Présentation d'Asperzebre

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Ven 20 Mai 2016 - 10:49


Ensuite je m'interroge, au vu de l'importance en terme de besoin de reconnaissance et milieu professionnel, sur le côté apparemment urgent de ce besoin - pourquoi depuis "le nombre d'années" où tu es autodiagnostiqué asperger (tes propos) ou en précision rapportée (2013), pourquoi tu as attendu "toutes ces années" , enfin 2 1/2, à 3 1/2 pour lancer, seulement le mois dernier une démarche ??
Je n'en voyais pas l'intérêt avant.
Etre Asperger me permettait de mieux me comprendre, de voir pourquoi j'avais eu tant de difficultés dans ma vie, de me pardonner, de me dire à moi-même "non tu n'est pas nul, tu n'as pas de problème, c'est normal que tu n'arrives pas à gérer les interaction sociales, c'est normal que tu te sentes toujours en décalage par rapport aux autres"
Je me contrefichais pas mal d'avoir une reconnaissance officielle. Je me suis diagnostiqué, ça me suffisait.
Le problème est qu'à l'époque je n'avais aucune expérience du monde du travail, je voyais ça naïvement comme un lieu où les personnes sont sérieuses, ne jugent pas sur la façon d'être mais uniquement sur le travail accompli, et qu'à partir du moment où j'avais les compétences professionnelles ça se passerait bien.
Je pensais en fait naïvement que le monde du travail correspondait à ma notion de maturité.

J'ai réalisé confronté au monde du travail que je me trompais lourdement.
L'état d'esprit y est détestable, et totalement immature.
Il y a des incapables à des postes à haute responsabilité, et on est jugé en permanence.
Les compétences professionnelles c'est secondaire, ce qui compte c'est presque uniquement les compétences sociales.
Un incapable ayant 'la tchatche' montera très haut dans la hiérarchie, en écrasant les autres, en s’attribuant les mérites du travail fourni par autrui.
Au contraire, un bon élément mauvais en interactions sociales sera exploité et exclu.
C'est révoltant, mais c'est comme ça.

Comme si ça ne suffisait pas, j'ai réalisé avoir une très faible endurance au travail: 3 mois de temps-plein et je suis proche du burn-out.
Une journée entière d'interactions sociales m'épuise, même sans travailler.
Une journée de travail, cumulée à des interaction sociales qui me sont imposées, ça m'épuise doublement.
7h de travail en situation sociale pour moi, c'est probablement l'équivalent fatigue de 14h de travail pour quelqu'un de 'normal'.
En fait un temps plein c'est déjà du 70h/semaine pour moi, et la loi el connerie va probablement monter ça à 80-90.

Je sais en tout cas qu'en l'état actuel des choses je suis totalement inadapté au monde du travail, et que je ne peux pas m'y adapter (ni ne le veux: je vivrais ça comme de l'esclavage consenti)
J'avais totalement baissé les bras, m'étais résigné à finir ma vie au RSA.
Ma compagne refuse ce choix, c'est un motif de rupture pour elle, et de mon côté je ne me vois pas vivre sans elle.
Mes diagnostics me sont nécessaires aujourd'hui, car ils sont la base de ma stratégie de réinsertion.
J'espère que ces diagnostics me permettront de trouver un travail presque exempt d'interactions sociales.
Sans diagnostic, je n'irais probablement nulle part, je finirais probablement célibataire au RSA avec des pensées suicidaires.

Il m'est impératif que mon handicap social soit reconnu, que je puisse avoir un RQTH à ce sujet.
Si je n'étais pas diagnostiqué Asperger, ce serait dramatique pour moi, car ça signifierait une non-reconnaissance de mon handicap social, et donc presque une condamnation.
Ça va peut-être te choquer, mais je préférerais être diagnostiqué Asperger même si je ne l'étais pas, car c'est le dernier espoir qu'il me reste pour faire quelque chose de ma vie.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par noir le Ven 20 Mai 2016 - 11:56

Asperzebre a écrit:
Ça va peut-être te choquer, mais je préférerais être diagnostiqué Asperger même si je ne l'étais pas, car c'est le dernier espoir qu'il me reste pour faire quelque chose de ma vie.
Ca ne me choque pas puisque j'y vois en filigrane une part de certains de tes comportements ici-même, échanges et développements.

---

Je n'ai pas de RQTH et travaille depuis 9 ans en continu et sans rien demander à personne.

D'autres ont une RQTH, liée à leur emploi, cela en entreprise et sans doute administration.

(je connais qq profils et personnes, mais pas tous les détails des uns et des autres - alors je peux faire des approximations - et aussi je ne me penche ou suis penché spécialement sur ces sujets et dossiers)

Après, pour certains aussi, ils ont l'Allocation Adulte Handicapé - mais là il faut une reconnaissance à un certain taux de handicap.

D'autres ont des emplois spécifiques pour autistes / aspies; mais c'est très très rare.

---

Ce que je dirai c'est que une RQTH n'est pas nécessairement la panacée universelle,
elle peut pour certains (mais je ne voudrais parler pour eux car non concerné) être aidante / facilitatrice car possibilité d'aménagements de travail
Après, en contexte d'un boulot qui plait moyen et environnement moyen (convient moyen) - même une RQTH peut n'être suffisante et le tout difficile quand même.

---

Moi je travaille tout seul, dans les jardins et c'est mon domaine de compétences.
Dans les modalités, c'est archi adapté dans l'ensemble - sans m'étaler : j'ai quasiment pas de relationnel au-delà de qq minutes par jour au plus - possibilité d'agir sur mes horaires et sur mes jours; cela dans un environnement qui me va / plait bien et au calme.
Après, il y a aussi de nombreuses difficultés, liées principalement aux changements / incertitudes diverses et quelques relationnels; fatigue physique - et une petite ou moyenne pression constante qui fait que si on a pas bien / assez travaillé et bien et bien.. on ne fait le tour (d'autant quand on ne peut compter que sur soi).

Après, j'avais auparavant, il y a une bonne dizaine d'années été un moment (1 à 2 ans après mes d'études, et après boulot grande entreprise et en phase d'autre chose que j'ai du arrêté pour une histoire d'un truc de santé) au RSA avec loyer payé par la collectivité.
Ma fois, comme toi je n'ai jamais eu de grands besoins matériels - et dans un précédent post (où tu parler d'un côté accès facilité aux loisirs / plaisirs), sur le plan personnel je m'éclatais bien : faisais tout ce que je voulais et en plus j'avais du temps pour cela, et les autres (par leur travail et cotisations diverses) me le permettaient.

J'aurai sans doute pu rester un peu comme ça, en plus je n'avais de compte à rendre à personne, ni à "mentir" ou "faire de petits mensonges" quant à une éventuelle recherche ou autre.

Néanmoins, à un moment j'ai voulu faire quelque chose, qui me résonnait au plus, et avec rien j'ai démarré tout seul, là et comme ça me résonnait au plus.

Depuis que je suis diag, cela a "juste" entrainé quelques petites modifs, meilleure compréhension, meilleure écoute - aussi de certaines limites et difficultés - j'ajuste (essaie) - ça changera peut être encore - selon moi, les réalités et besoins du moment.

---

Sur le sujet, t'exposer à une telle pression relative à RQTH, est un danger
comme un diag ayant comme motivation principale cela.
Ce n'est aucune garantie de pas grand chose.

Seul toi peut avoir tes propres réponses, celles qui peuvent t'aller, au mieux.
Et si c'est le RSA, alors il faut l'assumer aussi, vis à vis des autres - ce ne serait éventuellement un problème en soi - mais les désaccords entre le soi et les autres; là peuvent être problématiques.
Sinon, dans des champs de compétence et aptitudes, il y a sans doute aussi et peut-être moyen de faire, si tu le souhaites, au moins essayer.
Tu as déjà des expériences, autant que cela te serve, à différents niveaux - voire des domaines peut-être non explorés.

Et l'apport extérieur (relativement à RQTH par exemple) sera, dans le meilleur des cas, mesuré et non essentiel et prépondérant.

S'en rendre compte peut éviter de grosses désillusions.


Dernière édition par noir le Ven 20 Mai 2016 - 12:35, édité 1 fois (Raison : précision)

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Sam 21 Mai 2016 - 9:29

Merci pour ce témoignage.
Je pense tout de même faire mes démarches, même si je ne peux pas me reposer uniquement là-dessus.
Je vais tenter une dernière fois ma chance avec la RQTH (si j'arrive à l'obtenir) dans mon domaine actuel (l'informatique).
Si ça ne se passe toujours pas bien, je ferais une reconversion (reste à trouver quoi, mais j'ai le temps d'y réfléchir).

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Lun 13 Juin 2016 - 17:56

Je me permet un petit déterrage de mon fil.

On m'a conseillé à plusieurs reprises les psychologues d'espas-iddees pour mon diagnostique d'Asperger (sur ce forum et à une association d'aide sur l'autisme)

J'ai contacté au cours du mois de mai l'une de ces psychologues, par mail, n'étant pas du tout à l'aise au téléphone (ce qui est d'ailleurs le cas de nombreux Aspergers, et une psychologue spécialiste du sujet devrait le savoir et agir en conséquence)

Cette psychologue a tout simplement ignoré mon mail, jusqu'à ce que je me décide après environ une semaine d'attente, à prendre sur moi et l'appeler malgré mes réticences à avoir des entretiens téléphoniques.
Etant tombé sur le répondeur, j'ai raccroché, m'étant préparé mentalement à avoir une discussion, mais pas à laisser un message clair sur répondeur.
Je me suis donc préparé mentalement à laisser un message sur un répondeur, puis j'ai rappelé, en espérant cette fois qu'elle ne décroche pas, car je n'aurais pas su quoi lui dire.
J'ai eu la chance de tomber sur le répondeur comme espéré, j'ai donc laissé mon message.

Moins d'une demi-heure après, elle m'a répondu...non pas à mon message sur son répondeur, mais au message envoyé par mail, alors que je n'avais absolument pas mentionné mon nom dans mon message téléphonique, mais apparemment elle aurait fait le lien  entre ce message et mon mail.
Ce qui m'amène au raisonnement suivant:
Je pense qu'elle a lu le mail, mais n'a tout simplement pas pris la peine d'y répondre, et n'a décidé de daigner me répondre que parce que j'ai effectué une relance téléphonique...je trouve ce comportement extrêmement déplaisant venant d'une personne sensée être spécialiste du syndrome d'Asperger, mais passons, l'important est d'avoir finalement pu prendre contact, je ne me bloque pas sur un à-priori défavorable.

Sa réponse à mon mail a été très claire: "je vous rappellerais mardi 07 juin à partir de 14 heures". (d'ailleurs, elle n'a même pas demandé mon numéro, comme si il était évident pour elle que la personne l'ayant appelé était forcément la même que la personne l'ayant contacté par mail, alors que rien n'empêche qu'il ait pu s'agir de deux personnes différentes).
Dans le doute, je lui ai renvoyé un mail, lui précisant dans ce mail mes coordonnées téléphoniques, mail que je suis sûr qu'elle a bien lu puisqu'elle y a répondu.

Le 7 Juin, j'avais un mélange d'impatience et de stress, je me suis isolé à 14 heures, dans le calme, avec papier/crayon, préparé psychologiquement à un entretien téléphonique.
Et j'ai attendu, attendu...vers 14h10, je n'en pouvais plus, mais je me suis souvenu qu'elle m'avait dit qu'elle appellerait "à partir de 14 heures", et non pas " à 14 heures", je me suis alors un peu détendu, m'attendant à avoir un appel dans le cours de l'après-midi.
A 14h40, n'ayant toujours pas été appelé, cet entretien téléphonique étant très important pour moi, je prend sur moi de l’appeler, au cas où elle serait du genre tête en l'air et aurait oublié notre entretien.
Tout comme la première fois que je l'ai contacté de cette façon, je me suis préparé psychologiquement à lui parler avant de téléphoner, je suis tombé sur le répondeur, j'ai raccroché, me suis re-préparé à parler au répondeur, puis ais rappelé et laissé un message sur son répondeur, lui rappelant que nous avions un entretien téléphonique prévu en ce jour, et que je me tenais à sa disposition dès qu'elle serait disponible.
Tout ceci a été très épuisant pour moi, d'ailleurs le message était de piètre qualité avec des hésitations, presque du bégaiement.

j'ai ensuite gâché toute mon après-midi à attendre sa réponse, je devais boire le café chez ma grand-mère à 16h30, j'ai annulé pour pouvoir être disponible pour le téléphone...elle ne m'a jamais appelé.

