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Message par Le Don qui Chante le Lun 22 Aoû 2016 - 21:51

Hell versus Paradise



vs


Qui je suis... J'ai en moi des Atomes d'Artaud


Qui je suis... J'ai milles voix en moi.


Qui je suis... J'écris au bic médium sur la peau de mes amantes...


Spoiler:
Avec un stylographe bic médium
Je scarifie sous ton corsage dégrafé
Mon nom
Et pareil à l'enfant
Qui décapite des chardons
De son canif en
Laiton ou en aluminium
J'essaie sur ta peau ma force
Et tatoue dans l'effort ce
Post-scriptum à nos ardeurs
Ces mots :

"Ad vitam aeternam
Si tu cherches tu trouves
Alors marche ou crève"

Mais de crainte qu'ils ne débordent sur ton sein
Je m'affaire à l'autre sombre dessein
Qui déjà me hantait lorsque j'écrivais "Ad" :
Avec un stylographe bic médium
Je m'engouffre sad/ique et aimant
Dans tes profondeurs ta jungle
Lentement
Craignant que tu te mettes à geindre

Lentement
Craignant que tu te mettes à geindre

Qui je suis... Un chapelier fou qui attends la date de son exécution...


Qui je suis... Un amour from Tchernobyl...


Qui je suis... Un amour Logic coco...

Qui je suis... J'ai déjà été en prison

Qui je suis... A Zombie guy...


Qui je suis... un homme sans futur, passé ni présent...


Qui je suis... J'ai tué Clint Eastwood.


Qui je suis... un vieil indien qui n'a jamais marché en fil indienne.


Qui je suis... un Oslo Telescopic LONE


Qui je suis... J'aime pas le travail...


Qui je suis... J'aime les seins de ma douce...



Qui je suis... Un homme qui a les épaules solides.



Qui je suis... Je suis tombé de cheval.



Qui je suis... Dans ma tête il neige même en été...



Qui je suis... Plus d'une fois j'ai eu le cœur cassé.



Qui je suis... je suis de chrome et de coton.



Qui je suis... J'ai fais ma mue.



Qui je suis... Je suis ouvert 365 jours sur 365.



Qui je suis... J'aime les nouveaux départs.


Qui je suis... J'ai toujours envie de baiser.

[/i]

Qui je suis... J'ai toujours loupé l'heure du zoo...



Qui je suis... un Homme qui aime d'amour.



Qui je suis... J'aime rouler



Qui je suis... J'aime pas les C.R.S.



Qui je suis... J'aime pas les interdits...


Qui je suis... J'aime sieurs & dames.


Qui je suis... Je suis un voyou.


Qui je suis... J'aime l'odeur de la cigarette.


Qui je suis... J'ai eu des amours de jeunesse... (je n'en met que deux)


Qui je suis... J'aime pas le travail.


Qui je suis... J'aime danser la Bostella.


Qui je suis... J'aime la Belgique.


Qui je suis... J'aime danser jusqu'à la mort.


Qui je suis... J'aime l'Unisson...



Qui je suis... Une révolution non-télévisée.


Qui je suis... J'aime le beau.


Qui je suis... J'ai eu des colères.


Qui je suis... J'aime les femmes qui sont la gueule.


Qui je suis... J'aime la lettre A.


Qui je suis... J'aime la lettre B.


Qui je suis... J'aime la lettre D.



Qui je suis... Love love love


Qui je suis... J'aime les trésors et les pirates !!!


Qui je suis... J'ai toujours joué dans l'équipe C


Qui je suis... J'aime taper.


Qui je suis... Un canon de Brixton.


Qui je suis... ... vendu au diable...



Qui je suis... ... un hôtel pourri...


Qui je suis... Une personne qui transforme la souffrance en joie.


Qui je suis... Un coeur dans le dos.


Qui je suis... Un Conquistador.


Qui je suis... Une âme en forme de tronçonneuse.


Qui je suis... J'ai tué Merlin...


Qui je suis... J'aime plus la ville que la nature.


Qui je suis... Un homme qui aime pas les filles mais les femmes.



Qui je suis... J'aime écrire des mots d'amour.


Qui je suis... J'aime la lune.


Qui je suis... J'aime les félidés de tous poils...


Qui je suis... Je suis un enfant terrible.


Qui je suis... Une chambre à coucher aux draps sales...


Qui je suis... J'ai cryogénisé la vie à deux.


Qui je suis... J'ai fais une tentative de suicide.


Qui je suis... Une personne immortelle.


Personne ne m'arrêtera puisque je vais nul part...



Dernière édition par Le Don qui Chante le Jeu 25 Aoû 2016 - 0:31, édité 18 fois
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Message par Le Don qui Chante le Sam 27 Aoû 2016 - 23:10


Je suis né un dimanche au moment ou Charlie Chaplin passait l'arme à gauche. Sa tombe se trouve en Suisse.
Ma tombe n'est pas encore creusée au moment où je tape sur le clavier ces mots.

De ma jeunesse je n'ai jusqu'à mes 5 ans pas trop de souvenirs. Je peux logiquement en conclure qu'elle ne fut pas si mauvaise que cela.
La première chose dont je pense me souvenir est une petite fille à qui j'aurai pris la main dans la cours de récréation à l'école maternelle. Annie qu'elle se prénommait et il y avait devant nous un énorme tilleul, ou un marronnier...
Je me souviens aussi un peu de mon grand-père, il m'emmenait aux champs voler du maïs pour les lapins.
Les poules aussi qui courraient sur un sol de terre couvert de merde. De mémoire il n'y avait pas de coq dans la cours dite basse. Une fois j'ai voulu passer une pierre, un grès de l'autre côté du grillage. Et il m'est tombé sur le crane. Ouvert, du sang et des larmes. On m'a recousu et je garde un souvenir fort de ce moment.
Je bloque sur le CM2 car cette année là, mon grand-père est mort.
On m'a dit que mon souvenir était faux.
Dans ma tête, mon grand-père était mort en fin de soirée, alors qu'il devait me ramener chez mes parents.
Ma grand-mère l'a insulté. En lui disant qu'il avait picolé et qu'il devait me ramener. Et elle m'a prit par la main et elle m'a ramené chez mes parents. Le lendemain on est venu me chercher à l'école pour me dire que papy était mort.
J'ai pleuré. Je me souviens dans quelle rue cela s'est passé. La rue de la République.
Puis ensuite on a amené le corps de papy à la maison, dans le salon.
On a veillé le mort.
Puis on l'a enterré.
Et quand on l'a mit sous terre, j'étais à l'école. On m'a jugé trop petit pour assister à cela.

Dans cette classe en CM2 j'ai aussi provoqué mes premières injustices. 
Je me souviens avoir volé toute les cartes autocollantes Panini appartenant à Roger (je n'ai plus le souvenir de l'album mais c'étais un album de foot).
A la récré, Roger faisait le 'boss' avec son énorme paquet. Pourquoi, je ne le sais pas mais je trouvais cela misérable et je m'étais mis en tête de lui jouer un sale tour. 
La cloche sonne, je reste dans la classe une ou deux minutes en plus que les autres, prétextant de finir un devoir commencé.
Je suis bon élève, on me laisse m'exécuter. Puis, sans surveillance, je prends dans son casier tous les autocollants qu'il possédait. Facilement une centaine. Je met dans un sac plastique mon butin que je m'empresse d'aller cacher dans les toilettes pour garçons. Quand on est rentré après la récréation, Roger a explosé en larmes. Autres mœurs, autres époques, l'instituteur n'a rien fait ni dit. 
Il a laissé un petit garçon portugais pleurer une injustice à la face des autres.
Cela m'a rendu triste mais je n'ai ressentis aucun remords. 
Comme je l'écrirai plus tard, "un monde sans étoiles au dessus de la tête et la morale universelle en dehors de nous"; merci Kant... 

Tous comme la fois ou en début de journée, le directeur d'école passait dans les rangs pour vérifier que les devoirs de la veille étaient fais. j'ai volontairement caché ma feuille d’arithmétique pour lui faire croire que je ne l'avais pas faite. Hors, elle était correctement exécutée. Mr R. n'a pas prit le temps de se demander si les devoirs étaient réalisés, trop content de sa prise il m'a décollé de ma chaise en me tirant l'oreille avant de me donner une gifle (en ayant préalablement prit le temps de retourner sa chevalière...). Mais les devoirs étaient fais... et quand il m'a lâché et qu'il a vu que j'avais bien fais le travail demandé il s'est trouvé penaud. Mais attention, aucune excuse n'est sortie de sa bouche. 
Finalement, j'ai vite trouvé les clés du monde en étant enfant... vite compris que rien ne tournais rond et que si 'la Morale se moquait de la morale', nos actes avaient au final peu d'incidences.

Puis à dix-sept ans j'ai enterré un autre grand-père. Celui de mon cousin, mon oncle donc.
Jean-Baptiste qu'il se prénommait. Annonciateur d'une apocalypse en devenir.
Il ne voulait plus parler aux personnes de sa famille à l'aube de sa mort. Il ne faisait que bougonner et dire des choses 'sales' sur eux. Mais moi, du haut de mes dix sept ans, il me parlait.
Il avait pleuré une fois en me parlant de Paul & Virginie, roman qui pour lui était le plus beau du monde.
Vous voyez, on est peu de choses...
Et il avait assisté à l'enterrement de Thorez. Le drapeau rouge sur celui bleu et blanc l'avait ému aux larmes.
Puis il était mort d'une embolie pulmonaire.
Un véritable croisé de la cigarette.
Et en bon croisé il était mort pendant sa guerre.

Puis j'ai grandis. Cahin, caha.
J'ai été enfant de chœur. Dans l'Eglise de mon village, l'aube était un peu trop grande pour moi et ma tante Claudette l'avait reprisé. J'avais assisté à la scène. Et dans mon infini espièglerie, j'avais décousu les fausses coutures intérieures de cet habit d’apparat. 
A un moment précis de la cérémonie, je passait dans les rangs pour récolter de l'argent. 
Et à un autre encore plus attendu, en passant derrière un pilier, je laissais tomber, volonté divine quelques pièces dans la couture intérieure décousue par mes soins. 
Quand à onze ans on vol dieu, on peut tous réaliser par la suite. Rien ne vous fait peur.

C'est les fleurs qui m'ont eu fatalement... 
On devait en vendre pour financer un voyage à Lourdes ou Lisieux, je ne sais plus. D'ailleurs j'y suis allé trois fois à Lourdes et une seule à Lisieux. Pas de miracle, j'en suis revenu... Et donc, on devait vendre ces fleurs. Là pour arnaquer dieu il fallait ruser. On avait un nombre donné de fleurs donc un nombre de sous à rendre.
Pif paf, ma caboche échauffure le plan. 
On arrache sans scrupule dans les parterres des fleurs que l'on revends aux même personnes. 
Sauf que là, on sonne chez le fleuriste et l'on se met à lui vendre ses propres fleurs... 
Il nous a coursé et j'ai honte d'avouer que oui, j'ai abandonné le chariot et les fleurs, et par cela ma vocation d’ecclésiastique... 
Comme quoi la foi ne tient qu'à peu de choses.

Puis j'ai eu ma première fellation à dix neuf ans. Virginie qu'elle se prénommait. Moi je n'étais nullement Paul pour le coup. Et j'avoue que je n'ai rien compris à ce qui se passait. Mon sexe relié à sa tête, je me laissais un peu perdu, voguer sur des vagues de vague plaisir. 
J'ai rapidement jouis sans la prévenir. 
Elle s'est étoqué (patois local) et moi j'ai été choqué. Dans le sens, ou je me suis dis qu'il ne fallait pas agir ainsi avec les femmes. Et il fallut que j'attende presque vingt cinq ans plus tard pour que je m'autorise à jouir pleinement dans la bouche d'une compagne.

Virginie... et n'était pas farouche.
Les deux puceaux que l'on était on vite compris que comme le ciel était vide, il fallait trouver notre plaisir sur terre.
Alors on a baisé plus que de raison.
Rapidement cela a tourné au glauque avec elle. 
Quand sa sœur venait dormir à la maison, elle hurlait encore plus fort sa jouissance. 
Sur un week-end, il fallait que je l'honore au moins cinq fois... 
Heureusement pour moi, par moment le hasard faisait que je rigolais bien. Comme le soir ou son mur de livres était tombé sur nous suite à des coïts un peu trop prononcés...
Mais j'avais remarqué que pour elle le sexe n'était pas un jeu, mais bien une discipline à part entière. Et là, j'ai poussé le jeu un peu plus loin pour voir jusqu'au ou elle s'appliquerait. 
Un soir, en revenant de Cambrai, elle et moi sur la banquette arrière de la voiture familiale, sa mère et son père devant, elle m'a masturbé lentement. Facilement pendant trente minutes. J'ai jouis au moment ou l'on venait de dépasser le château d'Esnes ou la légende locale dit que Jeanne D'Arc fut emprisonnée.
un orgasme terrible. Mêlé à la fois d'excitation, d'interdit dépassé. Une excitation cérébrale totale !!!

Mais bon, mademoiselle était excessive et elle prônait la Loi de l'unité. 
Et elle m'a un jour forcé à brûler tous mes poèmes qui ne parlait pas d'elle, les lettres que j'avais gardé des autres. 
Si elle avait eu la primauté de ma virginité, Virginie me voulait pour elle tout entière. 
Et ma mère la détesté... et mon père lui était inexistant... 
Alors un soir j'ai craqué, et au sortir d'une crise je l'ai giflé. 
Je venais de relire l'Etranger. J'ai toujours eu beaucoup d'affection pour Camus...

"J'ai encore bu un peu de vin. Il a allumé une cigarette et il m'a découvert son idée. Il voulait lui écrire une lettre "avec des coups de pied et en même temps des choses pour la faire regretter". Après, quand elle reviendrait, il coucherait avec elle et "juste au moment de finir" il lui cracherait à la figure et il la mettrait dehors. J'ai trouvé qu'en effet, de cette façon, elle serait punie." - Albert Camus - L'Etranger

La gifle marqua la fin de notre relation. Je suis retourné chez elle une dernière fois, on a fait l'amour et en lui rendant sa guitare, Roméo que je suis, je lui ai dis à jamais au revoir. Fin de cette histoire.

Puis y'a eu un mariage, un enfant et un divorce. Vous n'en êtes qu'au début de la lecture de ce qui fut ma vie...

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Message par Le Don qui Chante le Lun 29 Aoû 2016 - 21:11


J'ai toujours été seul.
Ou presque.
Petit, je m'inventais des amis pour jouer au Monopoly. Je me souviens très bien comment je m'y prenais.
Sur la moquette vert vomis de ma chambre à coucher, j'étalais les billets et je définissais pour chacun des joueurs imaginaires des rôles, des personnalités que j'appliquais au jeu.
Et parmi les six joueurs, il y avait moi.
Et je perdais toujours.
Quand j'ai continué à faire cela à l'âge de 16 ans en jouant au jeu de plateau Dune, je me forçais à oublier les cartes des autres joueurs fictifs. Et vous pouvez me croire ou pas, j'y arrivais.
Tous comme dans la voiture familiale à cet âge, je me forçais à inventer dans ma tête plusieurs voix qui répétaient en boucle, avec une ou deux secondes d'écart la même phrase.
Des jeux solitaires non sexuels quoi.

Mes parents m'ont inscrit au judo vers onze ans. Comme ils ont merdé tous ce qu'ils ont fait me concernant, ils ont merdé le judo. J'étais plutôt bon dans ce sport mais je club ou j'étais été totalement nul. J'ai gagné quelques médailles en compétitions mais et j'ai rapidement eu ma ceinture verte. Sauf que, dans ce club on donnait la ceinture aux nantis.
Et mes parents qui étaient en phase d'embourgeoisement l'étaient.
Puis mon meilleur ami de l'époque, qui s'est révélé au collège être une belle ordure, à changé de club. Et moi j'ai suivis en Panurge le mouvement.
A Bertry, le niveau était plus élevé et ma ceinture verte à bien révélé son fait, je n'étais pas mure .
J'ai repassé mes ceintures, refais mes gammes, réappris la technique, j'aimais bien.
Puis j'ai eu mes premier contact charnel.
Me faire immobiliser la tête entre deux seins poussant de treize ans, j'adorais cela.
Une amoureuse que j'ai embrassé lors d'un voyage ecclésiastique à Lisieux était aussi au club.
Pascaline.
Elle n'avait pas les pensées du philosophe mais des attributs bien plus excitant.
Puis Céline aussi.
Là je me laissais manipulé à tous vents. Le sourire aux lèvres.
Et une fois que j'ai eu la ceinture violette, j'ai stoppé le judo, j'avais grandis.

Et y'avais aussi le foot. Malsain à souhait. Dans l'équipe cadette de Caudry, je devais me battre pour jouer en équipe A.
J'étais bon au foot, pas trop technique mais tactique à souhait. Et une bonne patte gauche.
Le foot et sa sournoiserie m'ont appris énormément de choses dans la vie.
Je vous l'ai dis, j'aime bien Camus.
La première leçon de vie que j'y ai eu fut, tu joues, tu ne t'occupes de rien d'autre, tu fais tous pour l'équipe et pour qu'elle marque un but de plus que l'adversaire. Si tu fraudes, pas grave, un arbitre est là pour te rappeler à l'ordre.
Du Machiavel de banlieue...
Ma chance fut de ne pas être fils à papa et d'être gringalet. J'ai oscillé entre l'équipe A et l'équipe B.
Et dans l'équipe B on avait un putain d’entraîneur qui nous a appris à jouer comme jamais.
Patrice J. Que j'ai retrouvé bien plus tard quand j'ai joué le rôle d'éducateur sportif au club de Cambrai avec des U13.
Under 13 years. Autres temps, mœurs et vocable...

Le foot a été pour moi une ouverture au monde.
Je n'étais plus seul et sur mon côté gauche, j'avais devant moi un ailier et derrière moi un défenseur. Et tous ensemble, on construsait un jeu qui tendait vers un but commun, marquer un but de plus que l'adversaire.
J'ai souvent dis cela dans les vestiaires.
- "L'autre équipe est l'adversaire, pas l'ennemi. Ils jouent avec nous. Et sans eux on ne peut pas jouer. A nous de nous dépasser, de nous transcender pour le temps de ce jeu être meilleur qu'eux. Et par cela leur donner envie de nous battre.
Adversaire car on les amène à se dépasser.
Pas ennemis car on ne désire pas les détruire.
"

J'ai joué plein de matchs de foot.
Je n'ai été expulsé qu'une fois, pour un coup de tête.
Par contre j'ai fais expulser une trentaine de joueurs. Ceux qui n'arrivaient pas à se dépasser et qui perdaient patience face à moi. Quand j'ai eu mon souffle au cœur suite à mon divorce, j'ai du arrêter le foot. De jouer. Pourtant, à trente-quatre ans je continuais à évoluer dans ce sport. J’entraînais des U15 au S.C. Bourbourg.
J'y suis repassé à Bourbourg. Ils ont créé un tournois international depuis mon passage et je me sens comme étant la pierre principale de ce tournois. Pourquoi ? Car j'ai emmené mes U15 de l'époque en faire un à Cambrai et qu'ils ont adoré cela.
Réellement.
Bourbourg pour le foot me manque. Plus que Malo les Bains ou j'ai géré en collaboration avec Teddy une école de football pendant une année. L'année de la rupture avec celle qui à l'époque était mon épouse.

Il faudra que je parle d'elle un jour... Elle est passée sur ce site, et c'est en suivant ses traces que je suis arrivé sur Z.C.
Mais par pour maintenant, non, pas maintenant...
Mon soucis au cœur est né de cette rupture. A l'époque elle avait un amant qui était encore un ami, Guillaume.
Et j'aime me dire que j'ai eu le cœur brisé au point ou, j'ai attrapé un souffle au cœur.

Depuis, je suis retourné dans le pays de mon enfance et je suis toujours éducateur sportif dans un petit club de district.
Deux fois par semaine je m'occupe d'enfants de 5 à 8 ans qui veulent jouer au foot.
Sérieusement on ne fait pas de foot à cet âge. On fait ce que l'on appelle de la motricité.
Des jeux pour apprendre à se servir de son corps. Pour se sentir bien quand on se délace dans l'espace. Pas de victoire ou de défaite en ce qui me concerne. Non. Et bon ou mauvais, on participe à l'oeuvre commune, le jeu.
Honnêtement, il y a peu d'éducateurs qui pensent comme moi et sur une 'saison', je m'énerve beaucoup, entre sur le terrain, non pas pour crier sur les enfants, mais pour remettre des parents ou d'autres éducateurs à leur place.
Ces gens là vient leur vie en transition sur leurs enfants.
Et pire pour les éducateurs, sur les enfants des autres.
Moi, je sais que je fais bien.

Un soir, mon téléphone a sonné.
Un texto.
Rémi.
- " Merci Nico pour ce que tu as fais. J'ai passé une super saison et j'ai beaucoup progressé grâce à toi. Tu avais raison."
Ce texto me replonge à Bourbourg. Rémi est sur la photo.
Il voulait jouer attaquant. Moi je désirai qu'il joue défenseur.
Rémi avait une pointe de vitesse au démarrage épatante. Et chaque fois devant, il était hors jeu.
En plus il avait 'trois poumons'; métaphore débile de footballeur.
On pourrait dire 'trois cœurs', mais non... les poumons c'est plus glamour.
J'ai discuté avec lui. Mais quand on à 15 ans, on est pas sérieux... Et finalement, on a trouvé un deal. Il joue arrière d'aile, sur le côté gauche, et en fin de match, pour quinze minutes devant.
Au bout d'une saison Rémi a remarqué qu'arrière d'aile, il avait marqué 3 buts (pour un défenseur sur 15 match, c'est plus que pas mal).
Et qu'ensuite, il touchait plus de ballons qu'en jouant devant.
Pour moi le rôle de l'éducateur est là.
Aider l'autre à trouver sa place dans une équipe, un collectif. L'emplacement ou il sera le meilleur.
Et Rémi n'en est qu'un qui m'ont remercié d'avoir croisé leurs vies en devenir.
Un jour je parlerai de Romaric.

Romaric, ma femme, j'ai énormément de choses à vous dire il me semble.
Pour ce soir c'est terminé.
Un Zyprexa, du vin et au lit...

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Message par Kinesis le Mar 30 Aoû 2016 - 1:53

Bonjour El Don.
Je n'ai pas tout écouté, j'ai tout lu.
Pour "Of Monsters and Men" et pour le foot, j'ai envie de t'écrire.
J'ai fait du rugby de 9 à 16 ans, paraît que les clubs de foot en banlieue parisienne étaient mal fréquentés. Ce fût pour moi une addition d'expériences formidables, heureuses et tristes. La dynamique (psychologie ?) collective m'a toujours plu, pouvoir compter sur les autres et à la fois, pouvoir être celui sur lequel les autres comptent, c'est magique. J'ai tellement aimé un de mes éducateurs que je voulais devenir entraîneur pendant un temps, jusqu'à ce que les bancs de la fac me découragent.
La transmission des savoirs est pour moi une des choses les plus importantes dans la vie. Bravo pour ce que tu fais avec les gosses (et avec les adultes) : la lucidité c'est souvent ce qu'il manque au bout de l'effort. Si tu montes de catégorie d'âge tu auras plus de retours comme celui de Rémi j'en suis sûr.
Ta dernière image me fait bader, je te poste ce que j'avais dans les oreilles en rentrant chez moi avant de passer sur ZC, des ondes positives, c'est sans trucage.
Bien à toi.


_________________
"Ils ne pouvaient donc imaginer à quel point la défense d'une marge humaine assez grande et généreuse pour contenir même les géants pachydermes pouvait être la seule cause digne d'une civilisation quels que fussent les systèmes, les doctrines ou les idéologies dont on se réclamait."                                                                                                                                                         - Les Racines du Ciel -
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Message par Le Don qui Chante le Mar 30 Aoû 2016 - 16:23

Je voudrais encore pouvoir lui scarifier la peau à coup de bic médium.
Mais non, on l'a brûlé.
Elle n'a même pas de tombe...
Juste un tatouage sur ma peau.
Et encore, encore, encore, ce n'est pas cela, c'est plus que cela.
Elle m'a aimé comme jamais.
Lentement, mes caresses l'ont fait geindre, lentement, lentement.

J'en suis sclérosé au point que je n'arrive pas à aimer pleinement l'autre.
Encore vu hier, en retour de festival.
J'ai juste mordillé les lèvres de Bérénice là ou je voulais engouffrer ma langue.
Et je pleure
Pleure.
Une pluie de larmes qui s'évaporera sur ma peau.
J'ai un tipi ou elle repose sur l'épaule gauche, dessin beau mais légèrement gauche. Et j'aurai un serpent à plume qui descendra sur ma hanche à moi, perdre ses plumes dans l'ombilic des limbes, ma bedaine. Et ce soir, ce soir, je verrai, je le souhaite Bérénice.
Dormir contre elle.

Elle a dix ans de plus que moi mais je vous jure sur ma putain de tête que pour le coup, je me damnerai juste pour la voir vieillir.
Me poser à côté d'un corps et le regarder vieillir.
Le bonheur de ceux qui tutoient les anges.

J'ai pas assez picolé, narcotiqué mon corps.
Laurie fut une princesse.
Bérénice sera une reine.
Et moi un tombeau.

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Message par Le Don qui Chante le Sam 3 Sep 2016 - 15:55


34 ans, j'ai fêté mes trente trois ans en grande pompe, je ne pensais pas que les suivants seraient si funèbres que cela...
Être né un vingt-cinq décembre ne s'improvise pas. Il parait qu'à ma naissance, un dimanche donc comme je vous ai déjà dis les bonnes sœur chantaient 'il est né le divine enfant'. Maintenant je chante, 'pourquoi m'as-tu  abandonné…'
Et en ce jour de décembre 2011, la fête avait été tronqué par notre joie de vivre.
Manu, Damien et moi on portait des barbes postiches et on avait voulu monter une fausse croix dans le jardin pour me crucifier. En vain. L'avertissement maternel avait sonné le glas.
Pas de vin, pas de fête si cela à lieu. Devant un Saint-Estèphe, du Chablis et quelques bouteilles de Graves on s’incline en génuflexion. Quand comme moi on ne sait pas changer l'eau en vin on écoute sa maman et on ne film pas un remake de 'Life of Brian'.
Alors adieu les aubes blanches immaculées, nos fausses barbes au feux et la couronne de houx, on la cloue au dessus de la porte pour les baisers dis 'amoureux'.
Dieu ne joue pas aux dès mais il ne sait pas rire...

Et mes trente-quatre ans passèrent comme une comète qui explose en coup de foudre une vie bien rangée.
Je revois parfaitement Madame Michalski me dire, 'mais vous avez un souffle au cœur'.
Ha ha ha ha ha. Oui, bien sur, et 'j'ai aussi du beurre à mon cul !!!'
Ben non mon colon, tu as bien un souffle au cœur.
Hoooo, que ton cœur s’essouffle ne t'étonne pas. Nullement en cette trente-quatrième année de vie, mais qu'on te dise de but en blanc que ta machine corporelle s'écroule de partout, le coup est dur.
Et d'un autre sans l'un, plus de sport...

A l'époque je faisais pas mal de sport. Course à pied, football, du fractionné, j'adorai même cela.
J'étais plutôt fier de ma résistance physique. Comment dans l'impact d'un match de district et ligue Maritime Nord, on mettait d'épaule en épaule l'adversaire à terre. Et courir, toujours courir, sans réellement savoir pourquoi mais sentir au combien cela vous libére la tête.
Non, plus rien…

Et on commence les batteries de tests.
Tous le corps médical dunkerquois s'intéresse à ma carcasse.
C'est ainsi. On va même par me donner un congé maladie de cinq jours !!!
Un pour me préparer à l’hôpital, trois pour me faire vingt-cinq prises de sang en trois jours, et un pour récupérer avant le week-end, on est pas chiens !!!
Mais je vais plus vite que mes souvenirs. Doucement Le Don, doucement. Tu vas perdre ton / tes lecteurs.
On commence léger alors, radio et échographie.
J'ai toujours désiré porter en moi un enfant, sentir la vie déformer mon ventre. Un organisme dans l'organisme, le sentir se développer, vivre, agir.
Non, la mienne d'échographie sera banale.
Un peu de produit sur mon torse et la machine froide envoie ses signaux. Et au lieu de voir la vie, on voit la mort. L'écholalie du bip se répète dans mes oreilles et j'essaye de comprendre pourquoi mon cœur qu'hier je savais bon est aujourd'hui mauvais. Qu'ai je fais.
Numéro6, tiens je cite une personne du forum… m'a dit un jour, « les gens n'acceptent pas la maladie, ils veulent comprendre. Ils sont cons car y'a rien à comprendre, on est malade, point. »
Il a raison. On cherche à comprendre des choses qui sont intelligibles, mais face à la mort et la maladie il n'y a rien à comprendre. Juste à accepter les faits.

Oui, aorte gauche touchée. (redondance)
La valve suinte son sang sur le cœur et ce dernier grossit.
Ne me secouez pas les gens, je suis pleins de larmes...

La machine médicale enchaîne.
On va me faire subir une autre échographie plus sexy, une échographie transoesophagienne pour affiner le diagnostique.
Si un jour vous désirez vivre ce que les prisonniers subissent dans le film Aliens, demandez à votre médecin de vous en prescrire une. C'est mieux qu'un lavement ou qu'un coloscopie.
L'idée est de vous faire entrer par la gorge une sonde pour aller voir comment se porte votre coeur.

Le truc cool était qu'à l'époque ma femme avait un nouvel amant et que mon hospitalisation de trois jours lui a donné plus de temps libre dans ses occupation post-maritale.
Voyez, j'ai la main sur le cœur. Mais je lui jetons pas la pierre, si on en était arrivé là, j'en avais ma responsabilité. Je vous l'expliquerai un peu plus tard. On en est qu'au cinquième post sur ce fil.
Toutefois je peux vous dire qu'elle a eu des remords. Une fois elle a eu la pudeur de me dire, "je ne me suis pas assez occupé de toi pendant cette période de notre vie."
Oui, en même temps, c'est à moi de m'occuper de moi... pas à elle.

Là, elle est présente.
On est à l’hôpital dans le cabinet du docteur Sautière. Je ne peux pas dire qu'elle ne s'est pas bien occupée de moi. Cela serait mentir. Très professionnelle et face à une chienlit comme moi, assez patiente.
Et au moment ou la porte du cabinet médical claque mon ex-femme est assise sur un fauteuil en simili cuir noir.
Et au moment ou on m'enfonce dans la gorge la sonde, je ne pense à rien, je ferme les yeux et essaye de retenir mon souffle.
En premier lieu on m'a fait avaler de la vaseline pour faire glisser la sonde dans la bouche.
Puis à l'aide d'un spray dit anesthésiant on a tenté de prévenir la douleur.
Cris, cris et cris. Sorte de bave et soubresaut de nausée qui me prennent et qui ne peuvent sortir de ma bouche. Sensation d'étouffer, j’ouvre les yeux, erreur. Là je me sens comme dans le film Aliens ou la bête vous pond un œuf dans le corps.
Puis à grande fournée, cahin, caha on vous enfile une caméra, une sonde dans la bouche, direction le cœur via l’œsophage. Je pense que depuis ma coloscopie et les 12 mètres de tubes dans mon anus, le corps médical à exploré une belle partie du miens de corps.
Curieusement, je n'ai jamais exploré le corps médical... masculin ou féminin... cela n'est pas équitable.
Elle n'entendra que des cris... Je sais que pour le coup mon ex-femme était là et que les cris que j'ai poussé l'ont traumatisé.

J'ai un traitement à vie pour le cœur.
Du Ramipril.
C'est un médicament pour vieux. Il est censée réduire la taille de mon aorte et par cela la fuite au cœur.
Personne ne s'est demandé si en fait mon divorce n'était pas à l'origine de cela...
Non, y'a pas de magie en médecine, plus de magie.
Comme dit Numéro6, 'rien à foutre des raisons médicale, seul le traitement et le résultat compte'.
En parler ici j'ai des sueurs qui me reviennent.
En sortant la cardiologue me conseille d'aller voir un psychologue spécialisé pour les sportifs.
Rien à foutre !!!
Aujourd'hui j'en suis à mon troisième psychiatre.
La messe se dit toujours après l’extrême-onction.

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Message par Le Don qui Chante le Ven 9 Sep 2016 - 15:57


Je suis retombé sur ça hier soir...

[Parental advisor - Interdit aux -18 ans] Présentation musicale 0310
La prison.
Puis des gens sont venus et on a mangé ensemble. Julien s'est greffé au groupe. Cela faisait bien un an que je n'avais pas vu Julien. On a bu beaucoup de vins hier... et d'autres flux et reflux d'alcool.
Pour ma part en cuisinant, je me suis ouvert une canette de Rince Cochon de cinquante centilitres.
Aromatisée aux fruits rouges, pas trop forte pour moi, quelques sept degrés d'alcool par volume.
J'ai nettoyé la maison pendant que les pomme de terre cuisaient lentement.
Ces patates viennent du jardin de mon père et je les ai fais cuir sans retirer leur peau.
L'écorchage de pomme de terre, pas pour moi.
Puis en lavant par terre, j'ai allumé le vidéoprojecteur et j'ai visualisé le film de Tarantino, "Django Unchained" en version originale. Excellente idée. Puis le téléphone a vibré.
Julien me demande si on boit toujours une bière dans Caudry, je le lui dis de passer car je cuisine, il passera mais aura beaucoup de mal à repartir de chez moi.

Je retire les pommes de terre et je glisse dans de l'eau nouvelle des carottes et des haricots. Il parait que je cuisine bien, que je "sublime" les aliments. Cela ne veux rien dire…
On sonne à la porte, Julien est là.
Je me sers un mojito et je luis dis d'entrer. Il a une bouteille de Wambrechies à la main, la bonne chose.
Il est souriant.
On s’attable et j'ouvre la seconde Rince Cochon que je partage avec lui, chacun vingt-cinq centilitres de bonheur.
Cinéma.
Il n'a jamais vu un singe en hiver. Je lance le film en fond sonore dans le salon alors que nous, dans la salle à manger on refait le cinéma. Il me parle longtemps des films de "La Cannon".
La Cannon, Sidney J. Furie et son Superman 4 alimentent nos discutions.
On voue une forme de culte primaire à ce groupe de cinéma qui a pondu les plus beaux nanars du vingtième-siècle et qui n'officie plus de nos jours.  
Nos verres sont vides. On ouvre la Wambrechies et on trinque à la santé de nos vies…

Retour en cuisine, il est midi. Je viens d'émerger et je suis attendu chez mes parents.
Je me sens mal, vaseux et triste. Je ne le sais pas encore mais dans dix heures des amis m'aideront à purger cela.
Léger coup de flippe, je pense avoir invité David et Marianne ce soir, en plus de Stéphane et Bérénice. Je dois voir Julien à dix sept heures pour boire un verre et les invités arrivent à dix neuf trente… Le temps est calcul…
Le repas chez mes parents se passent tranquillement.
Je les informe que Damien a prit un rendez vous chez le psychiatre, je ne m'étends pas sur les choses qu'il a dit. Damien au final a plus de mal que moi à vivre avec son passé. Il court après comme noyé est au dessus de l'eau en recherche d’oxygène. Si moi je ne vais pas bien, lui va très mal. Cela ne me fais même pas sourire et je bois lentement mon café en me disant que je vais aller à la préfecture, puis chez le marchand de vin et enfin au supermarché.

Le téléphone sonne.
Machinalement je réponds.
Marianne me dit qu'ils ne pourront pas passer ce soir, ouf, car Elio ne fait pas encore ses nuits et que Naëlle stresse à l'idée d'avoir un petit frère.
Naëlle.
J'aime beaucoup leur petite fille et si j'allais mieux dans ma putain de tête, je pense que j’irai plus souvent chez eux pour leur expliquer comment s'y prendre avec elle.
Les parents.
Si mon frère en veut au notre de parents, Naëlle a peur que papa quitte encore la maison comme il l'a fait une fois alors qu'elle n'avait que trois ans. De mon côté, mon fils a aussi en lui cette peur de l'abandon.
Le divorce vécu à ses trois ans, même si l'on dit qu'il "s'est bien passée" ne l'a pas laissé intacte. Maintenant il en sept, mais il y a toujours en lui ces fissures en écho. La vie est ainsi.
Je raccroche le téléphone et je promet à Marianne que je passerai les voir.
J'irai ce soir tiens.

La bouteille de  Wambrechies est vide et je vois le temps avancer. Dans quarante minutes ils seront là. Pas possible d'ouvrir la bouteille de Saint-Amour avec Julien, il faut patienter. Toutefois, je lui propose de rester manger, il accepte, il n'attendait que cela. Je lui explique que la grande blonde qui va venir manger s'appelle Bérénice et qu'elle sera accompagné par Stéphane.
Bérénice, il sourit, « la bombe atomique !!! » ;
- « Oui mon colon. », un sourire me Scarface le visage.
- «  J'ai couché avec elle. »
Vanité du sexe étalé sur la place pubis

Fin de repas, tous le monde à bien mangé. Je devrai être fier de moi.
J'ai sabré le Ruynart et Bérénice a eu sa robe toute trempée.
Elle est en face de moi.
On parle de moi.
Ils me questionnent sur mon arrêt maladie de trois mois et ils me disent à trois qu'ils ne me voient pas reprendre le travail. Que même si je dis que je reprendrai en décembre, ils ne me voient pas du tous le faire.
Julien en rajoute.
La chaîne hi-fi crache la chanson de Grand Blond – Samedi la nuit.
Même si l'on est jeudi, ils dynamitent tous par leurs mots mon existence. Je me sens faible, idiot et totalement insipide. La psychiatre dit que je déréalise et que je personnifie les choses...
L'alcool, la chaleur humaine, la musique, je sens les larmes poindre.
On pleur beaucoup en soirée chez moi.
D'habitude c'est moi qui met les doigts dans les plaies ou cela fait mal, et les gens pleurent, puis ils partent de chez moi les larmes en moins, plus léger…

- «  Tu es à la recherche d'un père en fait. »

Pas une question, une affirmation.
Bérénice vient en neuf mots de dynamiter mon essence.
Reste mon existence.

De nouveau on sonne à ma porte.
Stéphane et Bérénice sont là.
Stéphane a acheté une bouteille de Ventoux.
Je l'a pose sur le bar, les fait entrer, leur présente Julien qu'ils connaissent déjà.
Je "les entre" dans le salon et j'ouvre le Saint-Amour.
Bérénice le trouve un peu trop acide, elle a comme d'habitude raison.
Ils boivent en discutant un verre et moi je finis de préparer le repas.
Les morceaux de viande sont tous découpés, les légumes cuis, je fais réchauffer les pommes de terre et je rejoins le groupe. J'ai un cadeau pour Stéphane et Bérénice, je suis impatient de leur donner.
J'ai acheté un Légo, Batman et Catwoman, je leur offre à chacun la petite figurine et le véhicule à monter.
Avant qu'ils n'arrivent tous, j'avais ouvert la boite et trié les pièces.
Bérénice sourit.
Elle a un sourire à en soleillifer la lune !!!
Elle me dit merci 'Hérisson'.
Elle m'appelle ainsi.
Puis on rediscute de tous et surtout de rien.
Stéphane sait que je dois avoir un colocataire chez moi. Il me demande ou il est, je dis en voyage.
Puis on passe à table, la bouteille de Saint-Amour est vide.

Cinéma, on parle que de cela ce soir. J'aime beaucoup parler de cinéma. Et Julien est une vrai encyclopédie du cinéma.
Je lui montre mes derniers achats. On rigole en parlant de « Cowboy & Aliens », on parle des films cultes, puis la pierrade est chaude et l'on mange enfin.
Je descends à la cave et remonte l'avant dernière bouteille, du Chablis.
La soirée est plus qu'entamée.

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Message par Le Don qui Chante le Dim 11 Sep 2016 - 20:57


Il est à peine dix huit heures et la nuit tombe lentement sur Prisches. Je suis perdu en plein avesnois. Conférence sur le lynx et le loup. Je suis là pour écrire des contes, j'en sortirai avec une idée. Le cœur du lynx est petit et il s’essouffle rapidement. Je l'appellerai Splinx et il aura un rôle de 'sage' dans le 'triste marais'...
J'arrive, gare la voiture dans un bas coté. Pleins de frères, sœurs humains se tiennent là. Je me sens triste.
J'envoie un texto pour prévenir que je suis présent.
Et j'entre.

Des photos de renards, de chats sauvages, libellules et de loups ornent la grange habillée pour l'événement.
Je m'arrête sur un panneau expliquant le fonctionnement des pièges à loup.
Les colliers à pointes ou encore les attrape-gueules m'absorbent.
Pendre un hameçon en croc de boucher à arbre avec un cadavre carné dessus me fait bloquer. Tous cela pour tuer du loup...
L'homme a une capacité à inventer des pièges qui me fascine.

Dans mes oreilles coule en flot discontinu 'Feu ! Chatterton'.
Un bip se fait entendre. On m'appelle. Sans décrocher, je sors de la grange et me rends à l'entrée ou Christophe et Laurence sont. Je ne les connais pas. Jamais vu, magie de l'Internet.
On se salue, j'ai du mal à claquer la bise quand je ne connais pas.
Mais je suis en manque de corps.
Alors je bise Laurence.

'Craignant que tu ne te mettes à geindre, lentement…'

On entre de nouveau et je m'instaure comme guide.
Christophe est passionné de naturalisme. Laurence vient par curiosité.
On me pose la question, je réponds. Écrire, je sens mes pieds s'ébrouer sous moi. Je n'aime pas parler de moi.

'Bic médium, qu'attends tu de moi…'


Laurie me hante. Elle aurait pu être là, comme une autre. Mais il n'y a personne. Quand je démare la voiture pour me rendre à Prisches je me rends compte que j'ai oublié le numéro de téléphone de Christophe et l'adresse du lieu. Pas grave, je sais que de bonnes étoiles me guident. Alors j'y vais.
Arrêt au stand, comme pour les F1. Je sors du magasin Leclerc avec trois Rince Cochon en besace, cinquante centilitres pour m'aider en perfusion à vivre. Sur le parking, dialogue de muet par signes avec une voiture et j'ouvre la première bière.
C'est fou comme ma tête me fait mal et comment l'alcool anesthésie cette douleur.
Je me suis branché sur Spotify, et j'écoute de la musique.
En roulant et buvant je passe Le Cateau, Le Catillion, Saint-Souplet et j'arrive à Prisches.
Le réseau Internet est faible mais je retrouve l'adresse.

Le 10 septembre à 18 h (jusque 21 h), la Cense Lignière invite le conférencier Anthony KOHLER, vice président de FERUS  et coordinateur du Lynx. Il présentera d’abord le Lynx boréal puis Canis Lupus, le loup gris.
J'y suis.


On est dehors.
Christophe veut boire une bière.
J'en ai déjà une en main. De la Maroilles. Elle est pas terrible comme bière. Je sais que je suis entouré et comme un loup solitaire, je trempe mes lèvres dedans sans tout boire d'une traite.
Laurence arrive vers moi.
Elle veut parler.
Me faire parler de moi.
Mes tempes battent et je sens la chaleur monter en moi.
Je n'aime pas cela.

