme le lui reprocheront Roger Caillois (1946) et Émile Benveniste (1947), en lui faisant un faux procès. 4 J. Huizinga ne cite pas lui-même É. Durkheim, c’est nous qui proposons ce rapprochement. notes de recherche 293 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois On voit apparaître le terme « cercle magique » qui a fait couler beaucoup d’encre, notamment depuis sa reprise par Katie Salen et Eric Zimmermann (2003) dans leur ouvrage Rules of Play. La principale critique faite à l’encontre de cette notion est qu’un jeu n’est jamais totalement isolé du reste du monde. Cela peut paraître évident, mais Eric Zimmermann (2012) est revenu sur ce problème. Comme il l’écrit, personne n’a jamais cru cela, et surtout pas Johan Huizinga lui-même, puisque – comme nous l’avons vu – celui-ci disait qu’il pouvait servir à la prospérité de la communauté. Mais cette notion semble en quelque sorte servir d’« épouvantail » (« Straw man » – ibid.) qu’agitent les chercheurs du domaine. En outre, Eric Zimmerman insiste sur le fait que personne ne pense sérieusement qu’un jeu puisse exister en dehors de tout environnement. Simplement, en tant que game designer, penser un jeu comme un système clos s’avère parfois nécessaire, mais uniquement dans un horizon de pertinence particulier. Dans ce cas, il s’agit donc d’une simplification conceptuelle qui permet de penser les limites ou les marges d’une production. On voit mieux comment ces lectures complémentaires permettent d’envisager les implications qui sous-tendent l’étude du jeu de l’historien. Grâce à elles, on comprend qu’une telle conception de la notion « culture » n’est pas compatible avec des conceptions plus neutres sur le plan moral, telles des positions de relativisme culturel ou encore des conceptions pragmatiques et interactionnistes comme celle d’Howard S. Becker (1999 : 21) pour qui la culture est un ensemble d’attentes et de ressources constamment actualisées, servant à coordonner les activités des individus, et qui varie sans cesse en fonction des situations. Chez le sociologue américain, elle n’a pas vocation à conduire les sociétés vers quelque chose de « meilleur » ou à fixer un idéal. Cette position situationniste et constructiviste serait plus proche des travaux sur le jeu de Jacques Henriot (Genvo, 2013 : 2). Pour qui veut construire un cadre heuristique cohérent, il est donc important de s’arrêter sur ces définitions de concepts centraux tel celui de culture. La position de Johan Huizinga traduit d’abord des idéaux. Bien sûr, il n’y a rien de mal à vouloir faire évoluer la société dans un sens positif, seulement, il faut garder à l’esprit et exposer clairement qu’il s’agit d’une position morale, donc loin d’être neutre, méritant d’être débattue sur le plan des valeurs. Roger Caillois, le jeu et le sacré dans la sociologie française Sociologue, essayiste, critique littéraire et écrivain français, Roger Caillois est né en 19135 . Il est agrégé de grammaire et fait office de personnage multi-casquettes dans le champ intellectuel. Jeune, il adhère au mouvement surréaliste d’André Breton avant de s’en retirer publiquement à la suite de l’affaire des haricots 5 Le lecteur pourra se référer aux archives vidéo sur la vie de R. Caillois : Archives du xxe siècle. Roger Caillois. Partie 1, 1977 (accès : http://www.ina.fr/video/CPA77058863; consulté le 05/05/14) et Archives du xxe siècle. Roger Caillois. Partie 2, 1977 (accès : http://boutique.ina.fr/video/histoireet-conflits/autres-conflits/CPA77058864/roger-caillois-2eme-partie.fr.html.; consulté le 05/05/14). 294 notes de recherche L. Di Filippo sauteurs6 (Caillois, 1974a : 11). Par ailleurs, il suivra les enseignements de sociologie religieuse de Marcel Mauss, ainsi que les cours de Georges Dumézil (Felgine, 1994 : 86-89). C’est de là que lui vient son intérêt pour le sacré qui le rattache à Émile Durkheim, Henri Hubert et Robert Hertz, comme il le mentionne dans la préface de L’homme et le sacré (Caillois, 1939b : 19) et dans Approches de l’imaginaire (1974a : 58). Chez Roger Caillois aussi, les questions relatives au sacré sont liées à celle des origines et à ce qui conduit ceux qu’on appelle parfois encore les peuples primitifs à la civilisation. Avec notamment Georges Bataille et Michel Leiris, il fonde en 1937 le Collège de sociologie dont il écrit le manifeste (Caillois, 1974a : 70-72) dans lequel il affirme vouloir proposer une sociologie « activiste » du sacré que les membres nomment d’ailleurs « sociologie sacrée », dont le but est de redonner de la vigueur à leur société. L’idée de communauté tient à ce titre une place centrale dans les recherches des membres de ce collectif. Plus tard, Roger Caillois (1974a : 58) expliquera leurs influences : « Nous étions certes d’accord sur l’importance éminente, sinon décisive, du sacré dans les émotions des individus comme dans la structure des sociétés ». On discerne alors ce croisement entre les approches de l’école française de sociologie et celle, phénoménologique, de Rudolf Otto7 . Enfin, notons que Roger Caillois regroupera ses ouvrages L’homme et le mythe (1938), L’homme et le sacré (1939b) Les jeux et les hommes (1958b) et quelques autres – de moindres importances pour la présente contribution – sous une même étiquette qu’il appellera sa « parenthèse sociologique » (Caillois, 1974a : 60). Dans la préface à la troisième édition de L’homme et le sacré, écrite en 1963 (Caillois, 1939b : 14), il indique que l’annexe intitulée « Le jeu et le sacré » aboutit à son livre Les jeux et les hommes. Cela influe sur les objectifs de ses théories du jeu et la portée qu’il souhaite leur donner. Il ne faut donc surtout pas négliger cet aspect afin de comprendre les liens que l’auteur établissait lui-même entre ses différents travaux. Le ludique et le sacré Au vu des éléments évoqués, il semble évident que Roger Caillois ne pouvait pas rester insensible au livre de Johan Huizinga (1938)8 . En proposant une théorie du jeu en rapport avec le sacré et comme étant au fondement de toute organisation sociale, ce dernier provoque l’intérêt du sociologue français. Rappelons que pour ce dernier, le sacré se définit avant tout par son opposition au profane 6 Les « haricots sauteurs » ou « pois sauteurs » du Mexique sont des graines dans lesquelles une espèce de papillon pond ses œufs. Après éclosion, l’activité des larves à l’intérieur fait sautiller les graines. En 1934, à Paris, A. Breton et R.Caillois sont tous deux face à ce type de graines. Tandis que R.Caillois souhaite en ouvrir une pour découvrir la chenille et percer l’énigme, A. Breton s’y oppose car il préfère continuer à jouir du mystère. Cette controverse nommée l’affaire (ou querelle) des haricots sauteurs fut révélatrice des divergences existant entre les deux hommes quant à la conduite à adopter face au merveilleux. 7 Pour une explication des différences entre les deux approches, voir notamment F.-A. Isambert (1982), P. Borgeaud (1994) et C.Tarot (2003, 2012). 8 T.Wendling (à paraître : 213) note également que, en plus du lien avec le sacré, l’ancrage politique des théories de J. Huizinga face au nazisme avait pu faire écho aux motivations du Collège de sociologie. notes de recherche 295 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois dans une conception religieuse du monde (Caillois, 1939b : 23). Deux « milieux complémentaires » ou deux « mondes » qui « ne se définissent rigoureusement que l’un par l’autre » (ibid. : 23-24) se constituent en se fondant sur cette distinction. On retrouve les termes d’Henri Hubert et de Marcel Mauss (1899). Roger Caillois désigne le sacré comme une propriété ou une qualité, stable ou éphémère, accordée à des êtres, des choses, des espaces, des temps, qui contribue à définir l’attitude qu’il convient d’adopter dans le rapport que les individus entretiennent avec leur environnement (ibid.). La distinction sacré/profane sert donc à comprendre les constructions de sens qui définissent des normes et guident l’action des individus. Cette conception particulière de l’étude des sociétés oriente la conception du jeu de Roger Caillois vers une approche qui intègre le sens accordé au jeu au-delà d’une simple étude de forme. Selon Thierry Wendling (à paraître : 209-210), les premières évocations du thème du jeu apparaissent chez Roger Caillois (1939a : 645-693) dans un texte de 1939 consacré à la fête9 . Le sociologue y évoque les jeux de hasard qui, durant le temps de fête, sont des activités de risque et de dilapidation qui s’opposent directement au temps de travail où l’on accumule des richesses de manière lente et sûre. Il est possible d’établir un rapprochement entre cette proposition et le caractère improductif du jeu dont Roger Caillois (1958b : 36) dit qu’il « est l’occasion d’une dépense pure ». Faisant partie du temps sacré, le jeu s’oppose à la vie courante. Pour lui, la fête est aussi liée au sacrifice (Caillois, 1939a : 646) et il essaie de mettre en lumière « l’atmosphère sacrificielle » de la fête. Il fait une nouvelle fois référence aux théories du sacré d’Henri Hubert et de Marcel Mauss (1899). De plus, il puisera dans les enseignements de Marcel Granet, ainsi que dans d’autres travaux de Marcel Mauss sur le rapport entre jeux et mythes cosmologiques, effectués à la fin des années 30, où il cherchera des exemples pour nourrir sa critique du livre de Johan Huizinga (Wendling, à paraître : 215). Son intérêt pour l’auteur néerlandais pourrait, entre autres raisons, lui être venu d’une présentation de Denis de Rougemont au Collège de sociologie (ibid. : 211-212). Celui-ci y présentait le tournoi chevaleresque comme un jeu du mythe et y évoquait les travaux du Néerlandais sur le Moyen Âge. Des parcours individuels s’entrecroisent avec des intérêts pour des thématiques particulières qui circulent ainsi entre chercheurs. Cependant, chez Roger Caillois, la thématique du jeu restait encore marginale et s’intégrait à d’autres réflexions sur le sacré et son expression dans la fête. Il faut attendre l’après-guerre pour que les choses changent. 9 Ce texte deviendra peu après la partie consacrée à la fête dans L’homme et le sacré (Caillois, 1939b) et subira des modifications lors de rééditions ultérieures de l’ouvrage après-guerre (Hollier, 1979 : 642). Il est aussi possible de noter que R. Caillois (1958b : 62-63) reprend des exemples tirés de son livre L’homme et le mythe sur le mimétisme animal pour nourrir sa réflexion sur la mimicry. Stéphane Massonet (1998 : 192) note une évolution dans l’orientation générale de ses recherches car « en lui permettant de considérer la différence de nature entre jeu et sacré, le jeu réactualise l’ensemble de ses recherches sur le mimétisme des insectes, non plus dans l’horizon du mythe et du sacré, mais dans la perspective d’un ludisme qui va bientôt déborder la sphère sociologique ou anthropologique vers celle d’un jeu cosmique ». 296 notes de recherche L. Di Filippo Intitulé « Le ludique et le sacré », le premier article que Roger Caillois consacre entièrement à la question du jeu, est publié en 1946 dans la revue Confluences. Il sera republié sous un titre légèrement différent dans la seconde édition de L’homme et le sacré, parue en 1950. L’auteur y reprend et critique la thèse principale de Johan Huizinga sur le lien entre jeu et sacré. En effet, pour le Français, les deux phénomènes ont en commun le fait d’être « un espace clos délimité, séparé du monde et de la vie » (Caillois, 1946 : 69). Les deux concepts se rejoignent donc sur le plan de la forme. Cependant, contrairement au sacré, « le ludique, activité libre par excellence, est le profane pur » (ibid. : 75). Sacré et jeu s’opposent alors de façon symétrique par rapport à la vie courante dont ils se distinguent (ibid.). Une théorie similaire, dont Roger Caillois prendra connaissance plus tard, sera développée quasi simultanément par Émile Benveniste (1947 : 164) pour qui le jeu et le sacré « ont en fait une structure symétrique, mais opposée » et dont la conséquence est que « le sacré est sur-réel, le jeu, de l’extra-réel » (ibid.). Le jeu ne serait « donc au fond qu’une opération désacralisante » (ibid. : 165) qui en ferait du sacré inversé. C’est ici sur le plan du sens que le sociologue et le linguiste opèrent une distinction. Roger Caillois (1946 : 68) voit là « le défaut de cet ouvrage admirable » en rappelant qu’« il étudie des structures externes bien plus que les attitudes intimes qui donnent à chaque comportement sa signification la plus précise ». Il faut rappeler que, pour le Français, qui s’inspire également des travaux de Rudolf Otto (1917), le sacré attire grâce à une sorte de « don de fascination » (Caillois, 1939b : 27) et que son « monde […], entre autres caractères, s’oppose au monde du profane comme un monde d’énergies à un monde de substances. D’un côté, des forces ; de l’autre, des choses » (ibid. : 44). Cette définition renvoie à la théorie du mana, élaborée par Robert H. Codrington et reprise par Henri Hubert et Marcel Mauss (1902-1903 : 101-102) dans leur théorie de la magie, selon laquelle il s’agit d’une force active et efficace qui imprègne toute chose et leur donne une certaine valeur. Roger Callois (1946 : 72) rappellera dans son article sur le jeu que le sacré est « contenu pur : force indivisible, équivoque, fugitive et efficace ». C’est pour cette raison qu’elle nécessite d’adopter face à elle une attitude empreinte de respect, tandis que dans le jeu, au contraire, l’homme serait créateur et enjoint à la détente, au repos ou à la distraction. Dans Les jeux et les hommes, Roger Caillois (1958b : 31) revient aux thèses de Johan Huizinga qu’il considère comme « fécondes à la recherche et à la réflexion » pour avoir notamment « démontré l’importance [du rôle du jeu] dans le développement même de la civilisation » (ibid.). Il s’accorde alors avec l’historien néerlandais sur l’idée d’établir une théorie générale de l’origine et de l’évolution des sociétés humaines. Cependant, il précise que, pour qu’il y ait jeu dans le cas de jeux fondés sur le mystère, le secret ou le travestissement, il faut que « la part de la fiction et du divertissement l’emporte » (ibid. : 34). Roger Caillois confirme ainsi un rapport entre des formes analogues que peuvent prendre le jeu et le sacré, mais, par la même occasion, il renouvelle sa critique selon laquelle l’attitude face à l’activité doit être celle de la détente plutôt que du respect révérencieux. D’ailleurs, le chapitre sur « La corruption des jeux » (ibid. : 101-122) rappelle le notes de recherche 297 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois risque de mélange et de contagion par le profane qui menace parfois le sacré, et inversement, et que Roger Caillois (1939b : 32-33) avait déjà développé dans un autre ouvrage. Selon le sociologue, il peut aussi y avoir contamination entre le jeu et le « monde réel ». On retrouve ici la critique faite dans son premier article. Cette réflexion suivra Roger Caillois (1967 : vii-viii) jusque dans l’encyclopédie qu’il dirige dans la collection de la Pléiade. Dans cet ouvrage, l’auteur (ibid. : 9) évoque l’hypothèse selon laquelle certains jeux sont des survivances d’éléments culturels, faisant partie d’institutions laïques ou sacrées qui, privées de leur sens car éloignées de leur culture d’origine, ont dégénéré en jeu. On pourrait penser que cette dégénérescence, notamment du sacré dans le jeu, serait un signe de l’évolution des sociétés. Cependant, l’homme nuance son propos en prenant des exemples dans lesquels les enfants imitent des éléments de culture contemporaine sur le mode ludique. À ce sujet, il cite les pistolets à eau qui imitent les armes à feu, ou le fait que des enfants catholiques peuvent jouer à la messe. Il en conclut « que le jeu n’est nullement le résidu anodin d’une occupation d’adulte désaffectée, encore qu’il en perpétue éventuellement le simulacre, quand elle-même est périmée. Il se présente avant tout comme une activité parallèle, indépendante, qui s’oppose aux gestes et aux décisions de la vie ordinaire par des caractères spécifiques qui lui sont propres et qui font qu’il est un jeu » (ibid. : 11). Ainsi confirme-t-il son idée selon laquelle sacré, vie courante et jeu constituent des cadres distincts qui, bien qu’adoptant parfois des formes similaires, se distinguent sur le plan du sens qu’on leur accorde. Or, Johan Huizinga évoquait uniquement la forme des rites et du culte qui dérivait du jeu lorsque celui-ci évoluait, mais ne traitait pas d’une similitude de sens. D’ailleurs, il avait conscience des différences de signification. La critique de Roger Caillois et d’Émile Benveniste semble donc mal placée après une relecture attentive. Néanmoins, elle permet de relever que, bien avant de proposer sa typologie des jeux, Roger Caillois offre une réflexion sur la place du jeu dans les processus de civilisation et sur son rôle d’élément organisateur de la vie sociale. Mais, contrairement à Johan Huizinga, chez le Français, le jeu n’a pas la primauté sur le sacré : il s’agit de deux sphères d’activité à la fois « parallèles », distinctes et opposées sur le plan du sens. La querelle avec Claude Lévi-Strauss Entre son premier article et son ouvrage Les jeux et les hommes, certaines choses ont évolué dans la pensée de Roger Caillois. Au milieu des années 50, le sociologue (Caillois, 1954, 1955a, 1955b) s’oppose à Claude Lévi-Strauss (1955a, 1955b) dans une critique de l’ouvrage Race et histoire (Lévi-Strauss, 1952) : « Sur le plan des idées, il s’agit pour Caillois de rappeler la supériorité de l’Occident et pour Lévi-Strauss de défendre une approche des civilisations dégagée de tout ethnocentrisme » (Wendling, 2010 : 31). Cette polémique et ses conséquences ont été brillamment analysées par Michel Panoff (1993) et Thierry Wendling (2010) sur le fond comme sur la forme. Nous ne reviendrons donc pas sur les 298 notes de recherche L. Di Filippo détails de l’affaire. Cependant, on peut noter que les deux auteurs affichent une préférence nette pour Claude Lévi-Strauss10. Ce que nous suggérons est qu’un autre élément, qu’il ne faut pas négliger, peut intervenir dans cette discussion, car elle se déroule précisément durant les années où Roger Caillois (1955c) commence à élaborer de manière plus concrète ses théories des jeux et sa typologie. Si, pour Thierry Wendling (2010 : 29-30), cette opposition a notamment eu pour conséquence un désintérêt de l’ethnologie pour le jeu durant la période structuraliste, il faut aussi mettre cette querelle en lien avec les orientations prises par Roger Caillois pour élaborer sa théorie des jeux qui s’ancrent dans la continuité de ses réflexions sociologiques sur le sacré. En effet, cette polémique se produit dans un « contexte de filiations intellectuelles complexes » (Wendling, 2010 : 30) où la question du sacré et les conceptions du monde qu’elle soustend, comme celle d’une forme d’évolutionnisme, ont pu influencer le débat. D’un point de vue de sociologue des religions, Camille Tarot (2012 : 348) suggère que le succès du structuralisme a provoqué un désintérêt pour le sacré dans la deuxième moitié du xxe siècle. En croisant ainsi les recherches de Camille Tarot avec celles de Thierry Wendling, on trouve un argument de plus, qui semble confirmer le sens de la lecture à donner aux travaux de Roger Caillois et ses effets dans le champ de la recherche française. Une séparation s’opère : d’une part, les études sociologiques sur le jeu poursuivent l’étude du sacré ; d’autre part, l’ethnologie se concentre sur le symbolique et des objets d’étude tels les mythes, la parenté et l’organisation sociale (Wendling, 2010 : 47). Une sociologie à partir des jeux C’est dans ce contexte de polémique avec les ethnologues que Roger Caillois (1958b : 142) constitue sa théorie des jeux qui aboutit à l’ouvrage Les jeux et les hommes dont il présente ainsi le programme : « Je n’entreprends pas seulement une sociologie des jeux. J’ai l’idée de jeter les fondements d’une sociologie à partir des jeux ». Dans son article, « Le ludique et le sacré », Roger Caillois (1946 : 67) reprochait déjà à Johan Huizinga de ne pas avoir abordé « les diverses attitudes mentales que supposent les différentes variétés de jeux : d’adresse, de force, de combinaison, de hasard, etc. ». C’est ce qui le conduit à proposer presque dix ans plus tard (Caillois, 1955c) une typologie des jeux où l’on retrouve ses catégories fondamentales : l’agon, l’alea, la mimicry et l’ilinx. Dans ce texte, l’ilinx tient une place un peu à part. Arrivant à la fin du texte, dans les mots de l’auteur, il est d’abord symptomatique de la modernité : « Il reste une dernière espèce de jeux qui ne semble pas pouvoir 10 C’est dans ses remarques sur Les jeux et les hommes (Caillois, 1958b) que M. Panoff (1993 : 77) critique le plus R. Caillois, se demandant si c’est par sa « paresse », son « outrecuidance », ou son « aversion pour les ethnologues professionnels » que l’auteur pèche. M. Panoff mettra plusieurs fois les erreurs de R. Caillois sur le compte du manque de travail rigoureux qui, selon lui, le caractérise. notes de recherche 299 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois rentrer dans celles-ci et qui peut passer pour la seule innovation proprement moderne en ce domaine : ceux qui reposent sur la poursuite du vertige » (Caillois, 1955c : 85). Bien qu’il reconnaisse que les sensations de vertige sont sans doute recherchées depuis longtemps, il affirme : « Il ne faut donc pas s’étonner qu’on ait dû attendre l’âge industriel pour voir le vertige devenir véritablement une catégorie du jeu » (ibid.). C’est deux années plus tard, dans un article publié dans sa revue Diogène (Caillois, 1957 : 136), qu’il parlera de sociétés « gouvernées par les forces conjuguées du masque et de la possession, ou, si l’on préfère, de la pantomime et de l’extase (mimicry et ilinx) et qui n’ont pas encore accédé à une vie collective fondée sur des institutions où la concurrence réglée et la compétition organisée jouent un rôle essentiel ». L’auteur poursuivra cette théorie dans un article publié l’année suivante (Caillois, 1958a), qu’il reprendra d’ailleurs presque mot à mot11 dans Les jeux et les hommes (Caillois, 1958b : 45-92), où l’ilinx devient, avec la mimicry, la catégorie renvoyant aux « sociétés à tohu-bohu » (ibid. : 171). Il observe alors que « chaque fois qu’une haute culture parvient à émerger du chaos originel, on constate une régression des puissances de vertige et de simulacres » (ibid. : 193). Roger Caillois semble encore peu au clair sur l’idée qu’il se fait du vertige, qui apparaît, d’abord, comme un effet de la modernisation des techniques, avant de devenir une catégorie de jeu des sociétés primitives tendant à disparaître avec le progrès. De plus, il établit un parallèle avec sa théorie du sacré selon laquelle l’ordre du cosmos émerge du chaos originel grâce aux forces sacrées et alors seulement « l’ère du tohu-bohu est close, l’histoire naturelle commence, le régime de la causalité normale s’installe » (Caillois, 1939b : 139). On peut donc déduire que, à ses yeux, les sociétés qu’il appelle « à tohu-bohu » seront plus proches de l’état originel chaotique. Comme on le voit, en proposant sa sociologie « à partir des jeux », Roger Caillois souhaite faire valoir un modèle d’évolution des sociétés, ou de civilisation, qui viennent appuyer les arguments qu’il opposait précédemment au relativisme culturel développé par Claude Lévi-Strauss, contre lequel il s’était insurgé. Stéphane Massonet (1998 : 187) estime que « cette seconde partie [de l’ouvrage Les jeux et les hommes] constitue une réponse implicite au débat sur le relativisme culturel qui l’opposa quelques années auparavant à Claude Lévi-Strauss ». Michel Panoff (1993 : 75), qui avait bien relevé ce problème, allait plus loin dans sa critique, dénonçant le « manque d’originalité intellectuelle », le fait qu’« il est difficile d’y trouver des idées personnelles » (ibid.) et que l’« appareil érudit est ici d’une légèreté déconcertante » (ibid.). Michel Panoff lui reproche de ne s’appuyer que sur des théories datées, faisant fi de tous les progrès, aussi bien en anthropologie qu’en zoologie, depuis le xixe siècle12. D’ailleurs, il signale que, en présentant le jeu 11 Le lecteur peut remarquer, non sans une pointe d’humour, que R. Caillois reprend une bonne partie de son texte précédent. La phrase tirée de l’article de 1955 se voit ajouter un unique mot et devient alors : « Il ne faut donc pas s’étonner qu’on ait dû souvent attendre l’âge industriel pour voir le vertige devenir véritablement une catégorie du jeu » (Caillois, 1958a : 95 ; nous soulignons). 12 On peut noter que R. Caillois (1938 : 82-85) établissait déjà un lien entre la mante religieuse et les mythes des femmes dévoreuses d’hommes, ou aux organes sexuels dentés, sous prétexte d’une 300 notes de recherche L. Di Filippo comme un « phénomène total », Roger Caillois se situe plus dans la lignée de Marcel Mauss que Claude Lévi-Strauss qui, pourtant, signe la préface de Sociologie et anthropologie (Panoff, 1993 : 75-76). Or, c’est par la médiation et dans la continuité de Johan Huizinga (1938 : 90), qui s’appuyait lui-même sur les travaux de Marcel Mauss (1923-1924) sur le Potlatch, que Roger Caillois présente le jeu. Alors, bien que « l’idée [soit] originale et d’une grande portée » (Panoff, 1993 : 80-81), elle n’est pas de lui. On la retrouve déjà tout entière chez l’auteur néerlandais. Finalement, on peut avancer que l’ouvrage de Roger Caillois développe et élabore certains aspects déjà présentés par Johan Huizinga. De sa définition en six points du jeu (libre, séparé, réglé, incertain, improductif, fictif) quatre étaient déjà présents dans les travaux de l’auteur néerlandais. Concernant l’improductivité, nous avons vu que Johan Huizinga situait les apports du jeu sur le plan spirituel et non matériel. De même, il avait déjà présenté les bases de ce qui allait constituer les catégories de l’agon et de la mimicry chez l’auteur français, l’alea ne pouvant apparaître comme une catégorie fondamentale ou un type de jeu puisque, pour l’historien, le jeu est un facteur organisateur, voire ordonnateur, de vie sociale. Cela renvoie directement à la deuxième condition nécessaire de la culture selon sa définition. D’ailleurs, dans les exemples qu’il utilise, les jeux de dés peuvent servir à régler une compétition et une lutte (Huizinga, 1938 : 82). Le hasard est donc une forme d’incertitude fondamentale, et le jeu, sous ses diverses formes, une manière de faire face à celle-ci ou de l’utiliser, donc d’avoir une prise sur elle. Ici, Roger Caillois montre une mauvaise compréhension de la pensée de Johan Huizinga en mélangeant les niveaux d’interprétation, mais, plus grave encore, ce biais rend incohérent sa propre pensée et permet d’émettre une nouvelle critique à l’encontre de sa typologie. En effet, le hasard pur ne peut pas être considéré comme principe ordonnateur puisque, par définition, il est son contraire et se fonde sur l’indétermination et l’incertitude. Il renvoie alors à la question des limites de la perception humaine13. Enfin, l’ilinx passe du statut de type de jeu foncièrement moderne à celui de type primordial, comme s’il s’agissait de justifier l’évolution des sociétés par un équilibre d’oppositions binaires, mimicry et ilinx du côté des « sociétés à tohubohu », alea et agon du côté des « sociétés à comptabilité » (Caillois, 1958b : 172). C’est sur ce point qu’il se démarque de l’auteur néerlandais, en proposant une classification des sociétés selon leurs jeux. Malheureusement, le résultat semble précéder la démonstration et l’opposition proposée peut paraître artificielle. D’ailleurs, c’est le reproche le plus important à faire à sa classification des jeux, puisqu’elle constitue une typologie généralisée posée a priori et ne correspond à aucune véritable démonstration, mais à une synthèse empreinte de présupposés (Wendling, 2002 : 43). On retrouve exactement le problème qu’il soulève luimême à propos de sa théorie du sacré, à savoir, le « côté fallacieux et grossier d’une telle entreprise » (Caillois, 1939b : 17). Cette dernière présente des règles continuité dans le vivant, le mythe se situant dans le prolongement des instincts primordiaux. 13 À ce sujet, voir les travaux d’Ivar Ekeland (1991). notes de recherche 301 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois qui ne s’appliqueraient jamais intégralement, ses conclusions ne sont valables que pour la moyenne des faits, ses descriptions sont sorties de leurs contextes et ne sont pas beaucoup plus que des abstractions (ibid. : 18). Ces critiques pourraient s’appliquer de la même façon à sa typologie des jeux. Bien que dans le cadre d’un essai, proposer des hypothèses soit une méthode de travail féconde, à aucun moment, lui-même ne la présente ainsi. Ceci conduit à des reprises de ses théories sans remise en question des fondements mêmes de sa classification tels que nous les avons présentés. Tout au plus, on objectera une critique des six points de sa définition du jeu et les limites des alliances possibles qu’il propose entre les différents types de jeu, ces critiques se faisant d’ailleurs souvent sans une remise en contexte historique de ses travaux (Triclot, 2011 : 46). Ainsi a-t-on parfois l’impression que l’on reproche à Roger Caillois de ne pas tenir compte de jeux qui n’existaient pas à son époque, tels les jeux vidéo. Comme on le voit, Les jeux et les hommes participe en grande partie à cette guerre que Roger Caillois (1958b : 183) fait aux ethnologues, « savants dont la crédulité est, hélas ! infinie, et, en outre, intéressée, envoûtée ». Comme le relève Michel Panoff (1993, 80-81), « ce qui restait encore implicite dans la querelle qu’il avait cherchée à Lévi-Strauss quatre ans plus tôt s’exprime désormais sans détour ni nuances ». D’ailleurs, les traces de cette querelle resurgiront bien des années plus tard lorsque Roger Caillois (1974b) accueillera Claude Lévi-Strauss à l’Académie française. Il ne pourra s’empêcher de rappeler ce qu’il pense des ethnologues, reprenant de nombreux arguments déjà présents dans sa critique de Race et histoire. La remise en question de ses théories du jeu et de sa classification doit alors conduire à une discussion de son modèle sociologique général d’évolution des sociétés et, à l’inverse, des conceptions différentes de modèles sociaux généraux devront nourrir la critique des catégories qu’il propose. Son opposition duelle renvoie à la problématique déjà ancienne de l’altérité et du regard porté sur les autres peuples que Tzvetan Todorov (1989) a résumée sous la formule « Nous et les autres ». Qu’on les considère barbares dans l’antiquité, païens au Moyen Âge, sauvages à la renaissance, primitifs au xixe siècle ou « sociétés à tohu-bohu » au milieu du xxe siècle, l’idée principale qui se dégage est celle d’une différence constitutive ou d’une forme de distance dans le regard que l’on porte sur eux, c’est-à-dire de la construction d’une forme d’altérité. Dans son discours de réception à l’attention de Claude Lévi-Strauss, Roger Caillois (1974b) parle encore d’« hommes de nature » et de « population sauvage » lorsqu’il évoque l’idée selon laquelle l’ethnographie « se présente comme la seule science qui contribue à détruire son objet [...]. Car les sujets de l’étude ne peuvent pas ne pas rejoindre les savants qui les étudient ». Selon lui, toute technologie plus efficace qu’une autre finit toujours par supplanter la précédente, qu’il s’agisse de la hache d’acier qui remplace celle de pierre ou de l’arrivée du béton et de l’électricité dans la construction d’habitation. Roger Caillois défend l’idée d’une marche de l’histoire vers le progrès et l’échelle de valeurs sur laquelle il se situe est celle du progrès technique occidental. Dans Les jeux et les hommes, il traitait déjà des « transitions » (Caillois, 1958b : 199-216) d’un type de société vers l’autre qui permettait la sortie du piège que constituent 302 notes de recherche L. Di Filippo la pantomime et l’extase et qui « n’est rien d’autre que la naissance même de la civilisation » (ibid. : 195). À propos de cette bipartition, Stéphane Massonet (1998 : 202) rappelle qu’elle a valu à Roger Caillois les critiques de plusieurs ethnologues puisqu’il insiste « sur le passage d’une forme sociale à une autre, comme accès à la civilisation, comme si les sociétés primitives à masques, tout en formant un “type original de culture”, n’étaient pas des formes de civilisations ». On pourra opposer la vision relativiste de Lévi-Strauss (1952 : 32) considérant « qu’il n’existe pas de peuple enfant » et que, dans l’histoire, si l’échelle de mesure est le temps, des peuples aux coutumes variées sont contemporains les uns des autres sans pour autant que l’on doive considérer que certains vivent jusque-là au ralenti. Il n’y a pas qu’une façon de comparer les sociétés entre elles et, comme l’écrit Franz Boas (1928 : 207), « les valeurs de nos idéaux sociaux vont ainsi gagner en précision par une étude rigoureuse et objective des cultures étrangères »14. Il faut aussi souligner que de nombreux peuples n’ont pas simplement adopté les techniques occidentales, mais ont souvent été contraints de se conformer à de nouveaux modèles culturels. Dans une approche qui se voudrait relativiste, il n’est donc pas possible de simplement diviser les sociétés en deux types en fonction des jeux qui y sont joués ; chacun a ses spécificités et peut proposer des catégories de jeu qui lui sont propres. Chaque activité ludique doit ainsi être recontextualisée dans un temps et un espace particuliers. Nous rejoignons ici les propositions faites par Patrick Schmoll (2011) et Jacques Henriot (1989) citées plus haut. Ainsi le port du masque lors de carnavals ou les fêtes foraines dans les sociétés contemporaines n’est-il pas une simple « résurgence », ni le signe d’un retour en arrière à des sensations primordiales, mais pose plutôt la question de leur transformation, de leur fonction et de leur place par rapport à d’autres activités. Par exemple, on peut chercher à comprendre, comme le fait Paul Yonnet (1999), comment s’organise l’équilibre entre temps de travail contraint et temps de loisir plus libre. On peut également envisager les processus d’emprunts ludiques entre différentes cultures. Il ne s’agit plus alors d’une étude d’états, mais de celle de processus et d’activités toujours en mouvement. Ainsi évite-t-on d’essentialiser certains concepts ou certaines catégories, comme le fait Roger Caillois. À ce propos, notons que les catégories sacré et profane ne s’appliquent pas rigoureusement à toutes les sociétés. François-André Isambert (1982 : 265-266) note que « non seulement cette fameuse notion commune n’a pas l’invariabilité qu’on lui a prêtée [...] mais encore que le sacré, comme concept de sociologue, ne correspond pas au mode de structuration de toutes les religions ». Il serait alors possible d’appliquer son conseil au concept du jeu : « Dès lors, loin de vouloir se donner des concepts génériques applicables en tous temps et en tous lieux, quitte à y faire entrer tant bien que mal les faits les plus proches de nous, mieux vaut se saisir des relations caractéristiques qui se dégagent de nos contacts avec la réalité, en reconnaissant leurs racines dans notre expérience proche et en posant seulement ensuite la question de leur application possible à des domaines plus éloignés » (ibid. : 266). 14 « The values of our social ideals will thus gain in clarity by a rigid, objective study of foreign cultures ». notes de recherche 303 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois Une autre position relativiste, que l’on retrouve dans certaines approches pragmatiques, consiste à voir chaque individu comme étant construit par ses expériences spécifiques. Ainsi chacun est-il différent et chaque situation particulière. La question du sens ou de la fonction des activités ludiques se pose au niveau de l’interaction et le sens donné aux situations y est construit de manière subjective et locale. Chaque activité devient alors une situation particulière dont le sens est sans cesse retravaillé. L’activité ludique prend son sens dans son rapport à la biographie des acteurs et dans un contexte particulier et non dans un modèle général de société. La question du modèle général La portée universelle que Johan Huizinga et Roger Caillois cherchent à donner à leurs études respectives risque de conduire à la dérive consistant à placer sous une même notion des phénomènes variant dans le temps et l’espace. Cela est principalement dû au fait d’utiliser un ou des termes polysémiques avec une portée générale et à celui de donner un caractère universel à une vision ethnocentrée. Il faut donc remettre en question leurs définitions a priori du jeu, ainsi que la volonté des deux chercheurs de réunir sous un même vocable des phénomènes somme toute variés. Les deux auteurs ne distinguent pas de façon nette les deux sens du mot « jeu » : objet ou activité. Au contraire, ils jouent sur l’ambiguïté sémantique du terme15. Jacques Henriot (1969, 1989) reviendra sur la nécessité de penser cette spécificité en proposant une théorie dans laquelle il distingue « structure ludique » et « attitude ludique », en plus de différencier de manière analytique le « jeu », le « jouer » et le « jouant ». Néanmoins, il peut être intéressant de se demander s’il est possible d’envisager toute l’organisation sociale à partir d’une base commune. Il semble difficile de croire que ce fondement puisse se résumer à l’étiquette du sacré ou même du jeu, car cela dépend précisément de la manière de définir ces termes dans la culture des auteurs. Une manière plus prudente de procéder serait de voir si en partant du cas d’étude qu’est le jeu, ou un jeu, on peut mettre en lumière des mécanismes d’une organisation sociale générale, comme le propose Jacques Henriot (1989 : 32) pour qui le jeu « constitue l’un des modèles les plus efficaces, les plus directement opératoires pour l’analyse des situations sociales ». Il faudrait alors procéder par comparaison ou contraste avec d’autres activités humaines pour voir les points communs qui pourraient être dégagés de l’analyse, ainsi que les spécificités de chacune. On pourrait essayer de déterminer s’il convient d’appeler « jeu » la relation entre un individu et son environnement dans une activité donnée, ayant une histoire et qui s’organise à l’intérieur de règles, de normes ou de conventions servant à la cadrer. Par exemple, une telle démarche contribuerait aux débats sur des questions d’ordres plus généraux sur l’opposition entre déterminisme et libre arbitre ou sur les rapports entre individus et société. 15 Nous remercions Sébastien Genvo pour ses remarques. 304 notes de recherche L. Di Filippo Conclusion Plusieurs raisons expliquent les choix de composition théorique de Roger Caillois, mais il est indéniable que son intérêt pour l’étude du sacré l’a fait réagir à la lecture d’Homo Ludens (Huizinga, 1938), tant l’ouvrage invite à une discussion sur les liens entre cette notion et celle du jeu telle que proposée par Johan Huizinga. Qu’entre son premier article sur ce thème, en 1946, et son ouvrage de 1958, d’autres raisons soient venues s’y greffer et y donner une tournure particulière (raisons exposées notamment par des ethnologues comme Michel Panoff et Thierry Wendling) ne fait que confirmer ces hypothèses. L’explication d’Olivier Caïra (2007 : 208) selon laquelle « Caillois, comme Huizinga, ne justifie son objet d’étude, peu légitime à l’époque, qu’en le rattachant à d’autres, jugés sérieux », est alors insuffisante. Comme nous l’avons vu, les implications et les enjeux de leurs travaux respectifs sont bien plus importants que cela. Ils sont le reflet d’une vision du monde propre aux deux auteurs, et leurs théories du jeu sont au service de cette vision à partir de laquelle ils essaient chacun de proposer une théorie générale de l’organisation sociale. C’est sur ce fondement que leurs propositions doivent être empruntées et non pas simplement en citant quelques lignes de définition décontextualisées. On comprend alors mieux l’erreur de Jesper Juul (2005 : 197) qui veut proposer un modèle général du jeu (« game ») qui serait valide depuis l’an 3000 av. J.-C., mais qui ne va pas jusqu’à poser la question de l’élargissement possible de ses réflexions à toutes les activités sociales. L’analyse a permis de montrer qu’il est nécessaire de revenir aux fondements de ce qui constitue la pensée de ces auteurs en discutant les principes qui leur servent à définir des notions comme celles de culture, de civilisation ou leur manière d’appréhender les sociétés dans leur diversité. Par sa polysémie, la notion de jeu nécessite aussi une recontextualisation importante des travaux des chercheurs qui l’emploient. Il sera alors possible de voir quels sont les points sur lesquels il est possible de s’en rapprocher. Ainsi convient-il de savoir si l’on s’ancre dans une conception morale et spirituelle de la culture lorsqu’on discute les théories de Johan Huizinga, et de questionner la répartition entre les « sociétés à tohu-bohu » et les « sociétés à comptabilité » lorsqu’on évoque la typologie de Roger Caillois. Ces questionnements permettront d’inscrire les travaux dans des problématiques plus générales en sciences humaines et sociales et permettront de souligner les ruptures entre plusieurs types d’approches. Dans les recherches Johan Huizinga comme dans celles de Roger Caillois, l’idée de jeu renvoie à une certaine vision de l’évolution des sociétés qui s’inscrit dans la filiation de l’école française de sociologie et dans sa volonté de recherche de phénomènes totaux. Mais cette analyse montre aussi qu’une étude de la filiation des concepts, bien que nécessaire, est sans doute insuffisante pour expliquer les influences multiples que constitue tout travail de recherche. En tant que productions intellectuelles, les recherches sont toujours l’œuvre d’individus en interaction avec d’autres et sont pris dans un contexte historique, social et culturel particulier. De plus, la pensée d’un auteur se construit sur un notes de recherche 305 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois temps parfois long durant lequel elle peut s’affiner ou même prendre des directions différentes en fonction des événements particuliers, liés au monde scientifique aussi bien qu’à des événements extérieurs. Cette réflexion permet alors d’envisager les manières d’interroger les conditions possibles d’une pratique interdisciplinaire en sciences humaines et sociales autour des questions liées à la notion de jeu, en tenant compte des différences fondamentales dans les conceptions du monde et du rôle des individus dans l’organisation de l’espace social étudié.
 Références Amossy R., 1991, Les idées reçues. Sémiologie du stéréotype, Paris, Nathan. Andrini S., 1991, « Huizinga et le droit : le procès et le jeu en Italie », Droit et société, 17-18, pp. 27-41. Accès : http://www.reds.msh-paris.fr/publications/revue/pdf/ds17-18/ ds017018-03.pdf. Consulté le 03/11/13. Becker H. S., 1999, Propos sur l’art, trad. de l’américain par J. Kempf et al., Paris, Éd. L’Harmattan. Benveniste É., 1947, « Le jeu comme structure », Deucalion, 2, pp. 161-167. Boas F., 1928, Anthropology and Modern Life, New York, Norton, 1962. Bogost I., 2007, Persuasive Games. The expressive power of videogames, Cambridge/Londres, mit Press. Borgeaud P., 1994, « Le couple sacré/profane. Genèse et fortune d’un concept “opératoire” en histoire des religions », Revue de l’histoire des religions, 4, t. 211, pp. 387-418. Accès : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rhr_0035-1423_1994_ num_211_4_1385. Consulté le 31/01/12. Boutaud J.-J., Dufour S., 2013, « Extension du domaine du sacré », Questions de communication, 23, pp. 7-29. Brougère G., 2005, Jouer/Apprendre, Paris, Éd. Economica. Caillois R., 1938, L’homme et le mythe, Paris, Gallimard. — 1939a, « La fête », pp. 645-693, in : Hollier D., 1979, Le collège de Sociologie 1937-1939, Paris, Gallimard, 1995. — 1939b, L’homme et le sacré, Paris, Gallimard, 1950. — 1946, « Le ludique et le sacré », Confluences, 10, pp. 66-77. — 1954, « Illusions à rebours », La Nouvelle Nouvelle Revue française, 24, pp. 1010-1024. — 1955a, « Illusions à rebours (fin) », La Nouvelle Nouvelle Revue française, 25, pp. 58-70. — 1955b, « À propos de “Diogène couché” », Les Temps modernes, 111, pp. 1533-1535. — 1955c, « Structure et Classification des Jeux », Diogène, 12, pp. 72-88. — 1957, « Unité du jeu, diversité des jeux », Diogène, 19, pp. 117-144. — 1958a, «Théorie des jeux », Revue de métaphysique et de morale, 1, pp. 83-102. — 1958b, Les jeux et les hommes. Le masque et le vertige, Paris, Gallimard, 1967. 306 notes de recherche L. Di Filippo — 1967, Jeux et sports, Paris, Gallimard. — 1970, Cases d’un échiquier, Paris, Gallimard. — 1974a, Approches de l’imaginaire, Paris, Gallimard. — 1974b, « Réponse de M. Roger Caillois au discours de M. Claude Lévi-Strauss. Discours prononcé dans la séance publique le jeudi 27 juin 1974 », Académie Française. Accès : http://www.academie-francaise.fr/reponse-au-discours-de-reception-de-claude-levistrauss. Consulté le 04/01/13. Caïra O., 2007, Jeux de rôle. Les forges de la fiction, Paris, cnrs Éd. Cuche D., 1996, La notion de culture dans les sciences sociales, Paris, Éd. La Découverte, 2010. Di Filippo L., François H., Michel A., 2012, « Adopter une démarche réflexive : implications et enjeux », pp. 7-28, in : Di Filippo L., François H., Michel A., dirs, La position du doctorant. Trajectoires, engagements, réflexivité, Nancy, pun-Éditions universitaires de Lorraine. Di Filippo L., Schmoll P., 2013, « Mise en scène et interrogation du sacré dans les jeux vidéo », Revue des sciences sociales, 49, pp. 64-73. Durkheim É., 1912, Les formes élémentaires de la vie religieuse, Paris, Presses universitaires de France, 2013. Ekeland I., 1991, Au hasard. La chance, la science et le monde, Paris, Éd. Le Seuil. Felgine O., 1994, Roger Caillois, Paris, Stock. Frasca G., 2003, « Simulation versus Narrative : Introduction to Ludology », pp. 221-235, in : Perron B., Wolff M. J. P., eds, The Video Game Theory Reader, Londres/New York, Routledge. Genvo S., 2009, Le jeu à son ère numérique. Comprendre et analyser les jeux vidéo, Paris, Éd. L’Harmattan. — 2013, « Penser les phénomènes de ludicisation à partir de Jacques Henriot », Sciences du jeu, 1. Accès : http://www.sciencesdujeu.org/index.php?id=243. Consulté le 28/09/13. Henriot J., 1969, Le jeu, Paris, Presses universitaires de France. — 1989, Sous couleur de jouer, Paris, J. Corti. Hollier D., 1979, Le collège de Sociologie 1937-1939, Paris, Gallimard, 1995. Hubert H., Mauss M., 1899, « Essai sur la nature et la fonction du sacrifice », pp. 193-307, in : Mauss M., Œuvres 1. Les fonctions sociales du sacré, Paris, Éd. de Minuit, 1968. — 1902-1903, « Esquisse d’une théorie générale de la magie », pp. 1-141, in : Mauss M., Sociologie et Anthropologie, Paris, Presses universitaires de France, 1983. — 1906, « Introduction à l’analyse de quelques phénomènes religieux », pp. 3-39, in : Mauss M., Œuvres 1. Les fonctions sociales du sacré, Paris, Éd. de Minuit, 1968. Huizinga J., 1919, L’automne du Moyen Âge, trad. du néerlandais par J. Bastin, Paris, Payot, 2002. — 1935, Incertitudes. Essai de diagnostic du mal dont souffre notre temps, trad. du néerlandais par J. Roebroek, Paris, Librairie de Médicis, 1939. — 1938, Homo Ludens. Essai sur la fonction sociale du jeu, trad. du néerlandais par C. Seresia, Paris, Gallimard, 1951. — 1945, À l’aube de la paix. Étude sur les chances de rétablissement de notre civilisation, trad. du néerlandais par C. Seresia, Amsterdam/Anvers, Éd. Panthéon S. A. notes de recherche 307 Contextualiser les théories du jeu de J. Huizinga et R. Caillois Isambert F.-A., 1982, Le sens du sacré. Fête et religion populaire, Paris, Éd. de Minuit. Jost F., 2006, « Monde de la télévision et monde de la publicité », Tranel, 44, pp. 181-197. Juul J., 2005, Half-Real. Video Games between Real Rules and Fictional Worlds, Cambridge/ Londres, mit Press. Leleu-Merviel S., 2010, « De l’infra-conceptuel à des données à horizon de pertinence focalisé », Questions de communication, 18, pp. 171-184. Lévi-Strauss C., 1952, Race et histoire, Paris, Unesco. — 1955a, « Diogène couché », Les Temps modernes, 110, pp. 1186-1220. — 1955b, « À propos de “Diogène couché” », Les Temps modernes, 111, pp. 1535-1536. — 1962, La pensée sauvage, Paris, Plon. Massonet S., 1998, Les labyrinthes de l’imaginaire dans l’œuvre de Roger Caillois, Paris, Éd. L’Harmattan. Mauss M., 1923-1924, « Essai sur le don : Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques », pp. 143-279, in : Mauss M., Sociologie et Anthropologie, Paris, Presses universitaires de France, 1983. Mäyrä F., 2008, An Introduction to Game Studies, Londres, Sage. Otto R., 1917, Le Sacré. L’élément non rationnel dans l’idée du divin et sa relation avec le rationnel, trad. de l’allemand par A. Jundt, Paris, Payot/Éd. Rivages, 2001. Panoff M., 1993, Les frères ennemis. Roger Caillois et Claude Lévi-Strauss, Paris, Payot/ Éd. Rivages. Salen K., Zimmerman E., 2003, Rules of Play. Game Design Fundamentals, Cambridge, mit Press. Schmoll P., 2011, « Sciences du jeu : état des lieux et perspectives », Revue des sciences sociales, 45, pp. 10-17. Spengler O., 1918-1922, Le déclin de l’Occident, 2 vols, trad. de l’allemand par M. Tazerout, Paris, Gallimard, 1993. Tarot C., 2003, « Les lyncheurs et le concombre ou de la définition de la religion, quand même », Revue du mauss, 22, pp. 270-297. Accès : http://www.cairn.info/revue-du-mauss- 2003-2-page-270.htm. Consulté le 08/03/13. — 2012, « Sur les aléas du vocabulaire du sacré dans les sciences sociales en France au xxe siècle », pp. 339-350, in : Souza M. de, Peters-Custot A., Romanacce F.-X., dirs, Le sacré dans tous ses états. Catégories du vocabulaire religieux et sociétés, de l’Antiquité à nos jours, Saint-Étienne, Publications de l’université de Saint-Étienne. Taylor T. L., 2006, Play between Worlds, Cambridge/Londres, mit Press. Todorov T., 1989, Nous et les autres. La réflexion française sur la diversité humaine, Paris, Éd. Le Seuil. Triclot M., 2011, Philosophie des jeux vidéo, Paris, Éd. La Découverte. Wendling T., 2000, « Jeu, illusion et altérité », pp. 25-39, in : Gonseth M.-O., Hainard J., Kaehr R., éds, La grande illusion, Neuchâtel, Musée d’ethnographie. — 2002, Ethnologie des joueurs d’échecs, Paris, Presses universitaires de France. 308 notes de recherche L. Di Filippo — 2010, « Une joute intellectuelle au détriment du jeu ? Claude Lévi-Strauss vs Roger Caillois (1954-1974) », Ethnologies, 1, vol. 32, pp. 29-49. — à paraître, « Graines de jeux dans les parterres du Collège de sociologie », Anamnèse. Yonnet P., 1999, Travail, loisir. Temps libre et lien social, Paris, Gallimard. Zimmerman E., 2012, « Jerked Around by the Magic Circle. Clearing the Air Ten Years Later, Gamasutra », Gamasutra. 

: http://www.gamasutra.com/view/feature/135063/ jerked_around_by_the_magic_circle_.php. 
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 18:07

avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 18:11

Doudoute ou pas


  • En quoi le doute est-il utile à la connaissance et nuisible à l'action? L'aspect positif du doute et son aspect négatif? 
    Y a t il un bon usage du doute? Douter est-ce renoncer à la vérité?
     


_________  Site Philagora, tous droits réservés ________
 
== Pour la compréhension du sujet, vers le problème:
En quoi le doute est-il utile à la connaissance et nuisible a l'action ?

1) Pour ce qui est de la connaissance, chercher en quoi le doute est utile pour
qu'il y ait progrès. bien distinguer le doute sceptique et le doute
méthodique: en quoi le doute sceptique serait-il nuisible à la connaissance?

2) En quoi le doute gène-t-il l'action?

Cependant si je cherche une action juste, conforme au bien, le doute n'est-il pas précieux avant d'agir? Analyser la responsabilité, la nécessité de calculer, de suspendre provisoirement l'action... Le doute provisoire n'est-il pas en ce sens utile à l'action?

===Vous pouvez utiliser les 2 aides suivantes: 

I. L'aspect positif du doute et son aspect négatif?

===Dans la mesure où le doute est la mise en question d'un jugement, c'est un
acte qui évoque la possibilité d'une erreur et en même temps affirme
l'existence de la vérité. Voyez dans  aide aux dissertations http://www.philagora.net/dissert.phpl'aide N°93 dans le II. ce qui concerne Descartes: je doute donc Dieu est. Peut-on penser Dieu?

Vous pouvez utiliser pour la recherche des idées:

== Y a t il un bon usage du doute?

Quelle peut être l'utilité du doute: l'humilité ou l'affirmation d'une perfection comme idéal vers lequel on s'oriente. 

Distinguer le doute méthodique (pour arriver à une certitude) et le doute sceptique.

Distinguer la crédulité et la croyance d'un jugement après l'épreuve du
doute. Voir le cours sur le jugement

Vous pouvez utiliser Platon, le soleil la ligne la caverne en distinguant la croyance crédulité (b de la ligne)et la croyance au postulat de la raison (c de la ligne)

II. Douter est-ce renoncer à la vérité?

1) Douter n'est-ce pas commencer par distinguer l'opinion de la science:
considérer comme hypothèse ce qui est hypothèse et donc renoncer à
considérer comme certitude ce qui n'est que supposition: utiliser 
l'aide N°18 La certitude est-elle un signe de pensée morte?

En ce sens, ne renoncerait-on pas à considérer comme vrai ce sur quoi porte le doute.

2) Douter serait alors un désir un manque éprouvé ouvrir le champ d'une
recherche de la vérité et en ce sens, en doutant on aurait pas renoncé à la
vérité mais on aurait commencé à la chercher...

Vous pouvez utiliser Platon , le soleil la ligne la caverne en insistant sur l'éducation comme conversion.

=> Douter de tout?
=> Le doute permet-il de savoir?
J. Llapasset
http://www.philagora.net/corrige2/doute-utile.php

--------------------------------------------------------------------------

Cid de plus il doute aussi de son utile été  sunny on passera pas l'hiver
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 18:17

[size=18][size=16]PHILOSOPHIE - SE CONNAITRE par J. Llapasset[/size][/size]

Mais enfin, que peut-on savoir de soi?
     Site Philagora, tous droits réservés ©
_____________________________________________
 
  
«que peut-on »
marque à la fois une possibilité, une capacité et un droit. Ce que je peux, c’est ce dont je suis capable, dans les limites qui sont les miennes, mais c’est aussi ce dont j’ai l’autorisation (j’ai le droit de faire eci ou cela).
«savoir »
ce que je sais, c’est ce que j’ai appris, ce qui correspond à une instruction que je peux avoir reçu. Je sais où se trouve la capitale de la Colombie, je sais qui était Napoléon, comment résoudre une équation du second degré. Le savoir a une nature objective. Ce que j’ignore, sur ce même plan, c’est ce sur quoi je n’ai pas reçu une information suffisante, que je serais bien en peine d’expliquer, ce qui me contraint à faire un aveu d’ignorance. Le mot connaissance a un sens similaire, avec cependant une nuance : la connaissance est plus intimement lie avec soi. Le savoir peut nous rester extérieur, il peut-être sans incidence sur la vie : pour paraphraser Montaigne, une tête bien pleine, n’est pas nécessairement une tête bien faite. Ce qui importe, c’est que la connaissance descende dans la vie et la transforme, ce qui est connu est relié à soi, incorporé à soi.
«de soi »
le savoir de soi-même est connaissance de soi. La connaissance de soi est la compréhension de la signification du « je suis », la réponse à la question : « qui suis-je ? » L’objet de la connaissance de soi est le sujet lui-même, en tant qu’il est capable de s’appréhender dans ce qu’il a de propre et le différencie de ce qui n’est pas lui. Le Soi est le sujet pur, siège de l’identité. Le moi est le sujet psychologique siège des appartenances, le sujet qui rapporte tout à lui-même, l’ego de l’égocentrisme. La connaissance de soi diffère de la connaissance d’autrui, dans la mesure où le soi étant immédiatement présent, il peut-être connu de manière directe, tandis que dans la connaissance d’autrui, la connaissance directe est d’emblée un problème, s’il y a séparation des consciences .La connaissance de soi diffère aussi nécessairement de la connaissance des choses, puisqu’elle ne porte pas sur l’ordre de l’objet ou de la matière, mais sur l’ordre du sujet ou de l’esprit. Il s’ensuit que le concept d’objectivité valide dans l’ordre des choses n’y est pas applicable.
La connaissance de soi peut-être interprétée sur des plans très différents qu’il ne faut pas mélanger: 1) elle peut-être ramenée à la connaissance pratique de se soi, par exemple l’idée d’une évaluation de soi, de mes limites dans le sport, ou dans les capacités scolaires. Les tests d’évaluations en tout genre n’ont pour fonction que de mesurer une performance. Le test de QI mesure seulement une capacité de résolution de problèmes intellectuels, seulement l’intelligence abstraite (il ne dit rien de l’intelligence relationnelle, ni de l’ingéniosité pratique). Cette définition de la connaissance de soi reste pauvre. Connaître ce que l’on est c’est autre chose que de connaître ce dont on est capable. 2) elle peut-être ramenée à une connaissance empirique de soi-même : c’est par exemple la tentative pour cerne le caractère de quelqu’un par une classification dans un genre (sentimental, émotif etc.) ou le tempérament à partir de la constitution physique de la personne. 3) C’est aussi l’étude de la personnalité avec ses traits dominants liés à l’histoire personnelle de chacun. Chacun d’entre nous s’imagine d’abord être un « moi », une entité cachée au regard, abritée derrière les pensées, un moi avec ses préférences, ses goûts et ses dégoûts, ses tendances et ses peurs, ses refus et ses haines, un moi qui traîne derrière lui une longue histoire qui pèse sur le moment présent. 4) aussi est-on amené à identifier connaissance de soi et forme d’introspection, d’auto-analyse. Le journal intime, l’écriture autobiographique serait alors description de soi, élucidation du moi à travers le jugement porté sur soi. 5) d’où aussi une interprétation morale de la connaissance de soi dans l’examen de conscience réitéré. Se connaître reviendrait alors à se juger par rapport à un idéal. C’est de cette façon que le stoïcisme voit la connaissance de soi. Se connaître c’est discerner le personnage que l’on se donne, la vanité de notre existence pour mieux la transformer. La religion récupère aussi cette idée de connaissance de soi .6) La connaissance de soi peut aussi, en suivant une approche plus philosophique, être identifiée à la connaissance de la nature de l’esprit. Se connaître, c’est savoir ce qu’est l’esprit et comme l’esprit est présent à travers l’activité de la pensée, je puis me connaître en examinant ma pensée. En sondant la pensée Descartes découvre qu’elle enveloppe une certitude d’être la conscience de soi immanente au je suis. Le Soi appréhendé ainsi est appelé sujet transcendantal, le je, et il est distingué du moi empirique (celui qui fait l’objet de l’introspection, le moi condamnable pour ses travers, le moi qui veut tout posséder, le moi de l’avidité et du désir). C’est ainsi que Kant distingue l’appréhension empirique de soi (comme caractère tempérament etc.) dirigée vers l’ego et la conscience transcendantale de soi-même comme sujet auquel toute expérience vient se rapporter. Si on appelle connaissance de soi la connaissance du moi, elle diffère dont forcément de la conscience de soi. (PUECH)
http://www.philagora.net/se-connaitre/page10.php
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 18:18





Elle m'envoie des cartes postales de son asile,

M'annonçant la nouvelle de son dernier combat.

Elle me dit que la nuit l'a rendue trop fragile

Et qu'elle veut plus ramer pour d'autres Guernica

Et moi je lis ses lettres le soir dans la tempête,

En buvant des cafés dans les stations-service

Et je calcule en moi le poids de sa défaite

Et je mesure le temps qui nous apoplexie

Et je me dis "stop !"

Mais je remonte mon col, j'appuie sur le starter

Et je vais voir ailleurs, encore plus loin ailleurs...




Et je croise des vieillards qui font la sentinelle

Et me demandent si j'ai pas des cachous pour la nuit.

Je balance mes buvards et tire sur la ficelle

Pour appeler le dément qui inventa l'ennui

Et je promène son masque au fond de mes sacoches

Avec le négatif de nos photos futures.

Je mendie l'oxygène aux sorties des cinoches

Et je vends des compresseurs à mes ladies-bromure

Et je me dis "stop !"

Mais je remonte mon col, j'appuie sur le starter

Et je vais voir ailleurs, encore plus loin ailleurs...




Il est bientôt minuit mais je fais beaucoup plus jeune.

Je piaffe et m'impatiente au fond des starting-blocks.

Je m'arrête pour mater mes corbeaux qui déjeunent

Et mes fleurs qui se tordent sous les électrochocs

Et j'imagine le rire de toutes nos cellules mortes

Quand on se tape la bascule en gommant nos années.

J'ai gardé mon turbo pour défoncer les portes

Mais parfois il me reste que les violons pour pleurer

Et je me dis "stop !"

Mais je remonte mon col, j'appuie sur le starter

Et je vais voir ailleurs, encore plus loin ailleurs...
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 18:19

L'invisible
     Site Philagora, tous droits réservés ©
_____________________________________________
 
  
L'invisible c'est:
1) "Ce qui n'est pas actuellement visible, mais pourrait l'être (aspects cachés de la chose....).....L'invisible a été défini comme dimensionnalité de l'être...
"Le sens est invisible, mais l'invisible n'est pas le contradictoire du visible: le visible a lui-même une membrure d'invisible, et l'invisible est la contrepartie secrète du visible, il ne paraît qu'en lui....on ne peut le voir dans le monde...mais il est dans la ligne du visible...il s'inscrit en lui (en filigrane)
Par exemple : l'Être est cet étrange empiètement qui fait que mon visible... ouvre pourtant sur lui(= sur le visible d'autrui)...." MP Le V et L'i, gallimard page 269
On vous demande seulement de montrer que le sens de la citation a été compris et son intérêt pour la recherche de la vérité
1) Expliquer c'est déplier, faire apparaître le sens, à partir de l'analyse des expressions et des concepts utilisés par l'auteur. Le sens c'est la signification mais aussi l'orientation (ce qui ouvre à la deuxième partie de devoir, par exemple la perception.. .l'existence, la relation de l'homme à la nature dans son caractère d'inachèvement.....)
-Le sens (voir plus haut) propre= qui appartient au visible, une de ses caractéristiques essentielles)
- avoir est donc pris au sens fort -doublure , ce qui le double au sens fort, comme la doublure qui adhèrerait et suivrait la peau du vêtement de manière indéfectible. -Strict: pour éviter qu'on croit que Merleau fait une belle métaphore (par exemple comme lorsque l'on dit: l'invisible est la profondeur du visible )
- il, il s'agit du visible bien entendu...-rend présent un peu comme le recto d'une feuille : est présent ce qui est là
- soulignez le paradoxe: le contraire de la présence c'est l'absence, or ici, d'une certaine manière un contraire éclaire l'autre! Le visible rend présent une absence (ce qu'on ne voit pas! )
- Merleau est un maître du style et du mot juste: Distinguer une absence certaine et une certaine absence: dans une certaine il y a le tremblement de l'inachevé cher à l'auteur.
2) Deuxième partie: intérêts et conséquence (=> enjeu)
Il faut donc apprendre à voir le monde autrement que selon la distinction sujet objet. Il faut le ressaisir au moment de la conscience où il prend sens: à sa naissance pour ainsi dire dans l'ambiguïté de son surgissement "natal". Nous placer au moment du surgissement : conduire à l'expression "les choses mêmes,du fond de leur silence" (Le Visible et l'invisible, page 19, Gallimard 1964)
Pour l'introduction: Partir du paradoxe


Dernière édition par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 18:36, édité 1 fois
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par Doom666 le Mar 20 Déc 2016 - 18:21

Excellent choix musical. Very Happy
Ma préférée depuis toujours:
avatar
Doom666
Rayures apprivoisées
Rayures apprivoisées

Messages : 948
Date d'inscription : 23/04/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par Doom666 le Mar 20 Déc 2016 - 18:22

D'ailleurs avec le même poète maudit, tu aurais pu aller en..."Exil sur planète fantôme"... Wink


Dernière édition par Doom666 le Mar 20 Déc 2016 - 18:28, édité 1 fois
avatar
Doom666
Rayures apprivoisées
Rayures apprivoisées

Messages : 948
Date d'inscription : 23/04/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par Doom666 le Mar 20 Déc 2016 - 18:27

Je rebondis tel le Houba houba sur tes mots et livre ainsi l'une des choses cachées dans mon propre ermitage (où il est question de maladie religieuse... Dent pétée )
Bref:
Inscrite sur le fronton du temple d'Apollon à Delphes et attribuée à Socrate:
Connais-toi toi-même.
Papy Papy Papy
avatar
Doom666
Rayures apprivoisées
Rayures apprivoisées

Messages : 948
Date d'inscription : 23/04/2015

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:15

Mutisme sélectif





 
Cet article est une ébauche concernant la médecine et la psychologie.
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
Mutisme sélectif



[ltr]Le mutisme sélectif est un trouble anxieux dans lequel un individu, le plus souvent un enfant qui est normalement capable de parler, est incapable de parler lors de situations particulières. Le mutisme sélectif coexiste habituellement avec la timidité ou l'anxiété sociale1 (souvent sévère).[/ltr]

Sommaire









Description[modifier | modifier le code]



Les enfants et adultes souffrant de mutisme sélectif sont pleinement capables de parler mais ne sont pas capables de parler lors de situations particulières, lors de situations dans lesquelles la parole leur est demandée2. Le comportement peut être perçu par les autres comme de la timidité ou de l'impolitesse. Un enfant souffrant du mutisme sélectif peut être totalement silencieux à l'école pendant des années tout en parlant librement ou même excessivement chez lui. Il existe divers degrés de ce trouble : certains enfants participent pleinement à des activités et semblent sociables mais ne parlent pas, d'autres ne vont parler qu'à des enfants du même âge mais pas aux adultes, d'autres vont parler à des adultes lorsqu'il leur est posé une question ne demandant qu'une réponse courte mais jamais à des enfants du même âge, et d'autres encore ne parleront à personne et prendront part, le cas échéant, au peu des activités qui leur sont proposées. Dans une forme grave, connue en tant que « mutisme progressif », le trouble progresse jusqu'à ce que la personne atteinte ne parle plus à personne quelle que soit la situation, même à des membres proches de la famille.
Par définition, le mutisme sélectif est caractérisé par :

  • une impossibilité constante (ou une très grande difficulté) de prendre la parole dans des situations sociales particulières (dans lesquelles il y a une attente de parole, comme à l'école) bien que la personne souffrante parle dans d'autres situations ;
  • le trouble interfère avec la réussite scolaire ou professionnelle, ou avec la communication sociale ;
  • la durée du trouble est d'au moins 1 mois (ce n'est pas restreint au premier mois d'école) ;
  • l'impossibilité de parler n'est pas due à un manque de connaissance dans la langue ou de confort avec la langue parlée dans la situation sociale ;
  • le trouble n’est pas mieux expliqué par un trouble de la communication (bégaiement, etc.) et ne se déclare pas uniquement dans le cadre d’un trouble envahissant du développement (autisme, etc.), de la schizophrénie ou d’une autre psychose.



Surtout chez les jeunes enfants, le mutisme sélectif est parfois confondu avec un trouble du spectre autistique (comprend notamment l'autisme), en particulier si l'enfant agit de manière renfermée en présence du diagnosticien, ce qui peut conduire à un mauvais traitement. Même si les gens autistes peuvent aussi souffrir de mutisme sélectif, ils présentent d'autres comportements (battement de la main, comportement répétitif, isolation sociale même parmi les membres de la famille comme ne pas répondre à son nom) qui les différencient des enfants atteints du mutisme sélectif.
Le mutisme sélectif peut coexister avec, ou peut donner l'impression que l'enfant a un trouble du déficit de l'attention.

Autres symptômes[modifier | modifier le code]




  • Timidité, anxiété sociale, peur de l'embarras social, et/ou de l'isolation sociale et du rejet ;
  • difficulté à maintenir le contact visuel ;
  • expression vide et une réticence au sourire ;
  • mouvements raides et maladroits ;
  • difficulté à exprimer ses sentiments, même à des membres de la famille ;
  • tendance à se faire plus de soucis que la plupart des gens du même âge ;
  • désir de routine et aversion pour le changement ;
  • sensibilité au bruit et à la foule ;
  • humeur changeante ;
  • problèmes de sommeil.



D'un côté positif, beaucoup de souffrants ont3,4[réf. insuffisante] :

  • une intelligence, une perception ou une curiosité au-dessus de la moyenne ;
  • de la créativité et un amour pour l'art ou la musique ;
  • de l'empathie et de la sensibilité pour les pensées et les sentiments des autres ;
  • un fort discernement moral.



Références[modifier | modifier le code]







Liens externes[modifier | modifier le code]




avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:15





Mutisme dans le couple : quand le silence fait mal
Croire que le mutisme est simplement une non-communication est une erreur grave. C’est au contraire une communication et elle peut être particulièrement violente au sein d’un couple.  
© Istock



 
1 / 3
 

Sommaire

























Un désir de non-relation




Les mots se multiplient mais ils tombent dans l’oreille d’un sourd. Il n’écoute rien, ou plutôt que lui-même et donc n’entend pas l’autre. Il s’est positionné secrètement en dehors de la relation, désengagé en fait. Il y a juste derrière le mutisme, dans son sillage, le désir de non-relation. D’ailleurs, poussé dans ses retranchements à dire enfin quelque chose, harcelé, en hurlant, il peut révéler le peu de cas qu’il fait des doléances de l’autre. Un cri strident perfore l’espoir d’une avancée ensemble et percute de plein fouet la confiance donnée à l’autre d’être là pour soi !


A DÉCOUVRIR







Les violences conjugales et familiales se déclinent sous plusieurs formes, qu’Isabelle Levert, psychologue clinicienne et psychothérapeute, décrypte dans Les violences sournoises dans la famille – De la transmission d’une malédiction à la réparation de soi (Robert Laffont).


Cette boucle interactionnelle se répète quasiment à l’identique jusqu’à ce que la relation se déséquilibre dangereusement, provoquant une crise plus importante (en intensité et en durée) que les autres. Face au mutisme, l’autre finit par douter de la réciprocité des sentiments d’amour. En effet, est-il possible d’aimer et de le laisser dans la souffrance sans réagir, sans intervenir, sans réaffirmer l’importance qu’il a dans sa vie ? De déception en déception, les attentes se chargent de scepticisme, le doute se transforme en conviction de n’être rien pour lui.




Une violence sans coups




Le mutisme est une violence sans coups mais qui brise au-dedans, sans même ouvrir la bouche, mais qui à force de nier l’attachement fauche les jambes et coupe tout élan dans un vacarme intérieur assourdissant. Il laisse toute la place aux fantasmes, de l’un et de l’autre. Et pour l’autre, fantasmes pas si fantasques que cela puisqu’ils germent à partir de faits significatifs d’insignifiance. Le mutique peut même partir pendant qu’on lui parle, sans dire ni où il va ni quand il revient. Ultime provocation que de planter l’autre avec son discours qui se mue immédiatement en boule au travers de la gorge. Estomaqué, sonné, il est submergé d’émotions et de pensées, contradictoires, confuses, douloureuses, qui se heurtent les unes contre les autres dans la tête.


À chaque nouvelle scène, elles s’estompent plus lentement, plus difficilement. Il faut dire que le mutique ne dit rien qui permettrait de les remplacer par de plus heureuses.




Une diabolisation de l’autre




Dans l’espace immense du non-dit, arrachés au mutique qui les lâche comme une grenade, les mots de désamour, les seuls dégoupillés, résonnent sans autre écho qu’eux-mêmes. L’autre ne peut pas les oublier, ces mots réitérés déjà plusieurs fois en dépit de leur brûlure, soit parce qu’ils sont la vérité finale du mutique, soit parce qu’il se sert de leur atrocité comme d’un bâillon. Seul lui importe leur pouvoir de réduire l’autre au silence. Ces mots le tétanisent. Petit à petit, ils insèrent la peur au centre du cœur. Et quand il cherche à être rassuré, il n’obtient au mieux qu’un maigre « je ne sais pas » qui accentue encore le fait que rien ne fait sens, que le mutique est par avance convaincu d’avoir raison de se taire. Un filtre tronque toutes les perceptions ; il a pour nom : diabolisation.
L’autre entend ce que le taiseux ne dit pas, il ressent ses pensées, souvent. C’est assez facile. Les yeux se détournent, les réponses sont laconiques… L’inconscient reçoit les messages du corps. Lassitude pour l’un, impuissance pour l’autre, encamisolé dans les hantises, mis dans le même sac que ses congénères. Les phrases qui commencent par « vous, les gonzesses (les mecs, les ados, etc)… » sont révélatrices de stéréotypes, de réduction de la personne à une classe, de décontextualisations et de généralisations hâtives. Quand elle résiste contre cette perte d’unicité, ses réactions sont à nouveau isolées de ce qui les précède et jugées incongrues.
L’un se déresponsabilise de l’évolution désastreuse de l’interaction et l’autre retrace encore et encore l’historique pour recadrer les choses. Vainement. Le mutique en profite pour requalifier son attitude en trêve, arrêt des hostilités qu’il décide unilatéralement. Il se plaint des longues litanies de l’autre, mais ne lui donne jamais le sentiment d’être compris.
Un dialogue impossible
Pourtant, dans un couple, les désaccords sont inévitables. On doit pouvoir en parler, échanger les points de vue, réfléchir aux arguments ou aux objections, établir des compromis. Rien de tel avec un mutique barricadé dans sa subjectivité. Ce ne sont que des concessions qui l’incitent à se cloîtrer de plus en plus. L’autre ressent cela comme une insuffisance d’amour, sans quoi il lui concéderait du temps, de l’investissement et de l’importance.

A DÉCOUVRIR


Le respect dans le couple
Nous avons tous ou presque nos petits moments peu glorieux vis-à-vis de notre partenaire. Parfois, cela va plus loin, et le manque de respect claque comme un coup de fouet. De la banale distraction au mépris humiliant, ces marques laissent toujours des traces. Pourquoi les subit-on ? Comment leur faire barrage ?
Il arrive aussi qu’il remette la relation en question, creusant ainsi l’insécurité affective, ou alors qu’il fournisse des efforts inutiles sans répondre aux besoins. À la suite, une baisse de moral, un oubli… tout prend la couleur du manque d’attrait. L’autre navigue entre le chagrin, l’angoisse, la révolte et les revendications tandis que le mutique se réfugie dans la sinistre pensée que la vie de famille ne lui convient pas.

« Est-ce mieux seul ou à deux ? »


Le conjoint parvient péniblement à la conclusion qu’une question existentielle n’a pas été réglée par son partenaire : « Est-ce mieux seul ou à deux ? » et qu’elle ne peut pas l’être en deux coups de cuillère à pot mais il n’a pas le courage de s’éloigner pour qu’il ait à se positionner. À intervalles réguliers, elle revient sur le tapis, lancinante. Elle taraude l’un et mine l’autre. Obsédante, elle occupe toute la place et fait obstacle à l’intimité et au dialogue. Elle ruine l’harmonie tant qu’elle n’a pas de réponse arrêtée une fois pour toutes.
Il ne peut pas cohabiter avec elle, qui se love entre eux. Rien que de sentir ce danger, là, dans les parages, toutes les plaies se rouvrent. Il sait qu’il ne compte plus quand l’autre danse avec ses doutes. Ils l’ensorcellent et effacent tous les charmes de la vie à deux. Cette question, du simple fait qu’il se la pose de façon récurrente, le convie à des noces avec la solitude. S’il rompt ses vœux, ce sera pour rejouer le même théâtre… un peu plus tard, ailleurs. Chaque fois qu’elle sonne à la porte, il s’empresse de lui ouvrir. De n’avoir pas reçu de réponse définitive, elle revient sans qu’il découvre les véritables raisons de sa venue incessante : son infidélité à l’amour dans lequel il ne s’engage pas.
Au centre : la question de l’engagement
Les reproches non formulés à voix haute sont une toxine dont on ne peut pas se défendre. Sans doute le mutique n’a-t-il pas conscience qu’ils tuent et que de ne pas les mettre au débat, ils le rongent. Souvent, la relation est mise au rebut et avec elle, le conjoint.
La problématique du mutisme soulève la question de l’engagement. Quiconque pour s’épanouir dans une relation a besoin que l’autre l’inscrive lui aussi dans la continuité, qu’il s’ouvre, donne accès à son intimité psychique et pas seulement physique. De cheminer ensemble, désireux d’avancer main dans la main – d’un désir sans défaillance –, l’un et l’autre peuvent aller, parce que confiants, au-delà d’eux-mêmes et dans des contrées inconnues.
Le mutisme traduit l’ambiguïté d’un ni avec ni sans. Je suis là sans être là pour toi. Je ne suis vraiment ni avec toi ni sans toi.
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:16

« De la timidité au mutisme sélectif… » Eric Uyttebrouck 
1. Comprendre le mutisme sélectif Qu’est- ce que le mutisme sélectif ? Selon le DSM IV révisé, le mutisme sélectif se définit par les critères diagnostiques suivants : A. Incapacité régulière à parler dans certaines situations alors que l’enfant parle normalement dans d’autres situations. B. Le trouble interfère avec la vie scolaire ou sociale C. Le trouble dure depuis au moins 1 mois (pas seulement le 1er mois à l’école) D. L’incapacité à parler n’est pas liée à un défaut de connaissance ou de maniement de la langue E. L’incapacité à parler n’est pas expliquée par un trouble de la communication comme le bégaiement ou d’autres troubles mentaux tels que l’autisme. La plupart des spécialistes le rangent parmi les troubles anxieux. Certains y voient une forme particulière de phobie sociale. En pratique : Un enfant mutique ne parle que dans les situations où il se sent suffisamment en confiance ; dans les autres situations sociales, il se tait. Cela ne dépend pas du nombre de personnes présentes, de qui elles sont, du lieu, des circonstances, mais de tout cela à la fois. Le mutisme sélectif est un type particulier de phobie. Il est involontaire, irrationnel, puissant et difficile à vaincre. La personne veut parler mais n’y arrive pas. Quand la personne parle-t-elle et quand ne parle-t-elle pas ? Plusieurs variables entrent en compte. Tout d’abord, la familiarité avec la personne présente. Il est plus facile de parler avec une personne familière qu’avec une personne inconnue. Par contre, il est également souvent plus facile de parler avec une personne inconnue qu’avec une personne moyennement familière et qui connaît donc l’enfant dans son mutisme. Autre variable, le nombre de personnes présentes et le fait de pouvoir être entendu par ces autres personnes ce qui dépend du lieu et du bruit de fond. Le lieu et la pression ressentie par l’enfant (risque de dire une bêtise, attente d’une réponse rapide, crainte de la réaction d’autrui, fait d’être observé) jouent aussi un rôle Enfin, la nature de la production verbale entre également en compte. S’agit-il de donner une simple réponse ou de prendre l’initiative de parler ? Quel est le niveau d’articulation, d’effort physique et de volume requis ? Enfin cela peut varier en fonction de la complexité linguistique ou de la longueur de la phrase. Quels sont les causes du mutisme sélectif ? Les causes sont complexes. C’est une combinaison probable de facteurs génétiques et environnementaux. Les parents des enfants mutiques ont souvent une histoire de timidité, d’anxiété, de phobie sociale ou de mutisme sélectif. Par contre, l’origine traumatique et le dysfonctionnement familial sont aujourd’hui des explications écartées. Naissance du problème L’enfant se retrouve face à une situation sociale qui provoque de l’anxiété chez lui. Il se réfugie dans le silence. Son anxiété diminue. La prochaine fois, l’enfant est plus susceptible de se taire. Prévalence Le mutisme sélectif touche environ 7 enfants sur 1000 mais on estime qu’il est largement sous-diagnostiqué. La prévalence est légèrement plus élevée chez les filles que chez les garçons mais nettement plus élevée chez les enfants immigrants ou bilingues. Déclenchement Habituellement, le mutisme sélectif se déclenche vers 5 ans. Il est souvent insidieux parce que l’enfant est vu comme particulièrement timide. Généralement, la première consultation à lieu plusieurs années plus tard. Un an est souvent perdu entre la première consultation et le moment où le diagnostic est posé. Evolution Une évolution positive est fréquente mais certains enfants restent mutiques en secondaire et un certain nombre d’adultes demeurent atteints et vivent dans une souffrance importante. Les adultes ayant souffert de mutisme sélectif pendant l’enfance, sont plus sujets aux phobies. Plus le problème est traité tôt, meilleurs sont les pronostics. Une prise en charge précoce est donc recommandée. Problèmes fréquents  Pour les parents Il est difficile de réaliser et d’accepter le problème. Ils ont tendance à penser qu’il s’agit de timidité et que « cela va passer ». Ils rencontrent également des difficultés à trouver une aide adéquate des professionnels. Ils doivent souvent faire face à l’incompréhension de l’entourage et à un manque de soutien voir à l’hostilité d’acteurs-clés dans la vie de l’enfant.  Pour les enseignants Ils ignorent ce qu’est ce trouble. Ils éprouvent un malaise et se demandent ce qu’ils font mal. Ils ressentent du découragement lorsqu’ils essaient d’aider l’enfant face à l’évolution très lente et cela pose problème pour certaines activités comme la lecture. Stimulus (situation sociale) Anxiété Fuite (silence) Baisse de l’anxiété Renforcement négatif 2. Agir pour aider l’enfant A. Diagnostic et évaluation Il existe un questionnaire d’évaluation du mutisme sélectif. On peut en trouver la traduction française sur le site Internet de l’association « Ouvrir la voix ». http://www.ouvrirlavoix.org Ce n’est peut-être pas du mutisme sélectif si l’enfant… o Ne parle dans aucune situation o N’a jamais développé un langage structuré en famille o Présente des caractéristiques anormales de la parole et du langage comme des modes d’intonation singuliers, même quand il est détendu o Parle peu à la maison comme à l’école o Parle moins à la maison qu’à l’école o Montre des habitudes de prise de parole inconsistantes, comme par exemple le fait de parler avec l’enseignant certains jours mais pas d’autres. o S’est arrêter subitement de parler (mutisme traumatique ?) o A des difficultés d’apprentissage profondes o A une adhérence compulsive aux détails mineurs des habitudes du quotidien à la maison et à l’école. Erreurs fréquentes de diagnostic Le mutisme sélectif est parfois confondu avec des troubles autistiques, de l’opposition, de l’anxiété de séparation, une phobie scolaire, un traumatisme, un secret de famille, … Troubles associés Une majorité d’enfants souffrant de mutisme sélectif souffrent aussi de phobie sociale et de timidité. Environ un tiers d’enfants mutiques vont également souffrir de phobie simple et/ou de troubles du sommeil. Les problèmes de langage ne favorisent pas l’apparition du mutisme sélectif mais un enfant mutique qui souffre aussi de problèmes de langage va être renforcé dans son mutisme. Les enfants mutiques ne se distinguent pas des autres en ce qui concerne leur capacité à communiquer (non verbal), leur intelligence et leurs résultats scolaires. Les enfants mutiques sont souvent moins affectés par des problèmes d’opposition ou d’attention. Ils font généralement preuve d’une grande motivation à comprendre parce qu’il est très difficile pour eux de poser des questions et de demander une nouvelle explication. Conseils pratiques Il est utile dans un premier temps de rencontrer les parents seuls. Idéalement, on peut ensuite introduire l’enfant par « sliding in» (technique afin d’introduire une nouvelle personne en douceur dans une communication qui fonctionne déjà). Il est plus que déconseillé de « forcer » l’enfant à parler. Il est également préférable d’être à côté de lui plutôt qu’en face et ce afin d’éviter trop de contact visuel. Il est conseillé de privilégier le jeu ou l’activité physique et les tests non verbaux. B. Créer le bon environnement A la maison : Il est important pour les parents de ne pas mettre trop de pression à l’enfant pour qu’il parle mais de garder malgré tout des attentes par rapport à la parole afin de ne pas laisser l’enfant dans sa zone de confort. Il est tentant pour les parents de répondre à la place de l’enfant lorsque celui-ci se tait. Ils peuvent appliquer la règle des 5 secondes. Ils lui laissent ainsi l’occasion de répondre sans pour autant que le silence ne s’éternise et que l’anxiété de l’enfant ne grandisse. L’isolement familial peut se révéler être un frein par rapport à l’évolution de l’enfant. Il est important pour lui qu’il ait des modèles de communication. Les parents doivent également faire attention à ne pas communiquer leur anxiété vis-à- vis du problème à l’enfant. Parler à l’enfant de son mutisme est essentiel. Il ne faut pas lui dire qu’il est timide, le mutisme sélectif n’est pas un trait de sa personnalité. Il a des difficultés mais qui peuvent s’arranger. Voici quelques messages clés : - « Nous comprenons ton angoisse » - « Plein de gens ont peur de plein de choses » - « Nous allons t’aider » - « La progression se fera à ton rythme, personne ne t’obligera à parler » Il est essentiel d’expliquer à la famille, aux amis, à l’entourage et à l’école (enseignants, direction) que le mutisme sélectif est une phobie et non un caprice, de la manipulation, de l’opposition, … A l’école : Les difficultés à l’école viennent notamment du fait que l’enfant se retrouve dans un groupe où ils sont nombreux et s’il y a une seule personne à laquelle l’enfant ne parle pas dans le groupe, il se taira. Les enfants mutiques sont souvent confrontés aux moqueries et bien sûr ils n’iront pas se plaindre. Ils peuvent également être victimes d’un isolement social. Les autres enfants se détachent d’eux ce qui ne facilite évidemment pas leur sortie du mutisme. L’école est en général le point central du blocage donc toute intervention réussie doit passer par l’école d’où l’importance de l’impliquer afin de prévoir une action dans la durée et de s’entendre sur celle-ci. Il est important d’encourager toute forme de communication même non verbale. Permettre à l’enfant de disposer de cartes qu’il pourra montrer afin d’exprimer ses besoins (se plaindre d’une douleur, aller aux toilettes, se plaindre de quelqu’un qui l’embête, …). Pour l’oral, notamment dans le cadre d’exercices de lecture, les parents peuvent enregistrer l’enfant à la maison, si celui-ci accepte. L’enseignant peut parler de la difficulté aux autres enfants. C. Intervention Il faut briser le cercle vicieux : Stimulus (situation sociale) Anxiété (modérée) Prise de risque Joie, fierté Renforcement positif Il ne faut surtout pas forcer l’enfant à parler ce qui provoquerait un renforcement négatif et l’enfant serait encore plus anxieux la prochaine fois. Pour amener l’enfant à une anxiété modérée, on utilise le principe de la falaise/l’escalier. La falaise suggère qu’on demande à l’enfant de passer du silence à la parole comme on gravit une falaise, c'est-à-dire en une seule fois. Tandis que l’escalier signifie qu’on découpe la difficulté en étape, telles des marches, d’autant plus petites que l’enfant est anxieux. L’enfant monte l’escalier une marche à la fois. A chaque fois, qu’il aura réussi une étape, il éprouvera de la joie et de la fierté qui vont la fois suivante diminuer son anxiété et favoriser sa prise de risque. Différentes techniques sont possibles : Le tableau des progrès : Celui-ci reprend diverses personnes de l’entourage de l’enfant (papa, maman, famille, baby-sitter, instituteur, camarade de classe, marchand de glace, …) et différents lieux (maison, supermarché, restaurant, grille de l’école, cour de l’école, classe, …). Ceux-ci sont croisés. Par exemple : l’enfant est avec sa maman devant la grille de l’école. Des objectifs sont fixés avec l’enfant et les étapes sont franchies une à une pour chaque situation. Celles-ci sont découpées comme suit pour chaque lieu et personne différente : absence de coopération de l’enfant, coopération, communication non sonore (hochement de tête, geste), communication non verbale sonore (par exemple : taper une fois sur la table pour dire « oui »), communication sonore verbale (par exemple : le son « i »), un mot, une phrase, le parler normal. A chaque étape franchie, une croix est faite dans le tableau, ce qui rassure l’enfant. Le « Sliding in » « To slide in » signifie « se glisser à l’intérieur ». L’idée de base est de « faire glisser très très progressivement, une personne étrangère dans la conversation entre l’enfant et une personne en laquelle il a confiance ». Par exemple, si l’école coopère, l’enfant est seul dans sa classe avec sa maman. Ils comptent de manière alternée (récitent les jours de la semaine alternativement, …). L’instituteur est à l’autre bout du couloir ou de l’école suivant l’anxiété de l’enfant. Très progressivement, il va se rapprocher jusqu’à entrouvrir la porte, entrer dans la classe sans regarder l’enfant et en faisant semblant d’être occupé à une autre tâche. Finalement, il sera inclus dans le comptage alternatif. Puis la maman se retirera du comptage alternatif. En règle générale, si l’enfant arrive à faire entendre sa voix une fois, la personne est alors dans son cercle de confiance et l’enfant pourra lui parler normalement. Cette personne pourra ensuite aider à introduire d’autres personnes dans le cercle de confiance de l’enfant. Lorsque l’enfant est petit cette technique se fera sans lui expliquer (« sliding in » informel). Par exemple, à la crèche, la maman jouera avec lui jusqu’à ce que la puéricultrice se mêle au jeu. Lorsque l’enfant est un peu plus grand, il faut lui expliquer qu’on va l’aider à communiquer ou à se sentir mieux à l’école (« sliding in » formel). Ces techniques prennent du temps et se réalisent petit à petit. La fréquence des « exercices » est plus importante que la durée. On peut comparer le mutisme sélectif à un mur de briques. En enlevant les briques une par une, le mur finit par s’effondrer et l’enfant réussi à retrouver l’usage de la parole. Il sera plus facile pour lui de parler normalement dans de nouveaux lieux que dans les milieux qui l’ont connu mutique. Il faudra donc continuer le travail dans ces milieux.
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:17

12 Décembre 2013
D'après Rudy Simone, auteur du livre L'Asperger au féminin « Le mutisme sélectif est la conséquence d’une forte anxiété sociale, une manifestation verbale de notre réaction à tout contact social, semblable à celle du cerf pris dans la lumière des phares. Là où les neurotypiques se sentent en sécurité entourés par un grand nombre d’individus, nous (aspergers) nous sentons menacés »
Marie Josée Cordeau explique des ressentis qui font fortement écho en moi.... :
"Je vais vite me sentir surchargée par tous ces stimuli qui m’agressent sans que je puisse les ignorer. Par exemple, lors d’une rencontre sociale : s’il y a trois personnes à ma gauche qui parlent de leur dernier voyage à Punta Cana, je comprends toute leur conversation, puis à ma droite, je capte simultanément la totalité de la conversation d’un autre petit groupe qui discute des premiers pas du petit dernier. Puis aussi tout le reste : le murmure général des autres conversations plus lointaines et plus basses, la musique, un objet qu’on échappe en lançant une exclamation de surprise, des pas qui approchent, des éclats de rire soudains et des voix qui accentuent quelques mots. Dans ce brouhaha général, j’échappe le fil de conversation avec la personne devant moi. Je ne l’entends pas plus fort que les autres bruits et elle s’y dissout. En fait, je dois mettre une énergie titanesque pour continuer de suivre sa conversation. Et cette énergie me rend anxieuse et physiquement épuisée au point d’effondrement.
Immanquablement tous ces bruits, toute cette agitation des gens qui passent devant moi, les enfants qui jouent, je vais me sentir avec un vertige. Je manque d’air, mon ventre se crispe et j’ai une envie criante de hurler et de partir en courant. Je finis même par avoir des tremblements et des claquements de dents. Mais je reste là, je fige, avec mon sourire idiot sur le visage et ce sourire s’estompe de plus en plus, en peu de temps. Mais du dehors, c’est juste une fille peut être gênée, peut-être snob qui ne réagit plus et qui vous ennuie. Moi, j’ai envie de m’effondrer, parce que dans tout ce chahut, je vois pourtant votre incompréhension face à mon absence de réaction. Et j’en souffre énormément. Je suis tout à fait consciente.
Avec le cumulatif de tous ces stimuli, je deviens vite en surcharge. Je me sens m’enfoncer dans un brouillard qui s’épaissit. Le phénomène commence à être documenté en anglais : le « glass wall phenomenon ». À chaque addition de stimuli et de nombre d’individu, je m’enfonce un peu plus. Les bruits sont de moins en moins distincts et je suis k.o. J’ai beau lutter, je ne parviens pas à faire semblant, à converser malgré tout. Il n’y a plus rien, rien qu’un genre de néant intellectuel ponctué de malaises physiques intenses, puis une sensation de détachement, d’un nuage de brume qui s’épaissit."
En ce qui me concerne, je crois que c'est effectivement un trop plein, d'émotions, de sensations, de stimulis, que je n'arrive pas à gérer, qui font que mon "système se bloque". Alors je me "ferme", je ne suis juste plus capable, ni de recevoir, ni d'émettre, des informations. Dans ce cas, j'ai juste besoin de me retrouver dans ma bulle pour sortir petit à petit de cet état mutique et retrouver mes esprits.


avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:17

Comment casser la routine pour nourrir sa créativité











 Par Marie-Madeleine Sève, publié le 19/12/2016 à 07:02







Les habitudes, les rituels figés, les réflexes anesthésient pour la créativité.
 
Getty Images/Ikon Images

Non, la sclérose à votre poste de travail n'est pas une fatalité. A tout âge, le cerveau peut se reconfigurer et produire des neurones. Profitez-en pour briser votre train-train quotidien. Vous gagnerez en agilité et en inventivité.






Les habitudes, les rituels figés, les réflexes, sont de véritables anesthésiants pour la créativité. Il faut leur faire lâcher prise, au bureau et ailleurs, pour pousser le cerveau à générer de nouvelles connexions neuronales. Et pour y parvenir, rien de mieux que d'adopter la culture du décalage et de l'expérimentation. Les conseils de Yann Coirault, auteur des "Les cinq clés pour être créatifs au quotidien" (Dunod, 2016), pour s'ouvrir aux suggestions, aux possibles, et bousculer ses idées reçues. 

1. Attribuez aux objets d'autres fonctions






Il s'agit là de titiller le circuit neuronal de l'imagination, celui qui permet de se souvenir ou de prévoir ce qui n'est ni accessible, ni visible, ni disponible, et d'échafauder des hypothèses. Choisissez un objet usuel, un stylo, une chaise, un parapluie et prenez 5 à 10 minutes pour inventer le maximum possible d'utilisations de cet objet. Dans quel univers peut-il avoir un intérêt ? Dans quelles situations ? Avec quels types d'acteurs ? Selon le contexte, le parapluie peut devenir une arme, un récipient, une béquille, une décoration, etc. 











LIRE AUSSI >> Sept citations pour doper ses neurones  
Le plus. En sortant des représentations ordinaires, vous serez plus flexible. Et cela vous aidera à évacuer les a priori sur les capacités de vos collaborateurs, le périmètre d'un dossier, les contours d'une mission. 

2. Ecrivez des mots-clés avant toute recherche




Vous allez activer le réseau neuronal de Salience qui agit comme un filtre entre le conscient et l'inconscient. C'est lui qui nous rend attentif au détail que nous n'avions pas remarqué et qui, d'un coup, apparaît comme évident. Par exemple, si vous souhaitez acquérir une voiture rouge, vous verrez des voitures rouges partout. Avant de trouver un livre en bibliothèque, une information sur internet, notez noir sur blanc, les mots-clés qui s'y rapportent. Relisez cette liste, puis entamez la recherche. Votre cerveau qui l'a enregistrée, portera naturellement votre attention sur ce qui vous intéresse.  
Le plus. Vous irez plus vite. Surtout, vous dénicherez une foule d'autres informations inattendues, pourtant dans le coeur de votre sujet, et qui nourriront votre réflexion. 

3. Fixez des horaires 07/45/52 aux réunions, et inversez le format



Les idées jaillissent de pensées ou d'actes décalés qui stimulent la curiosité, réveillent sa vigilance. Dès lors, brisez la ronde des actes répétitifs ; osez remodeler, changer, tester, en vue de dégourdir vos neurones. Exemple : appliquez aux réunions le principe de la classe inversée. Demandez aux participants de creuser les sujets en amont (comme les élèves avant le cours). Optez aussi pour des horaires atypiques. Au lieu du classique 14h-15h, fixez un début à 14h07 et une fin à 14h52 après 45 minutes d'échange. Ensuite, notez tout ce qu'il s'est passé différemment, tout ce que vous avez remarqué, tout ce qui cela provoque en vous. Les gens étaient à l'heure ? Tous là ? Vous étiez plus attentif, plus productif ? Plus agile, plus souple ? 
LIRE AUSSI >> Sept conseils pour abréger une réunion 
Le plus. Vous gagnerez en efficacité, et en inventivité, avec des inter-réactions plus riches, plus fécondes et pertinentes avec la salle (ou l'équipe). 

4. Variez vos "bonjour" dans les couloirs



Le cerveau aime fonctionner en pilote automatique, alors brisez ce ronron ! Cessez les "Bonjour, ça va ?" qui n'attendent pas de réponse. Redonnez son rôle d'amorce à cette formulation. Rendez-la plus dense, plus invitante. "Bonjour, je suis vraiment heureux de te croiser." Faites allusion à un historique commun. "Bonjour Alain, tu as vu la dernière réponse du client à l'appel d'offres ?" ou à une information que vous partagez, "Bonjour Paul, où en es-tu de ton dossier ?" Si vous ne connaissez pas la personne, interpellez-la sur des choses plus larges (trajet, locaux etc.) A vous d'inventer sur ce principe : commencez votre phrase par l'autre et non par vous.  
LIRE AUSSI >> Dire bonjour, un acte managérial? 
Le plus. Vous changerez de regard sur l'autre. Observez attentivement ce que son visage, son allure, sa posture expriment avant qu'il n'ait parlé ou bougé. Vous en serez plus empathique, plus ouvert à l'altérité. 

5. Corsez la difficulté des tâches anodines (ou pas)



Il s'agit de viser l'expérience optimale ou "flow" (l'état mental atteint lorsque nous sommes plongés dans une activité avec une concentration maximale). Domine alors un sentiment de dépassement de soi. On ne voit plus le temps passer, et le plaisir est extrême. Lancez-vous de micro-défis sur des tâches habituelles. Mettez la barre toujours plus haut : moins de temps, moins de moyen, plus de complexité, plus d'enjeu. Ce qui vous obligera à trouver des solutions nouvelles. Exemple : rédigez un rapport de 4 pages, en 1 heure, pour l'équipe, puis de 2 pages en 30 minutes, pour le n+2, une fiche ultra-synthétique pour le big boss, etc.  
Le plus. Vous allez vous décentrer, diverger, en changeant d'angle de vue et d'angles d'attaque. 
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:18

avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:19

L'approche clinique des enfants précoces, ou le malentendu - Arielle Adda (1991)
Philippe Gouillou - 19 juin 2006
Ce texte est reproduit avec l'autorisation d'Arielle ADDA, qui en conserve le copyright et tous les droits.Les sous-titres ont été ajoutés, et ont pour unique but de rendre plus visuelle la transcription d'un discours.




Arielle ADDA - Juin 1991 - World Council for Gifted and Talented Children




Cette formule recouvre un certain nombre d'observations relatives aux enfants précoces, qui ont connu des difficultés particulières pendant leur développement. Je vais décrire ici le mécanisme du cercle vicieux qui provoque des catastrophes en séries, et qui met en évidence la spécificité de ces enfants : il s'agit du malentendu, qui peut parfois présider à toutes leurs relations avec le monde extérieur et surtout avec les personnes chargées de l'éducation, de l'enseignement et même des interventions thérapeutiques.
Pour résumer ce qui va suivre, on peut dire qu'existent, d'un côté des enfants qui ne peuvent s'expliquer, ni expliquer leur vécu personnel et de l'autre, des adultes supposés les comprendre, grâce à leur savoir, leur expérience, leur métier, mais qui s'égarent dans de fausses voies, face à ces enfants déroutants.
Une brève analyse des réactions de ces adultes et de leur tendance à voir, en ces enfants, un danger déstabilisateur, illustrera cette étude.


Des enfants inintégrés




Ainsi, on voit arriver en consultation des enfants décrits comme "difficiles, ayant rencontré très tôt des problèmes d'intégration scolaire", conduits par des parents sourdement inquiets et surtout exaspérés, ne sachant s'ils doivent s'en prendre aux "institutions" en général, parce qu'elles n'ont pas su comprendre leur enfant, ou bien à l'enfant lui-même, qui n'est pas comme les autres, sans que cette différence puisse être clairement explicitée.
Parfois, ces enfants, déjà renvoyés de plusieurs écoles, sont pris à contrecoeur par des professeurs, forcés de les accepter, mais rebutés à l'avance par la description qui leur avait été donnée de ces élèves bizarres, capables de perturber une classe entière, et d'autant plus agaçants qu'ils avaient laissé espérer qu'ils seraient des élèves vivants et rapides, bon moteur pour une classe. Cet espoir déçu accroît encore la rancune des adultes, qui ont vaguement l'impression d'avoir été manipulés, voir floués, et sûrement mis en question dans l'exercice de leur métier.
Les descriptions données de ce type d'enfant se répètent inlassablement : paresseux, perturbateur, agité, incapable de s'intégrer, il ne joue pas avec les autres, ou bien il choisit les plus mauvais éléments, rêveur, "ailleurs", vexant finalement pour un professeur qui veut intéresser ses élèves. Ces portraits laissent souvent percer une agressivité violente à l'égard de cet enfant différent.
Devant cette attitude, le Directeur d'Ecole, consciencieux et soucieux de l'équilibre de ses professeurs comme de la bonne marche de ses classes, expose objectivement la situation aux parents et leur conseille d'aller voir un spécialiste, qui saura donner un avis autorisé. Affolés à l'idée que leur enfant n'est pas normal, qu'il risque en permanence le renvoi s'il ne s'amende pas, et que se dessine déjà pour lui un avenir des plus sombres, puisque si jeune il est déjà si différent, les parents vont "consulter", en proies à une anxiété qui sera déjà comprise comme le premier symptôme de pathologie.


Le point de départ du processus




Puisque le tableau le plus clair est celui décrit par l'école et que les précisions ajoutées par les parents le compliquent et l'obscurcissent au lieu de le clarifier, il ne reste qu'à traquer "l'anormalité" et à s'y attaquer.
Nous nous trouvons là au point de départ du processus qui va entraîner tous les protagonistes dans une série d'actions totalement inefficaces, car fondées sur un malentendu capital.
En effet cet enfant semble un peu différent, mais on va étudier son cas, l'aider à s'adapter, puisqu'il est considéré comme "hors-norme", ce qui n'est pas très éloigné de "l'anormal".
Je veux pour preuve de cette idée préalable, le déroulement des examens psychologiques subis en générale par ces enfants. Puisqu'ils ont réussi avec succès les tests scolaires et qu'ils sont manifestement intelligents, on ne pratique pas de test de QI. En revanche, on leur fait passer un Rorschach, toujours délicat à manier avec un jeune enfant, et qui devrait seulement, en principe, contribuer à l'établissement d'un diagnostic, dans un protocole plus complet. Le simple fait de se contenter d'un Rorschach, au lieu de recourir à une batterie plus complète de tests, peut être considéré comme l'élément premier du malentendu : le Rorschach suppose souvent une pathologie qu'il convient de mettre au jour, et il arrive qu'une imagination débordante, tout comme une inhibition totale, peuvent être interprétés de façon très négative.


Un seul symptôme




Parfois on ne s'accorde plus qu'à un seul symptôme, quand il est plus marquant et plus aisé à diagnostiquer, par exemple les difficultés graphiques, si fréquentes chez les enfants précoces. On entreprend alors une rééducation psychomotrice, qui améliore un peu la situation, parce qu'elle permet d'établir une relation privilégiée entre un enfant, en effet mortifié de sa maladresse motrice, et un adulte à l'écoute. Le malentendu porte sur l'interprétation de ce symptôme, compris comme un vague malaise, ou comme un réel retard moteur, qu'il faut donc combler. On ne cherche pas à savoir pourquoi un enfant si vif d'esprit devient si maladroit, un crayon à la main : ce signe banal, qui ne fait que marquer le décalage entre la rapidité d'esprit et l'exécution par une main encore enfantine, exaspérante de lenteur pour une pensée si véloce, devient le symptôme majeur, dramatiquement rebelle à la thérapie, et cet enfant un peu anxieux finit par voir, dans ses cahiers salis, un reflet du désordre de son esprit.
En mettant l'accent sur un seul signe, sans s'interroger sur son origine, on enkyste un problème, et ce qui n'était qu'un décalage dans la maturation générale devient un trouble important, qui prend la première place et occulte tous les points positifs. Les pages à recopier, les mauvaises notes qui sanctionnent la négligence, alors que le devoir était juste, réduisent l'élève à cette seule définition de saleté. Honteux et fâché, le maladroit multiplie les tâches, fait dévier les traits accumule les ratures, autant pour marquer sa révolte que pour faire comprendre quelle tension le tourmente.


Le problème, c'est la solution




Mais c'est quand une psychothérapie est entreprise que peut parfois s'amorcer un immense malentendu, qui finit par devenir le sujet principal de travail, à mesure que se déroulent les séances.
L'enfant aborde cette thérapie avec une image déformée de lui-même ; elle s'est construite à partir des adjectifs qui le qualifiaient et qu'il refuse de reconnaître, mais il est totalement impuissant à offrir en réponse une image plus conforme à ce qu'il ressent. Lui manquent les mots, les concepts même qui pourraient le définir ; ce ne sont, pour le moment , que d'obscurs sentiments, de souterrains cheminements de pensée qui n'ont pas encore affronté l'épreuve du jour et de la réalité. Ses quelques tentatives d'idées originales, d'humour, de créations fantastiques, n'ont recueilli que du mépris ou des moqueries chez ses camarades si sereins. Les parents admirent parfois cette jaillissante créativité, mais l'approbation sociale revêt plus d'importance pour un enfant que celle de ses parents, qu'il juge peu objectifs à son égard ; il veut être comme tout le monde et non un prodige solitaire.
C'est donc empli d'espoir que l'enfant "à problème" aborde cette situation nouvelle, dont on lui a dit qu'elle le sortirait de tous ses désarrois. Il va pouvoir s'exprimer librement et être compris comme il ne l'a jamais été.
Naturellement certaines thérapies aident merveilleusement l'enfant à se réconcilier avec lui-même et avec le monde, mais d'autres n'évoluent pas de façon significative et se terminent par l'épuisement, ou seulement la lassitude, des protagonistes.


Le thérapeute veille




Alors l'enfant retrouve la prudence qu'il avait espéré pouvoir abandonner. Il avait été vital pour lui d'apprendre à se préserver de toutes les attaques quotidiennes et il prend vite conscience que la méthode réparatrice qu'on lui propose ne lui convient pas, mail il voudrait, dans cette relation privilégiée, être accepté, aimé, quitte à ne pas être compris. Il commence donc à élaborer un système de défense, à l'image de celui qu'il utilise ailleurs, système bien mis au point et réussi, comme tout ce qu'il fait, du moment qu'il y consacre le temps nécessaire.
Comment cet enfant dont l'expérience est si courte, pourrait-il exprimer un malaise indéfinissable, le sentiment d'une différence aux contours si imprécis, un décalage impossible à cerner, une pensée plus rapide, plus vagabonde et plus aisément abstraite, une appréhension plus exhaustive, un champ d'investigation plus large... C'est dans tous ces "plus" que réside l'impalpable différence.
Il a compris qu'il doit parler et il espère qu'un jour cette écoute si attentive portera ses fruits et qu'il saura comprendre le pourquoi de son indicible souffrance.
Le thérapeute veille et attend l'étincelle qui lui fera dire "ah oui, bien sûr !". Jusque-là il doit se contenter d'accompagner son jeune patient dans un passage particulièrement périlleux de son existence, mais un lent engourdissement peut gagner les acteurs : parents, enseignants et thérapeutes mêmes.
L'enseignant se sent soulagé de savoir cet enfant si difficile dans les mains d'un spécialiste, il peut gérer le quotidien, sans tout remettre en question. Les parents suivent les conseils des pédagogues, ils accompagnent ponctuellement leur enfant à ses séances et font taire la voix ténue qui leur suggère que ce n'est peut-être pas tout à fait la bonne solution ; d'ailleurs ils n'en voient pas d'autre.


Une imagination trop riche




Je disais que l'enfant désire être accepté, apprécié et, plus que tout, aimé. Son système de défense, qui se consolide à mesure que le temps passe, lui permet plus d'audace dans sa conduite. Il a bien remarqué que ses cauchemars intéressaient cet adulte attentif et il est enchanté de lui faire plaisir, et de s'offrir en même temps une petite récréation, en évoquant les plus horribles monstres venus troubler ses nuits, il en rajoute, sans imaginer les conclusions qu'on tirera de ses joyeuses élucubrations.
S'il préfère s'en tenir au registre familial, il raconte combien il aime sa mère, ou son père, et comme il est jaloux de son rival. Même si ces thèmes n'ont pas été choisis au hasard par l'enfant, la façon dont il en parle, souvent provocatrice sans y paraître, finit par l'enfermer complètement. Son imagination, stimulée par une situation propice, déborde au point que le thérapeute inquiet commence à voir dans ce discours des éléments un peu discordants, et même nettement psychotiques. J'ai vu des enfants, pleins de charme et d'un humour décapant, devenus, par un enchaînement mal maîtrisé, des manipulateurs si adroits qu'on avait conclu à une psychose ou à un état prépsychotique grave. Un si profond malentendu ne peut, en aucune façon, aider l'enfant à trouver le chemin de la connaissance de lui-même.


Qui finit par le piéger




Au-delà de ce système de défense, si efficace dans son rôle protecteur, la personnalité de l'enfant s'étiole et s'étouffe, accablée par cet amas de fantasmes qui ont été pris au sérieux. On pense à ces masques effrayants qui déguisent à la perfection leur porteur, mais, ici, l'enfant peut devenir prisonnier de sa fiction et il comprend de moins en moins quelle est sa situation et pourquoi il n'en va pas avec lui comme avec ses camarades, qui ignorent ces tourments.
Il a voulu plaire, se montrer intéressant, et il s'est coupé encore davantage du cours ordinaire de la vie enfantine, piégé par ses défenses trop efficaces, par son imagination trop riche. Il s'éloigne encore plus des critères qui lui auraient permis de savoir s'il restait dans la norme, quand il se livrait avec tant de bonheur à ses fantasmes, dans un lieu où il n'encourrait ni jugement ni sanction, mais il avait espéré être enfin compris. Se rebeller ouvertement et franchement aggrave sa situation, comme ce petit garçon qui, à bout de patience après deux ans de thérapie, s'est décidé à reprocher à sa thérapeute de vouloir réduire sa personnalité et a refusé de continuer ce jeu inutile. Il n'a pas tardé à être renvoyé de son école, qui le jugeait vraiment trop impossible.
Dans pareil cas, l'origine du malaise de l'enfant est complètement niée et méconnue, mais, à défaut d'une évaluation du niveau intellectuel qui fournirait un élément objectif d'appréciation, on s'appuie sur ce malaise, renvoyé à l'adulte comme une interrogation, alors que c'est un appel au secours, dont la détresse est prise pour une mise en question de l'adulte.
"Comme c'est intéressant ce que vous dites là !" remarque sobrement une thérapeute, en apprenant que l'enfant qu'elle a suivi plusieurs années pour ses difficultés d'intégration scolaire avait un QI de 155, "mais cela ne change rien à son problème". En réalité, s'il avait seulement sauté une classe, il se serait moins ennuyé dans cette école où il avait une réputation de terreur.
Dans certaines écoles, du reste, des enfants charmants se font férocement tabasser à la sortie des classes, parce qu'ils sont de trop bons élèves, mais d'autant plus vulnérables qu'ils sont souvent aussi les plus jeunes. Pour se défendre, ils en sont réduits à ajouter des fautes à leurs devoirs. C'est à ce prix qu'ils peuvent conserver des amis, et une bonne image sociale ; sinon, ils sont considérés comme des provocateurs à soigner d'urgence pour leurs difficultés d'intégration sociale.
Cette désinformation a des effets pervers ; par exemple, des professeurs et des médecins considèrent qu'un enfant est sans doute un surdoué, quand il présente des difficultés de comportement dont l'origine n'est pas évidente.
A la suite de toutes ces explications et justifications de la société éducatrice, il ne reste qu'un enfant qui souffre, sans pouvoir nommer sa souffrance, qui se replie sui lui-même, tout en refusant de se reconnaître dans cette image de déviant qu'on lui renvoie.


Le deuil




Le malentendu va se poursuivre et l'enfant peut s'endormir, pour sa vie entière, sur ses potentialités, ou mener une interminable lutte contre ses velléités de rébellion, quand quelques éclats de son génie le trahissent en perçant la grisaille où il doit se maintenir.
Il est maintenant un enfant dépouillé de tout ce qui faisait sa spécificité, comme écorché et laissé ensuite sans protection, n'ayant d'autre ressource que de se faire le plus neutre, le plus insignifiant, le plus invisible possible. Pour se faire accepter, il doit se résoudre à un douloureux renoncement : celui de sa curiosité, qui va rester insatisfaite, de son désir de connaissance, qui sera toujours frustré, de l'exercice de son raisonnement , qui s'avère inutile et qu'il lui faut freiner, de l'exploration des chemins qui mènent à la découverte et qu'il doit ignorer ...
Tous ces deuils sont préférables à un rejet de la part de l'entourage amical et pédagogique.
A partir de ce moment, quand l'enfant s'est soumis à la voix de la sagesse et a accepté de vivre en deuil permanent, il n'est plus rien. On ne peut le définir que par des phrases négatives : il n'est pas audacieux, ni dynamique, il ne désire rien et rien ne l'intéresse, il ne sait pas ce qu'il veut, on ne sait comment lui faire plaisir.
Mais tant de passion contenue finit par une obscure violence qui peut seulement se retourner contre celui qui la possède : un désenchantement qui peut aller jusqu'à la dépression envahit l'enfant précoce. Jugé uniquement sur sa différence, et c'est le résultat final du malentendu.


Les pédagogues




Les pédagogues se confortent par leur expérience pour nier la valeur de ce sur-don. "En 25 ans de carrière, je n'ai pas vu un seul enfant précoce" dit la directrice d'une école où il s'en trouve plusieurs. "Si cet enfant devait sauter une classe, c'est toute la classe qui devrait passer avec lui, d'ailleurs il ne sait pas tout." Il a 8 ans. "En 30 ans je n'ai vu passer qu'un seul surdoué, il était affreux, il savait tout, on ne pouvait rien lui dire". "Mais il n'est pas différent des autres enfants" dit une directrice de maternelle d'un petit garçon de 3 ans et demi qui lisait, écrivait quelques mots, et maniait le concept avec une remarquable aisance, puis elle a suggéré qu'il avait pu apprendre par coeur les tests, ce qui aurait alors supposé une étonnante mémoire.
Sur un autre registre, il a été dit, dans une unité de recherche d'une Faculté : "les enfants surdoués sont souvent psychotiques" ; il ne reste bien alors qu'à gommer cette différence rebelle, conduisant ces enfants sur le chemin de la psychiatrie.
Ce qui était un malentendu devient donc une méconnaissance volontaire et un à priori qu'il n'est pas question de discuter, mais c'est aussi une mise en garde adressée aux parents présomptueux, qui osent demander que leur enfant saute une classe ou entre en Primaire avant l'âge légal. En clair, on leur suggère "vous dites que votre enfant montre des signes de précocité, attention, il faut que vous sachiez où aboutit cette précocité et où vous vous engagez en parlant de son avance intellectuelle, il est seulement différent, mais on peut le soigner".
Une autre façon de nier la précocité consiste à l'assimiler hypocritement au gavage intellectuel que feraient subir des parents trop ambitieux à leur enfant qui préférerait jouer. En effet, la norme scolaire établit que le désir d'entrer dans le domaine du savoir n'existe pas chez un enfant de moins de 6 ans : il a été poussé par ses parents, ou bien ses intérêts sont suspects et fugitifs, il ne fait que copier un aîné ou répondre à une demande de précocité qu'il a cru sentir chez ses parents, il ne veut pas les décevoir, et si les force, pour faire croire qu'il veut lire, écrire, compter, apprentissage d'un ennui mortel pour un enfant qui n'a pas encore atteint 5 ans et 9 mois.
On peut se demander pourquoi notre société conserve une vision aussi partiale, réductrice et égalisatrice, en décidant qu'il est malsain de prêter une attention particulière et favorable aux enfants déviants, en ce sens qu'ils montrent top tôt leur goût pour le savoir. Au mieux, si on lui reconnaît quelque don, on dit qu'on ne va pas encore l'aider, alors qu'il est déjà si bien pourvu, et que, de toutes façons, "il s'en sortira toujours".


L'avenir




La route large qui menait vers un futur brillant et empli de merveilles à découvrir s'est rétrécie, l'avenir est maintenant étriqué pour cet adolescent apathique, qui deviendra un adulte replié sur lui-même, se sentant toujours incompris, échouant misérablement dans tous les domaines, parce qu'il n'aura pas eu le droit de réaliser ses potentialités, pas plus que celui de réussir et d'être heureux.
On peut seulement espérer que son énergie en sommeil finira par se réveiller et le poussera à une salutaire colère : si elle est convenablement dirigée, le malentendu peut être combattu, mais la revanche aura un goût amer, celui des années perdues dans les limbes de la conformité.
De surcroît, cet immense gâchis aura laissé des traces, des qualités qui pouvaient constituer un enrichissement profitant à la société tout entière sont considérées comme des défauts à gommer rapidement, si on veut réussir une paisible intégration.
Seule, une information claire, détaillée, précise et surtout exempte de toute réaction passionnelle, quand l'émotion remplace la raison et l'égare, peut dissiper ce tragique malentendu et rompre cet enchaînement maléfique.
L'épanouissement heureux de ces enfants parfois si mal compris, profitera alors à tous.
© Arielle ADDA


Pour en savoir plus




Sur ce site









Dans le Guide Pratique




Guide Pratique de l'Enfant Surdoué par JC Terrassier et P. Gouillou :

  • pp 52 à 57

  • pp 84 à 96






Dans l'autre livre de JC Terrassier





  • pp 28 à 40 (Dyssynchronie)






Sites complémentaires









Autres sites





avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:20

avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:31

avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:38

avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 20:55

avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par I am so sure le Mar 20 Déc 2016 - 21:02



Arrow tongue
avatar
I am so sure
Rayures flamboyantes
Rayures flamboyantes

Messages : 8629
Date d'inscription : 06/09/2016
Age : 47
Localisation : At home

http://www.zebrascrossing.net/t32051-go-west-continuite-deviatio

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je m'exile aphone à pattes d'ours de velours pour jusqu'à un de ces cats... sont gris, souris...

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 40 1, 2, 3 ... 20 ... 40  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum