Epuisement et crise de la quarantaine

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Message par Fata Morgana le Sam 5 Déc 2015 - 11:28

Fusain, tu as réponse à tout. On a fait de notre mieux ! Wink

Voici les questions que je me pose.
Oui, cela fait partie de mes questions. Nous arrivons à un seuil où tout est tellement bloqué, intriqué et nous (en tout cas moi) avons si peu de manettes dans les mains...

"Sortez d'elle (Babylone) de crainte d'avoir à souffrir de ses plaies."

Personnellement je m'occupe du voisinage - Albert totalement dépressif et mutique, Christiane, cancéreuse, qui vient de perdre son conjoint par suicide, Philippe, qui ne s'est jamais remis du décès de sa femme et a tendance à boire et de temps en temps mon fils autiste. Gilbert, qui crève de solitude... Tout ça en étant moi-même handicapé. Je me dis ça: que tout le monde le fasse. Mais en même temps, je sais que tout le monde ne le fera pas.
Et je ne fais pas plus pour l'instant au risque de me déséquilibrer moi-même.

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Message par Petitagore le Sam 5 Déc 2015 - 12:07

Fusain a écrit:Mais tout ce que toi et les autres dites là, qu'il est normal de limiter le nombre et l'ampleur de ses engagements et dire non quand la limite est atteinte, c'est ce qu'on dit toujours quand on aborde le sujet sous cet angle, mais quand une demande se présente, on ne peut pas utiliser cet argument. Socialement, ça ne se dit pas, ça ne se fait pas plus que de poser culotte au milieu d'un salon.

I beg to differ. Non seulement on peut le faire, mais à mon avis cet argument est très généralement compris par l'interlocuteur, sauf mauvaise foi crasse de sa part. Quant à ceux qui sincèrement ne comprennent pas... ben c'est que sur ce point leurs capacités de raisonnement atteignent leurs limites (parfois pour des raisons légitimes, d'ailleurs; genre, ils sont en train de crever et ils implorent une aide que je ne peux leur donner; c'est navrant, mais le problème -- ils sont en train de crever -- est quand même bel et bien chez eux, pas dans mon âme; ce n'est pas parce qu'il est insoluble pour eux, ce qui certes me navre mais n'y change rien, que je dois le laisser m'atteindre: ce n'est pas en faisant une dépression nerveuse que je me rendrai plus utile, bien au contraire).

Le problème n'est pas là; il est de réussir à avoir l'esprit tranquille ne serait-ce que deux heures par jour ou un jour par quinzaine, alors que etc. Explique-moi comment tu stoppes les pensées relatives aux "problèmes du monde" sur commande, deux heures par jour. Si tu me donnes un truc autre que s'absorber dans un jeu vidéo débile, ce sera avec grand plaisir, mais on ne sait plus faire.

Mon nombril n'intéresse que moi:
Personnellement, j'aime bien m'absorber dans la programmation; la chasse aux erreurs de pointeur en C++, ça change bien les idées; à la rigueur, on peut voir ça comme une version intello du jeu vidéo, mais justement, c'est une version intello et elle n'est pas débile.

Ma solution personnelle ne te convenant probablement pas, j'ai quand même assez envie de t'en suggérer une que je ne pourrais pas proposer à un athée (même que c'est une raison de le plaindre) mais qui devrait, en principe, fonctionner pour quelqu'un qui a foi en la transcendance whatever it is. Quand je me dis que les choses ne s'amélioreront pas de mon vivant, voire que l'humanité est déjà foutue (ce qui n'est quand même pas absolument certain)... eh bien il me reste la possibilité de me dire que notre système solaire est un parmi cent milliards d'autres dans la Voie lactée, que la Voie lactée est une galaxie parmi cent milliards d'autres, que l'âge de l'humanité se compte en centaines de milliers d'années alors que celui de l'univers quand il atteindra partout 0 degré Kelvin se comptera en dizaines de milliards; et que s'il y a bien une volonté quelconque en charge de tout ce grand bazar et ayant l'éternité devant elle (c'est bien ce que tu es censé croire, non?), ben faut lui laisser le temps de bosser et avoir confiance en sa compétence, qui me paraît assez indéniable (un athée ne serait pas d'accord avec moi sur ce point, je l'en plains mais après tout c'est lui qui a choisi de voir les choses d'une façon déprimante).

Mon nombril n'intéresse que moi mais il est cohérent:
Quand je débogue mon listing en C++, ça me prend un temps fou pendant lequel le programme merde grave. Mais ça ne me déprime pas. Je connais ma compétence, et je sais que je vais finir par m'en sortir, faut juste me laisser le temps de bosser.

Eh bien, le Grand Bazar qui est censé organiser l'univers, le G:.A:.D:.L:.U:. comme disent les francs-macs  Very Happy , c'est pareil: faut lui laisser le temps de bosser. Je crois qu'il sait ce qu'il fait (quand je dis "je crois", ça veut dire "j'ai assez l'impression", rien de plus, mais ça suffit quand même à me tranquilliser; toi, si c'est plus dans ton tempérament, tu peux parfaitement dire "je crois" façon "Credo", avec emphase, enthousiasme, exaltation et cette fameuse foi qui est censée soulever les montagnes; pour une fois qu'elle servirait vraiment à quelque chose!). Oui, le Grand Architecte De L'Univers, il prend son temps. Mais comme il a l'éternité devant lui et que nous avons de sérieuses raisons de penser qu'il en use déjà depuis des milliards d'années, je crois qu'il faut apprendre à être un peu patient avec lui...
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Message par Invité le Dim 6 Déc 2015 - 8:44

eh bien il me reste la possibilité de me dire que notre système solaire est un parmi cent milliards d'autres dans la Voie lactée, que la Voie lactée est une galaxie parmi cent milliards d'autres, que l'âge de l'humanité se compte en centaines de milliers d'années alors que celui de l'univers quand il atteindra partout 0 degré Kelvin se comptera en dizaines de milliards; et que s'il y a bien une volonté quelconque en charge de tout ce grand bazar et ayant l'éternité devant elle (c'est bien ce que tu es censé croire, non?), ben faut lui laisser le temps de bosser et avoir confiance en sa compétence, qui me paraît assez indéniable

Possible, mais là, je n'ai pas envie de vivre certains cauchemars qui sont juste devant nous. Ni moi, ni mes proches, ni les enfants que j'espère avoir.

Parfois, je me demande si tout simplement, ce n'est pas foutu, si ce n'est pas juste ma vocation d'aller sur ce chemin jusqu'à l'autodestruction, entouré de personnes me regardant d'un air sévère de ne pas y aller assez vite et qui, quand tout sera accompli, concluront d'un air agacé: "quand même, il ne se bougeait pas trop le cul". C'est ce qu'on dit généralement d'une personne en phase finale de burn-out.

C'est peut-être simplement ça. Mon lot, ma place. Et il n'y aurait rien à y redire, après tout, tout le monde a ses problèmes, peu de gens sont heureux, "arrête de te plaindre, assume tes responsabilités, mange ta merde, c'est la vie qui veut ça et c'est pas près de changer".
L'espérance, c'est pour les autres. Au profit des autres. Il y a ceux qu'on consomme et qu'on jette, et après tout, c'est peut-être juste. Faut bien qu'il y en ait, non ?

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Message par fleurblanche le Dim 6 Déc 2015 - 14:17

si ce n'est pas juste ma vocation d'aller sur ce chemin jusqu'à l'autodestruction, entouré de personnes me regardant d'un air sévère de ne pas y aller assez vite et qui, quand tout sera accompli, concluront d'un air agacé: "quand même, il ne se bougeait pas trop le cul".

"arrête de te plaindre, assume tes responsabilités, mange ta merde, c'est la vie qui veut ça et c'est pas près de changer".

Tu laisses les commandes de ta vie aux mains des autres ? Ce sont les autres qui décident pour toi de la direction dans laquelle doit aller ta vie ?

Pourquoi laisses-tu tant de pouvoir aux autres sur ta vie ? !