Je lui explique le conte du loup et du chaperon rouge que j'ai déposé chez Numéro6.
Je commence par me sentir non légitime. Puis elle creuse la question, je semble lui plaire.
Elle n'est ni laide ni belle. Semble avoir souffert dans sa vie, rudement même.
Je me lance. Je lui explique que j'aime écrire sur la Lâcheté, le Voyage, je parle de l’Écosse, de ma proportion à dormir dans ma voiture, des thèmes que j'aime explorer.
Mes peurs remontent et je me trouve à conceptualiser mes mots.
Elle opine de la tête et me souris.
Je trempe de nouveau mes lèvres dans la bière…

Le loup vit en meute. Une meute, c'est deux individu, un mâle, une femelle. Qui seront ad vitam eternam les dominants. Le concept qui commence à me tirer de la léthargie est celui de No Wolf land.
Chaque horde a son territoire qu'elle définit par l'urine et les poils. Un loup frotte sa tête sur les troncs pour marquer son territoire. Et entre deux hordes, une sorte de tampon implicite existe. De un à quatre kilomètres. Ce qui est peu sur le territoire d'une horde.
Quatre cent à cinq cent kilomètres…
Et le loup qui pénètre ce No Wolf Land est tué par l'autre clan si il est identifié comme étranger.
Je me met à rêver, penser à Zebra.
Des comparaisons fusent, entre No Qi Land
Comme je l'ai écris dans le conte chez Numéro6, 'L’homme est un loup pour l’homme et les petits chaperons des pièges à loups…'

Laurence me parle d'elle. Son chien, ses vacances… Elle va partir en Bretagne du côté de Brest dormir chez un paysan ou elle travaillera contre le gite. J'ai l'impression que je lui plais mais je me sens comme amputé du cœur. Je ne sais même plus répondre aux signes. Alors on entre de nouveau dans la grange et je me dis que je pourrai la revoir sous peu lors d'un concert.
Magie de l'Internet…
On parle du Lynx et de la capacité des Vosgiens à les braconner.
On nomme le Lynx, « Le seigneur de la foret ». Et le conférencier n'a de cesse de répéter qu'accepter le loup et le lynx, comme l'ours c'est accepter notre part d’animalité. Des questions me brûlent les lèvres mais je n'ose pas en prononcer une. Il me parle ce type.

Je suis le Lynx de Z.C.

Je vois des forets rasées et des villes augmenter de volume.
Cela ne me rends ni triste ni joyeux. Je me dis que le loup disparaîtra comme l'ours et le lynx.
Que c'est ainsi.

Dans la voiture, Spotify hurle encore.
Je découvre le groupe 'Minuit'.
Il est pas encore vingt trois heures et j'ai ouvert ma seconde Rince Cochon.
Je suis content de cette conférence ou j'ai appris plein de choses sur le loup et le lynx.
Je souris car je trouve que le prénom Arthur (ours) pour mon fils est beau.
Je dois m'arrêter pour uriner sur ma voiture devant une maison. Des chiens aboient mais aucune caravane ne passe. J'ai faim. J'envoie un texto avec ces deux mots à Bérénice, je n'aurai de réponse que le lendemain matin. Une photo ou elle me dira qu'elle n'a pas de nourriture à me proposer mais que ou elle est, il y a de la boisson.
On passe nos temps à boire.
On est des dieux sans culte et on noie notre désespoir dans les médicaments et l'alcool.
Cela me fait rire.


J'arrive devant chez moi. J'écoute la chanson jusqu'au bout. J'ai mis mon ordinateur portable en charge et je passe le prendre. Il me reste de l'argent et je ne veux pas dormir. Alors je repars vers Cambrai. Il y a un nouveau bar à cocktails que j'aime bien. Quand je passe commande je dis simplement ; « démontez moi la tête » et pour 7 euros, ils y arrivent.
Je me gare et je vais en cahotant au bar.
Là je me pose sur le comptoir et je commande une bière pour commencer. Une Barbar. Des gens passent autour de moi. On est samedi soir, on sort, on se montre. Un DJ mixe son set. Pour le coup, je trouve qu'il ne s'en sort pas si mal que cela. J'ouvre le pc et je corrige un texte.

Jour 01, H - 04

...le matin les gares sont froides.
Elles ressemblent  aux grands monstres gargantuesques des livres que l'on me lisait quand j'étais petit. Sortes de Molochs anciens qui avalent des gens en partance vers des lieux inconnus.
Delanda Carthago... je vous l'ai déjà dis, on a beau le savoir, rien n'y fait, on ne peut pas admettre humainement cela.
On est là, face à la tragédie comme un parapluie sans branches, totalement inutile. L'eau ruisselle sur nous à la façon des larmes et rien ne vient y faire.
Cela n'est alors pas étonnant que l'on vienne alors se perdre dans les beautés effarantes et effrayantes de ces lieux que l'on nomme justement Gare.
« Voi che entrate, abbandonano ogni soeranza. »

Blocs de pierres, à l'intérieur on a de longs serpents de fers aux couleurs toxiques qui partent dans des directions inconnues. Électrons libres.
Et sur le bord des frères et sœurs humains qui se bougent sur le fil d'équilibriste qu'est le quais. 
Rien n'y fais, cela est beau et triste à la fois.
Et quand le phallus de fer quitte sa gare, quand il agit à la façon des caravelles prenant leur élan pour partir vers un autre néant, notre cœur se déchire. 
Tout est mélangé, fonctionnaire de police qui contrôlent nos vies, gens qui partent travailler, étudiants, amoureux transis... la gare est une partouze à ciel fermé. 
C'est moins obscène que la plage, mais quand on regarde cela avec le 3eme œil, on voit une vie aveuglante. 
On voit l'indicible.
On voit l'absolu...

J'ai de fait toujours été attiré par les gares. 
« La rue, on finit toujours par y descendre... » ouaip ouaip, soldat Destouches... 
Moi c'est les gares qui sont à la fois mes paradis et mes enfers. 
Moi c'est les gares.
G A R E à vous, j'ai la main sur le stylo et je vais dessiner une gare. 
Celle qui sera sans trains.
Celle qui sera sans départs ni retour.
Une gare verticale, en lien direct avec le ciel et la terre.
Une gare ou les voyageurs voyageront toujours seuls, sans partager leurs bacilles dans des compartiments cloisonnés.
Dans ma gare, le voyageur y croira, il oubliera le mensonge sans le dire. 
Ma gare est mes mots et mes trains sont des stylos.
Je ne l'aurai pas par des artifices aussi doux qu'un baiser de départ de quais. 
D'ailleurs, on en donne pas des baisers de départ de quais quand on sait ce mensonge.
On reste juste là, comme la gare. 
Froid et sec. 
Immense et solitaire.
C'est comme demander au vent de souffler à la verticale et plus à l'horizontale. 
On devrait jouer du Chopin dans les gares.
Oui, du Chopin...

*************************************
Elle vient de partir pour Orléans dans un train qu'elle avait réservé bien longtemps avant de venir me voir. 
Elle va en voir un autre.
Elle ne peut rester là ou elle est sans sentir sur elle le poids de la mort.
Thibaut n'est plus là et avec lui César non plus.
Reste moi et Mickaël ; Octave et Marc-Antoine.
Un jour elle m'a fait remarquer que dans son prénom, il n'y avait pas de 'L' et que par conséquence, il ne pouvait pas s’envoLer... Elle parlait de Thibaut. Théorie lacanienne à laquelle je ne donne que peu de sens.
Laurie, NicoLas, NathaLie, MickaëL...
Nous on en possède tous un d'L, tous une d'aile. Et la mon aile est bancal car elle n'est plus avec moi.
Vol dans le ciel à la façon bancale des Albatros.
Je ne vous ferai pas l'insulte de jouer du Baudelaire, mais je ne peux m'empêcher de penser à lui en pensant  à eLLe.
César n'a pas d'L non plus, tous comme Marc-Antoine et Octave.
Cléopatre eLLe en avait une d'L, ce qui peut aussi expliquer qu'elle n'a pas réellement réussi à s'envoler, qu'elle est resté attaché à la corde qui elle même était attachée à la poutre. La langue du cobra qui a insidieusement glissé en elle le venin d'un départ sans arrivé.
Triste histoire, je vous l'avais dis dès mes premiers mots.

Puis une fois ce texte terminé, je sors carnet et me remet à penser à Laurie. J'appelle le barman et lui demande le même cocktail à base de rhum, vodka, tequila que la fois dernière. Il me sourit et opine du chef.
Je souris. Au bic médium j'écris mon nouvel an 2013 avec Laurie.
L’hôtel, le voyage, et je stoppe après la description de la suite cinq étoiles.
Je me sens comme vidé.

Je paye, je sors.
Dans la rue j'ai faim.
Subway est fermé.
Mc Do ouvert.
J'ouvre de nouveau la voiture, le coffre, étends la banquette arrière, défais deux tapis de sol, ouvre un sac de couchage. Et la tête dans le coffre de ma Rovers je me met à espérer rêver en cette nuit nuageuses aux étoiles que je n'ai plus dans ma vie…

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Message par Le Don qui Chante le Mer 14 Sep 2016 - 0:45



Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie («Pensées», Blaise Pascal)-  « L’homme dans la nature », Gallimard – Le Livre de Poche, 1969, p.p. 58-60)

88-. Quand je considère la petite durée de la vie, absorbée dans l’éternité précédente et suivante, le petit espace que je remplis, et même que je vois, abîmé dans l’infinie immensité des espaces que j’ignore et qui m’ignorent, je m’effraie et m’étonne de me voir ici plutôt que là, pourquoi à présent plutôt que lors. Qui m’y a mis ? Par l’ordre et la conduite de qui ce lieu et ce temps a-t-il été destiné à moi ? Memoria hospitis unius diei praetereuntis (*).

89-. Pourquoi ma connaissance est-elle bornée ? Ma taille ? Ma durée à cent ans plutôt qu’à mille ? Quelle raison a eue la nature de me la donner telle, et de choisir ce nombre plutôt qu’un autre, dans l’infinité desquels il n’y a pas plus de raison de choisir l’un que l’autre, rien ne tentant plus que l’autre ?

90-. Combien de royaumes nous ignorent !

91-. Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie

Tout ce que je connais est que je dois bientôt mourir («Pensées», Blaise Pascal)-  « Contre l’Indifférence des Athées », http://www.penseesdepascal.fr/III/III1-moderne.php

"Je ne sais qui m’a mis au monde, ni ce que c’est que le monde, ni que moi‑même.
Je suis dans une ignorance terrible de toutes choses. Je ne sais ce que c’est que mon corps, que mes sens, que mon âme et cette partie même de moi qui pense ce que je dis, qui fait réflexion sur tout et sur elle‑même, et ne se connaît non plus que le reste.
Je vois ces effroyables espaces de l’univers qui m’enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu’en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m’est donné à vivre m’est assigné à ce point plutôt qu’en un autre de toute l’éternité qui m’a précédé et de toute celle qui me suit.
Je ne vois que des infinités de toutes parts qui m’enferment comme un atome et comme une ombre qui ne dure qu’un instant sans retour.
Tout ce que je connais est que je dois bientôt mourir, mais ce que j’ignore le plus est cette mort même que je ne saurais éviter."

Ces deux passages des 'Pensées' de Pascal sont lus dans l'Exo-conférence d'Alexandre Astier.
Après leur lecture, il se m'est à jouer de la musique sur scène.
La vie est étrange car cette pensée de Pascal ; "Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie", je l'ai fais mienne.
Je déteste même la nature à cause de cela.
Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie...
Et là, je retourne au 21es et à l'electro rock que j'aime.


Lorsque j'ai traversé l'Angleterre, de Leeds à Newcastle en voiture, je n'ai vu que de la nature.
Et je me suis passé cette chanson en boucle.
Je me souviens l'avoir hurlé à tue tête.
Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie... Entre poésie et effroi la vacuité de ces espaces infinis m'effraie...

Et de cette peur un texte est né; tiré d'un roman en préparation ; Scottish.

LA TRAVERSÉE

3.
Entre poésie et effroi.


On embarque.
Les voitures se suivent à la queue leu-leu du quai au ferry. Elles forment la queue d'un long serpent qui serait couvert d'écailles de fer. Quetzalcóatl moderne... Le temps est beau. La nuit claire est rafraîchit par un léger vent. A la douane, le policier a commencé par me parler en anglais sans échauffement, comme ci cette langue était pour moi la plus naturelle du monde. Lorsque j'ai ouvert le coffre il a rigolé franchement. 'Fuittttt, you're musician ? No, i'm an apprentice. I begin'. Et on a détaillé à la louche ce qu'il y avait dans mon coffre. Bric à brac comme dans les navires marchands d'il y a pas encore deux siècles. Ceux qui de Saint-Malo se rendaient dans le grand Nord, « le pays de Caïn »... Il a du sentir en moi le pauvre type à plein nez, car il ne m'a pas fait passer le contrôle suivant. Pas la peine de montrer ma carte d'identité dans les box. Et me voila dans la queue du serpent, parmi d'autres personnes, français, allemands, belges, néerlandais et anglais mélangés.
Seul signe distinctif, la plaque d'immatriculation.

Alors pour patienter je me met dans l'ambiance. Je sors le réchaud du coffre et je me prépare du thé à la menthe. Je suis installé devant ma voiture sur le sol. A mes pieds se trouvent différents papiers qui doivent rythmer mon voyage. A la volée ; Robin Hood festival, Nottingham Forest versus Bristol City F.C., Gulliver's Travels to Edinburgh...
Au dessus de moi, de noir un ciel étoilé s'étend sur son infini.
Il me semble absolu.
Et la machine à souvenir se remet en marche, je voyage de nouveau sans bouger.
Belle-île en mer.

On avait abandonné la voiture sur le continent et on avait aussi prit un ferry direction une île.
Sac au dos ; on avait randonné pour en faire le tour ; chose jamais réalisée au final par ma faute.
Faut dire que le sac était lourd.
La bouffe, la tente de 3 kilos, les vêtements et mes deux inséparables livres de voyage...
Comme un couillon d'amour je me pensais suffisamment fort pour tous porter !!! Pour nous porter !!! Pour nous emmener dans des au-delà aux senteurs d'aventures.
A défaut d'Orient ou d'histoires aux senteurs de rococo, se sont des hémorroïdes qui ont eu raison de ce voyage et de ma force physique.
Pourtant on avait pas abdiqué. Non. On avait alors planté la tente à Le Palais. Nom royal comme il en faut pour un camping peuplé de jeunes gens aussi noctambules qu'alcoolisés.
On s'était sédentarisé et à l'aide d'un scooter, on en avait fait finalement le tour de cette île.
Et si c’était à refaire, je le referais. Mais je partirais par l'est et non plus par l'ouest. Les côtes de Belle-île sont moins sauvages par l'est, plus dociles... Sauzon fut pour moi huit kilomètres de soif et de pentes abruptes.
Certes, le soleil a rendu l'île idyllique mais notre couple n'y a pas survécu.
On est mort là-bas en quelque sorte.
Avec le recul je comprends mieux « la presqu’île » de Gracq. On garde un pied sur le continent. Une île c'est sauvage et apprivoisée à la fois. Sauvage par le voyageur, apprivoisée comme une prison à ciel ouvert pour celui qui y vit.
Quoiqu'il en soit on n'en revient pas le même lorsqu'on visite une île.
Y'a un prix à payer et il a souvent le goût du sang.

Darling, darling, un groupe d'anglais passe à proximité de moi et me ramène violemment à la réalité. Je me demande si les ferrys voguent eux-aussi à gauche. Si je vais m'en sortir sur la route. Oui, j'ai l'esprit fonctionnel.
Un coup de concept et j’oblitère les soucis. Là est l'avantage, là est l'inconvénient.
Avantage car lorsque ainsi je me retrouve seul, je me sens vivant. La boite à peur qui est dans mon crane se branche sur la vitesse des fantasmes et je rêve à des devenirs en au-delà.
Mais lorsque le téléphone sonne et qu'une réalité instable me rattrape, je perds pieds et sources - j'éclate.
Et lors, il ne me reste plus qu'à fuir ; runaway, runaway, runaway...

On se met en branle et les véhicules pénètrent dans le ferry. Ils me font songer aux langskip des Vikingr. Je met la voiture en prise et sort de mon hôtel (ou cercueil au choix) pour m'installer sur un siège face à la mer. La vacuité de cet espace infini m’effraye.
Un doute s'empare de moi. Que fais-je ici ?
Pire, que penser des gens qui prennent le tunnel et passent sous cette mer ? Sous cette mer le voyage doit ressembler à une partie de poker jouée par des aveugles. Les voitures sont les cartes, leur conducteurs les mises. Et moi qui là joue ma traversée à pile ou face comme Pascal pouvait parier sur l'existence de dieu. J'ai hâte d'être en Angleterre. Terre des angles.
Ce tunnel est une hérésie. Les touristes entrent là-bas comme des taupes dans le noir, sans panache, sans rien voir de leur voyage. Étrons sur rails qui sortent de l'anus d'un géant en forme de tunnel pour aller s'ébrouer et dépenser leurs pounds dans la City.
Une City, j'en verrais moi aussi ; mais elle s'appellera Nottingham , pas London ; City of Nottingham même qu'il parait. On verra.

Second contact avec des anglais directement dans le ferry. Ils jouent à des jeux de hasards. Je ne comprends pas pourquoi et comment ces gens peuvent dépenser ainsi leur argent. Je me dis qu'ils sont riches et qu'ils le font car ils le peuvent. Plus tard comme vous le verrez vous aussi au travers de mes mots, dans le train qui me mènera de Newark-on-Trent à Nottingham. Si les anglais jouent autant c'est qu'à notre différence ils ne sont pas libres.
Freedom et Liberty.
Dans leur langue il y a deux mots pour une seule idée. Diviser pour mieux régner. Et alors, ils souhaitent acheter leur liberté par ces jeux.
Comme-ci le paradis pouvait s'acheter ; comme si il pouvait exister...
Réfléchissez y à deux fois. En France, la liberté est emprisonnée dans un seul mot. Enfermée mais bien définie. Ma liberté est ce qu'elle est, ce que j'en fais. Maintenant, mettez vous la tête dans celle d'un anglais. Freedom, Liberty, que choisir ???
Freed (libre) om (sur) Liberty ( libertas, de liber, libre) ; et sans encore trifouiller plus loin leur étymologie. On sent ici dans ce peuple l'influence romaine sur un esprit angle et saxon. On voit bien que leur freedom n'est pas notre liberté. Qu'il est autre. Dès lors, je me dis que ce voyage chez les angles et les scots pourra peut-être me permettre de découvrir ce mystère.
Les vagues me bercent et peu à peu je m'endors.
La banquette des ferrys n'est pas celles des anciens drakkars, elle est moelleuse.
Je sombre.

Il est de nouveau minuit quand j'arrive à Dover.
Magie du décalage horaire. Ma voiture roule plus que facilement à gauche que je ne le pensais. Faut dire qu'elle est de marque japonaise, elle a l'habitude. Le périphérique londonien que je craignais est désert ; je le traverse facilement. Comme un enfant perdu dans le noir, je m'extasie sur les lumières qui émanent de la capitale. Puis je me dis que cela ressemble au périphérique de Lille en plus grand. Mon excitation retombe. Jusqu’à la Tamise ou un tunnel m'absorbe sous terre. Et quel tunnel!!! Je repense aux gens de l'Eurostar et je vois la sortie du shuttel arriver. J'ai passé Londres. Je suis fatigué. Sur une aire de 'Services' à quelques miles au sud de Cambridge je m'endors dans ma voiture.
Pour le moment sur le siège arrière.
Il fait bon dans la voiture, j'ai une couette sur moi. Le silence m'envahit, je clos mes yeux pour juste  pour deux heures, au dessus de moi les étoiles brillent.
Sous le regard bienveillant de la lune et des caméras je me sens étrangement bien.
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Message par Le Don qui Chante le Jeu 15 Sep 2016 - 14:42



Le soleil a brillé du début à la fin.
Je suis en voyage, je pars sous son auspice.
Et pourtant ce voyage avait mal commencé
Et pourtant comme je regretterai le moment ou ce voyage sera terminé...

Introduction ; « de l'art de se mettre soit même en retard dans sa propre vie »


Je devais me hâter d'aller déposer mes clés de maison chez Da. pour qu'il puisse au matin du lundi ouvrir la porte aux ouvriers. Ma maison est en chantier, un peu à l'image de ma vie.
17 à 20 m3 d'eau se sont écroulés de la salle de bain à la cuisine un peu à la façon des larmes qui ces dernières années ont coulé sur ma peau. Mais on se relève de tout. Et là, plaquo et peinture sur les murs, ma maison reprenait forme.
Il est 17 heures et comme un idiot je lance la mise à jour de mon téléphone. Trente minutes...
Et mon train qui part dans Une heure trente... punaise... Si je sors, plus de wifi, plus de  tel pour le week end, pas vital mais grosse galère en perspective.
Plus de G.P.S., plus de numéro pour joindre . qui m'attend sur Paname.
Alors je calcule.
Je laisse le mini-ordinateur travailler et j'allume le pc.

Je joue vingt minutes à Mafia. Que ce jeu est bon...
Puis je descends prendre le tel qui a finit sa mise à jour et j'entre en voiture.

Là, je sors mon ticket et je me rends compte que le train N° 2332 ne part pas à 18h30 mais à 18h24.
Stress.
Sur le papier six minutes n'ont l'air de rien mais dans la réalité, demandez à Jack Bauer ce qu'il en pense.
Vrooom vrooommmmmm vrooooooooommmmmm.
L'aventure commence.
Un voyage c'est des choix.
Et là, je fais un choix, rouler, me mettre légèrement en danger tout en pensant aux autres.
Ma mère a subit un grave accident de voiture une nuit. Elle a faillit en mourir. Bloquée dans une voiture qui prenait feu. Cela fait réfléchir. Heureusement par chez moi les lignes sont droites et les radars automatiques peu regardant. Au loin je vois la ville de Saint-Quentin approcher et par elle le vortex qui m' emmenera vers Paris.

Il fait beau. Finalement, j'arrive juste à temps.
J'ai cueillis des haricots verts, des courgettes du jardin et j'ai pris de la chair de porc pour les farcir chez . qui me fait la gentillesse de m’accueillir.
. est géniale.
Elle est sur ce site mais elle n'y passe plus. Elle en a comprit la vacuité et surtout elle a un amoureux à la hauteur de son degrés de génialitude.
Sur le quais, j'ai juste l'occasion de courir pour me placer en tête de convois. J'aime pas être à la queue...
Je commence à repenser au passé et à M.L. que j'allais voir à Paris.
Je prenais le train dans cette gare... mais cela était dans une autre vie. Je suis légèrement triste.

En quelques minutes je monte dans un wagon 1ére classe et la tristesse s’évapore en même temps que le train prends de la vitesse.

