«Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Dim 1 Oct 2017 - 13:58

C’est long.
Ce post est long.
Ce post ne conviendra pas au Facebook-surfing pas plus qu’au forum-surfing mais peu importe.
Ce post est de moi, du profond de moi et il n’a de sens que pour moi. Mais il vous est aussi adressé aussi comme pour dire à l’écho : je suis ce que je suis et je ne fais que ce que je peux.
Je n’ai jamais été de ce monde ; je n’ai fait que le traverser. Avant je ne lui manquais pas, pendant moi je ne lui sers à rien, après moi il n’en restera rien.
L’une de mes angoisses est de ne plus réussir à subvenir à mes besoins vitaux, l’une de mes angoisses est de perdre cette solitude et cette liberté ou plus exactement cette éthéréïté qui m’apaise.
Cela me hante depuis … la conscience. J’ai dû hériter cela de ma famille ou de mon histoire ou de choses entendues et incomprises ou de choses vécues. Peut-être aussi les déracinements successifs : Paris, Brazzaville, Genève, Reims, Paris… Qu’importe !
La rencontre (textuelle) avec une poète récemment disparue, Agota Kristof, m’a amené à me procurer un recueil de poèmes. Le succès d’un roman graphique, La Fissure, m’a amené aussi à me le procurer. De l’un et de l’autre, je ne peux me défaire. Matin, midi et soir ils sont, ils sont là sur ma table, avivant mon inquiétude, comme la pendules des Vieux de Brel : « Je t’attends » !
Je sais par expérience, que mettre à la lumière les inquiétudes contribue à les apaiser. Alors je vais partager 2 poèmes. Poèmes de migrant, d’étranger ; poèmes d’étranger au monde aussi.

Dans le filet du pécheur la vie
dans la main du pêcheur le couteau
le dos du pêcheur se courbe
sous le vent la mer fléchit

Il n’y a plus rien à vendre dans les foires sur les champs
pour de l’argent ni poisson ni vin ni pain
il n’y a plus rien à mendier dans les villes
dans les forêts ni fer ni or

La boue a quitté les routes et la poussière
les sentiers les pieds des errants se font pierre gelée
la lumière a abandonné les mais sons la fumée
les cheminées et les oiseaux les arbres

Les fontaines les yeux les terres se sont desséchées
dans le filet du pêcheur la vie
le vent traine du sable et sur le sable jaune
les navires les mortels les marins si étroite est la mer

Dans les filets du pêcheur la vie – Clous – Agotha Khristof



Ensuite il s’est retourné vers la droite
rien
il a eu peur là peut-être qu’il a pleuré
il n’en était pas sûr
car la pluie
a frappé son visage
une fois il avait déjà regardé à gauche en avant aussi
en arrière il le savait ce n’était pas la peine
là-haut le ciel était gris et en bas rien que de la boue
la boue et c’était ce qu’il y avait de plus proche

Et il dit
« Pourquoi as-tu disparu tes mains de verre
sont transparentes comme les maigres eaux cristallines
des ruisseaux de montagne est gravé
dans tes yeux et l’écœurement sur tes lèvres »

Et le lendemain il dit
« Noir était ton visage d’une voix au rire perçant
pourtant j’aimerai atteindre la montagne blanche
que les voyageurs guettent
en se penchant par le fenêtre de trains sans rails
jusqu’au moment où perdant tout espoir
ils se pendent à la poignée de l’alarme
là ils se balancent alignés mon père aussi
et entre les roues
des petits enfants jamais nés pleurent
des millions d’étoiles
leur montrent le chemin »

Et le troisième jour il dit
« Ceux qui ont été battus n’ont pas rendus les coups
mais ils sont devenus méchants
et ils ont traversé le fleuve à la tombée de la nuit
pour atteindre l’heure des comptes derrière
le remblai noir
les innocents aussi sont tombés »

Alors cent hommes ont marché dans le champ détrempé
Et ils ont dit
« Quand cesserons nous de pleurer
nos morts sont heureux
nous sommes les survivants les lâches
nous sommes les sacrifiés »

Les habits des cent hommes étaient sombres
sombres aussi les yeux des cent hommes
il étaient comme de frères
pourtant ils ne se connaissaient pas

Les survivants – Clous – Agotha Khristof





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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Beautymist le Dim 1 Oct 2017 - 19:21

merci Ours pour ces poèmes - tu me donnes envie de relire ceux de Wislawa Szymborska
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Dim 1 Oct 2017 - 19:41

"Parce que, car, pourtant, malgré.
Que se serait-il passé si la main, le pied,
à un pas, un cheveu
du concours de circonstances."

