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Message par amandine1969 le Ven 6 Mai 2016 - 16:11

Salut à tous et à toutes,

J'ai 28 ans, je suis de la banlieue parisienne.
mon post est en relation à la perte de la créativité / le blocage conscient ou inconscient de celle-ci.
J'aimerais savoir si certain(e)s d'entre vous le vivent, l'ont vécu.

J'explique ma situation:
Enfant et ado, j'écrivais beaucoup (ceci dit, si je compare mon enfance et mon adolescence, je dirais spontanément que j'écrivais avec encore plus d'acharnement et de régularité à partir de l'âge de 11/12 ans, curieusement période à laquelle j'ai vécu un traumatisme important).
C'était mon SAS de décompression.
Je jouait d'un ou plusieurs instruments avec plus ou moins de facilités, la guitare et le violon en conservatoire puis la guitare moins classique en autodidacte, en mettant de côté toutes les notions de solfège qui m'avaient été inculquées. Je dessinais régulièrement aussi, j'ai commencé à dessiner très tôt sans aucun intérêt pour les cahiers de coloriage dont je me foutais, d'après ma mère, éperdument.

J'ai traversé, autour de l'âge de 23/24 ans une phase ayant perduré sur presque trois ans, durant laquelle je n'avais plus aucun contact avec ma famille et durant laquelle, d'ailleurs, je ne fréquentais presque plus personne, globalement.
La rupture familiale est venue de moi. Je l'ai instaurée, pour comprendre ce qui a pu me mener là... J'ai quelques pistes. Mais enfin, bon. Passons.

Je ne me sentais pas la force de créer du lien avec qui que ce soit. Je n'avais pas d'emploi, je ne pouvais d'ailleurs pas tenir un emploi, décrocher mon téléphone pour répondre à un recruteur ou pire encore, décrocher mon téléphone pour contacter un recruteur me semblait insurmontable.
J'ai souvent raccroché au nez de recruteurs, ne sachant quoi répondre à leurs questions sur mon parcours ou sur mes motivations pour le poste "convoité".
(déscolarisée à 16 ans, aucun diplôme en poche, aucune formation effectuée exceptée une formation de vente en boulangerie que je n'ai pas menée à terme ne parvenant plus à composer avec les instructrices profondément insupportables, condescendantes, aux dents longues et qui exploitaient complètement leurs "élèves" et ne pouvant plus composer non plus avec mes employeurs quand j'étais en temps en entreprise).

La phase donc, sans boulot, sans vie sociale, sans relations familiales, était une phase durant laquelle je continuais d'écrire, je jouer de la guitare.
Je continuais de créer.
Mais de nombreuses angoisses se sont réactivé et de nouvelles angoisses m'ont assaillie. Je pensais à ma tante schizophrène "merde mais j'ai peur de virer schizo moi aussi" (sans présence de délires ou quoi que ce soit qui puisse indiquer un début de schizophrénie), je pensais à la bipolarité (j'avais une notion galvaudée de la chose) je pensais à tout ce que j'avais ressenti et ressentais encore en terme de décalage, d'exclusion, d'inadaptation depuis toujours... et n'ayant que trop de temps à meubler, je psychotais : je devais être en passe de devenir folle, ou bien c'était autre chose, mon cerveau ne fonctionnait pas normalement. C'est ce que je pensais.

Jusqu'au jour où prenant le métro à quelques stations seulement de chez moi, je suis sortie en hâte.
J'avais toutes les peines du monde à respirer, j'avais horriblement chaud, je transpirais, mes mains moites tremblaient, une pensée obsédante "Je vais mourir, c'est fini!".
Une attaque de panique, en fin de compte.
J'en avais déjà connues au collège, brièvement. Des migraines intenses, aussi.
Tout est remonté violemment, ce jour-là. Ça a duré plusieurs heures.
Par la suite parfois plusieurs jours d'affilé, en looping.
Incapable de brider ma pensée. Incapable de dormir sereinement.

A l'issue de cette période de presque trois années, j'ai fini par reprendre contact avec ma mère, dans un premier temps.
Puis ma soeur, mon père. Mon frère, mais plus tard.  
J'ai retrouvé un emploi, je me suis poussée au cul, contrat d'un an renouvelé sur une année supplémentaire.
Petit à petit, j'ai réinvesti mon corps. J'ai sorti graduellement de plus en plus la tête de l'eau. J'ai rencontré de nouvelles personnes et ai noué une relation forte avec une femme d'une cinquantaine d'année, rencontrée sur mon lieu de travail, qui est devenue une amie très proche. Et qui me comprend.

Mais voilà, à partir du moment où j'ai pu projeter l'image d'une forme de "norme" dans ma vie (contrat de travail pour la première fois tenu de bout en bout donc horaires définis, fréquentation quotidienne de pas mal de gens puisque je travaillais en centre artistique, facilité de contact avec ces artistes) et depuis que j'ai repris contact avec ma famille...
J'ai l'impression d'avoir perdu en créativité, en volonté d'écrire, de jouer de la musique (alors que je ne pouvais pas m'en passer auparavant).
J'ai l'impression d'avoir mise ma créativité en veille car intimement liée à mon ressenti, trop proche de mes émotions.
Peut-être que c'est un mécanisme de protection.
Je le ressens comme ça.
Je ne veux pas revivre les déchirements. Alors je me protège comme je peux, je pense. Mais je sacrifie mon SAS de décompression: la musique, l'écriture, le dessin...
Quand je retente d'écrire ou de jouer, ou de dessiner, je me trouve tellement nulle.


Voilà en gros, mon problème : j'ai envie de débloquer ma créativité, de renouer avec celle-ci, elle me manque... Ça me manque de pouvoir passer des heures à jouer le même truc en boucle jusqu'à l'obtention du son que je cherche, d'écrire des textes, je ne peux même pas tenir un journal de bord, chose que je faisais auparavant. Mais je reconnais humblement que j'ai peur de le faire et que je ne sais pas comment m'y prendre sans me relir 15 fois, sans prendre une idée et la retourner dans tous les sens jusqu'au point où elle m'a tellement épuisée, cette idée, que je la mets de côté.

Ma question est donc la suivante
:
Est-ce que l'un(e) d'entre vous vit cela, ou bien a déjà vécu cela?
Si vous en êtes sorti(e), comment?

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Message par JimiClaquette. le Ven 6 Mai 2016 - 16:22

Bonjour Amandine,
c'est intéressant ce que tu dis ,dans une moindre mesure pour certaine chose, et une plus grande pour d'autre ,je comprend très bien ton vécu,pour ta créativité, une des premières théorie que l'on peut exposé , c'est que tout ce temps ou tu était dans le chaos, tu luttai peut être pour un mode de vie meilleurs ou des rêves, et une fois que tu es rentrer dans cette norme.c'est a dire maintenant.

eh bien, peut être que toute cette norme est un moyen de s'en sortir mais,aussi,peut être a était un désillusion pour toi. je n'ai aucune idée de tes aspiration passé , ou des problèmes plus grave que tu as pu vivre sans les révéler, mais la solitude que tu as subi un temps,(peut être même volontaire,surement) n’était peut être qu'un moyen d'atteindre un objectif, parfois quand ont a un objectif, un rêve,on sait que les autres, ou plutôt ont peut pensez que les autres nous ralentissent, parfois c'est vrai.

peut être que le réveil de ta créativité peut développer, et peut être est ce,ce que tu crains, est aussi le réveil de tes aspiration mais aussi de tes échec, je ne peux pas te dire autre chose avant d'avoir eu réponse ou éclaircissement, si ce n'est que tu n'a pas trop a t'en faire, parfois les choses nous paraissent perdu alors qu'elle se sont juste oublier. =)
JimiClaquette.
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Message par Pieyre le Ven 6 Mai 2016 - 16:27

J'ai connu ça des années où j'avais une activité prédominante, et puis j'ai retrouvé une certaine créativité, et puis je l'ai perdue à nouveau, etc.

Tu es jeune. Il ne faut pas que tu t'inquiètes outre mesure. Si cette volonté de créer perdure en toi, comme ton message semble l'indiquer, tu y reviendras. Simplement ne renonce jamais. Avec l'âge cela arrive en effet.

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Message par Invité le Ven 6 Mai 2016 - 16:48

la créativité que je connais chez moi a des hauts et des bas et des périodes de creux, c'est assez normal , être créatif demande de l'énergie et une infusion en quelque sorte

on se nourrit sans même le savoir, de curiosité, d'émotions, de révoltes, de coup de cœur, de joies de peines, de laideur et de beauté

puis cela reste quelque part, et un jour ou une nuit, ca a besoin de sortir, on sait pas trop pourquoi, alors cela sort

parfois quand on est trop tendu sur son metro boulot dodo nécessaire on n'a pas la force ou le courage d'être créatif

faut il être paumé et pauvre pour l'être ? je ne pense pas, des tas d'artistes de grands talents ont à côté des vies prof épanouies ou à tous le moins qui nourissent

le mythe de l'artiste tourmenté et créatif sans le sou, certes oui mais pas dans tous les arts, les musiciens de jazz ou de musique classique prof sont quand même rarement fauchés et sdf, même s'il existe des exceptions

donc je ne mettrais pas en concurrence créativité et vie prof même uniquement nourricière le cas échéant

la vraie créativité on l'a en soi, il faut juste s'écouter, il m'arrive des idées partout même au boulot, pas bien ! pas bien ! lol

donc comment je m'en sort ? ben en fait je n'ai jamais changé, je suis toujours moi quoique je fasse, c'est juste l'énergie ou l'envie qui n'est pas toujours présentes ou l'inspiration

dont pas d'inquiétudes :-) on crée jusqu'à sa mort, sans le moindre problème

par exemple utiliser la situation actuelle , genre ode musical à la régularité , le rythme est beaucoup en musique, pourquoi ne pas entendre la vague lente et son ressac , etc

et puis si décidemment ça dort ben pas d'inquiétudes, ça ne dort jamais tout à fait, on absorbe , se nourrir est aussi fondamental , entendre, observer, écouter, se servir de ses sens

juste pour le fun

https://www.youtube.com/watch?v=fw98q_fzCmU

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Message par Invité le Ven 6 Mai 2016 - 16:53

question auto critique on s'en fout

petit exemple il m'arrive de pondre des choses que j'adore mais qui objectivement euh comment dire

lol

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Message par amandine1969 le Ven 6 Mai 2016 - 18:21

JimiClaquette. a écrit:Bonjour Amandine,
c'est intéressant ce que tu dis ,dans une moindre mesure pour certaine chose, et une plus grande pour d'autre ,je comprend très bien ton vécu,pour ta créativité, une des premières théorie que l'on peut exposé , c'est que tout ce temps ou tu était dans le chaos, tu luttai peut être pour un mode de vie meilleurs ou des rêves, et une fois que tu es rentrer dans cette norme.c'est a dire maintenant.

eh bien, peut être que toute cette norme est un moyen de s'en sortir mais,aussi,peut être a était un désillusion pour toi. je n'ai aucune idée de tes aspiration passé , ou des problèmes plus grave que tu as pu vivre sans les révéler, mais la solitude que tu as subi un temps,(peut être même volontaire,surement) n’était peut être qu'un moyen d'atteindre un objectif, parfois quand ont a un objectif, un rêve,on sait que les autres, ou plutôt ont peut pensez que les autres nous ralentissent, parfois c'est vrai.

peut être que le réveil de ta créativité peut développer, et peut être est ce,ce que tu crains, est aussi le réveil de tes aspiration mais aussi de tes échec, je ne peux pas te dire autre chose avant d'avoir eu réponse ou éclaircissement, si ce n'est que tu n'a pas trop a t'en faire, parfois les choses nous paraissent perdu alors qu'elle se sont juste oublier. =)

Merci de ta réponse Smile.
Pour la solitude, oui, je me la suis presque imposée. Maintenant avec un peu de recul, il me semble que je peux définir quelques raisons à ça :
1) mon mental fissuré s'est effondré, je me suis crashée et le seul moyen de lâcher prise me semblait être la fuite et l'isolement.
2) Un sentiment de honte et une colère tournée essentiellement vers moi-même de ne pas être capable de me sécuriser moi-même matériellement en occupant et en tenant un job, au mépris des dissensions et autres incompréhensions dans un cadre professionnel, un sentiment d'être vraiment trop en marge psychologiquement parlant, il y avait peut-être une dose d'immaturité chez moi... ?
3) De manière très alambiquée et je le conçois, bien paradoxale, je pense avoir voulu protéger mes parents (surtout ma mère). Parce que je sentais que certaines choses dans notre vécu commun ne passaient toujours pas (le manque de communication, nous étions constamment à des entrées différentes en terme d'écoute et de compréhension de l'autre) et que si j'avais maintenu le contact (nous en avions de toutes façons finalement bien peu à la base), tout aurait explosé complètement.

J'ai insisté à l'instant sur l'aspect tentative de protection de ma mère pour plusieurs raisons.
C'est là une femme qui a vécu la maltraitance dans la cellule familiale, pour faire court (par le biais de ses propres parents).
Elle a été mise à la porte de chez elle très jeune, n'a jamais pu s'autoriser à faire confiance à quelqu'un ou bien à se livrer, tout simplement.
C'est donc quelqu'un qui a un certain bagage, lourd à porter, et qui m'a eue tard.
Ce qu'elle a vécu, personne n'a mis de mots dessus pour m'expliquer, mais elle a laissé quelques indices.
J'ai ressenti assez tôt que si elle nous étouffait autant, si elle était d'une pudeur extrême et très dures dans ses jugements, ce n'était là que le fruit d'une somme de souffrances.
Elle n'a pas pu être là pour moi quand j'avais besoin non pas d'être simplement bêtement réconfortée mais là où j'aurais plutôt eu besoin qu'il y ait un échange, une confrontation d'idées. Un écho, quoi. Une réaction.
Elle a toujours dit "mais moi au moins je n'ai jamais battu mes enfants!". Comment lui faire comprendre qu'il y a d'autres formes de violence.
Aller lire le journal intime de sa fille et l'engueuler après, c'est violent.
Lui dire qu'elle n'a pas le monopole de la souffrance et qu'elle, elle sait ce qu'est la vraie souffrance et que moi à côté je ne pèse pas bien lourd, c'est violent.
Repousser l'une après l'autre les mains que je lui tendais dans le but de l'aider à entamer un travail sur elle-même pour qu'elle puisse trouver une forme de lâcher-prise, c'est violent.
Tenter de la faire parler, de l'aider à se débloquer, je le faisais à 15 ans. Parce que je sentais bien qu'elle me reprochait mes lacunes et mes failles pour se distraire de ses lacunes et de ses souffrances à elle.
C'était quelqu'un qui enfonçait le doigt, sans réelle volonté de nuire, l'air de rien, dans les blessures de ses enfants et qui leur disait après "Mais pourquoi t'as pas confiance en toi?"
Je dis "c'était", non pas parce qu'elle n'est plus de ce monde puisqu'elle est toujours là, heureusement, mais parce qu'elle a quand même mis de l'eau dans son vin depuis qu'elle est à la retraite et qu'elle vit seule.

Pour en revenir à la créativité, je pense qu'effectivement il y a du vrai dans ce que tu dis.
Peut-être que j'ai aussi peur que renouer avec ma créativité me fasse mal et me mette de nouveau en face de choses pas top.

Gamine ou ado, et encore jeune adulte, j'avais (et j'ai toujours, d'ailleurs, au fond) des aspirations artistiques.
Je sens que j'y reviendrai un moment donné. Effectivement je n'attends que ça, que ça revienne et puis c'est tout.
Ouais, je devrais arrêter de m'en inquiéter, c'est peut-être aussi cette inquiétude qui participe au blocage.
M'inquiéter et me dévaluer.

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Message par amandine1969 le Ven 6 Mai 2016 - 18:23

zebulonlezebre a écrit:question auto critique on s'en fout

petit exemple il m'arrive de pondre des choses que j'adore mais qui objectivement euh comment dire

lol

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Ouais je sais bien.
T'as complètement raison.

amandine1969

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Message par amandine1969 le Ven 6 Mai 2016 - 18:35

zebulonlezebre a écrit:la créativité que je connais chez moi a des hauts et des bas et des périodes de creux, c'est assez normal , être créatif demande de l'énergie et une infusion en quelque sorte

on se nourrit sans même le savoir, de curiosité, d'émotions, de révoltes, de coup de cœur, de joies de peines, de laideur et de beauté

puis cela reste quelque part, et un jour ou une nuit, ca a besoin de sortir, on sait pas trop pourquoi, alors cela sort

parfois quand on est trop tendu sur son metro boulot dodo nécessaire on n'a pas la force ou le courage d'être créatif

faut il être paumé et pauvre pour l'être ? je ne pense pas, des tas d'artistes de grands talents ont à côté des vies prof épanouies ou à tous le moins qui nourissent

le mythe de l'artiste tourmenté et créatif sans le sou, certes oui mais pas dans tous les arts, les musiciens de jazz ou de musique classique prof  sont quand même rarement fauchés et sdf, même s'il existe des exceptions

donc je ne mettrais pas en concurrence créativité et vie prof même uniquement nourricière le cas échéant

la vraie créativité on l'a en soi, il faut juste s'écouter, il m'arrive des idées partout même au boulot, pas bien ! pas bien ! lol

donc comment je m'en sort ? ben en fait je n'ai jamais changé, je suis toujours moi quoique je fasse, c'est juste l'énergie ou l'envie qui n'est pas toujours présentes ou l'inspiration

dont pas d'inquiétudes :-) on crée jusqu'à sa mort, sans le moindre problème

par exemple utiliser la situation actuelle , genre ode musical à la régularité , le rythme est beaucoup en musique, pourquoi ne pas entendre la vague lente et son ressac , etc

et puis si décidemment ça dort ben pas d'inquiétudes, ça ne dort jamais tout à fait, on absorbe , se nourrir est aussi fondamental , entendre, observer, écouter, se servir de ses sens

juste pour le fun

https://www.youtube.com/watch?v=fw98q_fzCmU


Merci de ta réponse et je vais décoller mais je garde la vidéo postée pour y jeter un œil et une oreille plus tard Smile.

Je te rejoins sur l'association débile de "je suis un(e) artiste tourmenté(e) et "bien entendu j'ai pas de taf et j'exècre le concept de boulot"...
Je trouve ça d'un crétinisme absolu.
Je précise que je ne cherchais pas du tout à exprimer une incohérence métro-boulot-dodo et créativité, je sais bien que les deux ne sont absolument pas incompatibles et fort heureusement! Sinon les zicos que je connais seraient tous bien mal en point et rachitiques...
Si c'est cette fausse incohérence est l'idée que j'ai transmise, ce n'était pas voulu! C'est que je me suis mal dépatouillé dans ma façon de poser les choses dans mon premier post. Very Happy

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Message par Plurebati le Mar 10 Mai 2016 - 20:24

J'ai perdu ma créativité pendant une année, suite à un deuil. Je jouais de la musique sans réussir à y mettre autre chose que la partition telle qu'écrite, comme l'aurait fait un ordinateur. Un jour j'ai décidé que cela suffisait. Je n'arrivais pas à exprimer un état intérieur que je n'avais pas, alors j'ai créé l'image de cet état dans ma tête, comme on joue un rôle au théâtre, pour la mettre dans la musique. J'ai répété cette création artificielle plusieurs fois, et elle s'est transformée en un ressenti réel qui s'est diffusé dans mes autres créations.

"Philip Pullman : Le blocage de la page blanche… on dirait beaucoup moins de bêtises, si dans chaque phrase contenant le mot ECRIVAIN on lui substituait le mot PLOMBIER et qu’on examinait le résultat. Est-ce que les plombiers ont des blocages ? Que penseriez-vous d’un plombier qui utilise cette excuse pour ne pas travailler ? (…) Le blocage de la page blanche est une condition qui affecte les amateurs ou les gens qui n’écrivent pas sérieusement. A l’opposé, il y a l’inspiration, dont les amateurs raffolent. On peut dire qu’un écrivain professionnel est quelqu’un qui écrit aussi bien quand il est inspiré que quand il n’est pas inspiré.”

Je ne vois pas la créativité comme une soupape de sécurité (même si elle l'est parfois aussi), mais comme la capacité à transmettre une idée qui a maturé depuis un certain temps, qui vient parfois de très loin, et que je dois impérativement mettre en forme pour pouvoir passer à autre chose, une autre idée. Lorsque je n'avais plus de créativité, je n'avais plus d'idée au-delà du quotidien, plus vraiment de désir. J'ai donc imaginé l'idée qu'un autre aurait pu avoir en écrivant la partition, et le fait de m'obliger à être en empathie avec l’œuvre d'un autre m'a alimentée artistiquement. Je pense que c'est cette nourriture qui m'a permis de retrouver ma créativité.
Suite à cette expérience je pense qu'avoir de la créativité n'est pas un don mais la volonté de mettre en relation un travail de recherche d'empathie (avec un artiste, avec l'environnement, ce qu'on voit, entend, sent) et son propre désir, ses propres émotions, l'un pouvant déclencher l'autre.

Tu es en recherche de créativité, ton désir n'est pas encore suffisant pour être déclencheur d'un acte créateur comme il l'était auparavant, mais il peut grandir par le questionnement et l'observation : comment la lumière montre et cache, qu'est-ce qui rend une musique entrainante, pourquoi ce paragraphe m'émeut-il ? Puis par l'imitation (mais pas par la copie) : peindre un élément où on utilise les jeux de lumière pour cacher quelque chose (et le choix du quelque chose va te faire entrer dans le désir), jouer une partition pour donner envie de bouger et d'être de bonne humeur aux auditeurs (et un peu de désir de cet entrain va se glisser en toi), écrire un texte pour émouvoir (et au fur et à mesure de cette écriture l'émotion devient la tienne).

Tu as déjà pris la décision de créer, j'attends avec impatience le moment où tu nous diras que tu as commencé et que tu te sens de plus en plus créative au fur et à mesure de tes productions...
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Message par Oiseau là le Mer 11 Mai 2016 - 9:13

Salut Amandine, si je comprends ta crispation (et ton inquiétude) face à la disparition de l'humeur créative, je pense aussi que tu ne dois pas en être inquiète et l'accepter, car c'est temporaire.
Si la dépression n'empêchait pas, et même au contraire favorisait, un échange fécond avec toi-même du point de vue de ton univers intérieur, tu en es sortie, et c'était nécessaire, par des actes concrets posés dans la réalité. On n'est pas tout le temps occupé aux travaux de la même pièce de notre maison-vie: après une longue culture de l'espace intime et créatif, tu as entrepris la construction, indispensable, de ta vie sociale et professionnelle, et ton cerveau utilise la plus grande partie de ses ressources à l'édification de ce chantier. Ces deux univers ne sont pas antagonistes, ils sont concomitants et aussi indispensables l'un que l'autre à la construction de ton parcours et de ton équilibre. Longtemps insécurisée, cet équilibre est maintenant (même si c'est inconscient) ta priorité, c'est une compensation pour toutes les années de ruminations parfois sans prolongements dans la réalité concrète, c'est un rééquilibrage entre ce que tu es et ce que tu vis, réjouis-t-en. Il faut plusieurs piliers pour faire tenir un monument... et plusieurs pieds à une chaise! Ton pilier-création avait pris un peu trop d'avance au regard des piliers-vie affective et vie-professionnelle, ton cerveau en a pris acte inconsciemment et met tout naturellement en sourdine l'attrait pour le premier afin de favoriser les seconds par trop retardataires!
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Message par potiron le Mer 11 Mai 2016 - 11:19

La peur de renouer avec la créativité j'ai connu aussi, mais cela provenait d'une autre raison (en bref j'anticipais très fort les aspects négatifs comme la frustration de la page blanche, le désespoir de l'insatisfaction, la déchirure quand il faut arrêter avant d'avoir fini etc.). Petit à petit cette peur (avec l'aide de sa sombre complice, la peur de sombrer dans la déprime) m'a poussé à saturer mon planning de choses à faire histoire d'être toujours occupé et de n'avoir jamais le temps de m'immerger profondément dans mes émotions (qu'elles soient négatives ou positives). Je m'en suis rendu compte il y a un peu moins d'un an et depuis je parviens à y redonner un peu plus de place (c'est pas toujours évident je dois beaucoup relativiser, rassurer mon moi-même et me garder du temps libre... mais ça donne des résultats et c'est déjà mieux qu'avant).

Je pense que la peur est souvent un mirage, une sorte de choix inconscient pas très judicieux de vouloir imaginer le plus horrible pour se persuader que la meilleure réponse est la fuite, la paralysie ou l'aggressivité (ou une autre réaction typique face à la peur). Alors qu'en réalité il suffit souvent de réfléchir consciemment pour trouver une réponse plus adéquate et plus efficace (utiliser la fuite, la paralysie ou l'aggressivité sur un horrible contrôleur des impôts par exemple c'est plutôt con).

Toi c'est quoi qui te fait peur exactement ?
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Message par Nymphose le Sam 14 Jan 2017 - 19:26

Coucou !

Sujet vraiment intéressant dans lequel je me reconnais en partie.
Je vais abréger car mon rapport au créatif est un peu complexe si je commence à rentrer dans les détails du parcours et des parents qui créent un beau micmac.

Mais pour résumer, je pense que j'ai été curieuse assez tôt de trouver des moyens de créer, et ça s'est intensifié jusqu'à ce que j'éprouve un besoin viscéral de trouver un moyen d'expression. Je m'y suis consacrée un certain nombre d'années, et ça a été à double tranchant car ça a fait remonter beaucoup de choses à la surface au fur et à mesure et je me sentais à vif en permanence sans savoir comment me protéger (et j'étais entourée de vautours qui de plus me poussaient à toujours plus exposer mes tripes). Et puis j'ai vécu une rupture amoureuse dont j'ai mis un certain nombre d'années à me remettre, une somme d'autres choses, et après je crois que j'étais un peu comme une coquille vide : "ok maintenant je sais comment m'exprimer, mais je crois que je n'ai plus rien à dire."
J'ai aussi réalisé que la création plastique (champs créatif de prédilection), ne se satisfaisait pas chez moi de demi-mesure : le fait de trouver un point de démarrage : "ok, dessinons pour dessiner", amenait de fil en aiguille à relancer automatiquement le processus... et être aussi vite submergée : impossible de m'arrêter tant que je n'avais pas l'impression d'avoir achevé au moins une étape clef du processus, ça veut dire oubli de tout (se nourrir, dormir...), et de nouveau ce sentiment d'être à vif.
Je me suis donc à nouveau repliée sur moi-même et retrouvée encore bloquée.

Finalement, le temps a continué de passer, et puis ça fait partie, le processus créatif, à la fois d'un besoin fondamental qui me permet d'expulser quelques éléments hors de moi comme pour m'en débarrasser, mais aussi de ce qui me fait voir la vie de façon moins... fade ? Alors dans un premier temps je me suis créé un compte Instagram, j'ai commencé ponctuellement à le remplir de photos prises avec mon téléphone mobile What a Face (la photo c'est le médium créatif qui m'importe le moins, donc c'est vraiment le degré 0.1 du truc). Malgré tout, ça m'a donné l'impression de me "reconnecter" un peu, redevenir davantage observatrice, moins... passive. Une façon de m'y remettre vraiment en douceur, sans pression.

Est revenue l'envie de s'exprimer davantage, mieux. L'écriture me titille de longue date, et je me suis dit "bon, pourquoi pas retenter", et ça ne donnait rien (des bribes ne formant aucune cohérence entre elles, de l'inachevé toujours). Mais ça me trottait dans la tête ( What a Face ). Un jour j'ai eu l'impulsion de lire un magazine lié à l'écriture et l'édition ; l'important c'est qu'il était évoqué le tabou typiquement français de l'apprentissage de l'écriture, c'est-à-dire le fait d'admettre que comme tout autre processus créatif, il se travaille et est aussi constitué de techniques qui s'apprennent. Il était question d'écrivains français (le hasard fait que Philippe Djian, dont le livre 37°2 le matin m'a bouleversée y était cité, ce qui n'a fait que renforcer l'impact du propos sur moi), qui ont fait leur "coming out" de l'atelier d'écriture, déclarant ouvertement qu'ils en sont passés par là avant de devenir les écrivains reconnus qu'ils sont.
Sans aller jusqu'à cette prétention de devenir écrivain, l'idée a cheminé. Je me suis dit que passer par des ateliers d'écriture débloquerait peut-être quelque chose de nouveau, que de toute manière ça ne serait pas inutile.
J'ai commencé par participer à un atelier de découverte, et ça m'a donné envie de poursuivre. J'arrive au terme de mon premier atelier, qui au travers de divers exercices permet progressivement de dégager un style personnel d'écriture. Écrire me bloquait, maintenant, tant que c'est cadré par un exercice, je peux me dire : "Allez, je me laisse tant de temps et j'écris pour cet exercice", et ça vient très facilement, contre toute attente. J'ai beaucoup de chemin à faire pour aller plus loin que ça, car il y a encore pas mal de blocages que je sens, mais changer d'outil créatif et me laisser guider... ça a été une bonne décision pour moi. Je sens que ça me permet aussi de trouver peut-être une meilleure manière de trouver comment exprimer une partie des choses et en garder une autre pour moi, avoir plus de contrôle et enfin me préserver, en quelque sorte. Et le fait de redémarrer "de zéro" en toute humilité a quelque chose de désinhibant, je trouve.
Nymphose
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