I] « La métaphysique des rails »


Pas de contrôle ou de surprise dans ce trajet. Rien. Un calme plat... j'économise mon téléphone pour être sur de joindre . en arrivant. Dans ma besace en plus des légumes j'ai pris quelques changes et aussi quelques livres. J'en tire un de ma poche. C'est une fiction qui parle de la vie d'Alexis Vassilkov, un fils fictif de Maupassant. Je lis le premier chapitre. Punaise c'est bon. Là, je suis sur le cul... Moi qui ne sait plus lire, j'en reviens pas. Je ferme le livre et recommence cette lecture comme ci on m'avait tendu un plat excellent et que par gourmandise, une fois le repas terminé, je voulais me repasser l'entrée, le plat et le désert...
« Je suis entré dans la vie comme une comète et j'en sortirai comme un coup de foudre ».
La phrase fait mouche.
Je me dis que je vais contacter l'Androgynette pour qu'elle me dessine cette situation pour en faire un nouveau tattoo. Mon tel vibre et il me sort de cette réflexion.

Ma. est connectée. On discute via WhatsApp.
Cette femme m’obsède, m'ensorcéle. Je sais que je ne l'a verrai sûrement jamais mais je ne peux m'empêcher de lui écrire des lettres qui restent sans réponses. J'ouvre une bière. Le soleil éclaire la route du train vers Paris, entre Maupassant et Ma. je me sens bien.

Albert, Compiégne... on avance sans bouger, c'est magique. Je sens Ma. distante. Elle a des raisons que je ne peux dévoiler ici. Et je me dis qu'il faut que j'écrive. J'arrache la fin du livre de Bernard Priou et je commence à écrire ma lettre pour elle. Je garde toujours un double de mes lettres. Je ne sais pas pourquoi car je ne les relis jamais. Et là je lui envoie une photo du livre en lui disant que les trois premiers chapitres me sont penser à nous. Ce nous est étrange car il n'existe pas.
Il n'y a pas de 'nous'. Juste deux 'Je' qui jouent à un jeu dont ils pensent chacun contrôler les règles.
Nous verrons...

Le train avance toujours.
Dans mon sac j'ai pris aussi des graines de tournesol. Pour moi c'est une addiction. Je commence à picorer et comme mes doigts deviennent gras, j'arrête l'écriture de ma lettre sur laquelle je reprendrai plus tard. Je me relis et souris. Je suis direct, honnête et je trouve que les mots employés sont beaux. Mais bon, vous me lisez et je peux vous le dire, cette lettre ne partira jamais, elle ne sera pas postée. La raison??? Cela ne regarde que moi.

Puis le téléphone revibre. D'autres personnes me cherchent.
C'est marrant comment grâce à cet outil on est présent dans l'absence.
Je me demande soudain si le téléphone portable n'a pas tué lui aussi l'érotisme ?
J'ai chez moi une revue intitulée 'éteindre le soleil' qui relate une expo Sade au musée d'Orsay.
Quand je questionne les gens sur Sade, tous le monde coche la case pornographie là ou moi je coche la case érotisme.
Pas que l'écriture de Sade ne soit pas pornographique !!! Mais pour arriver à sa pornographie il y a une montée érotique, une tension qui se crée. Et le sexe n'est que l'aboutissement de cette montée érotique, de ce désir.
J'aime beaucoup cela.
Caresser une épaule, glisser un petit baiser dans un cou, déshabiller une personne juste par les yeux.
Il faut créer une attente avec l'autre, c'est un jeu ou il n'y a pas de dupes mais il n'y a que des aimés...

Le train ne siffle plus, il est électrique et il a perdu toute sa vapeur.
Il entre Gare du Nord dans Paris.
Je regarde si Ma. m'a écrit. Non.
Le téléphone clignote... presque plus de batterie...
Je dois me rendre à Saint-Ouen, je connais le chemin.
En route...
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Message par Le Don qui Chante le Ven 16 Sep 2016 - 22:15

II] « Le sexe du métropolitain. »


Pas de billets pour le métro, il me faut en prendre pour continuer mon voyage.
Alors je me dirige vers les distributeurs automatiques. Pas envie de parler aux autres humains avant de voir .
Je clique pour 10 allers ou retours, cela me semble juste.
Ben non, la machine est non fonctionnelle. Alors je suis condamné au guichet.
Là, je m'aguiche à une queue à en faire pâlir de honte la Poste ou encore les impôts au dernier jour de validité pour déposer son imposition. Et j'attends.
J'observe de la musique plein les oreilles les vas et viens des gens, leurs jeux de rôle dans la cavité métro. Et je commence à sentir une angoisse sourde monter en moi. Comme eux, je suis comme eux, ni moins ni plus. J'haléte, je transpire, ma main glisse insidieusement à l'intérieur d'un de mes sacs à dos.
J'en sors une bière que machinalement j'ouvre et glougloute sur l'instant.

Dans la nuit profonde on est deux.
Dans la nuit profonde elle est nue.
Dans la nuit profonde ses cheveux bruns deviennent blond, comme de l'or.

Et la télé crache le dvd qu'on y a glissé. Mes doigts sont comme son sexe, tout humide. Et elle me dit qu'elle m'aime… et je mordille ses lèvres. Sa langue vient dans l'instant faire cicatriser la blessure.
Et dans la chaleur de l'instant, elle me dit d'autres mots à l'oreille en me la mordillant.
Puis je glisse un doigt dans la cavité de son sexe.
Doucement, lentement, pour mieux écouter les souffles de son cœur rugir dans mes oreilles.
Et quand j'ouvre les yeux, je vois Lope de Aguirre sur un radeau entouré de singes descendre le fleuve Marañon

On me pousse. Ah oui, il n'y a plus personne devant moi.C'est à moi, alors je parle.
- « Bonjour, je voudrai un carnet de dix tickets s'il vous plaît. »
- « Vous ne préférez pas un pass Paris visite ? »
Putain, j'ai une tête de touriste…
Non, je prendrai un carnet de dix tickets s'il vous plaît.
La logorrhée se stoppe d'elle même. Ouf.
Je prends les tunnels et j'entre dans la rame qui me parle, toujours, toujours une bière en main.

J'aimais la faire jouir avec ma langue. Juste elle. Comme ci par cela mes mots étaient eux aussi jouissance. C'est simple de donner un plaisir fou à une femme avec sa langue. Je pense que j'y arrive ainsi mieux qu'avec mon sexe.
Il faut s'oublier.
Il faut se laisser partir et écrire du bout de sa langue les histoires que l'on désire inventer pour transporter la belle dans des au-delàs . Et pour ne pas partir sans voyageur à nos côtés, il faut aussi garder une main sur le ventre de celle qui est là. Sentir son rythme respiratoire s'accélérer,  s'accentuer. Quand elle écrase votre tête entre ses cuisses à vous en faire exploser le cortex cérébral, vous y êtes, vous avez gagné. Et le sourire repus qu'elle a sur les autres lèvres est votre victoire.

Je sors du métro porte de saint-Ouen.
Je marche dans le soir les souvenirs plein la caboche.
Au pourquoi tu écris que l'on me demandes souvent, je réponds, pour me vider la tête.
J'ouvre une nouvelle bière. Mon téléphone n'a plus de batterie et je ne peux prévenir . que j'arrive. Rien de grave.
Dans sa rue les fenêtre sont grandes ouvertes. Même si elle vit au troisième étage, il suffit de m'époumoner en criant son prénom. Et magie des magie, deux minutes plus tard elle est dans mes bras.

. et moi on a couché ensemble. Par le passé. Comme deux amis qui se sont dit, « allez on fait ce truc et comme cela après on en parlera plus ». Et cela a fonctionné.
Par le sexe on est devenu ami là ou d'autres se crée des ennemis.
Il faut dire qu'elle est aussi libre que moi. Et qu'elle est assez séduisante aussi.  
Finalement nous montons chez elle.
Je me sens particulièrement aigre.

III] « L'Elle' de la Cité. »


La soirée fut maussade. . était là avec Avi. son copain. Un type charmant.
Toutefois je pense que j'avais trop bu et que j'étais de mauvaise compagnie.
Maussade...
Ma. ne m'a pas envoyé de message et même si j'ai conscience de l'incongruité de nos échanges cela me perturbe. Je me sens seul.
Cette apres midi je vais pic-niquer dans la cité au square du Vert-Galant. Rien que le nom du square, tout un programme...
Pas de Zebra Crossing pour le coup mais un groupe facebook de surdoués parisiens. Oxymore.
L'idée est de rencontrer encore et encore du monde. Avec . on sort donc de beau matin après s'être caféiné nos existences. Je l'accompagne dans les Puces. . veut s'acheter un tableau ancien pour le restaurer. Elle est épatante. Elle a fait des études d'histoire de l'art et là, tout en finissant sa thèse elle travaille dans un atelier de restauration de tableaux. On marche, il fait beau, cela est plaisant.
. craque sur un vieux portrait qu'elle emporte pour cinquante euros. Moi je m'extasie sur des machine à moudre le café en bois. Mon téléphone me bip, c'est Ma., elle a aimé la photo que je lui ai envoyé d'un magasin.
Dans les Puces on a pas le droit de prendre en photo les étals. Il suffit qu'il y ait un interdit pour que je m'y engouffre.
. et moi on s'embrasse puis on se sépare. Elle va retrouver Avi. Et moi je me rends à mon pic-nique.

On est tous assis dans le parc du Vert-Galant à même l'herbe et nous badinons.
Pour m'intégrer on m'a passé une bière.
Avec mon voisin de gauche, un 'leader', j'ai parlé photo.
La femme en face de moi est divorcée et elle parle avec joie de ses enfants absents. Moi, j'ose même pas dire que j'en ai un.
A ma droite, une jeune femme de dix neuf ans attire mon regard. Elle s'appelle Aud. Elle fait des vitraux.
Un C.A.P. ou elle apprends à fabriquer des vitraux.
Elle adore son métier et me l'explique de haut en bas, me parle des différentes techniques et me montre des photos.
Ce qui me frappe chez elle est la tristesse de ses expressions.
Elle transpire la tristesse et la mélancolie. Une sœur de corde !!!
On parle un peu de nos vies et elle me lâche un « ...mais ma vie est réellement triste... », je suis baba, je ne sais quoi dire. J'ai juste envie de lui dire que je comprends, la serrer contre moi, mais je trouve cela déplacé et malvenue. J'ai toujours eu la beauté de la tristesse.
La soirée se termine. Ils vont au Bar à Mine. Pas moi, je dois retrouver . pour aller manger chez Avi. Je repasse au bar situé sur une péniche, à côté du départ de bateaux mouches. Avant d'aller au pic-nique je m étais arrêté là pour boire un demi. Comme il ne prenait pas la carte bancaire en dessous de quinze euros, je m’étais payé cette somme en pression, en expliquant que dans deux heures je repasserai boire mon du. Accoudé au bar j'avale cette dernière bière et le serveur me propose une carte pour que je ne paye plus le tarif touriste la prochaine fois.
La fidélité a du bon !!!

Avi. est dans tous ses états. Sa cousine vit à Bordeaux et son époux la violente.
La sœur d'Avi. est là. Quelle belle femme... j'en suis bouche bée.
Mais ma journée m'a tuée. Je n'en peux plus. Avi. nous a fait à manger et c'est excellent. Je m'excuse pour mon comportement asocial de la veille. Il me sourit et il me dit qu'il comprends. . Lui a parlé de Laurie et de M.L.
Je m'endors embrumé par le vin dans le divan qu'il a déplié pour moi.
Si hier je me sentais maussade, je me sens étrangement bien...

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Message par Le Don qui Chante le Mer 21 Sep 2016 - 22:25

IV]  « Retour à la réalité. »


Le week-end prends fin. Je vais retourner chez moi. Passez du plein au vide, retrouver la solitude de ma vie désespérante.
De nouveau dans le métro j'écoute de la musique. Je chante mentalement pour ne pas déranger les personnes qui m'entourent. On entre dans les tunnels et à un moment la musique s'éteint, je ferme les yeux et regarde à quelle station je me trouve, « Liège », cela ne s'invente pas…

Plus de sons au creux de l'oreille, une logorrhée sans fin vient me perturber.
La femme derrière moi téléphone. Elle étale sa vie, sa conversation comme moi j'écris sur Z.C.
Cela est infecte, trop pour moi.
Il faut dire à sa décharge que j'ai picolé ce matin avec Mé. et que je me sens particulièrement asocial. Puis aucune nouvelle de Ma., je me sens aussi légèrement désespéré…

- « Bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla ».

Le spectacle commence, je me sens comme un chaton jeté dans l’arène. Entre la forme et le fond il y a une abysse. Les gens se retournent et ils me regardent accoudé sur ma banquette parasiter la conversation de celle qui il y a quelques secondes, me parasité l'existence.
Si j'avais une once de courage je prendrai son téléphone portable et je le balancerai dans la rame.
Mais c'est une femme.
Et je n'ai aucun courage.
Alors je fais ce que je sais faire le mieux, je parle et j'énerve l'autre par mes mots.

- « Bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla ».

Elle a tenu plus longtemps que je ne le pensais. Il a fallut une station avant qu'elle ne se retourne.
Là, elle est entrain de prévenir son interlocuteur que je parasite sa conversation.
Cela me semble totalement absurde comme situation.
J'aime.
Elle s'adresse à moi pendant que je continue à lui servir du « bla bla bla bla bla bla » en guise de tarte à la crème.
Les gens autour de moi rigolent.
Avoir les rieurs dans la poche, règle de base pour la survie urbaine.
Je lui souris et je lui indique en une phrase courte que « je lui fais subir ce qu'elle nous fait subir depuis un petit moment », trop long à mon goût. Elle parle à son interlocuteur pour lui expliquer que dans la rame de métro elle se fait agresser. Puis elle me demande de me reculer. Il faut dire que je suis accoudé nonchalamment sur son dossier de fauteuil le temps qu'elle se retourne. Là, assise en amazone elle me regarde avec un regard qui veut dire « je vais te buter mec ». Même si elle n'est pas à mon goût, les femmes idiotes ne me font pas bander, elle ne sait pas à quel point elle m'excite et m'encourage dans ma bêtise.

- « Je ne vous ai pas agressé ».
Et je me recule pour la laisser se remettre en place sur son fauteuil.
- « Ne me touchez pas !!! »
Elle hurle et commence à réellement m'amuser.
Je me sens comme un chat avec une souris.
De l'index je touche son épaule en souriant.
- « Il m'a touché, il m'a touché, vous êtes tous témoins ».
La femme à côté de nous est hilare.

« Varennes », j'avance dans le temps. Un homme entre dans la rame. Quand il voit cet hère pousser ses piaulements il l'a prends en pitié. Il s'avance vers moi et me demande d'arrêter mon jeu. Je lui souris, enfin une difficulté. Mais non, un autre passager vient à ma défense et il lui explique que depuis tout à l'heure, cette femme nous importune en parlant ouvertement au téléphone.
Je me détourne de mon sauveur et me retourne vers ma victime.
« Il faut expier » ma belle me dis-je.
La femme sent la partie lui échapper. Elle commence à parler à son interlocuteur, elle me dit que « je ne sais pas qui elle est et que cela va aller mal pour moi ».
Je lui propose de me passer son téléphone pour m'entretenir avec son interlocuteur, elle refuse. Je l'a félicite en lui faisant remarquer « qu'elle me semble moins gourde pour le coup ».
Insulte !!! Insulte !!!
Elle pense retourner la situation et elle me dit que je suis enregistré et qu'elle va porter plainte.
J'explose de rire.
Je lui dis que « mis à part lui mettre un doigt...», je ralentis mon phrasé, « ...sur l'épaule... » et lui dire qu'elle n'est pas « ...gourde », je n'ai rien fais.
Le sourire aux lèvres, je vois ma station terminus arriver, il faut que je finisse mon show.
Vite, une tirade.

- « Vous êtes vulgaire madame. Moi je suis grossier mais vous, vous êtes vulgaire. Et encore, votre vulgarité vous empêche de connaître pleinement le sens de ce mot.
Vulgus, vulgate, cherchez dans le dictionnaire le sens de ce mot qui colle à votre peau et qui dégage chez vous cette odeur. » Trop pour elle, elle se lève de son siège et part dans le fond de la rame. Sa voisine me dit, « Je suis entièrement de votre avis monsieur ». Ben pourquoi tu n'as pas agis, pourquoi tu me laisses faire et pourquoi tu ne montes pas toi aussi sur scène ?
L'homme qui voulait en première intention stopper ma diatribe vient lui aussi me parler.
- «  Je m'excuse, on m'a expliqué ce qu'elle… »
Des excuses, c'est trop pour moi. Je préférais l'autre connasse.

Je la cherche du regard, elle veut me prendre en photo.
Là aussi je me met à rire et m'abaisse. Son mouvement de rage me fait penser qu'elle à loupé son but. Je jubile. Je suis un connard finis. An Ugly Man.

« Montparnasse Bienvenüe », je sors prestement de cette rame un sourire en croix pendu aux lèvres.

Conclusion ; « De l'art de faire des retards les moteurs de son existence ».


Je suis de nouveau dans un train direction ma voiture.
J'ai vécu un an à Paris et je n'ai pas aimé cela.
Le bruit, les odeurs... la vie ne me plaisait pas. Mais y aller en touriste oui.
J'ai eu quelques amours parisiens.
M.L. est passée par eux et si Laurie m’obsède encore, M.L. est aussi dans ma cervelle.
De là, comment faire de la place à d'autres femmes ?

Quand vous n'avez connu que des femmes belles, intelligentes et aussi surprenantes qu'excitantes, c'est comme une drogue, vous ne pouvez plus vous laisser aller avec d'autres moins intéressantes.
La majorité vous semble d'une banalité affligeante...
Et l'on devient con. Réellement.
C'est triste...

En ce moment j'ai trois prétendantes.
Et la seule qui me plaît est celle qui gratte ma peau là où cela fait mal. Celle qui me snobe et me dit non.
Et au final si je suis honnête avec le diable, je dois dire qu'au final, je ne tenterai rien de rien avec ces trois là.
J'ai trop fais souffrir par excès de cœur.

Alors je gratte du papier pour essayer d'ancrer ma vie dans une réalité parlante.
Si je suis seul, si la solitude est une force qui me blesse terriblement, je sais qu'elle ne durera pas infiniment.
Elle aura une fin.
Et je peux me permettre de faire ce qui me plaît car au final rien ne peut se passer contre moi.
Ma vie est extraordinaire.

Et si elle a la forme d'une courbe de Gausse, elle se renouvelle constamment.
Bientôt un nouveau départ, un nouveau voyage.
Il suffit juste de fermer les yeux pour voyager.
Fermer nos yeux et ouvrir en nous les portes de la perception.

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Message par Le Don qui Chante le Lun 26 Sep 2016 - 2:11


Lundi 25 septembre... dans trois mois c'est mon anniversaire.
Rien qu'à cette idée je crache par terre...
Ne pas penser, ne pas penser, se concentrer juste sur l'action, l'acte.
Agir sans pathos, laisser tous mes filtres mentaux à la maison. M'ancrer dans le présent, le présent.
Et sous une pluie battante je me retrouve là, à arbitrer un match de foot dans une poussiéreuse division du district du Hainaut.
Qu'est-ce que je fous là…
Réponse, je crée du lien social fictif pour deux heures.
Pour deux heures je m'illusionne à exister et j'existe en illusion pour les autres.
Pourquoi en illusion, car rien n'est moi dans cela. Je suis plutôt anarchiste dans l'âme et revêtir un habit pour arbitrer un match… sentiment étrange…
Comme on dit, les "extrême s'attirent"…
Quoiqu'il en soit, pendant deux heures je m'oublie.
Pendant ces deux heures, les vingt-deux autres idiots en short ne pourraient pas jouer si je n'étais pas là.
Et si ils m'écoutent, moi je m'oublie.

J'ai l'arbitrage social il paraît. Je discute, explique, trop. Car dans le fond, c'est moi qui décide du temps de jeu, des arrêts de jeu, je sors tel ou tel joueur qui me semble en dehors des autres.
Par ce terme j'entends ceux qui sont trop incarnés dans l'action et qui en perdent leur raison.
Donner des coups dans un ballon oui, mais dans les jambes ou des torses non…
Un jour sur un terrain je me suis demandé si y'avait pas un truc freudien à taper dans un ballon, genre on se venge du ventre de nos mères… je ne sais pas.
Mais vu la pauvreté intellectuelle de certains sur un terrain de foot, et pensant qu'au final y'a des prédispositions sociales à la connerie, on peut penser qu'ils tapent dans le ballon pour se venger de leurs vies de merde. Simplement...

En ce moment rien ne va pour moi, je m'en rends compte car même dans ces moments là, j'arrive à penser à moi, mon passé et mon absence de futur. Aucun ancrage dans le présent le gars. Toujours à ressasser son passé et à le transplanter dans son présent en guise de futur.
Du genre à se demander, et si elles étaient encore là, serai-je là ?
M.L. venait au foot avec moi. Elle a même géré des séances d'entrainement et d'éveil avec des U7 et U8.
A savoir under seven or under eight. Le truc est là, quand je suis namoureux je partage pleinement ma vie et j’amène l'autre à aimer mes passions. Ou des choses totalement incongrues qu'elles n'auraient jamais réalisées.
Là je revois M.L. en jogging gris affreux. Qu'elle était belle... Putain, virer ces souvenirs de ma caboche, par n'importe quels moyens, n'importes quels moyens !!!
Peut être que de jouer avec un chrono sur un terrain de foot m'excite finalement.
Pourvoir stopper, ralentir et dans une moindre mesure accélérer le temps me plaît.

On lance le jeu.
Mon coup de sifflet indique qu'un temps commence.
Jusqu'au trois autres qui y mettront fin. Dans plus ou moins quarante cinq minutes.
Y'a un truc de schizophrène dans le football. Vingt-deux personnes qui courent dans un but commun, marquer un but, et dans un but opposé, le marquer dans le but adverse.
Et trois personnes qui s'assurent qu'ils vont réaliser cela dans un territoire définit.
Deux camps, qui acceptent la venu des joueurs sous couvert qu'ils aient comme passeport un ballon.

Parlons en du ballon, il doit être bien gonflé ou cela peut être objet de railleries.
Là je donne un avertissement à un joueur qui conteste mon autorité. Pourquoi lui, en soit il n'a pas réellement enfreint une règle, juste qu'il remet en question mon autorité.
Hors tous pouvoir, même le plus démocratique refuse de ces citoyens que l'on contredise sa légitimité et son autorité. Hors là, les deux équipes ont accepté que j'arbitre, donc un temps donné, ils m'ont cédé une partie de leur liberté. Et moi je dois m'assurer que l’ensemble du groupe puisse s'exprimer dans le jeu définit par un nombre hallucinant de règles.
Là, personne ne vient discuter quand je lui donne un carton jaune, pas de cohue.
Je me dis qu'on est au final peu de chose, car il suffit de sembler d'aplomb et les gens suivent vos décisions.

Pause, mi-temps, j'entre au vestiaire et j'avale un Zyprexa.
Je bois du café.
Moi aussi j'ai des gestes cérémonieux.
Puis je siffle deux coups dans l'air et les joueurs reprennent leur place sur le terrain.
Le match est plaisant, pour une fois y' a pas de gros relous sur le terrain. Le carton jaune a calmé l'autre débile.
Mais un groupe de personnes intelligentes ne fait pas un groupe intelligent, et ça et là en plus de leur rôle de joueurs, ils arbitrent en parallèle.
Main, faute, hors-jeu… j'imagine mal un flic arrêter une voiture, contrôler les papiers du véhicule et ensuite voir le conducteur demander les mêmes papiers au flic, ou faire le tour de la fourgonnette pour voir si les pneus ne sont pas lisses…
Quoiqu'il en soit, le match se termine sur deux buts partout et comme c'est un match de coupe, on passe au tirs au but.

Les gens sourient, ils viennent me serrer la main.
Me remercient, c'est marrant car le temps de deux heures de match, le vouvoiement a fait son retour.
J'aime le vouvoiement, cette distance et la marque de respect que l'on donne à l'autre.
Et une fois le match terminé, on repasse au tutoiement une bière à la main.
De la Kro en plus… je devrai prendre mes propres bières pour les fins de matchs.

Dans cinq heures je vais à la pêche… ma vie est passionnante.
En pêchant la truite et en sirotant une binouse (une vraie !!! de la Rince cochon) je chanterai cela.


Spoiler:

It feels so cold
Walk with me
It feels so cold
Down by the family tree
It feels so cold
walk with me
feel so cold
down by the family tree
Oh my God!

Can I take you down?
Come on out with me!
Can I take you out
Out to the family tree?
Can I take you out?
Come on out with me!
Can I take you out
Out to the family tree?

Well it is so cold
Walk with me
Looks so old
Down by the family tree
Well it looks so old
Come with me
Looks so old
Down by the family tree
Oh my God!

Can I take you down?
Come on out with me!
Can I take you out
Out to the family tree?
Can I take you out?
Come on out with me!
Can I take you out
Out to the family tree?

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Message par Invité le Mer 28 Sep 2016 - 15:43

Il me fait un peu peur ce topic affraid


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Message par Le Don qui Chante le Mer 28 Sep 2016 - 19:01


Tigrulette a écrit:Il me fait un peu peur ce topic
Ici, c'est la cours des grand-ducs, des seigneurs, des princes de la cuite, de ceux qui laissent les autres à leurs putasseries.
Ici, c'est la place de ceux qui utilisent leur temps à être à cent milles verres de ceux là.
Ici on tutoie les anges.

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Je voulais écrire un post fleuve sur un rêve en dentelle que j'ai fais.
Mais non.
Le mois de septembre touche à sa fin, et octobre arrive.
Les jours sont plus courts, la nuit tombe plus vite.
Et moi, moi, moi... je répare ma mécanique du cœur. Mes parents voient en moi leur avenir. Et j'aide mes géniteurs à vieillir. Mon père, ma mère me demandent comment être alors qu'ils n'en sont plus. Drame de la fin de vie.
Je sais que la somme des choses positives dans cette vie excédera les choses négatives. (le verbe excéder est choisit volontairement).
Il faut que je me laisse renoncer.
Que j'arrive à convaincre mon moi que non, cela n'est pas grave.
Voila pourquoi je ne suis pas un Tigre. Je suis un chat sauvage, une sorte de lynx. J'ai l'envie de vivre, la joie, mais je prends tous au sérieux. Je n'ai plus l'âme en vague d'enfant. Alors je suis un sale gosse, an ugly brat...

Un Tigre, c'est un enfant responsable je pense.

Moi je suis un adulte responsable. Je ne sais plus laisser mon corps à rire. Mes zygomatiques sont cérébraux.
Et à la limite, cela est bien.
Je dois juste me dire "que je n'ai pas à prendre soins de moi car j'ai à prendre soins de vous". (citation de Nietzsche).


Juste moi, votre humble sale gosse en guise de serviteur.
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Message par Invité le Mer 28 Sep 2016 - 19:31

Qu'a t'il bien pu arriver à l'enfant don qui chante ?

Moi je suis sûr qu'il est encore bien là, caché quelque part....

Tout doux, tout doux ...

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Message par Le Don qui Chante le Jeu 29 Sep 2016 - 16:51

Qu'a t'il bien pu arriver à l'enfant don qui chante ? Moi je suis sûr qu'il est encore bien là, caché quelque part....
Quelques traumatismes qu'il apprends à gérer. Mais disons que l'enfant s'est blindé dans une sorte de pièce murée en grès château-fort. L'adulte est marrant, il pense, rigole, pleure, se torture lui même (pour reprendre un post de Buffle) mais au final, l'adulte est assez content de ce qu'il est pour lui-même.

Tout doux, tout doux ...
Là oui, y'a de cela. Comme un chat apeuré ou un chien battut, tout doux, tout doux...
On ne s'approche pas d'un cheval si il ne le désire pas et il y'a chez moi de ces choses aux senteurs sauvages.
Je suis un enfant terrible.


A l'ombre d'un néon qui clignote je griffonne des mots qui sortent sans sens de mon cerveau.
Je ne suis ni ange, ni démon. J'erre dans les limbes humaines de vies en vies et je m'attarde ça et là quand je suis encore surpris ou étonné face à personne qui brille plus que moi.
Attention, par briller ne voyez pas des lumières éclatantes !!!
Non, juste un petit éclat de vie qui dit ; "J'y crois moi, j'y crois!!!".
C'est pour cela que les soirs de désespoir je traîne avec effort ma carcasse hors de chez moi pour prendre le monde en pleine face et me dire que oui, tous va, tous va, et que moi, je dois aller, qu'il n'y a pas de raison que cela n'aille pas.

Dunkerque est une ville qui m'a marqué.
C'est une triste ville qui aime mentir et rire. Une ville qui sent l'escroquerie, ou l'on rénove les rues et les carrefours à coups d'Euros tout en louchant sur les terres d'outre-Manche.
On est un à un carrefour de l'Europe et pourtant on y croit pas une seconde à cette Europe.
Elle est morte en même temps que l'eau du bébé s'est refroidie. Et nous dans tous cela on vit sans se demander qui nous sommes réellement.
On vit, vit et vit, d'une voie à l'autre.
Mèche sans fin.
Amour perdu.

J'y crois plus à tous cela.

On a un regain de merde séchée qui racle le fond de notre gorge et qui suinte dans les narines une odeur de mort pestilentielle à cent milles lieu à la ronde.
J'en suis perdu de tous cela.
Alors j'écume le bitume des rues et je longe les lignes perdues des R.E.R.
Si Dunkerque est une salope qui vous escroque, Paris n'en est pas à sa première retenue.
Pas mieux que Paris pour vous perdre tout en ayant l'impression de devenir en un quart de seconde le roi du monde. Illusion.
Paris est une ville tentaculaire qui se nourrit de sa population. Les lignes de métro ne sont pas les artères d'un corps malade, non, elles sont les liaisons synaptiques entre plusieurs corps cancéreux.
Je me suis perdu dans Paris, et je m'y perds encore.
On ne différencie pas les touristes des habitants, les flics des voyous et l'on passe d'un arrondissement à l'autre comme si l'ensemble porté en lui une cohérence.

Mes amours du 19es se sont éteints dans le 11eme et c'est dans le Marais que je recompose mon cœur destitué.


J'ai autant de peaux à Paris qu'il n'y a de sorties de métro.
Et cherchez bien au Père-Lachaise, derrière la tombe de Chopin, j'y ai gravé mon mot.
La nuit parisienne a cela de furieuse qu'elle semble sans fin. Le chic plus ultra est de prendre le métro dès l'ouverture en hivers, et de passer d'une traite de Robinson au Bourget. Avec de la chance, vous prolongez l'obscurité de quelques heures.

Tout meurt autour de moi, rien n'est vrai et rien n'y fait.
Cela est à la fois excitant et désespérant.
Comme un papillon qui se brûle les ailes sur une flamme.
Comme un café sans sucre. Un ersatz composé de betterave pour faire la nique à la canne à sucre.
Reste la musique, la musique...



Je vis, je pense, je respire.
Je soufre, je rigole, je m'esclaffe et je tombe en pleure.
Rien ne me fait peur car je suis ce que la vie m'a fait.
Elle ne m'a rien donné dans le sens où la Vie ne sait pas que je suis comme moi j'ai conscience de mes propres moi(s). Et cela crée une forme de beauté qui dans la symphonie de mon existence me donne envie de chanter, rire et crier.
Venez, venez, tous les asphyxiés, chantez et dansez car il n'y aura pas de jours derniers.
Nous sommes immortels et il suffit de poser nos vies sur le papier pour s'en rendre compte.
Nous sommes tout et toute chose est nous.
Et si vous désirez rester seuls, vous le pouvez, vous savez que toujours nous vous tendrons la main pour vous amener à vous, jamais à nous.

La vie est un don qui se chante, se danse et se rigole.
Et retenez que cela, il n'y a rien de plus sinistre qu'un philosophe qui ne rigole pas.


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Message par Le Don qui Chante le Sam 1 Oct 2016 - 15:01


Je suis seul, je suis bien.
La bruine matinale s'est tue et je l'entends céder sous mes pas.
Dans ce petit bosquet aux allures de foret, je flâne sans savoir très bien ou je vais. Mes pas me guident et je me laisse par eux guider.
Cela est plus que plaisant.
Les odeurs d'humus ne sont pas désagréable et dans la fraîcheur matinale je me met à sourire au simple fait d'être en vie.
J'ai à la main un recueil des poèmes de Sergueï Essenine, que j'aime ce poète.

Mon ami, mon ami,
Je suis malade à en crever.
Mais cette douleur d'où me vient-elle ?
Est-ce le vent qui siffle
Sur les champs déserts, désolés,
Ou bien, comme les bois en septembre,
C'est l'alcool qui effeuille ma cervelle…


En lisant ça et là des mots je me laisse absorber par le lieu et le moment, unique.
La nature me fait peur, mais étrangement en cet instant, je me sens comme lié à elle.
Elle me fait du mal en même temps qu'elle me fait du bien.
J'aimerai écrire de beaux mots sur elle mais je sens mes vieux fantômes revenir. Je me demande combien de personnes sont mortes dans ce champs de bataille que fut le pont de Riqueval.
Marchant sur les feuilles je me laisse absorber par les champignons qui mangent les arbres. Certains sont magnifiques, avec leurs corolles immenses aux couleurs de terre ils me font penser à des robes de femmes retroussées.

Le silence qui m'entoure est faux.
Je sens que les animaux m'observent.
Se demandent qui est cet indécent humain païen qui ainsi vient salir leur sanctuaire.
Je m'abaisse et cueille une fleur que dans mon ignardise je ne peux correctement nommer. Je la porte à mes narines et avec surprise je m'aperçois qu'elle n'a pas d'odeurs. Elle me semble insipide. Nonchalamment elle glisse de mes mains au long de ma jambe, et de cette dernière au sol.

J'ai quitté mes steppes natales ;
C'est fini, fini sans retour,
Les feuilles des grands tilleuls pâles
Ne tinteront plus sur mes jours.
 
Oui, la maison sans moi se tasse,
Depuis longtemps, mon vieux chien dort ;
Dans les rues de Moscou, la mort,
Je le sais, me suit à la trace....
 
Mon cœur bat fort, mon mal s'aggrave...
M'oubliant, je dis pour finir :
"Comme vous, je suis une épave,
Sur mes pas pourquoi revenir !

Au pied d'un arbre je me laisse tomber.
J'ai la tête toute engourdie par les mots d'Essenine et par la sorte d'intemporalité du lieu. Dans cette foret, le temps a suspendu son envol. Je ferme les yeux et je surprends un noir encre envahir mes paupières. Je me laisse glisser avec plaisir dans ce néant et une nouvelle porte de perception s'ouvre à moi. Aux odeurs, couleurs absentes, les sonorités et bruissement du vent prennent place.
Le vent me parle. Plus encore, il chante à mes oreilles une symphonie que je ne saurai ici retranscrire. Et si personne ne peut en ce moment voir le sourire qui me découpe le visage, je me sens de plus en plus glisser dans la terre. Son humidité ne me dérange nullement. J'aime cela . Des insectes montent sur mes mains, les escalades sans savoir que moi aussi je suis une entité vivante. Pour eux, je ne suis qu'un monticule à dépasser. Et si les collines, les montagnes, ces arbres étaient comme moi en ce moment. Des entités alanguies.
J'avais pris des écouteurs et de la musique, mais non. Le lieu me parle.

Je fais un rêve. Chemin noir.
Et cheval blanc. Qui va sans voir.
En selle sur ce cheval-là,
Ma bien-aimée qui vient vers moi.
Ma bien-aimée qui vient vers moi,
Et que pourtant je n'aime pas.
Ah, bouleau russe de nos plaines !
Le chemin-sentier, large à peine.
Que vers elle, comme en un rêve,
Tes branches doucement se lève
Et comme des bras la retiennent
Au nom de la seule que j'aime.
 
Lune claire. Songe bleu sombre.
Le pas du cheval s'y allonge.
Dans une lumière magique,
Comme faite pour mon unique
Qui en elle a la même lumière,
Mais qui n'existe pas sur terre.
 
Voyou, je ne suis qu'un voyou.
Que les vers rendent ivre et fou
Mais puisque mon cœur toujours bat
Avec celle que je n'aime pas
Je vais faire la paix bientôt,
Au nom de la Russie-bouleau.

Au bout d'un moment je me relève.
Je ne sais pas si je me suis assoupis, si j'ai dormis et rêvé, mais le sourire qui était sur mon visage s'est effacé.
Il a pénétré ma figure et il est entré en moi.
J'ai le cœur qui danse et chante.
Le vent me caresse sensuellement la peau et si il y avait en moi une once de mysticisme, je vous dirai que des ondines me sont apparues. Dieu est bel est bien mort, il n'y a rien ici qu'un homme et son interprétation sensorielle de la nature.
Je me dis qu'un jour je m'allongerai définitivement pour venir dormir d'un sommeil sans fin dans ces bras à la nature.
Et le sourire qui venait de pénétrer mon visage descend alors ma gorge pour venir se loger dans mon cœur.
Je marche au rythme de mes battement de cœur.
Quand la clé de contact démarre mon véhicule, la radio allumée se met à chanter.

-"Please allow me to introduce myself I'm a man of wealth and taste. I've been around for a long, long year stole many a man's soul and faith and I was 'round when Jesus Christ dHad his moment of doubt and pain.
Made damn sure that Pilate washed his hands and sealed his fate.
Pleased to meet you hope you guess my name.
But what's puzzling you is the nature of my game.

I stuck around St. Petersburg when I saw it was a time for a change
Killed the Tsar and his ministers, Anastasia screamed in vain..."

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Message par Ours de la MAZ le Sam 1 Oct 2016 - 18:07

Qui es-tu ? Es-tu un signe ?

Qui es-tu que je ne suis pas et ne serai jamais. Qui es-tu toi qui tresse avec des mots et des notes, des histoires de vies à propos de lieux et de gens qui nous sont communs.

Qui es-tu, toi qui expérimente ce que je ressens depuis toujours, troncs et arbres nés de forces telluriques, qui entrent avec toi en résonance tantrique et t'apaisent..."anima triste".

Qui es-tu toi qui voient en ces réseaux urbains de longues liaisons méphitiques, carcinogènes et délétères. Pour moi ce sont des boyaux évacuant au plus loin les corps et les âmes décharnés, matières noires et puantes devant se régénérer avant de rapporter le lendemain de la vie à ce Cronos monstrueux qu'est devenue cette ville. Monstre qui par moment enfante un hymne à la joie à nul autre pareil.

Qui es-tu ? Je suis effaré de toutes ces proximités que nous connaissons et celles que nous pouvons deviner.  Nous ne nous rencontrerons jamais, c'est probablement mieux ainsi, nous ne serons pas déçus.

Qui es-tu ? Je ne sais pas mais je te lis ici et voulais te le dire
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Message par Le Don qui Chante le Lun 3 Oct 2016 - 14:52


Ours de la MAZ a écrit:Qui es-tu ? Es-tu un signe ?
Surement pas un signe, ni un cygne, un sir qui saigne, un mélangeur de mots, un barman de langues, un type qui n'a pas l'illusion de l'illusion et qui essaye ça en la, de rendre musicale sa vie sans savoir jouer le moindre instrument de musique.
J'ai le souvenir de ta voix Ours, et de celle de ta femme à l'époque je suppose.
Il y a des choses comme cela, non explicable.
Pleine de vie et d'émotion qu'il faut garder dans sa tête pour soit.

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Ours de la MAZ a écrit:"anima triste"
Ma part animal n'est plus, ou alors loin de ce qu'elle avait d'originelle.
Je suis plus posé, calme, moins sexuel et bestial qu'en mes premiers temps.
Ceux qui ne me connaissent pas réellement me trouve plus 'éteint', mes amis plus 'reposé'.
La réponse à tous cela, je recherche le bien être que tous le monde cherche, la sérénité. Et dans de rares moments, j'arrive à trouver cet état. Ou rien ne m'affecte. Ou je peux penser à la fois au passé, présent et futur sans sourciller.
Certains confondent sérénité et nihilisme. Ils s'enferment dans des religions ou le mot d'ordre est l'acceptation de ce qui se passe. Ma sérénité est révoltée, mais d'une révolte calme et tranchante.

Il ya deux jours j'ai été invité chez Léonne.
Léonne. Quel prénom !!! Léonne rugit sa vie du haut de ses soixante ans.
Je suis arrivé à l'heure et comme elle nous préparait des Spaghetti alle vongole, je lui avais acheté une orchidée bleue ciel. Stéphane et Bérénice étaient là, et Guilain aussi. Guilain, le récit va tourner autour de lui. Il doit avoir quarante quatre ans, divorcé, deux enfants dont une fille de treize ans, perdu, totalement perdu. Il travaille dans l'industrie automobile pour une société d'audit sur les pièces. Il aime son métier. Et Guilain aime aussi Bérénice qui aime Guilain, mais pas comme Guilain le désirerait. Bérénice depuis plusieurs jours, presque deux semaines me snob. Pourquoi, parceque je ne suis pas triste qu'elle ne m'aime pas. Bérénice voit les hommes comme des jouets. Et elle aurait tord de ne pas le faire vu qu'elle est d'une beauté renversante. D'ailleurs hier au concert j'ai eu une révélation, un truc que j'ai déjà écris ici mais qui s'est encore affirmé.
Quand on a connu que des belles femmes, de beaux corps, on ne peut pas coucher et aimer une personne 'laide'.
Voyez, je pose des guillemets car la laideur est subjective même si cette subjectivité disparaît quand on voit Bérénice.

Les bras de mer sont doux et chauds
tes bras…. ahhhh tes bras
ils donnent sens à la beauté
tes bras
et tu es entrée dans ma vie
légèrement étrangère

comme une comète
suivant une lune qui monte
et qui descend
le long des marées

et tu as fait claquer un coup de foudre
chantant
dansant
à l’orée d’une berge perdue
tu ébranlerai plus d’un Homme
Mais je ne suis pas un homme
me noyer en mer
entrer dans les embruns froids et piquants
maudit placenta ou les cargos se rendant dans l’autre pays déversent nonchalamment leurs lots d’immondices

Je devrai m’en aller simplement écouter Chopin…

Un soir j'ai écris ce poème et je l'ai déposé dans la boite au lettre de Bérénice.
Sa boite aux lettres, c'est un trou décoré dans une porte.
J'aime y déposer des mots, j'ai l'impression de la pénétrer. Et il y a de cela. Poser une lettre dans la fente d'une porte quand on sait la personne désirée derrière, quel pied...
Alors hier j'ai été à un concert et j'ai discuté avec des femmes, dont une divorcée.
Delphine. Elle a passé le concert à mes côtés vu que c'est moi qui ai offert la place. Je ne connaissais pas Delphine avant hier soir. C'est l'amie d'une 'amie', Isabelle qui comme moi est enseignante. Comme j'avais deux places et que Bérénice a daigné m'accompagner, Isabelle m'a demandé si son amie Delphine pouvait venir.
J'ai dis oui.

Charmante femme que Delphine.
Mais le charme ne suffit plus, non, il faut être aussi séduisante.
Et Delphine ne l'était pas assez...
C'est triste vous pourriez penser, mais non car je suis un homme. Et qu'au final, mon indifférence sera lavée par un autre qui sera moins gourmet que moi. Et Delphine connaîtra d'autres pines que la mienne. Et d'autres amants et qui sait, un qui l'aimera. Mais pas comme moi si je me laissais aller à l'aimer. J'ai aussi le chic pour trouver rapidement les fêlures des gens.
Et Delphine est fêlée de partout suite à son divorce. Là ou moi je parlais de façon positive de mon ex-femme, elle ne faisait que critiquer son ancien mari. On ne jouait pas dans la même catégorie finalement...

Et Bérénice donc, ne comprends pas pourquoi depuis son injonction au 'non, je ne t'aimerai pas', je me détourne comme cela d'elle tout en gardant une joie de la voir qui frise l'indécence.
Terrasse de café à la fin d'un cinéma.
Je reçois un texto de Bérénice qui est à deux pas de moi.
- " Arrêtes de me déshabiller du regard."
Elle s'esclaffe et me dit à cantonade ; -"Chaton, tu es unique".
(Depuis elle m'appelle Hérisson, elle me dit que cela colle mieux à ma peau...)


Repas. Guilain est en face de Bérénice et je comprends le jeu qui se déroule.
Lors de l'apéritif, Léonne nous avait gâté !!!, Guilain passait une main distante et discréte sur le genou de Bérénice.
Bérénice aime qu'on touche sa peau.
J'ai regardé le jeu et j'ai trinqué à la santé des innocents.
Puis on est parti manger les Spaghetti alle vongole et là, malgré les précautions le drame s'est joué.
Mon "anima triste" s'est réveillé...

J'ai commencé à parler de robotique avec Guilain et je lui ai annoncé que selon moi, le travail était une plaie et que l'on pouvait remplacer beaucoup de travailleurs par des robots. Que je passais aux caisses automatiques dans les supermarchés car je trouvais inhumain le fait de voir des sœurs humaines biper des produits à longueur de journée là ou des machines, pouvaient réaliser le travail.
Circonspect Guilain me dit oui, mais il faudra toujours des humains pour surveiller les robots.
Dans un supermarché, un humain en contrôle quatre à cinq. Je vous laisse faire le ratio.
Dans l'industrie automobile, les robots remplacent aussi les ouvriers, et on épure les corps de métier.
Dernière chose que je lui montre, l'application skinvsion ou l'on peut analyser des grains de beauté pour voir si ils sont cancéreux ou non. Loin de moi l'idée de remplacer les médecins, mais le métier médical change et ceux qui ne s'auront pas s'adapter au monde nouveau périront...

Et dessus j’enchaîne sur ce certains appelle 'le revenu universel'. Pour moi c'est une aberration que les richesses produites par ces robots ne soient pas réparties de façon équitable dans la population. Travailler pour gagner sa vie en faisant des choses sans sens, totalement inutiles, quelle magnifique aliénation. Pour moi ce n'est pas un hasard si l'on dit que 'le travail rends libre'...

Bérénice et Stéphane me regardent faire sans parler.
Guilain est dans un coin du ring de boxe et par l'argumentation il est ko.
Je déteste faire cela. Stéphane un moment entre dans la conversation. Il me dit que les Googlecars c'est n'importe quoi et que par cela on va tuer le plaisir de conduire. Qu'il est contre les voitures électriques car là aussi on a plus le plaisir du bruit de l'accélération. En un sens il essaye d'aider Guilain...
Le plaisir, je suis un sale gosse, je me tourne vers Bérénice et je lui demande de nous expliquer ce que ce mot veut dire. Elle pouffe, le plaisir est une notion purement culturelle écarte t-elle d'un sourire ravageur à en crucifier un Christ.
Pour elle, le plaisir vient avant le besoin. Elle n'est que plaisir. Le plaisir est un luxe que certains confondent avec le besoin. Son seul besoin est celui du plaisir !!! Et elle finira par dire qu'il est pour elle, - "un mode de vie".

Léonne et aux anges.
Elle a de la vie dans son salon et elle se tourne vers Bérénice pour dire de façon sentencieuse.
Mais Nicolas ne s'énerve jamais même quand il défends son avis.
Il argumente sur la même tonalité sans élever la voix alors que Guilain par moment parle plus fort.
C'est cela que je nomme Sérénité.
Le fait de s'opposer aux autres sans se laisser déborder par d'autres sentiments que celui qui est pleinement en nous.
Pour moi c'est le calme.
Je suis un être essentiellement calme.
Il m'en faut beaucoup au final pour me renverser.
Et quand je suis serein, ce calme me définit.
Il n'y a que dans des moments ou je perds cette sérénité que je m'énerve ou me laisse submerger par d'autres sentiments qui ne sont pas moi. Et encore, ces sentiments qui proviennent de mon corps sont moi, mais pas moi dans son intégrité.
Dans la façon ou j'ai décidé de régir mon corps.
La sérénité est aussi une notion culturelle avant toute chose.


Ours de la MAZ a écrit:Qui es-tu toi qui voient en ces réseaux urbains de longues liaisons méphitiques, carcinogènes et délétères.

J'ai beaucoup roulé, et plus encore voyagé.
Pourquoi j'aime la ville, car il y a l'Homme dans la ville.
J'ai parcouru quarante kilomètres entre Saint-Quentin est chez moi, je n'ai vu que des champs tristes de terre.
D'un marron boueux sans vie.
Là où avant il y avait surement des forêts ou des bosquets.
Dans l'avesnois il reste encore de grandes étendues de verdures à traverser. Étonnamment je n'ai pas peur dans ces endroits alors que là, cette plaine immense marronâtre, l'angoisse me prends. C'est surement une réminiscence des Batailles de la Somme. Pour moi la nature c'est la mort. La ville c'est l'agonie, y'a une légère nuance.

Monstre qui par moment enfante un hymne à la joie à nul autre pareil.
Je laisse les mots à Odezenne...


Spoiler:
J’ai le crâne circulaire brumeux comme l’horizon
Qui sniffe de la poudre à canon
Y a un camion sur mon périf
Qui cogne comme un nerf à vif
Y mâche un sédatif et roule des R à 200
Une sale crotte de merde sur le crâne
Comme Stalingrad qui crame sous 34 degrés centigrades
L’épée de Damoclès en grosse caisse, intérieur cuir Rolex et salope du cachemire
Puis en nombre blanche je vois des branches mal baisées par des chimpanzés blonds
Une question à résultats pour être positif
Quitte à pas être égal entre le Vatican et le Sénégal
La pluie ronge les réverbères comme le coton
Les points noirs à plus en voir j’ai vu me pousser des poires
Désespoir à l’eau de vie qui brûle comme le desktop
J’me déstocke pour reconstruire à Pattaya
Une caillera en bottines rare comme la zibeline
Qui court au cou des filles d’amour d’une nuit, d’un coup, d’un jour
J’raconte des bras poilus dans un métro de voiture
Tonneau de mercure en équilibre sur la main d’un salut
Une grenade juteuse dans les jambes d’un enfant
Mort de naissance devant l’assistance publique
Sa mère en fait-divers dans un papier d’encre
Et je chouine comme un sale sample de Gershwin
Un bon champagne sans bulle, une pipe sans dent
Une patate sans gant, une trique de keuf sanglante
Une grande invention sans inventeur
Une équation en aveugle vision pour regonfler le postérieur
En panne d’essence comme le Bénin, j’ai le béguin
La tête vissée sur l’espérance, je ne suis pas niais
Je suis nié, car j’crache à la gueule des mecs sur les billets
J’investis la nuit son Turf comme une goutte d’encre à la mer et les vagues font des surfs
Je vois des girafes naines dans les coins de ma chambre
Avec des yeux sans peine elles mastiquent de la viande
Et le soleil me mord, j’dis qu’il a tort et lui tord le cou avec mes deux pouces
J’roule mes oinjs !

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Message par Le Don qui Chante le Ven 7 Oct 2016 - 0:00


On appelle cela la Jungle.
Drôle de nom pour un lieu ou il n'y a pas d'arbres.
Ce soir j'ai décidé de boire.
Je régule ma consommation d'alcool par des grandes phases d'abstinences et des petites phases d'hyper consommation.
Et encore, l'ivresse n'est plus au rendez-vous.
En bon capitaine que je suis, je ne sens que légèrement mes pieds vaciller.
"Dans la nuit noire, noire, le cœur comme un frigo, il n'y a plus rien à boire dans mon cœur comme dans un frigo, passion normal, degrés zéro."

Je zappe ça et là sur des sites Internet en regardant des vidéos sur les migrants de la Jungle de Calais.
Attention, pas des reportages, mais les vidéos que les migrants filment eux-mêmes et qu'ils postent sur Youtube pour leur famille, je suppose.
C'est étrange.
Je connais Grande-Synthe et Calais pour y avoir vécu dans une autre vie et je n'ai pas le souvenir de cela.
Si, enfin, légèrement, près de la gare de Dunkerque ou j'ai eu un appartement pendant ma rupture.
J'y croisais une faune qui pour moi était du monde des gares.
Gare du nord, gare du midi ou encore Edinburgh Waverley.
A Teteghem, je me souviens d'un polémique sur une bute de terre montée sur un terre-plein pour que les habitants ne voient plus passer les migrants. Sans plus. Plus jeune, on parlait du camps de Sangate.
Mais là ou je vis, dans les terres à Caudry, on ne voit pas passer de migrants. Ils sont absents. C'est la morte campagne.
Hors sans que je ne sache pourquoi, les gens que je croise m'en parlent.
Ils sont là comme des fantômes absents du réel mais dont la télévision pleine de virtuel ne cesse de parler.

Le téléphone sonne mais j'ai mis un casque pour écouter de la musique tout en visionnant les vidéos.
C'est totalement surréaliste.
Quand je prends le htc en main, je vois que Pauline vient d'essayer de m'appeler.
Pauline, c'est un peu la madame Mia Wallace de ma vie.
Elle regroupe en elle toute les héroïnes des films de Tarantino.
Et cela fait bien cinq mois qu'elle ne m'a pas appelé. Soit elle a des soucis, soit elle est en manque de sexe.
Et comme avec elle et moi, quand on baise c'est toujours du cinq étoiles, elle m'appelle pour voir si je suis open.
Y'a des deux. On parle de nos vies en stand bye et on décide de se voir ce week-end.
Et dans le mille Emile, je lui propose d'aller visiter la Jungle de Calais et celle de Grande-Synthe.
Elle accepte, dans deux jour on y dormira.

Je ne suis pas saoul.
Pourtant, j'ai compté.
La bière avec le paternel, une canette devant le lave-automatique, et tourne, tourne la machine.
C'est magique comment pour quatre euros on peut laver son linge.
Puis une autre dans la voiture.
Une devant l'ordinateur, j'en était à un litre et soixante quinze centilitre.
Go to supermarket et une bouteille de Saint-Amour en poche, je reprends une canette pour un compte rond.
Sans l'être j'aurai avalé plus la bière au café du coin, une cuvée de La Corne du bois des pendus, j'aurai pour l'heure deux litres et demi de bière dans le ventre plus soixante quinze centilitre de vin.
Tous cela pourquoi, pour essayer de mettre en catharsis des sentiments qui me tordent l'esprit.

Honnêtement mon esprit est embrumé mais j'ai la sensation de mieux voir certaines choses.
Et j'appelle Jean-Yves pour savoir si on pourra samedi soir dormir chez lui.
Répondeur. Le lendemain, je l'aurai au téléphone et il me dira que c'est ok, en me demandant toutefois si Pauline est la même femme que la fois dernière... Perdu, il me ramène Marie-Laetitia en mémoire. Je ne lui parle pas de la Jungle, je lui dis juste que je lui montrerai des photos et des vidéos de ce que Pauline et moi on va faire.
Et go to sleep avant de reprendre la route, again and again.

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Message par Le Don qui Chante le Lun 10 Oct 2016 - 13:19

Elle s'est destituée
Prostituée
Elle sait
qu'Elle est
tuée
desti, prosti, consti,
tuée
quoi-qu'il-en-soit
Elle est


Spoiler:
[Parental advisor - Interdit aux -18 ans] Présentation musicale Img_0110

Il y a cela et là des armoires en ferraille.
Elle lui dit qu'elles ont été récupéré dans des usines désaffectées sur Charleroi.
J'acquiesce, c'est logique.
A l'intérieur d'elle, c'est le chaos tissulaire...
Plein de fringues, de toutes sortes... mais elle s'en fout.
Elle me sort un gilet trop grand pour elle, en laine jaune, le passe, frotte sa main dessus comme une petite couturière qui chercherait le moindre accroc. Et elle lui dit en souriant; "de la laine pure"...
Pourquoi, il y en a de la frelatée ?
Elle me réponds que c'est comme le coton, on y ajoute à notre époque du polyester. Et cela est moins doux au touché, plus irritant sur la peau.
Ouaip, elle est comme cela.
D'ailleurs son package était cent pour cent coton. Cela lui rappelle le H & M sur Dunkerque, dans le pôle marine.
Un bonnet pour son petit garçon qu'elle ne verra jamais, signé d'une tête de mort cent pour cent coton.
Elle lui a alors dit ; "bonne affaire mon gars", comme-ci il avait tapé dans le mille. Touché le jackpot.
Depuis il en a rencontré des femmes tissulaires. De celles qui se shootent au coton et / ou à la laine.
Ceux sont les meilleures.
Elles ont un truc authentique en elles.

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Message par Le Don qui Chante le Dim 16 Oct 2016 - 23:58


Hier soir la lune était rouge, aujourd'hui elle est jaune et pleine.
Demain je n'ose me prononcer sur sa couleur.
J'ai ouvert le frigo et j'ai gobé trois œufs...

Samedi soir je suis de sortis, dans un bar branché de par chez moi. Il s'appelle l'Excentrique mais il n'a rien d'excentrique ce bar. De la musique forte, de la bière chère… et des corps de jeunes hommes et de jeunes femmes qui se déhanchent sur des rythmes binaires assez primaires.
D'une banalité simple.
En face de moi, une jeune divorcée me parle.
Je ne sais pas trop ce que je fais là. C'est une connaissance commune qui lui a filé mon numéro de portable.
Il fallait qu'elle me parle de sa séparation, il paraît que je lui ferai du bien.
Je vois déjà votre sourire malsain.

Alors elle m'explique que son mari est parti à 43 ans avec une femme plus jeune qu'elle, elle en a 39 .
Après dix ans de vie commune et trois enfants.
Première chose que je lui demande, pourquoi trois enfants.
Elle me réponds laconiquement, parce que je ne pensais pas qu'il partirait. Là, il culpabilise.
Je le vois bien s'envoyer en l'air avec sa bombasse blonde jeune et culpabiliser, j'y crois pas.
Et elle me dit qu'il lui file encore des thunes pour la maison et pour les enfants. Bref, il veut jouer le truc clean
On discute et elle m’écoute. Je ne sais pas d’où ça me vient ce truc que les gens m'écoutent…
Elle me semble très fatigué.
Elle me dit qu'elle a eu beaucoup d'histoire avec des gens plus jeune qu'elle, mais qu'elle est paumée.
Mon seul conseil, prendre soin de soit et se protéger, car dans son état, je ne vois pas très bien ce qu'elle peut faire pour s'en sortir. Imaginer la maison en semaine avec trois petit mecs de 12, 10 et 08 ans, je me dis qu'elle furie !!!

Moi je me replonge dans la mienne de séparation et je lui explique comment je vois la chose de ces jours.
Forcément, mieux qu'il y a quatre ans.
Que je suis même plutôt content que mon ex femme au final ait été voir ailleurs. Que cela fut vecteur de liberté. Que je débute une autre vie et que fatalement, je peux tous sauf lui en vouloir. A mi-mot, elle me balance des trucs sur leur non-vie sexuelle. Y'a des trucs qui cassent par routine de cul… Le mec pense que sa femme n'osera jamais faire ça ou cela, et la femme refoule ses fantasmes, c'est d'une lassitude…
On a tué l'érotisme et on pense soigner la plaie à coup de pornographie. Soit.
Je me doute qu'après trois enfants cela ne devait pas être folichon les parties de jambes en l'air.
Et après elle me parle de sa véhémence à rencontrer de jeunes corps.
Je lui demande si cela n'est pas un peu destructeur.
En avalant sa bière elle opine du chef…

Oui elle est fatiguée. Sa tête exprime à elle seule sa fatigue.
Une sorte de châle ou de chèche descend sur son torse et cache sa poitrine que je pense assez attirante.
Je me redemande une centième fois pourquoi cet ami lui à dit de m’appeler et pourquoi je suis là. On parle de lui.
De là vie.
Elle règle les consommations et me ramène à ma voiture.
Dedans je prends dix minutes pour reprendre mes esprits.
Je me sens épuisé.
Mon téléphone vibre.
Un texto ; « Merci. »
Je n'y comprends rien. Je n'ai rien fais, j'ai été vaguement absent. En allumant la radio je me rends compte que l'on vient de passer deux heures ensemble à parler de sa vie.
Sans savoir pourquoi je lui proposerai le lendemain que l'on se voit le 23 octobre pour manger ensemble.
J'ai besoin des autres pour vivre mais je ne sais pas vivre avec eux. Y'a paradoxe.

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Message par Ours de la MAZ le Lun 17 Oct 2016 - 18:02

Le Don qui Chante a écrit:.../...J'ai besoin des autres pour vivre mais je ne sais pas vivre avec eux. Y'a paradoxe. .../...

Je garde en moi l'espoir de le résoudre. N'est-ce pas ce que nous tentons jour après jour ici ?

Et si l'expression les "autres", les "autres gens"... était remplacée par "quelques personnes", "quelques rares personnes", nous passerions des grands nombres indéfinis à de l'individualité, de la statistique à l'arithmétique.
Ce serait peut-être une solution à minima, une sorte de plus petit dénominateur commun. Ce serait peut-être plus vivable, plus simple.
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Message par Le Don qui Chante le Dim 23 Oct 2016 - 1:54


Ours de la MAZ a écrit:Et si l'expression les "autres", les "autres gens"... était remplacée par "quelques personnes", "quelques rares personnes", nous passerions des grands nombres indéfinis à de l'individualité, de la statistique à l'arithmétique.

Dans mon lit, je suis seul.
Les draps sont froissés. Et ils ne sont plus frais.
Je revois cela et là des corps, le tiens, qui lié au miens donnait naissance à une symphonie plus que mélodieuse.
Ou es-tu ?
Et quand je tape ton numéro de téléphone je tombe sur des bip, bip, au rythme cardiaque d'un cœur amputé.
Le passé est le passé, mais mes meilleurs souvenirs sans que tu ne le saches sont tiens.
De temps en temps je te relis, des mots que tu m'avais donné.
Qui es tu ?
Je ne le sais plus.

Le soir passe vite et bien.
Dans la casserole il y'a un lapin qui à feu doux chauffe.
J'ai coupé des oignons et vrillé du persil. Un bouquet de laurier se mêle aux viandes ainsi qu'un cube de bouillon. L'odeur qui émane de l’ensemble fait que mes narines hument un plus que merveilleux bouillon de lapin.

J'ai plein de souvenirs avec toi.
Pleins.
C'est triste et joyeux à la fois.
Triste car au final si ce n'est ton arbitraire, rien ne prédisposait notre séparation.
Joyeux car au final, j'ai vécu presque une année avec toi emplie de joie.
Je me souviens du bateau sur le quai de Seine, face au Mkv2.
On l'avait pris pour une heure.
A l'époque je ne t'en avais pas parlé, car je trouvé cela goujat. Mais le prix du voyage me mettais mal à l'aise face à ma banque.
On est donc monté dedans, tu as conduis et dirigé la barque sur la seine.
Amoureuse tu étais. Peureuse aussi, je me souviens.
On a ouvert une bouteille de champagne pour fêter le moment.
On est passé par toi du Vranken au Ruynart.
Ma belle.

Et la dans le noir je tape en fermant les yeux ce mot.
Je connais par cœur le clavier azerty comme je connais mes souvenirs.
Demain on est le 23.
J'ai une invitée à la maison et je me dois de bien cuisiner le lapin.
Elle, qui est elle ?
Elle est triste.
Triste car elle a 39 ans et trois enfants.
Cela alourdit un corps.



Dernière édition par Le Don qui Chante le Dim 23 Oct 2016 - 11:26, édité 2 fois (Raison : Je l'aime encore)
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Message par Le Don qui Chante le Mar 25 Oct 2016 - 10:27

Spoiler:
Véronique était " en analyse ", comme on dit; aujourd'hui, je regrette de l'avoir rencontrée. Plus généralement, il n'y a rien à tirer des femmes en analyse. Une femme tombée entre les mains des psychanalystes devient définitivement impropre à tout usage, je l'ai maintes fois constaté. Ce phénomène ne doit pas être considéré comme un effet secondaire de la psychanalyse, mais bel et bien comme son but principal. Sous couvert de reconstruction du moi, les psychanalystes procèdent en réalité à une scandaleuse destruction de l'être humain. Innocence, générosité, pureté… tout cela est rapidement broyé entre leurs mains grossières. Les psychanalystes, grassement rémunérés, prétentieux et stupides, anéantissent définitivement chez leurs soi-disant patientes toute aptitude à l'amour, aussi bien mental que physique; ils se comportent en fait en véritables ennemis de l'humanité. Impitoyable école d'égoïsme, la psychanalyse s'attaque avec le plus grand cynisme à de braves filles un peu paumées pour les transformer en d'ignobles pétasses, d'un égocentrisme délirant, qui ne peuvent plus susciter qu'un légitime dégoût. Il ne faut accorder aucune confiance, en aucun cas, à une femme passée entre les mains des psychanalystes. Mesquinerie, égoïsme, sottise arrogante, absence complète de sens moral, incapacité chronique d'aimer: voilà le portrait exhaustif d'une femme " analysée ".

Véronique correspondait, il faut le dire, trait pour trait à cette description. Je l'ai aimée, autant qu'il était en mon pouvoir – ce qui représente beaucoup d'amour. Cet amour fut gaspillé en pure perte, je le sais maintenant; j'aurais mieux fait de lui casser les deux bras. Elle avait sans doute depuis toujours, comme toutes les dépressives, des dispositions à l'égoïsme et à l'absence de cœur; mais sa psychanalyse l'a transformée de manière irréversible en une véritable ordure, sans tripes et sans conscience – un détritus entouré de papier glacé. Je me souviens qu'elle avait un tableau en Velléda blanc, sur lequel elle inscrivait d'ordinaire des choses du genre " petits pois " ou " pressing ". Un soir, en rentrant de sa séance, elle avait noté cette phrase de Lacan: " Plus vous serez ignoble, mieux ça ira. " J'avais souri; j'avais bien tort. Cette phrase n'était encore, à ce stade, qu'un programme; mais elle allait le mettre en application, point par point.

Un soir que Véronique était absente, j'ai avalé un flacon de Largactyl. Pris de panique, j'ai ensuite appelé les pompiers. Il a fallu m'emmener en urgence à l'hôpital, me faire un lavage d'estomac, etc. Bref, j'ai bien failli y passer. Cette salope (comment la qualifier autrement?) n'est même pas venue me voir à l'hôpital. Lors de mon retour " à la maison ", si l'on peut dire, tout ce qu'elle a trouvé comme mots de bienvenue c'est que j'étais un égoïste doublé d'un minable; son interprétation de l'événement, c'est que je m'ingéniais à lui causer des soucis supplémentaires, elle " qui avait déjà assez à faire avec ses problèmes de boulot ". L'ignoble garce a même ajouté que je tentais de me livrer à un " chantage affectif "; quand j'y pense, je regrette de ne pas lui avoir tailladé les ovaires. Enfin, c'est du passé.