Dans le fleuve d'Héraclite - Wislawa Szymborska
Source : www.babelio.com
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Invité le Sam 7 Oct 2017 - 19:37

Coucou Ours, je n'ai plus de fil, je peux poster une vidéo sur le tien ? (On va dire que t'es d'accord ^^).

Une collègue m'a conseillé d'aller voir "Les grands esprits".



La bande annonce m'a fait sourire. Je suis sure qu'en plus ca se termine bien pour le prof.
Je n'enseigne pas à Stains, mais la population y est assez similaire dans mon lycée. Il y a un niveau social très bas, on est dans la cité.


Dernière édition par Parisette le Lun 30 Oct 2017 - 18:26, édité 1 fois

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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Dim 8 Oct 2017 - 0:49

Comment dire que je suis d'accord....
Tu es la bienvenue !
Je regarderai demain... trop tard pour ce soir !
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Dim 8 Oct 2017 - 22:36

Vu.
tu as choisis / accepté le dur !
Honneur à toi !

Pourtant, une remarque, nul n'a de dette à payer à quiconque, tant être humain, que situation, que histoire personnelle.
Je ne permets de dire cela, car j'ai payé pour voir et je crois bien que certaines de mes inclinaisons actuelles sont encore une forme de remboursement d'une dette sociale et historique qui ne sont pas de mon fait.

Long hug
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Invité le Lun 9 Oct 2017 - 22:05

Clairement je paye l'abandon des familles, l'abandon des prof précédents...et le jem'enfoutiste de la direction.

Je suis naze, physiquement et émotionnellement. En être arrivée pour abondonner maintenant, ca me déprime...

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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Beautymist le Mar 10 Oct 2017 - 11:52

On cause abandon ? Console
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Mar 10 Oct 2017 - 20:14

Parisette a écrit:.../... En être arrivée pour abandonner maintenant, ca me déprime...


Que dire un poème n'est jamais fini
Que dire d'une avalanche d'événements
que dire de l'envers de l'endroit du réel
que dire face aux arbrisseaux couverts de neige
Que dire aux baies rouges enrobées de glace
Que dire quand le vent du nord souffle par rafales
Que dire aux moineaux qui attendent en rangs serrés
Que dire aux flocons qui virevoltent dans l'air dur
Que dire à l'araignée des maisons qui tisse sa toile
Que dire captant les râles de ceux qui ont faim froid & peur
Que dire quand des lueurs jaillissent du miroir vide
Que dire dans la jungle de béton de néon de verre & d'acier
Que dire c'est l'œuvre & la vie des étoiles
Que dire ébloui par le lourd fracas des vagues
Que dire à l'homme qui va mourir embaumé suffocant
Que dire aux victimes des violences de l'espace & du temps

Claude Pélieu (1934-2002) - La rue est un rêve (Le Castor Astral / Ecrits des Forges, 1999)
Source : BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

Je cherchais que répondre et puis ce poème est arrivé dans ma boîte mail. Il m'a semblé opportun.

Nous sommes prompts à voir dans nos réussites tous les échecs qui ne rendent pas notre action parfaite, à la hauteur de nos envies d'absolu et nous sommes cruels dans les jugements que l'on s'adresse. D'autres, dans ce qu'il faut bien appeler leur lamentable échec, ne ressentent que leurs multiples qualités s'opposant dans leur intime conviction à la réalité à laquelle ils sont confrontés.

Je ne me hasarderais pas à porter un quelconque avis sur ce que tu vis et sur ce que tu dis de toi.
Je ne sais seulement que les plus beaux diamants comportent bien souvent une inclusion et que la beauté ne se révèle pas sans un voile de disgrâce.

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Dernière édition par Ours de la MAZ le Mer 11 Oct 2017 - 7:37, édité 1 fois
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Mer 11 Oct 2017 - 7:32

Lorsqu'une porte du bonheur se ferme, une autre s'ouvre ; mais parfois on observe si longtemps celle qui est fermée qu'on ne voit pas celle qui vient de s'ouvrir à nous. ~ Helen Keller


Ph. Sergey Loie

Source : L'échappée belle sur FB


Et puis il y a l'image de la porte fermée ou de la porte ouverte. Mais une porte n'est pas la fin du mur, elle pourrait bien être sa génératrice tant on se focalise volontiers sur elle. La porte, l'épreuve, l'évaluation, l'examen qui seul nous "ouvre" un avenir ou une réalisation. Bien souvent la porte est seule - il n'y a rien autour.
Ce type d'image se retrouve souvent. Je me souviens d'un passage onirique dans un "petit" film, Saint Jacques La Mecque, avec une porte dans cette situation. Je me souviens aussi d'une photo aux rencontres d'Arles cette année où une porte devient une protection contre les snipers en Irak.
Ces portes : on doit les regarder, non les ignorer ; elles ne sont que ce qu'elles sont, la matérialisation des passages de vie, de temps, d'espace.
Comment alors les considérer comme des échecs ou comme des réussites ?
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Beautymist le Mer 11 Oct 2017 - 9:39

La porte du bonheur est si éblouissante que je n'ose (pas encore) la regarder en face.

Merci encore Ours pour tous ces textes que tu partages ici.
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Invité le Dim 15 Oct 2017 - 12:20

J'ai lu cet article
https://blogs.mediapart.fr/lancetre/blog/070216/suicide-dun-professeur-toulouse-des-enseignants-denoncent-leurs-conditions-de-travail

C'est exactement ce que je ressens.
Je vais essayé de tenir le coup jusqu'en juin, en espérant que la prochaine affectation soit plus agréable


Dernière édition par Parisette le Lun 30 Oct 2017 - 18:27, édité 1 fois

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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Lun 16 Oct 2017 - 10:24

J'aime beaucoup le "on vous fait confiance".

C'est le genre d'abandon de responsabilité déguisé en délégation. Cela peut se lire : vous êtes là pour prendre la foudre, vous êtes mes paratonnerres, mois je n'ai plus que le souci de carrièriser sans incident majeur.
J'ai appris à mes dépends que le travail n'est pas proportionnel à la compétence mais à l'intensité de la compromission physique et politique. C'est pour cela que je ne supporte plus le collectif, pas plus associatif, que communautaire ou qu'organisationnel.

Cette prétendue liberté hiérarchique, ce renoncement dans la compétition à la gloire et la puissance fait que je ne suis plus qu'exécutant vieillissant des tâches les plus complexes et les plus casse-gueule : "avec ton expérience....". Je sais parfaitement faire les chiottes !
Alors, le sentiment reste désormais très prégnant de croire que ceux qu'on appelle les autres se gobergent.

Cela s'est terminé par du Prozac, en dose minime, certes mais quand même. Je ne suis plus très loin de faire off professionnellement. Je me force à croire qu'il existera encore des moments de confiance et de partage ce qui me désigne une porte d'espoir.

Alors je comprends et ressens bien les fissures psychologiques que tu affrontes. Je ne sais pas les atténuer, je ne sais qu'une chose c'est que cela représente pour moi une des dernières étapes  du processus de désintégration positive de Dabrovsky : comprendre dans son intimité mentale et l'assumer avec sérénité qu'il n'y a que soi pour soi quelque soit le domaine. C'est absolument affreux à dire. Mais en passant ce cap, on devient réellement libre. Et quand il est passé, on réalise combien sont enchainés ceux qui sont encore sur la route.

Je ne peux pas t'aider efficacement, à part te tenir la main à distance, car c'est ta force et ton cœur qui vont faire le job.

N'hésite pas à publier, c'est en exposant à la lumière vive et multiple d'une écriture publique que les fonds de fosses d'aisance se minéralisent le plus rapidement. Ici, tu es en terrain bienveillant et protégé.

Long hug



Spoiler:
"The Chamber Of 32 Doors"

At the top of the stairs, their's hundreds of people,
running around to all the doors.
They try to find themselves an audience;
their deductions need applause.

The rich man stands in front of me,
The poor man behind my back.
They believe they can control the game,
but the juggler holds another pack.

I need someone to believe in, someone to trust.
I need someone to believe in, someone to trust.

I'd rather trust a countryman than a townman,
You can judge by his eyes, take a look if you can,
He'll smile through his guard,
Survival trains hard.
I'd rather trust a man who works with his hands,
He looks at you once, you know he understands,
Don't need any shield,
When you're out in the field.

But down here,
I'm so alone with my fear,
With everything that I hear.
And every single door, that I've walked through
Brings me back here again,
I've got to find my own way.

The priest and the magician,
Singing all the chants that they have ever heard;
They're all calling out my name,
Even academics, searching printed word.

My father to the left of me,
My mother to the right,
Like everyone else they'er pointing
But nowhere feels quite right.

