Fabrique de la chimie.

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Fabrique de la chimie.

Message par Corbex le Ven 16 Sep 2016 - 16:59

Qu'est ce qui nous pousse à aller voir un médecin ?

Le fait que quelque chose ne va pas en son sein. Ce quelque chose nous empêche de poursuivre nos désirs, nous gène. Ce quelque chose n'est pas forcément une maladie, mais plutôt l'idée même de maladie.
C'est à dire l'idée qu'un affect négatif diminue notre propre puissance.

C'est cette idée de réduction de notre propre puissance qui nous pousse à aller voir le médecin. Ce qui fait de la santé un objet de consommation quelque peu particulier. Aller à carrouf pour acheter une tarte, des brocolis, une voiture, ne se fait pas dans l'idée de réduction de puissance, mais dans l'idée contraire, d'augmenter sa propre puissance en poursuivant ses propres désirs.

Aller chez le médecin, c'est vouloir éviter un déplaisir certain. Le rôle attendu du médecin est de ralentir cette réduction de puissance voire même la rétablir à un état antérieur. Néanmoins, on peut douter réellement de la pertinence de ce rôle attendue. En effet, dans le cas d'une maladie chronique, le fait même de prendre continuellement son traitement nous rappelle à chaque fois que nous sommes diminué, alors même l'absence de symptôme physique. Le traitement alors même qu'il est le médiateur parfait de établissement, est aussi le miroir qui renvoie l'état diminué du sujet.

Il se peut que le rôle du soignant soit ailleurs. Il se peut même que le rôle du soignant soit en fait, d'augmenter la puissance du patient.

Nous prenons conscient de l'état de santé que pendant un état de maladie. Notre corps n'est conscientisé que pendant la maladie disait Le Comte. Néanmoins, l'idée de la maladie nous aide pas réellement à conscientiser la maladie. La douleur peut être diffuse par exemple, on sait que quelque chose existe, mais l'image peut ne pas être nette. Au final, la maladie révèle l'existence du corps, mais ne permet pas de s'en faire une idée adéquate.

Le rôle du soignant est peut être là. Celui de transmettre une idée du nette du corps; et augmenter ainsi la puissance du patient. L'handicapé, même handicapé pourra se retrouver grandi d'une idée adéquate de son propre corps, s'adapter à sa condition afin de poursuivre encore ses désirs. L'idée même du traitement ne renvoie plus à l'état de malade, mais à l'image neutre du processus physiologique.

Il y aurait, dit-on, une exception, la médecine de confort. Je ne crois pas que ça soit une exeption. La femme voulant se refaire les seins, ne vient pas spécialement parce qu'elle a envie d'augmenter sa puissance (ici de séduction). Mais peut être, justement, parce qu'elle a une idée fausse de son propre corps voire même une idée maladive de celui-ci. La chirurgie n'est là qu'un traitement inadéquat.

La relation soignant-patient n'est donc pas un passage obligé en cas de maladie, mais peut être le point de départ, l'atome incassable de la société. D'un mal isolé d'un individu seul, se greffe une deuxième personne qui d'un concours de circonstance peut affirmer la première. Ce petit collectif peut servir à individualiser.

Mais comment le généraliser ?

Corbex
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