Ré-appropries-toi ta vie !

Par ailleurs, je ne sais pas si tu as abordé la question de l'accompagnement, mais à mon avis, si tu as du mal à t'en sortir seul, tu devrais te faire aider sous 2 angles : un accompagnement psychologique, et un accompagnement spirituel.
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Message par Invité le Dim 6 Déc 2015 - 21:45

Vivons-nous seuls, sur des îles désertes ?
En outre, je n'ai pas dit que c'étaient les autres qui avaient choisi cette vocation pour moi. Je constate simplement qu'ils n'y voient rien de scandaleux. Et que moi, je n'arrive pas à arrêter.
N'est-ce pas cela qu'on appelle le service ? (ça peut prendre des tas de formes, le service de ceux qui sont très proches, comme fait Fata; je ne sais pas faire, trop handicapé des relations sociales et dépourvu tant d'humilité que de comprenette; alors je fais autrement, là où ça m'est plus facile).

Je sais que je devrais poser des limites, laisser agir Celui qui peut tout, mais je me connais. Je verserais dans la paresse tout de suite. Oh, la belle excuse, que celle de se dire qu'on est sauvé par Lui ! Hé, c'est pas une raison pour moins trimer ici-bas.

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Message par Invité le Jeu 18 Fév 2016 - 8:25

Trois mois et demi plus tard, pas un pas de fait.

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Message par Petitagore le Jeu 18 Fév 2016 - 9:03

En tout cas on est contents de te revoir ici... Very Happy
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Message par Invité le Jeu 18 Fév 2016 - 11:57

M'wais. Je ne sais pas ce qui en sortira.
Je ne vois pas comment dire non à un engagement, ou ne pas me sentir concerné par une info, une nouvelle, une problématique. Le burn-out se matérialise par un comportement cynique, désabusé, où l'on juge vain jusqu'au méprisable ce pour quoi on a tout donné: de ce point de vue, clairement, je n'y suis pas, c'est même tout le contraire. Tout ce que je lis me paraît nécessiter une réaction, l'entrée en combat, pour empêcher la survenue d'un monde cauchemardesque (et notamment invivable pour moi-même, ma femme, et les enfants que nous ne désespérons pas d'avoir). La phase cynique, je l'ai connue dans mon précédent burn-out, il y a près de dix ans. Là, non. Est-ce que c'est ça l'espérance, est-ce que c'est ça "être porté par" je ne sais Qui, c'est possible, mais, tout en étant épouvanté par la pente que suit le monde et notamment notre pauvre pays, je n'imagine pas un seul instant lâcher l'affaire; parce que la seule chance que quelques catastrophes soient évitées, c'est que suffisamment de microbes dans mon genre refusent l'à quoi bonisme et fassent bloc. Il n'y a pas à se demander quelles sont nos chances de succès pour doser notre engagement en conséquence, parce que c'est une formule circulaire: les deux s'engendrent mutuellement.

"Si quelque chose te déplaît, te révolte, fais quelque chose contre. Ou alors assume la survenue de la chose comme si tu l'avais toi-même causée ou permise. Car si insignifiant que tu sois, si la chose est arrivée, c'est à cause de la passivité de myriades de personnes comme toi, insignifiantes une à une, mais qui, unies, auraient eu la force de s'y opposer".

Tel est mon moteur. Ainsi, plus j'agis - et rencontre ainsi d'autres personnes agissantes - plus je constate que nos chances de construire un monde meilleur, plus humain, plus sobre, plus doux, plus juste, tel que j'aimerais y vivre, augmentent avec le nombre d'engagés et l'intensité de leur engagement, et plus j'agis (et je sais très bien qu'aux yeux de certains, mon combat est inepte et même nuisible, et tant pis...) et ainsi de suite.
Mais cela ne me laisse ni temps ni force pour quoi que ce soit d'autre, le corps est épuisé. C'est passionnant mais épuisant, et très anxiogène aussi: on se tient au courant de toutes les saloperies du monde et on tente d'en contrebattre le plus possible...
Je ne vois pas une polémique, une injustice, sans vouloir au moins être capable d'avoir un discours, une contre-proposition cohérents...

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Message par fleur_bleue le Jeu 18 Fév 2016 - 16:31

C'est ce côté anxiogène je crois le problème: tu sens l'urgence, ce qui crée de l'angoisse et du coup, tu ne t'autorises pas la récupération nécessaire pour que le corps puisse suivre. Mécanisme assez logique, tu rassembles ton énergie pour combattre, dans une sorte de réaction de survie. Si c'était quelque chose de courte durée, ça passerait sans problème, mais comme ça dure des années déjà, tu t'épuises sans te laisser le temps de reconstituer tes réserves. Et tu n'acceptes pas d'avoir besoin de ce temps de récupération! Peut-être que le truc ce n'est pas tellement de faire "moins", mais de mieux accepter les temps de récupération que tu as déjà? Puis d'apprendre à angoisser moins, non pas dans un sens "je m'en fous", mais dans un sens "je fais de mon mieux, tout en accordant à mon corps le temps de repos nécessaire pour avoir l'énergie qui me permettra de continuer à me battre"...

J'espère que ça ne paraît pas trop fumeux ce que je viens d'écrire. Neutral
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Message par Invité le Ven 19 Fév 2016 - 0:05

Quels temps de récupération peut-il y avoir quand les pensées minent ?
Déjà que je ne m'engage pas sur 5% des causes qui me révoltent.
J'ai lu que le fond du problème était de ne pas savoir se donner sans amour. Qu'à partir du moment où on le fait, on s'autodétruit tout aussi sûrement dans le don de soi sans aucune attention accordée à son propre temps de récupération etc, mais qu'on n'en souffre pas, donc que ce n'est pas un problème; que la clé, la vraie, est de savoir tout donner jusqu'à mourir d'épuisement vers 40-50 ans sans même y prendre garde. Notre société serait tout naturellement amenée à consumer des personnes chargées de ce genre de mission.

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Message par Petitagore le Ven 19 Fév 2016 - 0:44

Fusain a écrit:J'ai lu que le fond du problème était de ne pas savoir se donner sans amour. Qu'à partir du moment où on le fait, on s'autodétruit tout aussi sûrement dans le don de soi sans aucune attention accordée à son propre temps de récupération etc, mais qu'on n'en souffre pas, donc que ce n'est pas un problème; que la clé, la vraie, est de savoir tout donner jusqu'à mourir d'épuisement vers 40-50 ans sans même y prendre garde. Notre société serait tout naturellement amenée à consumer des personnes chargées de ce genre de mission.

Hein? Sans rire? Et t'as lu ça où?

Si c'est sur ZC, ça serait pas la première absurdité qu'on y trouverait...

Admettons qu'il y ait des gens assez frappés pour écrire de telles choses. Ben heureusement, il y en a d'autres, pourquoi choisir ceux-là?

Mauvaises lectures, changer de lectures...
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Message par Invité le Ven 19 Fév 2016 - 14:12

Le problème, c'est que les choses qu'on peut lire sur le burn-out ou les divers stades d'épuisement se répartissent grosso modo autour de deux pôles: ceux qui croient à la gratuité du don mais qui du coup ont tendance à conclure, comme je le citais plus haut, qu'il "suffit" de ne pas perdre la boussole de la gratuité, de l'amour et tout et tout, et qu'alors, peu importe ce qui nous arrive concrètement puisqu'on n'en souffre pas - et de fait, on ne va pas aller à l'encontre de la volonté de don d'une personne qui, tout en se ruinant la santé, a l'air épanouie et n'a aucune envie de s'économiser. Ou alors, autre pôle, ceux pour qui la gratuité du don est une ignoble hypocrisie, le don de soi rien d'autre qu'une tentative particulièrement perverse de se valoriser, de se faire mousser, bref, ceux qui considèrent l'homme comme un être exclusivement préoccupé par le fait d'accumuler des ressources (biens, argent, puissance, ego) et qui ferait mieux d'assumer sa nature fondamentalement égoïste au lieu de la cacher sous les oripeaux d'une imaginaire vertu.
Un conflit entre deux visions très manichéennes de l'être humain.

