Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Mer 12 Mai 2010 - 17:25

Ah, bah si, ça marche... Razz

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par V.O le Jeu 13 Mai 2010 - 23:58

flower cheers

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Sam 15 Mai 2010 - 9:55

@ tous ceux qui m'ont soutenu la nuit dernière, merci infiniement. Je serais sur le chat en début de nuit ce soir pour l'épilogue de l'affaire....

je suggère très sérieusement, pour reprendre l'idée lumineuse de Christelle, que vous ouvriez une consultation en ligne pour les névrosés dans mon genre... C'est formidable !!! Very Happy

Bien à vous,

Athénaïs- Aurélia albino

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Message par DiDi le Sam 15 Mai 2010 - 12:34

Bien(re)venue Like a Star @ heaven

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Mar 18 Mai 2010 - 23:28

Brèves du front :

Après une matinée d’angoisse, il est 12h50. Je prends mes dispositions pour abandonner le navire un peu plus tôt que prévu… A 12h55, je prends le large histoire d’être à l’heure. 13h04, je suis sur les lieux. Il est déjà là et bien là. En me voyant, il s’avance immédiatement avec un grand sourire, ravi semble-t-il de me voir. La discussion s’engage. Il est visiblement étonné que je connaisse les différentes épreuves de l’agrégation de philo et notamment leur contenu. Quelques mots sur le De Anima d’Aristote puis passage obligé par le self. Enfin, direction une table ou plutôt un bout de table… La discussion continue. Apparemment, il a retenue que je suis en doctorat d’Histoire de l’Art, info qui date facilement du mois de décembre. Quoi qu’il en soit, il s’en souvient… On parle philo, bien sûr… Il n’a pas lu Schopenhauer. Je m’insurge… Un de ses philosophes de prédilection, c’est Nietzsche. Je me rassérène. On parle cinéma, voyage et évidemment boulot. Un peu de notre avenir aussi. Je lui dis que je suis susceptible de partir aux Etats-Unis, à New York… Il se trouve qu’il aimerait bien y aller… à New York… Est-ce que je fais partie de l’association du personnel ? Non. C’est dommage me dit-il, on peut avoir des places de ciné à tarif réduit et aussi des entrées pour des expos. D’après lui, faudrait que j’aille faire un tour à la cinémathèque de Paris. Est-ce que je connais les cinémas qui se trouve autour de la Sorbonne, ceux dans lesquels on peut voir des rétrospectives ? Ouais, un peu mais ça remonte à loin. Je lui dis que j’aime bien Bergman. Il me regarde avec des yeux écarquillé : c’est un cinéma d’introspection ça, un peu hermétique. Il me dit avoir vu un film de Bergman mais ne pas être allé jusqu’au bout. Laisse-moi deviner : Le septième Sceau ? Oui, c’est ça. C’est dommage que tu soit pas aller jusqu’au bout parce qu’il y a une partie d’échec mémorable entre le héros et la mort… Il me demande si je veux un café. Bah, oui, évidemment… ! Je lui demande quel sont ses goûts musicaux : il me répond que la musique, c’est pas trop son truc à part Les Têtes Raides. Est-ce que je connais ? Oui bien sur. Et moi ? Mes goûts musicaux ? J’ai une formation essentiellement classique. Il me dit qu’il aimerait bien découvrir la musique classique, vu qu’il n’a aucune culture dans ce domaine. Je lui conseil Mozart. Pas les opéras, plutôt la musique de chambre pour commencer. Il me dit qu’il va acheter un CD de Mozart. Je lui déconseille Wagner. Pourquoi ? Wagner c’est un peu bourrin ? Ouais, c’est ça. J’aurais pas dit mieux. Il me demande ce que signifie le K qui précède le numéros des œuvres de Mozart. Je lui explique. Pour Bach, c’est BVW. Il me demande si Mozart était un enfant prodige ? Oui, il a écrit sa première symphonie à six ans. Il écarquille les yeux devant mes connaissances… Mozart est-il un romantique ? Je crois pas. Enfin, je sais pas… Est-ce que Les Vêpres Solennels d’un Confesseur, ça me dit quelque chose. Vaguement… (évidemment maintenant que j’ai retrouvé le morceau, je vois très bien de quoi il parlait…) On parle un peut jazz surtout New Orleans… On reparle cinéma. Bon, bah, c’est bien joli tout ça mais faudrait p’têt aller bosser. Tu pars par où, me demande-t-il ? Par ici. Bah, moi aussi…. Bon, bah on y va ensemble alors. On se retrouve aux ascenseurs, on monte. Y’a plein de monde. On ne peut pas se dire au revoir. Il descend au L3 et lance à la cantonade une « bonne soirée » qui déconcerte l’assemblée. Il est 14h… Je descends un étage plus bas, au L2. On n’aurait peut-être dû se concerter avant pour savoir qui suivait qui. Peut-être aurions nous eu le temps d’échanger nos numéros et de se demander si on pouvait se revoir... Mais peut-être aussi que ce moment de flottement, de confusion l’a bien arrangé… et qu’il s’en fout bien de moi. Et ça, je l’avais prévu…. On se recroise en fin de journée très furtivement, il m’adresse un « Salut » en passant devant moi comme une flèche…

Est-ce que ça c’est bien passé ? Oui. Je peux pas dire le contraire. Au delà de mes espérances. Pendant toute l’entrevue, il a relancé la conversation pour éviter les blancs. D’après une copine, il m’aurait tendu plein de perches… Perso, je vois pas. C’était vraiment sympa somme toute. Dommage que sa ce soit terminé en eau de boudin…

albino

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par V.O le Jeu 8 Juil 2010 - 18:03

Et la suite miss?
Je pensais lire le nouveau roman de l'année et...eau de boudin... Je voulais juste avoir des nouvelles. flower

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Jeu 8 Juil 2010 - 20:25

@ V.O. : Merci de te soucier de mon insignifiante personne… Je vais bien. En ce qui concerne le roman à l’eau de rose qui précède, ça c’est dilué avec le temps… J’en reviens pas d’avoir réussi à écrire un placard pareil pour du vent… Moi et mon esprit de synthèse….

Quoi de neuf donc ? Après un pétage de plomb en règle, il y a quelques semaines et qui est à l’origine de ma disparition…, mon médecin m’a collé sous antidépresseur et calmant. J’avais pas vraiment le choix… Ca devenait invivable. J’en était arrivée à guetter l’arrivé du métro dans la station d’un peu trot près. J’évitais aussi de trop m’approcher du balcon de ma chambre qui est au troisième étage de la maison…. Dépression d’usure, contrecoup du décès de ma mère, deuil… C’est fou comme les médecins peuvent réussir à avoir réponse à tout sans se soucier de savoir si le patient se sent concerné… Côté cœur, c’est pas le top. Suite à un pari débile, je me suis retrouvée inscrite sur un site de rencontre… J’ai rencontré deux mecs vraiment intéressants et cultivés mais complètement névrosés. J’en ai un troisième sur le feu, on verra bien… Je vais finir par croire que pour rencontre un mec qui tienne la route, il va falloir que j’aille draguer dans les couloirs d’un hôpital psychiatrique. Résultat des courses, je me suis retrouvée dans une spirale à laquelle il a fallu que je mette un terme. De toute manière, je suis trop lucide pour ce genre de rencontre. Les mecs, avec leur stratégie de séduction pour endormir l’oie blanche, bah avec moi ça marche pas… Tu les sens venir à dix lieus. Mais bon, je me disais que sur un malentendu, de loin et par temps brumeux, qui sais, ça pouvait marcher… Depuis, j’ai atterri et maintenant que j’ai à nouveau les pieds sur le plancher des vaches, je rumine contre la médiocrité ambiante… Comme quoi, on ne se refait pas !!! Pour le reste, je suis toujours dans le déménagement de la maison de famille. C’est pas possible d’entasser autant de merdier en cinquante ans… J’ai signé l’achat de mon nouvel appartement aujourd’hui. Il paraît qu’une page se tourne… Moi, pour l’instant, je vois que les cartons qui s’accumulent… !!! Alors en attendant, je me shoote aux tranquillisants, à la nicotine et à la caféine… !!!!!!!

Bien à vous,

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par bluecat le Jeu 8 Juil 2010 - 20:49

hében bon courage, j'espère que ça ira...j'ai moi-même été suicidaire à une époque et pour sortir de ça le seul truc qui a marché c'est vivre un jour après l'autre. Enfin peut-être auras -tu un sursaut brutal mais c'est en général long et difficile(+de10ans de dépression dans mon cas, maintenant c +-bon, ouf!). Courage donc. Et bisous Like a Star @ heaven

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Prosopeion le Jeu 8 Juil 2010 - 21:33

Bonsoir ^^

Pure curiosité, qu'est-ce que c'est "un mec qui tient la route" ?

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Jeu 8 Juil 2010 - 21:43

Bonne question...
Je dirais un mec capable de te parler philo, littérature ou encore te réciter un vers de Rilke après avoir fait l'amour... Ca c'est la version trash...!!

La version réelle, c'est un mec qui ne me donne pas l'impression que je suis à côté de la plaque quand on discute.... Un mec avec qui je me sens à ma place et non pas décalée comme à chaque fois...

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par bluecat le Jeu 8 Juil 2010 - 21:44

un zèbre, quoi. Wink

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Prosopeion le Jeu 8 Juil 2010 - 21:53

Bluecat m'a devancé.

Et encore, même parmi les zèbres (là je pense aux filles zèbres que j'ai connues), lettrée, intellectuelle, ce n'est pas forcément le profil type.

Sinon, ta réponse est plus claire que ce que je pensais : en finir avec le décalage au moins avec la personne la plus proche de soi, ça me parle.

Et comme j'ai mauvais esprit, j'ai trouvé ce poème de Rilke : "avant que vous comptiez dix" ( http://www.mes-poemes.com/poemes.php?cat=400&idx=4379&view=on) S'il le récite avant l'amour... ne place pas trop haut tes espérances !

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Jeu 8 Juil 2010 - 22:01

Je vis au jour le jour... Je ne projète pas. Je profite... Advienne que pourras... Je suis une dyonisiaque convaincu... Merci papa...

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par V.O le Jeu 8 Juil 2010 - 22:36

Merci pour les news et tiens-nous au courant de ta "nouvelle" vie. flower

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Dim 11 Juil 2010 - 23:09

Il y a quelque temps de cela, Luc m'avait engagé à poster sur le forum les textes qu'il m'arrive d'écrire. J'ai décidé de me lancer.

L’écriture est pour moi une manière de « purger » mon trop plein d’imagination mais également de désamorcer les "bombes" que peuvent parfois constituer mes émotions. Les textes que j’écris sont comme les morceaux d’une glace brisée : ils donnent à voir des « fragments » du monde imaginaire dans lequel je vis quand je ne suis pas en phase de communication avec l’extérieur. C’est un peu comme un refuge pour moi ; refuge qui prend parfois trop de place. Quand cela arrive, je le couche sur le papier et j’archive ! Normalement, ces textes n’ont pas vocation à être lu. Ils sont essentiellement descriptifs et narratifs. Certains, plus rares, se veulent des réflexions philosophiques sur l’humain et la société. Je doute d’ailleurs de leur qualité effective. Les mots et le langage sont pour moi matières à sculpter mais plus encore, à ciselés. Je peux passer des heures à relire un texte pour parvenir un trouver la bonne formulation, le mot juste. Et paradoxalement, je suis une nullité incorrigible en orthographe…

AVERTISSEMENT

Le contenu de certains de ces textes est parfois, souvent, violent. Il va de soi que cette ire n'est pas dirigée contre vous, membres du forum... Ces textes s'adressent plutôt aux "bipèdes" selon l'expression de Schopenhauer... Je ne voudrais pas non plus que mes "idées" puissent blesser certains d'entre vous.Embarassed Si tel est le cas, faites m'en part et j'aviserais en conséquence.

En comptant sur votre indulgence mais en vous engageant vivement à réagir....

Bien à vous,

Athénaïs albino

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Dim 11 Juil 2010 - 23:11

Je déteste ces passages à vides. Non seulement je me sens mal, comme entre deux eaux, mais en plus, je suis paralysée par l’angoisse. Il m’est difficile, voir impossible, d’identifier l’origine de ces malaises intérieurs qui me maintiennent en permanence aux bords des larmes. Le quotidien, inexorable, ne fait qu’accentuer la pression car il m’est impossible de laisser transparaître ma douleur. Non seulement, je ne peux pas car cela deviendrait un enfer pour ceux qui me sont chers mais en plus je n’y parviens pas. Tout au plus, je peux espérer au mieux que le malaise s’estompera avec les heures, au pire qu’il se terminera par une crise nerf ou de larmes, souvent les deux à la fois.

Je deviens étrangère au monde, une ombre dont la consistance s’est réfugiée dans un autre espace temps. Quoi que. Là ou je m’en vais l’espace appartient au néant et le temps s’est arrêté, peut-être n’a-t-il jamais existé d’ailleurs.

Impossible de me confier non plus. A qui pourrais-je m’adresser, moi qui ne conçois pas un instant exposer ma douleur à quiconque aussi proche soit-il. De fait, sur ce champ de bataille là, je combats seul moins par orgueil que par obligation : personne n’a jamais été à la hauteur pour m’accompagner ou me soutenir dans la bataille. Et puis, un chevalier est toujours seul, c’est une question d’honneur.

De toute façon, il s’agit d’une souffrance éminemment personnelle dont il est impossible de transmettre l’essence car elle procède d’émotions primitives liées à l’identité profonde d’un être. Elle est insaisissable par un tiers. Il me serait d’ailleurs impossible de décrire cette souffrance car les mots adéquats n’existent pas. Pour le bien de l’espèce, le langage humain est dépourvu de ce vocabulaire car il pourrait permettre de décrire un mal-être si violent, si ennemi de la vie qu’il en menacerait ses fondements. Sans oublier que s’exposer, c’est prendre le risque d’être attaqué, d’être jugé. Malraux disait que juger, c’était à l’évidence ne pas comprendre, car si l’on comprenait, on ne pourrais pas juger. Et qui pourra jamais comprendre ma douleur d’exister, ma détresse de vivre ? Se confier, c’est raconter. Et tout récit a un début. Le mien semble en avoir plusieurs, il est tout en arborescence et la synthèse est à exclure. Je finirais par mourir à essayer d’en démêler les enchevêtrements. Je ne suis pas devenue un rat de bibliothèque uniquement pour les livres dans les quels je cherche des réponses que je ne trouverais peut-être jamais. Je suis devenue ainsi pour le silence, pour ce silence qui me soulage à défaut de m’apaiser. Ce silence imposé qui me soustrait aux règles élémentaires qui régissent les rapports humains lesquels me sont impossibles, intolérables, lorsque je suis absente.

Par quoi commencer, donc. La solitude peut-être. Oui, c’est un bon début. Mais laquelle. Celle que j’ai choisie ou celle que la vie m’a imposé. Car ce ne sont pas les mêmes, loin de là.

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Nicoco le Lun 12 Juil 2010 - 0:03

Je me suis même vu me rabaisser si douloureusement , contraint à cette extrémité pour faire fuir les plus fidèles, et m'assurer ainsi une solitude que je voulais bienfaitrice...

Puis, avec le temps, l'expérience m'a prouvé que, si le "partage complet" ne peut exister, procéder par petites touches aussi judicieuses qu'inattendues permet d'assembler petit à petit les pièces de son "grand puzzle".

Le maître mot devient donc la patience, car si l'on peut provoquer une rencontre, on ne peut en rien provoquer l'échange qui créera une (voir pour certain, des) nouvelle petite pièce.

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par kid Pharaon le Lun 12 Juil 2010 - 0:16

Athénaïs a écrit: Et puis, un chevalier est toujours seul, c’est une question d’honneur.(...)

Malraux disait que juger, c’était à l’évidence ne pas comprendre, car si l’on comprenait, on ne pourrais pas juger. (...)

Et tout récit a un début. Le mien semble en avoir plusieurs, il est tout en arborescence et la synthèse est à exclure.(...)

Je suis devenue ainsi pour le silence, pour ce silence qui me soulage à défaut de m’apaiser. Ce silence imposé qui me soustrait aux règles élémentaires qui régissent les rapports humains lesquels me sont impossibles, intolérables, lorsque je suis absente.(...)


Voilà des choses intéressantes et qui me parlent.

Se faire aider et perdre on honneur, ... quelle pensée moisie,... que j'ai bien souvent.

Je crois néanmoins que c'est un déshonneur dont on peut se remettre. Tout comme l'on peut se remettre de la blessure narcissique de ne pas y être parvenu(e) seul(e). C'est une fausse vision qui repose sur l'idée qu'une seule bataille décisive nous sépare de la victoire. C'est tout à fin, après de longue et nombreuses batailles que l'ont peut juger de l'intelligence menée au combat, et de celle d'avoir su trouver les bons compagnons d'arme pour chaque différente bataille...

Malraux était donc un sage entre deux crise mégalomaniaque ?

Oui, la vie comme une pensée arborescente qui contiendrait son début et sa fin sans en avoir aucun, un ouroboros à plusieurs queues, un tore multiple replié sur soi comme un ruban de moebius. Je te suis aussi là dessus.

Le silence, l'isolement, trouver des lieux faits pour l'épanouissement du vide et de la solitude. Voilà que s'éveille en moi des images de murs de pierre, de cours intérieures de monastère ou seul, je marcherais en laissant ma main glisser sur la pierre, tantôt rèche et granuleuse, tantôt lisse et patinée... Une sensation qui me ramène à ma matérialité, un touché qui apaise quand l'esprit menace de décrocher.

Juste à fin, une question : de quelle façon est tu absente ?

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par V.O le Lun 12 Juil 2010 - 10:21

Merci. De quand date cet écrit? Ressens-tu toujours ce besoin de silence?

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Lun 12 Juil 2010 - 19:53

@ Kid Pharaon : Il y a deux types d’absences : celle dont je parle, est la plus violente. Je suis prostrée, les yeux dans le vide et je laisse mes pensées me submerger. Je ne suis même plus l’actrice de mes propres pensées qui semblent se générer seules. Parfois j’en attrape une au vol et puis je replonge. Je finis toujours par m’endormir et c’est le réveil qui me sort de ma torpeur.
Et puis il y a une seconde sorte d’absence, plus douce : j’ai toujours les yeux dans le vide, je ne regarde rien en particulier, je ne suis pas là et en général, je ne me rappelle pas ce que j’ai fait. On pourrait parler d’un dédoublement de conscience. Je peux faire certaines choses mécaniquement, comme conduire par exemple. Je suis enfermée dans ma tête, dans un univers qui éclipse la réalité. Cet univers prend en général l’aspect d’une pièce, une chambre, une bibliothèque, un salon, un paysage dont l’aspect est très précis, parfois tellement précis qu’il m’arrive de « voir » cet espace imaginaire et de ne plus voir la réalité. Si on me sort de ces « rêveries », je suis en général assez grognon… Certains de mes textes décrivent ces fragments d’univers. J’en mettrais bientôt un en ligne.

@ V.O. : Ce texte date d’avril 2009. Je l’ai écrit en Bretagne, de nuit assise face à la mer. Le silence est vital pour moi. La solitude aussi. Mon travail à la BNF est une véritable bénédiction pour ça puisque cette bibliothèque est un temple du silence. Le moindre crayon qui tombe à terre est sujet à des regards réprobateurs… Je « hante » aussi souvent les cimetières notamment celui du Père Lachaise. Je erre dans les allées sans savoir où je vais. Je fais ça régulièrement pour décompresser. Je rejoins Kid Pharaon dans sa prédilection pour les monastères. J’ai des souvenirs d’instants de quiétudes inégalées dans les trois sœurs cisterciennes provençales : Sénanque, Silvacane et Le Thoronet.

Bien à vous,

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par V.O le Jeu 15 Juil 2010 - 11:49

Merci flower

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Jeu 15 Juil 2010 - 18:43

Une bière dans une main, une cigarette dans l’autre, il me faut nécessairement lâcher l’un des deux pour écrire ces quelques mots et maux… Je suis assise face à la mer au bout de la petite cale (qui en fait est la plus grande…) du port. La mer sera haute dans quelques minutes. Il est minuit passé et les jeun’s du village, qui ne m’apprécie guère, se demandent en vain ce que je peux bien faire à une heure pareil assise au vent dans mes jupons, un ordinateur portable posé sur mes genoux…Cette nuit est une nuit de grande marée et les plaisanciers n’osent plus sortir en mer depuis deux jours, c’est trop dangereux. Le spectacle, qui à déjà commencer, promet d’être grandiose. Le vent, la corne de brume, les hululements des oiseaux de nuits et le cliquetis des mats des bateaux forment une symphonie inimitable que les bruits des vagues qui se fracassent sur les récifs achèvent de rendre inénarrable. Je guète les lumières du phare des Triagoz, eldorado que jamais je ne pourrais atteindre… Ajoutons à tous cela une pleine lune qui se reflète, à moins qu’elle ne se mire sciemment, dans ce miroir aquatique et le décor de cette soirée est relativement bien campé. La mer est violente et le vent s’amplifiant, elle sera déchaînée d’ici quelques heures mais je ne serai plus là pour la voir. Il fera bientôt trop froid.

Il m’a fallu me forger une carapace face à « l’autre », face à ceux que j’aurais dû considérer comme mes congénères… Mes cheveux roux, mon regard compatissant sur les autres, ceux sur qui ont tapaient, quant ça n’était pas sur moi…, les stigmates dérangeant d’une maladie que l’on ne savait pas soigner, la dyslexie mais surtout ma façon de penser trop précoce qui me faisait dire à mes parents dès l’âge de 7 ou 8 ans que le monde fonctionnait bizarrement, que la logique et les rapports humains m’était incompréhensible. Mais je n’avais pas le droit d’être différente car comme le dit si bien ma mère encore aujourd’hui, se sentir différent et savoir la richesse que cela représente, c’est un pas vers la marginalisation… J’en ai souffert, j’en souffre et j’en souffrirais toute ma vie. Je n’aime pas les gens, plus précisément, je n’ai pas confiance en l’être humain qui est intrinsèquement tout sauf bon… Si j’avais pu être gardien de phare… Tous cela m’aura au moins mené à une bonne chose : la lecture. Mon phare à moi, c’est la lecture.

« Souffrir de la solitude, mauvais signe ; je n’ai jamais souffert que de la multitude… » disait Nietzsche. La solitude, c’est la liberté, la nécessité qui conduit à l’étude, moteur indissociable et sans faille qui lui-même conduit à la tolérance. Je pense que choisir la liberté, c’est choisir la solitude dans toute sa splendeur. Au cœur de la solitude se trouve la clef qui mène à la citadelle intérieure, celle-là même dont Marc-Aurèle nous enseigne le chemin dans ses Pensées. Ce chemin est long et difficile et notre société nous dissuade de nous y engager comme pour mieux nous manipuler. Il est peut-être là, tout simplement, le diable des croyants : la société. Néanmoins, même si je me sert de la solitude comme d’un puissant rempart, je suis et demeurerai toute ma vie perméable au regard des autres, impuissante face à la moquerie lorsqu’elle me vise sans jamais me rater. Que puis-je avoir de si dérangeant qui attire irrésistiblement les regards acerbes, éternellement détenteur du mot qui blesse. En vérité quelle différence y a t-il entre les mots et les coups ? Un soupçon de subtilité et une grosse dose de persuasion, c’est moins direct que les coups mais les traces sont bien plus longues à disparaître. L’apparence, l’image que l’on renvoie aux autres est une énigme pour moi. Il ne me viendrai pas à l’idée de juger quelqu’un sur l’impression physique que je perçois de lui. Je ne peut me faire une idée valable de la personne qu’en discutant avec elle et encore me faut-il plusieurs heures de discutions.

On me dit souvent que j’ai trop le goût de l’étude et que je devrais un peu plus m’amuser. Mais je sais que seul l’étude mène au savoir et que sans savoir, il n’y a pas de tolérance. Je tache de cultiver la tolérance pour suivre un des premiers précepte de Marc-Aurèle qui nous enseigne que nous avons tous notre place dans le fonctionnement de l’univers et, plus raisonnablement, dans la société, même le plus abruti des abrutis avec sa méchanceté gratuite et ses moqueries acerbes. J’avoue ne pas encore bien comprendre la nature exacte de son rôle mais peut-être qu’un jour à force de réflexion et d’étude, j’y parviendrai.

Août 2005

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par bluecat le Jeu 15 Juil 2010 - 19:17

Es-tu toujours dans cet état d'esprit? tes absences me font penser à la catatonie associée aux dépressions très profondes ou certains états psychotiques...peut-être certains médicaments peuvent-ils t'aider à sortir de cet état tout en empêchant l'angoisse lors d'interactions sociales.
en tout cas tes écrits me touchent et je t'envoie plein de bonnes pensées flower

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par Athénaïs le Ven 16 Juil 2010 - 8:48

Effectivement, ces états ont été associés dans un premier temps à certaines phases de la dépression dite mélancholique ou majeure. Mais depuis le diagnostique à été revue. Il s'agit en fait de troubles bipolaires avec épisodes dépressifs majeurs. Mais comme ces épisodes sont très courts, à peine quelques heures, j'ai été diagnostiqué cyclothymique, ce qui est considéré comme un trouble bipolaire atténué. Le seul traitement possible dans mon cas serait la prise de lithium. Alternative que je refuse catégoriquement puisque ce produit altère et modifie la personnalité. Je ne suis plus suivit par un psychiatre depuis trois déjà. J'étais très attachée à "mon" psychiatre qui était un homme de bien. Lorsqu'il a pris sa retraite, je lui ai demandé si je devait continuer à consulter. Il m'a répondu que cela n'était pas nécessaire, que j'avais assez de force de caractère pour gérer ces épisodes. Il m'a toutefois communiqué le nom d'un confrère au cas ou... Pour l'instant, et pour éviter une dépression dite d'usure, je prends un antidépresseur et un tranquilisant à dosage faible. Je ne tiens pas pas à être sous l'influence de psychotropes. Je lutte contre ces épisodes dépressifs avec ma volonté et ma raison...
Et puis, il y a un autre paramètre qui me tient à coeur: si je fais disparaître ces épisodes, j'anihile par là même ma capacité créative. Ce que je ne peux envisager puisque cela reviendrait à nier mon essence profonde.... Je repense à un livre que j'ai lu il y a peu: "La Cyclothymie pour le Meilleur et pour le Pire" écrit à deux mains par le docteur Elie Hantouche et Régis Blain. Ce livre explique clairement combien la cyclothymie peut-être une source créative féconde... On pourra également lire "L'homme de génie et la mélancolie " d'Aristote pour comprendre que la dualité état dépressifs / capacités créatives ne date pas d'hier...

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Re: Le petit monde désenchanté d'Athénaïs

Message par bluecat le Ven 16 Juil 2010 - 19:27

y a pas que le lithium...mais j'imagine que tu t'es déjà suffisamment penchée sur la question.
en tout cas la création est un excellent exutoire pour toutes ces émotions, même si l'état créatif implique pour toi justement encore plus démotions qui devront sortir scratch chépas si c clair, hem...
en tout cas ta souffrance a l'air profonde...mais c'est vrai que je n'ai pas lu de texte que tu aurais écrit en phase plus positive. courage en tout cas, sois le roseau...

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