Présentation d'Asperzebre

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Argos34 le Jeu 12 Mai 2016 - 10:45

Asperzebre, il me semble que Potiron est de très bon conseil.

Ce qui me saute aux yeux à la lecture de tout ce que tu relates,
c’est qu’une médiation dans les interactions serait profondément salutaire.

Car décider d’être soi-même et de ne plus se conformer aux normes, c’est bien,
mais si c’est pour être totalement incompris
et donc dans l’incapacité d’exprimer sa personnalité et son potentiel,
à long terme c’est voué à l’échec.

Le but serait précisément de t’éviter et/ou de te sortir
de ces interactions si problématiques et douloureuses.
Or, comme il est difficile d’être juge et partie,
c’est là que la parole d’un tiers s’avère précieuse.

Ce rôle pourrait être joué par ta compagne
— mais pas sûr qu’elle soit la personne adéquate
(et puis il y a l’affectif qui peut parasiter) —
ou par un ami proche qui ait vraiment compris la problématique
et avec qui il y ait à la fois profond respect et confiance totale.
Dans la sphère professionnelle, cela me semble également nécessaire,
pour éviter tout ce qui est frontal et destructeur.

Courbette

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Jeu 12 Mai 2016 - 12:14

potiron a écrit:
Pourquoi avoir choisi de rester avec eux si tu avais besoin de t'isoler ? Que penses-tu qu'il se serait passé si tu avais dit un truc du genre : "J'apprécie votre compagnie mais les interactions sociales ont tendance à m'épuiser, et là veuillez m'excuser mais j'ai besoin de me reposer au calme un moment. Peut-être à tout à l'heure!" et puis que tu serais parti t'isoler pour récupérer des forces ?
Question très pertinente.
Il y a les encouragements de ma compagne: "je sais que tu as envie d'être seul mais il y a des invités, ça ne se fait pas de s'isoler et je serais là si tu as besoin d'aide".
Il y a aussi le fait que je déteste la prise de risque, j'ai peur de me lancer, et aborder les gens frontalement pour leur dire ce qui ne va pas est un peu du "ça passe ou ça casse", mon intuition me disant qu'avec ces gens ça aurait plus de chance de casser que de passer (je peux me tromper bien sûr).
Manque de courage probablement.
Le fait aussi que ces gens soient des amis proches de mon beau-père, ce qui me met une pression supplémentaire.
Contrairement à des inconnus, avec qui mon image n'a pas beaucoup d'importance, je tiens à l'image que mon beau-père se fait de moi, car si il me rejette j'ai peur des implications que ça pourrait avoir sur ma vie de couple.
Et il y a probablement d'autres facteurs encore, que je ne parviens pas forcément à pointer du doigt, je suis bien conscient de ne pas être capable de m'auto-analyser à 100%

C'est horrible cette sensation que j'ai que la majeure partie de mes problèmes actuels dans la sphère privée sont liés au comportement de mon beau-père, alors que je sais que c'est une bonne personne.
Mais il vit presque uniquement pour son travail, il est à fond dans le moule du système: travail,argent,consommation.
Il achète un tas de trucs inutiles et chers (il a 3 télés par exemple, dont deux ayant coûté pas loin de 1000 euros chacune, et si énormes que même en étant à l'autre extrémité de la pièce, on se sent encore trop près de l'écran quand elles sont allumées)
Il est très impulsif, se fait un avis sur tout très vite, sans jamais approfondir quoi que ce soit.
Il déteste tout ce qui force à réfléchir, par exemple quand il regarde le journal télévisé, il ne va pas faire attention à l'information, il va se concentrer sur le visuel, critiquer la coiffure ou les vêtements du présentateur.
Dès que quelque chose cloche pour lui dans la forme, il se jette dessus, et ne va jamais regarder plus loin, il est très superficiel en fait.
J'ai essayé de lui montrer mes différences, mais c'est impossible de discuter avec lui, sur n'importe quel sujet il va fuir l'argumentation.
J'ai essayé par l'intermédiaire du livre sur Asperger, lui conseillant de le lire quand il aurait le temps pour comprendre mes différences, il ne l'a même pas ouvert.
En fait, c'est horrible, mais je crois qu'il me gonfle.
Et il gonfle aussi sa fille, qui est en ce moment dans une période d'introspection, elle voit un psy en ce moment et lui parle beaucoup de ses relations avec son père: elle a l'impression d'une inversion des rôles, que c'est elle qui tient la maison et que son père a un comportement de gamin.

Je pense mettre ici le doigt sur une grosse partie de mon problème.
Il y a des gens avec qui on peut être soi-même, et qui nous acceptent tel quel (le genre de personnes avec lesquelles on va pouvoir tisser des amitiés).
Il y en a d'autres avec lesquels on ne peut pas être soi même, mais sans avoir forcément besoin qu'ils nous acceptent (le genres de personnes avec qui on aura tendance à ne pas entretenir de relations)
Et il a a des gens avec lesquels on ne peut pas être soi même, mais dont on est malheureusement obligés de se faire accepter (belle famille, entourage professionnel...)
Je me sens dans l'impasse complète vis à vis de cette troisième catégorie de personnes.

potiron a écrit:
Asperzebre a écrit:Je ne choisis pas de croire que la société ne m'acceptera jamais dans ma situation actuelle, je sais qu'elle ne le fera pas, c'est tout à fait différent.
Je continue de penser que c'est un choix car je ne vois pas en quoi ces expériences vécues contredisent mon cheminement logique. Mais libre à toi de penser le contraire, et autant passer sur ce point plutôt que de tourner en rond.
Je pense effectivement le contraire, mais comme je l'ai indiqué dans ma présentation, je suis ouvert aux raisonnements logiques ayant des conclusions différentes des miennes.
Le tien aura au moins eu le mérite de me refaire réfléchir à ce sujet.

Merci pour ce message en tout cas, ça m'aide beaucoup pour la compréhension de moi-même d'avoir des avis extérieurs.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par izo le Jeu 12 Mai 2016 - 13:08

[quote="Asperzebre"][quote="potiron"]
Je pense mettre ici le doigt sur une grosse partie de mon problème.
Il y a des gens avec qui on peut être soi-même, et qui nous acceptent tel quel (le genre de personnes avec lesquelles on va pouvoir tisser des amitiés).
Il y en a d'autres avec lesquels on ne peut pas être soi même, mais sans avoir forcément besoin qu'ils nous acceptent (le genres de personnes avec qui on aura tendance à ne pas entretenir de relations)
Et il a a des gens avec lesquels on ne peut pas être soi même, mais dont on est malheureusement obligés de se faire accepter (belle famille, entourage professionnel...)
Je me sens dans l'impasse complète vis à vis de cette troisième catégorie de personnes.
[quote="Asperzebre"]

Cette triangulaire est le lot de chacun d'entre nous à des mesures plus ou moins prononcées bien évidemment selon les modes de fonctionnement. Toutefois il est vrai que ton propos fait la part belle à cette personne dite beau-père qui compte beaucoup du fait peut-être de sa proximité familiale vis-à-vis de ta compagne et de la fréquence des entrevues qu'elle suscite donc. En l'occurrence, tu ne peux en faire l'impasse : elle est un passage obligé d'où en effet la difficulté de trancher dans les alternatives que tu énonces. Cependant je modère le troisième choix qui édicte le principe selon lequel "on est malheureusement obligés de se faire accepter (belle famille, entourage professionnel...)". Premièrement c'est occulter la possibilité pour ces personnes d'émettre un avis et donc de penser en toute liberté. Il est en effet des cas où on ne peut contraindre les gens à penser selon une orientation donnée pour de multiples raisons (refus, étroitesse d'esprit, indifférence, etc...). Deuxièmement se faire accepter n'est pas un corollaire au respect. Aussi je peux ne pas comprendre, à la rigueur ne pas accepter mais respecter quand même en l'occurrence la personne a qui s'énonce devant moi avec ses différences, particularités qualités et défauts . Le lien entre l'acceptation et le respect n'est pas établi à ce niveau. Et c'est tant mieux devrais-je dire car c'est reconnaître la divergence comme une base possible de liaison. N'étant pas acceptée je diverge de la personne et suis paradoxalement vue comme une entité à part entière qui me caractérise pleinement. Cela peut me nuire si cette divergence sert de tension continue et prégnante entre la personne et moi. Elle me gène pas si cette même personne continue de me recevoir quand même... Par ailleurs étant moins tendu vers cet objectif d'acceptation le contact sera de fait plus détendu car dépendant seulement du contexte et donc déconnecté d'un scenario attendu...

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Numero6 le Jeu 12 Mai 2016 - 13:24

Salut,

Parviens-tu parfois à percevoir que les autres ne sont pas libres d'être ce qu'ils sont ?

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par potiron le Jeu 12 Mai 2016 - 13:57

Asperzebre a écrit:Manque de courage probablement.
En tout cas je te souhaite de trouver assez de ressources pour arriver à t'exprimer la prochaine fois que tu ressens un tel besoin (et je sais que c'est dans ces moments là qu'on en a le moins malheureusement, donc courage!). Les autres facteurs par contre me semblent favoriser une stratégie de retraite plutôt qu'un gros risque de clash puisqu'au final ce clash a été complètement contre-productif pour chacun de ces facteurs (mais bon c'est clair que c'est moins facile d'estimer ce risque à l'avance).

Asperzebre a écrit:J'ai essayé par l'intermédiaire du livre sur Asperger, lui conseillant de le lire quand il aurait le temps pour comprendre mes différences, il ne l'a même pas ouvert.
Je dois avouer qu'à sa place je pense que je ne l'aurais pas lu non plus... Neutral J'ai déjà tellement de peine à grapiller du temps pour moi-même dans ma semaine, alors passer des heures à lire et digérer tout un livre pour essayer de comprendre quelqu'un de mon entourage ce serait trop me demander (c'est entre autre pour cela que j'ai pensé à la technique du petit résumé rapide). Par contre là où j'agirais différemment c'est que j'expliquerais sans doute mon refus et proposerais des alternatives histoire de débloquer la situation.

Asperzebre a écrit:Merci pour ce message en tout cas, ça m'aide beaucoup pour la compréhension de moi-même d'avoir des avis extérieurs.
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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par cyranolecho le Jeu 12 Mai 2016 - 18:52

Pardonne moi si je ne t'ai lu que partiellement Asperzèbre.

Bienvenue Approuve Tchao

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Jeu 12 Mai 2016 - 21:19

cyranolecho, merci pour l’accueil, et aucun souci si tu n'as pas tout lu.

Argos34 a écrit:
Ce qui me saute aux yeux à la lecture de tout ce que tu relates,
c’est qu’une médiation dans les interactions serait profondément salutaire.
[...]
Ce rôle pourrait être joué par ta compagne
— mais pas sûr qu’elle soit la personne adéquate
(et puis il y a l’affectif qui peut parasiter) —
ou par un ami proche qui ait vraiment compris la problématique
et avec qui il y ait à la fois profond respect et confiance totale.
Ma compagne joue parfois ce rôle, comme elle peut.
C'est loin d'être parfait, mais je n'ai aucune exigence de perfection à avoir, c'est déjà très gentil à elle de faire ce qu'elle fait pour moi.
Quand aux amis, je n'en ai pas vraiment, j'ai quelques personnes avec qui je m'entend bien, nous nous faisons confiance mutuellement, mais personne dans mon entourage à part ma compagne n'a vraiment compris ma problématique.

