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Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 13:41

Confessions d’une psy : on peut être précoce/surdouée et survivre !


Jeune, je pensais que je ne vivrais pas au-delà de 28 ans, je n’arrivais pas, purement et simplement, à me projeter dans l’avenir, tellement j’étais émotive, farouche, écorchée vive, et tout était complexe, comme c’est souvent le cas pour les personnalités surdouées ou précoce, (ce que j’ai appris de bien longues années plus tard).

[size=40]Etre précoce, surdoué et souffrir de sa différence[/size]

D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie décalée, différente, et j’en ai longtemps souffert, ça n’est plus le cas. Un exemple parmi tant d’autre : je ne m’amusais pas aux fêtes, j’observais. Je ne participais pas, et je ne rigolais pas de ce qui faisait rire les autres, je ne comprenais même pas en quoi c’était censé être marrant, à savoir le plus souvent, de se moquer d’une personne. Je ressentais plutôt de la peine pour la personne moquée.
Comme beaucoup d’entre nous, en tant que personnalité précoce, j’ai souffert au départ du poids de ma différence, du regard des autres car je prenais un malin plaisir à me démarquer, et à provoquer. Ce jusqu’à ce que les différentes thérapies que j’ai suivies m’aient permises de réaliser que je pouvais décider que c’était aussi une chance, et légitime d’être différent. Vous êtes précoce ? Il y a une place pour vous dans cette société. Que vous soyez instable, émotif, impulsif, cynique, détaché pour moins souffrir d’être trop attaché à nos valeurs telles que l’altruisme et la solidarité, vous pouvez tirer de la fierté de votre différence en l’assumant, et ça s’apprend ! La société aime mettre les gens dans des cases bien précises et les personnes précoces ou surdouées ne supportent pas d’être mise dans une case et encore moins dans une cage.
Au départ, comme souvent quand on est précoce, on nous fait tellement sentir combien on est chiant à ne rien faire comme tout le monde, à poser des questions qui peuvent déranger, à avoir la bougeotte, à avoir besoin d’espace vital, à se mettre une pression pas possible, et à vouloir aider tout le monde, qu’on finit par le croire qu’on est chiant ! Ce sentiment de non-respect de notre différence nous fragilise … jusqu’à ce que notre estime ainsi que notre confiance en nous soient nourries et que nous réalisions que nous ne sommes pas des monstres, mais dignes, nous aussi, d’être aimables et reconnus; entre autre pour notre compétence. Alors, être précoce et surdoué, ca peut devenir une force.
Ce sentiment (si propre aux surdoués), que mes parents ne pouvaient pas être mes parents : je me sentais si différente d’eux ! A tel point que lorsqu’on me demandait d’ou je venais, je répondais : « de l’univers » Ou encore : « qui fréquentais tu adolescente » je réponds : « Robert, Robert and Collins » tellement je m’ennuyais chez mes parents et qu’étant en perpétuelle recherche d’apprentissage et de productivité, j’en arrivais à apprendre chaque mot du dictionnaire par cœur, page par page, soir après soir! Un truc de dingue !
De même, me sentant mal à l’aise avec le regard des autres, cela ne me gênait pas de ne pas être invitée. Au contraire, ca me rassurait car j’ai toujours été exclusive avec mon temps si précieux : j’étais une bucheuse, un petit rat de bibliothèque qui avalait tous les livres qu’elle trouvait, plus heureuse avec eux, qu’avec des êtres humains, car si un auteur peut être maladroit dans ses propos, cette maladresse est perçue de manière moins violente que des propos maladroits directement balancés au visage. Lorsque l’on est un handicapé de la sensibilité, le manque de délicatesse est vécue comme un coup de poing en pleine figure, enfin c’était au début … Maintenant je sais que la sensibilité ainsi que les émotions sont une force et j’ai appris que je n’ai pas à prendre la maladresse comme un crime de lèse majesté. De même, je relativise le manque de finesse, voir le coté « bulldozer » et égoïste, ainsi que le manque d’empathie au regard de la détérioration du patrimoine planétaire, et ce du au manque de lucidité quant aux méfaits causés par les consommateurs des produits générés par les lobbyings industriels alimentaires ou ceux de Big Pharma.

[size=40]Le besoin viscéral d’agir des personnes précoces ou surdouées[/size]

Nous pouvons tous agir à notre niveau; si petit soit-il, pour une planète moins polluée ainsi qu’une meilleure entente entre les gens car la pollution n’est pas que dans l’air, la terre et la nourriture. Nos émotions peuvent aussi être du poison si on ne sait pas les diriger vers un objectif. La pollution peut donc aussi être émotionnelle intra et inter-personnelle. Comme Pierre Rabhi le dit très bien, (et c’est pourquoi le colibris est le nom de son association écologique à tout niveau) : le colibri, cet oiseau si petit soit-il fait sa part du boulot en portant dans sa bouche une goutte d’eau pour atteindre la foret qui brule, et c’est déjà très bien car il fait du mieux qu’il peut en fonction de ses capacités, comme vous aussi pouvez le faire.
Contrairement aux autres ados, je ne ressentais pas le besoin d’être à la mode. Mon truc c’était apprendre, découvrir, voyager, expérimenter, créer, agir, être perpétuellement en mouvement. Une fois que j’ai eu dévoré les livres des auteurs classiques dans ma langue maternelle, j’ai fais pareil dans la langue de Shakespeare et c’est comme ca que j’ai appris l’anglais, idem pour l’espagnol, et pour tant d’autre chose. Les personnalités précoces ont la capacité d’apprendre en autodidacte et peuvent clairement s’ennuyer grave si le rythme ne va pas assez vite.
On ne peut pas dire que nous soyons au tout départ armés pour la vie sur terre … Déjà on plane total, en étant très idéalistes et avec une nette tendance à l’altruisme « mère Theresa » ou « saint Bernard » à prendre le malheur des autres sur nos épaules, comme si nous n’étions pas déjà assez empêtrés avec nos propres affects. Le sentiment d’impuissance que ressentent ces personnes face à la souffrance des démunies, des animaux, du patrimoine humain et de la terre qu’on viole à coup de pesticide, est impressionnant. Pour la terre, j’ai fini par ne plus en souffrir et cela va vous faire relativiser aussi : elle était là bien avant nous et le sera aussi après. En effet, la terre a subit des périodes de glaciation, des chutes de météorites, des pluies acides, etc. A l’échelle du temps de la terre, nous sommes des microbes : la terre à 4,5 milliards d’années, nous 7 millions. Rassurez-vous : les bactéries survivront et la vie repartira, nous non peut-être, mais nous l’auront bien cherchés ! C’est pourquoi relativiser ne signifie pas dire ne rien faire ! Relativiser signifie prendre du recul vis à vis de sa souffrance. Cela permet ainsi de ne plus être embourbé dans son émotionnel et d’agir afin d’arrêter ce carnage contre la terre et les animaux qui la peuplent.

[size=40]Etre précoce et surdoué c’est quoi encore ?[/size]

C’est comme si nos sens étaient en permanence trop éveillés, à tel point que l’on doit souvent prendre de quoi nous assommer pour dormir, tellement notre cerveau turbine en permanence. Donc une variation de température n’est pas ressentie de la même manière, et il en va ainsi d’un son, d’un goût…on peut d’ailleurs être synesthète. La synesthésie est la capacité à associer neurologiquement deux ou plusieurs sens, par exemple voir les chiffres ou les lettres en couleur. Le mot synesthésie vient du grec syn qui signifie avec (union), et aesthesis, qui signifie sensation. Il nous est déjà difficile de trouver un équilibre avec nos propres sens tellement ces derniers sont éveillés. Suivant les personnes, un ou plusieurs sens seront plus développés que la moyenne : l’ouie, l’odorat, la vue, le gouter, le toucher. D’où le fait que les surdoués ou les personnes précoces ont besoin d’apprendre à développer la tempérance, à prendre soin d’eux, à ne pas s’oublier au profit des autres, à mener une vie équilibrée et à acquérir les vertus de la patience, et à se protéger car leur sens sont plus éveillés, d’où leur plus grande sensibilité et sensorialité.
Autre caractéristique : les personnes précoces ressentent ce que les autres ressentent. Ca n’est pas de la lecture de pensée, c’est de l’hyper empathie. Le plus souvent, les personnalités surdouées et précoces ne le savent pas, et sont victimes de leur marginalisation. Elles peuvent souffrir de penser différemment et de leur hyper sensibilité, au point de vouloir mourir. A cause de leur sensibilité à fleur de peau, elles peuvent vouloir s’isoler. S’isoler physiquement, psychiquement, s’enfermer pour se protéger et fuir dans les paradis artificiels. A force d’être taxée d’irascible, d’hyper indépendante, d’hyper structurée des méninges, de supra organisée, d’hyper-polyvalente, de « pour toi c’est facile », de perfectionniste, de trop entière et impliquée, qui doute d’elle alors qu’elle a tout en elle, comme fonctionne les surdoués, je finissais parfois par ne plus supportée d’être étiquetée. Et tiens, comme c’est surprenant : nous avons un tel besoin de liberté, que les métiers de libéral ou d’indépendant nous vont bien: il ne nous est déjà pas facile de composer avec nos propres rythmes sujets aux variations de notre humeur changeante, aussi ca n’est pas facile de composer tout court avec les autres, hormis avec des personnes souples.

[size=40]Un regard sur vous même plus positif[/size]

En France, on sur-valorise les diplômes, pourtant parfois on se demande si des personnes diplômées, réfléchissent avant de prendre des décisions que ce soit dans leur vie personnelle, sociale ou professionnelle, pour le moins déconcertantes. Le bon sens n’est pas inculqué dans le système scolaire actuel. Un jour, une personne m’a aidée. Cette personne n’a aucun diplôme, mais elle pouvait, connaissant bien la nature, prévoir le temps qu’il ferait sans regarder son smartphone. Cette personne, une paysanne à la retraite, douée et pleine de bon sens m’a aidée en prononçant une simple phrase. J’étais invitée chez elle, et alors, que je m’excusais d’avoir sommeil une fois de plus à cause des insomnies, elle m’a mise en confiance par ses mots: « Ne t’inquiète pas, et dis-toi : après moi le déluge ». Au début, je n’ai pas compris ce qu’elle voulait dire. L’ami qui m’accompagnait ce jour là (c’était sa belle maman) m’a expliqué : « Elle te dit de faire comme tu le sens, de te sentir libre de dire quand quelque chose te gène, et de te poser moins de questions vis à vis des autres. ». Merci Suzanne. Merci Pierre Rabhi. Merci Paul Watson. Merci Colline Serreau, ces gens qui font tant pour les autres, la terre et son patrimoine.
Vous pouvez vous aussi apprendre à vous parler de manière plus valorisante : « je suis comme je suis ! » , « je prends ma place », « je m’autorise à dire non, à refuser, à faire des demandes », « j’accepte les compliments que je n’ai pas l’impression de mériter, et je me sens bien avec ma différence, mon surdoument, ma précocité, ma dyssynchronicité, mon coté zèbre, rebel », peu importe la terminologie. Tout comme vous, j’ai traversé des moments de doutes et de découragements intenses. Comme certains, j’ai dû couper le cordon avec une famille toxique, et développer l’estime pour en arriver là : ne plus s’excuser d’être sur terre comme si l’on était tout le temps de trop, mais s’y sentir bien, jusqu’à comprendre que je pouvais faire de ma créativité et ma sensibilité une force.

[size=40]Etre surdoué un plus pour les entreprises[/size]

Etre surdoué et précoce ne se résume pas au réducteur test de QI, ni a sauté des classes. Il serait plus que grand temps que le système scolaire change radicalement et prenne aussi en compte l’intelligence émotionnelle (QE) c’est à dire l’intelligence relationnelle, sociale, intra et inter-personnelle (avec soi-même et avec les autres). Vous êtes anxieux, perfectionniste ? Vous observez des détails que les autres survolent et ne voient pas ? Vous vous posez plus de questions que la moyenne ? Vous aimeriez que le tourbillon des idées se stoppe dans votre esprit ? Vous en prenez plein la tronche pour pas un rond avec les autres, et étant anxieux, vous vous imaginez avoir forcément blessé l’autre, avoir mal fait tel ou tel chose ? Vous savez quoi : Laissez tomber. Les autres ne se posent même pas la question. Vivez, gardez votre sourire innocent d’enfant, et cette capacité à vous émerveiller, sinon vous allez tomber dans une fondrière d’amertume. Vous êtes plus lucides sur ce qui ne va pas et une force pour la société et les entreprises qui ont besoin de personnes novatrices, avec des valeurs morales, qui s’impliquent, ont à la fois une vision à 360 et le sens du détail, comme vous. Veillez à ce que votre hiérarchie comprenne que vous n’appréciez pas la langue de bois mais l’action, et que vous n’êtes pas payé pour faire acte de présence mais à l’atteinte de vos objectifs car on n’est pas forcément inspiré entre 9 et 18h, on peut aussi l’être à 2h du mat. L’inspiration n’a pas d’heure !

[size=40]Autres articles sur le thème des surdoués et des précoces :[/size]

Comment aider les personnalités surdouées ou précoces
Comment vivre avec un surdoué
http://www.coachplanet.net/surdoue/confessions-d-une-psy-on-peut-etre-precoce-surdoue-et-survivre

[size=40]Autres blogs sur les personnes surdouées ou précoces :[/size]

http://www.talentdifferent.com
http://zebrattitude.blogspot.fr
http://www.cogitoz.com/
http://www.zebrasurdoue.com
http://zebrascrossing.free.fr   (site de rassemblement de zèbres)
http://www.douance.be/

http://www.coachplanet.net/surdoue/confessions-d-une-psy-on-peut-etre-precoce-surdoue-et-survivre

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 13:42

Vous autorisez-vous vos besoins spécifiques de surdoués ?


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Vous autorisez-vous vos besoins spécifiques de surdoués ?



Une bonne partie de la frustration ressentie quotidiennement par bien des zèbres résulte du fait que certains besoins structurels ne sont pas satisfaits.
Un exemple ? Nombre de zèbres qu’ils soient enfants, adolescents ou adultes, se torturent quotidiennement pour réussir à se concentrer ‘comme tout le monde’. Or, pour le cerveau d’un hp, la concentration focalisée signifie fédérer l’ensemble des pensées qui se déploient à toute allure en arborescence ! Le cerveau zèbre en est capable et cela ce produit spontanément quand il éprouve un grand intérêt pour quelque chose et même de la passion. Vous connaissez certainement des enfants hp qui ont aisément développé par exemple une mémoire encyclopédique sur le sujet des dinosaures ou des insectes, ou bien à propos du moyen âge ou même de l’apport des mythologies occidentales et asiatiques à la scénarisation des anime japonais.
La clef ? Il faut que l’émotionnel soit concerné, que ‘l’inspiration’ soit au rendez-vous… Dans ces conditions, cette concentration focalisée peut durer des heures, sans que le sentiment de flot ne s’arrête. Les pensées éparses sont maintenant comme des oiseaux migrateurs volant en formation ! Avec amplitude, avec de jolies chorégraphies courbes mais finalement tous dans la même direction…
Par contre, chercher à se concentrer forcément de cette façon à chaque fois, est souvent contre-productif. Mieux vaut suivre les besoins de complexité et de multiplicité spécifiques aux HP et accepter de trouver sa propre méthode de concentration.
Pour qu’une focalisation advienne, il faut que le zèbre ait l’impression de créer quelque chose de nouveau, et qu’il y trouve du ‘sens’ et que cela stimule sa curiosité.
Il est facile de voir que ces conditions sont antagonistes à ce qu’implique une répétition ou une routine mentale, sauf à tourner cela en jeu. Ou à faire plusieurs choses en même temps…
Je me souviens de ma façon ‘d’aider’ mon fils à faire ses devoirs lorsqu’il avait 10 ans : en fait, je l’empêchais de les faire ! Je venais derrière lui et mettais mes mains sur ses yeux, ou je le chatouillais, j’essayais de l’embrouiller ou de le distraire. Du coup, cela devenait un jeu et un défi. Lorsque j’ouvrais mes mains ou que j’arrêtais, il avait quelques secondes pour continuer son équation ou sa rédaction. Et ce ne sont que des exemples des jeux qui le stimulaient et faisaient qu’il n’avait pas l’impression de perdre son temps à faire des choses répétitives. Ensuite, il trouva ses propres méthodes qui inclurent (de façon très efficace) musique, mangas, voire lecture, en même temps qu’il travaillait. Son imaginaire était occupé et le cerveau rationnel pouvait effectuer ainsi son homework, paradoxalement sans interférences.
Cette histoire de concentration est juste un exemple de la façon dont certains besoins, s’ils sont compris et acceptés, déterminent des comportements atypiques certes mais plus adapté à l’épanouissement des équidés à rayures !
Etre à l’aise avec le fait de se concentrer sur plusieurs choses en même temps. Travailler sur son ordinateur, en écoutant de la musique, avec un carnet pour noter les idées qui n’ont rien à voir avec le travail principal et ainsi ne le dérangeront pas. Une façon de dire à la partie inconsciente de soi : « ok, envoie les idées ! Principalement pour ce sujet, mais je prends aussi les autres (et je les note). Mais on reste sur le chemin principal »
Parfois, c’est un véritable combat que se livrent en nous le ressenti de ce besoin et ce qui apparaît comme une interdiction d’y adhérer et que nous nous imposons. Par soucis de conformité ? Plutôt par les pressions extérieures qui encouragent rarement la différence, et le besoin d’appartenance, de ne pas être différent, ce qui veut souvent dire exclu.
Ce qui surprend le plus mes clients, nouvellement étiquetés du nom de surdoués, est justement que le fait d’éprouver ces besoins originaux signe leur ‘profil’ encore plus que leur capacités intellectuelles intégrées.
Par exemple, une nécessité soudaine de s’isoler sera souvent matière à culpabilité jusqu’à ce qu’on accepte de se rendre compte que c’est réellement la meilleure façon de se ressourcer, de reprendre des forces, celles qui sont vraiment à soi et non le produit de l’adaptation. Que ce soit pour lire calmement dans un coin tranquille ou pour danser seul à absorber la nouvelle découverte musicale en boucle, prendre un bain ou même seulement rêver, la solitude est un de ces besoins qu’il est nécessaire d’accepter comme faisant partie du mode d’emploi intrinsèque du zèbre et ne signifie que ça, ni égoïsme, ni retrait de la société, ni rejet du monde, rien d’autre qu’un besoin d’être parfois seul…
Nous verrons au fil des articles les autres besoins typiques de la Douance comme celui de complexité et de multiplicité, le besoin de création ou re-création, le besoin d’intensité et d’implication émotionnelle, le besoin de trouver du sens et d’appliquer sa pensée à quelque chose d’intéressant dans lequel on trouve un défi, le besoin d’entéléchie, … Cette liste est bien entendu loin d’être complète.
Si on accepte de regarder ces besoins comme faisant partie de notre nature de zèbre, il nous est plus facile de commencer à percevoir les capacités qu’ils cachent et accepter d’apprendre à ‘piloter’ cet ensemble besoin/capacité.
Pour être certains de ne manquer aucun de nos articles, inscrivez-vous à notre mailing list.
Dominique
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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 13:43

Comment aider les personnalités surdouées ou précoces ?


Le terme “surdoué” et régulièrement aussi appelé « précoce », « haut potentiel » ou « HP » (pour « haut potentiel » et non pour hôpital psychiatrique ! Si vous vous intéressez au sujet, vous entendrez aussi les mots « zèbre », « sur efficients mentaux  » et moins souvent  “asynchrones” pour évoquer le fait d’être précoce ou surdoué. Ces appellations peuvent prêter à confusion, car elles font se représenter une personne ayant sauté des classes et avec des facilités scolaires. Etre surdoué ou précoce, c’est aussi, voir beaucoup … un handicap, une galère, comme je vais le décrire ci dessous. En effet, contrairement aux idées reçues, être surdoué ou précoce n’est pas, comme on le croit en général, qu’un cadeau, et toutes les personnes surdouées ne correspondent pas toutes à l’image d’Epinal d’une personne portant des lunettes rondes, studieuse, parlant plusieurs langues et aussi super doué en maths. Un surdoué à surtout une très mauvaise estime de lui et se voit plutôt totalement sous doué.

[size=40]Les personnalités précoces sont vite, et à tord, impressionnables[/size]



Ces personnalités ont une bonne mémoire car elles sont impressionnables. Le procédé de l’impression est de « marquer ». Elles sont donc plus vite touchées émotionnellement et plus profondément. Ce qui forcément, fait qu’elles mémorisent plus vite, leurs cours par exemple mais uniquement quand ils leurs plaisent, car tout passe pas l’affectif chez les surdoués, et donc aussi …. ce qui les a blessés. Et quand on sait que nos émotions nous aident, certes à mémoriser et réfléchir mais aussi, nous en empêche, lorsque celles-ci sont négatives et surtout trop fortes au point de nous paralyser, de nous bloquer, de nous empêcher de prendre des initiatives, on comprend alors mieux que ça n’est pas si génial d’être surdoué, car cela signifie qu’on se souvient de ce qui nous à blessé longtemps et que comme nous ressentons tout plus forts, on gros on en prend plein la figure, et ce pour pas un rond … Vous êtes précoces, vous avez du talent, du mérite, car vous en avez bavé jusqu’à présent vu que le système scolaire en france est totalement à refaire et basé uniquement sur l’intelligence ou la sensibilité mathématique et linguistique, alors qu’il y à en tout 8 formes d’intelligence et de sensibilité, car pour ma part, je ne distingue plus les deux, vu que nos 5 sens (le mot « sens » et lié au mot « sensibilité », vous me suivez ? )  interviennent dans nos processus de mémorisation et d’apprentissage : toutes les informations dont nous sommes bombardés continuellement à longueur de journée, surtout quand on sensible et impressionnables, proviennent de nos 5 sens. Nous communiquons avec l’extérieur avec ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce que nous sentons, ce que nous goutons, et ce que nous touchons. Dites vous que personne n’a à vous impressionner : vous êtes plein de bons sens, vous êtes imaginatif, vous êtes un bon observateur, ou une bonne observatrice et vous avez souvent de bonnes idées, bien plus que les personnes qui nous gouvernent ! Pour ceux d’entre vous qui veulent en savoir plus sur le système scolaire qui peut mettrent en échec les personnalités précoces et surdouées c’est par ici : faire de sa sensibilité un atout.

[size=40]Les personnalités surdouées ou précoces et l’insatisfaction[/size]



Les personnalités surdouées sont souvent dans l’insatisfaction chronique, d’où l’utilité de les aider faire de ce manque de satisfaction (cf. les Stones  : i can’t get not, satisfaction … ), un moteur pour créer et se dépasser, ce qui leur évitera des épisodes dépressifs, d’avoir des idées très noires, voir suicidaires, car l’insatisfaction chronique est la voix royale vers la dépression. Les professionnels du corps médical ne sont souvent pas spécialisés dans les personnalités précoces, par conséquent, souvent ils ne comprennent pas les élans d’idéalisme et de découragement rapides que peuvent vivre les surdoués, ou précoce ou haut potentiel, ou zèbre, peut importe l’appelation, ainsi que leur ligne du temps complètement accélérée qui génère entre autre, leur insatisfaction. Ce manque de connaissance, fait que souvent les personnalités précoces ou surdouées vont être classées dans les catégories des personnalités bipolaires, maniaco-dépressifs ou dépressives, ou hyper thymiques, ou encore hyper actif, ou sujettes aux dépressions réactives. Ceci dit, quand on sait que les robots vont remplacer quantité de métier, quand on ne sait plus quoi manger, pour éviter un cancer : Pierre Rabi, créateur de l’association écologiques Les Colibris, ne nous souhaite pas « bon appétit », mais « bon courage » et il à bien raison, quand on constate qu’ un travail est en train de devenir un luxe, vu que le pourcentage de la population active baisse proportionnellement au chômage qui progresse à vitesse grand V , que 70 % des personnes âgées meurent à l’hôpital, que si le commerce de l’ivoire ne cesse pas, dans 5 ans il n’y aura plus d’éléphants, sauf ceux dans les zoos, et je ne parle même pas des ours polaires, bref, on réalise qu’il y à beaucoup, beaucoup, d’injustice et d’inepties dans ce système, et qu’il y a de quoi, quand on est sensible à la cause humaine, et au patrimoine naturel, à ressentir du dégout, de l’impuissance, et se demander ce qu’on fait sur terre. D’ou leur sentiment d’insatisfaction, mais pas uniquement : si vous m’avez lu jusque là, c’est que vous êtes aussi insatiables, vous avez envie d’apprendre, de protéger et d’agir.

[size=40]Les personnalités précoces et les dépendances[/size]



Il y à tellement à dire sur les personnalités surdouées ou précoces et le surdouement que ce sera l’object d’un article à part entière. En attendant, ci dessous une liste non exhaustive de personnes et il y en a tant d’autres très talentueuses qui étaient dépendante à des addictions.
Tennessee Williams
Kurt Cobain
Edgar Allen Po
Serge Gainsbourg
Edgar Allen Po
Amy Winehouse
Beethoven,
Charles Baudelaire,
Aldous Huxley
Dostoievski
Ernest Hemingway
John Steinbeck

[size=32]L’hyperesthésie des personnes précoces ou surdouées qui se croient sous douées[/size]




ZÈBRES, HAUT POTENTIEL, SUR EFFICIENT MENTAUX, PRÉCOCES.

L’hyperesthésie, est une hyper sensibilité des cinq sens. Nos informations nous parviennent par nos sens. Ces derniers nous fournissent en permanence des informations. Les personnalités surdouées ont par conséquent leur cinq sens hyper développés, et sont donc en permanence assaillis d’informations : changement de température, modification de l’intensité de luminosité, changeur d’humeur discret de leur interlocuteur, une écoute qui peut distinguer les différents instruments, l’oreille absolue, distinction des saveurs différentes dans les plats (gourmets), mais aussi dans les parfums, de par leur odorat très développés. Du fait de leur hyper esthésie, les surefficients mentaux vivent les évènements de leur vie avec une plus forte intensité que les personnalités qu’on appelle NP, pour normaux pensants. A tel point que les personnalités précoces ont du mal à faire abstraction de ce qu’ils perçoivent. De même, leur sensorialité, c’est à dire les capacités de leur sens sont impressionnante mais là aussi peuvent être lourdingues au quotidien : pour ma part, je peux ressentir les variations de températures dans une pièce, au degré près. Donc au lieu de travailler dans un bureau extérieur, comme lorsque je t’étais salariée, j’ai fait le choix d’avoir mon bureau chez moi, ainsi je peux me changer autant de fois que j’ai chaud, ou froid. Travaillant à l’extérieur, je devais toujours avoir un tee shirt ou un pull au cas ou la température, au bureau dans la boite ou j’étais salariée, montait ou descendait suivant celle de l’extérieur, ce qui est très pratique quand vous souhaitez être élégante et porter des robes par exemple … Je ressens cela aussi, un degré de plus ou de moins dans mon sommeil, nul besoin qu’il fasse très chaud, et cela me réveille, quand on à du mal à se rendormir ça devient vite pénible, à moins d’avoir une clim !

[size=32]Les gens surdoués sont susceptibles …si si …[/size]



Susceptibilité exacerbée : « susceptible moi ? pas du tout ! » Ces personnalités peuvent donc être blessés facilement et ont du mal à supporter les reproches et encore plus la moquerie. Cependant, à cause de leur différence, les personnalités sur efficientes ont souvent une faible estime d’elles même, car leurs difficultés à accepter l’imperfection (la leur et celle de la vie en général) les empêchent de valider leurs réussites. Leur système de pensée avide de liberté et naïf, diffère des autres types de personnalité et les rend sujettes aux railleries et à l’incompréhension de la part des autres, la société n’aimant pas la différence, sauf lorsque cette différence vous rend connue, telle les stars, tel le designer Stark, surdoué. Veillez donc à les ménager et à leur apprendre à ne pas prendre pour eux, ou contre eux, la parole des autres. La communication non violente leur sera d’un grand secours et leur permettra de prendre du recul vis à vis de leur émotions si fortes.