Et pas grand-chose d'autre que des lectures poussées à l'extrême de l'une ou l'autre de ces visions. Comme s'il n'était pas possible de proposer une recette qui valide l'être humain comme capable de don gratuit, mais qui n'en conclurait pas pour autant à la pertinence d'apprendre à se donner jusqu'à la mort prématurée le sourire aux lèvres.

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Message par isadora le Ven 19 Fév 2016 - 15:26

lecture conseillée : Dominique Loreau : l'infiniment peu. édition J'ai Lu 6,90 € en librairie.
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Message par Invité le Ven 19 Fév 2016 - 15:31

Il y a le sacrifice et le mourir pour des idées d'accord, mais de mort lente. J'essaye juste d'être quelqu'un de bien, avec mes modestes moyens, et de tendre la main pour ceux qui veulent la saisir.

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Message par Invité le Lun 22 Fév 2016 - 14:01

isadora a écrit:lecture conseillée : Dominique Loreau : l'infiniment peu. édition J'ai Lu 6,90 € en librairie.

Je connais; ce n'est pas vraiment le sujet.

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Message par Invité le Lun 22 Fév 2016 - 15:30

Nous n'avons pas besoin de grand-chose pour nous, mais le besoin impérieux de combattre pour un monde plus juste; peut-être égoïstement par terreur de nous retrouver dans un monde injuste où nous ne pourrions pas survivre.
Mais, avoir bientôt 40 ans signifie non pas que je devienne vieux dans ma tête mais que je comprends que je n'aurai pas le temps de tout faire, en tout état de cause. Peut-être même pas de récolter un peu de ce que nous semons.

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Message par fleur_bleue le Mar 23 Fév 2016 - 11:10

Ouais, peut-être, mais de toute façon tu ne sauveras pas le monde tout seul ni en te tuant à la tâche, Fusain. Et je crois que c'est ça que tu n'arrives pas à accepter. Tu sais quoi, tu auras beau bosser constamment, sans répit et jusqu'à l'âge de 100 ans (en imaginant que tu vives aussi longtemps), tu n'arriveras pas à TOUT faire. Tu n'es pas un super-héros non plus. Donc il faudrait que tu acceptes vraiment que tes capacités sont limitées, que tu es un être humain comme tous les autres qui a besoin aussi de repos, et que cela ne diminue pas ta valeur en tant qu'être humain engagé pour une cause de respecter tes besoins physiques (nourriture, repos, sommeil).
Le problème, c'est qu'on peut te dire ça ici, mais ce ne sera pas suffisant pour changer un schéma de pensée aussi profondément ancré que c'est le cas chez toi. Tu trouveras toujours des arguments contre, en mettant en avant l'urgence des changements que tu défends. Ces arguments sont vrais, ils sont valables, mais ce que tu n'arrives pas à intégrer, c'est qu'il y a quelque chose entre "l'égoïsme je m'en foutiste" et "l'engagement jusqu'à en mourir". Au fond, ces derniers ne font pas avancer grand-chose non plus, parce que même s'ils gagnent en intensité, ils perdent en durabilité. Et finalement, c'est la durabilité d'un engagement qui va compter davantage.
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Message par Invité le Mer 24 Fév 2016 - 22:27

Je ne m'imagine pas un seul instant sauver le monde à moi tout seul, mais ce que je vois, c'est que le seul motif d'espérance, on le trouve dans les gens qui s'engagent, justement...
Continuer, c'est s'épuiser, mais arrêter c'est déprimer. Même quand je ne fais rien, je ne me repose pas l'esprit, il est sans cesse occupé par ce qu'il pourrait faire, devrait faire... Le schéma, c'est: si tu n'es pas content d'un truc, bats-toi contre. Et le monde qui s'annonce est tellement épouvantable que je n'ose pas arrêter, des fois que.

En même temps comment veux-tu faire ? Des personnes qui te font des interventions sur la nécessité d'avoir une "écologie personnelle", de "redonner sa place au repos, au temps voué à autre chose qu'à la production" sont aussi les premiers à te demander d'intervenir pour une session, un atelier, une sortie qui va nécessiter de se lever à 7h le dimanche en pleine saison de terrain, cad au moment où du lundi au vendredi, parfois au samedi, je me lève à 5 et me couche à minuit. Et dire non ne serait-ce qu'une fois, c'est être rayé des réseaux et se trouver bientôt dans l'impossibilité de faire ce qu'on veut faire, porter sa parole... Regarde, le WE dernier nous avions deux événements sur le thème de l'écologie qui se télescopaient, l'un sur Lyon l'autre près de Moulins; nous avons choisi le second pour des raisons professionnelles; résultat une personne présente à l'autre nous a envoyé une dure semonce nous accusant de "manque de motivation consternant" et de "refus de trouver des solutions face à des soi-disant impératifs en réalité négociables". J'ai évidemment contre-attaqué en lui signifiant sèchement que nous étions bloqués par un impératif de travail, donc non négociable quoi qu'elle en pense... Depuis, plus aucune nouvelle de ce réseau, il est clair que nous en avons été exclus à son instigation.

Tiens, là, alors que j'étais en train de 1/ retoucher une trame d'intervention prévue pour le 1er mai, 2/ accuser réception d'un projet de mise en réseau d'associations tout en demandant 3/ si on n'allait pas bientôt recevoir le CR d'une réunion de préparation d'une table ronde prévue pour le 29 mars, un ami se pointe sur FB pour me demander si je peux prendre au débotté un tour de chronique blog radio vendredi matin - une intervention de 3 minutes à préparer sur l'actu. Là quand même j'ai dit non. Qui plus est, Madame, qui est aspie avec ce que ça implique en termes de ras-le-bol d'événements sociaux, est KO debout et pas mal de choses me retombent dessus... alors que je ne vaux pas tellement mieux.

On est dans le tourbillon et on peut très, très difficilement "dire non en partie".

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Message par Invité le Jeu 25 Fév 2016 - 20:51

Je n'ai pas lu vos interventions, je poste juste un lien vers une très intéressante Vidéo de Mensa sur le burn-out.


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Message par Invité le Ven 26 Fév 2016 - 0:41

Merci, mais j'ai toujours ce côté chiant: je ne regarde pas les vidéos "où des gens parlent" (que ce soit des confs en bonne et due forme ou pas), surtout pendant 1h 36: je n'ai pas le temps.
S'il y a le texte quelque part, je suis preneur. Et ça ne me prendra pas 1h 36 de le lire, et qui plus est je pourrais alors m'arrêter, revenir, réfléchir, annoter.
Là, non. Cet effort je le fais pour une vraie conf-débat à laquelle je suis physiquement présent.

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Message par Invité le Ven 26 Fév 2016 - 1:26

Alors pour le peu que j'ai lude ce topic, et en lecture, il y a :
"Adultes sensible et doués, trouver sa place au travail et s'épanouir".
D'Arielle Adda et Thierry Brunel.
Pour avoir des commentaires, c'est là :http://adulte-surdoue.fr/livres-articles/livre-adultes-sensibles-doues-travail-t5788.html
Et comme tu adores çà geek Il me semble même qu'une vidéo reprend l'essentiel du livre.

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Message par Invité le Ven 26 Fév 2016 - 7:59

Merci, je vais aller lire ça.

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Message par Invité le Ven 26 Fév 2016 - 8:02

Je suis aussi en train de lire "Le burn-out, une maladie du don" de Pascal Ide qui examine le BO dans une perspective chrétienne (le bouquin est spécifiquement axé sur le BO des prêtres et des personnes engagées en Eglise). Mais plus ça va plus je conclus que je ne suis pas en état de BO, tout au plus de pré-BO, mais encore très loin de l'étape caractéristique du cynisme démotivé. Je l'ai connue dans mon précédent BO en 2007. Ici il ne s'agit "que" d'épuisement par incapacité à dire non, à renoncer à être partout où il se fait quelque chose qui m'intéresse et me paraît grave et important, et à déconnecter par moments pour me reposer.

