Epuisement et crise de la quarantaine

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 11:27

Ben oui, mais je suis en plein dedans, et c'est pire que tout.
Mon travail et nos engagements bénévoles ont tous le même thème général. En tout cas, ils ont tous une cohérence. Et c'est une démarche qui habite toute notre existence. Le moins qu'un croyant puisse faire, du reste, c'est chercher à "unifier sa vie" comme disait Ignace. Mais c'est s'atteler à une oeuvre infinie, multidimensionnelle, ouverte, à tous les sens du terme, et en même temps englobant tout (ce qu'on vit), ce qui fait qu'on n'arrive plus trop à penser à autre chose. Chaque tâche, c'est un élément de cette oeuvre. Vois-la comme un bâtiment si tu veux, fait d'une infinité potentielle d'ailes enchevêtrées et fractales aussi. Du coup, on ne se change plus trop les idées. En outre, comme c'est un engagement, ben ce n'est pas comme un truc qu'on construit pour soi: on est sollicités...

Donc effectivement, on alterne des phases d'activité effrénée et des baisses de régime, non pas par inhibition d'ailleurs mais par épuisement. Et dès qu'on a rechargé la batterie à 20, 25%, on repart jusqu'à se retrouver dans le rouge et ainsi de suite.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Pieyre le Ven 6 Nov 2015 - 11:49

Bon, tu y es déjà en effet. Je me reconnais dans ce que tu dis, sinon de se mettre dans le rouge : ce n'est pas si fréquent chez moi. Peut-être s'agit-il alors d'une différence de tempérament plutôt que d'une conception du rôle qu'on pourrait avoir dans la vie. J'accepte d'avoir perdu des journées, et même des années; j'accepte d'avoir saboté à peu près tout ce que j'avais entrepris, en espérant que mes errements n'auront pourtant pas été vains. C'est un peu comme le pari de Pascal, à l'échelle de la réalisation dans le monde : je mise tout sur une réalisation incertaine mais qui est susceptible d'un accomplissement plus haut que ces réalisations partielles auxquelles j'ai dû renoncer.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par fleur_bleue le Ven 6 Nov 2015 - 13:28

Tu parles d'un engagement pour la décroissance, Fusain, et pour une société plus juste - mais l'objectif de la décroissance n'est-il pas aussi de se recentrer sur l'essentiel? Une société plus juste, ne passe-t-elle pas aussi par un ralentissement du rythme de notre société? Avoir plus de temps pour les rapports humains, pour être avec les autres et avec soi-même, plutôt que de courir constamment.
Je ne crois pas que "les autres" ont à 30 ans ce que tu as à 40 ans. Ne soit-ce que parce que tu as quelque chose que beaucoup d'autres n'ont pas, un vrai objectif, un sens à ce que tu fais. Le cadre qui travaille 70h par semaine, à 40 ans, il ne s'occupe plus de sa famille, parce que sa femme a divorcé et déménagé avec les enfants à 200 km de lui, et ses engagements bénévoles se sont probablement réduits à 0 ou presque. Sinon pourquoi les associations ont-elles autant de mal à trouver des bénévoles et quand on y va, soit il y a des étudiants, soit des retraités? Parce que les autres ils n'ont pas le temps...
Je pense qu'il faut que tu apprennes que ralentir, ce n'est pas perdre ton temps. Que cela te rapprochera au contraire davantage de ce que tu cherches à atteindre, parce que je suis sûre que tu ne veux pas d'une société où les gens font des burn-out à répétition, non? Le travail doit être fini avant d'aller jouer, ok, mais imagine un enfant qu'on ne laisserait jamais aller jouer, quel genre d'humain deviendra-t-il? Puisque tu es chrétien, le concept du dimanche comme jour de repos doit te parler - te reposes-tu le dimanche? Vas-tu manger en famille, prier peut-être, en tout cas faire des choses qui pour une fois ne vont pas "produire"? Peut-être serait-ce un point de départ, pour justement apprendre à lâcher du lest. Tu fais passer ton engagement avant toi-même, sauf que ça finira par être contreproductif. Si tu fais un burn-out et que tu ne pourras plus rien faire pendant des années, ce sera pire que si tu ralentis maintenant et que tu continueras les prochaines 20 ou 30 ans à faire avancer ta cause...

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 14:02

Tu parles d'un engagement pour la décroissance, Fusain, et pour une société plus juste - mais l'objectif de la décroissance n'est-il pas aussi de se recentrer sur l'essentiel? Une société plus juste, ne passe-t-elle pas aussi par un ralentissement du rythme de notre société?

C'est sûr. Le problème, c'est le manque de temps. Je crains qu'il ne faille batailler ferme pendant quelque temps pour tâcher d'amortir un peu la catastrophe et préserver les chances de nouveau départ. Quand je vois que le monde a perdu 40% de ses animaux vertébrés en moins de 50 ans, je me dis qu'il est possible qu'avant même la fin de ma vie, le monde devienne impropre à porter de la vie complexe - car je ne considèrerai pas comme "vie" ce que nous vendent les super-optimistes du monde connecté de demain, à savoir un univers entièrement artificiel, urbanisé sur la totalité de la surface du globe, avec une atmosphère conditionnée, de la nourriture de synthèse, des plantations d'êtres génétiquement modifiées et le tout peuplé de transhumains évoluant vers toujours moins de chair et toujours plus de machine. Je veux que mes enfants puissent encore aller ramasser des châtaignes dans une vraie forêt avec des chances d'y entendre un Pic noir. Et ça, ce n'est pas du tout, mais alors pas du tout joué. Il y a un incendie à éteindre.

Mais c'est clairement un paradoxe remarquable que plus on s'engage dans ce genre de combat, plus on est inondé de sollicitations "vous serez à tel salon ? Comment ça, non ? Quoi ? Vous n'avez pas pris contact avec Tel groupe ? mais enfin, ce serait génial ! Dites, vous vous êtes exprimé là-dessus ? Je n'ai rien vu ! Oh, au fait, vous pourriez porter tel projet ? Ben enfin, je ne comprends pas, c'est bien ce que vous prônez, non ? Seriez-vous un donneur de leçons qui ne se bouge pas ?" On a même des fois du mal à faire accepter qu'on ne puisse pas assister à une conférence tel jour à Saint-Pantaléon-sur-Durolle étant donné qu'on est intervenant lors d'une autre conférence à Couiqueville-sur-Merdanson... "Ralentis, oui, mais à 700 à l'heure !"

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 14:24

Fusain a écrit:
C'est sûr. Le problème, c'est le manque de temps.

Hello Fusain,

Je ne crois pas que le problème soit le manque de temps.
Le problème ou plutôt la question est : "Maintenant que le constat est fait, as-tu envie de sortir de la plainte et, si oui, que souhaites-tu mettre en place pour y arriver ?"

Ton fil et tes posts me touchent beaucoup.
Tout cela a, pour moi, des airs de déjà vécu...
Je ne vais donc pas te parler de toi mais de moi, du haut de ma quinquattitude.
Non pas que je sois plus intéressante que la moyenne, mais partager mes propres réflexions et mes avancées du moment me semble plus judicieux pour t'aider à faire le point sur ce que tu recherches.

A chaque fois que je crois mes frustrations et ma colère revenues à leur plus bas niveau, une étincelle les propulse à des sommets jamais atteints.
Et moi avec !

Ça suffit !

* J'ai pris conscience de mon humanité et donc de ma finitude.
* Je décide de sortir de la plainte.
* J'essaie de me juger le moins possible.
* Je veille à échapper à la pression sociale sous toutes ces formes (pas simple pour une femme de mon âge dont le célibat est toujours suspect, malgré un mariage + divorce + deux enfants...).
* J'entre en résistance en réfléchissant à la trace que je veux laisser (est-il plus utile de contribuer à l'apaisement général de l'humanité ou de se laisser bouffer par le flot, moi, la primo-encartée terriblement déçue ?).
* Je réfléchis, depuis peu, au moyen d'échapper à la violence économique.
* Je commence, pour ce faire, par dématérialiser ma vie, en me délestant du maximum, pour ne plus garder que l'essentiel.
* J'ai considérablement réduit ma consommation.

Etc., etc.

En deux mots : je lâche prise.
Et je m'affirme.

Un conseil de lecture : "Voulons-nous vraiment l'égalité ? Patrick Savidan est directeur de l'observatoire des inégalités.
Visible également sur Youtube 13 minutes.
Patrick Savidan : « Voulons-nous vraiment l'égalité ?»
Un mot : acrasie.

Bon courage pour tout.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 14:54

Pieyre a écrit:Je connais ce sentiment d'urgence et cette satisfaction apaisante d'avoir été efficace dans la journée. Mais je connais aussi la vertu de l'ennui, quand rien ne vient plus et que, malgré le temps perdu, nous sommes placés dans un autre état d'esprit que celui de l'exigence de produire. Une fois la phase de colère contre soi passée, nous nous trouvons plus ouvert à la rêverie et à la recherche de voies inédites, voire d'une cohérence plus grande de son existence...

toute machine a besoin de se reposer, de rassembler et de faire le point.; le sommeil sert aussi ou le repos à cela

pour ce qui est du détachement au monde et son rythme consumériste sans fin, il existe un bouquin sur l'éloge de la lenteur et quelques autres sur le même thème

http://www.funfou.com/penserie/eloge-lenteur.php

je pense que nous allons vers une démondialisation de masse avec repli sur les particularismes et le repli sur les clans , les quartiers, le "local" , le retour du balancier historique , un classique en Histoire , et après une surconsommation l'éloge du peu joue aussi

voir aussi

"L ART DE LA SIMPLICITE de Dominique Loreau (Auteur)"

http://www.funfou.com/penserie/artdelasimplicite.php









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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 6 Nov 2015 - 15:18

pour ce qui est du détachement au monde et son rythme consumériste sans fin, il existe un bouquin sur l'éloge de la lenteur et quelques autres sur le même thème

eloge-lenteur

Je l'ai lu. Il ne m'a pas plu du tout. Il expliquait surtout comment, en allant plus lentement, on pouvait être aussi productif. Je veux dire: il insistait si lourdement sur sa compatibilité avec le paradigme productiviste que j'en ai conclu que ce n'est pas lui qui allait m'en sortir.

je pense que nous allons vers une démondialisation de masse avec repli sur les particularismes et le repli sur les clans , les quartiers, le "local" , le retour du balancier historique , un classique en Histoire , et après une surconsommation l'éloge du peu joue aussi

Je pense aussi, et même, je l'espère. A tous points de vue, c'est préférable. C'est non seulement la condition pour arrêter de dépenser des térawatts d'énergie que nous n'aurons bientôt plus, du reste, mais aussi pour retomber à des structures de taille gouvernable, c'est-à-dire réellement sous contrôle de ceux qui les gouvernent en théorie. Ce qui est une condition non pas suffisante, mais nécessaire pour la démocratie.

* Je réfléchis, depuis peu, au moyen d'échapper à la violence économique.
* Je commence, pour ce faire, par dématérialiser ma vie, en me délestant du maximum, pour ne plus garder que l'essentiel.
* J'ai considérablement réduit ma consommation.

ça aussi, on est dedans, c'est l'évidence, mais il ne suffit pas de le faire soi-même, il faut le répandre, témoigner. Idéalement, on pourrait se reposer sur les conversions individuelles, mais ça ne suffit pas, ça ne va pas assez vite. C'est vrai que c'est très libérateur et que ça constitue un but en soi-pour soi. Mais ce n'est pas que pour nous qu'on le fait. C'est pour abaisser le niveau de violence économique subie par tous. Y compris ceux qui vont nous suivre.

Le problème de tout ce que tu dis, c'est que ça nécessite de me remettre au centre (ou plutôt ma santé au centre parce qu'il ne faut pas que je me leurre, mon ego se flatte de l'activisme aussi; je ne suis pas en train de vous faire croire que je me prends pour un pur saint altruiste). Et parmi les conséquences de ce que je lis comme une incapacité à me sentir adulte, il y a l'incapacité à croire qu'il puisse m'arriver un problème de santé vraiment sérieux. Pire que la dépression qui fait que pendant un an on peut à peine sortir de son lit, ça, j'ai déjà fait. Le truc vraiment grave. Je commence à me forcer à le faire (dire non, faire des pauses, etc) mais sans réelle conviction.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Lord Brett le Ven 6 Nov 2015 - 21:51

Fusain a écrit:
Moi aussi malgré que je faisais plein de choses, j'étais un véritable gamin, et quand tu à l'impression d'être très bon dans ce que tu fais, crois-moi qu'une fois que j'ai résolu tous mes soucis, je me suis rendu compte que je n'utilisais qu'une toute petite partie de mon potentiel rapport à ce que je suis capable de faire aujourd'hui.

Je crois avoir déjà passé cette étape-là. Je n'aurais pas imaginé, il y a dix ans, ce que je fais/où j'en suis aujourd'hui. Mais laissons ça. ça n'a pas d'importance. Je n'ai pas du tout le sentiment d'être en-deçà de mon potentiel. Donc peu importe où j'en suis vraiment par rapport à lui et je n'ai pas de temps à perdre à me poser, en plus, cette question: c'est comme la réussite, ce n'est pas l'angle sous lequel j'envisage ma vie. J'ai déjà dit plusieurs fois ce qui manquait le plus à mon existence, ce n'est pas une question de "potentiel". Etre actif, donner, transmettre: c'est ça le programme, c'est ça qui me rend heureux. Et si je me sens bien en faisant tout ça, quelle importance de me situer par rapport à un "potentiel" ? Quelqu'un viendra peut-être me dire que "si j'avais voulu, j'aurais fait/été ceci ou cela"... Et bien qu'il le pense. Moi, je ne le pense pas. Alors qu'est-ce que j'en ai à faire de ce que soi-disant j'aurais pu être mais que je n'ai jamais voulu être, ni souffert de ne pas être ?

Pour ce qui est de freiner, c'est une autre histoire. Un tourbillon...

Ok, je ne dirais qu' "un mot" rapport à mon potentiel pour lequel j'ai tellement donné, de temps, d'acharnement, d'efforts pour pouvoir le développer : ouverture d'esprit.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 2:34

Fusain a écrit:
ça aussi, on est dedans, c'est l'évidence, mais il ne suffit pas de le faire soi-même, il faut le répandre, témoigner. Idéalement, on pourrait se reposer sur les conversions individuelles, mais ça ne suffit pas, ça ne va pas assez vite. C'est vrai que c'est très libérateur et que ça constitue un but en soi-pour soi. Mais ce n'est pas que pour nous qu'on le fait. C'est pour abaisser le niveau de violence économique subie par tous. Y compris ceux qui vont nous suivre.

Le problème de tout ce que tu dis, c'est que ça nécessite de me remettre au centre (ou plutôt ma santé au centre parce qu'il ne faut pas que je me leurre, mon ego se flatte de l'activisme aussi; je ne suis pas en train de vous faire croire que je me prends pour un pur saint altruiste). Et parmi les conséquences de ce que je lis comme une incapacité à me sentir adulte, il y a l'incapacité à croire qu'il puisse m'arriver un problème de santé vraiment sérieux. Pire que la dépression qui fait que pendant un an on peut à peine sortir de son lit, ça, j'ai déjà fait. Le truc vraiment grave. Je commence à me forcer à le faire (dire non, faire des pauses, etc) mais sans réelle conviction.

Bon, feignasse comme je suis, je pense t'avoir lu à contresens facepalm

L'urgence ? Normal ! Il y a urgence et ne pas s'engager peut être source de frustration (oui, répandre, témoigner, partager etc.)
Incapacité à se sentir adulte, parfois oui, parfois non, autre planète ? Normal = zèbre.
Incapacité à imaginer un PB de santé vraiment sérieux ? Normal, tu as 40 ans. C'est jeune 40 ans, en 2015.

Tu es très lucide sur ta situation.
Je n'y vois rien de particulièrement tordu 1. pour un zèbre, 2. de ton âge.

Si tu as déjà vécu un burn-out (un vrai, je veux dire hein...), c'est juste inconscient. Mais je ne t'apprends rien.

Fusain a écrit:Je commence à me forcer à le faire (dire non, faire des pauses, etc) mais sans réelle conviction.

Ben oui, mais là, je pense que personne ne peut t'aider...
Remettre ta santé au centre, oui. Pas le choix.
Mais c'est à toi de te motiver. Personne ne peut le faire à ta place.
Essayer de te convaincre serait totalement vain.

Je suis de plus en plus persuadée que l'activisme aussi, est vain.
Tu le dis toi-même : y a de l'ego là-dessous.

Pour moi, chacun de nous a besoin de faire ses expériences. Les conseils ne sont d'aucune utilité.
C'est un problème dans la vie, comme sur ce forum.

Ce sont les déceptions qui m'ont fait lâcher prise (ce que j'appelle le syndrome "tous des cons").
Et un peu mes 53 balais aussi... (héhé, finies les nuits blanches...).

Je te dirais : ne change rien, continue tout pareil.
Si tu ne changes pas, les événements et la vie te pousseront à le faire. pale

Qu'attends-tu, finalement, des échanges sur ce fil ?

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 11:18

Qu'attends-tu, finalement, des échanges sur ce fil ?

Déjà, savoir si d'autres sont passés par là, et ce qu'ils ont fait. C'est la première motivation de tous mes posts égocentrés (décrivant un phénomène qui me concerne): susciter des retours d'expérience.
Ensuite, lorsque j'en parle autour de moi, je reçois schématiquement deux types de réponse: des comme la tienne (et comme à peu près toutes celles d'ici) et d'autres qui me conseillent de m'endurcir et d'apprendre des méthodes pour travailler encore plus dur, plus fort, plus intensément en faisant en sorte de moins mal le vivre. J'ai même été convoqué par mon employeur qui voit très bien que j'ai une sale mine (bien que mon boulot soit irréprochable et parfaitement à jour, de son propre point de vue) et qui me reproche de ne "pas tout faire pour mieux gérer la pression et la charge de travail". En gros, il considère que je devrais faire du yoga, de la sophro etc... et que si je ne le fais pas et que ma santé se barre en sucette, il sera fondé à considérer que je suis en état de faute professionnelle, pour ne pas avoir fait - à mes frais et sur mon temps libre - ce qu'il considère comme de nature à mieux résister. Je me suis renseigné, il va de soi qu'il n'en a aucun droit, mais tu vois l'ambiance.

Donc déposer tout ça parce que je ne peux pas trop en parler ailleurs. Même ma femme ne peut guère m'aider, elle est aspie, elle bosse comme journaliste, elle est quasiment dans la même situation que moi d'où le passage fréquent du "je" au "nous" dans les posts...

Ce que j'en attends enfin ? Peut-être la voix décisive qui fera pencher la balance vers ce que je ne me résigne pas à faire: en faire moins. Renoncer à ce que je voudrais faire, à ce que je tiens à faire, à...

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 11:39

Fusain a écrit:J'ai même été convoqué par mon employeur qui voit très bien que j'ai une sale mine (bien que mon boulot soit irréprochable et parfaitement à jour, de son propre point de vue) et qui me reproche de ne "pas tout faire pour mieux gérer la pression et la charge de travail". En gros, il considère que je devrais faire du yoga, de la sophro etc... et que si je ne le fais pas et que ma santé se barre en sucette, il sera fondé à considérer que je suis en état de faute professionnelle, pour ne pas avoir fait - à mes frais et sur mon temps libre - ce qu'il considère comme de nature à mieux résister. Je me suis renseigné, il va de soi qu'il n'en a aucun droit, mais tu vois l'ambiance.

Cynique, en effet.


Fusain a écrit:Peut-être la voix décisive qui fera pencher la balance vers ce que je ne me résigne pas à faire: en faire moins. Renoncer à ce que je voudrais faire, à ce que je tiens à faire, à...

Pardonne-moi d'être cash : comme je le disais plus haut, je n'y crois pas une seule seconde.
La seule voix qui puisse être décisive est la tienne ainsi que tes expériences.

Pourrais-tu essayer de voir ce "moins" comme un "autrement" ?
Sans tomber dans l'extrême radicalement opposé ? (encore un truc de zèbre, ça, la radicalité  No ).

Ne pas "mettre ta santé au centre" (en gros ne pas osciller entre burn out et hygiénisme forcené), mais reconsidérer ta santé comme un facteur, un capital à gérer "aussi".
Peser sérieusement le pour et le contre en termes de pertes et de bénéfices.
Passer d'une vision à court terme à une vision à long terme ?
Introduire dans ta vie de la nuance ?

Cela te fait un challenge de plus.
Ça parle à un zèbre, ça, un challenge de plus, non ?  Very Happy  Very Happy  Very Happy

'fin... j'dis ça, j'dis rien !
J'ai déjà l'impression d'enchaîner les banalités et les évidences.

Bon courage, Fusain.

Fabuliotte

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 11:47

Pardonne-moi d'être cash : comme je le disais plus haut, je n'y crois pas une seule seconde.
La seule voix qui puisse être décisive est la tienne ainsi que tes expériences.

C'est beaucoup plus compliqué que ça. Bien sûr qu'à la fin la décision n'appartient qu'à moi. Mais à 39 ans, je sais ce que les inflexions décisives de ma vie doivent à des rencontres et aux réflexions qu'elles engendrent. Ce n'est pas parce qu'il y a un temps de maturation qu'il faut toujours s'imaginer qu'on a bâti de A à Z le processus qui nous mène, un jour, à changer. Nous ne vivons pas dans des bulles.

Cela te fait un challenge de plus.
Ça parle à un zèbre, ça, un challenge de plus, non ?

Déjà, quand on est en burn-out, un "truc de plus à gérer" sera toujours mal vu. Razz
Ensuite, ne prononce jamais devant moi (enfin, pour me les appliquer) des mots tels que challenge, défi, performance, succès, compétition et ses dérivés, réussite, gain. Pourquoi pas success story, business plan, carrière, achievement et winner, tant qu'on y est ? Laughing J'exècre, je vomis tout le verbiage productiviste et tout ce qui nous réduit à des concurrents obsédés de performance jusque dans la gestion du temps que nous mettons à préparer le café du matin.
Mais je taquine, évidemment (bien que ce que j'ai dit ci-dessus soit vrai), je vois l'idée, je transpose à un vocabulaire qui me convient mieux. Smile
Je te remercie pour tes réponses.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par deen le Sam 7 Nov 2015 - 12:04

.


Dernière édition par deen le Lun 9 Nov 2015 - 8:58, édité 1 fois

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 12:19

bravo pour ton engagement écologique, moi je suis marxiste, je pense qu'il faut soigner l'oppresseur de la planète, et l'oppresseur de la planète c'est l'Homme, et il l'oppresse parce qu'il est lui-même opprimé. Je pense qu'en remontant la chaîne des causes à effets on tombe invariablement sur le désir de domination, de verticalisation sociale, et que c'est ça le coeur de l'affaire. C'est basé sur de la structure psychologique individuelle et sociale qu'il faut faire muter, et sur un système politico-économique qu'il faut réformer - ça marchera ensemble.

Je sais bien. Il y a un paradigme technocratique productiviste, et capitaliste, à renverser dans les têtes et à tous les échelons politiques, qui lui sont actuellement entièrement soumis. Sinon, on ne fait que du rafistolage. Je suis toujours navré de voir que même dans les assos de protection de la nature, on n'arrive pas à assumer ce constat et que malgré nos échecs, on continue à faire semblant de croire qu'il est possible de "concilier"... Concilier la protection de ce qui est fragile et gratuit avec un système qui revendique le droit de tout dévorer à son profit exclusif !... Suspect

mais bon voilà, la question c'est de ne pas se tuer (au sens propre) à la tâche.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 12:22

Acrasie...
Absence de volonté !

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Sam 7 Nov 2015 - 12:29

Tout dépend volonté de quoi.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par deen le Sam 7 Nov 2015 - 12:32

.


Dernière édition par deen le Lun 9 Nov 2015 - 8:59, édité 1 fois

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par 'C.Z. le Sam 7 Nov 2015 - 13:07

Il paraît que j'ai fait ma crise de la quarantaine en avance. Quoi qu'il en soit, la prise de conscience du chemin parcouru, de mes comportements et de mes motivations profondes me laisse aux pas qu'il est agréable de faire et je me suis encore foulée la cheville l'autre jour (au sens propre)... çpas facile de marcher ! d'être "en avant, calme et droit" tous les jours et d'accepter avec tendresse nos jours assis, nos écarts, nos chutes.

J'essaie d'apprendre à m'aimer en aimant ce que je fais, même quand je ne fais rien, c'est déjà pas mal.
Ça me fait penser à ce texte de Kalthu , tiens...

'C.Z.
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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 14:46

deen a écrit:
Quelques tips alors : moi quand la bourrasque du no-futur se pointe, je fais le dos rond, je la laisse me terrasser, je n'essaie plus de lutter, et du coup ça n'excède jamais 72h,
...

time is by my side. Donner du temps à la dark side, lui faire de l'aïkido mental, la laisser porter son coup car on sait qu'alors on récupérera son énergie plutôt que de s'épuiser en défense, voilà ce que j'ai compris.

J'ai strictement la même pratique.
Me laisser submerger par les lames de fond, pour mieux passer à autre chose.


Fusain a écrit:Tout dépend volonté de quoi.

Hum... voici le point de bascule de ce fil.
Comme si tu éludais ton questionnement initial et les réponses que les uns et les autres y apportent... Sad

Est-ce que je me trompe ? Bisous



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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Christelle le Dim 8 Nov 2015 - 15:25

Fusain a écrit:
Qu'attends-tu, finalement, des échanges sur ce fil ?

Déjà, savoir si d'autres sont passés par là, et ce qu'ils ont fait. C'est la première motivation de tous mes posts égocentrés (décrivant un phénomène qui me concerne): susciter des retours d'expérience.
Ensuite, lorsque j'en parle autour de moi, je reçois schématiquement deux types de réponse: des comme la tienne (et comme à peu près toutes celles d'ici) et d'autres qui me conseillent de m'endurcir et d'apprendre des méthodes pour travailler encore plus dur, plus fort, plus intensément en faisant en sorte de moins mal le vivre. J'ai même été convoqué par mon employeur qui voit très bien que j'ai une sale mine (bien que mon boulot soit irréprochable et parfaitement à jour, de son propre point de vue) et qui me reproche de ne "pas tout faire pour mieux gérer la pression et la charge de travail". En gros, il considère que je devrais faire du yoga, de la sophro etc... et que si je ne le fais pas et que ma santé se barre en sucette, il sera fondé à considérer que je suis en état de faute professionnelle, pour ne pas avoir fait - à mes frais et sur mon temps libre - ce qu'il considère comme de nature à mieux résister. Je me suis renseigné, il va de soi qu'il n'en a aucun droit, mais tu vois l'ambiance.

Donc déposer tout ça parce que je ne peux pas trop en parler ailleurs. Même ma femme ne peut guère m'aider, elle est aspie, elle bosse comme journaliste, elle est quasiment dans la même situation que moi d'où le passage fréquent du "je" au "nous" dans les posts...

Ce que j'en attends enfin ? Peut-être la voix décisive qui fera pencher la balance vers ce que je ne me résigne pas à faire: en faire moins. Renoncer à ce que je voudrais faire, à ce que je tiens à faire, à...

Quand je te lis, Fusain, franchement ça me fait mal parce que ce que tu évoques c'est une période de ma vie qui n'est pas si lointaine. Je croulais sous les responsabilités, je multipliais les projets. Des années de somnifères et d'anxiolytiques, anti-dépresseurs parfois. Un état de surmenage qui a frisé le burn-out. Là, au bout d'un certain nombre d'années sans débotter, et parce que j'avais déjà essayé de faire des aménagements, il a fallu que je change d'approche. J'ai tout changé dans ma vie, sauf mes valeurs et mes enfants ! Et oui, voilà finalement ce qui était à la fois la valeur fondamentale et ce pourquoi je n'avais droit d'à des passages faibles sans pourtant m'effondrer sur le long terme : mes enfants. Sûr qu'ils ont participé à mon surmenage, mais qu'en même temps ils ont été mon cap. Si je claquais, ils allaient en subir les conséquences.

Il a fallu que je repasse tout à plat. J'ai examiné chacun de mes engagements, et j'ai fait un grand ménage par le vide. Ce n'était pas la première fois que je faisais ça dans ma vie, je pense que ça m'a aidé. Le nombre de choses que je considérais essentielles avant et qui sont passées à la trappe ... Attention, j'ai fait les choses proprement, j'ai quitté mes engagements en prenant le temps qu'il fallait.

Faire le tri entre l'essentiel et ce qui ne l'est pas ... c'est un premier point. "Parce que si ça ne va pas maintenant, c'est qu'il y a quelque chose qui ne me convient pas" et "C'est moi qui suis en possession de mes solutions, et personne d'autre".

Tu as de la chance avec cet employeur : je pense qu'il te donne une vue assez objective de ce que tu traverses, tu devrais l'écouter : il te met face à tes responsabilités : tu es en train de gâcher son outil de travail, c'est à dire toi-même !
Sophro, yoga, ou rando, ou collection d'allumettes, à toi de trouver tes recettes, ce qui te permet de te retrouver : pour moi au début ça a été un cocktail chaotique "fond de mon lit/Mozart" !
Effectivement ce qui complique ta tâche c'est que ta femme est dans une dynamique assez semblable à la tienne, il y a surement un effet d'entrainement entre vous deux.

Finalement, mes enfants sont toujours à mes côtés et j'ai pris d'autres engagements, qui sont différents mais qui sont toujours dans la même lignée, parce que moi je n'ai pas changé, j'ai juste transformé ce qui me faisait violence. Je suis beaucoup plus en accord avec moi-même.

Bon courage Fusain.

PS : ce que j'ai traversé, il y a un homme visionnaire qui l'a expliqué, il l'a appelé la désintégration positive. http://www.adulte-surdoue.org/2014/articles/traductions/la-theorie-de-la-desintegration-positive-dabrowski/ Mieux comprendre ce qui m'arrivait, ça aussi ça m'a aidée

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 15:35

Tu as de la chance avec cet employeur : je pense qu'il te donne une vue assez objective de ce que tu traverses, tu devrais l'écouter : il te met face à tes responsabilités : tu es en train de gâcher son outil de travail, c'est à dire toi-même !

Attention: lui, il ne me dit pas du tout de prendre soin de moi, mais de trouver des dispositifs qui me permettent de continuer à être aussi productif sans risquer de tomber en panne. Il veut que je me blinde pour être plus que jamais une machine à tomber du boulot. Rien de plus. Et il considère que je dois donc abandonner ce qui compte pour moi, dans ma vie, pour être davantage à son service. Justement, je ne suis pas son outil de travail. Je suis mon outil de travail que je lui loue 37 heures par semaine. Et en plus, pas bien cher. Sa demande, c'est de pouvoir légiférer sur ma vie privée pour qu'elle soit tout entière tournée vers une productivité maximale sous ses ordres. Et bien quoiqu'il en ait, je ne suis pas son esclave.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Christelle le Dim 8 Nov 2015 - 15:54

Ok, vu comme ça. Mais qu'elle que soit son intention de départ, bienveillante ou pas, prends sa mise en garde comme un signal à considérer, et fais-en ce que tu veux (un truc qui soit plutôt positif pour toi, alors.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 16:17

à mes yeux la crise de la quarantaine n'est que le produit de, comment dire cela ?, d'une précipitation à vouloir réaliser sur un temps écourté tout ce que l'on n'a pas réalisé avant, sinon, si on a piqué toutes ces ses crises étapes en mode "cocotte", pas de cocotte.

ou aussi à vouloir ayant fait bilan d'âge ? puisque que tout le monde pour faire comme tout le monde veut la faire, se "burna outer" le cerveau et le programme qu'on veut se faire vite et réaliser avant le prochain point d'étape (qui si on l'a prévu et vécu en fonction n'aura pas lieu non plus en mode "cocotte"

ou alors sans arrières pensées, je trouve aussi que le titre porte très bien son nom pour les hommes, je vais réfléchir au même version féminines.

(pardon apparemment mon mot du jour est : oeuf Smile)

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par fleurblanche le Dim 8 Nov 2015 - 19:18

Fusain a écrit:
Qu'attends-tu, finalement, des échanges sur ce fil ?

Déjà, savoir si d'autres sont passés par là, et ce qu'ils ont fait. C'est la première motivation de tous mes posts égocentrés (décrivant un phénomène qui me concerne): susciter des retours d'expérience.

J'ai médité et fait sien ceci : "Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous le soleil..."

Le temps, c'est à nous-même de nous le donner. On a en nous la latitude de nous donner tout le temps que nous voulons.

Aussi un temps pour faire des enfants si l'on veut. Concernant la parentalité, j'ai appris que personne ne naît parent. On le devient. Et c'est un apprentissage pour tous. Beaucoup ont (eu) peur, mais un jour le désir d'être parent devient (est devenu) plus fort que la peur.

Il y a un temps pour penser à soi-même, loin de tous les engagements, et se reposer ou prendre soin de soi (Qui a instauré le 7ème jour pour que chacun puisse se reposer de ses œuvres ? Wink ). Parce que pour donner le meilleur de nous-mêmes, on a besoin d'être soi-même "bien dans sa peau".

Les "combats" dans lesquels tu es engagé ont existé avant toi, et continueront à exister après toi. Tu œuvres, d'autres œuvrent aussi. La tentation est grande de penser qu'on pourrait, avec notre engagement individuel et sacrificiel, résoudre une bonne fois pour toute tel ou tel problème. Alors qu'en réalité, c'est la somme des engagements de tous et à travers le temps qui changent les choses. Arrow On ne nous demande pas de ne plus vivre afin que soit réglés les problèmes.

S'aimer soi-même et prendre soin de soi, c'est un devoir à partir du moment où l'on considère la vie comme un don que l'on a reçu. La "personne" qui a investit en nous, attend de nous une bonne gestion de cet investissement.

Le temps de la vie d'une personne appartient à cette personne. A chaque personne de faire de ce temps l'usage le plus sage possible. Pour ne pas avoir de regrets au soir de sa vie.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Dim 8 Nov 2015 - 19:36

Aussi un temps pour faire des enfants si l'on veut.

Ben on veut ! Je ne vais pas exposer les raisons pour lesquelles, selon la formule consacrée, l'enfant ne paraît pas. Mais on se sent, je me sens vraiment prêt (bon à 39 piges c'est normal). Prêt au sens où oui, c'est l'aventure dans laquelle je veux me lancer. Faire naître, faire grandir, être attentif, transmettre. Etre plus que deux, agrandir la famille, être plongé dans cette vie. On n'idéalise pas, hein: on est tout entourés de jeunes couples qui en ont 2, 3, 4... et qui disent aussi la fatigue, les difficultés, la course. Bien sûr que si on se lance dans tant de trucs, c'est aussi en réaction à ce vide. C'est vraiment la parentalité qui nous manque. Non pas pour "nous sentir adultes", encore moins nous conformer à quoi que ce soit. Non, vraiment parce que fonder, faire vivre et faire grandir une famille (à plus de 2... le couple sans enfants est une famille, mais bon tuwa) c'est ça, là, qu'on veut, là qu'on sent la vie nous appeler.

Et c'est une grande explication à tout ce qui ne va pas, je pense.

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Re: Epuisement et crise de la quarantaine

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