Ça m'a beaucoup décontenancé, j'ai commencé à sérieusement douter des qualités humaines de cette personne, car elle est sensée être spécialiste des Aspergers, et son comportement montre le contraire, elle a été une énorme source de stress pour moi.
J'ai tout de même décidé de passer les jours suivants à rester proche de mon téléphone au cas-où elle me recontacterait.
Ceci a contrarié une bonne partie de mes activités habituelles (j'ai par exemple arrêté de faire du sport, pour ne pas prendre le risque d'être en train de courir quand elle m’appellerait, et de manquer son appel).

Le 10 Juin, n'ayant toujours pas été appelé, n'ayant même pas eu un simple SMS d'excuse du style "désolée j'ai eu un imprévu, je n'étais pas disponible pour l'entretien que nous avions prévu", j'ai décidé de la relancer par mail, lui indiquant que je comprenais si elle avait eu un imprévu, que je ne lui en tenais pas rigueur, et que j'étais à sa disposition pour un nouvel entretien à une date de son choix.
Aujourd'hui, le 13 Juin, elle n'a toujours pas répondu à ce mail...

Je suis très déçu par son comportement, elle fait pour moi preuve d'un manque de sérieux et de professionnalisme flagrant, aussi je pense me réorienter vers d'autres psychologues.

Mon problème est que je me demande si les autres psychologues d'espass-iddees sont comme ça, et je me vois mal en contacter une en lui disant "je n'ai pas aimé le comportement d'une de vos collègues, alors je tente ma chance avec vous".

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Parisette le Lun 13 Juin 2016 - 18:14

Asperzebre, je t'envoie par MP le nom de la fondatrice.
Les psy des agences ne me répondent jamais non plus, c'est pénible !!

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Ours de la MAZ le Mar 14 Juin 2016 - 7:25

Asperzebre a écrit:Ça va peut-être te choquer, mais je préférerais être diagnostiqué Asperger même si je ne l'étais pas, car c'est le dernier espoir qu'il me reste pour faire quelque chose de ma vie.


Asperzebre a écrit:.../...
Le 7 Juin, j'avais un mélange d'impatience et de stress, je me suis isolé à 14 heures, dans le calme, avec papier/crayon, préparé psychologiquement à un entretien téléphonique.
Et j'ai attendu, attendu...vers 14h10, je n'en pouvais plus, mais je me suis souvenu qu'elle m'avait dit qu'elle appellerait "à partir de 14 heures", et non pas " à 14 heures", je me suis alors un peu détendu, m'attendant à avoir un appel dans le cours de l'après-midi.
A 14h40, n'ayant toujours pas été appelé, cet entretien téléphonique étant très important pour moi, je prend sur moi de l’appeler, au cas où elle serait du genre tête en l'air et aurait oublié notre entretien.
Tout comme la première fois que je l'ai contacté de cette façon, je me suis préparé psychologiquement à lui parler avant de téléphoner, je suis tombé sur le répondeur, j'ai raccroché, me suis re-préparé à parler au répondeur, puis ais rappelé et laissé un message sur son répondeur, lui rappelant que nous avions un entretien téléphonique prévu en ce jour, et que je me tenais à sa disposition dès qu'elle serait disponible.
Tout ceci a été très épuisant pour moi, d'ailleurs le message était de piètre qualité avec des hésitations, presque du bégaiement.
.../...

J'admire et je "compatis" aussi.
Enfin "j'empathie", bref cela me prend à la gorge.
N'hésite pas, c'est toi qui compte et rien d'autre !

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Ven 1 Juil 2016 - 10:54

Asperzebre a écrit:Bonjour.
Je viens de m'inscrire sur ce forum, je ne sais pas si je vais y être beaucoup actif ou pas, mais peu importe, je me présente quand même.
J'ai 32 ans, je me suis auto-diagnostiqué le syndrome d'asperger en 2013 (j'ai lu toute la documentation disponible en ligne sur le sujet, fait tous les tests disponibles également, et je suis sur de moi à 99.99%)
Cependant je n'ai aucune reconnaissance officielle de cet état, j'ai décidé en avril 2016 de franchir le pas, et j'ai entrepris des démarches pour me faire diagnostiquer auprès d'un CRA (le diagnostic n'est pas pour tout de suite, le processus est très long).
Ce diagnostic ne m'apportera strictement rien sur le plan personnel, puisque je connais déjà la réponse, mais il a pour but de pouvoir justifier de mon statut d'Asperger (j'expliquerais dans la suite de ce message en quoi c'est important).

Je sais depuis longtemps que je suis plus intelligent que la moyenne (sans vouloir faire prétentieux), mais je n'ai jamais eu l'impression d'être un surdoué.
Il faut dire que je me faisais une idée de la sur-douance qui est très loin de la définition officielle.
Pour moi, un surdoué c'était un être vraiment exceptionnel, vraiment rare.
2% de la population, c'est pas rare du tout.
ça fait plus d'une classe d'enfants sur deux avec un surdoué, 20 surdoués pour un petit village de 1000 habitants, 2000 surdoués dans une grande ville (100000 habitants), et plus d'un million de surdoués en France.
L'idée que je me faisais des surdoués c'était au grand maximum du 1/10000 (0.01%), soit quelques milliers au plus pour toute la France.
Un HQI ne rentre pas du tout dans l'image que je me faisais d'un surdoué, même un THQI (0.1% de la population) ne correspond pas à l'image que j'avais d'un surdoué.
Les TTHQI (0.003% si je ne me trompe pas) sont ce qui se rapproche le plus de ce que j'aurais naturellement considéré comme des surdoués.

Après m'être renseigné sur la douance j'ai constaté l'énorme fossé entre l'image que je me faisais d'un surdoué, et la réalité des faits.
J'ai passé des heures, voire des dizaines d'heures à lire ce forum en recherche d'informations sur la douance avant de décider de m'inscrire afin de pouvoir réagir à certaines discutions.
J'y ai entre autre trouvé ce qui est considéré comme les meilleurs tests de QI disponibles en ligne.
Je les avais d'ailleurs déjà fait par curiosité avant de découvrir ce forum, et je les avais jugé "bidons" car je trouvais beaucoup trop facile d'avoir un QI super élevé avec ces tests.
D'autant plus qu'il n'y avait que très peu de questions qui m'ont semblé compliquées (honnêtement, avec 3 grammes d'alcool dans le sang et après une nuit blanche, les tests sur internet me donneraient surement encore au moins 130 de QI).
J'ai bien conscience de toutes les critiques de ces tests ( y compris les miennes), je sais aussi que ces tests ne sont pas suffisants et ne remplaceront jamais un WAIS4, mais j'ai aussi vu pas mal de témoignages disant que les résultats de ces tests étaient assez cohérents avec les résultats du test WAIS4, et qu'ils pouvaient constituer une vrai base d'auto-diagnostic avant de passer le cap du test WAIS4, qui coûte assez cher.
(et ça serait effectivement dommage de dépenser 300 euros pour diagnostiquer un QI "normal", alors que le simple test de QI en ligne fait la même chose, gratuitement).

Bref, d'après les tests de QI disponibles, mon QI serait aux alentours de 151, ce qui ferait de moi un THQI.
J'ai aussi passé les pré-tests de Mensa, j'ai eu 38/40 (à partir de 33/40 c'est considéré comme un bon résultat, donnant de grandes chances d'être admis).
Au vu des résultats de ces tests en ligne, et surtout au vu de mon parcours que je vous présenterais dans cette présentation, je suis maintenant persuadé que je suis au moins HQI (de la même façon que je suis Asperger: auto-diagnostic fiable à presque 100%), et je pense être probablement THQI, voire même TTHQI (ce qui me parait peu probable, mais je n'écarte pas cette possibilité).

Le test WAIS4 ne m'apportera donc pas grand chose sur ma compréhension de moi-même, la seule chose qu'il m'apportera sera de déterminer si je suis officiellement HQI, ou officiellement THQI.
Quand à mon éventuel TTHQI, je resterais probablement dans le doute.
J'ai en effet cru comprendre que le test bloque aux alentours de 150 de QI, et que même si j'avais 200 de QI (ce qui est loin d'être le cas), le test ne pourrait pas me diagnostiquer plus haut que THQI.
Mais ça n'a pas grande importance que j'ai un T ou deux.

Je suis en train de faire les démarches pour passer le WAIS4, si tout se passe comme prévu, je vais le passer en début juillet (tout dépendra de ma compagne qui souhaite m'accompagner, elle m'avait d'abord dit être disponible à parti de fin mai, puis de mi-Juin, et maintenant début Juillet, j'espère que ça ne va pas reculer encore sinon elle va m'entendre  tongue )

En ajoutant les frais de déplacement car j'habite en campagne, loin de toute structure susceptible de me diagnostiquer, j'arrive à environ 1 mois de revenu (RSA) à mettre de coté pour le test.
Ce test me revient donc à l'équivalent d'environ 1500-2000 euros pour le lecteur moyen ayant une vie professionelle réussie.
Il est clair qu'à ce prix là, il faudrait être sacrément débile de payer juste pour s'entendre dire "vous êtes HQI", ou "vous êtes THQI", mes motivations sont tout autres (et je vais y revenir plus loin dans cette présentation)


Rentrons dans des aspects un peu plus personnels que le syndrôme d'Asperger et le QI:
J'ai 32 ans, je suis sans emploi, au RSA, j'ai été très longtemps en situation d'echec social (ça va un peu mieux maintenant mais c'est pas encore fantastique)
Je suis aussi en situation de grave échec professionnel (il y a une grande corrélation entre ces deux problèmes, bien que mes difficultés sociales ne soient probablement pas responsables à 100% de mes difficultés professionnelles)
J'adore les jeux vidéos: les jeux de stratégie au tour par tour en particulier, et certains bons vieux jeux sur les anciennes consoles.
Je n'accroche pas du tout aux daubes à 60 euros, 5h du durée de vie et 75% du temps de jeu à regarder des cinématiques qui sont produites à la chaine en ce moment. Si je voulais voir des cinématiques je n'acheterais pas un jeu, j'irais au cinéma.

J'aime aussi les jeux de reflexion (jeu de go, echecs), j'adore les animaux (à l'exception des araignées dont j'ai la phobie) et je pratique la course à pied.
En allant tout doucement, je peux faire environ 10 km, mais c'est très rare que je fasse ce genre de course.
Je préfère les distances assez courtes, je cours 1200 mètres en environ 4minutes 20 ce qui fait un peu moins de 17km/h.
C'est très loin des professionnels (comparé aux marathoniens qui vont à presque 20km/h pendant 42 km, ma performance semble ridicule), mais je m'en contente très bien, et j'essaie de progresser juste pour le plaisir (je vise 4minutes pour 1200m à plus ou moins long terme).

J'ai toujours été attiré par les sciences, et en particulier les mathématiques (l'algèbre beaucoup plus que la géométrie).
Vous le remarquerez peut-être en lisant ma présentation, j'ai tendance à vouloir mettre des chiffres sur tout.
J'ai une très grande capacité de raisonnement logique (sans vouloir faire prétentieux) et je ne serais pas surpris d'apprendre qu'il y a un gros écart entre mon QI logique et mon QI global.
En contrepartie, j'aborde absolument tout d'une manière rationelle, je ne sais pas fonctionner autrement.
J'ai des émotions, comme tout le monde, mais lorsque je réfléchis, je n'accorde strictement aucune place à ces émotions, et j'essaie d'être le plus rationnel, le plus objectif possible.
Je considère que c'est une forme d'intelligence que de ne pas céder à la colère, à la jalousie, à la frustration, et en toutes circonstances savoir porter un regard lucide sur le monde qui m'entoure.
J'aurais tendance à considérer que je maitrise mes émotions, que je les ai en moi mais que je reste maitre de ma vie, alors que les gens "normaux" se font dicter leur vie par leurs émotions.
Je ne suis pas du tout impulsif, je vais toujours réfléchir avant d'agir, souvent trop d'ailleurs.