And I need someone to believe in, someone to trust.
I need someone to believe in, someone to trust.

I'd rather trust a man who doesn't shout what he's found,
There's no need to sell if you're homeward bound.
If I chose a side,
He won't take me for a ride.

Back inside
This chamber of so many doors;
I've nowhere to hide.
I'd give you all of my dreams, if you'd help me,
Find a door
That doesn't lead me back again
-take me away.
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Lun 16 Oct 2017 - 10:29

Oui c’est là que naissent les poèmes, tout près
du cœur, comme celui-là qu’on aime et qu’on ai-
merait bien se faire tatouer sur la peau,
celui que sincèrement on trouve très beau !

Ce poème ? Mais c’est celui que ma peau aime,
comme une enseigne utilisant ce stratagème
pour nous guider non loin, vers l’atelier voisin
où sont conçus, fabriqués, stockés ses cousins,

tout près du cœur, prêts à rencontrer le lecteur
pour qu’il rie, qu’il pleure, soit soulagé sur l’heure !

***

Carlos Laforêt – Tout près du cœur
Source : BEAUTY WILL SAVE THE WORLD
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Invité le Lun 16 Oct 2017 - 23:35

Bisous

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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Fleur de Lotus le Mar 24 Oct 2017 - 12:29

[J’avais mis ce commentaire sur ton “fil sentimental”, hier, or je pense qu’il n’avait pas sa place sur un fil aussi personnel, d'autant que c'est celui-ci qui m'avait inspiré ces mots. Donc je viens de l’ôter là-bas pour le transférer ici, avec mes excuses]



À quoi bon, se dit-on l'âge aidant, alourdir le monde de nos peurs et nos regrets, il y a tant à vivre encore, il suffit de le désirer.

Ne dit-on pas d'ailleurs que la fortune sourit aux audacieux ? Et puis ne pense-t-on pas (on le sait mais c'est parfois difficile à admettre) que nous sommes les scénaristes, les metteurs en scène, les acteurs et les spectateurs de nos vies ? Responsables mais pas coupables... quoique.

Socialement on croit devoir rester à l'écart des plaintes et toujours montrer son côté positif, c'est une forme de politesse, quitte à se perdre, ou s'oublier, c'est un peu le danger, le côté sombre de la Force.

Pourtant on le sait, pour l'avoir vécu et le vivre encore, en mots, en images ou en gestes, nous sommes avant tout des êtres de Désir (avec un grand D) et ce Désir qui nous anime doit s'incarner encore et encore, jusqu'à notre dernier souffle.

Or, lorsque c'est joliment raconté, en mots, en images ou en gestes, c'est comme un cadeau offert sans raison, juste parce qu'on est sur le même chemin, au même moment, et cela fait chaud au cœur, de savoir qu'on est pas si seul que ça, finalement. C'est l'événement qui réveille, c'est l'amour.

Petite luciole atypique, comme tous ici, j'essaye de ne pas (trop) montrer ce que je connais du vide qui fait si mal et si peur, mais  je "pioche" régulièrement ici et là sur ZC pour me nourrir et me remettre en route.  

Ce fil que je découvre aujourd'hui au détour du chemin en fera désormais partie.  Merci donc de ces posts qui sont autant de petits cailloux pour sortir de cette forêt sombre que nous parcourons tous.

À te/vous lire. Bonne continuation Smile
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Mar 24 Oct 2017 - 12:40

Effectivement, la place de ce post me parait plus judicieuse ici. Mais enfin, ce fils sont libres, tant qu'il y a de la prudence dans les mots et du respect dans les idées...

Smile
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Invité le Lun 30 Oct 2017 - 19:08

il est temps que je ferme une porte.

A bientôt Ours
Porte toi bien


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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Lun 30 Oct 2017 - 20:34

Fermer une porte.
Peut-être, une décision, une résignation, un "cessez le feu".

Fermer une porte.
Classer un dossier, mettre à l'oubli ?

Fermer une porte.
Se libérer pour d'autres... portes ?

Fermer une porte.
S'imposer de vieillir ?

Fermer une porte.
Je ne sais pas où est la clef ?

Fermer une porte.
Au fond je ne sais pas ce que cela veut dire ?

Fermer une porte.
Entrer dans la binarité ?

Fermer une porte
Et éteindre la lumière en sortant ?

Fermer une porte.
Blesser la main dans la charnière ?

Fermer une porte.
A quoi bon ?

Fermer une porte.
Changer de trottoir ?



