Présentation d'Asperzebre

Page 1 sur 9 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mar 10 Mai 2016 - 14:04

Bonjour.
Je viens de m'inscrire sur ce forum, je ne sais pas si je vais y être beaucoup actif ou pas, mais peu importe, je me présente quand même.
J'ai 32 ans, je me suis auto-diagnostiqué le syndrome d'asperger en 2013 (j'ai lu toute la documentation disponible en ligne sur le sujet, fait tous les tests disponibles également, et je suis sur de moi à 99.99%)
Cependant je n'ai aucune reconnaissance officielle de cet état, j'ai décidé en avril 2016 de franchir le pas, et j'ai entrepris des démarches pour me faire diagnostiquer auprès d'un CRA (le diagnostic n'est pas pour tout de suite, le processus est très long).
Ce diagnostic ne m'apportera strictement rien sur le plan personnel, puisque je connais déjà la réponse, mais il a pour but de pouvoir justifier de mon statut d'Asperger (j'expliquerais dans la suite de ce message en quoi c'est important).

Je sais depuis longtemps que je suis plus intelligent que la moyenne (sans vouloir faire prétentieux), mais je n'ai jamais eu l'impression d'être un surdoué.
Il faut dire que je me faisais une idée de la sur-douance qui est très loin de la définition officielle.
Pour moi, un surdoué c'était un être vraiment exceptionnel, vraiment rare.
2% de la population, c'est pas rare du tout.
ça fait plus d'une classe d'enfants sur deux avec un surdoué, 20 surdoués pour un petit village de 1000 habitants, 2000 surdoués dans une grande ville (100000 habitants), et plus d'un million de surdoués en France.
L'idée que je me faisais des surdoués c'était au grand maximum du 1/10000 (0.01%), soit quelques milliers au plus pour toute la France.
Un HQI ne rentre pas du tout dans l'image que je me faisais d'un surdoué, même un THQI (0.1% de la population) ne correspond pas à l'image que j'avais d'un surdoué.
Les TTHQI (0.003% si je ne me trompe pas) sont ce qui se rapproche le plus de ce que j'aurais naturellement considéré comme des surdoués.

Après m'être renseigné sur la douance j'ai constaté l'énorme fossé entre l'image que je me faisais d'un surdoué, et la réalité des faits.
J'ai passé des heures, voire des dizaines d'heures à lire ce forum en recherche d'informations sur la douance avant de décider de m'inscrire afin de pouvoir réagir à certaines discutions.
J'y ai entre autre trouvé ce qui est considéré comme les meilleurs tests de QI disponibles en ligne.
Je les avais d'ailleurs déjà fait par curiosité avant de découvrir ce forum, et je les avais jugé "bidons" car je trouvais beaucoup trop facile d'avoir un QI super élevé avec ces tests.
D'autant plus qu'il n'y avait que très peu de questions qui m'ont semblé compliquées (honnêtement, avec 3 grammes d'alcool dans le sang et après une nuit blanche, les tests sur internet me donneraient surement encore au moins 130 de QI).
J'ai bien conscience de toutes les critiques de ces tests ( y compris les miennes), je sais aussi que ces tests ne sont pas suffisants et ne remplaceront jamais un WAIS4, mais j'ai aussi vu pas mal de témoignages disant que les résultats de ces tests étaient assez cohérents avec les résultats du test WAIS4, et qu'ils pouvaient constituer une vrai base d'auto-diagnostic avant de passer le cap du test WAIS4, qui coûte assez cher.
(et ça serait effectivement dommage de dépenser 300 euros pour diagnostiquer un QI "normal", alors que le simple test de QI en ligne fait la même chose, gratuitement).

Bref, d'après les tests de QI disponibles, mon QI serait aux alentours de 151, ce qui ferait de moi un THQI.
J'ai aussi passé les pré-tests de Mensa, j'ai eu 38/40 (à partir de 33/40 c'est considéré comme un bon résultat, donnant de grandes chances d'être admis).
Au vu des résultats de ces tests en ligne, et surtout au vu de mon parcours que je vous présenterais dans cette présentation, je suis maintenant persuadé que je suis au moins HQI (de la même façon que je suis Asperger: auto-diagnostic fiable à presque 100%), et je pense être probablement THQI, voire même TTHQI (ce qui me parait peu probable, mais je n'écarte pas cette possibilité).

Le test WAIS4 ne m'apportera donc pas grand chose sur ma compréhension de moi-même, la seule chose qu'il m'apportera sera de déterminer si je suis officiellement HQI, ou officiellement THQI.
Quand à mon éventuel TTHQI, je resterais probablement dans le doute.
J'ai en effet cru comprendre que le test bloque aux alentours de 150 de QI, et que même si j'avais 200 de QI (ce qui est loin d'être le cas), le test ne pourrait pas me diagnostiquer plus haut que THQI.
Mais ça n'a pas grande importance que j'ai un T ou deux.

Je suis en train de faire les démarches pour passer le WAIS4, si tout se passe comme prévu, je vais le passer en début juillet (tout dépendra de ma compagne qui souhaite m'accompagner, elle m'avait d'abord dit être disponible à parti de fin mai, puis de mi-Juin, et maintenant début Juillet, j'espère que ça ne va pas reculer encore sinon elle va m'entendre tongue )

En ajoutant les frais de déplacement car j'habite en campagne, loin de toute structure susceptible de me diagnostiquer, j'arrive à environ 1 mois de revenu (RSA) à mettre de coté pour le test.
Ce test me revient donc à l'équivalent d'environ 1500-2000 euros pour le lecteur moyen ayant une vie professionelle réussie.
Il est clair qu'à ce prix là, il faudrait être sacrément débile de payer juste pour s'entendre dire "vous êtes HQI", ou "vous êtes THQI", mes motivations sont tout autres (et je vais y revenir plus loin dans cette présentation)


Rentrons dans des aspects un peu plus personnels que le syndrôme d'Asperger et le QI:
J'ai 32 ans, je suis sans emploi, au RSA, j'ai été très longtemps en situation d'echec social (ça va un peu mieux maintenant mais c'est pas encore fantastique)
Je suis aussi en situation de grave échec professionnel (il y a une grande corrélation entre ces deux problèmes, bien que mes difficultés sociales ne soient probablement pas responsables à 100% de mes difficultés professionnelles)
J'adore les jeux vidéos: les jeux de stratégie au tour par tour en particulier, et certains bons vieux jeux sur les anciennes consoles.
Je n'accroche pas du tout aux daubes à 60 euros, 5h du durée de vie et 75% du temps de jeu à regarder des cinématiques qui sont produites à la chaine en ce moment. Si je voulais voir des cinématiques je n'acheterais pas un jeu, j'irais au cinéma.

J'aime aussi les jeux de reflexion (jeu de go, echecs), j'adore les animaux (à l'exception des araignées dont j'ai la phobie) et je pratique la course à pied.
En allant tout doucement, je peux faire environ 10 km, mais c'est très rare que je fasse ce genre de course.
Je préfère les distances assez courtes, je cours 1200 mètres en environ 4minutes 20 ce qui fait un peu moins de 17km/h.
C'est très loin des professionnels (comparé aux marathoniens qui vont à presque 20km/h pendant 42 km, ma performance semble ridicule), mais je m'en contente très bien, et j'essaie de progresser juste pour le plaisir (je vise 4minutes pour 1200m à plus ou moins long terme).

J'ai toujours été attiré par les sciences, et en particulier les mathématiques (l'algèbre beaucoup plus que la géométrie).
Vous le remarquerez peut-être en lisant ma présentation, j'ai tendance à vouloir mettre des chiffres sur tout.
J'ai une très grande capacité de raisonnement logique (sans vouloir faire prétentieux) et je ne serais pas surpris d'apprendre qu'il y a un gros écart entre mon QI logique et mon QI global.
En contrepartie, j'aborde absolument tout d'une manière rationelle, je ne sais pas fonctionner autrement.
J'ai des émotions, comme tout le monde, mais lorsque je réfléchis, je n'accorde strictement aucune place à ces émotions, et j'essaie d'être le plus rationnel, le plus objectif possible.
Je considère que c'est une forme d'intelligence que de ne pas céder à la colère, à la jalousie, à la frustration, et en toutes circonstances savoir porter un regard lucide sur le monde qui m'entoure.
J'aurais tendance à considérer que je maitrise mes émotions, que je les ai en moi mais que je reste maitre de ma vie, alors que les gens "normaux" se font dicter leur vie par leurs émotions.
Je ne suis pas du tout impulsif, je vais toujours réfléchir avant d'agir, souvent trop d'ailleurs.

Si je devais mettre le doigt sur le domaine de compétences spécifiques où je suis le plus doué, ce serait les calculs mathématiques portant sur les probabilités (qui me passionnent, et que je peux faire juste pour le plaisir, sans aucune autre raison que de faire des calculs de probabilités)
Comme vous le verrez plus tard dans ce message , mes notes au cours de ma scolarité étaient loin d'être exceptionnelles.
Une de ces notes ressort du lot et est restée gravée dans ma mémoire, je m'en souviens presque comme si je l'avais eue hier alors que je l'ai eue en 1999.
C'était un devoir de mathématiques en classe de 1ère S, d'une durée de deux heures, sur les probabilités justement.
J'ai fini très rapidement, en bien moins d'une heure, puis je me suis ennuyé. Alors pour passer le temps, j'ai repris ma copie, et, pour chaque question, je me suis amusé à trouver une manière originale de résoudre le problème, ce qui fait que j'avais au final un devoir deux fois plus long que ce qui était attendu, avec deux réponses par question.
J'ai ensuite pris tout mon temps pour me relir, être sur de n'avoir fait aucune erreur, et quand j'étais absolument certain que tout était bon et que je ne pouvais plus ameillorer ma copie, j'ai été la rendre au professeur.
Il restait alors encore une demi-heure pour faire le devoir.
J'ai eu 20/20 (c'est le seul 20/20 que j'aie eu au lycée toutes matières confondues, et ce n'était pas dû à un devoir trop facile: j'ai été le seul à rendre ma copie en avance, et la deuxième meilleure note de la classe était de l'ordre de 15/20)

Je suis athée convaincu (le mot athée est même trop faible pour moi, je dirais que je suis à l'athée ce que l'athée est à l'agnostique)
Un agnostique est quelqu'un qui ne sait pas trop si dieu existe ou pas, un athée est quelqu'un qui croit que dieu n'existe pas, et un ???(le mot n'existe pas il faudrait l'inventer) est quelqu'un qui sait que dieu n'existe pas.
Je suis dans cette dernière catégorie, et j'ai des arguments rationnels en béton armé pour prouver la non-existence de dieu.
Je suis conscient que beaucoup de lecteurs ne vont surement pas aimer ce que je viens d'écrire (il n'y a que 16% d'athées dans le monde, et même parmi ces 16% beaucoup auraient tendance à me dire "tu te prend pour qui pour décréter comme ça que dieu n'existe pas, on ne peut pas le prouver")
Mais ça m’amène à mon trait de caractère suivant qui est l’honnêteté: je dis ce que je pense être vrai, en toutes circonstances, je ne me préoccupe que de la recherche de la vérité, je ne dis jamais de choses que je pense fausse uniquement pour aller dans le sens de la majorité, pour faire plaisir aux gens en leur mentant et leur faisant croire qu'on a des points communs.

J'exposerais probablement un jour ou l'autre mes arguments concernant la non-existance de dieu dans la part du forum dédiée à ce genre de sujets, mais pas dans ma présentation.
Je tolère très bien que certaines personnes soient croyantes, je ne chercherais pas à leur faire renoncer à leur croyances à tout prix: c'est leur vie et si ils sont épanouis comme ça, il n'y a pas de raison de venir chambouler tout ça.
J'en ai d'ailleurs repéré quelques-uns sur ce forum, et à part le sujet religieux sur lequel nous ne serons jamais d'accord, j'ai tendance à trouver ce qu'ils écrivent très sensé et intéressant.
Par contre je tolère beaucoup moins les personnes religieuses qui cherchent à m'imposer leurs croyances (elles sont heureusement très rares dans mon entourage).

J'ai un sens de la justice très poussé, le monde dans lequel nous vivons me révolte, et je réfléchis énormément à des solutions politiques pour faire évoluer les choses dans le bon sens (moins de gens malheureux, meilleure distribution des richesses, respect de la planète...)
C'est d'ailleurs assez déprimant, car mes convictions sont totalement à l'opposé de la pensée dominante (il n'y a qu'à voir les intentions de vote en France, c'est à vomir).
Là aussi, il y a surement moyen d'approfondir dans la partie politique du forum, mais pas dans ma présentation.


Je vais maintenant vous présenter mon parcours, que je vais développer en deux parties: l'aspect compétences/scolarité/insertion professionnelle, puis l'aspect relations sociales.
Je préviens à l'avance, ça va être très long. Beaucoup plus long que la plus longue des présentations que j'aie vue sur ce forum (je n'ai pas tout lu, mais j'en ai regardé pas mal tout de même, et ce qu'on appelle habituellement un pavé fait figure de SMS à coté de ma présentation)
Je conseille donc aux gens n'aimant pas trop les pavés d’arrêter leur lecture ici.

Sinon, pour les courageux, c'est parti!

1ère partie: l'aspect compétences/scolarité/insertion professionnelle.

Enfant précoce, je lisais presque aussi bien qu'aujourd'hui à l'âge de 4 ans, et je savais faire des multiplications à 5 ans.

Je n'ai jamais été diagnostiqué enfant précoce, et j'ai donc eu une scolarité "normale" dans le public, avec juste un an d'avance (comme je savais déjà lire on m'a autorisé à entrer en CP à 5 ans)
Je me suis très rapidement ennuyé en cours, je n'ai jamais eu aucune motivation à aller à l'école, je n'ai jamais fourni de travail personnel, et j'ai très souvent eu des punitions par mes professeurs pour ne pas avoir fait mes devoirs à la maison.
De manière générale je n'ai jamais eu de bonnes notes (à part quelques exceptions), mais mes notes étaient toujours suffisantes pour ne pas redoubler, j'ai donc eu mon BAC à 17 ans, sans mention, mais sans passer par le rattrapage.
Je me suis ensuite lancé dans la filière la plus matheuse de la FAC, à savoir un DEUG MIAS (mathématiques, informatique, applications aux sciences) que j'ai obtenu à 19 ans.

Cependant lors de ce DEUG MIAS j'ai eu des difficultés de compréhension en mathématiques, et je me suis retrouvé contraint à travailler d'une manière qui ne me correspondait pas.
Jusqu'à la fin de la terminale S, je comprenais intuitivement les mathématiques, je n'avais presque rien besoin d'apprendre, pour plus de 80% des cours je comprenais la logique inhérente aux théorèmes, et je les utilisais quand c'était nécessaire sans même y penser (voir même dans certains cas, je les utilisais sans jamais les avoir vus, car mon raisonnement naturel suivait une logique similaire au théorème).
Cette façon de comprendre intuitivement les mathématiques m'a d'ailleurs valu de mauvaises notes, on m'a souvent reproché de na pas citer les théorèmes que j'utilisais dans mes démonstrations mathématiques, alors que je n'avais la plupart du temps même pas conscience d'utiliser un théorème.
Il se trouve que le niveau de complexité des mathématiques augmente beaucoup entre la terminale S et la FAC.
Les théorèmes que nous apprenions à la FAC étaient trop complèxes, trop abstaits pour que je comprennes intuitivement leur sens.
La logique de ces théorèmes m'échappait (ce qui est en soi assez logique, car ils ont été conçus en plusieurs années de recherche par des mathématiciens de génie, les comprendre intuitivement à la première écoute me semble nécessiter des capacités cognitives égales voire supérieure à celles de ces génies, ce qui n'est vraisemblablement pas mon cas)
J'ai donc dû utiliser la méthode que je déteste, c'est à dire apprendre à défaut de comprendre.
Je ne supporte absolument pas ça, quoi que je fasse j'ai besoin de tout comprendre.
j'avais 15 de moyenne en maths en DEUG, mais étant donné que je ne comprenais rien, j'avais la sentation d'être en décrochage.

Le DEUG MIAS avait la particularité de proposer pour la deuxième année une spécialisation en maths ou en informatique.
Au moment de choisir ma voie en sortant de terminale S, j'étais effrayé par la présence d'informatique dans le DEUG MIAS, j'aurais préféré que ça soit seulement des maths.
J'ai été agréablement surpris par ce qu'on faisait en informatique, mes craintes se sont dissipées, j'ai très vite eu d'excellents résultats (environ 17/20 de moyenne), et j'ai senti que c'était un très bon domaine pour exprimer mes capacités.
En effet, le raisonnement logique était primordial en informatique, où l'essentiel du travail consistait à inventer des algorithmes capables de résoudre un problème donné.
Etant donné qu'au même moment je doutais fortement de moi sur les mathématiques, c'est tout naturellement qu'au moment de choisir entre une spécialisation en maths ou en informatique, j'ai opté pour l'informatique.

Après le DEUG MIAS, j'ai poursuivi sur une licence d'informatique, que j'ai eue les doigts dans le nez, avec un taux de présence en cours de l'ordre de 20%.

C'est au cours de cette licence d'informatique que j'ai eu la deuxième note la plus marquante de mon cursus après le 20/20 en probas.
J'avais fait l'impasse sur une matière (intitulée "intelligence artificielle distribuée", IAD pour faire court), non pas parce qu'elle était inintéressante, au contraire, mais parce que les horaires des cours ne me correspondaient pas: je privilégiais ma tentative d'intégration sociale à mes études à cette époque, et je passais tous mes après-midis à me sociabiliser. Je n'ai donc assisté à aucun des cours de l'après midi pendant mon année de licence. (ça aussi on va y revenir plus tard, dans la 2ème partie, on est encore loin de la fin de la présentation Rolling Eyes )
Les cours d'IAD étant tous programmés pendant l'après-midi, je n'ai jamais mis les pieds dans la salle de cours.
J'avais calculé, en fonction des notes que j'estimais avoir dans les autres matières qu'un petit 3 ou 4 sur 20 en IAD serait suffisant pour valider mon année.
Encore fallait-il avoir ce fameux 3-4/20 alors que je n'avais jamais mis les pieds en cours.
Le jour de l'examen, j'ai donc emprunté les cours à un de mes camarades, afin de les lire vite fait et d'avoir un vague aperçu du travail que je serais sensé fournir.
Ma chance a été que beaucoup de questions ne nécessitaient pas forcément une grande connaissance du cours pour pouvoir répondre, mais plutôt un bon sens logique.
J'ai donc réussi bien mieux que je l'espérais, et m'en suis tiré avec un incroyable 11/20, mieux que beaucoup de personnes ayant assisté aux cours toute l'année.

