Politique de comptoir

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Politique de comptoir

Message par Invité le Mar 29 Déc 2015 - 13:14

Comme chaque année, Saxo Bank livre ses dix prévisions chocs pour les 12 mois à venir. Au programme de 2016 : un regain des marchés émergents, une hausse de l'euro par rapport au dollar et une explosion du prix du pétrole...

Un cours du baril à trois chiffres, vous n'y croyez pas ? C'est pourtant une des prévisions pour 2016 de Steen Jakobsen, l'économiste en chef de la banque danoise Saxo Bank. Si les prix de l'or noir n'ont jamais été aussi bas depuis 2009 et si les pronostics baissiers vont bon train, celui-ci prédit une envolée pour l'année à venir. Pour le spécialiste, il ne s'agit pas de jouer les madame Irma, mais plutôt d'imaginer des scénarios non consensuels ! En voici les principaux.  

Pétrole : un pic à 100 dollars le baril

La hausse des prix du pétrole est un des scénarios envisagés par Steen Jakobsen. Selon lui, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), rassurée par le ralentissement de la production hors OPEP, devrait revoir son offre à la baisse. La demande devrait repartir, alimentée par la peur d'un épuisement futur et par l'instabilité géopolitique du Moyen-Orient. Selon le spécialiste, le cours de l'or noir connaîtra ainsi un bref pic à 100 dollars avant de se stabiliser à 50-70 dollars.  


Renforcement de l'euro face au dollar

Du côté des devises, l'expert table sur un renforcement de l'euro face au dollar. "Sur quatre des cinq derniers cycles de hausse des taux de la Fed, le dollar a baissé après la première hausse des taux, ce qui indique que l'évolution de la devise est inversement corrélée au cycle de hausse des taux de la Fed", explique-t-il. Là aussi, l'économiste de Saxo Bank est à contre-courant, la plupart des spécialistes tablant sur un mouvement vers une parité entre les deux devises. Steen Jakobsen, quant à lui, parie sur un cours euro-dollar à 1,23.  


2016, l'année des émergents ?

Le rouble pourrait être l'autre devise forte de 2016 ! Aidée par une remontée des prix du baril et une baisse de la production pétrolière américaine, la Russie verrait sa monnaie, mais aussi l'ensemble de ses actifs, revalorisés. 


Globalement, les émergents sortiront gagnants de l'année à venir, prédit l'économiste. Selon lui, la stabilisation, les dépenses d'investissement pour les Jeux olympiques et les réformes modestes vont restaurer une certaine confiance au Brésil, tandis que les devises locales bon marché profiteront aux exportations des émergents. Dans leur ensemble, les actions des émergents augmenteront de 25 % prévoit également Steen Jakobsen.  


Une déferlante démocrate, le marché du luxe fragilisé...



Selon l'économiste en chef de la banque danoise, la politique de la Banque centrale américaine pourrait aussi entraîner un effondrement des obligations d'entreprises mondiales. "Fin 2016, la Fed sera pourtant contrainte de constater qu'il n'existe pas d'échappatoire, et l'accumulation de signes annonçant une surchauffe des marchés poussera la présidente Janet Yellen à adopter une politique ferme et appliquer une série agressive de hausses des taux." 


Dans la Silicon Valley, les "licornes", surnom donné aux start-up valorisées à plus d'un milliard de dollars, connaîtront aussi des difficultés. Les investisseurs en capital-risque seront pris de panique constatant la survalorisation boursière de ces entreprises technologiques. Toujours aux Etats-Unis, l'expert évoque une déferlante démocrate au Congrès, portée par les "jeunes du millénaire, issus de la diversité, plus libéraux, surqualifiés et sous-employés, qui soutiennent en masse le camp démocrate, frustrés par l'impasse politique des huit dernières années". 


Enfin, l'économiste danois imagine une fragilisation globale du marché du luxe en Europe, avec une prédiction fort improbable : "Face à une hausse des inégalités et du chômage à plus de 10 %, l'Europe envisage l'introduction d'un revenu universel minimum pour faire en sorte que tous les citoyens, actifs ou non, puissent subvenir à leurs besoins fondamentaux. Dans une société plus égalitaire qui promeut d'autres valeurs, la demande de biens de luxe diminue fortement."





-"ah bon, et donc du coup tu penses que je peux aller investir 10 euros chez le cordonnier pour aller refaire mes semelles, où ça craint ? le pire ça doit être pour ceux qui font du cheval, ils doivent se demander si ils doivent être univers selles ou attendre un peu avant de galoper dans la prairie d'à coté. cela dit le pire c'est pour la licorne, elle est en totale stand by pour l'achat de sa glace à la pistache :


 


Dernière édition par six s'if le Mer 20 Jan 2016 - 14:40, édité 2 fois

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Lun 4 Jan 2016 - 14:59

Théories du complot : pourquoi le cerveau s’emmêle quand il s’en mêle ?

Rue89 a choisi le complotisme comme premier grand thème de 2016. Faut-il y voir une forme de traitement préventif, à quelques jours du premier anniversaire des attentats de Charlie Hebdo, ou bien au contraire y voir une piqûre de rappel permettant de remettre au goût du jour, l’air de rien, certains faits restés inexpliqués en 2015 ?
Parce que les théories complotistes répondent à une interrogation sans cesse croissante du public à l’égard d’une Histoire qui s’emballe, les articles se proposant de démystifier ces théories répondent en quelque sorte à la même question que les sites complotistes eux-mêmes : que croire et qui croire ?

Une Histoire de mauvaise foi ?


Schématiquement, toute théorie ou anti-théorie du complot s’enracine soit dans la volonté de défendre un intérêt ou une idéologie spécifique, soit dans la volonté de promouvoir la « vérité » au sujet des événements historiques observés. Des discours de mauvaise foi s’opposent donc à des discours de bonne foi, dans un camp comme dans l’autre, et toute la difficulté consiste donc à prendre en compte les intérêts et les idéologies défendus par chacun, sans pour autant réduire la critique à une série d’arguments ad hominem consistant à attribuer crédit ou discrédit à différents discours sur la seule base du locuteur qui les prononce.


Ce n’est pas parce qu’un individu est ingénieur chez Monsanto, ministre du gouvernement, membre d’une association antisioniste ou journaliste dans un grand média que son discours doit être tenu pour a priori vrai ou a priori faux. C’est l’épreuve des faits et le respect de la logique qui doivent constituer la norme de vérité en cette matière comme en toute autre.


La mauvaise foi ne commence qu’au moment où nous continuons à défendre une croyance fausse parce qu’elle justifie nos actions en cours ou à venir. Imaginons par exemple que les services secrets français apprennent, au mois de janvier 2016, que les attentats de novembre ont en réalité été commis par des djihadistes résidant en Egypte, en représailles au soutien militaire fourni par la France au dictateur al-Sissi, lui-même responsable du massacre de la place Rabia-El-Adaouïa. 



On comprend qu’une telle découverte serait difficile à communiquer à la population française, puisqu’elle demanderait de justifier d’une autre manière le positionnement français sur les dossiers syriens et égyptiens. Dans cette situation, que faire ? Le plus simple semblerait évidemment de maintenir une version officielle des faits tout en agissant en coulisse pour réorienter la lutte vers nos ennemis réels. Mais dès lors qu’une telle divergence est ainsi créée entre Histoire officielle et Histoire réelle, comment empêcher citoyens, journalistes et universitaires en quête de compréhension de pointer du doigt les incohérences et de spéculer sur les informations non communiquées ?

Pieux mensonges d’Etat et démocratie


La légitimité morale du pieux mensonge renvoie à un questionnement philosophique millénaire vis-à-vis duquel il n’est pas nécessaire de prendre parti dans le présent billet. On se bornera à indiquer qu’en la matière, l’approche « déontologique » défendue par des penseurs visant la vérité comme Kant ou Platon s’oppose à une approche « utilitariste » défendue par des penseurs visant l’accès au bonheur comme Rousseau ou Mill.


Que tous les mensonges proférés ne soient pas pieux est une évidence, mais penser que tous les mensonges sont proférés avec une intention mauvaise est en revanche le signe d’un complotisme extrême et pathologique. Oui, on nous ment sans doute, mais pourquoi penser que tout mensonge reflète nécessairement une mauvaise intention à l’égard du peuple français en général ou d’une minorité de Français en particulier ? Prémunissons-nous donc contre ce type de complotisme et partons du principe que les mensonges qui font diverger Histoire réelle et Histoire officielle trouvent leur origine dans de bonnes intentions.


Par définition, un pieux mensonge soumet l’idéal de Vérité à la quête du Bien et si nous subissons ce type de mensonge, cela signifie que des personnes ayant accès à la « vérité » jugent que cette dernière est contraire au « bien » de ceux qui n’y ont pas accès, d’où résulte un double problème.




  • D’une part, d’où provient cette idée selon laquelle le peuple serait incapable de comprendre et accepter les motifs réels d’une décision politique ou d’une guerre ?



  • D’autre part, d’où provient ce « bien » poursuivi par ceux qui mentent si pieusement ?



Autrement dit, le pieux mensonge repose de facto sur la distinction de deux classes sociales : l’une, éclairée et informée, décidant pour une autre, confuse et désinformée. D’ailleurs, dans cette interview édifiante datant de 2009, François Hollande lui-même dénonçait la logique perverse du mensonge d’Etat proféré au nom de la lutte contre le terrorisme.


François Hollande en 2009, sur le traitement de la question terroriste par le gouvernement Sarkozy


De plus, aussi bénéfiques qu’ils puissent être au maintien de l’ordre public et à la patrie dans son ensemble, certains pieux mensonges peuvent avoir des conséquences néfastes. D’ailleurs, c’est surtout la plausibilité du mensonge et l’habileté d’exécution qui déterminent ici ses effets indésirables. Imaginons un médecin cherchant à rassurer son patient en lui cachant une partie des analyses effectuées. Si le médecin ment mal ou si certains de ses pieux mensonges ont été découverts par le passé, le patient alors en manque de confiance s’imaginera peut-être souffrir d’une maladie plus grave que celle dont il est réellement affecté !


Dans le domaine social et politique, les mauvais mensonges, lorsqu’ils sont détectés comme tels, peuvent amener la population à avoir plus peur du futur et d’autrui que si la vérité était mise à nue par « ceux qui savent ». Pour prendre un exemple proche de l’actualité, il semble difficile de croire au caractère fortuit du « suicide » du commissaire Helric Fredou le soir-même des attentats de Charlie Hebdo, et l’on peut penser que cette affaire – sur laquelle le gouvernement n’a communiqué qu’au mois de décembre,malgré la requête d’un député dès le mois de janvier – a alimenté très activement diverses théories du complot. 


Ce qui apparaît peut-être comme un pieux mensonge nécessaire est ainsi devenu le pivot de discours souvent abracadabrantesques et terrifiants sur l’implication supposée du gouvernement dans cette série de meurtres. On peut même penser que la vérité sur cette mort quelque peu mystérieuse – fusse-t-elle dérangeante – serait bien moins inquiétante que les spéculations induites par le silence du gouvernement.


Si l’on part du principe que certains pieux mensonges sont utiles et nécessaires à l’exercice du pouvoir, faut-il dès lors exhorter ceux qui mentent à « mentir mieux » comme le fait avec humour Didier Super dans l’une de ses récentes vidéos ?





Une pancarte « Arrête ton char : lit », en hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo, sur le monument de la place de la République, le 11 janvier 2015 à Paris - JOEL SAGET/AFP


Sauf à sombrer dans un angélisme mystificateur consistant à croire que le gouvernement et les médias connaissent et relayent toujours toute la vérité sur l’Histoire se déroulant sous nos yeux, les considérations précédentes justifient la réflexion critique, le journalisme d’investigation et plus généralement une position sceptique vis-à-vis des discours émanant aussi bien des castes les plus dominantes ou protestataires de notre société. Néanmoins, pourquoi cette noble quête de la vérité prend-t-elle si souvent la forme d’une théorie du complot et du conspirationnisme, qui consiste à attribuer à un petit nombre de personnes organisées en société secrète la responsabilité des événements les plus marquants et la construction concomitante de la version officielle retenue à leur sujet ?


A cette question, de nombreuses réponses sont possibles, mais on peut distinguer trois causes principales à l’émergence de telles théories.



  • D’une part, les conspirations et les complots ont existé et existent encore, de sorte qu’il peut parfois être justifié d’envisager cette hypothèse – avec toutes les précautions que cela suppose.



  • D’autre part, en tant que discours, le conspirationnisme peut servir à défendre des intérêts ou à promouvoir des idéologies bien précises. Par exemple, les sites Panamza ou Egalité et réconciliation se distinguent clairement par leur antisionisme, de sorte que la recherche systématique de connexions entre l’Etat d’Israël et les attentats commis en France apparaît plus comme un fonds de commerce que comme du journalisme d’investigation.



  • Enfin, comme cela est très bien expliqué (entre autres choses) dans le numéro spécial de la revue d’histoire Agone paru en janvier 2012, le qualificatif même de « théorie du complot » est parfois utilisé pour décrédibiliser activement certains discours non conformes et certaines formes de journalisme d’investigation.




Si l’on peut donc comprendre pourquoi les théories du complot émergent dans le débat public, ces explications ne nous disent cependant pas pourquoi elles séduisent parfois de façon si déraisonnable leur audience. C’est ici que les (neuro)sciences cognitives peuvent aider.


Théorie de l’esprit



Comme nous l’avons vu plus haut, lorsque la vérité est occultée au sujet d’événements importants, quand bien même ce serait pour faciliter une gouvernance orientée vers le bien public, il peut s’ensuivre une perte de confiance importante dans le discours officiel, qu’il provienne directement de ceux qui gouvernent ou des médias qui relayent leurs propos. Ainsi, le citoyen se retrouve dans l’expectative et le champ des « vérités possibles » s’élargit d’autant : à la difficulté de comprendre des faits déjà formidablement complexes s’ajoute donc une incertitude sur les faits eux-mêmes.
Or, quels « outils cognitifs » sont à la disposition des êtres humains confrontés à une telle complexité ? 


Depuis deux décennies, une idée de plus en plus répandue est que notre aptitude à percevoir et à interpréter des situations ambiguës provient du fait que les cerveaux humains et de primates ont évolué au sein de groupes sociaux extrêmement complexes, et ce depuis plusieurs dizaines de millions d’années. 




Ce sont les théories connues sous le nom de l’ « intelligence machiavelienne », de la « fonction sociale de l’intelligence » 
[PDF] 




ou encore de l « hypothèse du cerveau social » (liens en anglais, mais voir aussi cet article). Un point commun à toutes ces théories est d’insister sur le fait qu’un des problèmes les plus difficiles (et les plus importants pour la survie et la reproduction) auxquels notre cerveau fait face consiste à déduire les croyances, les émotions et les intentions de nos congénères à partir de leurs actions visibles ou invisibles (c’est-à-dire, commises hors de notre champ de vision).




La notion de théorie de l’esprit regroupe l’ensemble des mécanismes nous permettant d’expliquer et de prédire le comportement d’autrui en le ramenant aux buts que ce dernier poursuit, et de nombreuses études de neuro-imagerie ont récemment révélé que les réseaux neuronaux permettant d’accomplir ce type de déduction se trouvent dans des structures très évoluées de notre cortex, comme la partie antérieure du cortex préfrontal ou les pôles temporaux.




Cette inclination à attribuer des intentions est si répandue et si automatique que de simples figures géométriques se déplaçant sur un écran peuvent activer ces aires cérébrales et faire l’objet d’une attribution intentionnelle. C’est ce que l’on appelle l’illusion d’Heider-Simmel, connue depuis 1944 et étudiée depuis les années 2000 par le groupe du chercheur Chris Frith au Royaume-Uni : exemple typique d’une observation complexe qui devient explicable et prédictible si l’on attribue une intention aux différents « protagonistes ».




L’illusion d’Heider-Simmel consiste à attribuer des intentions pour décrire et comprendre des événements autrement difficilement explicables




Etant donné qu’une des caractéristiques principales de toute théorie du complot est de chercher une intention unique (celle d’une société secrète ou d’un conspirateur isolé) derrière des événements disparates et des coïncidences troublantes s’inscrivant dans le cadre d’une situation complexe, on peut penser que le conspirationnisme est une émanation relativement naturelle de la théorie de l’esprit, puisqu’il permet de ramener au sein d’un cadre commun et intuitif pour l’homme une succession d’observations ambiguës et inexpliquées. D’ailleurs, une pathologie mentale souvent marquée par la paranoïa et l’inclination aux croyances délirantes de type complotiste, la schizophrénie, est parfois conçue comme résultant d’un dysfonctionnement du « cerveau social » entraînant une mauvaise aptitude à détecter et à attribuer des intentions à autrui [PDF].




Cependant, une fois qu’une interprétation conspirationniste a été ébauchée, il s’agit de l’étayer par des faits concrets, qui sont le plus souvent manquants puisque, par définition, l’information dévoilant le complot est cachée ! Dès lors, ce sont les coïncidences qui jouent un rôle majeur dans la solidification des thèses complotistes, parce qu’elles surprennent le lecteur et qu’elles semblent donc exiger une explication à part entière. Par exemple, toujours dans l’affaire de Charlie Hebdo, de nombreux sites complotistes ont repris cette information de Paris-Match selon laquelle la voiture volée dans le XIXe par les frères Kouachi appartenait au vendeur de journaux de Cabu et Wolinski, ce dernier connaissant bien les deux victimes et les ayant vues le matin même du drame. 




Cette coïncidence extraordinaire est forcément génératrice de surprise. Or, on sait que la surprise est un ingrédient primordial de l’apprentissage et de la plasticité cérébrale (et donc d’une modification potentielle de nos croyances). Ainsi, toute surprise suscite la curiosité et appelle une explication au niveau cognitif, même lorsque cette surprise est le résultat d’un pur hasard. Faute de preuves directes, les thèses conspirationnistes mettent donc constamment en exergue ce type de coïncidences auxquelles elles prétendent fournir une explication rationnelle.


Vers une « théorie des complots » ?



Pour conclure, la meilleure façon de lutter contre les théories du complot reste donc de tenir les citoyens pour des êtres responsables, aptes à comprendre les enjeux de leur époque et ultimes dépositaires des orientations prises par leur gouvernement en matière de promotion du « bien » et de lutte contre le « mal ». 


En plus d’être indispensable à l’existence de la démocratie, la communication des informations et des rapports d’enquête en matière de terrorisme est essentielle pour combattre des théories délirantes qui font plus de mal à la société française que les non-dits dans lesquels elles s’enracinent. Le simple fait d’envisager l’existence de tels non-dits et de la désinformation – si communs dans l’Histoire – ne doit pas être identifié à une démarche complotiste. En tant que fondement de l’intellect humain, le doute doit être respecté, en particulier lorsque les anomalies s’accumulent et que de nombreuses questions restent sans réponses : seules les conclusions délirantes qu’il suscite doivent être combattues.


Cela dit, si l’information complète des citoyens est impossible, une solution pour combattre les délires interprétatifs qui prospèrent à la suite de chaque attentat, est sans doute d’informer – et de se tenir informé – sur la multiplicité des intérêts et des partis qui font et qui ont toujours fait l’Histoire. 


A ce titre, le problème des théories du complot n’est pas tant le mot complot lui-même que le recours au singulier. Les événements auxquels nous faisons face et le récit qui en est fait sont en effet la résultante d’intentions et d’intérêts multiples. Comme dans bien d’autres domaines, l’erreur consiste ici à postuler l’existence d’un ennemi commun, unique, qui orchestrerait la désinformation et déciderait unilatéralement du cours de l’Histoire.


Le principe à l’œuvre dans la théorie du complot – la recherche d’intentionnalité dans les événements historiques – n’est pas en soi préjudiciable (c’est même sans doute un moyen essentiel de comprendre l’Histoire). Que de nombreux individus et groupes d’individus complotent séparément pour défendre les intérêts qui leur paraissent justes ou avantageux n’est pas forcément une grille d’analyse aberrante. En revanche, la simplification consistant à postuler qu’une seule intention surpuissante soit à l’œuvre rend aveugle. 


Ainsi, parce qu’elle étudie les rapports de domination et les interaction des groupes sociaux dans toute leur complexité, la sociologie semble être la science la mieux armée pour contrecarrer les thèses simplificatrices trop souvent attachées aux hypothèses complotistes. 


On peut donc regretter que cette discipline soit aussi régulièrement disqualifiée par ceux qui nous gouvernent.


http://rue89.nouvelobs.com/blog/neuro89-0/2016/01/03/theories-du-complot-pourquoi-le-cerveau-semmele-quand-il-sen-mele-235165



- rhoo laisses tomber, charbandonne, j'ai jamais rien compris à la politique et sinon t'as vu y'a des promos chez Phildar, je vais encore devoir me farcir les calculs de pourcentage, je sens d'avance que ça va me mettre les nerfs en pelote, tout ça pour que Monsieur puisse ronronner dans son nouveau pull tricoté mains.