(Désolé pour le son, une vidéo de Daran, cela se mérite...)

Fermer une porte.
Ouvrir la porte.
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Fleur de Lotus le Lun 30 Oct 2017 - 22:40

Sur la toile, blottie,
Une âme s’est épanouie
Puis elle s’est affranchie
Sans être anéantie

Reprenant le chemin
dont rêve tout un chacun
Mieux qu’en face et divin,
Le pays des câlins...
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Mar 31 Oct 2017 - 9:37


Nous avons tous nos prisons
Et:


chacun la clef pour en sortir.

L'enfer de la solitude est de ne pouvoir presque rien pour l'autre.
Est-ce cela la liberté ?
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Dim 5 Nov 2017 - 10:07


La rencontre....
La rencontre est accidentelle, quand bien même nous errons en un lieu dont c'est l'objectif.
La rencontre est accidentogène car la seule chose dont on est certain, c'est qu'elle se terminera par un départ.
Si la fin est certaine et le début aléatoire, alors la rencontre est une unité minimale de vie.

Entre ces 2 points, il se passera des évènements ou pas. Quoiqu'il s'y passe, l'état de "rencontré" s'inscrit dans une temporalité. Ce temps existe, bien trop court ou épuisant de longueur, il est sans rapport avec l'intensité. Fulgurance des Passantes de Brassens ou étirement des Vieux de Brel, la rencontre contient une dimension non mesurable, non physique.

Si elle se décrit dans l'unicité d'une droite entre 2 points, ce fil tendu nous ouvre à une 3ème dimension, un épanouissement. La rencontre devient alors une unité minimale d'être. Ne sommes nous finalement que des accidents ?


"Toujours au bord.
Mais au bord de quoi ?

Nous savons seulement que quelque chose tombe
de l’autre côté de ce bord
et qu’une fois parvenu à sa limite
il n’est plus possible de reculer.

Vertige devant un pressentiment
et devant un soupçon :
lorsqu’on arrive à ce bord
cela aussi qui fut auparavant
devient abîme.

Hypnotisés sur une arête
qui a perdu les surfaces
qui l’avaient formée
et resta en suspens dans l’air.

Acrobates sur un bord nu,
équilibristes sur le vide,
dans un cirque sans autre chapiteau que le ciel
et dont les spectateurs sont partis."

Roberto Juarroz (1925-1995) – Treizième poésie verticale (José Corti, 1993) - Traduit de l'espagnol (Argentine) par Roger Munier.
Source : Beauty will save the world
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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Dim 5 Nov 2017 - 10:09

"Car l'irréparable c'est aimer d'amour. C'est rire c'est se dire bonjour. L'irréparable c'est aimer d'amour. C'est donner une partie de sa vie" - Véronique Sanson


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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Fleur de Lotus le Jeu 9 Nov 2017 - 12:57

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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Fleur de Lotus le Ven 10 Nov 2017 - 17:57

Croire au hasard, comme un destin qui cherche à s'accomplir.  

Considérer l'infini des possibles comme autant d'expériences à tenter, de rêves à écrire, de vies à accomplir.

Admettre que "tout peut arriver" pour peu que l'on soit accueillant.

Tout événement devient de ce fait susceptible de contenir, en creux ou en plein, l'improbable rencontre.

La difficulté réside alors à ne pas foncer tête baissée dans n'importe quelle trace sur le chemin, empreinte attirante qui se révèlera finalement être une ornière.

L'avantage de l'expérience acquise au fil des ans permet de se rassurer sur l'aventure à venir, à priori on se sent capable d'éviter les mirages, les chausses-trappes et les écueils.



Et peut-être alors "cueillir le bonheur quand il passe".

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Re: «Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses» - Paul Eluard

Message par Ours de la MAZ le Mer 15 Nov 2017 - 14:30

Impasse du Parle-Tout-Seul
J’ai parlé avec une autre
« personne »
Elle est bien bonne !

Oui mais l’autre, c’était moi,
Parce que cela est arrivé
Impasse du Parle-Tout-Seul...

Mais alors que faut-il faire
De cette parole sans parole
De ce dire sans dire ?
Rien ; car la vie est une meule
Qui moud l'absence de blé
Et que je n'ai parlé qu'à moi-même
Impasse du Parle-Tout-Seul.

Fernando Pessoa (1888-1935) - Lisbonne revisitée (Chandeigne, 2017) - Traduit du portugais par Michel Chandeigne.
Source : BEAUTY WILL SAVE THE WORLD
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