Numero6 a écrit:Salut,
Parviens-tu parfois à percevoir que les autres ne sont pas libres d'être ce qu'ils sont ?

Bien sûr, j'en suis tout à fait conscient.

Je ne demande pas forcément à être compris par tout le monde, d'ailleurs je suis convaincu que moi-même je suis totalement incapable de comprendre tout le monde. Comment pourrais-je exiger des autres de faire ce que je ne fais pas moi-même?
Je demande juste à être accepté.
J'accepte les gens différents de moi (heureusement d'ailleurs, sinon je rejetterais tout le monde), mais j'attend une réciprocité.
Si certaines personnes n'ont pas l'ouverture d'esprit nécessaire pour cette réciprocité, même si ils ne sont pas responsables de ce manque d'ouverture d'esprit, nos relations sociales seront très compliquées et généreront de la souffrance.
Je ressens une profonde injustice à devoir souffrir en me forçant à entrer dans un moule qui n'est pas le mien, juste pour que ma façon d'être soit considérée comme acceptable par les gens à ouverture d'esprit limitée.
Alors que de leur côté ceux-ci ne feront aucun effort pour aller vers moi, et auront beaucoup d'attentes contraignantes à mon égard (là encore, pas forcément de leur faute, ils peuvent être incapables d'avoir un autre comportement).

Pour revenir sur mon beau père (je peux me tromper, mais je pense que c'est vis à vis de ce que je disais à son sujet que tu as fait ta remarque), sa façon d'être me gonfle.
Il ne me gonfle pas à cause de ses goûts différents, ni de ses convictions différentes, ni de son attitude que je trouve souvent irrationnelle, mais à cause de son étroitesse d'esprit.
Il a beau me gonfler, je ne le rejette pas, j'accepte sa différence.
Je l'accepte tel qu'il est, à l'exception de son rejet envers moi, que je suis incapable d'accepter.
Lui ne voit même pas ma différence, il rejette inconsciemment ma manière d'être, et j'en souffre en silence.

Tu l'as dit toi même: les gens ne sont pas libres d'être ce qu'ils sont. C'est valable aussi pour moi.
Je tolère tout, sauf l’intolérance.
Même si je suis capable d'intellectualiser le fait que certaines personnes sont incapables de m'accepter, je ne suis moi même dans la capacité d'accepter cet état de fait qu'à la condition que je ne côtoie pas ces personnes.
Pour bien faire il faudrait que je parviennes à sélectionner moi-même l'intégralité de mon entourage, ce qui me semble très difficile à moins de m'isoler totalement.
Peut-être ne suis-je tout simplement pas fait pour avoir de relations sociales?

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Numero6 le Jeu 12 Mai 2016 - 23:37

Je t'ai posé la question parce que je trouve particulièrement difficile de vivre avec cette réalité, les gens ne sont pas libres d'être ce qu'ils sont.
Même si la plupart des gens sont convaincus d'être ce qu'ils sont par choix, ils ne disposent que d'une très faible marge de manœuvre.
Il suffit de constater à quel point admettre une idée nouvelle leur demande des efforts considérables.
Ils croient avoir des opinions, ils ont des limites.

Tu sembles avoir la possibilité de gérer la différence de ton beau-père de différentes manières, le refus, l'adaptation... tu sembles avoir le choix, et bien évidement tu souhaites choisir la solution qui te parait la plus harmonieuse pour ton équilibre.

Mais beaucoup de gens ne disposent pas de cette alternative, ils ne sont pas libres de choisir. Et dans le cas de ton beau-père, avec toutes les qualités humaines qu'il semble posséder, je peux supposer qu'il ne te rejette pas. Je peux envisager qu'il n'a pas la liberté de décider de son comportement avec toi, c'est au-delà de ses ressources. Il n'a pas été entrainé à ça.
Ce qui peut paraitre le résultat d'une volonté ne l'est pas.

Ta capacité d'empathie n'est pas à la portée de tout le monde, il est possible que ton parcours t'ait contraint à la développer à son maximum.
Cette capacité t'offre la liberté de choisir tout le long du spectre qui s'étend de toi aux autres. Ce qui est une démarche inhabituelle. Très inhabituelle.

Pour la plupart des gens ce spectre se réduit à ce qu'ils sont, eux. Leur liberté se réduit à un cercle très restreint. Il ne s'agit pas d'une zone de confort, il s'agit de limites qu'ils n'ont aucun moyen de dépasser.

Ce que tu es capable de faire est rare, et te consomme beaucoup d'énergie. Les autres personnes sont incapables d'en tenir compte, tout simplement parce qu'ils ne savent pas que cela est possible.
Ce qui aboutit à cette hypothèse : si tu réduisais drastiquement tes efforts pour t'adapter aux autres, je pense qu'ils trouveraient cela parfaitement normal, parce que pour eux s'adapter tel que tu le fais n'a pas de sens.

Je pense que c'est également pour cette raison que le livre sur l'Asperger n'a pas été consulté. J'interpréterais les choses de la manière suivante : tu as espéré que ton entourage fasse le même effort d'adaptation que toi, or c'est cette démarche qui est en elle-même à questionner.

Rien n'est plus précieux que quelqu'un qui est lui-même, avec ses qualités et ses défauts, et ton beau-père semble avoir parfaitement saisi le truc.

Ma question initiale pouvait sembler dévalorisante pour ceux qui ne semblent pas libres, mais elle interrogeait surtout ton empathie et ta capacité d'adaptation qui semblent surdimensionnées.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Ven 13 Mai 2016 - 10:36

Ce n'est pas la première fois qu'on me dit que je suis très empathique.
C'est ironique, car mon incompréhension du langage corporel passe souvent pour une absence totale d'empathie.