J'ai ensuite continué sur ma lancée, jusqu'à la fin du 1er semestre de la 1ère année de master (la réforme LMD était passée par là, le DEUG et la maîtrise ont disparu au cours de mon cursus universitaire).
J'ai validé ce 1er semestre, en ayant des notes légèrement supérieures à la moyenne dans tous les modules, toujours en ayant une présence très limitée en cours (disons que j'assistais à 15-20% des cours environ)
Mon integration sociale se passait bien, je reprennais confiance en moi après la phase très difficile de l'adolescence (là aussi on va y revenir en partie 2)
En ce qui concerne les cours, j'avais confiance en mes capacités, le travail que je fournissais était calculé, et malgré ce que pouvait laisser penser mon attitude, je ne délaissais pas mes études: je les faisais passer au second plan, mais je fournissais tout de même le strict minimum pour ne pas me faire recaler.
J'avais très bien conscience de mes énormes lacunes sur le plan social, et j'étais parfaitement lucide sur le fait que me focaliser sur mes études et passer mes années avec mention bien/très bien au lieu de les passer sans mention ne m'aurait strictement rien apporté: j'aurais beau avoir tous les diplômes du monde, tant que je ne progresserais pas sur le plan social, je n'aurais aucun avenir professionnel derrière.
Le fait de très peu aller en cours n'était pas du "je m'en foutisme", ou du "glandage", mais bel et bien une stratégie d'intégration à la société.
Cette stratégie n'était bien sur ni parfaitement conçue, ni parfaitement appliquée, et je mentirais en disant que je n'ai jamais eu la flemme d'aller aux cours que je jugeais nécessaires, ou en disant qu'à chaque fois que j'allais rejoindre mes amis, j'y allais dans le but de perfectionner mes relations sociales (j'y allais aussi pour passer de bons moments).
Mais malgré ces défauts, c'est la stratégie que j'avais choisi, et tout portait à croire qu'elle s'avérait payante.
A ce stade de ma vie donc, j'étais plutôt confiant, je pensais le pire derrière moi, je pensais avoir fait les bons choix, et j'avais l'impression de voir enfin le bout du tunnel.

Puis je me suis pris le plus gros coup de massue de ma vie: mes projets ont volé en éclats quand j'ai appris par hasard que l'admission en 2ème année de master n'était pas automatique: avoir 10/20 ne suffit pas, il y a un nombre de place limité, et l'admission en master 2 se fait par l'intermédiaire d'un jury composé du corps enseignant qui va déterminer qui est apte à continuer, et qui ne l'est pas.
Vu l'image désastreuse que les enseignants s'étaient fait de moi, je suis convaincu que même si par miracle je passais le second semestre avec 18/20 de moyenne, j'aurais été recalé pour le master 2.
Ma confiance en moi en a pris un coup énorme, ainsi que ma motivation, et ça a été le début de ma deuxième descente aux enfers (la première a été mon enfance/adolescence, là encore on y reviendra ^^)
Je n'arrivais plus à trouver de sens à ma vie, plus de motivation pour aller en cours alors que je me savais d'avance condamné.
Ma fréquentation des cours a donc grandement diminué, jusqu'à devenir quasi inexistante (j'assistais peut-être à 2-3 cours par mois, pas plus), et j'ai eu beau tenter de me ressaisir avant les examens, tenter de me motiver et de les passer serieusement afin de valier mon année "pour la forme", mes capacités intellectuelles ont été confrontées à leurs limites.
D'autres plus THQI que moi seraient sans doute parvenus à valider leur année dans ces conditions, moi je suis resté échoué à environ 8/20 de moyenne pour le second semestre.

S'en sont suivies 3 années de fuite en avant, où je me réinscrivais à la FAC par refus de me jeter dans un monde professionnel auquel je ne me sentais pas prêt à me confronter, mais sans jamais trouver la motivation nécessaire pour valider mon année.
Finalement, à ma 4ème année de master1 (oui, j'ai quadruplé, vous avez bien lu) j'ai enfin franchi le pas, je me suis refusé à quitter la FAC sur un echec qui aurait été destructeur psychologiquement, je me suis forcé à assister à quelques cours (environ 20% de présence en cours comme avant ma perte de motivation) et j'ai validé mon 2eme semestre et ma 1ère année de master.
Sans surprise, je suis l'élève ayant eu les avis de poursuites d'études les plus défavorables de toute la promotion, je n'ai même pas postulé pour le master 2 et mes études se sont achevées ici (c'était en 2008, il y a 8 ans)

J'ai ensuite traversé une periode d'inactivité et de dépression d'environ 2 ans (là encore, tout comme pour mon THQI et pour mon Asperger, c'est de l'auto-diagnostic)
Mais pleurer 2 heures par jour en moyenne (principalement dans le lit avant de s'endormir), et penser au suicide au moins une fois par semaine...je pense qu'il n'y a pas besoin d'être spécialiste pour y reconnaitre une dépression.
En 2010 j'ai rencontré ma compagne actuelle, qui m'a aidé à remonter la pente, m'a énormément encouragé, m'a fait passer une formation professionelle pour reprendre confiance en mes capacités et me redonner une chance d'accéder au monde du travail.
Cette formation, de 9 mois, de niveau BAC+2 (alors que mon diplôme à la FAC était BAC+4) m'a beaucoup aidé, j'y ai appris beaucoup plus de choses au niveau professionnel que ce que j'ai appris à la FAC, et mon moral a fait des progrès considérables (la dépression n'est plus qu'un souvenir).

Ensuite environ 1 an après la formation, je trouve mon premier CDD en tant que développeur informatique, dans une toute petite boite où le patron a l'habitude de travailler seul en autodidacte. Il m'a embauché car il était débordé et n'avait pas le temps de faire tout le travail seul.
Nos relations ont été très bonnes, j'ai été à la hauteur de ses attentes.
Humainement c'était quelqu'un de très bien, qui ne me prenait pas de haut, s'adressait à moi d'égal à égal, comme si j'étais un collègue et non son employé.
Mais à la fin du CDD j'étais quand même heureux que ça se termine car je commençais à approcher de mes limites (burn-out proche)

En 2014, je trouve mon 2ème emploi, CDI cette fois, dans une entreprise d'environ 50 salariés, dont je tairais le nom pour éviter un procès vu ce que je compte dire sur elle.
Ils me prennent en periode d'essai de deux mois, me préviennent que quoi qu'il arrive à la fin de cette periode il y aura une seconde période d'essai d'un mois.
Je ne suis même pas sûr qu'ils aient le droit de faire ça, certains de mes amis m'ont conseillé d'attaquer l'entreprise aux prud'hommes quand je leur ai raconté ça.
Mais bon, même si ce n'est pas autorisé par la loi (franchement je n'en sais rien, et je m'en fous un peu), je ne voyais pas d'objection au fait de faire une période d'essai de 3 mois au lieu de deux, si c'est le temps qu'ils estiment nécessaire pour déterminer si je fais l'affaire ou pas.
La première periode d'essai se passe bien, après des débuts un peu difficiles je pense avoir bien compris comment fonctionne l'entreprise, quel est mon rôle, et les retours sur mon travail sont très positifs.
Je vais faire la periode d'essai supplémentaire de un mois, car c'est la procédure habituelle de recrutement de l'entreprise, mais je peux quasiment considérer que je suis déjà en CDI.
La deuxième période d'essai sera absolument désastreuse.
Incapable de travailler correctement à cause de la pression des autres, je n'ai pas pu rendre en 1 mois un mini-projet qui m'avait été assigné et que j'aurais rendu en 2-3 jours si je l'avais réalisé dans le cadre de ma 1ère entreprise.
Seulement voilà, d'autres ont fait n'importe-quoi et j'ai été le bouc-émissaire.
En essayant de ne pas rentrer trop dans des détails techniques qui seraient incompréhensibles pour les non-informaticiens, je dirais que j'ai été constamment ralenti par des injonctions de vérifications, par des collègues qui avaient peur que je casse leur travail (vu que je travaillais à partir d'un projet existant, que je devais faire évoluer)
Ces vérifications ont multiplié ma charge de travail par 5 environ (20% du travail était le developpement du projet en lui-même, 80% les divers tests pour s'assurer que mon travail était compatible avec celui de mes collègues).
Comme si ça ne suffisait pas, quelqu'un a contourné les procédures habituelles de l'entreprise pour le site-web sur lequel j'étais en train de travailler.
Il y avait une procédure visant à avoir à 100% du temps quelque chose de fonctionnel en ligne: à chaque fois qu'on fait une nouvelle version, on travaille sur une copie (ce qui fait que toutes les modifications qu'on apporte ne sont effectives que sur cette copie, pas sur le site en ligne)
Une fois toutes les modifications effectuées, on envoie ça à une équipe de tests, chargée de chercher des bugs, puis après avoir fait les corrections nécessaires il y a une étape de validation, et quand tout est OK, c'est mis en ligne.
Seulement quelqu'un (je ne sais pas qui, et je ne cherche pas de coupable) s'est cru capable de gagner du temps en faisant une modification directement sur le site en ligne, en contournant toutes les procédures.
Il s'est avéré qu'il ou elle a completement merdé, que le site s'est retrouvé completement planté, que personne n'a réussi à le refaire fonctionner, et que la décision a été prise par la hiérarchie, sans me consulter, de prendre ma version du site et de la mettre en ligne pour remplacer celle qui avait été bousillée.
Sauf que, ma version du site était en plein chantier, j'étais en train de programmer des évolutions, et elle n'était pas du tout sensée être mise en ligne dans l'état actuel des choses.
J'ai été inondé de messages sur ma messagerie professionnelle comme quoi ça n'allait pas du tout, qu'il y avait plein de bugs, qu'il fallait absolument corriger tout ça rapidement, que c'était inadmissible de laisser en ligne une version qui ne fonctionne pas...bref, on m'a fait porter le chapeau de la double connerie qui a été faite par les autres: d'abord celui ou celle qui n'a pas respecté les procédures, puis ceux qui ont décidé de mettre ma version en ligne sans même prendre le temps de me demander si c'était faisable (je leur aurais alors répondu que non, qu'il fallait prendre une autre version que la mienne).
J'étais le seul à être irréprochable sur cette affaire, et j'ai été le seul mis en cause.
J'ai donc passé les semaines suivantes à remettre en état le site comme je pouvais, sous pression constante (et je gère très mal la pression, ça ne m'aide pas du tout à avancer, au contraire ça a tendance à me paralyser).
Mon projet n'a absolument pas avancé car j'étais occupé à réparer les erreurs des autres...quand j'ai voulu expliquer pourquoi je n'avais pas rendu mon projet dans les temps il n'y a eu absolument aucune compréhension de la hiérarchie, j'ai été traité d'incapable par ma chef de projet pour ne pas avoir su finir mon projet dans les délais impartis...
Il y a eu pendant ce mois des tas d'autres problèmes, je pourrais faire un sujet aussi long que toute ma présentation traitant exclusivement des dysfonctionnements que j'ai constatés dans cette entreprise.
Je ne portais aucune part de responsabilité dans le moindre des problèmes qui sont survenus au cours de ce mois.
Pourtant, à la fin de ma periode d'essai j'ai été évincé. Raison invoquée: "je ne suis pas assez inséré avec les équipes", belle blague.
Raisons réelles:
1) Ils ont merdé, j'ai été le bouc émissaire.
2) La hiérarchie n'a pas aimé que je respecte mon contrat de travail (oui, vous avez bien lu, il n'y a pas de mots "ne" et "pas" manquants dans cette phrase): je faisais les heures spécifiées sur mon contrat, surtout pas d'heures sup (surtout qu'elles sont non rémunérées), j'ai bien suivi les recommandations de mes collègues qui m'avaient mis en garde contre la hiérarchie, qui n'hésiterait pas à me pousser en burn-out. (l'intégralité des développeurs de la boite a eu au moins une fois un arrêt maladie à cause de la pression trop forte au travail)
Lors de mon entretien de départ, ils m'ont bien stipulé (à l'oral bien sûr, pas de trace écrite de tout ça), qu'ils attendaient plus de travail de ma part, que mon temps de présence était insuffisant (en gros ils espéraient que je fasse 50 heures payées 35)
Déjà que le contrat était ultra-avantageux pour eux: ils exigeaient de moi le même travail que les ingénieurs, tout en me refilant un bas salaire de développeur junior: 150 euros net au dessus du SMIC, une fois qu'on retire les frais de déplacement (80km journaliers), je suis grosso-modo payé au SMIC.
Le SMIC pour du boulot d'ingénieur, c'est déjà la belle arnaque, j'accepte ces conditions car l'important pour moi c'est d'avoir un boulot, et que le SMIC me suffit, l'argent n'est pas ma motivation dans la vie.
Mais le SMIC pour du boulot d'ingénieur, en bossant 50 heures par semaine, et en ayant 3 réunions par semaine où des managers t'expliquent que t'es qu'une grosse merde...faut peut-être pas abuser.

Ce travail m'a profondément dégoûté du monde de l'entreprise, et je n'ai depuis fait aucun effort pour y retourner, je suis de nouveau au RSA et je suis dans un état d'esprit beaucoup plus serein que lorsque j'étais employé.
Je suis conscient que cette boite était catastrophique, qu'elles ne sont pas toutes comme ça, que je peux surement trouver mieux...mais il reste cependant de très nombreux obstacles à mon intégration professionnelle.

1er problème majeur: mon handicap social, toujours présent, qui est à la fois un obstacle dans les démarches (je n'ose pas faire de relance téléphoniques par exemple, j'ai trop peur de déranger des gens pendant leur travail)
mais aussi un obstacle plus gros encore une fois entré dans la boite, car je suis sans défense face à toutes les personnes peu scrupuleuses qui n'hésiteraient pas à se servir de moi pour parvenir à leurs fins: je suis trop honnête, toujours à la recherche de ce qui me semble le mieux pour l'entreprise, et je n'arrive pas à admettre que les autres ne fonctionnent pas comme ça.
J'ai beau savoir que des comportements malhonnêtes existent, ils me semblent tellement surréalistes que je n'arrive pas à penser que quelqu'un ayant un tel comportement soit toujours en poste au sein d'une entreprise.
Par exemple, si un employé me demande de faire quelque chose qui me semble sensé, je vais le faire, car je vais avoir un esprit d'équipe qui me dit que si on me le demande, c'est que c'est important pour l'entreprise, que c'est mon travail de le faire. Je n'imaginerais pas une seconde qu'on me demande de faire un truc qu'il ne fallait en fait pas faire, dans le seul but de me faire mal voir et de m'évincer d'un poste convoité (j'arrive à en émettre l'hypothèse à tête reposée, mais confronté au fait, je ne penserais pas à ce scénario)
Je me ferais aussi facilement bouffer par des employés qui se déchargent de leur travail sur moi (tu peux faire ça, j'ai pas le temps...). Je vais supposer qu'ils n'ont effectivement pas le temps, que si ils avaient le temps ils le feraient, ne me demanderaient pas de le faire...je ne vais pas penser qu'il peut s'agir d'un flemmard qui profite de ma crédulité pour glandouiller pendant que je me tape tout le boulot.
En fait mes valeurs se retournent contre moi, je suis trop honnête, trop gentil, je me fais bouffer par les égoïstes et les menteurs.
Dans notre société déprimante, c'est malheureusement les salauds qui s'en sortent le mieux.

2eme problème, non moindre: j'ai bien peur d'être incapable de gérer la pression du travail sur le long terme.
J'ai constaté une grande fatigue professionnelle après seulement 3 mois, que ce soit pendant le CDD qui s'est bien passé ou pendant le CDI désastreux (si ça s'était bien passé et que j'étais resté dans la boite, je ne sais pas combien de temps j'aurais tenu, j'approchais dangereusement de mes limites à la fin de la période d'essai)
Je me sens totalement incapable de faire un CDD de 6 mois à temps plein dans des conditions "normales" (c'est à dire sans RQTH pour mon Asperger), alors un CDI avec seulement 5 semaines par an pour souffler, je n'ose même pas imaginer.

De plus, j'ai la sentation de m'être affreusement trompé de voie avec l'informatique.
Comme je l'ai expliqué plus haut dans cette présentation, c'est l'aspect logique qui m'a attiré dans l'informatique.
Je n'ai aucun attrait envers les nouvelles technologies, et je suis très loin de coller à l'image de l'informaticien lambda.
N'importe quel jeune sans aucun diplôme en informatique mais qui s'interesse un peu aux nouvelles technologies ( un "geek" en langage commun, même si il y a un débat autour du sens de ce mot), aura 10 fois plus de connaissances générales que moi en informatique.
J'ai la logique, je connais quelques langages de programmation, je suis capable d'apprendre rapidement un langage qui me serait inconnu, je sais gérer des bases de données...on a à peu près fait le tour.
Je suis une bille en réseau, 95% des termes techniques employés en informatique sont du chinois pour moi.
Je n'ai pas de tablette, pas d'i-phone, je ne me tiens absolument pas au courant des avancées technologiques car je n'en éprouve strictement aucun intérêt.
En société on me met la casquette "informaticien" et on vient me parler de nouvelles technologies, on me demande mon avis pour par exemple acheter un i-phone, ou des bons sites web de téléchargements, ou de steaming.
Je me sens très mal à l'aise dans ces situations, et je ne sais pas comment dire gentiment à mon interlocuteur que ces sujets là d'une part je n'y connais rien et d'autre part je m'en contrefiche.

L'informatique était pour moi la suite logique des études de mathématiques.
J'adore inventer des algorithmes, ou optimiser un code afin d'avoir le programme le plus performant possible. j'adore réfléchir, prendre mon temps à me creuser la tête sur un problème, puis finalement parvenir à une solution.
Le travail informatique en entreprise n'a rien à voir.
On a des contraintes de temps qui vont à l'encontre du calme et du temps nécessaires à la réflexion.
On doit être productif, rendre les projets aux clients dans les délais impartis.
On ne réfléchit jamais, ça perd trop de temps. Quand on a un blocage, au lieu de réfléchir à trouver soi-même une solution, on doit demander aux collègues si ils n'ont pas déjà été confronté à ce problème, et quelle solution ils ont trouvé.
Et dans le cas où ils ne pourraient pas aider, on recherche une solution sur internet. Mais jamais on ne fait appel à son cerveau pour se sortir des difficultés.
La qualité du travail on en parle même pas: absolument dégeulasse, on fait des codes crades remplis de copié-collé de trucs pompés à droite à gauche qui fonctionnent à peu près, pour essayer de gagner du temps.
On a pas le choix, les équipes de management nous mettent sous pression continue, quand on dit qu'il nous faudrait un mois pour faire un projet on nous répond: "vous avez 3 jours pour le faire".
Bref, tout ce qui m'a attiré vers l'informatique en milieu universitaire est totalement absent du monde professionnel, et le métier de développeur informatique est ce que j'appellerais "un métier de merde".


En conclusion, je suis en situation de blocage professionnel: je vois que ça ne va pas, je sais que je suis inapte à travailler "normalement" dans notre société, et en conséquence, j'ai abandonné l'idée de le faire: je vis du RSA et je m'en porte bien (pour le moment).
Le plus dur à vivre étant la pression de l'entourage, à chaque fois que je rencontre des connaissances que je n'ai pas vues depuis un certain temps c'est la même chose: "alors tes recherches d'emploi, t'en es où?".
Impossible de répondre que je ne cherche pas d'emploi, que j'ai l'intention de rester au RSA pour le moment, la grande majorité de mon entourage n'est pas prêt à entendre ça et je serais encore rejeté.
Alors j'invente des histoires, je dis que j'ai postulé à des trucs, en essayant de rester vague, et en espérant qu'ils ne soient pas trop avides de détails.

Jusque là, ça va encore, j'arrive à gérer ma vie à ma façon, et pour moi le RSA n'est pas une fatalité, bien au contraire.
Je ne suis absolument pas représenté par cette société de consommation, je n'aime pas dépenser bêtement d'argent dans des babioles inutiles.
je considère que l'important dans la vie c'est de faire ce qu'on aime, et pour ça il faut du temps libre pour s'épanouir.
En plus ça tombe bien, mes passions sont gratuites: j'aime la nature, les promenades, courir, jardiner(ça c'est même encore mieux que gratuit, ça fait faire des économies, plus besoin d'acheter de légumes pour manger).
Vous avez surement déjà entendu la phrase "travailler plus pour gagner plus"?
L'idée est la suivante: l'argent est une fin en soi, être riche c'est être heureux, et on accepte de sacrifier notre temps libre pour atteindre cet objectif de richesse.
Je suis à l'exact opposé, je l'ai toujours su, bien avant mon premier emploi.
Ma doctrine serait plutôt "gagner moins pour travailler moins".
Pour moi l'argent n'est pas une fin en soi, c'est juste un moyen.
L'objectif est d'avoir du temps libre pour profiter de la vie, et j'accepte de sacrifier mes revenus pour atteindre cet objectif (du moment que j'ai de quoi manger et payer les factures, ça suffit amplement).

Mon problème est que je ne peux pas rester au RSA toute ma vie, car ça impliquerait une vie enfermé dans ma bulle, rejeté par tous.
Ma famille dans sa grande majorité me méprise car je ne travaille pas (il y a quelques exceptions heureusement).
Ma compagne comprend ma situation, mais n'acceptera pas que je reste sans activité toute ma vie.
D'une part parce qu'elle considère qu'il faut être actif pour s'épanouir (c'est sa vision des choses, que je ne partage pas mais on ne peut pas être d'accord sur tout, et elle reste de très loin la personne la plus tolérante et compréhensive de mon entourage vis à vis de mes particularités)
Et d'autre part, pour des raisons financières, car si on souhaite emménager ensemble et qu'elle a un travail, je ne pourrais plus toucher le RSA, et on devra vivre les deux sur son salaire.
Elle ne souhaite pas m'entretenir toute ma vie, et je ne souhaite pas non plus être un poids-mort pour elle.

L'idéal pour moi serait donc un travail calme, sans pression de l'employeur.
Un petit temps partiel de 15/20 heures par semaine, avec un petit salaire de 500 euros par mois me conviendrait parfaitement.

Il me faut donc malgrès tout réussir à trouver ma place dans cette fichue société.
Tel que je suis aujourd'hui c'est absolument impossible, la société ne m'acceptera jamais.
Elle ne m'acceptera pas, tout simplement car tout ce que je vous ai exposé ici n'est fondé sur rien d'autre que sur mon vécu, mes souvenirs, mes analyses...et même si je sais avoir raison, ça ne suffit pas.
Je suis HQI/THQI/TTHQI (un seul des trois, bien sûr, mais je ne sais pas lequel) ce qui fait entre 2% et 0.003% de la population.
Je suis autiste Asperger (je n'ai pas les chiffres, mais il me semble que c'est moins de 1% de la population)
Au niveau de ma façon de voir les choses, de ma façon de raisonner, d'agir, au niveau de mes convictions personnelles, de mes convictions religieuses, de mes idéaux politiques, de ma vision de la vie...dans absolument tous les domaines possibles et imaginables je suis ultra-minoritaire, je nage constamment à contre-courant, avec au mieux 20% de la population allant dans mon sens dans les domaines où je suis le plus conforme aux normes de la société.
Mais je n'ai strictement aucune reconnaissance de tout ça.
Aux yeux de la société je suis un adulte parfaitement "normal".
Un neuro-typique (non-asperger), normo-pensant (non-HQI), sans aucune difficulté particulière, à part une insertion professionnelle difficile due à la crise, au taux de chômage élevé, et à mon manque d'implication dans mes recherches d'emploi.

Mes potentiels futurs employeurs ne mettront jamais en place d'aménagements de conditions de travail spécialement pour moi, basés uniquement sur mes dires.
Il faudra que je leur apporte la preuve que tout ce que je dis est vrai.
Il faudra qu'ils aient des papiers officiels expliquant comment je fonctionne, pourquoi je ne suis pas un travailleur "normal" (et je place de grands espoirs en la reconnaissance du syndrome d'Asperger sur ce point)
Il faudra aussi qu'ils acceptent de me faire confiance, de me laisser travailler à ma façon, que je critique leur façon de faire si elle ne me semble pas judicieuse, et que j'en suggère de meilleures...conditions sine qua non pour que je puisse m'épanouir professionnellement.
Et il faudra bien sur qu'ils aient la volonté de m'engager: pourquoi s'embêter avec quelqu'un ayant autant d'exigences sur le plan professionnel? Pourquoi ne pas prendre quelqu'un d'autre, qui travaillera à la façon de l'employeur, sans poser de questions?
Sur ces deux derniers points, quoi de mieux qu'une reconnaissance THQI pour faire comprendre à l'employeur que j'ai des capacités, et que ça vaut la peine de me donner ma chance?
Les 300 euros que je dépense dans le test WAIS4 ne sont pas là pour me faire diagnostiquer, le diagnostic je l'ai déjà, je n'ai pas besoin de psy pour ça, je sais que je suis surdoué, je me le suis auto-diagnostiqué au terme d'un long processus de dizaines d'années de questionnement sur moi-même.
Ce n'est pas une personne extérieure ne me connaissant pas (aussi compétente soit-elle) qui va pouvoir en une simple entrevue de deux heures me dire qui je suis.
Les 300 euros, je les vois comme le prix d'achat d'un papier officiel disant que j'ai des qualités qui peuvent s'avérer utiles pour mes futures tentatives d'intégrations dans le monde de l'entreprise.
Je les vois comme le prix à payer pour avoir une chance d'être accepté par la société, de pouvoir espérer trouver un emploi qui me correspond, de ne pas me faire quitter par ma compagne qui ne supportera pas que je reste inactif à vie, et de ne pas retomber dans la dépression qui s'en suivrait inévitablement.
Cette dépression, je dois l'éviter à tout prix, car si j'y retombe j'aurais raté ma vie: dans le meilleur des cas j'aurais une vie ne valant pas la peine d'être vécue, et dans le pire, un suicide (j'aurais forcément des pensées suicidaires, j'en ai eu dans chaque période dépressive que j'ai traversé. ce qui me faisait tenir était la promesse que je me faisais à moi-même que ça irait mieux dans l'avenir, mais là, si j'échoue encore, je ne pense pas être capable de me refaire cette promesse)
Il n'y a aucun doute pour moi qu'à ma prochaine dépression je vais franchir une étape en vue du suicide: jusque là j'ai eu des pensées suicidaires, mais ça restait au stade des idées, de la réflexion sur le sujet, et je n'ai jamais avoir l'intention réelle de mettre fin à mes jours.
A ma prochaine dépression, je suis persuadé que j'aurais l'intention réelle de me suicider, la seule question restante sera de savoir si ça restera au stade de l'intention, ou si je passerais à l'acte.
J'ai la ferme intention de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour ne plus jamais connaitre de dépression et ne jamais connaitre la réponse à cette dernière question.
Si on exagère un peu le raisonnement, ce test WAIS4, je le vois presque comme une attestation officielle de mon droit de vivre, et 300 euros pour avoir le droit de vivre, c'est pas cher payé, même si c'est gratuit et acquis dès la naissance pour la majorité des gens.

La première partie de ma présentation se termine ici.
Il m'a fallu plus de 4 heures pour la rédiger, si on rajoute les relectures, corrections de fautes, et changements de formulations pour des points où je n'étais pas très clair, on dépasse allègrement les 10 heures de rédaction.
J'ai eu la chance de m'inscrire il y a une semaine avec un autre compte qui n'a jamais été activé (sans doute l'administrateur aura zappé le mail automatique qu'il a du recevoir quand je m'étais inscrit pour la première fois, car avec Asperzebre mon inscription a été validée en moins d'une heure)
J'ai mis ce temps à profit pour peaufiner ma présentation (elle a gagné un peu en longueur au passage, mais c’était déjà un joli pavé dans sa version originale).
La deuxième partie de ma présentation est rédigée aussi, sitôt ce message envoyé je vais faire une dernière étape de relecture/corrections/reformulations, et elle sera en ligne d'ici une ou deux heures au maximum.

Asperzebre
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 658
Date d'inscription : 10/05/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Mar 10 Mai 2016 - 14:18

Asperzebre a écrit:Bonjour.
Je viens de m'inscrire sur ce forum, je ne sais pas si je vais y être beaucoup actif ou pas, mais peu importe, je me présente quand même.
J'ai 32 ans, je me suis auto-diagnostiqué le syndrome d'asperger en 2013 (j'ai lu toute la documentation disponible en ligne sur le sujet, fait tous les tests disponibles également, et je suis sur de moi à 99.99%)
Cependant je n'ai aucune reconnaissance officielle de cet état, j'ai décidé en avril 2016 de franchir le pas, et j'ai entrepris des démarches pour me faire diagnostiquer auprès d'un CRA (le diagnostic n'est pas pour tout de suite, le processus est très long).
Ce diagnostic ne m'apportera strictement rien sur le plan personnel, puisque je connais déjà la réponse, mais il a pour but de pouvoir justifier de mon statut d'Asperger (j'expliquerais dans la suite de ce message en quoi c'est important).

Je sais depuis longtemps que je suis plus intelligent que la moyenne (sans vouloir faire prétentieux), mais je n'ai jamais eu l'impression d'être un surdoué.
Il faut dire que je me faisais une idée de la sur-douance qui est très loin de la définition officielle.
Pour moi, un surdoué c'était un être vraiment exceptionnel, vraiment rare.
2% de la population, c'est pas rare du tout.
ça fait plus d'une classe d'enfants sur deux avec un surdoué, 20 surdoués pour un petit village de 1000 habitants, 2000 surdoués dans une grande ville (100000 habitants), et plus d'un million de surdoués en France.
L'idée que je me faisais des surdoués c'était au grand maximum du 1/10000 (0.01%), soit quelques milliers au plus pour toute la France.
Un HQI ne rentre pas du tout dans l'image que je me faisais d'un surdoué, même un THQI (0.1% de la population) ne correspond pas à l'image que j'avais d'un surdoué.
Les TTHQI (0.003% si je ne me trompe pas) sont ce qui se rapproche le plus de ce que j'aurais naturellement considéré comme des surdoués.

Après m'être renseigné sur la douance j'ai constaté l'énorme fossé entre l'image que je me faisais d'un surdoué, et la réalité des faits.
J'ai passé des heures, voire des dizaines d'heures à lire ce forum en recherche d'informations sur la douance avant de décider de m'inscrire afin de pouvoir réagir à certaines discutions.
J'y ai entre autre trouvé ce qui est considéré comme les meilleurs tests de QI disponibles en ligne.
Je les avais d'ailleurs déjà fait par curiosité avant de découvrir ce forum, et je les avais jugé "bidons" car je trouvais beaucoup trop facile d'avoir un QI super élevé avec ces tests.
D'autant plus qu'il n'y avait que très peu de questions qui m'ont semblé compliquées (honnêtement, avec 3 grammes d'alcool dans le sang et après une nuit blanche, les tests sur internet me donneraient surement encore au moins 130 de QI).













Hello, es tu alors sûr que ce n'était pas plutôt un alco test qui mesure la QuIte ?. Il y avait il un monsieur bleu ? avec un képi ? aussi ? Smile

Bienvenue Smile

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mar 10 Mai 2016 - 15:31

Seconde partie de ma présentation: les relations sociales.

Comme vous vous en doutez, les relations sociales vont représenter la majeure partie de ce (long) message, mais je vais aussi élargir un peu sur certaines de mes particularités.
Les interactions sociales dont je parlerais seront en grande partie axées sur mes relations avec les adultes, en particulier le corps enseignant.

Je vais commencer par vous faire part du cadre, assez atypique, dans lequel j'ai grandi.

Ma situation familliale:

Je suis fils unique, né en famille mono-parentale (je n'ai jamais connu mon père, et je ne souhaite pas le connaitre)
Je suis né en Suisse d'une mère française, et d'un père tunisien.
Je suis dans le flou juridique concernant ma nationalité, je m'amuse parfois à dire que j'ai une nationalité et demie.
Je ne suis pas suisse car la Suisse ne reconnait pas le droit du sol, seulement le droit du sang (si la situation avait été inversée, que j'étais né en France d'une mère suisse, j'aurais la double nationalité franco-suisse.)
Pour ma nationalité tunisienne c'est beaucoup plus compliqué, ça pourrait même être un cas d'études intéressant pour des personnes spécialisées dans les domaines juridiques.
La relation entre mon père et ma mère était très malsaine, une relation basée sur le mensonge: mon père disait à ma mère qu'il était amoureux d'elle et qu'il voulait l'épouser.
Il lui a avoué avoir une femme mais lui a dit qu'ils étaient séparés et en instance de divorce, et que sitôt le divorce prononcé il épouserait ma mère.
Ma mère le pensait sincère, était réellement amoureuse de lui et voulait faire sa vie avec. Seulement mon père mentait, il était encore avec sa femme, n'avait aucunement l'intention de divorcer, et voyait ma mère comme une maîtresse.
Il menait une double vie, passant environ la moitié de son temps chez sa femme, l'autre chez ma mère, en prétendant pour l'une comme pour l'autre que ses absences étaient dues à des rendez-vous professionnels, à des rencontres avec des amis...
Ma mère a découvert le pot aux roses peu avant ma naissance, en rencontrant par hasard la femme de mon père.
Pour la petite anecdote, ma mère avait prêté sa voiture à mon père...qui l'avait lui-même donnée à sa femme. Mon père étant resté absent plusieurs jours de la maison sans donner de nouvelles, ma mère était furieuse.
Alors quand elle a aperçu par hasard sa voiture dans un parking, elle a décidé de s'y installer dans l'intention de passer un savon à mon père quand il rentrerait.
Seulement ce n'est pas mon père qui s'est présentée mais sa femme, qui, découvrant une inconnue dans une voiture qu'elle croyait être la sienne a appelé la police.
La police a constaté que la voiture était bien au nom de ma mère, et c'est la discussion qui s'en est suivie avec la femme de mon père qui lui a permis de comprendre la situation.
La relation entre ma mère et mon père s'est arrêtée net, et à ma naissance il a refusé de me reconnaître comme étant son fils (pour des raisons de pension alimentaire, et pour ne pas devoir reconnaître un enfant hors mariage)
L'affaire a été amenée devant les tribunaux, qui ont donné raison à ma mère et contraint mon père à me reconnaître comme étant son fils.
En Suisse, je suis donc officiellement de père tunisien, et j'ai la double nationalité franco-tunisienne.
L'affaire ne s'arrête pas là, ça serait trop simple.
De retour en France, le jugement du tribunal suisse n'avait pas de valeur (je ne sais pas pour quelles raisons, je ne suis pas juriste, peut être une histoire de jugement n'ayant qu'une portée nationale, ou un truc du genre)
Mon père refusant toujours de me reconnaître, ma mère a intenté un second procès pour me faire reconnaître en France comme étant le fils de mon père.
Cette fois la justice a donné raison à mon père, qui ne m'a pas reconnu.
En France, je suis donc officiellement de père inconnu, et j'ai uniquement la nationalité française.
Ce qui fait que, théoriquement, si je voyage de France en Suisse, je change de nationalité au moment de franchir la frontière.
D'où l'idée de dire que j'ai une nationalité et demie: je suis français, et parfois je suis aussi tunisien.
Quand à la Tunisie, est-ce qu'elle me reconnait la nationalité tunisienne? Je n'en sais strictement rien.

Je laisse derrière moi au moins un demi-frère et une demi-soeur, un peu plus agés que moi (autour de 34 et 36 ans aujourd'hui), et peut-être d'autres si mon père a eu d'autres enfants, je n'en sais rien.
Ce sont mes demi frères et soeurs uniquement d'un point de vue biologique: d'un point de vue juridique, nous n'avons aucun lien de parenté puisque mon père n'est pas officiellement mon père.
Là encore, ça dépend du contexte, je suppose qu'il y a encore à ce sujet pas mal d'aberrations juridiques de même nature que celles entourant ma nationalité.
Je suppose par exemple que je n'aurais pas le droit d'épouser ma demi-sœur en Suisse, car les mariages entre frères et sœurs sont interdits, mais que j'aurais le droit de l'épouser en France, car elle n'est pas considérée comme étant ma demi-sœur.

Je n'ai jamais fait aucune démarche pour chercher à retrouver mes demi-frères et sœurs, et je n'ai pas l'intention d'en faire.
Je rejette tout ce qui pourrait me rapprocher de mon père, et quand on me demande ma situation familiale c'est tout naturellement que je répond "fils unique".
Cependant, si ils avaient cherché à entrer en contact avec moi, si le fait de connaitre leur demi-frère inconnu avait de l'importance à leurs yeux, je n'aurais pas entravé leurs démarches et j'aurais accepté avec plaisir de les rencontrer.
Je suis très visible sur internet pour qui cherche à me trouver, pour la simple raison que mon prénom est extrêmement rare (encore un truc atypique, décidément il n'y a que ça chez moi alien )
Je ne donne pour ainsi dire jamais mon prénom sur un forum, car cela reviendrait à dévoiler mon identité entière, contrairement par exemple à un Thomas ou un Nicolas qui peut donner son prénom sans souci, sans que le lien ne soit fait avec lui.
Par exemple, si vous faites une recherche google images en saisissant uniquement mon prénom, il y a deux photos de moi en 1ère page des résultats.
Le fait que je n'aie jamais été contacté par mes demi frères et sœurs est donc suffisant pour me convaincre qu'ils n'ont jamais cherché à entrer en contact avec moi, ce qui me conforte dans l'idée que je ne les intéresse pas, et que j'ai raison de ne pas chercher à les rencontrer.

Mes relations avec ma mère:

J'ai très vite eu une grande capacité d'autonomie, mais j'ai eu la chance d'avoir une mère qui reconnaisse cette capacité et la laisse s'exprimer.
Elle avait confiance en moi, savait que je ne faisais pas de bétises.
A l'âge de 3-4 ans il lui arrivait fréquemment de me laisser seul à la maison, sans surveillance, pendant plusieurs heures, ça n'a jamais posé le moindre problème.
A l'âge de 6 ans, j'allais seul à l'école (2km, une demi-heure de marche, sur des routes avec des voitures)
J'ai un souvenir (incomplet malheureusement) d'une soirée organisée à laquelle elle m'avait emmené (je devais avoir 6 à 8 ans, je ne sais plus trop)
Cette soirée se déroulait à 12 km de chez nous, il n'y avait que des gens que je ne connaissais pas.
La conversation avait porté sur la politique, sujet assez sensible, surtout quand votre interlocuteur tient un discours qui va totalement à l'encontre de vos valeurs personnelles.
Ma mère s'est rapidement fâchée, et a quitté la soirée, furieuse, rentrant à la maison en me laissant sur place.
Je me retrouve donc à 6-8 ans à 12km de chez moi, entouré d'inconnus. Je me souviens avoir été un peu apeuré par la situation, mais je n'ai pas paniqué.
Je suis rentré chez moi par mes propres moyens, quelques heures après ma mère (je ne me souviens plus du tout comment par contre, peut-être en demandant de l'aide aux personnes présentes à la soirée, peut être en faisant de l'auto-stop, peut être même en marchant, c'est le trou de mémoire total à ce sujet)
D'un autre coté, le manque de précision de mes souvenirs liés à cet événement montre qu'il ne m'a pas tant marqué que ça, qu'il a été loin d'être traumatisant pour moi.

