Ecrire pour ne pas mourir

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Ecrire pour ne pas mourir

Message par Symphoenix le Sam 10 Oct 2015 - 22:14

Courir pour ne pas choir !

Ses jambes l’entraînent à l’insu d’un esprit qui souhaiterait le voir marquer une pause. Mais il s’est lancé dans une fuite en avant continue. Déconnexion du corps et de l’esprit. Car la peur de s’effondrer si immobile. Car la peur de sombrer dans des abîmes insondables si statufié. Là réside sa malédiction.

Alors il accélère, jour après jour, sur la route d’une vie qu’il n’a pas l’impression d’avoir choisi. Comment pourrait-il en être autrement ? En faisant la guerre, nous recherchons la paix. Paradoxe typiquement humain. Échelle macroscopique se fondant dans celle microscopique. Lui en est la preuve vivante. Il lutte depuis tellement longtemps pour accéder à une forme de paix intérieure. Mais cette meute imaginaire est à ses trousses. Alors il se met à courir, question de survie. L’accélération du mouvement brouillent ses repères et il assiste au défilement de plus en plus rapide de situations qui lui furent un jour si familières. Familiarité se métamorphosant en une étrangeté d’avoir été.

Il se décompose même si, extérieurement, il continue de s’affirmer en tant qu’entité propre. Ceux qu’il appelle « les autres » ne semblent ne s’apercevoir de rien. Pourtant, il s’isole. Mais il est prêt à faire ce sacrifice au nom de la quête d’un bonheur qu’il sait pourtant illusoire. La puissance de l’inertie, dira-t-on.

Il commence désormais à perdre haleine. Son métabolisme mettant en place des œillères biologiques, son champs de vision se rétrécit. Sujet à l’émergence de mirages qui agissent sur lui telle une carotte sur un âne, il augmente la cadence. Il est convaincu qu’il touche au but alors qu’il n’a jamais été aussi loin de son objectif initial. Il est euphorique bien que son cœur soit sur le point de lâcher. Un esprit malade ne porte-t-il pas en lui l’incapacité de discerner le nécessaire du superflu ?

Il se sent acculé à mesure que ses jambes le lâchent. Ses ennemis fondent sur lui et planteront bientôt leurs crocs symboliques dans ses chairs tétanisées. Il trébuche et s’effondre dans un nuage de poussières oniriques. C’est la fin. Il n’arrive plus à se relever malgré l’intensité de ses efforts. Il râle de frustration et de douleur. Sa psyché a repris ses droits sur son corps. Élastique tendu à l’extrême qui finit par retrouver sa forme initiale dans un claquement sec. Alors il se met à prier. Dernier ressort du condamné. Espérant une intervention divine, il n’est plus présent. Ni passé. Il est futur car parvenu à s’extraire de l'instantané et a maintenant accès à un savoir universel. Tant de beauté survolée. Tant de violence stérile.

La meute enragée effectue le bond ultime dans sa direction, gueules grande ouverte. Il parvient, au moment précis de sa mise à mort, à entrouvrir les paupières, tenant à contempler la déchéance finale en face. Mais tout ce qui s’offre à ses yeux pacifiés est un fauteuil roulant. Son fauteuil.

Il s’était assoupi…


Dernière édition par Symphoenix le Jeu 10 Déc 2015 - 20:19, édité 5 fois
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La fille de nulle part...

Message par Symphoenix le Dim 11 Oct 2015 - 0:16

La fille de nulle part...

Je suis la fille de nulle part. J’erre sans but dans ce monde aux apparences hostiles et qui m’est pourtant si familier. Les rencontres m’ont formée : je suis les autres donc les autres sont moi. Conjuguant et jugulant les flux, j’atteins le nirvana en contemplant. Cela n’empêche, le verbe est mon arme, ma beauté un fardeau. Je comprends tout. Car je suis la fille de nulle part.

Et si vous un jour vous me croisez sur votre chemin, vous m’oublierez aussitôt. Je navigue sur les flots humains tel un spectre incarné malgré lui; vous scrutant sans que vous ne le réalisiez. De mes observations, je sais désormais ce qui vous anime. Vous êtes mus par l’envie d’exister, que vous le reconnaissiez, ou non. Ceux qui perdent cette pulsion de vie ne seront bientôt plus. Débris d’avion dans une montagne. Les atrocités sont bien plus bruyantes que les actions positives. Mais absolument tout retrouve un équilibre dans un système donné. Et ceci est valable pour toutes les dimensions. Je le sais parce que j’ai tangué avant de retrouver la stabilité. Car je suis la fille de nulle part.