Quand à ton idée de réduire mes efforts pour m’adapter aux autres c'est la piste sur laquelle je suis actuellement, le fait que tu arrives à cette conclusion me conforte dans l'idée que je ne fais pas fausse route.
Il va falloir de toute façons le faire un jour ou l'autre, que je le veuilles ou non, car à mesure que je prend pleinement conscience de mes différences, que je prend conscience que le comportement des autres n'est pas un modèle que je dois suivre, mes efforts d'adaptation me deviennent de plus en plus difficiles à supporter.

Je pense que malgré tout, je devrais continuer à fournir des efforts constants tout au long de ma vie, rien que pour que ma présence soit tolérable aux gens.
Mon but étant de trouver le juste milieu: suffisamment d'efforts pour être supporté par les autres, mais pas trop non plus, pour me supporter moi-même.
ça peut sembler en contradiction avec mes messages précédents, où j'affirme ne plus jamais vouloir rentrer dans le moule, mais tout est une question de degré.

Je vais revenir à mon beau-père encore une fois (ce n'est pas une fixation sur lui, c'est juste que c'est une des personnes avec lesquelles j'ai le plus d'interactions sociales et qu'il est à mon avis un bon exemple pour illustrer mes difficultés)
Imaginons un instant que je cesse tout effort d'adaptation, et que je sois 100% moi même avec lui et son entourage.

Je laisserais ma colère exploser lors des repas de famille, scandalisé par des propos politiques que je trouve abjects.
Actuellement je me contiens dans cette situation, qui arrive fréquemment car la politique est une sorte de ciment familial chez eux.
Ils sont tous de droite, voire d’extrême droite, à l'exception de ma copine qui est de gauche, beaucoup plus modérée que moi, et qui a déjà beaucoup de mal à faire accepter ce fait (à l'exception de mon beau père tolérant à ce sujet, ma belle famille ne tolère qu'avec difficulté les opinions de ma compagne, et ne le fait probablement que pour la seule raison qu'elle fait partie de la famille)

Si j'étais moi à 100%, je dirais ouvertement à mon beau-père ce que je pense de son comportement, de sa relation au travail, au sens de la vie, que je juge tous totalement irrationnels. Je ne le ferais pas dans l'intention de le blesser, mais parce que je suis convaincu qu'il passe à coté de sa vie, je souhaiterais l'aider.
Je lui dirais que je n'aime pas son humour (il est du genre taquin, je suis du genre à prendre les choses au 1er degré, et il a fallu des efforts de
médiation de sa fille pour que j'accepte ses vannes à mon encontre).
Je lui dirais que je n'apprécie pas certains de ses amis.

Je dirais ouvertement que certaines personnes qu'il côtoie, bien que je puisse les apprécier, me dérangent à cause de leur façon d'être (trop bruyants).
Je serais susceptible de quitter la table à n'importe quel moment lors d'un repas, en déniant toute norme sociale à ce sujet, pour la simple raison que je suis fatigué par des relations sociales qui s'éternisent. Je le ferais sans dire un mot, car là encore, devoir expliquer aux autres mon comportement relève de l'adaptation.

Je pourrais aussi, alors que je suis hébergé chez lui, refuser de participer à une soirée car je n'apprécie pas les invités, ou que je préférerais tout simplement être dans le calme.
Ainsi, il pourrait tout à fait être dans le salon avec ma compagne et des amis en train de faire un repas et de discuter, pendant que je serais enfermé dans la chambre à jouer aux jeux vidéo.

Je pourrais passer des journées entières chez lui, sans lui parler ni même lui dire bonjour, car je n'en ressens pas le besoin.

Pour être tout à fait honnête, je lui dirais même que je n'apprécie pas sa présence.
J'apprécie mon beau-père pour ses qualités humaines, j'apprécie sa démarche de faire de gros efforts pour offrir une belle vie à sa fille, même si je sais que celle-ci est totalement contre-productive, c'est l'intention qui compte.
Il a un esprit de sacrifice, il travaille jusqu'à épuisement pour permettre à sa fille de vivre dans le confort, et lui offre de somptueux cadeaux à son anniversaire et à noël.
Sa fille n'attend pas ça de lui, préférerait passer plus de temps avec lui, qu'il soit plus ouvert d'esprit, qu'elle puisse discuter avec lui sans qu'il se renfrogne.
Elle en a marre qu'il soit toujours absent de la maison, ce qui signifie qu'elle doit tout faire (ménage, repas, vaisselle, linge...)
Je l'aide quand je vais chez elle, mais je n'y passe pas ma vie non plus.
Elle a même l'impression qu'il cherche à l'acheter par l'argent avec ses cadeaux hors de prix, et consulte un psychologue pour ses relations avec son père (pas que pour ça, mais une partie de son mal-être provient de là).

En tant que personne humaine je l'apprécie et je l'accepte.
J'ai récemment participé à la pose d'un parquet flottant chez lui, je l'ai fait avec un plaisir sincère, j'étais content de pouvoir lui rendre service.
Mais je n'apprécie pas sa présence physique, je n'apprécie pas mes relations sociales avec lui, ni avec son entourage.
Je suis parfois même content qu'il ait des journées de travail énormes car il rentre tard le soir quand je suis déjà couché, et je ne le vois pas de la journée.
C'est très égoïste, j'en ai conscience, et j'en culpabilise parfois, mais ça fait partie de moi, c'est un point que je devrais assumer si je voulais me montrer moi-même à 100%

D'ailleurs, si j'étais 100% moi-même, je n'aurais jamais rédigé ma présentation, car là encore c'est de l'adaptation, une tentative de faire comprendre au monde ce que je suis, afin de pouvoir être accepté.

De ce que tu connais de mon beau-père (je suis conscient que c'est très difficile de juger uniquement par le peu d'informations dont tu disposes à ce sujet), penses-tu qu'il sont capable de tolérer ma présence chez lui si je me montrais tel que je suis vraiment?
Penses-tu qu'il soit seulement capable de tolérer ma relation avec sa fille?

Ce que je dis à son sujet, je l'extrapole à l'ensemble de la société: penses-tu que si je suis moi-même, la société ne verra pas en moi un monstre?


Dernière édition par Asperzebre le Ven 13 Mai 2016 - 10:51, édité 2 fois (Raison : fautes)

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par [z] le Ven 13 Mai 2016 - 11:48

Bonjour Asperzebre, bienvenue et merci de nous familiariser avec la grande complexité du syndrome d’Asperger.
Personnellement, je t’inviterais à renoncer à une quelconque insertion : tu peux apporter beaucoup à la société, mais celle-ci peut seulement phagocyter tes talents. Tu ne le fais pas exprès, mais quand tu dis « je suis extrêmement intelligent », les gens entendent presque toujours « vous n’êtes qu’une bande de petits cons », alors le groupe t’éjecte (sans avoir oublié, au passage, de tirer profiter de tes services).
Je pense qu’il est impossible pour toi d’obtenir une reconnaissance sociale, mais tu as la reconnaissance affective de ta mère et de ta copine et tu pourrais peut-être obtenir la reconnaissance financière de tes compétences.
Je n’ai pas lu tes écrits dans leur totalité, alors pardonne-moi si tu as déjà répondu à cette question, mais as-tu déjà envisagé de travailler en free-lance ou en portage salarial ? Autre éventualité à creuser : il me semble que tu peux déclarer aux impôts des petits bénéfices commerciaux (micro-BIC) sans avoir créé d’entreprise. 500 euros nets par mois, je trouve que c’est un objectif tout-à-fait raisonnable. Les entreprises ne sont-elles pas toujours à l’affût de nouveaux modèles statistiques ? Tu es un génie qui aime rendre service, alors si tu n’arrives pas à tes fins, vise plus haut !


Dernière édition par [z] le Ven 13 Mai 2016 - 11:48, édité 1 fois (Raison : coquille)

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Numero6 le Ven 13 Mai 2016 - 13:44

Il y a quand même une sacrée marge entre se suradapter et se comporter comme un gros connard.
Tu peux avoir une vision négative du mode de vie de ton beau-père, lui en faire le reproche ne serait pas adapté. C'est sa vie, c'est son choix. D'autant que ta vision est restreinte, encore immature, et que tu prendrais le risque de porter un jugement négatif sur ce qui est peut-être une bonne chose.

Par contre lui dire que ça te résonne dans la tête dans il parle trop fort, c'est parfaitement possible.

Les gens sont plus capables de s'adapter à toi que tu ne l'imagines. Et je suis prêt à parier que ton entourage le fait déjà sans que tu en aies conscience, qu'ils ont avec toi des attentions particulière qu'ils n'ont pas avec d'autres.

En plus pour l'instant tu es dans un état de dépendance financière qui limite ta position dans le groupe.

Fais de la maille, supporte une hiérarchie, et ça viendra beaucoup plus facilement. Quand tu te seras cassé le cul toute la journée, tu verras que tu imposeras beaucoup plus facilement ce que tu es. Et sans aucune réflexion, ça se fait tout seul.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Ven 13 Mai 2016 - 17:09

Numéro 6 je trouve que ce que tu dis est très sensé, en te lisant j'ai été un peu interloquée puis je me suis dis que tu étais très lucide. Par contre pour le fait qu'un asperger puisse s'imposer facilement sans aucune réflexion ne me semble pas très lucide concernant le syndrome d'asperge. On peut s'imposer, oui, apprendre à le faire oui, c'est vrai mais ce ne sera jamais sans aucune réflexion et je dirais que c'est une bonne chose de rester toujours conscients même si c'est totalement épuisant.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Ven 13 Mai 2016 - 17:45

Numero6 a écrit:Il y a quand même une sacrée marge entre se suradapter et se comporter comme un gros connard.

Ce que j'ai écrit dans mon dernier message je n'ai nullement l'intention de le faire.
Mais il représente le comportement que j'aurais si j'abandonnais tout effort d'adaptation et me montrais 100% moi-même.
Si j'ai écrit tout ça, c'est pour donner un aperçu du fossé entre ce que je suis vraiment, et ce que je montre aux gens.
Pour essayer de montrer que, même lorsque je donne l'impression de ne pas faire d'efforts, je suis en adaptation permanente.
Et aussi pour pouvoir avoir un jugement théorique sur ce comportement, sans devoir le mettre en pratique.

Le fait que tu parles de "gros connard" dès que je révèle quel pourrait être mon comportement si je cessais totalement ce processus d'adaptation est très révélateur de l'image que je renverrais en société.
La conclusion est limpide: il ne faut en aucun cas que je sois moi-même (pas à 100% en tout cas).

J'étais déjà parvenu à cette conclusion, mais avoir une confirmation ne fait pas de mal Smile

De plus, j'apprécie ta démarche consistant à me dire lesquels de mes écarts de conduite sont tolérables, et lesquels ne le sont pas.


Dernière édition par Asperzebre le Ven 13 Mai 2016 - 18:10, édité 2 fois (Raison : clarifications)

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Numero6 le Ven 13 Mai 2016 - 18:26

Je me suis mal exprimé, mais j'ai une prédilection pour les formules un peu trash.
Je voulais dire que tu pouvais être toi-même à 100 % tout en respectant les codes sociaux et la susceptibilité des personnes. Ne pas tout dire de ce que l'on voit, de ce que l'on pense, n'implique pas de ne pas être soi-même.

@Elegante, difficile de te répondre sans évoquer le fait, qu'à mon sens, les difficultés de socialisation d'Asperzèbre ne relève pas du spectre autistique. Je trouve que c'est incompatible avec une telle capacité d'empathie.

Je trouve les réflexions de Schovaneck et de Temple Gradin séduisantes, j'aime les lire. Je me suis mangé un 160 à l'Aspie-Quizz. Et pourtant je ne suis pas du tout Asperger.

Comme le WAIS ne sert qu'à rechercher les déficits cognitifs des surdoués (enfin, disons les dysharmonies puisque ils ont en général des résultats supérieurs à 100 dans tous les domaines) après un diagnostic de douance qui devrait rester essentiellement clinique (cinq minutes suffisent), l'Asperger est aussi un diagnostic clinique (plus difficile, certes) et les tests servent à préciser le spectre autistique pour une éventuelle prise en charge.

Et pour en revenir à ma première phrase, on peut parfaitement rester totalement soi-même sans tout dire.
Et au départ, il ne me paraissait pas judicieux de mettre en doute l'auto-diagnostique d'Asperger.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Ven 13 Mai 2016 - 18:54

Désolée, si j'ai pu faire croire que je mettais en doute quoi que ce soit. Je suis asperger diagnostiquée personnellement. D'ou vient selon toi que la plupart des asperger aient des difficultés de socialisation malgré leur forte empathie?

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Ven 13 Mai 2016 - 19:28

Il n'y a aucun souci, je ne l'ai pas mal pris (enfin pas trop, un peu au début, puis j'ai relativisé)

Concernant mon diagnostic d'Asperger, je n'en suis moi-même pas sûr à 100%, il reste une petite part de doute.
je suis conscient que beaucoup des problématiques des Aspergers sont communes avec les HQI, ce qui peut amener à des erreurs de diagnostic.

En me découvrant HQi ça a d'ailleurs été la première question que je me suis posé: mon diagnostic Asperger est il biaisé?
Je me suis grandement remis en question, je suis resté sur mon diagnostic à cause de plusieurs traits que j'ai qui sont exclusivement Asperger et n'ont rien à voir avec la douance.

Mon absence de langage corporel est un exemple flagrant.
Je pense aussi avoir eu un développement moteur tardif (je ne m'en souviens pas j'étais trop petit, mais il me semble que ma mère m'a dit que j'ai commencé à me mettre debout vers 18 mois, il faudrait que je lui demande confirmation)
J'ai encore de légers problèmes moteurs (enfin, je ne sais pas trop si ils rentrent dans cette catégorie ou pas): je contrôle mon corps d'une façon qui me semble normale, j'ai même une certaine agilité et me suis entraîné à faire quelques petits numéros d'équilibristes (de piètre qualité, mais suffisants pour faire une petite représentation devant les proches)
Je dois par contre procéder à ma façon, et suis incapable de faire de gestes techniques (j'ai par exemple essayé de jongler avec trois balles, après des heures d'entrainement j'ai conclu que c'était au delà de mes capacités: je ne suis même pas parvenu ne serait-ce qu'une seule fois à lancer les trois balles en l'air et toutes les rattraper)
Je suis aussi très mauvais pour imiter les mouvements des gens.
je ne tiens pas ma fourchette comme tout le monde, et si vous me montrez comment vous la tenez, même en ayant votre main avec la fourchette devant les yeux, je ne parviendrais à reproduire votre position qu'au prix d'un effort intense, qui pourrait même ne pas être suffisant. Dans ce cas la seule façon de faire serait que vous placiez vous-même mes doigts sur la fourchette.

Il y a quelques années, j'ai travaillé en milieu conchylicole, au milieu d'une dizaine d'intérimaires.
Nos employeurs nous ont montré la façon d'attacher des moules, au moyen d'un élastique et d'un simple nœud.
Personne parmi les intérimaires ne connaissait ce geste technique avant, nous étions tous nouveaux.
Ils ont tous, sans exception, assimilé le geste du premier coup, et se sont mis immédiatement au travail.
De mon côté, je n'avais pas compris du tout.
J'ai du demander de l'aide, qu'on me remontre, plus lentement.
Après qu'on m'ait remontré une dizaine de fois, je n'y arrivais toujours pas.
J'ai fait plusieurs tentatives infructueuses, puis j'ai "espionné" les autres, qui en avaient marre de m'expliquer.
Je regardais, j'essayais de reproduire, je regardais à nouveau, j'essayais à nouveau.
Après des dizaines d’échecs et près d'un quart d'heure d'efforts, j'ai fini par y arriver.

On m'a aussi souvent dit que j'ai une voix très monocorde, il ne me semble pas que ce soit une caractéristique liée au HQI.
Il y a tout juste un mois encore, lorsque j'ai été à l'association sur l'autisme, la personne m'ayant accueilli a dit déceler des traits autistiques dans ma façon de parler.

En ce qui concerne l'empathie, j'ai une autre théorie.
Elle vaut ce qu'elle vaut, elle est peut être totalement fausse, mais je vais l'exposer quand même.
Je pense que l'idée qui veut qu'un Asperger soit dénué d'empathie est un horrible préjugé.
Je pense au contraire qu'un Asperger a un trop plein d'empathie.
Je pense par contre que, comme il est trop différent des gens "normaux", en particulier au niveau des relations non-verbales, les gens n'arrivent pas à lire en lui et ont l'impression que tout le laisse de marbre, ce qui les amène à lui attribuer à tort une absence d'empathie.

Ceci serait dû au fait que (sans vouloir vous vexer) vous n'auriez pas l'ouverture d'esprit nécessaire pour percevoir notre façon d'être, et que vous analyseriez inconsciemment notre comportement en fonction de critères sociaux qui vous semblent innés, mais qui ne le sont pas.
En effet, une personne non-asperger ayant le comportement non-verbal d'un Asperger serait probablement une personne totalement dénuée d'empathie.

Je pense donc, au contraire de vous, et au contraire de la majorité des "spécialistes", que l'empathie n'est pas incompatible avec le syndrome d'Asperger, et qu'au contraire elle en constituerait l'un des symptômes.


Dernière édition par Asperzebre le Ven 13 Mai 2016 - 19:31, édité 1 fois (Raison : les fautes, encore et toujours.)

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Ven 13 Mai 2016 - 19:33

Pour l'empathie très développée, tous les asperger sont d'accord là dessus Asperzebre et d'après ce que j'ai compris, c'est également l'avis de Numéro6

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Ven 13 Mai 2016 - 20:01

Pour illustrer mon riasonnement, je me permet de te citer
Numero6 a écrit:
Ta capacité d'empathie n'est pas à la portée de tout le monde, il est possible que ton parcours t'ait contraint à la développer à son maximum.
Cette capacité t'offre la liberté de choisir tout le long du spectre qui s'étend de toi aux autres. Ce qui est une démarche inhabituelle. Très inhabituelle.

Pour la plupart des gens ce spectre se réduit à ce qu'ils sont, eux. Leur liberté se réduit à un cercle très restreint. Il ne s'agit pas d'une zone de confort, il s'agit de limites qu'ils n'ont aucun moyen de dépasser.

Ce que tu es capable de faire est rare, et te consomme beaucoup d'énergie. Les autres personnes sont incapables d'en tenir compte, tout simplement parce qu'ils ne savent pas que cela est possible.

Essaie de mettre ça en relation avec le syndrome d'Asperger plutôt qu'en relation avec ma personne.
Ne penses-tu pas qu'il soit possible que les gens normaux soient incapable de percevoir la différence d'un Asperger, et son empathie.
Qu'il leur faudrait pour cela sortir de leurs limites, qu'ils n'ont aucun moyen de dépasser?

Ne penses-tu pas être toi-même quelqu'un d'atypique, ayant des capacités d'ouverture d'esprit bien supérieures à la moyenne?
Ne penses-tu donc pas que la définition des Aspergers, qui a été faite par des gens normaux ne disposant pas de tes capacités ne soit pas compatible avec ta perception des choses?
Que le fait que tu ressentes mon empathie puisse signifier, non pas que je ne puisse pas être Asperger, car les Aspergers sont sensés être dénués d'empathie, mais au contraire que je soies Asperger, car tes critères de diagnostic sont différents de ceux des gens normaux?
D'autant plus que mon empathie est probablement beaucoup moins difficile à percevoir sur ce forum, où je peux communiquer plus efficacement qu'en face à face, car les problèmes d'interprétations des messages corporels ne viennent pas parasiter nos échanges.

Ne penses tu pas qu'il soit tout à fait possible que lors de mon diagnostic d'Asperger, je sois confronté à quelqu'un de parfaitement normal, n'ayant pas ta lucidité, qui ne verra rien de mon empathie, et justifiera mon statut d'Asperger précisément par ce point, en me diagnostiquant une absence d'empathie?

Il me semble que tu devrais changer ton regard sur le syndrome d'Asperger, l'aborder sur un jour nouveau, en prenant en compte tes propres spécificités.
je t'en sens tout-à-fait capable.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Ven 13 Mai 2016 - 20:06

Elégante, je suis ravi de te voir abonder dans mon sens, d'autant plus que tu es diagnostiquée Asperger.
Il me semble par contre que le propos de Numéro6 était opposé au nôtre, à savoir qu'il pense que les Aspergers sont dénués d'empathie.
je le pense à cause de ceci:
Numero6 a écrit:
@Elegante, difficile de te répondre sans évoquer le fait, qu'à mon sens, les difficultés de socialisation d'Asperzèbre ne relève pas du spectre autistique. Je trouve que c'est incompatible avec une telle capacité d'empathie.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Ven 13 Mai 2016 - 20:21

Je l'interprète comme cela: puisque les asperger ont une grande empathie, ils devraient avoir une grande capacité de socialisation donc s'ils en ont cela vient d'autre chose. Mais en fait, d'après moi, pour être très doué socialement il faut être capable de faire taire son empathie et pas le contraire. Les interactions sociales me semblent plus basées sur la norme et le besoin des nt de se noyer dans un groupe que sur l'empathie

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Ven 13 Mai 2016 - 20:41

Elégante a écrit:Mais en fait, d'après moi, pour être très doué socialement il faut être capable de faire taire son empathie et pas le contraire. Les interactions sociales me semblent plus basées sur la norme et le besoin des nt de se noyer dans un groupe que sur l'empathie

Je suis tout à fait d'accord, j'aurais pu écrire la même chose, au mot près Smile

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par izo le Ven 13 Mai 2016 - 20:45

Je suis même certaine que cette grande empathie ainsi éprouvée rend compte de situations et tissages complexes sur les autres qu'ils ne perçoivent même pas eux-mêmes. D'où en effet le trouble qui peut jaillir en nous.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Numero6 le Ven 13 Mai 2016 - 21:08

Wesh gro, tu déchires ! (je fréquente un rescapé blanc du 9-3 qui m'initie au verlan des cités).

Putain de bonne question.

Faut vraiment avoir un cerveau surdimensionné pour se poser ce genre de questions.

Ton hypothèse est séduisante sur le plan théorique, elle montre tes capacités hors normes à réfléchir en tenant compte des particularités des autres, et par là-même elle invalide l'hypothèse du spectre autistique.

Pour une fois je n'éprouve nullement le besoin d'avoir le dernier mot, c'est assez rare.

Je te propose une autre hypothèse. Dans un centre habitué à recevoir des personnes avec autisme, donc des personnes dont les comportements sociaux présentent des surprises pour les gens dits normaux, quelle est la probabilité pour que les personnes qui y travaillent attribuent l'origine de troubles de socialisation (dont l'origine serait distincte du spectre autistique) au registre de l'autisme ?
En d'autres termes, quelle est la probabilité pour que dans ta situation s'applique le fameux proverbe : « quand on ne dispose que d'un marteau, tous les problèmes se présentent sous forme de clous » ?

Si l'on part de l'idée que la conclusion de l'autisme puisse constituer pour toi un point de départ solide, il faut être extrêmement prudent, et s'astreindre à une rigueur dans la démarche.

Parce qu'en théorie tout est possible, tout peut être imaginé, les interactions les plus complexes peuvent être supposées.

Mais à partir du moment où la conclusion de l'Asperger est envisagée comme une base solide, il est nécessaire de s'astreindre à une certaine ascèse de l'esprit, et se soumettre douloureusement à ce qui est, en se privant du plaisir de ce qui pourrait être.

Souvent je trouve sur ce forum une certaine confusion entre sympathie et empathie. L'empathie n'est pas du tout sympathique, être capable de penser avec la tête des autres se retrouve également chez les psychopathes dangereux. Ce qui n'est pas ton cas, selon toute vraisemblance.

Restons simple. Tu as une capacité d'empathie qui est incompatible avec le syndrome d'Asperger.
Le fait que ceux qui t'entourent n'ont pas la capacité d'empathie qui leur permettraient de penser avec le cerveau d'un Asperger ne veut dire qu'une seule chose : ils sont simplement normaux. Pas que tu sois Asperger.

Il ne s'agit que de mon point de vue, un débat purement théorique. Je te l'ai dit, pour une fois je ne cherche absolument pas à avoir raison.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Ven 13 Mai 2016 - 21:41

Je me permet d'intervenir même si on ne s'adresse pas a moi. Je comprend ta phrase du clou et je suis assez d'accord.
Pour l'empathie. Je pense que le français est une langue pas précise du tout et qu'il manque des mots. (ce que j'écris ici est mon avis et n'a rien de scientifique)
- Il y a l'empathie qui permet de réfléchir avec le cerveau d'un autre. Je dirais que s'il s'agit de logique l'aspie en est capable, s'il s'agit de façon de voir de point de vue qui n'a rien a voir avec la logique, alors en effet, je ne pense pas qu'un autiste ait ce genre d'empathie.
- il y a l'empathie qui permet de ressentir de façon forte  ce que l'autre ressent et ça c'est ce que j'appelle l'empathie des autistes.
- il y a l'empathie et c'est en général cette utilisation là du mot qui est employée, qui consiste a répondre "de façon correcte" c'est à dire, comme la majorité des personnes l'attend à une situation sociale et là aussi les autistes ne sont pas capable de le faire de façon naturelle, par contre ils peuvent apprendre à le faire de façon consciente et réfléchie.

Personnellement, je suis en mode analyse permanente de tous les détails et indices me permettant de comprendre consciemment ce que tout le monde comprend naturellement. Par contre, je ressens fortement toutes les émotions présentes et j'arrive donc souvent a percevoir les inadéquations entre les dires, les actes et les ressentis. La dificulté étant parmis toutes les possibilités d'interprétation de choisir la bonne. Je suis donc en mode analyse non stop non seulement pendant les interactions sociales mais aussi après. Mais comme tu l'a exprimé plus haut numéro6, si j'étais entourée de personnes ayant un langage logique et clair et des actions et dires concordant entre eux et avec leurs émotions, je n'aurais strictement aucun problème d'interaction sociale.J'aime les gens et les échanges.

Quant à savoir si Asperzèbre est aspie ou non, il n'y a qu'un test dans un CRA qui peut le dire.


Dernière édition par Elégante le Ven 13 Mai 2016 - 22:19, édité 2 fois

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par noir le Ven 13 Mai 2016 - 22:15

Numero6 a écrit:

Restons simple. Tu as une capacité d'empathie qui est incompatible avec le syndrome d'Asperger.
Le fait que ceux qui t'entourent n'ont pas la capacité d'empathie qui leur permettraient de penser avec le cerveau d'un Asperger ne veut dire qu'une seule chose : ils sont simplement normaux. Pas que tu sois Asperger.

Il ne s'agit que de mon point de vue, un débat purement théorique. Je te l'ai dit, pour une fois je ne cherche absolument pas à avoir raison.


"Cela prouve que les Asperger n’anticipent pas spontanément la pensée d’autrui », explique Charles Aussilloux, de l’université de Montpellier. Un résultat qui confirme de précédentes données d’imagerie : les zones cérébrales mobilisées lors d’une tâche impliquant la théorie de l’esprit sont moins activées chez ces patients. « Ces autistes ne possèdent pas la même théorie de l’esprit spontanée que les sujets sains mais ils sont capables d’en acquérir une en suivant des instructions précises, dans un contexte verbal. Ils compensent donc leur déficit par leurs facultés d’apprentissage" http://www.larecherche.fr/actualite/aussi/autistes-savants-peuvent-apprendre-empathie-08-09-2009-68514

Et ces compensations et surtout apprentissages sont potentiellement plus grands pour des QI élevés.

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Re: Présentation d'Asperzebre

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