Dernière édition par six s'if le Mer 20 Jan 2016 - 14:39, édité 2 fois (Raison : le lien de la source)

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Mar 5 Jan 2016 - 16:18

2016 : ET SI ON CHANGEAIT LE MONDE ?
le 4 janvier 2016 | Par Femmexpat.com




2015 : Une année « tournant », pour la France et les Français, en métropole comme à l’étranger. Une année de gravité, une année de prise de conscience. Une année où beaucoup ont pris la ferme résolution de continuer à célébrer ce qui fait la beauté de la liberté, de l’égalité et de la fraternité françaises. Alors pour 2016, nous avons eu envie de penser à des choses importantes.
En ce début d’année, fi des bonnes résolutions du genre « cette année je reprends la gym à fond et je perds 8 cm de tour de taille ». Nous allons même arrêter de nous mettre la barre toujours plus haut afin de revenir aux fondamentaux… Peut-être cela fera-t-il changer le monde ?
Avec l’équipe nous avons réfléchi et écrit cet article à 8 mains, 4 femmes de 3 générations différentes. Tout ce que nous vous livrons ci-dessous sera notre fil conducteur pour 2016.
Nous allons donc privilégier pour la nouvelle année :
L’engagement : c’est un « acte par lequel on s’engage à accomplir quelque chose ; promesse, convention ou contrat par lesquels on se lie ». Nous avons décidé de ne plus être spectateur mais acteur, en persévérant dans les petites choses de la vie quotidienne qui sont souvent celles que l’on délaisse. Par exemple, pour tout ce qui concerne le climat -Cop 21 oblige- on ne dira plus « cela ne sert à rien que je le fasse, parce que si je suis le seul à le faire, ça ne changera rien » mais plutôt « je le fais et je montre aux autres en quoi c’est important ». Nous serons également acteurs pour la fraternité, pour la citoyenneté, pour l’éducation, pour la santé… S’engager, chacun à son niveau, par de petites actions simples et récurrentes, c’est comme ça que l’on fait bouger les lignes. Chacun contribue à l’engagement général. Comme dirait Peter Drucker, « la meilleure façon de prédire l’avenir est de le créer ».
 


L’esprit de famille : on privilégie la bienveillance qui est une « une disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui » parce que la bienveillance génère la bonne entente, et par là même, la confiance en soi. Faire de nos enfants des personnes confiantes, en elles, en leur avenir, en l’Homme, en leur capacité à agir pour le mieux. C’est l’éducation qui est le socle de tout, et celle-ci exige de la part des parents de la confiance et de l’écoute.
 


La communauté : On reste attentifs à cet « ensemble de personnes unies par des liens d’intérêts, des habitudes communes, des opinions ou des caractères communs ». Communauté, ça rime avec fraternité. Et on l’entend au sens large. On ne pense pas qu’à soi mais aussi aux autres. Etre aidant vous aidera. Prenons le parti d’adopter la bienveillance et le sourire auprès des personnes que nous côtoyons quotidiennement !
 


La prise de conscience : sur les grands sujets du monde et les petits sujets de tous les jours, on aura les yeux grands ouverts pour « prendre pleinement conscience de quelque chose dont, jusque-là, on ne voulait pas voir ou assumer la réalité ». Alors on s’informe, on lit les thèses et les anti-thèses, on vérifie les chiffres et surtout les sources. On se fait une propre opinion fondée. S’informer, c’est le premier pas pour agir et s’engager.
 


La formation : Rajouter une corde à son arc, c’est toujours un moment de satisfaction et de mise en confiance, du MBA à l’apprentissage du piano aux cours de secourisme. Faites votre choix. Se former« c’est acquérir les connaissances nécessaires à l’exercice d’une activité ». Vous allez développer de nouvelles compétences relationnelles et de savoir-être pour mieux exprimer votre savoir-faire.
 


La culture : sous toutes ses formes, la culture c’est l’«enrichissement de l’esprit par des exercices intellectuels » et aujourd’hui, plus que jamais, une arme de destruction massive contre l’obscurantisme. Palmyre, tu vivras dans nos cœurs et dans nos livres.
 


FemmExpat vous souhaite beaucoup de beau et de bon pour 2016 – pour vous, vos familles, vos communautés, pour les Hommes, pour la planète.
- ben pourquoi tu es sur FemmeExpat ? t'habites en France.

- ben logique, si un jour je m'expat, je suis prête d'avance, je serai donc épatante et expatante moi, Monsieur Smile 

et ça sera pas trop peu pour réussir notre première résolution de l'année, 

changer le monde, 

dès que c'est fait, je me mets à la vaisselle, 

vers les années 2058 

après avoir acheté un très très grand logement avec une très très très cuisine,

-ben quel rapport ?

- parce que ça va en faire une sacrée pile d'assiettes sales.


Dernière édition par six s'if le Mer 20 Jan 2016 - 14:37, édité 1 fois

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Mer 13 Jan 2016 - 12:46

http://www.dossierfamilial.com/sante-social/aide-sociale/le-revenu-universel-verra-t-il-le-jour

Le revenu universel verra-t-il le jour ? - ©Lightstar59
Un rapport remis au gouvernement le 6 janvier vente les mérites de l’instauration d’un revenu minimum pour tous en France. C’est la première fois qu’un tel dispositif est abordé.



Le Conseil national du numérique, qui a remis son rapport à la ministre du Travail le 6 janvier, préconise la création d’un revenu universel.

Le revenu universel ou de base consiste à distribuer la même somme à chacun, de manière inconditionnelle, tout en laissant persister le modèle économique de manière identique », explique le Conseil dans son rapport.


Ce revenu de base répond à plusieurs objectifs :



  • Eradiquer la très grande pauvreté et simplifier notre système de protection sociale ;

  • Fluidifier le marché du travail et limiter les effets de seuil ;

  • Redonner au travailleur des marges de choix vis-à-vis de son emploi ;

  • Amorcer une société de l’après-emploi et de l’après-marchand.




Le montant du revenu de base serait égal ou supérieur au RSA selon l'objectif visé.

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Ven 15 Jan 2016 - 19:22

- oui mais moi j'aurais pas fait comme ça, j'avais de meilleures idées
- oui mais tu sais entre avoir les bonnes idées et les mettre ou les faire mettre en place, y'a du boulot Smile
- tu reprends un truc ? une grenadine ?
- non là je file chez mon toubib Smile il est génial, il en chie, mais il reste humain et il a toujours été génial et même dans de sacrées épreuves de ma vie, toujours à savoir faire la part des choses.
- ben comment tu le sais ?
- parce que quand il a fini sa consultation, il lui est arrivé de se permettre de se plaindre Smile
- et ça te gène pas ? 
- ben non je sais aussi faire la part des choses Smile Penses à racheter des pailles pour quand je repasse. Merci de les prendre roses sinon on voit pas bien que je suis une fille Smile

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Mer 20 Jan 2016 - 14:36

http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-democratie-telle-que-avons-connue-en-europe-est-serieusement-menacee-et-davos-se-penche-probleme-gerard-francois-dumont-2549348.html


- la démocratie ? y'a une application I Phone qu'on peut télécharger gratuitement ?
- ben non,
- ah ben alors c'est pas intéressant.

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Mar 26 Jan 2016 - 12:15

Ultra super sensibles s'abstenir d'ouvrir (la politique du "petit" et du "grand") vu d'un certain angle de vue. Du mien sûrement Wink et toujours le juste milieu. Soyez heureux.

Spoiler:

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Mar 2 Fév 2016 - 11:30

Chambre d’hôte, commerce de proximité… Les Français rêvent de créer leur entreprise



Timour Aggiouri
 | Le 29/01/2016 à 12h16



entrepreneurs_large.jpg


Face au chômage de masse, de nombreux Français rêvent de se mettre à leur compte. - © skynesher
37 % des Français envisagent de se lancer dans le grand bain de l’entrepreneuriat, selon un sondage. La gestion d’une maison d’hôte est le type d’activité privilégiée.




Face au chômage de masse, de nombreux Français rêvent de se mettre à leur compte, à en croire un sondage publié jeudi 28 janvier par l’institut OpinionWay pour l’Union des auto-entrepreneurs, la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires et le Salon des entrepreneurs*. 37 % des personnes interrogées répondent positivement à la question : « Auriez-vous envie de créer une entreprise, d'en reprendre une ou de vous mettre à votre compte ? »
Ce qui représente « un vivier de plus de 19 millions d’entrepreneurs » dans le pays, selon l’étude.
Parmi eux, 34 % comptent mettre leur projet à exécution dans les deux ans à venir.

Un moyen de changer de secteur

45 % de l’ensemble des sondés aimeraient se « lancer dans un autre domaine de compétences, un autre champ d'activité » s’ils devaient créer leur entreprise.
La gestion d’une maison d’hôte est l’activité que privilégient toutes les personnes interrogées.
Type d’activité envisagéePourcentage de l’ensemble des sondés (plusieurs réponses possibles)
Gérant d’une maison d’hôte40 %
Commerçant de proximité (fromager, charcutier, chocolatier, pâtissier…)27 %
Expert (consultant, financier, comptable, fiscaliste…)23 %
Artiste ou créatif23 %
Jardinier, paysagiste17 %
Entrepreneur du web et de l’économie collaborative17 %
Créateur de bijoux/accessoires/vêtements à vendre en ligne16 %
Propriétaire d’un food truck urbain (camion-restaurant ambulant)16 %
Artisan dans le bâtiment (charpentier, électricien, plombier, émailleur...)14 %
Blogueur star, reconnu dans le domaine de l’alimentaire, de la mode, de la beauté...8 %
Personnes travaillant déjà à leur compte4 %

Une volonté particulièrement forte chez les cadres supérieurs et les ouvriers

La volonté de devenir indépendant est particulièrement forte chez les cadres supérieurs et les ouvriers interrogés.
Catégorie socio-professionnelleCadres supérieursOuvriersProfessions intermédiairesEmployésPersonnes sans activité...... dont retraités
Volonté de devenir entrepreneur49 %49 %42 %38 %25 %18 %
* Le sondage a été mené les 6 et 7 janvier selon la méthode des quotas, auprès de 1 021 personnes de 18 ans ou plus, par questionnaire auto-administré par Internet. 


http://www.dossierfamilial.com/emploi/entreprise/chambre-d-hote-commerce-de-proximite-les-francais-revent-de-creer-leur-entreprise-83508?utm_campaign=NL%20DF%2020160202&utm_content=36253225865&utm_medium=email&utm_source=Emailvision&xtor=ES-clientcode-6276545[NL%20DF%2020160202]-20160202-[EMV%20LINKNAME]-36253225865@1-20160202090000





- Je crois que je démarre un petit syndrome de la statistique.
- Va plutôt boire ta s'tasse de café, on n'entreprend rien en se couchant à 2h du matin parce qu'on poste des grosses bêbêtes toutes jaunes qui chorégraphisent dans la street.
- ben oui mais c'est le tic artistique, ça, j'y peux rien

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Ven 5 Fév 2016 - 17:13

Le CSFPT débute l’examen des nouvelles grilles indiciaires
Publié le 04/02/2016 • Mis à jour le 05/02/2016 • Par Agathe Vovard • dans : A la une, A la une emploi, A la Une RH,Actu Emploi, France, Toute l'actu RH


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Les textes examinés par le conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) lors de la séance plénière du mercredi 3 février 2016 ont surtout concerné l'application des mesures "PPCR". Ils portent sur la catégorie C, la "NES B", et les catégories B et A des filières sociale et médico-sociale. Au menu principalement : l’intégration de primes en points, et des revalorisations indiciaires programmées pour la période 2017 à 2020.

DÉCOUVREZ LE CLUB


Cet article est paru dans
Le Club Ressources Humaines



Pour sa séance plénière du mercredi 3 février 2016, le CSFPT a examiné 14 projets de texte réglementaire. Comme prévu, la plupart d’entre eux ont trait à l’application du protocole « parcours professionnels, carrières et rémunérations » (PPCR).

Les projets de décret concernant la catégorie C


Un premier projet de décret concerne l’organisation des carrières des agents de catégorie C de la FPT. Il prévoit pour ces agents trois grades au lieu de quatre actuellement.
Le texte procède au reclassement des fonctionnaires dans la nouvelle structure de carrière. Il précise les durées d’échelon de chacune des échelles, modifie le cadencement de l’avancement d’échelon, les dispositions relatives au classement des personnes accédant aux cadres d’emplois ou emplois concernés ainsi que les modalités d’avancement de grade.
1,1 million d’agents territoriaux sont concernés, indique la CGT dans un communiqué.
Un autre projet de décret fixe les différentes échelles de rémunération : C1, C2 et C3. Les grilles sont revalorisées sur une période de quatre ans, à compter du 1er janvier 2017. Le texte prévoit un ajout de 4 points d’indice majoré (IM) à l’ensemble des échelons de la grille, dans le cadre de l’opération de transformation de primes en points.
Le gain moyen sur la période 2017-2020 s’élève à 10 points d’IM, soit environ 555 euros bruts annuels en fin de période, indique la CGT.

L’Unsa, qui a également mis en ligne sur son site internet des fiches explicatives sur les nouvelles grilles, s’inquiète des impacts de cette réforme. « Une délibération et un passage en comité technique seront peut-être nécessaires car les trois grades créés sont nouveaux. Or nous craignons que les collectivités en détresse financière n’en profitent pour modifier les montants de certaines parties du régime indemnitaire. Les employeurs territoriaux ont d’ailleurs confirmé cette possibilité », relate Patrick Campagnolo, représentant Unsa au CSFPT.

Les projets de décret concernant la catégorie B


Deux projets de décret concernent la catégorie B dans sa globalité. Le premier comporte des dispositions statutaires pour la catégorie B NES (Nouvel espace statutaire).
Sont concernés par ce texte les :


  • animateurs territoriaux

  • assistants territoriaux d’enseignement artistique

  • assistants territoriaux de conservation du patrimoine et des bibliothèques

  • chefs de service de police municipale

  • éducateurs territoriaux des activités physiques et sportives

  • lieutenants de sapeurs-pompiers professionnels

  • rédacteurs territoriaux

  • techniciens territoriaux




Le projet de décret prévoit pour 2016 un nouveau cadencement de l’avancement d’échelon – toujours dans le cadre du processus d’harmonisation des modalités d’avancement d’échelon entre les trois versants de la fonction publique –, et un toilettage du décret actuel visant à la mise en cohérence des dispositions avec les deux autres versants de la fonction publique.
Pour janvier 2017 sont prévus une modification de la durée de certains échelons dans les trois grades des cadres d’emplois, un reclassement des agents de catégorie B dans la nouvelle architecture et un classement des agents de catégorie C accédant aux cadres d’emplois de catégorie B relevant du décret n°2010-329 du 22 mars 2010.
Un second projet de décret modifie l’échelonnement indiciaire applicable aux agents de la catégorie B NES. Il prévoit un ajout de 6 points d’IM à l’ensemble des échelons de la grille (transfert de primes en points), un cadencement unique au premier jour de parution au JO du décret ou maximum au 1er juillet 2016, indique l’Unsa, ainsi que des revalorisations en 2017 et 2018.
Le gain moyen sur la période 2016-2018 est de 14 points d’IM (soit 778 euros bruts annuels à compter de 2018), selon la CGT.

Quatre autres textes sont relatifs à la catégorie B de la filière médico-sociale. Le premier modifie les dispositions statutaires des cadres d’emplois sociaux de catégorie B de la FPT.
Comme les textes précédents, ce projet de décret change les modalités d’avancement d’échelon et reclasse les agents dans la nouvelle structure de carrière. « Il adapte en outre les modalités d’avancement de grade, ainsi que les dispositions relatives au classement des fonctionnaires de catégorie C accédant aux cadres d’emplois », précise aussi le CSFPT dans son communiqué.
Un autre projet de décret modifie les grilles indiciaires des deux grades des cadres d’emplois sociaux de la catégorie B de la FPT sur une période de trois ans, à partir du 1erjanvier 2016. Il intègre 6 points d’IM. Il prévoit aussi des revalorisations pour 2017 et 2018.
Le gain moyen pour les agents de catégorie B sur la période 2016-2018 s’établit à 14 points d’IM, soit 778 euros bruts annuels à compter de 2018, indique la CGT.
« Les assistants socio-éducatifs verront la reconnaissance du niveau Bac+3 de leurs diplômes et seront intégrés en catégorie A en 2019 au même niveau que les grilles des infirmiers de soins généraux », précise l’Unsa.


Le CSFPT a ensuite examiné un projet de décret modifiant les dispositions statutaires des cadres d’emplois médico-sociaux de la catégorie B (modalités d’avancement d’échelon et organisation des carrières). Il concerne les infirmiers et les techniciens paramédicaux.
Un autre décret modifie les dispositions indiciaires applicables à ces cadres d’emplois (+6 points d’IM, gain moyen de 14 poins d’IM sur 2016-2018).

« Lors d’une ultime négociation, l’UNSA a obtenu une augmentation des bornes indiciaires maximales des infirmiers de soins généraux et des cadres de santé avant son passage au CSFPH », précise le syndicat.


Les projets de décret concernant la catégorie A



Enfin, le CSFPT a examiné quatre projets de décret relatifs à la catégorie A de la filière médico-sociale. Un texte concerne le cadre d’emplois des conseillers territoriaux socio-éducatifs.Il vise à modifier les modalités d’avancement d’échelon. Ce texte a obtenu un avis favorable unanime auprès du collège employeur (11 voix) et un avis défavorable du collège des organisations syndicales : 4 pour, 16 contre.
Un autre projet de décret porte sur l’échelonnement indiciaire applicable aux conseillers territoriaux socio-éducatifs. Il prévoit l’intégration de 4 points d’IM en 2016, 5 points d’IM en 2017 (intégration de primes en points) et des revalorisations en 2018.
Le gain moyen sur la période 2016-2018 s’établit à 20,5 points d’IM, soit 1 139 euros bruts annuels à compter de la fin de période, indique la CGT.



Modification 2018 (1er grade) : 748 (source CGT)


L’avant-dernier texte modifie le cadencement de l’avancement d’échelon et le reclassement des puéricultrices, infirmiers en soins généraux et cadres de santé.
Le dernier projet de décret modifie l’échelonnement indiciaire de ces cadres d’emplois (+ 4 points d’IM au 1er janvier 2016). Il prévoit aussi la poursuite des revalorisations en 2018 et 2019 et un ajout de 5 points d’IM à l’ensemble des échelons de la grille, dans le cadre de l’opération de transfert primes/points, précise la CGT. Le gain moyen sur la période 2016-2019 s’élèverait à 19,2 points d’IM (soit 1 067 euros bruts annuels en fin de période).
Ce texte a fait l’objet d’un vote favorable à la majorité, dont 4 voix pour, 7 contre, 9 abstentions côté syndicats.


Des amendements plus ou moins fructueux



Sur tous ces textes, la CFDT et la FA-FPT ont déposé plusieurs amendements, pour augmenter les indices de grade terminaux et éviter les cas d’inversion de carrière.
« Nous avons défendu plusieurs amendements dans le but d’empêcher des écrasements ou des inversions de carrière et de donner un coup de pouce pour les cadres d’emplois sociaux et médico-sociaux. Le gouvernement n’a pris qu’en partie en compte nos observations sur les cadres d’emplois médico-sociaux de la catégorie A : nous nous sommes abstenus sur ce texte ainsi que sur les textes relatifs aux cadres d’emplois de catégorie B. En revanche nous avons voté contre le texte relatif aux grilles des conseillers socio-éducatifs, car notre amendement n’a pas du tout été pris en compte », souligne la CFDT dans un communiqué.
La FA-FPT indique regretter particulièrement l’absence d’un comité de suivi, le protocole n’ayant pas reçu une majorité de voix. Une telle instance « devait permettre une concertation sur les revalorisations des corps et cadres d’emplois de catégorie A dont l’indice brut terminal est inférieur à 966 ainsi que sur les emplois paramédicaux et assimilés afin de reconnaître leur niveau de qualification (licence) ».


Encore plus de 80 textes à examiner ?



