Epuisement et crise de la quarantaine

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Jeu 26 Nov 2015 - 19:27

Impossible de ralentir... impossible... impossible...

Pression d'enfer de tous côtés.
"Faudrait apprendre à être plus endurants !"

COMMENT ILS FONT ?? COMMENT VOUS FAITES ??

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Pieyre le Jeu 26 Nov 2015 - 20:00

Ne sais-tu pas comment nous faisons ? Nous avons moins d'exigences. Aussi nous renonçons souvent à donner le meilleur de nous-mêmes, le réservant pour des combats différés parfois indéfiniment. C'est difficile à vivre aussi, parce que l'on se déçoit, mais cela attente moins à notre santé. Et puis, d'une façon plus positive, cet écart que l'on établit entre notre devoir et sa mise en œuvre nous donne parfois une latitude inespérée en terme de temps ou d'énergie, dans la perspective de s'y remettre, ou pas... Cela ne veut pas dire que nous en faisons autant que ceux qui se donnent à fond, mais au moins que nous nous sentons plus efficaces qu'eux quand nous nous y mettons


Dernière édition par Pieyre le Jeu 26 Nov 2015 - 22:29, édité 1 fois (Raison : un mot manquant)

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Jeu 26 Nov 2015 - 20:01

Personnellement j'ai arrêté de courir partout et de m'oublier. J'ai gardé ce qui était nécessaire et foutu le reste à la porte. Je vis bien mieux comme ça. J'arrête de me coller un programme de dingue tous les weekends, un truc max par jour, j'ai commencé par ralentir ma marche à pied, sortir les épaules, au tout début du grand chambardement, il y a 1 an et demie.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Jeu 26 Nov 2015 - 21:59

Pieyre a écrit:Ne sais-tu pas comment nous faisons ? Nous avons moins d'exigences. Aussi nous renonçons souvent à donner le meilleur de nous-mêmes, le réservant pour des combats différés parfois indéfiniment. C'est difficile à vivre aussi, parce que l'on se déçoit, mais cela attente moins à notre santé. Et puis, d'une façon plus positive, cet écart que l'on établit entre notre devoir et sa mise en œuvre nous donne parfois une latitude inespérée en terme de temps ou d'énergie, dans la perspective de s'y remettre, ou pas... Cela ne veut pas dire que nous en faisons autant que ceux qui se donnent à fond, mais au moins que nous sentons plus efficaces qu'eux quand nous nous y mettons

Je n'arrive pas à m'y résoudre. Je me rappelle de vieux topics, d'il y a quelques années, qui demandaient pourquoi avec les hautes valeurs et la haute capacité à démêler la complexité du monde qu'ils revendiquent, les Z ne prenaient pas leurs responsabilités pour améliorer le monde (ce qu'on pourrait rapporter aussi à la prétention de certains d'être "une espèce à part", voire "l'avenir de l'humanité, l'homme en évolution", excusez du peu). Quelqu'un avait souligné que les Z étaient souvent velléitaires. Pleins d'idées mais plus rarement capables d'agir, pour plein de raisons (tétanisés par le foisonnement de conséquences possibles, ne sachant quand passer de la pensée à l'action, que sais-je). Je l'ai tant été que je n'ai plus envie de ressembler à ça. Prôner quelque chose, ou sentir (à tort ou à raison, je ne suis pas plus omniscient qu'un autre) que ce serait bien, et ne pas (me) l'appliquer, ne pas m'engager, ne pas agir conformément à mes discours... ça m'arrive sans doute bien plus souvent même que je ne crois, mais ça me met mal à l'aise et je tente d'y mettre bon ordre. Du coup, penser implique d'agir et penser beaucoup... d'agir beaucoup.
Il ne s'agit pas que de se décevoir. Il s'agit de lutter pour éviter que le monde ne sombre dans quelque chose que je ne veux pas vivre. Evidemment que ce n'est pas moi qui vais y remédier tout seul, mais si ce naufrage est évité, ce sera parce qu'on aura été assez nombreux à nous y opposer. Alors même que chacun de nous aura été totalement insignifiant. Un grain de sable n'est rien, mais la dune existe.

Ce n'est pas nous qui avons des exigences mais le monde, la situation...

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Christelle le Jeu 26 Nov 2015 - 22:38

Fusain a écrit:Impossible de ralentir... impossible... impossible...

Pression d'enfer de tous côtés.
"Faudrait apprendre à être plus endurants !"

COMMENT ILS FONT ?? COMMENT VOUS FAITES ??