Si je devais mettre le doigt sur le domaine de compétences spécifiques où je suis le plus doué, ce serait les calculs mathématiques portant sur les probabilités (qui me passionnent, et que je peux faire juste pour le plaisir, sans aucune autre raison que de faire des calculs de probabilités)
Comme vous le verrez plus tard dans ce message , mes notes au cours de ma scolarité étaient loin d'être exceptionnelles.
Une de ces notes ressort du lot et est restée gravée dans ma mémoire, je m'en souviens presque comme si je l'avais eue hier alors que je l'ai eue en 1999.
C'était un devoir de mathématiques en classe de 1ère S, d'une durée de deux heures, sur les probabilités justement.
J'ai fini très rapidement, en bien moins d'une heure, puis je me suis ennuyé. Alors pour passer le temps, j'ai repris ma copie, et, pour chaque question, je me suis amusé à trouver une manière originale de résoudre le problème, ce qui fait que j'avais au final un devoir deux fois plus long que ce qui était attendu, avec deux réponses par question.
J'ai ensuite pris tout mon temps pour me relir, être sur de n'avoir fait aucune erreur, et quand j'étais absolument certain que tout était bon et que je ne pouvais plus ameillorer ma copie, j'ai été la rendre au professeur.
Il restait alors encore une demi-heure pour faire le devoir.
J'ai eu 20/20 (c'est le seul 20/20 que j'aie eu au lycée toutes matières confondues, et ce n'était pas dû à un devoir trop facile: j'ai été le seul à rendre ma copie en avance, et la deuxième meilleure note de la classe était de l'ordre de 15/20)

Je suis athée convaincu (le mot athée est même trop faible pour moi, je dirais que je suis à l'athée ce que l'athée est à l'agnostique)
Un agnostique est quelqu'un qui ne sait pas trop si dieu existe ou pas, un athée est quelqu'un qui croit que dieu n'existe pas, et un ???(le mot n'existe pas il faudrait l'inventer) est quelqu'un qui sait que dieu n'existe pas.
Je suis dans cette dernière catégorie, et j'ai des arguments rationnels en béton armé pour prouver la non-existence de dieu.
Je suis conscient que beaucoup de lecteurs ne vont surement pas aimer ce que je viens d'écrire (il n'y a que 16% d'athées dans le monde, et même parmi ces 16% beaucoup auraient tendance à me dire "tu te prend pour qui pour décréter comme ça que dieu n'existe pas, on ne peut pas le prouver")
Mais ça m’amène à mon trait de caractère suivant qui est l’honnêteté: je dis ce que je pense être vrai, en toutes circonstances, je ne me préoccupe que de la recherche de la vérité, je ne dis jamais de choses que je pense fausse uniquement pour aller dans le sens de la majorité, pour faire plaisir aux gens en leur mentant et leur faisant croire qu'on a des points communs.

J'exposerais probablement un jour ou l'autre mes arguments concernant la non-existance de dieu dans la part du forum dédiée à ce genre de sujets, mais pas dans ma présentation.
Je tolère très bien que certaines personnes soient croyantes, je ne chercherais pas à leur faire renoncer à leur croyances à tout prix: c'est leur vie et si ils sont épanouis comme ça, il n'y a pas de raison de venir chambouler tout ça.
J'en ai d'ailleurs repéré quelques-uns sur ce forum, et à part le sujet religieux sur lequel nous ne serons jamais d'accord, j'ai tendance à trouver ce qu'ils écrivent très sensé et intéressant.
Par contre je tolère beaucoup moins les personnes religieuses qui cherchent à m'imposer leurs croyances (elles sont heureusement très rares dans mon entourage).

J'ai un sens de la justice très poussé, le monde dans lequel nous vivons me révolte, et je réfléchis énormément à des solutions politiques pour faire évoluer les choses dans le bon sens (moins de gens malheureux, meilleure distribution des richesses, respect de la planète...)
C'est d'ailleurs assez déprimant, car mes convictions sont totalement à l'opposé de la pensée dominante (il n'y a qu'à voir les intentions de vote en France, c'est à vomir).
Là aussi, il y a surement moyen d'approfondir dans la partie politique du forum, mais pas dans ma présentation.


Je vais maintenant vous présenter mon parcours, que je vais développer en deux parties: l'aspect compétences/scolarité/insertion professionnelle, puis l'aspect relations sociales.
Je préviens à l'avance, ça va être très long. Beaucoup plus long que la plus longue des présentations que j'aie vue sur ce forum (je n'ai pas tout lu, mais j'en ai regardé pas mal tout de même, et ce qu'on appelle habituellement un pavé fait figure de SMS à coté de ma présentation)
Je conseille donc aux gens n'aimant pas trop les pavés d’arrêter leur lecture ici.

Sinon, pour les courageux, c'est parti!

1ère partie: l'aspect compétences/scolarité/insertion professionnelle.

Enfant précoce, je lisais presque aussi bien qu'aujourd'hui à l'âge de 4 ans, et je savais faire des multiplications à 5 ans.

Je n'ai jamais été diagnostiqué enfant précoce, et j'ai donc eu une scolarité "normale" dans le public, avec juste un an d'avance (comme je savais déjà lire on m'a autorisé à entrer en CP à 5 ans)
Je me suis très rapidement ennuyé en cours, je n'ai jamais eu aucune motivation à aller à l'école, je n'ai jamais fourni de travail personnel, et j'ai très souvent eu des punitions par mes professeurs pour ne pas avoir fait mes devoirs à la maison.
De manière générale je n'ai jamais eu de bonnes notes (à part quelques exceptions), mais mes notes étaient toujours suffisantes pour ne pas redoubler, j'ai donc eu mon BAC à 17 ans, sans mention, mais sans passer par le rattrapage.
Je me suis ensuite lancé dans la filière la plus matheuse de la FAC, à savoir un DEUG MIAS (mathématiques, informatique, applications aux sciences) que j'ai obtenu à 19 ans.

Cependant lors de ce DEUG MIAS j'ai eu des difficultés de compréhension en mathématiques, et je me suis retrouvé contraint à travailler d'une manière qui ne me correspondait pas.
Jusqu'à la fin de la terminale S, je comprenais intuitivement les mathématiques, je n'avais presque rien besoin d'apprendre, pour plus de 80% des cours je comprenais la logique inhérente aux théorèmes, et je les utilisais quand c'était nécessaire sans même y penser (voir même dans certains cas, je les utilisais sans jamais les avoir vus, car mon raisonnement naturel suivait une logique similaire au théorème).
Cette façon de comprendre intuitivement les mathématiques m'a d'ailleurs valu de mauvaises notes, on m'a souvent reproché de na pas citer les théorèmes que j'utilisais dans mes démonstrations mathématiques, alors que je n'avais la plupart du temps même pas conscience d'utiliser un théorème.
Il se trouve que le niveau de complexité des mathématiques augmente beaucoup entre la terminale S et la FAC.
Les théorèmes que nous apprenions à la FAC étaient trop complèxes, trop abstaits pour que je comprennes intuitivement leur sens.
La logique de ces théorèmes m'échappait (ce qui est en soi assez logique, car ils ont été conçus en plusieurs années de recherche par des mathématiciens de génie, les comprendre intuitivement à la première écoute me semble nécessiter des capacités cognitives égales voire supérieure à celles de ces génies, ce qui n'est vraisemblablement pas mon cas)
J'ai donc dû utiliser la méthode que je déteste, c'est à dire apprendre à défaut de comprendre.
Je ne supporte absolument pas ça, quoi que je fasse j'ai besoin de tout comprendre.
j'avais 15 de moyenne en maths en DEUG, mais étant donné que je ne comprenais rien, j'avais la sentation d'être en décrochage.

Le DEUG MIAS avait la particularité de proposer pour la deuxième année une spécialisation en maths ou en informatique.
Au moment de choisir ma voie en sortant de terminale S, j'étais effrayé par la présence d'informatique dans le DEUG MIAS, j'aurais préféré que ça soit seulement des maths.
J'ai été agréablement surpris par ce qu'on faisait en informatique, mes craintes se sont dissipées, j'ai très vite eu d'excellents résultats (environ 17/20 de moyenne), et j'ai senti que c'était un très bon domaine pour exprimer mes capacités.
En effet, le raisonnement logique était primordial en informatique, où l'essentiel du travail consistait à inventer des algorithmes capables de résoudre un problème donné.
Etant donné qu'au même moment je doutais fortement de moi sur les mathématiques, c'est tout naturellement qu'au moment de choisir entre une spécialisation en maths ou en informatique, j'ai opté pour l'informatique.

Après le DEUG MIAS, j'ai poursuivi sur une licence d'informatique, que j'ai eue les doigts dans le nez, avec un taux de présence en cours de l'ordre de 20%.

C'est au cours de cette licence d'informatique que j'ai eu la deuxième note la plus marquante de mon cursus après le 20/20 en probas.
J'avais fait l'impasse sur une matière (intitulée "intelligence artificielle distribuée", IAD pour faire court), non pas parce qu'elle était inintéressante, au contraire, mais parce que les horaires des cours ne me correspondaient pas: je privilégiais ma tentative d'intégration sociale à mes études à cette époque, et je passais tous mes après-midis à me sociabiliser. Je n'ai donc assisté à aucun des cours de l'après midi pendant mon année de licence. (ça aussi on va y revenir plus tard, dans la 2ème partie, on est encore loin de la fin de la présentation  Rolling Eyes )
Les cours d'IAD étant tous programmés pendant l'après-midi, je n'ai jamais mis les pieds dans la salle de cours.
J'avais calculé, en fonction des notes que j'estimais avoir dans les autres matières qu'un petit 3 ou 4 sur 20 en IAD serait suffisant pour valider mon année.
Encore fallait-il avoir ce fameux 3-4/20 alors que je n'avais jamais mis les pieds en cours.
Le jour de l'examen, j'ai donc emprunté les cours à un de mes camarades, afin de les lire vite fait et d'avoir un vague aperçu du travail que je serais sensé fournir.
Ma chance a été que beaucoup de questions ne nécessitaient pas forcément une grande connaissance du cours pour pouvoir répondre, mais plutôt un bon sens logique.
J'ai donc réussi bien mieux que je l'espérais, et m'en suis tiré avec un incroyable 11/20, mieux que beaucoup de personnes ayant assisté aux cours toute l'année.

J'ai ensuite continué sur ma lancée, jusqu'à la fin du 1er semestre de la 1ère année de master (la réforme LMD était passée par là, le DEUG et la maîtrise ont disparu au cours de mon cursus universitaire).
J'ai validé ce 1er semestre, en ayant des notes légèrement supérieures à la moyenne dans tous les modules, toujours en ayant une présence très limitée en cours (disons que j'assistais à 15-20% des cours environ)
Mon integration sociale se passait bien, je reprennais confiance en moi après la phase très difficile de l'adolescence (là aussi on va y revenir en partie 2)
En ce qui concerne les cours, j'avais confiance en mes capacités, le travail que je fournissais était calculé, et malgré ce que pouvait laisser penser mon attitude, je ne délaissais pas mes études: je les faisais passer au second plan, mais je fournissais tout de même le strict minimum pour ne pas me faire recaler.
J'avais très bien conscience de mes énormes lacunes sur le plan social, et j'étais parfaitement lucide sur le fait que me focaliser sur mes études et passer mes années avec mention bien/très bien au lieu de les passer sans mention ne m'aurait strictement rien apporté: j'aurais beau avoir tous les diplômes du monde, tant que je ne progresserais pas sur le plan social, je n'aurais aucun avenir professionnel derrière.
Le fait de très peu aller en cours n'était pas du "je m'en foutisme", ou du "glandage", mais bel et bien une stratégie d'intégration à la société.
Cette stratégie n'était bien sur ni parfaitement conçue, ni parfaitement appliquée, et je mentirais en disant que je n'ai jamais eu la flemme d'aller aux cours que je jugeais nécessaires, ou en disant qu'à chaque fois que j'allais rejoindre mes amis, j'y allais dans le but de perfectionner mes relations sociales (j'y allais aussi pour passer de bons moments).
Mais malgré ces défauts, c'est la stratégie que j'avais choisi, et tout portait à croire qu'elle s'avérait payante.
A ce stade de ma vie donc, j'étais plutôt confiant, je pensais le pire derrière moi, je pensais avoir fait les bons choix, et j'avais l'impression de voir enfin le bout du tunnel.