[size=32]La perception des ADD, attention deficit desorder, en francais, TDA, troubles de l’attention, qui se croient nullissimes[/size]



La finesse de perception des personnes aussi classées dans la catégorie TDA, ou TDAH : trouble de l’attention hyper active, alors que la catégorie dans laquelle elles devraient être selon moi est HUMAIN, et leur instinct de perfectibilité leur donne un oeil, le sens du détail, d’où leur sens de l’observation mais aussi leur sens critique et surtout auto critique. Ils peuvent passer pour des perfectionnistes et le sont au point parfois, de ne pas oser se lancer par peur de ne pas faire les choses correctement. Comme elles ont une bonne mémoire, les personnalités sur-efficientes, ADD, TDA, j’en passe et des meilleures, sont avides de précisions. Elles peuvent chipoter pour des inexactitudes. Donc en tant que professionnel ou parents, il est important nous l’avons vu de les encourager à être créatifs, mais aussi à développer leur souplesse, à baisser leur exigence, et s’adapter à l’autre.
Une ouïe plus sensible aux sons graves et loin, que ceux aigus et devant eux, comme par exemple : les sons dans la cuisine qui va gêner leur écoute de la TV, ne les jugez pas, mais prenez conscience de l’enfer sonore qu’ils peuvent vivre. Dépossédé d’un système d’inhibition latente : un sélecteur automatique qui zappe de manière automatique et inconsciente ce qui ne l’intéresse pas, tel un bruit de marteau piqueur, d’ou le fait que parfois les SM (sur efficients mentaux, à ne pas confondre avec sado maso !) pètent un câble, car ça leur rend leur vie très fatigante, puisque ils doivent gérer les petits détails, les brouhahas, les odeurs, etc. Ils peuvent être vite envahis, voire épuisés, par leur sens aiguisés.

[size=32]L’art et la personnalité précoce et haut potentiel[/size]



C R E A T I V I T E : il est capital de nourrir leur besoin de créer et d’avoir des réponses, leur besoin de nourriture émotionnelle et de nourriture intellectuelle. Pour qu’ils arrivent à créer, aider les à ne pas se juger, ni juger leur créations. Leur imagination est fertile voire débordante. Par conséquent, être précoce c’est aussi vite se prendre la tête sur tout, avoir l’art et la manière de tout dramatiser. Etre précoce, surdoué, haut potentiel, c’est avec « l’art de se faire des films catastrophes », s’inquiéter à longueur de temps, on comprend mieux pourquoi dans ce cas, la vie peut vite devenir un enfer hein ? Films, qu’ils peuvent faire très bien, au demeurant, une fois adulte, tel Woody Allen, aussi musicien qui reconnait être hyper angoissé. De même, ils peuvent avoir l’oreille absolue, c’est à dire apprendre un instrument de musique sans connaitre le solfège. Combien d’artistes précoces, car précurseurs sur leur temps, avant-gardistes, novateurs, se sont suicidés ? Van Gogh, par exemple, qui ne fut reconnu et célèbre qu’après sa mort, pour n’en citer qu’un.

[size=32]Surdouement et précocité sont synonyme d’anxiété[/size]



Cette anxiété leur joue des tours, parfois d’ailleurs en leur faisant mal interpréter les ressentis où les paroles d’une personne, ou encore d’une situation. Il est bienvenu de les aider à être plus objectives et sereines, le peu de fois ou ils ne le sont pas, car s’il y a bien des personnes, qui, même en dépression sont encore hyper compétentes, ce sont elles, seulement de leur point de vue, elles sont leur nullissimes, se sachant pouvoir être bien plus compétentes. Dites leur que vous n’en demandez pas autant. Les personnalités surdouées ont besoin de comprendre et de maitriser afin de toujours contrôler, ça les rassure. Il ne faut pas s’étonner, ni se lasser de leurs multiples questions. Cela prouve qu’ils s’intéressent aux choses ainsi qu’aux gens, à tout en fait ! Leur imagination, associée à leur exigence envers leur capacités et moralité, ainsi que leur doutes quasi permanents font qu’ils sont anxieux, mais aussi très souvent créatifs, et avec un gout certain.

[size=32]Qui dit surdoué et précoce dit aussi sensibilité, on peut même parler hypersensibilité en général et au stress[/size]



En situation de stress, les personnalités surdouées sont plus facilement agressées par le flot d’informations stressantes qui parviennent à leur sens, jusqu’à avoir le mental qui se déconnecte totalement parfois, ou encore « une mémoire de deux secondes, soit de Némo le poisson rouge ». Pour les surdoués qui, quand ils sont en forme, ont une bonne mémoire, c’est alors que les choses se complique, car l’émotion va alors prendre le pas sur le raisonnement. De ce fait, leur capacité à raisonner est mis totalement déconnectée, laissant échapper des actes ou des mots qu’ils pourront regretter par la suite. Et cela n’arrange pas la piètre image qu’ils ont d’eux même : ils se trouvent déjà stupides et maladroits.

[size=32]Surdoué, précoce = idéaliste[/size]



Leur idéalisme et le décalage avec la majorité des gens les font souffrir. Tout en étant réalistes, les surdoués ou précoces sont sur le plan sentimental d’une naïveté confondante. En effet, ils sont vrais ils sont bienveillants, emphatiques, gentils, de vraies mères Thérèse ou St Bernard, qui doivent apprendre à se protéger et à accepter qu’on ne peut pas aider une personne qui ne veut pas qu’on l’aide.

[size=32]Un surdoué en souffrance peut tomber dans le cynisme[/size]



Un surdoué peut tomber dans une fondrière de cynisme, une fois qu’il aura compris sa naïveté et combien on a abusé de lui et ce depuis longtemps. Se sentant rejetés et abandonnés, les surdoués recherchent l’agrément de leurs pairs, ce pourquoi ils ont beaucoup de mal à dire non. Avec un système de valeurs en béton armé, ils sont entiers, extrêmes et donc forcément déçus par les autres, tellement eux s’impliquent à fond dans leur activité professionnelle, avec leur partenaire, alors que les autres types de personnalités peuvent être moins passionnés, plus modérés. Il faudra leur apprendre que ca n’est pas parce qu’on en fait moins, qu’on ne s’intéresse pas à son travail, à son ou sa partenaire, et qu’ils peuvent d’ailleurs moins s’en demander et moins en demander aux autres aussi t’en qu’à faire, à plus laisser couler, lâcher prise …

[size=40]Dans le cerveau d’un surdoué[/size]



Lorsque leur cerveau fonctionne à plein régime, qu’il est occupé avec un nombre de données important, les surefficients mentaux ressentent beaucoup de plaisir. Tant qu’il y a du grain à moudre, tout va bien. Il est capital de veiller à ce que ce soit le cas car ils sont facilement sujets à la déprime lors d’un passage à vide. Ils tombent alors dans des questionnements et ruminations stériles produits par leur cerveau qui ne leur donne pas de répit, et qui a besoin de penser sans arrêt. Pour faire face à cette anorexie mentale, les surefficients doivent sans cesse alimenter leurs capacités mentales avec des apprentissages, des projets à réaliser ou encore des défis à relever, veiller à ce qu’ils aient « leur dose » de projets et de domaines à découvrir.
Leur façon de penser fonctionne en arborescence pas linéaire, c’est à dire comme les liens, sur internet. Confrontés à un sujet de recherche, les surdoués, mais aussi handicapés ;-), aiment explorer sans retenue, à fond les ballons, quitte à tirer sur leur heure de sommeil, sommeil au demeurant fort fragile et capricieux. Ils sont avides de détails. Ils ont beaucoup de mal à rester confinés dans un domaine particulier puisque chaque idée en amène 10. Du coup, ils rechignent à faire le tri, et sont plutôt désorganisés : chez les cerveaux droit, la prise de décision est l’un ou l’autre : elle sera soit fulgurante, soit impossible.
Je vous ai parlé des différences de fonctionnement entre l’hémisphère gauche et l’hémisphère droit du cerveau dans un autre article, notamment du rôle de la partie droite du cerveau dans le processus créatif. Eh bien … le fonctionnement privilégié du cerveau droit viendrait d’un manque de présence paternelle dans la petite enfance, par exemple, c’était le cas de Leonard de Vinci, de David Desmet, un génie des mathématiques, qui voit les chiffres en couleur et avec des dégradés, et des brillances, des nuances mais qui souffre du symptôme d’Asperger.

[size=40]Les surdoués et les manipulateurs[/size]



Etant bienveillantes, vu que souffrir à cause de l’autre elle savent ce que ca signifie, les personnalités surdouées ont du mal à conceptualiser qu’une personne puisse être cruelle et/ou bêtes. Idéalistes, elle pardonneront et chercheront toujours le bien chez l’autre, et sont donc vulnérables aux personnes mal intentionnées. Les pervers narcissiques ou manipulateurs déviants étant des vides d’énergie, alors que les surefficients mentaux eux, regorgent d’énergie, ils en sont les victimes idéales et parfaites. Il leur sera secourable d’accepter que lorsqu’on prend un engagement, et que celui-ci ne correspond pas à ce qu’on attend, on a le droit de « démissionner », ou de choisir de se séparer d’une personne et de rompre une relation de harcèlement moral.
De même, admettre si vous vous sentez comme décrit plus haut, qu’il n’est plus nécessaire d’en faire des tonnes pour rendre l’autre (collègues, amis, boss, partenaire, enfant, parent) heureux, car chacun crée son bonheur et qu’on ne peut pas forcer quelqu’un à être heureux s’il ne le souhaite pas. Les personnalités surdouées débordent d’amour ainsi que du besoin de donner, leur carence affective et pas lié à un manqué mais un trop plein. D’ou le fait qu’elles sont souvent confrontées dans leur vie professionnelle ou affective, voir sont en couple, avec un pervers narcissique. En effet, au départ le manipulateur leur permet de se vider en donnant ce trop plein d’amour, jusqu’au moment où elles finissent par s’épuiser, vu qu’en face qu’il y a un tonneau des danaïdes. Donc exit les mères Térésa et autres Saints Bernard avec les manipulateurs ou les gens dans la geignarde attitude qui ne font que vous tirez vers le bas : quand une personne veut aller mieux, elle décide d’aller voir un psy. Je sais de quoi je parle ;-). Celui ci étant neutre, par rapport à un ami, ou un membre de sa famille, il pourra mieux l’aider, et lui même sera protéger par le cadre de la thérapie, alors que secourant des personnes qui vont mal, sans cadre (un horaire et un jour régulier dans la semaine, l’engagement, ainsi que le paiement des séances), on a, alors vite fait de se récupérer leur mal être, et la personne se motivera moins que si elle investit d’elle-même dans une thérapie.
A force de s’en prendre plein la tronche, les personnalités surdouées apprennent à se protéger en verrouillant leur spontanéité enfantine, ainsi que leur sincérité qui peut être une sincérité brutale et développant un faux self. C’est à dire que ce qu’ils font, ne correspond plus à ce qu’elles sont au fond d’elle même. Cela crée un vide identitaire qui les rend vulnérables aux manipulateurs qui aiment se positionner en : « je sais pour toi », « je vais m’en occuper pour toi » pour mieux pour vous rendre dépendants, et sont friands de personnalités et bienveillantes, sensibles, qu’ils vont pouvoir martyriser à souhait, pendant que leurs victimes le supportera pensant que forcément il/elle va changer, qu’il ne peut pas le faire exprès.

[size=40]La personnalité précoce dans la vie de tous les jours[/size]



Les personnalités précoces « connectées » tout le temps. Impossible pour elle de débrancher le secteur ! Les personnalités surdoués ou précoces sont connectés à tout : au climat dans lequel ils se trouvent, aux formes de la pièce où elles se trouvent, aux matériaux, aux couleurs du mobilier, ainsi qu’aux gens, c’est pourquoi ces personnes peuvent parfois se sentir mal, sans même savoir pourquoi. Dans ce cas, elles doivent se demander ce qu’elles ressentent précisément comme émotion, en pratiquant l‘intelligence émotionnelle, pour trouver et modifier si cela est possible, ce qui dans l’environnement les dérange. Si votre enfant est très éveillé et s’ennuie à l’école, il ne faut pas l’endormir avec de la ritaline mais éveiller sa curiosité ce que ne propose pas le système scolaire actuel.

[size=32]L’ hyper affectivité est une caractéristique des personnalités précoces[/size]



Alors qu’elles peuvent apparaitre comme farouches, car elles sont entières et se protègent, ces personnalités sont câlines, douces et en demandent d’affection profonde et authentique. Et là idem : veillez à ce que votre être cher ait son quota de tendresse pour être heureux (se). Concernant les informations qu’elles assimilent, tout passe par le cœur, ce qui fait qu’il ressentiront un manque d’intérêt et donc leurs résultats scolaires seront en baisse, inversement si le courant passe avec le prof car celui est empathique, alors le contenu des cours s’assimile tout seul. De même, dans un climat stressant, comme elles sont exigeantes envers elles mêmes, elles vont s’accrocher, mais souffrir du bruit, alors que dans un environnement chaleureux, calme et sécurisant, elles seront capables du meilleur, et hyper productives. C’est pourquoi, elles devront se sentir accueillies et se sentir bien avec leur thérapeute, encore plus que d’autres. Si elles l’apprécient elle progresseront vite et bien, mais le lien devra passer par l’affect.

[size=32]Hyper lucidité[/size]



Voire extra lucidité. Atteints du syndrome de Cassandre : les gens précoces ont une clairvoyance de par leur intuition et lucidité et déplorent de constater leur entourage, vivre ce qu’ils peuvent pressentir, et sont navrés que leur entourage ne les aient pas écouté quand ils leur ont confié leur pressentiment.

[size=32]Le Sentiment d’être différent[/size]



Ils se sentent différents depuis toujours, un ex : à la maternelle, car ils ne comprennent pas, par exemple, pourquoi ne trouvent ils pas, comme les autres enfants ou ados, que ce qu’on fait à l’école est chiant ? Vu qu’ils adorent apprendre, et que si en plus, ils aiment la maitresse, ou le prof, ça va rentrer tout seul ! Ils se sentent différents car leur entourage s’est bien chargé de le leur faire comprendre : ‘mais pourquoi tu as l’art de compliquer ce qui est simple », ‘tu nous soulent avec tes questions », ‘oui monsieur, je sais tout », etc.

[size=32]Les personnes précoces doutent[/size]



Les personnes précoces sont des usines a doute ! Elle ont une curiosité saine et pose beaucoup de questions car elles aiment les autres et s’intéressent aux autres, mais elles se posent aussi beaucoup trop de questions pour tout, tout le temps, ce qui fait que ça peut être handicapant pour elle pour choisir. La problématique du choix est récurrente chez les personnes précoces. De ce fait, leurs certitudes peuvent s’effondrer en une seconde, tel un château de sable. Et notamment leur certitude affective ce qui est violent pour leur partenaire affectif, qui peut ne rien y comprendre tellement elles sont dépendantes un jour, et indépendante affectivement un autre jour. Rassurez-les dans leur moments de doute mais ne les couvez pas trop non plus, car comme tout est accéléré chez elles, elles ressentent vite le manque, très vite mais elles font aussi vite le plein affectif. Elles se rechargent vite, et donc peuvent rapidement étouffer si vous ne leur laissez pas leur espace vital. ou mieux : faites-les accompagner par un professionnel lui même victime de précocité, au moins il saura, il comprendra, car il l’aura vécu le bon et le mauvais de la précocité, lui même dans sa propre chair, et je sais de quoi je parle. Il est important de les aider à avoir des certitudes sur lesquelles elles pourront s’appuyer, et notamment sur leur valeur, le fait qu’elles font bien les choses, qu’elles sont utiles, ainsi que sur leurs capacités, leur compétences. Si il y bien quelque chose d’exaspérant, c’est que ceux qui devraient douter, se remettre en question, ne doutent pas, alors que les personnalités précoces doutent d’elles mêmes et de tout, alors qu’elles ont souvent raison … et devraient plus souvent suivre leur intuition.

[size=32]Le relationnel d’une personne sur efficiente[/size]



Alors qu’elles mettent en place pour survivre des mécanismes de défense qui les font passer pour froides et insensibles, les personnalités surefficientes sont dotés d’une grande empathie car elles ressentent naturellement aisément les sentiments des autres, elles perçoivent avec leur petites antennes invisibles leur pensées.
L’hyper empathie, comme tout ce qui est « hyper » ou « extrême » finit bien évidement par être trop et par peser lourd sur les épaules : comme la personne empathique serait la première à souffrir du mal qu’elle ferait à autrui, elle est condamnée à la gentillesse et à prendre le malheur de la planète pour elle.
Ces éponges émotionnelles scannent tout, en permanence, sans le faire sciemment, ni le  vouloir et aimeraient que ça s’arrête, car à ce train là, on finit vite par se sentir envahi par les émotions et les informations. Par conséquent, leur laisser des moments pour elles, pendant lesquels ces personnalités pourront s’isoler et se ressourcer, est bienvenu. Cependant, elles ne doivent pas s’isoler trop longtemps : tout est une question de juste milieu chez elles : car elles passent vite du trop plein, au trop vide. Elles doivent apprendre par coeur, (ce qui leur est facile, puisque cette expression est faite pour elles, elles assimilent tout seul ce qu’elles aiment), le principe de l’homéopathie : « tout est poison, rien n’est poison, c’est une question de posologie ».

[size=32]Les personnalités précoces ont de l’humour, elles sont gaies, plein de vie[/size]



Les personnalités surdouées ont de l’humour à revendre ainsi que de l’auto dérision. A tel point, qu’une psychologue, Jeanne Sciaud Faccin, les surnomme les zèbres. En effet, ils sont drôles, tout comme cet animal est drôle par son aspect physique, avec ces rayures, mais surtout, car contrairement à l’autre équidé qu’est le cheval, un zèbre, tout comme un surdoué, n’est pas domesticable. Un surdoué recherche avant tout la liberté de pensée. Dans le monde actuel, la réflexion est réduite par la désinformation ainsi que la manipulation médiatique.

[size=32]Les surdoués et l’ennui[/size]



Ils s’ennuient très vite en compagnie des gens, ayant captés ce que voulait dire la personne en face avant qu’elle n’ait fini de parler. A l’école, ça peut être la même chose : leur résultats scolaires sont en baisse, car ils s’ennuient donc ils décrochent et rêvent car le rythme n’est pas assez soutenu et intensif pour eux. Si au lieu de faire redoubler certains enfants, ont leur faisaient sauter une classe, leurs résultats progresseraient.

[size=40]Récapitulatif : être épanoui lorsque l’on est surefficients mental/ personnalité à haut potentiel/ surdoué/ précoce[/size]




  • Revenir aux évidences, au bon sens, ils compliquent les choses, donc les aider à se simplifier la vie, faire une chose après l’autre, et à persévérer leur sera d’un grand secours.
  • Combler le vide identitaire en se connaissant mieux et s’acceptant tel que l’on est et en étant fier d’être différent.
  • Se regarder penser, ce qui permet de prendre du recul et d’en rire, car on voit qu’on se raconte des histoires, on s’auto manipule.
  • Dire stop aux doutes et questions en faisant régulièrement des choix et les assumer, quitte à se tromper, ca pourra être rattrapé plus tard, mais au moins la personnalité surdouée arrête de se prendre la tête et avance, au lieu de procrastiner.
  • Ayez toujours plusieurs projets en route, mais sans trop de stress. Les personnes surdouées ont besoin de vivre toujours en très léger surmenage, c’est donc une population à risque pour le burn out, ils récupèrent vite et bien de leur burn out, mais arriver à doser le degré de surmenage leur évitera ces burn out et épisodes dépressifs.
  • Les surefficients mentaux ont une énergie hors du commun, notamment une capacité de production et de rapidité hors du commun. Ils devront apprendre à ne pas juger ceux qui n’ont pas autant d’énergie et de capacité de production qu’eux, sans se sentir seul pour autant.
  • Ils ont besoin de s’amuser, de décompresser, puis vont travailler très vite, c’est normal.
  • Souvent dormant mal et peu, ils souffrent d’un déficit en sérotonine que le sport très régulier leur permettra de sécréter, tout en les aidant à se dépenser de leur trop plein d’énergie pour qu’ils puissent mieux dormir étant épuisés.
  • Ils doivent être entourés d’esthétisme, d’art, et de créativité. Ca n’est pas un caprice, ni du luxe, c’est un besoin pour leur équilibre. La médiocrité et la laideur les atteignent jusqu’à la dépression.
  • Ils ont besoin d’amour et d’affection, en s’autorisant à donner de l’amour partout où il est possible d’en donner, ils étoufferont moins leur partenaire qui risque de saturer sinon intellectuellement, émotionnellement et physiquement.
  • Les surdoués éviteront les dépressions à répétition en acceptant leur différence et que ça peut aussi être bien de ne pas faire parti du troupeau et en sachant se préserver et se défendre lorsqu’on les attaque sur ce terrain.
  • Il est bien venu de leur raconter le conte du vilain petit canard, car une fois qu’ils ont comblés leur vide identitaire en sachant ce qu’ils sont, en s’appréciant, s’estimant, ils pulsent et sont très bien dans leur peau et je sais de quoi je parle, j’ai du faire une longue démarche d’appréciation de ma différence pour en arriver là où je suis aujourd’hui : confidence d’une personne précoce qui se croyait nulle.


 

[size=40]Autre article sur les surdoués ou précoces :[/size]



Comment vivre avec un(e) partenaire surdoué(e)
Confessions d’une psy : on peut être surdoué ou précoce et survivre
http://www.coachplanet.net/surdoue/comment-aider-les-personnalites-surdouees-ou-precoces

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 13:45

fondrière de cynisme,


fondrière ou demain, là est la question !

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 13:45

Comment s’endormir quand on pense trop ? (2)


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Comment s’endormir quand on pense trop ? (2)



Difficile de s’endormir la nuit car votre activité cérébrale refuse de se calmer et reste en ébullition ?
Le réflexe habituel « il faut que je dorme, il faut que je dorme, il faut que je dorme… », en boucle et avec une voix intérieure bien stressée, n’est de toute évidence pas la solution et à même plutôt l’effet inverse.
Pourtant ce sommeil réparateur, nous en avons besoin : les chercheurs ont montrés que bien dormir permet de contrôler ses pulsions, prendre de meilleures décisions, nous rend moins sujets aux maladies, permet une plus grande récupération musculaire et même une meilleure digestion…
Vous avez sans doute lu le premier article de Dominique dédié à ce sujet, sinon vous pouvez aller ici. (lien)
Pour un meilleur résultat, nos méthodes combinent souvent hypnose ou sophrologie et énergétique. Nous les utilisons souvent en synergie mais ici, je vais vous les présenter une par une, en une sélection spéciale Zèbre. A vous de choisir ce qui vous convient et de procéder aux mélanges qui vous conviennent.
Chaque méthode a son point de vue, ses outils, son style.
Respirer par le ventre permet une meilleure oxygénation du corps et est la plus naturelle. Regardez un enfant allongé respirer… Certains médecins vont même jusqu’à dire qu’une bonne respiration abdominale pendant 10 minutes équivaut à 2 heures de sommeil ! L’idée étant tout de même de dormir, voici nos suggestions :
1 – Cet exercice de Pranayama (yoga indien de la respiration, méthode éprouvée depuis probablement plus de 5000 ans).
Allongé sur le lit, le dos bien collé au lit (pas cambré), langue touchant souplement le palais derrière les dents du haut, commencez par vider l’air. Puis, vous inspirez par le nez en gonflant naturellement le ventre durant 4 temps. Vous allez garder l’air 6, 7 ou 8 temps en descendant celui-ci dans le ventre. Bien entendu, ce sera une impression, une imagination, mais celle-ci guide l’air vers la partie la plus basse des poumons ce permet une respiration plus complète. Puis, soufflez puissamment durant 8 temps par la bouche en faisant un bruit légèrement sifflant (par comparaison avec le bruit d’une expiration par la bouche habituelle). Par ‘temps’, nous voulons dire une unité de temps qui vous convient et qui n’est pas forcément équivalant à une seconde, en tous cas au début. Il faut que ce soit confortable.
Récemment, le Dr. Andrew Weil, M.D. un des principaux participant à l’établissement de la médecine intégrative aux USA a conduit des études scientifiques sur les cycles respiratoires à fréquences fixes. Une de ces études montre que la respiration 4-7-8, c’est-à-dire 4 temps d’inspir pour 7 temps de rétention et 8 temps d’expir – avait un effet hyper calmant sur les circuits neuronaux, amenant rapidement les sujets vers un bon sommeil profond et récupérateur. Bien sur, les temps sont à adapter en fonction de chaque individu et encore une fois de sa capacité respiratoire. C’est pourquoi nous vous laissons choisir le temps de rétention. Certaines personnes apprécient de rester un peu ‘à vide’ avant de ré-inspirer : faites ce qui vous est dicté par votre ressenti.
Après quelques cycles de cette respiration, le sommeil trouvera sa place naturellement et efficacement. Et si vous vous réveillez dans la nuit, c’est aussi une méthode parfaite pour vous rendormir rapidement.
Dans l’expérience du Dr Weil, les sujets faisaient cette respiration 4 cycles inspir-rétention-expir, 2 fois par jour. Après un mois de pratique, des changements physiologiques bénéfiques importants sont apparus comme une baisse du rythme cardiaque, une baisse de la tension artérielle, une meilleure digestion, un effet anti-anxiogène plus puissant que les médicaments donnés contre l’anxiété.
2 – Si vous bénéficiez d’un peu de temps avant de sombrer dans les bras de Morphée, vous pouvez aussi à ce moment augmenter votre présence à votre corps, en utilisant les respirations de l’exercice précédent. Ensuite, vous pouvez apprendre à votre corps à détendre chaque muscle, quasiment un par un, en rentrant à l’intérieur de chacun de vos membres et en les imaginants plus détendus, relaxés. C’est un exercice inspiré de la sophrologie, que vous pouvez utiliser comme introduction à l’exercice suivant.
3 – Méthode PNL du ‘as if’: Faites ‘comme si’ vous dormiez. Observez la respiration particulière qui a pris place dans votre corps. Comme un acteur, prenez les mêmes rythmes internes qu’une personne proche du sommeil. Encore mieux, vous pouvez imaginer ce qu’un observateur verrait en vous voyant ainsi dormir, en même temps que vous, de l’intérieur, vous ressentez votre corps différemment. Peut-être il s’allège ou s’alourdît, ou les deux en même temps et la température change.
4 – Méthode hypnotique du Zèbre rêveur :
Une fois couché, faire 5 grandes respirations, puis se préparer au décollage… Sans plus vous soucier de vous endormir, commencez à construire votre premier rêve de la nuit en peignant un paysage, en visualisant un lieu. Y ajouter les sons et les sensations de votre corps comme si vous y étiez. Au bout d’un moment, passez les rênes à votre inconscient pour qu’il complète votre rêve… Demandez-lui des précisions, des détails visuels ou auditifs comme la couleur des tissus portés par les personnages, la luminosité de cette heure de la journée, la musicalité de la langue, mais également des sensation comme le murmure du vent, la température de l’air, la sensation de la texture de ce que vous portez… plus vous demandez de détails, plus vous en aurez. Continuez jusqu’à ce que les détails, les ajouts viennent automatiquement, instantanément, avant même de les demander. Puis, avec une pincée de curiosité, rentrez dedans, associez-vous complètement à l’intérieur du rêve et laissez les manettes du démiurge à votre inconscient.
A ce moment là, vous êtes déjà aux portes du sommeil. L’idée est tout simplement d’utiliser toute votre capacité de pensée rapide, précise, complexe et concentré pour alimenter l’imaginaire du sommeil. Ça donne des rêves fantastiques ! Souvent en séries et d’une plus grande clarté que d’ordinaire.
PS : je conseille fortement d’avoir toujours un stylo et un cahier à proximité du lit pour pouvoir facilement écrire car il y a très souvent des choses intéressantes qui se passent pendant la nuit.
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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 13:46

Comment vivre avec un ou une surdoué(e)


Pour la majorité des gens, un ou une surdoué(e) est une personne ayant un quotient intellectuel très au-dessus de la moyenne et qui réussit tout. Cette image est fausse ! Pour faire court, le QI moyen est évalué à 100 quand une personne surdouée, est au-delà de 130. On parle d’une personne « surdouée » ou encore d’une personne à « haut potentiel » pour signifier que ce n’est pas tant les actes en eux mêmes qui importent mais leurs potentiels à les réaliser. Et voici justement pourquoi l’image de la personne ultra douée qui réussit tout est un faux cliché : ce sont avant tout des personnes exigeantes. Les personnes surdouées le sont surtout envers elles-mêmes, et se mettent une telle pression que parfois elles pensent mais n’agissent pas, ce qui entraine de réels problèmes relationnels avec les autres. Les surdoués représenteraient, un peu plus de 2% de la population. Mais comme tous ne passent pas des tests et que ceux-ci stressent énormément certains types de surdoués qui peuvent les foirer complètement, ils ne sont pas représentatifs. Surtout que les surdoués en souffrance ne viennent pas tous consulter. Personnellement, je pense qu’il y en a plus.