« Le cabinet de la ministre souhaite faire passer au CSFPT tous les décrets durant le premier semestre, c’est-à-dire d’ici le mois de juin. Il en reste à peu près 84. Mais selon la DGCL, il est possible que certains textes regroupent plusieurs cadres d’emplois, ce qui permettrait de diminuer le volume de textes à examiner », indique également la CGT.
La pro­chaine séance plé­nière du 16 mars verra à l’ordre du jour les 14 cadres d’emplois de la caté­go­rie C, précise l’Unsa. Les textes concernant le cadre d’emplois des agents de maî­trise devraient quant à eux être examinés en avril.
FOCUS


CREPS et OPH



Le CSFPT a également examiné un projet de décret relatif à la convention type de mise à disposition de services des centres de ressources, d’expertise et de performance sportive chargés d’exercer les compétences de la région.
« Les conventions de mise à disposition des services des CREPS sont conclues entre le représentant de l’Etat dans la région et le président du conseil régional de la région bénéficiaire du transfert de compétence. Elles recensent les parties de service des CREPS ainsi que le nombre d’agents chargés d’exercer les compétences des CREPS relevant de la région. Les agents affectés dans ces parties de service sont de plein droit mis à disposition du conseil régional, à titre individuel et gratuit. La convention type est jointe en annexe au décret », indique le CSFPT.
Un amendement de la CFDT a été adopté, indique l’organisation syndicale dans un communiqué. Il prévoit que soit inscrite dans la convention la mise en place d’un comité de suivi des transferts.
Enfin, un dernier projet de décret portait sur la convention de rupture du contrat des directeurs généraux des offices publics de l’habitat. En application de l’article L.421-12-2 du code de la construction et de l’habitation dans sa rédaction issue de la loi n°2015-990 du 6 août 2015, l’office et le directeur général peuvent décider par convention des conditions de la rupture du contrat qui les lie. L’objet du décret est de définir les conditions d’application de cet article.
La CFDT indique avoir proposé et obtenu une amélioration concernant le délai de règlement de l’indemnité de rupture conventionnelle des directeurs.



http://www.lagazettedescommunes.com/428252/le-csfpt-debute-lexamen-des-nouvelles-grilles-indiciaires/?utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=05-02-2016-quotidien


- Chef, chef, le gang de la "Gazette" a encore laissé des indices, qu'est ce qu'on fait ?chef ? chef ?
- Convoquez immédiatement Columbo, je veux qu'il mène l'enquête, indice par indice Smile et convoquez moi l'inspecteur Gadget, en plus, ils feront équipe Smile Comme en plus, ils ne s'entendent pas, cette enquête sera vite résolue Smile

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Mar 9 Fév 2016 - 16:54

http://rue89.nouvelobs.com/blog/oh-my-code/2016/02/08/quelle-liberte-dexpression-face-aux-discours-de-haine-sur-internet-235216

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Jeu 11 Fév 2016 - 15:32

http://www.lagazettedescommunes.com/428863/le-rapport-2016-de-la-cour-des-comptes-ou-lurgence-de-moderniser-les-services-publics/?utm_source=quotidien&utm_medium=Email&utm_campaign=11-02-2016-quotidien

http://www.lagazettedescommunes.com/428951/cour-des-comptes-le-cnfpt-incite-a-lefficience-et-a-leconomie/

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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Mer 16 Mar 2016 - 15:28

Quatre noms soumis au vote pour rebaptiser Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine

par Aurélien Hélias

© Flickr-CC-C.Mascaret
Outil de démocratie instauré par la région, le comité de réflexion et d’accompagnement sur le nom de la région avait retenu trois noms pour baptiser la nouvelle grande région. Mais les élus du conseil régional ont souhaité en ajouter un quatrième à cette liste qui sera soumise au vote populaire des habitants jusqu’au 29 avril.







Alors que la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie a décidé le 14 mars de se rebaptiser « Hauts-de-France » – une décision qui devra toutefois être validée en Conseil des ministres au plus tard le 1er juillet –, la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine a elle aussi franchi une étape supplémentaire le même jour dans la recherche d’un nouveau patronyme.

Deux appellations géographiques, une historique et un acronyme

Après six semaines consacrées à mettre sur pied un « comité de réflexion et d’accompagnement sur le nom de la région », composé de citoyens tirés au sort, d’agents de la région, de membres du Ceser, de géographes, d’historiens et autres experts, et à l’issue de trois séances de travail dudit comité, la région va proposer quatre dénominations aux habitants via une consultation en ligne qui s’étalera jusqu’au 1er avril.
Les quatre noms avancés, sélectionnés étape par étape parmi plus de 330 propositions, sont :

  • Rhin-Champagne,

  • Acalie,

  • Nouvelle Austrasie,

  • Grand Est.


Trois propositions devenues quatre

Chose inattendue : seule les trois premières appellations avaient été retenues par le comité et ce sont les conseillers régionaux qui ont souhaité ajouté la quatrième pour la soumettre au vote populaire.
« Dans une volonté d’approche démocratique plus complète et de prise en compte des différents points de vue, l’exécutif régional s’est réuni ce jour et a acté à l’unanimité l’intégration d’un quatrième nom dans les propositions aux citoyens : […] Grand Est », a justifié le conseil régional dans son communiqué.
Cet ajout décidé après réunion du bureau exécutif n’exprime pas pour autant la préférence du président de la région, Philippe Richert, qui s’est personnellement prononcé depuis la séance délibérative en faveur de « Rhin-Champagne »

S’il n’a pas indiqué son patronyme favori, le sénateur-maire de Troyes et président de l’AMF François Baroin a pour sa part indiqué sur le ton de l’humour celui dont il ne voulait pas, évoquant ce « Grand Est, dont le nom n’est pas complètement stabilisé et qui ne sera peut-être pas non plus la Nouvelle Austrasie parce qu’il faut une conscience historique et géographique pré-Mérovée, ce qui correspond à des cours d’histoire qu’on n’a pas eus depuis 30 ou 40 ans les uns les autres… », a-t-il glissé avec un sourire le 16 mars devant quelque 200 élus réunis à l’AMF à Paris pour une réunion dédiée aux communes nouvelles.

Vote populaire jusqu’au 1er avril

Prochaine étape : les internautes ont jusqu’au 1er avril minuit pour exprimer leur choix entre les 4 noms proposés(1) dans le cadre de cette consultation citoyenne, « première illustration de la priorité donnée à la démocratie territoriale », selon la collectivité.
Puis, le 29 avril, « le nom qui a remporté le plus l’adhésion sera proposé aux élus du conseil régional », réunis en séance plénière avant une validation du choix de la région en Conseil des ministres puis la soumission du nom au Conseil d’Etat qui rendra sa décision le 1er octobre 2016.








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Re: Politique de comptoir

Message par Invité le Jeu 17 Mar 2016 - 14:19

http://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/021769590739-le-buzz-des-etats-unis-trump-doit-attendre-la-voie-se-degage-pour-clinton-1207505.php#xtor=EPR-130

J'ai eu des Echos de la Trump de Fall up qui doigt attendre pour se dégager la voie le déclin du thon ?

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Re: Politique de comptoir

Message par Iamsosure le Mar 1 Nov 2016 - 19:17

Ajoutée le 12 oct. 2016
L'histoire, ce sont les événements passés. Mais c'est surtout le sens de l'histoire, un déroulé d'événements qui va quelque part, vers un progrès typiquement. Or ce progrès peut exiger des sacrifices, par exemple une homogénéisation forcée d'une population, une guerre préventive, un secret d'État. L'histoire (l'histoire longue), justifierait le mal, puisqu'il serait (peut-être) le seul moyen d'atteindre le bien, voire de sauver le peuple (Machiavel). Pourtant, si tout le monde réfléchit comme ça, on tombe dans le cercle vicieux du mal et de la vengeance. Il faut un idéal. Il faut une loi supra-étatique, une sorte de morale, pour avancer réellement. À moins que l'avancée ne se fasse, précisément, que par un mal qui nous ferait prendre conscience de l'idéal ?

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Re: Politique de comptoir

Message par Iamsosure le Mer 2 Nov 2016 - 16:09

LE CERCLE/POINT DE VUE - Un nombre marginal d'électeurs modifient leurs intentions de vote après un débat politique télévisé. Il est grand temps de donner une nouvelle jeunesse à cet exercice désuet.

À chaque campagne, les candidats n’attendent que le moment, supposé fatidique, des débats télévisés pour séduire des millions de téléspectateurs et se différencier de leurs adversaires. C'est le cas pour la présidentielle américaine, cela l'est aussi pour la primaire de la droite.
Les médias souhaitent, quant à eux, attirer la plus grande audience avec l’espoir de duels passionnants comme en 1974 entre Valérie Giscard d’Estaing et François Mitterrand, débat resté dans les annales grâce à la saillie du premier : «Vous n’avez pas le monopole du coeur».



Ainsi, les émissions de télévision se sont multipliées. Pourtant, si quelques bons mots ont traversé les décennies, la majorité des débats ne marque guère les esprits. D’ailleurs, comme le rappelle James Fallows, ancienne plume du président américain Jimmy Carter, aucune preuve tangible ne prouve qu’un débat ait changé le cours d’une élection aux États-Unis.
La question centrale est alors de savoir combien d’électeurs se fient véritablement aux débats politiques télévisés pour forger leurs opinions. Mieux, combien modifient leur vote et décident de soutenir un candidat différent à l’issue d’une telle joute oratoire ? Difficile à dire, mais certainement une minorité.

Débats de fin de campagne

Tout d’abord, nous sommes naturellement victimes de ce que la psychologie nomme le biais cognitif de confirmation. Nous avons en effet tendance à privilégier toutes les informations qui confirment nos convictions et qui vont dans le sens de nos idées reçues. À l’inverse, les arguments contraires à nos opinions seront minimisés, voire ignorés. La raison ? La réalisation de nos attentes nous apporte de la satisfaction alors que se tromper a un coût psychologique non négligeable, celui de se remettre en question et de changer d’avis.
Lire aussi :
> «L'Emission politique» avec Juppé : France 2 crée la polémique 
[url=http://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/0211395465126-le-bon-score-du-debat-sur-la-primaire-a-droite-relance-les-espoirs-des-chaines-2035222.php?tcRC2qt1m3LgKAkw.99]> Le bon score du débat sur la primaire à droite relance les espoirs des chaînes
[/url]
Par ailleurs, les débats ne sont pas répartis tout au long des campagnes électorales, ils sont concentrés à la fin de celles-ci, au moment où la plupart des électeurs ont déjà fait leur choix de manière quasi définitive. Enfin, les formats actuels ont tendance à lisser les opinions, les débatteurs souhaitant au maximum éviter l’affrontement et ne pas prendre de risque. L’exemple parfait est celui de la tempête médiatique qui secoue aujourd’hui Hillary Clinton outre-Atlantique, bien plus vindicative et avec des attaques bien plus tranchées de la part de Donald Trump que lorsque le sujet fut abordé lors des trois récents débats télévisés entre les deux candidats.

Démocratie athénienne 2.0

L’enjeu est ainsi de réinventer les débats politiques télévisés, qui n’ont finalement que très peu évolué depuis 50 ans. Pour cela, les nouvelles technologies, aujourd’hui utilisées à la marge, pourraient permettre de faire des téléspectateurs des co-participants du débat, rendant ce dernier bien plus interactif. Les réseaux sociaux autorisent en effet des retours en temps réel et donnent la possibilité au modérateur d’orienter le débat selon les préoccupations exprimées.
Parmi les expériences tentées à l’international, au Royaume-Uni, CNN a invité 130 citoyens, sélectionnés selon les critères de représentativité de la population, pour épauler la modératrice Christiane Aman à mener un débat entre des candidats en lice pour les élections générales du Parlement britannique. Munis de tablettes, ils pouvaient exprimer leurs opinions en temps réel sur les propos tenus, en répondant à des questions qui s’affichaient sur leur écran.
Les résultats alors apparaissaient en direct sous forme de smileys visibles aux yeux de tous, rapprochant ce débat d’une discussion proche de celles que les Athéniens pratiquaient sur l’Agora. La puissance démocratique antique remise au goût du jour grâce à la technologie !
Adrien Rivierre est spécialiste de la prise de parole en public 
@Adrien_RIVIERRE 

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-162109-mais-a-quoi-servent-les-debats-politiques-televises-2039450.php?gahhOe3oDw4QywFr.99#xtor=EPR-3038-%5Bnl_ideesdebats%5D-20161102-%5BProv_%5D-1980648%402

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Re: Politique de comptoir

Message par Iamsosure le Jeu 3 Nov 2016 - 19:40

[size=38]L’avènement de la médiocrité, ou, le triomphe des médiocres[/size]
13/10/2016BECHIR HOUMAN
Stupides, débiles, cons, bêtes ou tout simplement médiocres, ils sont partout nous ne pouvons pas les manquer ou s’en échapper.
Nous les voyons devant nous dans la file au supermarché. Nous les retrouvons dans le monde politique ou médiatiques. Ils envahissent nos petits écrans dans débats ou des émissions où paradoxalement ils nous prennent pour des cons.
Peut-être aussi les croisons-nous au bureau, à l’école ou pire, dans notre famille élargie.
Peut-être aussi en sommes-nous atteints ? Nous sommes tellement habitués à la médiocrité que nous finissons par l’accepter comme étant l’état naturel des choses.
L’heure est peut-être arrivée d’accepter que notre crise est plus qu’économique, qu’elle va au-delà de ces politiques, de la convoitise des banquiers.
Il faut admettre que nous sommes devenu un pays médiocre.
Aucun pays n’atteint une telle condition du jour au lendemain. Ni en trois ou quatre ans.
C’est le résultat d’une chaîne qui commence à l’école et se termine dans la classe dirigeante.
Nous avons créé une culture dans laquelle les médiocres sont les élèves les plus populaires au collège, les premiers à être promus dans une entreprise, ceux qui se font le plus entendre dans les médias de communication, et ceux pour qui nous votons lors des élections, peu importe ce qu’ils font. Parce qu’ils sont des nôtres.
Leurs talents, presque tous réduits au sport, nous servent pour nier l’évidence.
Médiocre est un pays où ses habitants passent en moyenne 134 minutes par jour devant un téléviseur qui montre principalement de la merde.
Médiocre est un pays qui dans toute l’Histoire de sa démocratie n’a pas donné un seul président qui parle anglais ou qui ait les connaissances minimums sur la politique internationale…
Médiocre est un pays qui a réformé son système éducatif tant de fois en trois décennies jusqu’à placer ses étudiants en bas de la liste du monde développé.
Médiocre est un pays qui n’a pas une seule université parmi les 150 meilleures du monde et force ses meilleurs chercheurs à s’exiler pour survivre.
Médiocre est un pays avec un quart de sa population au chômage…
Est médiocre un pays où la réussite de l’autre provoque le recèle, où la créativité est marginalisée (quand elle n’est pas volée en toute impunité), et où l’indépendance est sanctionnée.
Un pays qui a fait de la médiocrité la grande aspiration nationale, poursuivie sans complexes, par des hommes politiques qui s’insultent sans apporter d’idées, par des patrons qui s’entourent de médiocres pour dissimuler leur propre médiocrité et par des étudiants qui ridiculisent le camarade qui s’acharne.
Médiocre est un pays qui a été développé en célébrant le triomphe des médiocres, mettant de côté l’excellence jusqu’à ne lui laisser que deux options : s’en aller ou se laisser submerger par l’imparable marée grise de la médiocrité.
———-
Source : Parce que la comparaison est permise avec la situation de l’Espagne en 2012, je me suis permis de vous traduire ci-haut des extraits d’un billet écrit par David Jiménez,  journaliste et correspondant pour El Mundo publié sur son blog en 2012 sous le titre : El triunfo de los mediocres 
https://batinote.wordpress.com/2016/10/13/lavenement-de-la-mediocrite-ou-le-triomphe-des-mediocres/

-----------------------------------------------------------------------------------------------

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Re: Politique de comptoir

Message par cyel le Jeu 3 Nov 2016 - 19:44

Dans la même veine , un extrait de « La médiocratie » de Alain Deneault :

http://www.contretemps.eu/a-lire-un-extrait-de-la-mediocratie-de-alain-deneault-2/

cyel
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Re: Politique de comptoir

Message par Iamsosure le Jeu 3 Nov 2016 - 19:51

cyel a écrit:Dans la même veine , un extrait de « La médiocratie » de Alain Deneault :

http://www.contretemps.eu/a-lire-un-extrait-de-la-mediocratie-de-alain-deneault-2/

Merci, ça me fait de la matière à penser sinon je bute contre le collage, le comptoir de mon P.M.U. Smile (de plus la, venue du Cyel  Wink) c'est la comm'uniste ?  cat


Et qu'en penses tu ?

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CONTRETEMPS
REVUE DE CRITIQUE COMMUNISTE





A lire : un extrait de « La médiocratie » de Alain Deneault
Alain Deneault 27 octobre 2015 A lire : un extrait de « La médiocratie » de Alain Deneault2016-08-29T12:57:57+00:00Théorie





Alain Deneault, La Médiocratie, Montréal, Lux éditeur. 20 octobre 2015,  224 pages, 15 €.
 
Rangez ces ouvrages compliqués, les livres comptables feront l’affaire. Ne soyez ni fier, ni spirituel, ni même à l’aise, vous risqueriez de paraître arrogant. Atténuez vos passions, elles font peur. Surtout, aucune « bonne idée », la déchiqueteuse en est pleine. Ce regard perçant qui inquiète, dilatez-le, et décontractez vos lèvres – il faut penser mou et le montrer, parler de son moi en le réduisant à peu de chose : on doit pouvoir vous caser. Les temps ont changé. Il n’y a eu aucune prise de la Bastille, rien de comparable à l’incendie du Reichstag, et l’Aurore n’a encore tiré aucun coup de feu. Pourtant, l’assaut a bel et bien été lancé et couronné de succès : les médiocres ont pris le pouvoir.
La principale compétence d’un médiocre ? Reconnaître un autre médiocre. Ensemble, ils organiseront des grattages de dos et des renvois d’ascenseur pour rendre puissant un clan qui va s’agrandissant, puisqu’ils auront tôt fait d’y attirer leurs semblables. L’important n’est pas tant d’éviter la bêtise que de la parer des images du pouvoir. « Si la bêtise ne ressemblait pas à s’y méprendre au progrès, au talent, à l’espoir ou au perfectionnement, personne ne voudrait être bête », remarquait Robert Musil. Se satisfaire de dissimuler ses carences par une attitude normale, se réclamer du pragmatisme, mais n’être jamais las de perfectionnement, car la médiocratie ne souffre ni les incapables ni les incompétents. Il faut pouvoir faire fonctionner le logiciel, remplir un formulaire sans rechigner, reprendre naturellement à son compte l’expression « hauts standards de qualité en gouvernance de sociétés dans le respect des valeurs d’excellence » et dire bonjour opportunément aux bonnes personnes. Mais, surtout, sans plus.
« Médiocrité » est en français le substantif désignant ce qui est moyen, tout comme « supériorité » et « infériorité » font état de ce qui est supérieur et inférieur. Il n’y a pas de « moyenneté ». Mais la médiocrité désigne le stade moyen en acte plus que la moyenne. Et la médiocratie est conséquemment ce stade moyen hissé au rang d’autorité. Elle fonde un ordre dans lequel la moyenne n’est plus une élaboration abstraite permettant de concevoir synthétiquement un état des choses, mais une norme impérieuse qu’il s’agit d’incarner. Se dire libre dans un tel régime ne sera qu’une façon d’en manifester l’efficace.
La division et l’industrialisation du travail – manuel comme intellectuel – ont largement contribué à l’avènement du pouvoir médiocre. Le perfectionnement de chaque tâche utile à un tout qui échappe à tous a contribué à rendre « experts » des sans-dessein pérorant en flux tendus sur des tronçons de vérité, et à réduire à des exécutants des travailleurs pour qui l’« activité vitale n’est rien sinon que l’unique moyen de subsistance ». Karl Marx l’avait relevé dès 1849, le capital, en réduisant le travail à une force, puis à une unité de mesure abstraite, et enfin à son coût (le salaire correspondant à ce qu’il en faut pour que l’ouvrier régénère sa force), a rendu les travailleurs insensibles à la chose même du travail. Progressivement, ce sont les métiers qui se perdent. On peut confectionner des repas à la chaîne sans même être capable de se faire à manger chez soi, énoncer à des clients par téléphone des directives auxquelles on ne comprend rien soi-même, vendre des livres et journaux qu’on ne lit pour sa part jamais… La fierté du travail bien fait disparaît par conséquent. Marx précise en 1857, dans son Introduction générale à la critique de l’économie politique, que « l’indifférence à l’égard du travail particulier correspond à une forme de société dans laquelle les individus passent avec facilité d’un travail à un autre, et dans laquelle le genre déterminé du travail leur paraît fortuit et par conséquent indifférent. Les moyens d’arriver à ses fi ns deviennent, dans un tel régime, uniformes. Le travail est alors devenu, non seulement en tant que catégorie, mais dans sa réalité même, un moyen de produire la richesse en général ». Ce « moyen » que s’est donné le capital pour croître, c’est ce travail dévitalisé qui passe également aux yeux du travailleur pour un « unique moyen de subsistance ». Patrons et travailleurs s’entendent au moins là-dessus : le métier est devenu un emploi et lui-même passe unanimement pour « moyen ». Ce n’est là ni un jeu de mots ni une simple coïncidence lexicale, le travail devient un simple « moyen » le jour où on le calibre sous la forme d’un apport strictement « moyen ». La conformité d’un acte à son mode moyen, lorsqu’obligée et universelle, confi ne toute une société à la trivialité. Le moyen renvoie étymologiquement au milieu, notamment celui de la profession comme lieu du compromis, voire de la compromission, où nulle œuvre n’advient. Cela se révèle insidieux, car le médiocre ne chôme pas, il sait travailler dur. Il en faut des efforts, en effet, pour réaliser une émission de télévision à grand déploiement, remplir une demande de subvention de recherche auprès d’une instance subventionnaire, concevoir des petits pots de yaourt à l’allure aérodynamique ou organiser le contenu rituel d’une rencontre ministérielle avec une délégation d’homologues. Ne se donne pas les moyens qui veut. La perfection technique sera même indispensable pour masquer l’inénarrable paresse intellectuelle qui est en jeu dans autant de professions de foi conformistes. Et cet engagement exigeant dans un travail qui n’est jamais le sien et dans des pensées qui restent toujours commandées fait perdre de vue leur peu d’envergure.
En la matière, on n’arrête pas le progrès. Jadis, le médiocre se trouvait décrit en situation minoritaire. Pour Jean de la Bruyère, il était surtout un être vil qui tirait son épingle du jeu grâce à sa connaissance des ragots et des intrigues en vigueur chez les puissants. « Celse est d’un rang médiocre, mais des grands le souffrent ; il n’est pas savant, il a relation avec des savants ; il a peu de mérite, mais il connaît des gens qui en ont beaucoup ; il n’est pas habile, mais il a une langue qui peut servir de truchement, et des pieds qui peuvent le porter d’un lieu à un autre. » Devenus dominants, les Celse du monde n’auront personne d’autre à imiter qu’eux-mêmes. Le pouvoir, ils le conquièrent progressivement et presque à leur insu. À force de chapeautage, de passe-droits, de complaisance et de collusion, ils coiffent les institutions. Chaque génération aura dénoncé le phénomène en tant qu’il s’amplifie, témoins les carnets du poète Louis Bouilhet cités par son ami Gustave Flaubert : « Ô médiocratie fétide, poésie utilitaire, littérature de pions, bavardages esthétiques, vomissements économiques, produits scrofuleux d’une nation épuisée, je vous exècre de toutes les puissances de mon âme ! Vous n’êtes pas la gangrène, vous êtes l’atrophie ! Vous n’êtes pas le phlegmon rouge et chaud des époques fiévreuses, mais l’abcès froid aux bords pâles, qui descend, comme d’une source, de quelque carie profonde ! » Mais ce sont encore des impostures et infatuations que l’on dénonce, c’est une volonté impuissante à faire grand que l’on démasque. Pas encore un système qui se satisfait du peu et qui prescrit rigoureusement cette satisfaction. Laurence J. Peter et Raymond Hull témoigneront parmi les premiers de ce devenir médiocre à l’échelle de tout un système. Leur thèse développée dans les années d’après-guerre est d’une netteté implacable : les processus systémiques encouragent l’ascension aux postes de pouvoir des acteurs moyennement compétents, écartant à leurs marges les « super compétents » tout comme les parfaits incompétents. Un exemple frappant : dans une institution d’enseignement, on ne voudra pas de la professionnelle qui ne sait pas respecter un horaire et qui ignore tout de sa matière, mais on n’endurera pas davantage la rebelle qui modifiera en profondeur le protocole d’enseignement pour faire passer la classe d’étudiants en difficulté au stade des meilleurs de toute l’école. Le principal reproche qu’on fera à l’intéressée, signalent les auteurs du Principe de Peter, sera certes de déroger aux modalités formelles d’enseignement, mais surtout de susciter « une grave anxiété chez l’enseignant qui, l’année suivante, hériterait d’élèves ayant déjà fait le programme ». On a ainsi créé l’être de « l’analphabète secondaire », selon l’expression d’Hans Magnus Enzensberger, celui que les institutions d’enseignement et de recherche produisent en masse. Ce nouveau sujet, formé sur mesure, se fait fort d’une connaissance utile qui n’enseigne toutefois pas à remettre en cause ses fondements idéologiques. « Il se considère comme informé, sait déchiffrer modes d’emploi, pictogrammes et chèques, et le milieu dans lequel il se meut le protège, comme une cloison étanche, de tout désaveu de sa conscience », résume l’écrivain allemand dans son essai Médiocrité et folie. Le savant médiocre ne pense jamais par lui-même, il délègue son pouvoir de pensée à des instances qui lui dictent ses stratégies aux fi ns d’avancement professionnel. L’autocensure est de rigueur pour autant qu’il sait la présenter comme une preuve de roublardise.
Depuis, cette tendance à l’exclusion des non-médiocres se voit confirmée régulièrement, mais on le fait aujourd’hui en prenant le parti de la médiocrité. Des psychologues trouvant toute leur place dans des écoles de commerce inversent les rapports de valeur en présentant les formes singulières de compétence comme un surcroît de « maîtrise de soi ». Principale auteure de « The Burden of Responsibility: Interpersonal Costs of High Self-Control » (Le fardeau de la responsabilité : les coûts interpersonnels d’un excès d’autocontrôle), Christy Zhou Koval de la Duke University’s Fuqua School of Business présente les travailleuses et travailleurs qui se trou vent exigeants envers eux-mêmes comme des sujets quasi responsables du fait qu’on fi nit par abuser d’eux. Il leur revient d’apprendre à restreindre leur activité à un cadre étroit. Leur propension au travail bien fait et au sens large des responsabilités passe désormais pour un problème. Ils dérogent ainsi à leurs objectifs « personnels », soit leur carrière telle que la paramètrent leurs institutions de tutelle.
La médiocratie désigne donc l’ordre médiocre érigé en modèle. En ce sens, le logicien russe Alexandre Zinoviev a décrit les aspects généraux du régime soviétique en des termes qui le font ressembler à nos démocraties libérales. « C’est le plus médiocre qui s’en tire » et « c’est la médiocrité qui paie », constate le personnage du barbouilleur dans Les hauteurs béantes, le roman satirique qu’il a fait paraître clandestinement en 1976. Ses théorèmes : « Je parle de la médiocrité, comme d’une moyenne générale. Et il ne s’agit pas du succès dans le travail, mais du succès social. Ce sont des choses bien différentes. […] Si un établissement se met à fonctionner mieux que les autres, il attire fatalement l’attention. S’il est officiellement confirmé dans ce rôle, il ne met pas longtemps à devenir un trompe-l’œil ou un modèle expérimental-pilote, qui fi nit à son tour par dégénérer en trompe-l’œil expérimental moyen. » S’ensuit une imitation du travail qui produit une illusion de résultat. La feinte accède au rang de valeur en soi. La médiocratie amène ainsi chacun à subordonner toute délibération à des modèles arbitraires que des autorités promeuvent. Les symptômes aujourd’hui : tel politique expliquant à ses électeurs qu’ils doivent se soumettre aux actionnaires de Wall Street ; telle professeure jugeant « trop théorique et trop scientifique » le travail d’un étudiant excédant les prémisses soulevées dans un « PowerPoint », telle productrice de cinéma insistant pour qu’une célébrité brille dans un documentaire dans lequel elle n’a rien à faire ou encore tel expert débitant sur l’irréfléchie croissance économique afin de se positionner du côté de la « rationalité ». Zinoviev voyait déjà en cela, à son heure, un psychopouvoir dressant les esprits : « L’imitation du travail se contente seulement d’un semblant de résultat, plus exactement d’une possibilité de justifier le temps dépensé ; la vérification et le jugement des résultats sont faits par des personnes qui participent à l’imitation, qui sont liées à elle, qui sont intéressées à sa perpétuation. » Les participants à ce pouvoir affichent un rictus complice. Se croyant les plus malins, ils se satisfont d’adages tels que : il faut jouer le jeu. Ici, le jeu – expression floue s’il en est et en cela convenant à la pensée médiocre – en appelle tantôt à se plier de manière obséquieuse à des règles établies aux seules fi ns d’un positionnement de choix sur l’échiquier social, tantôt à se jouer complaisamment de ces règles dans des collusions multiples qui pervertissent l’intégrité d’un processus, tout en maintenant sauves les apparences. Cette expression naïve étaie la bonne conscience d’acteurs frauduleux. C’est sous le signe de ce mot d’ordre tout sourire que des sociétés pharmaceutiques s’assurent que l’on guérisse à grands frais des cancers de la prostate pourtant voués à ne se développer de manière alarmante que le jour où ceux qui en sont atteints auront 130 ans. C’est sous couvert de « jouer le jeu » que des médecins font subir des interventions dans leur secteur à des patients qui n’en ont nul besoin, puisqu’à chaque prestation, n’est-ce pas, tombe la rétribution prévue par les conventions. C’est aussi tout en clins d’œil que des agents du fisc outillés pour contrer des grands fraudeurs économiques vont préférer s’acharner sur la serveuse aux pourboires non déclarés, que les policiers mettront fi n à des enquêtes sitôt que les filatures mènent aux proches du premier ministre, que les journalistes reprendront les termes tendancieux des communiqués de presse que publient les puissants afin de demeurer dans les courants aveugles de mouvements historiques qu’ils ne conçoivent pas. C’est aussi en soumettant à d’intimidants rites initiatiques la recrue du professorat universitaire qu’on fera valoir à ses yeux la prédominance des logiques du marché sur les principes fondateurs d’institutions publiques qu’il s’agit de détourner. Le jeu, c’est transformer les soutiens étatiques à la gestion de garderies à domicile en l’objet d’un véritable business qui n’a cure du sort des enfants. C’est, dans une entreprise, faire suivre un atelier aux nouveaux venus pour leur apprendre ensemble à se tromper mutuellement dans le cadre de leurs relations informelles. C’est jouer sur les ressorts intimes d’un employé en lui disant : « Votre identité est un actif et cet actif nous appartient. » Collectivement, « jouer le jeu » comme jouer à la roulette russe, jouer son va-tout, jouer sa vie, comme si ça ne comptait pas. C’est badin, c’est drôle, c’est pas pour de vrai, on joue, c’est seulement un vaste simulacre qui nous engloutit dans son rire pervers. Ce jeu auquel il faudrait jouer passe toujours, entre deux clins d’œil, pour un manège que l’on dénonce un peu, mais sous l’autorité duquel on se place tout de même. Pourtant, on se garde bien d’en expliciter les règles générales, car ces règles mêlées à leur conjoncture se confondent inexorablement à des stratégies particulières, le plus souvent personnelles, et arbitraires, pour ne pas dire abusives. C’est le règne de la duplicité et de la triche érigé en jeu tacite dans l’esprit de qui se croit habile, au détriment de ceux que celui-ci relègue au rang d’imbéciles. « Jouer le jeu », contrairement à ce que l’expression laisse penser (pour mieux s’abuser soi-même), consiste à ne se soumettre à rien d’étranger à la loi de l’avidité. Il s’agit d’une représentation qui inverse le rapport à l’opportunisme, en le faisant passer pour une nécessité sociale étrangère à soi. L’« expert », auquel se confond aujourd’hui la majorité des universitaires, s’érige bien entendu comme la figure centrale de la médiocratie. Sa pensée n’est jamais tout à fait la sienne, mais celle d’un ordre de raisonnement qui, bien qu’incarné par lui, est mû par des intérêts particuliers. L’expert s’emploie alors à en transfigurer les propositions idéologiques et les sophismes en objets de savoir apparemment purs – cela caractérise sa fonction. Voilà pourquoi on ne peut attendre de lui aucune proposition forte ou originale. Surtout, et c’est ce que lui reproche par-dessus tout Edward Saïd dans les Reith Lectures de la BBC en 1993, ce sophiste contemporain, rétribué pour penser d’une façon certaine, n’est porté par aucune curiosité d’amateur – autrement dit, il n’aime pas ce dont il parle, mais agit dans un cadre strictement fonctionnaliste. « La menace qui pèse le plus lourd sur l’intellectuel de nos jours, en Occident comme sur le reste du monde, ce n’est ni l’université, ni le développement des banlieues, ni l’esprit affreusement commercial du journalisme et de l’édition, mais plutôt une attitude à part entière que j’appellerais le professionnalisme. » La professionnalisation se présente socialement à la manière d’un contrat tacite entre, d’une part, les différents producteurs de savoirs et de discours, et, d’autre part, les détenteurs de capitaux. Les premiers fournissent et formatent sans aucun engagement spirituel les données pratiques ou théoriques dont les seconds ont besoin pour se légitimer. Saïd reconnaît conséquemment chez l’expert les traits distinctifs des médiocres : « faire “comme il faut” selon les règles d’un comportement correct – sans remous ni scandale, dans le cadre des limites admises, en se rendant “vendable” et pardessus tout présentable, apolitique, inexposé et “objectif” ». Le médiocre devient dès lors pour le pouvoir l’être-moyen, celui par lequel il arrive à transmettre ses ordres et à imposer plus fermement son ordre.
Ce fait social mène fatalement la pensée publique à un point de conformisme qui se présente sans surprise comme le milieu, le centre, le moment moyen érigé en programme politique. Il se fait l’objet d’une représentation électorale porté par un vaste parti transversal n’ayant à offrir au public pour toute distinction qu’un ensemble de fétiches que Freud désignait par les termes de « petites différences ». Les symboles plus que les fondements sont en cause dans cette apparence de discorde. Il faut voir comment, dans les milieux de pouvoir, comme les parlements, les palais de justice, les institutions financières, les ministères, les salles de presse ou les laboratoires, des expressions telles que « mesures équilibrées », « juste milieu » ou « compromis » se sont érigées en notions fétiches. Tellement, qu’on n’est plus à même de concevoir quelles positions éloignées de ce centre peuvent encore exister pour qu’on participe, justement, à cette proverbiale mise en équilibre. N’existe socialement d’emblée que la pensée à son stade pré-équilibré. Si sa gestation la prépare déjà dans les paramètres de la moyenne, c’est que l’esprit est structurellement neutralisé par une série de mots centristes, dont celui de « gouvernance », le plus insignifiant d’entre tous, est l’emblème. Ce régime est en réalité dur et mortifère, mais l’extrémisme dont il fait preuve se dissimule sous les parures de la modération, faisant oublier que l’extrémisme a moins à voir avec les limites du spectre politique gauche-droite qu’avec l’intolérance dont on fait preuve à l’endroit de tout ce qui n’est pas soi. N’ont ainsi droit de cité que la fadeur, le gris, l’évidence irréfléchie, le normatif et la reproduction. Sous les auspices de la médiocratie, les poètes se pendent aux confins de leur désarroi appartemental, les scientifiques de passion élaborent des réponses à des questionnements que nul n’entretient, les industriels de génie construisent des temples imaginaires tandis que les grands politiques soliloquent dans des sous-sols d’église. C’est l’ordre politique de l’extrême centre. Ses politiques ne correspondent pas tant à un endroit spécifique de l’axe politique gauche-droite qu’à la suppression de cet axe au profit d’une seule approche prétendant au vrai et à la nécessité logique. On habillera ensuite la manœuvre de mots creux – pis, ce pouvoir usera pour se dire de termes qui précisément trahissent ce qu’il tient en horreur : l’innovation, la participation, le mérite et l’engagement. Puis on évincera les esprits qui ne participent pas à la duplicité, et ce, bien entendu, de manière médiocre, par le déni, le reniement et le ressentiment. Cette violence symbolique est éprouvée.
La médiocratie nous incite de toute part à sommeiller dans la pensée, à considérer comme inévitable ce qui se révèle inacceptable et comme nécessaire ce qui est révoltant. Elle nous idiotifie. Que nous pensions le monde en fonction de variables moyennes est tout à fait compréhensible, que des êtres puissent ressembler à tout point de vue à ces figures moyennes va de soi, qu’il y ait une injonction sourde ordonnant à tous d’incarner à l’identique cette figure moyenne est, par contre, une chose que d’aucuns ne sauraient admettre. Le terme « médiocratie » a perdu le sens de jadis, où il désignait le pouvoir des classes moyennes. Il ne désigne pas tant la domination des médiocres que l’état de domination exercé par les modalités médiocres elles-mêmes, les inscrivant au rang de monnaie du sens et parfois même de clé de survie, au point de soumettre à ses mots creux ceux et celles qui aspirent à mieux et osent prétendre à leur souveraineté.
[…]
 
Perdre l’esprit
La pensée se fait médiocre lorsque ses chercheurs ne se soucient pas de rendre spirituellement pertinentes les propositions qu’ils élaborent. Un autre penseur allemand du début du xxe siècle, Georg Simmel, prédisait un destin tragique aux chercheurs persistant dans cette attitude. C’est comme si, dans son embrigadement économique, la pensée traduisait dans sa pratique les tares de sa propre institution. Il lui faut produire coûte que coûte de la connaissance, peu importe l’écho qu’elle a dans le monde. C’est la théorie qui tend elle-même à devenir inflationniste. L’essai Le concept et la tragédie de la culture témoigne d’un impératif de production tel que l’esprit n’arrive plus à suivre, à se reconnaître, à se dire. La machine s’emballe et ne produit de valeur que pour satisfaire un productivisme d’appareil qui n’a plus rien à voir avec l’acte singulier de penser. D’abord parce que surabondent les éléments objectifs par lesquels la pensée se médiatise, à savoir les livres, les rapports, les œuvres qui elles-mêmes sont composées de théories, de concepts, de données factuelles. Il y a tant à considérer que l’esprit se découvre encombré dans le chemin qui doit le mener à élaborer à son tour une œuvre. Embourbé dans cette marée de productions scientifiques, il risque à son tour de ne rien faire de mieux que d’ajouter au lot un élément supplémentaire qui viendra à son tour accentuer le phénomène. On s’éloigne alors considérablement du processus de connaître, à savoir découvrir sa conscience et ce dont son esprit est capable dans « le bonheur que toute œuvre, grande ou minime, procure à son créateur ». Celui-ci « comporte toujours – outre la libération des tensions internes, la démonstration de la force subjective et le contentement d’avoir rempli une exigence – vraisemblablement quelque satisfaction objective, du simple fait que cette œuvre existe et que l’univers des objets précieux à quelque titre est désormais plus riche de cette pièce-là ». Le processus d’inspiration hégélienne que Simmel traduit n’est plus envisageable. Désormais, la cour est pleine, et engorgée la voie vers la réalisation de la pensée. Le productivisme et son processus d’accumulation en ont eu raison. La multiplication galopante des références obstrue l’esprit dans son travail d’assimilation lente et intime. La médiocrité s’installe alors. Tétanisé devant la montagne de références qui le précède et face à l’infinie petitesse de la question qu’on lui propose de creuser, le chercheur perd l’esprit. Il ne semble plus y avoir de sens à accomplir une œuvre supplémentaire dans le corpus de la culture en méditant ce que les anciens ont réalisé avant soi. Apparaissent plutôt en hordes des gratte-papier se satisfaisant de produire à leur tour du savoir en série, sans se soucier du sens profond que pourrait représenter leur démarche. Un philologue patenté, donné en exemple par Simmel, produira ainsi de la connaissance, massivement et sans perspective aucune.
« La technique philologique par exemple s’est développée d’un côté jusqu’à atteindre une liberté insurpassable et une perfection méthodologique, mais de l’autre, le nombre des objets dont l’étude représente un intérêt véritable pour la culture intellectuelle ne s’accroît pas à la même cadence, ainsi les efforts de la philologie se muent en micrologie, en pédantisme et en travail sur l’inessentiel – comme une méthode qui tourne à vide, une norme objective continuant de fonctionner sur une voie indépendante qui ne rencontre plus celle de la culture comme accomplissement de la vie. Dans beaucoup de domaines scientifiques s’engendre ainsi ce que l’on peut appeler le savoir superflu […]. Cette offre immense de forces jouissant également de faveurs de l’économie, toutes bien disposées, souvent même douées, pour la production intellectuelle, a conduit à l’auto-valorisation de n’importe quel travail scientifique dont la valeur, précisément, relève souvent d’une simple convention, même d’une conjuration de la caste des savants.  
La recherche entre alors dans une phase tragique. Plus les institutions produisent, plus il semble impossible d’assimiler cette production aux fins d’une contribution sensée, et ainsi de suite. La production culturelle quitte alors les gonds subjectifs pour se soumettre aux impératifs autonomes de la recherche institutionnalisée.

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