Puis je me suis pris le plus gros coup de massue de ma vie: mes projets ont volé en éclats quand j'ai appris par hasard que l'admission en 2ème année de master n'était pas automatique: avoir 10/20 ne suffit pas, il y a un nombre de place limité, et l'admission en master 2 se fait par l'intermédiaire d'un jury composé du corps enseignant qui va déterminer qui est apte à continuer, et qui ne l'est pas.
Vu l'image désastreuse que les enseignants s'étaient fait de moi, je suis convaincu que même si par miracle je passais le second semestre avec 18/20 de moyenne, j'aurais été recalé pour le master 2.
Ma confiance en moi en a pris un coup énorme, ainsi que ma motivation, et ça a été le début de ma deuxième descente aux enfers (la première a été mon enfance/adolescence, là encore on y reviendra ^^)
Je n'arrivais plus à trouver de sens à ma vie, plus de motivation pour aller en cours alors que je me savais d'avance condamné.
Ma fréquentation des cours a donc grandement diminué, jusqu'à devenir quasi inexistante (j'assistais peut-être à 2-3 cours par mois, pas plus), et j'ai eu beau tenter de me ressaisir avant les examens, tenter de me motiver et de les passer serieusement afin de valier mon année "pour la forme", mes capacités intellectuelles ont été confrontées à leurs limites.
D'autres plus THQI que moi seraient sans doute parvenus à valider leur année dans ces conditions, moi je suis resté échoué à environ 8/20 de moyenne pour le second semestre.

S'en sont suivies 3 années de fuite en avant, où je me réinscrivais à la FAC par refus de me jeter dans un monde professionnel auquel je ne me sentais pas prêt à me confronter, mais sans jamais trouver la motivation nécessaire pour valider mon année.
Finalement, à ma 4ème année de master1 (oui, j'ai quadruplé, vous avez bien lu) j'ai enfin franchi le pas, je me suis refusé à quitter la FAC sur un echec qui aurait été destructeur psychologiquement, je me suis forcé à assister à quelques cours (environ 20% de présence en cours comme avant ma perte de motivation) et j'ai validé mon 2eme semestre et ma 1ère année de master.
Sans surprise, je suis l'élève ayant eu les avis de poursuites d'études les plus défavorables de toute la promotion, je n'ai même pas postulé pour le master 2 et mes études se sont achevées ici (c'était en 2008, il y a 8 ans)

J'ai ensuite traversé une periode d'inactivité et de dépression d'environ 2 ans (là encore, tout comme pour mon THQI et pour mon Asperger, c'est de l'auto-diagnostic)
Mais pleurer 2 heures par jour en moyenne (principalement dans le lit avant de s'endormir), et penser au suicide au moins une fois par semaine...je pense qu'il n'y a pas besoin d'être spécialiste pour y reconnaitre une dépression.
En 2010 j'ai rencontré ma compagne actuelle, qui m'a aidé à remonter la pente, m'a énormément encouragé, m'a fait passer une formation professionelle pour reprendre confiance en mes capacités et me redonner une chance d'accéder au monde du travail.
Cette formation, de 9 mois, de niveau BAC+2 (alors que mon diplôme à la FAC était BAC+4) m'a beaucoup aidé, j'y ai appris beaucoup plus de choses au niveau professionnel que ce que j'ai appris à la FAC, et mon moral a fait des progrès considérables (la dépression n'est plus qu'un souvenir).

Ensuite environ 1 an après la formation, je trouve mon premier CDD en tant que développeur informatique, dans une toute petite boite où le patron a l'habitude de travailler seul en autodidacte. Il m'a embauché car il était débordé et n'avait pas le temps de faire tout le travail seul.
Nos relations ont été très bonnes, j'ai été à la hauteur de ses attentes.
Humainement c'était quelqu'un de très bien, qui ne me prenait pas de haut, s'adressait à moi d'égal à égal, comme si j'étais un collègue et non son employé.
Mais à la fin du CDD j'étais quand même heureux que ça se termine car je commençais à approcher de mes limites (burn-out proche)

En 2014, je trouve mon 2ème emploi, CDI cette fois, dans une entreprise d'environ 50 salariés, dont je tairais le nom pour éviter un procès vu ce que je compte dire sur elle.
Ils me prennent en periode d'essai de deux mois, me préviennent que quoi qu'il arrive à la fin de cette periode il y aura une seconde période d'essai d'un mois.
Je ne suis même pas sûr qu'ils aient le droit de faire ça, certains de mes amis m'ont conseillé d'attaquer l'entreprise aux prud'hommes quand je leur ai raconté ça.
Mais bon, même si ce n'est pas autorisé par la loi (franchement je n'en sais rien, et je m'en fous un peu), je ne voyais pas d'objection au fait de faire une période d'essai de 3 mois au lieu de deux, si c'est le temps qu'ils estiment nécessaire pour déterminer si je fais l'affaire ou pas.
La première periode d'essai se passe bien, après des débuts un peu difficiles je pense avoir bien compris comment fonctionne l'entreprise, quel est mon rôle, et les retours sur mon travail sont très positifs.
Je vais faire la periode d'essai supplémentaire de un mois, car c'est la procédure habituelle de recrutement de l'entreprise, mais je peux quasiment considérer que je suis déjà en CDI.
La deuxième période d'essai sera absolument désastreuse.
Incapable de travailler correctement à cause de la pression des autres, je n'ai pas pu rendre en 1 mois un mini-projet qui m'avait été assigné et que j'aurais rendu en 2-3 jours si je l'avais réalisé dans le cadre de ma 1ère entreprise.
Seulement voilà, d'autres ont fait n'importe-quoi et j'ai été le bouc-émissaire.
En essayant de ne pas rentrer trop dans des détails techniques qui seraient incompréhensibles pour les non-informaticiens, je dirais que j'ai été constamment ralenti par des injonctions de vérifications, par des collègues qui avaient peur que je casse leur travail (vu que je travaillais à partir d'un projet existant, que je devais faire évoluer)
Ces vérifications ont multiplié ma charge de travail par 5 environ (20% du travail était le developpement du projet en lui-même, 80% les divers tests pour s'assurer que mon travail était compatible avec celui de mes collègues).
Comme si ça ne suffisait pas, quelqu'un a contourné les procédures habituelles de l'entreprise pour le site-web sur lequel j'étais en train de travailler.
Il y avait une procédure visant à avoir à 100% du temps quelque chose de fonctionnel en ligne: à chaque fois qu'on fait une nouvelle version, on travaille sur une copie (ce qui fait que toutes les modifications qu'on apporte ne sont effectives que sur cette copie, pas sur le site en ligne)
Une fois toutes les modifications effectuées, on envoie ça à une équipe de tests, chargée de chercher des bugs, puis après avoir fait les corrections nécessaires il y a une étape de validation, et quand tout est OK, c'est mis en ligne.
Seulement quelqu'un (je ne sais pas qui, et je ne cherche pas de coupable) s'est cru capable de gagner du temps en faisant une modification directement sur le site en ligne, en contournant toutes les procédures.
Il s'est avéré qu'il ou elle a completement merdé, que le site s'est retrouvé completement planté, que personne n'a réussi à le refaire fonctionner, et que la décision a été prise par la hiérarchie, sans me consulter, de prendre ma version du site et de la mettre en ligne pour remplacer celle qui avait été bousillée.
Sauf que, ma version du site était en plein chantier, j'étais en train de programmer des évolutions, et elle n'était pas du tout sensée être mise en ligne dans l'état actuel des choses.
J'ai été inondé de messages sur ma messagerie professionnelle comme quoi ça n'allait pas du tout, qu'il y avait plein de bugs, qu'il fallait absolument corriger tout ça rapidement, que c'était inadmissible de laisser en ligne une version qui ne fonctionne pas...bref, on m'a fait porter le chapeau de la double connerie qui a été faite par les autres: d'abord celui ou celle qui n'a pas respecté les procédures, puis ceux qui ont décidé de mettre ma version en ligne sans même prendre le temps de me demander si c'était faisable (je leur aurais alors répondu que non, qu'il fallait prendre une autre version que la mienne).
J'étais le seul à être irréprochable sur cette affaire, et j'ai été le seul mis en cause.
J'ai donc passé les semaines suivantes à remettre en état le site comme je pouvais, sous pression constante (et je gère très mal la pression, ça ne m'aide pas du tout à avancer, au contraire ça a tendance à me paralyser).
Mon projet n'a absolument pas avancé car j'étais occupé à réparer les erreurs des autres...quand j'ai voulu expliquer pourquoi je n'avais pas rendu mon projet dans les temps il n'y a eu absolument aucune compréhension de la hiérarchie, j'ai été traité d'incapable par ma chef de projet pour ne pas avoir su finir mon projet dans les délais impartis...
Il y a eu pendant ce mois des tas d'autres problèmes, je pourrais faire un sujet aussi long que toute ma présentation traitant exclusivement des dysfonctionnements que j'ai constatés dans cette entreprise.
Je ne portais aucune part de responsabilité dans le moindre des problèmes qui sont survenus au cours de ce mois.
Pourtant, à la fin de ma periode d'essai j'ai été évincé. Raison invoquée: "je ne suis pas assez inséré avec les équipes", belle blague.
Raisons réelles:
1) Ils ont merdé, j'ai été le bouc émissaire.
2) La hiérarchie n'a pas aimé que je respecte mon contrat de travail (oui, vous avez bien lu, il n'y a pas de mots "ne" et "pas" manquants dans cette phrase): je faisais les heures spécifiées sur mon contrat, surtout pas d'heures sup (surtout qu'elles sont non rémunérées), j'ai bien suivi les recommandations de mes collègues qui m'avaient mis en garde contre la hiérarchie, qui n'hésiterait pas à me pousser en burn-out. (l'intégralité des développeurs de la boite a eu au moins une fois un arrêt maladie à cause de la pression trop forte au travail)
Lors de mon entretien de départ, ils m'ont bien stipulé (à l'oral bien sûr, pas de trace écrite de tout ça), qu'ils attendaient plus de travail de ma part, que mon temps de présence était insuffisant (en gros ils espéraient que je fasse 50 heures payées 35)
Déjà que le contrat était ultra-avantageux pour eux: ils exigeaient de moi le même travail que les ingénieurs, tout en me refilant un bas salaire de développeur junior: 150 euros net au dessus du SMIC, une fois qu'on retire les frais de déplacement (80km journaliers), je suis grosso-modo payé au SMIC.
Le SMIC pour du boulot d'ingénieur, c'est déjà la belle arnaque, j'accepte ces conditions car l'important pour moi c'est d'avoir un boulot, et que le SMIC me suffit, l'argent n'est pas ma motivation dans la vie.
Mais le SMIC pour du boulot d'ingénieur, en bossant 50 heures par semaine, et en ayant 3 réunions par semaine où des managers t'expliquent que t'es qu'une grosse merde...faut peut-être pas abuser.

Ce travail m'a profondément dégoûté du monde de l'entreprise, et je n'ai depuis fait aucun effort pour y retourner, je suis de nouveau au RSA et je suis dans un état d'esprit beaucoup plus serein que lorsque j'étais employé.
Je suis conscient que cette boite était catastrophique, qu'elles ne sont pas toutes comme ça, que je peux surement trouver mieux...mais il reste cependant de très nombreux obstacles à mon intégration professionnelle.

1er problème majeur: mon handicap social, toujours présent, qui est à la fois un obstacle dans les démarches (je n'ose pas faire de relance téléphoniques par exemple, j'ai trop peur de déranger des gens pendant leur travail)
mais aussi un obstacle plus gros encore une fois entré dans la boite, car je suis sans défense face à toutes les personnes peu scrupuleuses qui n'hésiteraient pas à se servir de moi pour parvenir à leurs fins: je suis trop honnête, toujours à la recherche de ce qui me semble le mieux pour l'entreprise, et je n'arrive pas à admettre que les autres ne fonctionnent pas comme ça.
J'ai beau savoir que des comportements malhonnêtes existent, ils me semblent tellement surréalistes que je n'arrive pas à penser que quelqu'un ayant un tel comportement soit toujours en poste au sein d'une entreprise.
Par exemple, si un employé me demande de faire quelque chose qui me semble sensé, je vais le faire, car je vais avoir un esprit d'équipe qui me dit que si on me le demande, c'est que c'est important pour l'entreprise, que c'est mon travail de le faire. Je n'imaginerais pas une seconde qu'on me demande de faire un truc qu'il ne fallait en fait pas faire, dans le seul but de me faire mal voir et de m'évincer d'un poste convoité (j'arrive à en émettre l'hypothèse à tête reposée, mais confronté au fait, je ne penserais pas à ce scénario)
Je me ferais aussi facilement bouffer par des employés qui se déchargent de leur travail sur moi (tu peux faire ça, j'ai pas le temps...). Je vais supposer qu'ils n'ont effectivement pas le temps, que si ils avaient le temps ils le feraient, ne me demanderaient pas de le faire...je ne vais pas penser qu'il peut s'agir d'un flemmard qui profite de ma crédulité pour glandouiller pendant que je me tape tout le boulot.
En fait mes valeurs se retournent contre moi, je suis trop honnête, trop gentil, je me fais bouffer par les égoïstes et les menteurs.
Dans notre société déprimante, c'est malheureusement les salauds qui s'en sortent le mieux.

2eme problème, non moindre: j'ai bien peur d'être incapable de gérer la pression du travail sur le long terme.
J'ai constaté une grande fatigue professionnelle après seulement 3 mois, que ce soit pendant le CDD qui s'est bien passé ou pendant le CDI désastreux (si ça s'était bien passé et que j'étais resté dans la boite, je ne sais pas combien de temps j'aurais tenu, j'approchais dangereusement de mes limites à la fin de la période d'essai)
Je me sens totalement incapable de faire un CDD de 6 mois à temps plein dans des conditions "normales" (c'est à dire sans RQTH pour mon Asperger), alors un CDI avec seulement 5 semaines par an pour souffler, je n'ose même pas imaginer.

De plus, j'ai la sentation de m'être affreusement trompé de voie avec l'informatique.
Comme je l'ai expliqué plus haut dans cette présentation, c'est l'aspect logique qui m'a attiré dans l'informatique.
Je n'ai aucun attrait envers les nouvelles technologies, et je suis très loin de coller à l'image de l'informaticien lambda.
N'importe quel jeune sans aucun diplôme en informatique mais qui s'interesse un peu aux nouvelles technologies ( un "geek" en langage commun, même si il y a un débat autour du sens de ce mot), aura 10 fois plus de connaissances générales que moi en informatique.
J'ai la logique, je connais quelques langages de programmation, je suis capable d'apprendre rapidement un langage qui me serait inconnu, je sais gérer des bases de données...on a à peu près fait le tour.
Je suis une bille en réseau, 95% des termes techniques employés en informatique sont du chinois pour moi.
Je n'ai pas de tablette, pas d'i-phone, je ne me tiens absolument pas au courant des avancées technologiques car je n'en éprouve strictement aucun intérêt.
En société on me met la casquette "informaticien" et on vient me parler de nouvelles technologies, on me demande mon avis pour par exemple acheter un i-phone, ou des bons sites web de téléchargements, ou de steaming.
Je me sens très mal à l'aise dans ces situations, et je ne sais pas comment dire gentiment à mon interlocuteur que ces sujets là d'une part je n'y connais rien et d'autre part je m'en contrefiche.

L'informatique était pour moi la suite logique des études de mathématiques.
J'adore inventer des algorithmes, ou optimiser un code afin d'avoir le programme le plus performant possible. j'adore réfléchir, prendre mon temps à me creuser la tête sur un problème, puis finalement parvenir à une solution.
Le travail informatique en entreprise n'a rien à voir.
On a des contraintes de temps qui vont à l'encontre du calme et du temps nécessaires à la réflexion.
On doit être productif, rendre les projets aux clients dans les délais impartis.
On ne réfléchit jamais, ça perd trop de temps. Quand on a un blocage, au lieu de réfléchir à trouver soi-même une solution, on doit demander aux collègues si ils n'ont pas déjà été confronté à ce problème, et quelle solution ils ont trouvé.
Et dans le cas où ils ne pourraient pas aider, on recherche une solution sur internet. Mais jamais on ne fait appel à son cerveau pour se sortir des difficultés.
La qualité du travail on en parle même pas: absolument dégeulasse, on fait des codes crades remplis de copié-collé de trucs pompés à droite à gauche qui fonctionnent à peu près, pour essayer de gagner du temps.
On a pas le choix, les équipes de management nous mettent sous pression continue, quand on dit qu'il nous faudrait un mois pour faire un projet on nous répond: "vous avez 3 jours pour le faire".
Bref, tout ce qui m'a attiré vers l'informatique en milieu universitaire est totalement absent du monde professionnel, et le métier de développeur informatique est ce que j'appellerais "un métier de merde".


En conclusion, je suis en situation de blocage professionnel: je vois que ça ne va pas, je sais que je suis inapte à travailler "normalement" dans notre société, et en conséquence, j'ai abandonné l'idée de le faire: je vis du RSA et je m'en porte bien (pour le moment).
Le plus dur à vivre étant la pression de l'entourage, à chaque fois que je rencontre des connaissances que je n'ai pas vues depuis un certain temps c'est la même chose: "alors tes recherches d'emploi, t'en es où?".
Impossible de répondre que je ne cherche pas d'emploi, que j'ai l'intention de rester au RSA pour le moment, la grande majorité de mon entourage n'est pas prêt à entendre ça et je serais encore rejeté.
Alors j'invente des histoires, je dis que j'ai postulé à des trucs, en essayant de rester vague, et en espérant qu'ils ne soient pas trop avides de détails.

Jusque là, ça va encore, j'arrive à gérer ma vie à ma façon, et pour moi le RSA n'est pas une fatalité, bien au contraire.
Je ne suis absolument pas représenté par cette société de consommation, je n'aime pas dépenser bêtement d'argent dans des babioles inutiles.
je considère que l'important dans la vie c'est de faire ce qu'on aime, et pour ça il faut du temps libre pour s'épanouir.
En plus ça tombe bien, mes passions sont gratuites: j'aime la nature, les promenades, courir, jardiner(ça c'est même encore mieux que gratuit, ça fait faire des économies, plus besoin d'acheter de légumes pour manger).
Vous avez surement déjà entendu la phrase "travailler plus pour gagner plus"?
L'idée est la suivante: l'argent est une fin en soi, être riche c'est être heureux, et on accepte de sacrifier notre temps libre pour atteindre cet objectif de richesse.
Je suis à l'exact opposé, je l'ai toujours su, bien avant mon premier emploi.
Ma doctrine serait plutôt "gagner moins pour travailler moins".
Pour moi l'argent n'est pas une fin en soi, c'est juste un moyen.
L'objectif est d'avoir du temps libre pour profiter de la vie, et j'accepte de sacrifier mes revenus pour atteindre cet objectif (du moment que j'ai de quoi manger et payer les factures, ça suffit amplement).

Mon problème est que je ne peux pas rester au RSA toute ma vie, car ça impliquerait une vie enfermé dans ma bulle, rejeté par tous.
Ma famille dans sa grande majorité me méprise car je ne travaille pas (il y a quelques exceptions heureusement).
Ma compagne comprend ma situation, mais n'acceptera pas que je reste sans activité toute ma vie.
D'une part parce qu'elle considère qu'il faut être actif pour s'épanouir (c'est sa vision des choses, que je ne partage pas mais on ne peut pas être d'accord sur tout, et elle reste de très loin la personne la plus tolérante et compréhensive de mon entourage vis à vis de mes particularités)
Et d'autre part, pour des raisons financières, car si on souhaite emménager ensemble et qu'elle a un travail, je ne pourrais plus toucher le RSA, et on devra vivre les deux sur son salaire.
Elle ne souhaite pas m'entretenir toute ma vie, et je ne souhaite pas non plus être un poids-mort pour elle.

L'idéal pour moi serait donc un travail calme, sans pression de l'employeur.
Un petit temps partiel de 15/20 heures par semaine, avec un petit salaire de 500 euros par mois me conviendrait parfaitement.

Il me faut donc malgrès tout réussir à trouver ma place dans cette fichue société.
Tel que je suis aujourd'hui c'est absolument impossible, la société ne m'acceptera jamais.
Elle ne m'acceptera pas, tout simplement car tout ce que je vous ai exposé ici n'est fondé sur rien d'autre que sur mon vécu, mes souvenirs, mes analyses...et même si je sais avoir raison, ça ne suffit pas.
Je suis HQI/THQI/TTHQI (un seul des trois, bien sûr, mais je ne sais pas lequel) ce qui fait entre 2% et 0.003% de la population.
Je suis autiste Asperger (je n'ai pas les chiffres, mais il me semble que c'est moins de 1% de la population)
Au niveau de ma façon de voir les choses, de ma façon de raisonner, d'agir, au niveau de mes convictions personnelles, de mes convictions religieuses, de mes idéaux politiques, de ma vision de la vie...dans absolument tous les domaines possibles et imaginables je suis ultra-minoritaire, je nage constamment à contre-courant, avec au mieux 20% de la population allant dans mon sens dans les domaines où je suis le plus conforme aux normes de la société.
Mais je n'ai strictement aucune reconnaissance de tout ça.
Aux yeux de la société je suis un adulte parfaitement "normal".
Un neuro-typique (non-asperger), normo-pensant (non-HQI), sans aucune difficulté particulière, à part une insertion professionnelle difficile due à la crise, au taux de chômage élevé, et à mon manque d'implication dans mes recherches d'emploi.

Mes potentiels futurs employeurs ne mettront jamais en place d'aménagements de conditions de travail spécialement pour moi, basés uniquement sur mes dires.
Il faudra que je leur apporte la preuve que tout ce que je dis est vrai.
Il faudra qu'ils aient des papiers officiels expliquant comment je fonctionne, pourquoi je ne suis pas un travailleur "normal" (et je place de grands espoirs en la reconnaissance du syndrome d'Asperger sur ce point)
Il faudra aussi qu'ils acceptent de me faire confiance, de me laisser travailler à ma façon, que je critique leur façon de faire si elle ne me semble pas judicieuse, et que j'en suggère de meilleures...conditions sine qua non pour que je puisse m'épanouir professionnellement.
Et il faudra bien sur qu'ils aient la volonté de m'engager: pourquoi s'embêter avec quelqu'un ayant autant d'exigences sur le plan professionnel? Pourquoi ne pas prendre quelqu'un d'autre, qui travaillera à la façon de l'employeur, sans poser de questions?
Sur ces deux derniers points, quoi de mieux qu'une reconnaissance THQI pour faire comprendre à l'employeur que j'ai des capacités, et que ça vaut la peine de me donner ma chance?
Les 300 euros que je dépense dans le test WAIS4 ne sont pas là pour me faire diagnostiquer, le diagnostic je l'ai déjà, je n'ai pas besoin de psy pour ça, je sais que je suis surdoué, je me le suis auto-diagnostiqué au terme d'un long processus de dizaines d'années de questionnement sur moi-même.
Ce n'est pas une personne extérieure ne me connaissant pas (aussi compétente soit-elle) qui va pouvoir en une simple entrevue de deux heures me dire qui je suis.
Les 300 euros, je les vois comme le prix d'achat d'un papier officiel disant que j'ai des qualités qui peuvent s'avérer utiles pour mes futures tentatives d'intégrations dans le monde de l'entreprise.
Je les vois comme le prix à payer pour avoir une chance d'être accepté par la société, de pouvoir espérer trouver un emploi qui me correspond, de ne pas me faire quitter par ma compagne qui ne supportera pas que je reste inactif à vie, et de ne pas retomber dans la dépression qui s'en suivrait inévitablement.
Cette dépression, je dois l'éviter à tout prix, car si j'y retombe j'aurais raté ma vie: dans le meilleur des cas j'aurais une vie ne valant pas la peine d'être vécue, et dans le pire, un suicide (j'aurais forcément des pensées suicidaires, j'en ai eu dans chaque période dépressive que j'ai traversé. ce qui me faisait tenir était la promesse que je me faisais à moi-même que ça irait mieux dans l'avenir, mais là, si j'échoue encore, je ne pense pas être capable de me refaire cette promesse)
Il n'y a aucun doute pour moi qu'à ma prochaine dépression je vais franchir une étape en vue du suicide: jusque là j'ai eu des pensées suicidaires, mais ça restait au stade des idées, de la réflexion sur le sujet, et je n'ai jamais avoir l'intention réelle de mettre fin à mes jours.
A ma prochaine dépression, je suis persuadé que j'aurais l'intention réelle de me suicider, la seule question restante sera de savoir si ça restera au stade de l'intention, ou si je passerais à l'acte.
J'ai la ferme intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour ne plus jamais connaitre de dépression et ne jamais connaitre la réponse à cette dernière question.
Si on exagère un peu le raisonnement, ce test WAIS4, je le vois presque comme une attestation officielle de mon droit de vivre, et 300 euros pour avoir le droit de vivre, c'est pas cher payé, même si c'est gratuit et acquis dès la naissance pour la majorité des gens.

La première partie de ma présentation se termine ici.
Il m'a fallu plus de 4 heures pour la rédiger, si on rajoute les relectures, corrections de fautes, et changements de formulations pour des points où je n'étais pas très clair, on dépasse allègrement les 10 heures de rédaction.
J'ai eu la chance de m'inscrire il y a une semaine avec un autre compte qui n'a jamais été activé (sans doute l'administrateur aura zappé le mail automatique qu'il a du recevoir quand je m'étais inscrit pour la première fois, car avec Asperzebre mon inscription a été validée en moins d'une heure)
J'ai mis ce temps à profit pour peaufiner ma présentation (elle a gagné un peu en longueur au passage, mais c’était déjà un joli pavé dans sa version originale).
La deuxième partie de ma présentation est rédigée aussi, sitôt ce message envoyé je vais faire une dernière étape de relecture/corrections/reformulations, et elle sera en ligne d'ici une ou deux heures au maximum.


Je passe te refaire un salut ici du coup Smile Tu as sacrément déjà beaucoup avancé dans tes analyses et tes recherches en peu de temps. Bien plus que moi en trois ans, je suis jalouse  Razz Vois tu déjà à ce stade des changements par rapport à ta présentation à ton arrivée ?

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Parisette le Ven 1 Juil 2016 - 11:00

Nath, miss "on me l'avait pas dit", ca sert à quoi de tout citer ? C'est pas top pour la lisibilité
Tu voudrais pas éditer le quote ?(Asperzebre, je me permets, en tant que lectrice de ton fil Wink)

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Ven 1 Juil 2016 - 13:03

Parisette a écrit:Nath, miss "on me l'avait pas dit", ca sert à quoi de tout citer ? C'est pas top pour la lisibilité

Hello. C'est interdit quelque part ? De plus ici comme je posais une question à Asperzébre sur l'avancée par rapport à sa présentation qui était bien fournie, je trouvais justement intéressant de citer son propos au complet, puisque c'est son avis à lui je lui demande sur son avancée d'un point A (arrivée) à B (aujourd'hui).

Sinon à chaque fois qu'une personne mentionne qu'elle ne souhaite pas être citée en entier, j'y veille bien. Je rebondis aussi souvent par rapport à une lecture en global sur un propos, et cela me permet d'avoir une réponse en global, ça permet d'avancer dans le sujet dans sa totalité plutôt que te pointer telle ou telle chose dans un discours, de fait ça converse en vue d'ensemble.


Tu voudrais pas éditer le quote ?(Asperzebre, je me permets, en tant que lectrice de ton fil Wink)

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Parisette le Ven 1 Juil 2016 - 13:18

Ça permet surtout de faire avancer la page.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Ven 1 Juil 2016 - 13:19

Et en plus j'ai veillé à ne pas citer la deuxième partie Wink
J'étais justement curieuse de voir/de lire ce qu'Asperzébre dirait ou pas de sa présentation aujourd'hui ou en dirait ou pas. Avoir qui sait sa pensée globale à l'instant T aujourd'hui. Je ne peux donc pas pointer sa présentation ni même ce que moi j'en pense et j'en ai à dire. C'est plus une prise de ses nouvelles. Smile

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mer 10 Aoû 2016 - 20:32

J'avais pas du tout vu les derniers messages désolé de répondre si tardivement.

Au niveau de mes recherches, j'ai un entretien fin septembre au cabinet espass-iddees, et le CRA m'a répondu qu'ils me donneraient un rendez-vous également (mais je n'ai pas de date).

Je dois maintenant patienter encore environ 1 mois et demi avant le premier rendez-vous.
J'ai eu beaucoup de mal à gérer cette attente au début, tout ça me travaillait beaucoup, j'y pensais plusieurs heures par jour sans rien pouvoir faire.

Maintenant j'essaie de ne plus trop y penser, de passer à autre chose dans ma tête, afin de ne pas stresser inutilement.
J'ai passé une petite semaine de vacances en Italie qui m'a changé les idées, et mes activités principales en ce moment sont de soutenir ma copine dans ses démarches professionnelles, et de faire du sport (en plus je progresse, je bat régulièrement mes records, donc c'est agréable Smile )

Quand à ce que je pense de ma présentation et de ce qui a changé dedans, je reviendrais répondre plus tard, je pense qu'il me faudra pas mal de temps à réfléchir avant de pouvoir rédiger.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Sun Simiao le Mer 10 Aoû 2016 - 21:39

Bonjour Asperzebre,

heureux de te découvrir aujourd'hui. Je n'ai rien d'un autiste -heu... non, en fait, parfois j'en ai un peu l'air, la réaction de repli, je connais- pourtant j'avais la même façon que toi de résoudre les problèmes de maths : en redémontrant les théorèmes... parfois en inventant une méthode originale. Bref, tu es un congénère Very Happy  !  

J'ai des questions concernant des programmations mathématiques : estimation des temps de calculs entre des méthodes concurrentes, et aussi besoin de quelqu'un qui puisse effectuer lesdites programmations. Je suis prêts à rémunérer la personne qui s'en chargerait, en espérant que ça ne demande pas trop de temps. Si cela t'intéresse, envoie-moi un message  Wink

Au plaisir !

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Jeu 11 Aoû 2016 - 0:27

Asperzebre a écrit:J'avais pas du tout vu les derniers messages désolé de répondre si tardivement.



Maintenant j'essaie de ne plus trop y penser, de passer à autre chose dans ma tête, afin de ne pas stresser inutilement.
J'ai passé une petite semaine de vacances en Italie qui m'a changé les idées, et mes activités principales en ce moment sont de soutenir ma copine dans ses démarches professionnelles, et de faire du sport (en plus je progresse, je bat régulièrement mes records, donc c'est agréable Smile )

Quand à ce que je pense de ma présentation et de ce qui a changé dedans, je reviendrais répondre plus tard, je pense qu'il me faudra pas mal de temps à réfléchir avant de pouvoir rédiger.
Very Happy Patience vaut parfois mieux que force et que rage  Wink cat

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Ven 12 Aoû 2016 - 12:40

Iamsosure, je reprend ton quote petit à petit, en notant ce qui a changé depuis ma présentation.
Le test WAIS4 ne m'apportera donc pas grand chose sur ma compréhension de moi-même, la seule chose qu'il m'apportera sera de déterminer si je suis officiellement HQI, ou officiellement THQI.
Quand à mon éventuel TTHQI, je resterais probablement dans le doute.
J'ai en effet cru comprendre que le test bloque aux alentours de 150 de QI, et que même si j'avais 200 de QI (ce qui est loin d'être le cas), le test ne pourrait pas me diagnostiquer plus haut que THQI.
Mais ça n'a pas grande importance que j'ai un T ou deux.

Je suis en train de faire les démarches pour passer le WAIS4, si tout se passe comme prévu, je vais le passer en début juillet (tout dépendra de ma compagne qui souhaite m'accompagner, elle m'avait d'abord dit être disponible à parti de fin mai, puis de mi-Juin, et maintenant début Juillet, j'espère que ça ne va pas reculer encore sinon elle va m'entendre  tongue )

Là dessus, j'ai abandonné l'idée de prendre un rendez-vous avec un psy dans l'unique but de passer le WAIS.
De toutes façons je vais surement le passer dans le cadre du diagnostic Asperger.

A ce que j'ai pu lire sur le fil des impressions après avoir passé le test, le WAIS IV me semble inapproprié pour mesurer le QI des HQI.
Il est surtout fait pour déceler des différences avec les gens 'normaux', et particulièrement pour chercher des déficiences intellectuelles.
On est comparé aux résultats d'un échantillon de moins de 900 personnes, dont moins de 80 dans notre tranche d'âge, ce qui est suffisant pour déterminer si on est plutôt dans la moyenne, au dessus ou en dessous, mais très insuffisant pour faire la distinction entre une personne du top 2% et une du top 0.1%
De plus les tests semblent manquer de difficulté pour être pertinents à QI élevé: il est trop facile d'avoir tout bon (si un QI de 130 peut répondre tout bon à une série de question, comment on voit la différence avec un QI de 150 qui donnera exactement les mêmes réponses?)
C'est flagrant sur certains subtests (matrices et arithmétiques), où j'ai cru comprendre que les questions sont si faciles que pour ma tranche d'âge la note max 19/19 n'existe pas, un sans faute donnant seulement 17/19.
Sachant que cette note de 17 sera utilisée pour le calcul de QI, ce qui va compromettre un diagnostic THQI...bref, ça ne me semble pas sérieux du tout.

Je trouve ça d'autant plus dommage qu'il serait très facile de faire des questions permettant de départager ceux ayant des bons résultats, surtout en arithmétique.
Rien qu'un truc du style: donner 143*265 de tête en 1 minute pour départager le 17/19 du 18/19, et 4823*1263 de tête en 1 minute pour départager le 18/19 du 19/19.

Tout ça pour dire qu'au vu de mes dernières lectures, j'accorderais plus de crédit aux tests de QI gratuits sur internet qu'au WAIS IV.
Les tests sur internet n'ont certes pas de validité scientifique, mais ils présentent quelques difficultés permettant de faire la distinction entre des intelligences élevées et des intelligences très élevées, ce dont le WAIS IV semble dépourvu, et qui est à mes yeux le point le plus indispensable pour accorder du crédit à un test sensé mesurer l'intelligence.

Je reste sur mon 151 de QI sur mon-qi.com et sur mon 38/40 aux pré-tests mensa, qui sont plus représentatifs à mes yeux de mon niveau intellectuel qu'un quelconque chiffre pondu par une psy en interprétant ma façon de répondre à des questions faciles.