Je revois aussi la soirée où elle avait appelé les flics pour me virer de chez elle. Pourquoi, " chez elle "? Parce que l'appartement était à son nom, et qu'elle payait le loyer plus souvent que moi. Voilà bien le premier effet de la psychanalyse: développer chez ses victimes une avarice et une mesquinerie ridicules, presque incroyables. Inutile d'essayer d'aller au café avec quelqu'un qui suit une analyse: inévitablement il se met à discuter les détails de l'addition, et ça finit par des problèmes avec le garçon. Bref ces trois gros cons de flics étaient là, avec leurs talkies-walkies et leurs airs de connaître la vie mieux que personne. J'étais en pyjama et je tremblais de froid; sous la nappe, mes mains serraient les pieds de la table; j'étais bien décidé à les obliger à m'emmener de force. Pendant ce temps, l'autre pétasse leur montrait des quittances de loyer afin d'établir ses droits sur les lieux; elle attendait probablement qu'ils sortent leurs matraques. Le soir même, elle avait eu une " séance "; toutes ses réserves de bassesse et d'égoïsme étaient reconstituées; mais je n'ai pas cédé, j'ai réclamé un complément d'enquête, et ces stupides policiers ont dû quitter les lieux. Du reste, je suis parti pour de bon le lendemain.

http://m.litread.me/read/91405/93398-94670?page=1
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Message par Kass le Mar 25 Oct 2016 - 10:39

Spoiler:

Je revois aussi la soirée où elle avait appelé les flics pour me virer de chez elle. Pourquoi, " chez elle "? Parce que l'appartement était à son nom, et qu'elle payait le loyer plus souvent que moi. Voilà bien le premier effet de la psychanalyse: développer chez ses victimes une avarice et une mesquinerie ridicules, presque incroyables.

si ça c'est pas un pn...
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Message par Le Don qui Chante le Mar 25 Oct 2016 - 10:44

La PN cup

Compétition à creuser et à organiser.
Liste des épreuves et des participants ?
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Message par Le Don qui Chante le Jeu 27 Oct 2016 - 20:30


Mon père me stresse.
Actuellement je passe mes matinées avec lui car l'on retape ma maison qui a subit un dégât des eaux. Cela va faire huit mois que cela dure... alors il m'aide pour que cela cesse.
Je ne peux pas le blâmer, il m'aide et bien plus que je ne pourrai l'espérer à l'origine.
Il sait tous faire, tapisser, jouer à l’électricien, au plaquiste, au jardinier, ses mains emplissent sa vie d'intelligence.
Toutefois, passer du temps ainsi lui me fait prendre compte du fossé qui se creuse entre lui et moi.
Il y a une évolution. En bien, en mal, cela je ne sais pas. Mais il y a évolution.

Mon père est le produit de son époque, fils des années cinquante.
Il a été conçu en fin de guerre. Pour lui la vie s'ouvrait à la façon d'un Christophe Colomb à l'orée du nouveau monde. Il découvrait un nouveau continent ou tout ce qu'il vivrait serait forcément mieux que ce que le vieux monde avait vécu. Il a été en école d'ingénieur mais comme il était le troisième d'une fratrie quaternaire, on l'a laissé un peu 'tomber' dans le choix de son métier.
Le premier fils fut vétérinaire, le second a reprit la ferme familiale (qu'il a bu en alcool) et mon père fut placé chez les jésuites pour y faire ses études.
Sur ce qu'il m'a expliqué, il y fut victime d’attouchements et pour éviter le scandale, on l'a placé dans une école privée ou il ne revenait chez lui qu'une fois par mois.
Autres époques, autres mœurs.

Il est très intelligent. S'intéresse à énormément de choses et à un pouvoir de réparation des objets assez hallucinant.
Il voulait quitter son métier et reprendre un garage mais ma mère s'y est opposé. Elle ne voulait pas devenir femme au foyer.
Ma mère fut clerc de notaire... totalement en free lance, sans faire d'étude, époque bénite des années soixante dix ou l'on se pointait dans une boite pour y réaliser sa carrière ad vitam eternam.

Donc là, mon père tapisse un mur en fibre de verre.
Le mur a été abîmé par l'eau, dix sept mètre-cubes ne passent pas impunément de la salle de bain à la cuisine sans faire de dégâts.
Et il râle, peste, enrage, grogne, jure sur un morceau de papier qui ne colle pas comme son cerveau aimerait qu'il colle.
Et le drame de mon enfance est résumé en cet acte.
Je n'ai jamais collé comme mes parents auraient aimé que je colle.


Hooooo, j'ai vieillis. J'ai compris la vaineté du combat.
Je ne dis rien et je m’efface. Plus encore je fuis. J'ai même quitté la maison en ce moment. J'ai marché, bu un peu de kirsch... et prit refuge dans la bibliothèque municipale ou je tape ce mot.
Si je ne peux rien faire contre son passé, son caractère, je dois me protéger, me carapacer.
Le temps de mon adolescence, je me révoltais, maintenant je courbe l'échine et je laisse passer les tempêtes. C'est marrant de voir sa vie sous la couleurs de prismes différents.
Il y a trois ou quatre ans, je ne pensais qu'à des choses tristes ou négatives sur ma vie, mon passé et mon existence. Actuellement je suis plus dans une phase d'attente. Je me dis que j'ai de la chance d'avoir vécu tous ce que j'ai vécu. Et je vois des vies sans reliefs autour de moi, et je me dis que l'on ne peut pas tout avoir et que chaque chose à son prix. Que ma vie à son prix, comme la vie de mon père à le siens.

Dans deux jours il va aller à la pêche avec un ami. Le seul qu'il a. Récemment je me suis interrogé sur la mort de ma mère, elle en est à son second cancer. Et je me suis rendu compte de la pauvreté sociale dans laquelle mon père était plongé. Si il sait réparer et faire plein de choses, il est totalement irascible et invivable. Et les gens l'évitent.
Je vous met au défis de jouer aux cartes avec lui. Le jeu devient fou, il se perd et se noie consciemment dans les cartes qu'il se met alors à incarner. La belote prends ses lettres de noblesse et Belot à là un fervent adepte. Il mémorise sur plusieurs manches les cartes, retiens les combinaisons tombées, et calcul rapidement le bénéfice à prendre ou à laisser la main à son adversaire. Une bête de guerre.
Du temps ou j'avais une amoureuse et que j'envisageais la chose assez sérieusement pour la présenter à mes parents, on terminait les repas en jouant aux dames chinoises.
Je n'ai jamais vu cela. Ne pouvant pas gagner la partie, il s'amusait à bloquer les autres et à choisir qui selon lui allait gagner à sa place.
Une forme d'antijeu imbuvable.
Et ma jeunesse est bercée de plein de ces moments ou j'oscille entre rire, sourire et pleures quand je me repenche dessus.  
Apprendre à faire du vélo sous la menace car mon pater familial est dans l'incapacité de comprendre le pourquoi du je tombe ou peu tomber.
Des séances forcées d’entraînement à sept ans au tennis de table car il se rêvait pongiste de haute volée.
De l'absence d'encouragement dans mes études ou du peu d'intéressement à ce que j'étais.
L'homme des années soixante était le roi d'une armée de spectres.

Et on est au parc d'attraction. Le supermarché à bricolage. Pour lui c'est magique. A la différence du parc ou l'on paye l'entrée et tout est gratuit, ici mon père entre gratuitement et il prends ce qui l'intéresse sans se demander le coût que cela porte. Là il désire prendre des cornière en plastique pour cacher la misère d'une tapisserie mal posée dans l’en-cadrature de mes portes.
Là il y a un petit dilemme. Il en faut pour une longueur de trente mètres et pour le coup, il se rends compte du coût. Il se tourne vers moi et me dit « tous cela pour du plastique !!! ». Ben oui mon colon. Et il ne baisse pas les bras, on part voir ailleurs si la vie n'est pas plus chère.
Cela à eu sur moi l'effet d'un uppercut.
Mon frère dit que mon père est asperger. Il a même une phrase pour cela ; « Rainman version Sudoku. » Une fois on l'a rendu malade par le simple fait de changer un chiffre sur sa grille de Sudoku hebdomadaire. Truc de fou. Pire que la foi ou j'ai dessoudé un fil à sa souris d'ordinateur. Car la souris, même si cela semble stupide, il l'a réparé. J'en aurai des milliers d'histoires à raconter sur mon père... mais non, je distillerai cela ici en gouttes à gouttes. Ne pas tous dire en une seule fois.

Et je referme le dictionnaire que j'ai à mes côté.
J'ouvre ma flasque et avale une autre rasade de kirsch.
Dans mes oreilles Thomas Fersen me dit que « l'on va pendre monsieur, hélas trois fois hélas... »
Le mot touche à sa fin, je le relis et je me sens d'une neutralité émotive perturbante.
Finalement je souris.
Le temps est légèrement humide et j'en ai pour une petite demi-heure de marche à rentrer chez moi si je ne presse pas le pas.
Sans culpabilité je me dis que la tapisserie sera posée.
Je pense à Vincent et Alexandra.
Leurs enfants.
Le miens je le vois demain.
Et je pense à mon ex-femme, mon ancienne vie. Je me dis que j'ai à construire cette nouvelle, à prendre mon envol, une forme d'essor vers le soleil.
« Aux pourquoi ma vie est ainsi », j'ai plutôt des « comment » qui naissent.
Comment elle sera dans deux, cinq mois.
L'évolution constante fait que je sais qu'il y aura autre chose. Que le devenir est miens.

Toi:

Es-tu brune ou blonde ?
Sont-ils noirs ou bleus,
Tes yeux ?
Je n'en sais rien mais j'aime leur clarté profonde,
Mais j'adore le désordre de tes cheveux.

Es-tu douce ou dure ?
Est-il sensible ou moqueur,
Ton cœur ?
Je n'en sais rien mais je rends grâce à la nature
D'avoir fait de ton cœur mon maître et mon vainqueur.

Fidèle, infidèle ?
Qu'est-ce que ça fait,
Au fait
Puisque toujours dispose à couronner mon zèle
Ta beauté sert de gage à mon plus cher souhait.




Vieux relent nostalgique, je me demande quelle sera la couleur de ses yeux et quelles senteurs auront ses cheveux.
L'estampille d'une vie qui ne veut pas se vivre sans l'empreinte d'une femme.

Et en arrivant chez moi mon ex-femme m'attends. Que veut-elle ?
Je lui dois encore 300 euros de pension alimentaire, mais on a un arrangement.
Puis bon, elle sait que je verse mes arriérés. Chose étrange, on est passé au tribunal pour acter la garde alternée du marmot et le juge a sortis de sa réserve pour l'incendier.
Depuis entre nous y'a un renouveau de guerre froide.
Alors j’accélère le pas et le pou de mon cœur. J'écris pou ainsi car le traître se nourrit de mon sang.

La discussion durera une demi-heure.
Elle voulait que je lui monte sa galerie de voiture car son nouveau mec ne sait pas le faire. (sic)
On a un peu rigolé pendant que je serre les vis de cette galerie, lui montre comment le faire elle-même la prochaine fois (sale manie que j'ai de faire le prof tous le temps...), et on parle de notre enfant, de notre fierté vis à vis de ce petit bout.
Mon père déteste, hait mon ex-femme.
Et encore les mots sont faibles.
Pour lui, elle a cassé une harmonie, elle a cassé son fils. Alors son fils, sa bataille non, on ne peut pas excuser cela. Une monomanie de pensée fait que quand elle est là, il ne parle plus. Je le connais, je vois la colère turbiner en lui mais aucune modalité d'expression n'arrive alors à illuminer son visage. C'est assez triste car il se frustre. Et ensuite il se sent mal.
Moi je suis comme lui, mais l'évolution a fait que j'exprime et plus encore, maintenant je jugule mes émotions.
De la peur, je me suis apaisé et j'ai passé au badinage.
Mon ex-femme est toujours dans la séduction.
C'est sa marque.
Moi je change.
Je le sens.

Et en écrivant ces mots je souris.

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Dédicace de Ridan pour Parisette  Razz
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Message par Le Don qui Chante le Sam 29 Oct 2016 - 18:40

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Message par Le Don qui Chante le Lun 7 Nov 2016 - 23:24

Ce soir j'ai vu deux films.
"Tandem" de Patrice Leconte et "Mr Smith au Sénat" de Frank Capra, je vous les conseille.
Y'a eu deux choses humaines qui m'ont plus dans ces films.
Pour "Tandem", la complicité humaine. Et l'histoire de loosers magnifiques.
Je me reconnais dans cela.

Je suis un looser magnifique.

Pour "Smith", le côté film d'école américain d'avant guerre.
Il est superbement bien réalisé.

J'ai pleins de pensées en ce moment pour vous.
Je ne sais pas bien le dire ou l'écrire, mais le fait est là.
Je pense à vous.

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Message par Le Don qui Chante le Mar 6 Déc 2016 - 16:50


Piscine.
Aujourd'hui piscine.
Cela fut laborieux.
Déjà hier quand on s'est pointé elle fermait. Dix huit heure dans ma cambrousse un samedi non, les bassins sont fermés.
Alors dimanche, dès potron-minet on se lève et on y va.
On, moi et mon gamin.
Ce matin arrivant vers les dix heures la barrière n'est pas levée.
Ce coup ci les pompes ont lâchés !!! Merdouille.
Je ne suis pas de ceux qui se démontent pour des pompes qui ne fonctionnent pas, alors je lui dis "fiston", droit dans le blanc des yeux, "on va aller à celle de Le Cateau".
Le Cateau, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est le trou du cul du monde.
Une Twilight Zone entre l'avesnois et le cambrésis.
Un coin ou on à le meilleur service d’addictologie alcoolique de France pour moins de dix milles habitants.
Pourquoi il se trouve là, je vous laisse deviner.

Pour les curieux...
...et les curieuses...

La route est tranquille. Ma tête cogite sur la décrépitude du monde tandis qu'à la radio des personnes s’interrogent sérieusement pour savoir si finalement, le mandat de François Hollande fut bon ou mauvais...
Personnellement en cinq ans, pardons dix ans, mon salaire n'a pas augmenté, j'ai perdu du pouvoir d'achat et mes conditions de travail se sont dégradées. Mais bon, je suis fonctionnaire, j'ai une putain de sécurité de l'emploi que l'on va m'envier et puis bon il faut le dire, je suis aussi une grosse feignasse de merde qu'il faut dégager. C'est bien connu.
Alors fier ces avantages je gare ma voiture assez loin de la masse du peuple et j'entre dans la piscine avec mon fils.

Moins de cinq euros. Whoawww, pas cher. Dans le vestiaire je me demande si l'eau sera jaune et si elle aura le gout de Ricard.
Ben non...
Je me met à compter les gens. C'est tous moi. Je vais à la piscine et je compte les gens... autant de moutons dans l'eau qui partagent en ce moment leurs bacilles avec moi.
Et sur la trentaine, au moins vingt sont tatoués. Dont moi... je me sens piteux... ridicule... Et je me met à observer leurs corps. A la piscine, on a un rare lieu (avec la plage) ou l'on peut observer le corps des autres sans passer pour un pervers. Ohhhhhhhhhhhhh rien d'excitant, mais cela remet les choses en place.
Je n'ai jamais aimé la piscine.
Parce-que je ne sais pas nager... puis aussi parceque j'ai l'impression que c'est comme au Flunch. On y va pour voir des personnes et observer un peu le malheur ambiant. Le Flunch de Cambrai un vendredi soir c'est du Bourdieu en stéréo multicolore. Sans parler de celui de Lomme ou de celui de Maubeuge.
Pas la même population qu'au Mc Do.
Ben la piscine de Le Cateau c'est un peu pareil...

Finalement mon gamin est comme un poisson dans l'eau. Il s'amuse seul, sans moi, sans les autres. Dans son monde et dans l'eau. Je l'observe au loin et je me demande pourquoi j'ai perdu cette forme d'innocence. Je regrette cela, ce temps ou la vie passée sans que je me dise qu'un jour je vais mourir et qu'au final, je ne suis pas satisfait de ma condition.
Le constat est amer...
Mais bon, je sais aussi que j'ai ma vie, mon destin dans les mains et qu'il faut simplement que je me bouge pour changer cela.
Même si mon divorce d'il y a quatre ans à toujours du mal à passer, à être digéré, je me rends compte que j'ai changé. Je ne suis plus le même. Et au final je regrette cela même si je sais ces regrets vains. Un amputé peut regretter son membres, mais cela ne le fera pas avancer... c'est vain.

Dans l'eau des personnes me croisent et je ne les vois plus.
J'ai un collègue qui est dans le bassin.
Je n'ai pas envie d'aller le saluer, cela me fatigue.
Alors je m'invente un parcours pour l'éviter.
Midi apparaît sur l'horloge numérique de la piscine, on va aller manger chez mes parents.
En prenant ma douche et en frottant les cheveux de mon fils je me dis que j'ai quand même progressé. Ce mot ne me plait pas, changé, d'autres d iront évolué... je ne sais pas comment qualifier cet état.

Je me sens triste, réellement et profondément triste.

Mais c'est un peu comme ci j'avais accepté cet état.
Dans les vestiaire je lui tends un biscuit et j'ouvre une canette d'Orangina.
Même si je le vois de plus en plus je ne comprends pas cette vie en alternance que l'on m'a imposé.
Je me dis que je suis inadapté à ce monde et qu'au final ma stratégie d'attente, de ne plus rien faire et d'accepter la mort est la seule que je peux appliquer à moi même.

Si je me pense triste, cela sur le moment ne me le semble pas.
C'est une façon de rester en vie.

La façon qu'on les gens à s'illusionner pour un match de football, une élection politique, leur métier ou une musique plutot qu'une autre me fascine.
Le moteur de la voiture s'enclenche, la radio résonne... une poule au pot nous attends...

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Message par Kass le Mar 6 Déc 2016 - 18:19

poule au pot...:
(je pensais pas à ça)


Dernière édition par Kass le Mar 6 Déc 2016 - 18:35, édité 1 fois
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Message par Le Don qui Chante le Mar 6 Déc 2016 - 18:23

Midi apparaît sur l'horloge numérique de la piscine, on va aller manger chez mes parents.
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Message par Invité le Mar 6 Déc 2016 - 18:30

C'est aujourd'hui ton jour, alors re : kiss:

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Message par Kass le Mar 6 Déc 2016 - 18:31

ok hum... j'édite et je mets une jolie image à la place What a Face
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Message par Le Don qui Chante le Mar 13 Déc 2016 - 16:02


Aujourd'hui j'ai rencontré Mathys.
Je n'en ai parlé à personne et il faut que je le couche sur le papier. Oh rassurez vous, pour le coup il n'y sera pas question de sexe. Pour plusieurs raisons dont la première est que Mathys fut un élève que j'ai connu il y a deux ans tandis que je professais dans un lycée.
Il a actuellement une vingtaine d'années et à la sortie de mon entretient hebdomadaire avec une psychiatre, je le croise au coin d'une rue.
Bonjour monsieur, bonjour. Elle m'a quitté alors je me suis fais cela. Et il me montre son bras scarifié. Et d'enchérir qu'il a cassé des bouteilles pour se taillader le ventre. Je n'ai pu éviter la vision du bras tailladé, j'ai évité celle du ventre lacéré.

Il y a peu, j'ai regardé 'les amants du pont neuf'.
Il y a une scène identique dans ce film.
Michèle quitte son amant un soir pour se rendre dans un musée avec Hans afin de dessiner "l'autoportrait de l'artiste au chevalet" de Rembrandt. Pendant son absence, Alex qui pense que Michèle l'a quitté se taillade le ventre avec un tesson de bouteille... Ben Mathis a fait de même. Et d'ajouter ensuite simplement, 'j'ai envie de me pendre monsieur'.
On ne dit pas ces choses là... à vingt ans ou à trente ans... et encore moins on le fait.

Maintenant si Mathis se pends je me sentirai responsable.
Alors je lui ai proposé d'aller boire un verre pour discuter.
Là, il m'explique qu'il est amoureux d'une jeune fille de quatorze ans. Et qu'elle vit à Cambrai et qu'il doit resquiller le train, que cela lui fait peur pour aller la voir.
La vie est belle n'est ce pas.
Pourquoi je suis un aimant à paumés. Pourquoi ils viennent vers moi quand je traine dans les rades pour me raconter leurs vies, pour se confier et s'épancher sur moi à coup de bières bon marché. Pourquoi...

Il parait qu'à défaut d'être sympathique, je suis empathique.

Alors Mathis en marchant avec lui je me dis qu'il a besoin d'aide.
Que je suis peu de choses et qu'il devrait aller consulter un psy. Et là il me dit qu'il rendez vous en urgence au centre médico psychologique de Caudry. Ou un infirmier l'attends dans quinze minutes. On fait demi-tour. Et on continue à parler, il semble obsédé par cette jeune adolescente. Il me dit qu'elle est sa vie. Il n'y a rien de glauque dans ses mots, juste de la misère sociale... On est dans le caudrésis, entre Cambrai et Le Cateau... Je tente un mais si tu meurs, tu ne pourra plus l'aimer. Et surtout, si elle sait que tu te scarifies, comment tu ne veux pas lui faire peur. Mais bon, il a beau en avoir vingt, j'ai l'impression d'avoir un jeune adolescent en face de moi. Son tee-shirt à l'effigie de Nirvana ne faisant que confirmer mon impression.

On arrive au C.M.P. pour enfant de mon bled. On se serre la main. Il me dit, passez le bonjour à madame D. et monsieur C. Puis dites à madame De. que mon compte facebook a été piraté et que quelqu'un lui a écrit avec 'je t'aime' mais que ce n'est pas moi...
Il entre dans la battisse...

Un homme se gare en voiture devant moi sur le parking. Il a un gros blouson et une énorme barbe. Il me fixe. Je me demande ce qu'il me veut et qui il est. Cela me revient. C'est l'infirmier qui m'a accueillit il y a cinq mois en urgence aussi dans ce centre. Si je suis différent de Mathis, je ne me sens pas mieux que lui. On en est tous là.
Je repars à pied vers mon lycée, il fait froid...

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Message par Le Don qui Chante le Jeu 15 Déc 2016 - 23:03


09 – Cass McCombs - County Line

[Parental advisor - Interdit aux -18 ans] Présentation musicale Dav_marat

La baignoire est blanche.
Elle ne ressemble pas à celle de David dans 'La mort de Marat'...
Étrangement, il voit qu'il y a de l'eau dedans. Décidément, rien ne colle.
Machinalement il tourne la tête de droite à gauche à la recherche d'indices.
Rien.
Il pensait s'y coucher mais il ne le fera pas. L'eau est froide comme un corps mort. Une personne a sûrement voulu prendre son bain et face à la douleur du moment elle a du oublier de s'y baigner. Non, décidément rien n'à voir avec le tableau exposé au musée royaux des Beaux-Arts de Belgique.
Pour lui, l'instant véhicule son propre tragique.
Plongeant la main dans l'eau il tire une chaînette. La baignoire se vide en même temps que ce tableau s'efface...
Le 'repose tête' en forme de cœur s'accroche à ses yeux. Il se souvient des bains pris ici. Deux, trois, quatre... dont un avec elle.
« Tous les suicidés sont le Christ. Toutes les baignoires sont le Graal.... »
Spoiler:


Mickaël s'est aussi baigné avec elle, chez lui à Orléans. Elle le lui a raconté, elle lui raconte tous. Il se souvient de l’engueulade qui s'en était suivie. Plus sur le fond que sur la forme. Elle n'avait pas utilisé de préservatifs et pour lui cela était inacceptable. Il avait alors commencé une lettre pour Mickaël. Lettre restée morte, non envoyée. Cela lui paraît maintenant dérisoire...
Son corps le rattrape, il sent la nausée arriver. Dans la salle de bain il y a par chance des toilettes. Il s'y penche et sa bile sort de son corps. Une fois l'office terminé, il se passe de l'eau sur le visage et il s'assoit sur le trône. Sa tête lui fait mal et il entend en écho le rire de Laurie.
Devant lui un album de photos est ouvert. Il le connaît. Dans ce qui lui paraît être une autre vie, Laurie lui avait détaillé, expliqué une à une chaque photos. C'est sûrement Mickaël qui l'a déposé là se dit-il. En l'ouvrant il voit deux photos de Laurie en Sicile. Il se demande si Mickaël était au courant de ce voyage.
Il s'en veut de tous ses secrets enfermés à jamais en lui.
Ces photos ont été prises en Italie après la mort du père de Laurie. Sur elles Laurie est blonde alors que lui ne l'avait connu que brune.
Elle est accompagné d’Élodie. Si lui n'était pas présent à la crémation, Élodie l'était ; Nathalie lui a dit...
Il y avait aussi Kasha. Kasha portait lors de la cérémonie une robe jaune. Elle était libraire et elle faisait partie de la vie cachée de Laurie. Une des raisons qui avaient poussé Thibaut et Laurie à se séparer était la 'douance'. Ou plus, la 'sur-douance'. Laurie avait passé un test de Q.I. et on l'avait noté, jugé au delà de la moyenne. Notez que cela ne l'a pas empêché de se pendre ; mais la vie avec Thibaut était devenue insupportable. Selon elle et ce qu'elle avait raconté à Nicolas, Thibaut l'a voyait comme « un monstre ». Il ne comprenait pas ses réactions. Et elle, monstre qu'elle était, elle s'appuyait en béquille sur cette excuse fallacieuse pour explorer la liberté de sa vie.
Là ou elle était libertine, elle parlait de 'poly-amour'
Là ou elle brisait des cœurs, ces amants devenaient des 'pervers narcissiques'.
Céphyse n'a pas violé Liriope par hasard...

L'album de photos en main Nicolas le parcouru pages en pages.
Il refait le voyage avec elle même si lui n'était pas présent en ce temps là.
Laurie est en photo à Tarente, Rome et Pompéi.
Il se souvient d'une nuit d'amour avec elle dans les ruine de Pompéi. Il pleure.
Il se dit qu'il aurait tant aimé aller à Florence, Vienne avec elle. Il ne le sait pas encore mais il ira, avec une autre... Il revoir en photo deux italiens dont il a déjà oublié le prénom ; ceux qu'elle avait rencontré en Sicile ; puis des photos d'elle avec eux à Rome.
Laurie ne lui a jamais vraiment dit si elle avait eu une aventure avec eux. Mais il s'en fout.
Là, figé sur un polaroid elle semble heureuse, radieuse et vivante.
Il repose le livre de photos soigneusement et en déféquant il repense à ces histoires de 'douance'.

L'arnaque. Laurie se rendait une fois par mois à Bruxelles pour consulter une psychiatre. Hier soir, Mickaël lui a dit tout en étant à demi-alcoolisé que son traitement avait pu modifier sa perception de la réalité au point que, dans un moment de mélancolie, elle se soit suicidée.
Puis il lui avoua l'inavouable.
Elle lui a téléphoné le jour ou elle a acheté la corde.
Et il n'a rien fait.
Marc-Antoine a accompagné Cléopâtre dans son suicide à ce qu'il parait...
Tous comme Nicolas qui aurait pu venir la voir plus souvent malgré la volonté de Laurie de ne plus le voir. A deux, ils ont laissé mourir l'événement.
Nicolas se dit qu'il aurait pu se faire détester de Laurie. Qu'elle ne se serait pas tuée. Mais non, il y a des choses que l'on ne peut pas changer dans l'existence.
Et suite aux consultations de Bruxelles, Laurie s'était inscrite sur un site de 'surdoué' ; Zebra-Crossing. Et elle y avait rencontré plein de personnes, dont Nicolas et Mickaël. Elle s'y était amusée. Pour elle, c'était la découverte d'un nouveau continent. Elle avait du ressentir la même joie que Christophe Colomb en vue de l'Amérique. Mais Colomb en découvrant ce nouveau monde pensait il à Cortés ou Pizarro ?
Laurie pensait-elle à sa propre mort...

Nicolas se lève, se torche et tire la chasse d'eau.
Il sort enfin de la salle de bain tout en faisant attention à ne pas réveiller les deux amants dormants ainsi que la Sainte Marie dans la pièce d'à côté.
Redescendant les escaliers pour dire bonjour à une vieille dame aux cheveux grisonnants, une nouvelle protagoniste en cette fin d'histoire, Françoise...

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Message par Invité le Dim 25 Déc 2016 - 1:36

Joyeux anniversaire Pour Toi Bisous

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Message par Le Don qui Chante le Mar 27 Déc 2016 - 14:55

Merci beaucoup. Smile
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Message par Invité le Mar 27 Déc 2016 - 15:38

Tu as passé un bon noël ?


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Message par Le Don qui Chante le Jeu 29 Déc 2016 - 17:08

Oui et non, moyen.

Bon noël dans le sens ou rien ne s'est passé. Et mauvais dans le sens ou rien ne s'est passé...
On a partagé les mêmes alcools et mets comme depuis des années, on a discuté de nos vies semblant belles ou envieuses mais au final insipides... Personne n'est monté sur la table pour s'ouvrir les veines.
Personne n'a expliqué à l'autre que sa vie était finie et qu'il était déjà mort, qu'il ne risquait rien au final à quitter sa femme et son enfant pour simplement vivre pleinement ses envies, personne n'a bougé le petit doigt...

Je me suis sentis très fatigué avant et plus après.
Arthur m'a dit qu'il se sentait plus courageux que Ivan car il avait embrassé Léa.
Qu'il avait osé.
Comme si un baiser devait être un objet de peur. Même à huit ans. Et moi, du haut de l'année qui passe sur l'échelle de ma vie j'ai rigolé car cela me semblait plus que ridicule. Papa sait que cela passera. Et le vent est froid, il souffle et gèle par delà nos cœurs les pare-brises de nos voitures.

On en est tous là, à faire que les jours passent en pensant porter en nous des choses qui nous dépassent, qui valent mieux que nous. Alors que non.
Juste se penser soit même. Etre...



Puis la nuit est tombée. Et les autres avec. Avant je redormais. Maintenant je me réveille en clic clac vers les trois heures du matin. Oui les gens, vous désirez m’appeler, faites le à cette heure. Heure dense ou rien ne se passe.
Avec lui on a lancé son premier jeu de rôle.
Les règles sont basiques. Je pense à des chiffres entre 0 et 10 dans la tête et si il trouve le bon sigle, impair ou pair l'action réussie. Et plus il est proche du chiffre mieux cela est.
On est parti sur le monde des Legos Movie, il aime cela. Et je stimule son imagination là ou mes parents n'ont fait que nécroser ma vie.
Je suis un cancer sans corps sain ou me développer.
Je ne sais plus parler.
Je ne bois plus, ou si peux...
Je ne fais plus de sport.
Je sors plus.
J'attends.
Que la mort m'enveloppe dans un voile que je juge à la fois beau et froid. Mais le seul au final qui compte.
Pour vous convaincre que j'ai raison, noyez vos illusions, il ne restera rien.
Vous serez libres.
Mais vous le verrez, personne ne fera une chose de ce pouvoir.
Et au final le rien gagnera sur le reste.
Et il ne restera rien, comme au départ.

Je pense souvent ces dernier temps à cette sortie en cinéma, je revois la salle, j'attendais au Starbuck et on a choisis un film mal envie, bonne envie, comme cela... l’essentiel était d'être ensemble. Et le restaurant après, sur la rue montante. Bref, ma vie est composée de souvenirs et j'ai du mal à les laisser à leurs rangs, de souvenirs... pour me concentrer et vivre mon présent.

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Message par Invité le Jeu 29 Déc 2016 - 18:02

Te connaissant, un battement de cil  Battement de cils , un parfum de fleurs flower et te voila reparti comme en 40  Sérénade
Bon c'est sur qu'il faudrait pour ca que tu sortes un peu plus souvent de chez toi ^^

Souvenirs, souvenirs ^^
De Abesses hasta Place Clichy, por un ultimo beso Bisous



I love you


Dernière édition par Parisette le Dim 1 Jan 2017 - 11:55, édité 1 fois (Raison : Bonne année ^^)

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Message par Le Don qui Chante le Ven 30 Déc 2016 - 21:40


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Message par Le Don qui Chante le Jeu 5 Jan 2017 - 21:26

Il est de ces soucis dont il vous est difficile de vous sortir.
Un peu comme le type qui chute d'un immeuble dans le film 'la haine'.
C'est la même chose sauf qu'on a la haine en moins...


De quoi je parle. Des phobies qui me hantent...
Hier j'ai fais une grosse crise d'angoisse. La nouveauté est que je ne me suis pas mis à boire pour l'atténuer.
Non, pour le coup je me suis mis à la disséquer.
Je pense qu'à cet état je peux définir plusieurs causes de deux natures.
L'endogène et l’exogène.

Quoique je dise ou fasse, mon divorce a du mal à passer le niveau de ma carotide.
Je le trouve injuste. Mais ou est-ce que j'ai vu que l'amour était une chose juste... Le pire dans cela est que mon ex-femme est de nouveau seule, elle a laissé tomber son énième petit ami... et que l'on peut se regarder l'un, l'autre yeux en yeux sans qu'une étincelle de désir ne mette le feu aux poudres...
On se regarde comme deux cadavres s'étant aimé un temps donné... Et c'est tous...

Demain soir, je vais me saouler, je le sais.
On m'a 'commander' une étude sur Rimbaud.
Je vais mettre la musique à fond et je vais disséquer du Rimbaud...

"Au gibet noir, manchot aimable,
Dansent, dansent les paladins,
Les maigres paladins du diable,
Les squelettes de Saladins."

Cela je le nomme l'exogène. La chose sur laquelle je n'ai pas main ni prise. Je n'y peu rien, l'amour est mort et c'est ainsi. Comme une religion ou un dieu l'amour peut mourir. C'est un fait.

Puis il y'a les choses endogènes. Sur elle, je peux me moduler et travailler.
Par exemple je dors énormément.
Normal pour une personne qui subit une grave dépression et souffre de stress post traumatique.
La psychiatre m'a expliqué les différentes phases de ma pathologie et comme un bon petit  soldat je m’efforce à les suivre. J'ai eu ma phase de douleurs somatiques dues à l'angoisse... aux poumons et aux épaules.
Puis des grosses crises d'insomnies.
Et maintenant que j'ai une petite pilule magique, le sommeil est revenu.
Et elle m'a dit, calmement que trois mois de repos pour moi était un minimum... et qu'il faudrait du temps pour reconstruire mon moi.
Alors je dors.
Je sieste au moins une à deux heures par jours.
Aujourd'hui, je suis rentré du taff à seize heures trente. Je voulais m’alcooliser pour passer ma mélancolie, plutôt que de me rendre à Leclerc pour acheter de la Rince Cochon, je me suis allongé sur mon tapis dans le salon. Et à même le sol j'ai dormis jusque dix huit heures...

Je trouve cela pathétique mais préférable au fait de m'alcooliser...



Puis y'a eu ces femmes.
J'ai accroché mon sexe à la bite d'amarrage et je me suis mis en hibernation.
Il faut dire qu'elles me courent après et qu'au final, peu m'ont résisté.
C'est cela que de disséquer du Rimbaud. On sait ou aller à l'essentiel. Faire mouche sur leur cœur et leur donner un mouchoir en dentelles pour essuyer leurs larmes en peau, de crocodile.
Je pense que ma prochaine copine deviendra une 'permanente'.
Pas que je crois à la monogamie, mais plutôt qu'un corps de femme à des possibles en quantité infinies pour épuiser ma curiosité. Et que j'ai ce petit truc qui les amènent toutes à se lâcher sexuellement avec moi.
C'est ainsi et pour le coup j'aime cela.


Allez, je m'en vais travailler sur "La tentation de Saint-Antoine".
La nuit est belle, noire et fraîche, tout à mon gout.

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Les maigres paladins du diable,
Les squelettes de Saladins."
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Message par Miss aux yeux arc-en-ciel le Sam 7 Jan 2017 - 8:52

Quand on ne sait plus quoi dire, on fait un bisou
Bisous
Quand on ne sait plus quoi faire, on fait un câlin
Un ange
ou un câlin
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selon ce que ce mot signifie pour l'un ou pour l'autre
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Message par Le Don qui Chante le Dim 15 Jan 2017 - 22:42

Spoiler:

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Il fait froid et humide.
L'heure n'est pas à la joie.
Jeudi dernier une collègue est morte d'un arrêt du cœur. Ma psychiatre m'a dit qu'on mourrait tous d'un arrêt du cœur...
L'idée est bonne mais à mon sens incorrect. Si je me prends une balle dans la tête, mon cœur continuera à battre un temps alors que mon être lui sera depuis plus longtemps mort.
On meurt généralement d'un arrêt du cœur. C'est plus logique...
 
Elle s'appelait Hélène et elle avait trente neuf ans.
Un mari barbu et deux enfants. Fille et garçon, la parité était respectée.
Elle est morte comme cela, sans faire de bruit.
Mais l'église était bombée de personnes venues se recueillir une dernière fois.
Comme moi des personnes qui ne l'a connaissait pas forcément. Mais qui l'a croisait aussi ça et là dans les couloirs du lycée. Ou du collège... car elle était au travail sur deux établissements à la fois.
Puis le Jeff Buckley jaillit dans le chœurs.


Et là, sans nom le silence se fait.
L'homélie n'est pas encore débutée mais on sent sur nous le souffle que font les anges battant des ailes.
Les sabots d'Hélène étaient tous crottés... je ne sais pourquoi je ne peux m'empecher de chanter cela mentalement. C'est ainsi, il ne faut plus y réfléchir. Ma psychiatre ne cesse de me le dire, cesser de réfléchir monsieur Brulant, laissez vous vivre, allez... Mais comment faire, cela ne me semble pas naturel. Heureusement il y a les cachets !!! Mes belles petites pilules magiques. Que j'aime me shooter avec. Que j'aime...

Dans ce rêve je vois une de mes anciennes petite-amies. Elle est morte et sa tête est défoncée. Elle gît dans un bas côté, habillé d'une étrange jupette verte. La police me réconforte en me disant qu'elle n'a pas souffert... moi je suis groggy... Puis avec un ami on se met à la recherche du meurtrier. On le trouve. Impossible de savoir qui il ou elle est. Avec un édredon on se met à l'étouffer. Le réveil sonne et je m'éveille d'un bond.
Quatre heures du matin.
Je n'ai pas encore fait une nuit pleine de sommeil, je me suis réveillé avant l'heure.
Je descends uriner. Il va falloir que je finisse l'isolation de mes toilettes, cela n'est plus vivable.
Et je me recouche comme de rien, rêve ordinaire d'une vie ordinaire...

Le curé se lève enfin, depuis trente minutes que moi je suis debout lui il est assit.
J'ai jamais aimé les hommes en robes. Au Carnaval de Dunkerque cela passe, mais dans une assemblée pour un enterrement cela frôle le mauvais goût ce travestissement !!!
Alors les gens parlent. Pourquoi à un enterrement il faut parler. Le silence du mort est à lui seul éloquent. Mais non... on emplit l'air de nos petits mots. On cherche son effet.
C'est mon dernier enterrement. Promis, juré. Plus jamais, la mascarade pour moi.
J'ai pas eu le cour de suivre le corbillard jusqu'au cimetière...
Je suis remonté dans la voiture et je suis allé chercher la mi-temps de ma vie de demi-père divorcé.
Il pleuvait un peu et il faisait froid.
Tous les compteur étaient au rouge et il faut bien dire que le moral était en berne.
Mais bon, The show must go on...


La reprise fut compliqué.
J'ai la tête en boite de Légos renversée.
Y'a pleins de pièces et une multitudes de possibilités. Mais dans le chaos du renversement peux sont dans le bon ordre. Et du mal ordre à la maldonne, y'a qu'un pas.
Alors je crick et crock les pièces pour les forcer à s'emboîter afin de construire un édifice le moins branlant possible. Pas évidant.
Je ne pleure plus.
Je ne sais pas si cela est bon signe, c'est ainsi.

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Message par I am just Nath le Dim 15 Jan 2017 - 23:24

Le Don qui Chante a écrit:
C'est mon dernier enterrement. Promis, juré. Plus jamais, la mascarade pour moi. 

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Message par Le Don qui Chante le Jeu 26 Jan 2017 - 18:38

Ce soir j'écris...



Demain je ne travaille pas avant onze heures pour terminer à douze. Et je vais enfin finir ce roman... cette histoire que je me suis mis un point d'orgue d'écrire. On y arrive. On y arrive.
Aujourd'hui le kinésithérapleutre m'a demandé c'est qui L.D.W.
Elle est tattoué sur ma peau.
Il me faut d'autres tattoos, d'autres vies, d'autres choses pour me sentir vibrer.
Ceux qui ici savent, ben vous savez, les autres, c'est trois initiales gravées sur ma peau.
Et il a écouté ma logorrhée expliquer ce que j'étais, qui elle était et ce qu'elle a fait pour moi.

Alors j'ai ma petite bouteille de vain.
J'ai des larmes pleins les lorettes.
Et je l'assume. Elle avait le temps me l'a indiqué plus qu'un amant. Et moi j'étais juste pour elle un partisan, un abrité dans la foret qui cherchait à tuer les autres prétendants. En faisant cela, je lui pompais sa liberté. Mais quand je vois ou sa liberté l'a mené... je ne peux que sentir les larmes m'étouffer.

Paradoxalement je n'ai pas de passé. Rien ou m'attacher et m'ancrer. Mon drame est là.
Puis demain soir j'aurai Arthur à la maison. Ce petit bout à qui j'ai donné cette maladie sexuellement transmissible qu'est la vie.
C'est injuste et ainsi.
'Je me fais juste mon petit grand soir...'


Emmêlé dans les fils de nos vies je ferme les yeux pour laisser l'obscurité mieux me pénétrer.
On est un « jeudi ».
Faites comme moi, jetez un dé à six faces et placez à la place du mot entouré de guillemets le jour qui sur six correspondra.
Au final, cela n'a aucune importance. Et dans le manque d'importance rayez du dé le sept.
Pas un dimanche, pas de sept, puis le dimanche c'est un jour de repos. Sabbat.
On s'abat sur le divan pour s'abrutir de télévision parcequ'on à plus la force de faire autre chose. C'est ainsi...

Je suis entré dans le hangar comme une voleuse et j'ai pris soin de bien fermer la porte.
Personne n'entre dans ce hangar. Il est là, sert de débarras mais personne en réalité ne le voit.
J'ai soigneusement évité Christine. De toute façon elle ne pouvait pas me voir, elle n'était pas là.
Si je me sentais observée par des forces qui me dépassent. Et dans quelques temps je pense que je vais me lier à elle à la façon éternelle. Un peu comme ci mon spectre prenait consistance.

Il y a à quelques années près trente ans que je suis sortis de ce monde intra-utérin ou je mettais réfugié lors d'autres vies. Car je crois en ces vies passées et intérieures. Mon père est mort d'un cancer. Moi je meurs d'un abcès de vie.

Je caresse mon sexe. Il ne bouge pas. C'est une appendice de peau qui pends là. Abjecte et folle. Le nombre de fois que j'ai envie de prendre une paire de ciseaux pour la couper. Et me l'accrocher au nez avec une épingle à nourrice. Mourir hémiplégique du cœur vaut moins que la mort par émasculation !!!
Je suis toujours fatigué. J'ai juste soufflé un peu. Mais personne n'est venu me relever me dire en me tapant sur l'épaule, 'camarade, cela va aller'.
Même pas l'ombre d'une bourrasque amicale.
Rien.
Alors vous en couple, qui vivez avec vos enfants, cessez de pleurer ici sur une douance qui ne sert qu'à cacher les malheurs du 'bois de quatre sous' de votre vie.
Le désespoir quand on l'a goutté, la douance on s'en moque.
Trop intelligent mon cul au final que l'on se dit.
Nietzsche disait trop humain, la lie du calice de la désespérance est là.
Quand on a bu le désespoir on est à vie empoisonné. C'est ainsi.

Je suis entré dans la vie comme un météore et j'en sortirai comme un coup de foudre.

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Message par Invité le Jeu 26 Jan 2017 - 19:47

Camarade, cela va aller Console

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