Préfèrer la mort au travail : une solution ?

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Message par Marya le Mer 16 Aoû 2017 - 12:07

Jo' a écrit:Moi je trouve que c'est une fatalité. On est en 2015 et on est incapable de se téléporter ! Et même si ça existait, ce serait plus cher qu'un vol AirFrance.

Honnêtement, c'est pas qu'une question de coût. T'as l'air d'être un mec bien, j'aime bien tes écrits, il y a ce petit côté cynique et sarcastique, t'es plutôt doué pour ça. Et derrière ce côté torturé tu dégages une force. Ça me plait, c'est typiquement le genre de personnalité qui me percute, et c'est bien ça le problème. Je n'avance rien dans ce que je dis, mais je me connais...

Je suis d'accord avec toi.

Marya

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Message par Kodiak le Dim 27 Aoû 2017 - 1:33

J'en suis là. Plus exactement, j'en suis à considérer que choisir la mort plutôt que le retour au travail, s'il ne me restait que ces deux alternatives, ne serait pas une solution, mais LA solution, celle qui aurait au moins le mérite de mettre fin définitivement aux souffrances que j'ai vécues au travail ces dernières années. A tout le moins, cette issue irréversible m'épargnerait de revivre les événements cauchemardesques qui m'ont amené là où j'en suis.

Je rassure les lecteur-trice-s de ce message : il me reste une voie de sortie, un petit soupirail dans lequel je vais ramper, qui me permettra de prolonger un peu mon existence terrestre, fût ce dans un contexte un tantinet frugal : dans le pire des cas, je serai bientôt mis en retraite d'office, ou en disponibilité après maladie ordinaire (le comité médical m'ayant refusé la longue maladie psy malgré les avis favorables de mon psychiatre traitant et du psychiatre contrôleur, consignes du ministère de durcir un max les critères d'attribution paraît il, il n'y a pas de petites économie sur le dos des gens de rien...). Dans le meilleur des cas, je pourrai obtenir un réexamen de mon dossier.

Ce qui m'a amené à la dépression dans laquelle je patauge depuis un bon moment, c'est la transformation lente et insidieuse de mon administration, l'Institution en laquelle je croyais (l'Hôpital Public au sein duquel j'occupais un poste de cadre administratif), en boutique crypto-commerciale, sous la pression réglementaire et managériale des dévots du saint marché. Je ne me reconnais plus dans les valeurs, les objectifs, la gouvernance, le management, qui y prévalent désormais. Je suis proprement incapable de m'adapter à l'inadaptable, d'accepter inacceptable.

Non, hors de question que je me comporte comme un garde-chiourme avec les personnes de mon équipe, hors de question que je me laisse souiller le cerveau par les foutaises financières court-termistes, la pseudo "conduite du changement", et autres boniments de pacotille assénés par des carriéristes déshumanisés, des opportunistes lâches, des sadiques frustrés, et des ânes pompeux. Une bonne fois pour toutes, MERDE à ces charlatans, ces diafoirus, ces camelots, qui ont fait tant régresser le système de santé français depuis 15 ans (2ème mondial au début des années 2000 d'après l'UNESCO, ayant rétrogradé d'une dizaine de places à ce jour).

La souffrance humaine induite par leur politique (CDD renouvelés indéfiniment, payes au ras des pâquerettes, surcharge de travail causée par les non remplacements des agents retraités ou malades, dénigrement des "anciens" titulaires de mon espèce, non reconnaissance des compétences et expériences acquises, absence de perspective d'évolution : les postes d'encadrement supérieur-et même moyen- étant dévolus à des personnes en statut précaire provenant du privé au détriment des personnels en place, contrairement à la réglementation et à l'usage... la pression du CDD + la culture du privé aident les directions à disposer de flics zélés dans l'encadrement de terrain), bref tout cela je ne le revivrai plus en tous les cas.

Pierre après pierre, j'ai vu le bel édifice, le noble outil qu'était notre lieu de soins et d'apaisement des souffrances humaines, s'effriter.