A travers ma spiritualité, j’ai fait la connaissance de ce que vous appelez Dieu. Il vous aime tellement. Le sublime de la calligraphie ne vient-il pas de l’enchaînement des pleins et des déliés ? Vous êtes ses pleins. Il est vos déliés. Combinaison intrigante du vivant. Il n’a qu’un seul message : n’ayez pas peur. Oui, l'Amour est à opposer à la peur, pas à la haine. J’ai dû l’apprendre. Car je suis la fille de nulle part.

Et lorsqu’au gré de mes pérégrinations j’entends s’élever des notes de musique, c’est toute mon âme qui s’en trouve transportée. Quel incroyable vecteur de transmission des émotions, quelqu’en soit le style revêtu. Des frissons parcourent mon corps lorsque les choses sont faites avec talent. Thermomètre de la passion partagée aveuglément. Je ne peux que vous inciter à laisser votre empreinte dans ce monde, sous réserve d’être parvenu à évacuer toute manifestation de violence. Mais sachez rester vigilant, la plus grande entreprise du mal est de faire croire qu’il n’existe pas. J’ai fait le choix de rester à vos côtés en tant que guide invisible. Car je suis la fille de nulle part, et d'ailleurs...


Dernière édition par Symphoenix le Sam 2 Avr 2016 - 20:26, édité 2 fois
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This the beginning

Message par Symphoenix le Dim 11 Oct 2015 - 1:22

This is the beginning

Et une, et deux, et… Il détache délicatement une à une les pétales de cette marguerite jaune poussin.

Elles virevoltent dans les airs les unes derrière les autres avant de finir leurs courses sur une dalle de marbre rosé. Il lui avait promis qu’il viendrait. Une fois, rien qu’une fois. Trop de sources taries retrouvent leur flot d’antan en ce lieu. Flots de douleur s’écoulant dans leur manteau lacrymale.

Ce rituel, il le tenait de leur grand-mère. Elle leur avait appris qu’on pouvait s’adresser à ceux qu’on aime de cette manière. Peu importe où ils se trouvent. Et c’était lui qui dorénavant le pratiquait. Malgré le fait que sa moitié était à ses pieds, jamais il ne s’était senti si loin de lui. Les souvenirs : armes à double tranchant dont la pointe pénètre le cœur et le scarifie éternellement.

Nyx s’arque boute désormais au-dessus d’eux. Le froid est saisissant. Il ne le sent pas. Il repense à la fin. L’agonie. Et la joie qu’il essayait d’instiller dans l’atmosphère plombante de l’hôpital Jean Bizet, département de cancérologie, chambre B21. Lui était resté jusqu’au bout. Les parents, non. Il avait rempli ce qu’il avait estimé comme étant son devoir de frère. Il ajuste sa capuche alors que le ciel se met à l’imiter. Et puis se décide à s’arracher de l’étreinte psychique.

La vie l’attend, lui.


Dernière édition par Symphoenix le Dim 11 Oct 2015 - 2:02, édité 2 fois
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par fleurdesel le Dim 11 Oct 2015 - 1:42

Je trouve ton deuxième texte touchant. Il fait écho en moi.
d'ailleurs...
Elle ne sait pas pourquoi elle revient là. Elle s'était juré de ne pas revenir, et la revoilà devant le marbre, dans un froid saisissant. Comme une rengaine, elle ne peut pas oublier, les sourires, les rires, les câlins, et le choc, l’hôpital, la fin. Elle sent des larmes qui coulent sur ses joues. Elle relève les yeux et voit un jeune homme qui effeuille une marguerite au dessus d'une autre tombe. Les pétales virevoltent doucement, apportant un peu de douceur dans le mordant du froid. Elle est hypnotisée par ce spectacle. Le dernier pétale se pose. Le jeune homme reste un instant immobile avant d'ajuster sa capuche. Puis il part. Elle revient à elle. Tout lui paraît d'un coup si dérisoire. Elle s'accroupit, caresse le marbre à ses pieds. Deux yeux malicieux, figés à jamais, la regardent. Elle éclate en sanglots, ravale ses larmes et se relève. Elle ne doit pas revenir. Non, il ne faut pas. La vie continue pour elle.
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Symphoenix le Dim 11 Oct 2015 - 2:14

@fleurdesel
Je suis très ému de constater qu'une histoire personnelle puisse générer un "cross-over" de cette trempe !
La magie du partage, sans doute...
Au plaisir d'échanger avec toi à l'avenir.
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Bonheur morphéique

Message par Symphoenix le Dim 11 Oct 2015 - 2:20

Bonheur morphéique

Cette nuit-là, il rêva encore d’elle... Tel un mécanisme de survie, le sommeil était devenu pour lui un refuge. Il s’y sentait bien, détendu et en paix. Tous ces sentiments que son statut lui interdisait d’apprécier pendant ses phases d’éveil.

Il arrêterait de dormir si jamais elle se décidait à rester cachée au-delà de son inconscient. Il passerait certainement aux pilules anarcogènes. C’était aussi pour tous ces esclaves modernes, dont les « employeurs » avaient tiré un trait sur les règles de la Nature, qu’il luttait.

Elle était là. Elle se tenait debout sur une plage inexplorée d’un lieu pareillement inconnu. Le sable était ocre et le ciel, violet, se réverbérait sur une mer qui se laissait docilement teinter. La lumière émise par ce soleil paraissait étrangement tamisée. De lentes et légères vaguelettes s’écrasaient fébrilement sur ses chevilles. Ses cheveux roux se balançaient dans le vent à la manière de petites flammèches qui auraient cherchées désespérément de l’oxygène pour survivre. Sa peau, claire, épousait délicatement ses chairs. La couleur de ses yeux résultait d’une combinaison sublime de bleu cendre et de vert émeraude. Incroyablement vifs, ils étaient comme deux grands livres ouverts sur sa vie.
Tout passe par le regard.
Son nez, discret, lui servait uniquement à faire une très légère grimace quand elle sentait qu’était venu le temps de leur séparation quotidienne. C’était en quelque sorte sa façon à elle de lui dire : « A demain, j'espère ».

Etait-ce un ange ? Si oui, pourquoi l’avoir choisi, lui ? Si non, qu’était-ce alors ? Ces questions, ils n’y pensaient que lorsque la brume onirique se dissipait.
Elle ne parlait pas. Aucun son n’était jamais sorti de sa bouche. Cela aurait été superflu. Ils se comprenaient et les mots auraient été un obstacle à leur entente.

Toujours le même rituel, elle lui prenait la main et ils se promenaient sur cette immense étendue sableuse pendant de longs instants bénis. Ils en appréciaient chaque moment car ils savaient tous deux que cela pouvait être les derniers. C’était l’incertain qui lui plaisait… qui leur plaisait. Cette femme lui permettait de survivre et sans lui, elle ne serait plus. Ils étaient en symbiose parfaite. Ce qui les liait était la manifestation de ce qu’était l’Amour dans sa forme la plus singulière.

La première fois qu'elle lui était apparue, il avait réalisé deux choses primordiales : notre capacité au bonheur était à aller chercher en nous-mêmes et cette société, et surtout certains de ses acteurs, nous en barrait la route.

Il cherchait un but à sa vie, il le trouva cette nuit-là.
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Symphoenix le Dim 22 Nov 2015 - 18:21

Louvoiement

Une détonation résonne dans le lointain.

La bête s’écroule, agonisante, ne pouvant plus fuir. Bien qu’agitant vivement ses pattes arrières, elle est allongée sur le flanc. Elle gît dans une flaque de ce qui transporta jadis les molécules d’oxygène à ses différents organes. Elle, reine de la Nature, succombait à un vulgaire ovule métallique.

Elle les entend désormais se rapprocher en hurlant : On l’a eu ! On l’a eu ! Bientôt ils sauront. Ils sauront qui elle est en réalité.

On lui avait maintes et maintes fois raconté qu’elle avait été recueillie bébé par des villageois alors qu’elle gisait grelottante dans la neige épaisse d’un rigoureux mois de février alpin. Sa mère d’adoption fut tout naturellement Madame le maire : femme remarquable n’ayant jamais pu avoir d’enfant, ni de mari; le pouvoir féminin effrayant les hommes de la région.
D’instinct, cette femme sut qui elle était. Elle lui apprit à contrôler ses pulsions, calmer sa faim et étancher sa soif durant les 20 premières années de sa vie.