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Message par Invité le Ven 26 Fév 2016 - 23:14

Pourquoi faire respecter ses besoins par les autres, pourquoi s'accorder du prix ?
Dans notre non-société, chaque individu accorde une importance sans aucunes limites à lui-même: il se considère comme Tout, et réciproquement il lui apparaît tout aussi naturel que l'autre ne soit rien (ou rien de plus que l'utilité qu'il peut avoir pour Nous).
J'ai donc le choix entre jouer ce jeu et me prendre comme les autres pour le nombril de l'univers, ou bien demander à voir respecter une règle qui est hors des schémas de pensée de ce temps, celle qui accorde une égale valeur et dignité à tout homme. L'incompréhension est totale. Les personnes dont les exigences me mettent là où je suis ne comprennent véritablement pas et sont sincèrement choquées que je leur demande de prendre en compte mes limites, mon épuisement ou tout simplement mon manque de temps. Elles n'ont pas à tenir compte de choses pareilles, me disent-elles, ça ne se fait pas de faire une telle demande, il n'existe pas de valeur partagée qui justifierait qu'elles me respectent, fût-ce dans mon intégrité physique.

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Message par Invité le Dim 28 Fév 2016 - 22:35

Question numéro un: de quand date la dernière fois où vous avez conseillé à quelqu'un d'oser dire non pour se préserver ?

Vous allez voir que c'est très fréquent.

Question deux: de quand date la dernière fois où quelqu'un vous a effectivement dit non manifestement pour se préserver, soit qu'il vous l'ait dit, soit que vous ayez des raisons de le subodorer ?

Vous allez voir que c'est rarissime: ça ne se fait pas. Tout le monde le conseille mais ça ne se fait pas, en vrai. Pas plus que de pisser en pleine rue.

Question trois: de quand date la dernière fois où vous avez accepté le fait que quelqu'un vous dise non toujours pour ce genre de raisons ?

Je ne sais pas ce qu'il en est de vous qui lisez ce topic.
Mais je suis sûr que, comme moi, vous connaissez pas mal de monde qui pratique fréquemment le point 1 (conseiller) mais jamais le point 3 (accepter).

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Message par Invité le Dim 28 Fév 2016 - 23:39

Il m'a fallu attendre 55 ans pour trouver trois personnes avec qui le non est proposé, compris et accepté. que je dise mon non ou que ce soit l'autre.
Ce sont trois personnes que j'ai rencontré via ce forum et avec qui la relation dure depuis 2 ans et plus.

C'est un grand réconfort de savoir que l'autre va non seulement comprendre et accepter, mais qu'en plus, il ne demandera aucune explication autres que celles que le demandeur annonce. Quelquefois, il peut ne pas y avoir d'explication du tout, simplement un message disant la mise en retrait. Il n'y a jamais aucune pression pour mettre fin à ce non. Le silence peut alors durer des semaines. et à la sortie, aucune attente quant au pourquoi du non.
Nous ne culpabilisons jamais quand l'autre dit non.
Il n'y a jamais eu de discussion quant à l'énoncée d'un règle pour fonctionner ainsi.
C'est une chance d'avoir de telles relations, je suis chanceux.

Je n'ai jamais rencontré ça qu'avec ces personnes.

Trois dans une vie, c'est peu, mais c'est énorme aussi de part l'immense confiance, de la connaissance, de lacceptation de l'autre que ça sous tend. Une forme d'amour inconditionnel aussi.

Tu poses ces questions et ces constats sur un fil traitant du burn out.
Est-ce à dire que l’empathie dont tu es capable peut t'amener au burn out, en dehors du cadre pro ?

Pour ma part, c'est le cas.

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Message par Invité le Lun 29 Fév 2016 - 2:28

Certain mon dit que je faisais ma crise de la quarantaine a mon age.
Je rigolais, c'était mes zebrures, mais comment le savoir ne le sachant pas moi meme. Je me revulsais moi meme. un oui inatendu peut etre un vrai oui, meme si les raison ne sont pas claires, ni l'objectif.

En tout cas, des NON incompris, un non épanouissement, une frustration permanente, ça mene au burn out. Faut mieux avoir une vie équilibrée pour pas se trouver pieger dans une situation que l'on ne comprend pas. Les situations non vécues mais comprises... je ne sais pas donner de conseil la dessus. ça on sait quand on essaye...

Pour en revenir a cette si belle appréciation du "Non", je dirais, que oui, ces personnes sont assurément de vrai richesses.
Après tout ça est une question de confiance, un NON n'impliquant pas de connaitre le détail, mais les grandes lignes.

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Message par Gabriel le Lun 29 Fév 2016 - 2:41

Fusain a écrit:

Question deux: de quand date la dernière fois où quelqu'un vous a effectivement dit non manifestement pour se préserver, soit qu'il vous l'ait dit, soit que vous ayez des raisons de le subodorer ?

Vous allez voir que c'est rarissime: ça ne se fait pas. Tout le monde le conseille mais ça ne se fait pas, en vrai. Pas plus que de pisser en pleine rue.

.

Je sais dire non, mais les interlocuteurs ne savent pas l'entendre ou l'accepter, notamment au travail. C'est source d'innombrables problèmes.
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Message par EmiM le Lun 29 Fév 2016 - 9:11

@Fusain, maintenant que je lis ce topic, il s'avère que tu aies bien trouvé ton épouse Wink (boutade, mais qui se ressemble s'assemble... Elle ne sait pas dire non, mais apparemment cela te pose quelques soucis aussi....)
Je comprends globalement ce à quoi tu es confronté, et je dois bien reconnaître qu'il y a des personnes à qui dire non est épuisant et inefficace... C'est pourquoi j'en viendrai aux choix des gens dont on s'entoure, s'il est certain de ne pas pouvoir choisir ses collègues de travail, nous avons au moins le choix de "choisir son travail" (je relativise ce propos par les temps qui courent...)
Disons que j'ai tendance à penser qu'il y a plusieurs catégories de personnes, celles qui savent dire non et le respecter et celles qui ne savent pas et que les gens attirent à eux ce qui leur ressemble...
Je pense que si tu savais te respecter, aller au bout de tes "non", tu attirerais des gens qui te ressemblent, mais tu ne respectes pas "tes non" et tu semblent entouré de gens qui ne les respectent pas non plus... Donc pourquoi leur jeter la pierre, quand toi même tu t'imposes la même chose ?
Il ne s'agit jamais de demander à autrui de nous respecter, il s'agit toujours de nous respecter nous-même, et quand nous le faisons pour nous, l'autre ne peut que le faire aussi...
Personnellement je sais dire non et quand autrui me dit non je ne pose pas de questions, je n'insiste pas, je lui dis que c'est pas grave et que je comprends... Les gens qui ne voient les relations qu'à sens unique avec tout pour eux et rien pour les autres, je les exclus de ma vie, ils existent, mais je ne les côtoie pas, je n'ai aucune raison de m'imposer des gens qui ne répondent pas à mes besoins relationnels. Et on en revient aux problèmes que rencontrent ton épouse, puisqu'elle s'impose des personnes qui l'épuisent et toi je ne sais pas dans quelle mesure tu as choisi ces gens dont tu parles, mais la solution est simple, sort-les de ta vie et choisis en d'autres, parce qu'à ce niveau le problème n'est plus une question de "non", mais de qu'est ce qu'on choisit pour soi... Tu n'arrêtes pas de demander ici et là à quoi ça sert de prendre soin de soi, ben ça sert à ça, à choisir de bonnes choses pour soi, afin de recharger les batteries, au lieu de passer son temps à les vider... Et on peut apprendre à charger ses batteries sans que cela soit au détriment des autres, penser à soi pour se préserver n'a rien de négatif, c'est un minimum que l'on fait pour soi, parce que si on ne le fait pas soi-même et bien personne ne peut et ne le fera à notre place. Et c'est comme ça que l'on vit pour soi au lieu de vivre pour les autres, afin de ne pas reprocher aux autres de ne pas penser à nous. Si tu penses à toi, tu arrêteras de te plaindre que les autres ne pensent pas à toi... Je maintiens que tu nous présentes des cas excessifs dont l’égoïsme semble patent, mais il est possible de concilier de penser à soi sans écraser les autres, on peut penser à soi et être altruiste, ce n'est pas antinomique. Quand je te lis j'ai le sentiment que penser à soi fait forcément des gens des caricatures de monstres égoïstes, mais ça c'est l'extrême et avant d'en être là, il y a pleins de possibilités qui peuvent concilier la préservation de soi et l'ouverture à autrui.
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Message par Invité le Lun 29 Fév 2016 - 10:57

Il ne suffit pas de mener sa petite vie en tâchant de ne pas écraser les autres trop fort. Je sais que c'est le credo de notre temps, mais ça ne m'intéresse pas du tout. Etant homme, rien de ce qui est humain ne doit nous être étranger, c'est bien connu, et mener sa barque auto-centrée jusqu'à une retraite paisible, je trouve ça d'un ennui mortel, un truc qui tourne complètement à vide. Nous sommes là pour autre chose que pour s'offrir un bon petit niveau de vie le temps de notre passage ici-bas...

Et on en revient aux problèmes que rencontrent ton épouse, puisqu'elle s'impose des personnes qui l'épuisent et toi je ne sais pas dans quelle mesure tu as choisi ces gens dont tu parles, mais la solution est simple, sort-les de ta vie et choisis en d'autres

Ce sont des gens que je croise là où je m'engage; assos, paroisse, groupes divers, réseaux, que sais-je. Les sortir de ma vie, c'est sortir de ma vie l'asso, le réseau, le groupe... où ils se trouvent comme moi, juste à cause d'eux. On en rencontre çà et là et je ne vais pas me replier sur mon canapé juste à cause de quelques connards imbus...

Vivre pour soi, je le maintiens, ne sert absolument à rien. C'est quoi, moi ? Je suis précieux au point d'être un but en moi-même ? Que dalle. Je vois de l'intérêt à me préserver pour continuer à faire quelque chose, à créer, à proposer, ce que tu voudras, mais pas autre chose.

Maintenant, et je vais d'ailleurs changer le titre du topic, après avoir lu un bouquin sur le BO, je ne suis pas en BO parce que pas du tout tenté par le cynisme. Je suis "juste" épuisé physiquement et n'attendant de l'autre que deux choses:
- d'une part qu'il ne me traite pas de fainéant qui ne se bouge pas le cul sur quoi que ce soit, parce qu'un jour, un seul, je lui ai dit "non, là, stop"; ça me paraît quand même raisonnable, question "quête de reconnaissance";
- d'autre part, que celui qui trouve naturel que je lui accorde son aide, soit également disposé, ponctuellement, à me filer un coup de main quand je suis à mon tour en difficulté sur quelque chose qui nous concerne tous deux, sans qu'il y ait quoi que ce soit de systématique; il ne s'agit pas d'un compte d'apothicaire des renvois d'ascenseur, mais que cela puisse être possible le cas échéant. Là non plus, je n'ai pas l'impression de demander la lune ni de mettre le contre-don au centre, de l'ériger en véritable motif du don. Juste de demander à être respecté par les autres à la hauteur de ce qu'ils attendent de moi, et d'échapper à certaines critiques courantes dans notre monde mais que je ne crois pas mériter.

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Message par Invité le Mer 2 Mar 2016 - 14:35

Je m'aperçois en fait que même quand je suis déjà fatigué, je me sens mal si je ne fais pas un truc utile, un truc pour un de mes engagements: article, note de blog, préparation d'intervention, etc.

Sinon, si c'est une semaine sans réunions, si je n'ai pas bossé le week-end, je ne me sens pas le droit d'être fatigué.

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Message par fleurblanche le Mer 2 Mar 2016 - 23:43

L'erreur serait de penser, en tant que croyant, que c'est ce que Dieu veut pour toi : cette fatigue, cette pression intérieure incessante...

Une solution : prier pour avoir la force de changer ce que l'on a besoin de changer, même en soi.

Sortir de l'auto-culpabilisation.
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Message par fleur_bleue le Jeu 3 Mar 2016 - 9:24

La dernière fois que quelqu'un m'a dit "non", je crois que c'était en janvier, et c'était mon copain qui a préféré que je ne vienne pas le voir, parce qu'il était trop fatigué... J'ai trouvé cela dommage et je lui ai dit, mais j'ai accepté ce non, que je peux comprendre d'ailleurs.
La dernière fois que moi, j'ai dit non, c'était hier pour une invitation ce week-end. Aucun souci non plus.

Franchement, quand je lis que des gens t'excluent de leur réseau parce que tu leur expliques que tu ne peux pas intervenir à un évènement pour cause d'impératifs professionnels, je trouve ça complètement ahurissant. Ils s'imaginent quoi, que tu peux te dédoubler et être à deux endroits en même temps? Faut utiliser un minimum son cerveau quand même, même dans un milieu associatif... Je connais des tas de gens qui disent non régulièrement pour aller à des conférences, réunions ou autres, et pourtant ils sont régulièrement ré-invités. Et surtout dans le cadre d'un engagement bénévole, qui comme le terme l'indique est "bénévole", donc il est évident que des obligations professionnelles passent avant. Comme il est évident qu'on ne peut faire qu'une chose à la fois et que l'être humain a aussi besoin de manger, dormir, se reposer. D'ailleurs il semblerait que les gens qui te reprochent de dire non ne se gênent pas du tout eux pour faire la même chose... ("d'autre part, que celui qui trouve naturel que je lui accorde son aide, soit également disposé, ponctuellement, à me filer un coup de main quand je suis à mon tour en difficulté sur quelque chose qui nous concerne tous deux")
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Message par siamois93 le Jeu 3 Mar 2016 - 9:52

Bonjour.
Ce n'est pas facile quand on a envie de participer à des activités mais que les gens avec qui on doit pratiquer ces activités ne nous conviennent que moyennement. Et parfois on essaye de changer, de boulot par exemple, et on retrouve le même genre de personnes...
Combien de zèbres dans tes contacts Fusain ? 0 ? 1 ? Un peu plus ... ? Je ne parle pas d'ici évidemment.
L'histoire de la quarantaine, c'est une réalité physique évidente, on n'a plus le même punch qu'à 12 ans. Mais c'est vrai aussi que compter les douzaines ou les septaines amène une autre vision, d'autres genres de cycles liés à d'autres planètes.
Tu dors bien au moins ? Dans le silence et le noir ?
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Message par Invité le Jeu 3 Mar 2016 - 12:58

Combien de zèbres dans tes contacts Fusain ? 0 ? 1 ? Un peu plus ... ?

Beaucoup, je pense, et ça contribue à une certaine effervescence intellectuelle et à cette conviction que réfléchir à un problème implique de réfléchir à tous. Là, j'ai même dépassé le stade de la "saturation j'en ai marre de l'actu, d'avoir toujours à me prendre la tête". J'en suis au stade où "même quand j'ai envie, j'ai conscience de ne plus avoir la force d'aligner mes pensées, de réfléchir, de creuser surtout. Approfondir, lire, me renseigner, pour aller plus au fond des choses, et en tirer mieux en termes de discours, de blog, de ceci cela. Arrêter de répéter la même chose. Je le sais, mais je n'arrive pas à sortir du tourbillon pour me reposer. Je n'ai plus de jours de congés hors une petite réserve dont j'ai dramatiquement besoin à un moment charnière, dans un peu moins de 2 mois.

Tu dors bien au moins ? Dans le silence et le noir ?

Mal. Le chat fait le cirque à minuit puis à 6h et de toute façon, même quand il n'est pas là parce qu'on dort à l'extérieur, je ne dors pas très bien; le cerveau se remet en route pour un oui pour un non. Il y a des moments, notamment sur le matin quand je n'ai pas d'horaire, où je dors d'un sommeil de plomb de 7 à 10h en gros, juste ce qu'il faut pour se sentir poisseux toute la journée. Je ne sais même pas DE QUOI j'aurais besoin pour revenir à un état tel que je puisse me dire un matin: je me sens en forme, et que ça tienne plus d'une heure.

L'histoire de la quarantaine, c'est une réalité physique évidente, on n'a plus le même punch qu'à 12 ans. Mais c'est vrai aussi que compter les douzaines ou les septaines amène une autre vision, d'autres genres de cycles liés à d'autres planètes.

ça ne change rien au fait que 40 ans, ça signifie plus beaucoup de temps pour faire ce qu'on veut faire, avoir et élever des enfants et puis tout le reste. Je ne renierais pas grand-chose de ce que j'ai vécu, bien que j'aie sans doute trop pris mon temps à certains moments, mais voilà, j'en suis là, je n'ai pas de doutes sur le sens et tout et tout, juste la conscience du peu de temps qu'il reste.

Sinon, Fleurs bleue et blanche Wink il faut avoir en tête que les autres n'ont aucune raison de tenir compte de nos limites physiques ni même spatiotemporelles; ça ne les regarde pas, c'est du domaine de notre intimité. Par exemple, comment puis-je dire à mon employeur qu'un planning extrêmement lourd, avec des horaires qui fluctuent, beaucoup de km en bagnole, des levers à 3h, mais qui est quand même à peu près légal, je sais que je ne vais pas avoir la force et qu'il faut l'alléger ? J'ai la chance que le n+1 en soit conscient, mais au-dessus, pour eux, c'est la preuve de mon "manque d'adaptabilité" et de mon "très faible investissement". Très faible investissement avec le temps que je passe à proposer des idées nouvelles, faire de la biblio ou de la veille info sur temps perso, et à faire la pub de nos assos et de leur boulot dans des milieux qui leur sont souvent très hostiles, faut le faire. Mais c'est leur droit.

Régulièrement la tête me tourne, j'ai une petite tension, et partout la seule chose que j'entends quand j'envisage la possibilité de renoncer à un truc c'est "dis, tu pourrais quand même une fois dans ta vie faire un effort pour les autres, non ?" Parce que savoir si j'en ai déjà fait ou pas, ils n'ont pas à le savoir ni à en tenir compte. Et de toute façon, si je regimbe, je paie les pots cassés. Le jour où c'est moi qui casse (arrêt maladie), le commentaire devient "dès qu'on lui demande le moindre effort, il se fout en maladie, belle mentalité !"
Et des gens comme ça tu en as partout, partout !

Tiens, ce matin, quoique très fatigué je suis allé donner du sang. Comment dire non là aussi ? Sitôt que tu as passé les deux mois depuis le dernier don tu reçois un SMS tous les 4 jours et un appel téléphonique tous les 10 jours... Une fois je leur ai dit "je n'irai pas, je ne suis pas en état", ça n'a pas eu l'air de plaire au téléphone et les SMS ont continué... En face il y a des gens pour qui c'est une question de vie ou de mort que d'être transfusés, qu'est-ce que vaut ma fatigue en face de ça ?
Sauf que si l'immense cohorte de ceux qui pourraient donner mais ne le font pas en s'inventant une phobie des aiguilles y allaient rien qu'une fois par an, les donneurs ne seraient pas harcelés.

Je m'en tape, là, d'être caricatural, injuste tout ce que vous voulez, ou de me la raconter, j'en ai ras le cul que le monde se divise si souvent en 2, ceux qui ne font rien mais exigent tout, et ceux qui sont disposés à donner un peu mais finissent pressés comme des citrons par les autres parce qu'ils n'osent pas dire non et n'assument même plus leur propre paresse. Car il ne faut pas croire, je suis viscéralement aussi paresseux et égoïste que tous ceux dont je dénonce ici l'attitude. C'est ma nature, et aucun acte conscient ne la changera jamais. Je suis juste trop lâche pour assumer ces caractéristiques à la face du monde, et si terrorisé par ce que le monde est en train de devenir, et où il va me falloir vivre, que je me bats contre en prétendant que c'est "pour le bien commun". ça l'est incidemment, voilà tout.

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Message par fleurblanche le Ven 4 Mar 2016 - 0:28

Sinon, Fleurs bleue et blanche Wink il faut avoir en tête que les autres n'ont aucune raison de tenir compte de nos limites physiques ni même spatiotemporelles

Justement si, car à l'impossible nul n'est tenu.

Et il est impossible pour un être humain de satisfaire tout le monde tout le temps sans penser à ses propres besoins.

On sera toujours sollicités autour de nous, que ce soit par des personnes ou par des situations à régler. C'est à nous d'apprendre à nous donner à nous-mêmes des marges de bien-être, sans culpabiliser.

Apprendre à prendre soin de soi-même.
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Message par fleur_bleue le Ven 4 Mar 2016 - 9:35

Tu sais, je suis convaincue que les gens qui te reprochent d'être "paresseux" et qui te demandent de "faire une fois un effort", quand on leur demanderait la même chose à eux, ils ne se gêneraient absolument pas pour dire non... A mon avis, ce sont des gens qui ont bien compris que tu ne savais pas dire non fermement, qu'il suffit de te faire culpabiliser un peu et ensuite, tu feras ce qu'ils veulent. C'est bien plus commode pour eux d'agir comme ça que de réfléchir pour trouver quelqu'un d'autre ou s'organiser différemment. Et tu rentres dans leur jeu, parce que d'un côté tu es convaincu par l'importance de ce que tu fais et de l'autre côté, tu as peur d'être rejeté si tu ne le fais pas. C'est compréhensible, surtout au boulot, mais il y a un moment où il faut savoir dire stop, parce que sinon on en crève.
Accessoirement, s'il y a des temps de repos et des congés payés et tout ça, c'est bien parce que bien sûr un employeur DOIT tenir compte des limites physiques de ses employés.

Et on s'imagine que le milieu des associations est plus humain... En fait c'est pire que dans le privé. No
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Message par Invité le Ven 4 Mar 2016 - 10:03

Accessoirement, s'il y a des temps de repos et des congés payés et tout ça, c'est bien parce que bien sûr un employeur DOIT tenir compte des limites physiques de ses employés.

La nouvelle loi travail va précisément balayer tout ça. Parce que 60 heures hebdo, avec disparition des règles sur l'amplitude maximale d'une journée de travail (12h) et l'intervalle minimal entre la sortie et la reprise du poste (11 heures), je me demande qui va être capable de tenir.
Si cette loi passe, illico on nous la appliquera pour nos saisons de terrain: 4 mois ça fait pile sa durée. 4 mois de rang à 10 heures par jour 6 jours sur 7, avec les kilomètres en bagnole, les enchaînements travail à l'aube/travail jusqu'à minuit/de nouveau à l'aube le lendemain ça deviendra parfaitement légal - et il sera tout aussi légal pour l'employeur, à la fin d'un tel mois, de nous dire qu'il "module" notre salaire et ne nous en verse qu'un tiers pour "l'aider à conquérir de nouveaux marchés" ou "anticiper les difficultés". Mais quand bien même il nous paierait notre salaire actuel (cad sur 35h...) ce genre de truc appliqué à notre équipe, je prédis trois morts en 4 mois.
Rien à foutre, ce sera légal ! Si l'employeur n'a rien fait d'illégal, peu importe que le salarié se soit tué en s'endormant au volant en rentrant chez lui à minuit après deux mois à dormir 2h par nuit: si c'est légal, l'employeur sera blanc comme neige, et tout le monde en conclura que ce salarié n'était qu'un faible.
C'est ce qui m'est objecté à chaque fois que je débats de cette loi sur les réseaux. "Vous avez peur de ne pas tenir parce que vous êtes un faible. L'économie a besoin de gens performants, compétitifs. Ceux qui ne tiennent pas la cadence imposée par l'économie moderne s'élimineront d'eux-mêmes et on aura enfin un pays performant." Voilà le genre de chose qu'on peut entendre. Qu'il faut éliminer en les faisant mourir d'épuisement, au sens propre, ceux qui ne sont pas assez résistants.

Et on s'imagine que le milieu des associations est plus humain... En fait c'est pire que dans le privé.

Ni meilleur ni pire: pareil. Il y a un but et on raisonne par rapport à ce but et à court terme. Il y a aussi ce fait nouveau que dans un monde qui répète comme un quarteron de perroquets "innovation innovation", l'expérience n'a plus aucune valeur, bien au contraire. Idéalement, le monde du travail actuel ne voudrait que des personnes célibataires ayant entre 25 et 35 ans; après, non seulement on peut les tuer, mais on le doit: ils sont réputés exigeants et ne servant plus à rien. Il est quasiment impossible de prouver que tu apportes plus qu'un débutant. De celui-ci, on retient qu'il est prêt à tout accepter en termes de conditions, de salaire, pour enfin avoir un Emploi, et c'est beaucoup plus rentable qu'un mec ayant dix ans d'expé: ce qu'il maîtrise comme ficelles du métier ne rapporte pas assez de plus-value par rapport à un mec qui ne les connaît pas, mais qui est prêt à travailler 50% plus longtemps pour 50% moins cher. D'autant plus que tout le monde baigne dans l'illusion que tous les savoirs se périment aussi vite qu'un modèle d'iphone; comme si la connaissance, dans un travail, ce n'était que de la compétence technique sur le produit du moment, comme si ça n'incluait pas aussi l'art de s'organiser, de bien ficeler des contrats, de connaître la psychologie de ses interlocuteurs, d'animer des groupes, de connaître des lois, des territoires, que sais-je. Tout ça c'est considéré comme rien, comme si ça se périmait plus vite que les Windows.
Pourtant, par rapport à mes collègues plus jeunes, et aussi par rapport à ce que je faisais moi-même à leur âge, bien entendu, je vois ce que m'apporte le fait d'avoir maintenant plus de 12 ans de bouteille dans ce boulot. Je vois où je vais plus vite, plus efficacement, où j'en sais plus parce que j'ai eu le temps de l'apprendre et de l'intégrer; toutes ces choses que les années donnent à tous, mais que seules les années donnent. Mais c'est très diffus et difficile à faire comprendre.
Alors comment veux-tu que je défende ma position, quand elle repose entièrement sur "OK, je suis moins résistant, mais plus efficace parce que plus expérimenté" ?

Sinon, même sans personne, dès que je ne me sens pas abruti de fatigue, j'ai l'impression que je vais relancer plein de projets, tout faire. En fait, et là pour le coup je n'ai pas appris grand-chose, je suis incapable de gérer mes forces sur le long terme. Dès que la batterie est rechargée à 30, 35%, je me dis que c'est la fête et je pompe dedans comme un âne. Elle retombe à 2-3% et je me traîne comme un zombie, parant au plus pressé, jusqu'au cycle suivant. Il y a trop de trucs à faire et même c'est de l'enthousiasme que je ressens, sauf que je n'en ai pas les moyens.

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Message par Invité le Ven 4 Mar 2016 - 15:14

Et voilà, la phase "haute" tient deux heures et ensuite c'est la phase "à plat"; je vais dormir avec la sensation d'avoir la tête en plomb, et je ne dors pas, le cerveau bourdonne, je me relève au bout de 40 minutes alors que j'aurais besoin de 4 heures, 10 heures, 24 heures de sommeil et non, il y a un truc ici, un truc là...
Même mes cours de musique sont calamiteux, j'y vais ivre de fatigue, sans avoir pu rien préparer, j'ai honte...
Le coeur cogne, cogne, comme quand la tension baisse, il bat une espèce de chamade à avoir peur qu'il me lâche, et je voudrais dormir et dormir sauf que j'ai un million de trucs à penser, qu'on a du mal à s'en sortir parce que Madame est pigiste payée au lance-pierres, du coup je l'aide, j'écris moi aussi de temps en temps un article pour une revue qui se fait allumer de partout et encenser ailleurs, un truc de fou.

Dans ces moments-là j'ai l'impression que le maelstrom est un havre de sérénité zen à côté de notre vie mais qu'on ne peut pas plus en sortir que de lui.

Et aux yeux de tout le monde autour de moi, j'exagère, je pourrais en faire plus, on a même quelquefois une semaine entière sans réunion, je reçois des dizaines de mails "pour info et éventuellement action", "ça serait bien de se positionner sur", "tu as vu ça ? et ça te fait pas réagir, toi qui soi-disant etc".
Alors qu'on se prend l'info en intraveineuse, tous les matins j'ai un collègue qui arrive en aboyant "oh t'as vu tel reportage telle vidéo machin" et me parle d'un truc dont je n'ai pas envie d'entendre parler parce que ça fait 8 jours, 1 mois, voire 1 an que je suis parfaitement au courant.

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Message par Invité le Mer 16 Mar 2016 - 20:11

Problème: dès que je ne suis pas totalement épuisé, je culpabilise et du coup je remonte le rythme pour revenir à un état d'épuisement, moralement plus satisfaisant. Pourquoi ? Parce que là, au moins, je n'ai pas mauvaise conscience de dire non. Enfin si, mais moins. J'ai même une chance que ça finisse par être visible physiquement et admis par le requérant.
Sinon, non. Si je place la limite plus bas que ma propre zone rouge, je me sens fainéant, justifiant tous les reproches dont j'ai notamment été accablé en famille depuis l'âge de trois ans (égoïste et "partisan du moindre effort"), reproches repris avec "succès" par la psy que j'avais eu la mauvaise idée de consulter après ma démission pour harcèlement/burn-out (celle qui m'expliquait doctement que toute ma vie était un plan de longue haleine pour dégoûter les gens de me demander quelque travail que ce soit et rester sur mon canapé, en arrêt maladie à vie; et que le suicide était une option, vu que je ne manquerais à personne).

Il est évident que dans une large mesure, si je m'épuise, c'est pour clouer le bec à ces persécuteurs dans leur forme intériorisée, ne jamais avoir l'impression de mériter leurs critiques odieuses. Pas seulement puisque ce que je fais m'intéresse, vraiment, et m'importe, sincèrement; je ne m'épuise pas dans n'importe quoi.

Mais c'est ainsi.

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Message par fleur_bleue le Mar 22 Mar 2016 - 10:59

C'est peut-être sur ça qu'il faudrait que tu travailles... Long hug

(Cette psy, j'espère que tu l'as dénoncée, parce que c'est une faute professionnelle grave de sortir un truc pareil! Quelqu'un d'autre se serait peut-être effectivement suicidé.)
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Message par Invité le Ven 25 Mar 2016 - 12:31

Ui, mais il n'y a pas que ça. Il y a tout aussi viscéralement cette incapacité à me sentir l'esprit tranquille vis-à-vis des problèmes du monde auxquels je ne peux rien. L'esprit tranquille non pas au sens de s'en foutre, mais de se dire: je n'y peux rien, puisque je ne suis pas tout-puissant, d'autres s'en occupent, je m'en remets à eux, et du coup je ne me mine pas.
Non, je me mine avec à peu près tout. Pas par fantasme de toute-puissance, juste par peur de ce qui pourrait arriver. Je ne suis au calme que si tout est calme et en paix. Autant dire que ça n'arrive presque jamais.

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Message par Invité le Mar 29 Mar 2016 - 8:33

Passer une nuit à ruminer tout ce qu'on n'a pas fait, tout ce qui n'avance pas.
A 40 ans, on ne peut pas se permettre de rester sur place, de prendre le temps. Le temps, lui, avance, impitoyablement. Toujours pas d'enfants; toujours pas avancé tel projet d'écriture de bouquin; toujours pas avancé tels et tels autres projets. On "fait des tas de choses" mais c'est rien à côté de ce qu'il y aurait à réaliser.
Et le temps cogne, cogne. On n'a plus de temps, la vie est déjà largement engagée. Et il n'y a pas de deuxième chance. Pourquoi n'avons-nous pas dix ans de moins ?
J'en étais tellement en rage, j'avais envie d'avoir une masse et de frapper et frapper la terre (en fait, l'envie de me frapper moi-même), de rage et de dépit, de fureur devant ces limites pathétiques quand tant d'autres parviennent, les doigts dans le nez, à tout faire: horaires de cadre supérieur, quatre enfants, élus locaux, auteurs, administrateurs d'une demi-douzaine d'associations. Pourquoi ce corps de merde qui a besoin de ses 6 petites heures de sommeil comme un sale petit fonctionnaire de caricature ? Pourquoi cette saturation qui m'empêche d'apprendre, d'écrire le dixième de ce qu'il faudrait ? Pourquoi ce manque de volonté qui ne réussit même pas à passer outre ?

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Message par Ishtar le Mar 29 Mar 2016 - 9:32

quand tant d'autres parviennent, les doigts dans le nez, à tout faire: horaires de cadre supérieur, quatre enfants, élus locaux, auteurs, administrateurs d'une demi-douzaine d'associations.

Ces "autres" ont une particularité: ils savent déléguer.
Ils en ont une autre aussi:souvent ils sont très égocentriques,ce qui leur permet de rester centrer sur leur propre réussite(la notion personnelle qu'ils en ont).
Et si tu confondais réussite(personnelle) et image sociale?
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Message par Invité le Mar 29 Mar 2016 - 10:34

En tout cas, je me contrefous de "réussir", je vois des choses à accomplir, pour elles-mêmes, je veux dire.
Après, égocentriques ou pas, la question est la puissance de travail. Cela ne devrait pas être plus compliqué de la mobiliser sur des projets autres qu'auto-centrés, quand on se targue d'un peu d'éthique, que sur sa propre réussite quand on est égocentrique. En outre, il y a parmi tout ce qu'ils font pas mal de choses qui ne se délèguent pas.
Et ils y arrivent putain.

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Message par fleurblanche le Ven 1 Avr 2016 - 0:15

Ils y arrivent ?

Ils ne sont pas toi. Et tu n'es pas eux.

On ne nait pas tous identiques, avec les mêmes forces et les mêmes faiblesses.

Fais les choses que toi tu peux, avec les atouts dont Il t'a dotés, et les forces qu'Il te donne.

Envier les accomplissements des autres ne sert à rien car nous n'avons pas les mêmes rôles à jouer.

Joue ta partition, celle pour laquelle tu as été outillé. On ne t'en demande pas plus. Il ne t'en demande pas plus.

(Savoir demander la sagesse, Il la donne gratuitement à ceux qui la demandent).
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Message par fleurblanche le Ven 1 Avr 2016 - 0:35

Non, je me mine avec à peu près tout. Pas par fantasme de toute-puissance, juste par peur de ce qui pourrait arriver. Je ne suis au calme que si tout est calme et en paix. Autant dire que ça n'arrive presque jamais.

Tu as un deuil à faire, car ce monde ne sera JAMAIS totalement "calme et en paix". Pas tant que l'Homme sera aux commandes.

Mieux vaut faire ce deuil, car cela permet d'avancer et de ne pas se faire d'illusions sur ce qui est faisable ou pas.

Il y aura toujours des pauvres, il y aura toujours des guerres, il y aura toujours des meurtres, etc. Cela a toujours existé et cela existera toujours dans ce monde gouverné sans Dieu.

On peut juste soulager, changer les choses, améliorer la/les situation(s) à des degrés divers. Pour un temps plus ou moins long. Et c'est déjà beaucoup, Il ne nous en demande pas plus.
Mais il ne faut pas se faire d'illusion : on ne va jamais définitivement régler tout ça. Pas sans Lui en tout cas.

C'est peut-être parce que tu penses que c'est possible d'y arriver sans Lui que tu t'épuises en vain. Et parce que tu t'épuises, tu deviens frustré de constater que les choses n'avancent pas.
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Message par Slafka le Ven 1 Avr 2016 - 9:52

Fusain a écrit:

A 40 ans, on ne peut pas se permettre de rester sur place, de prendre le temps. Le temps, lui, avance, impitoyablement. Toujours pas d'enfants; toujours pas avancé tel projet d'écriture de bouquin; toujours pas avancé tels et tels autres projets. On "fait des tas de choses" mais c'est rien à côté de ce qu'il y aurait à réaliser.
Et le temps cogne, cogne. On n'a plus de temps, la vie est déjà largement engagée. Et il n'y a pas de deuxième chance. Pourquoi n'avons-nous pas dix ans de moins ?


Au lieu de voir les choses en grand, on peut les voir en petit et la petitesse n'est pas honteuse, elle est détail et nuance. J'imagine un banquier qui enferme dans un coffre-fort ses liasses de dollars comme une preuve de sa "grandesse". Toi, sans fausses excuses de grandeur d'âme, tu veux faire de même mais avec des enfants, un bouquin et puis je ne sais pas quoi d'autre de grand, de significatif. Encoffrer des enfants, des bouquins, des associations de Croix-Rouge et autres actes de bonne volonté et d'intellectualisme éclairant. J'imagine aussi le bonheur de ses enfants, le marque-page de tes 40 ans, ou ce bouquin parce qu'il en fallait un. Mais tout disparaitra et s'oubliera aussi bien ces liasses de dollars ou ce bouquin. Pour être honnête avec le temps, pourquoi pas dans ce cas ne pas jeter la montre et se concentrer sur les détails du présent petits mais tellement grands, gratuits et tellement chers? Peut-être y verras-tu la réponse à tes interrogations?

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Message par Fata Morgana le Ven 1 Avr 2016 - 10:01

Je ne connais personne qui de sa vie a fait ce qu'il voulait. Mais ça peut être bien quand même. Perso, après une adolescence de folie et de marginalité, j'ai espéré me ranger en épousant ma femme. (on fête nos 27 ans de mariage aujourd'hui, et dix ans de plus de vie commune). Patatras, un fils autiste. Il vaut mieux en fait se méfier des projections, pour ne pas dire des projets, tels qu'ils se conçoivent dans notre esprit: la plupart du temps, ce ne sont que des films qu'on se fait qui n'ont rien à voir avec la réalité.
Il arrive un moment où on laisse relativement la vie décider. Tu sais ce que disait Cocteau ? : "Puisque cette vie nous échappe, feignons d'en être l'organisateur".
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Message par Invité le Ven 1 Avr 2016 - 12:33

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Message par Invité le Ven 1 Avr 2016 - 12:38

Slafka a écrit:
J'imagine un banquier qui enferme dans un coffre-fort ses liasses de dollars comme une preuve de sa "grandesse". Toi, sans fausses excuses de grandeur d'âme, tu veux faire de même mais avec des enfants, un bouquin et puis je ne sais pas quoi d'autre de grand, de significatif. Encoffrer des enfants, des bouquins, des associations de Croix-Rouge et autres actes de bonne volonté et d'intellectualisme éclairant. J'imagine aussi le bonheur de ses enfants, le marque-page de tes 40 ans, ou ce bouquin parce qu'il en fallait un.

La différence est que les enfants, les livres et les actions sont faits pour sortir du coffre et existent encore alors que leur auteur a, et c'est très bien, disparu de la scène, totalement oublié.
L'important est ce qui reste, et donc que cela soit, qu'il y ait du grain et le nom du moissonneur on s'en fout. C'est très joli de dévaloriser le don, de n'y voir qu'une infâme tentative de l'auteur de se valoriser aux dépens des autres; et ainsi tout le monde se recroqueville et ne donne rien à personne; tellement modeste !
Quant à se contenter des petites choses gratuites dans un monde au bord de l'effondrement, c'est purement et simplement obscène. Obscène.

C'est peut-être le fond du problème en fait. Etre heureux dans un monde atroce, c'est obscène. C'est inimaginable.[/quote]

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