[size=40]Qu’est-ce qu’une personne surdouée ?[/size]



Si la personne surdouée a un haut potentiel, elle ne sera pas forcément en mesure de le développer et de se réaliser pleinement; notamment dans sa vie personnelle. Déjà, parce ce que les personnes surdouées sont à l’image des autres, à savoir que : un tiers des personnes surdouées est en échec, un autre tiers est dans la moyenne, et seulement un tiers (en effet) pense, ressent, agit vite et est très douée dans son domaine. Elles sont modestes, se trouvent nulles, sont hyper critiques et se dévalorisent, ce qui ne rend pas leur relation avec elle-même et les autres aisée. Et à moins qu’elles aient fait un travail sur elle-même, elles peuvent vite se sentir mal dans leur peau et pas à leur place dans cette société.

[size=40]Ce que ressent l’autre, dans une relation avec un(e) partenaire surdoué(e) ?[/size]



Un(e) surdoué(e) est complexe, et difficile à cerner. Il/elle peut donner l’image d’être parfaitement autosuffisant(e). Le ou la partenaire d’une personne surdouée peut ressentir que la personne surdouée n’a pas besoin de lui (d’elle) si ce n’est le temps d’en faire le tour, de le ou la comprendre, pour nourrir son besoin de compréhension, car les personnes surdouées adorent découvrir, analyser, décortiquer, comprendre, rationaliser, puis se lassent vite. Elles aiment être stimulées, mais ont aussi besoin de calme. Donc un partenaire réactif leur est capital. Elles aiment les personnes qui captent, et assimilent vite, mais pas ultras dynamiques, car elles s’épuiseront. Les surdoués sont très observateurs. Ils ou elles n’ont pas des yeux, mais un scanner. Ils ou elles n’ont pas d’oreilles, mais un radar ! Donc il vaut mieux que leur partenaire ne soit pas susceptible, car elles voient tout de suite les défauts ou axes d’améliorations et souvent les disent, car pour elles chacun peut se prendre en main et s’améliorer. Leur partenaire pourra donc leur dire qu’il n’a pas leur capacité d’adaptation et se faire respecter en posant des limites. En effet, la personne surdouée pourra sans s’en rendre compte les pousser. Cependant, si on les lui indique, elle pourra rectifier le tir car les surdoués sont bienveillants. Un(e) surdoué(e) gérant plusieurs choses en même temps, assimilant vite et trouvant souvent, par elle-même, les solutions et les réponses, il vaut mieux que le partenaire ne se sente pas complexé sur le plan intellectuel. Par ailleurs, si le(la) partenaire surdoué(e) ne peut pas ralentir sa vitesse de compréhension et d’assimilation, il/elle ne cherche absolument pas à générer des complexes : il ou elle va juste à son rythme. De son côté, la personne surdouée devra apprendre à développer de la patience, de la tolérance et de la bienveillance, vis à vis du fait que les gens ne « captent », ne « pigent », et « ne sentent » pas aussi vite qu’elle, au risque sinon de ressentir de la solitude. Ils ont du mal à comprendre que les autres ne s’adaptent pas aussi vite qu’eux et ne trouvent pas toujours le bon côté des choses (quand ils vont bien, pas quand ils sont en mode déprime ou tout est noir), et des solutions rapides et concrètes. 
De même, le ou la partenaire peut se sentir inutile ou se dire que son (ou sa) partenaire surdoué(e) va rapidement s’ennuyer. Il ne faut pas s’y fier. C’est juste que la personne surdouée a besoin d’être amadouée. Les personnes surdouées le sont (surdouées) car elles sont très sensibles, même si elles se sont construites un faux self dont je parlerai plus loin et qui les fait passer pour tout le contraire : insensible et hyper rationnel(le). Etant très sensibles elles sont farouches et ont donc besoin d’être rassurées et de se sentir en sécurité. Par contre, les personnes surdouées ne sont pas des plus sécurisantes pour leur partenaire, pouvant être sujettes à des accès d’anxiété, de déprime ou de colère. Elles vivent en effet mal l’injustice et sont « vraies ». Elles ne trichent pas, ne mentent pas, et peuvent donc s’exprimer avec une vérité brutale. Ces personnalités sont extrêmes: elles sont donc extrêmement douces mais peuvent être aussi violentes. Le ou la partenaire ne doit donc pas être en recherche de calme plat, mais aimer une personnalité plutôt passionnée et engagée dans ce qu’elle fait. Aussi le partenaire ; s’il n’est pas à la hauteur de leurs attentes intellectuelles, et s’il n’a pas la capacité de prendre rapidement des initiatives, comme eux en sont capable, sera perçu comme un frein. De ce fait, le ou la partenaire d’une personne surdouée peut se sentir en danger, et en insécurité. Comme tout être humain elle a bien entendu besoin des autres, d’amour, de partage, et n’est pas autosuffisante. Mais son engagement à ses causes professionnelles ou personnelles ne l’aide pas à tisser de l’intimité : ces personnalités ont un grand besoin de temps pour eux, étant hyperactif(ve)s, intellectuellement très productives et souvent créatives. Elles ne laissent que peu de place à l’affect, dont elles ont pourtant grand besoin. Leur partenaire pourra les inciter à se ménager et à faire de la place pour de l’intimité dans leur vie. Les personnalités surdouées sont dynamiques et actives, aussi vivre à leur côté demande de l’énergie. Cependant, cela a aussi un avantage : ce sont des personnes motivantes. Leur joie de vivre et d’entreprendre est dynamisante. Par contre elles n’aiment pas les contraintes: leur imposer par exemple une vie de famille plan plan, des réunions familiales ou autres, sera vécu comme une contrainte. Par conséquent, un partenaire dont les valeurs sont le respect des protocoles risquent de souffrir.

[size=40]Ci-dessous le témoignage d’un homme en couple avec une partenaire surdouée[/size]



Ma partenaire est autonome, libre, créative et indépendante. Le fait qu’elle ne se sente pas redevable, ni contrainte me plait. Ma partenaire m’ouvre son amour pour la seule raison qu’elle m’apprécie, et pas parce qu’elle veut que je lui fasse la cour, l’invite au resto, soit son chauffeur avec ma voiture,  ou autre. Je trouve ça plutôt « cool ». C’est ce qui m’a plu en elle : elle est authentique et elle s’est positionnée clairement vis-à-vis de moi : c’est ma femme, pas ma mère, ni une femme enfant. Pour moi c’est valorisant car elle m’a choisi et m’aime pour moi, :c’est à dire pour ce que je suis et non pour ce que je pourrais lui apporter, ou ce qu’elle pourrait projeter d’elle en moi.
C’est une femme autonome financièrement et intellectuellement. Elle est forte, tendre, sans complaisance, diplomate ou rebelle suivant comment elle souhaite se positionner. Elle dit d’ailleurs que la vie est un grand théâtre, tout en étant pourtant sérieuse. Elle est affirmée, et parfois j’ai l’impression de vivre avec une substance inflammable. Comme j’ai la capacité de désamorcer les conflits, quand elle rue dans les brancards, comme je reste calme et rationnel, elle redescend tout de suite en pression. Ce qui l’a rend dingue c’est d’étre déçue, car au fond, c’est une idéaliste. Sa complexité fait son charme. Sa valeur de liberté de son temps est forte. Elle n’accepte pas qu’on lui impose quoi que ce soit: que ça soit un rythme ou une manière de penser. Elle pense donc par elle-même, et n’a besoin ni d’un mentor, ni d’un papa, ni de me materner. Elle aime improviser. Si les choses sont trop programmées à l’avance, elles perdent de la saveur pour elle. J’ai compris que ça serait à moi de m’adapter parce qu’elle ne le ferait pas. On dit des personnes surdouées que ce sont des zèbres, car contrairement à l’autre équidé, leur cousin, le cheval, le zèbre a développé une astuce génétique qui lui permet d’échapper aux mouches : ses rayures. Et parce que tout comme un zèbre ne peut être domestiqué, une personne surdouée préférera mourir que de perdre sa liberté de pensées et de mouvements. On ne peut pas les acheter. Physiquement, les regards de ma partenaire sont d’une sensibilité à fleur de peau. Elle a une profondeur d’âme. Alors que mes premiers mots, lors de notre première rencontre, étaient vides et très inappropriés, elle n’a pas sourcillé ; du moins sur l’instant, et faisait abstraction des mots pour ressentir mes maux. Elle ne m’a pas jugé sur ma maladresse et a réussi au contraire à  percevoir ma profondeur que je cachais; par une pudeur exessive, en affichant une attitude très virile, qui en  avait fait fuir plus d’un, et qui n’est pas moi. C’est un peu comme si elle ressentait des choses qui ne sont pas dites, comme si elle avait un sixième sens, à l’instar de certains animaux C’est une femme qui s’intéresse au monde, qui réfléchit, ce qui est stimulant car nous avons des échanges intéressants. Sa motivation pour ses projets me stimule, ainsi que sa créativité. Car elle écrit bien, et fait de magnifiques portraits en photo. Elle sait clairement ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas. Finalement je trouve ça plus facile qu’avec d’autres femmes qui attendaient que je devine leur besoin ou leur désir. Elle me fait penser à un diamant brut. Comme elle n’a plus 20 ans, elle a appris à canaliser son altruisme, le don de soi, et à affirmer ses besoins sans concession. Ce qu’elle ne faisait pas avec ses précédents partenaires qui l’ont faite souffrir. Je suis toujours impressionné par sa mémoire, et le fait qu’elle trouve le mot que je cherche pour finir ma phrase. Son hyper sensitivité (ses sens sont tous à l’affut et enregistrent tout) et son hyper réactivité font qu’elle peut parfois vite s’agacer de ne pas avoir une réponse directe à son attente du moment. J’ai constaté son exigence envers elle-même, et envers moi, ce qui me pousse à me surpasser. Et comme elle a bon fond, quand je me plante, elle ne me juge pas mais m’encourage. Elle a une acuité impressionnante sur tout, et encore plus vis à vis des situations de danger. Elle attend alors de moi que je tienne mon rôle à ce moment-là, car elle peut vite passer d’un self-contrôle impressionnant  à un état de panique, de colère, voir de rage, pour un manque de politesse ou de respect de la part de quelqu’un. Elle réagira de même s’agissant d’une injustice (envers des causes qui lui tiennent à cœur : le respect des personnes plus faibles, le respect de la planète, de sa faune et de sa flore). Et comme un animal (un chat…), elle peut être brutale par moments, et très délicate à d’autres. Elle est charnelle et sensuelle. Elle est très sensible aux odeurs, et ne peut pas ne pas porter de parfum. De ce fait, ma partenaire me montre son amour par ses sens. Elle me le fait sentir plutôt qu’elle ne me le dit. Je ressens qu’elle a un besoin viscéral de moi, et c’est agréable !

[size=32]Comment avez-vous vécu l’hypersensibilité de votre partenaire ?[/size]



S’agissant du côté hyper sensible de ma partenaire surdouée, qui l’a rend affirmée et farouche, je lui ai dit de lâcher le faux self, afin qu’elle soit vraie avec moi. Elle s’autorise donc à me montrer son hyper sensibilité, ce qui est beaucoup plus simple et agréable pour elle que de la cacher. Elle ne se sent pas ainsi jugée d’être aussi sensible.  Je pense qu’elle était beaucoup plus torturée étant jeune. Et comme elle a maintenant une activité ou elle s’occupe des autres, elle se sent utile dans ce monde qu’elle essaie de toute ses forces d’apaiser à son petit niveau. Cette hypersensibilité peut la faire se focaliser et s’énerver sur une chose, en apparence futile, mais qui va prendre des proportions disproportionnées pour elle. Elle ne se noie alors plus dans un verre d’eau, mais dans une goutte d’eau. Au début je ne savais pas trop comment appréhender et gérer une si grande sensibilité. Le fait est que je suis quelqu’un de cool, de calme, de tempéré, que je l’aime, et que je ne veux donc en aucun cas l’empêcher d’être elle-même et d’exprimer cette hypersensibilité qui fait partie d’elle. Surtout que je sens que ce fut longtemps le cas et qu’elle en a beaucoup souffert par le passé. En fait, comme elle est ouverte au dialogue et qu’elle m’explique comment elle ressent les choses, ça m’aide. Elle est directement connectée à ses émotions et j’ai compris que c’est à la fois un avantage et un inconvénient. Je suis d’ailleurs impressionné par sa capacité à mettre des mots sur ses ressentis, ainsi que sur ceux des autres personnes aussi.

[size=32]Quid de votre relation à son hyperactivité intellectuelle, et à son hyper productivité ?[/size]



Elle est concentrée, hyper focalisée, et a du mal à « ralentir » son cerveau voir à le mettre en off. Ce qui fait qu’elle est sujette aux insomnies et que le moindre de mes mouvements dans le lit la réveille. Aussi, je dors dans un autre lit. Son engagement dans sa profession engendre en journée une hyper productivité et une hyper concentration sur son travail, ou là encore, elle est parfaitement autonome. Elle est libérale. Elle est sa propre autorité et sa propre assistance. Elle ne supporterait pas une autorité, comme c’est souvent le cas des surdoués. Ils ont besoin de liberté. Toute entrave ou interférence entraine une réaction sans ambiguïté de sa part. Les  surdoués sont en survie permanente, donc elle défend becs et ongles son territoire, comme un animal. Sa capacité de production impressionnante est à double tranchant : le rendu est impeccable, mais cette sur production entraine dans le même temps un stress, des angoisses parfois, et un sommeil fragile, car son cerveau continue de tourner.

[size=32]Vivez-vous différemment votre relation avec votre partenaire parce qu’il s’agit d’une personne surdouée ?[/size]



Chez un ou une surdoué(e), tout est multiplié, donc oui je vis différemment notre relation. Ma partenaire ressent tout plus fort, c’est comme si les filtres de ces sens étaient perméables. De même, Je ressens ma partenaire comme plus spirituelle, sensuelle, intellectuelle, et plus vivante, que mes anciennes partenaires. Ses réactions spontanées, primaires, et farouches transpirent cette « beauté-bonté » et le sont à fortiori, si on ne s’arrête pas tant aux mots, qu’aux maux que traverse la personne surdouée. Je ressens aussi en ma partenaire un lien très profond, avec la nature mais aussi avec tout ce qui est de l’ordre de l’intellect dont elle ne peut se passer (il y a toujours une tonne de livres qui trainent dans toutes les pièces). Et, ce qui est typique aux surdouées, c’est qu’elle est toujours en recherche d’amélioration d’elle-même. Ce qui est touchant et bouleversant. Ce qui est sympa c’est qu’elle me surprendre toujours. Déjà par son bon sens et parce je ne m’ennuis jamais, car même si elle est complètement investie dans mon métier qui la porte et qu’elle porte, mais elle sait aussi trouver des idées pour que nous nous détendions et connait mieux Paris que moi, qui suis pourtant de Paris alors qu’elle non ! Elle m’à fait découvrir des salons de thé japonais au gâteaux fait en fonction des saisons, l’institution Angélina que je ne connaissais pas, où le chocolat chaud, est rêve éveillé, le jardin de Bagatelle à Boulogne, elle connais la vie du duc D’Aumale qui fut propriétaire du château de Chantilly par coeur, du coup visiter le château avec elle est mieux qu’avec un guide touristique ! Elle à une culture générale large ! Je suis moi même dans le domaine du cinéma, de par mon activité professionnelle, et me rappelle parfois que c’est tel réalisateur qui a fait tel film, avec tel acteur ou actrice, elle que c’est mon domaine !

[size=32]Quelles sont les caractéristiques des surdoués, que vous relèveriez le plus chez votre partenaire ?[/size]



Les caractéristiques liées au fait que ma partenaire soit surdouée sont indéniablement son hyper activité et productivité. Sans oublier sa faculté d’observation et sa capacité à m’émouvoir, qui lui sont naturelles. C’est évidement impressionnant pour une personne non surdouée. Mais ce qui l’est encore plus, c’est que pour elle, c’est normal. Elle se trouve même nulle ou bof quand elle n’est pas dans son rythme de croisière. Le fait qu’elle soit à fois polyvalente, experte, et qu’elle s’adapte très vite à la personnalité qu’elle a en face d’elle, sont des caractéristiques typiques aussi des personnes surdouées. Et bien sûr, son hypersensibilité et sensitivité qui se manifestent aussi bien par son besoin d’harmonie, sa relation intrinsèque au beau, au bien, et à ce qui est. Une personne surdouée est à fleur de peau et peut décontenancer, être incomprise par une personne à contrario détachée, et blasée. Ce que j’ai constaté aussi, et qui est une des caractéristiques des surdoués, c’est qu’elle déteste le gâchis; qu’il soit matériel, intellectuel, de son temps…Elle a besoin de « performer », et de tout optimiser.

[size=32]Enfin, qu’est-ce qui différencie pour vous un surdoué d’une autre personne ?[/size]



La majorité des personnes est simplement plus classique, plus terre à terre, formatée, ancrée dans une routine, motivée par les mêmes banalités ou évidences, se pose moins de questions et ne cherche pas à changer et améliorer le monde. Une personne surdouée a une exigence intrinsèque, une vie intérieure motivée par de valeurs authentiques et fortes  auxquelles elle ne dérogera pas. Ma partenaire surdouée n’est pas motivée, elle est transcendée par ce qui lui plait. Ce qui peut différencier une personne surdouée d’une autre personne, outre le fait qu’elle n’est jamais à court d’idées, c’est que tout est multiplié, qu’elle a toujours environ 80 livres d’avance à lire, pour vous donner un exemple ! Ce qui la différencie aussi des autres personnes, c’est son pragmatisme. Elle est intello tout en étant habile de ses mains. De même, contrairement aux autres personnes, son intelligence est à la fois analytique et globale. C’est à dire qu’elle est capable d’aller dans le détail, mais sans perdre de vue la vision globale de ses projets, et inversement. Et j’ai plutôt rencontré soit des personnalités expertes, soit des personnes généralistes, mais rarement les deux. Dans ce qui les distingue des autres personnes, je dirais aussi, que leur monde est au demeurant passionnant : les surdoués sont érudits.

[size=32]Quels sont les défauts de votre partenaire surdouée ?[/size]



Ma surdouée n’aime pas répéter, elle a peu de patience et peut vite s’agacer. De mon côté, étant une personne et un partenaire, calme et patient, ça ne m’affecte pas. Elle aime la précision, l’expertise, le talent, le fait qu’on emploie le bon mot, au bon moment, avec la bonne personne et au bon endroit. Il peut lui arriver de me faire sentir que je ne suis pas à la hauteur si je ne suis pas aussi réactif qu’elle. Mais je pense que c’est tellement souvent, (tellement elle va vite (ressent, agit et pense vite)), qu’elle ne le dit qu’une fois sur dix. Comme je ne suis pas dans les rapports de force, que j’aime la franchise, et que j’ai « lâché l’égo » depuis belle lurette, je ne le ne prends pas comme une critique mais au contraire comme une opportunité de m’améliorer.Ces remarques sont en effet pertinentes. Ainsi, grâce à elle, j’accélère ma propre réactivité, et ma sensibilité se développe. Ayant un métier artistique, forcément ça me convient, et je prends exemple sur ma partenaire en optimisant mes journées. Comme toutes les autres personnes surdouées, elle est évidement sensible à l’harmonie en général et elle vit très mal le bruit ainsi que la confusion. Ces personnalités ont besoin de leur bulle, de « leur monde » dans lequel elles vivent avec des objets qui les rassurent et qui sont toujours à la même place, des sortes de rituels. Elles se sentent vite agressées dès qu’un élément vient les perturber. C’est à vous de vous fondre dans leur moule, elles sont en demande de ça, et vont se lasser ou se sentir mal aimées si vous n’êtes pas en mesure d’y répondre vite et bien. Ma partenaire, comme toutes personnes surdouées, exècre la méchanceté gratuite, ainsi que le manque de politesse et de respect. Si elle en est victime, elle peut y répondre avec violence, allant jusqu’à la confrontation directe. On peut alors ressentir leur réactivité et leur force. Je parle là des personnes surdouées qui ont appris à s’imposer et à se faire respecter. Car avant qu’elle ne travaille sur elle, elle encaissait sans rien dire. Ayant une éducation me disant de rester zen, quelle que soit la situation, j’étais dans les premiers temps surpris de ses réactions. Car elle peut faire fi de l’environnement direct et être prête à en découdre, si elle ressent du stress. Parmi ses défauts, on pourrait considérer le fait qu’elle ne tolère aucune contrainte. Par exemple, ma partenaire n’est pas traditionnelle, donc les réunions de famille la barbe. Elle a alors le sentiment de perdre son temps quand elle aurait pu avancer sur tel ou tel projet, vu qu’elle a toujours, comme les livres, plusieurs projets d’avance. Comme ma famille n’est pas à cheval sur les protocoles, ça n’a pas posé de problèmes. Ma partenaire y participe quand elle le veut, et ne se sent nullement forcée. En m’informant sur les personnes surdouées j’ai appris que ça n’était pas là une de leur caractéristique, que certaines sont très famille, trop d’ailleurs, fusionnelles. Comme ces personnes sont vite autonomes ça doit moins être évident pour elles. Le « remède » si je puis dire est un partenaire complémentaire : un partenaire zen, posé, enjoué, non traditionnel, aimant l’originalité, et patient, mais qui pige vite.

[size=32]Avec un(e) partenaire surdoué(e), mieux vaut être préparé aux idées noires auxquelles ces personnes peuvent être sujettes, non ?[/size]



Oui. La maltraitance des animaux dans l’industrie alimentaire pour la junk food, le mal causé par la vente des sacs plastiques qui polluent la planète, les océans, et tuent les animaux qui les avalent. La déforestation, la disparition de la faune et de la flore, entre autre pour la production d’huile de palme mauvaise pour la santé. Tout ça sont des causes qui la font se sentir terriblement impuissante et douloureusement meurtrie, avec parfois des idées noires voir morbides. Elle préférait alors mourir que ressentir cette douleur. C’est la capacité impressionnante aussi d’empathie qu’ont les surdoués. Son goût du bon sens et son combat pour la préservation du patrimoine naturel, me bouleverse et me rend fier même si je ne peux que partager sa frustration. Ressentant plus fortement le manque de respect, de civilité, l’indélicatesse, la bêtise pour le profit à outrance, et la superficialité des gens, ça peut la miner. Les injustices telles que la pollution de la planète, l’exploitation des enfants dans les mines d’Afrique pour les diamants ou d’autres choses, les automates qui vont de plus en plus remplacer les humains, l’amènent à se poser des questions pour trouver des solutions, et la font se sentir seule. J’ai appris qu’elle devait alors absolument passer en mode action : participer à une pétition, à une manifestation pacifique pour alerter l’opinion, quoi que ce soit, mais agir afin que son sentiment d’impuissance ne la ronge pas de l’intérieur. Qu’elle ne soit pas engloutie par une émotion de dégout pour ce monde et ne veuille plus en faire partie. C’est pourquoi elle se protège et est dans sa bulle, sa passion qui est aussi son métier. Me concernant je souffre évidemment de la voir avoir des idées aussi noires et de ne pouvoir rien faire quant au passé (on ne peut le réécrire). Le fait est que les personnes surdouées vivent pleinement les choses (bonnes ou mauvaises) et les enregistrent. Je tends à lui signifier que le passé n’est plus, et ce définitivement, que ce vers quoi elle doit tendre c’est demain, et qu’il ne tient qu’à elle qu’il réponde positivement à sa différence. Mais comme les surdoués sont lucides, dans les phases down, elle me répond que le monde de demain ne sera pas beau à voir…. Ce qui aide, c’est que ces personnes certes plongent vite, mais remontent aussi vite de leur état dépressif. Elle en a traversé de nombreux, liés à des burn out, à son implication, à sa sensibilité. Mais elle semble avoir maintenant trouvé un équilibre, en faisant notamment beaucoup de sport, en s’occupant plus d’elle et moins des autres, une caractéristique aussi des personnes surdouées. Sa thérapie lui a beaucoup apportée. Elle est plus sûre d’elle, de ses capacités, ou de sa valeur : elle s’estime. Avoir du temps pour eux, pouvoir lire, apprendre, et créer, est capital pour les personnes surdouées. De même, le sport les aide à mieux dormir, car les personnes surdouées sont sujettes aux insomnies. Ce qui jouent aussi bien sûr, sur leurs idées noires.

[size=40]L’avis de la psy sur ce témoignage du partenaire surdoué(e)[/size]



Dans le témoignage ci-dessus, cet homme a la chance d’être avec une personne surdouée qui a bien tourné, qui a su faire de sa sensibilité une force et qui a su tirer, une fierté de sa différence. D’ou sa capacité à s’affirmer et à faire respecter sa différence. Elle a, à n’en pas douter fait un long travail sur elle, en étant accompagnée par un professionnel. Elle a ainsi su trouver un équilibre de vie. Mais c’est loin de toujours être le cas. Au contraire, le plus souvent les personnes surdouées doutent en permanence, se dévalorisent, et peuvent donc perpétuellement être insatisfaites. L’insatisfaction chronique, les remises en questions permanentes, l’insomnie ou l’hypersomnie pour fuir la réalité à laquelle sont sujettes les personnes surdouées peuvent les mener à la dépression, voir aux tentatives de suicide. En tant que partenaire vous vivrez beaucoup plus en harmonie, si votre partenaire est surdoué(e), en l’aidant à transformer ses doutes en certitudes. C’est un des axes principaux du travail que je fais quand j’accompagne ces personnes surdouées. Car si le doute est nécessaire, lorsqu’il est permanent, il est anxiogène. Parmi ce qu’on peut constater chez ces personnes, c’est leur humilité, leur capacité à se dévaloriser, être aveugle sur leur capacité, leur hyper lucidité, ou encore leurs questionnements métaphysiques même à des âges ou l’on ne se pose pas ces questions(ou on est plutôt intéressé à jouer à la play station). Leur ligne du temps est beaucoup trop condensée : les personnes surdouées vivent dans l’urgence, et sont hyper actifs, ou procrastinent par souci de perfection. Elles connaissent rarement l’entre deux. Comme dans toute relation de couple, un partenaire soutenant, encourageant et valorisant sera un plus. Si le ou la partenaire peut aider la personne surdouée à développer sa capacité à ressentir du plaisir dans sa vie en général et pas uniquement à focaliser sur le résultat qu’elle veut parfait, ça sera aussi une grande aide pour le ou la surdouée. En tant que partenaire vous pourrez les aider à donner le temps au temps, leur apprendre que Rome ne s’est pas faite, ni détruite en un jour. Les personnalités surdouées sont souvent des visionnaires et vivent dans l’anticipation et le futur. Leur apprendre à être dans le moment présent est capital. De même, dans le témoignage ci-dessus, le partenaire n’évoque pas la naïveté de sa partenaire. J’en déduis que celle-ci n’est plus toute jeune, car une de leur caractéristique est leur naïveté. Une naïveté qui relève de la pureté et en font des proies faciles et idéales pour les pervers narcissiques et les manipulateurs. De même, leur insatiable besoin de comprendre et leur insatiable curiosité n’est pas évoquée, alors que c’ est une de leur caractéristique. Les surdoués s’intéressent, creusent, analysent, se questionnent, doutent, et questionnent les autres.

[size=32]Les pièges à déjouer en tant que partenaire d’une personne surdouée[/size]



Un ou une surdoué(e), tout comme l’enfant surdoué d’ailleurs, peut trouver les autres ou l’apprentissage ennuyeux, car ils assimilent plus vite que les autres personnes. Ma partenaire m’a expliquée qu’elle a souffert de solitude et d’être en décalage par rapport aux autres enfants, puis ados, et avec ses anciens partenaires. Ça peut paraître paradoxale, mais une jeune personne surdouée, qui ne sait pas que son mode de fonctionnement n’a rien « d’anormal », se trouvera en difficulté et se jugera durement pour sa différence. Donc un des pièges est de ne pas accepter sa différence, de ne pas en faire une qualité, ou un tremplin, mais de la limiter pour se sentir comme les autres. Un autre piège typique, est que le surdoué ne sait pas préjuger de ses limites ni de son potentiel et peut ainsi se retrouver en permanence en compétition avec lui-même, qu’il soit enfant, adolescent, ou adulte. En tant que partenaire, nous pouvons donc aider nos partenaires surdoué(e)s à se poser, les inciter doucement mais sûrement, à décrocher de temps en temps, et ce pour que leur cerveau se repose.

[size=32]Qu’est ce qui frappe chez un(e) partenaire surdouée : les maitres mots : authentique et très sensible.[/size]



Ce qui frappe au premier abord chez une personne surdouée c’est qu’elle est très vite affectée, car très sensible et authentique. De même son bon sens et sa lucidité font qu’un surdoué déteste le gâchis en général, les pertes d’argent, de temps, et a du mal à relativiser. Les personnalités surdouées sont tout, sauf superficielles. Les surdoués ont une grande éthique. De par cette hyper sensibilité, ils souffrent régulièrement de ne pas être compris face à des difficultés, qui pour d’autres personnes peuvent paraitre futiles. La souffrance peut être mentale et physique: le surdoué peut somatiser, ce qui peut paraître disproportionné et impressionnant pour l’autre partenaire. Le ou la partenaire surdoué(e) ne triche pas, ce qui fait que la personne surdouée peut être d’une sincérité brutale, tout comme les enfants peuvent l’être. Mais encore, la personne surdouée a aussi du mal à exprimer ses émotions, et lorsqu’elle le fait c’est de manière spontanée : c’est blanc ou noir. Leur apprendre que la vie passe par toutes les couleurs de l’arc en ciel, et qu’elle est nuancée leur sera d’un grand secours. La personne surdouée est perfectionniste et se met beaucoup de pression, ce qui fait qu’elle ne s’arrête jamais et est très volontaire. Le principe de modération ne lui est pas inné. Ce qui est flagrant aussi c’est le fait que les personnes surdouées sont d’excellentes observatrices : elles voient tout, sentent tout, ressentent tout, tous les sens étant plus éveillés. Elles peuvent donc remarquer et dire des choses qui dérangent. Leur transmettre donc pour se protéger, l’idée qu’on peut appliquer le consensus peut les aider. Elles sont exigeantes envers leur proche et encore plus envers elles-mêmes. Ce qui frappe aussi chez une personne surdouée c’est sa générosité, son dévouement à sa cause, ainsi que sa sensibilité esthétique. La bêtise et le mauvais goût les dépriment, les heurtent, et les choquent. Hormis les personnes surdouées qui s’anesthésient, avec du shit, des somnifères, de l’alcool ou en se construisant un faux self, pour ne plus souffrir, ce qui est époustouflant aussi chez ses personnalités, c’est leur détermination face à l’adversité qui les stimule. Mais aussi leur clarté de pensée, de concentration, et leur capacité de production très rapide, qui pour elles leur paraissent normales. Quand elles stressent, elles ont du mal à prioriser et tout devient urgent. Elles peuvent alors se noyer de par leur grande émotivité, non plus dans un verre, mais dans une goutte d’eau. Comme ce sont des personnes entières, elles ont soufferts de personnes moins intègres qu’elles dès leur plus jeune âge et ont en réaction mises en place un mode défensif digne d’une forteresse. Et ce qui frappe, c’est qu’à la fois elles sont très attachées à leur partenaire tout en faisant croire qu’elles ne le sont pas, de par ce mode défensif. Ca ne répond tout simplement pas à leur croyance intime, qui veut qu’ il faut être autonome de tout dans la vie. Ca vaut aussi sur le plan affectif, car elle redoute la mort de la personne aimée. Etant lucide sur le temps qui passe, elles ont peur de perdre la personne qu’elles aiment d’un accident ou d’une maladie, bref de la mort, de celui-ci ou celle-ci. Elles aiment contrôler, et ceci n’est pas contrôlable.

[size=32]Comment composer avec la spontanéité, les idées noires, le besoin d’espace, le manque de confiance et l’impulsivité de mon/ma partenaire surdoué(e)?[/size]



Il y a deux réactions possibles de comportement face à la spontanéité parfois gênante. Soit le partenaire prend les propos spontanés, vrais mais désaffectés et purement factuels, (et qui peuvent donc être perçu de manière dure), contre lui/elle, soit il/elle a la capacité de relativiser et de rester calme. Ca n’est pas sur les mots que devra se focaliser le partenaire, mais sur ce qu’il y a de sous-jacent. Il pourra alors développer du recul, et garder son calme face à la matière inflammable que peut être parfois la personnalité surdouée. Pratiquer La communication non violente qui fait partie de l’intelligence émotionnelle marche très bien, et ça permet de les reconnecter à leurs émotions. La spontanéité de ces personnes est aussi une merveilleuse fraicheur. Certaines personnes surdouées sont plus créatives mais aussi beaucoup plus dispersées, et de par leur ligne du temps, c’est à dire leur conception du temps, ont du mal à s’organiser. De ce fait, quand elles parlent, elles peuvent partir dans tous les sens, et leur discours sera confus. Dans ce cas, le mieux est que la personne surdouée soit suivie par un professionnel de ce type de personnalités. Le professionnel pourra l’aider à se recentrer car ça peut devenir épuisant et usant pour le partenaire. Les surdoués sont sujets au burn out ainsi qu’aux états dépressifs. En tant que partenaire, vous pourrez les en préserver en les invitant à se poser, à se reposer, à les faire décrocher de leur activité professionnelle ou loisir auquel elles se donnent corps et âmes jusqu’à épuisement et burn out quand ils l’ont trouvé (ce qui n’est pas le cas de tous les surdoués). Il faut leur apprendre que qui veut aller loin, ménage sa monture. Comme ils apprennent très vite, en leur répétant quelque fois, ils intègreront le fait qu’ils peuvent plus prendre leur temps en général. Les surdoués sont anxieux tout en étant hédoniste, drôle de mélange ! Donc il vaut mieux pour eux que leur partenaire soit rassurant et bon vivant. Bien sûr, les déculpabiliser de se faire aider auprès d’un professionnel quand ils vont mal, sera aussi utile. Pour vivre sa relation au monde, un surdoué a besoin de stimuli, donc d’être entouré. Il a aussi un grand besoin d’espace, physique et mental, de solitude, de se retrouver seul pour réfléchir, créer (encore une fois, je parle de ceux qui s’autorisent à le faire, par ceux que le doute inhibe), s’imprégner…Le partenaire du surdoué se devra de laisser la personne surdouée s’épanouir et se ressourcer dans ses moments de solitude, et ne pas se sentir rejeté(e). Ils doutent de leurs compétences et n’ont pas toujours confiance en eux, ce que décrit fort bien le partenaire dans son témoignage de sa partenaire surdouée. Il évoque aussi son sentiment de mal être intérieur car les surdoués sont pessimistes et voient souvent le mauvais côté des choses. Par conséquent, sans être nonchalant ce qu’elles ne supportent pas, elles apprécient qu’on les rende plus légères en les aidant à mettre les événements en perspective. Deux partenaires impulsifs ne pourront pas rester en couple sur du long terme, Il y aura trop de tension que le/la surdoué(e) ne supportera pas de par sa sensibilité et le fait qu’ il ou elle n’apprécie pas les conflits. L’adversité saine(intellectuelle par exemple) les stimule, mais pas les joutes verbales stériles. Donc si vous êtes tombé amoureux d’une personne sensible, et déroutante car à la fois fusionnelle et indépendante (de vous), que vous ne comprenez parfois rien à rien, ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas avec un extra terrestre !

[size=32]Les surdoués sont des ados et des adultes qui dérangent et donc s’excluent à cause de leur lucidité, et dégout de l’hypocrisie[/size]



Si votre partenaire est surdoué(e), il ou elle peut avoir tendance à s’exclure et à se marginaliser par sa grande sensibilité, son besoin de justice, et son authenticité qui lui fait interpréter parfois la diplomatie comme de l’hypocrisie. Le monde leur apparaît comme plus dérangeant et agressif qu’à d’autres personnes. Il faut donc comprendre et tolérer leur besoin de s’isoler tout en les incitant à se créer un réseau de personnes bienveillantes, authentiques et calmes afin qu’ils ne souffrent pas de solitude et ne se renferment pas. Comme les surdoués détestent les faux-semblants, ils peuvent parfois être amers, sarcastiques, avoir des réactions farouches, et surtout le mot parfait et tranchant. Ils font mouche, et peuvent donc déranger les autres. Vous voilà averti quand à ce qui risque de se produire avec vos amis ou votre famille. Ceci dit, ils savent parfaitement aussi, quand ils le veulent, faire semblant, ce que nous allons voir ci-dessous. Et vous pourrez être épatés de voir combien ils peuvent se rendre fort aimables quand ils le veulent.

[size=32]Le surdoué et le faux self[/size]



Pour ne pas se sentir différent, et exclu, car enfant, ado et jeune adulte ; le surdoué développe souvent un « faux-self ». Un faux self est une personnalité de façade, ou une sorte de masque, lisse, qui ne laisse rien transparaitre. Ce faux self leur permet de s’intégrer à la norme, à l’éducation de leur famille, de l’école, ainsi qu’aux relations avec autrui. Quand un(e) surdoué(e) décide de faire quelque chose il le fait très bien, et souvent on peut passer totalement à coté de leur mal être. Ce faux self le protège. Quand il n’arrive plus à maintenir cette « adaptation », ou qu’il n’est pas arrivé à se construire ce faux self, le surdoué se réfugie alors, (et je tiens au mot refuge), dans l’agressivité, l’hyper réactivité face à ce qu’on lui dit; et ce associé à de la susceptibilité. Il peut aussi s’enfermer dans la rêverie, l’absence, le mutisme ou pire encore, dans des comportements autodestructeurs.

[size=32]Comment comprendre les comportements auto destructeurs des personnes surdouées ?[/size]



Les comportements destructeurs peuvent être l’isolement, l’anorexie, les tentatives de suicides, des prises de drogue, d’alcool, ou de substances qui les font planer et s’échapper de la cruauté des aberrations et injustices de ce monde auxquelles elles sont si sensibles. Leurs comportements destructeurs sont en réaction à un monde qu’elles ne comprennent pas et parce que ce monde, selon elles, ne comprend pas non plus, les efforts qu’elles font pour s’y conformer. Souvent les personnes surdouées ne se sentent pas à leur place, et ne veulent pas l’être dans ce monde fait de faux semblants et de privilèges.

[size=40]Pour résumer comment vivre avec un(e) surdoué(e)[/size]



Pour vivre en harmonie avec une personne surdouée, je vous invite à respecter sa différence. Elle en a déjà tellement souffert par le passé du sentiment de non appartenance, d’être vue comme une drôle de bête, d’être différente, que votre partenaire ne supportera pas que vous ne l’acceptiez pas tel qu’il ou elle est. Et comme une personne surdouée préfère être seule que mal accompagnée, elle pourra vous quitter si elle ne se sent pas reconnue, acceptée et aimée dans sa différence, pour qui  elle est et comme elle est. N’hésitez pas à la valoriser et lui expliquer aussi vos besoins. Comme elle assimile vite, elle pourra rapidement y répondre. Je vous invite aussi à la rassurer en lui disant que vous êtes en vie et n’avez aucune envie de mourir. Ça peut paraître idiot, mais ça leur fera un bien fou. Soyez présent pour votre partenaire surdoué(e) tout en lui préservant son besoin d’intimité. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire : trouvez le bon dosage. Mais comme votre partenaire surdoué(e) vous fera sentir tout de suite son mal être, si vous êtes réactif vous saurez vous adapter. Vis à vis des comportements destructeurs, expliquez leur que si un billet de 500 euros est froissé, par terre, les gens voudront toujours le ramasser, et que leur valeur, même si elles/ils se sentent froissé(e)s, vaut toujours la même chose. Il est capital de leur dire régulièrement qu’elles ont de la valeur, car les personnes surdouées sont aveugles, quant à leur valeur ainsi que leur compétence, d’où leur humilité.

[size=40]Pour en savoir plus sur les surdoués :[/size]



Comment aider les personnes surdouées
Confession d’une psy : on peut être précoce/surdoué et survivre
http://www.coachplanet.net/surdoue/comment-vivre-avec-un-ou-une-surdoue

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 13:52






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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 13:56



avoir plusieurs Romes à son arc

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 14:24

Réflexion sur la liste des traits censés définir l’individu surdoué
CONTEXTE

Après avoir découvert avec stupeur à l’âge de 38 ans que j’étais une personne dite surdouée, j’ai parcouru de nombreux sites et forums dédiés au sujet. Il m’est apparu que, curieusement, la douance est très souvent associée à la notion de souffrance et de difficultés.
J’ai le sentiment que de nombreux surdoués en recherche d’identité s’identifient à des caractéristiques censées les « définir » alors qu’en réalité ce seraient, selon mon hypothèse, des traits psychologiques individuels développés au sein d’une pression environnementale particulière. Le fait que ces traits puissent être partagés par un grand nombre d’individus surdoués donnerait une illusion d’identité commune alors qu’il y a probablement autant de différences entre deux personnes dont le QI est élevé qu’entre deux personnes de QI moyen.
Ma démarche vise donc à reposer la question « Trop intelligent pour être heureux ?». Comme le souligne elle-même Jeanne Siaud Facchin dans son ouvrage, les surdoués « heureux » constituent une population peu étudiée puisque les individus concernés ne consultent pas. 
Même si elle prend la précaution d’écrire cela dans le premier chapitre, son livre propose d’un côté une terminologie dans laquelle un « zèbre » serait un simple synonyme du mot surdoué, puis regroupe une série de traits censés définir ce zèbre. 
Ce n’est probablement pas l’intention de l’auteur, mais cette manière d’exposer les choses peut laisser penser que « le zèbre serait un surdoué qui a souffert (et qui souffre encore) » ou encore qu’« un surdoué souffre nécessairement ».
On retrouve le même lien dans le livre de Cécile Bost intitulé « Différence et souffrance de l’adulte surdoué ».
Ce rapprochement fréquent entre douance et souffrance introduit donc un biais dans la définition du surdoué qui semble se répandre comme une sorte « d’inconscient collectif du HQI » que j’interroge ici.
Je préfère préciser que mon propos n’est absolument pas de remettre en question les souffrances vécues par la grande majorité des surdoués, bien au contraire. L’idée est plutôt, une fois ces souffrances identifiées (conscientisées), de leur redonner une juste place et de choisir de vivre sa douance autrement.
MÉTHODOLOGIE
J’ai tenté de réunir une liste des traits censés définir la douance. Cette liste ne prétend pas être exhaustive. Elle provient de Wikipédia et du wiki Zebras Crossing (qui lui-même s’inspire largement de l’ouvrage de Cécile Bost), et peut sans doute être complétée.
La suite de mon raisonnement est la suivante : j’ai essayé de scinder cette liste en deux catégories principales :

  • Les caractéristiques qui seraient endogènes (biologiques et comportementales physiologiques et psychologiques), communes à tous les surdoués.
  • Les caractéristiques qui seraient plutôt être des conséquences que des causes, donc dites exogènes.


A – LES CARACTÉRISTIQUES ENDOGÈNES
1 – Les caractéristiques physiologiques 
Dans cette catégorie, je regroupe les faits scientifiques observés sur des cohortes d’individus surdoués (je le rappelle, sans volonté d’exhaustivité, j’invite le lecteur à la compléter). On peut évidemment s’interroger sur le protocole de sélection des individus de ces études (est-ce qu’un QI supérieur à 130 définit un sujet comme susceptible d’appartenir à la catégorie étudiée ?). 
2 – Les caractéristiques psychologiques 
Dans cette catégorie, je regroupe les caractéristiques qui me semblent être des traits découlant directement du fonctionnement physiologique. Ce sont les points qui m’apparaissent comme les seuls points communs tangibles que l’on peut retrouver chez tous les surdoués, que ces caractéristiques aient été pas, peu ou très développées selon la « niche écologique » dans laquelle s’est développé l’individu.
B – LES CARACTÉRISTIQUES EXOGÈNES
Dans cette catégorie, je regroupe les caractéristiques qui ne me semblent pas relever spécifiquement de la douance mais sont des conséquences d’un parcours de vie. J’ai placé ici :

  • les traits qui soit ne se retrouvent décidément pas chez tous les surdoués (non ils n’ont pas tous le sens de l’humour, et non ils ne sont pas tous anorexiques), en d’autres termes des caractéristiques intra-psychique (liées au développement individuel)
  • les traits qui me semblent être des conséquences de l’impact de l’environnement « non soutenant » (famille, école, travail, société)


C – LES TRAITS SUJETS À DISCUSSION
J’ai sciemment isolé les points suivants au cours de ma réflexion, avant de les intégrer au résultat final:

  • QI supérieur à 125 ou 130 selon les auteurs (échelle WAIS)


Je ne reviendrai pas sur les centaines de pages noircies à propos de la légitimité des tests et de leurs résultats. J’estime que ce critère peut constituer un indice de douance mais qu’il est loin d’être fiable (conditions de passation du test aléatoires, effet plancher du WAIS, cas particuliers des profils dits hétérogènes, etc…). Il n’en reste pas moins que c’est le critère principal retenu pour définir le surdoué. Le quotient intellectuel est-il un chiffre qui découle du fonctionnement biologique ? Ou au contraire, l’instauration arbitraire de cette courbe de Gauss statistique a-t-elle simplement permis de détecter et de mettre en exergue des fonctionnements biologiques différents ?

  • perfectionnisme, besoin de vérifier ce qu’on a fait, désir d’exactitude
  • sensibilité à l’injustice
  • voit les problèmes et propose des solutions et des changements dans le milieu professionnel


Pour ces points que l’on semble retrouver chez les surdoués dès le plus jeune âge (voir notamment les écrits d’Arielle Adda), je me pose la question : est-ce que ce sont des caractéristiques intrinsèques, ou des conséquences de la capacité d’analyse ? Du fait de sa capacité biologique à détecter les moindres détails, le surdoué perçoit les incohérences de l’environnement, par exemple les incohérences concrètes (fautes d’orthographe, défaut de perspective dans un dessin, failles théoriques dans un raisonnement,…) ou psychologiques (non congruence des parents, masques sociaux, faux-selfs,…). Le fait d’être capable d’accepter sereinement ou non l’existence de ces incohérences et de proposer ou non des solutions serait lié à l’apprentissage (environnement) ? 
Voir cette étude récente : un QI plus élevé rendrait la perception de petits détails plus accessible

  • maladies auto-immunes : diabète, asthme, allergies, psoriasis, polyarthrite rhumatoïde … : j’aurais tendance à penser que les maladies auto-immunes, qui semblent statistiquement plus fréquentes que la moyenne dans la population des surdoués, sont une conséquence et non une caractéristique intrinsèque. L’organisme soumis à un stress fort et continu auquel il ne peut se soustraire finit par s’attaquer lui-même. Un surdoué se développant dans un environnement soutenant et peu stressant n’aurait donc probablement pas cette tendance à contracter une maladie auto-immune ?


Une fois ce classement établi, j’ai tenté d’introduire une notion de chaînes de causalités.
Voici donc le résultat visuel de ce travail (cliquez sur l’image pour l’agrandir) : 

COMMENTAIRES
C’est un travail empirique, intuitif, je ne suis pas spécialiste en neurobiologie, et les liens de causes à effet que j’établis entre les caractéristiques physiologiques avérées et les comportements peuvent être complètement faux ou arbitraires.
Le passage de la colonne « Caractéristiques endogènes » à la colonne « Caractéristiques exogènes » est donc hautement sujet à discussion.
J’ai simplement mis à droite les caractéristiques qu’on ne retrouve pas chez tous les surdoués, voire même qui sont antinomiques entre elles.
Les suggestions du lecteur sont les bienvenues pour remanier les cases.
J’ai séparé grossièrement :

  • la vitesse de traitement
  • la quantité et la qualité de traitement
  • la perception des détails
  • les hypersensibilités et les caractéristiques des personnes dites « cerveaux droits »


L’idée de ce tableau est de placer à gauche les caractéristiques scientifiquement reliées à la douance, et plus on va vers la droite, moins ces caractéristiques sont typiques car les chaines de causalité deviennent intimement liées aux réactions de l’individu « différent » face à l’environnement… (c’est pourquoi il n’y a plus de lignes horizontales à droite).
Avec cette grille de lecture, la souffrance ne commence à apparaître qu’à partir de la 5e colonne… pour aller vers ses manifestations les plus exacerbées à droite.
J’ai également eu l’idée de regrouper les symptômes qui peuvent être imputables au syndrome de stress prolongé d’adaptation dans une même colonne (voir le syndrome de stress prolongé d’adaptation)
Et je propose la réflexion suivante : la dernière colonne est probablement applicable à n’importe quelle personne ayant souffert d’un manque d’intégration psychologique et sociale au cours de son développement. En d’autres termes, c’est l’isolement consécutif à la douance qui créerait des souffrances et des symptômes communs, et non la douance elle-même.
J’ai délibérément évité d’utiliser les termes psychiatriques (pathologie, psychose, schizophrénie, bipolarité, perversion narcissique, névrose,…) pour privilégier les manifestations individuelles que j’ai simplement classées en centripètes et centrifuges selon que l’individu a tendance à se refermer sur lui-même ou à extérioriser son mal-être.
Je n’ai pas fait figurer dans ce tableau des caractéristiques souvent associées à la douance :

  • Syndrome d’Asperger : les points communs entre les personnes surdouées et les personnes dites « atteintes du syndrome d’Asperger » peuvent parfois être nombreux (selon les individus). Néanmoins, je n’ai trouvé aucune étude traitant spécifiquement de ces corrélations possibles. Voir par exemple ce tableau de caractéristiques des femmes Aspies. 
    Il s’agit pour moi d’un sujet de recherche spécifique et probablement fécond que d’explorer ce qui relie la douance et le monde de l’autisme. Ce n’est pas l’objet du présent article. Voir « Gifted or autistic ? The grey zone »
  • Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) : la question des liens entre hyperactivité et douance est source de multiples débats.


Pour conclure, cette distinction entre des traits « endogènes » et « exogènes » (qui reste perfectible), amène à constater qu’environ 80% des traits répertoriés ne seraient pas des « fatalités », qu’ils seraient « réversibles » à plus ou moins grande échelle en fonction de la compréhension que l’on peut en avoir, du stade de développement personnel et des actions que l’on met en œuvre pour les atténuer. Précisons toutefois que cette réflexion est théorique. J’ai conscience que la réversibilité que j’évoque est loin d’être applicable quand on a derrière soi toute une vie de souffrance(s). Retrouver de la confiance en soi et en ses capacités (par exemple) est forcément un long cheminement, et chacun le fait à son rythme.
Pour reprendre les traits les plus cités sur internet, je ne crois pas que le syndrome de l’imposteur, le manque de confiance en soi, la tendance dépressive ni même la tendance à procrastiner définissent réellement le surdoué.
J’avance donc l’hypothèse que la souffrance sous toutes ses formes et conséquences n’est pas un trait de la douance, et que si les causes de cette souffrance sont atténuées (au moins partiellement), un surdoué peut vivre heureux et intégré à la société à laquelle il appartient.
Pour cela, encore faudrait-il remettre complètement en question :

  • la violence éducative de notre société
  • la place de l’individu dans cette même société (accueillir et favoriser le développement des caractéristiques individuelles plutôt que de formater les individus et se donner bonne conscience en faisant semblant d' »intégrer les minorités »)


Mais avant de révolutionner la société (à titre personnel j’y crois peu, à courte échéance du moins), je me dis qu’en commençant par soi et par ses enfants, il est possible de vivre sereinement sa douance, en tentant de ne pas la définir comme un handicap ou une souffrance mais plutôt en s’attachant à construire le meilleur environnement possible, respectueux de nos caractéristiques et favorisant leur développement. Ainsi, si la douance se définit seulement par les 20% de traits isolés ci-dessus, il n’y a aucune raison d’y voir autre chose que des potentialités susceptibles de se développer harmonieusement, comme pour n’importe quel autre être humain, qu’il soit oligophrène, « normal » (au sens statistique) ou hyperphrène.
BIBLIOGRAPHIE PARTIELLE

  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Surdou%C3%A9
  • http://adulte-surdoue.fr/livres-articles/aspects-neursophysiologiques-genetiques-t15.html
  • http://www.adulte-surdoue.org/2011/videotheque/neurologie-de-la-precocite-intellectuelle-pr-michel-habib/
  • http://www.talentdifferent.com/849-849.html
  • http://www.talentdifferent.com/le-deficit-d%E2%80%99inhibition-latente-mecanisme-de-la-creativite-1126.html
  • http://www.talentdifferent.com/hyperstimulabilites-624.html
  • http://www.talentdifferent.com/quelques-sources-1-301.html
  • http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23727571
  • http://www.sciencedaily.com/releases/2011/03/110311153549.htm
  • http://pespmc1.vub.ac.be/Papers/GiftedProblems.pdf
  • http://psyrene.fr/les-deux-formes-d%E2%80%99expression-du-haut-potentiel-intellectuel-chez-l%E2%80%99enfant/
  • http://www.ucl.ac.uk/medical-education/reprints/1994-Brain_Cognition-EvaluatingEmpiricalSupportGBGtheory.pdf

http://www.kaleidoblog.net/reflexion-sur-la-liste-des-traits-censes-definir-lindividu-surdoue/


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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 14:25

VOYAGE DANS UN PAYSAGE MENTAL 3. Intolérance à l’injustice et faible estime de soi
Au bout de deux ans passés à la maternelle du village, Julien peut se vanter d’avoir plein de copains chez lesquels je le conduis le week-end. Il comprend le berbère et a très bien réussi son intégration, il est apprécié. D’ailleurs, quand je marche dans les rues avec lui, j’entends psalmodier son prénom, généralement accompagné d’un beau sourire. Tout le monde sait qu’il a appris des sourates à l’âge de 2 ans, et il passe pour un enfant « élu ». De plus, étant fin et clair de peau, les canons de beauté enfantine locaux sont à son avantage.
Je me retrouve en situation d’être sociabilisée grâce à mon fils.
Mais on a fait le tour de cette maternelle de secours. Il faut maintenant aller dans une vraie école, à Tiznit, ce qui signifie 15 km deux fois par jour, créer de nouveaux liens, se faire accepter par de nouveaux enfants, se battre. Les conditions de découverte de cette méchante donnée qu’est l’injustice sont idéalement posées.
Le mensonge
Dans cette nouvelle école bien plus imposante, la maîtresse dit : « tu mens, tu as changé de place« , ou bien « non, tu n’as pas envie d’aller aux toilettes » à un enfant de 4 ans qui ne comprend pas encore les mécanismes de pensée qui permettent d’élaborer un mensonge. Et cette accusation, ce qu’elle présuppose d’intentions viles, c’est l’injustice à l’état pur. A nous de faire avec… Nous avons mis longtemps avant de réussir à expliquer correctement ce qu’était un mensonge afin de pouvoir l’en dédouaner. Et exiger de l’école que la maîtresse gère autrement ses petits élèves ne répare aucun des dommages qu’elle a créé.
L’injustice, c’est aussi cette petite peste manipulatrice qui crée une alliance avec un amoureux de circonstance pour attaquer Julien à deux lors de la récréation. Une action choquante transformée en puissance stratégique de commando par un Julien d’abord tourmenté puis ravi. Car il a su à son tour créer un lien solide avec le gros costaud de la classe, lequel se fera un plaisir d’attaquer à deux la petite peste et son allié. Mais Julien suppliera son nouvel ami de  ne pas toucher un cheveu de la jolie peste (« mais quand même elle est petite ! ») et se sentira redevable toute l’année envers son garde du corps qu’il conviera solennellement à son anniversaire. Au bout de deux ans, il n’a plus aucun problème relationnel et les accusations éhontées de mensonge le laissent de marbre.
Je suis nul…
Malheureusement pour lui, cette école, jugée comme étant la meilleure de Tiznit, et tellement plébiscitée qu’ils n’acceptent plus aucun élève en primaire faute de place, est très axée sur la compétition, les notes, les devoirs. Pour un petit zèbre, c’est l’horreur, tous ces devoirs dès la moyenne section, ces obligations de lignes d’écriture, des dictées à n’en plus finir sous l’œil goguenard de jouets et de peluches qu’ils n’ont jamais le droit de toucher.
Dans un premier temps, il résiste, surtout que je réussis à arracher à la directrice la promesse d’une demi-journée par semaine de travaux plastiques. Mais au bout de deux ans à ce rythme, il ne dort plus ou mal, refait pipi au lit et se persuade d’avoir une mauvaise audition. Il ne veut plus entendre et croit que cette semi-surdité est réelle. Son estime de soi est au plus bas, et il pleure souvent « parce que je suis nul ». La directrice tente de l’en dissuader, il est le seul de la classe à savoir déjà lire en deux langues en grande section. Elle lui promet une prix d’excellence pour la fin de l’année. Son seul commentaire sera « elle blague, elle a dit ça pour se moquer de moi, en fait c’est pas vrai », le tout avec un air buté.
C’est le moment où il nous apparaîtra nécessaire de lui faire passer des tests d’évaluation intellectuelle dès notre retour en France. Et des tests d’audition qu’il appréciera beaucoup. D’abord parce qu’ils sont la preuve que nous prenons ses problèmes au sérieux, ensuite parce que cet ORL réputé (et hors de prix) sera étonné de son extraordinaire audition « il entend plus que la norme » et qu’il conclura logiquement et devant lui à la formulation implicite d’une souffrance aiguë. Regard en coin du petit qui vérifie que j’ai pris bonne note. Quel est le problème ? demande le docteur des oreilles qui a de beaux yeux bleus. Réponse : l’école et ses devoirs à n’en plus finir, les notes… Alors que le CP n’est pas commencé.
La psychologue clinicienne qui le verra quelques jours plus tard confirmera la douance et écrira dans son bilan psycho-affectif « on remarque fortement un sentiment d’infériorité très prégnant. Julien aurait tendance à se dévaloriser.  Il a un manque de confiance en lui et se sent un peu à part, isolé, malheureux« . Qu’est ce que ça aurait été s’il n’avait pas maîtrisé le berbère et donc n’avait pas eu de copains !
Nous nous retrouvons obligés de le changer d’école. Il ira à celle où vont tous ses copains du cours de tennis. A nouveau, s’habituer aux lieux et aux personnalités diverses. Et ce sera difficile, malgré ceux du tennis qui l’aident.
Car là comme partout se trouve l’injustice « façon petit zèbre ». Ainsi, ces enfants qui refusent de lui donner la main lorsqu’ils entrent en classe en rang deux par deux sans même savoir pourquoi. D’instinct, ils le repoussent. Ils le sentent différent et de plus il a changé de classe en cours d’année, jugeant la sienne trop bruyante, ce qu’ils vivent comme la différence de trop. Il faudra l’intervention musclée de la responsable de l’école « le premier qui refuse de donner la main à Julien prendra une claque » pour que tout s’arrange.

