Epuisement et crise de la quarantaine

Page 6 sur 8 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Petitagore le Sam 5 Déc 2015 - 12:07

Fusain a écrit:Mais tout ce que toi et les autres dites là, qu'il est normal de limiter le nombre et l'ampleur de ses engagements et dire non quand la limite est atteinte, c'est ce qu'on dit toujours quand on aborde le sujet sous cet angle, mais quand une demande se présente, on ne peut pas utiliser cet argument. Socialement, ça ne se dit pas, ça ne se fait pas plus que de poser culotte au milieu d'un salon.

I beg to differ. Non seulement on peut le faire, mais à mon avis cet argument est très généralement compris par l'interlocuteur, sauf mauvaise foi crasse de sa part. Quant à ceux qui sincèrement ne comprennent pas... ben c'est que sur ce point leurs capacités de raisonnement atteignent leurs limites (parfois pour des raisons légitimes, d'ailleurs; genre, ils sont en train de crever et ils implorent une aide que je ne peux leur donner; c'est navrant, mais le problème -- ils sont en train de crever -- est quand même bel et bien chez eux, pas dans mon âme; ce n'est pas parce qu'il est insoluble pour eux, ce qui certes me navre mais n'y change rien, que je dois le laisser m'atteindre: ce n'est pas en faisant une dépression nerveuse que je me rendrai plus utile, bien au contraire).

Le problème n'est pas là; il est de réussir à avoir l'esprit tranquille ne serait-ce que deux heures par jour ou un jour par quinzaine, alors que etc. Explique-moi comment tu stoppes les pensées relatives aux "problèmes du monde" sur commande, deux heures par jour. Si tu me donnes un truc autre que s'absorber dans un jeu vidéo débile, ce sera avec grand plaisir, mais on ne sait plus faire.

Mon nombril n'intéresse que moi:
Personnellement, j'aime bien m'absorber dans la programmation; la chasse aux erreurs de pointeur en C++, ça change bien les idées; à la rigueur, on peut voir ça comme une version intello du jeu vidéo, mais justement, c'est une version intello et elle n'est pas débile.

Ma solution personnelle ne te convenant probablement pas, j'ai quand même assez envie de t'en suggérer une que je ne pourrais pas proposer à un athée (même que c'est une raison de le plaindre) mais qui devrait, en principe, fonctionner pour quelqu'un qui a foi en la transcendance whatever it is. Quand je me dis que les choses ne s'amélioreront pas de mon vivant, voire que l'humanité est déjà foutue (ce qui n'est quand même pas absolument certain)... eh bien il me reste la possibilité de me dire que notre système solaire est un parmi cent milliards d'autres dans la Voie lactée, que la Voie lactée est une galaxie parmi cent milliards d'autres, que l'âge de l'humanité se compte en centaines de milliers d'années alors que celui de l'univers quand il atteindra partout 0 degré Kelvin se comptera en dizaines de milliards; et que s'il y a bien une volonté quelconque en charge de tout ce grand bazar et ayant l'éternité devant elle (c'est bien ce que tu es censé croire, non?), ben faut lui laisser le temps de bosser et avoir confiance en sa compétence, qui me paraît assez indéniable (un athée ne serait pas d'accord avec moi sur ce point, je l'en plains mais après tout c'est lui qui a choisi de voir les choses d'une façon déprimante).

Mon nombril n'intéresse que moi mais il est cohérent:
Quand je débogue mon listing en C++, ça me prend un temps fou pendant lequel le programme merde grave. Mais ça ne me déprime pas. Je connais ma compétence, et je sais que je vais finir par m'en sortir, faut juste me laisser le temps de bosser.

Eh bien, le Grand Bazar qui est censé organiser l'univers, le G:.A:.D:.L:.U:. comme disent les francs-macs  Very Happy , c'est pareil: faut lui laisser le temps de bosser. Je crois qu'il sait ce qu'il fait (quand je dis "je crois", ça veut dire "j'ai assez l'impression", rien de plus, mais ça suffit quand même à me tranquilliser; toi, si c'est plus dans ton tempérament, tu peux parfaitement dire "je crois" façon "Credo", avec emphase, enthousiasme, exaltation et cette fameuse foi qui est censée soulever les montagnes; pour une fois qu'elle servirait vraiment à quelque chose!). Oui, le Grand Architecte De L'Univers, il prend son temps. Mais comme il a l'éternité devant lui et que nous avons de sérieuses raisons de penser qu'il en use déjà depuis des milliards d'années, je crois qu'il faut apprendre à être un peu patient avec lui...