Mon diagnostic HQI je l'ai déjà, et le test ne représente pour moi qu'une officialisation du truc, rien de plus (ça c'était déjà le cas lors de ma présentation, mais j'avais tout de même l'espoir de passer un test sérieux en faisant le WAIS,  et sur le plan personnel j'espérais avoir une mesure de mon QI plus juste, plus précise que celles que me donne internet.)
Maintenant je considère le WAIS presque moins sérieux que les auto-tests en ligne, je me sentirais plus HQI avec 120 au WAIS et 140 en ligne qu'avec l'inverse.

Tout ceci est à prendre avec des pincettes bien sûr, je ne fais que me baser sur les retours que j'ai pu lire, je me ferais une opinion plus objective du WAIS IV une fois que je l'aurais passé, en espérant m'être trompé et que ce test contienne tout de même quelques questions nécessitant de se creuser la cervelle et de faire la différence entre personnes intelligentes et personnes très intelligentes.

Je préfère les distances assez courtes, je cours 1200 mètres en environ 4minutes 20 ce qui fait un peu moins de 17km/h.
4minutes 25 pour être précis quand j'ai écrit ça, aujourd'hui je suis à 4 minutes 17 ça progresse tout doucement Smile
A court terme je vise 4 minutes 14 (cap symbolique de 17 km/h) et je vise toujours le 4 minutes à moyen terme.
Ensuite je me donnerais d'autres objectifs, peut-être le cap symbolique de 19km/h puis 20km/h si j'y arrive, le but principal n'étant pas d'atteindre mes objectifs, mais de me donner un but pour toujours chercher à me dépasser, ça me fait une super activité physique et c'est très bon pour le moral.

Mon problème est que je ne peux pas rester au RSA toute ma vie, car ça impliquerait une vie enfermé dans ma bulle, rejeté par tous.
Ma famille dans sa grande majorité me méprise car je ne travaille pas (il y a quelques exceptions heureusement).
Ma compagne comprend ma situation, mais n'acceptera pas que je reste sans activité toute ma vie.
D'une part parce qu'elle considère qu'il faut être actif pour s'épanouir (c'est sa vision des choses, que je ne partage pas mais on ne peut pas être d'accord sur tout, et elle reste de très loin la personne la plus tolérante et compréhensive de mon entourage vis à vis de mes particularités)
Et d'autre part, pour des raisons financières, car si on souhaite emménager ensemble et qu'elle a un travail, je ne pourrais plus toucher le RSA, et on devra vivre les deux sur son salaire.
Elle ne souhaite pas m'entretenir toute ma vie, et je ne souhaite pas non plus être un poids-mort pour elle.
Là dessus on a eu des discussions longues avec ma compagne et elle est moins réticente à l'idée que je reste au RSA.
L'important pour elle étant que je ne m'y résigne pas, que je cherche à faire autre chose.
Au pire,si je reste au RSA toute ma vie, ce n'est plus un motif de rupture pour elle, à condition que je ne me sois pas résigné au RSA et que j'aie cherché des moyens de trouver une voie qui me correspond.
Au niveau financier, j'espère soit réussir à trouve r un travail qui ne soit pas destructeur pour moi (donc hors des vois conventionnelles), soit avoir une reconnaissance me permettant d'avoir de quoi vivre dignement (rien que de pouvoir toucher l'équivalent d'un RSA et étant en couple avec une personne qui travaille à 100 euros/mois au dessus du smic, ça serait suffisant pour qu'on s'en sorte pas trop mal, mais si je ne touche rien c'est problématique).

Quand à ma famille, c'est ma vie, pas la leur, ceux qui accepteront mes choix tant mieux, et les autres tant pis on coupera les ponts, ils ne valent pas la peine d'entretenir des relations.

Au niveau de ma façon de voir les choses, de ma façon de raisonner, d'agir, au niveau de mes convictions personnelles, de mes convictions religieuses, de mes idéaux politiques, de ma vision de la vie...dans absolument tous les domaines possibles et imaginables je suis ultra-minoritaire, je nage constamment à contre-courant, avec au mieux 20% de la population allant dans mon sens dans les domaines où je suis le plus conforme aux normes de la société.
Mais je n'ai strictement aucune reconnaissance de tout ça.
Aux yeux de la société je suis un adulte parfaitement "normal".
Un neuro-typique (non-asperger), normo-pensant (non-HQI), sans aucune difficulté particulière, à part une insertion professionnelle difficile due à la crise, au taux de chômage élevé, et à mon manque d'implication dans mes recherches d'emploi.
Là dessus, aucun changement, à part un pessimisme croissant, qui me fait me dire que même diagnostiqué Asperger/HQI la société n'acceptera toujours pas mes différences (c'est de l'intuition, j'espère me tromper, mais je pense avoir raison).
J'ai énormément de mal avec la mentalité française et je pense de plus en plus sérieusement à tenter ma chance à l'étranger à un moment de ma vie, dans un pays plus tolérant envers les gens qui sortent du moule (à peu près n'importe quel pays occidental est préférable à la France sur ce point).

Le reste de ma présentation est globalement toujours d'actualité Wink

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Sam 24 Sep 2016 - 21:02

Ça approche, ça approche, dans 4 jours je pars sur Paris, dans 5 jours le 1er entretien avec la psy pour un diagnostic d'Asperger (pré-diagnostic, de 2 heures, suivi d'une autre consultation sur plusieurs jours, qui sera le diagnostic réel).

J'ai réussi à ne pas trop me focaliser là dessus jusqu'au début du mois.
J'ai passé un cap psychologique quand j'ai vu 'Septembre' sur le calendrier: ça a fait 'tilt', ça y'est le rendez-vous approche, il faudrait que je me prépare.

Du coup, je me suis mis à rédiger un petit document afin de noter tout ce dont je me souviens qui pourrais avoir un lien avec Asperger, afin de le donner à la psychologue et qu'elle ait une trace écrite, car j'ai peur d'oublier et/ou de ne pas avoir le temps de dire tout ce qu'il y a à dire en deux heures.

C'est rapidement devenu un centre d'intérêt qui est passé au premier plan devant tout le reste, j'ai passé jusqu'à 10 heures par jour sur ce document, je n'ai pas compté le nombre total d'heures de travail mais on doit être aux alentours de 100-150.
Mon document n'est plus si petit que ça, il fait environ 40 pages maintenant...
Ma présentation c'est un texto à côté Rolling Eyes

Du coup ça m'embête, j'ai peur qu'il ne soit pas lu, aussi j'ai fait un résumé, et dans mon introduction je précise bien qu'il est conseillé d'aller directement au résumé, et que si on cherche des approfondissements sur un point précis, il y a tout ce qu'il faut dans le corps du document (j'ai fait un beau sommaire bien clair, et j'ai bien organisé toutes les informations par thématiques, je suis assez satisfait de mon travail).

C'est idiot, mais je me dis qu'une personne 'normale' n'aurait jamais passé plus de 100 heures à rédiger un document de 40 pages pour un entretien de 2 heures...rien que ça, ça me conforte dans l'idée que je suis Asperger: focalisation intense sur un centre d'intérêt particulier Smile

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par izo le Sam 24 Sep 2016 - 21:35

...et la nécessité de devoir tout maîtriser et de planifier à outrance (perso je passe un temps assez fou à planifier les actions sur Excel avec des macros tout ça tout ça pour sans doute faciliter l'ancrage de ces actions dans mon processus de vie). Je ferme ma parenthèse auto-centrée pour te souhaiter de franchir ce cap selon qui tu es en te laissant porter par tout ce qui s'y passe délaissant les enjeux en arrière plan pour éventuellement te dénouer un peu.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mer 12 Oct 2016 - 12:59

Les tests sont finalement passés.
J'aurais la restitution dans un mois.

J'ai eu deux entretiens avec la psychologue, dans le 1er elle m'a dit qu'il y avait de très fortes chances pour que je sois Asperger, dans le second elle a émis quelques réserves, portant sur le fait que j'aurais une rigidité plus faible que celle de nombreux Asperger, et sur le fait qu'elle manque d'informations sur mon enfance pour pouvoir établir un diagnostic.
Après un échange de mails, elle m'a dit qu'elle n'excluait pas le diagnostic Asperger, mais qu'il lui paraissait moins évident qu'au premier abord.

Elle hésite maintenant entre Asperger et 'Troubles du comportement social', qui entrera en vigueur dans la prochaine norme internationale (dans laquelle Asperger n'existera plus), mais qui ne sera pas reconnue en France (comme d'habitude, la France est super en retard sur ces questions, on a encore en 2016 des psychiatres qui parlent de soigner l'autisme, comme si c'était une maladie...)
Même si je ne suis pas diagnostiqué Asperger, mais uniquement 'Troubles du comportement social', elle m'a dit que je devrais pouvoir prétendre à une RQTH, et il y a des possibilités de suivi psy pour m'aider dans les démarches d'intégration professionnelle.

Elle m'a aussi fait passer le WAIS IV, elle ne m'a pas encore donné les résultats (elle me les enverra en même temps que sa conclusion pour le diagnostic Asperger).
Sans pouvoir donner de résultat, elle m'a tout de même dit juste après la passation que j'avais plafonné à plusieurs sub-tests, et que mon test serait presque assurément révélateur d'un HQI.
En gros, je sais déjà que le WAIS IV me donnera 130+, mais je ne sais pas encore combien.

D'après le peu qu'elle m'a dit, je m'attend à un profil de QI très atypique.
Elle m'a dit n'avoir jamais vu quelqu'un répondre aussi rapidement aux questions (j'ai mis 5 secondes/question pour les cubes faciles, autour de 30 secondes pour les plus difficiles, j'ai répondu instantanément à toutes les question arithmétiques bien que celles-ci ne soient pas chronométrées...)
Le test arithmétique d'ailleurs, je le plafonne, mais à un point...j'aurais été capable de répondre aux questions les plus 'difficiles' du test d'arithmétique à 7-8 ans, et à toutes les autres à 5-6 ans Smile
D'après la psy, mon principal point faible est la mémoire de travail, j'ai effectivement fait quelques erreurs dans les exercices de mémoire, mais pas tant que ça (1 erreur sure, 1 erreur potentielle, et tout le reste j'ai bon, sûr à 100%).
Ensuite le deuxième point où j'éprouverais selon elle le plus de difficultés serait au niveau des tests oraux.

Elle m'a donné ces informations par oral, juste après le test, donc c'est juste des impressions pour l'instant, il n'y a rien de définitif et son analyse est susceptible d'évoluer.
Mais à priori, j'aurais IVT et IRP plafonnés (donc 150+ je suppose), ICV plus bas (disons 140), et IMT encore plus bas (disons 120-130).
Ça ne colle pas du tout avec le profil HQI 'classique', qui a généralement un ICV très élevé, un IRP et IMT un peu plus bas, et un IVT assez faible, autour de 110.

J'attend avec impatience le compte-rendu dans un mois, en tout cas je ne regrette pas ma démarche, et le bilan est très positif:
-Asperger peut-être confirmé.
-Troubles du comportement social confirmé, et possibilité d'obtention de RQTH même si Asperger n'est pas confirmé.
-HQI confirmé.

Je suis soulagé de ces résultats, et je me dis que je vais peut-être enfin être reconnu pour ce que je suis par la société.

Je vois en tout cas déjà les changements dans la vie de tous les jours, ma copine ayant définitivement intégré l'idée que mes problèmes comportementaux sont du sérieux, et que le fait que je ne trouve pas de travail ne vienne pas d'un manque de volonté, alors qu'auparavant elle avait des doutes malgré tout ce que je pouvais lui dire.
Le fait que ce soit confirmé par un professionnel en sa présence lui a ôté tous les doutes.

Elle a invité des amis à faire la fête à la maison hier soir, elle les a informés sur mes difficultés sociales.
J'étais un peu à l'écart pendant la soirée, sans pression, les gens m'ont un peu questionné sur l'autisme, sur mes tests, j'ai échangé avec eux alors qu'auparavant j'aurais passé la soirée sans dire un mot.
En fin de soirée j'ai commencé à saturer, je suis parti, sans dire un mot, je me suis isolé dans la chambre pour lire, ça n'a choqué personne (alors qu'auparavant je n'aurais jamais pu faire ça), ils ont continué leur soirée dans la bonne humeur, puis on m'a juste demandé de revenir quand ils partaient, pour dire au-revoir.
Des soirées comme ça, je suis partant pour en refaire, c'était ma meilleure soirée depuis très longtemps Smile

Le seul bémol est que j'aurais aimé que ma copine me fasse plus confiance, ça fait depuis 2013 que je me suis auto-diagnostiqué, je n'ai pas besoin de l'avis d'un psy pour savoir que j'ai un trouble que je suis incapable de surmonter, et ma démarche est plus une démarche d'officialisation qu'une démarche de diagnostic.
J'aurais aimé qu'il en soit de même pour ma copine, qu'elle n'ait pas besoin d'entendre ce que je lui répète depuis des années de la bouche d'une psychologue pour enfin y croire.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Buffle le Mer 12 Oct 2016 - 15:02

Ah je suis un peu comme ta copine... Tant qu'un expert ne l'a pas diagnostiqué je n'y crois pas... Mais je pense pas qu'il faille le prendre mal, car surement que c'est aussi valable pour elle-même je pense (c'est à dire que si elle pense avoir une maladie X, elle consultera un médecin qui lui dira si oui ou non, avant de s'auto-diagnostiqué comme étant malade de la maladie X).

Sinon pour le reste, le "rapport" ça me fait penser à moi! Avant mon WAIS j'avais fait une liste avec des tirets de 2 pages de "symptômes". Je n'était pas allé jusqu'à détailler, j'ai eu pitié de la personne qui lirait :p
Et finalement je ne l'ai même pas donné à la psy. Je me suis rendu compte que c'était pour me rassurer moi plus qu'autre chose, car là encore j'avais peur de "penser être HP" sans que le psy le remarque (dû à mes difficultés que tu connais maintenant!).

L'attente est longue. Mais tu verra, tu aura beau t'y attendre tu aura droit à ton coup de massue.

Sinon de façon plus pragmatique je peux t'aider pour demander la rqth auprès de la mdph (j'ai une sacrée expérience avec eux).

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mer 12 Oct 2016 - 15:53

Mon rapport c'est 40 pages, environ 120 heures de travail.
J'étais persuadé qu'il ne serait pas lu, mais j'espérais qu'il serait au moins survolé et apporterait quelques éléments intéressants.
J'ai été très content (et encore plus surpris) d'apprendre que la psy l'a lu presque en intégralité.

Globalement elle m'a fait très bonne impression, ça coûte cher mais ça se sent qu'elle fait ça par vocation, pas juste pour le pognon.
On devait faire deux entretiens, 1 heure puis 2h30, ça s'est transformé en 1h30 puis 4 heures, tout simplement parce qu'il y avait des choses à dire et elle n'a pas écourté l'entretien sur un ''c'est l'heure, par ici la monnaie et à bientôt".

Merci Buffle pour la proposition d'aide pour la RQTH.
Ce n'est pas pour tout de suite, il faut d'abord avoir le rapport dans un mois, puis le valider chez un médecin psychiatre (la France ne reconnait pas le diagnostic posé par un psychologue, le passage par le médecin est obligatoire).
Il y a beaucoup de psychiatres 'foireux' qui n'y connaissent rien en autisme, voire des psychiatres dangereux qui ont des notions théoriques dépassées depuis des décennies et qui assimilent autisme à psychose, ils seraient foutus de me mettre sous médocs pour essayer de me 'guérir'.
Heureusement, la psy peut me mettre en contact avec de 'bons' médecins psychiatres, qui devraient valider sans problème son diagnostic (en gros c'est la phase administrative bidon: la psy me fait passer une batterie de tests et me fait un compte rendu détaillé, qui n'est pas reconnu par l'administration, puis elle m'envoie chez un type qui ne sait rien de moi, se contente de me signer un papier, et ça y'est avec ce papier je suis reconnu autiste...la logique de l'administration française dans toute sa splendeur).

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Ours de la MAZ le Mer 12 Oct 2016 - 17:50

Asperzebre a écrit:.../...
Elle a invité des amis à faire la fête à la maison hier soir, elle les a informés sur mes difficultés sociales.
J'étais un peu à l'écart pendant la soirée, sans pression, les gens m'ont un peu questionné sur l'autisme, sur mes tests, j'ai échangé avec eux alors qu'auparavant j'aurais passé la soirée sans dire un mot.
En fin de soirée j'ai commencé à saturer, je suis parti, sans dire un mot, je me suis isolé dans la chambre pour lire, ça n'a choqué personne (alors qu'auparavant je n'aurais jamais pu faire ça), ils ont continué leur soirée dans la bonne humeur, puis on m'a juste demandé de revenir quand ils partaient, pour dire au-revoir.
Des soirées comme ça, je suis partant pour en refaire, c'était ma meilleure soirée depuis très longtemps Smile
.../...

Avant ZC, je n'osais pas faire cela.
Les témoignages et les rencontres m'ont montré qu'il y avait d'autres socialisations que des socialisations normées et génératrices de fatigues intenses quand il ne s'agissait pas de souffrances psychiques somatisées.

Maintenant, je sais qu'il faut que je m'isole régulièrement, comme si je "me mettais à la terre" pour évacuer l'électricité statique qui "me serre la tête et les yeux". Je fais cela souvent maintenant. Samedi encore, sortie aux iles des Embiez, temps paradisiaque et vues azuréennes, participant(e)s adorables que je connaissais pour la plus part les ayant vu(e)s pas loin d'une 10aine de fois. Donc contexte top, soft voire tendre. J'ai pu ne pas parler quand je n'avais pas envie, ajouter un commentaire "savant et référencé" au fil des conversations sans monopoliser. Mais au bout de 2h00 ensemble, j'ai eu besoin de m'absenter parmi les rochers près d'une heure. J'ai été "roder" avec mon appareil photo.
Puis je suis revenu.
Là où ils sont absolument magiques, c'est que je n'ai eu aucun commentaire. Nous avons fini la journée et ils sont même venus manger à la MAZ le soir.
Journée merveilleuse ET sociale.

Il n'y a que dans la bienveillance que l'on peut vivre.

Et puis je ne sais pas, j'avais envie de le dire ici.

Euh, ...
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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Jeu 13 Oct 2016 - 8:17

Tu as bien fait de mettre ça ici, ça rejoint ce que j'ai écrit précédemment.
Tu montres que relations sociales et plaisir ne sont pas incompatibles.
C'est très agréable à lire, et ça m'aide à prendre confiance pour mon avenir.

Je manque d’expérience à ce sujet (je commence tout juste à ne pas essayer de paraître 'normal' à tout prix), mais j'ai la conviction que tu as raison quand tu parles de bienveillance pour les relations sociales.
Une relation sociale dans laquelle je pourrais être bien est une relation dans laquelle je ne dois pas me forcer à essayer de paraître 'normal', c'est à dire une relation où je pourrais être moi-même sans être jugé.
Je pense pouvoir avoir des relations saines avec à peu-près n'importe qui, à condition que ce point soit respecté, mais en être totalement incapable (là encore avec n'importe qui) si ce point n'est pas respecté.
Tout dépend donc des autres, et non de moi...c'est en tout cas ce que je pense pour le moment, mon avis évoluera peut-être avec l'expérience.

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Buffle le Jeu 13 Oct 2016 - 10:12

Asperzebre a écrit:Mon rapport c'est 40 pages, environ 120 heures de travail.
J'étais persuadé qu'il ne serait pas lu, mais j'espérais qu'il serait au moins survolé et apporterait quelques éléments intéressants.
J'ai été très content (et encore plus surpris) d'apprendre que la psy l'a lu presque en intégralité.

Globalement elle m'a fait très bonne impression, ça coûte cher mais ça se sent qu'elle fait ça par vocation, pas juste pour le pognon.
On devait faire deux entretiens, 1 heure puis 2h30, ça s'est transformé en 1h30 puis 4 heures, tout simplement parce qu'il y avait des choses à dire et elle n'a pas écourté l'entretien sur un ''c'est l'heure, par ici la monnaie et à bientôt".

Merci Buffle pour la proposition d'aide pour la RQTH.
Ce n'est pas pour tout de suite, il faut d'abord avoir le rapport dans un mois, puis le valider chez un médecin psychiatre (la France ne reconnait pas le diagnostic posé par un psychologue, le passage par le médecin est obligatoire).
Il y a beaucoup de psychiatres 'foireux' qui n'y connaissent rien en autisme, voire des psychiatres dangereux qui ont des notions théoriques dépassées depuis des décennies et qui assimilent autisme à psychose, ils seraient foutus de me mettre sous médocs pour essayer de me 'guérir'.
Heureusement, la psy peut me mettre en contact avec de 'bons' médecins psychiatres, qui devraient valider sans problème son diagnostic (en gros c'est la phase administrative bidon: la psy me fait passer une batterie de tests et me fait un compte rendu détaillé, qui n'est pas reconnu par l'administration, puis elle m'envoie chez un type qui ne sait rien de moi, se contente de me signer un papier, et ça y'est avec ce papier je suis reconnu autiste...la logique de l'administration française dans toute sa splendeur).

Ah ben le volet administratif je suis en plein dedans! Moi aussi bilan de psy à faire confirmer par un psychiatre... Bref je connais la galère :/
Et comme je suis impatiente ... Bref.

Essaie de te "libérer du temps de cerveau" et de ne pas te triturer le cerveau avec cette attente. (Les conseillers ne sont pas les payeurs Twisted Evil )

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Buffle le Sam 29 Oct 2016 - 19:23

L'attente n'est pas trop longue?

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Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Dim 30 Oct 2016 - 9:30

Tant que les délais ne sont pas atteints, ça passe encore Smile
Elle m'a dit "un mois" le 12 Octobre, je m'attend à les avoir environ le 12 Novembre, à plus où moins 1 semaine.
Vers le 8-10 Novembre, si les résultats ne sont toujours pas là, je pense que l'attente deviendra pénible, mais bon...je sais être patient en général.

Ce qui me tracasse le plus, c'est que la psy n'a pas répondu à mon dernier mail qui était pourtant très important.
Elle disait manquer d'infos sur mon enfance pour me faire passer l'échelle australienne, qui est un point important du diagnostic Asperger.
Elle me pensait Asperger, mais hésitait, et le fait de ne pas avoir d'infos sur mon enfance était un point important dans la balance pour aller vers un non-diagnostic (pas me dire "vous n'êtes pas Asperger", mais me dire "on ne peut pas l'établir avec certitude, alors on va vous orienter vers quelque chose d'autre dans lequel vous serez reconnu sans difficulté", en l’occurrence 'troubles du comportement social').

Pour les besoins du diagnostic, j'ai fait passer le test à ma mère (je l'ai mis au courant finalement, et ça s'est très bien passé, un soulagement).
J'ai envoyé il y a une semaine les réponses de ma mère à la psy, par mail, pour aider dans le diagnostic.
Les réponses sont 'positives', c'est à dire que j'ai  une moyenne de environ 4/6 à l'échelle australienne, et si on en croit ce qui était écrit sur le site où j'ai été passer le test, à partir de 2/6 de moyenne ça oriente vers le profil Asperger, les gens 'normaux' répondant 0 où 1 à presque tout le questionnaire.

Je n'ai pas eu de réponse à mon mail, j'espère que la psy l'a lu.
Ce n'est pas le fait de ne pas avoir de réponse qui me gène, c'est le fait de ne pas avoir la certitude que mon mail ait été pris en compte.
Je me met maintenant à craindre qu'elle ne le lise pas, qu'elle fasse son bilan sans l'échelle australienne, et qu'elle conclue qu'il est impossible de me diagnostiquer Asperger à cause de l'absence de cette échelle australienne.
Un simple 'OK je vais regarder ça' m'aurait ôté mes doutes.

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