Si on ralentit le rythme par choix, alors ça n'est pas trop compliqué de le faire. L'objectif devient "vivre mieux" ou "être mieux" et on fait ce qu'il faut pour l'atteindre.
Mais souvent, on n'est pas capable de faire ce choix sereinement, on est incapable de ralentir de soi-même et c'est lorsqu'un fusible fond, ou encore lorsque la machine se met en panne généralisée que le ralentissement s'impose de l'extérieur : je parle de burn-out (puisque tu l'as évoqué, fusain) ou parfois d'une maladie, d'un accident, qui nous impose le ralentissement.

Dans mon cas, quand j'ai dû ralentir, les choix à faire ont fini par s'imposer alors qu'avant je considérais ces choix-là comme des options impossibles à suivre, parce que trop faciles.

Bref avant de ralentir, ce qui fait peur c'est la peur du vide : on a peur de se retrouver face à soi-même, et on croit que se retrouver face à soi-même sera une épreuve bien plus compliquée à affronter que le rythme de vie qu'on s'impose.

Là est la question que je veux te poser (mais par contre la ou les réponses, tu peux les garder pour toi) : pourquoi as-tu peur de ralentir ?


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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Jeu 26 Nov 2015 - 22:59

Ce n'est pas tant "peur de ralentir" que "ne pas oser dire non", ce n'est pas exactement pareil.
Peur de ruminer "j'aurais pu faire ça, je suis nul", peur de ne rien avoir à répondre à ceux qui me feront remarquer que j'en fais moins pour aller mieux et que c'est de l'égoïsme pur et simple.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 27 Nov 2015 - 10:22

Mais ma colère vient surtout de ma résistance physique incroyablement faible au travail. Je suis physiquement épuisé, là, je ne vois bien: je dors debout, la tête me tourne. Or le premier cadre moyen venu, tout compris (son emploi, ses engagements, sa famille...) abat au bas mot 50% de plus de boulot que moi. Je suis totalement incapable de me concentrer sur des trucs sérieux plus de 10-12 heures dans une journée alors qu'à hauteur de 7h de sommeil par nuit en moyenne chez les Français, l'éveil dure 17 heures dont on peut considérer que 14 ou 15 sont consacrées à des formes de travail, fussent-elles domestiques.
Comment veux-tu que j'accepte ça ? Mais impossible de faire plus, de m'entraîner à faire plus, de "m'endurcir" comme tout le monde m'y invite.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par fleur_bleue le Ven 27 Nov 2015 - 11:09

Fusain, ces gens dont tu parles, ils n'existent pas! Ou ne forment qu'une minorité absolument minuscule en tout cas. Tu sais ce que font probablement 80% des gens? Ils font leur semaine de 35 ou peut-être au maximum 40h, ils rentrent chez eux, mangent et regardent la télé, éventuellement font du sport le week-end. Donc ils ne passent pas 10-12h par jour sur des "trucs sérieux". Et ceux qui le font (bosser 10-12h par jour), une fois rentrés, ils ne font plus grand-chose non plus.
Peut-être que par chez toi, tu connais beaucoup de gens comme ceux que tu décris. Moi, je n'en connais aucun. Pourtant, des gens qui bossent beaucoup, il y en a... Mais ils ne font que cela. Bosser et s'occuper un minimum de leurs enfants. Et c'est NORMAL. L'homme n'est pas fait pour carburer à fond pendant 17h, ni même 14. Je crois que ce que tu dois accepter, c'est cela, tout simplement - que c'est NORMAL d'être fatigué, c'est NORMAL d'avoir besoin de pauses, TOUT LE MONDE est comme cela. Et je suis quasi certaine que les gens qui t'invitent à "t'endurcir" en réalité ne font pas plus que toi. Peut-être qu'ils en font autant au travail et dans le bénévolat, mais dans ce cas ils ont une épouse à la maison qui s'occupe des tâches ménagères et de l'administratif, ou alors une femme de ménage ou autre... Tu voudrais être SURhumain et tu t'en veux de ne pas l'être - imagine quelqu'un qui viendrait te demander conseil parce qu'il n'arrive pas à suivre, est-ce que c'est ce que tu lui conseillerais, de devenir un surhomme?

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Christelle le Ven 27 Nov 2015 - 14:31

Peut-être dois-tu accepter le langage de ton corps (amusant : j'avais fait un lapsus, j'avais écrit le mot "cœur") qui te dit que tu te surmènes depuis trop longtemps déjà (puisque tu n'écoutes pas ton intellect ou tes émotions).

