Médecine de comptoir

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Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Mer 2 Nov 2016 - 20:23

Spoiler:
Laissez votre manteau dans le vestibule ou pas...  Very Happy


Vaginisme, vestibulite... Mais de quoi s'agit-il ?

Vaginisme ou vestibulite, deux termes un peu barbares dont peu de personnes connaissent vraiment la signification, et pour cause, c'est un sujet tabou. Il s'agit de troubles de la sexualité qui touchent de nombreuses femmes et qui rendent la pénétration impossible, mais pour lesquels des solutions existent...




Par La rédaction d'Allodocteurs.fr
Rédigé le 02/02/2010, mis à jour le 02/11/2016 à 14:21
Vaginisme, vestibulite... Mais de quoi s'agit-il ?     
Sommaire

  • Rappel de l'anatomie féminine et explications 
  • Le vaginisme, vu par un homme 
  • Douleurs intimes : la kiné comme solution 
  • Douleurs intimes : le coup de pouce de la sexothérapie 



Rappel de l'anatomie féminine et explications










Le vaginisme et la vestibulite expliqués par Michel Cymes et Marina Carrère d’Encausse
Le vagin est un conduit de six à huit centimètres qui va de la vulve au col utérin. Il est étroit au niveau de la vulve, dilaté au milieu, puis resserré près de son extrémité utérine où il entoure le col utérin (le cul-de-sac vaginal). Il est situé derrière la vessie et devant le rectum. Il est cerné par les muscles du périnée. Avant la première relation sexuelle, le vagin est fermé par l'hymen, mais après s'être déchiré, il ne reste qu'un vestige d'hymen qui forme de petites excroissances à l'entrée du vagin.
Le vagin est richement vascularisé, mais faiblement innervé. À ces deux niveaux de la muqueuse vaginale, se trouvent des glandes qui sécrètent un mucus lubrifiant ainsi que la glaire cervicale.
Normalement, le vagin est capable de se dilater car il est souple et élastique. À 4 cm de la vulve, il y a les muscles pubo-coccygiens, ils forment un sphincter. Ces muscles permettent aussi de serrer la verge pendant l'acte sexuel et se contractent durant l'orgasme féminin.
Mais ils sont aussi responsables du vaginisme : la contraction de ces muscles ainsi que ceux du vagin vont empêcher toute intromission (que ce soit le pénis ou même le spéculum lors d'un examen gynécologique). Une contraction qui est totalement indépendante de la volonté de la femme, même si elle ressent du désir, son vagin reste fermé par un mécanisme réflexe.
La vestibulite vulvaire, elle, se traduit différemment : la pénétration est possible mais s'accompagne de douleurs intenses dans la région génitale, ce qui rend souvent l'acte sexuel irréalisable. La vestibulite est une inflammation de la vulve qui peut être causée par une infection ou par une maladie dermatologique qui provoque des douleurs.




Le vaginisme, vu par un homme










Témoignage anonyme d’un homme dont la femme a souffert de vaginisme
Cet homme est aujourd'hui comblé, mais cela n'a pas toujours été le cas. Son couple a été pendant des années mis à rude épreuve. La raison ? Le vaginisme dont souffrait sa femme.




Douleurs intimes : la kiné comme solution










Illustration d’une jeune femme qui fait des exercices de kiné pour soigner sa vulvodynie
Ce sont des douleurs dont les femmes n'osent pas souvent parler car elles relèvent de leur intimité, de leur sexualité. Mycoses vaginales, vaginisme ou encore vulvodynie… il est parfois difficile de comprendre les causes et les manifestations de ces douleurs localisées au niveau du vagin et de la vulve et qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la vie sexuelle.
Longtemps considérées comme taboues, ces douleurs intimes trouvent aujourd'hui un écho auprès de professionnels de santé bien informés et d'associations très actives pour venir en aide aux femmes et aux couples concernés.
En cas de vulvodynie ou de vaginisme, une rééducation auprès d'un kinésithérapeute est souvent nécessaire pour atténuer les douleurs et assouplir les muscles périnéaux.
Une thérapie avec un sexologue peut compléter la prise en charge. Elle permet de faire un travail psychologique.




Douleurs intimes : le coup de pouce de la sexothérapie










Séance de sexothérapie utilisant l'hypnose
En parallèle de la rééducation avec un kiné, un travail avec un sexologue peut s'avérer utile.
Les personnes qui souffrent de douleurs intimes ont souvent une mauvaise image de leur corps. Pour faciliter le travail de prise de conscience, les sexologues peuvent utiliser l'hypnose. "L'hypnose est un outil majeur pour travailler sur des choses qui sont de l'ordre de l'émotion, du ressenti, des sensations", explique Marie Boutet, sexologue hypnothérapeute.
Les séances de sexothérapie utilisant l'hypnose durent une cinquantaine de minutes. Elles coûtent en moyenne 75 euros et ne sont pas prises en charge.


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Ca s'invente pas ! la ligue à qui ? la ligue a tort ? la ligue a ment....


Spoiler:



Je ne sais pas comment les gens font pour s'ennuyer, ça reste un mystère pour moi, vraiment.










Dernière édition par I am so sure le Mar 31 Oct 2017 - 20:20, édité 1 fois
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Re: Médecine de comptoir

Message par Invité le Mer 2 Nov 2016 - 20:31


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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Mer 2 Nov 2016 - 20:37

Spoiler:
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/10/14/25525-troubles-deficit-lattention-touchent-aussi-adultes

Entre 3 à 4% des adultes seraient atteints de ces troubles plus connus pour toucher les enfants.

Ils sont trois fois plus nombreux que les schizophrènes, et pourtant, les articles grand public qui leur sont consacrés sont rares, comme si le sort des adultes souffrant de troubles de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) n'intéressait personne: ni les pouvoirs publics, qui n'ont jamais lancé de «plan TDAH», ni les professionnels de la santé, qui n'en entendent même pas parler pendant leurs études. Trois des symptômes principaux du TDAH sont l'inattention, l'hyperactivité et l'impulsivité, chacun étant «dosé» différemment selon les personnes. Mais provoquant en fin de compte une vie chaotique d'adultes en perdition.

Importance du diagnostic précoce


Cela se fait déjà depuis longtemps dans d'autres pays comme la Grande-Bretagne, la Hollande, la Norvège, les États-Unis, etc., alors pourquoi un tel retard en France? «La conséquence, c'est une énorme perte de chance pour ces adultes au parcours souvent très chaotique et leur famille», dénoncent d'une seule voix les Drs Régis Lopez et Hervé Caci, respectivement psychiatres au CHU Gui-de-Chauliac de Montpellier et au CHU Lenval de Nice (et coauteur de Le TDAH de l'enfant à l'adulte, Éd. Dunod, à paraître en novembre 2016). «C'est d'autant plus dommage qu'avec une prise en charge adéquate, ces adultes pourraient mener une vie normale.» Grâce à leur pugnacité et à celle de confrères, une ébauche de réseau voit le jour dans le sud de la France, avec la mise en place de centres de référence, à Bordeaux, bientôt à Montpellier et à Nice. Christine Gétin, présidente de l'association TDAH-France, remarque «que l'association reçoit plusieurs appels par semaine d'adultes qui ne savent plus vers quel médecin se tourner. Nous avons même des médecins qui nous appellent pour savoir à qui adresser leurs patients!»
Conséquence dramatique: parmi les 5% d'enfants qui souffrent d'un TDAH, une petite partie va bénéficier d'un diagnostic précoce, d'une prise en charge optimale et donc d'une vie adulte normale. Pour les autres, le retentissement est très variable: «Certains sont longtemps traités sans succès pour troubles bipolaires, d'autres pour dépression, ou pour des addictions avec ou sans substances. Certains se retrouveront même en prison du fait de leur impulsivité. Or une étude britannique a montré que lorsque ces adultes étaient traités, ils ne récidivaient pas et leur réinsertion était bien plus facile que ceux mis sous placebo», souligne le Dr Caci.

Une trajectoire de vie plus défavorable que les autres


Laisser environ 1% d'adultes - ceux dont le TDAH est le plus invalidant - en situation d'échec est d'autant plus inacceptable que les reconnaître ne devrait pas être un souci. «Le diagnostic du TDAH repose sur des critères précis validés à l'issue de milliers de publications. Il n'y a donc aucune raison - hormis la méconnaissance ou les préjugés - pour que ce diagnostic soit posé avec autant de retard», insiste le Dr Caci. Un avis partagé par le Dr Lopez: «Selon les critères internationaux du DSM, il faut la présence d'au moins cinq symptômes de TDAH parmi neuf symptômes relatifs à l'inattention et neuf autres relatifs à l'impulsivité. Il faut aussi qu'ils aient été présents avant l'âge de 12 ans et qu'ils aient un impact dans plusieurs domaines de la vie. Enfin, ces symptômes ne doivent pas être expliqués par une autre maladie (trauma crânien, maladie génétique, etc.).»
Au final, ces personnes se retrouvent avec une trajectoire de vie plus défavorable que les autres et leur risque de mortalité est multiplié par cinq (accident de la route, suicide, etc.). C'est inacceptable au vu des prises en charge qui ont déjà fait leurs preuves! La psychoéducation les aide à comprendre comment ils fonctionnent pour mieux s'adapter.

Beaucoup d'obstacles


Il existe également des programmes de coaching attentionnel au cours desquels ils apprennent à mettre en place des systèmes de rappel (sur leur téléphone, leur agenda, etc.). «Ce coaching est important, car ils sont souvent très désorganisés», insiste le Dr Caci. «Savoir prioriser leurs tâches, organiser leur temps, apprendre à ne pas tout remettre au lendemain, faire des fiches visuelles, etc., les aident à compenser les failles de leur cerveau», note le Dr Lopez.
Ce coaching se fait souvent en complément des thérapies cognitives et comportementales pour les aider à reprendre confiance en eux. «Des traitements médicamenteux peuvent aussi être prescrits: le méthylphénidate est le seul disponible en France, mais il en existe à l'étranger avec d'autres mécanismes d'action.»
Il serait donc grand temps que la France s'en inspire. Or à ce jour, il reste beaucoup d'obstacles. Exemple: en théorie, seuls les enfants ayant commencé le traitement avant 18 ans peuvent se le voir encore prescrire à l'âge adulte. Mais si le diagnostic a été posé après 18 ans, la prescription se fait hors AMM. «On arrive à ce paradoxe où l'on diagnostique une maladie à des personnes à qui il faut expliquer qu'elles vont devoir payer pour se faire soigner. C'est une double peine et personne ne l'accepterait pour une autre maladie», s'insurge Christine Gétin.




Une question de génétique et non d'éducation!

Comme souvent avec les maladies psychiatriques, les parents ont longtemps été culpabilisés. Avoir un enfant avec TDAH a trop souvent été associé à une éducation laxiste alors que l'on sait aujourd'hui que le déterminisme génétique explique l'héritabilité du trouble à 70 %! «D'ailleurs, lorsque le TDAH est diagnostiqué chez un enfant, l'un de ses parents au moins a le même trouble depuis l'enfance dans 40 % des cas, précise le Dr Hervé Caci, pédopsychiatre au CHU Lenval de Nice. Ce qui accroît encore le risque que la famille soit stigmatisée». La part liée aux facteurs environnementaux est finalement assez faible: sont notamment accusés les colorants alimentaires, l'exposition au plomb et le tabagisme maternel. Il est donc plus que temps d'arrêter de culpabiliser les familles et la façon dont elles ont éduqué leurs enfants.
«Les gènes impliqués semblent être ceux qui jouent un rôle dans le métabolisme de la dopamine et d'ailleurs, à l'imagerie cérébrale, le système d'activation de la dopamine est différent chez les personnes souffrant de TDAH que chez les autres. Une mauvaise régulation de la dopamine pourrait être en cause, de sorte qu'il y en aurait trop par moments et pas assez à d'autres. La dopamine est le médiateur du circuit de la récompense et de la motivation: si ce circuit s'emballe très vite - ce qui serait le cas dans le TDAH -, cela se traduit par l'envie de démarrer mille projets à la fois, mais qui s'essoufflent très vite, faute de motivation. Pour maintenir un niveau suffisant de dopamine, la personne souffrant de TDAH s'autostimule: cela se traduit par une hyperactivité, une grande impulsivité et une incapacité à attendre. La dopamine sert à se concentrer, à être attentif. C'est d'ailleurs pourquoi le traitement est un régulateur de la dopamine (un inhibiteur de sa recapture)», explique le Dr Régis Lopez, psychiatre au CHU Gui de Chauliac de Montpellier.
D'où viennent les troubles de l'attention?
LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE:
Dr Landman: «L'hyperactivité existe, pas le TDAH» 
Hyperactivité: les belles, mais utopiques recommandations de la HAS 
L'hyperactivité chez l'enfant trop souvent ignorée 



Nathalie Szapiro-Manoukian
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Sam 29 Avr 2017 - 17:28

Spoiler:
comment fixer un Objectif ?
7 Juillet 2014 , Rédigé par Processus & SynergiesPublié dans #Communication
http://concept.va.over-blog.com/article-comment-fixer-un-objectif-42521305.html



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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Ven 26 Mai 2017 - 15:14

Abstinence sexuelle : 5 conséquences sur la santé mentale et physique

Spoiler:
Abstinence sexuelle : 5 conséquences sur la santé mentale et physiqueAbstinence sexuelle : 5 conséquences sur la santé mentale et physique
Si faire l’amour régulièrement aide l’organisme à mieux fonctionner, les périodes d’abstinence ont également des effets.

Il peut arriver qu’à certaines périodes de notre vie, nous passions quelques mois, voire quelques années, sans avoir de rapports sexuels. Ne pas faire l’amour de temps en temps arrive à n’importe qui, mais une période importante d’abstinence a des effets sur notre santé mentale et physique :

Une baisse de la libido

Si vous n’avez pas fait l’amour depuis un moment, il y a de fortes chances que vous ayez moins envie que d’habitude. Pendant l’acte sexuel, le corps produit des endorphines. Ces hormones provoquent une sensation de bien-être et permettent d’associer le sexe à un sentiment positif. Quand cette hormone ne circule plus dans le corps, nous avons moins besoin de sexe et notre libido diminue. Mais les experts se veulent rassurants : peu importe la durée de l’abstinence, l’appétit sexuel se réveille dès que la machine est remise en route.

Une augmentation du stress

Faire l’amour aide à diminuer le stress. Ne pas faire l’amour est donc associé à une augmentation des niveaux de stress. D’après une étude menée en 2005 et citée par Medical Daily, le manque de rapports sexuels réguliers empêche l’organisme de réduire la pression sanguine qui augmente en réponse à des situations stressantes.

Un manque de confiance en soi

Si le sexe a des propriétés anti-déprime et nous aide à nous sentir désirable, une période d’abstinence peut mettre notre estime de nous à dure épreuve. En cause, l’effet de différentes hormones qui circulent dans notre sang après l’acte et dont le manque se fait sentir lorsqu’on ne fait plus l’amour.

Le système immunitaire fragilisé

Vous n’arrêtez pas de tomber malade depuis que vous ne faites plus l’amour ? C’est normal, car votre système immunitaire est affaibli. La production d’immunoglobulines, qui nous aide à lutter contre les virus et les bactéries qui traînent, est diminuée. Le corps est donc privé d’une ligne de défense importante.  

Des troubles de l’érection

Chez l’homme, l’abstinence peut provoquer des dysfonctions érectiles. Une étude de 2008 publiée par la revue American Journal of Medicine fait état d’une baisse de 50% des risques de souffrir de troubles de l’érection chez les personnes ayant des rapports réguliers. Tout comme l’exercice physique préserve les capacités athlétiques du corps, les rapports sexuels préservent les capacités érectiles du sexe masculin.  

http://www.santemagazine.fr/abstinence-sexuelle-5-consequences-sur-la-sante-mentale-et-physique-75922.html

Le sexe rend plus intelligent : enfin, on cesse de croire que le coït nuit à l'intellect
Publié le 15-01-2014 à 12h10 - Modifié à 14h23
16 réactions | 71971 lu

Temps de lecture Temps de lecture : 4 minutes
Avatar de Yves Ferroul
Par Yves Ferroul
Médecin sexologue
LE PLUS. Le sexe rend-il plus intelligent ? Un article de "The Atlantic" rapporte que, selon plusieurs études, l'activité sexuelle favoriserait la création de nouveaux neurones dans l'hippocampe, l'aire cérébrale qui joue un rôle de premier plan pour la mémoire. Alors, détient-on la solution miracle pour développer nos capacités intellectuelles ? Décryptage de la question par le sexologue Yves Ferroul.

Édité par Rozenn Le Carboulec
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Image de synthèse montrant les cinq régions du cerveau qui entrent en action lors de l'excitation sexuelle (AFP)

Un article de "The Atlantic" fait le point sur différents travaux étudiant les liens éventuels entre sexe et intelligence : avoir une activité sexuelle rend-il plus intelligent ?

La question est moins futile qu’il paraît car l’inconscient collectif garde aujourd’hui encore l’idée antique que le coït, avec l’éjaculation du sperme, provoque une perte de substance vitale : comme le sperme est élaboré à partir du sang ou de la matière cérébrale, d’après la médecine traditionnelle, la perte a des effets néfastes immédiats.

Les intellectuels fuient la sexualité

Pythagore, au sixième siècle avant notre ère, conseille de pratiquer la sexualité en hiver plutôt qu’en été, car en hiver l’humidité de la saison pouvait compenser rapidement la perte d’humeurs corporelles, tandis que, en été, la sécheresse aggravait le dessèchement du corps. De toute façon, on doit garder à l’esprit que, quelle que soit la saison, cet exercice restait fondamentalement mauvais pour la santé. Hippocrate, lui, était plus sensible à la perte d’énergie physique, avec l’exemple des sportifs qui restent chastes avant une compétition, comportement qui n’a pas disparu aujourd’hui des réflexes des entraîneurs (cf. Yves Ferroul, "Médecins et sexualités", Ellipses).

Ambroise Paré, au XVIe siècle, affirme que "la plus grande partie de la semence vient du cerveau". Les médecins du XIXe siècle estiment toujours que, le sperme venant du cerveau ou participant à la revitalisation du cerveau, celui qui s’épuise dans les activités sexuelles va entraîner un rétrécissement et même un dessèchement de son cerveau, à tel point qu’on peut entendre celui-ci "cogner contre les parois du crâne".

C’est pour cette raison que les intellectuels fuient la sexualité dans leur période créatrice : aut libri aut liberi, répétait Balzac. Soit les livres, soit les enfants : si on écrit un livre, il faut renoncer à l’activité sexuelle. Ce qui est toujours la règle de conduite pour certains chercheurs et professeurs d’université…

Or, l'activité sexuelle renforce l'intellect

Mais sportifs et intellectuels ne sont pas les seuls à ménager leur énergie cérébrale. Parmi les patients, beaucoup jugent que l’activité sexuelle serait néfaste à la qualité de leur engagement professionnel de même qu’à leur équilibre quotidien :

"J’ai besoin de toute mon énergie pour répondre à l’attente de mes supérieurs, pour mener de front toutes mes activités…"

Mais, bien sûr, la science a trouvé l’origine réelle du sperme et a quantifié à un niveau très faible l’énergie dépensée lors d’un rapport : cela ne suffit pas pour que l’imaginaire commun change du jour au lendemain. D’où l’utilité de nouvelles recherches dont fait état l’article de référence : et l’on découvre que l’activité sexuelle entraîne, chez les souris et les rats, une plus grande formation de cellules nerveuses dans l’hippocampe, la zone cérébrale de la mémoire à long terme. Ce qui augmente les performances intellectuelles.

Donc, contrairement aux convictions ancrées depuis 26 siècles, l’activité sexuelle ne nuit pas à l’activité intellectuelle, mais la renforce. On a aussi travaillé sur les endorphines libérées au moment de l’orgasme : leur effet apaisant est bénéfique sur l’humeur et l’estime de soi. L’orgasme diminue donc le stress et la déprime : sans oublier son action antagoniste à celle du stress pour la stimulation de l’apparition de cellules nerveuses dans l’hippocampe et l’amélioration de la mémoire, précise une étude coréenne.

Mais il reste deux questions que ne veulent pas négliger les chercheurs : d’abord, est-ce que toute sexualité a le même effet bénéfique ; ensuite, est-ce que la réciproque est vraie ?

Le porno diminue par contre les capacité d'attention

Depuis le XVIIIe siècle, les moralistes et les médecins opposaient la bonne sexualité, conjugale (aux effets positifs si elle était raisonnable), à la débauche (une activité sexuelle débridée qui ne peut être que nocive) et à la masturbation (qui n’est que perte sans compensation par les humeurs venant du conjoint. Cf. les mêmes idées dans la complémentarité du Ying et yang).

Au XXe siècle (et aujourd’hui !) les sportifs peuvent, à la rigueur, avant ou pendant les compétitions, recevoir la visite de leurs épouses ou recourir en toute discrétion à la masturbation, mais aucun coach n’acceptera la visite de partenaires occasionnels.

Nos chercheurs contemporains évaluent plutôt la différence d’impact entre la bonne sexualité "normale" et la mauvaise sexualité pornographique : au Texas ou en Allemagne, on conclut que le recours aux films et photos pornographiques diminue les capacités d’attention et de mémorisation ! Rien de très original, si on veut simplement dire que ces images restent plus vives dans l’esprit, et parasitent les tests de mémoire qui suivent leur vision ; ou que l’addiction à la pornographie, comme toute addiction, rend moins attentifs au reste du monde !

Il faut avant tout faire travailler sa mémoire

Quant à la réciproque, à savoir si plus on est intelligent plus sa vie sexuelle est riche, les résultats des travaux sont ambigus. Établir que l’atteinte des fonctions intellectuelles chez les personnes âgées, dont l’Alzheimer, fait baisser de 50% leur capacité à avoir une relation sexuelle ne bouleverse pas le sens commun ; et dire que, chez les adolescents, ceux qui ont un score normal pour leur QI ont plus de sexualité que ceux dont le QI est soit supérieur à la normale soit bien inférieur, traduit seulement que ceux qui sont hors normes sont moins adaptés socialement, donc moins aptes à nouer des relations sexuelles.

C’est à une psychologue que je confierai la conclusion : de très nombreuses activités peuvent faciliter la naissance de nouvelles cellules cérébrales, comme "des exercices intellectuels, le Prozac ou le sexe", mais seul un travail actif et assidu de mémoire peut permettre à ces cellules de rester vivantes et de contribuer à l’amélioration de l’intelligence.

Finalement, si vouloir être plus intelligent amenait certains à consacrer un peu plus de temps à leur sexualité, tout le monde y gagnerait : leurs partenaires frustrés, comme eux-mêmes, tellement divers sont les bienfaits d’une sexualité épanouie.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1127528-le-sexe-rend-plus-intelligent-enfin-on-cesse-de-croire-que-le-coit-nuit-a-l-intellect.html
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Ali et Bido sont dans un bateau, qui exquis ?...


Dernière édition par I am so sure le Dim 25 Juin 2017 - 16:09, édité 2 fois (Raison : C'est ça qui rendrait vert ?)
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Dim 28 Mai 2017 - 14:34

Effet Tetris

Spoiler:
Capture d'écran d'une partie de tétromino. Les individus qui jouent à des jeux de puzzle comme celui-ci pendant très longtemps peuvent apercevoir des images mouvantes similaires aux extrémités de leur champ de vision, lorsqu'ils ferment les yeux ou qu'ils commencent à dormir.

L'effet Tetris, ou syndrome Tetris, survient lorsqu'un individu consacre tellement de temps et d'attention à une activité que cette dernière commence à modifier sa pensée, ses images mentales, et ses rêves. Le nom du syndrome s'inspire du jeu vidéo Tetris.

Les individus jouant à Tetris pendant trop longtemps peuvent se mettre à penser à la manière dont les différentes formes du monde réel peuvent s'emboîter ensemble, comme des boîtes sur une étagère de supermarché ou des immeubles dans la rue1.

Dans ce sens, l'effet Tetris est une forme d'habitude. Les individus concernés peuvent également rêver de tétrominos tombant lorsqu'ils commencent à s'endormir, ou à voir des images de tétrominos tombant aux extrémités de leur champ de vision ou lorsqu'ils ferment les yeux1.

Dans ce sens, l'effet Tetris est une forme d'état hypnagogique.
Sommaire  [masquer]
1 Autres exemples
2 Études
3 Histoire
4 Effet Tetris
5 Notes et références
6 Voir aussi
6.1 Articles connexes
6.2 Liens externes
Autres exemples[modifier | modifier le code]

L'effet Tetris peut apparaître en jouant avec d'autres types de jeux vidéo2. Ce syndrome peut également survenir en jouant à des jeux de société, et causer des symptômes similaires comme l'illusion de lignes courbes durant un puzzle, ou la visualisation mentale involontaire d'algorithmes de Rubik's Cube comme chez les pratiquants du speedcubing.

En termes de perception, les « pieds sur l'eau » sont une forme d'effet Tetris. Un individu de retour sur la terre ferme après un long moment passé en mer peut ressentir une sensation illusoire de balancement. Sur le plan mental, la programmation informatique entraîne parfois des rêves dans lesquels l'informaticien se voit lui-même en train de coder3.

Des mathématiciens ont aussi signalé avoir rêvé de nombres ou d'équations, comme Srinivasa Ramanujan.
Études[modifier | modifier le code]

Stickgold et al. (2000) pensent que l'imagerie Tetris est une forme à part de la mémoire, probablement liée à la mémoire procédurale.

C'est à partir de leurs recherches qu'ils montrent que les individus atteints d'amnésie antérograde, incapables de fixer durablement de nouveaux souvenirs (problème de mémoire déclarative), ont signalé avoir rêvé de formes en chute libre après avoir joué à Tetris durant la journée, même sans souvenir d'y avoir joué

Une étude, menée par Lynn Okagaki et Peter Frensch en 1994, montre que les participants ayant joué à Tetris pendant deux séances de 30 minutes (sans expérience préalable du jeu) ont bien mieux réussi que le groupe témoin dans la version du test « papier-crayon » nécessitant des mouvements dans l'espace mais aussi dans la version sur ordinateur. Les scientifiques concluent de cette expérience que les jeux vidéo comme Tetris ont un effet positif sur les trois aires des compétences spatiales comme la rotation mentale, la perception spatiale, et la visualisation spatiale pour les individus ayant joué au jeu pendant une période prolongée en continu.

Une autre étude d'Oxford, menée en 2009, suggère que jouer à des jeux vidéo similaires à Tetris peut empêcher le ressassement de souvenirs traumatisants. Le jeu vidéo peut être utilisé comme thérapie, seulement si l'individu affecté y joue très rapidement après l'événement traumatisant ; l'addiction de formes similaires à celles aperçues dans Tetris est suffisante pour empêcher le ressassement d'images traumatisantes, et permettant ainsi de diminuer la précision, l'intensité et la fréquence des souvenirs traumatisants.
Histoire[modifier

La première source connue du terme apparaît dans un article de Jeffrey Goldsmith, publié dans Wired en mai 19948. Le terme est de nouveau utilisé par Earling (1996)1 citant l'utilisation du mot par Garth Kidd, en février 19969. Kidd attribue l'origine de ce mot à des joueurs de jeux vidéo sur ordinateur en provenance d'Adélaïde, en Australie. La première description du phénomène général apparaît dans le poème de science-fiction Virus10, écrit par Neil Gaiman dans Digital Dreams (1987).

Effet Tetris
L'effet Tetris (terme anglais issu du français) est appelé comme l'effet expliqué précédemment mais concerne un phénomène plutôt différent constaté dans les systèmes d'intelligence artificielle lié au concept de rationalité limitée. L'effet Tetris, dans ce cas, est l'effet selon lequel une suite d'actions précipitées et imprécises est meilleure que calculer un mouvement optimal, où un tel calcul ne serait pas fini à temps ; pour résumer, les systèmes évolutionnistes trouvent plus souvent un optimum local que global.

Notes et références
↑ a, b et c (en) Earling, A. (21-28 mars 1996). The Tetris Effect: Do computer games fry your brain? [archive] Philadelphia City Paper
↑ (en) Daniel Terdiman, « Real World Doesn't Use a Joystick » [archive], Wired, 11 janvier 2005.
↑ (en) « 14-Year-Old Prodigy Programmer Dreams In Code » [archive], THNKR, @radical.media.
↑ Robert Stickgold, April Malia, Denise Maguire, David Roddenberry et Margaret O'Connor, « Replaying the Game: Hypnagogic Images in Normals and Amnesics », Science, vol. 290, no 5490,‎ 2000, p. 350–353 (PMID 11030656, DOI 10.1126/science.290.5490.350).
↑ (en) Okagaki, L., Frensch, P. (1994). Effects of video game playing on measures of spatial performance: Gender effects in late adolescence. Journal of Applied Developmental Psychology, 15(1) 33-58.
↑ (en) Holmes EA, James EL, Coode-Bate T, Deeprose C,, « Can Playing the Computer Game "Tetris" Reduce the Build-Up of Flashbacks for Trauma? A Proposal from Cognitive Science », PLoS ONE, Vaughan Bell, vol. 4, no 1,‎ 2009, e4153 (PMID 19127289, PMCID 2607539, DOI 10.1371/journal.pone.0004153)
↑ « Tetris 'helps to reduce trauma' », BBC News,‎ 7 janvier 2009 (lire en ligne [archive]).
↑ Jeffrey Goldsmith, « This is Your Brain on Tetris » [archive], Wired Issue 2.05, mai 1994 (consulté le 20 décembre 2012).
↑ (en) Kidd, G. (1996). Possible future risk of virtual reality. [archive] The RISKS Digest: Forum on Risks to the Public in Computers and Related Systems 17(78)
↑ (en) Virus [archive], version récitée [archive]
Voir aussi[modifier | modifier le code]
Articles connexes
Ver d'oreille
Fixation (psychanalyse)
Plasticité neuronale
Tétromino
Dépendance au jeu vidéo
Liens externes
(en) Tetris dreams [archive] - Magazine scientifique américain, octobre 2000
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Virus est le second album du groupe breton Tagada Jones paru en 1999. Le CD compte 13 morceaux, et dure 40 minutes
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- Pourquoi j’ai mal aux yeux ?
- Tu vois clair pour la première fois.
Matrix


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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Mar 30 Mai 2017 - 13:01

Spoiler:

Comment comprendre que l'on puisse se mentir à soi-même?
Il est facile de comprendre que l'on puisse mentir à autrui. En effet, quand je mens, je connais la vérité et par définition, l'autre l'ignore : il est alors facile de lui faire croire quelque chose de faux ou plus simplement de lui cacher la vérité.  Mais si je me mens, je connais bel et bien la vérité. Comment alors tenir pour soi-même pour vrai ce que l'on sait pertinemment être faux? Ou plus simplement, comment faire pour se cacher ce qui pourtant crève les yeux de celui qui se ment? Se mentir à soi-même semble donc totalement impossible d'un point de vue strictement logique. Or les exemples de mensonge à soi ne manquent pas. De fait se mentir à soi-même est donc posiible dans les faits mais est intellectuellement inconcevable. Comment est-il alors possible de se mentir à soi-même?

Quelques textes pour nourrir la réflexion.

« L'homme, quelque rabaissé qu'il soit au-dehors, se sent souverain dans sa propre âme. Il s'est forgé quelque part, au cœur de son moi, un organe de contrôle qui surveille si ses propres émotions et ses propres actions sont conformes à ses exigences. Ne le sont-elles pas, les voilà impitoyablement inhibées et reprises. La perception intérieure, la conscience, rend compte au moi de tous les processus importants qui ont lieu dans l'appareil psychique, et la volonté, guidée par ces renseignements, exécute ce qui est ordonné par le moi, corrigeant ce qui voudrait se réaliser de manière indépendante (...).
Dans certaines maladies, et, de fait, justement dans les névroses, que nous étudions, il en est autrement. Le moi se sent mal à l'aise, il touche aux limites de sa puissance en sa propre maison, l'âme. Des pensées surgissent subitement dont on ne sait d'où elles viennent ; on n'est pas non plus capable de les chasser. Ces hôtes étrangers semblent même être plus forts que ceux qui sont soumis au moi ; ils résistent à toutes les forces de la volonté qui ont déjà fait leurs preuves, restent insensibles à une réfutation logique, ils ne sont pas touchés par l'affirmation contraire de la réalité. La psychanalyse entreprend d'élucider ces cas morbides inquiétants, elle organise de longues et minutieuses recherches, elle se forge des notions de secours et des constructions scientifiques, et, finalement, peut dire au moi :
«Il n'y a rien d'étranger qui se soit introduit en toi, c'est une part de ta propre vie psychique qui s'est soustraite à ta connaissance et à la maîtrise de ton vouloir. C'est d'ailleurs pourquoi tu es si faible dans ta défense; tu luttes avec une partie de ta force contre l'autre partie, tu ne peux pas rassembler toute ta force ainsi que tu le ferais contre un ennemi extérieur. (…) La faute, je dois le dire, en revient à toi. Tu as trop présumé de ta force lorsque tu as cru pouvoir disposer à ton gré de tes instincts sexuels et n'être pas obligé de tenir compte le moins du monde de leurs aspirations. Ils se sont alors révoltés et ont suivi leurs propres voies obscures afin de se soustraire à la répression, ils ont conquis leur droit d'une manière qui ne pouvait plus te convenir.(...) Le psychique ne coïncide pas en toi avec le conscient : qu'une chose se passe dans ton âme ou que tu en sois de plus averti, voilà qui n'est pas la même chose(...).»
C'est de cette manière que la psychanalyse voudrait instruire le moi. Mais les deux clartés qu'elle nous apporte : savoir, que la vie instinctive de la sexualité ne saurait être complètement domptée en nous et que les processus psychiques sont en eux-mêmes inconscients, et ne deviennent accessibles et subordonnés au moi que par une perception incomplète et incertaine, équivalent à affirmer que le moi n'est pas maître dans sa propre maison. »
Freud, Essais de psychanalyse appliquée

« La substance, au sens philosophiques du mot, est ce quelque chose d'indescriptible qui sert de support aux phénomènes ; une foule de faits psychologiques, sensations, sentiments, idées, déterminations volontaires se succèdent en nous et cependant sous ces phénomènes qui passent quelque chose reste puisque nous disons toujours que c'est le même moi qui pense, qui sent et qui veut. Ainsi, il y a dans chacun de nous, d'une part des modifications de l'âme, d'autre part ce qui reste, ce qui est immuable, le moi, la substance qui demeure sous chacune et sous l'ensemble de ces modifications. Quand nous parlons de nous-mêmes, il ne nous vient jamais à l'esprit de dire que notre moi ait été remplacé par un autre. Je me transporte vingt ans en arrière ; à cette époque, je n'avais peut-être aucune des idées que j'ai aujourd'hui. Les sentiments que j'éprouvais alors, je ne les éprouve plus. Je ne me déciderais plus comme je me décidais à cette époque. Rien en moi ne se passe à la lumière d'alors ; cependant je dis toujours je ou moi, en parlant de cet être d'autrefois et c'est bien le même moi[...]. Ainsi, bien qui tous les actes, tous les états, toutes les modifications de ce moi aient changé, il est resté identique à lui-même, il est donc autre chose que ces modifications, autre chose que ces phénomènes ; il est substance. Ainsi la conscience nous révèle l'existence d'une substance que chacun de nous appelle je ou moi. Il est facile de montrer que non seulement le moi nous apparaît comme substance, mais que de plus c'est la seule substance que nous connaissions. On parle souvent de la substance matérielle. Les corps qui nous entourent, que nous voyons, que nous touchons, nous font l'effet de substances, mais une analyse même peu approfondie nous fait voir bien vite que nous ne connaissons de la matière que des qualités, que nous n'atteignons pas, que nous n'atteindrons jamais la substance ou comme on dit le substratum qui les suit. Par exemple, une feuille de papier me fait l'effet d'une chose douée d'existence substantielle. Qu'est ce que je connais cependant de cette feuille de papier ?[...]. Otez à cette feuille de papier toutes ses qualités forme, couleur, résistance, pesanteur, etc...que reste-t-il ? Nous serions fort embarrassés pour le dire. Une fois les qualités enlevées, il semble que rien ne restera, que sous ces phénomènes on ne trouvera pas de substance. Un objet matériel n'est donc pour nous qu'une agglomération de qualités ; mais il n'en est pas ainsi pour le moi. Otez lui par la pensée toutes ses qualités, retranchez-en tous les phénomènes dont il est le théâtre, il restera cependant une force, un être bien déterminé que notre conscience perçoit et que chacun de nous appelle je ou moi. »
Bergson


« Distinguons donc deux formes de la multiplicité, deux appréciations bien différentes de la durée, deux aspects de la vie consciente. Au-dessous de la durée homogène, symbole extensif de la durée vraie, une psychologie attentive démêle une durée dont les moments hétérogènes se pénètrent; au-dessous de la multiplicité numérique des états conscients, une multiplicité qualitative; au-dessous du moi aux états bien définis un moi où succession implique fusion et organisation. Mais nous nous contentons le plus souvent du premier, c’est-à-dire de l’ombre du moi projetée dans l’espace homogène. La conscience, tourmentée par un insatiable désir de distinguer, substitue le symbole à la réalité, ou n’aperçoit la réalité qu’à travers le symbole. Comme le moi ainsi réfracté, et par là même subdivisé, se prête infiniment mieux aux exigences de la vie sociale en général, et du langage en particulier, elle le préfère, et perd peu à peu de vue le moi fondamental.
Pour retrouver ce moi fondamental, tel qu’une conscience inaltérée l’apercevrait, un effort vigoureux d’analyse est nécessaire, par lequel on isolera les faits psychologiques internes et vivants de leur image d’abord réfractée, ensuite solidifiée dans l’espace homogène. En d’autres termes, nos perceptions, sensations, émotions et idées se présentent sous un double aspect : l’un net, précis, mais impersonnel, l’autre confus, infiniment mobile, et inexprimable, parce que le langage ne saurait le saisir sans en fixer la mobilité, ni l’adapter à sa forme banale sans le faire tomber dans le domaine commun. ».
Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience

" Le freudisme, si fameux, est un art d'inventer en chaque forme un animal redoutable, d'après des signes tout à fait ordinaires, les rêves sont de tels signes , les hommes ont toujours interprété leurs rêves, d'où un symbolisme facile. Freud se plaisait à montrer que ce symbolisme facile nous trompe et que nos symboles sont tout ce qu'il y a d'indirect. Les choses de sexe échappent évidemment à la volonté et à la prévision , ce sont des crimes de soi, auxquels on assiste. On devine par là que ce genre d'instinct offrait une riche interprétation. L'homme est obscur à lui-même, cela est à savoir. Seulement il faut éviter ici plusieurs erreurs que fonde le terme inconscient. La plus grave de ces erreurs est de croire que l'inconscient est un autre moi, un moi qui a ses préjugés, ses passions, et ses ruses, une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller. Contre quoi il faut comprendre qu'il n'y a pas de pensées en nous sinon par l'unique sujet, Je, cette remarque est d'ordre moral. "
Alain, Eléments de philosophie

On peut également recourir au thème de la mauvaise foi chez Sartre.
http://philex.over-blog.com/pages/Comment_comprendre_que_lon_puisse_se_mentir_a_soimeme-984659.html
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Merci à celui qui a inventé les gens qui structurent les phrases... il a Ulla, une idée de génie... vraiment...


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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Sam 3 Juin 2017 - 15:49

Spoiler:

Camus, Sartre, Gary et les enfants surdoués : absence paternelle, dépression maternelle et symbolisation

Résumé : L'auteur propose une mise en parallèle de facteurs présumés à l'origine de la symbolisation chez les enfants surdoués et chez le génie créateur, par le biais d'extraits des romans autobiographiques romancés d'Albert Camus, Jean-Paul Sartre et Romain Gary. Le premier facteur aborde le paradoxe entre absence du père Oedipien et existence pourtant simultanée d'une figure symbolique paternelle exigeante et idéalisée. Le second axe de compréhension touche au type de maternage offert à ces sujets pendant l'enfance, mêlant investissements anaclitiques et incestueux, et qualifié de Jocastien par M. Besdine à propos du génie créateur. Le troisième évoque la dépression infantile et la place prise par le surinvestissement du langage et de la fonction symbolique dans l'affectivité de ces enfants, confrontés à la fois au vide affectif parental, et aux exigences d'un idéal narcissique lancinant.

Mots-clefs : Enfant surdoué - génie littéraire - absence paternelle - dépression maternelle - dépression infantile - surinvestissement de la pensée - symbolisation.

Nos travaux théoriques autour de la question du caractère souvent exceptionnel de la symbolisation et de la sublimation chez les enfants surdoués nous ont amenée à l'étude du génie créateur, largement explorée par la littérature psychanalytique.

Plusieurs similarités familiales et psychiques entre ces deux profils ont retenu notre attention. Elles ont également fait écho avec nos références théoriques freudiennes du développement psychique, pour nous amener à formuler l'hypothèse d'une sorte de carrefour susceptible d'avoir favorisé chez ces sujets une exceptionnelle capacité de symbolisation. Puisque, rappelons-le à cette occasion, ces profils que nous savons extrêmement fragiles, ne sont devenus ni simplement intelligents ni simplement malades.

Trois paramètres ont ainsi retenu notre attention.

Le premier est relatif au paradoxe entre absence (réelle ou non) du père Oedipien (chargé de combler la mère et de bâtir les interdits Surmoïques) et existence pourtant simultanée d'une figure symbolique paternelle exigeante et idéalisée (image du père décédé, grand-père, maître d'école, etc.). Notre second axe de compréhension touche, non sans lien avec le premier, au type de maternage offert à ces sujets pendant l'enfance, mêlant investissements anaclitiques et incestueux, et qualifié de Jocastien par M. Besdine1 à propos du génie créateur. Le troisième aborde la question de la dépression infantile et de la place prise par le surinvestissement du langage et de la fonction symbolique dans l'affectivité de ces enfants, confrontés à la fois au vide affectif parental, et aux exigences d'un Idéal narcissique lancinant. Nos précédents travaux2 ont étayé ces trois axes sous un angle clinique et projectif, en convoquant des examens psychologiques d'enfants et adolescents surdoués consultants. Bien que menée par les mêmes enjeux de démonstration, nous chargerons une métaphore littéraire d'illustrer notre propos, à travers les romans auto-biographiques de trois grands écrivains - Albert Camus3, Jean-Paul Sartre4 et Romain Gary5. Nous emprunterons des passages illustrant avec sensibilité ces faits familiaux et psychiques, que nous ne manquerons pas de lier à nos connaissances de l'enfant surdoué.

Père Oedipien défaillant - Père symbolique marquant

L'absence de père, réelle ou imaginaire, est fréquemment observée chez les enfants surdoués. V. Dufour a consacré un récent article6 à cette approche. Elle rappelle que "le père imaginaire Oedipien est celui qui prive l'enfant de la mère parce qu'il est pourvu du phallus, symbole de la puissance que la mère attend pour être satisfaite. Il interdit ainsi l'accès de la mère à l'enfant et permet le report à plus tard des enjeux sexuels" et observe que les pères d'enfants surdoués de son échantillon de thèse y apparaissent comme des "copains (...) le père semble n'avoir aucune consistance de père puissant, il est vécu comme semblable et n'est pas paré du pouvoir phallique".

Ses conclusions semblent paraphraser les observations de M. Besdine à propos du génie créateur : dans son étude, "le père n'a pas le phallus ; il n'est pas devenu père Oedipien. Ce n'est pas lui qui arrive à donner la réponse au désir de la mère". "C'est (...) le père de l'infantile, le père Oedipien, celui que se construit l'enfant "Papa, c'est le plus grand, c'est le plus fort, ce qui fait que je n'ai pas le droit d'accéder à maman" qui est invalidé. C'est l'interdit imaginaire "Je ne peux pas parce que je suis trop petit..." qui semble défaillant, (...) c'est la fonction de l'impuissance (...) qui est touchée, sans respect de l'ordre générationnel. L'accès à l'Oedipe est donc difficile dans ce contexte prégénital (...) il n'y a pas de lutte imaginaire pour le pouvoir, ce qui empêche (...) la mise en place des processus de promesse Oedipienne (quand je serai grand)...".

Camus, Sartre et Gary n'ont jamais connu leurs pères, tués par la guerre avant ou juste après leur naissance. Tous trois ont partagé le lit de leur mère jusqu'à la puberté, vivant pour deux d'entre eux chez les grand-parents maternels.

Camus, en intitulant son ouvrage autobiographique Le premier homme, en dit long sur la place qu'il s'est attribuée dans sa filiation (..."puisque né sur une terre sans aïeux et sans mémoire, où l'anéantissement de ceux qui l'avaient précédé avait été (...) total"). Sous sa plume, le père imaginaire-Oedipien apparaît peu comblant : "Il (Camus enfant) n'était même pas sûr qu'elle (sa mère) eût aimé passionnément cet homme (son père), et en tous cas il ne pouvait le lui demander (...) il ne voulait même pas savoir au fond ce qu'il y avait eu entre eux".

Sartre décrit une scène primitive bien austère: "En 1904, à Cherbourg, officier de marine et déjà rongé par les fièvres de Cochinchine, il (son père) fit la connaissance d'Anne-Marie Schweitzer (sa mère), s'empara de cette grande fille délaissée, l'épousa, lui fit un enfant au galop, moi, et tenta de se réfugier dans la mort". Puis énonce avec sagesse : "En vérité, la prompte retraite de mon père m'avait gratifié d'un "Oedipe" fort incomplet : pas de Sur-moi, d'accord, mais point d'agressivité non plus. Ma mère était à moi, personne ne m'en contestait la tranquille possession : j'ignorais (...) la jalousie; faute de m'être heurté à ses angles (...). Contre qui, contre quoi me serais-je révolté : jamais le caprice d'un autre ne s'était prétendu ma loi".

Gary, seul homme connu de la vie de sa mère, ignorera tout de son géniteur, dont il apprendra très tardivement sa mort dans les camps de concentration. Cependant, chez nos trois génies littéraires, l'absence de père réel ou comblant pour la mère laisse place à des représentations paternelles héroïques ayant certainement eu une valeur structurante sur le plan des identifications et du bâtissement de l'idéal du Moi ; instance dont on sait la fonction centrale chez les créateurs7.

Camus découvre son père à travers les mots de sa famille maternelle: sa mère dit de lui: "Il avait de la tête". Son oncle l'affiliait à son père par ces mots: "L'a la bonne tête, celui là. Dure, mais bonne. (...) Comme son père". En outre, ce souvenir héroïque du père décédé semble s'être trouvé relayé par la figure de son maître d'école, à qui il continuera à écrire toute sa vie : "Celui-là n'avait pas connu son père, mais il lui en parlait souvent sous une forme un peu mythologique, et (...) il avait su remplacer ce père. C'est pourquoi Jacques (Camus) ne l'avait jamais oublié, comme si, n'ayant jamais éprouvé réellement l'absence d'un père qu'il n'avait pas connu, il avait reconnu cependant inconsciemment, étant enfant d'abord, puis tout au long de sa vie, le seul geste paternel, à la fois réfléchi et décisif, qui fût intervenu dans sa vie d'enfance. Car Monsieur Bernard, son instituteur de la classe du certificat d'études, avait pesé de tout son poids d'homme, à un moment donné, pour modifier le destin de cet enfant dont il avait la charge, et il l'avait modifié en effet".

Sartre, lui, vivait avec son grand-père maternel, figure incontournable de son histoire infantile: "Restait le patriarche : il ressemblait tant à Dieu le Père qu'on le prenait souvent pour lui. Un jour, il entra dans une église par la sacristie ; le curé menaçait les tièdes des foudres célestes : "Dieu est là! Il vous voit !"Tout à coup les fidèles découvrirent, sous la chaire, un grand vieillard barbu qui les regardait : ils s'enfuirent. D'autres fois, mon grand-père disait qu'ils s'étaient jetés à ses genoux", etc.

Chez Gary, c'est le profil extrêmement précis d'homme que sa mère a en tête pour son avenir qui semble avoir eu valeur symbolique structurante : prédit par elle aviateur, prix Goncourt de littérature et ambassadeur de France, il deviendra effectivement précisément... tout cela.

Maternage jocastien et dépression maternelle

Nous devons la formule de maternage jocastien à M. Besdine1 pour qui l'inceste entre Oedipe et sa mère Jocaste rappelle le "processus de maternage très particulier" vécu par le futur génie créateur. Selon lui, en l'absence de père, "La mère semble souffrir de soif d'affection ou de frustration sentimentale, si bien qu'elle établit avec le tout jeune enfant une symbiose étroite, intense, intime et exclusive qui se maintient pathologiquement au delà de la première année", tout en jouant "un certain rôle dans le développement intellectuel".

M. Besdine effectue lui-même le lien entre surdon infantile et génie créateur, en reprenant une vignette clinique empruntée à M.S. Malher7 : "Cathie, une enfant douée dont le père servait dans les forces armées Américaines à l'étranger" chez qui on retrouve "une mère élevant son enfant en l'absence du père (...). Cathie, âgée de dix-huit mois, se montrait une enfant douée, précoce, dotée d'une activité indépendante orientée vers les réalisations. Elle avait une aptitude toute particulière à entrer en contact avec un adulte qu'elle ne connaissait pas en suscitant une réaction admirative. Malher a eu l'impression que ce développement précoce du Moi était dû à l'investissement exclusif par la mère de son enfant". Cette "position favorisée et exclusive de l'enfant sur laquelle la mère, avide d'affection, déverse tout son amour et auquel seule elle se consacre" aurait réunit "les conditions mêmes du maternage jocastien". Il note le "développement accéléré du Moi à cause de la nature exclusive et des aspects bénéfiques de la symbiose continue", débouchant sur la précocité, ainsi que ça a été le cas chez de nombreux génies créateurs précoces dans l'enfance.

Selon Besdine, l'issue de "La chaude intimité et la tendresse (que l'enfant -généralement le fils) a connues pendant sa première année de vie dans l'échange et le dialogue pleins de douceur avec la mère sont à jamais contaminées par un sentiment d'asservissement, à mesure que la mère, assoiffée d'amour, empêche l'enfant de se développer normalement dans le sens de (...) l'auto-différenciation. Cette atmosphère intense et diffuse d'amour incestueux devient de plus en plus terrifiante, l'enfant puis l'adolescent et l'adulte ressentant la situation comme dangereuse et interdite, voire comme un état de sujétion empoisonnée".

Évoquons ici la sublime illustration de ces propos à travers la plume de Romain Gary : "Ce fut seulement aux abords de la quarantaine que je commençai à comprendre. Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours (...). Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu. Je ne dis pas qu'il faille empêcher les mères d'aimer leur petit. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mères aient encore quelqu'un d'autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n'aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. Malheureusement pour moi, je me connais en vrai diamant".

L'investissement maternel de ces enfants nous apparaît simultanément très ardent sur les plans physique et symbolique, et très distant, presque instrumental, sur le plan affectif. Certes libidinales, ces mères jocastiennes évoluent dans une méconnaissance totale de leur enfant, qui n'existe que dans des termes projectifs et narcissisants pour elles. Nous serions tentée de qualifier ce second type d'investissement d'"anaclitique".

M. Besdine observe cette dimension dans son article : "La mère de type jocastien cherche inconsciemment consolation et réconfort dans l'amour qu'elle porte à son enfant. Désespérée, elle attire à elle son jeune fils (...)". Il observe également les mouvements d'alternance qui s'en suivent, entre "intimité et mise à distance, attirance et répulsion". Nos trois écrivains dépeignent avec sensibilité cette douleur de l'enfance.

Camus écrit à propos de sa mère : "Quand, l'ayant embrassé de toutes ses forces deux ou trois fois, le serrant contre elle et après l'avoir relâché, elle le regardait en le reprenant pour l'embrasser encore une fois comme si, ayant mesuré le plein de tendresse (qu'elle venait de faire), elle aurait décidé qu'une mesure manquait encore (...). Et puis, tout de suite après, détournée, elle semblait ne plus penser à lui ni d'ailleurs à rien, et le regardait même parfois avec une étrange expression comme si maintenant il était de trop, dérangeant l'univers vide, clos, restreint où elle se mouvait". Sartre nous offre lui aussi cette illustration entre rapproché libidinal symbolique et corporel, puis dépression maternelle et désaccordage affectif profond avec la mère : "On me montre une jeune géante, on me dit que c'est ma mère. De moi-même, je la prendrais plutôt pour une soeur aînée. Cette vierge en résidence surveillée, soumise à tous, je vois bien qu'elle est là pour me servir. Je l'aime : mais comment la respecterais-je, si personne ne la respecte ? Il y a trois chambres dans notre maison : celle de mon grand-père, celle de ma grand-mère, et celle des "enfants". Les "enfants", c'est nous : pareillement mineurs et pareillement entretenus. (...) La jeune fille dort seule et s'éveille chastement (...) Elle me raconte ses malheurs et je l'écoute avec compassion : plus tard je l'épouserai pour la protéger. Je le lui promets : j'étendrai ma main sur elle, je mettrai ma jeune importance à son service." Puis : "Vermine stupéfaite, sans foi, sans loi, sans raison ni fin, je m'évadais dans la comédie familiale, tournant, courant, volant d'imposture en imposture. Je fuyais mon corps injustifiable et ses veules confidences (...) De bonnes amies dirent à ma mère que j'étais triste, qu'on m'avait surpris à rêver. Ma mère me serra contre elle en riant : "Toi qui es si gai, toujours à chanter ! Et de quoi te plaindrais-tu ? Tu as tout ce que tu veux". Elle avait raison : un enfant gâté n'est pas triste ; il s'ennuie comme un chien. Je suis un chien : je bâille, les larmes roulent, je les sens rouler (...) De tremblantes minutes s'affalent, m'engloutissent, et n'en finissent pas d'agoniser (...) ma mère me répète que je suis le plus heureux des petits garçons. Comment ne la croirais-je pas (...) ? A mon délaissement je ne pense jamais ; (...) il n'y a pas de mots pour le nommer".

Gary décrit également ces scènes projectives mère-fils troublantes : "ma mère (...) me regarda avec gratitude. Ce fut soudain comme si j'eusse accompli quelque chose d'énorme pour elle. Elle s'approcha de moi, prit mon visage entre ses mains, fixant chaque trait avec une attention étonnante et les larmes se mirent à briller dans ses yeux. Un sentiment étrange de gêne s'empara de moi : j'eus soudain la sensation d'être quelqu'un d'autre".

Dépression infantile, place du surinvestissement du langage et de la fonction symbolique

L'exploration projective des protocoles d'enfants surdoués consultants révèle dans tous les cas une problématique narcissique et dépressive majeure, plus ou moins désorganisante mais toujours étayée par une étonnante capacité de secondarisation de la pensée. Ces éléments se rappellent à nous sous la plume de Camus : "De tout temps Jacques avait dévoré les livres qui lui tombaient sous la main et les avalait avec (...) avidité". "Les pages (...) remplies à ras bord de mots et de phrases, comme ces énormes plats rustiques où l'on peut manger beaucoup et longtemps sans jamais les épuiser et qui seuls peuvent apaiser certains énormes appétits (...). Ils ne connaissaient rien et voulaient tout savoir (...). Ces livres (...) (lui) donnaient (sa) pâté de rêves, sur lesquels ils pouvaient ensuite dormir lourdement".

Comment ne pas faire de parallèle entre cette avidité étourdissante pour le livre et la même avidité affective frustrée pour la mère ? Dans cet extrait, l'enfant tente de réconforter l'effondrement maternel : "(elle) avait cessé de sourire, et toute la misère et la lassitude du monde s'étaient peintes sur son visage. Puis elle avait rencontré le regard fixe de son fils, avait essayé de sourire encore, mais ses lèvres tremblaient et elle s'était précipitée en pleurant dans sa chambre (...), le dos maigre secoué de sanglots. "Maman, maman", avait dit Jacques en la touchant timidement de la main. "Tu es très belle comme ça." Mais elle n'avait pas entendu et, de sa main, lui avait demandé de la laisser. Il avait reculé jusqu'au pas de la porte, et lui aussi (...) s'était mis à pleurer d'impuissance et d'amour". Dans un autre extrait, il lie ces deux univers de façon explicite : "Seule l'école donnait à Jacques et à Pierre (son ami) ces joies. Et sans doute ce qu'ils aimaient si passionnément en elle, c'est ce qu'ils ne trouvaient pas chez eux, où la pauvreté et l'ignorance rendaient la vie plus dure, plus morne, comme refermée sur elle-même". "Le mystère chaleureux, intérieur et imprécis, où il baignait alors, élargissait seulement le mystère quotidien du discret sourire ou du silence de sa mère lorsqu'il entrait dans la salle à manger, le soir venu, et que, seule à la maison, elle n'avait pas allumé la lampe à pétrole, laissant la nuit envahir peu à peu la pièce, elle-même comme une forme plus obscure et plus dense encore qui regardait pensivement à travers la fenêtre les mouvements animés, mais silencieux pour elle, de la rue, et l'enfant s'arrêtait alors sur le pas de la porte, le coeur serré plein d'un amour désespéré pour sa mère et ce qui, dans sa mère, n'appartenait pas ou plus au monde".

Sartre évoque ses activités littéraires d'enfant et leur bénéfice narcissique : "je les poursuivais (...) avec assiduité : aux heures de récréation, le jeudi et le dimanche, aux vacances et, quand j'avais la chance d'être malade, dans mon lit ; je me rappelle (...) un cahier noir à tranche rouge que je prenais et quittais comme une tapisserie (...) mes romans me tenaient lieu de tout. (...) Je déversais toutes mes lectures, mes bonnes et les mauvaises, pêle-mêle, dans ces fourre-tout. (...) Auteur, le héros c'était (...) moi, je projetais en lui mes rêves épiques. (...) je pouvais le mettre à l'épreuve, lui percer le flanc d'un coup de lance et puis le soigner comme me soignait ma mère, le guérir comme elle me guérissait". Puis plus tard : "La mort était mon vertige parce que je n'aimais pas vivre : c'est ce qui explique la terreur qu'elle m'inspirait. En l'identifiant à la gloire, j'en fis ma destination. Je voulus mourir ; parfois l'horreur glaçait mon impatience (...). Nos intentions profondes sont des projets et des fuites inséparablement liés : l'entreprise folle d'écrire pur me faire pardonner mon existence (...). Si je remonte aux origines, j'y vois une fuite en avant, un suicide (...). C'était la mort que je cherchais. Longtemps j'avais redouté de finir comme j'avais commencé, n'importe où, n'importe comment (...). Ma vocation changea tout : (...). Je n'écrirais pas pour le plaisir d'écrire mais pour tailler ce corps de gloire dans les mots".

Gary évoque tout au long de son récit les rêves de grandeur et autres fantasmes d'omnipotence qui ont jalonné son enfance. Il se souvient: "Quelque chose, toujours, manquait (...). Vague et lancinant, tyrannique et informulé, un rêve étrange s'était mis à bouger en moi, un rêve sans visage, sans contenu, sans contour (...). Ce fut ainsi que je fis connaissance avec l'absolu, dont je garderai sans doute jusqu'au bout, à l'âme, la morsure profonde, comme une absence de quelqu'un. Je n'avais que neuf ans (...). L'absolu me signifiait soudain sa présence inaccessible et, déjà, à ma soif impérieuse, je ne savais quelle source offrir pour l'apaiser. Ce fut sans doute ce jour-là que je suis né en tant qu'artiste (...). Il me semble que j'y suis encore, assis, dans ma culotte courte, parmi les orties (...) je ne trouvais rien qui fût à la mesure de mon étrange besoin, rien qui fût digne de ma mère, de mon amour, de tout ce que j'eusse voulu lui donner. Le goût du chef-d'oeuvre venait de me visiter et ne devrait plus jamais me quitter. Peu à peu, mes lèvres se mirent à trembler, mon visage fit une grimace dépitée et je me mis à hurler de colère, de peur et d'étonnement. Depuis, je me suis fait à l'idée et, au lieu de hurler, j'écris des livres".

Ainsi l'intérêt effréné pour le symbole -ici lu et écrit- nous semble avoir eu pour fonction de colmater chez ces trois écrivains de génie une dépression infantile mêlée de préoccupations narcissiques majeures, faisant écho avec les procédés défensifs de nos enfants surdoués en situation projective. La présente articulation contient finalement deux voeux essentiels. D'une part, celui de ne pas décourager les élans de symbolisation de ces enfants pour le plaisir qu'ils s'offrent -nous offrent- à cet exercice, et d'autre part, celui de mettre à jour la douleur qui les sous-tend, sans nous laisser duper par les bénéfices narcissiques que ce surinvestissement colmate en apparence ; bénéfices contentant à notre sens trop souvent parents et professionnels de l'enfance surdouée.

Bibliographie :

1- Besdine M. (1968-9), Complexe de Jocaste, maternage et génie, in Psychanalyse du génie créateur, 1974, Paris, Dunod, pp.169-208.

2- Goldman C. (2005), La question du masculin chez l'enfant surdoué, in Psychologie clinique et projective, vol.11, pp. 205-222.

3- Camus A. (1960), Le premier homme, Paris, Folio, 1994. 4- Sartre J.- P. (1964), Les mots, Paris, Gallimard Folio, 2003.

5- Gary R. (1960), La promesse de l'aube, Paris, Folio, 1980.

6- Dufour V. (2004), "La fonction paternelle et l'enfant surdoué : un éclairage sur la psychopathologie moderne", in Le journal des Psychologues, n° de Juillet-Août 2004

7- Chasseguet-Smirgel J. (1973), La maladie d'Idéalité, Paris, éd. universitaires "Émergences"

8- Mahler M. S. (1963), "Certains aspects of the separation-individuation phase", in Psychoanalytic Quaterly, 32.
http://www.carnetpsy.com/article.php?id=13


Dernière édition par I am so sure le Dim 25 Juin 2017 - 16:07, édité 1 fois
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Dim 25 Juin 2017 - 16:07

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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Mar 27 Juin 2017 - 12:08

Spoiler:
Ajoutée le 8 déc. 2016
8 profil de personnes toxiques à fuir.

1° profil : le juge
Ils jugent tout et tout le monde en permanence leur sport c'est la critique acide et injustifié. Il est dans toutes les strates de la société. Ils injectent en permanence quelque chose de douloureux ils imposent leur version des faits, leur état d'esprit. Il y a une conclusion avec eux, c'est la leur. Bien souvent ils sont très intelligents mais ils ne savent pas écouter et ce sont d'horribles communicants. Ce sont des gens qui souffrent. Ils n'écoutent pas. La première chose à faire c'est courir ! Ce qu'il ne faut pas faire c'est leur demander conseil. Un juge on ne lui demande pas ce que l'on doit faire car vous allez toujours recevoir dans le visage de l'acide.

2° profil : le jaloux
Choisir sa vie développer ses affaires, choisir ses valeurs, ça demande de prendre des positions fermes et avec assurance. Plus vous allez choisir votre vie plus vous allez vous mettre en avant, afficher vos valeurs. Plus vous allez réussir, entreprendre et plus vous allez forcément créer des oppositions, et vous devez accepter d'être montré du doigt. Ne conservez pas de jaloux dans votre environnement. Si votre mari est jaloux du fait que vous entrepreniez, ça ça ne fonctionne pas. Dans votre couple encore moins. Si vous avez un jaloux dans votre environnement vous acceptez d'être parasité en permanence. Les jaloux sont souvent très cognitifs. LE jaloux le plus dangereux c'est celui qui est intelligent et qui va vous démolir votre projet point par point.

3° profil : le contrôleur.
Le control freaks en anglais. Un contrôleur dans une équipe ça fait un carnage. Dans la vie privée cela crée un déséquilibre mais dans le monde du travail ça devient un cauchemar. Il sait tout faire mieux que n'importe qui et fait à votre place. Vous pouvez facilement devenir vous-même un contrôleur dans les moments de stress (laisse, je vais le faire). Un contrôleur rabaisse en permanence les autres. Il est investi de la vérité et c'est sa mission. ne confiante n'a pas pour dessein de vous abaisser. L'arrogant cherche à vous écraser et quand il vous a bien aplati il se moque de vous. Le confiant est souvent pointé comme toxique par l'arrogant. L'attitude à avoir c'est tu ne m'aimes as, et bien moi non plus. Il vous humilie pour exister.


4° profil : L'arrogant
Ne confondez pas l'arrogance avec la confiance. Une personne confiante n'a pas pour dessein de vous abaisser. L'arrogant cherche à vous écraser et quand il vous a bien aplati il se moque de vous. Le confiant est souvent pointé comme toxique par l'arrogant. L'attitude à avoir c'est tu ne m'aimes as, et bien moi non plus. Il vous humilie pour exister. Fondamentalement il manque vraiment de confiance en lui et au lieu de chercher de développer ses projets, d'augmenter an vraie confiance il va chercher à vous rabaisser au lieu de s'élever lui-même.

5° profil : la victime
A fuir dans votre environnement. Elle aussi nous renvoie une mauvaise image de nous-même. Elle nous pointe du doigt comme étant la source de sa douleur. Et vous vous sentez mal d'être bien quand vous êtes à côté d'elle. La victime a toujours des excuses, ce n'est que rarement sa faute. Elle revient en permanence sur tous les problèmes qui lui arrivent.

6° profil : le négatif
Le négatif chronique. Pas celui qui a un coup de mou de temps en temps. Ca nous arrive à tous et c'est très souvent lié à une baisse d'énergie. Mais le négatif trouve toujours un problème à une solution, en permanence. Et il va vous dire "ce sont les faits, c'est la réalité ! il ne faut pas se mentir, faut arrêter de rêver un peu revient les pieds sur terre !" Il peut vous donner 10 raisons pour lesquelles ça ne va pas marcher.

7° Profil : le menteur
Pour enrichir votre vie vous allez avoir besoin d'une équipe. On ne peut réussir seul. Il vous faut un groupe de soutien, des amis, la famille, le conjoint. Vous avez besoin de gens qui vous conseillent mais si vous entourez de menteurs, il va vous injecter tellement de mauvaises informations qu'il va influencer votre cap. Ce profil est plus invisible que les autres.

8° profil : la commère
La machine à café adore les commères. Les commères aiment se réunir en petit groupe fermé, de prendre une personne pour cible quand elle n'est pas là et de cracher son venin dessus. On est dans les égouts des tréfonds de notre psychologie. Elles sont très nombreuses autour de vie. Les commères il y a juste à lever la tête pour en trouver. Elles sont très insécures et ont besoin d'abaisser quelqu'un en permanence pour se sentir bien. Dans une entreprise une commère c'est un cancer.
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Mer 28 Juin 2017 - 18:50

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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Mar 25 Juil 2017 - 18:09

https://nospensees.fr/jaime-gens-attention-aux-details-offrent-moments-non-choses/
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Sam 29 Juil 2017 - 18:45

Spoiler:
Les surdoués : comment savoir s’il y en a chez moi?

Publication : 17 avril 2016

Enfant qui regarde à travers des lentilles

À quoi reconnaît-on un surdoué? Ce n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire. Dans son habitat naturel, le surdoué est un maître du camouflage. C’est le premier moyen de défense qu’il a appris étant jeune et, une fois adulte, l’expérience lui a permis de raffiner cette habileté à un point tel qu’il se camoufle au moins autant à ses propres yeux qu’aux yeux des autres.

Il faut savoir que la douance implique généralement une grande sensibilité. C’est une sensibilité d’abord sensorielle qui peut s’exprimer par de vives réactions aux bruits, odeurs, goûts, textures et même à la lumière. C’est aussi une sensibilité émotionnelle qui peut se traduire par une grande empathie envers les autres et qui implique généralement une certaine fragilité au niveau de l’image de soi ou encore des réactions émotives en véritables montagnes russes. Par exemple, la dernière fois que j’ai vu un extrait du film Mississippi burning, je n’ai pas pu m’empêcher de m’enfuir dans ma chambre en pleurant à gros sanglots parce que je ressentais toute la haine et la violence dépeintes par ces images.

En plus de la sensibilité, la douance se caractérise par une grande vitesse de réaction, ce qui peut donner l’impression que le surdoué est impulsif ou intuitif. En fait, c’est la combinaison de la grande sensibilité et de la vitesse de réaction qui donne cette impression de réactions instantanées à des choses que les autres n’ont même pas eu le temps de percevoir. On peut croire que la réaction est non justifiée et donc purement impulsive ou, si on a de la facilité à faire confiance à ce qu’on ne voit pas, on peut penser que c’est de l’intuition ou nême de la perception extra-sensorielle (genre voyante).

Une autre caractéristique que l’on retrouve chez les surdoués est la flexibilité mentale. Comme un acrobate ou un contorsionniste peut le faire avec son corps, le surdoué peut jouer avec son esprit d’une manière totalement inhabituelle. Il n’hésitera pas à remettre en question les conventions d’idées ou à se lancer dans le vide pour faire des pirouettes incroyables et se rattraper au vol sur un support qui peut paraître bien mince. Cela peut paraître risqué mais le surdoué a une totale confiance en son habileté, ce qui lui permet une audace que d’autres ne peuvent pas comprendre.

En fait, tout ça peut être très perturbant pour l’entourage du surdoué qui peut alors avoir tendance à se camoufler davantage pour ne pas angoisser ses proches ou à s’isoler afin de ne pas subir les contrecoups du fait qu’il dérange l’ordre établi dans son milieu. Dans tous les cas, un écart se creuse depuis l’enfance entre ce que ressent le surdoué et ce qu’il présente comme image au monde extérieur. Ce décalage et les inévitables tensions que ça génère chez le surdoué (et/ou son entourage) en viennent souvent à provoquer des troubles d’adaptation, de la dépression ou de la délinquance plus ou moins affirmée. Chacun y réagira à sa manière : crise de l’adolescence/la quarantaine, instabilité familiale/professionnelle, appartenance à des groupes marginaux (hackers, sectes, etc.), spirale d’autodestruction (toxicomanie, gambling, suicide professionnel, dépression plus ou moins suicidaire, etc.).

Bref, si vous croyez vous reconnaître dans ce portrait ou reconnaître l’un de vos proches, il y a peut-être lieu de consulter un psychologue[1] pour en avoir le cœur net. Si les problèmes d’estime de soi, de mal-être, de dépression, d’affirmation de soi peuvent être les mêmes pour tout le monde, en connaître la source et les particularités est essentiel pour retrouver un équilibre personnel. Pour donner un exemple, on ne traite pas une fièvre accompagnée de toux de la même façon si c’est une pneumonie ou un rhume ou une grippe ou une tuberculose; l’avis d’un spécialiste est requis pour trouver la vraie cause et, de là, le bon traitement.

Être surdoué, comme toute autre condition, peut être une richesse ou un fardeau. Il vous appartient de reconnaître cette condition, de l’accepter, de choisir ce que vous voulez en faire et de prendre les moyens pour y arriver. Osez, vous ne pouvez qu’en sortir gagnant.

Sources :

de Kermadec, M., L’adulte surdoué : Apprendre à faire simple quand on est compliqué, Éditions Albin Michel, 2011.

http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Comportement/Articles-et-Dossiers/Adultes-surdoues-comprendre-leur-difference

http://www.lexpress.fr/styles/psycho/comment-reconnaitre-un-adulte-surdoue_1308657.html

http://www.doctissimo.fr/psychologie/intelligence/adulte-surdoue-diagnostic

http://www.zebras-crossing.org/doku.php?id=articles:adulte-surdoue

http://www.adulte-surdoue.org/

http://le-cercle-psy.scienceshumaines.com/l-adulte-surdoue-apprendre-a-faire-simple-quand-on-est-complique_sh_27913

http://www.douance.be/douance-ahp-self-test.htm

http://planetesurdoues.fr/index.php/adultes-surdoues/sites/

__________________________________

[1] Bien choisir quelqu’un avec qui vous êtes à l’aise et lui dire d’emblée que vous voulez vérifier la douance. Notez aussi que vous pouvez passer les tests de Mensa pour avoir une idée à moindre coût; cependant, ce ne sera pas aussi complet comme évaluation et, leur limite étant arbitraire, ça ne vous sera peut-être pas aussi utile. À vous de voir ce qui vous convient.

http://www.lesbruines.com/index.php/mes-textes/28-les-surdoues-comment-savoir-s-il-y-en-a-chez-moi#!/ccomment-comment7
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Ven 18 Aoû 2017 - 18:47

http://www.allodocteurs.fr/sexo/pratiques-et-libido/fantasmes/la-sexualite-en-9-lettres-i-comme-imaginaire-erotique_23080.html#xtor=EPR-1000002224

http://theaphilopator.unblog.fr/2008/03/20/l-orgasme-intellectuel/

http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Masturbation_intellectuelle

http://www.atlantico.fr/atlantico-light/orgasme-cerebral-documentaire-explore-cet-etrange-phenomene-931068.html

http://madamedelapinette.overblog.com/orgasme-intellectuel

http://autisme-montreal.com/wp-content/uploads/2014/09/Le-comportement-sexuel-des-adultes-autistes.pdf

https://www.cairn.info/revue-bulletin-de-psychologie-2006-1-page-93.htm

https://www.sexysoucis.fr/knowledge-base/est-ce-quon-peut-avoir-un-orgasme-mental-et-non-sexuel/

https://books.google.fr/books?id=7lBfCwAAQBAJ&pg=PT281&lpg=PT281&dq=l%27orgasme+intellectuel+et+sexuel&source=bl&ots=I-x8md69I_&sig=Oi9dEJRoWimmNfCek8H5XnXsJP0&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjB1fmymuHVAhWJZFAKHYu1CBo4FBDoAQgxMAI#v=onepage&q=l'orgasme%20intellectuel%20et%20sexuel&f=false

http://beer-gabel.com/blog/2013/11/09/fluteabec/

http://www.arbredespossibles.com/base/individuel_coms.php?valeur=6172

http://www.lapresse.ca/vivre/societe/200906/03/01-862738-lorgasme-une-affaire-dintelligence-emotionnelle-.php
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Dim 8 Oct 2017 - 16:00

Spoiler:

Psychologie sociale
(Redirigé depuis Sociopsychologie)
La psychologie sociale est l'étude scientifique de la façon dont les pensées, les sentiments et les comportements des gens sont influencés par la présence réelle, imaginaire ou implicite des autres1. Dans cette définition « scientifique » se réfère à la méthode empirique de l'enquête. Les termes de pensées, de sentiments et de comportements comprennent toutes les variables psychologiques qui sont mesurables chez un être humain.
L'affirmation selon laquelle la présence d'autrui peut-être imaginée ou implicite suggère que nous sommes enclins à l'influence sociale, même lorsque nous sommes seuls, comme lorsqu'on regarde la télévision ou par l’intermédiaire de normes culturelles intériorisées. Les psychologues sociaux expliquent généralement les comportements humains par l'interaction entre les états mentaux et les situations sociales immédiates. En général, les psychologues sociaux ont une préférence pour les résultats empiriques de laboratoire. Les théories de psychologie sociale ont tendance à être spécifiques et ciblées, plutôt que globales et générales.
Les psychologues sociaux (Kurt Lewin, Harold J. Leavitt, Jean Maisonneuve, Serge Moscovici, etc. ) traitent donc les facteurs qui nous amènent à nous comporter d'une manière donnée en fonction d'autrui, et d'examiner les conditions dans lesquelles certains comportements, actions ou émotions se produisent.
La psychologie sociale s'intéresse à la manière dont les émotions, les pensées, les croyances, les intentions et les buts sont construits et comment ces facteurs psychologiques, à leur tour, influencent nos interactions avec les autres.
La psychologie sociale est un domaine interdisciplinaire qui comble le fossé entre la psychologie et la sociologie. Pendant les années qui suivirent immédiatement la Seconde Guerre mondiale, la collaboration entre psychologues et sociologues était fréquente dans le milieu anglo-saxon. Toutefois, les deux disciplines sont devenues de plus en plus spécialisées et isolées les unes des autres au cours des dernières années, avec des sociologues mettant l'accent sur les « variables macroéconomiques » (comme la structure sociale) à des mesures encore plus grandes. Les approches sociologiques de la psychologie sociale permettent de compléter les recherches en psychologie dans ce domaine.
La psychologie sociale s'est également développée sur une opposition entre psychologues sociaux américains et européens. De façon générale, les chercheurs américains se sont davantage penchés sur les phénomènes ayant trait à l'individu, alors que les Européens ont accordé plus d'attention aux phénomènes de groupe. (voir Dynamique de groupe, Psychologie des foules)2.
Encore mal connue et peu enseignée dans les universités françaises, elle se trouve pourtant à la base d'un grand nombre d'applications (psychologie sociale appliquée), de techniques et de pratiques professionnelles3 : gestion de groupes et d'équipes, sondages, groupes de formation et de créativité, brainstorming, publicité.
Sommaire  [masquer]
1 Histoire
1.1 Débuts en France
1.2 Développement aux États-Unis
1.3 Émergence du courant de la cognition sociale
2 Méthodes de recherche
3 Apport en matière de développement durable
4 Quelques questions de base
5 Thèmes étudiés
6 Critique
7 Expériences majeures notables
8 Bibliographie
9 Articles connexes
10 Notes et références
11 Annexes
11.1 Revues
12 Liens externes
Histoire[modifier | modifier le code]
La discipline de la psychologie sociale a commencé aux États-Unis à l'aube du xxe siècle. Cependant, les bases importantes de cette discipline avaient déjà été développées. Après le xviiie siècle, ceux qui allaient faire émerger le domaine de la psychologie sociale cherchaient à développer des explications concrètes permettant de mieux comprendre la nature humaine. Ils désiraient découvrir les liens de causalité concrète expliquant les interactions sociales dans le monde autour d'eux. Pour ce faire, ils croyaient que la méthode scientifique, une mesure scientifique empirique, pourrait être appliquée au comportement humain4.
La première étude publiée dans ce domaine fut l'expérience de Norman Triplett en 1897 portant sur le phénomène de facilitation sociale5. Pendant les années 1930, de nombreux psychologues de la Gestalt, notamment Kurt Lewin, ont fui vers les États-Unis à partir de l'Allemagne nazie. Ils ont joué un rôle dans le développement de ce champ d'études en le séparant des courants behavioristes et psychanalytiques qui étaient dominants à cette époque. Les attitudes et les petits phénomènes de groupe étaient les sujets les plus fréquemment étudiés dans ce domaine.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les psychologues sociaux ont étudié les effets de la persuasion et de la propagande au profit de l'armée américaine. Après la guerre, les chercheurs se sont intéressés à une variété de problèmes sociaux, y compris les questions de sexe et des préjugés raciaux. Les plus remarquables, révélatrices, et controversées de ces études ont été les expériences choquantes de Stanley Milgram sur l'obéissance à l'autorité. Dans les années soixante, il y a eu un intérêt croissant pour de nouveaux sujets, comme la dissonance cognitive, l'effet du témoin (Bystander effect), et l'agression. Dans les années 1970, la psychologie sociale a vécu une crise en Amérique. Il y avait un vif débat sur l'éthique de l'expérimentation en laboratoire : « est-ce que les attitudes prédisent les comportements », et « à quel point est-il possible de faire des recherches dans un contexte culturel »6. Ce fut aussi le moment où l'approche situationniste radicale contestait la pertinence du soi et de la personnalité en psychologie.
La psychologie sociale atteindra un niveau plus mature dans les théories et les méthodes dans les années 1980 et 1990. Des normes éthiques prudentes seront établies pour désormais réglementer la recherche. Les perspectives pluraliste et multiculturelle ont commencé à émerger. Les chercheurs modernes s'intéressent actuellement à de nombreux phénomènes, mais l'attribution, la cognition sociale, et le concept de soi sont sans doute les plus grands domaines de croissance au cours des dernières années. Les psychologues sociaux ont également maintenu leurs intérêts appliqués aux contributions en matière de santé, de psychologie environnementale et juridique.
Débuts en France[modifier | modifier le code]
Parmi les précurseurs français de la psychologie sociale, on trouve Gustave Le Bon, sociologue, qui publie un ouvrage de référence en 1895, Psychologie des foules. Gabriel Tarde marque la psychologie sociale par le développement de ses idées sur l'imitation et ses conséquences sur l'influence7. En 1900 se tient à Paris le IVe Congrès international de psychologie à Paris sous la présidence de Théodule Ribot8. Lors du discours d'ouverture de Ribot, la psychologie sociale est évoquée pour la première fois dans une instance scientifique internationale.
Développement aux États-Unis[modifier | modifier le code]
William McDougall publie en 1908 Une introduction à la psychologie sociale, livre qui place son auteur dans la liste des pères fondateurs de la psychologie sociale.
Inspiré par les travaux de Ivan Pavlov sur le conditionnement, le psychologue américain J.B. Watson publie un article en 1913 marquant le début du courant béhavioriste aux États-Unis qui est le modèle de référence dans les années 1920-1930. Floyd Henry Allport (en) s'inscrit dans ces concepts et ses recherches sur la coaction et la facilitation sociale (dans la lignée de Triplett) partent du principe que l'individu placé dans un groupe se comporte tel qu'il se serait comporté seul, mais avec un peu plus d'intensité. De même, l'action d'un groupe ne serait « que » la somme des actions individuelles.
Émergence du courant de la cognition sociale[modifier | modifier le code]
Considérant que le comportement de l'individu social n'est pas uniquement le fait d'influences extérieures mais également dû à divers processus mentaux (donc internes), plusieurs chercheurs tels que Kurt Lewin (théorie des champs), Solomon Asch (formation des impressions) et Fritz Heider (attribution causale) s'inspirent de la théorie de la Gestalt pour développer le courant cognitiviste de la psychologie sociale. On en vient à penser l'individu et la société comme étant une globalité interdépendante et la perception d'autrui est au centre de la relation sociale. La cognition sociale devient prédominante dans le paysage de la psychologie sociale dans les années 1980. Les études se portent sur les processus cognitifs de la perception, du traitement de l'information, de son stockage et de sa récupération. On observe de même les facteurs influençant ces processus et on passe de l'observation des comportements à l'observation des processus cognitifs à l'origine des comportements9.
Principes de base :
Deux axiomes fondamentaux :
Chaque individu a une vision, une conception personnelle de la réalité dont il fait partie. Cette conception est construite à partir des processus cognitifs et sociaux.
L'étendue de l'influence sociale : un individu, ses émotions, ses pensées et son comportement sont grandement influencés par l’environnement, même en l'absence physique d'autres individus.
Trois principes motivationnels :
Le besoin de maîtrise. Les gens ont tendance à essayer de prédire ou comprendre les évènements qui se produisent dans l'environnement extérieur et la société afin d'obtenir une récompense telle que la survie, la sécurité ou encore l'estime qu'on a de soi.
Le besoin de contact. Les gens accordent de l'importance aux contacts sociaux tels l'amour et le soutien en provenance des individus et des groupes qui leur sont proches.
La valorisation du « moi » et du « mien ». Les gens ont tendance à se comparer aux autres avec un biais positif et valorisent ce qu'ils aiment et possèdent.
Trois principes de fonctionnement des processus cognitifs et sociaux :
Le conservatisme. Chez l'être humain, les processus cognitifs et sociaux, les idées, les impressions ont tendance à persister et sont lents à se modifier. Le conservatisme est cette tendance-là.
L'accessibilité. L'information la plus accessible, celle qui est la plus facile à se procurer est généralement celle qui a le plus d'impact sur notre cognition, notre comportement et nos émotions.
La superficialité et la profondeur. L'humain a généralement tendance à traiter l'information perçue avec superficialité bien que parfois certaines sources de motivation l'entraînent à aller plus en profondeur.
Méthodes de recherche[modifier | modifier le code]
La recherche en psychologie sociale, comme en psychologie en général, utilise différentes méthodes. Une des méthodes les plus efficaces utilisées est le devis expérimental ou méthode expérimentale. Celle-ci peut se faire en laboratoire ou milieu naturel et se caractérise principalement par la manipulation d'une variable indépendante étudiée chez divers individus ou groupes. En général, on utilise un groupe témoin et un ou plusieurs groupes expérimentaux afin d'observer l'effet de la modification de ces variables pour finalement obtenir un lien de causalité. Dans certaines situations, comme dans les études sur les effets des catastrophes naturelles, il se peut qu'il soit impossible de travailler avec un groupe témoin. On peut alors effectuer une étude sur un groupe témoin équivalent. On parle alors de devis quasi expérimental ou méthode quasi expérimentale.
À un stade plus primitif de recherche, on peut ne pas rechercher la causalité entre deux variables mais simplement la corrélation. On fait alors appel au devis corrélationnel ou méthode corrélationnelle. Dans ce cas-ci, aucune variable n'est manipulée par l'expérimentateur. Il s'agit d'une méthode descriptive et non expérimentale. Dans les cas où, par exemple, pour des raisons d'éthique, il n'est pas possible de recréer certaines conditions en laboratoire ou d'effectuer des expériences sur certains groupes de personnes, on peut faire appel à d'autres types de méthodes non expérimentales comme les enquêtes, les entrevues, les simulations ou les jeux de rôles. Des méthodes dites secondaires ou historiques comme l'étude de cas, l'analyse de contenu, l'analyse archivistique ou la méta-analyse (synthèse de plusieurs études) sont également utilisées dans la recherche en psychologie sociale.
Les libertés prises vis-à-vis de la méthode scientifique décrites ci-dessus ouvrent la porte à de nombreuses erreurs. Le scandale Stapel a apporté la preuve qu'il était possible à un individu de présenter des travaux falsifiés ou inventés de toutes pièces à des journaux scientifiques du domaine concerné, et d'en obtenir la publication comme s'il s'agissait de résultats de valeur10. Stapel a présidé aux thèses de doctorat de ses étudiants en leur fournissant des enquêtes qu'il avait lui-même inventées ou falsifiées ; ses étudiants n'ont pas non plus vérifié ces résultats sur lesquels reposent leurs thèses. Cette fraude, dévoilée en 2011, semble avoir duré depuis 1997, date de l'obtention par Stapel de son propre doctorat. Ce scandale a mis en évidence le manque de crédibilité à l'œuvre dans ce domaine au plus haut niveau, par le non-respect des méthodes scientifiques, avec en particulier l'emploi courant de chiffres d'enquête trop beaux pour être vrais, et l'habitude dans cette communauté de ne pas vérifier les résultats11. Un certain nombre de journaux scientifiques ont déjà procédé à la rétractation d'une trentaine d'articles de Stapel, dont Science et Nature12.
Une des expériences de psychologie sociale la plus connue est l'expérience de Milgram.
Apport en matière de développement durable[modifier | modifier le code]
Article connexe : Développement durable.
Face aux enjeux de la crise écologique et sociale, une équipe d'universitaires en psychologie sociale, cognitive et des organisations, issus de différents pays européens, ont engagé une réflexion sur la manière dont la psychologie sociale et la psychologie des organisations peuvent aider à modifier les comportements individuels et collectifs. En effet, les différents aspects de la crise écologique et sociale (réchauffement climatique, perte de biodiversité, etc.) ne dépendent pas seulement de décisions institutionnelles, mais aussi de comportements individuels13.
Quelques questions de base[modifier | modifier le code]
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Par quels procédés et biais les individus jugent et évaluent ?
Quels sont les attributions qu'une personne fait spontanément d'un événement ?
Comment l'individu réagit-il à la réalisation d'un acte problématique ?
Quel est l'impact de la dynamique d'un groupe sur la cognition et les états émotionnels ?
Comment les groupes sociaux contrôlent-ils ou contribuent-ils au comportement, à l'émotion, ou aux attitudes des différents membres ?
Quel est l'impact du groupe sur l'individu ?
Comment l'individu agit-il dans un groupe social ?
Peut-on distinguer groupe et catégorie sociale ?
Thèmes étudiés[modifier | modifier le code]

https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_sociale

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Partitions sociales
image illustrant la psychologie Cet article est une ébauche concernant la psychologie.
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Théorie de Psychologie sociale du champ de la catégorisation sociale, les partitions sociales reposent sur le postulat qu'il existerait trois types de partitions différentes dans lesquelles nous nous insérons afin de garder une identité sociale positive. Cette théorie récente (2005) est issue des travaux de Philippe Castel, professeur en psychologie sociale à l'Université de Bourgogne et de Marie-Françoise Lacassagne, professeur en psychologie sociale à l'Université de Bourgogne, tous deux membres du laboratoire SPMS (Socio-Psychologie et Management du Sport).
Les trois types de partitions sont:
La partition oppositive (type bipolaire)
La partition hiérarchique (type scalaire)
La partition communautaire (type binaire)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Partitions_sociales

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Comportement organisationnel
Le comportement organisationnel — en anglais Organizational Behaviour (OB) — est une discipline carrefour qui regroupe :
l'étude et le management du comportement humain au sein des organisations 1
et l'étude et le management de ces organisations.
Il reprend, aux niveaux de l'individu, du groupe et de l'organisation, les concepts 2 de ;
La psychologie individuelle (et plus particulièrement la psychologie du travail devenue la psychologie organisationnelle ;
La psychologie sociale au niveau du groupe ;
La sociologie et plus particulièrement la sociologie des organisations et la sociologie du conflit ;
L'anthropologie
Les sciences politiques
Sommaire  [masquer]
1 Une discipline carrefour hybride pour managers polymathes
2 Les apports des différentes sciences humaines
2.1 La psychologie
2.2 La psychologie sociale
2.3 La sociologie
3 Les grands concepts
3.1 Les deux dimensions du management
3.2 Le groupe
3.3 Le travail en équipe
3.4 La coopération
3.5 La coordination
3.6 Les conflits
3.7 Les décisions collectives
3.8 La culture d'entreprise
3.9 L'éthique des affaires et l'éthique d'entreprise
3.10 Les structures organisationnelles
4 Un management organisationnel
5 Bibliographie
6 Notes et références
7 Articles connexes
Une discipline carrefour hybride pour managers polymathes[modifier | modifier le code]
Il s'agit d'un domaine au champ large, dans lequel on cherche à comprendre le comportement des individus et des groupes, les processus interpersonnels et les dynamiques organisationnelles. Ce domaine permet de placer l'individu au cœur d'un groupe (équipe) et d'analyser les interactions s'y attachant tout en analysant les moyens que l'individu prend pour régler les problèmes (conflits). D'ailleurs, la compréhension du comportement organisationnel apporte une meilleure maîtrise de soi et d’autrui dans un contexte organisationnel; elle pourrait même contribuer à la réussite des employés dans les milieux de travail de plus en plus dynamiques et complexes.
C'est une discipline appliquée qui s’appuie sur des méthodes de recherche scientifiques et utilise une approche de la contingence, reconnaissant ainsi que les pratiques de gestion doivent s’adapter aux particularités du contexte. Des changements spectaculaires, technologies de pointe et systèmes hautement performants, concurrence planétaire toujours plus intense, exigence accrue de la clientèle, préoccupations éthiques et attentes en matière de responsabilité sociale ont entraîné l’émergence de nouveaux milieux de travail.
Concrètement la diffusion des concepts du comportement organisationnel s'est effectué en France par l'intermédiaire des traductions des grands auteurs américains : Frederick Herzberg, Douglas McGregor, Abraham Maslow, Blake et Mouton, etc. avec un retard parfois considérable de l'ordre de cinq à dix ans et parfois plus3,4.
Les apports des différentes sciences humaines[modifier | modifier le code]
La psychologie[modifier | modifier le code]
La théorie Y, la pyramide des besoins, les facteurs de satisfaction, etc.
Article détaillé : Psychologie.
Dont la psychologie du travail, (ex-psychologie industrielle) (en anglais Industrial and Organizational Psychology).
Article détaillé : Psychologie du travail.
La psychologie sociale[modifier | modifier le code]
Les styles de management et de leadership
Article détaillé : Psychologie sociale.
La psychologie sociale est celle des individus interagissant avec d'autres au sein de petits groupes
La dynamique des groupes restreints.
La sociologie[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Sociologie.
et plus particulièrement la sociologie des organisations Citons : Michel Crozier, Christian Thuderoz, François Dupuy
Article détaillé : Sociologie des organisations.
Les grands concepts[modifier | modifier le code]
Les deux dimensions du management[modifier | modifier le code]
Concrètement, en France, Les deux dimensions du management, 1969.
Article détaillé : Grille managériale (Blake et Mouton).
Le groupe[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Groupe restreint.
Le travail en équipe[modifier | modifier le code]
Le travail en équipe n'était pas la préoccupation de Taylor
La coopération[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Coopération (organisationnelle).
La coordination[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Coordination (organisationnelle).
Les conflits[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Résolution de conflit.
Les décisions collectives[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Prise de décision collective.
La culture d'entreprise[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Culture d'entreprise.
L'éthique des affaires et l'éthique d'entreprise[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Éthique des affaires.
Les structures organisationnelles[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Structure organisationnelle.
Un management organisationnel[modifier | modifier le code]
Celui des structures organisationnelles et celui de la culture organisationnelle.
Bibliographie[modifier | modifier le code]
(en) Denis Umstot, Understanding Organizational Behavior, 1984.
Jean-Pierre Gruère, « Les aspects humains et organisationnels du management », dans : Nicole Aubert et al., Management; Puf (1990), Puf, pp. 12-14.
(en) Walter Natemeyer , Paul Hersey, Classics of Organizational Behavior (1995), Fourth edition, Waveland Press, 2011.
(en) Paul Hersey, Kenneth H. Blanchard, Dewey E. Johnson, Management of Organizational Behavior (10th Edition), Prentice Hall, 2012.
Simon Dolan, Eric Gosselin, Jules Carrière, Psychologie du travail et comportement organisationnel (1990), Gaëtan Morin, 2013.
(en) Stephen P. Robbins, Timothy A. Judge, Organizational Behavior (1990) (16th Edition), Prentice Hall, 2014.
Stephen Robbins, Timothy Judge, Véronique Tran, Comportements organisationnels (1990), 16e éd., Pearson, 2014.
John Schermerhorn, James Hunt, Richard Osborn, Claire de Billy, Comportement humain et organisation, Erpi, 2014.
Notes et références[modifier | modifier le code]
↑ « Le comportement organisationnel représente l'étude du comportement humain au cœur de l'organisation. » dans : Dolan, Simon L., Gosselin, Éric et Jules Carrière. Psychologie du travail et comportement organisationnel, 3e éd., Montréal, Les Éditions de la Chenelière inc., 2007, p. 11-24
↑ Stephen Robbins et al. 2015, pp. 11-13
↑ Par exemple, l'ouvrage récent de Thuderoz fait toujours référence à une version de 1964 de la grille managériale de Blake et Mouton alors que celle-ci a été améliorée trois fois
↑ Chester Barnard n'a toujours pas été traduit

https://fr.wikipedia.org/wiki/Comportement_organisationnel

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Pages 87 - 91 Article suivant
1
Depuis la loi de 2001, l’éducation à la sexualité en milieu scolaire est obligatoire [1][1] L’éducation à la sexualité en milieu scolaire est une.... En tant qu’association experte du domaine, le centre régional d’information et de prévention du sida d’Île-de-France (CRIPS-IDF) [2][2] Le CRIPS Île-de-France intervient depuis 1992 dans... est régulièrement sollicité par les établissements pour intervenir. Il est possible de développer des programmes d’éducation par les pairs sur cette question, pour compléter les éventuels dispositifs d’information mis en place au sein des établissements. Toutefois, aborder la question de la sexualité nécessite d’avoir un regard décalé sur les discours des jeunes, d’où l’importance d’un adulte extérieur à l’établissement pour aborder ces questions.
Animer en milieu scolaire : la posture du professionnel

2
En amont de l’intervention, les animateurs doivent faire le point sur leurs propres représentations de la sexualité, la question du genre, de l’homosexualité et de l’homophobie afin notamment de créer un milieu d’apprentissage le moins discriminatoire possible et d’éviter les généralisations. Les adultes qui encadrent les jeunes doivent avoir conscience que leur position d’autorité donne un poids particulier à leurs gestes, leurs paroles, leurs silences. Forts de leurs formations, les animateurs et animatrices spécialisé·e·s dont les valeurs sont celles de l’éducation pour la santé mettent en place des animations portant à la fois sur du savoir (connaissances), du savoir-être (attitudes) et du savoir-faire (comportements). Ces interventions réalisées par des personnes extérieures permettent une complémentarité des approches, des postures et expertises amenées par l’Éducation nationale, avec l’avantage pour les jeunes de changer d’interlocuteur et de méthodes pédagogiques d’apprentissage, basées encore trop souvent en milieu scolaire sur le seul apport de connaissances. Elles permettent ainsi de mieux répondre aux principes de l’éducation pour la santé et en santé sexuelle [3][3] L’OMS définit la santé sexuelle comme « un état de... en particulier. L’enjeu est donc bien de prendre en compte la spécificité de l’adolescence, de tenir compte du vécu connu des adultes de l’établissement scolaire, mais également de prendre en compte l’éventualité d’évènements difficiles, voire traumatiques, vécus par certains. Dans ce contexte, le statut de pairs-éducateurs peut se révéler délicat, notamment sur la connaissance de problématiques inhérentes à l’établissement et aux élèves.
Animer le débat, une clé pour enclencher la parole entre jeunes

3
Les interventions menées dans les établissements scolaires nous permettent de constater que les connaissances qu’ont déjà les jeunes ne sont pas suffisantes pour qu’ils puissent faire des choix éclairés et adopter leurs propres stratégies. Partir de ce postulat permet à l’adulte intervenant de mettre des limites sur le rôle de « source d’information » attendu par les jeunes et parfois par les adultes de l’établissement. Il s’agit de passer du rôle de « source » à celui de « ressource ». Les interventions étant ponctuelles (les animateurs du CRIPS-IDF interviennent le plus souvent deux heures par classe), l’équipe d’animation concentre une partie importante de l’action sur l’orientation et les rôles des adultes référents dans l’établissement scolaire et à l’extérieur (structures/professionnels de santé ressources).
4
Pour cela, l’animation de séances d’éducation pour la santé sexuelle ne peut se passer d’un débat, une des clés pour permettre à chaque jeune de valoriser ses connaissances, de mettre en discussion ses représentations et de questionner les normes de la société. Les règles de base de l’animation d’un débat en classe vont dans le sens d’une valorisation des savoirs des jeunes, le débat suscitant l’intérêt et permettant à la séance d’être interactive, rompant ainsi avec la passivité tant contestée par les jeunes.
5
Contrairement aux conversations que les jeunes peuvent avoir avec leurs amis, et qui sont également très importantes pour leur construction identitaire, ici le fondement de toute animation est de ne pas parler de soi. L’animateur n’est pas là pour parler des sexualités de chacun mais au contraire, pour échanger de manière générale sur la vie affective et sexuelle grâce à la règle d’utilisation du « on » ou « les gens de notre âge » à la place du « je ». Cet effort de transposition a pour objectif de permettre à chaque jeune de dire ses représentations, de tester ses connaissances, de mettre en discussion ses a priori, en évitant autant que possible que cela puisse se retourner contre lui.
S’outiller pour permettre l’interactivité

6
Malgré les lois qui rendent obligatoires trois séances d’éducation à la sexualité par an, les jeunes ne sont pas informés en début d’année de cette obligation. Or l’information des jeunes sur la tenue de ces séances a un impact sur leur participation et leurs attentes à l’égard d’un animateur extérieur. S’ils sont informés, les jeunes peuvent en effet amorcer une réflexion et commencer à discuter du sujet entre eux. A contrario on peut aussi choisir de ne pas les avertir pour éviter qu’ils ne participent pas à la séance sous prétexte qu’ils ne veulent pas « parler de ça », que « ça ne les concerne pas ». Par ailleurs, le fait d’intervenir en milieu scolaire n’est pas sans conséquence : les intervenants extérieurs se heurtent souvent aux représentations des jeunes attendant une animation unilatérale, qui peut être vécue comme rébarbative, répressive ou moralisatrice. Ces représentations sont détournées en déplaçant les jeunes du statut de spectateur à celui d’acteur. L’intervenant donne le cadre et lance une dynamique de débat où les ressources sont les participants. Cette posture à contre-courant de ce qui est attendu par les jeunes peut les déstabiliser. Le mode d’interaction proche de ce qui est attendu des pairs a pour objectif de valoriser la parole des jeunes au même titre que celle des adultes et ainsi de responsabiliser les jeunes et leur capacité à faire des choix éclairés.
Quelques règles de fonctionnement pour animer un débat en groupe 
[*]
Il est notamment nécessaire :
de respecter la parole, le point de vue de chacun et la confidentialité des échanges ;
de ne pas prendre à partie un jeune que le groupe soupçonnerait d’être homosexuel, de ne stigmatiser personne ;
d’éviter les jugements de valeur sur ce qui a été vu dans le court-métrage ou ce qui se dit au cours du débat.
Un temps de discussion autour des règles du groupe et un temps d’approbation peuvent être proposés et ainsi favoriser le respect et l’acceptation de la parole de chacun.
Il pourra être un temps pendant lequel les rires (gêne par rapport au sujet) pourront être évacués.
Quelques suggestions de règles qui peuvent être soumises à discussion et amendées par le groupe :
chacun lève la main avant de parler ;
chacun utilise un langage le plus approprié et le plus respectueux possible ;
chacun écoute lorsque quelqu’un s’exprime ;
chaque question est bonne à poser ; chaque idée, opinion est bonne à partager ;
on ne rit pas des commentaires, opinions ou questions des autres ;
on se donne le droit d’apprendre ;
ce qui se dit au cours du débat n’est pas évoqué au dehors ou seulement sous couvert d’anonymat ;
on ne tolère aucune forme d’agressivité ou de moquerie ;
on respecte l’intimité (les participants n’évoqueront pas leurs propres expériences et orientation sexuelle).
Les règles définies pourront être inscrites au tableau et notées dans un cahier pour une utilisation ultérieure. Si, pendant le débat, certains commentaires s’écartent des règles énoncées, l’animateur peut les reprendre en posant quelques questions à l’émetteur.
– Quelles raisons as-tu pour affirmer ce que tu dis (ou pour rire de la manière dont tu le fais) ?
– Comment définirais-tu le mot que tu viens d’utiliser ?
– Qu’est-ce qui te fait penser que… ?
[*]
Extrait de « Jeunes & homos sous le regard des autres », outil d’intervention contre l’homophobie, INPES (consultable sur : www.Inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1275.pdf).
7
Pour créer une continuité avec le reste du temps scolaire et pour permettre aux adolescents de relier les informations qu’ils ont eues en leur possession, les animatrices et animateurs s’attellent à faire le point avec eux sur les temps consacrés à la « vie affective et sexuelle » auxquels ils ont déjà participé (par exemple : cours sur les infections sexuellement transmissibles). Des techniques d’animations comme le brainstorming ou l’utilisation d’affiches permettent de déterminer les enjeux en matière de vie affective et sexuelle pour le groupe et d’adapter l’animation à son niveau d’élaboration, grâce au vocabulaire employé. Pour inscrire au mieux ces actions dans le quotidien des élèves, le CRIPS-IDF exige la présence d’un adulte de l’établissement lors de ses actions. Ce parti pris a plusieurs fonctions : l’inscription de l’intervention dans le quotidien des élèves, une sécurité par rapport à ce qui est dit lors de l’animation et un respect des chartes académiques engageant la responsabilité des établissements.
Instaurer une distance bienveillante qui met en confiance

8
Dans une grande partie des propos des jeunes, on entend l’importance d’accorder de l’intérêt à leurs discours et à leurs propos mais également à reconnaître leurs pratiques comme légitimes. Pour autant, cela ne signifie pas qu’ils aspirent à un monde sans adulte. Quand on les écoute, on constate qu’une séance d’information qui ne se déroulerait qu’entre jeunes perdrait ainsi tout son sens. En effet, une qualité reconnue à l’animateur est qu’il ne fait pas partie du même groupe d’appartenance que les jeunes. Le but n’est pas qu’il se fonde dans la masse ni qu’il se fasse passer pour jeune, mais qu’il soit identifié comme personne ressource, digne de confiance et médiateur de la discussion, tout en reconnaissant des limites à sa connaissance (un animateur doit savoir dire « je ne sais pas » ou encore « je n’ai pas la science infuse »).
9
Si l’on peut penser un peu rapidement que cette distance entre animateurs et jeunes est un inconvénient à l’échange, on constate que, dans les animations sur la vie affective et sexuelle, elle se révèle une force. Le fait de ne pas être un membre de l’établissement confère à l’animateur le recul nécessaire pour identifier les enjeux qui se jouent entre les jeunes et exploiter au mieux les mécanismes à l’œuvre dans le groupe. Cela donne également l’occasion aux jeunes de mettre en discussion leurs idées reçues ou ce qu’ils pensent avoir compris, à la suite d’une émission de télé, par exemple. Avec l’omniprésence des médias, les jeunes reçoivent une grande quantité d’informations, et beaucoup de fausses croyances ressortent lors des animations en classe (« les préservatifs craquent », « la pilule ça fait grossir », « le stérilet c’est que pour les femmes qui ont eu des enfants », « la pilule du lendemain rend stérile »). En tant qu’adulte, l’animateur assure un rôle de « validation » des connaissances et des représentations des jeunes, ou bien les réinterroge le cas échéant. En tant que personne extérieure, il est également en capacité de poser des limites sur des propos violents. La congruence consiste à signaler au groupe : « Ce que tu me dis me choque », une partie des adolescents étant en attente d’une réponse d’adulte sur des phrases, mots ou expressions provocantes. Si l’approche par les pairs a ses atouts, ici on constate que l’écart d’âge, mais également d’expériences (supposées) permet aux jeunes d’avoir un écho autre que celui de leurs amis, et d’entendre un autre discours que celui de l’école ou de leurs parents. Le fait que l’animateur soit extérieur à l’établissement et au territoire offre la possibilité aux jeunes de rendre compte d’évènements qu’ils ressentent comme « injustes » ou de faits qu’ils savent être illégaux. Les jeunes sont en attente d’un rappel de la législation en vigueur et donnent à l’animateur un rôle de protecteur, de celui qui peut rappeler et faire respecter la loi (par exemple, des jeunes ont interpellé un animateur à propos d’une pharmacie qui n’appliquait pas la loi concernant la gratuité de la contraception d’urgence pour les mineures [4][4] La loi no 2000-1209 relative à la contraception d’urgence...).
Utiliser son expertise pour sécuriser

10
Les animateurs peuvent être perçus par les jeunes soit comme une attraction sortant de leur routine soit comme des personnes venant bousculer leur quotidien ou encore leur « faire la leçon ». L’accueil des jeunes est donc parfois violent. Les résistances sont plus ou moins visibles et peuvent prendre la forme d’un silence, d’un refus de participer, d’une attitude provocante ou de l’utilisation de termes « trash ». Afin de ne pas correspondre à l’image que les jeunes se font de lui, l’animateur doit alors utiliser ses compétences, sa capacité à mettre en place un espace dans lequel règne le respect.
11
La confiance en l’adulte se fait notamment si celui-ci prend en compte la question de la réputation qui se joue chez les jeunes. Cette sécurisation passe par la règle d’anonymisation et la généralisation des situations. La posture de l’adulte permettra le respect de cette règle dans cet objectif de protection de la sphère privée des jeunes, contrairement à la prévention par les pairs où l’approche expérientielle peut être valorisée. Après la position d’adulte testée, c’est la position de « professionnel de la vie affective et sexuelle » et son expertise qui seront interrogées. Cette position se détache de celle portée par les pairs dans la mesure où ces derniers s’inscrivent souvent dans une démarche expérientielle basée sur l’échange de connaissances.
12
Une évaluation est réalisée pour permettre de prendre en compte l’avis et les attentes des jeunes dans un souci d’amélioration des animations futures. Ces évaluations font globalement ressortir que les jeunes sont satisfaits d’avoir eu la possibilité de s’exprimer et d’avoir pu élaborer une réflexion collective par l’intermédiaire d’un animateur inconnu, mais avec lequel ils partagent le même vocabulaire et qui est capable de « tout entendre », en tant que personne non membre de la famille, du territoire, des amis mais également de l’établissement. En cela, il a un rôle de médiateur permettant de mettre en lumière les acquis des uns et des autres et d’instaurer un cadre d’échange avec des discussions qui n’auraient pas pu avoir lieu entre pairs, au quotidien. La richesse des échanges entre jeunes et adultes atteste du décalage entre ce qu’ils imaginent d’une animation sur la « vie affective et sexuelle », centrée sur l’apport d’information et les méthodes participatives utilisées. Ces méthodes permettent de placer les jeunes au centre du processus. Un brainstorming sur la vie affective et sexuelle dont les mots clés sont : « cave, réputation, hôtel » n’amènera pas au même déroulé que celui où émergeront les termes « virginité, mariage, autorisation ». C’est bien cette adaptation au contexte et aux propos des jeunes qui fait la plus-value des interventions animées par des adultes extérieurs à leur vie quotidienne. Entre provocation, idées reçues, valeurs et croyances, la place de l’animateur comme élément neutre et garant du respect de l’autre, de l’égalité de parole et de la connaissance de la loi mais également des informations sur la santé sexuelle permettent aux jeunes d’être en confiance pour mettre en débat leurs avis, leurs idées, ce qu’ils ont entendu, lu, vu, vécu.
Notes

[1]
L’éducation à la sexualité en milieu scolaire est une obligation légale depuis la loi Aubry du 4 juillet 2001 : « Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupes d’âge homogène » (art. L312-16 du code de l’éducation). Elle se traduit dans la circulaire no 2003-027 du 17 février 2003 relative à l’éducation à la sexualité dans les écoles, les collèges et les lycées.
[2]
Le CRIPS Île-de-France intervient depuis 1992 dans les lycées, et depuis 1993 en centres de formation des apprentis avec près de 3 500 actions par an.
[3]
L’OMS définit la santé sexuelle comme « un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social associé à la sexualité […]. La santé sexuelle a besoin d’une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles […] ». Ainsi, dans le cadre d’interventions en milieu scolaire, la sexualité est abordée dans sa dimension globale s’étendant aux enjeux affectifs et relationnels plus prégnants au moment de l’adolescence : l’engagement du corps, le respect de soi et des autres, l’estime de soi, l’identité et l’orientation sexuelle, la notion de consentement, les risques liés à la sexualité, etc.
[4]
La loi no 2000-1209 relative à la contraception d’urgence ne soumet plus à prescription obligatoire les médicaments ayant pour but la contraception d’urgence qui ne sont pas susceptibles de présenter un danger pour la santé. Elle autorise la délivrance de la contraception d’urgence, dans des conditions définies par décret, aux mineures désirant garder le secret dans les pharmacies. Enfin elle autorise l’administration de la contraception d’urgence par les infirmières, aux élèves mineures et majeures des collèges et lycées, dans les cas d’urgence et de détresse caractérisée. Dans ce cas, les infirmières s’assurent de l’accompagnement psychologique de l’élève et veillent à la mise en œuvre d’un suivi médical.
Plan de l'article

Animer en milieu scolaire : la posture du professionnel
Animer le débat, une clé pour enclencher la parole entre jeunes
S’outiller pour permettre l’interactivité
Instaurer une distance bienveillante qui met en confiance
Utiliser son expertise pour sécuriser

https://www.cairn.info/revue-cahiers-de-l-action-2014-3-page-87.htm

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Comment le cerveau se nettoie pendant le sommeil
Publié le 14 janvier 2014 à 12:31
Article paru dans LE PARKINSONIEN INDÉPENDANT n°55

Dormir permet au cerveau de se débar­ras­ser des toxines accu­mu­lées pendant la période de veille

On savait déjà que le sommeil permet de conso­li­der les données apprises dans la jour­née. Il semble­rait qu’il permet aussi au cerveau de se débar­ras­ser de ses toxines
Des cher­cheurs améri­cains pensent avoir compris pour­quoi l’homme est programmé pour dormir plusieurs heures chaque nuit, alors que le sommeil le laisse vulné­rable aux préda­teurs. Le repos permet­trait au cerveau de se débar­ras­ser des toxines produites pendant les phases d’éveil, explique l’équipe de l’Université de Roches­ter (Etat de New York) dans un article publié dans la revue Science.

« La nature récu­pé­ra­trice du sommeil résul­te­rait de l’élimination des déchets produits par l’activité neuro­nale qui s ‘accu­mulent pendant la période d’éveil », explique le Dr Malken Neder­gaard, le prin­ci­pal auteur des travaux.
Le rôle essen­tiel du sommeil dans l’apprentissage et la mémoire était déjà connu, mais les cher­cheurs ont cette fois expli­qué l’intérêt chimique d’alterner les phases d’éveil et de repos. « Cette recherche a permis de voir que le cerveau a deux états de fonc­tion­ne­ment distincts. Il est soit éveillé et alerte, soit dormant et en mode nettoyage. Comme il ne dispose que de ressources éner­gé­tiques limi­tées, il est contraint d’alterner entre l’un et l’autre ».
Dans le reste du corps, c’est le système lympha­tique qui élimine les déchets cellu­laires. Mais il n’inclut pas le cerveau, qui reste en vase clos, protégé par un système complexe de portes d’accès molé­cu­laires contrô­lant entrées et sorties. Le cerveau utilise lui un système unique appelé « glym­pha­tique » dix fois plus actif pendant le sommeil qu’en éveil, ont montré les chercheurs.

Les cher­cheurs ont pu obser­ver pour la première fois ce système de nettoyage céré­bral grâce à une nouvelle tech­no­lo­gie d’imagerie, utili­sée sur des souris dont le cerveau est simi­laire à celui des humains.

Le méca­nisme est inté­gré dans le système sanguin du cerveau. Il pompe le fluide cérébro-​spinal à travers les tissus et le renvoie puri­fié, les déchets étant trans­por­tés par le sang jusqu’au foie où ils sont élimi­nés. De plus, les cher­cheurs ont décou­vert que les cellules céré­brales rédui­saient leur taille de 60% quand on dort, permet­tant aux déchets d’être enle­vés plus efficacement.

Tout cela permet notam­ment de nettoyer les toxines respon­sables de la mala­die d’Alzheimer et d’autres patho­lo­gies neurologiques.

Article relevé dans le Figaro Santé du 18 Octobre 2013 par F. Vignon

https://gp29.net/?p=3030

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Connecté à vie : notre cerveau, le meilleur des réseaux (1/3)
Connecté à vie : notre cerveau, le meilleur des réseaux (1/3)
A la lumière des données les plus récentes, nous allons découvrir comment le cerveau se forme et se transforme depuis l'embryon puis tout au long de notre vie. Comment le cortex se met-il en place ? Quelle est la source de notre puissance de pensée ? Pourquoi le cerveau est-t-il à la fois si performant et si fragile ? Pourquoi les vrais jumeaux n'ont-ils pas le même ? Autant de questions fondamentales et encore débattues auxquelles les 3 articles proposés apporteront des éléments de réponse.
©️ Inserm, P. Dournaud - Neurone de l'hippocampe avec ses très nombreux prolongements (axone et dendrites)

Premier "épisode"
Comment construire une tête bien faite ?
ça commence à la 3ème semaine embryonnaire
Le cerveau est déjà à l'œuvre avant même que nous ayons conscience d'exister. En effet, dès la 3ème semaine de grossesse,  le cerveau commence à se développer dans la tête de l'embryon humain.

Tout démarre à partir de cellules particulières, les cellules souches neurales, qui prolifèrent à une vitesse frénétique qui peut atteindre à son pic 200.000 cellules/minute !  Au fur et à mesure de leur production, ces nouvelles cellules quittent l'état hyperprolifératif pour se différencier en neurones.

La formation du cortex
Certains des jeunes neurones sont guidés par des cellules «assistantes» (les cellules gliales) vers la surface où ils s'empilent en couches successives pour former le cortex. Les neurones qui ne migrent pas restent enfouis sous forme d'ilôts cellulaires sous-corticaux qui donneront le thalamus et les noyaux gris centraux. Ainsi, la totalité de notre «matière grise» est répartie entre le cortex et les ilôts sous-corticaux.

Maquette Cerveau avec Cortex, thalamus

Photo : maquette du cerveau (Zone en plis : le cortex - Zone notée 6.45 : le thalamus). CC BY-NC-ND djneight

Cependant, ces 2 régions sont fonctionnellement indissociables car tous les stimuli qui parviennent au cortex en provenance des organes et de l'environnement sont d'abord traités au niveau du thalamus. Ce traitement de l'information s'établit dès que le cortex est formé et doit être maintenu toute la vie.

Mise en place du traitement de l'information
©️ Inserm, P. Dournaud - Neurone de l'hippocampe avec ses très nombreux prolongements (axone et dendrites)

©️ Inserm, P. Dournaud - Neurone de l'hippocampe avec ses très nombreux prolongements (axone et dendrites)

Il se met en place grâce à la synaptogenèse, un processus durant lequel les neurones émettent des prolongements (axones et dendrites) qui se projettent en direction d'autres neurones car ceux-ci sécrètent des substances attractives (ou facteurs neurotrophiques). Des contacts spécialisés, les synapses, s'établissent ainsi entre les neurones, leur permettant d'échanger des informations.

Nettoyage des neurones exédentaires
Durant cette période, les neurones se livrent à une dure compétition et les retardataires qui n'ont pas établi de contacts sont victimes d'une mort par «suicide cellulaire». Cet événement, appelé apoptose, est à l'origine d'une perte massive de neurones. A contrario,  il permet de «nettoyer» le cerveau de l'excès de cellules produites lors de la première phase de prolifération.

La qualité du traitement de l'information est soumise aux influences de l'environnement
La synaptogenèse est une étape critique du développement cérébral. Si l'organisation du cerveau est génétiquement programmée, l'exécution de ce programme est perpétuellement modulée par la qualité du dialogue qui s'établit entre les cellules. Ce dialogue s'intensifie avec la complexification des réseaux qui s'assemblent, mais il est également sujet aux influences de l'environnement, d'abord maternel, utérin, puis socio-éducatif. Ceci explique pourquoi tous les cerveaux humains sont différents, y compris ceux de vrais jumeaux.

Visualiser l'activité des neurones
imagerie du cerveau - photo INSERM

©️ Inserm, Auzias, Guillaume & Baillet, Sylvie & Colliot, Olivier. Représentation de neuro-imagerie.

Les réseaux de neurones élaborés grâce à la synaptogenèse peuvent être facilement visualisés car, dès leur construction, leur activité se traduit par des signaux électriques que l'on peut enregistrer. Les techniques d'imagerie de plus en plus performantes permettent d'établir des cartes fonctionnelles dans lesquelles chaque région représente un ensemble de neurones assurant une fonction déterminée. Certaines régions sont réservées à la réception de signaux alors que d'autres sont nécessaires à leur interprétation, c'est à dire toute opération qui leur donne un sens.


Tout se joue dès le stade embryonnaire
Tous les signaux que nous recevons sont donc décodés grâce à la coopération de plusieurs aires cérébrales capables de traiter en simultané toutes leurs caractéristiques. Ces fonctions sont  acquises chez le fœtus qui perçoit déjà les sons, la lumière, les goûts et également des informations provenant de ses organes qu'il utilise pour construire une représentation «standard» de son corps dans son état d'équilibre. Cette représentation mentale lui servira de référence tout le reste de sa vie. L'harmonie entre cette image de référence et la mesure « en direct » de l'état corporel participe à l'établissement de la conscience de soi.

Dans le second chapitre de cette trilogie, nous verrons comment ce cerveau encore balbutiant va acquérir ses formidables compétences.
Article rédigé par Valérie Mils, Maître conférence en Biologie Cellulaire - Centre de Biologie du développement  - Université Paul Sabatier à Toulouse.



http://www.museum.toulouse.fr/-/connecte-a-vie-notre-cerveau-le-meilleur-des-reseaux-1-3-

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Va savoir ou va pas savoir. Tu croivais que si j'avais déduit coloriage en noir, ça amène chez le psy, je m'en vais me colorier parfois le cerveau en couleurs ? Y'aurait des doués qui aurait inventé alors le mental en couleurs même à l'époque de la tv en noir en blanc ?







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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Dim 8 Oct 2017 - 16:01

Spoiler:
Représentation sociale
(Redirigé depuis Représentations sociales)
La théorie des représentations sociales est une des théories majeures en psychologie sociale européenne. Elle a été introduite par Serge Moscovici dans son travail princeps sur les représentations sociales de la psychanalyse (Moscovici, 1961).
Sommaire  [masquer]
1 Historique
2 Définition
2.1 D'après Denise Jodelet
2.2 D'après Gustave Nicolas Fischer
3 Structure d'une représentation sociale
4 Les fonctions des représentation sociales
5 Les processus de formation des représentations sociales
6 Les critères de Moliner pour étudier une représentation sociale
7 Notes et références
8 Bibliographie
9 Voir aussi
9.1 Articles connexes
9.2 Liens externes
Historique[modifier | modifier le code]
Émile Durkheim introduit en 1898 l'idée de représentation collective et fixe à la psychologie sociale la tâche d'étudier les représentations sociales1. En effet, la psychologie sociale située à l'interface de la psychologie et du social, de l'individuel et du collectif paraît la discipline la mieux à même de penser le social comme du cognitif et les propriétés de la cognition comme quelque chose de social relié, outre au raisonnement logique, à l'affectif et au symbolique.
La psychologie cognitive a mis en évidence les propriétés structurales de la représentation. Mais, ses modèles basés sur l'intelligence artificielle (traitement de l'information, stockage…) coupent le processus mental de sa base sociale, psychique et corporelle. Pourtant, Henri Wallon2 dès 1942 puis plus tard Jean Piaget3 ont démontré l'importance de la base motrice posturale et imitative dans la représentation.
Michel Foucault4, dans une perspective épistémologique et d'archéologie du savoir, introduit quant à lui le concept d'épistémè : il s'agit d'une conception du monde qui rassemble différents paradigmes ou représentations mentales individuelles, relatives à la pratique du monde, l'histoire, la cosmologie, etc. Michel Foucault pense que nous entrons dans une ère nouvelle, qu'il appelle hypermodernité.
Par ailleurs, les travaux analysant les conditions de la compréhension et de l'échange linguistique (John Searle5) postulent un arrière fond culturel, un savoir tacite, des conventions, c'est-à-dire ce qui dans la représentation est social.
Dans une perspective clinique inspirée de la psychanalyse R. Kaes6 articule, quant à lui, dans ses travaux les processus cognitifs, les représentations à l'ordre des désirs et des affects.
Les apports récents de l'histoire (Georges Duby), de la sociologie (Pierre Bourdieu7), de l'anthropologie (Marc AugéCool reconnaissent et explicitent la fonction de la représentation dans la constitution des ordres et des rapports sociaux, l'orientation des comportements collectifs et la transformation du monde social. Par exemple Georges Duby9 à propos de l'imaginaire du féodalisme parle de la représentation comme « membrure », « structure latente », « image simple » de l'organisation sociale assurant le passage vers différents systèmes symboliques.
Ces différentes approches permettent que psychologie cognitive et sciences sociales se retrouvent par le biais de la psychologie sociale.
En France, Serge Moscovici pose les bornes d'un vaste champ de recherche articulé autour des représentations sociales. Dans ses différents ouvrages10,11,12,13,14, il démontre le rôle des représentations sociales dans l'institution d'une réalité consensuelle, leur fonction socio-cognitive dans l'intégration de la nouveauté, l'orientation des communications et des conduites. Il montre également que les représentations sociales peuvent être étudiées globalement comme des contenus dont les dimensions (informations, valeurs, opinions…) sont coordonnées par un principe organisateur (attitude, normes…) ou de manière focalisée comme structures de savoir organisant l'ensemble des significations relatives à l'objet concerné. Cette deuxième approche est à mettre en parallèle au concept d'organisateur central élaboré par Solomon Asch15 en 1954 lors de ses recherches sur la formation des impressions. Jean-Claude Abric16 a été un des premiers à s'interroger sur la structure des représentations sociales. Il pose l'existence d'un noyau central, élément stable et partagé, et d'éléments périphériques susceptibles de variations.
Denise Jodelet en 198517 et en 199118, et ensuite Michel-Louis Rouquette en 199619 Doise en 2002 précisent la spécificité des phénomènes représentatifs eu égard à l'idéologie : la représentation sociale a un objet (par exemple la maladie mentale) alors que l'idéologie porte sur une classe d'objets dont les frontières demeurent en permanence ouvertes. Par exemple l'idéologie communiste pouvait inspirer des jugements sur la religion mais aussi la psychanalyse, etc.
L'idéologie interprète et ne distingue pas ce qui est interprétable de ce qui ne l'est pas. L'idéologie apparaît comme un ensemble de conditions et de contraintes cognitives présidant à l'élaboration d'une famille de représentation sociale, elle se situe à un niveau de généralité plus grand. Ce sont les mêmes conditions et contraintes cognitives qui d'une part lient ensemble certaines représentations et d'autre part rejettent les représentations différentes ou antagonistes. Ce même mécanisme explique en partie comment les membres d'un groupe réflexif s'identifient sans se connaître. Michel-Louis Rouquette écrit « Derrière la diversité apparente des préférences et des engagements se situent des règles configurantes d'origine sociale » [réf. nécessaire].
Définition[modifier | modifier le code]
Après cet aperçu de l'histoire somme toute assez bref du concept de représentation sociale, nous allons maintenant nous attacher à le définir précisément.
Plusieurs auteurs (Jean Piaget20, Serge Moscovici12, Claudine Herzlich21) ont tenté de formuler des définitions rendant compte des différentes dimensions du concept de représentation sociale, nous en proposerons deux, l'une dynamique (Jodelet), l'autre plus descriptive (Fischer) :
D'après Denise Jodelet[modifier | modifier le code]
« Le concept de représentation sociale désigne une forme de connaissance spécifique, le savoir de sens commun, dont les contenus manifestent l'opération de processus génératifs et fonctionnels socialement marqués. Plus largement, il désigne une forme de pensée sociale. Les représentations sociales sont des modalités de pensée pratique orientées vers la communication, la compréhension et la maîtrise de l'environnement social, matériel et idéal. En tant que telles, elles présentent des caractères spécifiques sur le plan de l'organisation des contenus, des opérations mentales et de la logique. Le marquage social des contenus ou des processus de représentation est à référer aux conditions et aux contextes dans lesquels émergent les représentations, aux communications par lesquelles elles circulent, aux fonctions qu'elles servent dans l'interaction avec le monde et les autres. »22
D'après Gustave Nicolas Fischer[modifier | modifier le code]
« La représentation sociale est un processus, un statut cognitif, permettant d'appréhender les aspects de la vie ordinaire par un recadrage de nos propres conduites à l'intérieur des interactions sociales »23
Structure d'une représentation sociale[modifier | modifier le code]
Selon Jean-Claude Abric24,16, la représentation sociale se structure en éléments organisateurs, stables et non négociables (formant le noyau de la représentation) autour duquel des éléments périphériques instables et négociables exercent le rôle de tampon à la réalité. Dans l'expérience qui lui permit d'avancer cette théorie, Abric mit à jour en exemple, les éléments nucléaires de la représentation sociale de l'Artisan : ces cinq éléments que sont « travailleur manuel », « amour du métier », « travail personnalisé », « travail de qualité » et « apprenti », sont dits non négociables du fait qu'ils constituent les éléments indispensables qu'un objet social doit comporter pour appartenir à cette représentation. Ainsi, un artisan qui ne présente pas un certain amour du métier, par exemple, ne peut être réellement considéré comme tel. De nombreux éléments plus instables peuvent caractériser l'objet social sans pour autant y être associé de manière systématique. De tels éléments « périphériques » permettent de classer aisément un objet social au sein de la représentation sociale - remplissant alors leur rôle facilitateur de gestion de la réalité sociale - tout en maintenant une certaine souplesse : l'objet social peut ou non présenter ces éléments sans que leur nature n'en soit fondamentalement affectée.
À l'inverse, une modification d'un des éléments du noyau, comme le montre Christian Guimelli (1985), aura pour effet de transformer radicalement la représentation.
Les fonctions des représentation sociales [modifier | modifier le code]
Les représentations sociales sont donc un processus permettant d’interpréter la réalité pour mieux l’intégrer. Ce processus trouve son origine dans les interactions des individus avec leur environnement aussi bien social que physique. Elles jouent donc « un rôle fondamental dans la dynamique des relations sociales et dans les pratiques » (Abric, 1994, p. 15).
Pour Abric, les représentations sociales ont quatre fonctions :
La fonction de savoir permettant de comprendre et d’expliquer la réalité. En effet, selon Moscovici, en 1961, elles interviennent en aval de l’action ; l’individu acquiert des connaissances pratiques, il les intègre dans un cadre en cohérence avec son système cognitif et les valeurs auxquelles il adhère. Ceci lui permet d’orienter et de justifier ses conduites en fonction des situations qu’il rencontre dans le réel. Les individus se réfèrent donc aux représentations sociales pour agir. Elles permettent aussi l’expression de l’échange social, ainsi que la transmission du « savoir de sens commun ».
La fonction identitaire, qui place l’individu dans le champ social, permet, alors l’élaboration d’une identité sociale en adéquation avec le système de normes et de valeurs socialement élaborées. Par le processus de comparaison sociale, les individus vont tendre à rechercher une identité individuelle et commune satisfaisante.
La fonction d’orientation est un « système d’anticipation des attentes ». La représentation sociale est donc un filtrage des informations qui s’exerce sur la réalité. La représentation précède donc l’action et la détermine. La représentation est donc « prescriptive » des comportements et conduites attendus par le groupe social. En ce sens, la représentation définit ce qui est « toléré, licite ou inacceptable en fonction du contexte social ».
La fonction de justification permet à l’individu de légitimer ses décisions, actions et conduites à l’égard de leurs pairs, mais aussi d’autres groupes sociaux.
Les processus de formation des représentations sociales[modifier | modifier le code]
Les représentations sont le produit de différents processus psychologiques d’intégration du réel. L’idée est de comprendre comment les groupes sociaux s’approprient la réalité. Moscovici, en 1961 et 1976, distingue deux processus dans la formation et le fonctionnement des représentations sociales.
Tout d’abord, l’objectivation est l’élaboration des connaissances relatives à l’objet social. « Une double fonction imageante et structurante y est assurée » (Valence, 2010, p.35). C’est un processus où l’individu sélectionne les informations (Déconstruction sélective), sorties de leurs contextes. Il s’approprie, ensuite, les informations en fonction de son environnement propre (cultures, normes). Ces informations sont alors ensuite « schématisées » pour former le noyau figuratif de la représentation sociale. Ces éléments ont alors un rôle plus important et plus significatif par rapport à l’objet de la représentation sociale. En se généralisant de manière collective, cette schématisation de l'objet se substitue à la réalité même de l'objet ; ceci est rendu possible, car la représentation est cohérente et concrète. La naturalisation rend donc compte de l'utilisation de la représentation sociale dans la vie courante.
L'ancrage est une incorporation de ces éléments naturalisés, dans le système de connaissances et de valeurs du sujet. Il intervient en amont, en inscrivant l’objet de la représentation dans un réseau de significations afin que l’ensemble soit cohérent. En aval, l'ancrage a une valeur fonctionnelle. La représentation est donc utile pour interpréter et maîtriser son environnement. De plus, l’ancrage transcrit l’insertion sociale de la représentation et de l’individu par les groupes sociaux. « La dynamique d’une représentation fonctionne comme un tout : les processus d'objectivation et d'ancrage se combinent dans le mouvement de l’appropriation au réel, mais ils participent également à toute évolution ou transformation des représentations. » (Moscovici, 1976).
Les critères de Moliner pour étudier une représentation sociale[modifier | modifier le code]
Selon Moliner, 1996, un objet ne peut servir de base à une représentation sociale que s'il respecte 5 critères :
L'objet de la représentation sociale doit être polymorphe autrement dit complexe, car chaque point de vue est subjectif et donc propre à chacun.
L'objet de la représentation doit être « partagé par les membres d'un groupe ». L'objet doit donner lieu à des échanges de la part de ce groupe.
L'objet de la représentation doit être vecteur d'enjeux, premièrement individuels puis collectifs. Lorsque l'enjeu touche à l'identité du groupe. Les individus mettent en place la survie de l'identité du groupe, en renforçant l'adéquation entre l'identité individuelle et celle du groupe, pour que le groupe existe en tant qu’entité sociale.
Il faut qu'une dynamique soit possible. En d’autres termes, l'objet de la représentation doit avoir une valeur utilitaire (être utile) au groupe social. Il va permettre au groupe d’interagir avec d’autres, en plaçant l’objet au centre de l’interaction.
Enfin, l'objet de la représentation doit être absent de toute orthodoxie. Autrement dit, il ne doit pas servir une idéologie, ou des systèmes scientifiques qui, d’après Moliner, « gèlent » le dynamisme de la représentation sociale. On en conclut que c’est donc en l'absence d'instances idéologiques, scientifiques, de contrôle que les représentations sociales peuvent émerger et évoluer.
Notes et références[modifier | modifier le code]
↑ Émile Durkheim, 1898. Représentations individuelles et représentations collectives [archive], Revue de métaphysique et de morale, VI, p. 273-302.
↑ Henri Wallon, 1942, De l'acte à la pensée. Paris, Flammarion.
↑ Jean Piaget, 1950, Introduction à l'épistémologie génétique. Paris, PUF et, 1962, Le rôle de l'imitation dans la formation de la représentation, In Évolution psychiatrique, p. 27, p. 141-150.
↑ Michel Foucault, 1966, Les Mots et les Choses, une archéologie des sciences humaines, réédité chez Gallimard en 1995.
↑ John Searle, 1983, Intentionality. An essay in the philosophy of mind, Cambridge, Cambridge University Press.
↑ R. Kaes, 1976, L'appareil psychique groupal. Construction du groupe, Paris, DUNOD. et, 1980-1981, Éléments pour une psychanalyse des mentalités, Bulletin de psychologie, p. 34, p. 451-463.
↑ Pierre Bourdieu, 1982, Ce que parler veut dire. L'économie des échanges linguistiques, Paris Fayard.
↑ Marc Augé, 1979, Symbole, fonction, histoire. Les interrogations de l'anthropologie, Paris, Hachette.
↑ Georges Duby, 1978, Les trois ordres ou l'imaginaire du féodalisme, Paris, Gallimard.
↑ Serge Moscovici, 1961, La psychanalyse, son image et son public. Paris, PUF.
↑ Serge Moscovici, 1984, Le domaine de la psychologie sociale, Introduction à S. Moscovici (Ed), La psychologie sociale, Paris, PUF.
↑ a et b Serge Moscovici, 1961, La psychanalyse, son image et son public, Paris, PUF
↑ Serge Moscovici, 2012, Culture et raisons. Paris, Ehess.
↑ Serge Moscovici, 2013, Le scandale de la pensée sociale, Paris, Ehess.
↑ Solomon Asch, 1954, Effects of group pressure on the modification and distorsion of judgments, In Guetzkow H. Groups, leadership and men, Pittsburgh, Carnegie.
↑ a et b Abric, J.-C. (Ed.) (1994), Pratiques sociales et représentations, Paris, PUF.
↑ D. Jodelet, 1985, Civils et bredins rapport à la folie et représentation sociale de la maladie mentale, Thèse pour le doctorat d'état, Paris, EHESS.
↑ D. Jodelet, 1991, L'idéologie dans l'étude des Représentations Sociales, In V. Aesbischer, J.P. Deconchy, R. Lipiansky, Idéologies et représentations sociales, DelVal : Fribourg.
↑ M. L. Rouquette, 1996, Représentations et idéologie, In Deschamps J.C., Beauvois J.L, Des attitudes aux attributions, Grenoble Presses Universitaires de Grenoble, p. 171.
↑ Jean Piaget, 1926, La représentation du monde chez l'enfant, Paris, PUF.
↑ C. Herzlich, 1969, Santé et maladie Analyse d'une représentation sociale, Paris, MOUTON.
↑ D. Jodelet, 1984, Représentations sociales : phénomènes, concepts et théorie. In : S. Moscovici, Psychologie sociale, Paris, PUF, p. 357-378.
↑ G. N. Fischer, 1987, Les concepts fondamentaux de la psychologie sociale, Presses de l'université de Montréal, Dunod, p. 118.
↑ Abric, J.-C, 1984, L'artisan et l'artisanat : analyse du contenu et de la structure d'une représentation sociale, Bulletin de psychologie, 27, no 366, p. 861-876.
Bibliographie[modifier | modifier le code]
Ouvrages
Moliner, P. (1996). Images et représentations sociales de la théorie des représentations à l’étude des images sociales (Vies sociales). Grenoble : Presses universitaires de Grenoble.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Repr%C3%A9sentation_sociale


Dernière édition par I am so sure le Mar 31 Oct 2017 - 20:19, édité 1 fois
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Mar 31 Oct 2017 - 20:19

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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Mer 1 Nov 2017 - 15:27

Spoiler:

Ce qu'on se dit au lit...
Entretien avec François Perea
Propos recueillis par Jean-François Marmion

Article modifié le 23/08/2017
   
Pendant la bagatelle, il y en a qui ahanent, qui hoquettent, qui soupirent, qui gémissent et qui crient… Et il y en a qui parlent. En tout cas, qui articulent quelque chose. Mais quoi ?


> François Perea.

Maître de conférences en sciences du langage à l’université Paul-Valéry Montpellier III, il a publié Le dire et le jouir. Ce qu’on se dit au lit (La Musardine, 2017).
Ma première question va être un tue-l’amour, puisqu’elle porte sur les méthodes employées dans vos recherches : comment sait-on ce que les gens se disent au lit ?

C’est bien toute la difficulté, ce qui explique sans doute que si peu d’études aient été consacrées au sujet : comment observer ce qui se passe normalement quand on n’est pas là ? On est un peu obligé de tricher, en tout cas de se reporter à des corpus de seconde main. Il faut tout un ensemble d’artifices pour atteindre le cœur du sujet.
On n’interroge pas les couples directement ?

Les entretiens empêchent d’avoir accès à ce que les gens font sans en avoir conscience parfois. Pour cet ouvrage, je me suis appuyé sur les productions pornographiques parce qu’elles ont un lien culturel avec ce qui se passe réellement au lit, et aussi sur des enregistrements effectués dans l’intimité puis diffusés dans des cercles restreints sur Internet, mais auxquels on a bien voulu me donner accès.
Peut-on se fier à ce qui n’est peut-être qu’une mise en scène pas naturelle du tout, puisque les protagonistes savent qu’ils vont être jugés par des spectateurs ?

Pour une partie très précieuse de ce corpus, les gens qui s’étaient enregistrés n’avaient pas l’intention de rendre le document public. Quant à la dimension scénique dans l’intimité, y a-t-il vraiment une frontière étanche entre le comportement ordinaire et les versions filmées ou médiatisées ? Toute la question est là. On ne se la pose pas pour un film policier : il y a une part d’ancrage dans la réalité que l’on connaît, et bien entendu une part de fiction, voire d’exagération. C’est le sort de toute fiction humaine.
Alors, que se dit-on au lit ?

En tout cas, on exprime beaucoup de choses variées et différentes selon ce que l’on y fait. Au fur et à mesure que croît l’acte sexuel et que l’on approche de sa résolution, les paroles se raréfient au profit de râles, de cris, éventuellement de hurlements, avec des styles très personnels, et également de ce qu’on appelle du dirty talk, c’est-à-dire des insultes, des injures, bien entendu vidées de tout contenu réellement agressif.
On exerce donc de moins en moins de contrôle…

Et puis on est de plus en plus occupé à autre chose ! Mais ça dépend de ce que l’on fait, du rôle que l’on a. Car en même temps que l’expression des émotions il existe des formes de script culturel qui font que, de la même façon qu’on ne se salue pas n’importe comment dans une culture, on ne s’exprime pas n’importe comment au lit. Ces scripts ont des fonctions de coordination, de régulation et de guidage dans l’action du couple. Ils portent moins sur le contenu de la parole que sur la qualité de ce qui s’exprime, même à travers des cris ou hurlements. En gros, quels que soient les profils des couples que l’on rencontre, hétérosexuels ou homosexuels, il existe un rapport étroit entre l’acte réalisé et le type de production. On peut distinguer à chaque fois des rôles différenciés qui peuvent bien entendu s’inverser, mais où celui qui se trouve le plus dans l’action physique produit moins d’expression que l’autre protagoniste, celui qui est pénétré par exemple. Par le nombre et l’intensité des cris, la personne informe de ce qu’elle ressent et donne des indices sur la façon dont l’acte doit se poursuivre. Si le rôle s’inverse, le pénétré devient beaucoup moins loquace en pénétrant. Finalement, ces productions ne sont pas très originales : elles remplissent la même fonction de régulation de l’action que le langage au quotidien.
Et quel est le rôle du silence ? Car il y a des couples plus ou moins silencieux, et même des moments de silence au sein des couples les plus démonstratifs…

Le silence est primordial ! Il permet de poser un cadre : on n’est pas dans une scène où on va échanger, de manière rationnelle et intellectuelle, des contenus de pensée ou d’émotion, mais on laisse le primat aux corps. Le silence permet de marquer l’entrée dans cette sphère. Et puis les organes de la phonation peuvent être occupés à autre chose, de manière très pragmatique… Mais souvent on a une impression de silence alors qu’il y a quand même des souffles, des râles, des petits bruits qui deviennent particulièrement signifiants justement parce qu’il y a le silence. Celui-ci permet de nous alerter sur d’autres signaux langagiers mais peut-être pas verbaux.
Revenons sur les insultes : à quoi servent-elles, à exciter ?

C’est assez variable. Outre les enregistrements, j’ai aussi travaillé sur des forums en ligne, où les gens expriment ce qu’ils souhaitent dire au lit ou non. Les insultes ne sont pas destinées à blesser l’autre, mais à créer un climat transgressif particulier pour se couper du fonctionnement social policé, normé. Dans cette scène intime avec une forme d’animalité, parfois de bestialité, les codes tombent : nous ne sommes pas dans un cadre social, mais vraiment l’un avec l’autre, et c’est tout.
Vous venez d’y faire allusion vous-même : il y a parfois des formes de mise en scène animale, et apparemment les cochons ont un certain succès…

Oui, pour des raisons que j’ignore. Le cochon tient une place particulière dans nos sociétés à cause des interdits alimentaires et de sa proximité génétique et biologique avec l’homme. Sa réputation semble alimenter les fantasmes. Il passe pour être sale, un peu répugnant, se vautrant dans sa fange : c’est vraiment la mise en avant du plaisir du corps, détaché de toute pudeur et de toute bienséance. Je tiens à souligner qu’il existe des nuances et des particularités personnelles, mais d’une manière générale on observe quand même, ne serait-ce que quelques instants et même entre parfaits inconnus, une forme d’affinités électives quasi totales, en tout cas celles où l’on met son corps à nu pour s’exposer à l’autre, ce qui correspond aussi à une forme de mise en danger. On n’a plus de défenses, plus d’habits pour paraître, plus de statut pour se donner contenance.
Cette part de vulnérabilité peut s’accompagner d’une peur d’être ridicule, d’être jugé. Est-ce que c’est présent dans vos observations ?

Si les scripts intègrent des formes extrêmes de communication comme les insultes ou des jeux un peu singuliers, c’est une manière d’intégrer la peur. Les relations sexuelles ne permettent pas une liberté totale : elles sont marquées par des décennies, des siècles et des millénaires de descriptions, d’interdictions, de honte. Dans les médias, certaines relations sexuelles relèvent parfois des jeux olympiques ! D’où une certaine pression.
On peut être drôle malgré soi si on dit quelque chose de ridicule, mais faut-il faire rire volontairement ?

Que l’on soit drôle avant permet de se détendre. On peut l’être après. Au cœur de l’action, c’est plus délicat. Une scène, une situation, une chute, des corps qui se bloquent, tout cela peut amener à rire ou sourire, puis on reprend le fil et les choses vont bien. Mais on ne peut pas passer dans le registre de l’humour et de la bonne blague en pleine action. Ce serait aussi malvenu, voire blessant, que d’arrêter pour aller se préparer un bifteck.
Sans raconter des blagues, on pourrait penser que l’humour est désinhibiteur…

C’est bien pour ça qu’il apparaît avant, dans les scènes de préliminaires et de séduction. L’humour permet de faire antichambre entre le registre de la raison quotidienne et de la sociabilité, puis la manifestation et la synchronisation des affects. Avec l’humour, on rit ensemble des mêmes choses, et c’est peut-être ce qui permet de présager de la jouissance simultanée.
On dit que les femmes expriment plus facilement leurs émotions. Est-ce le cas également pendant un rapport sexuel ?

C’est peut-être la fin d’une idée reçue ou d’un lieu commun, mais il ne semble pas que dans ce contexte les femmes manifestent beaucoup plus leurs émotions que les hommes. Si elles le font un peu, c’est peut-être pour d’autres raisons, extérieures : dans les productions pornographiques, on surjoue cette supposée expressivité des femmes, parce que cela rassure les spectateurs. Plus elles s’expriment, plus elles sont censées jouir, plus les hommes seraient performants. Dans les scènes réelles et ordinaires de la sexualité que j’ai pu observer, ça se distribue certes un peu plus du côté des femmes, mais les hommes s’expriment aussi, qu’ils ne s’inquiètent pas !
Y a-t-il des choses qu’il vaut mieux ne pas dire, même avec quelqu’un qu’on connaît bien ?

C’est très variable, mais de manière générale il ne faut pas user de la manière que nous utilisons maintenant : il est rigoureusement impossible à quiconque d’avoir un discours normal, même très affectueux. Cela signifierait à l’autre : « Finalement je ne suis pas assez excité pour péter les plombs, m’ensauvager, me lâcher avec toi. »
Pas le moment de parler de la liste de courses ou du tiers provisionnel !

Ni même du plaisir que l’on éprouve avec des termes quotidiens ou médicaux ! Ce serait tout aussi déplacé que de parler comme pendant une relation sexuelle au médecin qui vous ausculte.
Et si on est plus de deux, qu’est-ce que ça change ?

Je vous avouerai que pour des raisons pratiques, on n’a pas observé ces cas-là : il faut retrouver qui a dit quoi, et c’est déjà extrêmement difficile avec les souffles et les cris de deux protagonistes. Mais peut-être que de telles études viendront…
Pourquoi étudiez-vous « le dire et le jouir » ?

L’idée m’est apparue il y a une vingtaine d’années. Je voulais en faire mon sujet de thèse, mais à l’époque, avant Internet, ce n’était pas possible pour des questions méthodologiques. Et puis les freins institutionnels sont restés très puissants jusqu’à récemment. Il y a quelques années encore, quand on travaillait sur la pornographie, on était suspecté de sacrifier son corps au profit de la recherche… Quelques collègues venaient vous demander des bonnes adresses ou des éléments d’approfondissement du corpus, mais d’autres vous rejetaient parce que vous deviez forcément avoir un problème avec votre propre sexualité. Comme linguiste, je répétais souvent qu’on ne demande pas à quelqu’un qui travaille sur le pronom personnel s’il a des problèmes de personnalité. L’argument n’a pas toujours fonctionné, hélas… Mais ces travaux sont mieux acceptés, et on trouve plus facilement des colloques ou des journées d’étude qui leur sont consacrés.
Comment est accueilli votre livre ?

On ne m’a jamais tant parlé de mes travaux ! Sans avoir forcément lu le livre d’ailleurs… Il est même arrivé qu’on me dise : « Ah, vous êtes linguiste ? Vous savez qu’un autre linguiste a travaillé là-dessus ? », sans savoir que c’était moi. Et quand j’ai dit : « Mais c’est moi l’auteur ! », mon collègue a été surpris et ça a coupé court à la conversation. Comme quoi on s’y intéresse, mais il y a visiblement une limite à en parler, en tout cas pour certains.
Vous pouvez écouter l’intégralité de l’entretien sur jfmarmion.com, rubrique Podcast Psychonoclaste.



Le débat sur la question du ledoué qui intellectualiserait trop viendrait d'être relancé ? ça risque même de bousculer la Fifa et le concept de droit au but... à quand la languistique ? à quand celui qui va me traumatiser au lit en me demandant aussi des phrases structurées ? Razz
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Jeu 9 Nov 2017 - 18:22

Spoiler:

La dyslexie au fond des yeux
Le 18 octobre dernier, deux chercheurs français, Albert Le Floch et Guy Ropars, publiaient leur découverte sur la dyslexie (http://www.huffingtonpost.fr/2017/10/18/une-cause-potentielle-de-la-dyslexie-decouverte-par-des-chercheurs-francais_a_23247045/) : une incapacité du cerveau à choisir entre deux images. En cause, deux parties des yeux, les « centroïdes de la tache de Maxwell », qui au lieu d’être asymétriques l’un de l’autre comme chez les « non-dyslexiques », seraient symétriques… D’où la confusion entre les lettres b,d,p,d…

Les chercheurs ont également mis au point une lampe stroboscopique qui facilite la lecture chez certains « dyslexiques ».

Comme il fallait s’y attendre, d’autres scientifiques ont contesté la validité de la découverte en avançant que les causes et la définition de la « dyslexie » sont plus complexes.

Quel est mon point de vue ?

Pourquoi ai-je quelque chose à dire sur le sujet d’abord ?

J’ai conçu un protocole d’accompagnement qui permet aux « dyslexiques » d’apprendre et maîtriser l’orthographe en trois heures. Son efficacité n’est plus à prouver.

J’apporte également une explication théorique et un accompagnement pratique lors du premier cycle de formation (première année).

Mes stagiaires, que ce soient des enseignants ou des orthophonistes ou d’autres professons libérales, en France comme en Italie, vérifient chaque jour dans leur classe ou leur cabinet le bien-fondé de mon approche.

Qu’ai-je donc à dire sur cette découverte et sur les réactions qu’elles suscitent ?

Tout d’abord, sur les réactions qu’elles suscitent, qu’un phénomène trouve son origine dans plusieurs facteurs. Mes élèves connaissent la présentation rapide du modèle de MacLean sur les trois étages du cerveau. Nous pouvons donc toujours dire qu’il y a une cause organique ou physique, une cause affective, sociale ou émotionnelle, et une cause cognitive. Notre discipline, maladroitement nommée « gestion mentale » par l’éducation nationale, s’occupe du champ cognitif.

La découverte, remarquable, des chercheurs de l’Université de Rennes, éclaire une cause organique. Que d’autres scientifiques avancent des explications cognitives ou autres n’enlèvent rien. Au contraire. Pour comprendre le réel, et être efficace, nous devons comprendre qu’il n’y a pas de cause unique, mais une connivence de facteurs.

Ensuite, la confusion entre les lettres b, d, p, q est un des symptômes de la « dyslexie », et ne se retrouvent pas chez tous les « dyslexiques », et se trouvent aussi chez des personnes qui ne sont pas « dyslexiques ». Dans notre discipline, nous avons un éclairage avec deux explications théoriques et leur protocole d’accompagnement :
– confusion entre P1 et P2, et pour distinguer de nouveau le concret P1 et le conventionnel P2 nous disposons du protocole de base exposé par Antoine de La Garanderie dans les Profils Pédagogiques ;
– confusion entre différents niveaux de compréhension, notamment le niveau écrit et le niveau objet, et pour de nouveau distinguer ces deux niveaux, nous avons le protocole de l’échelle de compréhension que j’enseigne dès la deuxième journée de formation comme en conférence.

L’absence d’asymétrie des centroïdes des taches de Maxwell est intéressante car elle fait écho à l’asymétrie nécessaire des yeux pour percevoir le relief, donc distinguer les objets de l’écrit…

Enfin, l’explication théorique des chercheurs rejoint la mienne sur l’origine du trouble : une incapacité à choisir. Pour les chercheurs, au niveau organique. Pour moi, au niveau cognitif. C’est ce que je montre lors de la formation « Espace-Temps : situer les écueils de la compréhension », que la « dyslexie » vient d’une incapacité à choisir une « seconde langue pédagogique » (nature d’évocation) et au niveau du cadre de compréhension entre l’espace ou le temps. La matrice des protocoles exposée permet alors d’accompagner efficacement les personnes dans le pilotage de leur intelligence pour qu’elle puisse atteindre les objectifs qu’elles se sont fixées, que ce soit lire avec fluidité, maîtriser l’orthographe ou s’épanouir dans leurs études.

Frédéric Rava
Chercheur à l’IFeP

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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Sam 11 Nov 2017 - 16:27

http://wiki.zebras-crossing.org/doku.php?id=articles:le_pervers_narcissique
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Mar 19 Déc 2017 - 16:50

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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Mer 20 Déc 2017 - 14:27

Ca aurait donc tendance à plutôt confirmer le propos dans TIPEH disant que le le doué s'il ne peut point jamais déployer l'intégralité de sa pensée ne risque pas d'en pouvoir faire le tour.. voire de lui même ?

Ca serait un peu comme demander à un Efferalgan effervescent de ne pas effervervescer...

Ca va encore relancer les débats chez Canard WC... sinon t'as pas un euro ? pour la machine à cahuètes ? j'ai mis tous mes sous dans le juke box...
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Jeu 21 Déc 2017 - 13:52

http://www.etrecreateur.com/2015/08/7-raisons-pour-cesser-de-souffrir-2-epuisement-confusion-peur/
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Sam 6 Jan 2018 - 21:43

https://www.allodocteurs.fr/se-soigner/vaccins/agnes-buzyn-contre-la-theorie-du-complot-il-n-existe-malheureusement-aucun-vaccin_23945.html#xtor=EPR-1000002224
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Re: Médecine de comptoir

Message par I am so sure le Dim 7 Jan 2018 - 17:47

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