Certains seraient probablement choqués de lire ça, trouveraient que ma mère a été d'une négligence presque criminelle...je trouve au contraire qu'elle a très bien agi dans l'ensemble (avec bien sûr une erreur au moment de m'abandonner à la soirée, mais ma mère est moins douée que moi pour résister à ses émotions), et je préfère largement ça à la surprotection des enfants érigée en norme dans notre société (certains gamins de 10-12 ans ont moins d'autonomie que moi à 5 ans, ça fait peur...)

Ma mère, bien qu'ayant reconnu mes capacités, ne m'a jamais considéré comme surdoué, elle me trouve juste intelligent. Elle considère que ma façon d'être est parfaitement normale, et que ce sont les autres qui sont bizarres.
Elle est elle même très marginale, a souvent été exclue, et est toujours effarée de voir à quel point les gens ordinaires sont irrationnels, et manquent cruellement de sens logique et d'esprit critique.
Je la soupçonne très fortement d'être Asperger comme moi, et je ne serais pas surpris non plus qu'elle soit HQI.

Mon enfance:

J'ai peu de souvenirs de l'époque où je vivais en Suisse (j'y suis resté jusqu'à mes 5 ans avant de venir en France), et mes souvenirs sont essentiellement portés sur des objets ou des lieux: mes jouets d'enfance, le trajet pour aller de la maison à mon parc préféré (un petit parc tout simple, avec quelques animaux, en particulier des perroquets que j'adorais observer)
Je serais presque capable de retourner aujourd'hui à ce parc (si il existe encore), en me basant uniquement sur mon souvenir du trajet.
Je me souviens vaguement avoir été pris en charge par des adultes compréhensifs, qui ont su reconnaître mes différences, et me proposer des activités adaptées à mes capacités.
Je me souviens en particulier d'une activité de groupe à la garderie (j'avais 4 ans à ce moment là)
Les enfants étaient répartis par groupes d'environ 5 personnes, et la "maitresse" (je n'ai pas le terme pour désigner l'adulte encadrant des enfants en garderie) passait groupe par groupe pour lire les instructions de la fiche d'activités aux enfants.
Elle m'a laissé gérer mon groupe en complète autonomie, c'est moi qui lisais et expliquais aux autres ce qu'il fallait faire.
En récompense, j'ai gagné un gros crayon de couleur rouge. Je ne me souviens d'aucun des visages des enfants que je côtoyais, ni ce celui de la "maîtresse", mais je visualise encore très bien le crayon rouge que j'avais gagné.

Arrivé en France à 5 ans, inscrit en CP, j'ai été très vite confronté à la grande rigidité des institutions françaises.
Je pense pouvoir affirmer, sans trop de risques de me tromper, que si j'avais eu la nationalité Suisse et la possibilité de rester là-bas, de ne jamais mettre les pieds en France, je m'en porterais beaucoup mieux aujourd'hui.
L'ouverture d'esprit dont avaient fait preuve les adultes suisses envers moi a en effet completement disparu en France.
Ainsi, en CP par exemple, alors que la maitresse était au courant que je savais déjà lire, aucune activité différente de celles des autres élèves ne m'a été proposée, j'ai donc passé mon CP à attendre que les autres apprennent à lire...passionnant pour un gamin de passer plus de 20 heures par semaine assis sur une chaise à attendre que le temps passe, non?
Tout au long de l'école primaire, on m'a toujours brimé pour mes capacités intellectuelles. Là où on encourage les enfants normaux à participer à la vie de classe, on m'encourageait au contraire à m'en isoler au maximum.
Si j'avais le malheur de vouloir participer en classe, les enseignants du primaire me répondaient systématiquement qu'ils ne voulaient pas que je participe:
"on sait que tu connais la réponse, tais-toi, laisse les autres réfléchir".
Tout était fait pour que les élèves les moins doués parviennent à s'en sortir (ce que je ne critique pas, c'est très bien de faire ça), mais les élèves les plus doués étaient très mal vus, exclus, voire méprisés.
A la fin de la primaire j'avais perdu absolument tout intérêt pour la scolarité, je considérais l'école comme un lieu très ennuyeux, où je ne m'épanouissais pas, et où je n'apprenais pas grand chose.
Le seul point positif (ou plutôt devrais-je dire le seul point pas totalement négatif) était au niveau des relations sociales avec les autres enfants: j'étais très marginal, exclu de la vie de groupe des enfants, mais j'avais tout de même pu lier tout doucement des relations avec d'autres enfants, et j'avais quelques copains malgré-tout.
C'était le paradis comparé à ce qui m'attendait au collège puis au lycée.

Mon adolescence:
Au collège, en à peine quelques mois j'ai perdu tous les copains que j'avais pu me faire en primaire, à l'exception d'un seul, qui n'osait pas me côtoyer pas au collège (il a sans doute eu raison, il aurait été exclu lui aussi si il s'affichait avec moi), mais il continuait à me voir en privé, le weekend par exemple.
La raison de cette rupture brutale: l'immaturité. Ou, pour être plus précis, la différente conception qu'on se faisait de la maturité.
Pour tous les autres, être mature c'était arrêter de jouer aux jeux de l'école primaire: maintenant on est au collège, on est des grands.
C'était avoir l'air classe, en portant des vêtements de marque, à la mode, en fumant pour se donner un air plus viril et pouvoir aller draguer les filles.
Selon leurs critères, j'étais très immature, et je le suis toujours aujourd'hui.
Pour moi au contraire, la maturité c'était être ouvert d'esprit, tolérant, accepter les autres comme ils sont, avec leurs différences, sans les juger.
Ne pas céder à la pression sociale, et faire les activités qui nous plaisent, pour la simple et très bonne raison qu'elles nous plaisent.
C'était être soi-même, authentique, ne pas se forcer à faire des choses qui ne nous plaisent pas juste pour faire comme les autres, pour être bien vu.
Selon mes critères, c'est eux qui étaient extrêmement immatures...
Il y avait donc une forme de double exclusion, un rejet mutuel. J'étais rejeté car j'étais considéré comme immature, et je rejetais les autres car je les considérais moi-même comme immatures.
Mais je ressentais malgré tout le besoin d'être accepté, je faisais d'énormes efforts pour tenter de comprendre les autres, et j'étais convaincu que je n'étais pas le seul à être mature, que je pouvais en trouver d'autres et bien m'entendre avec.
J'ai acquis des capacités d'observation, seul dans mon coin, à analyser le comportement des autres pendant les récréations, à chercher des personnes ou des groupes de personnes qui me semblaient intéressants.
Je pouvais rester ainsi pendant plusieurs mois à observer discrètement un groupe, sans qu'ils ne s'en rendent compte, avant de déterminer si oui ou non je pensais pouvoir avoir des relations sociales avec eux.
Dans le cas où je tentais ma chance, je les approchais grâce à ce que j'avais appris d'eux et en essayant d'imiter leur comportement social (je n'étais malheureusement pas très doué pour ça).
Cette démarche me permettait d'avoir quelques fausses amitiés, qui ne duraient que quelques jours à quelques mois dans le meilleur des cas, et dans lesquelles je ne parvenais pas vraiment à me sentir à ma place.
Quand ma vraie personnalité refaisait surface, j'étais systématiquement exclu.

J'attendais beaucoup du passage au lycée, me répétant pour tenir le coup que ça irait mieux une fois là-bas, que les gens seraient plus matures.
Le lycée a été pour moi une énorme déception, j'y ai retrouvé la même mentalité insupportable qu'au collège, les mêmes difficultés sociales, et à peine arrivé au lycée j'étais déjà impatient d'être à l'université.

Petite parenthèse sur ma vie d'adulte:
Même aujourd'hui, chez les adultes, les gens matures selon mes critères sont minoritaires (mais ils ont tout de même le mérite d'exister, c'est déjà ça de gagné, et j'espère en trouver un bon nombre sur ce forum)
Mais force est de reconnaître que l'adulte lambda n'était déjà pas assez mature pour me côtoyer quand j'avais l'âge de 10 ans.
Ce constat se veut objectif, je ne dis absolument pas ça pour "me la péter".
Je préférerais qu'il en soit autrement, et j'ai peur des implications de ce constat sur ma vie d'adulte: comment s'intégrer socialement à 32 ans dans une population globale qui n'a déjà pas un niveau de maturité suffisant pour me côtoyer à mon âge de 10 ans?


Ces problèmes liés à l'adolescence sont aujourd'hui derrière moi, je m'en suis sorti sans conséquences trop graves: je n'ai jamais été exclu d'un établissement, je n'ai pas connu l'échec scolaire, je n'ai pas eu de traitement médicamenteux pour mon comportement, ni de suivi psychologique ou de séjour en hôpital psychiatrique.
Avec le recul, ce n'était pas forcément gagné, j'aurais probablement pu avoir un destin bien pire, et je ne vois pas en quoi j'aurais pu faire beaucoup mieux.
Si j'avais la possibilité de recommencer ma vie à zéro, je pense que je ferais grosso-modo le même parcours.

A part les quelques rares exceptions temporaires citées plus haut, de mon arrivée au collège à 10 ans à l'entrée à la FAC à 17 ans, le mot "néant" résume très bien mes interactions sociales avec les gens de mon âge.
Je ne leur parlais pas, ils ne me parlaient que pour se moquer de moi, et quand nous étions ensemble pendant les récréations, c'était soit pour qu'ils se moquent de moi, soit pour qu'on se batte (je me suis énormément bagarré avec mes camarades au collège, moins au lycée, mais j'étais tout de même aussi exclu et sujet de moqueries qu'au collège)

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les plus cruels avec moi n'étaient pas les garçons mais les filles, qui m'attaquaient de façon beaucoup plus vicieuse.
Les garçons m'attaquaient grossièrement, leurs paroles bas de plafond ne m'atteignaient pas, je m'étais fait une carapace pour m'en protéger. Seuls leurs agressions physiques parvenaient à me déranger.
Les agressions psychologiques des filles m'ont fait beaucoup plus mal, bien qu'elles aient été moins visibles.
Elles me savaient timide,et en jouaient pour me torturer.
Quand elles m'abordaient j'avais tendance à avoir la même carapace qu'avec les garçons, mais j'étais attiré par elles, j'avais l'envie d'avoir une copine, même si je m'en sentais incapable.
L'une d'elles, qui m'attirait particulièrement à l'époque m'avait déjà abordé à plusieurs reprises, me demandant si elle pouvait s'asseoir à coté de moi dans le bus lors des déplacements scolaires.
Je répondais systématiquement "non", et elle partait ensuite rejoindre sa bande de copines pour rigoler de moi: "c'est pas surprenant qu'il n'ait jamais eu de copine si il est comme ça avec les filles".
Un jour j'ai pris mon courage à deux mains, et je lui ai répondu "oui". Elle m'a répondu "non je plaisante, je ne veux pas faire le trajet à côté d'un boulet comme toi", et elle est partie s'asseoir avec ses copines.
Vous n'imaginez même pas à quel point ça a été destructeur pour moi.

Mes relations avec les enseignants:

Le corps enseignant m'a lui aussi toujours rejeté, d'une manière moins violente que mes camarades de classe certes, mais j'étais tout de même exclu.
je n'ai jamais été vraiment compris, je crois que dans l'ensemble mon comportement devait donner des signes de mon intelligence, qu'elle se voyait facilement.
Ainsi, de la 6ème à la terminale, ma moyenne générale n'a jamais atteint 12/20, et j'ai parfois eu du mal à me maintenir au dessus de 10...et pourtant les enseignants à l'unanimité voyaient en moi une personne avec un immense potentiel, et étaient tous convaincus d'assister à un gâchis de mes capacités.
Mais ils n'ont jamais été capables de voir plus loin que ce constat, jamais capables d'envisager que je puisse être quelqu'un de différent. Ils me voyaient comme un gamin "normal", juste plus intelligent que la moyenne.
Ils ont toujours cru que je ne faisais aucun effort, que j'étais le seul fautif dans mes relations tendues avec mes camarades, qu'ils mettaient sur le compte d'un refus de ma part de m'intégrer.
Alors qu'au contraire je faisais des efforts monumentaux pour m'intégrer à tout prix.
Les appréciations que j'ai eues sur mes bulletins de notes ont été très péjoratives, tout du long de ma scolarité, j'ai très rarement eu des messages d'encouragement de la part de mes professeurs et je redoutais chaque bulletin trimestriel car je savais que j'allais me faire passer un savon quand ma mère lirait les appréciations des professeurs.

Voilà pour les relations sociales globales avec les enseignants, je vais maintenant entrer dans le cas par cas (uniquement les cas qui m'ont marqué bien sûr, je ne vais pas détailler mes interactions avec tous les enseignants que j'ai rencontré)
Je me souviens de mon prof d'histoire en classe de 6eme qui m’appréciait beaucoup, car il voyait en moi un grand sens de l'humour.
En fait ce n'était pas de l'humour. Je n'ai jamais cherché à être drôle en classe, ce qu'il avait pris pour de l'humour était mon comportement naturel, décalé par rapport aux autres.
Jamais je n'ai compris ce qu'il y avait de drôle à mon comportement, jamais je n'ai compris pourquoi les gens riaient à mes "blagues", alors que je ne blaguais pas.

Une de ces "blagues" m'a été expliquée des années plus tard et je vais m'en servir pour essayer de vous expliquer en quoi j'étais décalé.
Quand ma prof de français m'avait un jour demandé d’arrêter de la tutoyer, je lui ai répondu littéralement "mais je ne te tutoie pas", ce qui avait fait rire tout le monde, sans que je ne comprennes pourquoi.
Il se trouve que je tutoyais naturellement tout le monde, je n'utilisais jamais le vouvoiement.
On m'avait appris que le vouvoiement était respectueux et que le tutoiement était impoli, et j'avais compris que quand on parlait respectueusement à quelqu'un on le vouvoyait, alors que quand on lui manquait de respect on le tutoyait.
Mais je n'avais absolument pas fait le lien entre le tutoiement et l'emploi du mot "tu", ni entre le vouvoiement et l'emploi du mot "vous".
Ainsi, quand j'ai répondu "je ne te tutoie pas", j'étais parfaitement sincère, car j'étais respectueux envers la maîtresse et je considérais que mon attitude envers elle était du vouvoiement.

J'ai de nouveau eu ce professeur professeur d'histoire plus tard, en 3eme si mes souvenirs sont bons.
Il était très déçu que j'aie perdu mon sens de l'humour.
En fait, mes efforts d'adaptation sociale portaient doucement leurs fruits, mon comportement était moins décalé, plus proche du comportement qu'on attend d'un individu de mon âge, et donc mon comportement ne faisait plus rire mon professeur.
Ce qu'il a pris pour une grosse régression et qui l'a beaucoup peiné était en fait un immense progrès.

Je me souviens de ma prof d'histoire en 4ème, qui a été l'un des enseignants les plus durs envers moi de toute ma scolarité.
Elle m'enfermait seul dans un réduit derrière la classe de cours, pendant toute la durée du cours. Son petit plaisir sadique était de venir vérifier à plusieurs reprises pendant son cours que je restais bien enfermé dans le noir, si j'avais allumé la lumière elle me grondait et l'éteignait (ce qui ne m’empêchait pas de la rallumer 10 secondes après qu'elle soit sortie de ma salle)
Elle faisait ça au motif que je ne faisais pas mes devoirs maison. Il est vrai que je n'ai pas fait tous mes devoirs, mais j'étais loin d'être le seul élève dans ce cas, et les autres n'étaient jamais enfermés.
A la fin des cours, elle donnait les devoirs maison à toute la classe, sauf à moi qui étais toujours enfermé.
Elle attendait de moi que je demande à mes camarades de me fournir la liste des devoirs à faire, puis que je les fasse.
Evidemment, au vu de mes relations sociales avec mes camarades, je n'étais jamais informé des devoirs à faire ( et, en toute logique, je ne les ai donc jamais faits)
Ça a donc été un cercle vicieux: j'étais puni pour ne pas avoir fait mes devoirs, et cette punition me condamnait à ne pas être au courant des devoirs à faire pour le cours suivant, ce qui me valait alors une nouvelle punition, et ainsi de suite.
J'ai passé la quasi totalité des mes cours d'histoire de 4ème enfermé seul dans un coin, je n'en sortais que pour les interrogations écrites.

Je me souviens de mon prof de biologie en 2nde générale et en terminale S, qui a été l'enseignant le plus dur avec moi (d'une manière différente de la prof d'histoire, très subtile, et dont je n'ai pleinement pris conscience que des années après les faits)
La biologie était une matière qui me passionnait. J'y étais moins doué qu'en maths, mais je trouvais ça encore plus passionnant que les mathématiques, car j'adore les animaux, et la biologie est la matière qui se rapproche le plus de l'étude des animaux, et qui me donnait les plus grandes chances d'exercer dans le futur une activité professionnelle en contact avec des animaux.
Le problème est que contrairement aux matières ne m'intéressant pas, j'étais très attentif aux cours de biologie, j'avais une soif d'apprendre.
Aussi, quand j'ai constaté que des erreurs se glissaient dans les cours de ce professeur, je me suis senti obligé d'intervenir, je l'ai corrigé devant toute la classe, car je ne voulais pas qu'il apprenne des choses fausses aux élèves.
J'ai fait ça dans un esprit purement constructif, sans même avoir envisagé la possibilité qu'il y voie une attaque personnelle.
Au contraire, j'étais fier de moi, fier d'avoir osé combattre ma timidité pour prendre la parole en classe, et fier d'avoir contribué au fait que mes camarades n'apprennent pas d'absurdités.
Pour ceux que ça intéresserait, l'absurdité dont il est question est la suivante: le professeur nous faisait un cours sur les planètes du système solaire et avait déclaré que la température de surface de Jupiter était de -300°C.
Si cette température ne vous parait pas choquante, je vous invite à vous documenter sur le zéro absolu (une simple recherche sur internet suffit).

Mes notes en biologie en seconde et en terminale m'ont toujours semblé étranges, ce n'est que des années plus tard que j'ai compris que le professeur n'avait pas accepté mon intervention en classe et m'avait gravement sous-noté en représailles.
Les matières scientifiques sont moins compliquées et moins sévèrement notées en seconde (filière générale avec beaucoup de personnes peu intéressées par les sciences), qu'elles ne le sont par la suite en filière scientifique (c'est parfaitement logique, jusque là tout va bien)
On estime à environ 2-3 points la perte attendue de résultats en biologie entre la seconde générale et la 1ère S, les résultats restent ensuite relativement stables jusqu'au BAC (c'était en tout cas comme ça quand j'ai passé le BAC, ça a peut-être changé depuis).
Ainsi par exemple, un élève ayant des moyennes en 2nd-1ère-terminale respectivement de 14, 11, 12, avec 11 au BAC sera parfaitement dans la norme.
Mes moyennes en 2nde, 1ère, et terminale ont été respectivement de 11, 14, 8, avec 14 au BAC. Là il y a quelque chose de vraiment louche, j'étais à l'époque totalement incapable de m'expliquer ces résultats de manière rationnelle.
Maintenant, partons de l'hypothèse que cet enseignant me sous-notait volontairement, et qu'il me donnait des notes inférieures de 6 points à ce que je valais réellement.
On relève donc de 6 points les résultats que j'ai eus avec lui (c'est à dire mes notes de seconde et de terminale), afin d'obtenir la valeur réelle de mes copies.
On obtient le résultat suivant: 17 de moyenne en 2nde, 14 en 1ere, 14 en terminale, 14 au BAC. Soit en plein dans la norme d'évolution des notes.

J'ai beaucoup mieux vécu la discrimination dont j'ai été victime avec le prof de biologie que celle subie par la prof d'histoire, car je n'ai tout simplement pas réalisé être discriminé, et ce prof qui me détestait et me le cachait bien faisait même partie des profs pour lesquels j'avais le plus d'estime.
Mais avec le recul, je pense que le comportement du prof de bio a été beaucoup plus lourd de conséquences pour moi que celui de la prof d'histoire.
En effet, c'est mon avenir qui s'est joué la dessus. Ma matière préférée était la biologie, ce sont mes notes qui m'ont poussé à y renoncer et à faire des études de maths.
Si il m'avait noté objectivement, j'aurais probablement intégré une FAC de biologie, et ma vie aurait été toute autre (je ne suis pas devin, je ne sais pas ce qui me serait arrivé, j'aurais peut être eu de gros problèmes aussi sur cette voie, mais au moins j'aurais eu la chance de faire la voie qui m'attirait, et de ne pas faire d'études de maths par défaut, juste parce que c'est la seule matière où j'ai de bonnes notes.)

Autre enseignante dont je me souviens: ma prof de maths en terminale S.
J'ai toujours eu une manière de raisonner différente des autres. Mon raisonnement est basé à plus de 99% sur le sens de la logique, et s'appuie à moins de 1% sur les acquis.
J'étais particulièrement doué pour cet exercice de raisonnement logique, au point que pour certains domaines très spécifiques (statistiques, calculs de probabilités) j'ai réussi à utiliser intuitivement des théorèmes dont j'ignorais l'existence, mais que j'ai découvert à ma façon.
Je pourrais presque dire que j'ai fait des découvertes mathématiques, à ceci-près que ces découvertes avaient déjà été faites des centaines d'années avant moi par des mathématiciens.
Je n'ai jamais cherché à réciter mon cours, le par cœur je trouve qu'il n'y a rien de plus ennuyeux et débile.
D'ailleurs mes capacités de mémorisation sont loin d'être exceptionnelles, elles sont même probablement inférieures à la moyenne dès qu'on aborde des sujets qui ne m'intéressent pas particulièrement (j'ai par contre une excellente mémoire pour les sujets qui me passionnent, on appelle ça la mémoire sélective il me semble).
Bref, confronté à un problème de maths, je réfléchissais, je trouvais ma réponse personnelle, ce qui me semblait le plus logique pour résoudre le problème, et je faisais de mon mieux pour tenter de retranscrire mon raisonnement sur le papier.
Ce qui était attendu de moi était un fonctionnement totalement différent (si je peux me permettre une image avec l'informatique, je dirais que les gens normaux sont d'énormes disques durs, avec un pauvre processeur obsolète depuis 20 ans. Moi je suis un processeur dernier cri, mais en guise de disque dur j'ai une simple clé USB)
En maths, les autres élèves avaient une approche méthodologique de résolution des problèmes:
-Je fouille dans mon disque-dur à la recherche du lien entre le problème proposé et ce que j'ai appris en cours.
-J'identifie le problème, je détermine quel théorème appliquer pour le résoudre.
-je répond à la question: Selon le théorème de XXX, je prend les données du problème, j'applique le théorème, je restitue le résultat.
Mon approche était tout autre: je fais fonctionner mes capacités de raisonnement, sans chercher de liens avec les cours, et je trouve une façon de résoudre le problème.
Je couche ensuite tout ça sur papier, en essayant de retranscrire ma façon de penser, de la rendre compréhensible pour l'enseignant, car je sais bien que ma façon de faire n'est pas la façon "normale".
De manière générale, sur un devoir je passe environ 1/4 de mon temps à chercher les réponses aux questions, la moitié de mon temps à chercher comment expliquer mon raisonnement au correcteur, et le dernier quart de mon temps à rédiger.

Mes notes en maths fluctuaient énormément en fonction de mes professeurs, en fonction de leur ouverture d'esprit: si ils sont ouverts à recevoir des raisonnements originaux, qu'ils sont capables de les analyser, de les comprendre, j'ai généralement de bonnes notes.
Ce n'était pas le cas avec ma prof de maths en terminale, qui accordait beaucoup d'importance au respect de la méthodologie,et ne supportait pas qu'on sorte des sentiers battus.
"ce n'est quand même pas toi qui va m'apprendre les maths" m'a t'elle dit un jour alors que je contestais une mauvaise note et tentais de lui expliquer mon raisonnement (qu'elle n'avait visiblement pas compris car toute ma copie était raturée de rayures rouges).
Il n'a pas été rare que j'aie des notes très basses, de l'ordre de 5 ou 6/20, alors que j'avais répondu la bonne réponse à la grande majorité des questions du devoir, et que la valeur réelle de ma copie était probablement de l'ordre de 18/20.
Cependant, étant donné que lors des corrections je voyais bien que j'avais tout bon, ces mauvaises notes ne m'ont absolument pas fait douter de mes capacités en mathématiques, contrairement à mes mauvaises notes en biologie.

Et de manière générale, avec tous les autres profs ça s'est plutôt mal passé, les problématiques étant différentes d'un enseignant à l'autre, mais il n'y en a eu qu'un très petit nombre avec qui je me suis senti compris (mon prof de maths de 2nde-1ère qui m'a mis un 20/20 en probas fait partie de ces rares personnes)

Mes relations sociales une fois adulte:

Arrivé à la FAC à 17 ans j'étais totalement paralysé à l'idée de parler aux autres: le collège et le lycée m'avaient complètement démoli sur le plan social.
Lorsqu'on me disait bonjour, je n'osais même pas prendre la parole pour répondre.
J'ai progressé tout doucement, repris confiance petit à petit en voyant que je n'étais plus le souffre-douleur de la classe.
J'ai commencé à parler à quelques personnes de ma classe, dont une fille.
J'étais très intimidé quand je lui parlais, mais je faisais des efforts pour ne pas fuir. C'était la première fois depuis l'école primaire que j'avais une fille n'étant pas de ma famille dans mon entourage (j'avais bien sûr déjà parlé à d'autres filles auparavant, mais jamais je n'avais engagé la conversation, et nous ne restions jamais longtemps à discuter ensemble)
D'ailleurs à ce sujet, je suis 100% hétérosexuel, mais je me suis traîné une réputation d'homosexuel au collège et au lycée car je ne parlais pas aux filles.
Aujourd'hui encore je suis intimidé quand je parle à des personnes de sexe féminin que je ne connais pas, même si j'arrive à le cacher.

Après quelques années de FAC, j'ai commencé à côtoyer des personnes en dehors des cours, à faire des rencontres...bref, vers l'âge de 20 ans j'ai commencé à expérimenter la vie sociale.
Les gens à la FAC sont en général bien plus tolérants et ouverts d'esprit que la population générale.
Je garde de très bon souvenir de mes années de FAC, et je regrette parfois de ne pas être resté en contact avec mes amis de l'époque.
A l'époque je voyais l'avenir en rose, je pensais que l'état d'esprit à la FAC était l'état d'esprit normal des gens adultes, que j'allais enfin pouvoir avoir ma place dans la société.

Ensuite une fois la FAC finie, dur retour à la réalité: cette mentalité ouverte me semble en fait être une caracteristique propre aux étudiants, une sorte d'étape avant que la mentalité n'évolue à nouveau vers autre chose dans le milieu professionnel.
Ainsi, dans l'entreprise de 50 employés où j'ai travaillé, les relations sociales entre les personnes étaient absolument pitoyables: mensonges, hypocrisie, rapports de force...on se serait cru au milieu d'une horde de politiciens à la langue de bois.
Il y avait des petits clans qui se formaient en fonction de la position sociale, et qui ne se mélangeaient presque pas entre eux: le clan des développeurs, le clan des ingénieurs réseau, le clan des secrétaires, le clan des managers et chefs de projets...
J'ai eu l'horrible impression de me retrouver plongé dans la cour de récréation du collège.
Sur le plan des relations sociales, le monde du travail me renvoie face à tout ce que j'ai toujours détesté, tout ce qui m'a rejeté et méprisé, et que j'ai moi-même rejeté et méprisé en retour.

Adolescent, j ai pensé des centaines de fois au suicide.
Ce qui m'a empêche de passer à l'acte est la conviction que la vie de merde que j'avais n'était qu'un mauvais moment à passer, qu'une fois adulte je serais entouré de gens matures et que j'aurais enfin une vie qui vaut le coup d'être vécue.
Il me serait absolument insupportable de vivre dans une société où les gens ont la même mentalité que quand j'étais au collège.
Si il n'y a aucune alternative, autant que je me suicide tout de suite, on gagnera du temps.
Ce qui me fait tenir aujourd'hui est l'éventualité de trouver une alternative à cette société.
Pas forcément de la changer (j'en ai envie, de toutes mes forces, mais je m'en sens bien incapable), mais au moins de pouvoir vivre une vie décente, à l’extérieur des normes de notre société.
Je ne sais pas de quoi sera fait mon futur, mais je sais que quoi qu'il arrive, quoi que je fasse de ma vie, je resterais un marginal, ça c'est la seule chose dont je sois sûr à 100%.
Car au sujet de notre société j'hésite entre la haine et le mépris.

Conclusion:
Voilà voilà, en conclusion de tout ça, je dirais que j'ai l'impression de n'avoir que survolé le sujet, d'avoir encore énormément à dire (ça n'en a pas du tout l'air, j'en suis conscient, mais cette présentation est presque un résumé pour moi, si je développais vraiment je pourrais presque écrire un livre)

J'ai un énorme sentiment de gâchis, d'être passé à côté de ma vie, j'ai d'abord été en colère contre moi-même, contre mon incapacité à m'intégrer à cette société.
Puis j'ai été voir plus loin que ça, je me suis pardonné à moi-même, mais j'ai ressenti une colère énorme envers cette société qui m'a gâché ma vie.
J'essaie maintenant de dépasser cette dernière analyse, et de me dire que ce n'est pas la faute des gens si ils m'ont rejeté, qu'ils sont tout simplement incapables de percevoir mes différences, de me comprendre.
J'essaie d'être en paix avec moi-même, ainsi qu'avec la société à laquelle j'ai renoncé à vouloir m'intégrer, mais j'avoue que cette étape de mon évolution mentale est particulièrement difficile à réaliser, et qu'aujourd'hui je garde encore une rancœur énorme envers notre société, et envers les gens "normaux" de façon générale.

Je pense être aujourd'hui en mesure d'accepter que les gens ne parviennent pas à me comprendre.
Mais j'ai l'impression que beaucoup ne cherchent même pas à me comprendre, qu'ils m'excluent d'office, et ceux-là je ne serais jamais en mesure de leur pardonner.
C'est une simple question de respect, ça parait l'évidence même pour moi, mais je constate que ça ne l'est pas pour beaucoup de gens.
L'important dans une relation quelle qu'elle soit (amoureuse, amicale, professionnelle...) c'est de faire un pas vers l'autre, de chercher à le comprendre.
Ne pas y arriver n'est pas grave, l'important c'est la démarche d'ouverture.
Etre rejeté sans n'y être pour rien, uniquement parce que notre interlocuteur ne cherche pas à nous comprendre, et que la seule façon de se faire accepter par lui est de fonctionner comme lui...il n'y a rien de plus insupportable à mes yeux.
C'est notre société qui est coupable, qui est malade, qui souffre d'intolérence, ce n'est pas les personnes atypiques qui sont coupables de ne pas s'intégrer dans cette société.
ça j'en suis profondément convaincu.

Règles de discutions avec l'Asperzebre:
Un tout dernier point avant de terminer ma présentation.
Il est très important que je le mette dans ma présentation, car un forum est un lieu d'échange, de discussions, et j'ai une conception toute particulière de la discussion, à laquelle je ne dérogerais sous aucun prétexte.
Lire ce qui suit est donc essentiel afin d'éviter des interactions venimeuses avec certains d'entre vous (ce qui arrivera tout de même très probablement malheureusement, en particulier avec ceux qui ne liront pas ce message)

Enfant,la notion de mensonge m'était étrangère, je disais toujours la vérité, et je n'imaginais pas une seconde que mes interlocuteurs n'en fassent pas de même.
J'ai appris à mentir, et fait mon premier mensonge vers l'âge de 12-13 ans, quand un camarade ayant un peu pitié de moi, me voyant me faire bouffer continuellement m'a expliqué: "tu sais, des fois c'est mieux de ne pas dire la vérité, il faut savoir mentir dans la vie".
Ca a été une grande leçon pour moi.
Je sais maintenant mentir, mais je ne le fais que lorsque c'est nécessaire pour éviter des complications sociales (par exemple, si j'étais sensé faire une chose simple et rapide, comme faire le lit, et que j'ai oublié, quand on me demande si je l'ai faite je vais préférer répondre "oui oui" et aller la faire en cachette, plutôt que de répondre "non" et subir une agression verbale non nécessaire)
Mais je ne mens jamais sans réfléchir aux conséquences du mensonge, et je ne me permet un mensonge que si je suis certain qu'il n'aura pas d'impact négatif sur mon interlocuteur. (par exemple, si ma copine a invité des amis et acheté un gâteau pour le dessert, et que je l'ai goinfré dans la journée, je préférerais me faire disputer pour avoir mangé le dessert que de mentir et la laisser chercher partout où elle aurait bien pu le ranger)

Je considère que la sincérité est le fondement de toute relation sociale, l'élément de base sans lequel il est absolument impossible de construire quoi que ce soit.

Je met un point d'honneur à rester honnête en toute circonstance (à part de rares cas particuliers énoncés plus haut), et j'attend de mes interlocuteurs quels qu'ils soient de faire de même.
Je suis totalement intransigeant vis à vis de ce principe qui est fondamental à mes yeux, et il m'est totalement impossible d'avoir des relations sociales avec quelqu'un ne respectant pas ce point.

Il n'y a rien de plus insupportable pour moi que d'avancer des arguments rationnels dans le cadre d'une discussion pour tenter de convaincre un interlocuteur en désaccord avec moi, alors que celui-çi se contrefiche de l'aspect rationnel, cherche uniquement à orienter la discussion dans le sens de ses intérêts personnels, et n'hésitera pas une seconde à mentir pour sauver la face, pour donner l'illusion d'avoir raison.
Confronté à ce genre de situation, il est absolument impossible que je me soumette à la version de mon interlocuteur, et ce même si il est mon supérieur hiérarchique (ce qui ne va pas me faciliter la tâche dans le milieu professionnel, j'en suis conscient).
De plus, dans cette situation j'aurais une furieuse envie de frapper mon interlocuteur, je devrais me contenir pour ne pas passer à l'acte, et je garderais très longtemps une vive rancœur envers cet individu, qui m'aura prouvé qu'il ne vaut strictement rien humainement parlant.

Ceci ne veut bien évidemment pas dire que j'exige des gens qu'ils soient toujours en accord avec moi.
Etre sincère et avoir raison sont deux choses totalement différentes, et je peux me tromper comme n'importe qui.
Quand je dis quelque chose de faux ce n'est pas un mensonge, c'est simplement une erreur.
Je suis tout à fait ouvert à accepter mes erreurs, à condition qu'on argumente, qu'on me prouve rationnellement par A+B que j'ai tort.
J'insiste sur ce côté rationnel: une argumentation du genre "non tu as tort, les choses ne se passent pas à ta manière mais à la mienne", oubliez tout de suite, ça ne sert strictement à rien et je n'irais certainement pas dans vortre sens.
Une argumentation du genre "non tu as tort, la preuve: Mr XXX spécialiste reconnu dit le contraire" oubliez aussi: XXX peut se tromper lui aussi, personne n'est infaillible.
Une argumentation du genre "non tu dis n'importe quoi, tout le monde sait que ça ne se passe pas comme ça" oubliez aussi: ce n'est pas parce que 99.99% de la population pense la même chose qu'ils ont forcément raison. Si c'était le cas, l'humanité croirait encore que la terre est plate.

Les seules façons de me faire entendre raison en cas de désaccord sur un sujet sont:
-soit de trouver des failles logiques dans mon raisonnement, des incohérences, et de les pointer du doigt (et là, ça me donne de la matière à réflechir, corriger ma logique, et potentiellement changer d'avis si il m'est impossible de retrouver les mêmes conclusions qu'auparavant)
-soit d'établir un autre raisonnement logique, ayant des conclusions différentes des miennes (mais dans ce cas, préparez-vous à me voir examiner ce raisonnement et me jetter sur la moindre faille que j'y percevrais pour démontrer que le mien est plus cohérent que le vôtre...et là encore, si je ne décèle aucune faille je pourrais être amené à changer de point de vue)
Si aucune de ces deux solutions n'est envisageable, n'essayez même pas d'argumenter avec moi, ce serait de la pure perte de temps.
Dans ce cas vous pouvez soit adhérer à ma façon de voir les choses, soit rester en désaccord mais sans chercher à me convaincre de votre vision des choses (je ne veux surtout pas imposer aux gens de penser comme moi).


Voilà voilà, fin du pavé, merci à ceux ayant eu le courage de lire jusqu'au bout, en espérant qu'on aura quelques discutions intéressantes sur ce forum (je ferais des messages plus courts, promis tongue )

Asperzebre
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 658
Date d'inscription : 10/05/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Mar 10 Mai 2016 - 16:24

Voilà Voilà j'ai lu en diagonale et certains gros passages en profondeur. Je te souhaite la bienvenue. J'espère que tu te plairas ici.


Dernière édition par Elégante le Mar 10 Mai 2016 - 16:34, édité 2 fois (Raison : orthographe, toujours elle!)

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Hugues le Mar 10 Mai 2016 - 17:44

Bienvenu,
La on a eu la thése et l'anti thése, c'est pour quand la conclusion ??

Au fait dieu existe, c'est même un mot du dictionnaire ... ouais ok je ne suis pas doué pour troll, chacun son art

Hugues
Zèbre fidèle
Zèbre fidèle

Messages : 266
Date d'inscription : 24/08/2014
Age : 24

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mar 10 Mai 2016 - 20:22

Je te l'avais dit a écrit:
Asperzebre a écrit:Bonjour.
Je viens de m'inscrire sur ce forum, je ne sais pas si je vais y être beaucoup actif ou pas, mais peu importe, je me présente quand même.
J'ai 32 ans, je me suis auto-diagnostiqué le syndrome d'asperger en 2013 (j'ai lu toute la documentation disponible en ligne sur le sujet, fait tous les tests disponibles également, et je suis sur de moi à 99.99%)
Cependant je n'ai aucune reconnaissance officielle de cet état, j'ai décidé en avril 2016 de franchir le pas, et j'ai entrepris des démarches pour me faire diagnostiquer auprès d'un CRA (le diagnostic n'est pas pour tout de suite, le processus est très long).
Ce diagnostic ne m'apportera strictement rien sur le plan personnel, puisque je connais déjà la réponse, mais il a pour but de pouvoir justifier de mon statut d'Asperger (j'expliquerais dans la suite de ce message en quoi c'est important).

Je sais depuis longtemps que je suis plus intelligent que la moyenne (sans vouloir faire prétentieux), mais je n'ai jamais eu l'impression d'être un surdoué.
Il faut dire que je me faisais une idée de la sur-douance qui est très loin de la définition officielle.
Pour moi, un surdoué c'était un être vraiment exceptionnel, vraiment rare.
2% de la population, c'est pas rare du tout.
ça fait plus d'une classe d'enfants sur deux avec un surdoué, 20 surdoués pour un petit village de 1000 habitants, 2000 surdoués dans une grande ville (100000 habitants), et plus d'un million de surdoués en France.
L'idée que je me faisais des surdoués c'était au grand maximum du 1/10000 (0.01%), soit quelques milliers au plus pour toute la France.
Un HQI ne rentre pas du tout dans l'image que je me faisais d'un surdoué, même un THQI (0.1% de la population) ne correspond pas à l'image que j'avais d'un surdoué.
Les TTHQI (0.003% si je ne me trompe pas) sont ce qui se rapproche le plus de ce que j'aurais naturellement considéré comme des surdoués.

Après m'être renseigné sur la douance j'ai constaté l'énorme fossé entre l'image que je me faisais d'un surdoué, et la réalité des faits.
J'ai passé des heures, voire des dizaines d'heures à lire ce forum en recherche d'informations sur la douance avant de décider de m'inscrire afin de pouvoir réagir à certaines discutions.
J'y ai entre autre trouvé ce qui est considéré comme les meilleurs tests de QI disponibles en ligne.
Je les avais d'ailleurs déjà fait par curiosité avant de découvrir ce forum, et je les avais jugé "bidons" car je trouvais beaucoup trop facile d'avoir un QI super élevé avec ces tests.
D'autant plus qu'il n'y avait que très peu de questions qui m'ont semblé compliquées (honnêtement, avec 3 grammes d'alcool dans le sang et après une nuit blanche, les tests sur internet me donneraient surement encore au moins 130 de QI).













Hello, es tu alors sûr que ce n'était pas plutôt un alco test qui mesure la QuIte ?. Il y avait il un monsieur bleu ? avec un képi ? aussi ? Smile

Bienvenue Smile

Pourquoi je ne suis même pas surpris d'avoir ce genre de réactions?
Je me présenterais en tant que champion de karaté? "félicitations, quel grand talent!"
En tant qu’haltérophile capable de soulever 200 kilos? "wahoo, respect, t'es super balèze!"
Mais en tant que personne intelligente? " arrête de te la péter!" "arrête de nous prendre de haut".

Pourquoi ce traitement spécial de l'intelligence, on en viendrait presque à croire que c'est mal d'être intelligent, et qu'une personne intelligente doit se sentir coupable de l'être.

Alors je vais me répéter:honnêtement, avec 3 grammes d'alcool dans le sang et après une nuit blanche, les tests sur internet me donneraient surement encore au moins 130 de QI.
C'est un constat objectif, qui n'a absolument pas pour vocation de "me la péter", ou de prendre de haut ceux qui auraient des difficultés à faire ces tests.
C'est une simple constatation, une mise en relation entre mes capacités intellectuelles et le niveau de difficulté des questions.
Et mon propos n'est en aucun cas de sous-entendre "ouahh, je suis trop fort, je suis le plus intelligent du monde, les autres ils sont tout nuls comparés à moi". Il est au contraire de douter de la fiabilité des tests de QI sur internet, j'ai l'impression que n'importe qui peut y arriver.

De manière générale, ne cherchez pas de sous-entendus dans mes messages: il n'y en a pas.
je parle au premier degré, et mes messages sont à lire et à comprendre comme tels. (J'ai bien spécifié être Asperger dans ma présentation, et ça c'en est une caractéristique parmi d'autres)

Et même si il s'avérait que j'aie un QI de 180 et que le votre soit uniquement de 60, quelle importance?
Je ne prendrais jamais quelqu'un de haut sur ces seuls critères, on est comme on est, on n'a rien fait pour mériter notre QI.
Discriminer quelqu'un parce qu'il a un QI différent, c'est comme discriminer quelqu'un parce qu'il a une couleur de peau différente (pas de racistes sur ce forum j'espère?)

Si votre message n'était pas une attaque, mais une tentative de faire de l'humour, alors désolé de ne pas avoir compris (Asperger, encore une fois), et je vous remercie de votre accueil Very Happy

Asperzebre
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 658
Date d'inscription : 10/05/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Mily_Moheori le Mar 10 Mai 2016 - 20:25

Si votre message n'était pas une attaque, mais une tentative de faire de l'humour

Je crois que c'était plutôt ça.

Bienvenue.

Mily_Moheori
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 909
Date d'inscription : 07/03/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Fab. Fabrice le Mar 10 Mai 2016 - 20:44

Pour ton permis de vivre, n'en attend qu'une chose, qu'il justifie à tes propres yeux de ce que tu es, n'attend pas, tu en serais déçu, que cela ouvre le monde à ton existence, c'est illusoire, le monde interpretera toujours ce certificat par le petit bout de la lorgnette de sa vision parcelaire et orienté, justifiant de son angle de vue, histoire de maintenir la cohérence, avec au fond le même besoin que toi...

/Fin première partie/

Fab. Fabrice
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 681
Date d'inscription : 13/06/2015
Age : 47
Localisation : Entre Moules-Frites et Huitres-Melon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Mar 10 Mai 2016 - 20:48

Asperzebre a écrit:



D'autant plus qu'il n'y avait que très peu de questions qui m'ont semblé compliquées (honnêtement, avec 3 grammes d'alcool dans le sang et après une nuit blanche, les tests sur internet me donneraient surement encore au moins 130 de QI).

Hello, es tu alors sûr que ce n'était pas plutôt un alco test qui mesure la QuIte ?. Il y avait il un monsieur bleu ? avec un képi ? aussi ? Smile

Bienvenue Smile

Pourquoi je ne suis même pas surpris d'avoir ce genre de réactions?
Je me présenterais en tant que champion de karaté? "félicitations, quel grand talent!"
En tant qu’haltérophile capable de soulever 200 kilos? "wahoo, respect, t'es super balèze!"
Mais en tant que personne intelligente? " arrête de te la péter!" "arrête de nous prendre de haut".

Pourquoi ce traitement spécial de l'intelligence, on en viendrait presque à croire que c'est mal d'être intelligent, et qu'une personne intelligente doit se sentir coupable de l'être.

Alors je vais me répéter:honnêtement, avec 3 grammes d'alcool dans le sang et après une nuit blanche, les tests sur internet me donneraient surement encore au moins 130 de QI.
C'est un constat objectif, qui n'a absolument pas pour vocation de "me la péter", ou de prendre de haut ceux qui auraient des difficultés à faire ces tests.
C'est une simple constatation, une mise en relation entre mes capacités intellectuelles et le niveau de difficulté des questions.
Et mon propos n'est en aucun cas de sous-entendre "ouahh, je suis trop fort, je suis le plus intelligent du monde, les autres ils sont tout nuls comparés à moi". Il est au contraire de douter de la fiabilité des tests de QI sur internet, j'ai l'impression que n'importe qui peut y arriver.

De manière générale, ne cherchez pas de sous-entendus dans mes messages: il n'y en a pas.
je parle au premier degré, et mes messages sont à lire et à comprendre comme tels. (J'ai bien spécifié être Asperger dans ma présentation, et ça c'en est une caractéristique parmi d'autres)


Si votre message n'était pas une attaque, mais une tentative de faire de l'humour, alors désolé de ne pas avoir compris (Asperger, encore une fois), et je vous remercie de votre accueil  Very Happy


Hello, oui Smile c'était une tentative de te/vous mettre à l'aise pour l'arrivée Smile et de plus, tu/vous m'aviez fait rire sur ce point (dans le bon sens pas dans le sens "moquerie" de ma part à votre/ton égard. 

Je ne pouvais point répondre sur le reste, je ne suis pas testée Smile même pas à l'alcootest... on m'a dit que je ne pourrais souffler que je semble alcoolisée, en voiture !, et comme je ne conduis plus depuis une dizaine d'années... Mille excuses si c'était mal tourné. cat

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Invité le Mar 10 Mai 2016 - 20:57

Tu me renseignerai et m'aiderai, d'ailleurs, à comprendre, si tu souhaitais prendre le temps, 
en m'indiquant; si ça n'est pas trop personnel, intrusif, indiscret, 
ce qui t'a fait percevoir voire ressentir de la moquerie dans mon propos afin que je puisse situer où cela se trouve dans mon propos à moi.
Ca peut être intéressant qui sait pour les deux et pour d'autres personnes. 
Re bienvenue Smile 


Dernière édition par Je te l'avais dit :) le Mar 10 Mai 2016 - 21:01, édité 1 fois

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par izo le Mar 10 Mai 2016 - 20:59

Bonsoir Asperzebre.

Tout d'abord merci pour cette anamnèse complète, qui plus est solide, rigoureuse dans sa construction, lucide et factuelle quant à la situation qu'elle décrit. Merci aussi pour nous rappeler les principes de communication à adopter à ton égard. J'espère y souscrire non sans me contrainte mais pour établir une communication en effet saine, exempte de sous-entendus.
Je te souhaite ainsi la bienvenue parmi nous. Un "nous" tu le verras parfaitement hétéroclite et parmi lequel tu trouveras des interlocuteurs à l'écoute qui partageront de surcroît des interrogations et convictions similaires.

Cela dit, au travers de tes propos, je mesure le cheminement intérieur que tu as mené durant toutes ces années pour passer du ressentiment envers toi même, à la colère dirigée contre les autres effectivement aveugles et négligents pour accéder enfin à la paix que tu mentionnes. C'est pour moi une preuve d'extrême intelligence, car il ne s'agit en effet pas de s'user contre des murs mais d' opter pour une démarche d'ouverture. Tu fais le pas, tu tentes et qu'importe en effet si autrui y répond ou pas. Tu restes clair en toi même, cohérent et c'est très important. Idem pour le RSA, tu tires ton épingle de ce jeu social de cette façon là après t'être essayé dans le monde professionnel qui n'est pas, tu l'as vu, forcément un univers empathique bien au contraire.
J'espère vraiment, à la manière dont toutes tes lignes le montent jusqu'à présent, que tu resteras fidèle à toi ici,.
Bienvenue donc.

izo
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 706
Date d'inscription : 20/04/2016
Localisation : Izolune

http://nathalie.diaz.pagesperso-orange.fr/html/coups%20de%20coeu

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mar 10 Mai 2016 - 21:39

Je te l'avais dit:
J'ai vu que tu hésitais sur le vouvoiement/tutoiement, autant se tutoyer je ne m'en formaliserais pas.

Ce qui m'a gêné était une association de plusieurs choses.
La première étant que tu aies mis en gras un passage de ma présentation qui peut paraître très présomptueux, et que j'avais identifié comme potentielle source de tensions avant de valider mon message.
La deuxième étant que ta citation s'arrête ici, comme si tu avais lu mon message jusqu'à ce point, et qu'indigné par cette phrase tu n'avais pas lu la suite de ma présentation (que tu n'aies pas lu en entier, je veux bien ,aucun souci j'ai fait un pavé énorme de toutes façons, mais que tu bloques ta lecture sur une phrase qui te déplaît et te fasses un avis sur moi rien que sur ça, j'apprécierais beaucoup moins).

Après quoi, je suis assez peu disposé à voir ton trait d'humour dans le bon sens, et beaucoup plus enclin à y voir une attaque personnelle de ta part.
Le problème vient clairement de moi: je ne suis pas doué avec le second degré, et j'ai pas mal de défauts, dont la susceptibilité (à force d'être constamment méprisé, moqué, insulté, j'en suis venu à me fermer à toute forme de critique, c'est un mécanisme d'auto-défense avec lequel j'ai grandi, et j'essaie aujourd'hui de m'en débarrasser mais je n'arrive pas à la chasser à 100%)

je vois maintenant que j'ai fait fausse route, notamment sur le passage en gras (ton message suivant m'a fait comprendre que c'était ta façon d'indiquer à quel point précis de la citation tu répondais, ce qui facilite la compréhension et est très loin d'être idiot).

Asperzebre
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 658
Date d'inscription : 10/05/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mar 10 Mai 2016 - 22:03

izo merci pour cet accueil, ça fait chaud au cœur.
J'en ai d'ailleurs profité pour ajouter un mot à mon vocabulaire (anamnèse).
J'ai bien l'intention de rester moi-même, c'est pour ça que je suis venu, et je préférerais partir que de faire semblant d'être quelqu'un d'autre.

Fabrice, j'ai bien peur que tu aies raison.
Mais la toute petite part irrationnelle qui sommeille en moi me dit d’espérer que tu te trompes, que la société finira par m'accepter avec mes différences.
Dans le pire des cas, cette démarche me permettra de clarifier le regard que la société porte sur moi, j'aurais eu le mérite d'essayer jusqu'au bout de me faire accepter, et j'aurais la certitude de ne pas passer à coté de quelque chose en me coupant volontairement de la société.
Alors que si je ne fais pas ces tests, j'aurais toujours une part de doute, un sentiment que si j'avais été plus persévérant j'aurais peut-être fini par être accepté.

Asperzebre
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 658
Date d'inscription : 10/05/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Fab. Fabrice le Mar 10 Mai 2016 - 22:15

+1

Fab. Fabrice
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 681
Date d'inscription : 13/06/2015
Age : 47
Localisation : Entre Moules-Frites et Huitres-Melon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par izo le Mar 10 Mai 2016 - 22:22

Tu fais bien d'espérer le changement. Je m'y emploie également par exemple dans mon travail vis-à-vis de mon propre cas certes, mais aussi et principalement pour les personnes en situation de handicap, le cas échéant, déficients mentaux auprès de qui je travaille afin de contribuer à modifier le regard posé sur eux en entreprise notamment. C'est un travail de longue haleine qui impose une rencontre dénuée de préjugés et de peurs (de part et d'autre).

Sitôt ces entraves levées chacun y trouve son compte; l'employeur qui reconnaît la qualité du travail réalisé par une personne dont on n'efface pas la différence bien au contraire, mais qui est mise dans une situation lui permettant enfin de positiver cette différence. La personne en situation de handicap enfin, qui est regardée non plus seulement au travers de sa différence, mais qui est considérée enfin dans ce qu'elle est vraiment : une personne.

izo
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 706
Date d'inscription : 20/04/2016
Localisation : Izolune

http://nathalie.diaz.pagesperso-orange.fr/html/coups%20de%20coeu

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Hugues le Mer 11 Mai 2016 - 8:04

Personnellement je suis handicapé, ceux qui savent s'en foutent et ceux qui ne savent pas ne savent pas du coup je ne vois pas comment je pourrais être jugé.

Que ton handicap soit invisible ou que tu soit en fauteuil roulant, tu as fait ton taff personne n'a rien a te dire, bon ensuite un autistes au service relations clients ce n'est pas forcément le meilleur post mais il n'est pas non plus "Incapable" a partir du moment ou tu sais lire/écrire et parler ... écouter aussi c'est important.

Je suis diagnostiqué dysphasique et j'ai un pb de nociception depuis un AVC, pour la nociception l'arret des medocs et le sport ca ma presque soigné et pour la dysphasie pour moi c'est une belle fumisterie, ok j'écrivais en mode miroir et je nagait a reculon quand j'avais 5-6 ans, je disait pericule a la place de pellicule, mais j'écris et je parle bien mieux que beaucoups de personne que j'ai pu cotoyer, du leur délires de handicap a moins d'être un legume je ne vois pas en quoi ca empêche de travailler

Hugues
Zèbre fidèle
Zèbre fidèle

Messages : 266
Date d'inscription : 24/08/2014
Age : 24

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Uilliam le Mer 11 Mai 2016 - 8:59

Bienvenue Asperzebre !

J'ai lu avec plaisir ta (très complète) présentation. Je ne commenterai pas ton cheminement : il est propre à chacun, et je ne suis pas qualifié pour cela. Je me contenterai de réagir à quelques points qui m'ont interpellé, principalement sur l'éducation (qui est l'un de mes centres d'intérêt, ainsi que l'un de mes problèmes récurrents).

J'ai donc dû utiliser la méthode que je déteste, c'est-à-dire apprendre à défaut de comprendre.
Voici quelque chose que je n'ai jamais pu faire, ayant le même "souci" que toi, je suppose. Je suis incapable d'appliquer (ou même d'intégrer) quelque chose que je ne comprends pas (ou qui me semble illogique, ou dont l'intérêt m'échappe... mais c'est une autre histoire).

Les appréciations que j'ai eues sur mes bulletins de notes ont été très péjoratives, tout du long de ma scolarité, j'ai très rarement eu des messages d'encouragement de la part de mes professeurs et je redoutais chaque bulletin trimestriel car je savais que j'allais me faire passer un savon quand ma mère lirait les appréciations des professeurs.
Je peux comprendre le découragement que cela a dû engendrer. J'étais un peu dans le même cas, mais j'ai heureusement bénéficié d'un minimum de soutien de la part de mes parents, qui ne comprenaient pas comment je pouvais avoir des appréciations si négatives en étant parmi les premiers de la classe. Il n'y a pas si longtemps, j'ai relu mes bulletins de collège, et j'ai réalisé à quel point j'ai été "massacré" par mes professeurs à cette époque. Une année où j'avais été premier de la classe (avec la meilleure moyenne dans presque toutes les matières), la plupart de mes professeurs se sont contentés d'écrire que je ne suivais pas en cours, que j'avais une attitude négative, et autres remarques du même genre.

Aussi, quand j'ai constaté que des erreurs se glissaient dans les cours de ce professeur, je me suis senti obligé d'intervenir, je l'ai corrigé devant toute la classe, car je ne voulais pas qu'il apprenne des choses fausses aux élèves.
J'ai fait ça dans un esprit purement constructif, sans même avoir envisagé la possibilité qu'il y voie une attaque personnelle.
Même souci, je pense que cela explique en partie ce dont je parle juste avant. Je ne sais pas à quelle fréquence cela t'arrivait, mais as-tu réussi à "laisser passer" les petites erreurs du quotidien par la suite ?
Pour ma part, ayant repris mes études avec l'idée de ne pas trop me faire remarquer, j'ai réussi à passer outre les fautes d'orthographe au tableau (même si cela me choque toujours autant), mais je n'arrive toujours pas à me taire en cas d'erreur de sens, ou d'erreur en rapport direct avec l'objet étudié. C'est plus fort que moi...

Je n'ai jamais cherché à réciter mon cours, le par cœur je trouve qu'il n'y a rien de plus ennuyeux et débile.
D'ailleurs mes capacités de mémorisation sont loin d'être exceptionnelles, elles sont même probablement inférieures à la moyenne dès qu'on aborde des sujets qui ne m'intéressent pas particulièrement (j'ai par contre une excellente mémoire pour les sujets qui me passionnent, on appelle ça la mémoire sélective il me semble).
J'ai un peu le même problème, et je dois dire que j'admire ceux qui arrivent à mémoriser des pages et des pages sans intérêt, et à les ressortir tels quels, quitte à ne pas les comprendre. C'est-à-dire ce qui est demandé (en France ?) la plupart du temps.
J'acquiers mes connaissances par moi-même, inconsciemment (je lis beaucoup, sur tout type de sujet), mais suis incapable de le faire volontairement, à plus forte raison sur un sujet qui ne m'intéresse pas, ou si le raisonnement est simplifié (j'ai besoin d'exactitude).
Je viens d'ailleurs de trouver, sur un site spécialisé, quelques infos sur l'apprentissage, que je pense mettre en pratique dès l'an prochain. En espérant que cela pourra participer à l'amélioration de mes résultats actuels.
(Pour situer le contexte : j'ai repris la fac, j'ai des notes excellentes dans les matières qui nécessitent un travail réel, et des notes catastrophiques dans les matières où les examens consistent à réciter le cours du prof…).