Petitagore
Zébré et vacciné
Zébré et vacciné

Messages : 2708
Date d'inscription : 29/11/2011
Age : 56
Localisation : Ile-de-France

http://triancey.blogspot.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Dim 6 Déc 2015 - 8:44

eh bien il me reste la possibilité de me dire que notre système solaire est un parmi cent milliards d'autres dans la Voie lactée, que la Voie lactée est une galaxie parmi cent milliards d'autres, que l'âge de l'humanité se compte en centaines de milliers d'années alors que celui de l'univers quand il atteindra partout 0 degré Kelvin se comptera en dizaines de milliards; et que s'il y a bien une volonté quelconque en charge de tout ce grand bazar et ayant l'éternité devant elle (c'est bien ce que tu es censé croire, non?), ben faut lui laisser le temps de bosser et avoir confiance en sa compétence, qui me paraît assez indéniable

Possible, mais là, je n'ai pas envie de vivre certains cauchemars qui sont juste devant nous. Ni moi, ni mes proches, ni les enfants que j'espère avoir.

Parfois, je me demande si tout simplement, ce n'est pas foutu, si ce n'est pas juste ma vocation d'aller sur ce chemin jusqu'à l'autodestruction, entouré de personnes me regardant d'un air sévère de ne pas y aller assez vite et qui, quand tout sera accompli, concluront d'un air agacé: "quand même, il ne se bougeait pas trop le cul". C'est ce qu'on dit généralement d'une personne en phase finale de burn-out.

C'est peut-être simplement ça. Mon lot, ma place. Et il n'y aurait rien à y redire, après tout, tout le monde a ses problèmes, peu de gens sont heureux, "arrête de te plaindre, assume tes responsabilités, mange ta merde, c'est la vie qui veut ça et c'est pas près de changer".
L'espérance, c'est pour les autres. Au profit des autres. Il y a ceux qu'on consomme et qu'on jette, et après tout, c'est peut-être juste. Faut bien qu'il y en ait, non ?

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par fleurblanche le Dim 6 Déc 2015 - 14:17

si ce n'est pas juste ma vocation d'aller sur ce chemin jusqu'à l'autodestruction, entouré de personnes me regardant d'un air sévère de ne pas y aller assez vite et qui, quand tout sera accompli, concluront d'un air agacé: "quand même, il ne se bougeait pas trop le cul".

"arrête de te plaindre, assume tes responsabilités, mange ta merde, c'est la vie qui veut ça et c'est pas près de changer".

Tu laisses les commandes de ta vie aux mains des autres ? Ce sont les autres qui décident pour toi de la direction dans laquelle doit aller ta vie ?

Pourquoi laisses-tu tant de pouvoir aux autres sur ta vie ? !

Ré-appropries-toi ta vie !

Par ailleurs, je ne sais pas si tu as abordé la question de l'accompagnement, mais à mon avis, si tu as du mal à t'en sortir seul, tu devrais te faire aider sous 2 angles : un accompagnement psychologique, et un accompagnement spirituel.

fleurblanche
Vieux de la vieille
Vieux de la vieille

Messages : 3568
Date d'inscription : 23/06/2010
Age : 48
Localisation : Hémisphère sud

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Dim 6 Déc 2015 - 21:45

Vivons-nous seuls, sur des îles désertes ?
En outre, je n'ai pas dit que c'étaient les autres qui avaient choisi cette vocation pour moi. Je constate simplement qu'ils n'y voient rien de scandaleux. Et que moi, je n'arrive pas à arrêter.
N'est-ce pas cela qu'on appelle le service ? (ça peut prendre des tas de formes, le service de ceux qui sont très proches, comme fait Fata; je ne sais pas faire, trop handicapé des relations sociales et dépourvu tant d'humilité que de comprenette; alors je fais autrement, là où ça m'est plus facile).

Je sais que je devrais poser des limites, laisser agir Celui qui peut tout, mais je me connais. Je verserais dans la paresse tout de suite. Oh, la belle excuse, que celle de se dire qu'on est sauvé par Lui ! Hé, c'est pas une raison pour moins trimer ici-bas.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Jeu 18 Fév 2016 - 8:25

Trois mois et demi plus tard, pas un pas de fait.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Petitagore le Jeu 18 Fév 2016 - 9:03

En tout cas on est contents de te revoir ici... Very Happy

Petitagore
Zébré et vacciné
Zébré et vacciné

Messages : 2708
Date d'inscription : 29/11/2011
Age : 56
Localisation : Ile-de-France

http://triancey.blogspot.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Jeu 18 Fév 2016 - 11:57

M'wais. Je ne sais pas ce qui en sortira.
Je ne vois pas comment dire non à un engagement, ou ne pas me sentir concerné par une info, une nouvelle, une problématique. Le burn-out se matérialise par un comportement cynique, désabusé, où l'on juge vain jusqu'au méprisable ce pour quoi on a tout donné: de ce point de vue, clairement, je n'y suis pas, c'est même tout le contraire. Tout ce que je lis me paraît nécessiter une réaction, l'entrée en combat, pour empêcher la survenue d'un monde cauchemardesque (et notamment invivable pour moi-même, ma femme, et les enfants que nous ne désespérons pas d'avoir). La phase cynique, je l'ai connue dans mon précédent burn-out, il y a près de dix ans. Là, non. Est-ce que c'est ça l'espérance, est-ce que c'est ça "être porté par" je ne sais Qui, c'est possible, mais, tout en étant épouvanté par la pente que suit le monde et notamment notre pauvre pays, je n'imagine pas un seul instant lâcher l'affaire; parce que la seule chance que quelques catastrophes soient évitées, c'est que suffisamment de microbes dans mon genre refusent l'à quoi bonisme et fassent bloc. Il n'y a pas à se demander quelles sont nos chances de succès pour doser notre engagement en conséquence, parce que c'est une formule circulaire: les deux s'engendrent mutuellement.

"Si quelque chose te déplaît, te révolte, fais quelque chose contre. Ou alors assume la survenue de la chose comme si tu l'avais toi-même causée ou permise. Car si insignifiant que tu sois, si la chose est arrivée, c'est à cause de la passivité de myriades de personnes comme toi, insignifiantes une à une, mais qui, unies, auraient eu la force de s'y opposer".

Tel est mon moteur. Ainsi, plus j'agis - et rencontre ainsi d'autres personnes agissantes - plus je constate que nos chances de construire un monde meilleur, plus humain, plus sobre, plus doux, plus juste, tel que j'aimerais y vivre, augmentent avec le nombre d'engagés et l'intensité de leur engagement, et plus j'agis (et je sais très bien qu'aux yeux de certains, mon combat est inepte et même nuisible, et tant pis...) et ainsi de suite.
Mais cela ne me laisse ni temps ni force pour quoi que ce soit d'autre, le corps est épuisé. C'est passionnant mais épuisant, et très anxiogène aussi: on se tient au courant de toutes les saloperies du monde et on tente d'en contrebattre le plus possible...
Je ne vois pas une polémique, une injustice, sans vouloir au moins être capable d'avoir un discours, une contre-proposition cohérents...

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par fleur_bleue le Jeu 18 Fév 2016 - 16:31

C'est ce côté anxiogène je crois le problème: tu sens l'urgence, ce qui crée de l'angoisse et du coup, tu ne t'autorises pas la récupération nécessaire pour que le corps puisse suivre. Mécanisme assez logique, tu rassembles ton énergie pour combattre, dans une sorte de réaction de survie. Si c'était quelque chose de courte durée, ça passerait sans problème, mais comme ça dure des années déjà, tu t'épuises sans te laisser le temps de reconstituer tes réserves. Et tu n'acceptes pas d'avoir besoin de ce temps de récupération! Peut-être que le truc ce n'est pas tellement de faire "moins", mais de mieux accepter les temps de récupération que tu as déjà? Puis d'apprendre à angoisser moins, non pas dans un sens "je m'en fous", mais dans un sens "je fais de mon mieux, tout en accordant à mon corps le temps de repos nécessaire pour avoir l'énergie qui me permettra de continuer à me battre"...

J'espère que ça ne paraît pas trop fumeux ce que je viens d'écrire. Neutral

fleur_bleue
Vieux de la vieille
Vieux de la vieille

Messages : 3766
Date d'inscription : 18/09/2012
Age : 33
Localisation : Paris

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 19 Fév 2016 - 0:05

Quels temps de récupération peut-il y avoir quand les pensées minent ?
Déjà que je ne m'engage pas sur 5% des causes qui me révoltent.
J'ai lu que le fond du problème était de ne pas savoir se donner sans amour. Qu'à partir du moment où on le fait, on s'autodétruit tout aussi sûrement dans le don de soi sans aucune attention accordée à son propre temps de récupération etc, mais qu'on n'en souffre pas, donc que ce n'est pas un problème; que la clé, la vraie, est de savoir tout donner jusqu'à mourir d'épuisement vers 40-50 ans sans même y prendre garde. Notre société serait tout naturellement amenée à consumer des personnes chargées de ce genre de mission.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Petitagore le Ven 19 Fév 2016 - 0:44

Fusain a écrit:J'ai lu que le fond du problème était de ne pas savoir se donner sans amour. Qu'à partir du moment où on le fait, on s'autodétruit tout aussi sûrement dans le don de soi sans aucune attention accordée à son propre temps de récupération etc, mais qu'on n'en souffre pas, donc que ce n'est pas un problème; que la clé, la vraie, est de savoir tout donner jusqu'à mourir d'épuisement vers 40-50 ans sans même y prendre garde. Notre société serait tout naturellement amenée à consumer des personnes chargées de ce genre de mission.

Hein? Sans rire? Et t'as lu ça où?

Si c'est sur ZC, ça serait pas la première absurdité qu'on y trouverait...

Admettons qu'il y ait des gens assez frappés pour écrire de telles choses. Ben heureusement, il y en a d'autres, pourquoi choisir ceux-là?

Mauvaises lectures, changer de lectures...

Petitagore
Zébré et vacciné
Zébré et vacciné

Messages : 2708
Date d'inscription : 29/11/2011
Age : 56
Localisation : Ile-de-France

http://triancey.blogspot.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 19 Fév 2016 - 14:12

Le problème, c'est que les choses qu'on peut lire sur le burn-out ou les divers stades d'épuisement se répartissent grosso modo autour de deux pôles: ceux qui croient à la gratuité du don mais qui du coup ont tendance à conclure, comme je le citais plus haut, qu'il "suffit" de ne pas perdre la boussole de la gratuité, de l'amour et tout et tout, et qu'alors, peu importe ce qui nous arrive concrètement puisqu'on n'en souffre pas - et de fait, on ne va pas aller à l'encontre de la volonté de don d'une personne qui, tout en se ruinant la santé, a l'air épanouie et n'a aucune envie de s'économiser. Ou alors, autre pôle, ceux pour qui la gratuité du don est une ignoble hypocrisie, le don de soi rien d'autre qu'une tentative particulièrement perverse de se valoriser, de se faire mousser, bref, ceux qui considèrent l'homme comme un être exclusivement préoccupé par le fait d'accumuler des ressources (biens, argent, puissance, ego) et qui ferait mieux d'assumer sa nature fondamentalement égoïste au lieu de la cacher sous les oripeaux d'une imaginaire vertu.
Un conflit entre deux visions très manichéennes de l'être humain.

Et pas grand-chose d'autre que des lectures poussées à l'extrême de l'une ou l'autre de ces visions. Comme s'il n'était pas possible de proposer une recette qui valide l'être humain comme capable de don gratuit, mais qui n'en conclurait pas pour autant à la pertinence d'apprendre à se donner jusqu'à la mort prématurée le sourire aux lèvres.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par isadora le Ven 19 Fév 2016 - 15:26

lecture conseillée : Dominique Loreau : l'infiniment peu. édition J'ai Lu 6,90 € en librairie.

isadora
Inconditionnel
Inconditionnel

Messages : 491
Date d'inscription : 04/09/2011
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Suce ces p'tits Bleus ! le Ven 19 Fév 2016 - 15:31

Il y a le sacrifice et le mourir pour des idées d'accord, mais de mort lente. J'essaye juste d'être quelqu'un de bien, avec mes modestes moyens, et de tendre la main pour ceux qui veulent la saisir.

Suce ces p'tits Bleus !
Vieux de la vieille
Vieux de la vieille

Messages : 7795
Date d'inscription : 28/03/2013
Localisation : Une note de musique qui débite en 74.

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Lun 22 Fév 2016 - 14:01

isadora a écrit:lecture conseillée : Dominique Loreau : l'infiniment peu. édition J'ai Lu 6,90 € en librairie.

Je connais; ce n'est pas vraiment le sujet.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Lun 22 Fév 2016 - 15:30

Nous n'avons pas besoin de grand-chose pour nous, mais le besoin impérieux de combattre pour un monde plus juste; peut-être égoïstement par terreur de nous retrouver dans un monde injuste où nous ne pourrions pas survivre.
Mais, avoir bientôt 40 ans signifie non pas que je devienne vieux dans ma tête mais que je comprends que je n'aurai pas le temps de tout faire, en tout état de cause. Peut-être même pas de récolter un peu de ce que nous semons.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par fleur_bleue le Mar 23 Fév 2016 - 11:10

Ouais, peut-être, mais de toute façon tu ne sauveras pas le monde tout seul ni en te tuant à la tâche, Fusain. Et je crois que c'est ça que tu n'arrives pas à accepter. Tu sais quoi, tu auras beau bosser constamment, sans répit et jusqu'à l'âge de 100 ans (en imaginant que tu vives aussi longtemps), tu n'arriveras pas à TOUT faire. Tu n'es pas un super-héros non plus. Donc il faudrait que tu acceptes vraiment que tes capacités sont limitées, que tu es un être humain comme tous les autres qui a besoin aussi de repos, et que cela ne diminue pas ta valeur en tant qu'être humain engagé pour une cause de respecter tes besoins physiques (nourriture, repos, sommeil).
Le problème, c'est qu'on peut te dire ça ici, mais ce ne sera pas suffisant pour changer un schéma de pensée aussi profondément ancré que c'est le cas chez toi. Tu trouveras toujours des arguments contre, en mettant en avant l'urgence des changements que tu défends. Ces arguments sont vrais, ils sont valables, mais ce que tu n'arrives pas à intégrer, c'est qu'il y a quelque chose entre "l'égoïsme je m'en foutiste" et "l'engagement jusqu'à en mourir". Au fond, ces derniers ne font pas avancer grand-chose non plus, parce que même s'ils gagnent en intensité, ils perdent en durabilité. Et finalement, c'est la durabilité d'un engagement qui va compter davantage.

fleur_bleue
Vieux de la vieille
Vieux de la vieille

Messages : 3766
Date d'inscription : 18/09/2012
Age : 33
Localisation : Paris

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Mer 24 Fév 2016 - 22:27

Je ne m'imagine pas un seul instant sauver le monde à moi tout seul, mais ce que je vois, c'est que le seul motif d'espérance, on le trouve dans les gens qui s'engagent, justement...
Continuer, c'est s'épuiser, mais arrêter c'est déprimer. Même quand je ne fais rien, je ne me repose pas l'esprit, il est sans cesse occupé par ce qu'il pourrait faire, devrait faire... Le schéma, c'est: si tu n'es pas content d'un truc, bats-toi contre. Et le monde qui s'annonce est tellement épouvantable que je n'ose pas arrêter, des fois que.

En même temps comment veux-tu faire ? Des personnes qui te font des interventions sur la nécessité d'avoir une "écologie personnelle", de "redonner sa place au repos, au temps voué à autre chose qu'à la production" sont aussi les premiers à te demander d'intervenir pour une session, un atelier, une sortie qui va nécessiter de se lever à 7h le dimanche en pleine saison de terrain, cad au moment où du lundi au vendredi, parfois au samedi, je me lève à 5 et me couche à minuit. Et dire non ne serait-ce qu'une fois, c'est être rayé des réseaux et se trouver bientôt dans l'impossibilité de faire ce qu'on veut faire, porter sa parole... Regarde, le WE dernier nous avions deux événements sur le thème de l'écologie qui se télescopaient, l'un sur Lyon l'autre près de Moulins; nous avons choisi le second pour des raisons professionnelles; résultat une personne présente à l'autre nous a envoyé une dure semonce nous accusant de "manque de motivation consternant" et de "refus de trouver des solutions face à des soi-disant impératifs en réalité négociables". J'ai évidemment contre-attaqué en lui signifiant sèchement que nous étions bloqués par un impératif de travail, donc non négociable quoi qu'elle en pense... Depuis, plus aucune nouvelle de ce réseau, il est clair que nous en avons été exclus à son instigation.

Tiens, là, alors que j'étais en train de 1/ retoucher une trame d'intervention prévue pour le 1er mai, 2/ accuser réception d'un projet de mise en réseau d'associations tout en demandant 3/ si on n'allait pas bientôt recevoir le CR d'une réunion de préparation d'une table ronde prévue pour le 29 mars, un ami se pointe sur FB pour me demander si je peux prendre au débotté un tour de chronique blog radio vendredi matin - une intervention de 3 minutes à préparer sur l'actu. Là quand même j'ai dit non. Qui plus est, Madame, qui est aspie avec ce que ça implique en termes de ras-le-bol d'événements sociaux, est KO debout et pas mal de choses me retombent dessus... alors que je ne vaux pas tellement mieux.

On est dans le tourbillon et on peut très, très difficilement "dire non en partie".

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par licorneau le Jeu 25 Fév 2016 - 20:51

Je n'ai pas lu vos interventions, je poste juste un lien vers une très intéressante Vidéo de Mensa sur le burn-out.


licorneau
Zébré et vacciné
Zébré et vacciné

Messages : 1446
Date d'inscription : 03/07/2014
Localisation : A l'arrière du front, entre mes oreilles.

http://www.zebrascrossing.net/t22633-revisions-d-un-homme-parmi-

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 26 Fév 2016 - 0:41

Merci, mais j'ai toujours ce côté chiant: je ne regarde pas les vidéos "où des gens parlent" (que ce soit des confs en bonne et due forme ou pas), surtout pendant 1h 36: je n'ai pas le temps.
S'il y a le texte quelque part, je suis preneur. Et ça ne me prendra pas 1h 36 de le lire, et qui plus est je pourrais alors m'arrêter, revenir, réfléchir, annoter.
Là, non. Cet effort je le fais pour une vraie conf-débat à laquelle je suis physiquement présent.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par licorneau le Ven 26 Fév 2016 - 1:26

Alors pour le peu que j'ai lude ce topic, et en lecture, il y a :
"Adultes sensible et doués, trouver sa place au travail et s'épanouir".
D'Arielle Adda et Thierry Brunel.
Pour avoir des commentaires, c'est là :http://adulte-surdoue.fr/livres-articles/livre-adultes-sensibles-doues-travail-t5788.html
Et comme tu adores çà geek Il me semble même qu'une vidéo reprend l'essentiel du livre.

licorneau
Zébré et vacciné
Zébré et vacciné

Messages : 1446
Date d'inscription : 03/07/2014
Localisation : A l'arrière du front, entre mes oreilles.

http://www.zebrascrossing.net/t22633-revisions-d-un-homme-parmi-

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 26 Fév 2016 - 7:59

Merci, je vais aller lire ça.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 26 Fév 2016 - 8:02

Je suis aussi en train de lire "Le burn-out, une maladie du don" de Pascal Ide qui examine le BO dans une perspective chrétienne (le bouquin est spécifiquement axé sur le BO des prêtres et des personnes engagées en Eglise). Mais plus ça va plus je conclus que je ne suis pas en état de BO, tout au plus de pré-BO, mais encore très loin de l'étape caractéristique du cynisme démotivé. Je l'ai connue dans mon précédent BO en 2007. Ici il ne s'agit "que" d'épuisement par incapacité à dire non, à renoncer à être partout où il se fait quelque chose qui m'intéresse et me paraît grave et important, et à déconnecter par moments pour me reposer.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Ven 26 Fév 2016 - 23:14

Pourquoi faire respecter ses besoins par les autres, pourquoi s'accorder du prix ?
Dans notre non-société, chaque individu accorde une importance sans aucunes limites à lui-même: il se considère comme Tout, et réciproquement il lui apparaît tout aussi naturel que l'autre ne soit rien (ou rien de plus que l'utilité qu'il peut avoir pour Nous).
J'ai donc le choix entre jouer ce jeu et me prendre comme les autres pour le nombril de l'univers, ou bien demander à voir respecter une règle qui est hors des schémas de pensée de ce temps, celle qui accorde une égale valeur et dignité à tout homme. L'incompréhension est totale. Les personnes dont les exigences me mettent là où je suis ne comprennent véritablement pas et sont sincèrement choquées que je leur demande de prendre en compte mes limites, mon épuisement ou tout simplement mon manque de temps. Elles n'ont pas à tenir compte de choses pareilles, me disent-elles, ça ne se fait pas de faire une telle demande, il n'existe pas de valeur partagée qui justifierait qu'elles me respectent, fût-ce dans mon intégrité physique.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Invité le Dim 28 Fév 2016 - 22:35

Question numéro un: de quand date la dernière fois où vous avez conseillé à quelqu'un d'oser dire non pour se préserver ?

Vous allez voir que c'est très fréquent.

Question deux: de quand date la dernière fois où quelqu'un vous a effectivement dit non manifestement pour se préserver, soit qu'il vous l'ait dit, soit que vous ayez des raisons de le subodorer ?

Vous allez voir que c'est rarissime: ça ne se fait pas. Tout le monde le conseille mais ça ne se fait pas, en vrai. Pas plus que de pisser en pleine rue.

Question trois: de quand date la dernière fois où vous avez accepté le fait que quelqu'un vous dise non toujours pour ce genre de raisons ?

Je ne sais pas ce qu'il en est de vous qui lisez ce topic.
Mais je suis sûr que, comme moi, vous connaissez pas mal de monde qui pratique fréquemment le point 1 (conseiller) mais jamais le point 3 (accepter).

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par licorneau le Dim 28 Fév 2016 - 23:39

Il m'a fallu attendre 55 ans pour trouver trois personnes avec qui le non est proposé, compris et accepté. que je dise mon non ou que ce soit l'autre.
Ce sont trois personnes que j'ai rencontré via ce forum et avec qui la relation dure depuis 2 ans et plus.

C'est un grand réconfort de savoir que l'autre va non seulement comprendre et accepter, mais qu'en plus, il ne demandera aucune explication autres que celles que le demandeur annonce. Quelquefois, il peut ne pas y avoir d'explication du tout, simplement un message disant la mise en retrait. Il n'y a jamais aucune pression pour mettre fin à ce non. Le silence peut alors durer des semaines. et à la sortie, aucune attente quant au pourquoi du non.
Nous ne culpabilisons jamais quand l'autre dit non.
Il n'y a jamais eu de discussion quant à l'énoncée d'un règle pour fonctionner ainsi.
C'est une chance d'avoir de telles relations, je suis chanceux.

Je n'ai jamais rencontré ça qu'avec ces personnes.

Trois dans une vie, c'est peu, mais c'est énorme aussi de part l'immense confiance, de la connaissance, de lacceptation de l'autre que ça sous tend. Une forme d'amour inconditionnel aussi.

Tu poses ces questions et ces constats sur un fil traitant du burn out.
Est-ce à dire que l’empathie dont tu es capable peut t'amener au burn out, en dehors du cadre pro ?

Pour ma part, c'est le cas.

licorneau
Zébré et vacciné
Zébré et vacciné

Messages : 1446
Date d'inscription : 03/07/2014
Localisation : A l'arrière du front, entre mes oreilles.

http://www.zebrascrossing.net/t22633-revisions-d-un-homme-parmi-

Revenir en haut Aller en bas

Re: Epuisement et crise de la quarantaine

Message par Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 15:25


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 6 sur 8 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum