Comme tout le monde, je ne suis pas comme tout le monde.

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Comme tout le monde, je ne suis pas comme tout le monde.

Message par m m le Mer 14 Oct 2015 - 22:57

Bonjour / Bonsoir à tous !




Depuis les quelques mois où je rode dans la savane, je n’ai encore jamais osé m’aventurer sur un sujet. Pour cause : je ne me suis pas présentée.
ZC regorge d’un tas de personnalités et vécus plus différents des uns des autres, de quoi régaler l’altruiste curieuse que je suis (ou curieuse altruiste ?). C’est donc dans cet esprit que je compte me présenter, en ajoutant mon petit vécu à tous les autres, de manière honnête et donc en enlevant les tonnes de peur qui m’entourent (de vous parler, sur ce forum, ouioui ..). On ne sait jamais, il se peut qu’il y ait un autre curieux de mon espèce qui soit intéressé par le développement d’une personne parmi tant d’autres.




Mais quand même, avant de me dénuder je tiens à m’excuser par avance pour la longueur de ce qui va suivre, les fautes que vous pourriez trouver, les maladresses pouvant heurter, les mots employés.





J’ai commencé les premiers jours de ma vie en embêtant bien le monde qui m’entourait. Déjà je suis née beaucoup trop tôt dans la journée et en plus je ne dormais jamais. Ô joie ! (Maman si tu lis ça, merci de m’avoir épargnée.) Après ça s’est vite arrangé. A part des heures d’angoisses régulières où je devais gérer mes peurs (repas), j’étais une petite plutôt sympa. Calme, gentille, souriante, tout ça… J’ai passé une majorité de mon temps à regarder plutôt que jouer par moi-même et à l’école j’ai toujours fait bien attention à ne pas voler la place des premiers.



L’ennui a commencé à pointer le bout de son nez à la fin du primaire, dans l’attente du collège. Une fois arrivée dans ce nouveau grade d’étude j’ai connu la déception de l’enseignement prodigué et la couleur écarlate de mes joues trahissant ma honte (de quoi ? de moi bien sûr !). Grâce à la mesquinerie, les complots et la jalousie du (si) beau sexe à cet âge (puis du laid aussi tiens) j’ai appris la résignation, s’enfuir plutôt que souffrir.

Très vite je suis devenue triste sans raison apparente, mélancolique même. J’ai pensé à abréger la souffrance très jeune mais heureusement pour moi je me suis rapidement rendue compte du mal que cela causerai à mon entourage (ce qui était purement inconcevable). Par contre ça n’a pas résolu mes états dépressifs ni l’indignation que j’avais de voir avec quelle insolence les pulsations de mon cœur résonnaient dans mon corps.

Bien évidemment tout ça restait dans ma tête. A l’exception des marques que je me suis occasionnées, toujours bien cachées, juste pour avoir une raison d’avoir mal, une vraie (nieh). En dehors de ça, socialement du coup, je m’occupais en soignant les autres, en épongeant tout le mal qui suintaient de leurs pores. Ça m’empêchait de prendre soin de moi, c’était parfait.

Jusqu’au jour où… l’amour a débarqué. J’ai toujours nié son existence. Prince charmant, papillons dans le ventre, tout ça… quelles niaiseries ! Enfin, j’étais convaincue depuis des années. Ce fût donc une bonne grosse claque, d’autant plus que la jeune adolescence n’est pas le meilleur des moments pour apprendre à gérer ce genre d’émotions. Sans ça c’était déjà la pagaille, mais alors là… quelle cata !



Et puis mon aîné s’est fait tester, j’ai donc été la suivante. Ça ne m’a pas trop interrogée, inquiétée ou autre. J’ai toujours considéré que j’étais comme tout le monde, différente. J’ai donc passé un WISC-IV à quatorze ans et deux saisons à peu près. Sans y penser. Sur le chemin du résultat je me suis juste dit : « t’imagines t’a plus que lui ? T’imagines t’as x ? ». Dans mon imaginaire des possibles je devais me situer entre zéro et lui. Ce qui est marrant c’est que le résultat était ce même x, pensé dix minutes auparavant. Par contre le compte-rendu, le trait rajouté au bic sur la courbe de normalité et les mots employés m’ont moins fait rire. Déjà parce que j’étais persuadée qu’elle s’était trompée de personne à l’écoute de ses âneries (d’ailleurs il n’y aurait pas un sujet sur les stupidités énoncés par les psy ?) mais surtout parce que je suis sortie de là mal dans ma peau.



Le lycée a été dans son ensemble une longue attente d’un avenir plus prometteur, mêlé au fracas de la relation amoureuse. Rien de bien intéressant à partager. Partir du foyer a été plus déstabilisant que ce que j’avais imaginé (soit rien, déni quand tu nous tiens...). Au moins j’ai découvert beaucoup de choses de la vie étudiante. Travailler pour commencer (ça doit vous étonner ça), les nuits blanches, la fatigue… Mais aussi le réconfort d’être tous dans la même galère, un milieu sécurisant, plein de confiance. Et puis l’abus, le déni (encore), la dépression (toujours) et enfin le burn out. Trop de tout, trop de rien. Une jolie crise, de nouvelles marques, trop visibles cette fois, puis j’en voulais pas de celles-là. Au moins elles me rappellent jusqu’où je peux aller lorsque je m’oublie trop.


Après ça un petit tour du côté des bouquins de JSF. Ça rassure, c’est bien. Ça donne envie de repartir, de se reconstruire. Par contre l’aide a un coût. Cent euros de l’heure en général, ça calme. Je ferai sans, c’est pas grave. J’ai retourné la vase, fragilisé mon cas à défaire tous les nœuds sur lesquels je me reposais et qui m’ancraient bien en bas, dans la crasse. J’ai entrainé mon estime de soi encore plus au fond, connu l’échec pour la faire rebondir et pouvoir enfin s’autoriser à réussir, sans passer pour un charlatan sur la scène de l’intime.



Je me suis raccrochée à mes particularités, ai affirmé ma manière d’être au monde. Et j’ai enfin pu recommencer à écouter ce que me disent les souffles des arbres, à goûter l’émotion ambiante des âmes, à échanger avec les animaux et les bébés, à gratifier les plantes du bout des doigts.



Forcément je me suis à nouveau sentie seule du fait de ne pas pouvoir partager cet univers sensoriel. Alors j’ai cherché et puis je vous ai trouvé. Ça a été un grand réconfort. Un grand bain où je me sens bien malgré quelques courants froids. D’ailleurs j’ai failli me noyer en arrivant. Comment ça il y a un plafond chez Wechsler ? Ça va pas du tout ça, je suis de taille moyenne moi, j’ai pas l’habitude d’être à l’étroit. THQUOI ?! Non mais c’est quoi ce charabia… ! Pendant quelques temps j’ai eu de l’espoir. Il paraît que les résultats du WISC peuvent être faussés…. En fonction des catégories d’âge etc. J’ai failli croire qu’il y a avait définitivement erreur sur mon « cas ». Mais bon, raté. De toute façon ce n’est pas ce qui me définit, pour le moment il y a la vie, je m’occuperai de la boîte dans laquelle on me met quand ce sera fini.

Depuis j’ai mis des nouvelles directions à ma vie, plus lointaines, plus entraînantes. J’ai retrouvé mon boomerang de ces huit dernières années. Ça aussi c’est un soulagement, pouvoir être entière dans le partage.





Je vais continuer à me balader tranquillement au gré des sujets en participant un peu plus (avec des post moins long je l’espère) maintenant que je suis ici : m m , 21 ans, drôle d’animal qui comme tout le monde, n’est pas comme tout le monde.






Un grand merci à vous de m’avoir lu (même si ce n’est que cette phrase).





Heureusement que je ne suis pas plus âgée, sinon ça aurait été interminable. Rien qu’à voir la quantité rédigée je suis plus bien sûre qu’il y ait un intérêt à poster ceci. Mais quitte à l’avoir fait, autant aller au bout de la démarche. Puis peut être que moi aussi, je rééditerai.

m m
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Re: Comme tout le monde, je ne suis pas comme tout le monde.

Message par Ardel le Jeu 15 Oct 2015 - 0:28

Bienvenue, m m ! cheers

Bah non, ce n'était pas très long. Il y a plus long. Et moins aéré. C'était très bien. Très agréable. Je vais ptet faire une phrase de plus de trois mots, maintenant.

J'espère de tout cœur que le bain continuera à être agréable. Si tu l'élargis jusqu'à en faire une piscine, tu pourras même éviter les courants froids. Et trouver les petits recoins chauds, l'enclave jacuzzi ... bonnes lectures !

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