Bref, confronté à un problème de maths, je réfléchissais, je trouvais ma réponse personnelle, ce qui me semblait le plus logique pour résoudre le problème, et je faisais de mon mieux pour tenter de retranscrire mon raisonnement sur le papier.
Selon moi, si tu arrivais à expliquer ton raisonnement, les professeurs auraient dû en tenir compte. Pour ma part, je trouvais généralement les réponses de tête, et étais totalement incapable d'expliquer mes résultats (du moins au collège, par la suite j'ai complètement décroché des mathématiques, qui ne consistaient quasiment plus qu'en "démonstrations" et citation de théorèmes que je ne comprenais pas - et qui ne nous étaient pas expliqués, car "c'est comme ça").

Voilà ce que j'avais à dire, au vu de mon expérience personnelle. Je vois - encore une fois - que le système éducatif n'est pas adapté à une partie de la population, et au vu des différents témoignages que j'ai pu lire ici, je pense creuser le sujet dans la partie "éducation". C'est une thématique qui m'intéresse énormément, et sur laquelle j'écris.
(J'en profite pour lancer un appel à témoignages, si certains souhaitent écrire leur expérience pour publication sur un blogue - et éventuellement, de manière plus morcelée selon les besoins, dans divers documents sur le sujet.

Uilliam
Zèbre timide
Zèbre timide

Messages : 29
Date d'inscription : 08/05/2016
Age : 28
Localisation : Lyon, France

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par izo le Mer 11 Mai 2016 - 10:24

Oui Uilliam tout ce que tu avances s'est vérifié de mon temps et se vérifie encore (j'ai deux enfants scolarisés, je me frotte donc à nouveau à ce système sclérosant et prescripteur).

J'aimais les maths mais hélas j'ai eu une succession d'enseignants qui ne contextualisaient pas du tout ce qu'ils enseignaient : c'était de l'applicatif et on faisait comme ça parce que c'était en effet "comme ça". Idem en physique. Ce défaut de contextualisation a nui à mon parcours scolaire et a entaché mon amour des maths retrouvé seulement en seconde et terminale avec l’algèbre et surtout les intégrales qui me fascinaient parce que l'on pouvait calculer les aires dans une fonction... Bref une redécouverte.

Ma solution a été de mettre l'école au second plan et de me fier à ma curiosité et à mes passions pour "survivre". J'ai ainsi vécu de façon schizophrène jusqu'au bac (obtenu de justesse) après quoi j'ai abandonné ce mode de vie pour véritablement m'éclater dans le supérieur.

La vie professionnelle n'échappe pas à cette propension de devoir faire les choses parce que "c'est comme ça". Le sens du travail échappe à beaucoup ! J'avoue toutefois avoir la chance de bosser dans un milieu où la différence est la "norme" (médico social) et où le sens est prisé. Ceci parce que mon boss est à mon sens THQI.

izo
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 706
Date d'inscription : 20/04/2016
Localisation : Izolune

http://nathalie.diaz.pagesperso-orange.fr/html/coups%20de%20coeu

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mer 11 Mai 2016 - 10:50

Uilliam a écrit:
J'ai donc dû utiliser la méthode que je déteste, c'est-à-dire apprendre à défaut de comprendre.
Voici quelque chose que je n'ai jamais pu faire, ayant le même "souci" que toi, je suppose. Je suis incapable d'appliquer (ou même d'intégrer) quelque chose que je ne comprends pas (ou qui me semble illogique, ou dont l'intérêt m'échappe... mais c'est une autre histoire).
Je suis moi aussi incapable d'intégrer à long terme quelque chose que je ne comprend pas.
D'ailleurs je n'ai aucun souvenir d'aucun de mes cours de maths à la FAC, c'est presque comme si je n'y avais jamais été, mon niveau de connaissances en maths est resté bloqué à la terminale S.
Mais je parviens tout de même à inscrire des choses incompréhensibles et/ou inintéressantes dans ma mémoire à court terme, ce qui est suffisant pour les interrogations écrites.


Aussi, quand j'ai constaté que des erreurs se glissaient dans les cours de ce professeur, je me suis senti obligé d'intervenir, je l'ai corrigé devant toute la classe, car je ne voulais pas qu'il apprenne des choses fausses aux élèves.
J'ai fait ça dans un esprit purement constructif, sans même avoir envisagé la possibilité qu'il y voie une attaque personnelle.
Même souci, je pense que cela explique en partie ce dont je parle juste avant. Je ne sais pas à quelle fréquence cela t'arrivait, mais as-tu réussi à "laisser passer" les petites erreurs du quotidien par la suite ?
Pour ma part, ayant repris mes études avec l'idée de ne pas trop me faire remarquer, j'ai réussi à passer outre les fautes d'orthographe au tableau (même si cela me choque toujours autant), mais je n'arrive toujours pas à me taire en cas d'erreur de sens, ou d'erreur en rapport direct avec l'objet étudié. C'est plus fort que moi...
Là dessus, je suis presque comme toi: impossible de ne pas réagir en cas d'erreur de fond. Pour les erreurs de forme (orthographe), ça ne nuit pas à la compréhension alors je laisse passer (même si je préfère quand l'orthographe est correcte)


Bref, confronté à un problème de maths, je réfléchissais, je trouvais ma réponse personnelle, ce qui me semblait le plus logique pour résoudre le problème, et je faisais de mon mieux pour tenter de retranscrire mon raisonnement sur le papier.
Selon moi, si tu arrivais à expliquer ton raisonnement, les professeurs auraient dû en tenir compte. Pour ma part, je trouvais généralement les réponses de tête, et étais totalement incapable d'expliquer mes résultats (du moins au collège, par la suite j'ai complètement décroché des mathématiques, qui ne consistaient quasiment plus qu'en "démonstrations" et citation de théorèmes que je ne comprenais pas - et qui ne nous étaient pas expliqués, car "c'est comme ça").
Je te rejoins malheureusement sur la façon déplorable dont les mathématiques sont enseignées (ce qui est dommage, car c'est une matière passionnante)
La seule chose qui m'a fait aller aussi loin en mathématiques est justement cette passion.
En fait, dans ma présentation, quand je disais que je comprenais intuitivement les théorèmes vus en cours, je simplifiais (la présentation est déjà bien assez longue comme ça)
Pour être exact, j'aurais du dire que les théorèmes tels que présentés par les profs ne me parlaient absolument pas, je ne les comprenais pas vraiment en fait.
C'est en faisant des exercices, en trouvant à ma manière les réponses aux questions (sans utiliser le théorème), puis en les refaisant en me forçant à utiliser le théorème, et en voyant les similarités des deux raisonnements que je parvenais à comprendre la logique des théorèmes (qui n'étaient effectivement jamais expliqués par les professeurs, on attendait de nous d'apprendre bêtement par cœur).

Une fois à l'université, les maths étaient devenus trop complexes pour que ma méthode fonctionne: je ne comprenais toujours pas les théorèmes, et j'étais incapable de faire les exercices par mes propres moyens sans utiliser les théorèmes du cours.
J’apprenais donc bêtement, et je restituais le cours, puis je l'oubliais. J'avais 15/20 de moyenne, mais je n'ai pas plus assimilé les concepts des cours que si je n'avais jamais mis les pieds à la FAC.


Voilà ce que j'avais à dire, au vu de mon expérience personnelle. Je vois - encore une fois - que le système éducatif n'est pas adapté à une partie de la population, et au vu des différents témoignages que j'ai pu lire ici, je pense creuser le sujet dans la partie "éducation". C'est une thématique qui m'intéresse énormément, et sur laquelle j'écris.
(J'en profite pour lancer un appel à témoignages, si certains souhaitent écrire leur expérience pour publication sur un blogue - et éventuellement, de manière plus morcelée selon les besoins, dans divers documents sur le sujet.
Mon témoignage est disponible dans ma présentation, si tu souhaites t'en inspirer ("j'ai lu sur un forum un témoignage de personne ayant telle ou telle problématique"), tu peux.
Je n'irais par contre pas directement sur ton blog, car je considère que mon cas n'est plus vraiment d'actualité: j'ai eu le BAC en 2001, mon témoignage concernant le collège/lycée renvoie donc aux pratiques d'enseignement des années 1990.
Si ton intention est de faire bouger le système éducatif, des témoignages de gens confrontés au système éducatif tel qu'il est en 2016 me semblent beaucoup plus pertinents que le mien.

En tout cas je suis ravi de voir que nous semblons partager un certain nombre de points communs Smile

Hugues, Mily_Moheori, élégante, j'ai aussi lu vos messages, merci d'avoir pris la peine de venir me souhaiter la bienvenue Smile

Asperzebre
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 658
Date d'inscription : 10/05/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par potiron le Mer 11 Mai 2016 - 11:23

Bienvenue sur le forum ♪♫ Et merci pour ce partage détaillé de ton expérience.
Voici quelques questions, en espérant que cela te soit utile dans tes réflexions :

Asperzebre a écrit:J'ai abandonné l'idée de le faire: je vis du RSA et je m'en porte bien (pour le moment). Mon problème est que je ne peux pas rester au RSA toute ma vie, car ça impliquerait une vie enfermé dans ma bulle, rejeté par tous.
Il y a donc en toi à la fois une envie de rester en dehors et une envie de rejoindre la société. Si tu devais choisir maintenant tu choisirais de suivre laquelle ?

Asperzebre a écrit:Tel que je suis aujourd'hui c'est absolument impossible, la société ne m'acceptera jamais.
C'est une affirmation que personne n'est capable de prouver ni de réfuter, ce n'est donc pas un fait certain mais plutôt un choix de ta part de voir les choses de cette manière (probablement à cause de mauvaises expériences que je ne remets pas en question). Mais est-ce que tu penses que ce choix va plutôt t'aider ou bien t'empêcher de parvenir à ton objectif de trouver ta place dans la société ?

Asperzebre a écrit:Les 300 euros, je les vois comme le prix d'achat d'un papier officiel disant que j'ai des qualités qui peuvent s'avérer utiles pour mes futures tentatives d'intégrations dans le monde de l'entreprise.
Est-ce que tu penses que ce papier est aussi une sorte de protection qui te permettrait de remettre ces tentatives d'intégrations à plus tard ?

Asperzebre a écrit:Sur ces deux derniers points, quoi de mieux qu'une reconnaissance THQI pour faire comprendre à l'employeur que j'ai des capacités, et que ça vaut la peine de me donner ma chance?
Je trouve que ce que tu dis ici est mille fois mieux. Ton discours prouve que tu es intelligent et ton histoire montre que tu es résilient, et vu la direction que prend la société ces derniers temps je pense qu'elle a cruellement besoin de gens intelligents et résilients (que ce soit dans le domaine public, privé ou associatif). Est-ce que tu te sens prêt à parler ouvertement avec un éventuel employeur ?

potiron
Zèbre régulier
Zèbre régulier

Messages : 71
Date d'inscription : 21/05/2013
Age : 39
Localisation : Bruxelles

http://www.crocosmic.be

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mer 11 Mai 2016 - 13:12

potiron a écrit:Bienvenue sur le forum ♪♫ Et merci pour ce partage détaillé de ton expérience.
Voici quelques questions, en espérant que cela te soit utile dans tes réflexions :

Il y a donc en toi à la fois une envie de rester en dehors et une envie de rejoindre la société. Si tu devais choisir maintenant tu choisirais de suivre laquelle ?
Difficile de répondre, je suis tiraillé entre les deux. Il y a quelques années, j'aurais choisi de rejoindre la société, et j'ai d'ailleurs essayé de le faire sans grand succès.
Je n'ai pas complètement renoncé à cette idée, mais elle passe désormais au second plan: je veux avant tout pouvoir être moi-même, je n'en peux plus de faire des efforts pour tenter de me faire accepter par des gens voyant en moi quelqu'un de "normal", je suis à bout de forces.
Je ne ferais plus d'efforts pour essayer de coller aux normes sociales, j'y ai perdu suffisamment de temps et d'énergie, et je ne m’intégrerais à la société qu'à la condition qu'elle m'accepte tel que je suis.
Si j'étais obligé de choisir tout de suite, dans les conditions actuelles, entre dehors ou dedans, je choisirais probablement dehors.
Les démarches de diagnostic que j'entreprend aujourd'hui sont un peu comme une dernière chance que je laisse à la société avant de l'abandonner définitivement.
potiron a écrit:
Asperzebre a écrit:Tel que je suis aujourd'hui c'est absolument impossible, la société ne m'acceptera jamais.
C'est une affirmation que personne n'est capable de prouver ni de réfuter, ce n'est donc pas un fait certain mais plutôt un choix de ta part de voir les choses de cette manière (probablement à cause de mauvaises expériences que je ne remets pas en question). Mais est-ce que tu penses que ce choix va plutôt t'aider ou bien t'empêcher de parvenir à ton objectif de trouver ta place dans la société ?
Je pense que ce choix va m'aider, dans le sens où il me fait tenter une nouvelle approche de la société, une tentative d'avancer dans la vie.
J'ai toujours été persuadé qu'il fallait être soi-même dans la vie, qu'il ne fallait pas céder à la pression sociale, que c'était aux gens intolérants de faire des efforts d'ouverture, pas aux personnes exclues de se forcer à entrer dans un moule qui n'est pas fait pour elles.
J'ai vécu en accord avec mes convictions jusqu'au début de collège, puis j'ai craqué.
Le rejet de la société à mon égard était trop pesant, j'étais trop faible pour le supporter et je me suis effondré, je me suis forcé à l'encontre de mes convictions à tenter de rentrer dans le moule, pour enfin être accepté, et j'en ressentais un malaise intense.
Tous mes efforts ont été vains, même en me recroquevillant le plus possible pour prendre la forme du moule, j'étais encore trop différent, encore rejeté. La société demande trop, beaucoup trop pour moi, et je n'ai plus la force de me battre de cette façon.
J'ai maintenant une nouvelle stratégie, qui est de cesser de vouloir donner l'impression d'être conforme, de révéler ma vraie nature au grand jour.
Est-ce que ce sera payant? C'est trop tôt pour le dire. Tout ce que je sais est que je n'ai pas de meilleure alternative en vue.

potiron a écrit:
Asperzebre a écrit:Les 300 euros, je les vois comme le prix d'achat d'un papier officiel disant que j'ai des qualités qui peuvent s'avérer utiles pour mes futures tentatives d'intégrations dans le monde de l'entreprise.
Est-ce que tu penses que ce papier est aussi une sorte de protection qui te permettrait de remettre ces tentatives d'intégrations à plus tard ?
Je le vois au contraire comme un point de départ, me permettant de reprendre mes tentatives d’intégrations, qui sont actuellement au point mort.
Ce papier, ainsi que l'autre concernant l'Asperger, sont les bases de ma nouvelle stratégie, je les attend donc avec une grande impatience, et aussi une part d’appréhension, une peur que même avec ces reconnaissances je ne parviennes pas à m'intégrer.

potiron a écrit:
Asperzebre a écrit:Sur ces deux derniers points, quoi de mieux qu'une reconnaissance THQI pour faire comprendre à l'employeur que j'ai des capacités, et que ça vaut la peine de me donner ma chance?
Je trouve que ce que tu dis ici est mille fois mieux. Ton discours prouve que tu es intelligent et ton histoire montre que tu es résilient, et vu la direction que prend la société ces derniers temps je pense qu'elle a cruellement besoin de gens intelligents et résilients (que ce soit dans le domaine public, privé ou associatif). Est-ce que tu te sens prêt à parler ouvertement avec un éventuel employeur ?
Aujourd'hui clairement je me sens prêt à parler ouvertement à un éventuel employeur.
J'ai fait l'erreur dans mes précédentes démarches de recherche d'emploi de me présenter comme étant "normal".
Je ne conçois même pas l'idée de postuler à nouveau à un poste, dans quelque domaine que ce soit, sans informer mon employeur potentiel de mon statut d'Asperger et de HQI/THQI.
D'où l'importance d'avoir les papiers officiels pour être légitime lors de ma présentation.
Sans les diagnostics officiels, la seule issue que je vois pour m'intégrer professionnellement est de me présenter en tant qu'auto-diagnostiqué Asperger/THQI, et d'espérer avoir la chance de tomber sur quelqu'un de compréhensif, autant dire que je n'y crois pas du tout.

Je ne suis finalement peut-être pas aussi résilient que tu sembles le penser.

Asperzebre
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 658
Date d'inscription : 10/05/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par potiron le Mer 11 Mai 2016 - 14:49

Asperzebre a écrit:
potiron a écrit:
Asperzebre a écrit:
Tel que je suis aujourd'hui c'est absolument impossible, la société ne m'acceptera jamais.
C'est une affirmation que personne n'est capable de prouver ni de réfuter, ce n'est donc pas un fait certain mais plutôt un choix de ta part de voir les choses de cette manière (probablement à cause de mauvaises expériences que je ne remets pas en question). Mais est-ce que tu penses que ce choix va plutôt t'aider ou bien t'empêcher de parvenir à ton objectif de trouver ta place dans la société ?
Je pense que ce choix va m'aider, dans le sens où il me fait tenter une nouvelle approche de la société, une tentative d'avancer dans la vie.
Choisir de croire que la société ne t'acceptera jamais va t'aider à y trouver ta place en t'apportant une nouvelle approche ? Là je ne comprends pas, pourrais-tu m'expliquer les liens entre ces éléments ? Cela dit je pense que c'est une très bonne stratégie d'être soi-même (déjà parce que personnellement le conformisme m'horripile assez vite, mais aussi parce que chercher sa place en étant quelqu'un d'autre est la meilleure façon de ne pas la trouver).

Asperzebre a écrit:
Je ne conçois même pas l'idée de postuler à nouveau à un poste, dans quelque domaine que ce soit, sans informer mon employeur potentiel de mon statut d'Asperger et de HQI/THQI.
D'où l'importance d'avoir les papiers officiels pour être légitime lors de ma présentation.
Ce besoin de légitimité vient-il plutôt d'une crainte de ne pas être reconnu comme tel par ton employeur potentiel, d'une précaution personnelle pour éviter de retomber dans le conformisme, ou d'une envie de pouvoir négocier facilement des demandes particulières ?

potiron
Zèbre régulier
Zèbre régulier

Messages : 71
Date d'inscription : 21/05/2013
Age : 39
Localisation : Bruxelles

http://www.crocosmic.be

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mer 11 Mai 2016 - 18:21

Bleh Sad
Une heure trente à rédiger une réponse, j'oublie de faire le copier-coller de sécurité, et au moment de cliquer sur "prévisualiser", on me demande de me reconnecter.
Tout mon message a été perdu, je vais tâcher de recommencer.

Asperzebre
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 658
Date d'inscription : 10/05/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Asperzebre le Mer 11 Mai 2016 - 21:19

potiron a écrit:
Choisir de croire que la société ne t'acceptera jamais va t'aider à y trouver ta place en t'apportant une nouvelle approche ? Là je ne comprends pas, pourrais-tu m'expliquer les liens entre ces éléments ? Cela dit je pense que c'est une très bonne stratégie d'être soi-même (déjà parce que personnellement le conformisme m'horripile assez vite, mais aussi parce que chercher sa place en étant quelqu'un d'autre est la meilleure façon de ne pas la trouver).

