Epuisement et crise de la quarantaine

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Message par Pieyre le Ven 6 Nov 2015 - 11:13

Je connais ce sentiment d'urgence et cette satisfaction apaisante d'avoir été efficace dans la journée. Mais je connais aussi la vertu de l'ennui, quand rien ne vient plus et que, malgré le temps perdu, nous sommes placés dans un autre état d'esprit que celui de l'exigence de produire. Une fois la phase de colère contre soi passée, nous nous trouvons plus ouvert à la rêverie et à la recherche de voies inédites, voire d'une cohérence plus grande de son existence...

Alors ne faudrait-il pas recentrer son activité, moins chercher à abattre du travail qu'à construire une œuvre ? Cela ne signifie pas se détourner d'occupations utiles et d'intérêts multiples mais les faire converger en deux ou trois projets qui nécessiteront d'y appliquer un temps long qu'on ne peut pas planifier comme un travail. En effet, une œuvre (que ce soit dans le domaine de l'art, de la science ou des bonnes œuvres) ne s'accomplit sans doute pas de façon linéaire et proportionnelle à l'effort que l'on y consacre. C'est fait d'enthousiasmes et de découragements, d'activité effrénée et d'inhibition. Ne faut-il pas en effet accepter de se confronter à ce qu'il y a de plus difficile pour obtenir de soi ce qu'on peut faire de mieux ? Et ce n'est pas l'effort le plus difficile...

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Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 11:27

Ben oui, mais je suis en plein dedans, et c'est pire que tout.
Mon travail et nos engagements bénévoles ont tous le même thème général. En tout cas, ils ont tous une cohérence. Et c'est une démarche qui habite toute notre existence. Le moins qu'un croyant puisse faire, du reste, c'est chercher à "unifier sa vie" comme disait Ignace. Mais c'est s'atteler à une oeuvre infinie, multidimensionnelle, ouverte, à tous les sens du terme, et en même temps englobant tout (ce qu'on vit), ce qui fait qu'on n'arrive plus trop à penser à autre chose. Chaque tâche, c'est un élément de cette oeuvre. Vois-la comme un bâtiment si tu veux, fait d'une infinité potentielle d'ailes enchevêtrées et fractales aussi. Du coup, on ne se change plus trop les idées. En outre, comme c'est un engagement, ben ce n'est pas comme un truc qu'on construit pour soi: on est sollicités...

Donc effectivement, on alterne des phases d'activité effrénée et des baisses de régime, non pas par inhibition d'ailleurs mais par épuisement. Et dès qu'on a rechargé la batterie à 20, 25%, on repart jusqu'à se retrouver dans le rouge et ainsi de suite.

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Message par Pieyre le Ven 6 Nov 2015 - 11:49

Bon, tu y es déjà en effet. Je me reconnais dans ce que tu dis, sinon de se mettre dans le rouge : ce n'est pas si fréquent chez moi. Peut-être s'agit-il alors d'une différence de tempérament plutôt que d'une conception du rôle qu'on pourrait avoir dans la vie. J'accepte d'avoir perdu des journées, et même des années; j'accepte d'avoir saboté à peu près tout ce que j'avais entrepris, en espérant que mes errements n'auront pourtant pas été vains. C'est un peu comme le pari de Pascal, à l'échelle de la réalisation dans le monde : je mise tout sur une réalisation incertaine mais qui est susceptible d'un accomplissement plus haut que ces réalisations partielles auxquelles j'ai dû renoncer.

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Message par fleur_bleue le Ven 6 Nov 2015 - 13:28

Tu parles d'un engagement pour la décroissance, Fusain, et pour une société plus juste - mais l'objectif de la décroissance n'est-il pas aussi de se recentrer sur l'essentiel? Une société plus juste, ne passe-t-elle pas aussi par un ralentissement du rythme de notre société? Avoir plus de temps pour les rapports humains, pour être avec les autres et avec soi-même, plutôt que de courir constamment.
Je ne crois pas que "les autres" ont à 30 ans ce que tu as à 40 ans. Ne soit-ce que parce que tu as quelque chose que beaucoup d'autres n'ont pas, un vrai objectif, un sens à ce que tu fais. Le cadre qui travaille 70h par semaine, à 40 ans, il ne s'occupe plus de sa famille, parce que sa femme a divorcé et déménagé avec les enfants à 200 km de lui, et ses engagements bénévoles se sont probablement réduits à 0 ou presque. Sinon pourquoi les associations ont-elles autant de mal à trouver des bénévoles et quand on y va, soit il y a des étudiants, soit des retraités? Parce que les autres ils n'ont pas le temps...
Je pense qu'il faut que tu apprennes que ralentir, ce n'est pas perdre ton temps. Que cela te rapprochera au contraire davantage de ce que tu cherches à atteindre, parce que je suis sûre que tu ne veux pas d'une société où les gens font des burn-out à répétition, non? Le travail doit être fini avant d'aller jouer, ok, mais imagine un enfant qu'on ne laisserait jamais aller jouer, quel genre d'humain deviendra-t-il? Puisque tu es chrétien, le concept du dimanche comme jour de repos doit te parler - te reposes-tu le dimanche? Vas-tu manger en famille, prier peut-être, en tout cas faire des choses qui pour une fois ne vont pas "produire"? Peut-être serait-ce un point de départ, pour justement apprendre à lâcher du lest. Tu fais passer ton engagement avant toi-même, sauf que ça finira par être contreproductif. Si tu fais un burn-out et que tu ne pourras plus rien faire pendant des années, ce sera pire que si tu ralentis maintenant et que tu continueras les prochaines 20 ou 30 ans à faire avancer ta cause...
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Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 14:02

Tu parles d'un engagement pour la décroissance, Fusain, et pour une société plus juste - mais l'objectif de la décroissance n'est-il pas aussi de se recentrer sur l'essentiel? Une société plus juste, ne passe-t-elle pas aussi par un ralentissement du rythme de notre société?

C'est sûr. Le problème, c'est le manque de temps. Je crains qu'il ne faille batailler ferme pendant quelque temps pour tâcher d'amortir un peu la catastrophe et préserver les chances de nouveau départ. Quand je vois que le monde a perdu 40% de ses animaux vertébrés en moins de 50 ans, je me dis qu'il est possible qu'avant même la fin de ma vie, le monde devienne impropre à porter de la vie complexe - car je ne considèrerai pas comme "vie" ce que nous vendent les super-optimistes du monde connecté de demain, à savoir un univers entièrement artificiel, urbanisé sur la totalité de la surface du globe, avec une atmosphère conditionnée, de la nourriture de synthèse, des plantations d'êtres génétiquement modifiées et le tout peuplé de transhumains évoluant vers toujours moins de chair et toujours plus de machine. Je veux que mes enfants puissent encore aller ramasser des châtaignes dans une vraie forêt avec des chances d'y entendre un Pic noir. Et ça, ce n'est pas du tout, mais alors pas du tout joué. Il y a un incendie à éteindre.

Mais c'est clairement un paradoxe remarquable que plus on s'engage dans ce genre de combat, plus on est inondé de sollicitations "vous serez à tel salon ? Comment ça, non ? Quoi ? Vous n'avez pas pris contact avec Tel groupe ? mais enfin, ce serait génial ! Dites, vous vous êtes exprimé là-dessus ? Je n'ai rien vu ! Oh, au fait, vous pourriez porter tel projet ? Ben enfin, je ne comprends pas, c'est bien ce que vous prônez, non ? Seriez-vous un donneur de leçons qui ne se bouge pas ?" On a même des fois du mal à faire accepter qu'on ne puisse pas assister à une conférence tel jour à Saint-Pantaléon-sur-Durolle étant donné qu'on est intervenant lors d'une autre conférence à Couiqueville-sur-Merdanson... "Ralentis, oui, mais à 700 à l'heure !"

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Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 14:24

Fusain a écrit:
C'est sûr. Le problème, c'est le manque de temps.

Hello Fusain,

Je ne crois pas que le problème soit le manque de temps.
Le problème ou plutôt la question est : "Maintenant que le constat est fait, as-tu envie de sortir de la plainte et, si oui, que souhaites-tu mettre en place pour y arriver ?"

Ton fil et tes posts me touchent beaucoup.
Tout cela a, pour moi, des airs de déjà vécu...
Je ne vais donc pas te parler de toi mais de moi, du haut de ma quinquattitude.
Non pas que je sois plus intéressante que la moyenne, mais partager mes propres réflexions et mes avancées du moment me semble plus judicieux pour t'aider à faire le point sur ce que tu recherches.

A chaque fois que je crois mes frustrations et ma colère revenues à leur plus bas niveau, une étincelle les propulse à des sommets jamais atteints.
Et moi avec !

Ça suffit !

* J'ai pris conscience de mon humanité et donc de ma finitude.
* Je décide de sortir de la plainte.
* J'essaie de me juger le moins possible.
* Je veille à échapper à la pression sociale sous toutes ces formes (pas simple pour une femme de mon âge dont le célibat est toujours suspect, malgré un mariage + divorce + deux enfants...).
* J'entre en résistance en réfléchissant à la trace que je veux laisser (est-il plus utile de contribuer à l'apaisement général de l'humanité ou de se laisser bouffer par le flot, moi, la primo-encartée terriblement déçue ?).
* Je réfléchis, depuis peu, au moyen d'échapper à la violence économique.
* Je commence, pour ce faire, par dématérialiser ma vie, en me délestant du maximum, pour ne plus garder que l'essentiel.
* J'ai considérablement réduit ma consommation.

Etc., etc.

En deux mots : je lâche prise.
Et je m'affirme.

Un conseil de lecture : "Voulons-nous vraiment l'égalité ? Patrick Savidan est directeur de l'observatoire des inégalités.
Visible également sur Youtube 13 minutes.
Patrick Savidan : « Voulons-nous vraiment l'égalité ?»
Un mot : acrasie.

Bon courage pour tout.

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Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 14:54

Pieyre a écrit:Je connais ce sentiment d'urgence et cette satisfaction apaisante d'avoir été efficace dans la journée. Mais je connais aussi la vertu de l'ennui, quand rien ne vient plus et que, malgré le temps perdu, nous sommes placés dans un autre état d'esprit que celui de l'exigence de produire. Une fois la phase de colère contre soi passée, nous nous trouvons plus ouvert à la rêverie et à la recherche de voies inédites, voire d'une cohérence plus grande de son existence...

toute machine a besoin de se reposer, de rassembler et de faire le point.; le sommeil sert aussi ou le repos à cela

pour ce qui est du détachement au monde et son rythme consumériste sans fin, il existe un bouquin sur l'éloge de la lenteur et quelques autres sur le même thème

http://www.funfou.com/penserie/eloge-lenteur.php

je pense que nous allons vers une démondialisation de masse avec repli sur les particularismes et le repli sur les clans , les quartiers, le "local" , le retour du balancier historique , un classique en Histoire , et après une surconsommation l'éloge du peu joue aussi

voir aussi

"L ART DE LA SIMPLICITE de Dominique Loreau (Auteur)"

http://www.funfou.com/penserie/artdelasimplicite.php









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Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 15:18

pour ce qui est du détachement au monde et son rythme consumériste sans fin, il existe un bouquin sur l'éloge de la lenteur et quelques autres sur le même thème

eloge-lenteur

Je l'ai lu. Il ne m'a pas plu du tout. Il expliquait surtout comment, en allant plus lentement, on pouvait être aussi productif. Je veux dire: il insistait si lourdement sur sa compatibilité avec le paradigme productiviste que j'en ai conclu que ce n'est pas lui qui allait m'en sortir.

je pense que nous allons vers une démondialisation de masse avec repli sur les particularismes et le repli sur les clans , les quartiers, le "local" , le retour du balancier historique , un classique en Histoire , et après une surconsommation l'éloge du peu joue aussi

Je pense aussi, et même, je l'espère. A tous points de vue, c'est préférable. C'est non seulement la condition pour arrêter de dépenser des térawatts d'énergie que nous n'aurons bientôt plus, du reste, mais aussi pour retomber à des structures de taille gouvernable, c'est-à-dire réellement sous contrôle de ceux qui les gouvernent en théorie. Ce qui est une condition non pas suffisante, mais nécessaire pour la démocratie.

* Je réfléchis, depuis peu, au moyen d'échapper à la violence économique.
* Je commence, pour ce faire, par dématérialiser ma vie, en me délestant du maximum, pour ne plus garder que l'essentiel.
* J'ai considérablement réduit ma consommation.

ça aussi, on est dedans, c'est l'évidence, mais il ne suffit pas de le faire soi-même, il faut le répandre, témoigner. Idéalement, on pourrait se reposer sur les conversions individuelles, mais ça ne suffit pas, ça ne va pas assez vite. C'est vrai que c'est très libérateur et que ça constitue un but en soi-pour soi. Mais ce n'est pas que pour nous qu'on le fait. C'est pour abaisser le niveau de violence économique subie par tous. Y compris ceux qui vont nous suivre.

Le problème de tout ce que tu dis, c'est que ça nécessite de me remettre au centre (ou plutôt ma santé au centre parce qu'il ne faut pas que je me leurre, mon ego se flatte de l'activisme aussi; je ne suis pas en train de vous faire croire que je me prends pour un pur saint altruiste). Et parmi les conséquences de ce que je lis comme une incapacité à me sentir adulte, il y a l'incapacité à croire qu'il puisse m'arriver un problème de santé vraiment sérieux. Pire que la dépression qui fait que pendant un an on peut à peine sortir de son lit, ça, j'ai déjà fait. Le truc vraiment grave. Je commence à me forcer à le faire (dire non, faire des pauses, etc) mais sans réelle conviction.

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Message par Lord Brett le Ven 6 Nov 2015 - 21:51

Fusain a écrit:
Moi aussi malgré que je faisais plein de choses, j'étais un véritable gamin, et quand tu à l'impression d'être très bon dans ce que tu fais, crois-moi qu'une fois que j'ai résolu tous mes soucis, je me suis rendu compte que je n'utilisais qu'une toute petite partie de mon potentiel rapport à ce que je suis capable de faire aujourd'hui.

Je crois avoir déjà passé cette étape-là. Je n'aurais pas imaginé, il y a dix ans, ce que je fais/où j'en suis aujourd'hui. Mais laissons ça. ça n'a pas d'importance. Je n'ai pas du tout le sentiment d'être en-deçà de mon potentiel. Donc peu importe où j'en suis vraiment par rapport à lui et je n'ai pas de temps à perdre à me poser, en plus, cette question: c'est comme la réussite, ce n'est pas l'angle sous lequel j'envisage ma vie. J'ai déjà dit plusieurs fois ce qui manquait le plus à mon existence, ce n'est pas une question de "potentiel". Etre actif, donner, transmettre: c'est ça le programme, c'est ça qui me rend heureux. Et si je me sens bien en faisant tout ça, quelle importance de me situer par rapport à un "potentiel" ? Quelqu'un viendra peut-être me dire que "si j'avais voulu, j'aurais fait/été ceci ou cela"... Et bien qu'il le pense. Moi, je ne le pense pas. Alors qu'est-ce que j'en ai à faire de ce que soi-disant j'aurais pu être mais que je n'ai jamais voulu être, ni souffert de ne pas être ?

Pour ce qui est de freiner, c'est une autre histoire. Un tourbillon...

Ok, je ne dirais qu' "un mot" rapport à mon potentiel pour lequel j'ai tellement donné, de temps, d'acharnement, d'efforts pour pouvoir le développer : ouverture d'esprit.
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Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 2:34

Fusain a écrit:
ça aussi, on est dedans, c'est l'évidence, mais il ne suffit pas de le faire soi-même, il faut le répandre, témoigner. Idéalement, on pourrait se reposer sur les conversions individuelles, mais ça ne suffit pas, ça ne va pas assez vite. C'est vrai que c'est très libérateur et que ça constitue un but en soi-pour soi. Mais ce n'est pas que pour nous qu'on le fait. C'est pour abaisser le niveau de violence économique subie par tous. Y compris ceux qui vont nous suivre.

Le problème de tout ce que tu dis, c'est que ça nécessite de me remettre au centre (ou plutôt ma santé au centre parce qu'il ne faut pas que je me leurre, mon ego se flatte de l'activisme aussi; je ne suis pas en train de vous faire croire que je me prends pour un pur saint altruiste). Et parmi les conséquences de ce que je lis comme une incapacité à me sentir adulte, il y a l'incapacité à croire qu'il puisse m'arriver un problème de santé vraiment sérieux. Pire que la dépression qui fait que pendant un an on peut à peine sortir de son lit, ça, j'ai déjà fait. Le truc vraiment grave. Je commence à me forcer à le faire (dire non, faire des pauses, etc) mais sans réelle conviction.

Bon, feignasse comme je suis, je pense t'avoir lu à contresens facepalm

L'urgence ? Normal ! Il y a urgence et ne pas s'engager peut être source de frustration (oui, répandre, témoigner, partager etc.)
Incapacité à se sentir adulte, parfois oui, parfois non, autre planète ? Normal = zèbre.
Incapacité à imaginer un PB de santé vraiment sérieux ? Normal, tu as 40 ans. C'est jeune 40 ans, en 2015.

Tu es très lucide sur ta situation.
Je n'y vois rien de particulièrement tordu 1. pour un zèbre, 2. de ton âge.

Si tu as déjà vécu un burn-out (un vrai, je veux dire hein...), c'est juste inconscient. Mais je ne t'apprends rien.

Fusain a écrit:Je commence à me forcer à le faire (dire non, faire des pauses, etc) mais sans réelle conviction.

Ben oui, mais là, je pense que personne ne peut t'aider...
Remettre ta santé au centre, oui. Pas le choix.
Mais c'est à toi de te motiver. Personne ne peut le faire à ta place.
Essayer de te convaincre serait totalement vain.

Je suis de plus en plus persuadée que l'activisme aussi, est vain.
Tu le dis toi-même : y a de l'ego là-dessous.

Pour moi, chacun de nous a besoin de faire ses expériences. Les conseils ne sont d'aucune utilité.
C'est un problème dans la vie, comme sur ce forum.

Ce sont les déceptions qui m'ont fait lâcher prise (ce que j'appelle le syndrome "tous des cons").
Et un peu mes 53 balais aussi... (héhé, finies les nuits blanches...).

Je te dirais : ne change rien, continue tout pareil.
Si tu ne changes pas, les événements et la vie te pousseront à le faire. pale

Qu'attends-tu, finalement, des échanges sur ce fil ?

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Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 11:18

Qu'attends-tu, finalement, des échanges sur ce fil ?

Déjà, savoir si d'autres sont passés par là, et ce qu'ils ont fait. C'est la première motivation de tous mes posts égocentrés (décrivant un phénomène qui me concerne): susciter des retours d'expérience.
Ensuite, lorsque j'en parle autour de moi, je reçois schématiquement deux types de réponse: des comme la tienne (et comme à peu près toutes celles d'ici) et d'autres qui me conseillent de m'endurcir et d'apprendre des méthodes pour travailler encore plus dur, plus fort, plus intensément en faisant en sorte de moins mal le vivre. J'ai même été convoqué par mon employeur qui voit très bien que j'ai une sale mine (bien que mon boulot soit irréprochable et parfaitement à jour, de son propre point de vue) et qui me reproche de ne "pas tout faire pour mieux gérer la pression et la charge de travail". En gros, il considère que je devrais faire du yoga, de la sophro etc... et que si je ne le fais pas et que ma santé se barre en sucette, il sera fondé à considérer que je suis en état de faute professionnelle, pour ne pas avoir fait - à mes frais et sur mon temps libre - ce qu'il considère comme de nature à mieux résister. Je me suis renseigné, il va de soi qu'il n'en a aucun droit, mais tu vois l'ambiance.

Donc déposer tout ça parce que je ne peux pas trop en parler ailleurs. Même ma femme ne peut guère m'aider, elle est aspie, elle bosse comme journaliste, elle est quasiment dans la même situation que moi d'où le passage fréquent du "je" au "nous" dans les posts...

Ce que j'en attends enfin ? Peut-être la voix décisive qui fera pencher la balance vers ce que je ne me résigne pas à faire: en faire moins. Renoncer à ce que je voudrais faire, à ce que je tiens à faire, à...

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Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 11:39

Fusain a écrit:J'ai même été convoqué par mon employeur qui voit très bien que j'ai une sale mine (bien que mon boulot soit irréprochable et parfaitement à jour, de son propre point de vue) et qui me reproche de ne "pas tout faire pour mieux gérer la pression et la charge de travail". En gros, il considère que je devrais faire du yoga, de la sophro etc... et que si je ne le fais pas et que ma santé se barre en sucette, il sera fondé à considérer que je suis en état de faute professionnelle, pour ne pas avoir fait - à mes frais et sur mon temps libre - ce qu'il considère comme de nature à mieux résister. Je me suis renseigné, il va de soi qu'il n'en a aucun droit, mais tu vois l'ambiance.

Cynique, en effet.


Fusain a écrit:Peut-être la voix décisive qui fera pencher la balance vers ce que je ne me résigne pas à faire: en faire moins. Renoncer à ce que je voudrais faire, à ce que je tiens à faire, à...

Pardonne-moi d'être cash : comme je le disais plus haut, je n'y crois pas une seule seconde.
La seule voix qui puisse être décisive est la tienne ainsi que tes expériences.

Pourrais-tu essayer de voir ce "moins" comme un "autrement" ?
Sans tomber dans l'extrême radicalement opposé ? (encore un truc de zèbre, ça, la radicalité  No ).

Ne pas "mettre ta santé au centre" (en gros ne pas osciller entre burn out et hygiénisme forcené), mais reconsidérer ta santé comme un facteur, un capital à gérer "aussi".
Peser sérieusement le pour et le contre en termes de pertes et de bénéfices.
Passer d'une vision à court terme à une vision à long terme ?
Introduire dans ta vie de la nuance ?

Cela te fait un challenge de plus.
Ça parle à un zèbre, ça, un challenge de plus, non ?  Very Happy  Very Happy  Very Happy

'fin... j'dis ça, j'dis rien !
J'ai déjà l'impression d'enchaîner les banalités et les évidences.

Bon courage, Fusain.

Fabuliotte

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Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 11:47

Pardonne-moi d'être cash : comme je le disais plus haut, je n'y crois pas une seule seconde.
La seule voix qui puisse être décisive est la tienne ainsi que tes expériences.

C'est beaucoup plus compliqué que ça. Bien sûr qu'à la fin la décision n'appartient qu'à moi. Mais à 39 ans, je sais ce que les inflexions décisives de ma vie doivent à des rencontres et aux réflexions qu'elles engendrent. Ce n'est pas parce qu'il y a un temps de maturation qu'il faut toujours s'imaginer qu'on a bâti de A à Z le processus qui nous mène, un jour, à changer. Nous ne vivons pas dans des bulles.

Cela te fait un challenge de plus.
Ça parle à un zèbre, ça, un challenge de plus, non ?

Déjà, quand on est en burn-out, un "truc de plus à gérer" sera toujours mal vu. Razz
Ensuite, ne prononce jamais devant moi (enfin, pour me les appliquer) des mots tels que challenge, défi, performance, succès, compétition et ses dérivés, réussite, gain. Pourquoi pas success story, business plan, carrière, achievement et winner, tant qu'on y est ? Laughing J'exècre, je vomis tout le verbiage productiviste et tout ce qui nous réduit à des concurrents obsédés de performance jusque dans la gestion du temps que nous mettons à préparer le café du matin.
Mais je taquine, évidemment (bien que ce que j'ai dit ci-dessus soit vrai), je vois l'idée, je transpose à un vocabulaire qui me convient mieux. Smile
Je te remercie pour tes réponses.

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Message par deen le Sam 7 Nov 2015 - 12:04

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Dernière édition par deen le Lun 9 Nov 2015 - 8:58, édité 1 fois

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Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 12:19

bravo pour ton engagement écologique, moi je suis marxiste, je pense qu'il faut soigner l'oppresseur de la planète, et l'oppresseur de la planète c'est l'Homme, et il l'oppresse parce qu'il est lui-même opprimé. Je pense qu'en remontant la chaîne des causes à effets on tombe invariablement sur le désir de domination, de verticalisation sociale, et que c'est ça le coeur de l'affaire. C'est basé sur de la structure psychologique individuelle et sociale qu'il faut faire muter, et sur un système politico-économique qu'il faut réformer - ça marchera ensemble.

Je sais bien. Il y a un paradigme technocratique productiviste, et capitaliste, à renverser dans les têtes et à tous les échelons politiques, qui lui sont actuellement entièrement soumis. Sinon, on ne fait que du rafistolage. Je suis toujours navré de voir que même dans les assos de protection de la nature, on n'arrive pas à assumer ce constat et que malgré nos échecs, on continue à faire semblant de croire qu'il est possible de "concilier"... Concilier la protection de ce qui est fragile et gratuit avec un système qui revendique le droit de tout dévorer à son profit exclusif !... Suspect

mais bon voilà, la question c'est de ne pas se tuer (au sens propre) à la tâche.

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Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 12:22

Acrasie...
Absence de volonté !

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Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 12:29

Tout dépend volonté de quoi.

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Message par deen le Sam 7 Nov 2015 - 12:32

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Dernière édition par deen le Lun 9 Nov 2015 - 8:59, édité 1 fois

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Message par 'C.Z. le Sam 7 Nov 2015 - 13:07

Il paraît que j'ai fait ma crise de la quarantaine en avance. Quoi qu'il en soit, la prise de conscience du chemin parcouru, de mes comportements et de mes motivations profondes me laisse aux pas qu'il est agréable de faire et je me suis encore foulée la cheville l'autre jour (au sens propre)... çpas facile de marcher ! d'être "en avant, calme et droit" tous les jours et d'accepter avec tendresse nos jours assis, nos écarts, nos chutes.

J'essaie d'apprendre à m'aimer en aimant ce que je fais, même quand je ne fais rien, c'est déjà pas mal.
Ça me fait penser à ce texte de Kalthu , tiens...
'C.Z.
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Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 14:46

deen a écrit:
Quelques tips alors : moi quand la bourrasque du no-futur se pointe, je fais le dos rond, je la laisse me terrasser, je n'essaie plus de lutter, et du coup ça n'excède jamais 72h,
...

time is by my side. Donner du temps à la dark side, lui faire de l'aïkido mental, la laisser porter son coup car on sait qu'alors on récupérera son énergie plutôt que de s'épuiser en défense, voilà ce que j'ai compris.

J'ai strictement la même pratique.
Me laisser submerger par les lames de fond, pour mieux passer à autre chose.


Fusain a écrit:Tout dépend volonté de quoi.

Hum... voici le point de bascule de ce fil.
Comme si tu éludais ton questionnement initial et les réponses que les uns et les autres y apportent... Sad

Est-ce que je me trompe ? Bisous



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Message par Christelle le Dim 8 Nov 2015 - 15:25

Fusain a écrit:
Qu'attends-tu, finalement, des échanges sur ce fil ?

Déjà, savoir si d'autres sont passés par là, et ce qu'ils ont fait. C'est la première motivation de tous mes posts égocentrés (décrivant un phénomène qui me concerne): susciter des retours d'expérience.
Ensuite, lorsque j'en parle autour de moi, je reçois schématiquement deux types de réponse: des comme la tienne (et comme à peu près toutes celles d'ici) et d'autres qui me conseillent de m'endurcir et d'apprendre des méthodes pour travailler encore plus dur, plus fort, plus intensément en faisant en sorte de moins mal le vivre. J'ai même été convoqué par mon employeur qui voit très bien que j'ai une sale mine (bien que mon boulot soit irréprochable et parfaitement à jour, de son propre point de vue) et qui me reproche de ne "pas tout faire pour mieux gérer la pression et la charge de travail". En gros, il considère que je devrais faire du yoga, de la sophro etc... et que si je ne le fais pas et que ma santé se barre en sucette, il sera fondé à considérer que je suis en état de faute professionnelle, pour ne pas avoir fait - à mes frais et sur mon temps libre - ce qu'il considère comme de nature à mieux résister. Je me suis renseigné, il va de soi qu'il n'en a aucun droit, mais tu vois l'ambiance.

Donc déposer tout ça parce que je ne peux pas trop en parler ailleurs. Même ma femme ne peut guère m'aider, elle est aspie, elle bosse comme journaliste, elle est quasiment dans la même situation que moi d'où le passage fréquent du "je" au "nous" dans les posts...

Ce que j'en attends enfin ? Peut-être la voix décisive qui fera pencher la balance vers ce que je ne me résigne pas à faire: en faire moins. Renoncer à ce que je voudrais faire, à ce que je tiens à faire, à...

Quand je te lis, Fusain, franchement ça me fait mal parce que ce que tu évoques c'est une période de ma vie qui n'est pas si lointaine. Je croulais sous les responsabilités, je multipliais les projets. Des années de somnifères et d'anxiolytiques, anti-dépresseurs parfois. Un état de surmenage qui a frisé le burn-out. Là, au bout d'un certain nombre d'années sans débotter, et parce que j'avais déjà essayé de faire des aménagements, il a fallu que je change d'approche. J'ai tout changé dans ma vie, sauf mes valeurs et mes enfants ! Et oui, voilà finalement ce qui était à la fois la valeur fondamentale et ce pourquoi je n'avais droit d'à des passages faibles sans pourtant m'effondrer sur le long terme : mes enfants. Sûr qu'ils ont participé à mon surmenage, mais qu'en même temps ils ont été mon cap. Si je claquais, ils allaient en subir les conséquences.

Il a fallu que je repasse tout à plat. J'ai examiné chacun de mes engagements, et j'ai fait un grand ménage par le vide. Ce n'était pas la première fois que je faisais ça dans ma vie, je pense que ça m'a aidé. Le nombre de choses que je considérais essentielles avant et qui sont passées à la trappe ... Attention, j'ai fait les choses proprement, j'ai quitté mes engagements en prenant le temps qu'il fallait.

Faire le tri entre l'essentiel et ce qui ne l'est pas ... c'est un premier point. "Parce que si ça ne va pas maintenant, c'est qu'il y a quelque chose qui ne me convient pas" et "C'est moi qui suis en possession de mes solutions, et personne d'autre".

Tu as de la chance avec cet employeur : je pense qu'il te donne une vue assez objective de ce que tu traverses, tu devrais l'écouter : il te met face à tes responsabilités : tu es en train de gâcher son outil de travail, c'est à dire toi-même !
Sophro, yoga, ou rando, ou collection d'allumettes, à toi de trouver tes recettes, ce qui te permet de te retrouver : pour moi au début ça a été un cocktail chaotique "fond de mon lit/Mozart" !
Effectivement ce qui complique ta tâche c'est que ta femme est dans une dynamique assez semblable à la tienne, il y a surement un effet d'entrainement entre vous deux.

Finalement, mes enfants sont toujours à mes côtés et j'ai pris d'autres engagements, qui sont différents mais qui sont toujours dans la même lignée, parce que moi je n'ai pas changé, j'ai juste transformé ce qui me faisait violence. Je suis beaucoup plus en accord avec moi-même.

Bon courage Fusain.

PS : ce que j'ai traversé, il y a un homme visionnaire qui l'a expliqué, il l'a appelé la désintégration positive. http://www.adulte-surdoue.org/2014/articles/traductions/la-theorie-de-la-desintegration-positive-dabrowski/ Mieux comprendre ce qui m'arrivait, ça aussi ça m'a aidée
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Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 15:35

Tu as de la chance avec cet employeur : je pense qu'il te donne une vue assez objective de ce que tu traverses, tu devrais l'écouter : il te met face à tes responsabilités : tu es en train de gâcher son outil de travail, c'est à dire toi-même !

Attention: lui, il ne me dit pas du tout de prendre soin de moi, mais de trouver des dispositifs qui me permettent de continuer à être aussi productif sans risquer de tomber en panne. Il veut que je me blinde pour être plus que jamais une machine à tomber du boulot. Rien de plus. Et il considère que je dois donc abandonner ce qui compte pour moi, dans ma vie, pour être davantage à son service. Justement, je ne suis pas son outil de travail. Je suis mon outil de travail que je lui loue 37 heures par semaine. Et en plus, pas bien cher. Sa demande, c'est de pouvoir légiférer sur ma vie privée pour qu'elle soit tout entière tournée vers une productivité maximale sous ses ordres. Et bien quoiqu'il en ait, je ne suis pas son esclave.

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Message par Christelle le Dim 8 Nov 2015 - 15:54

Ok, vu comme ça. Mais qu'elle que soit son intention de départ, bienveillante ou pas, prends sa mise en garde comme un signal à considérer, et fais-en ce que tu veux (un truc qui soit plutôt positif pour toi, alors.
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Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 16:17

à mes yeux la crise de la quarantaine n'est que le produit de, comment dire cela ?, d'une précipitation à vouloir réaliser sur un temps écourté tout ce que l'on n'a pas réalisé avant, sinon, si on a piqué toutes ces ses crises étapes en mode "cocotte", pas de cocotte.

ou aussi à vouloir ayant fait bilan d'âge ? puisque que tout le monde pour faire comme tout le monde veut la faire, se "burna outer" le cerveau et le programme qu'on veut se faire vite et réaliser avant le prochain point d'étape (qui si on l'a prévu et vécu en fonction n'aura pas lieu non plus en mode "cocotte"

ou alors sans arrières pensées, je trouve aussi que le titre porte très bien son nom pour les hommes, je vais réfléchir au même version féminines.

(pardon apparemment mon mot du jour est : oeuf Smile)

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Message par fleurblanche le Dim 8 Nov 2015 - 19:18

Fusain a écrit:
Qu'attends-tu, finalement, des échanges sur ce fil ?

Déjà, savoir si d'autres sont passés par là, et ce qu'ils ont fait. C'est la première motivation de tous mes posts égocentrés (décrivant un phénomène qui me concerne): susciter des retours d'expérience.

J'ai médité et fait sien ceci : "Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous le soleil..."

Le temps, c'est à nous-même de nous le donner. On a en nous la latitude de nous donner tout le temps que nous voulons.

Aussi un temps pour faire des enfants si l'on veut. Concernant la parentalité, j'ai appris que personne ne naît parent. On le devient. Et c'est un apprentissage pour tous. Beaucoup ont (eu) peur, mais un jour le désir d'être parent devient (est devenu) plus fort que la peur.

Il y a un temps pour penser à soi-même, loin de tous les engagements, et se reposer ou prendre soin de soi (Qui a instauré le 7ème jour pour que chacun puisse se reposer de ses œuvres ? Wink ). Parce que pour donner le meilleur de nous-mêmes, on a besoin d'être soi-même "bien dans sa peau".

Les "combats" dans lesquels tu es engagé ont existé avant toi, et continueront à exister après toi. Tu œuvres, d'autres œuvrent aussi. La tentation est grande de penser qu'on pourrait, avec notre engagement individuel et sacrificiel, résoudre une bonne fois pour toute tel ou tel problème. Alors qu'en réalité, c'est la somme des engagements de tous et à travers le temps qui changent les choses. Arrow On ne nous demande pas de ne plus vivre afin que soit réglés les problèmes.

S'aimer soi-même et prendre soin de soi, c'est un devoir à partir du moment où l'on considère la vie comme un don que l'on a reçu. La "personne" qui a investit en nous, attend de nous une bonne gestion de cet investissement.

Le temps de la vie d'une personne appartient à cette personne. A chaque personne de faire de ce temps l'usage le plus sage possible. Pour ne pas avoir de regrets au soir de sa vie.
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Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 19:36

Aussi un temps pour faire des enfants si l'on veut.

Ben on veut ! Je ne vais pas exposer les raisons pour lesquelles, selon la formule consacrée, l'enfant ne paraît pas. Mais on se sent, je me sens vraiment prêt (bon à 39 piges c'est normal). Prêt au sens où oui, c'est l'aventure dans laquelle je veux me lancer. Faire naître, faire grandir, être attentif, transmettre. Etre plus que deux, agrandir la famille, être plongé dans cette vie. On n'idéalise pas, hein: on est tout entourés de jeunes couples qui en ont 2, 3, 4... et qui disent aussi la fatigue, les difficultés, la course. Bien sûr que si on se lance dans tant de trucs, c'est aussi en réaction à ce vide. C'est vraiment la parentalité qui nous manque. Non pas pour "nous sentir adultes", encore moins nous conformer à quoi que ce soit. Non, vraiment parce que fonder, faire vivre et faire grandir une famille (à plus de 2... le couple sans enfants est une famille, mais bon tuwa) c'est ça, là, qu'on veut, là qu'on sent la vie nous appeler.

Et c'est une grande explication à tout ce qui ne va pas, je pense.

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Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 19:39

Fusain a écrit:

Et c'est une grande explication à tout ce qui ne va pas, je pense.

Pourrais tu continuer de développer à partir de là ?

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Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 19:56

Avoir et élever des enfants, les aimer, les faire grandir, mûrir, s'épanouir, leur transmettre un certain nombre de choses, c'est un grand projet, d'une certaine manière le projet par excellence eu égard à ce que nous avons envie de construire dans notre vie, dans ce monde. Je ne vais pas dire que tout ce que nous faisons à la place, c'est de l'ersatz, mais ce n'est pas entièrement faux. Je ne me fais aucun souci sur notre capacité à karcheriser notre agenda le jour où nous aurons des enfants. Nos bénévolats ne seront pas en concurrence avec eux.

En attendant, donc, nous faisons au mieux tout en sachant que ce n'est pas pleinement ce que nous voulons. Et ce que nous faisons, ça laisse ce vide, il manque cette vie autour de nous qu'est une famille. Et en plus, ça aspire. Comme a dit Christelle, quand on n'ose pas prendre soin de soi pour soi-même, on le fait pour ses enfants. Dans un bénévolat, nous ne sommes pas irremplaçables. Nous pouvons nous y donner jusqu'à nous y détruire, ce n'est pas grave pour lui si quelqu'un sort de l'ombre à notre place. Pour ses enfants, on est irremplaçable. Donc, on fait en sorte de rester là pour eux.

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Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 20:09

six s'if a écrit:
Fusain a écrit:

Et c'est une grande explication à tout ce qui ne va pas, je pense.

Pourrais tu continuer de développer à partir de là ?

Alors je n'ai pas compris dans ton développement 

ce qu'est la grande explication ?

quel est le tout ce qui ne va pas ?

d'où ma demande de développement pour ensuite continuer avec des idées de solution


Dernière édition par six s'if le Lun 9 Nov 2015 - 0:30, édité 1 fois

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Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 22:33

Oui, c'était une réponse à ta question.

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 0:36

six s'if a écrit:
six s'if a écrit:
Fusain a écrit:

Et c'est une grande explication à tout ce qui ne va pas, je pense.

Pourrais tu continuer de développer à partir de là ?

Alors je n'ai pas compris dans ton développement 

ce qu'est la grande explication ?

quel est le tout ce qui ne va pas ?

d'où ma demande de développement pour ensuite continuer avec des idées de solution

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 12:31

Ce qui ne va pas, c'est tout ce que j'ai pu raconter dans ce topic et en priorité le message initial.
L'explication présumée, c'est qu'on n'ait pas d'enfants.

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 12:47

Fusain,

Je n'arrive pas à me résoudre à cette explication, fut-elle présumée.
Cela étant écrit, chacun de ceux qui t'ont donné, ici, leur vision des choses, ne parlent d'abord que d'eux-mêmes.

Pour moi, vos problèmes sont liés à la pression sociale et à l'absence réelle de volonté que les choses changent.
La raison en est simple : il y a un prix à payer.

1. Accepter cet état de fait n'est pas simple (je veux dire accepter le seul fait qu'il y ait un prix à payer = risque financier, déplaire à certaines personnes par manque de disponibilité, changer tout simplement, se remettre en cause, s'affirmer autrement qu'en prenant des trains en marche, choisir vraiment sa vie, etc.).  Triste
2. Se faire confiance pour passer à l'action est encore une autre paire de manches...   Console

Le constat que tu as fait et les échanges qui ont lieu ici sont une première étape.  Bravo !
C'est intéressant.

J'aime beaucoup la référence de Christelle à Dabrowski.

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 13:44

C'est qu'il n'y a pas tout à changer.
Si tu savais le nombre de personnes qui m'ont répété que la solution, c'était de tout envoyer promener et de penser à nous, nous, nous, nous et encore nous.
Non, désolé, on n'a pas envie de ressembler à ça. On en serait malheureux à crever.
Mais c'est marrant comme, dès que tu parles bénévolat et engagement, on te répond que c'est juste par pression sociale et peur de déplaire que tu penses à autre chose qu'à ta gueule. Comme si c'était impensable d'être heureux en donnant. Que ça puisse être choisi. Que ça puisse ne pas être du conformisme, du meublage d'ennui ou de la "prise de train en marche".
Personne ne nous a demandé de le faire. Personne ne nous a mis la pression pour nous sentir concernés par ce par quoi on se sent concernés. On n'a même pas encore expérimenté de mauvaise réaction après avoir dit "Là, non".
Je ne vois pas ce qui te permet de prétendre qu'on ne choisisse pas vraiment notre vie ou qu'on "s'affirme seulement en prenant des trains en marche". C'est assez bizarre, quand même. J'écris sur tous les tons qu'on est très heureux du sens de notre vie, pour ce qu'on réussit à en faire, mais que la contrepartie, c'est qu'on s'épuise dans le sentiment d'urgence immaîtrisé, devant le manque de temps et d'énergie pour tout faire; que j'ai le sentiment d'avoir besoin de cinq vies pour bien faire ce que je suis en train de faire; et tu me parles de choisir vraiment, de désintégration, de pression sociale, comme si j'étais en train de dire "merde, j'ai fait une carrière que je n'ai pas choisie, je suis en train de gâcher ma vie, mais c'est trop tard". Ben non.

Il y a encore deux ans, on se sentait vraiment heureux. Et puis la machine s'est emballée, parce qu'il n'y avait pas de taquet à la course de l'accélérateur. Ce n'est pas une raison pour vouloir la désintégrer (sic).

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 13:57

Fusain a écrit:C'est qu'il n'y a pas tout à changer.
Si tu savais le nombre de personnes qui m'ont répété que la solution, c'était de tout envoyer promener et de penser à nous, nous, nous, nous et encore nous.
Non, désolé, on n'a pas envie de ressembler à ça. On en serait malheureux à crever.
Mais c'est marrant comme, dès que tu parles bénévolat et engagement, on te répond que c'est juste par pression sociale et peur de déplaire que tu penses à autre chose qu'à ta gueule. Comme si c'était impensable d'être heureux en donnant. Que ça puisse être choisi. Que ça puisse ne pas être du conformisme, du meublage d'ennui ou de la "prise de train en marche".
Personne ne nous a demandé de le faire. Personne ne nous a mis la pression pour nous sentir concernés par ce par quoi on se sent concernés. On n'a même pas encore expérimenté de mauvaise réaction après avoir dit "Là, non".

Il y a encore deux ans, on se sentait vraiment heureux. Et puis la machine s'est emballée, parce qu'il n'y avait pas de taquet à la course de l'accélérateur. Ce n'est pas une raison pour vouloir la désintégrer (sic).

Oulà... je n'ai pas dit cela du tout.
Par exemple, je ne dis pas du tout qu'il faille être radical (tout envoyer promener).
Je n'ai pas dit non plus qu'il fallait laisser tomber le bénévolat (mais le bénévolat est-il la seule forme d'engagement possible ?).
Et je n'ai pas dit que la solution était de ne penser qu'à sa gueule (n'être bénévole nulle part ne signifie pas ne penser qu'à sa gueule).
Le bénévolat chez moi, cela naît de convictions profondes, quant à l'engagement, il trouve son origine dans une histoire familiale caractéristique qui me fait plus que d'autres, notamment à mon âge, me sentir responsable de certaines choses (en l'occurrence parce que je suis "jeune", pour les choses en question ;-)

Prendre des trains en marche, pour moi, veut dire "me rallier à des mouvements existants".
C'est une chose.
S'affirmer, inventer sa vie, va beaucoup plus loin. C'est être créatif, initier des choses, oser se prendre pour modèle mais servir potentiellement de modèle à d'autres.
Peut-être suis-je dans l'illusion.

Quoi qu'il en soit, je ne suis vraiment pas dans le tout ou rien.
Vraiment pas.

Ce n'est pas le quoi qui est en cause, mais le comment.

Il y a incontestablement quelque chose à inventer.

Comme je le disais... chacun voit, malgré tout, midi à sa porte.
Et c'est de toi et toi seul que viendront les solutions...

Bon courage pour tout.

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 14:23

Prendre des trains en marche, pour moi, veut dire "me rallier à des mouvements existants".
C'est une chose.
S'affirmer, inventer sa vie, va beaucoup plus loin.

S'affirmer, ça ne fait pas un but de vie en soi. En tout cas, je n'éprouve absolument pas le besoin de davantage "m'affirmer". Mais alors vraiment pas. On participe, c'est un fait, à un certain nombre de "mouvements existants". Parce que construire, ça se fait mieux à plusieurs que tout seul. Mais dans pratiquement tous, et même dans les plus atypiques, on passe pour plus ou moins atypiques. Parfois c'est apprécié - voire, c'est pour ça que telle ou telle asso nous a proposé de la rejoindre - et parfois moins, et puis après ? Si tu ajoutes qu'il y en a un certain nombre pour lesquels on a été présents dès la création, tu vois que c'est assez différent comme démarche de se chercher en essayant d'aller de ci, de là.
Je ne sais pas si on peut proclamer comme ça que plus une vie est atypique, plus elle a des chances d'être "vraiment celle" de celui qui la vit, mais s'il y a une chose dont on est sûrs, qu'on se répète souvent et notamment dans les bons moments, c'est que c'est la nôtre. Qu'on est à notre place. Qu'on n'aurait jamais cru parcourir tout ce chemin, que personne ne nous y attendait, et peut-être même pas nous-mêmes. On n'est pas en train de faire je ne sais quel remplissage. Mieux: j'ai fait certaines choses, je les ai abandonnées pour d'autres, et c'est autant sans regrets que sans sentiment de temps perdu. Il y a eu un temps pour Cela, et désormais c'est le temps de Ceci, et sans doute Cela a préparé sans le savoir la venue de Ceci.
Le problème, je ne sais plus comment le dire, c'est de sentir manquer le temps et l'énergie pour continuer ce chemin aussi loin, aussi haut, sur des versants aussi vertigineux qu'il commence à nous mener, et ne pas savoir se résoudre à "moins". Est-ce qu'il faut que je le mette en une grosse police ? Non, je ne suis pas en crise de sens, d'identité, d'affirmation, de pas savoir être moi. On dirait que c'est impensable, qu'il faille absolument caser la réponse "sois toi, affirme-toi, vis ta vie et pas celle que les autres veulent que tu vives". Mais je suis moi, je n'ai pas besoin de m'affirmer plus et je vis ma vie et pas grand-monde ne voulait que je vive celle-là Laughing
Elle a "juste" tendance à dépasser mes forces.
Ma demande, c'est : comment faire pour la ramener à la bonne taille sans me sentir mal. Pas la changer pour je ne sais quoi qui ne me parle absolument pas.

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 15:09

Fusain a écrit:
S'affirmer, ça ne fait pas un but de vie en soi.
Absolument !

Fusain a écrit:
Parce que construire, ça se fait mieux à plusieurs que tout seul.
Je ne vois pas les choses comme ça.
Faire tout seul, pour moi, peut aussi aider à construire, mais autrement.
On peut aussi combiner les deux.

Fusain a écrit:c'est que c'est la nôtre. Qu'on est à notre place.
C'est essentiel de dire ça.

Fusain a écrit:
Le problème, je ne sais plus comment le dire, c'est de sentir manquer le temps et l'énergie pour continuer ce chemin aussi loin, aussi haut, sur des versants aussi vertigineux qu'il commence à nous mener, et ne pas savoir se résoudre à "moins". [...] Ma demande, c'est : comment faire pour la ramener à la bonne taille sans me sentir mal. Pas la changer pour je ne sais quoi qui ne me parle absolument pas.

J'espère ne pas sortir du cadre en partageant un truc tout con mais emblématique (de ma vie).
J'espère ne pas être à côté de la plaque...

Il m'est arrivé, à plusieurs reprises, de rester coincée sur des moments de vie, des questionnements xy, parfois jusqu'à l'obsession, et de débloquer ces moments de vie, de trouver des réponses, tout bêtement parce que quelqu'un d'autre m'a apporté une autre formulation.
Exemple (simpliste, mais pourtant totalement vrai) : pendant des années, je ne savais pas ce que signifiait "avoir confiance en soi", cette expression ne me parlait pas du tout !
Un jour j'ai lu ou entendu : "se faire confiance" et ça a changé ma vie.
C'est ce que j'appelle mes épiphanies.

J'enrage parce que je sens bien que tu (vous) êtes sur le point de réussir, de trouver votre solution... mais que la solution vous résiste, la peste !
A partir de là, je ne sais pas vraiment quoi te dire de plus.
Peut-être laisser mûrir, en fond d'écran, et la solution va finir par apparaître, comme une évidence (c'est cela que j'appelle lâcher prise) et non pas comme un échec ni comme un renoncement.

Voilà ce que je ressens, à la lecture de ton dernier post.

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Message par fleur_bleue le Lun 9 Nov 2015 - 15:34

Fusain, tu dis que tu ne supportes pas la logique productiviste - mais te rends-tu compte que ce que te dit ton chef, ça rentre exactement dans la même logique? On ne peut pas que produire des objets, mais aussi de "l'immatériel", c'est juste exactement la même chose (voire pire) que ce qu'on reproche à de nombreuses entreprises aujourd'hui. C'est pareil. Et si tu bossais dans n'importe quelle boîte juste pour payer tes factures, j'imagine que tu serais parti depuis longtemps; mais comme il s'agit d'un engagement fort pour toi, tu supportes des choses qui à mon avis sont horribles. Désolée de le dire comme ça, ce n'est pas pour être méchante ni pour t'inciter à laisser tomber ton emploi. Juste pour te faire un peu prendre conscience de ce que tu racontes. Et j'espère que m'excuseras si je suis un peu maladroite là-dedans...

Quand je disais que tu luttais pour une cause qui demande justement de ralentir, j'ai pensé à ce que tu dis sur ta vie. Que peut-être, inciter les gens à ralentir passe par le fait de le faire d'abord soi-même - montrer l'exemple, si tu veux. Tu dis que si tu avais un enfant, il n'y aurait aucun souci pour sabrer dans vos agendas pour avoir le temps de l'emmener chercher des châtaignes. Alors peut-être que pour ralentir dès maintenant, tu pourrais te poser la question: "si j'apprenais demain que ma femme est enceinte, qu'est-ce que je ferai sauter pour passer du temps avec elle et plus tard le bébé?" Faire des priorités comme ça, choisir une ou deux petites choses à laisser tomber en premier. Tu dis que dans le bénévolat, personne n'est irremplaçable. Bah voilà, si ce n'est pas toi qui vas à la conférence à machintruc, ce sera quelqu'un d'autre. Pourquoi ce serait à toi de tout faire? Tu donnes l'impression de vouloir sauver le monde tout seul, mais même si tu te tues à la tâche, tu n'y arriveras pas. C'est triste, je sais. Mais tu auras le temps de faire des choses, importantes même, et ton action sera probablement même plus décisive si tu recentres tes priorités pour aller à l'essentiel. Enfin, c'est l'impression que j'ai en tout cas.
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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 15:40

Fabuliotte >

Oui, j'entends. Mais là, quand je dis "ça ne me parle pas du tout", c'est surtout: je ne ressens pas du tout de manque.
Si je partais, là, dans une démarche du genre "ouah, je vais me lancer à construire une vie qui sera vraiment la mienne", ça serait idiot, parce que je l'ai. C'est un fait, établi aussi bien par ce qu'elle est, que par la manière dont je l'ai construite. Je reconstruirais donc soit peu ou prou la même chose soit quelque chose dont tout le monde m'aura dit "ouais c'est ça, c'est ça s'affirmer" (on m'a déjà fait le coup) mais qui, pour le coup, ne sera pas ma vie du tout. Juste une recette collection de poncifs.

Toute souffrance dans une vie, tout mal-être n'est pas nécessairement égal à "je ne sais plus où j'en suis, ni qui je suis, ni ce que je fais là". Et quand ce n'est pas du tout le cas, c'est une forme de violence de dire à l'autre "sois toi-même, invente ta vie au lieu de vivre la vie d'un autre". Qui sommes-nous pour décréter ainsi que l'autre n'est pas lui-même et ne vit pas sa vie, s'il n'a pas formulé de façon explicite des doutes sur le sujet ?

Le paradoxe, c'est qu'il est peut-être plus simple de tout changer quand on sait que tout est faux, que de se résoudre à freiner quand on sait que la direction est bonne mais la "vitesse" (l'intensité) trop grande pour nos talents de conducteur. Ah, si je n'avais pas déjà fait un burn-out... j'aurais peut-être la force de tout faire. Mais peut-être aussi que ce serait le meilleur moyen de le faire maintenant plutôt qu'il y a neuf ans.

fleur_bleue >

te rends-tu compte que ce que te dit ton chef, ça rentre exactement dans la même logique?

Mais bien sûr, et c'est pour ça que la première chose que j'ai faite, ç'a été d'aller vérifier sur un forum de droit du travail qu'il n'avait pas le droit d'exercer ce contrôle sur moi !
Sinon, ben oui, je sais, c'est ça... On a commencé à essayer, sinon j'aurais craqué il y a un mois, je pense... Mais l'essentiel est déjà plus vaste que ce à quoi nous pouvons répondre, sinon, ce serait simple.

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Message par fleur_bleue le Lun 9 Nov 2015 - 15:46

Si tu as commencé et que ça aide, mais que ce n'est pas encore ça, il faut peut-être aller encore un peu plus loin? "Commencer à essayer", c'est bien, "essayer", c'est mieux, mais la meilleure chose reste peut-être de "faire", non? Wink
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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 16:12

Oui. Mais en matière d'écologie, il ne suffit pas de "ne pas faire" pour ne pas "y penser".
Quand je vois que la Terre a perdu 40% de ses vertébrés en 45 ans, ben j'ai peur de vivre dans un monde vide de biodiversité, dans un monde de cauchemar, moi ou mes enfants. Difficile de ne pas y penser.

Et c'est vrai, ce n'est pas moi qui sauverai le monde. Mais on est dramatiquement peu nombreux. De sorte que bien à notre corps défendant, chacun est, sinon indispensable, du moins réellement important.

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 16:15

Fusain a écrit:Et quand ce n'est pas du tout le cas, c'est une forme de violence de dire à l'autre "sois toi-même, invente ta vie au lieu de vivre la vie d'un autre". Qui sommes-nous pour décréter ainsi que l'autre n'est pas lui-même et ne vit pas sa vie, s'il n'a pas formulé de façon explicite des doutes sur le sujet ?

J'ai l'impression que tu me comprends mal.
J'ai bien compris, je crois, ce qui t'occupe l'esprit.
Et je ne te dis pas "invente ta vie" mais "là, il y a quelque chose à inventer".
Ce n'est pas du tout la même chose pour moi.

Tu as ouvert ce fil. Tu y fais un constat. Ce constat, pour moi, est une plainte.
Tu constates : un "manque de temps pour tout faire aussi bien, la machine s'est emballée, mais c'est cette vie est la nôtre etc." (je résume, hein !).
Tu questionnes : "comment faire pour ne pas être dans le moins ?".

Je te réponds : "il faut sortir de la plainte" (donc imaginer des solutions) et "il y a quelque chose à inventer et c'est toi et ta femme qui allez inventer ce truc-là dont vous n'avez pas encore conscience".

Cela ne veut pas dire pour autant que je te dis que tu "vis la vie d'un autre".
Sans quoi cela voudrait dire que lorsque l'on est à sa place l'invention n'a plus de raison d'être ?
On peut tout à fait être à sa place, mais avoir envie / besoin d'inventer quelque chose de nouveau.
Je ne vois aucun paradoxe entre "être à sa place" et "pourtant inventer".


fleur_bleue a écrit:Si tu as commencé et que ça aide, mais que ce n'est pas encore ça, il faut peut-être aller encore un peu plus loin? "Commencer à essayer", c'est bien, "essayer", c'est mieux, mais la meilleure chose reste peut-être de "faire", non? Wink
Je rejoins fleur_bleue.
Et, désolée de radoter : sortir de la plainte pour agir, c'est une sacrée paire de manches !

Fusain a écrit:
Et c'est vrai, ce n'est pas moi qui sauverai le monde. Mais on est dramatiquement peu nombreux. De sorte que bien à notre corps défendant, chacun est, sinon indispensable, du moins réellement important.

C'est ça : tu enrages de l'absence (générale) de volonté.
Je renvoie donc, une nouvelle fois, à la lecture de Patrick Savidan.
zut, je ne peux pas poster de lien, mais je repasserai:
Il parle de l'injustice sociale, mais je pense que son constat est valable pour tout.

Ma boucle est bouclée. Tchao Tchao

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 16:27

e renvoie donc, une nouvelle fois, à la lecture de Patrick Savidan.

J'ai lu rapidement. ça renvoie à un thème développé aussi par PY Gomez dans "Le travail invisible".

J'ai l'impression que tu me comprends mal.
J'ai bien compris, je crois, ce qui t'occupe l'esprit.
Et je ne te dis pas "invente ta vie" mais "là, il y a quelque chose à inventer".
Ce n'est pas du tout la même chose pour moi.

Amen. Mais ça n'était pas très clair Smile et on m'a tant de fois jeté à la tronche les poncifs "si tu ne te sens pas bien, c'est que tu te plantes de vie, tu obéis juste à la pression sociale, sois toi-même, pense à ta gueule, comment ça tu veux pas ? tu veux pas t'en sortir donc", que... Bref !
Si je suis venu "me plaindre" ici, c'est parce que malgré pas mal de temps consacré à chercher comment ralentir et déconnecter en vérité, c'est-à-dire en pensée aussi et pas qu'en apparence, on n'y arrive pas (ou on ne se l'autorise pas, ou...)
Un enfant nous ouvrirait tant de portes en la matière, que la question cesserait de se poser. Mais on ne serait pas moins fatigués.
Ce qui est à inventer, ce serait déjà un vrai repos possible de temps en temps. La dernière journée dont je me souvienne qu'elle ait été faite de vraie détente, sans ruminations parasites, aura un an bientôt, c'était une journée à une foire agricole de la Saint Martin. C'est peu en un an, un jour de break mental. L'invention, c'est un sens au temps sans combattre. C'est ça qui ne vient pas.

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 16:42

Je viens de relire le fil et de me demander pourquoi je parlais de pression sociale.
Je pensais à la dépendance financière (avoir un travail pour recevoir de l'argent).
Il existe déjà des gens qui réfléchissent à l'idée de séparer les notions de travail et de recevoir de l'argent pour vivre.

Fusain a écrit:
Un enfant nous ouvrirait tant de portes en la matière, que la question cesserait de se poser.
Tu me fais peur en écrivant cela...
J'ai l'impression que tu lui fais porter déjà beaucoup de responsabilités à cet enfant, pas même conçu.


Fusain a écrit:
C'est ça qui ne vient pas.

Alors je vois deux choses : déjà, tu acceptes que l'idée de repos n'est pas forcément du "moins". C'est énorme !
Mais ce "ça ne vient pas" reste à retravailler, à positiver.

Regarde ce que tu écris quelques lignes plus haut
Fusain a écrit:on n'y arrive pas (ou on ne se l'autorise pas, ou...)


Dernière édition par Fabuliotte le Lun 9 Nov 2015 - 16:48, édité 1 fois

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Message par fleur_bleue le Lun 9 Nov 2015 - 16:47

Peut-être qu'une journée entière, c'est trop d'un coup? Peut-être faudrait-il prévoir des temps de détente plus courts. Si tu arrives à te déconnecter pendant 30 minutes par jour, c'est déjà beaucoup!
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Message par Onyx le Lun 9 Nov 2015 - 17:40

Fabuliotte a écrit:
   Fusain a écrit:

   Un enfant nous ouvrirait tant de portes en la matière, que la question cesserait de se poser.

Tu me fais peur en écrivant cela...
J'ai l'impression que tu lui fais porter déjà beaucoup de responsabilités à cet enfant, pas même conçu.

Ouïe Shocked  Ici j'ai tous les voyants et alarmes qui s'allument genre foire du Trône, voyez-vous. Fabuliotte a raison. On ne demande pas de telles choses à un enfant*

Je crois Fusain que toi et ta compagne vous êtes dans le surinvestissement. Que ce que vous faites soit important, qu'il faille continuer, ça ne fait aucun doute. Le problème, c'est le syndrôme de la mission. Avoir une mission ça n'existe pas, c'est même en général le résultat d'une escroquerie ou d'une manipulation.

Vous êtes possiblement manipulés par une partie de vous-même ou de votre passé, je ne vous connais pas bien, je ne sais pas ce que c'est. Pour moi le plus frappant dans ce fil c'est la gravité, le manque de distance... voire même de dérision.

En pratique:
- Faire les choses sérieusement mais ne pas les prendre trop au sérieux. Ultimement les actions humaines finissent toutes dans l'entropie, le magma et le recommencement. Chacun d'entre nous est un élément anecdotique de cette histoire
- Faire plus confiance, essayer de lâcher prise sur le perfectionnisme (je sais, c'est très dur) ça c'est pour se faire aider, avoir des lieutenants, s'autoriser à compter sur eux. Pour les actions en bénévolat.

Ta vie est trop courte et tu ne pourras pas tout faire, ça nous arrive à tous. Parfois aussi il faut s'arrêter à comprendre qu'on plante un arbre et qu'on ne le verra pas pousser. Mais ça nous donne quand même toutes les raisons de le faire.

Courage patience et apaisement :-)




*je sais parce qu'on me les a demandées; ça a juste un peu (beaucoup) contribué à me pourrir la vie.
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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 20:00

Tu me fais peur en écrivant cela...
J'ai l'impression que tu lui fais porter déjà beaucoup de responsabilités à cet enfant, pas même conçu.

Stop ! Je sais que c'est très zèbre d'accorder un crédit maximal à la lettre des mots, mais ici, remplacez tout de suite enfant par parentalité. Et ça changera tout. Nous ne sommes pas fous. Ce que je dis, c'est qu'il nous obligera à faire des choix qu'actuellement nous avons la "possibilité" de ne pas faire, et le tout, sans même culpabiliser.

Pour moi le plus frappant dans ce fil c'est la gravité, le manque de distance... voire même de dérision.

En même temps, je ne raconte pas ma vie sous tous ses angles. Si tu voyais mon compte Twitter, tu y verrais un bon tiers de calembours, de mèmes et compagnie. Y compris SUR ses sujets "sérieux". Mais là, ce n'est pas le lieu, c'est tout. Et puis, la dérision, c'est souvent une forme élégante de désespoir. Je n'ai pas envie de tourner ce que nous faisons en dérision, depuis que je me suis mis à le faire avec espérance. C'est peut-être un peu sérieux, l'espérance, mais c'est joyeux.

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 20:54

Fusain a écrit:Stop ! Je sais que c'est très zèbre d'accorder un crédit maximal à la lettre des mots, mais ici, remplacez tout de suite enfant par parentalité. Et ça changera tout.

Je sais pour ma part que c'est très zèbre de faire porter à la zébritude la moindre faute de virgule. Very Happy

Plus simplement : je ne te connais pas et ne te connaitrai jamais.
Ce fil est plutôt sérieux, je respecte cela. Le seul moyen que j'ai est donc de prendre tes mots au pied de la lettre, sous peine de voir l'échange partir en vrille, ce que je ne souhaite pas.
Quand je vois "enfant", je comprends "enfant", ni plus, ni moins.
Quant à la zébritude... j'ai tendance à l'envoyer voir ailleurs, si d'autres que moi y sont. Foot


Dernière édition par Fabuliotte le Mer 11 Nov 2015 - 0:32, édité 1 fois

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Message par Invité le Lun 9 Nov 2015 - 21:33

Ouaip. Mais plus haut, j'ai écrit parentalité, en détaillant très, très longuement ce que nous en attendions, pourquoi et comment. A deux reprises, même... Si je dois remettre le même paragraphe à chaque fois, on n'est pas rendu.

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Message par Invité le Mar 10 Nov 2015 - 14:53

Et bim ! (comme dirait ma fille)

Tes questionnements sont intéressants, mais je pense que tu n'es pas en mesure d'entendre ce que d'autres ont à te dire (quoi de plus normal, nous sommes souvent tous comme ça).
Tes certitudes sont très largement à la hauteur de celles des autres.
Je ne dirais pas que les échanges de ce fil sont totalement vains, mais la solution viendra de toi et de ton épouse.
Je te souhaite de venir dans un ou deux ans relire ce fil, d'un regard que j'espère... attendri.

Tiens mais je suis rendue, moi !
Je descends à cette station.

Tchao

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Message par Invité le Ven 20 Nov 2015 - 12:35

C'est curieux, quand même.
Une personne se trompe, malgré les définitions que j'avais pris la peine de donner, dans l'interprétation que j'ai fait d'un mot. Je la renvoie à cette définition: elle me répond que si, si, JE donnais à ce mot le sens qu'ELLE a décidé, et non ce que j'avais écrit comme définition, et que puisque je n'étais pas prêt à écouter, elle supprimait son compte.

Shocked

Quand on revendique le droit de répondre à côté de la question, c'est compliqué ? ou culotté ? de se plaindre ensuite que "la personne n'est pas prête à entendre la réponse".

Si je dis: je suis sous la pluie et j'ai froid, et qu'on me répond: mais non, il ne fait pas froid mais chaud, donc tu as chaud, mais c'est une vérité que tu n'es pas prêt à entendre, alors je vais supprimer mon compte... ciao !

Ben comment dire ?

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