Zèbre ? Je ne sais pas. Mais c'est la savane dans ma tête.

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Zèbre ? Je ne sais pas. Mais c'est la savane dans ma tête.

Message par MartinBe le Mar 5 Avr 2016 - 3:22

Bonjour à vous

Ma question, va surement vous paraître débile. Complètement farfelue... J’espère que les réactions, même si négatives se feront avec tact..

En suis-je ? Suis-je un zèbre ou alors est-ce quelque chose de complètement différent ?
Je vais essayer d’expliquer plein de chose, et je ne sais pas l’ordonner, ça vient comme ça. Alors si c’est incompréhensible, ne me tapez pas dessus.. Tout vient à l’arrache, et j’ai vraiment du mal à tout expliquer, car tout à du sens, je crois.

En vérité, ma tête est tellement chamboulée. J’ai espéré ce texte comme un exutoire de toutes ces souffrances, pour arriver finalement à plus d’incompréhension.

Je m’appelle Martin, j’ai 20 ans. Je viens d’une famille aisée, une famille recomposée, ma plus jeune sœur est âgée de 28 ans. Mes autres frères et sœurs sont plus âgés. J’ai déjà deux neveux et cinq nièces.
Il y a deux ans, j’ai crée un média pour parler des personnes que l’on ne voit plus et que l’on entend jamais. Car ils sont en bas de la société, car ils sont discriminés par les stéréotypes. J’ai eu cette idée vers la fin de mon parcours scolaire très chaotique.

Depuis tout petit, je n’ai pas vraiment d’amis. De temps en temps, un ou deux, mais ça ne dure jamais. J’ai grandis dans un petit village des Yvelines, à l’école primaire ce n’était pas agréable. Ils jouaient tous au foot, j’ai toujours détesté les sports. Je préférais parler avec les adultes, ce sont les meilleurs souvenirs. Un vrai pot de colle, à tel point que le corp enseignant disait « Il est gentil, mais il est collant. » Toujours un « MAIS ». Ma mère m’avait inscrit à un club de football. Au début c’était marrant, c’était une découverte. Puis je m’en suis lassé, très rapidement. Je ne voulais tellement plus y aller que j’en pleurais. J’ai essayé le Taikwendo. Le même résultat. Ma mère me forcait à y aller. Car elle avait payé. Mais c’était ennuyeux et je me sentais mal à chaque fois. Je me suis toujours lassé de tout. Je n’y trouve plus de plaisir. Je laisse tomber. J’ai travaillé dans quelques entreprises. Elles ne correspondaient pas à mes idéaux. J’y allais à reculons.

En CM2, mes parents ont décidé de mettre dans le privé. Je ne l’ai jamais quitté. Mon année de CM1 ne s’est pas très bien déroulée, l’institutrice n’était pas très compétente. Ca criait partout, et je voyais qu’elle se sentait mal, alors je lui ais dis « Mais Madame, montrez votre autorité ». Elle a convoqué les parents pour dire que j’étais insolent.

Arrivé dans cette nouvelle école, j’ai essayé de me faire des amis. C’était encore une fois superficiel. Je suis ensuite arrivé au collège. J’avais 18 de moyenne en CM2. La sixième 10. La cinquième 9. La chute commença. Depuis que je suis petit mes frères m’avaient montré quelques jeux vidéos. On était et est assez connecté à la maison. On avait tous des ordinateurs. Je me suis éclaté sur Thème Park World. Thème Hospital. Dungeon Keeper. J’ai demandé à mon père de m’offrir un ordinateur. Je l’espérais tellement, mon ordinateur, mon rêve, mon idéal quoi. Il était moche et pendant des jours, ça m’a rendu triste. J’ai ensuite développé une addiction dingue.

À tel point que je ne faisais plus grand chose en cours. C’était ma passion. Si mes notes se sont aussi vite détériorées. Il y a peut être une explication. Je posais trop de questions. Les professeurs disaient « Martin, taisez-vous, je ne peux pas m’occuper que de vous. » Je me murais ensuite dans un silence et un abandon des cours. Une souffrance de passer au début de l’année pour un intello. Puis pour le cancre quand l’enseignant me dénigrait.

Les jeux vidéos c’était GENIAL ! Le premier jeu sur ce nouvel ordinateur : Crysis. J’avais rencontré des joueurs et je faisais partis d’une équipe où les joueurs étaient plus âgés et de tous les milieux sociaux. Des discussions, même si ma voix aigüe en énervait pas mal.
Puis un jour le contrôle parental. Plus de jeux la nuit. Mon frère, que je hais avait instauré comme mot de passe « La vie est dure mais c’est la vie ». Un choc. Une haine farouche contre lui. Lui avec qui je n’ai jamais passé de temps, que je ne connaissais pas. J’avais 11 ans. On me demandait d’en avoir 18 .

Puis, je me suis fais virer. Je n’avais pas d’assez bonnes notes pour un élève de cinquième et mon comportement était devenu insupportable pour les professeurs. On me brime, je ne fous plus rien. Mes parents avaient entendu parler d’un établissement à Maison Laffitte. Le CDRS. Centre de redressement scolaire. Un internat. Il me l’avait vanté comme un établissement avec des petites classes ! « COOL je vais pouvoir poser plein de
questions. ». Que c’étaient des élèves comme moi en difficultés. « COOL je vais avoir des amis ». Il y avait un uniforme. Le choc a été violent, car pendant un an, j’ai été la cible de moqueries, d’humiliation et de coups.

On a rencontré le directeur, un mec humain et sympa. La date de rentrée était fixée. J’ai insisté auprès de ma mère pour revêtir mon plus beau costume (J’ai toujours aimé en porter. À la maternelle pour ma rentrée, j’en portais un, et je voulais être Président de la République.)

Rien n’a été comme il fallait. Les autres élèves étaient tous en jogging, Le premier jour marquait ma différence flagrante et mon « arrêt de mort » pour l’année. La journée se passe « bien » quelques moqueries.. Les professeurs sont géniaux. Le responsable d’internat nettement moins. M.Moïse, un homme pieux. Le début de mon aversion pour les religions. Un sadique, un homme cruelle qui sous ses airs d’ideaux et de principes profitait de son « pouvoir » pour brimer.

La nuit j’ai voulu aller aux toilettes. « NON ». J’y suis allé. Il m’a surpris. Pendant 2H, j’ai dû rester sur un pied. Si je posais le pied à terre, c’était 30 minutes de plus. Je voulais une seule chose rentrer chez moi. Les semaines et mois suivants ont été violents. « Sale
Blanc », « Putain d’intello », « Connard »... J’ai réussi à faire en sorte que mon père vienne me chercher tous les mercredis pour avoir cette pause. Ma mère y était opposé. Mon père l’a fait.

J’au aussi découvert que les ados avaient des besoins. Mon « camarade » du lit superposé avait une passion dévorante pour l’astiquage. « Poc Poc Poc ». Les mouchoirs tombent par terre. Tous les matins la femme de chambre mettait les mouchoirs dans mon lit. Jusqu’au jour où j’ai explosé, où cette rancune s’est déversée et que je lui ai dis et à tous ce qui se passait. On s’est foutu de ma gueule. Clairement.
Lors des études du soir, M.Moise félicitait tout le monde sauf moi. Encore et toujours. J’étais le premier de l’école, je voulais tellement me barrer, mais j’étais considéré comme un paria. Vers le mois de mai. Je me suis fais tabassé et humilié par une fille âgé de 16 ans. J’en avais 13 ou 14. J’ai pleuré. Le directeur m’a convoqué. « Si je ne rentre pas chez moi maintenant. Je fais les 30KM à pied avec ma valise. MAIS JE RENTRE. » Il a réussi à me raisonner et j’ai quitté ce lieu le matin. Ma mère est venue me chercher. Plus tard ils ont appris que beaucoup d’enfant était placés par des juges. Mes parents payaient cette école 12 000 euros. Ils se sont privés pour moi..

Ils ont à nouveau décidé de me placer en internat dans l'Eure. Le même schéma s’est déroulé. J’ai développé une passion pour le développement informatique. J’ai développé mon premier rapport de stage sous la forme d’un site web. Mes meilleurs amis étaient les BTS et les dames de l’accueil. Avec qui je discutais souvent. J’ai eu mon brevet de justesse ainsi que mon passage en seconde. La seconde, dans le même établissement, même schéma. En première, c’est là que ça s’est aggravé. Je n’en pouvais plus. J’ai lu sur Internet que boire des cendres de clopes (J’ai commencé à fumer comme un pompier à cet âge) avalées avec de l’eau données de terribles maux de ventre. J’ai bu. Je suis rentré. Ma mère commençait à comprendre. HOURA ! Elle avait trouvé l’école Gusdorf. Mais pour y aller, et enfin avoir des amis et peut-être être compris. Je devais passer un test. J’ai toujours eu horreur des tests. Je suis allé voir la psychologue. Je n’ai pas eu 130. Déception. MAIS POURQUOI JE SUIS COMME ÇA. POURQUOI ? Grosse déprime. J’ai une théorie fumeuse. Je voulais tellement l’avoir que je me suis comporté comme les élèves surdoués dans l’espoir d’en être un. Je n’étais pas moi.

Je passe en première S. De justesse. Le même schéma. Je pose trop de questions. Les professeurs et les élèves n’en peuvent plus. Je ne fais plus rien. Les zeros s’accumulent. Je me fais « virer », à nouveau. Mon père avait comme client ce lycée. J’y rentre. Le même schéma. Je suis avec des élèves plus aisés. Le décalage se fait davantage sentir. Je n’ai pas de beaux vêtements.. Je me suis baladé sur un marché près de la Gare Saint Lazare. Je voulais arrêter de fumer alors j’avais acheté une cigarette électronique et je me suis passionné sur son fonctionnement. Je rencontre des vendeurs de cigarettes électroniques qui ont crée leur entreprise. Ils sont débordés, je conseille les clients, et on commence à discuter. Il me propose un job le temps du marché. J’accepte. Je vends, je vends et ce contact humain. DINGUE ! Je commence à faire le VRP dans mon école et à en vendre. Je me fais attrapé. « Vous êtes un tueur de masse », « Un criminel », « Un
dealer ». Renvoyé à un mois du bac de français. Je l’ai appris récemment, mais ma mère avait commencé à faire une dépression par rapport à moi.

Elle entend parler auprès de ses amis d’une école professionnelle. Je rentre en Terminale Bac Pro Vente. Même schéma, le décalage est encore pire. « Martin ça veut dire quoi l’ONU ? ». Ça s’est encore mal passé, je préférais les adultes.. ect. J’ai enfin eu mon bac. Mention Bien, mes parents soulagés.

Avant cette année en Bac Pro. Un soir d’aout, le 18 Aout, exactement vers deux heures du matin. J’ai eu cette idée en étant sur adopte un mec (Les relations amoureuses, quelle horreur...) Créer un site de rencontre pour aider les personnes sans abris. AdopteUnMec aidera au nom du site. Ca donnera plus tard le nom du média.
Je travaille sur les croquis, sur tout pendant les heures de cours. Mais ça n’avance pas. J’essaye de comprendre ce que vivent ces personnes. Je décide donc de passer une semaine dans la rue comme une personne de la rue. J’ai morflé. J’ai vu l’homme tel qu’il est, occupé, individuel. Je n’ai réussi à rester qu’une journée, pas à cause de la dureté physique, mais psychologie. Je n’étais plus rien d’autre qu’une merde. Personne ne connaissait mon histoire. Ma famille est morte d’inquiétude. Je rentre, je dors 18H. Je réfléchis quelques jours horrifié par tous ça. Et je comprends qu’il faut que je raconte ces histoires.

Le média est né.

Je n’ai cessé de travailler dessus comme un acharné. Je ne dors pas, j’enchaine les nuits blanches. J’adore ça. Je suis un entrepreneur. Je m’épanoui. Mes parents l’on remarqué. J’ai décidé de quitter l’école de journalisme où j’étais pour me consacrer uniquement à ce projet. Ils ont accepté. Soulagement.

Ca c’était l’ensemble.

Maintenant je vais aborder cette prise de conscience refoulée et soudaine. C’était il y a quelques jours.
Je dine avec des amis, plus âgés, dont certains que je ne connais pas. Je me présente qui je suis, d’où je viens.
F. me demande « Eh t’es pas surdoué ? »

MERDE. MERDE. MERDE. On me pose souvent cette question, mais ce test. Il a dit que non. Cela me ramène à la question Qui suis-je ?
On va en boîte et à chaque fois qu’il y a de l’alcool, je bois jusqu’à être déchiré. Soit je ne fais pas. Soit je fais dans l’excès. Dans tout les domaines.
La soirée se passe. Je rentre à 6H du matin. Cette boite, si longtemps enfouie, dont le contenu représente mes peurs, mes échecs, mes frustration, ma tristesse. Tout ressort. Ce masque que j’ai commencé à créer à partir de ma quatrième se brise en mille morceaux. Je pleure, je chiale sur ce monde de merde. Sur ces morts, ces guerres, cette injustice ambiante. Sur ces connards qui disent nous représenter mais qui ne représentent rien d’autres que leurs égoïsme. Sur ma famille, sur TOUT. Je n’avais pas pleuré depuis tant d’années. Toutes ces années où je prenais soin de tout enfouir pour ne pas montrer qui j’étais par peur de me faire démolir. Par peur d’être anéanti. J’avais créé le masque du parfait connard, arrogant et prétentieux. Ceux en qui j’avais confiance pouvaient déceler une petite partie.

Une « amie » m’a dit « Tu à ce soleil au fond de toi. Mais quelque chose de sombre t’obscurcit. Tant que tu ne feras pas disparaître ça tu ne seras pas heureux et tu ne seras pas toi ».

F. avait réussie à me cerner. Ca a été le départ de ces doutes, ces peurs si longtemps portées disparues.

Elle m’a prêtée quelques livres sur les Zèbres. J’ai lu. Je me suis reconnu partout. Je me suis particulièrement reconnu dans le livre de Cécile BOST.
Mais j’ai peur. J’ai peur de repasser un test et de ne pas l’être. De ne pas pouvoir expliquer pour quoi je suis comme ça.
Et si en lisant toutes ces lectures je m’étais créer un autre personnage. Quelqu’un d’autre que j’aimerais être ? Et si je n’étais qu’un mensonge ? 
Je suis complètement perdu et j'ai sacrément peur.

MartinBe
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Re: Zèbre ? Je ne sais pas. Mais c'est la savane dans ma tête.

Message par Alflolol le Mar 5 Avr 2016 - 11:10

Bonjour, le résultat du test est un des indicateurs, celui qui est pris en compte en France pour "s'étiqueter".
Comme tu le sais, les conditions de passation ainsi que l 'expertise du psychologue en la matière sont déterminants sur le résultat.
Navigue tranquillement sur le forum, tu verras que tu n'es pas seul à devoir faire face à une première passation négative Smile Smile
Il sera peut-être intéressant de regarder les résultats de ce test "à tête reposée" Rolling Eyes ... je sais, c'est plus facile à dire qu'à faire...

Tu es le bienvenue ici, la priorité, quel que soit ton QI est de te connaître, pour aller et réaliser ce qui te correspond dans la vie.
Et ça Perplexe c'est le vrai acte à ancrer dans ton quotidien : aller à ton rythme, être toi, ne rien lâcher, prendre le temps, persévérer, être aimant envers qui tu es, faire de vraies belles pauses sans culpabiliser, etc... la liste est longue  mais quelle belle, belle aventure:au_galop:

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Re: Zèbre ? Je ne sais pas. Mais c'est la savane dans ma tête.

Message par Gasta le Mar 5 Avr 2016 - 11:20

Bienvenu Martin ! cheers
Prends le temps de lire les sujets qui t'intéressent, ils pourront t'aider à mieux te comprendre.
Si tu le souhaites échange avec des membres de ce forum. Je ne sais pas dans quel coin tu habites mais tu pourrais participer à des rencontres.

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