Je vais tenter d'être plus clair (ça va être long, je préviens à l'avance)

Je suis autiste Asperger (auto-diagnostiqué, mais même si je me trompe j'ai quelque chose de proche, du genre autisme de haut niveau).
Contrairement aux préjugés sur les autistes, je suis quelqu'un ayant une apparence normale, pas de difficultés motrices, et une élocution correcte.
Je suis quelqu'un de très différent des gens "normaux", mais cette différence est invisible, même pour mon entourage.
Si on rajoute le THQI là dessus (là encore auto-diagnostic, pas sûr pour le T, mais HQI sur à 100%) ça fait de moi quelqu'un de doublement décalé, surement encore plus incompatible avec la société que le profil type des zèbres de ce forum.

La société me rejette, ou pour être plus précis, elle m'interdit d'être moi-même.

Selon certaines sources, la communication non-verbale représenterait 80% des messages qui passent entre deux personnes normales communicant ensemble, et la communication verbale n'en représenterait que 20%.
Regarder son interlocuteur dans les yeux quand on parle est une norme sociale considérée comme essentielle.
Le rôle de ce regard est de se transmettre les messages non verbaux indispensables lors d'une discussion.

Il se trouve que la communication non verbale est quasi inexistante chez moi, et que dans une discussion où je suis impliqué ce regard perd tout son sens.
Je ne vais pas comprendre les non-dits, je ne vais pas comprendre les messages corporels, ou les expressions du visage (à part quelques expressions basiques comme la joie  Very Happy  ou la tristesse  Crying or Very sad ), et même là je peux me tromper, je ne ferais absolument pas la différence entre un sourire sincère et un sourire mielleux.
Dans le cadre d'une discussion avec regard dans les yeux, je ne ferais pas ou très peu attention au comportement de mon interlocuteur, je me concentrerais sur ses paroles.
Au contraire, celui-ci m'écoutera à peine, et sera concentré sur ce que lui renvoie mon langage corporel (langage que je ne parle pas)
Il m'est arrivé à certaines occasions d'avoir des disputes sans avoir dit quoi que ce soit de mal, uniquement parce que mon langage corporel avait été mal interprété (offensant? méprisant? je n'en sais rien du tout).

En plus, regarder dans les yeux me déstabilise, me demande beaucoup de concentration, et cette concentration dédiée au regard dans les yeux sera perdue pour la conversation (moins bonnes capacité d'écoute, de compréhension, de réflexion, de formulation de mes pensées...)
Ce regard dans les yeux est donc un double obstacle à la communication avec moi: d'une part il entrave mes capacités, et d'autre part il entrave les capacités de mon interlocuteur, qui va naturellement se comporter comme dans une relation sociale classique, c'est à dire interpréter mon langage corporel, et me prêter de fausses intentions liées à ce langage défaillant, au lieu de se focaliser sur mes propos (qui constituent, je le rappelle, l'intégralité de mon message, je n'ai aucun message corporel à faire passer).
La situation idéale pour discuter avec moi serait que je vous tourne le dos, en regardant par la fenêtre par exemple.
Voire, pour ceux ne supportant pas l'idée que je leur tourne le dos, que je sois face à eux, mais le regard perdu dans le vide.
Mais la norme étant de regarder dans les yeux, je suis contraint de m'y plier.
Les gens sont incapables de concevoir que ce regard puisse être un handicap, et interprètent l'absence de regard comme du désintérêt dans le meilleur des cas.
Si j'essaie d'être moi-même, j'aurais souvent droit à des "hé-ho, tu m'écoutes?", voire à des situations d'énervement ("tu me gonfles, je te parle d'un truc important et tu m'écoutes même pas").

Au delà de ce problème de communication dû à des façons d'être totalement différentes, il se trouve que les relations sociales m’épuisent.
Là où certains auront un besoin de relations sociales, où ça sera leur façon de recharger leurs batteries, j'ai au contraire besoin de moments de solitude pour me recharger après des relations sociales trop longues.
Là encore, la norme est de rechercher les interactions sociales, beaucoup de gens ne comprennent pas qu'on puisse ressentir le besoin de s'isoler.

Je vais continuer un peu mon anamnèse (quitte à apprendre un nouveau mot autant l'utiliser  Wink  ), en présentant des situations vécues qui mettent en lumière les difficultés liées à ces deux traits caractéristiques de ma façon d'être.

Les deux épisodes que je vais vous présenter sont en rapport avec le père de ma compagne (que j’appellerais "beau-père" pour simplifier, bien qu'il ne soit pas mon beau-père dans les faits car je ne suis pas marié).
Je passe beaucoup de temps chez mon beau-père, tout simplement car ma compagne est encore en études et y habite pour le moment.
C'est quelqu'un qui a un bon fond, il est en principe tolérant (Il n'est absolument pas raciste, au contraire. Il travaille dans un garage en entreprise familiale qui a connu pas mal de difficultés financières, et a perdu des clients qui ne supportaient pas qu'ils aient employé une personne d'origine maghrébine. Jamais ils n'ont envisagé de s'en séparer pour récupérer leur clientèle.)
Il est de droite, moi de gauche (extrême gauche diraient certains, moi je ne considère pas ma position politique comme extrême, mais c'est un autre débat qu'on n'évoquera pas ici).
Nous sommes parfaitement au courant l'un comme l'autre de nos divergences à ce sujet, et ça n'entrave en rien nos relations.
Il est au courant que j'ai le syndrome d'Asperger, mais ne sait pas en quoi ce syndrome consiste.
il ne fait pas du tout partie des gens que je qualifierais de peu recommandables, mais il a une ouverture d'esprit assez limitée (comme beaucoup de gens en fait).

Je vais maintenant présenter le 1er épisode dont je souhaitais parler, très récent, il s'est produit il y a un mois seulement.
Il a eu lieu quelques jours seulement après qu'une association sur l'autisme m'aie prêté un livre sur le syndrome d'Asperger, que j'avais mis à disposition de mon beau-père afin qu'il se fasse une idée plus précise de ce qu'était ce syndrome.
Celui-ci ne l'a jamais ouvert, et a annoncé qu'il n'avait pas besoin de comprendre le syndrome d'Asperger, qu'il m'acceptait même si je suis différent.

Alors que j'étais chez lui pour une journée qui s'annonçait tranquille, des amis à lui sont venus à l'improviste dans le milieu de matinée.
Ils étaient juste en visite de courtoisie, venus prendre le café, discuter un peu, et prévoyaient de partir avant le repas de midi.
De mon côté, j'avais déjà des interactions sociales au programme de la journée, nous étions invités moi et ma compagne à manger à midi chez des amis.
La matinée s'est bien passée, puis nous avons pris congé d'eux pour aller voir nos amis comme prévu.
Là encore ça s'est très bien passé, mais à notre retour chez mon beau père vers 15-16 heures, j'étais épuisé par toutes ces interactions sociales, et j'avais besoin de m'isoler.
J'ai eu la très mauvaise surprise de constater à notre arrivée que les amis de mon beau père n'étaient pas encore partis, et je n'ai donc pas pu souffler, j'ai été contraint d’enchaîner directement sur de nouvelles interactions sociales.
Ceux-ci avaient entre temps trouvé le livre sur Asperger qui traînait négligemment sur la table, et mon beau père les avait visiblement mis au courant que j'avais ce syndrome, car ils m'ont pas mal vanné à ce sujet à mon retour. Ces vannes n'étaient pas particulièrement le genre d'humour qui passe bien avec moi, mais j'ai pris sur moi, je suis resté calme et j'ai bien compris qu'ils ne cherchaient pas à me faire de mal.
Par contre ils parlaient fort, avec un rythme soutenu, et pour ne pas arranger les choses, leur enfant en bas-âge poussait des cris (j'ai énormément de mal à supporter les cris des enfants en bas-âge, je sature d'ailleurs complètement au bout de moins d'une demi-heure en présence d'un bébé qui crie ou pleure, et je sais que je n'aurais jamais les capacités pour être père de famille).
Au bout de moins d'une heure, je commençais à avoir les symptômes indiquant que j'avais dépassé mes limites.
J'avais mal au crâne, des bouffées de chaleur, la simple lumière du jour passant par la fenêtre me faisait mal aux yeux.
Je suis allé prendre un cachet contre les maux de crâne, et en voyant mon teint blême, mon beau père m'a conseillé d'aller me coucher pour me reposer. Heureusement d'ailleurs, car ses amis se sont éternisés et ne sont partis que vers 22 heures.

Par contre, il n'a absolument pas compris que c'était l'excès d'interactions sociales qui m'avait mit dans cet état.
Il m'avait envoyé me coucher car il me croyait malade, et quand il a voulu prendre de mes nouvelles, et que je lui ai répondu que je n'étais pas malade mais que j'avais juste le besoin de m'isoler un peu, il a été totalement incompréhensif et l'a mal pris.
Je pense qu'il a interprété ça comme un rejet de ses amis, car je refusais de passer du temps avec eux.

Il a beau être ce que l'on pourrait appeler un modèle de tolérance, il ne me tolère pas.
Il croit me tolérer, mais ne comprend ni ne cherche à comprendre ma façon de fonctionner, et ne me tolère qui si j'agis dans le cadre de comportements érigés en norme par la société.
En fait il me rejette sans même s'en rendre compte, je suis tout simplement trop différent de lui pour pouvoir être accepté.
Je vous laisse imaginer l'état de mes relations avec des gens moins tolérants que lui.


Ceci m'amène au 2ème épisode que je souhaite vous présenter, toujours en relation avec mon beau-père.
Celui-ci est plus ancien, et c'est l'un des souvenirs les plus douloureux de ma vie sociale d'adulte.
Il a eu lieu il y a environ 3 ans, chez mon beau père. J'étais invité à un repas, et il avait aussi invité un couple d'amis à lui.
La femme de ce couple s'est très rapidement intéressée à moi, et m'a submergé de questions, de tentatives de nouer un dialogue.
Elle m'a extrêmement déstabilisé, au point de me forcer à me recroqueviller au fond de la carapace que je m'étais construite dans mon adolescence, carapace que je croyais avoir réussi à faire disparaître depuis des années.
J'étais complètement paralysé, le moindre mot me demandait un effort intense, et moins je parlais, plus elle insistait, et plus je me recroquevillais au fond de ma carapace.
J'ai vécu ça comme une véritable agression, sans avoir la moindre idée de comme me défendre autrement que par le repli sur moi, la confrontation physique, ou la fuite (au sens littéral: partir en courant).
Les deux dernières options n'étant pas envisageables, il ne me restait plus que le repli sur moi.

Les rares fois où je trouvais la force de sortir la tête de ma carapace pour parler un peu, elle m''enfonçait encore plus que quand j'étais muré dans mon silence.
Elle me répondait des phrases du style "oh la lààààààà, il a aligné 3 mots, c'est bieeeeeen, il sait parler!"
Au bout d'un moment elle s'est mise à me considérer comme un attardé mental, me parlant tout doucement avec une voix pas naturelle, un peu comme certains parents font avec des bébés.
J'étais totalement coincé, sans issue: le repli sur moi n'était pas suffisant face à ses attaques incessantes, et la fuite ou la confrontation physique n'étaient pas non plus envisageable.
C'était une ambiance repas de famille, avec mon beau père qui a passé des heures à préparer le repas, je ne pouvais pas tout gâcher en mettant mon poing dans la figure de son invitée, ni en partant en courant et en claquant la porte (pour aller où d'ailleurs? j'étais à pied à plus de 100 km de chez moi).

Ma compagne tout comme mon beau père étaient plongés dans leurs discussions, aucun d'eux n'a vu ma détresse, j'ai souffert en silence pendant tout le repas qui m'a paru interminable.
J'ai la chance d'avoir une compagne formidable, qui a beaucoup évolué dans sa compréhension de ma personnalité, elle est maintenant capable de m'extraire de situations sociales qui tournent mal, mais ce n'était malheureusement pas encore le cas à l'époque.

Aussitôt le repas fini, j'ai prétexté que j'étais fatigué pour aller me coucher.
Ma compagne a senti que quelque chose n'allait pas, et elle est venue me rejoindre.
La chambre était juste à côté du salon, avec une mauvaise isolation sonore, ce qui fait qu'on pouvait suivre sans problème toute la conversation.
Une fois partis, la femme m'ayant harcelé pendant tout le repas a déclaré à mon beau père que j'étais un idiot, et que sa fille ferait bien mieux de me quitter.
Elle a même pris soin de modifier mon prénom "tu sais, ta fille avec l'autre idiot là euh....Thierry! ça peut pas durer il faut qu'elle le quitte".
Elle me prenait tellement pour un attardé qu'elle était convaincue qu'en changeant simplement mon prénom je serais incapable de comprendre qu'elle parlait de moi.  Evil or Very Mad
J'ai pleuré pendant des heures cette nuit-là.
Cet événement a été très traumatisant pour moi. Il a réveillé ma phobie sociale que j'avais mis des années à réussir à surmonter, et je pense qu'au moment où j'écris ces lignes, 3 ans après les faits, je ne m'en suis pas encore complètement relevé.

Mon beau père, quand à lui, est toujours ami avec elle, il ne comprend pas pourquoi ma compagne et moi lui en voulons amèrement et refusons de la revoir un jour, et il la décrit encore de temps en temps à ma compagne comme quelqu'un de très agréable à vivre, en essayant de la faire changer d'avis à ce sujet.

J'ai beaucoup d'autres anecdotes de comportements sociaux qui se sont très mal passés, en fait ma vie entière en est remplie.
De mon arrivée à l'école à 5 ans jusqu'à aujourd'hui à 32 ans, ça fait 27 ans que je me bat pour être accepté, sans résultats.

J'espère que ces éléments nouveaux t'aideront à mieux comprendre ma situation.
Je ne choisis pas de croire que la société ne m'acceptera jamais dans ma situation actuelle, je sais qu'elle ne le fera pas, c'est tout à fait différent.
Par contre, je choisis de croire qu'une partie de ce rejet est dû à l'invisibilité de mes différences.
Je choisis de croire que, parce que je renvoie l'image de quelqu'un de parfaitement normal, la société attend de moi un comportement parfaitement conforme à ses normes, ce dont je suis incapable.
Je choisis de croire que si mes différences sont exposées au grand jour, les attentes de conformité de la société envers moi diminueront, et que des possibilités d'intégrations se présenteront à moi.

potiron a écrit:
Asperzebre a écrit:
Je ne conçois même pas l'idée de postuler à nouveau à un poste, dans quelque domaine que ce soit, sans informer mon employeur potentiel de mon statut d'Asperger et de HQI/THQI.
D'où l'importance d'avoir les papiers officiels pour être légitime lors de ma présentation.
Ce besoin de légitimité vient-il plutôt d'une crainte de ne pas être reconnu comme tel par ton employeur potentiel, d'une précaution personnelle pour éviter de retomber dans le conformisme, ou d'une envie de pouvoir négocier facilement des demandes particulières ?

J'ai répondu en grande partie à cette question en répondant à la précédente.
je n'ai aucunement besoin de précautions pour éviter de retomber dans le conformisme, celui-ci m’écœure désormais au plus haut point, et même si je souhaitais à nouveau y retomber j'en serais probablement incapable.
Ce besoin de légitimité vient à environ 30% de mes intentions de clarifier ma situation avec mon entourage non-professionnel, et à 70% d'une nécessité d'être reconnu par un futur employeur potentiel, et de pouvoir négocier pour d'éventuels aménagements de mes conditions de travail (les deux derniers points sont liés).


Dernière édition par Asperzebre le Mer 11 Mai 2016 - 21:47, édité 2 fois (Raison : petits oublis, complétion de passages du texte, correction de fautes.)

Asperzebre
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 658
Date d'inscription : 10/05/2016

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par potiron le Jeu 12 Mai 2016 - 10:06

Merci pour l'effort de clarification Smile

J'ai vécu des situations similaires et je sais que c'est douloureux et aliénant.
Mais je sais aussi que la communication (même uniquement verbale) peut tout révolutionner.

Asperzebre a écrit:Là encore ça s'est très bien passé, mais à notre retour chez mon beau père vers 15-16 heures, j'étais épuisé par toutes ces interactions sociales, et j'avais besoin de m'isoler.
J'ai eu la très mauvaise surprise de constater à notre arrivée que les amis de mon beau père n'étaient pas encore partis, et je n'ai donc pas pu souffler, j'ai été contraint d’enchaîner directement sur de nouvelles interactions sociales.
Pourquoi avoir choisi de rester avec eux si tu avais besoin de t'isoler ? Que penses-tu qu'il se serait passé si tu avais dit un truc du genre : "J'apprécie votre compagnie mais les interactions sociales ont tendance à m'épuiser, et là veuillez m'excuser mais j'ai besoin de me reposer au calme un moment. Peut-être à tout à l'heure!" et puis que tu serais parti t'isoler pour récupérer des forces ?

Asperzebre a écrit:Selon certaines sources, la communication non-verbale représenterait 80% des messages qui passent entre deux personnes normales communicant ensemble, et la communication verbale n'en représenterait que 20%.
Regarder son interlocuteur dans les yeux quand on parle est une norme sociale considérée comme essentielle.
Le rôle de ce regard est de se transmettre les messages non verbaux indispensables lors d'une discussion.
Il se trouve que la communication non verbale est quasi inexistante chez moi, et que dans une discussion où je suis impliqué ce regard perd tout son sens.
Je ne vais pas comprendre les non-dits, je ne vais pas comprendre les messages corporels, ou les expressions du visage (à part quelques expressions basiques comme la joie  Very Happy  ou la tristesse  Crying or Very sad ), et même là je peux me tromper, je ne ferais absolument pas la différence entre un sourire sincère et un sourire mielleux.
En quelques mots tu viens de résumer efficacement tes principaux soucis de communication. Est-ce que tu penses que ça faciliterait tes relations de présenter ce résumé chaque fois que tu rencontres quelqu'un ? Que penses-tu de l'améliorer et d'en faire un pitch limpide qui permettrait rapidement à chacun (privé et professionnel) de mieux comprendre comment tu fonctionnes ? (le synthétiser, le clarifier, y ajouter des conseils pratiques comme ignorer ta communication non-verbale, réexpliquer si impression de malentendu etc.) Beaucoup de gens ne sont pas asperger/thqi et ne peuvent pas deviner ces choses sans qu'on ne leur explique, c'est donc logique que ce soit toi qui donnes les clés pour que ton/tes interlocuteur(s) puissent communiquer avec toi. Je pense que ne pas donner les clés est un gros risque de se retrouver de nouveau dans des incompréhensions qui mènent à des situations conflictuelles ou douloureuses.

Asperzebre a écrit:Je ne choisis pas de croire que la société ne m'acceptera jamais dans ma situation actuelle, je sais qu'elle ne le fera pas, c'est tout à fait différent.
Je continue de penser que c'est un choix car je ne vois pas en quoi ces expériences vécues contredisent mon cheminement logique. Mais libre à toi de penser le contraire, et autant passer sur ce point plutôt que de tourner en rond.

potiron
Zèbre régulier
Zèbre régulier

Messages : 71
Date d'inscription : 21/05/2013
Age : 39
Localisation : Bruxelles

http://www.crocosmic.be

Revenir en haut Aller en bas

Re: Présentation d'Asperzebre

Message par Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 4:53


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 9 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum