November's Girl and roses

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 16:26



Je viens du sud,Je viens de l'est. 
Le grand saut, moi je l'ai fait ! 
De mon pays je garde un reste 
D'accent quand je parle francais, francais. 

La vie la bas c'est pas facile,
Mais est-ce que c'est vraiment mieux
de vivre ici quand de vos villes
je ne connais que la banlieue, banlieue.


Je suis là pour travailler dès le jour qui se lève.
Je suis là pour façonner la maison de vos rêves.
Je suis là oui mais pour le reste, suis-je assez clair ? assez clair ?
Je suis là en attendant qu'on m'accueille ou me chasse.
Je suis là dans votre vie, je passe et je repasse.
Je suis là oui mais pour tout le reste, suis-je assez clair ? assez clair ?

Je viens du sud, je viens de l'est.
Un jour, j'y retournerai.
Puisque pour mes frères, il me reste
Un peu d'amour et de respect, de respect.

Je suis là pour travailler dès le jour qui se lève.
Je suis là pour façonner la maison de vos rêves.
Je suis là oui mais pour le reste, suis-je assez clair ? assez clair ?
Je suis là en attendant qu'on m'accueille ou me chasse.
Je suis là dans votre vie, je passe et je repasse.
Je suis là oui mais pour tout le reste, suis-je assez clair ? assez clair ?

Suis je assez clair ?
Je suis là, je vais chercher vos enfants à l'école.
Pour ramasser vos mégots sur le sol.
Je suis là, suis je assez clair, assez clair ?
--------------------------------------------------------------------------

Toujours clarifier ses propos  Very Happy cat de fait on trouve toujours la lumière  sunny albino bounce bounce bounce

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 16:29

Sortez couverts, c'est pratique pour ne pas attraper froid Smile Sors tes couverts c'est l'heure de goûter et 3 fois par jour  Very Happy

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 16:52

J'adore ce forum  Very Happy

(Victor si tu me lis encore, sois sage et merci pour les roses Wink cat)

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 17:00

En fait un forum c'est un peu comme Interflora ? c'est ça ? j'ai compris le concept ? ou pas ?
Bon je vais faire ma liste pour Noel alors Smile Je te mets tout en post it différé et comme ça je peux aller me promener ou dormir Smile
Zébracrossing, zébraccrochée ? Tiens la perche  cat on a le micro  Very Happy

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 19:50


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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 19:51


tongue

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 21:09


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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 21:26

Spoiler:

Penser à acheter une piscine



et une lampe pour mon fion Smile



on n'est jamais assez lédé dans la vie, maintenant que je vois le bout du tunnel il est temps que je capitalise mon énergie, nous vous devons plus que la lumière dans les trous noirs - eux des F Wink

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 21:27

Spoiler:


Ne pas omettre de penser à me marier et avec celui qui me fera la version "paillettes" 3 D



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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 22:13



image: http://nospensees.fr/wp-content/uploads/2015/10/Cancer47.jpg






Lors des pires moments, j’ai été seul

“Je me sens seul quand je cherche une main et que je ne trouve que des poings».
Tom Wolfe

Lors de mes pires moments, j’ai été seul. J’ai ressenti que tout le monde m’a tourné le dos, tout au moins les personnes de mon entourage.
Lors des bons moments, il est très facile de trouver de la compagnie, mais lors des mauvais moments, personne ne veut nous voir.

Afin de calmer ma tristesse, j’ai reçu des critiques, du mépris et une froideur qui gelait mon corps. Je me suis senti triste, très triste.
J’ai arrêté de croire en l’être humain, je me suis caché, comme un petit escargot dans sa coquille, en attendant que le soleil apparaisse.

Je ne voulais parler à personne, je ne voulais pas prendre le téléphone, toutes les conversations me paraissaient vides et inhumaines. Malgré tout, j’ai fait l’effort d’apprendre à voir les choses d’une autre manière.
J’ai utilisé ma petite intelligence émotionnelle. J’ai pensé que je pouvais être un peu plus «grand» et j’ai commencé à mettre de côté toutes les personnes, et toutes les grandes réunions qui me rendaient triste et seul.
Il n’y a rien de plus triste que de se trouver dans ce qui est un paradis pour les autres et ce qui est le plus désert des déserts pour nous.
Alors, j’ai commencé à élargir mes horizons, je me suis appuyé sur les personnes qui, avec leurs petits gestes me faisaient du bien : un mot gentil, un câlin, un regard sincère et pur.





C’est alors que j’ai commencé à voir les choses d’une autre manière. Peut-être que l’escargot commençait à entrevoir la lumière dans sa petite coquille.

image: http://nospensees.fr/wp-content/uploads/2015/10/Cancer48-420x272.jpg


Peut-être que la réalité est que nous sommes tous seuls dans la vie et que c’est ainsi que nous devons l’accueillir.
Personne ne peut nous protéger en permanence. Chacun d’entre nous a ses propres problèmes et ses obligations. Cependant, n’importe quel geste peut énormément nous aider lors d’un mauvais moment à passer.
Heureusement, nous rencontrons toujours des personnes qui ont une grande habileté à consoler.
Quand vous vous y attendez le moins, elles apparaissent comme des sauveuses, et vous remontent le moral avec seulement quelques mots.

image: http://nospensees.fr/wp-content/uploads/2015/10/Cancer49-420x245.jpg


Le plus triste qui puisse nous arriver est de perdre notre humanité, quelque chose de très simple à oublier dans une société dans laquelle les valeurs qui prédominent ne sont pas la bonté, l’altruisme ni le respect.

Une société dans laquelle règnent le «Et moi», «Moi et moi» ou «Je ne te souris pas car je suis occupé à autre chose».
Le manque d’humanité ne nous conduit nulle part et la maxime “Ne faites pas aux autres ce que vous n’aimeriez pas que l’on vous fasse» est un grand enseignement que nous oublions très souvent.
C’est pour cela que nous devrions tous nous regarder de temps en temps et penser “Nous avons tous besoin de tout le monde».
Pourquoi ne pas commencer par s’offrir à soi-même des mots chargés de fleurs et non pas des poings qui cognent directement l’âme et le coeur ?
Pourquoi nous n’ajoutons pas chacun notre petit grain de sable pour former une magnifique montagne ?



“Nous sommes seuls, nous vivons seuls et nous mourons seuls. Seulement à travers de l’amour et de l’amitié, nous pouvons avoir l’illusion, à un moment donné, que nous ne sommes pas seuls».
Orson Welles

Cet article est dédié à toutes les personnes qui se sentent envahies par le désespoir d’un monde qui tend à se déshumaniser.


En savoir plus sur http://nospensees.fr/lors-pires-moments-jai-ete-seul/#Z0OGblhswx0qSICz.99









Zebra brushing pour les filles, (oui je sais je fais une belle brushette à moi toute seule, on ne se refait pas Wink ),  le forum qui te poursuit désormais partout où tu vas  Razz Wink

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 22:26

L’Homme possèderait également le sixième sens qui permet de sentir le champ magnétique




Des scientifiques ont confirmé que certains animaux arrivent à produire une protéine qui permet de sentir le champ magnétique environnant. Plus étonnant, selon une nouvelle étude publiée dans la...

Par Thomas Allaume19 novembre 2015





Des scientifiques ont confirmé que certains animaux arrivent à produire une protéine qui permet de sentir le champ magnétique environnant. Plus étonnant, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature, l’Homme possèderait également cette molécule.
On présumait déjà que des animaux, notamment des oiseaux savaient utiliser la magnétoréception pour s’orienter. Au fur et à mesure des recherches, le nombre d’animaux dotés de ce sens ne cesse de croître. C’est en 1980 que des études ont prétendu que l’être humain avait une sensibilité aux champs magnétiques, 20 ans plus tard, des expériences montraient que le champ magnétique ambiant influençait la perception visuelle de l’Homme.

C’est une équipe de chercheurs chinois qui aurait découvert la protéine à l’origine de notre micro-boussole biologique qui permettrait de détecter le champ magnétique ambiant. Le complexe moléculaire est composé de deux protéines qui sont codées à partir des gènes associés : le cryptochrome ainsi que d’une nouvelle espèce chimique nommée par les chercheurs MagR (MagnetoReceptor). On peut voir sur la représentation du complexe qu’il y a une chaîne de molécules magnétosensible autour de laquelle s’enroule une hélice de cryptochromes.
Le véritable secret du sixième sens est la position de cette molécule dans le corps de certains êtres vivants, en effet, le pigeon par exemple, posséderait des cellules magnétos réceptives dans sa rétine. Les gènes capables de produire des microboussoles sont présents chez l’être humain, mais si ce mode de repérage n’est pas fondamental utilisé par l’Homme, c’est notamment parce qu’ il utilise d’autres systèmes de repérage spatial comme les cartes cognitives que nous construisons grâce aux cellules de lieu, une découverte qui fut récompensée par un prix Nobel de médecine l’année dernière.
Reste à savoir s’il serait possible d’activer ce sixième sens chez l’Homme…
http://sciencepost.fr/2015/11/lhomme-possederait-egalement-sixieme-sens-permet-de-sentir-champ-magnetique/


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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Dim 27 Nov 2016 - 22:31



Dernière édition par Iamsosure le Dim 27 Nov 2016 - 22:32, édité 1 fois (Raison : Toujours vérifier si on ne s'est pas cassé un ongle :))

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Lun 28 Nov 2016 - 23:26



Je me demande si ça ferait un peu comme ça mon mode "saucisse grillée" ?  Razz Razz Razz

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 11:20

Pour éviter tout malentendu sur Boris Cyrulnik ? 




par Lionel Mesnard, le 4 novembre 2010

Ne nous trompons pas sur Boris Cyrulnik, certes il y a l’individu médiatique, mais il y a surtout une œuvre relativement dense, et, qui ne se limite pas au seul concept de [url=http://lionel.mesnard.free.fr/le site/psy-resilience.html]résilience[/url]. Il est le premier à être conscient que tout le monde n’aura pas la chance de surmonter certaines épreuves de la vie. Il faut se méfier du temps médiatique et rien ne vaut de connaître le professeur Cyrulnik par ce qu’il a écrit. Ses livres ne se résument pas à une approche limitée, il est même un bel exemple pour la pluridisciplinarité scientifique du fait de son parcours professionnel : psychiatre, psychanalyste, éthologue, enseignant et essayiste. Il est de la même veine qu’un [url=http://lionel.mesnard.free.fr/le site/henri-laborit.html]Henri Laborit[/url] ou un Edgar Morin, et cet homme n’est pas un normalisateur, ni un régulateur social. 

Que la résilience soit devenue une tarte à la crème, il n'y a pas de doute, mais en ce domaine son travail pratique consiste pour exemple à créer et appuyer des lieux d’accueil pour des enfants en Amérique Latine. Son objectif n’est pas d’imposer un dogme ou une norme. Ce que je soulignais dans la note précédente de 2005 (ci-après) c’est le rôle que la notion de résilience peut avoir dans certaines situations sociales. Ce que j’en ai tiré de positif et de constructif, c’est le rôle du travail de création et les espaces où des individus sont amenés à échanger et partager. Dans ces circonstances, des mécanismes résilients sont possibles et peuvent permettre à des individus de surmonter certaines épreuves. Ce peut être aussi un outil d’analyse et de pratique pour des professionnels face à des personnes en situation difficile ou fragile. Qu’ensuite les médias de masse aient fait de son concept une solution miracle, c’est une autre affaire. Comme toute mode ou effet de masse, il y a un temps de balancier et il n’y a pas à tomber dans l’excès inverse, non plus. 

Tout individu peut-être amené à souffrir tout au long de sa vie, il n’est pas pour autant condamné à se vivre dans la souffrance éternellement. De toute façon, la vie n’est pour personne un long fleuve tranquille, et mieux vaut se méfier des généralités et des raccourcis. Il y a plutôt de quoi s’inquiéter d’une sorte de quête du bonheur permanent, et de comment certains scientifiques moins scrupuleux font un commerce très lucratif de la souffrance humaine. Oui, il existe des charlatans et des compagnies pharmaceutiques faisant de bonnes affaires sonnantes et trébuchantes. Au pays champion du monde des traitements neuroleptiques, le consommateur est une cible de choix et si vous ne baignez pas dans ce flot dédié à vous anesthésier, ne craignez rien, vous êtes peut-être dans la vérité... Dans un monde qui vise à produire toujours plus, il faut que l’humain soit performant. L’individu doit répondre à des critères lui permettant de vivre au sein de la norme et il reproduit ce qu’un "système" lui impose comme préceptes moraux. Mais attention de ne pas juger, le fait d’accepter ou de se conformer à la norme n’est pas un mal absolu, c’est la réalité la plus courante. 

Avant que Boris Cyrulnik et d’autres viennent mettre un nom sur un processus humain, le fait d'être en situation résiliente était de mise. Une rencontre peut venir bousculer une existence en bien comme en mal. Nous ne sommes à l’abri de rien, ni du pire, ni comme du meilleur. La lecture de son œuvre peut trouver un sens et pas obligatoirement ce qu’en a traduit un journaliste d’un journal féminin ou en vogue. Ne réduisons pas un travail, une vie à des considérations fausses. Les écrits de Boris Cyrulnik ont pour but des vous questionner, il n’y a pas à chercher une réponse, une solution, mais trouver ce qui vous concerne et peut vous aider à mieux appréhender la vie. Si vérité il y a, c’est qu’il n’en existe aucune justifiant l’horreur de la guerre ou la volonté de soumettre une population à un dictat, de même d’un viol de son intimité mentale ou physique. Il n’est pas simple de se relever de telles épreuves. Boris Cyrulnik commettrait-il un crime à chercher des relations plus apaisées au sein de nos relations humaines ? 

L’idée que nous soyons artisan ou jardinier ou tricoteur de notre existence a un sens, cela met en lumière la capacité de notre imaginaire à interférer sur le cours des choses. Si nous réduisons l’être en souffrance à sa seule souffrance, ou à un seul statut de victime, il est dans ce cas difficile d’agir. Face à l’inhibition de l’action, un individu peut courir de grave danger, notamment physiologique et en particulier des phases dépressives et dépréciatives. Nous ne pouvons nier non plus des réalités biologiques connues et reconnues. Un être heureux est un être gratifié et l’accès à ce bonheur est dans la norme ou plus exactement dans les fondements de notre éducation, le fameux surmoi freudien. La question n’est pas de réduire l’Homme à une seule réalité biologique, mais de pouvoir articuler une pensée à partir de plusieurs domaines de la recherche, qu’elle soit en sciences humaines et sociales, ou du domaine des sciences du vivant. C’est tout l’intérêt que nous avons de connaître et d’avoir des chercheurs capables de croiser plusieurs savoirs, et cette démarche ne peut se forger que par une approche critique, et une lecture de même. 

« Je fais partie de ceux qui pensent que l’on n’est pas obligé de raconter son secret sur la place publique pour aller mieux. On peut, que l’on soit adulte ou enfant, utiliser le para-dit en écrivant, en mettant en scène… On se libère de son secret sans pour autant le dire. Les enfants résilients deviennent de grands créatifs, et transforment leur blessure en œuvre d'art pour mettre une distance entre eux et leur traumatisme : ils sont souvent écrivains, comédiens. Certains se tournent vers les autres, et veulent s'engager socialement (œuvres humanitaires, éducateurs de rue, …), ou s'orientent vers de longues études (souvent en psychologie) : ce qu'ils veulent avant tout, c'est devenir l'auteur de leur destin. Ce sont des décideurs parce qu'ils n'ont rien décidé de leur enfance.» (Boris Cyrulnik).
http://lionel.mesnard.free.fr/le%20site/boris-cyrulnik.html

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 11:22

Alexandra Reynaud : « Je suis Haut Potentiel et Asperger »














ISABELLE DELALEU  JEUDI 24 NOVEMBRE 2016  MIS À JOUR LE JEUDI 24 NOVEMBRE 2016
Depuis toute petite, Alexandra s’est toujours sentie différente, décalée. Elle n’a compris pourquoi qu’en découvrant, après 30 ans, qu’elle était à la fois HPI (Haut Potentiel Intellectuel, c’est-à-dire surdouée), et Asperger. Rencontre.











Vous avez découvert à plus de 30 ans que vous étiez HPI. Comment, et qu’est ce que cela a changé dans votre vie ?






C’est effectivement arrivé en faisant tester mon fils, sur les conseils de ma mère qui estimait qu’il était particulièrement précoce pour son âge. Cela me semblait une lubie. De mon côté, je trouvais normal qu’il aie un vocabulaire très élaboré (il est enfant unique et je m’occupe beaucoup de lui), qu’il soit très doué en dessin (son père l’est), qu’il fasse de façon intuitive, sans modèle, des puzzles compliqués ou repère très bien les détails. De surcroît, je déteste la comparaison entre enfants : pour moi, chacun évolue différemment. Mon fils et ses « performances » n’avaient donc pour moi rien d’«extra-ordinaire » : juste, il me ressemblait, quoi de plus naturel et logique ? Mais ma mère a tellement insisté que quand il a eu 4 ans, nous avons pris rendez-vous avec une psychologue spécialisée pour le faire tester. Et c’est à « l’entretien de restitution », quand elle m’a expliqué, pas seulement les résultats de mon fils –effectivement haut potentiel- mais également tout ce qu’ils impliquaient pour l’avenir, comment il allait évoluer, que j’ai pris conscience qu’elle me racontait… En gros elle m’a raconté ma vie quand j’étais petite ! Cela a été très violent, d’autant que je culpabilisais de penser à moi pendant qu’elle me parlait de mon fils. Le choc a été si fort que je suis restée littéralement « sans voix » : instantanément aphone pendant plusieurs jours !
Nous n’aviez jamais pensé être surdouée ?
Non. Je m’étais toujours sentie différente, mais je n’avais jamais pensé à cette explication ! Mais la psy m’a raconté mon enfance, déroulé le fil : cet ennui profond à l’école où tout semble rabâché, ce sentiment de décalage permanent, mon hyperémotivité et cette impossibilité de se mettre dans le « flot » des autres. J’avais toujours eu la sensation d’être une extra-terrestre oubliée par mégarde sur Terre, mais comme j’ai grandi à l’étranger, avec un mélange de cultures différentes, je croyais que cela expliquait cette sensation de ne jamais trouver ma place. En réalité, j’avais construit ma légende personnelle autour de ce sentiment d’être à côté de la plaque dans tous les domaines.
Mais il y a une suite à cette découverte, peut-être plus importante encore…
Oui, car par hasard, je suis tombée en 2009 sur l’autobiographie de Daniel Tammet Je suis né un jour bleu. Je pensais qu’il s’agissait d’un énième livre sur les Hauts Potentiels. Et à la lecture, j’ai encaissé un deuxième choc, en me reconnaissant complètement dans ses propos. Daniel Tammet présente ce qu’on appelle le syndrome d’Asperger, un trouble du spectre autistique (parfois associé au HPI mais pas systématiquement). Pourquoi ce choc ? Parce qu’Asperger était la pièce du puzzle qui me manquait : être HPI n’expliquait pas toutes mes particularités et bizarreries, de comportement et de ressentis, toutes mes difficultés. Par exemple, les HPI ont besoin de se regrouper. Moi, à l’inverse, je suis sauvage, je n’ai pas envie d’intégrer des groupes que je ne connais pas. Déjà petite je ne communiquais pas avec les autres enfants. Quand j’ai lu cette autobiographie, dans laquelle il retrace tout son parcours, ses traits particuliers expliquaient parfaitement ma différence sociale et sensorielle. C’était une évidence, en quelque sorte le chainon manquant : Asperger « bouclait la boucle ».
Vous avez fait un diagnostic médical pour confirmer le syndrome d’Asperger ?
Oui, même si cela a été compliqué et très long. Les délais d’attente s’élèvent à plusieurs mois (voire années), car pour les troubles autistiques, les services hospitaliers se focalisent avant tout (et c’est normal) sur les enfants. Par contre il existe hélas beaucoup d’arnaques (très chères) dans lesquelles il ne faut pas tomber. Je voulais un diagnostic officiel et j’ai donc attendu près de trois ans, mais je l’ai eu. Et il n’a été qu’une validation de ce que j’avais enfin compris sur moi.
Mettre ainsi un nom, un diagnostic, sur vos ressentis t-il été bénéfique ? Qu’y avez-vous gagné ?
Ce diagnostic m’a permis de confirmer ce que je ressentais mais surtout de m’accepter et de me pardonner… En effet, je culpabilisais parfois d’imposer certaines contraintes à mon mari et mon fils, de faire peser sur eux qui j’étais, mes bizarreries. Il faut comprendre qu’Asperger est un véritable handicap invisible : certaines choses très simples se révèlent pour nous très compliquées et anxiogènes, génératrices d’un stress disproportionné que les autres ne peuvent pas comprendre. Par exemple, l’inconnu m’effraie beaucoup, j’ai donc tendance à rester dans ma zone de confort : d’ailleurs, j’ai bien failli, au dernier moment, ne pas me rendre au rendez-vous de diagnostic car je devais y aller seule et que je ne connaissais pas l’endroit. Pour les Asperger, la vie sociale n’est pas simple. Aujourd’hui, j’ai les clefs, et cela m’aide à progresser (je me force beaucoup à me confronter à des situations difficiles car je sais que je peux m’améliorer), et cela m’aide également à me renforcer face aux incompréhensions ou jugements de type « tu n’as pas l’air autiste ». Cela a donc plutôt été une libération, même si je sais que d’autres le vivent comme un handicap supplémentaire, une condamnation. Pour moi au contraire, je sais désormais que je peux travailler dessus, que le fait d’être simultanément haut potentiel est une véritable aide pour progresser, apprendre, compenser mes difficultés.
Comment expliquez-vous être arrivée à la trentaine sans avoir jamais été alertée sur vos particularités ?
Mes parents sont des originaux qui se sont toujours accommodés de mes singularités comme si elles étaient parfaitement naturelles. Malgré le regard des autres, ils ne mont jamais forcée à rien, sans se formaliser. En discutant avec ma mère, j’ai appris que, quand j’avais 4 ans, elle avait essayé d’alerter mon pédiatre, dont la femme était psychiatre. Elle lui avait expliqué que je me comportais comme une « petite adulte » qui ne communiquait pas avec les autres enfants… mais celui-ci avait répondu violemment que c’était elle qui voulait se persuader que j’étais différente, ce qui l’avait beaucoup culpabilisée ! Il faut savoir que le syndrome d’Asperger n’a été reconnu par l’OMS qu’en 1993… Du coup, l’histoire avait été enterrée.
Vous avez aujourd’hui deux blogs, l’un sur la surdouance et l’autre sur Asperger. Pourquoi vous impliquer ainsi ?
Quand j’ai été diagnostiquée et je j’ai souhaité en savoir plus, j’ai constaté qu’il n’était pas si simple de trouver des informations pratiques de qualité et de vrais témoignages. En outre, les mots de douance, surdouance, précocité, surefficience (les termes sont nombreux dans notre langue) ne sont pas facilement acceptés et présentent une connotation élitiste, alors même que la souffrance de se sentir différent est très vivace. Le HPI est un cadeau empoisonné qui n’est pas forcément signe d’une vie réussie, notamment sur le plan scolaire : bon nombre de surdoués se retrouvent en échec. J’ai donc créé mon site pour aider ceux concernés au sein de leur famille (enfant HPI par exemple), qui ont besoin d’informations et de conseils. J’y fais aussi une veille sur tout ce qui sort sur le sujet, et il est devenu une référence. Quand à mon second blog, il est né assez logiquement après mon diagnostic d’Asperger. Un syndrome mal connu, qu’on prend parfois pour une maladie mentale (ce qu’il n’est pas), ou qu’on assimile exclusivement au personnage du film « Rain Man » car il affecte les relations sociales et la communication. Il me semble important de faire tomber les préjugés sur ce syndrome encore peu connu et de faire partager la réalité quotidienne d’une « Aspergirl »…
 

Pour en savoir plus : les-tribulations-dun-petit-zebre.com , les-tribulations-dune-aspergirl.com
A lire : « Les tribulations d’un petit zèbre, épisodes de vie d’une famille à Haut potentiel intellectuel » (éd. Eyrolles). A sortir en mars 2017, son nouveau livre, sur le syndrome d’Asperger.
https://www.mariefrance.fr/equilibre/psycho/temoignages-psycho/rencontre-alexandra-reynaud-suis-hpi-haut-potentiel-intellectuel-asperger-291807.html

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Mon enfant a un haut potentiel, comment bien le gérer ?












VALÉRIE RODRIGUE  VENDREDI 18 NOVEMBRE 2016  MIS À JOUR LE MERCREDI 23 NOVEMBRE 2016
Il sait lire et compter dès le berceau et vous lance des défis intellectuels en permanence. Entre la fierté qu’il soit très intelligent et la réalité quotidienne, usante et déconcertante, il y a tout un monde à connaître.










À deux mois, Junior fixe l’objectif comme un président prend la pose. À neuf mois, il marche, et, à deux ans, il résout une équation à une inconnue devant ses parents incrédules. Un tableau un peu  caricatural mais l’idée est là… Dans le meilleur des cas, l’enfant « haut potentiel » se distingue rapidement par une intelligence hors du commun. Dans le pire, il est très intelligent (quotient intellectuel de plus de 130), imbattable dans certains domaines, mais en retard dans d’autres, tels que la sociabilité. Avant, on l’appelait « le surdoué » ; désormais, l’enfant précoce est désigné par le terme « haut potentiel intellectuel » (HPI). Ou encore l’enfant zèbre, « comme l’animal dont les rayures sont singulières d’un zèbre à l’autre et qui est le seul équidé impossible à domestiquer », explique Jeanne Siaud-Facchin(1), psychologue clinicienne à l’origine de la dénomination. À une intelligence supérieure s’ajoute une autre manière de fonctionner, plus intuitive. L’enfant zèbre représente 2 à 3 % de la population. Il a désormais sa tribu, ses forums, ses associations et ses spécialistes. Tous participent à lui tracer un avenir plus que parfait et à rassurer des parents vite largués : comment être le parent d’Einstein quand, soi-même, on ne dispose pas de telles capacités ?













UN ZÈBRE À LA MAISON, ENFER OU PARADIS ? 

Enfant vif, il brûle les étapes, acquiert tout de suite un langage élaboré sans passer par la case babillage et enregistre tout, l’air de rien. Très vite aussi, il se distingue par une curiosité et des questions pertinentes. Quand Junior modèle standard demande « d’où vient le vent ? » et se contente d’un « c’est le ciel qui souffle », le HPI exige une réponse scientifique. Et une question en entraînant une autre, il veut tout savoir sur le climat, les anticyclones, les éoliennes… Selon Anne Grammond, pédopsychiatre spécialisée(2), « tôt ou tard, les parents ont besoin de comprendre cette précocité. Le test de QI et les tests psychométriques vont déterminer le niveau d’intelligence, mais aussi la personnalité de l’enfant ». Qui va se plaindre d’avoir un enfant brillant ? Passé la période de fierté vient quand même celle de la perplexité car le HPI est très exigeant. À tous les âges, s’il s’intéresse à un sujet, c’est à fond et, comme pour les questions, un sujet en entraîne un autre dans un cercle sans fin. Même vannés, ses parents ne peuvent pas s’en sortir par un « il est l’heure de dormir, le marchand de sable va passer » ! Junior veut des réponses cohérentes, des encyclopédies, la promesse d’un musée dimanche. Sans parler du grand moment de honte à lui avouer que non, on ne sait pas, que l’on n’a jamais su pourquoi la lune, pourquoi les étoiles et, d’ailleurs… on s’en tape ! Les vacances en famille sur une plage exotique ? La pelle et le râteau, très peu pour lui. Junior emporte son télescope, pour observer les exoplanètes. « C’est épuisant pour les parents car ils sont sans cesse sollicités par un enfant qui, bien souvent, ne tient pas en place et a une soif d’apprendre inextinguible », reprend la spécialiste. Même si on aimerait souffler après le boulot, il faudra faire des recherches sur la vie des -tricératops. Et répondre à ses -questions existentielles au moment du coucher.
Car l’intelligence de l’enfant zèbre s’accompagne souvent de troubles anxieux liés à l’hyperactivité neuronale. « D’où l’intérêt du diagnostic, pour l’aider, au niveau du sommeil, en limitant à deux les sujets d’exploration le soir, et en réduisant l’activité lecture ou le temps du rituel », recommande Béatrice Millêtre, docteur en psychologies(3).

UNE PARTICULARITÉ IMPOPULAIRE

Parce qu’il est toujours en avance sur les autres, l’enfant zèbre n’a pas beaucoup d’amis. Aux yeux de ses camarades, c’est un- -crâneur ou un chouchou qu’il faut mettre en quarantaine. Il y a aussi de la jalousie dans l’air, quand le surdoué collectionne les succès scolaires (ce n’est pas automatique). Cause ou conséquence, le trouble associé au HPI est souvent la phobie sociale. « Ses centres d’intérêt n’étant pas ceux de son âge, il peut préférer jouer seul. À ses parents de lui apprendre que les autres ne sont pas bêtes parce que non précoces. À eux de lui inculquer les bienfaits de la différence », souligne Béatrice Millêtre qui voit en consultation des enfants HPI élevés en singes savants, que l’on épuise de cours renforcé en stage intensif. Les parents réjouis veulent optimiser leur surdoué comme un engin de course. Et là, on lui colle en plus une anxiété de performance… Pour trouver le juste milieu, on peut se rapprocher des associations telles que l’Afep ou l’Anpeip (agréées par le ministère de l’Éducation), qui proposent activités, rencontres et forums. Les conférences en ligne de l’association Mensa donnent des outils précieux comme ce réseau international sur lequel les ados HPI peuvent échanger à propos des sujets qui leur tiennent à cœur. Les « Intelligence days » de Mensa, sont des réunions annuelles organisées en région, pour aborder avec d’autres familles et des spécialistes la gestion du phénomène au quotidien. Petit zèbre étant destiné à devenir un adulte HPI, autant l’initier très tôt à la vie en société. Et pourquoi pas passer par un club de zèbres, pour lui montrer qu’il n’est pas tout seul ?

LE METTRE SUR LES BONS RAILS 

Notre petit génie s’ennuie souvent en classe. Son cerveau en effervescence lui donne une aptitude à procéder par association d’idées, par analogie et à trouver des solutions sans passer par la case raisonnement. « Le système scolaire étant bâti sur un mode de pensée séquentiel, il n’est souvent pas adapté au fonctionnement HPI », souligne Anne Gramond, pédopsychiatre. Ses connaissances hyperspécialisées le poussent à trouver le programme scolaire enfantin, son décalage et sa mine ennuyée agacent les enseignants. Au final, soit il ronge son frein et attend l’enseignement supérieur pour s’éclater sur le plan intellectuel, soit il se démotive et devient un cancre. Grâce à ses facilités, il ne prend pas l’habitude de bosser ses cours et très vite, son manque de méthode le cueille au tournant. Auparavant, on lui faisait sauter une ou deux classes, ce qui n’était pas forcément la bonne solution. « Les enseignants sont désormais sensibilisés à la question du HPI, on ne lui fait plus sauter une classe mais on décloisonne une matière, lui faisant suivre sa matière forte dans la classe supérieure, on lui donne des recherches à faire en plus », continue la pédopsychiatre. L’échec scolaire concerne 30 % des enfants zèbres. Dans Tronche de zèbre, enfant précoce(Lattès) le jeune Vincent Tobodeau raconte son expérience, les classes sautées, l’incompréhension de part et d’autre, l’échec en prime, jusqu’à l’école dispensée à la maison par sa maman. Mais Vincent n’est pas « dys » en plus d’être HPI. « Dys » comme dyspraxique, dyslexique… des troubles qui concerne un enfant HPI sur deux et complique le parcours scolaire. Des troubles qui ne sautent pas aux yeux car l’enfant va mettre sa formidable intelligence à contribution pour compenser ou contourner le problème. Seuls des tests peuvent les mettre au jour. D’où l’importance d’un diagnostic précoce et, parfois, d’une pédagogie adaptée des écoles telles qu’Arborescences, dont l’enseignement s’appuie sur les méthodes Montessori et Steiner ; l’établissement Gerson, à Paris ; l’association d’établissements scolaires Prékos… Ou encore Zébra Alternative, solution destinée aux enfants et ados HPI en difficulté, dans les centres Cogito’Z à Marseille, Paris et Avignon. Autant de pistes pour orienter son rejeton. Le but étant de faire de ce décalage HPI un atout et non une casserole pour l’avenir. 
Pour aller plus loin, découvrez les témoignages de mères qui font trouvé un moyen de gérer leur enfant à haut potentiel.
(1) blog les-tribulations-dun-petit-zebre
(2) J’aide mon enfant précoce, coauteure avec Stéphane Simon (Eyrolles pratique)
(3) L’enfant précoce au quotidien (Payotpsy)
http://www.mariefrance.fr/equilibre/psycho/parlons-en/bien-gerer-enfant-a-haut-potentiel-290910.html



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Témoignages : mon enfant est surdoué, comment réagir ?












VALÉRIE RODRIGUE  VENDREDI 18 NOVEMBRE 2016  MIS À JOUR LE VENDREDI 18 NOVEMBRE 2016
Votre enfant a un fort potentiel et vous ne savez pas comment le gérer ? Soyez sans crainte, deux mères exposent une situation similaire à la vôtre. Découvrez leur témoignage.












« IL SE FAISAIT TRAITER DE FAYOT »

Isabelle, maman de Sasha, 12 ans













« Jusqu’au collège, Sasha a mené une bonne scolarité sans effort. Je n’ai pas voulu lui faire sauter de classe, car il n’avait pas la maturité pour se retrouver avec des plus grands. Il se faisait déjà traiter de fayot et ne levait pas la main en classe de peur de se faire mal voir par ses camarades. À la fois très en avance, féru de jeux d’échecs mais ayant encore ses doudous à l’âge de huit ans. En sixième, la directrice du collège m’a recommandé un enseignement spécial, Montessori ou Steiner, pour ses capacités exceptionnelles en dessin, en musique et en maths. Ce genre d’établissement se trouve loin de chez nous et quant à la pension, avec son hyper sensibilité, c’est impossible. Nous pensons lui faire donner des cours particuliers, pour maintenir sa curiosité au niveau. »

« L’ANNÉE PROCHAINE, NOUS L’INSCRIVONS DANS UNE ÉCOLE ALTERNATIVE »

Myriam, maman d’Henri, 6 ans
« Tout petit, Henri préférait écrire des chiffres plutôt que de faire des gribouillis. Dès qu’il a commencé à tenir un crayon, il a tout de suite très bien dessiné. Il a su lire à l’âge de 4 ans, faire des multiplications et des divisions dès l’âge de 5 ans. Il n’a pas de trouble associé, mais on retrouve ce système de pensée en ébullition permanente, cette manière de se poser très tôt des questions existentielles sur la mort, sur l’avenir. Et cette forte demande de stimulation intellectuelle. Mon père étant un HPI, nous nous sommes rapidement doutés, mon mari et moi, qu’Henri possédait le même type d’aptitudes. Prochainement, nous allons l’inscrire dans une école alternative. »
Si vous vous retrouvez dans ces témoignages, découvrez dans notre article comment gérer votre enfant s’il possède un haut potentiel.
http://www.mariefrance.fr/equilibre/psycho/temoignages-psycho/famille/temoignages-enfant-surdoue-reagir-290911.html

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 11:38

Lieu de transit.
Chacun étant différent raconte sa version
Coué ou s'auto suggérer plutôt du positif, après tout pourquoi forcément s'auto suggérer avec du négatif ?
Et la Tour de Pise, si elle penche, pourquoi vouloir absolument la redresser ? On peut aussi d'adapter à ce qu'elle soit penchée.
Comme à Paris quand j'avais mis en photo la Tour Eiffel dans les arbres...
Se stabiliser comme une boule dans un flipper.
Chaque vie d'individu est bercée ou bousculée par des événements divers plus ou moins douloureux, plus ou moins joyeux.
En 2014, au vu des événements j'ai vu tout disparaître en 1/4 de seconde, en fait je voyais alors comment ça pourrait se produire négativement et j'ai pu agir en fonction.
C'est quand même chouette que j'ai pu lire Boris, j'aurai pu me retrouver dans une situation où je ne pouvais pas.
Comme par exemple j'adore Mano Solo mais bon malade et le Sida tous les jours, à toute heure, c'est sûr que comme ambiance pour se motiver bof bof tu vois.
Des choses se terminent, ça a pris du temps, je sentais l'angoisse venir hier, je la connais, je l'ai canalisé et je les senti passer dans mes nerfs et puis ça a fait comme je connais, quelque chose dans le cerveau qui se tende, et laisser venir plutôt que de lutter pour l'inverse et ça part en émotions et puis en sanglot et trois minutes c'est passé.
Je me suis donc endormi sur un hamster peinard qui mange sa carotte. Dans son noyau dur et chaud en fait, les rôles inversés, pour les situer, il faut avoir la base qu'on aurait du avoir. Les références qui conviennent le mieux.
Je repensais à Mickael destroyé par l'alcool qui venait à ma table pour me dire : je voulais que tu sois fière de moi.
Que de chemin, une autre ville, une copine, ses deux enfants et un troisième donc le sien. Et la boxe et son fils champion Smile
Même plus de shit. Il va voir sa mère uniquement quand elle va bien. Alors se comparer ? ça ferait trop de références différentes. Autant se mesurer à soi, à son parcours, à ses défis. Il y a une semaine pour prévoir je mourrais demain Smile Avoir été dedans, pour avoir des boites extérieurs. Pour pouvoir en un instant tout ranger mentalement. Sinon c'est fiesta. Cette dame m'avait dit dans ce bouquin pas de solutions, la créativité pour quoi faire ? ben oui mais bon comment quelqu'un pourrait écrire votre vie pas encore vécue ?

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 12:06

http://www.aspmpnantes2015.fr/doc/presentations/Vendredi/ateliers/B4-Intervention.pdf

Eléments de substitution. Si ça ne vient pas par là, aller le chercher là où ça se trouve.

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http://www.drogues-info-service.fr/Les-drogues-et-vous/L-arret/Vivre-avec-la-substitution#.WD1bi_nhC00

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http://www.lemonde.fr/week-end/article/2011/09/09/cherche-mere-desesperement_1569197_1477893.html

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Je vais me préparer. Pour quoi faire ? Je ne sais pas, déjà me mettre en mouvement. Si je me prépare pas j'ai l'impression d'être malade Smile Après quand je suis prête je pense à un truc à faire, qui en amène un autre, puis un autre.
Hier aussi je pensais à ce forum et je me disais ça a peut être fait gros pansements. Un paquet de réponses pour des questions que je ne m'étais pas encore posée. Pas un seul, plein d'un coup. Se laisser envahir pour baigner dans des choses, des ambiances des moments. Je pensais au fait de se laisser approcher. Au fait d'imaginer avant tout seul, ça élimine le ressenti. Si on est en présence de personne ? comment une envie pourrait elle venir ?
Il faut que je pense à me faire payer rétroactivement pour tout le Cap/Bep que j'ai appris gratos à des diplômés  Very Happy
La perfection n'inclut pas le mouvement. Ca serait statique.
Apprendre à souffrir. Bizarre mais pas con au fond.
Des visages, des paysages, des figures. On peut toujours donné différentes teintes à tout je trouve.
Et quand on y pense le corps est une sacrée machine, déjà la mettre en route chaque jour est un sacré travail, un sacré défi.
Le mental du hamster peut aussi tourner chaque jour pour faire sa cloison. Où je vais aller chercher mes carottes pour les stocker à la maison ? ect. l'anticipation négative. et le fonctionnement affectif avec les affectifs. S'attendre au pire comme au meilleur, envisager les deux options. Evite les déceptions.
S'accepter tel quel, s'habituer à soi. Curieux parcours. Ne pas savoir tout mais savoir et avoir appris assez pour être à la jonction avec des personnes. Toi tu sais ça, moi je sais ça, on a les parties pas les mêmes d'un même domaine mais pas la même fonction, alors qu'est ce qu'on peut en faire ? Comme se reposer et se remettre en état de marche après les tempêtes.
Des curseurs.
Trouver la bonne distance avec l'autre grâce au curseur relationnel

Être attentif sans se faire envahir, ferme sans être rejetant


Catherine Deshays


Collection: Epanouissement, InterEditions
2013 - 2ème édition - 240 pages - 155x240 mm
EAN13 : 9782729613105


Comment être chaleureux et ne pas se faire envahir, comment être ferme sans être rejetant ? Les subtilités du langage et des attitudes ont un impact étonnant sur la relation dont nous n’avons pas toujours conscience. Ce manuel pratique apporte une réflexion et un outil d’ajustement permettant de parvenir à trouver à chaque instant la bonne distance entre soi et l’autre.
Les professionnels du soin, de l’éducation, du social, de la relation d’aide ou de l’accompagnement y trouveront des repères nécessaires et suffisants pour travailler plus sereinement dans des contextes souvent éprouvants.
Deuxième édition revue et enrichie de nouveaux exemples




Sommaire Les repères pour trouver la bonne distance Réglons nos lunettes : de quelle relation parlons-nous ? Le curseur relationnel, un outil d’ajustement entre deux pôles A l’intèrieur de la relation, les notions de distance et difference Le pole « cadre » du curseur relationnel Le pôle « accueil » du curseur relationnel. Dans le vif de la pratique, le curseur relationnel constitue ou offre… Un protocole pour installer la situation d’entretien ou une seance de travail Une place pour la plainte Une attitude sereine face aux emotions Un appui pour les situations de conflit et de desaccord Des moyens d’action face au risque de suicide Une aide face a l’agressivite, la manipulation, la violence Un soutien pour les situations relationnelles Une qualite de presence dans la relation soignante Un recul salutaire face aux limites des pratiques professionnelles. La bonne distance ? : comment penser la relation humaine ? Les fondements de ma démarche Regarder autrement deux modèles pour penser la relation humaine et la relation d’aide Conclusion
Biographie des auteurs
Catherine Deshays - Médecin acupuncteur, Catherine Deshays est également psychothérapeute, formatrice à la relation d'aide et formatrice en gestalt-thérapie. Praticien attaché au CHS de Montafavet-Avignon, psychiatre, elle enseigne le curseur de la relation à l'ARTEC, à l'EPG, à l'EGTP et à l'INGT, pour des publics du domaine social, éducatif et médical.
Publics
Coach, médecins, personnel soignant, thérapeutes, éducateurs, formateurs, intervenants sociaux, Tous les professionnels dans le champ de la relation d'aide et de soin Public intéressé par le développement personnel et la gestion relationnelle
Mots-clés
Communication : technique
http://www.dunod.com/sciences-sociales-humaines/bien-etre-intereditions/developpement-personnel-coaching-et-accompagnement/accompagnement--43
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Un aéroport et des personnes qui se parlent ou pas avant de prendre un avion pour se recroiser ensuite ou pas.

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 12:21

Qui est déjà passé par où et par quoi je suis passée ? qui passera par la même chose que moi à l'avenir ? Qui a fait comme moi pour quoi ? Qui veut faire comme moi ?
Les accélérations mentales. Des bumpers profonds ou superficiels. Parfois le superficiel de quelqu'un est au fond son profond. Les gens, des gens mettent une connotation négative sur les hôpitaux psychiatriques. On m'a parfois renvoyé du mal que je n'ai pas eu. Tout le temps à l'hosto pour un proche. Ben oui vu de ton angle d'extérieur, j'ai vu les choses de dedans.
Aller demander des repères à celui qui ne les a pas, c'est con.
Changer de crèmerie. Un grand monsieur que j'aime beaucoup a fait un AVC. qu'est ce que ça me dit ? qu'on peut s'en remettre. S'amuser de soi. De ses particularités.
Comme tout seul c'est connoté négatif par rapport à quoi ? à qui ? Comme la norme ? J'aurai pas aimé faire des choix définitifs pour faire comme tout le monde et regretter comme tout le monde.... Quels ingrédients tu mets dans ton moulin à penser ? Tenter de prendre du temps à pas le temps ou aller chercher et vers j'ai le temps ?
Toutes ces personnes qui déposent vidéos et images sur le net en pensant que ça sert à rien, en fait ça me sert à moi.
Il faut le faire à 30 piges un forum quand même. Un bazar où tu parles à des gens en Suisse, en Belgique, de ton salon en France. Beau travail de rentabilisation du temps en fait. Tu peux apprendre des trucs pendant la cuisson de tes pâtes qui du coup devient trop courte Wink

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 12:28


  • ESPACE1, subst. masc.

  • ESPACE2, subst. fém.

  • ESPACER, verbe trans.


A.− PHILOS., SC. Milieu idéal indéfini, dans lequel se situe l'ensemble de nos perceptions et qui contient tous les objets existants ou concevables (concept philosophique dont l'origine et le contenu varient suivant les doctrines et les auteurs). La théorie de l'espace; espace axiologique; l'espace et le temps, l'espace et la durée. Il y a deux formes pures de l'intuition sensible, à savoir, l'espace et le temps (Cousin, Philos. Kant,1857, p. 70).En ce sens, la conception kantienne de l'espace diffère moins qu'on ne se l'imagine de la croyance populaire (Bergson, Essai donn. imm.,1889, p. 79).L'espace ne saurait être une forme (Sartre, Être et Néant,1943, p. 233):
1. L'espace est un corps imaginaire comme le temps un mouvement fictif. Dire : « dans l'espace », « l'espaceest empli de », − c'est définir un corps. Valéry, Tel quel II,1943, p. 293.
− [En tant qu'objet de la géom., des math.] Ensemble mathématique formel comprenant des objets satisfaisant à des lois spécifiques. Géométrie dans l'espace (Ac.1932).Dans un espace courbe, on ne peut pas tirer de ligne droite(Beauvoir, Mandarins,1954, p. 489).C'est Riemann qui (...) le premier, chercha à dégager la notion d'espace topologique (Bourbaki, Hist. math.,1960, p. 146):
2. ... peut-on imaginer l'espace non-euclidien? Cela veut dire : pouvons-nous imaginer un monde où il y aurait des objets naturels remarquables affectant à peu près la forme des droites non-euclidiennes, (...) à cette question il faut répondre oui. Poincaré, Valeur sc.,1905, p. 63.
SYNT. Les dimensions de l'espace; espace à trois, à n dimensions; espace physique; espace cubique, métrique, vectoriel; espaces homogènes, isotropes, normés; espace euclidien, riemannien.
− [Dans le cadre de la théorie de la relativité] Le temps est la quatrième dimension de l'espace (Alain, Propos,1927, p. 736).La théorie de la relativité nous a appris que le temps était inséparable de l'espace (Cartan, Parallélisme abs.,1932, p. 14).
3. ... le déterminisme (...) implique simplement que les choses sont liées dans le temps aussi bien que dans l'espace, que le temps est indissolublement lié à l'espace. Ruyer, Esq. philos. struct.,1930, p. 285.
− Dans le domaine de la psychol.Espace tactile, visuel. Portion de l'étendue couverte par le toucher, par la vue. En général, il faut voir de haut en bas, embrasser un grand espace pour sentir le beau, le grand, l'infini (Maine de Biran, Journal,1816, p. 175):
4. J'ai cherché (...) à former avec nos sensations visuelles un continu physique équivalent à l'espace; (...) il est permis de dire que « l'espace visuel » a trois dimensions. (...) ce n'est pas sur l'espace visuel, mais sur l'espace moteur qu'il faut faire porter notre effort. Poincaré, Valeur sc.,1905p. 99.
Rem. On rencontre ds la docum. l'expr., au fig., perdu dans l'espace et dans le temps « complètement abandonné, complètement perdu ». Lorsque l'heure de la fermeture arrive, je me retrouve sur le trottoir, perdu dans l'espace et dans le temps (Morand, New-York, 1930, p. 256).
B.− Distance déterminée; surface.
1. [L'espace considéré princ. dans une seule dimension] (Quasi-)synon. écart, intervalle.
a) Distance comprise entre un point et un autre, entre un lieu, un objet et un autre.
α) Usuel. Au fond, à droite, dans l'espace compris entre la porte du vestibule et celle du salon, un petit bureau(Martin du G., Taciturne,1932, III, p. 1314).La plus grande beauté d'une ville n'est pas dans les édifices, elle est dans l'espace libre entre les édifices (Duhamel, Combat ombres,1939, p. 77).Se retenant au mur, (...) elle parvint à franchir ce grand espace entre sa chambre et la cuisine (Roy, Bonheur occas.,1945, p. 444):
5. ... il est facile de se diriger à New-York par latitude et longitude, comme en mer (...). L'espace, toujours identique, compris entre deux rues, se nomme un bloc. Morand, New-York,1930,p. 112.
Rem. On rencontre ds la docum. l'emploi un espace de suivi d'un compl. désignant la nature de l'étendue. Le jeune homme (...) jeta la boucle de diamants (...) au pêcheur (...) celui-ci (...) se hâta de mettre un large espace de mer entre le bienfaiteur et le bienfait (Hugo, Han d'Isl., 1823, p. 37).
− Abs. La distance, l'éloignement :
6. Qu'un critique étranger nous juge, il y a beaucoup de chances pour qu'il tombe juste. Il nous connaît mieux que nos compatriotes qui s'écrasent le nez sur nous. L'espace joue là le rôle du temps. Cocteau, Diff. d'être,1947, p. 23.
− Parcourir des espaces. Parcourir des distances. J'employais les heures d'après-midi à parcourir à pied de grands espaces (Sainte-Beuve, Volupté,t. 2, 1834, p. 172).L'accroissement infiniment petit de l'espace parcouru est proportionnel en chaque instant à la vitesse acquise (Cournot, Fond. connaiss.,1851, p. 308).
− Locutions
♦ D'espace en espace. De distance en distance, de place en place. Le flanc de la montagne miroitait imperceptiblement. On apercevait d'espace en espace quelques cavités où l'eau avait séjourné (About, Roi mont.,1857, p. 213).Larges bandes qui, d'espace en espace, cerclaient le corps (Gautier, Rom. momie,1858, p. 185).
♦ L'espace de. Sur la distance de. L'espace d'un kilomètre. Pierre racontait (...) qu'après avoir passé la première et la deuxième garde (...) l'ange l'accompagna encore l'espace d'une rue (Renan, Apôtres,1866, p. 249).
β) Spécialement
− Domaine du journ.Espace d'annonces. Emplacement réservé au passage des annonces. V. annonceur ex. 2.
− IMPR., TYPOGR. Intervalle séparant des mots, discontinuité qui coupe une ligne. Les caractères [des Contes de Perraultsont ceux du XVIIesiècle (...) il y a de l'espace et un espace égal entre les mots, l'air y circule à travers avec une sorte d'aisance (Sainte-Beuve, Nouv. lundis,t. 1, 1863-69, p. 297).
Rem. V. espace2.
− Domaine artistique
♦ PEINTURE :
7. [Puvis de Chavannes crée] délibérément, sur un dessin exact, simplifié, uniquement soucieux des silhouettes et des espaces entre les figures, une coloration conventionnelle, calculée d'après le lieu auquel l'œuvre est destinée. Mauclair, De Watteau à Whistler,1905, p. 207.
♦ MUS. Ces espaces insignifiants que le musicien est forcé de placer entre les parties intéressantes de son ouvrage, pour conduire d'un motif à l'autre ou les faire valoir! (Delacroix, Journal,1853, p. 17).Entre le ténor et le soprano, voix non-contiguës, on peut mettre, quelquefois, des espaces plus grands que l'octave; la dixième, par exemple (E. Durand, Traité harm.,s.d., p. 31).
b) P. anal. Laps de temps.
α) Absolument
− Vx. À ce discours, la tourterelle En se moquant s'éloigna d'elle. Sans se revoir elles furent dix ans. Après ce long espace, un beau jour de printemps, Dans la même forêt elles se rencontrèrent (Florian, Fables,1792, p. 185).
− Littér. Moments d'une vie :
8. ... une méticuleuse collection d'instants privilégiés que le romancier choisira au plus secret de son passé. D'immenses espaces morts sont ainsi rejetés de la vie parce qu'ils n'ont rien laissé dans le souvenir. Camus, Homme rév.,1951, p. 329.
β) (Dans, en l') espace de + compl.Un court, un long espace de temps. Car il ne pensait pas que ces demeures eussent été construites, en un si petit espace de temps, par des moyens naturels (France, Clio,1900, p. 78).
− [Le compl. désigne une mesure de temps] L'espace d'une seconde, de quelques jours, d'un an, d'un demi-siècle; dans le court espace d'une nuit. Ils se regardèrent l'espace d'une minute, silencieux et immobiles tous deux (Ponson du Terr., Rocambole,t. 1, 1859, p. 53).Le combat pour le Matterhorn avait pourtant duré près de trois quarts de siècle, l'espace de trois générations (Peyré, Matterhorn,1939, p. 36):
9. ... on pourrait tirer une formule qui fonderait la réalité du « siècle » et qui s'exprimerait à peu près ainsi : le siècle, unité de durée vivante, se définit comme l'espace de temps couvert par la réalité sociale de l'homme normal. Thibaudet, Réflex. littér.,1936, p. 123.
− P. anal. [Le compl. désigne un fait, une action envisagée dans sa durée] :
10. ... [Paul et Cécilie] traversèrent de grands espaces en l'espace d'un baiser... Paul appuya sa paume sur le visage de Cécilie dont la tête et les pensées reposaient sur son épaule. L. de Vilmorin, Lettre ds taxi,1958, p. 170.
♦ L'espace d'un éclair. La durée d'un éclair, un très bref moment. J'eus, l'espace d'un éclair, le sentiment confus que je devais me tromper (Duhamel, Terre promise,1934, p. 61).
c) Au fig., littér. Écart, distance existant entre des notions, des sentiments, des personnes. L'espace mis entre elle et la bourgeoisie (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 53).Il y a beaucoup d'espace entre le désir, les plaisirs de vanité que donne la familiarité avec une femme, et l'amour (Nizan, Conspir.,1938, p. 129).
2. [L'espace considéré princ. dans deux dimensions]
a) Étendue, surface déterminée. Dans un espace de trois mètres carrés. (Quasi-)synon. endroit, place; superficie, surface.L'espace occupé par les ruines de la ville moderne est immense (Lamart., Voy. Orient,t. 2, 1835, p. 192).Un espace libre a pu être aménagé au bas du perron (Martin du G., J. Barois,1913, p. 400):
11. Pour ce qui est de la petitesse des gènes, Muller a fait pertinemment remarquer que, si l'on pouvait rassembler tous les gènes appelés à déterminer les caractères héréditaires de la prochaine génération humaine, ils occuperaient l'espace d'un comprimé d'aspirine. J. Rostand, La Vie et ses probl.,1939, p. 30.
b) En partic.
α) Surface déterminée, à l'intérieur d'une habitation, ou surface découverte, élément du paysage.
− [À l'intérieur d'une habitation] Tout le long de l'un des côtés étroits de la salle, un espace libre, de trois mètres de large, était réservé (Malraux, Cond. hum.,1933, p. 401).De hauts paravents de laque divisaient les deux salons d'attente en petits espaces où l'on isolait les clients (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 122).
− [Élément du paysage] Espaces découverts, plantés. Nous sommes arrivés sur le premier grand plateau de la Brie. Ce sont d'immenses espaces de blés verts (Alain-Fournier, Corresp.[avec Rivière], 1908, p. 350).Il reste un espace marécageux que nous traversons à dos d'homme (Gide, Voy. Congo,1927, p. 839).
♦ Espaces verts. Surfaces réservées aux arbres, à la verdure, dans l'urbanisme moderne. Les axes préférentiels (...) ont été tracés en fonction des larges espaces verts à maintenir (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr.,1967, p. 420).
β) [Avec l'idée dominante de place dont on dispose] Place. On commence à vouloir de petits tableaux, faute d'espace pour en placer de grands (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 119).Cette ville féodale (...) Bâtie dans une plaine, (...) disposait d'un grand espace (T'Serstevens, Itinér. esp.,1963, p. 320).
♦ Au fig. Je ne veux rien poursuivre sous le couvercle d'un cercueil; quand la mort a appliqué sa main sur le visage d'un homme, il ne reste plus d'espace à l'insulte (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist.,t. 1, 1831, p. XC).
− Espace vital. Surface dont ont besoin en moyenne les individus d'une espèce pour leur développement. Six pièces (...) Y avait de l'espace vital (Le Breton, Rififi,1953, p. 71).L'urbanisme se propose de créer un compromis acceptable entre l'espace vital de l'individu et celui de la collectivité (Gds ensembles habit.,1963, p. 6).Étendue de territoire qu'un pays revendique pour des raisons démographiques ou économiques. Notre espace vital reste très vaste, puisque nous sommes, de tous nos voisins européens, le pays du plus faible coefficient d'occupation au kilomètre carré (Fonteneau, Conseil munic.,1965, p. 7).
♦ P. ext. Ensemble constitué par la personne et par son environnement à un moment donné (d'apr. Piéron 1963).
c) Spéc., ANAT. [En parlant de certaines régions, de certains éléments du corps] Espaces intercostaux, interdigitaux, interosseux; espace intervertébral; espace lymphatique. L'espace membraneux est (...) très-large dans quelques espèces (Cuvier, Anat. comp.,t. 2, 1805, p. 83).
C.− [L'espace considéré dans ses trois dimensions] Volume déterminé.
1. L'atmosphère, l'air environnant.
a) [En tant que le lieu de phénomènes sonores] La nuit était silencieuse et l'on entendait les moindres bruits qui résonnaient dans l'espace (Ponson du Terr., Rocambole,t. 2, 1859, p. 130).Une voix d'homme retentit enfin, à travers l'épaisseur de l'espace nocturne (Duhamel, Passion J. Pasquier,1945, p. 74):
12. Mais Antoine avait relevé la tête : un nouveau bruit venait de se faire entendre. Un bruit d'une tout autre espèce, un bruit cette fois très violent et tout à fait inattendu, un bruit qui venait du fond de l'espace. Ramuz, Derborence,1934, p. 18.
♦ Emplir l'espace de. Maman, penchée sur le balcon, emplissait l'espace d'appels dramatiques (Duhamel, Le Notaire Havre,1933, p. 80).
− [En tant que le lieu de phénomènes météorologiques] La tempête était déchaînée dans l'espace et battait l'air de son vol éclatant (Dumas père, Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 255).
b) Milieu libre, naturel, où l'individu peut se développer, s'épanouir. Espace infini. Au dehors, par les fenêtres, l'air va, le ciel rit. Il y a des arbres, de la liberté, de l'espace (Goncourt, Journal,1862, p. 1148).On entendait derrière la porte cette impatience piétinante des écoliers qui vont sortir, avides d'espace et d'air (A. Daudet, Nabab,1877, p. 154).Ici, que d'espace, que d'air (Saint-Exup., Courr. Sud,1928, p. 65):
13. Le soleil, l'espace me donnaient le vertige. Je me laissais rouler sur la pente de la clairière en criant; je riais sans cause. Ces transports me libéraient d'un excès de bonheur. Green, Autre sommeil,1931, p. 37.
− P. anal. Ensemble de relations déterminant un domaine donné en matière sociale, économique. Espace social, monétaire. Le même temps connut l'entrée retentissante, dans l'espace politique, de la finance et de la publicité combinées (Valéry, Variété II,1929, p. 111).La nation est un espace économique où les facteurs de la production sont mobiles (Perroux, Écon. XXes.,1964, p. 277).
Rem. On rencontre ds la docum. l'emploi de espace avec le sens d'« atmosphère favorable à l'exubérance, à la volubilité ». Cet excès même de parole (...) [de Duclosqui détonnait dans la société et dans les salons, eût trouvé son milieu assez naturel et tout son espace dans la vie des Assemblées (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 9, 1851-62, p. 259).
− Loc. Avoir de l'espace. De la place. Vous me rejoignez... disons place de l'Hôtel-de-Ville, sur le terre-plein central. (...) C'est beaucoup moins suspect que l'angle d'une rue. Et on a de l'espace (Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. 252).
− Au fig. Champ ouvert à l'imagination. Échapper ainsi à l'écrasante pression de la matière pour se jouer dans les fluides espaces de la pensée (Proust, Prisonn.,1922, p. 56):
14. [Ma mère] m'entretenait souvent de mon avenir, m'expliquait diverses professions, leurs avantages, leurs « aléas », découvrant à mon esprit des espaces un peu obscurs, d'aspect un peu rude... Lacretelle, Silbermann,1922, p. 17.
♦ Espaces imaginaires. Rêves, utopies. Sa raison, ballottée dans les espaces imaginaires, ne tenait plus qu'à ce fil(Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 113).Bientôt son âme fut dans les espaces imaginaires (Stendhal, L. Leuwen, t. 1, 1836, p. 36).
2. Le ciel. L'immensité de l'espace. Le soleil passe dans l'espace, éclatant et froid... jetant sur la création gelée des rayons qui n'échauffent rien (Maupass., Bel-Ami,1885, p. 164).
− Au plur., littér., poét. Levez-vous vîte, orages desirés, qui devez emporter René dans les espaces d'une autre vie!(Chateaubr., Génie,t. 1, 1803, p. 435).Dans les profondeurs des cieux où tu te voiles, Dans ces espaces bleus, dans ces sentiers d'étoiles (Lamart., Jocelyn,1836, p. 688).La foudre hurlant à travers les espaces (Verlaine, Prem. vers,1858-66, p. Cool.
− Spéc., AVIAT. Espace aérien. Partie de l'atmosphère dévolue à une nation qui en contrôle la circulation aérienne.
− P. anal. L'étendue des mers. Pendant quelques minutes, le lord regarda l'immensité des flots, cherchant peut-être d'un dernier regard quelque navire perdu dans l'espace (Verne, Enf. cap. Grant,t. 3, 1868, p. 13).La mer nous manque, la mer, qui est en somme le grand espace ouvert, le grand champ libre sur lequel nous nous sommes accoutumés à courir (Loti, Mon frère Yves,1883, p. 190).
Rem. On rencontre ds la docum. l'emploi d'espace avec le sens de a) Vague. Mêmes regards perdus dans l'espace(France, Vie fleur, 1922, p. 314); b) Vide. Et soudain Bastien poussa un cri terrible et se trouva lancé dans l'espace(Ponson du Terr., Rocambole, t. 1, 1859, p. 656).
3. Univers extérieur à l'atmosphère terrestre. Espace cosmique, interstellaire; espaces interplanétaires; la conquête de l'espace; vaisseau de l'espace (v. amplification ex. 4.). Les expériences de Fresnel forçaient tous les savants à admettre que la lumière est due aux vibrations d'un fluide très subtil, remplissant les espaces interplanétaires(Poincaré, Théorie Maxwell,1899, p. 13).
− Au fig. [En parlant de milieux abstr., évoqués par des œuvres littér.] Le poème faustien, celle des œuvres de Goethe qui évoque les plus profonds abîmes intérieurs et qui embrasse les plus vastes espaces cosmiques (Béguin, Âme romant.,1939, p. 160).
4. Spéc., au fig., LITT., PEINT., THÉÂTRE. Univers (abstrait) créé, représenté ou utilisé par une œuvre d'art. Espace pictural, théâtral. Sur le thème du Petit Poucet (...) nous venons d'assister à des transpositions de grandeur qui donnent une double vie aux espaces poétiques (Bachelard, Poét. espace,1957, p. 157).Loin d'être un vacuum, l'espace lamartinien semble être occupé par une matière quintessenciée (Poulet, Métam. cercle,1961, p. 190):
15. L'espace scénique est alors restauré dans sa dignité première, rendu à sa liberté, à ses vraies dimensions, à sa fonction. Délivré de sa rigide enveloppe, l'espace n'est plus momie inerte, mais substance vivante, élastique. Serrière, T.N.P.,1959, p. 72.
Rem. On rencontre ds la docum. a) un emploi poét. de espace au fém. Et toi, douce espace, Où sont les steppes de tes seins, que j'y rêvasse? (Laforgue, Complaintes, 1885, p. 178). b) Espace-temps, subst. masc. Dans la théorie de la relativité, concept résultant de la fusion du concept d'espace géométrique à trois dimensions avec le concept de temps. Il n'en demeure pas moins que l'idée de l'entité binaire matière-énergie, espace-temps, masse-vitesse, etc. est, elle, parfaitement nette (Benda, Fr. byz., 1945, p. 19).
Prononc. et Orth. : [εspas] ou [εspa:s]. Cette dernière forme ds Passy 1914, Barbeau-Rodhe 1930, Dub., Warn.1968 (à titre de var.); v. aussi Rouss.-Lacl. 1927, Grammont Prononc. 1958, Fouché Prononc. 1959. Remonte à la prononc. scolaire du lat. médiéval (cf. G. Straka in La Classe de fr., 9, 1958, 361). Buben 1935 constate l'hésitation. Enq. : /espas, (D)/. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1160-74 « laps de temps, durée » (Wace, Chron. ascendante des ducs de Normandie, éd. A. J. Holden, I, 1). B. 1. Ca 1200 « étendue, dimension (d'un lieu) » (Dialogue Grégoire, 39, 19 ds T.-L. : lo spaze del cortil); 2. 1314 « intervalle, distance entre deux points, largeur » (H. de Mondeville, Chirurgie, § 722, 734 et 1352); 3. a) mil. xvies. « étendue des airs » le grand espace du ciel (Du Bellay, Œuvres, éd. H. Chamard, III, 18 ds IGLF); b) 1662 au sing. ou au plur. « étendue infinie de l'univers, cosmos » (Pascal, Pensées, éd. L. Lafuma, § 113 et 201); 4. 1647 sc. « étendue, milieu dans lesquels ont lieu les phénomènes observés ou les abstractions faisant l'objet d'une étude » (Descartes, Principes de la Philosophie, II, 10 ds Rob.). Empr. au lat. class. spatium « champ de course, arène, étendue, durée ». Fréq. abs. littér. : 8 012. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 10 185, b) 7 081; xxes. : a) 11 365, b) 14 749. Bbg. Colomb. 1952/53, pp. 295-296. − Eggs(E.). Möglichkeiten und Grenzen einer wissenschaftlichen Semantik. Bern-Frankfurt, 1971. − Matoré (G.). L'Espace hum. L'expr. de l'espace ds la vie, la pensée et l'art contemp., Paris, 1962, passim. − Matoré (G.). Le Vocab. contemp. et l'espace. R. des sc. hum. 1960, no97, pp. 105-124. − Schmidt (H.). Fr. vivant. Rech. lexicol. Praxis.1970, t. 17, p. 188. − Valeton (D.). Lexicol. L'espace et le temps. Paris, 1973, 61 p.
http://www.cnrtl.fr/definition/espace

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L’ESPACE, UN CONCEPT GÉOGRAPHIQUE MAJEUR



On déclare souvent que la géographie est la science de l'espace. Si on reprend certains écrits de Jacques LEVY ou de Roger BRUNET, on trouve aussi la mention d'une publicité pour une automobile au nom d'Espace qui déclarait « et si le luxe c'était l'espace ? ». Mais avant de devenir la science de l'espace, la géographie a connu deux autres temps : un premier temps de paléo-géographie (pour reprendre l'idée de Jacques LEVY) dans lequel les géographes sont plus des chorographes qui décrivent la terre, l'arpentant ou non, et tentent de trouver des lois générales (avant le XIX°siècle) ; un deuxième temps de géographie scientifique classique ou régionale ou vidalienne (globalement entre 1870 et 1970-84), du nom de son fondateur dans lequel la notion centrale est celle de territoire régional associé à l'étude de paysages ;
Enfin, le troisième temps, à partir des années 1960 (mais qui s'impose réellement en 1984), celui de l'étude (ou analyse) spatiale, dans lequel l'espace devient le concept central de la géographie scientifique. Cette notion d'espace permet de réfléchir et d’organiser la relation des humains à leur environnement, non seulement un environnement naturel (géographie classique) mais aussi un environnement humain fait de personnes, de lieux, de territoires, d'idées, d’apprentissages, etc.
Ce terme d'espace est un terme complexe, large qui a permis de révolutionner (cf. KUHN, la structure des révolutions scientifiques) une science qui alors semble s'éteindre. L'analyse spatiale a donc permis une nouvelle lecture du monde par les géographes. On peut se demander si cette lecture du monde à travers l'analyse spatiale et la spatialité des sociétés n'a pas voulu systématiser les rapports sociaux en cherchant des lois absolues.
En effet, c'est ce que nous verrons dans une première partie, le concept d'espace est une notion récente issue d'autres sciences. La deuxième partie s'attachera à montrer que la géographie a connu un « tournant spatial » autour des années 1960 qui a été une révolution épistémologique. Enfin, la troisième partie montrera comment l'espace a renouvelé non seulement le discours mais aussi la recherche géographique.
 
1. Un concept récent

 
a- La géographie avant l'espace.
 
Avant que la notion d'espace ne domine le champ géographique, cette science utilisait d'autres notions : la région ; le genre de vie ; les combinaisons ; le paysages. Des notions mises en place par Paul VIDAL de la BLACHE à la fin du XIX° siècle et au début du XX° siècle et qui sont ensuite utilisées jusqu'aux années 1960 en France. Dans cette optique, l'espace est vu comme : l'étude de territoires physiques concrets autour de lignes de force définies par l’homogénéité des paysages à travers des éléments principalement naturels.
 
Dans son sens le plus courant (comme on peut le lire dans le Dictionnaire de la géographie de Pierre GEORGE et Fernand VERGER en 1970), le mot est utilisé pour désigner l'espace cosmologique : tout ce qui entoure la planète terre (étoiles, ciel, planètes, système solaire, etc.)
 
Lorsqu'il est utilisé dans un autre sens, il est utilisé le plus souvent avec le sens d'une étendue terrestre, un étendue vague.
 
C'est un mot employé avec un sens mal défini. On le confond souvent alors avec :


  • étendue terrestre ; 



  • surface ;


  • contrée ; 



  • lieu ; 


  • voire même région ;


  • ou (pire encore) territoire.



b- L'espace vue par les autres sciences :  
 
Si on reprend le sens originel du mot espace, il faut le faire en latin : spatium, c'est un champ de courses, une arène, mais aussi une étendue, distance ou encore une durée, laps de temps.
 


  • En mathématiques, bien sur, l'espace est un concept important, mais il se limite à un milieu conçu par abstraction de l’espace perceptif. Dans la géométrie euclidienne, selon POINCARÉ, il est continu, infini, à trois dimensions, homogène, isotrope). Dans les géométries non euclidiennes, l'espace peut avoir différentes dimensions (non définies).




  • En astronomie, bien sûr, l'espace cosmologique.




  • C'est la philosophie qui s’intéresse la première à l'idée d'espace, notamment aux XVII° et XVIII° siècles. De PLATON à Isaac NEWTON, l'espace est vu de manière classique autour de l'idée de positionnement : on est proche de l'idée de région ou de pays dans cette acception du terme.


    • PLATON développe dans Le Timée sa théorie de l'espace. Elle se caractérise par l’identification de l'espace et de la matière. PLATON identifie le monde des corps physiques avec celui des formes géométriques. Un corps physique est simplement une partie d'espace limitée par des surfaces ne contenant que du vide. Sa physique est ainsi géométrique ! Les éléments étaient pourvus de structures spatiales définies : eau (icosaèdre) ; air (octaèdre) ; feu (tétraèdre) ; terre (cube) ; éther (dodécaèdre). 


    • Chez ARISTOTE, l’espace définit le lieu comme l'enveloppe immobile d'un corps. Pour lui, il n'y a pas de vide, l'espace est la somme de tous les lieux occupés par les corps. 

    • Pour NEWTON (1642-1727), l'espace est une sorte de substance qui existe indépendamment de toute matière et possède une structure d'espace euclidien infini à trois dimensions. L'espace persiste à travers le temps sans aucun changement et ne peut être perçu directement (comme un champ magnétique ne peut être détecté par nos sens), mais on peut inférer son existence sur la base d'expériences… Il oppose un espace absolu à l'espace relatif : le premier est « sans relation aux choses externes, [il]demeure par sa nature toujours similaire et immobile. » Le second est «cette mesure ou dimension mobile de l'espace absolu, laquelle tombe sous nos sens par sa relation aux corps, et que le vulgaire confond avec l'espace immobile. C'est ainsi, par exemple, qu'un espace, pris au-dedans de la terre ou dans le ciel, est déterminé par la situation qu'il a à l'égard de la terre … » 

    • Avec George BERKELEY (1685-1753), on va vers une vision culturelle, une relation à l'espace limitée par les limites sensorielles de l'être humain (les 5 sens). 


    • René DESCARTES pense l'espace comme « une substance étendue » qui relativise l'espace et qui correspond à une réalité unique (on va vers l'analyse spatiale). L'espace permet de comprendre le continuum tridimensionnel. Selon lui, le corps se comprend à partir de la notion d'extension (notion primitive innée dont on prend conscience à partir de l’expérience sensible de notre coroporéité) alors que l'espace est un concept plus abstrait qui exprime la grandeur ; l'espace devient alors un objet de la géométrie, donc de l'abstraction.


    • LEIBNIZ (1646 – 1716) et HUYGENS (1629 – 1697) vont s'opposer à NEWTON. Ils pensent qu'il n'y a pas d'espace absolu mais qu'un espace relatif. Ils expliquent que sans matière dans l'univers, il ne subsisterait pas d'espace. Il faut donc au moins deux points matériels pour parler d'espace. L'espace est dû aux relations existant entre des objets matériels coexistant.





 


  • En économie, on s'est intéressé assez tôt aux effets de l'espace sur l'économie. Cette science permet d'intégrer l'idée de lois (économiques) qui organisent l'espace économique. Ces lois peuvent être gravitaires, d'interaction, des frontières, etc. L'école allemande du XIX°-XX° siècle propose :



    • Heinrich von THÜNEN propose un modèle d'affectation agricole du sol (1826-1851) ;


    • Alfred WEBER en propose un pour l'industrie (1909) ;


    • Walter CHRISTALLER et August LÖSCH en propose un modèle de localisation des services : la théorie des places centrales (1933-1938) ;

    • La géographie va puiser dans la science économique à la fois des idées, des concepts et un vocabulaire : un espace qui n'est pas naturel, qui s'en détache parfois même à l'excès (comme la théorie des lieux centraux qui s'applique certes au territoire de l’Allemagne du sud ou des Grandes Plaines des États-Unis, mais pas forcément ailleurs)





  • En anthropologie, l'espace est aussi utilisé : 


    • Abraham MOLES explique que chaque espace a un caractère à la fois sociofuge et sociopète : il favorise le contact tout en sachant limiter les distances entre individus. Grâce à une démonstration qui part de l’éthologie, il montre dans La dimension cachée qu’il existe quatre types de distances spatiales existantes dans chaque culture :  


      • la distance intime, 


      • la distance personnelle, 


      • la distance sociale,


      • la distance publique. 







Chacune varie selon les personnes, les sociétés et les lieux dans lesquels nous nous trouvons.  


  • E.T.Hall montre que la distance (la bulle) qui nous sépare des autres est différente selon les cultures. Des conflits peuvent être générés à cause de ces malentendus. Cette différence de sphère personnelle qui nous entoure et qui nous protège des autres, influence notre manière d’organiser l’espace et de le pratiquer. E.T. Hall donne en exemple le Japon, l’Europe et les États-Unis d’Amérique : le style d’aménagement urbain et domestique des habitats de chacun de ces lieux géographiques est différend selon leurs manières de pratiquer l’espace.



  • En démographie, c’est dans le champ de l’étude des migrations qu’apparaît la notion d’espace de vie. Lorsque les démographes se sont emparés de la thématique des pratiques spatiales des populations, ils ont tout d’abord utilisé la notion de résidence. La démographie s'est emparée de la notion d'espace surtout dans le cadre de l’étude des migrations. Ainsi, l’individu n’est plus rattaché uniquement à son lieu de résidence mais à l’ensemble des lieux avec lesquels il est en rapport. La configuration de ces lieux intervient dans les choix de mobilité et se trouve en retour modifiée par la migration. Selon Daniel COURGEAUn l'espace de vie se constitue des types de lieux suivants :  


    • les lieux de résidence et de travail actuel de l’enquêté ; 


    • les lieux de résidence actuels de ses parents, de ses enfants, de ses frères et sœurs et des parents de son conjoint éventuel ; 


    • ses résidences secondaires actuelles ; les autres lieux cités par l’enquêté comme fréquentés au moment de l’enquête, dans la plupart des cas les lieux de vacances ou de séjours réguliers. 




(voir Nicolas ROBETTE, de l'Ined dans l'article : Les espaces de vie individuels : de la géographie à une application empirique en démographieCybergeo : European Journal of Geography).
 
2- Le tournant spatial (« spatial turn »).
 
a- L'apport théorique des Nord-américains.
 
Au delà de l'apport allemand qui se concentre sur l'analyse économique de l'espace, les Nord-américains vont développer l'idée d'une organisation spatiale qui a ses propres règles et qui permet de dépasser la géographie classique organisée autour de la notion de territoire, de région et de paysage. L'espace devient alors la notion refondratrice de la géographie :


  • Édouard ULLMANN définit la géographie comme « une science des interactions spatiales » dans laquelle les relations horizontales l'emportent sur les relations verticales (homme-milieu). Pour lui, la géographie doit d'abord s’intéresser aux effets de la distance entre les lieux (en tant que contenant et contenu). Ses articles écrits en 1941 ne seront repris que dans les années 1960. (A theory of location for citiesAmerican Journal of Sociology. Vol 46, 6, 853-864). Ces interactions spatiales reprennent les idées de complémentarité (qui résulte d’une différenciation entre les lieux, d’origine naturelle ou culturelle, ou produite par des économies d’échelle), d'« intervening opportunity » (ou occasions interposées) et de distance (« in real terms of time and cost »). 



  • William BUNGE pense que l'espace est au cœur de la géographie, à travers les apports modernes, c'est à dire à travers la géographie quantitative (même si après il s'en sépare pour aller vers une géographie plus critique ou radicale). Il va théoriser les rapports des sociétés avec la distance et surtout avec la distance-temps. Il pense qu'il y a des lois spatiales



  • Peter GOULD (The new geography, where the movement is) s'intéresse aux cartes mentales, aux représentations de l'espace : il demande à des élèves et à des étudiants de classer les 48 États de l'union par ordre de préférence. Il en tire deux conclusions : la première c'est que les espaces les plus prisés sont sur les côtes ; la seconde est que dans l'esprit de ces jeunes, l'espace est structuré n bandes qui sont celles de l'occupation progressive du territoire étasunien. Il lance une même étude en GBauprès d'écoliers anglais : une composante générale leur fait préférer les régions méridionales au climat plus clément — celles surtout qui échappent à la pollution et ne sont pas trop peuplées, le Devon et le Somerset. Malgré son milieu plus froid et plus humide, le District des Lacs attire aussi de nombreux suffrages. Les zones urbanisées ne sont prisées que si elles sont chargées d'histoire, restent de dimension humaine et offrent un milieu intellectuel particulièrement vivant — Cambridge a les faveurs du plus grand nombre. 


  • Peter HAGGET (anglais) propose lui le terme d'analyse spatiale, c’est à dire un regard critique sur la gestion,l'aménagement les choix des sociétés sur l'espace (il est le fondateur de la géographie critique, marxiste en Grande Bretagne, mais on aura dépasse les limites du Royaume Uni).




  • Cet apport permet de penser l'espace autour :



    •  
      de relations verticales

    • de lois générales

    • d'une notion connexe, la distance.





 

" Usons-nous de lois et pouvons-nous les employer pour expliquer des événements géographiques ? Vu l'imprécision des critères utilisables pour distinguer les lois scientifiques d'autres types d'énoncés, une telle question peut paraître dénuée de sens. Mais puisque la place des lois en géographie est si centrale dans " l'image méthodologique " que les géographes ont d'eux mêmes, et puisque les lois assument une fonction vitale dans l'explication scientifique, nous sommes contraints à entreprendre une tâche apparemment impossible. Forcément, la tentative ne pourra être concluante, mais les retombées méthodologiques se révéleront très utiles. "
" Les spécialistes de géographie humaine ont fréquemment résisté à l'idée de traiter les faits individuels comme s'ils relevaient de lois scientifiques, comme en géographie physique […]. Récemment l'opinion a changé, et un nombre croissant de géographes veut examiner les phénomènes de géographie humaine comme s'ils pouvaient être interprétés en termes de lois générales. Les contributions récentes de Bunge (1966) et Haggett (1965) participent clairement de cette tendance, et l'on pourrait citer beaucoup d'autres exemples. Le principe de "l'ordre caché dans le chaos" apparaît comme une hypothèse de base de ces travaux. "
 
(... )" Ce qu'il faut alors c'est une formule analytique claire de la loi elle même (cf. Wilson, 1967) et une définition claire de son domaine. A ces conditions, il n'y aucune raison méthodologique à ce que les lois d'interaction spatiale, qui semblent à première vue si différentes des lois des sciences physiques, ne réussissent pas à atteindre le même statut. "
(...) " L'universalité méthodologique peut aussi constituer une hypothèse importante pour ce qui concerne le "relativisme culturel" en géographie humaine. Ce problème peut être regardé comme une forme spécifique de la question des systèmes de valeurs distincts qui a conduit beaucoup de chercheurs à rejeter l'idée d'une science sociale "objective". Les diverses cultures montrent des systèmes de valeurs radicalement différents. Ce fait irréfutable interdit-il l'étude scientifique de sociétés de type différent ? Quelques anthropologues semblent le suggérer. Vu les fortes influences exercées par l'anthropologie sur la géographie culturelle, il n'est guère surprenant que Sauer (1963) et l'école de Berkeley (cf la revue due à Brookfield, 1964) aient adopté une certaine dose de ce "relativisme culturel" dans leurs écrits. Dans sa forme la plus stricte, cette vue suppose simplement que le monde est divisé en une mosaïque de types de paysages, dont chacun est considéré comme l'expression unique d'un type de culture et dont chacun ne peut être décrit qu'en termes de cohérence culturelle interne. La géographie culturelle consiste alors dans l'examen des interactions spécifiques entre la culture et l'environnement dans une région particulière. Il est clair que les lois universelles n'ont aucune place dans de telles études, et il n'y a pas heu de considérer les phénomènes géographiques comme s'ils étaient gouvernés par des processus universels. "
D. Harvey, 1969, Explanation in geography, London, Arnold, p. 107, 109, 111-112.
 
b- L'apport des géographes français. 
 
Avant le tournant spatial, quelques géographes ont commencé à réfléchir à cette idée d'une organisation des sociétés qui dépasse la vision classique du territoire vu comme homogène. Cependant, bien souvent, comme le pense André CHOLLEY (voir le Guide de l'étudiant en géographie de 1942 puis de 1950, l'espace confondu avec territoire, on lui prête un sens descriptif, parfois confondu avec milieu.


  • Camille VALLAUX, réfutant «l’espace en soi» de RATZEL, 1911 et évoquant les expériences contrastées du commerçant de Rotterdam et du paysan français) propose de définir l'espace comme : «l’élargissement ou le resserrement de l’horizon pensé par les groupes».



  • Jean GOTTMAN dans De l’organisation de l’espace en 1950 écrit : « …l’espace géographique, c’est-à-dire l’espace accessible aux hommes, est différencié, ce n’est pas l’espace net et uni des géomètres, c’est un espace de qualité, différencié et organisé, concret mais complexe, continu mais cloisonné, limité mais en expansion, accessible mais organisé » Denise PUMAIN pense qu'il ouvre les portes ainsi de l’organisation de l’espace et de l’analyse spatiale. 



  • Éric DARDEL, dans L’homme et la Terre, en 1952 écrit quant à lui : « L’espace géographique a un horizon, un modelé,de la couleur, de la densité. Il est solide, liquide ou aérien, large ou étroit, il limite et il résiste…la réalité géographique n’est pas d’abord un objet…la science géographique présuppose que le monde soit compris géographiquement, que l’homme se sente et se sache lié à la terre comme être appelé à se réaliser en sa condition terrestre » Pour Denise PUMAIN, cette vision de l'organisation de l'espace permet d'ouvrir vers la phénoménologie de l’espace (espace sensible) et l’espace vécu. 





  • C'est Jean LABASSE qui va faire traverser l'Atlantique au concept d''espace dans un ouvrage : L'aménagement de l'espace, éléments de géographie volontaire en 1966. Il y traite du rôle des régions dans l'aménagement du territoire et pense qu'il y a des espaces ouverts (les pays neufs) et des espaces fermés (Europe).


  • Paul CLAVAL va lui aussi importer et même imposer la notion d'espace dans la géographie française et francophone à partir des années 1960. C'est plus un passeur qu'un penseur.




  • Roger BRUNET va être un des plus virulent défenseur de l'analyse spatiale, quitte à vouloir imposer trop brutalement ses idées face aux tenants de la géographie classique. Son structuralisme le pousse à chercher des lois dans l'espace, jusqu'à proposer une nouvelle grille de lecture, un nouvel alphabet de 28 lettres pour expliquer les structures spatiales : la table des chorèmes, le chorème étant « une structure élémentaire de l'espace, qui se représente par un modlèe graphique ». Son idée est de créer des modèles spatiaux adaptables le plus possible à la réalité de l'espace, de fixer des lois générales le plus possible. (voir Roger BRUNET, La carte-modèle et les chorèmes - Mappemonde 86/4)




  • Milton SANTOS, brésilien mais en exil en France pendant la dictature entre 1964 et 1977 affirme que l'espace est fait de fixes et de flux, et qu'il existe une relation entre la société et la nature qui produisent des formations socio-spatiales. L'espace est donc le résultat d'une relation indissociable entre système et objet qui marie deux notions, d'une part l'action d'autre part le matérialisme. (voir Pour une géographie nouvelle - 1978). L'interdépendance entre les choses et les hommes conduit selon lui à la conscience, ce qui fait que nous sommes et que nous représentons un monde à nous seuls.




  • Jacques LEVY pense que l’espace est aussi lisible à travers la dimension temporelle : chaque espace est fait d'une succession de différentes couches, un feuilletage, avec des rapports interactifs entre ces couches, ce qui crée une interspatialité très complexe. Il pense que la strate essentielle c'est l'espace et qu toutes les autres sciences humaines reposent sur cette strate spatiale (ce qui donne un poids supérieur à la géographie).



c- Une définition de l'espace. 
 
Ce que disent les dictionnaires de géographie :


  • Roger BRUNET, Les mots de la géographie (1992) ; 


  • Jacques LEVY : Dictionnaire de la géographie et de l'espace des sociétés :



Cette définition doit reprendre les éléments suivants :


  • C'est un liant entre objets (pour reprendre LIEBNIZ) 



  • Il est fait de distances non nulles (selon Denis RETAILLE – l'information géographique, 1996) 



  • C'est une construction mentale 



  • C'est une construction sociale  


  • C'est une mosaïque de lieux reliés (Roger BRUNET - Guy DI MÉO) 


  • C'est un contenant et un contenu



3-Ce que 'espace apporte à la géographie. 
 
a- Des lois.
 
L'idée centrale est que l'espace s'organise, on parle d’organisation de l'espace. Si cet espace est organisé, il répond à des lois plus ou moins générales que l'on retrouve ans tous les espaces. Ces lois ne sont plus naturelles, comme dans la géographie classique, mais elles sont sociales, sociétales, humaines :


  • la loi centre-périphérie ; 



  • le modèle gravitaire, idée de polarisation des activités ou des humains ; 



  • l'idée de frontières, de discontinuités spatiales ou socio-spatiales ; 



  • les flux, les réseaux aussi sont organisés, hiérarchisés (on parle désormais de réseaux urbans, puis de systèmes de villes) ;  


  • les hiérarchies peuvent se mesurer selon quelques lois (loi rang-taille pour les villes, selon ZIPF par exemple) ; 



  • les interactions ; (voir économie) 


  • les diffusions spatiales (informations, innovation, etc.) ; 



  • l'idée d'espace-temps, de distance-temps ; 



  • l'enclavement ; 



  • la mobilité ; 



  • etc.



b- Au cœur de la notion d'espace, la distance  
 
En effet, l'espace se caractérise par : (voir l'article de Jacques LEVY dans son Dictionnaire de la géographie et de l'espace des sociétés)


  • une métrique, c'est à dire un mode de mesure et de traitement de la distance. Elle détermine la taille. Cette étude de la distance, mesurable donc (selon la mesure que l'on veut : mètres, heures, coût, affect, etc.) implique des rapports à la distance et a comme conséquence des mobilités, des effets de co-présence, de co-localité. Cela permet de penser l’espace aussi en terme de localisation (autour d'un système de projection : la latitude, la longitude, l'altitude par exemple).


  • une échelle, soit un rapport de taille entre des réalités géographiques. Cela permet de mesurer la distance dans un espace. Cette échelle permet aussi de mesurer et de montrer des seuils de discontinuités dans la mesure des distances. En 1968, Paul CLAVAL montre qu'il faut combiner les échelles pour comprendre l'espace terrestre comme l'espace zonal (dans Régions, nations, grands espaces).


  • une substance, c'est à dire une composante non spatiale d'une configuration spatiale qui décide alors du type de distance qui correspond à tel ou tel phénomène. Ces dimensions non-spatiales permettent d'ajouter à la géographie et à ses études les autres sciences humaines : sociologie, ethnologie, économie, démographie, etc. L'espace est fait d'acteurs et d'objets que l'on peut étudier pour eux-même, le rôle de la géographie est de les relier, d'étudier les liens entre eux. Les acteurs spatiaux construisent des stratégies, des actes. Ils suivent des logiques issues d'idéologies, ils répondent à des demandes ou à des offres technologiques (les effets de la radio, de la télévision, et bien sur du téléphone ou d'internet) changent le rapport à l'espace mais aussi au territoire.




  • Ces trois éléments ne sont pas fixes. Chacun d'entre eux est variable en taille et dans le temps, ce qui permet de montrer que l'espace est d'une part mouvant, d'autre part dynamique. Cela permet de résoudre un problème géographique important : dans un territoire fixe, il y a des mouvements, des dynamismes.


  • Cela permet de penser que les humains, les sociétés, les acteurs en général possèdent un capital spatial propre qui leur permet (ou non) d'agir). Ce capital est inégal, il se construit, s'étend plus ou moins vite selon l'age, le métier, les relations aux autres, etc. Il permet aussi d'agir par une co-présence, une co-localité : l'espace permet de comprendre comment on peut agir ici en étant ailleurs (un acteur extérieur peut intervenir sur un espace).




c- Différentes manières de penser l'espace
 
Depuis les années 1960, le concept d'espace a permis à la géographie d'élargir considérablement le champ de ses recherches.  


  • L'espace vu à travers le prisme de la production d'espace, elle se tourne vers le rôle et le poids des acteurs (étatiques, privés, collectifs, individuels, ...) , de leurs représentations, etc. On est dans le domaine de la géopolitique.



  • L'espace vu à travers l'analyse spatiale, c'est à dire rechercher des positions géométriques interreliées. C'est dans ce domaine que la recherche de lois est la plus avancée. La position théorique générale de l'analyse spatiale consiste à proposer une explication partielle, et des possibilités de prévision, quant à l'état et à l'évolution probable des objets/unités géographiques, à partir de la connaissance de leur situation par rapport à d'autres objets géographiques. Il n'y a pas de théorie globale pour analyser un espace, mais on se sert des différents lois (vues plus haut). 



  • L'espace vu à travers la systèmique, c'est à dire la reprise des idées du structuralisme, notamment par les travaux de Roger BRUNET qui propose les chorotypes (un espace minimal, une unité de mesure de l’espace si on veut ; ce chorotype étant associable à un géotype, c'est à dire « un espace concret reposant sur différentes dimensions » (Roger BRUNET, Les mots de la géographie). On recherche alors les logiques, les structures générales qui organisent l'espace. Là aussi, la recherche de lois fonde le courant. 



  • L'espace vu à travers la phénoménologie, c'est à dire l'étude des sentiments, donc de l'espace perçu et surtout l'espace vécu. Pour cela, on part de la représentation personnelle ou collective de l'espace. On peu citer les travaux de Abraham MOLES ou de E.T. HALL sur les « coquilles » de l'homme ou sur les « bulles proxémiques » : un monde égocentré ; mais on peut aussi citer les travaux et les réflexions de :


    • Armand FREMONT sur la notion d'espace vécu. Il distingue un espace de vie (celui de l'individu ou du groupe) et un espace social (celui des interrelations sociales). Cet espace social se fonde sur des représentations, sur des éléments psychologiques, qui permettent de s'attacher aux lieux, et de créer des liens matériels dans de l'immatériel (idées, sentiments, …)

    • Augustin BERQUE sur la notion l'écoumène (un espace dominé par les sociétés) pour expliquer les relations existentielles des humains à la Terre, des relations doubles : « de l'homme sur la terre et du terrestre dans l'humain » (Éric DARDEL)

    • Guy DI MEO et des tenants de la géographie culturelle. On atteint alors la sphère idéelle, celle des idées : un espace qui permet de dépasser des données concrètes pour montrer le rapport des humains à leur espace comme un processus culturel. Ainsi, on peut lire une catre comme une représentation de l'espace fixée dans la matière et qui constitue elle-même un espace propre, un support d'usage spécifique. 






  • L'espace à travers le prisme de l'étude des territoires et des territorialités. L'espace est alors vu comme une étendue support. On recherche alors quelle est la plus-value du territoire sur l'espace : ce qu'apporte le territoire à l'espace. Si on va plus loin en ce domaine, on peut citer les travaux d'Edward SOLA sur la justice sociale, ou comment l'espace agit sur le social et inversement. (comme l'écrit Henri LEFEBVRE, le capitalisme a créé des espaces propres, la ville, l'usine, mais ces espaces permettent au capitalisme de se maintenir dans le temps et de se reproduire : voir La production de l'espace - 1991).




 
 
Par son passage de l'étude des régions et des territoires, la géographie a connu une mue extraordinaire, une révolution épistémologique (KUHN). Cette révolution a permis à la fois d'ouvrir les champs de la géographie à des champs alors inexploités (géographie culturelle, mentalités, géographie sociale,...) alors que jusqu'alors on découpait la géographie en deux grandes branches, la géographie humaine et la géographie physique. Cependant, si l'accent a été mis sur les sociétés, celles-ci doivent toujours prendre en compte les phénomène et les éléments physiques (comme dans la géographie des risques, du sport, des représentations, du tourisme, etc.)


http://geobunnik.over-blog.fr/article-l-espace-un-concept-geographique-majeur-114597562.html

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 12:29

Espace vital




[ltr] Pour les articles homonymes, voir Espace vital (homonymie).
 
[size=11]Cet article est une ébauche concernant la science et la psychologie.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
Consultez la liste des tâches à accomplir en page de discussion.

L’espace vital est l'espace nécessaire à la survie. Il est physique et/ou psychologique. Il est défini par des normes ou des notions psychologiques. Lorsqu'un animal ou un homme voit son espace vital diminuer au-delà d'une certaine valeur apparaissent des problèmes de survie ou de conflit psychologique. Il y a modification des relations et réactions de deux êtres quand l'un d'eux entre dans l'espace vital d'un autre. Cela peut se concrétiser par l'apparition d'agressivité ou de rejet.
Des rapports sociaux qu'entretiennent deux humains, le chevauchement de leurs espaces vitaux sera plus ou moins toléré, accepté ou rejeté.
L'espace vital en psychologie est en général scindé en 3 espaces concentriques centrés autour de la personne.

Définition[modifier | modifier le code]



L'espace vital est le territoire interdit à un membre de la même espèce. La distance entre deux individus est nommée distance relationnelle. Cette dernière varie en fonction du degré d'affectivité liant les individus. Ce territoire se construit chez chaque individu au cours de leur jeunesse.
L'espace vital peut être employé pour les hommes, les animaux ou encore un peuple comme dans les théories géopolitiques dans lesquelles il constitue l'espace de vie naturel d'une culture, mais a pu aussi été utilisé comme justification idéologique dans le Mein Kampf d'Adolf Hitler par exemple (voir Lebensraum).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

[/ltr][/size]



  • C'est le titre d'une nouvelle de science-fiction d'Isaac Asimov.

  • Domaine vital

  • Lebensraum

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Espace_vital

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 12:31

Home / Science / Insolite. Combien mesure votre espace vital ?




Insolite. Combien mesure votre espace vital ?
Posted by: Sarah Duval in Science 8 septembre 2013 1 Comment

Certains sont heureux dans la foule, d’autres se sentent bien mieux seuls chez eux. De combien d’espace vital a t-on besoin pour se sentir bien ?

Une première étude


L’idée vient de chercheurs anglais. Ils se sont intéressés à calculer la distance minimale de l’espace vital. C’est à dire, l’espace physique dont chaque être humain a besoin pour se sentir bien psychologiquement ou de façon plus extrême qui est nécessaire à sa survie. Cette étude sur le calcul de l’espace vital est la première dans le monde. Selon ses chercheurs britanniques, il semblerait que l’espace vital d’un être humain se situe entre 20 et 40 cm.

L’espace vital en art


Les anglais n’ont pas été les seuls à s’intéresser à la question de l’espace vital. Une artiste, Aline Brugel, a travaillé sur cette question d’espace clos grâce à l’art contemporain.  » La vidéo Espace Vital (2009), montre une bille de 1,5 cm de diamètre tenue délicatement entre le pouce et l’index d’une femme. On aperçoit à l’intérieur de cette petite boule translucide, une personne en train de se mouvoir. Elle semble emprisonnée dans cette sphère molle et fragile. En arrière plan, flou, nous voyons cette même personne danser. Ce film interroge l’espace et la place du corps du danseur dans l’espace. Cette mise en image de deux espaces différents, l’un réel, l’autre virtuel a pour but de transcrire la sensation qu’un danseur peut ressentir lorsqu’il danse. Il danse pour les autres (espace réel, flou), mais également pour lui (espace de la bille, net). C’est surtout lors d’improvisations qu’il se sent comme dans une bulle, où les sujets qui le motivent sont son propre esprit, son corps. Le danseur à la capacité de pouvoir contenir ses émotions afin de les transformer en des énergies qui génèrent des qualités de mouvements différentes. Ainsi, le public ne perçoit pas toujours la même émotion que celle qu’éprouve le danseur au même instant. Cette bille est également un hommage à l’étude des proportions de Leonard de Vinci, ou encore à la kinesphère théorisée par Rudolf Laban « .
Espace Vital (2009), montre une bille de 1,5 cm de diamètre tenue délicatement entre le pouce et l'index d'une femme. On aperçoit à l'intérieur de cette petite boule translucide, une personne en train de se mouvoir. Elle semble emprisonnée dans cette sphère molle et fragile. En arrière plan, flou, nous voyons cette même personne danser.
Ce film interroge l'espace et la place du corps du danseur dans l'espace. Cette mise en image de deux espaces différents, l'un réel, l'autre virtuel a pour but de transcrire la sensation qu'un danseur peut ressentir lorsqu'il danse. Il danse pour les autres (espace réel, flou), mais également pour lui (espace de la bille, net). C'est surtout lors d'improvisations qu'il se sent comme dans une bulle, où les sujets qui le motivent sont son propre esprit, son corps. Le danseur à la capacité de pouvoir contenir ses émotions afin de les transformer en des énergies qui génèrent des qualités de mouvements différentes. Ainsi, le public ne perçoit pas toujours la même émotion que celle qu'éprouve le danseur au même instant. Cette bille est également un hommage à l'étude des proportions de Leonard de Vinci, ou encore à la kinesphère théorisée par Rudolf Laban.

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 12:34

Où commence notre territoire ?

Vue d'un appartement en 1968 à Chicago © Getty / Chicago History Museum
Pourquoi nous avons tant besoin d’un espace vital pour bien vivre… L’animal humain a besoin de s’approprier et de préserver son territoire. De le marquer à sa manière… Mais pourquoi avons-nous tant besoin d’un espace à soi ? Pourquoi et comment s’instaurent les distances physiques avec un inconnu, un collègue de travail ou un proche. Des distances physiques qui traduisent bien souvent des distances psychologiques… Nous nous demanderons également pourquoi la promiscuité peut très vite nous taper sur le système. Notamment aux heures de pointe dans le bus ou dans le métro… Et puis, nous évoquerons avec notre invitée psychanalyste cette peur de la promiscuité dans l’intimité, ce qui peut bien sûr poser quelques problèmes quand on envisage une relation amoureuse…
N’hésitez pas à témoigner sur notre adresse mail et sur notre page Facebook. Et au standard de France Inter : 01 45 24 7000.
https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-04-octobre-2016

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 12:38

[size=39]Comment être en accord avec soi[/size]

Qui n'a jamais eu cette impression soudaine de sonner juste ? Comme un sentiment profond d'être intègre, honnête avec soi-même. Tout à coup, nous nous sentons… bien. Et plus fort : débarrassé de nos conflits intérieurs, résistant aux pressions extérieures, nous pouvons décider et agir en obéissant à notre seul désir, à nos convictions, à nos principes et à nos valeurs. Cette aptitude à être en accord avec soi ne relève d’aucune magie ou d'aucun hasard heureux : nous pouvons tous la développer et l'entretenir durablement. Grâce à une compréhension et à une réelle prise de conscience de ce qui se joue dans ces moments-là. Grâce aussi à des thérapies et à des techniques de développement personnel. Grâce, au fond, à une meilleure connaissance de soi, ce diapason de l'harmonie intérieure.


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[size=39]Quand ça sonne juste en nous…
Une parole dite, un acte qui peut aller à l'encontre de l’opinion générale ou de ce que les autres attendent de nous, et, tout à coup, nous nous sentons bien. En cohérence avec nous-même. À quoi tient cet état d'harmonie? Analyse d'un sentiment essentiel.
Flavia Mazelin Salvi[/size]

© iStock



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[size=31]Sommaire[/size]






  • Une lente construction

  • Un mouvement permanent







Quand elle a annoncé à son supérieur qu’il n’était pas question qu’elle relève minutieusement les « négligences » de sa collègue, Évelyne, 42 ans, savait pertinemment qu’elle subirait des représailles. Suffisamment discrètes pour passer inaperçues aux yeux des autres, mais suffisamment bien ciblées pour compliquer son quotidien dans le cabinet d’experts- comptables qui l’emploie depuis douze ans. « Quand j’ai dit à mon chef : “Ne comptez pas sur moi, je ne peux pas faire ça”, ma voix tremblait, j’avais du mal à le regarder dans les yeux. Pourtant, j’ai tenu bon, y compris quand il a ajouté : “Je croyais vous connaître…” sur un ton de grande déception. Il savait que je n’estimais pas spécialement ma collègue, il a dû être très surpris mais, pour moi, c’était une question de principe. » Un an plus tard, la fierté brille encore dans les yeux d’Évelyne : « Je peux me regarder en face, et c’est ce qui importe ! » Une image qui illustre bien la notion d’accord avec soi : elle exprime ce sentiment de bien-être que procurent des actes en phase avec ses valeurs personnelles. Assurément, l’accord avec soi a à voir avec la capacité de résister, de s’affirmer et d’agir conformément à ce que nous pensons être juste, bon pour nous… et pour les autres.

Une lente construction

Ne pas « dénoncer », ne pas trahir, ne pas fuir ses responsabilités, venir en aide à une personne qui en a besoin… Ce sont quelques-unes de ces valeurs essentielles qui nous aident à nous sentir intègres quand nous les respectons. Du point de vue psychanalytique, ce sont des idéaux ou des valeurs morales que nous avons plus ou moins consciemment choisis pour nous sentir bons et aimables. Ces idéaux sont variables d’une personne à l’autre, mais tournent toujours autour de la fiabilité, de la loyauté – à nos idées, à nos amis, à nos amours. Il ne suffit pas d’avoir une conscience morale ou une volonté d’acier pour les défendre et les affirmer. Encore faut-il avoir suffisamment de ressources psychoaffectives pour soutenir et exprimer son désir profond.
« Être en accord avec soi nécessite d’abord d’être soi, rappelle Moussa Nabati, psychanalyste et psychothérapeute, auteur du Bonheur d’être soi (LGF, “Le Livre de poche”, 2008), prix Psychologies magazine 2007). Or, être soi suppose que l’on ait la capacité de désirer, de penser, de parler en son nom propre, cela s’appelle être autonome. » Ce qui signifie savoir (se) dire non, être « décollé » des attentes et projections parentales, et ne pas être soumis aux normes collectives, sociales et culturelles. « Cette autonomie psychique s’acquiert tout au long de l’enfance et de l’adolescence, poursuit le thérapeute. Cela implique de grandir dans un climat d’amour et de loi, où les parents aiment et respectent l’enfant dans sa singularité, tout en lui fixant des limites. » Cette double condition permet à l’enfant de « s’individuer » en sécurité : il peut faire progressivement connaissance avec lui-même, donc avec son désir, sans se censurer, se sentir coupable ou se mettre en danger. Au quotidien, le laisser choisir ses vêtements, respecter ses goûts et dégoûts alimentaires, solliciter son avis, ne pas moquer ses initiatives, être attentif à ses émotions et à ses besoins sont autant de moyens de le reconnaître comme sujet.
C’est ainsi que, plus tard, « il ne dépendra pas – ou sans excès – du regard et du désir des autres, explique Françoise Millet- Bartoli, psychiatre et psychothérapeute, auteure de La Crise du milieu de la vie (Odile Jacob, “Poches”, 2006). Il fera des choix qu’il pensera être justes pour lui, prendra position sans chercher la validation d’autrui et ne fuira pas les conflits ».
Selon Moussa Nabati, il existe trois obstacles majeurs à l’accord avec soi, qui prennent racine dans l’enfance : les maltraitances physiques et psychiques, les épreuves touchant l’un des parents (divorce, maladie grave, décès) et « mal gérées » par l’autre, et, enfin, tout ce qui fait de l’enfant le prisonnier d’un amour parental « intéressé » (fusionnel, hyperanxieux ou axé sur la performance…). Les thérapeutes accueillent chaque jour des patients ravagés par la peur de mal faire, de mal dire ou de faire de la peine. Françoise Millet-Bartoli constate qu’autour de la quarantaine, « nombreux sont les hommes et les femmes qui ont besoin de retrouver leur “vrai moi”, de se dégager du regard des autres pour vivre vraiment leur vie. Cette crise identitaire peut se vivre sur un mode très explosif – on quitte tout et on recommence à zéro –, mais aussi sur un mode dépressif – on a tellement lâché son désir que l’on a le sentiment de ne plus vraiment vivre ».
Un mouvement permanent
Dans les deux cas, l’accord avec soi ne peut être trouvé qu’en identifiant son mal-être. « Quand on se sent bâillonné, coupé en deux, tiraillé en permanence entre le désir et le refus, c’est que l’on vit une lutte épuisante entre son enfant intérieur, effrayé, culpabilisé, perdu, et l’adulte qui veut échapper à son emprise, analyse Moussa Nabati. Pour se libérer de sa tyrannie, continue le thérapeute, il faut d’abord accueillir sa souffrance, l’identifier, pour pouvoir progressivement se redéfinir comme sujet désirant et autonome. »
Estelle, 37 ans, en témoigne : « Pendant des années, j’ai vécu une amitié dévorante. Marie voulait tout le temps que nous soyons ensemble, elle ne supportait pas que je parte en vacances ou sorte avec d’autres amis. Au fil des années, je sentais bien que cette relation m’étouffait. Mais j’avais peur de sa réaction, de lui faire mal. Jusqu’à ce que je décide de faire passer mon propre bien-être avant le sien. Je l’ai appelée, lui ai expliqué, elle m’a insultée. Mais quand j’ai raccroché, j’ai compris que j’avais fait ce qu’il fallait : j’étais bien. »
La grande illusion ? Croire que vivre en accord avec soi signifi e forcément vivre en harmonie permanente. C’est oublier ou ignorer que cet accord est un mouvement, pas un état. Le psychologue Carl R. Rogers évoquait d’ailleurs une « continuelle orientation de vie », à mille lieues d’un moi figé dans ses principes et certitudes. « Être soi-même, c’est accéder à la mobilité, à la fluidité complète, c’est être réaliste de façon créatrice et créateur de façon réaliste », écrivait-il. C’est découvrir et accepter la complexité parfois inconfortable de son humanité, c’est-à-dire ses contradictions internes et l’ambivalence de son désir.
« Le travail psychothérapique, ou une discipline spirituelle ou philosophique peuvent nous permettre de faire nos premiers pas sur le chemin de cette connaissance de soi audelà de toutes nos croyances et conditionnements, et laisser ainsi émerger nos valeurs essentielles, assure Joëlle Maurel, psychothérapeute, auteure de S’autoriser à cheminer vers soi : Aurobindo, Jung, Krishnamurti (Éditions Véga, 2004). Reste ensuite à s’autoriser à vivre ces valeurs, sans peur des conséquences ou des jugements. C’est à ce prix que nous retrouvons une joie intérieure profonde. »
http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Personnalite/Articles-et-Dossiers/Comment-etre-en-accord-avec-soi/Quand-ca-sonne-juste-en-nous/3Un-mouvement-permanent

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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 12:39


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Re: November's Girl and roses

Message par I am so sure le Mar 29 Nov 2016 - 12:41

Exquis mono et parfois du monde dans ta stère, eh oh Smile

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