De la mise en place de la tarification à l'activité en 2002 (véritable mise à mort de l'équilibre des finances des Hôpitaux et génératrice de dettes abyssales, voulue par les directives européennes concernant la libéralisation des services), à la RGPP de 2009 prostituant des pans entiers de notre activité à l'avidité du secteur marchand (les fameux partenariats public-privé = pile tu gagnes et face je perds) en passant par la purge des Directeurs de l'ancienne école, humains et fonctionnant en confiance avec leurs cadres et leurs équipes, remplacés par des jeunes loups dépourvus de la moindre imprégnation des valeurs humaines de l'institution et du moindre respect pour les fonctionnaires (ouh le vilain mot !!!) qui la font tourner.

Je pourrais m'épancher encore longtemps sur le sujet, tant je suis amer, révolté et dégoûté par ce gâchis, qui m'a fortement esquinté la santé et en a fait souffrir voire craquer tant d'autres, mais à quoi bon. Je dérive du sujet initial, en étant plein de compassion et d'empathie pour les jeunes qui doivent débuter leur vie professionnelle dans la jungle organisée par les cupides et les mesquins. Je dois m'estimer somme toute heureux d'avoir tenu le coup jusqu'à 54 ans, une fois mes enfants adultes et ma vie faite. Heureux également d'avoir vécu avant la généralisation de cette horreur mercantile dont les métastases touchent maintenant tous les secteurs d'activité.
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Message par karkakoa le Lun 28 Aoû 2017 - 22:26

Marya a écrit:@karkakoa,

Tout ce que tu écris résonne en moi, mais de manière beaucoup moins intense. Comme si j'avais l'intuition du caractère vain et profondément désespérant de tout ce qui nous entoure mais que je n'avais pas le "courage" de m'abandonner pleinement à ces bouffées de nihilisme.

Et aussi, je ne veux pas mourir. La perspective d'être plongée dans le néant me dégoûte bien trop pour que j'accélère délibérément l'échéance.

Mais je n'aime pas cette existence qui n'est rythmée par aucun but, aucune cible sur laquelle projeter toute ma force de vie.

Est-ce qu'on peut vraiment parler de courage ?
Pas vraiment puisque ma souffrance ne me sert à rien donc je ne la choisis pas, je ne suis même pas artiste. Je suis né comme ça : je me suis pris littéralement la mort en pleine gueule très tôt, j'imagine que ça doit jouer.

Quant à la mort... oui moi aussi ça me dégoûte, c'est absolument insupportable et si Dieu existait je voudrais pouvoir le torturer tout le long de son éternité, mais voilà il n'y a rien à faire. C'est dégoûtant mais pas plus que la vie. J'hausse les épaules.
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Message par karkakoa le Lun 28 Aoû 2017 - 22:36

Kodiak a écrit:J'en suis là. Plus exactement, j'en suis à considérer que choisir la mort plutôt que le retour au travail, s'il ne me restait que ces deux alternatives, ne serait pas une solution, mais LA solution, celle qui aurait au moins le mérite de mettre fin définitivement aux souffrances que j'ai vécues au travail ces dernières années. A tout le moins, cette issue irréversible m'épargnerait de revivre les événements cauchemardesques qui m'ont amené là où j'en suis.

Je rassure les lecteur-trice-s de ce message : il me reste une voie de sortie, un petit soupirail dans lequel je vais ramper, qui me permettra de prolonger un peu mon existence terrestre, fût ce dans un contexte un tantinet frugal : dans le pire des cas, je serai bientôt mis en retraite d'office, ou en disponibilité après maladie ordinaire (le comité médical m'ayant refusé la longue maladie psy malgré les avis favorables de mon psychiatre traitant et du psychiatre contrôleur, consignes du ministère de durcir un max les critères d'attribution paraît il, il n'y a pas de petites économie sur le dos des gens de rien...). Dans le meilleur des cas, je pourrai obtenir un réexamen de mon dossier.

Ce qui m'a amené à la dépression dans laquelle je patauge depuis un bon moment, c'est la transformation lente et insidieuse de mon administration, l'Institution en laquelle je croyais (l'Hôpital Public au sein duquel j'occupais un poste de cadre administratif), en boutique crypto-commerciale, sous la pression réglementaire et managériale des dévots du saint marché. Je ne me reconnais plus dans les valeurs, les objectifs, la gouvernance, le management, qui y prévalent désormais. Je suis proprement incapable de m'adapter à l'inadaptable, d'accepter inacceptable.

Non, hors de question que je me comporte comme un garde-chiourme avec les personnes de mon équipe, hors de question que je me laisse souiller le cerveau par les foutaises financières court-termistes, la pseudo "conduite du changement", et autres boniments de pacotille assénés par des carriéristes déshumanisés, des opportunistes lâches, des sadiques frustrés, et des ânes pompeux. Une bonne fois pour toutes, MERDE à ces charlatans, ces diafoirus, ces camelots, qui ont fait tant régresser le système de santé français depuis 15 ans (2ème mondial au début des années 2000 d'après l'UNESCO, ayant rétrogradé d'une dizaine de places à ce jour).

La souffrance humaine induite par leur politique (CDD renouvelés indéfiniment, payes au ras des pâquerettes, surcharge de travail causée par les non remplacements des agents retraités ou malades, dénigrement des "anciens" titulaires de mon espèce, non reconnaissance des compétences et expériences acquises, absence de perspective d'évolution : les postes d'encadrement supérieur-et même moyen- étant dévolus à des personnes en statut précaire provenant du privé au détriment des personnels en place, contrairement à la réglementation et à l'usage... la pression du CDD + la culture du privé aident les directions à disposer de flics zélés dans l'encadrement de terrain), bref tout cela je ne le revivrai plus en tous les cas.

Pierre après pierre, j'ai vu le bel édifice, le noble outil qu'était notre lieu de soins et d'apaisement des souffrances humaines, s'effriter.

De la mise en place de la tarification à l'activité en 2002 (véritable mise à mort de l'équilibre des finances des Hôpitaux et génératrice de dettes abyssales, voulue par les directives européennes concernant la libéralisation des services), à la RGPP de 2009 prostituant des pans entiers de notre activité à l'avidité du secteur marchand (les fameux partenariats public-privé = pile tu gagnes et face je perds) en passant par la purge des Directeurs de l'ancienne école, humains et fonctionnant en confiance avec leurs cadres et leurs équipes, remplacés par des jeunes loups dépourvus de la moindre imprégnation des valeurs humaines de l'institution et du moindre respect pour les fonctionnaires (ouh le vilain mot !!!) qui la font tourner.

Je pourrais m'épancher encore longtemps sur le sujet, tant je suis amer, révolté et dégoûté par ce gâchis, qui m'a fortement esquinté la santé et en a fait souffrir voire craquer tant d'autres, mais à quoi bon. Je dérive du sujet initial, en étant plein de compassion et d'empathie pour les jeunes qui doivent débuter leur vie professionnelle dans la jungle organisée par les cupides et les mesquins. Je dois m'estimer somme toute heureux d'avoir tenu le coup jusqu'à 54 ans, une fois mes enfants adultes et ma vie faite. Heureux également d'avoir vécu avant la généralisation de cette horreur mercantile dont les métastases touchent maintenant tous les secteurs d'activité.

Et on en est qu'aux prémisses.

Quant au fond du sujet je ne sais pas vraiment quoi répondre puisque je ne connais pas le milieu, mais ai-je besoin de préciser que ça ne m'étonne pas ?

Plus que t'estimer heureux tu peux même être fier d'avoir tenu, pourquoi est-ce que t'abandonnerais maintenant ? La société va enfin te foutre la paix ! Profites-en bien et tout de suite.
J'espère que par "ramper" tu ne laisses pas entendre que tu en as honte, surtout quand on t'a refusé des aides dont tu avais besoin.
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Message par karkakoa le Lun 28 Aoû 2017 - 22:39

En même pas quelques mois je suis devenu presque fou, j'ai des éclairs de haine qui me font vriller les yeux et voir des étoiles à intervalle régulier. C'est un miracle que je me sois pas fait virer.
Je me demande comment on tient des décennies comme ça... je pensais que c'était les médicaments mais c'est clairement pas suffisant. C'est fou ce que l'humain peut endurer (ou intérioriser, surtout, bien au fond).
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Message par Invité le Lun 28 Aoû 2017 - 23:34

le système ne peut pas continuer, c'est plus qu'évident,le stop sera extremement brutal, c'est aussi évident

la vraie solution de surdoué, c'est comment passer ce merdier et survivre dans de bonnes conditions

apres tout, les autres n'aident pas, inutile d'essayer de sauver ces merdes dans le processus

penser survie, la votre




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Message par Atlasovaste le Sam 9 Sep 2017 - 1:27

karkakoa a écrit:En même pas quelques mois je suis devenu presque fou, j'ai des éclairs de haine qui me font vriller les yeux et voir des étoiles à intervalle régulier. C'est un miracle que je me sois pas fait virer.
Je me demande comment on tient des décennies comme ça... je pensais que c'était les médicaments mais c'est clairement pas suffisant. C'est fou ce que l'humain peut endurer (ou intérioriser, surtout, bien au fond).

Salut karkakoa,

En fait, les années passant on apprend à se rendre compte que notre énervement qu'on croit provoqué par le fonctionnement du monde trouve en réalité une grande part de son origine dans notre ressentiment envers nous-mêmes d'être impuissants à le changer.
Dans les 10-15 années qui suivent l'adolescence, j'ai vécu des périodes de rage contre le monde tel qu'il est. Mais si j'analyse plus fin(aud)ement la situation, je dirais que mon inconscient percevait que cette rage était en réalité dirigée contre moi-même. Le fait que le conscient ne s'en rende pas compte, voilà qui crée le vrai malaise.

Une autre façon de le voir : quand tu es jeune tu as envie de changer le monde, et le monde résiste, il se laisse pas faire. La réaction instinctive c'est de craquer, de vouloir tout laisser tomber.
C'est, toute proportions gardées, comme un enfant qui casse un jouet : sa tristesse est immense et il ne peut accepter le monde tel qu'il est devenu ; sauf que dans le cas d'un jeune adulte les enjeux sont bien plus grands et la déception bien plus profonde et durable.
La où le parallèle me semble judicieux, c'est que dans les deux cas, on a l'impression qu'on ne s'en remettra jamais.

Dans les deux cas, il y a un horizon à un instant T qui nous semble indépassable. Et c'est vrai qu'autant on peut dire d'un enfant qu'il ne comprend pas vraiment le monde dans lequel il vit, autant ce serait du foutage de gueule de dire cela d'un adulte... Mais en même temps, il y aurait du vrai, dans le sens où il y a une infinité de nouvelles profondeurs à découvrir dans la vie.
Elles sont "seulement" beaucoup moins évidentes à trouver que les nouvelles expériences qu'on a entre l'enfance et l'âge adulte. Mais d'une certaine façon, elles viennent aussi en partie par elles-mêmes avec le temps.

Pendant plusieurs années, j'ai vécu avec ce questionnement : est-ce que la seule chose qui va m'aider à supporter le monde aussi longtemps est la perte graduelle de ma sensibilité ?
Aujourd'hui, j'ai compris que ce n'est pas vrai. Ce qui a toujours été vrai et reste toujours vrai, c'est qu'il y a toujours plus à vivre et à découvrir, et que rétrospectivement on s'aperçoit qu'on est toujours beaucoup trop impulsif et trop prompt à juger, à rejeter un monde qui n'est pas tel qu'on l'attend alors qu'il y a tellement de choses qu'on peut y faire.

Ce qu'il y a, c'est qu'on ne nous apprend pas à l'école les seules choses qui y seraient essentielles : connaître notre esprit et habiter notre corps.
Il ne reste donc qu'à l'apprendre par soi-même... beaucoup de temps perdu mais beaucoup de satisfaction à la clé.

En vieillissant, on repasse des dizaines et des dizaines de fois par les mêmes situations, les mêmes (apparentes) aberrations, les mêmes questions sans réponses. Une approche est de tout laisser tomber. Une autre (celle de la majorité) est de s'encrouter dans un train-train acceptable du point de vue du confort et de la sauvegarde d'une image de soi compatible avec ses croyances. Une dernière solution, difficile à assumer de façon évidente tout seul, en l'absence d'exemples existants et de mots à mettre dessus, est d'améliorer graduellement notre réponse impulsive à ces situations désagréables.
(C'est là qu'on se rend compte que quasiment tout se passe dans nos têtes. Ce qui ne veut pas dire que ça peut se gérer en un jour simplement en le sachant. L'expérience est clé, on ne peut pas en faire l'économie -> évidemment la difficulté, c'est que laisser l'expérience faire son oeuvre est à l'opposé de ce qu'on nous apprend à faire avec notre façon rationnelle de raisonner, où on essaye de saisir les situations dans leur ensemble avec notre intellect).

Donc, j'avais peur que je m'habitue à la vie en me désensibilisant. En fait, je m'habitue à la vie en améliorant ma réponse intérieure.
Pendant 10 ans, j'ai essayé intuitivement de suivre cette voie, en me prenant des gamelles, en me retrouvant dans les mêmes culs de sac. Puis les choses s'éclaircissent.
J'ai fait comme le mollusque. Quand il ne peut rien faire d'autre, il s'accroche à son rocher. Il sait que c'est le meilleur truc à faire.

Pour revenir au boulot, je le vois un peu comme ça. Une obligation désagréable, qui une fois perçue comme telle apporte son lot d'expériences qui font grandir.

J'espère que mes germinations trouvent un écho utile dans tes questionnements ...!

Keep it up ! alien

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Message par Bulle de Puce le Sam 9 Sep 2017 - 8:04

Bonjour

je partage les pensées et la vision de Atlasovaste

Je m'excuse d'avoir posté un message agressif et deplacé. J'espère n'avoir choqué que celui qui m'a remise à ma place. Je vais donc aller prendre l'air pour calmer mon agressivité et cesser de donner des leçons à tout le monde.

Bonne route a tous


Dernière édition par Bulle de Puce le Sam 9 Sep 2017 - 20:41, édité 1 fois
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Message par Atlasovaste le Sam 9 Sep 2017 - 11:49

Bulle de puce a écrit:Bonjour

je partage les pensées et la vision de Atlasovaste
Modéré à la demande l'auteur

Eh bien, bulle de puce, je ne partage pas du tout la forme ni le contenu de ton intervention.

Sur le fond, c'est plein de "bon sens" mais je pense que n'importe qui est capable d'arriver à de telle conclusions... C'est justement le fait d'arriver à de telles conclusions (évidentes) et de ne pas réussir à atteindre ses idéaux (que ce soit de changer le monde ou de prendre sa vie en main) qui crée le mal-être chez beaucoup de gens. Ca renforce l'aspect absurde de ce qu'on peut vivre.
Et cette lucidité engendre de la culpabilité et la culpabilité est paralysante. Tu es au courant au moins que cet aspect est particulièrement développé chez les "surefficients cognitifs" ?

La chose à retenir de mon intervention, c'est que la plupart des choses qui nous paraissent indépassables, finissent par être dépassées, pas parce qu'on a fourni l'effort surhumain qu'on croit devoir faire, mais :
- soit parce qu'on a par hasard et/ou par acharnement compris des choses qu'on aurait dû nous apprendre dès l'enfance
- soit parce que le contexte change, qu'on change est que le problème n'en est plus un.

"Agis ici et maintenant, botte-toi le cul" ressemble en effet à un bon conseil qu'on aimerait suivre, mais il est singulièrement à courte vue.

Donc la situation est à la fois bien plus subtile que tu la présentes et offre plus de solutions que celle, unique, que tu avances. Il y a plein de facteurs qui rentrent en jeu ; je ne dis pas qu'il ne faut pas effectivement se motiver, perdre l'habitude de se plaindre, convertir la colère en énergie pour travailler etc. etc. etc... Mais :
- d'une part ces pensées tournent déjà comme un cyclone dans la zone située entre le conscient et l'inconscient de chacun d'entre nous, ce qui est une des composantes des problèmes et d'éventuelles paralysie de l'action ;
- d'autre part ceci ne dit pas comment y arriver. Ton post, c'est du "Yaka Fokon Tunorépadu". Fournir de la méthodo ou des pistes dans ce cas-là c'est la moindre des choses. Arrêter de se plaindre ? https://jarretederaler.com/ Ne plus voir les choses en noir ? etc. Partage donc tes petits secrets, j'imagine que tu as dû passer toi aussi par des phases où tu voyais tout en noir, non ?
- corollaire : tu t'adresses à karkakoa sans avoir aucune idée ni te préoccuper du fait qu'il possède son propre état intérieur et sa propre histoire personnelle. En fait, peut-être que justement tu t'adresses ces conseils à toi-même... Mais au fait, ces bonnes paroles, les appliques-tu ?

Donc sauf ton respect, ton intervention est à côté de la plaque.
Je me permets de te conseiller de te renseigner sur les quelques principes de base de la communication non-violente avant de distribuer des conseils sur internet...

Pour finir...
http://parlonsmajuscules.com/

Sincère salutations de la planète Glapum't alien
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Message par Bulle de Puce le Dim 10 Sep 2017 - 2:31

Bulle de Puce a écrit:Bonjour

je partage les pensées et la vision de Atlasovaste

Je m'excuse d'avoir posté un message agressif et deplacé. J'espère n'avoir choqué que celui qui m'a remise à ma place. Je vais donc aller prendre l'air pour calmer mon agressivité et cesser de donner des leçons à tout le monde.

Bonne route a tous
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Message par nikko76 le Jeu 28 Sep 2017 - 16:46

Kodiak a écrit:J'en suis là. Plus exactement, j'en suis à considérer que choisir la mort plutôt que le retour au travail, s'il ne me restait que ces deux alternatives, ne serait pas une solution, mais LA solution, celle qui aurait au moins le mérite de mettre fin définitivement aux souffrances que j'ai vécues au travail ces dernières années. A tout le moins, cette issue irréversible m'épargnerait de revivre les événements cauchemardesques qui m'ont amené là où j'en suis.

Je rassure les lecteur-trice-s de ce message : il me reste une voie de sortie, un petit soupirail dans lequel je vais ramper, qui me permettra de prolonger un peu mon existence terrestre, fût ce dans un contexte un tantinet frugal : dans le pire des cas, je serai bientôt mis en retraite d'office, ou en disponibilité après maladie ordinaire (le comité médical m'ayant refusé la longue maladie psy malgré les avis favorables de mon psychiatre traitant et du psychiatre contrôleur, consignes du ministère de durcir un max les critères d'attribution paraît il, il n'y a pas de petites économie sur le dos des gens de rien...). Dans le meilleur des cas, je pourrai obtenir un réexamen de mon dossier.

Ce qui m'a amené à la dépression dans laquelle je patauge depuis un bon moment, c'est la transformation lente et insidieuse de mon administration, l'Institution en laquelle je croyais (l'Hôpital Public au sein duquel j'occupais un poste de cadre administratif), en boutique crypto-commerciale, sous la pression réglementaire et managériale des dévots du saint marché. Je ne me reconnais plus dans les valeurs, les objectifs, la gouvernance, le management, qui y prévalent désormais. Je suis proprement incapable de m'adapter à l'inadaptable, d'accepter inacceptable.

Non, hors de question que je me comporte comme un garde-chiourme avec les personnes de mon équipe, hors de question que je me laisse souiller le cerveau par les foutaises financières court-termistes, la pseudo "conduite du changement", et autres boniments de pacotille assénés par des carriéristes déshumanisés, des opportunistes lâches, des sadiques frustrés, et des ânes pompeux. Une bonne fois pour toutes, MERDE à ces charlatans, ces diafoirus, ces camelots, qui ont fait tant régresser le système de santé français depuis 15 ans (2ème mondial au début des années 2000 d'après l'UNESCO, ayant rétrogradé d'une dizaine de places à ce jour).

La souffrance humaine induite par leur politique (CDD renouvelés indéfiniment, payes au ras des pâquerettes, surcharge de travail causée par les non remplacements des agents retraités ou malades, dénigrement des "anciens" titulaires de mon espèce, non reconnaissance des compétences et expériences acquises, absence de perspective d'évolution : les postes d'encadrement supérieur-et même moyen- étant dévolus à des personnes en statut précaire provenant du privé au détriment des personnels en place, contrairement à la réglementation et à l'usage... la pression du CDD + la culture du privé aident les directions à disposer de flics zélés dans l'encadrement de terrain), bref tout cela je ne le revivrai plus en tous les cas.

Pierre après pierre, j'ai vu le bel édifice, le noble outil qu'était notre lieu de soins et d'apaisement des souffrances humaines, s'effriter.

De la mise en place de la tarification à l'activité en 2002 (véritable mise à mort de l'équilibre des finances des Hôpitaux et génératrice de dettes abyssales, voulue par les directives européennes concernant la libéralisation des services), à la RGPP de 2009 prostituant des pans entiers de notre activité à l'avidité du secteur marchand (les fameux partenariats public-privé = pile tu gagnes et face je perds) en passant par la purge des Directeurs de l'ancienne école, humains et fonctionnant en confiance avec leurs cadres et leurs équipes, remplacés par des jeunes loups dépourvus de la moindre imprégnation des valeurs humaines de l'institution et du moindre respect pour les fonctionnaires (ouh le vilain mot !!!) qui la font tourner.

Je pourrais m'épancher encore longtemps sur le sujet, tant je suis amer, révolté et dégoûté par ce gâchis, qui m'a fortement esquinté la santé et en a fait souffrir voire craquer tant d'autres, mais à quoi bon. Je dérive du sujet initial, en étant plein de compassion et d'empathie pour les jeunes qui doivent débuter leur vie professionnelle dans la jungle organisée par les cupides et les mesquins. Je dois m'estimer somme toute heureux d'avoir tenu le coup jusqu'à 54 ans, une fois mes enfants adultes et ma vie faite. Heureux également d'avoir vécu avant la généralisation de cette horreur mercantile dont les métastases touchent maintenant tous les secteurs d'activité.

Je travaille dans le sanitaire et social. Je constate la même chose que toi. J'ai la chance d'être pour le moment relativement tranquille, avec une direction (dans un ehpad.) globalement bienveillante, et qui n'a pas le cerveau complètement bouffé par les obsessions financières du management moderne, de plus en plus deshumanisant (ce que j'aime bien - façon de parler, bien sûr...ce sont les paradoxes de l'ARS : coupes sèches ou gèle des financements...on s'en aperçoit lors des reconventionnement, les coupe "pathos" etc, et l'injonction à la "bientraitance" -dont je suis le "garant" en tant que psy, au sein de mon ehpad  : pas d'accompagnement "bientraitant" sans les moyens financiers, et donc humains, qui vont avec !) C'est un fait en tout cas que la situation n'a cessé de se dégrader ces dernières années...et qu'elle va continuer de se dégrader.
Pour moi, la seule solution pour vivre cette évolution sans trop "souffrir" : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier...en somme : s'investir dans son travail, sérieusement ( ce que je fais...) tout en se construisant des "à côtés" riches de sens, une sphère privée que le monde du travail ne pourra pas contaminer : la famille,les amis, et dans mon cas, une vie créative riche (écriture romanesque.).... Celui qui met trop de lui-même dans son travail, dans ce secteur et gageons le, dans d'autres, ne peut qu'y perdre des plumes !

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Message par karkakoa le Jeu 19 Avr 2018 - 10:29

Coucou
Je suis guéri
Si je peux aider quelqu'un toquez à ma porte
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Préfèrer la mort au travail : une solution ? - Page 8 Empty Re: Préfèrer la mort au travail : une solution ?

Message par Oiseau là le Dim 22 Avr 2018 - 11:07

!!! On veut savoir!!! Comment (t')es-tu guéri? Événements extérieurs déclencheurs, ou bien cheminement intime??? bounce
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Message par karkakoa le Dim 22 Avr 2018 - 15:41

Oiseau là a écrit:!!! On veut savoir!!! Comment (t')es-tu guéri? Événements extérieurs déclencheurs, ou bien cheminement intime??? bounce

Héhé.
Disons, un mélange des deux. Sur toute l'année qui vient de se passer je suis entré en mouvement sur tous les pans de ma vie, j'ai touché le fond l'été dernier et ça m'a permis d'accélérer une prise de recul que j'avais amorcée tout doucement.
La plus grosse différence je dirais, c'est que j'ai arrêté de laisser ma peur et ma colère me bloquer et que j'ai saisi frénétiquement toutes les opportunités qui se présentaient à moi. J'ai laissé de côté la peur du ridicule, le mépris infondé que j'avais pour une infinité de chose, j'ai arrêté de m'écouter et je me suis efforcé d'avoir de l'inertie en permanence, ne serait-ce que m'imposer de sortir bouffer de la culture dehors quand je sentais que je rouillais chez moi. De fil en aiguille ma vie s'est transformée en l'espace d'à peine un an, au niveau de mes études, de ma vie amoureuse et sexuelle, des nouvelles relations amicales que j'ai créées, de ma relation avec mes parents et évidemment avec moi-même. C'est la première fois de ma vie que je passe plusieurs mois d'affilée en étant content de me lever le matin, je suis apaisé, toujours étrange mais j'ai plus le besoin d'être en colère pour exprimer mon côté décalé.

C'est très compliqué d'expliquer réellement ce qu'il s'est passé à part mon pétage de câble de l'été dernier, pour ça que j'appelle ceux qui vont mal à plutôt me solliciter sur un point particulier. Je pourrais écrire un livre sur tout ce qu'il s'est passé ces derniers temps, que ce soit au niveau des évènements de ma vie ou des modifications radicales qui se sont opérées en moi. Quand je me relis et que je vois l'état dans lequel j'étais il y a quelques années je me dis qu'il y a de l'espoir pour tout le monde ^__^.
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Message par Oiseau là le Mar 24 Avr 2018 - 11:12

Merci pour ta réponse. On n'avance vraiment que par crises. Le chiant c'est que pour les gens comme toi/nous (?) ça met du temps pour toucher le fond (rapport à la profondeur à explorer justement) donc on se retrouve comme Mylène Farmer à chuter indéfiniment. Mais une fois que le fond est touché et (parce) que le cerveau a récolté au cours de sa lente chute toutes les infos pour résoudre l'équation, hop, la reprise est plutôt spectaculaire.
Je pense en effet que ton témoignage peut rebooster ceux qui traversent une (apparemment sans issue-sans fin) crise de glu intérieure!
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Message par Taem le Ven 7 Juin 2019 - 0:34

Yeah ! Merci d'être revenu dire que tu en es sortie !

Ca va me permettre de moins culpabiliser sur le fait qu'après avoir toucher le fond je ne suis malheureusement pas tombé sur un trampoline, et donc qu'il va falloir que je prenne le temps de regrimper jusqu'en haut !

Mais bon, une fois dans le trou, pas grand chose à faire à part essayer de grimper encore et encore ! Wink

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Message par karkakoa le Mar 11 Juin 2019 - 14:53

Et bon, un an plus tard je vais toujours aussi bien si ce n'est encore mieux, donc je vous garantis qu'il y a un espoir même quand on a mijoté des années et des années au fond du fait-tout.

Si j'avais deux conseils : sortir de la relation romancée/toxique qu'on entretient (pour beaucoup) avec notre "nihilisme", et provoquer le hasard en se mettant au maximum dans des situations nouvelles.

Et un dernier plus pragmatique : faîtes du bénévolat !!
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Message par Taem le Mar 11 Juin 2019 - 15:54

Heureusement ça n'a été que l'affaire de quelques mois pour moi !
See you!

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