L’injustice, ce sont ces mêmes enfants qui refusent de jouer avec lui à la récréation. Une ronde et un jeu Qui est gentil qui est méchant ? mis en place par la professeur de français « ah ! bon ????? Julien est gentil ???????????? Mais alors pourquoi personne ne joue avec lui à la récréation ? » pour qu’il s’éclate enfin lors de ces cours moments de repos. Et le voir exploser de fierté et d’excitation, le soir venu, lorsqu’il nous raconte ça « TOUS les enfants ont dit qu’ils m’aiment ! TOUS ! Ils s’étaient pas rendus compte du mal qu’ils me faisaient, en fait ils sont gentils« .
Je veux mourir
L’intolérance à l’injustice, c’est le voir refuser de dénoncer qui que ce soit en classe, voire se dénoncer lui-même pour un acte qu’il n’a pas commis. Combien d’enfants de six ans décideraient de se rendre dans le bureau de la responsable, seuls, pour s’accuser d’avoir dit des gros mots en arabe, expliquant qu’il n’en comprenait pas tout le sens, et vibrant de l’indignation du comportement de ses petits camarades, véritables monstres qui TOUS étaient allés le dénoncer, un après l’autre ?
A la maison, nous devons gérer le corollaire de l’injustice : des crises d’angoisse très fortes qui le saisissent dans la demi-pénombre, en changeant de pièce, cet air battu et sombre dont il use fréquemment pour laisser tomber un : « j’aurais préféré ne pas exister, je serais tranquille » les jours de défaite. Et un « avec tous les malheurs qui m’arrivent, ma vie n’est vraiment pas facile » ponctué de sanglots les jours de révolte.
Mais comme nous passons toujours derrière pour régler les problèmes avec l’aide d’une équipe éducative compréhensive, il reprend du poil de la bête et se révèle même rancunier, ce que je trouve plus sain que l’envie de mourir. Au moins, il réagit ! Le jour où la maîtresse a laissé chacun faire ce qu’il voulait en classe, il a choisi, pendant que les autres dessinaient, de leur faire un exposé spontané sur la chaîne alimentaire, la nécessité absolue de sauvegarder la nature et la honte que doivent ressentir ceux qui dénoncent gratuitement. « je leur ai mis la honte« ….
Quant à l’acquisition de la capacité à mentir, mission remplie ! Bravo à toutes les écoles ! Comme il voulait se soustraire aux répétitions du spectacle que prépare sa classe « les répétitions c’est trop insupportable, quelques petites fois ça suffit, j’ai compris !!!! » il a déclaré avec l’aplomb d’un bonimenteur qu’il ne pourrait pas être là parce qu’il partait voir un pédiatre à Agadir, à 100 km de là. Et on l’a cru…

  • Auteur.e : Valia

  • 12 avril 2014

  • In Témoignages, Voyage dans un paysage mental

  • estime de soi injustice


http://www.kaleidoblog.net/voyage-dans-un-paysage-mental-3-intolerance-a-linjustice-et-faible-estime-de-soi/

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 14:26

http://www.mathematiques-existentielles.com/projets-tangents/etre-reve-film/



http://www.mathematiques-existentielles.com/wp-content/uploads/2013/11/synopsis-etre-rc3aavc3a9.pdf


.../...

Dédale 15 - Tour Montparnasse Critère de Thésée Rectitude d’un mouvement labyrinthique En haut de la tour Montparnasse, analyse des trajectoires optimales dans le dédale qui en bas se dessine. L’indice de rectitude d’un mouvement existentiel est l’écart entre les êtres rapporté à la distance qui les relie Depuis le fond des catacombes au vertige du surplomb. Du haut de Montparnasse on peut voir les dédales infinis de ce qui grouille en surface, s’imaginer une myriade de trajectoires existentielles, déterminer les parcours les plus droits, les plus tortueux. Néanmoins cette conscience surplombante ne nous est donnée que pour le mouvement des autres. Thésée, à la sortie du dédale de Crète, initia une danse mimant les tours et détours du labyrinthe, danse visible seulement des cieux comme s’il l’avait adressée aux dieux. Pourtant il est mort comme beaucoup de héros de sa saga, victime des hauteurs, précipité du sommet d’une falaise..../...

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 14:36

http://www.mathematiques-existentielles.com/projets-tangents/etre-reve-film/.../...

Quel est mon être réel ? Ce que je suis authentiquement ou ce que je parais au regard des autres. Certains cherchent à résoudre cette dualité, d’autres la cultivent dans un élan carnavalesque. L’ongle est ce que l’on donne à voir, le mondain au revers immédiat de l’empreinte qui porte la marque de l’authentique. On ne peut néanmoins juger l’un à l’aune de l’autre. Esse est percipi. Être, c’est être perçu ? * pouce Incommensurabilité de l’être authentique et de l’être mondain rs On ne peut connaître la forme de l’ongle à la lecture de l’empreinte k : k conjecture Digitus Salon de manucure 1.../...

http://www.mathematiques-existentielles.com/wp-content/uploads/2013/11/etre_reve_fr_hd.pdf
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Et Manu, tu descends ? peut pas j'ai manu cure. Rends tan plan à Paris...

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 15:04



Et notre usure continue avec, on nous abîme, on nous sépare, les années passent et nous n'avons rien changé,
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------



http://www.leparisien.fr/oise-60/le-cafe-sourire-cherche-des-benevoles-06-10-2011-1640888.php

Un sourire dans un café


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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 15:04

20 | 1997 : Communiquer... les mots de l'expérience
Dossier : Communiquer... les mots de l'expérience
Formaliser l’expérience. Écrits professionnels et Écrits poétiques
Giving a form to experience. Professional writing and poetic writing.
Bernard Pelegrin
p. 53-74

Résumé | Index | Plan | Texte | Bibliographie | Notes | Citation | Auteur

Résumés


FrançaisEnglish

Le présent article n’est pas un essai théorique. Dans le cadre de l’intervention en entreprise, l’ergonome produit des documents écrits. Ils répondent à un objectif précis : transformer leur situation de travail pour réduire les effets indésirables sur la santé des opérateurs. Ces rapports d’étude ne peuvent contenir tout de l’expérience humaine acquise sur chaque terrain. Des « surplus » ne peuvent être exploités que dans des écrits personnels réalisés dans un autre cadre. Le texte n’a d’autre prétention que de témoigner et mettre en forme une expérience singulière d’écriture.
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Entrées d’index



Mots-clés :


écriture professionnelle, médecine du travail, analyse du discours

Keywords :


professional writing, occupational medicine, work, speech analysis
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Plan


1. L’idée de « formaliser » l’expérience.
1.1. Mettre en formes pour donner à voir.
1.2. Mettre en mots pour donner à entendre.
1.3. Lexique et glossaire.
2. L’écrit dans le travail de l’ergonome.
2.1. Faire advenir la parole de l’opérateur sur son expérience.
2.1.1. La demande.
2.1.2. La grammaire pour conjuguer les expertises.
2.1.3. Quelques effets consécutifs.
2.1.4. Conclusion.
2.2. Ecrits produits par l’ergonome.
3. Les surplus d’intervention comme matériau à traiter.
3.1. Comment l’Ergonome ancien kiné devient auteur de textes « personnels ».
3.2. Le processus préparatoire de l’écriture.
4. La prise de langue.
4.1. Configuration.
4.1.1. De l’usage des dictionnaires.
4.1.2. Détecter les jeux du mot.
4.1.3. Une conquête.
4.2. Un cas.
4.2.1. Préfiguration.
4.2.2. Produit de la configuration.
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Texte intégral


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1
Dans le cadre de l’intervention ergonomique, la forme et le mode de constitution d’un rapport d’étude écrit par l’ergonome sont conditionnés par des déterminations sociales encadrant la relation de l’intervenant à l’entreprise.

2
Ces documents écrits répondent à un objectif précis : transformer leur situation de travail pour réduire les effets indésirables sur leur santé.

3
Ces rapports d’étude ne peuvent contenir tout de l’expérience humaine acquise sur chaque terrain. Des « surplus » ne peuvent être exploités que dans des écrits personnels réalisés dans un autre cadre. Dans les deux cas se pose la question de la mise en mots.

4
Le présent article n’est pas un essai théorique. Il n’a d’autre prétention que de mettre en forme une expérience singulière d’écriture.

1. L’idée de « formaliser » l’expérience.

5
Le dictionnaire nous dit que formaliser, c’est réduire un système de connaissance à ses structures formelles.

6
Dans ce qui suit, c’est plutôt quelque chose comme « donner une forme », « mettre en une autre forme ».


  • 1 L’ergonome intervient en entreprise. À partir d’une demande socialement exprimée par une instance r (...)




7
Nous avons pu constater l’effet, sur un ensemble d’opérateurs, de la formalisation de l’activité d’une de leur collègue, il y a bien des années, dans une usine de transformation de la laine du Nord, lors d’une réunion de son Comité d’Entreprise1.

8
Nous y présentions notre analyse de l’activité au nouveau poste de cette opératrice. Les résultats étaient mis sous forme de graphes assez complexes appelés « chroniques de l’activité ». L’une d’elles illustrait les difficultés rencontrées au fil du temps par l’opératrice pour enchaîner les opérations selon la séquence prévue alors que survient — de plus en plus fréquemment — un type particulier d’incident.

9
Kader était surnommé ‘Soupe au lait’ à cause de ses réactions explosives en séance, lorsqu’il voyait qu’on n’entendait pas ce qu’il tentait de dire. A la vue de cette chronique, il s’était exclamé :

Eh ben voilà. Ça fait des mois que je disais que ce ne serait pas possible de tenir le poste (dans les nouvelles conditions). Ici, le dessin le montre. On ne voulait pas m’entendre. Mais là c’est bien clair.

10
C’est le genre de déclaration qui vous reste gravée en mémoire. Un ancien de ma profession avait insisté pour que je montre cette chronique : ‘Si, si, tu verras. Cela ne posera pas de problèmes aux opérateurs : eux, ils savent’. Et, de fait, avec cette tirade de Kader, nous voyions pour la première fois l’efficacité augurée de cette mise en forme.

1.1. Mettre en formes pour donner à voir.





11
Voir l’activité de travail condensée en une forme géométrique était inhabituel pour les représentants au Comité d’Entreprise, mais cette forme ne leur était pas obscure ou étrangère. Le dessin de la chronique ne passe pas par le langage, mais le renforce ou vient au secours de qui est confronté, comme Kader, aux difficultés à dire les événements liés au(x) temps dans la situation de travail. C’est donc un moyen ou une ressource pour l’expression.

12
Ce relais pris par le schéma évite la longueur d’un discours qu’il est parfois périlleux d’entreprendre. Trop technique, il aurait peu de chance d’être parfaitement compris voire même compréhensible. Le schéma est « plus parlant » et laisse davantage de traces mnésiques.

1.2. Mettre en mots pour donner à entendre.






  • 2 Pour une description partielle des problèmes que rencontre le linguiste s’intéressant au langage da (...)




13
Il n’y a pas que le schéma ou le dessin auxquels on puisse avoir recours. La formalisation passe aussi par l’interaction verbale entre l’intervenant et l’opérateur. Mais formaliser par c’est s’exposer à de nombreux problèmes2 notamment, d’une part, le problème de la mise en mots pour celui qu’on interroge : trouver les mots pour dire n’est pas toujours évident surtout s’il s’agit d’exprimer les sensations physiques ressenties par le corps ; et, d’autre part, le problème de la réception : comment nous comprenons ce qu’il entend quand il nous dit.

14
Sur ce modèle, plus que réducteur, simpliste, de l’émetteur-récepteur se combine la question du lexique et du glossaire.

15
L’intervenant est souvent totalement étranger au métier qu’exerce l’opérateur.

16
Dans tous les métiers, il y a des mots spécifiques, comme ‘gills’ ou ‘bump’ entendus dans le peignage de laine. Ce sont des mots typiques, étrangers à notre propre vocabulaire.

17
On doit se les faire expliquer. Il s’agit en effet de les apprendre au plus vite : ils permettent d’augmenter la précision des échanges verbaux, mais aussi de montrer à l’interlocuteur du métier qu’on n’est pas là en touriste, etc... Le repérage de ces mots « exotiques » ou « autochtones » est très facile du fait de leur nouveauté.

1.3. Lexique et glossaire.





18
Le piège, ce sont les mots apparemment communs, ceux pour lesquels l’intervenant extérieur a déjà une ou plusieurs représentations. En effet, si nous les comprenons avec l’acception habituelle, nous risquons de passer à côté d’une acception particulière. Cette confusion et cette apparence aveuglent : elles maintiennent masquée la distinction qu’il y avait à percevoir et peuvent faire commettre de graves erreurs de compréhension, et donc d’orientation de l’action (évaluer, conseiller, concevoir, transformer, etc.).

19
Nous illustrerons ce point à l’aide d’un exemple.


  • 3 « Ce qu’on appelle la « compréhension » et l’« évaluation » de l’énoncé (l’accord ou le désaccord a (...)



(extrait du rapport remis à l’entreprise d’insertion par l’économique dans le domaine de la collecte-tri-valorisation des déchets, notamment des Déchets Industriels Banals DIB. )
Ce qui est important à saisir dans ce qui sera dit (au cours de cette réunion), ce n’est pas la signification que nous donnons à tel ou tel mot, spontanément à partir de notre expérience, mais bien la signification que ces locuteurs là veulent nous dire parce qu’elle est fondée sur leur pratique quotidienne. Conséquence : notre écoute doit être très active, elle doit se défier de nos a priori.
La réunion pour la conception de la nouvelle installation a eu lieu, le Directeur ayant retenu l’idée de la participation des opérateurs. En les convoquant, on convoquait aussi leur expérience propre dans cette première réunion. Les participants sont deux opérateurs du tri, un encadrant DIB, des architectes spécialistes de ce genre d’installation, le Directeur et nous-mêmes.
(Il a fallu environ deux heures de réunion avant que) nous puissions constater des décalages - d’une ampleur insoupçonnée et que nous avons contribué activement à faire ressortir - entre la perception des opérateurs, celle du cadre DIB, celle des architectes et celle du directeur, différences liées aux fonctions des uns et des autres qui déterminent des « points de vue » différents3.
[...] Ces écarts de signification portaient notamment sur les termes « tas », « tri » et « préstockage ».

Ecart sur « tas »
* L’agent de maîtrise DIB en a une acception « restreinte ». Elle est très proche de l’unité « benne » qu’il s’agit de préserver pour pouvoir y prendre un maximum d’informations et de maintenir comme unité (entité) jusqu’à ce que le tri effectif l’ait presque épuisée. Cette acception est proche de l’idée qu’en ont exprimée les opérateurs de base. Elle tend à justifier la nécessité de garder de l’espace sur toute la périphérie du tas le plus longtemps possible pour y accéder et l’inspecter.
* Le directeur en a une acception plus large. Elle englobe les différents états chronologiquement successifs. Elle inclut les produits triés de la benne entrante jusqu’à leur stockage, intégrant donc les flux des dérivés du tri.
* Pour les architectes, le tas peut être constitué de différentes bennes regroupées à l’aide d’un engin de poussage. Ici on sent la prégnance du souci d’économiser-gérer-optimiser la surface louée en fonction d’un flux (« variant de 1 à 6 ») des entrants.
Pour l’Agent de maîtrise, le poussage devait être fait de manière à « ne pas démonter le tas (contenu déversé de la benne), à ne pas le bouger ». On peut le pousser à condition de veiller à ne pas le chambouler, à ne pas disloquer la présentation qu’il avait au moment de son déchargement du camion. Cela renvoie à la notion de « barrière » que les opérateurs disent rencontrer dans le contenu du tas lorsqu’ils le trient... et à « faire le trou ».

Ecart sur la notion de préstockage
*Elle signifie pour l’Agent de maîtrise que le tri est terminé et que les produits sont en attente de passer au conditionnement final pour être stockés puis emportés par les clients de la filière en aval.
* Pour les architectes-concepteurs, le préstockage est en amont du passage au tri fin et à la presse.

La notion de tri reconsidérée
Finalement les décalages sur les deux précédentes notions entraînent également le retravail de la notion de « TRI ».


  • 4 On a très exactement ici le point origine de la conception du nouvel outil mentionné par Marie-Clau (...)




20
Si nous n’avions pas souligné ces décalages, dans la séance de travail, la réunion aurait continué en porte-à-faux4, tout le monde parlant de ‘Tas’, de ‘tri’ et de ‘préstockage’ sans qu’aucun ne désigne la même réalité et l’installation aurait été bâtie sur le modèle standard.

21
Ce moment clé de la mise en évidence des décalages est un moment très intense de découverte pour chacun des protagonistes : on avait un mot ‘TAS’ et un sens supposé commun du mot ; on découvre des différences de significations ; cette découverte des différences n’est anodine pour personne dans le groupe.

22
Comment étions nous parvenu à ce point ? Nous avions passé du temps devant la vidéo. Nous avions passé du temps à travailler à l’élaboration des règles pour l’action avec Azzedine. Nous, intervenants extérieurs, avions déjà pu acquérir une certaine idée — connaissance — de ce travail aux DIB. Nous étions ainsi en mesure de percevoir des difficultés dans les échanges entre les 4 catégories d’acteurs lors de la première réunion de conception.

23
C’est parce qu’elles apparaissent clairement qu’il a été possible de construire ensemble un « sens approprié » qui serve de repère, de diapason.

24
C’est parce qu’on a entendu, de la même façon et pour la première fois, ce que les opérateurs du tas voulaient dire dans leur usage du mot ‘Tas’ que l’outil produit est d’une originalité exemplaire et a permis d’accomplir des performances économiques attestées (voir Le Monde du 30 janvier 1996).

25
C’est dire que, parmi les conditions d’efficacité des interactions verbales au cours des délibérations, officielles ou spontanées, il faut tenir une règle : rien de ce qui est dit n’est accessoire et tout doit être entendu dans une attitude d’écoute active. Il était de notre fonction, dans la réunion citée, de signaler ces décalages.

26
La circonstance rappelée ci-dessus semble faire écho à cette citation de Bakhtine (1987, pp. 43-45) :


  • 5 On notera l’analogie avec la physique, la réfraction étant, selon le Dictionnaire du Français Conte (...)



« L’être, reflété dans le signe, ne fait pas que s’y refléter, il s’y réfracteégalement. Qu’est-ce qui détermine cette réfraction5 de l’être dans le signe idéologique ? L’affrontement d’intérêts sociaux contradictoires dans les limites d’une seule et même communauté sémiotique, c’est à dire la lutte des classes.
Classes sociales et communauté sémiotique ne se recouvrent pas. Nous entendons par le second terme la communauté utilisant un seul et même code de communication idéologique. Ainsi des classes sociales différentes usent d’une seule et même langue. En conséquence, dans tout signe idéologique s’affrontent des indices de valeur contradictoires. [...]. Cette pluriaccentuation sociale du signe idéologique est un trait de la plus haute importance. De fait c’est cet entrecroisement des indices de valeur qui rend le signe vivant et mobile, capable d’évoluer ».

27
Encore faut-il pouvoir repérer cet entrecroisement dans la vie courante. L’effort pour entrer dans le glossaire de l’usage particulier des mots — surtout les mots apparemment communs, sans typicité évidente — est essentiel pour atteindre les visées fixées à l’ action de l’intervenant sur les situations de travail, même si :


  • 6 M. Bakhtine « Le problème du texte en linguistique, philologie et dans les autres sciences humaines (...)



« Étudier, dans le créé, le donné, (par exemple la langue, les éléments déjà constitués et généraux de la conception du monde, les faits réels reflétés, etc...) est bien plus facile que d’étudier le créé même »6.

2. L’écrit dans le travail de l’ergonome.

28
Les écrits produits au cours du travail de l’ergonome sont de deux ordres. D’une part, il y a des textes qu’on peut faire produire par l’opérateur dans le cadre d’une recherche de formalisation de son expérience. D’autre part, il y a les textes produits par l’ergonome lui-même comme le rapport d’étude à remettre à l’entreprise en fin de mission.

2.1. Faire advenir la parole de l’opérateur sur son expérience.





2.1.1. La demande.





29
Il y a quelques années, cette entreprise d’insertion par l’économique (voir l’encadré ci-dessus) où les opérateurs sont tous des « exclus » nous demandait de l’aider à créer le nouveau métier de valoriste. Nous devions ensuite inventer une nouvelle installation à la fois pour améliorer les situations de travail existantes et pour être en mesure de répondre à l’augmentation de la quantité de matière à traiter. Nous avions mis au point, avec l’entreprise, un calendrier initial d’intervention à deux étapes, la seconde devant s’appuyer sur des connaissances formalisées au cours de la première.

30
Mais l’entreprise a dû saisir une occasion qui ne se représenterait plus. Ce changement dans le contexte de notre intervention nous obligeait à comprimer le programme initial et à construire une nouvelle « méthodologie de l’urgence » qui tienne compte des dernières avancées méthodologiques expérimentées avec succès par des praticiens chevronnés.

2.1.2. La grammaire pour conjuguer les expertises.





31
L’idée a été de convoquer l’expérience d’‘exclus en cours d’insertion’, expérience de ce qu’est leur activité puisqu’ils la pratiquent, dans cette entreprise, tous les jours depuis environ six ou huit mois.

32
Nous avions fait un enregistrement vidéo et demandé que deux opérateurs volontaires nous aident. Il s’agissait de mettre en mots le plus possible des « règles » que l’opérateur se donne « pour l’action ». Au plus ancien des deux, nous avons donné la consigne de présenter ces règles sous une forme grammaticale du type : « Quand (événement X), alors je (verbe d’action) ». Cette structure grammaticale a été le guide systématique et une aide très efficace pour énoncer ces « Règles-Pour-l’Action ».

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 15:05

2.1.3. Quelques effets consécutifs.





33
Il se nomme Azzeddine. Il a environ 28 ans au moment de l’étude. Il a été six ans ‘clochard’. Il bégaye fortement. Quand il a eu compris que, pour nous, sa déficience n’était pas un handicap, que son expérience pourrait trouver à être exprimée fût-ce sous forme écrite, il a pu rédiger plus de 160 de ces règles.


  • 7 Nous avons présenté et défini cette notion en détail dans B. Pèlegrin - A. Martin - M. Bodinier : « (...)




34
Obtenir, de la part d’un individu à la dérive depuis de si longues années qu’il participe aussi pleinement à ce que nous avons appelé, à l’époque, la « co-élaboration7 », ce n’était déjà pas mince.

35
Mais il y a plus. Cette co-élaboration a permis d’une part de constituer un « thesaurus ». Il a servi de base pour créer le nouveau métier de valoriste. La co-élaboration a permis d’autre part, de concevoir la nouvelle installation souhaitée ainsi qu’un nouveau système technique breveté. L’un et l’autre sont de conception très différente des installations traditionnelles, plus efficaces (économiquement) que les outils habituels de ce type d’industrie et « vécus » par les opérateurs comme de réelles améliorations pour leur travail.

2.1.4. Conclusion.





36
Six mois après cette expérience, le P.D.G. de l’entreprise nous donnait ce témoignage : ‘Azzeddine ne bégaye plus que très rarement’.

37
La formalisation de l’expérience peut avoir du bon sous réserve qu’une condition soit respectée : que l’on ne pense pas que les détenteurs d’expertise efficace sont seulement ceux que l’entreprise fait venir de l’extérieur sous le vocable « experts ».

2.2. Ecrits produits par l’ergonome.





38
Le rôle de l’écrit produit par l’ergonome est important, selon nous, pour plusieurs raisons.

39
D’abord, c’est une formalisation partielle de cette expérience particulière de la rencontre de l’intervenant et de la situation de travail à transformer, qu’il a observée, qui a été parlée dans les interactions verbales entre l’intervenant et le ou les opérateurs. Ceux-ci ont essayé de dire leur expérience de leur travail au quotidien, c’est-à-dire d’y réfléchir et de l’expliquer pour la faire comprendre.

40
En second lieu, l’écrit est l’un des moyens, pour l’un, d’expliquer ce qu’il en a compris et, pour les autres, de valider cette partie là du processus de transformation enclenché.


  • 8 Vygotski (1985, p. 262-263) s’intéressant au travail de l’enfant pour former une phrase écrite, nou (...)




41
Ensuite, c’est s’exposer à un exercice difficile : passer du langage intérieur au langage écrit8. L’écrit est une mise à plat, une mise en ligne, celle de la phrase qui se déroule en un seul sens. C’est un exercice périlleux parce que le lecteur va pouvoir, quand il le voudra, revenir en arrière et reprendre le fil, ce qui n’est pas le cas, ou bien moins, dans le fil de la conversation orale.

42
Par ailleurs l’écrit déroule plusieurs fils chaque fois isolément. Il met en relation, mais par un système déployé, ce que les interactions verbales offrent simultanément par plusieurs registres d’indicateurs vocaux (intonation, ton de la tirade, accentuation toniques, etc... ) ou comportementaux. L’écriture d’un rapport d’étude ne peut être que dépouillée de ces adjuvants d’abord par les caractéristiques mêmes de l’écrit et ensuite parce que la vocation du rapport écrit n’est pas d’être une création littéraire au sens d’objet d’art où l’esthétique aurait une part essentielle.

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Dernier point. Le rapport écrit est le moyen de laisser volontairement, dans l’entreprise, une trace de l’intervention qu’on a faite. L’écrit d’un rapport est un objet de travail sur le travail étudié (« une activité sur l’activité » selon l’expression de Daniel Faïta) qui, pour chacun, intervenant ou opérateur, a une dimension formatrice (formative ?) éminente.

3. Les surplus d’intervention comme matériau à traiter.

3.1. Comment l’Ergonome ancien kiné devient auteur de textes « personnels ».





44
Le kiné, comme l’ergonome, ont chacun un bagage conceptuel outillant leur exercice professionnel quotidien. Avec l’exposition au terrain (les patients ou les entreprises comme « corps social »), ils apprennent à moduler les gestes en fonction des spécificités chaque fois nouvelles pour adapter au mieux leur démarche et leur action.

45
Pour l’un et l’autre, les catégories que les disciplines leur ont données servent de point de repère. Mais, à l’heure et dans le lieu de la rencontre avec le patient ou la situation de travail, ces points de repère doivent être mis en veilleuse. Il s’agit alors de se mettre en tension vers l’extérieur : l’intervenant doit ouvrir grand tous ses pores pour capter. Le kiné doit ouvrir grand la main sur la cuisse du (de la) patient(e) pour capter les signes réflexes du quadriceps se défendant contre la manoeuvre de flexion qu’il impose au genou enraidi, signes réflexes qu’on apprend à détecter sous la peau avant même que le patient ait eu la possibilité de trahir sa douleur par une grimace ou un gémissement. L’Ergonome doit aussi être à l’« écoute » de bien d’autres interlocuteurs dans l’entreprise que les seuls opérateurs à leur poste de travail.

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Donc être extra-verti (tourné vers) pour être en mesure, en posture ou plutôt en disposition de capter. C’est-à-dire regarder mais aussi voir, écouter mais aussi entendre, toucher mais aussi tâter, etc.... passer au degré deux de la perception et s’y tenir.

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Cela suppose un effort volontaire de la part de l’intervenant pour sortir du niveau un, le niveau de son confort, celui vers lequel il aura tendance à revenir s’il relâche son attention. Cela suppose une écoute (très) active pour entendre ce que le locuteur y « en-tend ». La mise en écoute active, c’est ne pas s’arrêter à l’énoncé reçu (produit fini, résultat) mais faire effort sur soi-même pour éviter la « surdité » à ce qui « sourd » du locuteur et provoque le processus d’énonciation de son énoncé. L’écoute (très) active, c’est à chaque instant sortir de mon « habitude », l’habitude que j’ai d’avoir telle acception de tel énoncé : c’est plus coûteux pour soi mais comme l’intérêt c’est de mieux comprendre l’autre... Cette écoute (très) active, ce n’est pas un don reçu, c’est un don que je me dois de faire à l’autre pour entendre le plus clairement possible le don de lui qu’il est en train de me faire, à ce moment toujours unique.

48
Qu’est-ce qui peut faciliter ce travail ?

49
Il est clair que l’analyse ergonomique de l’activité de travail, élément capital pour le processus de co-élaboration où seront parties prenantes les différentes « classes » d’opérateurs de l’entreprise, est fondamentale pour l’intervenant. C’est le moyen par excellence, pour lui, d’entrer dans ce qui fait la substance même de la connaissance qu’ont les opérateurs du fait de la pratique au quotidien de leur travail.

50
C’est par ce qu’il y aura appris que l’intervenant peut être en mesure de percevoir ce que l’opérateur au tas « en-tend » lorsqu’il utilise ce mot apparemment anodin ‘TAS’. Encore faut-il que l’intervenant, « appartenant à la même communauté linguistique, considère également la forme linguistique utilisée comme un signe changeant et souple et non comme un signal immuable et toujours égal à lui-même », pour reprendre le mot de Bakhtine (1987, p. 100).

51
Parmi les conséquences pour l’expérience de l’intervenant, on peut relever deux points majeurs.


  • 9 M. Bakhtine indique dans « Marxisme et philosophie du langage », p. 101 (et aussi note 3 p. 101) : (...)




52
D’une part, il est possible de se maintenir à un niveau de vigilance élevé pour détecter l’occurrence de termes pour lesquels la mise à jour d’une acception spécifique est à poser d’emblée. La constitution d’un glossaire peut être le moyen de parvenir à guider cette écoute particulièrement active et aide à s’installer dans la position d’apprendre une (quasi) langue étrangère9. Cet état permet de détecter les mots apparemment communs comme autant de signaux afin de les prendre en tant que signes renvoyant à la signification de ce qui est en train de se dire. En d’autres termes, le mot commun devient signal pour l’action de l’intervenant.

53
D’autre part, dans cette « dis-position », l’intervenant glane, ramasse et engrange bien plus d’informations qu’il ne lui sera possible d’en restituer dans le rapport d’étude à l’entreprise.

3.2. Le processus préparatoire de l’écriture.





54
De ce fait, il y a toujours un « surplus » dans toutes les expériences d’intervention. Ce surplus peut parfois être une sorte de charge qui lui resterait dans la conscience moins en tant qu’intervenant qu’en tant qu’homme.

55
L’écrit en forme de rapports d’étude, un jour, ne suffit plus. Il devient évident qu’il faut écrire sous d’autres modalités, ce qui, des relations établies dans le cours des interventions sur le terrain, fait surplus. Parce qu’il y a là une puissance, un potentiel, comme un ferment : c’est en fait un surplus actif.

56
On peut dire que le lien entre les deux types d’écrits (professionnels, personnels) est dans la manière de procéder avant d’écrire : l’énoncé (le mot dit par l’opérateur, le mot en tant que forme actuelle pour la création de l’écrivant) n’est que la partie émergée de l’iceberg. L’énoncé ne doit pas occulter le fait même de l’énonciation comme symptôme essentiel.

57
Pour l’intervenant, la possibilité d’énonciation s’appuie sur une sorte d’examen clinique particulier. L’ergonome se base également sur les informations recueillies auprès des différents interlocuteurs pour mieux appréhender la demande et l’attente de l’entreprise. Il effectue son propre examen dans les situations de travail pour « situer » ce cas par rapport à ceux de son expérience.

58
Lorsque je souhaite passer à une écriture personnelle à partir ou autour d’un mot, je commence en général par une sorte de recherche étymologique. C’est une manière de s’extraire de la façon coutumière d’entendre tel ou tel mot. Il s’agit de remonter le processus ayant conduit à la forme actuelle du mot. La fonction de cette recherche est la même que celle de l’analyse de l’activité au poste par laquelle l’ergonome se pourvoit de connaissances particulières sur la spécificité de la situation pour mieux entendre l’opérateur et ajuster son action.


  • 10 Expression librement adaptée de la notation de Benveniste que relève Paul Ricoeur (1995, p. 133) : (...)
  • 11 « Ces trois opérations - préfiguration, configuration, refiguration - soulignent les liens du récit (...)




59
A mesure que la phase accumulative dans l’expérience de l’intervenant avance, les matériaux sont rassemblés en ce qu’on pourrait appeler une sorte de « préfiguration ». Conjointement une phase de « reversion créative »10 se prépare jusqu’au moment de l’agencement de ces « surplus » par l’intermédiaire des mots à affûter en une « configuration ». Viendrait enfin — mais nous ne pourrons l’aborder ici — l’évaluation difficile de ce que le monde du texte ainsi écrit aura pu donner et créer, « refigurer »11dans le monde du lecteur ou de l’auditeur.

4. La prise de langue.

60
Dans cette étape de l’agencement des « surplus » pour configurer, il s’agit d’entrer dans une sorte d’intimité avec les mots pour en affûter le maniement. Il faudra, d’une part, ouvrir l’éventail des jeux possibles, notamment en parcourant à rebours la diachronie sémantique pour retrouver une sorte d’« atmosphère d’indétermination plus ou moins sensible » (Valéry, 1957, p. 1350). Il faudra d’autre part faire que ces jeux possibles permettent de rendre la « réfraction de l’être dans le signe » que Bakhtine pose à l’origine de « la pluriaccentuation sociale du signe idéologique ».

4.1. Configuration.





4.1.1. De l’usage des dictionnaires.





61
L’usage du dictionnaire est complètement différent dans l’écriture professionnelle et l’autre écriture, dès lors que le « réitérable » n’y a pas le même statut.

62
Dans les rapports d’étude, c’est par exemple l’orthographe ou le sens orthodoxe précis qui est recherché, celui qui colle clairement à la précision souhaitée dans ce cadre.

63
Dans l’écriture personnelle, on utilise les dictionnaires d’étymologie, et les dictionnaires de latin et de grec. Les premiers servent à remonter dans l’évolution du mot pour retrouver le halo primordial, l’amnios dans lequel il s’est formé puis distingué, dérivant jusqu’à son usage actuel. Les seconds sont utilisés pour voir l’amorce des rameaux connexes à celui du mot qui intrigue. Cette exploration est utile pour cerner ce que le mot, dans son usage actuel, comporte encore de cette presque indétermination primitive, de ce flou, pour ensuite tenter d’intégrer, dans le texte, les fruits de cette étude préalable.

64
Cette préparation à l’écriture personnelle qui consiste à remonter dans les arbres étymologiques, pour faire un visionnage de l’évolution de tel ou tel mot, est une sorte d’inspection de la mémoire humaine contenue, et comme usée, dans ce long périple que le mot a parcouru pour arriver jusqu’à nous.

4.1.2. Détecter les jeux du mot.





65
Comment les mots résistent à l’usage qu’on veut en faire ?

66
Le problème vient de ce qu’ils ne doivent pas seulement être reflets de ce que la langue pourrait avoir de précis pour dire : cela, c’est ce qui est recherché dans l’écriture de rapport d’étude.

67
La découverte, dans la situation de travail, du phénomène de réfraction nous a conduit à développer une pratique du glossaire local, de recension de ses mots aux significations typiques. Ces significations typiques, quand on les repère, quand on les perçoit, quand on les reçoit, alors qu’elles restaient jusque là inapparentes, sont une ouverture soudaine à une polysémie effective, rare et riche.

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C’est ce vent de polysémie que j’essaie de rendre, d’insuffler dans la construction de mes écrits personnels. Je cherche à y aborder cet entourage de sensations que le mot, comme un astre, porte en halo.

69
Le mot semble une étiquette trop étroite et statique. Remonter en amont est important pour voir cet état présent non comme un produit définitif mais comme le résultat d’un processus qu’il s’agit de retrouver et d’utiliser d’une certaine manière dans le texte à créer. Au fond la démarche est la même quand on ‘élargit’ le ‘patient’ pour prendre en charge l’homme ou la femme souffrants qui n’est pas que le cas étiqueté par le médecin. Elle est la même encore lorsqu’il y a rencontre sur le terrain entre l’ergonome et l’opérateur(trice). L’interaction se passe non seulement entre celui-ci (celle-ci) et celui-là, mais entre un homme (une femme) et un congénère ayant chacun leur histoire, leurs aspirations et leurs projets, leurs espérances et leurs désirs.

70
L’espace du poïétique, là où réside la « puissance », c’est-à-dire cette capacité non encore réalisée, est dans la trame fragile et éphémère dont le mot — et son sens actuel habituel — n’est qu’une des croisées repérable. P. Ricoeur précise (pp. 258-259) :

« (dans l’œuvre d’art), la polysémie est évidemment recherchée pour elle-même. On est en présence d’une intention de signifier qui va très au-delà de l’événement, qui cherche à rassembler tous les aspects qui seraient dispersés dans les descriptions. [...] L’œuvre d’art est ainsi pour moi l’occasion de découvrir des aspects du langage, que sa pratique usuelle, sa fonction instrumentalisée de communication dissimulent ordinairement. L’oeuvre d’art met à nu des propriétés du langage qui, autrement, resteraient invisibles et inexplorées ».

4.1.3. Une conquête.





71
Le travail qui consiste à mettre en mots dans l’écriture personnelle est une circonstance au cours de laquelle on conscientise son propre rapport à la langue. C’est une expérience de construction de la parole dans la langue qui nous préexiste et qui, de ce fait, nous résiste.

72
On peut citer ici Bakhtine (« Les frontières entre poétique et linguistique » in Todorov, 1981 : 275) :

« Aucun mot n’est donné à l’artiste dans une sorte de virginité linguistique. [...] Les intonations nouvelles rencontrent inévitablement, au sein du matériau, des intonations anciennes qui sont déjà là. [...] C’est pourquoi la création du poète, comme celle de tout autre artiste, n’est capable de procéder qu’à certaines réévaluations, qu’à certains changements d’intonations, qui seront perçus par lui et par son auditoire sur le fond d’évaluations et d’intonations anciennes. »

73
Ce que je souhaite utiliser comme énergie pour faire ces déplacements c’est celle que j’ai collectée dans ce qui fait surplus lors de l’intervention sur le terrain L’écrit professionnel ne permet pas de rendre compte du phénomène ‘énergétique’ dont il est question.

74
Par contre, dans l’écrit personnel, il ne s’agit plus de rendre compte d’un événement extérieur. Il s’agit, malgré tout, de rendre, à distance (dans le temps et dans l’espace) de l’événement générateur, ce qui était à l’oeuvre, à ce moment de « préfiguration », en cet endroit, dans l’ordre même de la perception (interne, intime) contemporaine de l’événement.

« La compréhension créatrice ne renonce pas à soi, à sa place dans le temps, à sa culture, et n’oublie rien. La grande affaire de la compréhension c’est l’exotopie, de celui qui comprend - dans le temps, dans l’espace, dans la culture - par rapport à ce qu’il veut comprendre créativement. » (cf. Bakhtine, in Todorov, 1981 : 169).

75
Cette énergie, c’est celle ressentie très précisément au moment où l’on prend conscience de l’intrusion d’une signification nouvelle parmi les habituelles. C’est l’énergie qui se capte au moment de la perception de ce franchissement d’un seuil qualitatif, ouvrant la compréhension, dans ce moment de l’interaction.

76
Dès lors que j’essaie de transmettre, par une « configuration » nouvelle, ce « phénomène énergétique », sans le décrire en tant que tel, les mots d’un texte que j’écris sont nécessairement plus que les mots écrits. Je les utilise en essayant de faire deviner l’emploi ‘enrichi’ ou ‘déplacé’ que je leur donne et dans lequel je souhaite que le lecteur puisse presque-voir, percevoir le halo qu’ils traînent et comportent. Il ne leur revient pas ici de restituer une réplique mais de supporter une sorte d’image virtuelle non achevée que le lecteur « refigurera », complétera à sa manière en la tenant dans sa propre optique, en la rapportant ainsi à l’aune de sa propre expérience sensible. Mais là nous entrons dans une autre sorte d’interaction où se niche la question de l’esthétique que nous ne pouvons aborder ici.

4.2. Un cas.





77
Un témoignage pourrait apporter un éclairage pratique.

78
De la chaîne préfiguration — configuration — refiguration, il m’est arrivé de voir fonctionner la totalité, mais nous n’en rapporterons ici que les deux premières étapes.

4.2.1. Préfiguration.





79
L’étape de préfiguration était constituée des éléments recueillis au cours de notre travail dans l’entreprise d’insertion par l’économique et notamment de mon travail avec Azzeddine, l’auteur des 160 règles pour l’action à partir de sa connaissance propre du travail dans le tas.

4.2.2. Produit de la configuration.






  • 12 Le texte « ... Ne lui a laissé qu’elle.... » est reproduit ici avec l’aimable autorisation de la re (...)




80
Le produit de la seconde étape, celle dite de configuration peut être rapporté ici in extenso12.

... NE LUI A LAISSÉ QU’ELLE...

Lorsque la vie ne lui a laissé que
... la vie
Quel sort !


A peine né, gosse puis adolescent,
sorti du collège, débarquant dans l’emploi...
Que d’obstacles surmontés déjà.
Et l’ayant, acquérir un métier
et être fier de le maîtriser.
Elargir aux collègues le souci
de communs intérêts, envisager ainsi
l’avenir et te le tracer, le baliser
pour être.


Quand tu
es
débarqué,
quelle débâcle !
Pour les tiens, pour tes liens, pour tes biens
sans toit peut-être
et, un jour,
sans acquêt sans toi.
Vidé. Bouche bée. Muet.
Sans amarres. Désarmé. Désaimé.


Par quel sortilège que la vie te lègue,
te voilà - totalement inenvisagé,
totalement improbable -
sorti, expulsé comme un surplus sans valeur,
violé de toute part allodiale, reliquat liquidé,
incapable
de crier au voleur,
mendiant esseulé, relégué au ban,
banalement enlisé sans île,
à la dérive dans
ce lisier fangeux banalisé,
hors la loi, renégat
forcé à l’apostasie
en quête d’asile.
D’où vient ce legs ?
Qui ou quoi légifère de la sorte
- et sans courage -
que cette vie ne vaut plus
rien,
que ta vie bascule tant
que tu en perds, en plus,
la face.
Clochard, depuis tant de temps seul,
tancé, exclus parmi les déchets
forcé au silence,
longtemps tu as marché.
Que fait que tant de force as,
pourtant,
après un tel travail sur toi ?
Cette loi du marché à la sale trogne
peut-on encore longtemps ne
laisser qu’elle
nous mener par le bout du nez,
dominer sans vergogne ?
Et les financiers aussi,
- seuls inclus dans leur monde propre dissolu -
immondes des immondices de leurs calculs,
consciencieusement finassiers,
pourront-ils longtemps encore
nous ballotter sans honte
en toute immunité ?


Envisageons autre point de vue :
un régime de contraintes allégées
il se peut qu’il faille alléguer...
pour vivre.


Empathie de base et franc-jeu.
Et le bègue,
en asialie longtemps de sa soif de parler,
se fait comprendre.
L’important n’est pas cette gêne
liée à son parcours de vie
mais ce qu’il veut dire
ce qu’il veut faire entendre.
« Il faut que tu m’écoutes,
il faut que vous me lisiez ».
Qu’à deux au moins on comprenne,
quand il vous dit
comme aujourd’hui il travaille courageux,
- avec d’autres qui, cela, comme lui, ont vécu -
non pas à trier les déchets mais « à valoriser
des produits
à recycler ».


La tâche s’étend.


On l’a aidé à laisser l’errance,
sortir du cours des laissés « pour compte ».


Sur le banc de sable blanc
en grève, le soleil noircit,
le ciel se charge, la brise charrie
des nuages gros, graves de rage
La chaleur accablée de froid
laisse prévoir l’orage.
Ce n’est pas poudre aux yeux.
Et le tonnerre pourrait n’être
que le vacarme
de l’étincelle espérance en foudre...
pour qui lutte et se résout à en découdre.
... Que travaille et se renforce
l’alizé renaissant d’humanité.


Bernard PELEGRIN 13/03/94
* si j’écris ça c’est à cause, pour, grâce à FILIGRANES. Dix ans déjà.
Eh bien longue vie. Je ne vois pas que j’eusse pu le faire ailleurs.

81
J’ai présenté ce texte au cours du séminaire fêtant les dix ans de la revue. Plusieurs de mes textes antérieurs avaient été publiés mais sans que jamais je n’aie eu la possibilité de les « entendre ». Je demandais au directeur du séminaire s’il était possible que celui-ci soit lu à voix haute par des participants, eux-mêmes tous écrivants. Il leur a proposé de le mettre en voix, chacun étant libre de prendre la parole.

82
J’imaginais que le premier en lirait quelques premières lignes, qu’un second lirait les suivantes, et ainsi de suite pour obtenir le texte entier.... En fait, chacun mit en parole le passage qui lui « parlait » le plus.

83
L’intonation, la conviction, la charge émotionnelle de chaque voix, de chaque passage, sans discontinuer pendant plusieurs minutes, enchevêtrement de voix d’hommes et de voix de femmes, la trame de l’écrit se trouvant ainsi lestée de toute l’énergie de la tessiture et des harmoniques charnelles, eurent tôt fait de me submerger d’une émotion très intense, jamais ressentie jusqu’alors, inouïe.

84
Cette expérience sensible rare ouvre sur la question de ce qui se passe dans le secteur de la refiguration que produit le texte écrit, qu’il faudrait traiter ailleurs.


85
Encore trois remarques à l’issue de ce court périple dans les arcanes de l’écriture.

86
La première peut paraître triviale : le signe comporte deux versants.

87
D’une part il n’est pas la chose, il est en retrait par rapport à elle et il engendre de ce fait un ordre nouveau qui s’ordonne à une intertextualité.

88
D’autre part, le signe désigne quelque chose. Cette seconde fonction est très importante. On peut dire que c’est cela qui délivre le signe de son exil dans son ordre propre (abduction) par un effet qu’on pourrait qualifier de transduction.

89
Deuxième remarque à partir de l’effet que j’ai très fortement et intimement ressenti dans ce moment de la mise en voix.

90
La communication esthétique ne s’accomplit pleinement que dans la situation de l’interaction qui suppose que l’oeuvre soit créée et donnée et que le lecteur qui la perçoit la délivre dans son monde. On rappellera cette citation de Bakhtine (cf. Todorov, p. 188) :

« Le trait caractéristique de la communication esthétique consiste précisément en ceci qu’elle s’accomplit pleinement dans la création de l’oeuvre d’art, dans son perpétuel renouvellement par la perception cocréatrice, et qu’elle ne demande pas d’autres objectivations ».

91
Dernière remarque.

92
J’ai trouvé dans l’écriture personnelle un moyen — il en existe d’autres mais au moins celui-ci me convient — pour transmettre à autrui quelque chose de mon expérience qui, sans lui, ne trouverait pas à être mis à distance ni à être dit. Mais Ricoeur le dit mieux que moi (p. 269) :

« Quelque chose de (l’)expérience (de l’artiste), précisément parce qu’elle a été portée par une œuvre, va pouvoir être communiqué. Son expérience nue, elle, était incommunicable ; mais du moment qu’elle peut être problématisée sous la forme d’une question singulière à laquelle il est répondu adéquatement sous la forme d’une réponse singulière aussi, alors elle acquiert une communicabilité, elle devient universalisable. L’œuvre augmente iconiquement le vécu indicible, incommunicable, fermé sur lui-même. C’est cette augmentation iconique, en tant qu’augmentation, qui est communicable. »


  • 13 certifié par le Center for Registration of European Ergonomists.
  • 14 textes publiés dans la Revue FILIGRANES, Allée de la Sainte Baume - 13470 Carnoux en Provence. « Cr (...)




93
Bernard Pelegrin : Ergonome13, Ecrivant14

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Bibliographie



Bakhtine, M., (1994), Esthétique et théorie du roman, Gallimard, coll. TEL.
Bakhtine, M., (1987), Marxisme et philosophie du langage, Ed. Minuit.
Mongin, O., (1994), Paul Ricœur, Seuil.
Ricœur, P., (1995), La critique et la conviction, Calmann-Lévy.
Todorov, T., (1981), Mikhaïl Bakhtine - le principe dialogique, reprint 9-93.
Valéry, P., (1957), Oeuvres I, La Pléiade.
Vygotsky, L.S., (1985), Pensée et langage, Éditions sociales/Messidor.
revue FILIGRANES
revue LANGAGES numéro 117 « Les analyses du discours en France ».
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Notes



1 L’ergonome intervient en entreprise. À partir d’une demande socialement exprimée par une instance représentative des salariés ou une direction d’entreprise, l’intervention vise à apporter un conseil pertinent pour transformer les conditions de travail de manière à réduire les effets négatifs sur la santé des travailleurs. Ces derniers sont seuls aptes à pouvoir qualifier ces transformations d’améliorations.
2 Pour une description partielle des problèmes que rencontre le linguiste s’intéressant au langage dans les situations de travail, cf. l’article de Boutet, Gardin et Lacoste : « Discours en situation de travail » dans le numéro 117 de la revue Langages, pp. 12-31.
3 « Ce qu’on appelle la « compréhension » et l’« évaluation » de l’énoncé (l’accord ou le désaccord avec lui) englobent toujours et le discours lui-même et la situation vécue extra-verbale. Ainsi la vie n’agit pas sur l’énoncé de l’extérieur, mais elle le pénètre de l’intérieur, elle est l’unité et la communauté de l’existence qui entoure les locuteurs, ainsi que l’unité des évaluations essentielles qui s’enracinent dans cette existence et en dehors desquelles il ne peut y avoir d’énoncé intelligible. » (M. Bakhtine, « Le discours dans la vie et le discours dans la poésie », in Todorov, 1981, p. 199).
4 On a très exactement ici le point origine de la conception du nouvel outil mentionné par Marie-Claude Betbeder dans Le Monde « initiatives économiques » (fin janvier 1996). Il a permis de faire grimper « le taux de récupération des matériaux jusqu’à 82 % » en 1995 après être déjà monté à 70 % en 1994,... « alors qu’ailleurs, en ayant recours à d’autres méthodes, on tourne entre 35 et 55 % ».
5 On notera l’analogie avec la physique, la réfraction étant, selon le Dictionnaire du Français Contemporain, « la déviation que subit un rayon lumineux en passant d’un milieu à un autre ».
6 M. Bakhtine « Le problème du texte en linguistique, philologie et dans les autres sciences humaines. Essai d’analyse philosophique » in Esthétique de la création verbale, Moscou 1979, p. 281-307, cité dans Todorov, 1981, p. 80.
7 Nous avons présenté et défini cette notion en détail dans B. Pèlegrin - A. Martin - M. Bodinier : « Une expérience d’ergonomie de conception dans une entreprise d’insertion par l’économique » - Actes du XXXè Congrès de la Société d’Ergonomie de Langue Française - Bayonne. 1995, pp. 601-607 et dans B. Pèlegrin - A. Martin - D. Faïta : « Conception as educational practice - the case of a course in ‘insertion-training-production’ company » - à paraître dans les Actes du XIII congrès triennal de l’International Ergonomic Association - Tampéré (Finlande) 1997.
8 Vygotski (1985, p. 262-263) s’intéressant au travail de l’enfant pour former une phrase écrite, nous donne des indications précieuses sur les différences entre le langage intérieur et le langage écrit : « Le langage intérieur est un langage réduit au maximum, abrégé, sténographique. [...] Le langage intérieur est plein (d’ellipses). Il est par sa structure syntaxique presque exclusivement prédicatif. [...] Au contraire, le langage écrit, dans lequel la situation doit être reconstituée dans tous ses détails pour devenir intelligible à un autre, est développé au maximum ».
9 M. Bakhtine indique dans « Marxisme et philosophie du langage », p. 101 (et aussi note 3 p. 101) : « L’assimilation idéale d’une langue est atteinte lorsque le signal est complètement sous le signe, et l’identification sous la compréhension.[...] En bref, une méthode saine et correcte d’enseignement pratique exige que la forme ne soit pas assimilée dans le système abstrait de la langue, comme une forme toujours égale à elle-même, mais dans la structure concrète de l’énonciation, comme un signe souple et changeant ».
10 Expression librement adaptée de la notation de Benveniste que relève Paul Ricoeur (1995, p. 133) : « (La phrase) reverse le langage à l’univers ».
11 « Ces trois opérations - préfiguration, configuration, refiguration - soulignent les liens du récit et de l’action avec le temps [...] » (Ricoeur Temps et Récit I, p. 87).
12 Le texte « ... Ne lui a laissé qu’elle.... » est reproduit ici avec l’aimable autorisation de la revue FILIGRANE.
13 certifié par le Center for Registration of European Ergonomists.
14 textes publiés dans la Revue FILIGRANES, Allée de la Sainte Baume - 13470 Carnoux en Provence. « Créée en 1984, cette revue a choisi de donner corps à un pari, celui de publier prioritairement des textes inédits, le travail d’écrivains encore anonymes, ou que le marché de l’édition méconnaît. Par la publication, par la tenue de séminaires ouverts à tous les abonnés et amis, la revue veut explorer des voies d’accès différentes à l’écriture et à la création. Lieu d’une aventure collective, où chaque écriture est légitime, FILIGRANES entend promouvoir les « hommes du commun à l’ouvrage » (Jean Dubuffet). Pour chaque numéro (quatre par an), le thème annoncé, polysémique et inducteur, nomme une dimension possible et métaphorique de l’acte d’écrire, source d’un regard renouvelé sur la création contemporaine ».
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Pour citer cet article



Référence papier


Bernard Pelegrin, « Formaliser l’expérience. Écrits professionnels et Écrits poétiques », Études de communication, 20 | 1997, 53-74.

Référence électronique


Bernard Pelegrin, « Formaliser l’expérience. Écrits professionnels et Écrits poétiques », Études de communication [En ligne], 20 | 1997, mis en ligne le 07 juin 2011, consulté le 04 novembre 2016. URL : http://edc.revues.org/2386 ; DOI : 10.4000/edc.2386
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Auteur



Bernard Pelegrin


Bernard Pelegrin, ergonome habilité (Center for Registration of European Ergonomists) a pris part à nombre de recherches dans le domaine des transformations du travail. Il a collaboré en qualité d’ergonome à des expertises « nouvelles technologies ». En collaboration avec APST, il a mené des recherches sur l’automatisation des gares de triage SNCF et, dernièrement, sur la dimension humaine de la conduite des trains. Ecrit par ailleurs des textes poétiques publiés dans la revue Filigrane (Carnoux en Provence).
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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 15:06






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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 15:30

intensité



[ltr]

Sommaire






  [masquer] [/ltr]







  • [-] Français

    • [×] Étymologie
    • [+] Nom commun
    • [×] Références
    • [×] Voir aussi




[ltr]

Français[modifier]






Étymologie[modifier]







Dérivé de intense avec le suffixe -ité.

Nom commun[modifier]

[/ltr]



[th]Singulier[/th][th]Pluriel[/th]
intensitéintensités
\ɛ̃.tɑ̃.si.te\
[ltr]
intensité \ɛ̃.tɑ̃.si.te\ féminin[/ltr]

[list="margin-top: 0.3em; margin-right: 0px; margin-left: 3.2em; padding-right: 0px; padding-left: 0px; list-style-image: none;"]
[*]Haut niveau ou degré ; propriété de ce qui est intense.

  • L’intensité de l’explosion ébranla tout le quartier.


[*]Puissance de ce qui est exprimé ou ressenti.

  • L’intensité de son regard me met mal à l’aise.
  • Rien ne vaut l’intensité des émotions ressenties en chute libre.


[*]Pureté et éclat d’une couleur.

  • L’intensité de ce bleu n’a rien de naturel.


[*]Quantité de courant électrique qui traverse un conducteur. — Note : Elle s’exprime en ampères.

  • Je sentais l’intensité du courant grandir et à mesure ma gorge, mes mâchoires, tous les muscles de mon visage, jusqu’à mes paupières se contracter dans une crispation de plus en plus douloureuse. — (Henri Alleg, La Question, 1957)


[*]Puissance et quantité de son ou de lumière émise par une source.

  • L’intensité de son ne change rien à sa propagation.


[/list]

[ltr]

Dérivés[modifier]

[/ltr]


  • intensité lumineuse

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

https://books.google.fr/books?id=jDE3Mr6TExcC&pg=PA925&lpg=PA925&dq=intensit%C3%A9+d%27une+id%C3%A9e&source=bl&ots=wGT6SmCYSs&sig=WYVgmrm74woVQ-S47pV6HcMYDcA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjW0suwpI_QAhUFsxQKHVq8CEkQ6AEIKDAC#v=onepage&q=intensit%C3%A9%20d'une%20id%C3%A9e&f=false

---------------------------------------------------------------------------------------------------------

NOCICEPTION ET DOULEUR










Nous possédons des récepteurs sensoriels à haut seuil mis en jeu uniquement par des stimulations provoquant des lésions de l'organisme. Ces stimulations nocives mettent en jeu des "nocicepteurs", dont l'activité provoque une sensation consciente particulière: la douleur. Il faut, en effet, avant tout ne pas confondre douleur et nociception. La nociception est le processus sensoriel à l'origine du message nerveux qui provoque la douleur. Les nocicepteurs peuvent être très activés sans qu'il y ait douleur - à l'opposé, une douleur peut être très intense sans activation majeure des nocicepteurs. Nous savons tous qu'une forte émotion, un état de stress aigu ou même simplement une intense concentration peuvent supprimer une sensation douloureuse : qui ne s'est pas coupé sans s'en rendre compte, obnubilé par l'exécution d'une tâche prennante ? La douleur nous apprend à éviter les situations dangereuse. C'est avant tout un signal d'alarme qui met en jeu des réflexes de protection nous permettant de nous soustraire aux stimulus nocifs - de soulager les parties de notre corps soumises à de trop fortes tensions. Les rares patients naissant avec un déficit de la sensation douloureuse vivent avec le risque permanent de s'autodétruire puisqu'ils ne réalisent jamais quand ils se font mal - ils meurent en général assez jeunes.

LES QUALITÉS DE LA DOULEUR











  • En fonction de la localisation de la stimulation

La douleur peut avoir plusieurs "qualités" suivant son origine. La douleur provenant de la peau est qualifiée de superficielle, celle provenant des muscles et des articulations de profonde.

  • En fonction de l'intensité de la stimulation

Lorsque l'on se pique avec une aiguille, on ressent tout d'abord une douleur vive, localisée, qui disparaît rapidement. Si la piqûre est forte, la douleur vive (douleur rapide) est suivie d'une douleur sourde, diffuse, mal localisée, qui disparaît beaucoup plus lentement (douleur lente). On considère que deux catégories de fibres participent en fait à la douleur : des fibres myéliniques de fins diamètres (A delta, 10 m.sec-1) responsables de la douleur rapide et des fibres amyéliniques (fibres C, 1 m.sec-1) véhiculant la douleur lente. L'impulsion brève et intense excite les deux types de terminaisons et la différence entre les vitesses de conduction des deux types de fibres explique le décalage des sensations ressenties.
L'histamine, sécrétée par les mastocytes, est très algogène en injection intradermique. Elle excite les nocicepteurs polymodaux. La bradykinine, puissant vasodilatateur, excite les nocicepteurs cutanés et facilite la réponse des fibres C à un échauffement. Les prostaglandines (PGE1 et PGE2), produites par les cellules endothéliales vasculaires, comme la sérotonine, présente dans les plaquettes sanguines, induisent des phénomènes de sensibilisation à l'histamine et à la bradykinine. Les terminaisons libres sont également sensibles aux variations de concentration locales en O2, en CO2 et à la composition ionique (K+) du milieu extracellulaire.
La douleur "lente", dont l'exemple type est la brûlure, peut conduire à une hyperalgésie (ex. "coup de soleil"): le seuil de la douleur est abaissé et des stimuli non douloureux tels que le port de vêtements deviennent insupportables. Cette hyperalgésie est un phénomène de sensibilisation, du à la libération de substances chimiques par les tissus lésés.
1. Toute réaction inflammatoire débute par une "alerte chimique". Les cellules des tissus lésés, les phagocytes et les mastocytes, provoquent la libération des médiateurs de l'inflammation.
2. La stimulation des fibres C, liées aux nocicepteurs, induit la libération périphérique de substance P ("réflexe d'axone") et provoque une "inflammation neurogène".
Le microenvironnement des nocicepteurs est un véritable "bouillon", une "soupe périphérique". Ces substances interviennent dans le déclenchement et surtout le maintien voire la recrudescence desphénomènes douloureux.

  • En fonction de la durée de la stimulation

La durée de la stimulation nociceptive est également essentielle. Les douleurs aiguës, généralement limitées à l'organe atteint (carie, brûlure ), sont des douleurs d'alarme, vives, précoces, bien localisées, qui s'accompagnent de vives réactions végétatives (tachycardie, tachypnée, sueurs ) et de réactions motrices (réflexe de retrait). Les douleurs chroniques (> à 6 mois) peuvent, par leur durée, conduire à une atteinte grave de la personnalité (insomnies, troubles de l'humeur, dépression ). Il n'existe alors plus de relation claire entre l'ampleur de la lésion organique et l'intensité de la douleur chronique.

LES NOCICEPTEURS










Il existe des récepteurs cutanés - essentiellement, des terminaisons libres de fibres amyéliniques - qui ne répondent qu'à des stimulations potentiellement dommageables à la peau (mécaniques, thermiques ou chimiques). On distingue quatre types de nocicepteurs :

  • Les nocicepteurs mécaniques répondent à la piqûre, au pincement ou à la torsion de la peau avec une décharge qui dure tout le temps de la stimulation, sans adaptation. Leurs champs récepteurs sont larges (1 à 8 cm2). composés de zones ponctuelles (1 mm2) séparées par des zones silencieuses. Leurs fibres afférentes sont essentiellement de type A delta.
  • Les nocicepteurs thermiques répondent à des stimulus thermiques élevés (> 45° C) ou bas (< 10° C). Leurs champs récepteurs sont ponctuels (1 - 3 mm2) et ils sont liés essentiellement à des fibres amyéliniques (fibres C).
  • Les nocicepteurs sensibles aux agents chimiques répondent aux agents toxiques externes comme aux substances produites par les tissus lésés (cf. supra).
  • Les nocicepteurs polymodaux répondent à la fois à des stimulus nociceptifs mécaniques et thermiques. Ils sont liés à des fibres C amyéliniques. Ils constituent près de 90% des fibres amyéliniques contenus dans un nerf cutané.

http://neurobranches.chez-alice.fr/systnerv/systsens/somesthesie4.html

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LA SENSIBILITÉ MÉCANIQUE MUSCULAIRE ET ARTICULAIRE








1. LES TROIS QUALITÉS DE LA SENSIBILITÉ MÉCANIQUE MUSCULAIRE ET ARTICULAIRE









La proprioception nous permet de connaître la position de notre corps dans l'espace et de nos membres par rapport à notre corps. Nous sommes également capables d'apprécier la résistance contre laquelle nous effectuons un mouvement. De fait, la proprioception correspond à trois qualités : la sensibilité à la position, au mouvement et à la force.

  • La sensibilité à la position nous informe des angles formés par chacune de nos articulations, et donc de la position relative de nos membres entre eux et par rapport au corps. La précision en est faible et elle présente peu ou pas d'adaptation. Elle peut être grandement améliorée par l'apprentissage (ex : tir à l'arc).
  • La sensibilité au mouvement correspond à une sensation de vitesse, de direction et d'amplitude. Les seuils de sensibilité pour ces trois paramètres sont plus faibles dans les articulations proximales (épaule) que dans les articulations distales (main).
  • La sensibilité à la force se superpose à la sensibilité à la pression (étirement de la peau et pression exercée par un objet à porter). Il est donc difficile de distinguer l'information en provenance des propriocepteurs de celle provenant des mécanorécepteurs cutanés.

2. LES MÉCANORÉCEPTEURS MUSCULAIRES ET ARTICULAIRES









Les récepteurs mis en jeu dans la proprioception sont des mécanorécepteurs localisés dans les muscles, les tendons et les articulations.








LES MÉCANORÉCEPTEURS MUSCULAIRES : LES FUSEAUX NEURO-MUSCULAIRES
Les fuseaux neuromusculaires sont répartis dans la partie charnue du muscle strié. Ils sont entourés d'une enveloppe fibro-conjonctive, étroite à ses deux extrémités et renflée dans sa partie médiane en une capsule remplie de gel. Cette capsule contient et protège la partie médiane de 4-15 petites fibres musculaires, très particulières, dites intrafusales, disposées dans le corps du muscle parallèlement aux fibres musculaires extrafusales.
Les extrémités de ces fibres intrafusales, situées en dehors de l'enveloppe protectrice du fuseau, s'insèrent sur les cloisons conjonctives intramusculaires. Leurs parties polaires, striées, contiennent des myofibrilles contractiles. Leur partie équatoriale contient l'ensemble des noyaux cellulaires de la fibre.
D'après la disposition de ces noyaux, on distingue les fibres intrafusales à chaîne nucléaire (15 µm de diamètre / 3-5 mm de long) des fibres intrafusales à sac nucléaire (30 µm de diamètre / 6-10 mm de long).
Les fuseaux neuromusculaires assurent le contrôle du tonus musculaire (stimulus = étirement musculaire). Ils sont à la base du réflexe myotatique.
Innervation sensitive
Les fibres sensitives primaires Ia, qui perdent leur gaine de myéline à proximité du fuseau, se ramifient en autant de branches que de fibres intrafusales. Elles s'enroulent autour de la région équatoriale nucléée de chaque fibre intrafusale. Les fibres sensitives secondaires II, qui perdent également leur gaine de myéline à proximité des fuseaux, s'enroulent presque exclusivement autour des parties juxtaéquatoriales des fibres à chaîne nucléaire.
Innervation motrice
Ces fibres intrafusales à chaîne et à sac reçoivent une innervation motrice spécifique. Les fibres gamma, fusimotrices innervent les parties striées contractiles des fibres intrafusales. Ces fibres fusimotrices, en assurant la contraction des fibres intrafusales, modifient l'excitabilité des fibres sensitives innervant les fuseaux, en déformant mécaniquement le récepteur.

D'après Figure 2.29 - Psychophysiologie sensorielle. Neurophysiologie Fonctionnelle II. P. Buser et M. Imbert. Hermann Paris - Collection Méthodes.
Les fibres Ia ont (1) une réponse dynamique à l'étirement musculaire, qui dépend linéairement de la vitesse d'étirement du muscle puis (2) une réponse statique pendant tout le temps de l'étirement.
Les fibres II ont essentiellement une réponse statique, avec une réponse dynamique quasiment nulle.
Les fibres primaires (Ia - fibres de 10-12 µm de diamètre) et secondaires (II - fibres de 5-6 µm de diamètre) des fuseaux neuro-musculaires répondent à l'étirement du muscle. Ces récepteurs de longueur ont une adaptation pratiquement nulle : les fibres ont une fréquence de décharge quasi constante pendant tout le temps de l'étirement musculaire.
LES MÉCANORÉCEPTEURS TENDINEUX : LES ORGANES TENDINEUX DE GOLGI
Les organes tendineux de Golgi sont situés aux jonctions myotendineuses. Ils sont constitués de faisceaux de collagène entourés par une capsule fibro-conjonctive fusiforme. À l'une des extrémités de l'organe tendineux, ces fibres de collagène s'insèrent sur les aponévroses tendineuses. À l'autre extrémité, elles se connectent avec 5-25 fibres musculaires de toute nature appartenant à plusieurs unités motrices différentes. Réciproquement, une unité motrice active 4 à 6 organes tendineux différents par plusieurs de ces fibres constitutives. Il est très important de noter que l'organe tendineux ne s'insère que sur une partie seulement des fibres musculaires : les autres fibres musculaires s'insèrent directement sur le tendon et agissent donc en parallèle avec l'organe tendineux voisin. Leur contraction a tendance à diminuer la déformation de l'organe tendineux, que provoque la contraction des fibres musculaires placées en série sur l'organe tendineux.
Les organes tendineux de Golgi sont innervés par des fibres Ib (fibres de 10-12 µm de diamètre). Ces fibres Ib pénètrent dans la capsule de l'organe tendineux, perdent leur gaine de myéline et se ramifient en plusieurs branches amyéliniques, qui s'insinuent entre les fibres de collagène. Les organes tendineux de Golgi présentent une sensibilité dynamique très développée et renseignent le système nerveux central sur les variations de la force contractile du muscle (stimulus = contraction musculaire active).
LES MÉCANORÉCEPTEURS ARTICULAIRES

D'après Figure 2.40 - Psychophysiologie sensorielle. Neurophysiologie Fonctionnelle II. P. Buser et M. Imbert. Hermann Paris - Collection Méthodes.
Les fibres myélinisées fines du groupe III et les fibres amyéliniques du groupe IV se terminent par des terminaisons libres.
Les récepteurs de Ruffini des capsules articulaires, les récepteurs de Golgi des ligaments articulaires donnent essentiellement naissance à des fibres myélinisées de gros diamètre (40-60 m. sec-1).
Les récepteurs de Ruffini des capsules articulaires constituent la majorité des récepteurs articulaires. Ils sont à la fois dynamiques et statiques. Ils sont actifs pour un angle précis d'activation, proche des positions extrêmes du membre (flexion ou extension). Lorsqu'un mouvement articulaire est effectué autour de l'angle d'activation du récepteur étudié, on observe une augmentation de la décharge du nerf d'autant plus important que la vitesse de rotation de l'articulation est importante. Lorsque la rotation articulaire est terminée, la décharge nerveuse rejoint le niveau tonique de décharge spécifique de la nouvelle position articulaire.
Ces récepteurs articulaires sont des récepteurs phasico-toniques, qui renseignent sur les mouvements articulaires comme sur la position de l'articulation.
 [SUITE]
http://neurobranches.chez-alice.fr/systnerv/systsens/somesthesie2.html




http://neurobranches.chez-alice.fr/pdf/pdf.html

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 15:31

365 jours ouvrables - Paroles

Diabologum







Paroles de 365 jours ouvrables par Diabologum
A part dire ce qui passe par la tête
comme inverser la rotation de la planète
ou changer de sphère



puis revenir sur la terre à l'époque présente
tomber sur l'annonce suivante
"échange chef d'état contre prophète"
signe Incurable n°1 du service après-vente
A part boire des litres
remplir les poches
dater les registres du partage
trouver des titres
que dire sans être à la page?
peut-être le mal du siècle c'est l'emballage
à part de meilleures garanties
tel un pourcentage sur l'assurance-vie
ou s'arranger la frange
ne plus croire en la loi des échanges
de la fange qui a faim ou du gratin qui mange
à part sortir quand c'est fini
main dans la main de celle qui nous a choisis

il n'y a rien à gagner ici

à part tourner en rond dans l'atmosphère
frayer avec pour seuls frères
P.E.T.E.R
à grands coups de métal pour faire sauter la caisse
pour voir dans quel état ça nous laisse
D.E.N.'S
la mort dans les jeux vidéos
trois fois par pièce
K.R.O
philosophes partisans
nous n'avons pas besoin d'aide
T.A.D.Z
profiteurs du malaise
"mais putain qu'ils se taisent!"
à part faire le saut de l'ange entre deux chaises
ou reparler d'Incurable n°1 tueur de rêves qu'on dit irrévocable

rien à gagner ici

La post-avant-garde cassera les prix
mais jamais l'ambiance
à part des partis-pris en chiens de faïence
des voyages sans exil
de l'élixir sous les manches
et pour toute la descendance
en plus de ce que j'ai déjà dit
à part gâcher sa vie

il n'y a rien à gagner ici






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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 15:31


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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 15:57


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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 18:10

"... comment peut-on voir la lumière sans l'ombre, percevoir le silence sans bruit, atteindre la sagesse sans la folie? Devenir fou n'est pas un art. Mais de la folie extraire la sagesse, voilà sans doute le comble de l'art. La folie est la mère des sages, jamais l'intelligence. "
C.G. Jung, L'âme et la vie.





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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 18:22

https://vimeo.com/3493652

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 20:32

Spoiler:

Publié le 26/04/2001

[size=32]La galère des surdoués[/size]

France - MURET (31) : Quelle scolarité pour les enfants intellectuellement précoces ?




  • [url=https://twitter.com/intent/tweet?text=La gal%C3%A8re des surdou%C3%A9s -][/url]








Né d'une rencontre de sept enseignants motivés, le groupe de recherche formation sur la scolarité des enfants précoces a entrepris, avec le soutien de l' IUFM, un travail de recherche sur la scolarité des enfants intellectuellement précoces, n'hésitant pas à regarder en face une spécificité qui inquiète par les paradoxes qu'elle génère.
Car contrairement aux idées reçues, ces enfants se trouvent très souvent en échec scolaire, ayant des comportements perturbés et perturbants; se trouvant même parfois totalement exclus du système éducatif.
Outre ce travail de recherche, ces sept enseignants se sont donnés comme objectif de sensibiliser la communauté éducative aux difficultés rencontrées par ces enfants au cours de leur scolarité. .

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inRead invented by Teads


Ils représentent environ 5 % de la population scolaire et pour la plupart sont en état d'inhibition intellectuelle qui confère à leur comportement une « allure de pseudo débilité névrotique ».
C'est à partir de ce constat que le docteur Alain Gauvrit, pédo- psychiatre a construit une remarquable conférence hier après-midi à la salle Hermès du lycée Charles De Gaulle devant plus d'une centaine d'enseignants.
Florence Salloum, professeur au lycée Charles De Gaulle, a présenté le conférencier, spécialiste de la précocité intellectuelle. Excerçant dans un institut privé du Béarn qui accueille exclusivement des enfants surdoués admis en internat psycho-pédagogique pour difficultés scolaires ou troubles de la personnalité.
Durant près d'une heure il a expliqué outre son approche universitaire du problème son vécu des enfants qu'il suit, relatant des témoignages parfois poignants sur l'inhibition intellectuelle. Il garde toutefois beaucoup d'espoir sur l'avenir de ces enfants car précise-t- il l'inhibition peut se lever aussi instantanément qu'elle s'installe.
Il évoqua également le regard de la société face à ces jeunes; un ostrasisme qu'ils perçoivent et qui les pousse à se réfugier dans l'inhibition.
DES QUESTIONS IMPERTINENTES
Les plus brillants ont un sentiment de marginalisation. Dans la vie active, ils exercent souvent des professions précaires sans recherche d'argent. « Le taux de nuptialité est plus bas que la moyenne, surtout chez les femmes, de même que le taux de fécondité » dit-il avant de donner quelques signes caractéristiques de l'enfant précoce: avidité du discours et répugnance pour l'écrit; fréquentation de camarades plus âgés. Ils posent beaucoup de questions; sont sensibles à l'injustice et préfèrent travailler en solitaire.
« Ils sont pénibles pour l'entourage d'où l'ennui qui s'installe, parallèlement au rejet » commente Alain Gauvrit.
L'intelligence est un cheval fou. Alors, quelle doit être l'attitude des éducateurs et des parents? Le conférencier propose d'éviter les excès que sont le freinage ou la surstimulation. Il faut accompagner l'enfant dans une démarche active.
Alors doit-on créer des classes spéciales? Alain Gravit n'apporte aucune réponse car les résultats des classes pilotes ne sont pas encore connus.
Il apporte quelques solutions simples: rendre la parole à l'enfant, l'épanouir, restaurer l'harmonie. Il doit bénéficier d'un milieu à la fois solide pour sa sécurité et souple pour sa liberté. Un juste équilibre à trouver et qui servit de base à la discussion qui suivit la conférence.
Jean-Pierre ROLAN

La Dépêche du Midi

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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 20:51

https://books.google.fr/books?id=2LEDHilkweQC&pg=PT71&lpg=PT71&dq=les+surdou%C3%A9s+et+la+pr%C3%A9carit%C3%A9&source=bl&ots=WMrcVMn6z2&sig=sPp22Oinygj5kB_UqvLhNe3WJj4&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi9htbI6o_QAhXGVRQKHRqaCT8Q6AEIVTAI#v=onepage&q=les%20surdou%C3%A9s%20et%20la%20pr%C3%A9carit%C3%A9&f=false

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https://books.google.fr/books?id=J6vfBgAAQBAJ&pg=PT8&lpg=PT8&dq=les+surdou%C3%A9s+et+la+pr%C3%A9carit%C3%A9&source=bl&ots=PPAaD8pVx_&sig=JqnQvpNL22APUx7dKA9kZH43tL4&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjb2bKk7I_QAhUHchQKHWYLCf44ChDoAQgoMAI#v=onepage&q=les%20surdou%C3%A9s%20et%20la%20pr%C3%A9carit%C3%A9&f=false

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http://www.corsematin.com/article/corse/une-jeune-bastiaise-surdouee-en-maths-fait-fureur-aux-usa

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https://books.google.fr/books?id=kK9FoH4hOlgC&pg=PA1046&lpg=PA1046&dq=les+surdou%C3%A9s+et+la+pr%C3%A9carit%C3%A9&source=bl&ots=60XYCMLjir&sig=rWYyifGEwvOEuLg0Ifms7UUMpwM&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjE_M-H7Y_QAhXsLsAKHbhABIw4FBDoAQgpMAI#v=onepage&q=les%20surdou%C3%A9s%20et%20la%20pr%C3%A9carit%C3%A9&f=false
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http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Les-surdoues-handicapes
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I am so sure
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Re: Les rocks et aussi les slows (mode radio radieuse)

Message par I am so sure le Ven 4 Nov 2016 - 20:54

11. Informer  •  Thémathèque
 11.1.c. Surdoués et Violences 

  Généralités, Enquêtes et Réalités

« Tant qu'on n'aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l'utilisent et tant que l'on n'aura pas dit que jusqu'ici cela a toujours été pour dominer l'autre, il y a peu de chance qu'il y ait quoi que ce soit qui change. »

Henri Laborit [1], in Éloge de la fuite

Depuis quelque temps, la violence à l’école fait la une des médias, à la suite notamment d’une enquête statistique réalisée pour l’UNICEF, par l’Observatoire international de la violence à l’école [2] et du rapport SIVIS [3] pilotés par l'Éducation Nationale et de celle moins connue, mais plus proche des réalités de Trajectoire/AFEV [4].
         Depuis 20 ans, au cours des rencontres avec les personnes surdouées ou leur famille, nous avons eu à connaître de nombreux faits de violence verbale et/ou physique à l’encontre des enfants surdoués, essentiellement dans le cadre scolaire.
          Mais, avant d'étudier les chiffres proposés il y a lieu de bien différencier  les  notions d'agressivité et de violence. Si les deux sont réactionnelles, impulsives, elles ne visent pas le même objectif. Si la première reste soumise aux codifications sociales et à la maîtrise, la seconde ne l'est que très peu.
        

 A. De l'agressivité

Du latin : agressus, attaqué. L'agressivité est un compor- tement présent chez tous les êtres vivants, dont l’humain. Il se manifeste par des signaux de menace, de violence simu- lée (paroles, cris, gestes, postures et attitudes). Il peut s'exprimer à l'encontre d’êtres de la même espèce, d’espèces différentes, d’objets ou de l’individu lui-même. 
       Elle est, selon Henri Laborit [1], l’un des trois systèmes de défense de l’individu ou du groupe social : 

agressivité, fuite ou inhibition.

Pour Konrad Lorentz [5], c'est un instinct naturel qui n’agit qu’envers des membres de la même espèce, lié à la concurrence pour la satisfaction des besoins vitaux. Elle est élément positif, liée à l’instinct de vie ou de survie, quand la violence l'est à l’instinct de mort.

L'agressivité s’exerce dans trois secteurs différents :
• l'instinct de survie, surtout lié au territoire (nutrition) ou à la protection individuelle ;
• l'instinct de reproduction : éloignement du rival, pro- tection de la femelle ;
• l'instinct parental : protection des petits.







Les attitudes ou les gestes agressifs sont propres à chaque espèce, plus ou moins codifiés et pour l’homme plus ou moins tolérés selon les normes sociales et les époques.
       L'agressivité est déclenchée par le système limbique (émotionnel), mais contrôlée par l’instinct chez l’animal et réflexe ou régulée chez l’homme (cortex préfrontal),  mise en œuvre par le système reptilien (automatismes de défense) et véhiculée par le système hormonal : adré- naline, testostérone, ocytocine, et régulée par la cortex préfrontal.
       L’hypoglycémie, e manque de sommeil, l’intoxication par certains pesticides ou drogues (alcool, cocaïne, ecstasy, amphétamines...)peuvent induire des comportements agressifs ou en amplifier l'expression.
       Elle peut être tournée contre l’individu lui-même : auto-agression. Résultant de l’inhibition des autre moyens de défense : agressivité à l'encontre de l'autre ou fuite, elle se tourne alors contre le corps et produit des somatisations parfois importantes.


 B. De la violence

Du latin : vis qui signifie la force, sans égard à la pertinence de son usage. L’agressivité n’est alors plus contenue par le cortex et les codes sociaux et l’individu ne maîtrise plus son compor- tement. Cette perte de maîtrise peut provenir d’un niveau de stress trop important, au-delà du seuil individuel de tolérance, mais aussi de certains excitants : alcool, barbituriques, neuro- leptiques, ou d’atteintes cérébrales (tumeurs).

Elle est pilotée par le cerveau limbique (émotions) sans inter- vention du cortex (raisonnement) qui semble alors déconnecté. Elle n’est plus une posture visant à intimider l’autre ou à provoquer son éloignement ou sa soumission, mais à son élimination psychique et/ou physique.



Définitions
Pour l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé),  la violence se définit comme :
 
« L’usage intentionnel de la force physique, du pouvoir sous forme de menace ou d’action contre soi-même, autrui ou un groupe ou une communauté́ dont la conséquence réelle ou probable est une blessure, la mort, un traumatisme psychologique, un mauvais développement ou encore la précarité » (WHO, 1995).

Et pour Hurrelmann (in Vettenburg, 1998) :

« La violence à l'école recouvre la totalité du spectre des activités et des actions qui entraînent la souffrance ou des dommages physiques ou psychiques chez des personnes qui sont actives dans ou autour de l’école, ou qui visent à endommager des objets à l’école ».

Nous préférons la définition suivante :
       L’usage intentionnel de la force psychique et/ou physique, du pouvoir institutionnel ou groupal, visant la dégradation de biens meubles ou immeubles, ou à l'encontre d'un individu, groupe ou communauté, sous formes d'injonctions, de menaces ou d’actes physiques, de façon ponctuelle ou habituelle. Elle a pour conséquence une perte financière, d'usage de biens, ou un traumatisme psychique ou physique, pouvant entraîner mauvais développement psychique ou physique, précarité ou mort.


 C. Les quatre formes de la violence 

On peut distinguer plusieurs champs de manifestation : individuel ou collectif, politique, économique, etc. mais surtout plusieurs formes d'expression de la violence, par ordre de gravité :

 C.1. La violence de déprédation 
Elle vise exclusivement les biens, soit de façon ciblée (ceux de tel individu : vengeance, etc.), soit de façon symbolique ceux repré- sentant telle catégorie sociale ou ethnique (par ex. Nuit de Cristal), telle  autorité  (par ex. caillassage des voitures de pompiers et de policiers dans les banlieues) ou de façon plus confuse les vitrines de magasins, les voitures, lors des manifestations, celles-ci étant sensées représenter la société, les riches, l'ordre, etc. Elle est gratuite en ce sens qu'elle ne vise pas l'appropriation des biens, mais simplement leur dégradation ou leur destruction.

C.2. La violence de prédation 
Elle consiste à s’approprier le bien d’autrui, sous forme d’arnaque, d’agression. C’est le vol individuel (racket, dépouillement...) ou collectif, étatique (spoliation), économique (espionnage, contre-façon, falsification) ou militaire (pillage). Par exemple : l'appropriation de terres en Afrique, à Madagascar, en Argentine... par le capitalisme international, au détriment des populations agricoles autochtones, avec la complicité des dirigeants, spoliation "légale" des plus pauvres pour enrichir les plus puissants.

 C.3. La violence de domination / normalisation 
Il s’agit de comportements de domination ou d’asservissement de l’autre sous forme :
- verbale : dévalorisation, injures, provocations ;
- psychologique : injonctions paradoxales, harcèlement verbal, stigmatisation, etc. ;
- de privation : des droits ou de la liberté, abus de pouvoir ;
- physique : coups, viol, torture.
Le bouc émissaire peut être la victime de ces quatre formes. Elle est parfois pédagogique dans les quatre champs..

Elle peut prendre une forme économique : blocus, mais aussi plus insidieuse en considérant le client non plus comme un partenaire, mais exclusivement comme une source de profit avec une disproportion de moyens : contrats léonins, monopoles, etc.             Elle vise à l’affaiblissement psychique, à une inhibition telle de l’individu qu’il finira par accepter la domination, il est alors objetisé et disparaît comme être singulier. Elle peut être consciente ou non, entre pairs (couple, concurrents, partenaires, états, etc.) ou hiérarchique (parents/enfants, supérieurs/subordonnés, état/citoyens...). Elle est fréquente à l'encontre de enfants et personnes surdoués sous le prétexte de normalisation.

 C.4. La violence d’élimination
Elle vise non plus à la domination, mais à l’élimination psychique ou physique de l’autre, symbolique (rejet, exclusion) ou réelle et létale (meurtre, génocide). L'exclusion en est la forme psychosociale, l’assassinat, le terrorisme, le génocide (juifs, arméniens...) en sont la forme physique.
          La forme économique vise à la disparition du concurrent par faillite ou absorption.
        Elle peut être cependant parfois juste, légitime et nécessaire : prison, tyrannicide, guerre de défense, pour rétablir le droit et protéger une population. 
        Elle peut être politique : élimination physique d'une population (Gengis Khan, Hitler, Staline, Mao, Kadhafi et Benghazi, Daesh (califat) envers les chrétiens, chiites ou Kurdes), pour s'assurer le pouvoir par la terreur.


 D. Trois cas particuliers

La violence pathologique
De nombreux troubles mentaux produisent des pulsions violentes : schizophrénie, Alzheimer, paranoïa, etc. Elle peut être également l’effet direct de substances (alcool, saturnisme, PCP, barbiturates) ou indirect (en cas de manque), de perturbations endocriniennes (sérotonine, adrénaline, testostérone, par exemple), ou de la dégradation cérébrale  (tumeurs, maladie d’Alzheimer).

La violence naturelle
Tempêtes, inondations, tremblements de terre, incendies de forêt, tsunamis ne doivent pas être pris comme violence. L’agressivité animale non plus, dans la mesure où elle est purement instinctuelle et qu’elle ne vise pas à l’élimination systématique de l'autre, mais à son éloignement (combats sexuels entre mâles) ou à l’exercice normal de l’alimentation (carnivores).

La violence intraindividuelle ou autoagression
En l’absence de résolution d'une situation négative, l’individu peut retourner la violence contre lui-même, de façon non-consciente (somatisations) ou consciente (scarifications, conduites à risques, suicide). Les somatisations sont assez fréquentes chez les surdoués malmenés, le suicide se présente plus comme suicide intellectuel (inhibition majeure) que comme autolyse.



 E. La violence « discrète » : le harcèlement 

Chaque groupe humain cherche à définir des normes (système de valeurs, opinions, comportements, codes, règles, modèles). Ces normes prétendent synthétiser et modéliser le comportement du groupe, servent à le différencier des autres groupes (identité) et tendent de s’imposer de façon hégémonique à tous les membres du groupe (signes d’appartenance et d’allégeance).


« Le conformisme se manifeste par le fait qu’un individu modifie ses comportements, ses attitudes, ses opinions, pour les mettre en harmonie avec ce qu’il perçoit être les comportements, les attitudes, les opinions du groupe dans lequel il est inséré ou il souhaite être accepté. »

Jean-Paul Codol [6], in Bulletin de psychologie, 2001
 
Le conformisme implique un affaiblissement de la personnalité individuelle, du trop différent vers le modèle groupal, en échange il sera reconnu comme membre, intégré et assuré de la protection de celui-ci. Ne pas confondre conformisme et conformation, dans le premier cas le sujet mime les normes du groupe sans y adhérer forcément pour se faire accepter et conserve ses valeurs propres, mais ne les exprime pas publiquement : masquage ; dans le second, il finit par adhérer pleinement aux normes du groupe au détriment de sa singularité qu'il abandonne : inhibition.

Le harcèlement vise des individus estimés différents de la moyenne du groupe (le bon élève, le mauvais élève, le mal ou trop bien habillé, le sujet fragile ou avec un physique ingrat, l’immigré, l’enfant surdoué, etc.) dans une tentative de conformation ou de normalisation de l'individu à la moyenne puis, en cas d'échec, à lui faire payer sa différence en servant de bouc-émissaire au groupe ou à la personne  maltraitante.

Le harcèlement est donc le véhicule le plus courant de la normalisation. C'est une suite d'actions "correctives", puis agressives, puis violentes, envers un individu qui visent, par répétition, à son affaiblissement psychologique puis, s'il ne soumet pas, à sa marginalisation, voire à son exclusion. Il se caractérise, selon Jean Pierre Bellon [7], par trois critères :
        1- la durée ;
        2- la répétition ;
        3- la disproportion des forces 
(de statut, de stature ou de nombre).

Il serait bon, pour être complet, d'en rajouter cinq :
        4- la diffusion ;
        5- la gradation ;
        6- l'omerta ;
        7- la négation ;
        8- le retournement.

      La durée 
est généralement longue de plusieurs mois à plusieurs années et le harcèlement passe bien souvent inaperçu : la personne se sentant coupable n'ose pas en parler ou redoute les mesures de rétorsions, comme les témoins... muets en cas de dénonciation. 

       La répétition 
peut être factuelle (en réponse à une "déviance" elle aussi factuelle), mais le plus souvent elle est quotidienne (quolibets, insultes dès l'apparition dans le groupe, avant même toute "déviation").

        La disproportion 
est grande : individuelle (de stature par écart d'âge, 4e contre 6e), groupale (en moyenne 3 à 4 contre 1), pédagogique (stature et statut d'adulte ou de pouvoir hiérarchique) qui, par contagion et conformisme corporatif elle peut devenir groupale (plusieurs enseignants et/ou relayée par le groupe classe avec la bénédiction magistrale).

      La diffusion. 
Naguère, le harcèlement était circonscrit au groupe restreint, mais aujourd'hui, les facilités offertes par Internet ont changé la donne. La situation peut s'aggraver fortement du fait de la diffusion sur les réseaux sociaux des insultes et autres dépréciations et de la protection de l'anonymat offerte aux auteurs.

      La gradation. Chaque fait qui constitue le harcèlement peut être jugé comme insignifiant par l'entourage et c'est bien là le danger, car sans coup d'arrêt porté, la spirale se met en marche, on va passer des moqueries aux injures et des injures aux coups (parfois filmés et publiés sur le net). Debarbieux, UNICEF [1] :

« Plus le taux de harcèlement augmente plus celui-ci est agi par un groupe : à chaque catégorie de victimation correspond pour le harcèle une universalisation de cette victimation. […] Même pour quelque chose d’aussi apparemment banal que le vol de matériel scolaire cette relation est spectaculaire : 1,3% des non-victimes de harcèlement déclarent avoir souvent été victimes de ce type de vol, vs 48% des victimes de harcèlement très sévère et 28% des victimes de harcèlement sévère. […] Par exemple, chez les élèves non-victimes de harcèlement 0,2% sont victimes de menaces par un groupe de garçons et de filles, contre 23% de ceux qui subissent un harcèlement sévère ou très sévère. »
   
       L'omerta. 
Elle n'est pas réservée aux Corses ou aux délinquants. Elle intervient sur trois champs :

1. La victime  qui  se sent coupable de ne pas savoir/pouvoir gérer la situation, de ne pas être "à la hauteur", de ne pas savoir se défendre et qui n'ose rien dire pour ne pas perdre le peu d'estime qu'elle a d'elle-même en avouant son impuissance ou pour ne pas perdre l'amour de ses parents.
2. Le haceleur pour ne pas être puni et qui souvent ne fait que reconduire sur autrui ce qu'il a lui-même vécu plus jeune.

3. L'institution de peur de voir son image dégradée aux yeux des parents et des instances officielles. Parfois aussi, c'est la loi de la jungle érigée comme principe éducatif  : "Il faut bien qu'il apprenne à se défendre".

Le recours à l'adulte est peu utilisé : la plainte n'étant pas prise au sérieux, chaque acte semble bénin et est souvent peu visible (opéré sournoisement). La peur de représailles éventuelles à l'encontre du dénonciateur ferme les bouches. Le groupe se satisfait aussi assez facilement de la création du bouc-émissaire (qui évite à chacun de l'être) et il le rend responsable de la situation. La victime finit aussi par le penser, ne dit rien du traitement qu'elle subit ( peur des représailles encore plus dures, perte de confiance en l'adulte, etc.) ce qui ne fait que renforcer la situation.


        La dénégation. 
Elle est fréquente, et pas uniquement de la part du harceleur. Souvent l'institution cherche à minimiser les faits en les faisant passer pour broutilles d'enfants sans importance. "Je n'ai rien vu, rien entendu..."

         Le retournement. 
C'est le plus vicieux. Lorsque l'enfant harcelé réagit, à bout de patience, souvent par la violence physique, c'est lui qui se fait punir. De victime, il devient la cause du désordre et comme tel n'en subit que plus fortement les harcèlements, les acteurs  ayant été dédouanés, voire confortés.



 F. Quels signes ? 

Ils
 sont nombreux, mais souvent peu visibles, du moins au début, car progressifs et indirects :


Signes ± caractéristiques du harcèlement Mais, chez les surdoués...
Solitude à l’école (récréation).Centre d'intérêts trop différent.
Baisse du rendement scolaire.Ennui progressif par inadaptation du rythme d'enseignement.
Difficulté d’endormissement.Ce signe est récurent en dehors de tout harcèlement.
Cauchemar à répétition.Peut avoir d'autres causes.
Perte d’appétit ou boulimie.Peut avoir d'autres causes.
Perte d’affaires (vol, racket).Inattention, manque d'intérêt pour les contingences matérielles.
Somatisations (maux de ventre, maux de têtes... en période scolaire).Ennui massif, inadaptation pédagogique.
Retards fréquents et ciblés.Ennui.
Humeur changeante.Forte réactivité émotionnelle.
Vêtements abimés et déchirés (bousculades, violence physique).Inattention, manque d'intérêt pour les contingences matérielles.
Trace de coups (hématomes fréquents avec explication embarrassée = agressions physiques).Maladresse.
Refus scolaire.Ennui massif, inadaptation pédagogique.
Changement brutal ou progressif de comportement : agressivité, déprime, anorexie, boulimie, pleurs..colères.Ennui massif, inadaptation pédagogique.

  Un seul signe n'est pas suffisant, mais implique une attention soutenue
 



 G. Quelles conséquences ? 


- perte de l’estime de soi, d'importante à très importante,
- repli social,
- absentéisme,
- phobie scolaire (un quart des élèves absents chroniques ne peuvent entrer à l’école parce qu’ils ont peur),
- phobie sociale,
- dépression,
- autoagression (conduites à risque et conduites addictives, prises de risques sexuels, tentatives de suicide. Selon le chercheur norvégien Dan Olweus, un enfant qui est harcelé présente quatre fois plus de risques d'avoir une tendance suicidaire qu'un autre).
- agression (les victimes de violence ont près de 5 fois plus de risques de devenir auteur de violences envers les autres).




 H. Quels chiffres ?

Il est important de mesurer l'impact des différentes formes de la violence et leur importance dans la vie scolaire. Nous nous appuyons sur les données de l'étude UNICEF (2009-2010), de celle de SIVIS (toutes deux avec le concours de l'Éducation nationale) que nous pondérerons par l'étude Baromètre Trajectoires/Afev [4]. Mais aucune étude n'a été réalisée spécifiquement sur notre population.
        Les chiffres rapportés par les deux premières études ne concernent que les faits graves ayant donnés lieu à plainte judiciaire, conseil de discipline ou exclusion temporaire ou définitive. Ils sont donc totalement sous-évalués. Ils ne concernent que les établissements publics qui affichent globalement : 11,20 incidents graves pour 1000 élèves. Mais, les chiffres sont très différents selon le type d'établissement :

Type d'établissement2007-82008-92009-10
 École maternelle0,33 ‰0,20 ‰0,31‰
 École primaire0,53 ‰0,44 ‰0,43 ‰
 Collèges13,10 ‰12,00 ‰12,20 ‰
 Lycées professionnels15,10 ‰13,10 ‰17,20 ‰
 Lycées généraux et technologiques4,00 ‰3,60 ‰4,30 ‰


L'étude de Pacal Bavoux [7] in Trajectoires/AFEV [4] révèle une toute autre appréciation, certes circonscrite au collège, mais qu'on peut extrapoler. Si un quart des élèves y trouvent leur compte, pour 75 % des élèves le collège ne semble pas ou très modérément répondre à leurs attentes ! Situation fort préoccupante et qui provient en grande partie de la structure unique du collège trop orienté vers la voie classique et trop loin des besoins d'aujourd'hui. Par exemple : 16% ne comprennent pas ce qu'on leur demande, et 68% pas souvent, 21% s'ennuient, dont souvent 14%, toujours 7% ; 30% n'aime pas du tout ou pas trop l'école.
        Une des conséquences de ce profond malaise s'inscrit dans la violence : Bavoux note que 52% des enfants se disent victimes des autres élèves ! La différence est plus qu'importante avec l'UNICEF, qui, rappelons-le, ne comptabilise que les actes ayant donné lieu à plainte judiciaire, certificat médical... Or, vu l'omerta entretenue tant par les enfants (bourreaux ou victimes) que par les institutions (minimalisation, déni),  l'évaluation de Pascal Bavoux nous semble plus proche des réalités et de notre expérience que les chiffres officiels :
    
Types de violence   UNICEFTraj./AFEV
Verbale14,4 %81 %
Prédation (hors racket)23,1 %23 %
Physique10,1 %32 %
Racket4,6 %9 %

Les violences sexuelles : dont 18,1% (UNICEF) des enfants s'en estiment victimes, soit  :
        - voyeurisme aux toilettes : 20,3%, 
        - déshabillage forcé : 14,1%,
        - baiser forcé : 20%.

Les jeux dangereux  (foulard, cannettes) ne concernent heureusement que 7,4% des enfants (UNICEF).

Les harcèlement verbaux (les plus fréquents) ne sont  pas que des mots, mais de véritables maux !

« Aux exigences scolaires plus importantes s’ajoute la pression qui s’instaure entre les élèves en classe. Ainsi 55% des élèves enquêtés déclarent qu’il leur est arrivé que des copains/copines se moquent d’eux. Parmi eux : 51% ont subi des moqueries parce qu’ils ont eu une mauvaise note, 49% parce qu’ils ont donné une mauvaise réponse, 15% parce qu’ils ont eu une bonne note et enfin 11% parce qu’ils ont levé le doigt pour répondre. Ces moqueries en cours ne participent pas à faire de l’espace scolaire un lieu d’apprentissage pour l’ensemble des élèves, quels que soient leur niveau et leurs difficultés. Le « contrôle social » ainsi exercé par les camarades est  à prendre en compte pour comprendre le rapport tendu que peuvent entretenir avec l’École certains élèves, en particulier les plus en difficulté, et ce notamment au regard de l’importance que les élèves enquêtés accordent au regard que peuvent porter leurs camarades sur eux. »

Pascal Bavoux (o.c.) in Baromètre Trajectoires / Afev

Comme 25% des collégiens ne possèdent pas une maîtrise suffisante de la langue française et traînent échec et dévalorisation depuis le début de leur scolarité (en l'absence de mesures d'aides efficaces), il est logique que, ne pouvant négocier par oral, il ne leur reste, s'ils ne sombrent pas dans la passivité, que la violence pour s'affirmer et se valoriser en terme d'estime de soi.
       
« Il faut donc dire que nos résultats rejoignent largement la recherche internationale (voir résumé in Royer 2010) sur la prédominance des garçons à la fois comme victimes et comme agresseurs. Elles montrent qu’y compris dans les catégories des surnoms méchants, de la rumeur ou de la médisance ils sont plus souvent agresseurs que les filles, ce qui permet au passage de tordre le cou à la naturalisation de la violence « sournoise » des filles contre la violence plus brutale (virile ?) des garçons... » UNICEF (o.c.) 

Les plus violents physiquement  sont les garçons et la majorité de ceux-ci ont eux-mêmes subis les avanies qu'ils projettent sur les plus jeunes. Un enfant harcelé présente 5 fois plus de risques de devenir harceleur à son tour.

Mais le harcèlement ne concerne pas que les pairs, hélas!

« Qu’il s’agisse de collégiens ou d’élèves de primaire, les enfants perçoivent avant tout leurs enseignants comme des personnes leur transmettant un savoir. En second lieu, un tiers des enfants se sent « compris » par son ou ses enseignants : ce taux  atteint 58% des élèves de primaire, mais n’est toutefois que de 25% pour les collégiens. Les enfants  déclarant ne pas aimer aller à l’école ont une  vision plus critique de leurs enseignants, 20% estimant qu’ils ne les comprennent pas, 16% qu’ils les sanctionnent et 10% qu’ils les dévalorisent. »  [7]

Si un tiers ou un quart seulement des enfants se sentent compris par leur enseignants, c'est quand même préoccupant ! Mais il y a pire, hélas : les insultes viennent pour 4,1% des enseignants, les coups d'adultes de l'école pour 7,2%, mais cela peut s'aggraver pour les garçons, les élèves en retard (2 fois plus souvent), bien que 33% des élèves frappés aient un bon niveau scolaire (UNICEF, o.c.).
  
« Le goût de punir est souvent fort trouble : humilier, dompter, frapper un être fragile, le réduire au silence ou à l'immobilité, ces jeux cruels sont savourés par plus de bonnes âmes qu'on ne croit. Le métier d'éducateur, qui est un métier d'amour, est envahi de sadiques légers. Aussi faut-il distinguer entre la vocation de chef, et ce que P. Janet appelle « fausse énergie de faible. » Celle-ci se manifeste dans l'irritabilité, les exigences tatillonnes, la fréquence et le raffinement des châtiments, dans les rapports avec les inférieurs ; et, à l'envers, dans les rapports avec les supérieurs, par la platitude et la servilité. De la sorte, la complaisance à obéir pourrait parfois être le moyen d'obtenir licence de commander. » 

Maurice Marsal, in L'Autorité, édit. PUF, Paris, 1974.    


 Mesures officielles mises en place 

Luc Chatel, lors des Assises nationales sur le harcèlement à l'école, présenta un plan de lutte contre le harcèlement à l'école, pour la rentrée 2011-2012. Il le définissait sur quatre axes [Lien] :
    
1- Mieux connaître le harcèlement, notamment par des enquêtes tous les deux ans.
        => Mais il faudrait que ces enquêtes ne reposent pas que sur les cas les plus graves (plaintes) et soumis à la seule déclaration des responsables d'institutions. Il faut aussi interroger les élèves et les parents.

2- Mobiliser tous les acteurs.
        => Mais quand on voit le poids de la parole des parents face à l'institution, le déni systématique opposé par les enseignants quand on parle de harcèlement et le rejet habituel de la cause sur l'enfant harcelé...

3- Former les chefs d'établissement, les enseignants, les équipes éducatives et les représentants des parents, par le moyen de réseau de formateurs dans chaque académie.
          => Mais quand on sait le peu d'emprise de la formation chez les enseignants...

4- Sensibiliser les élèves.
« … par le biais de l'éducation aux valeurs d'humanité, de sympathie, de respect de l'autre. » Luc Chatel « demande à chaque enseignant de faire de la lutte contre le harcèlement un cas concret de mise en œuvre des valeurs acquises dans le cadre du pilier 6 du socle commun de connaissances et de compétences. »
        -> Mais quand l'enseignant est lui même le harceleur ?

Nouveautés 2013 (Lien)
« Les 4 axes du plan de prévention du harcèlement et de la campagne lancée le 26 novembre 2013 : sensibiliser, prévenir, former, prendre en charge. »
        => Un seul vrai changement : la prise en charge.

Mais enfin, des outils concrets à disposition des équipes et des familles
     - un guide "Que faire dans mon école contre le harcèlement ?" et "Que faire dans mon collège et mon lycée contre le harcèlement ?".
    - un guide sur la cyberviolence est à disposition des équipes ainsi que les ressources réalisées par l’association E-Enfance, la Cnil jeune ou encore le 
      programme Internet sans crainte
    - un protocole de traitement des situations de harcèlement
    - des conseils sur le site "Agir contre le harcèlement
    - pour les élèves du CP au CM1,  10 dessins animés réalisés par les « Petits citoyens » + guide. 
    - pour les élèves de CM1/CM2, plusieurs vidéos réalisées par des élèves pour le prix "Mobilisons-nous contre le harcèlement".
    - pour le second degré, les trois vidéos, "les claques", "les injures" et "les rumeurs" réalisées en 2012 + guides pédagogiques.          
    - 44 vidéos sont mises à disposition sur le Dailymotion Éducation.
    - une plateforme avec une dizaine d’écoutants professionnels, (lundi/vendredi, 9h/18h), ouverte toute l’année sauf du 15 juillet/15 août. (2014 : 3 619 appels).

Quant au cyber-harcèlement, il serait pris en compte et intégré dans le Brevet informatique et Internet. Les élèves devront s'engager expressément à ne pas intimider ou harceler un autre utilisateur. Je doute que ce soit dissuasif. Le partenariat avec Facebook pour fermer le compte des élèves harceleur est un début, nulle autre sanction n'étant prévue, donc dans les deux jours qui suivront le harceleur pourra ouvrir un nouveau compte sur le site et recommencer. Et quid de Twitter, Identi.ca, MySpace, Skyrock,  LinkedIn... ?


 I. Que faire ?

Prendre contact avec l'institution : enseignant, puis directeur, en s'appuyant sur des faits précis et concrets (qui, quand, quoi..., témoignages de camarades, constat médical éventuel). Si rien ne bouge, passer à l'étage au-dessus : numéros verts nationaux : 

stop harcèlement 0808 807 010 ou net écoute 0800 200 000
Enfin, s'adresser au référent académique "harcèlement" de chaque académie et département .
        Mais avant toute chose, si les faits sont graves : retirer provisoirement l'enfant de l'école, en attendant la mise en place d'un règlement de la situation et faire suivre l'enfant.


 Conclusion 

Le problème est posé officiellement, mais les bonnes intentions ministérielles seront-elles suivies d'effets probants et rapidement, là est la question. En attendant, ce sont aux parents de rester vigilants, d'exiger l'application des textes, la création des instances prévues.
        L'enfant surdoué, parce que différent, peu enclin naturellement à la violence (sauf carence éducative), trè réactif et idéalisant fortement les rapports humains est, plus souvent que d'autres, victime du harcèlement tant pédagogique que paritaire. Il y a donc lieu d'être particulièrement vigilant, sans tomber pour autant dans la paranoïa et faire du moindre coup reçu d'un copain un attentat à son intégrité physique.
         Mais, l'institution n'est-elle pas elle-même parfois génératrice de violence faite à l'enfant par le déni de sa spécificité ? 
     Changer d'école n'est qu'un pis-aller, si l'on n'aide pas l'enfant harcelé, comme le harceleur, à changer de comportement, ils reproduiront ailleurs la même situation. Pourtant la chose n'est pas impossible, sans révolution, certains établissements, après formation, y réussissent, mais cela implique l'accompagnement individuel.

Je remercie Pascal Bavoux (Baromètre Trajectoires / Afev) de nous avoir autorisé à citer de larges extraits de son excellente étude. Elle pose les vrais problèmes, restent à trouver les vraies réponses et à les appliquer vraiment.

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http://www.acsis-pm.org/11.1.c.Informer-Violences.html

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