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 27 Nov 2015 - 14:46

Moi, je peux l'écouter, mais autour ?
En fin de matinée, j'ai craqué. Je suis rentré du bureau, posant à l'impromptu une récupération d'heures sup accumulées ces derniers jours.
Sauf qu'il y a conflit dans la boutique sur le fait que l'on puisse récupérer nos heures ou pas "en cette période de crise où il faut faire des sacrifices". n+1 est OK, n+2 tient par-derrière un autre discours, aucune consigne.
Du coup, je l'ai fait, je dormais debout, au sens propre. Mais ça va me retomber dessus: engueulades, sanction, mise en demeure de "me montrer plus résistant".

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Christelle le Ven 27 Nov 2015 - 15:17

Alors repose-toi, et laisse tomber l'ordi : une bonne sieste te fera du bien, relègue le reste à plus tard. Ronfle

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Fata Morgana le Ven 27 Nov 2015 - 15:19

Il n'y a pas une certaine "charité envers soi-même" à respecter ?

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Dim 29 Nov 2015 - 21:44

Si. Mais même si j'arrête de "faire", je ne peux pas m'empêcher "d'y penser".
Si vous arrivez à ne pas penser à l'actu politique, citoyenne, géopolitique, écologique, en ce moment, je suis curieux de savoir comment vous faites (je mets de côté le cas des misanthropes extrêmes qui vont répétant qu'ils regardent l'humanité souffrir et mourir en ricanant d'un air supérieur).
J'ai beau savoir que ça ne sert absolument à rien, je ne peux pas m'empêcher, ni d'y penser, ni de me tenir au courant en temps quasi réel (merci Twitter, une mauvaise nouvelle politique par seconde, dix insultes par minute, et l'impression d'avoir raté la 3e guerre mondiale dès que tu vas pisser).

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par zelle le Dim 29 Nov 2015 - 21:47

Fusain a écrit: (merci Twitter, une mauvaise nouvelle politique par seconde, dix insultes par minute, et l'impression d'avoir raté la 3e guerre mondiale dès que tu vas pisser).

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Fata Morgana le Dim 29 Nov 2015 - 21:50

Ma "technique" c'est «l'art». J'essaye de créer, des musiques mais ça pourrait être autre chose. Je me donne des petites missions, des petits projets que j'enchaine. Lentement - jamais du premier coup, mes pensées bavardes se recueillent sur d'autres sujets. Ça me recentre.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Pieyre le Dim 29 Nov 2015 - 22:14

Fusain, j'ai été calé comme ça à une actualité. Je dormais cinq heures par nuit, et sans réveil. La motivation était suffisante. Ce n'était pas l'actualité politique. C'était juste des téléchargements à effectuer tout de suite, sinon c'était mort. Et puis j'ai arrêté, parce que ça ne m'apportait pas tant que ça.
Par ailleurs j'ai un frère qui suit l'actualité de façon assez compulsive. Mais à quoi sert-il de lire un journal intégralement, et d'écouter quatre fois par jour les médias ? Désormais pour moi c'est une ou deux fois, certains jours aucune. Il y aura toujours les émissions hebdomadaires, les rediffusions, etc.
Ce que je veux dire, c'est que nous ne sommes pas dans un PC de crise, où c'est à nous de réagir. Nous pouvons nous permettre de différer, et même c'est peut-être mieux si l'on veut en juger avec un peu de distance.


Dernière édition par Pieyre le Dim 29 Nov 2015 - 22:38, édité 1 fois (Raison : orthographe)

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Dim 29 Nov 2015 - 22:23

Ce que je veux dire, c'est que nous ne sommes pas dans un PC de crise, où c'est à nous de réagir. Nous pouvons nous permettre de différer, et même c'est peut-être mieux si l'on veut en juger avec un peu de distance

Oui, certes, mais le problème, c'est la prise d'information. ça ne sert à rien, ou pas à grand-chose, de prendre les infos 4 fois par jour sur la même source. Par contre, si tu veux te faire une idée un tant soit peu juste d'un événement, tu as intérêt à rechercher l'info sur plusieurs canaux, y compris "officieux". Du coup, dès lors que tu t'impliques un tant soit peu dans la politique - en tenant un blog, en écrivant dans une petite revue, trucs du genre - tu es constamment obligé de prendre l'info sur ce qui se passe aujourd'hui tout en tâchant de digérer au mieux celle d'avant-hier pour la jauger avec recul en effet, mais avec les bonnes infos. Sinon, ce que tu rates, c'est peut-être une pièce essentielle du puzzle.
Ceci dit, je vais m'efforcer d'être moins sur Twitter. De toute façon, je n'ai pas le choix. Idéalement, je devrais être capable d'assimiler et digérer cette info avec le recul nécessaire. Mes forces et mes nerfs ne résistent pas.
Le défi sera de résister. C'est comme un match qu'on renoncerait de suivre en live au profit de l'attente du résultat le lendemain matin.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par fleur_bleue le Lun 30 Nov 2015 - 17:15

J'ai réfléchi à un truc, Fusain: se pourrait-il que ton vrai problème n'est pas tellement de ne pas savoir t'arrêter, mais qu'on te communique constamment que tu n'as pas le droit de le faire? Ce qui ressort de ce que tu écris, c'est que certes il y a une partie de la pression qui vient de toi-même, mais que l'essentiel vient de ton employeur et des personnes qui t'entourent. Et c'est pour ça qu'on a beau te donner des conseils sur comment ralentir la cadence, tu ne peux pas les mettre en œuvre parce que ce qui en dépend, c'est d'abord ta survie personnelle sur le court terme (maintien de ton emploi, etc.)... Bon, je dis ça, je n'ai malheureusement pas de solution au problème, parce que cela n'a pas l'air d'être quelque chose dont tu pourrais parler avec ton employeur pour leur dire qu'il vaut mieux que tu prennes des vacances une semaine de temps en temps plutôt que de faire un burnout et d'être arrêté pendant 6 mois. A mon avis, c'est pourtant ce qu'il faudrait faire.

Pour ce qui est de la prise d'information, le truc je crois est de cibler et de s'autoriser des moments de déconnexion totale. Le monde ne va pas s'écrouler dans l'immédiat, alors laisse-toi quelques heures pour souffler!

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Fata Morgana le Lun 30 Nov 2015 - 17:26

Hyperactif quoi...


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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Lun 30 Nov 2015 - 20:30

Il y a un faisceau de causes qui concourent à notre hyperactivité.

Il y a l'éducation que nous avons reçue l'un et l'autre qui prônaient l'engagement à tout crin, sans se préoccuper de soi-même.

Il y a l'absence d'enfant que, fatalement, on tente de compenser en étant sociaux et actifs, dans le "don", autrement. Parents de nos causes, quoi.

Il y a malgré tout, le fait que l'urgence écologique, ben c'est une vraie urgence. Et quand depuis tout petit on lit La Hulotte et qu'on s'émerveille de la beauté de la Nature, la voir disparaître à ce rythme est une souffrance profonde, quasi physique. Ils me font bien rire, les négationnistes du réchauffement et de la crise écologique de manière générale: moi, cela fait presque 20 ans que je fais de l'écologie de terrain, je peux dire que je vois, que je mesure les changements. Je fais partie de ceux qui sont déjà "là-dedans" depuis assez longtemps pour pouvoir constater des évolutions significatives rien que de leurs propres yeux, en plus de parfaitement savoir que les données sur la crise écologique ne sont pas pipeautées. Alors je repousse de toutes mes forces ce que je ne veux pas voir.

Et puis il y a que je ne sais rien faire d'autre que de l'écologie, que Madame ne sait rien faire d'autre qu'analyser et écrire des articles (éventuellement des livres mais pas d'éditeur pour l'heure), et donc que, de toute cette activité, ben nous espérons atteindre le point où ça nous permettra de gagner notre vie, tout en faisant la seule chose à laquelle nous sommes bons.

Voilà pourquoi aussi je suis si sensible à l'entourage pro.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Pieyre le Lun 30 Nov 2015 - 20:51

Je crois que c'est Jacqueline de Romilly (à moins que ce ne soit Germaine Tillion ?) qui racontait un jour dans un entretien sur France Culture qu'on l'avait éduquée avec le principe : « Tout pour les autres. » J'avais trouvé cela magnifique. C'était difficile à assumer, mais cela délivrait en même temps. Pourtant, que chacun pense d'abord à lui, n'est-ce pas tout de même souhaitable, y compris pour se soucier des autres ?

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par fleurblanche le Lun 30 Nov 2015 - 22:27

Pieyre a écrit:Je crois que c'est Jacqueline de Romilly (à moins que ce ne soit Germaine Tillion ?) qui racontait un jour dans un entretien sur France Culture qu'on l'avait éduquée avec le principe : « Tout pour les autres. » J'avais trouvé cela magnifique. C'était difficile à assumer, mais cela délivrait en même temps. Pourtant, que chacun pense d'abord à lui, n'est-ce pas tout de même souhaitable, y compris pour se soucier des autres ?

Pour pouvoir prendre soin des autres, il faut d'abord aller bien soi-même, être bien soi-même dans sa tête, et si possible dans son corps.

Parce qu'on peut faire semblant de l'oublier, ou réellement l'ignorer, mais l'on a soi-même des BESOINS physiques, émotionnels, etc. Et aussi, on a des LIMITES physiques, émotionnelles, etc.

Alors le "Tout pour les autres" en s'oubliant soi-même, ça peut marcher pour un temps, mais certainement pas pour toujours.

mais cela délivrait en même temps.
Je pense que ça finit par culpabiliser : par-exemple le jour où on est malade, on ne se sent pas délivré de ne pas pouvoir tenir ses engagements, on se sent plutôt coupable. Idem le jour où, comme n'importe quel être humain, on se sent mal dans sa peau.

Servir les autres, c'est bien, mais pour être efficace dans cette tâche, il faut d'abord prendre soin de soi-même, être à l'écoute de ses propres besoins.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mar 1 Déc 2015 - 0:05

Pieyre a écrit:Je crois que c'est Jacqueline de Romilly (à moins que ce ne soit Germaine Tillion ?) qui racontait un jour dans un entretien sur France Culture qu'on l'avait éduquée avec le principe : « Tout pour les autres. » J'avais trouvé cela magnifique. C'était difficile à assumer, mais cela délivrait en même temps. Pourtant, que chacun pense d'abord à lui, n'est-ce pas tout de même souhaitable, y compris pour se soucier des autres ?

Je ne crois pas que ça délivre. Parce que ça implique de violer ses limites physiques, de se faire souffrir, de souffrir aussi de ne plus donner autant que les autres réclament. Tu t'autodétruis tout simplement. Jacqueline de Romilly a vécu près de cent ans, autant dire qu'elle n'a pas dû appliquer réellement ce précepte. Sinon, elle serait morte à 60 ans maximum.

En revanche je ne crois pas qu'il soit bon ni même normal de systématiquement penser d'abord à soi. C'est le "d'abord" qui me gêne.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par fleur_bleue le Mar 1 Déc 2015 - 9:50

Pas forcément "d'abord" penser à soi, mais "aussi" penser à soi - suffisamment pour être capable de continuer, justement. Parce que vu l'importance de ton engagement, Fusain, le jour où tu craques complètement, ce ne sera pas quelques heures par jour de "perdues" pour cette cause, ce seront des mois voire des années. Le problème avec le burnout, c'est que 1) il faut beaucoup de temps pour s'en remettre, 2) pour ne pas rechuter, il faut complètement réorganiser sa vie... Donc boulot ou pas, urgence ou pas, il vaut mieux être en forme de manière plus constante plutôt que de t'épuiser. Imagine, si quelqu'un te disait: "Tu as le choix, Fusain: soit tu continues comme ça, et tu meurs dans 15 ans d'une crise cardiaque, soit tu ralentis et tu ne fais que 85% de ce que tu fais maintenant, mais en revanche, tu vivras encore 40 ans." Ne vaut-il pas mieux prendre la deuxième variante, qui à la fin te permettra de faire bien plus de choses?

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Pieyre le Mar 1 Déc 2015 - 10:52

Fleurblanche et Fusain, vous me faites douter. Je me demande si l'on a jamais imposé un précepte aussi absolu à un enfant. Alors, ce que j'avais trouvé admirable, c'était peut-être plutôt : « Les autres, premiers servis. »

Quand je dis qu'un précepte de ce genre est susceptible de délivrer, c'est qu'il permet d'éviter de se reprocher d'avoir choisi son intérêt plutôt que celui des autres, et même déjà d'avoir dû peser l'un et l'autre. Indépendamment du problème moral, c'est passer à l'action plutôt que penser en vain. C'est ainsi que je le vois, mais j'ai du mal à envisager de me mettre dans le rouge au-delà de certaines limites.

Mais penser d'abord à soi n'est tout de même pas pour moi à entendre de façon systématique. Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas une échelle unique des besoins sur laquelle on devrait placer son intérêt et celui des autres. Je peux considérer que mes besoins élémentaires sont premiers, notamment de me préserver, mais que mes aspirations m'orientent en premier lieu, et même uniquement en définitive, vers une idée de bien commun. C'est-à-dire que je pense d'abord à moi dans l'instant de l'intérêt matériel mais d'abord à autrui dans la durée de la réalisation commune.


Dernière édition par Pieyre le Mar 1 Déc 2015 - 15:33, édité 1 fois (Raison : un mot pour un autre)

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

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