Mais son décès la dévasta. Ce fut à ce moment précis de sa courte existence qu’elle cessa de résister et se décida à embrasser sa vraie nature. Les courses sans fin dans la forêt adjacente, la traque des proies de plus en plus imposantes, le sentiment d’invincibilité : tout n’était que ravissement de chaque instant. Cela ne dura qu’un temps. Bientôt, ses frères lui apparurent comme des mets de choix. Elle perdait pied et se mit à mordre les mains qui l’avait nourri. Mais elle parvenait toujours à cacher ses métamorphoses, à tromper son monde.

Elle n’avait jamais su de qui elle avait hérité ce pouvoir. Ni même si d’autres étaient comme elle. Sa beauté sauvage la rendait, aux yeux de tous, insoupçonnable du moindre mal et elle savait en jouer. Ses yeux, jaunes, atypiques, désarçonnaient quiconque essayait de l’interroger sur les « disparitions ». Elle se considérait comme exceptionnelle, capable de décider de qui allait vivre et de qui allait périr sous ses griffes. Mégalomanie typiquement humaine mêlée à la toute puissance naturelle et… animale.

Gisant nue, femme et exsangue, elle accepte son sort. Car elle sait désormais que quiconque se nourrit du diabolique pouvoir de destruction d'autrui finit toujours par le payer, d’une manière ou d’une autre. Elle était louve, là voilà morte.
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Symphoenix le Jeu 10 Déc 2015 - 20:21

Éloge d’un manichéisme primaire

Une ondulation parcourt la société. Ondulation de la peur. Ondulation de la haine.

Je suis le bien. Je t’emmerde. Tu es un incapable. Incapable de prendre position. Incapable de lutter.

Je suis le mal. Je te remercie de ta transigeance. Merci de peser le pour et le contre. Je me nourris de tes doutes.

Revenir à une lutte du bien contre le mal et en finir avec les tergiversations molles est devenu primordial. Éloge d’un manichéisme primaire. Il faut savoir faire la guerre lorsque celle-ci s’avère nécessaire. Et le combat d’aujourd’hui s’effectue sur le terrain des idées. En effet, celles que l’on nous présente, et qui semblent si appétissantes car pré-mâchées (autrement appelées "pensées McDo"), ne font que mettre le sens critique en péril !

Cesser de penser le monde, c’est capituler.

Alors voici une mise en garde : l’obscurantisme menace aujourd’hui de s’abattre sur nos âmes désenchantées car l’espoir n’est plus. Nous sommes tous en quête d’un leader qui saurait ré-insuffler cet élément vital à nos coeurs malades. Malades de douleurs égo-centrées et qui nous ont fait oublier que nous appartenons à un Tout. Et dans cette noble quête, nous sommes sur le point d’effectuer un bond en arrière majeur en renonçant aux valeurs qui ont fait notre Grandeur en remettant notre sort entre les mains d’individus qui ne recherchent que l’accession au Pouvoir pour ce qu’Il représente et non pour ce qu’Il permet d’effectuer, de bâtir, d’ériger.

Est-on réellement prêts à se fracasser le crâne contre le rempart de la bêtise car étant en totale déconnexion d’un monde en mouvement ? Sommes-nous arrivés au point où tout ce en quoi nous avons cru ne fait plus sens ? Pour beaucoup cela semble être le cas parce que nous sommes une société désorientée et fragilisée dans sa fabrique même, lasse des mensonges institutionnalisés et du carriérisme érigé au rang de vertu.

Mais ces pensées McDo ne font que remplir sans nourrir, ne font qu’attiser plutôt que d’apaiser et ne servent qu’un but : celui de permettre la mise en avant, étape par étape, d’une idéologie qui, pour l’instant, avance encore masquée : organiser une hiérarchisation de l’appartenance à la Nation France. Cela revient à mettre en action le vieux précepte qui veut qu’il faille diviser pour mieux régner. Nier l’entièreté d’un individu dans ce qui le compose, soit la conjugaison subtile du choix de sa religion (ou de son athéisme), de son orientation sexuelle, de son genre, de ses choix politiques etc, revient à renier une part de ce qui fonde notre Humanité. C’est cela la liberté, et c’est cela qui est menacé aujourd’hui même.

La médiocrité de nos dirigeants politiques est patente et il faudra une source d’énergie phénoménale pour enrayer une mécanique de conviction mortifère qui a désormais trouvé sa vitesse de croisière. Mais la tâche n’est pas impossible. D’ailleurs, est-ce français ?

A vos cerveaux !
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Symphoenix le Mer 16 Mar 2016 - 13:06

Re-Naissance

Sur la route de la Vie, j’ai trébuché.
A perte de vue, s’étend mon bûcher.

Je cohabitais avec elle. Elle me possédait bien que j’en sois le créateur. Or la bête a fini par triompher de ma volonté propre. Dans les méandres de l'insanité, elle me servit de guide mais désormais abandonné, je me retrouve à errer seul dans le labyrinthe sans fin de l’introspection. Sidération mortifère. Oui, je suis descendu dans les enfers de la folie avant de remonter en direction d’une lumière… céleste ! Mais cette ascension ne me fut permise que par l’intervention du Grand Responsable. Aujourd’hui, je suis déchu. Les portes se referment les unes derrière les autres ne me laissant comme autre choix que d’inventer une réalité alternative. Ne sommes-nous pas tous les auteurs de nos paradigmes ?

Mais c’était sans compter sur l’instinct de survie niché au sein de chaque individu. Car juger un homme sur ses erreurs passées n’est pas l’appréhender dans ce qui le motive au plus profond de lui-même. Il est plus complexe que cela. Infiniment plus complexe. Un moyen d’en saisir la Nature est de s’intéresser à ce qui le fait rêver.
Un papillon vient se poser sur ma main alors que je marche lentement dans ce champ de blé doré par un soleil qui n’a pas failli à sa mission de tout l’été. Le lépidoptère semble être à sa place, en ornement.

Ma demeure se profile à l’horizon. Je suis un bâtisseur. Je l’ai toujours su mais n’avait jamais réussi à le matérialiser. C’est dans ma retraite, au caractère monastique, que mes semblables l’ont découvert. Le bruit assourdissant de l’absence. Le caractère infini du zéro. Quelle différence y a-t-il entre un zéro et cet infini si ce n’est une rotation en sens inverse de ses parties supérieures et inférieures ? Transmutation des formes.

Ma famille m’attend pour dîner. Oui, je suis devenu responsable de la vie d’autres. Moi qui ne me voyait, il y a encore quelques années, que comme un puits asséché à la profondeur insondable, la Vie a fini par en jaillir dans un bouquet aux milliers de senteurs.

Quand je repense aux prémices, au moment initiateur, j’en chancèle toujours intérieurement. Il s’agissait de ma rencontre avec cette femme, excentrique, dans cette rame de métro d’une ville tentaculaire, impersonnelle et froide. Elle tenait une poignée de porte chromée entre ses mains. Situation surréaliste. Alors les questions… Je compris tardivement que cet outil lui avait servi à ouvrir celle de mon coeur.

Mais les ombres rôdent toujours autour du foyer la nuit venue. Elles surgissent du néant et tentent d’étreindre quiconque les approche de trop près. Voilà pourquoi il est crucial de se fixer des règles et de ne pas les enfreindre. La première d’entre elles, la plus importante, est de ne jamais se couper de la chaleur lumineuse dont les Autres sont porteurs. Question d’auto-conservation, car les blessures de l’âme ont besoin de soins particuliers que peu de personnes parviennent à embrasser.

Sur la route de la Vie, j’ai trébuché.
A perte de vue, s’étend mon duché.
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Symphoenix le Jeu 17 Mar 2016 - 12:35

Moins que zéro

[ Ne jugez pas l’individu présenté ci-dessous : il n'est qu'un pur produit de notre société occidentale périclitante. S’il y a une critique à émettre, elle est à diriger contre le monde qui lui a permis de se développer en phagocytant les pulsions vitales d’autres. On ne combat généralement pas une maladie en en soignant les symptômes mais en adressant la cause sous-jacente de celle-ci. ]

Sa matière cérébrale est constamment soumise à des décharges intenses de dopamine et de sérotonine. Il se sent bien. Tout-puissant. Il est drogué à la vie. A sa vie. Confort financier. Confort sentimental. Rien ne semble pouvoir l’atteindre. Rien ne saurait lui résister. Il sait qu’il fait partie de l’élite. Les fameux 1%. Alors il savoure sa réussite. Il méprise quiconque lui est socialement parlant inférieur. Ils n’ont qu’à faire ce que lui a fait : naître nanti. N’être qu’anéanti… par l’échec. Car il est une machine à engranger les succès. Bientôt il sera plus riche que son père. Accomplissement personnel. Il roule à vive allure sur cette ville qui est devenue son terrain de jeu. Il en possède les clés. Victoire politique récente. Les autres sont pour lui comme des pions qu’il déplace sur l’échiquier de son ambition.

Il croit aimer mais ce qu’il apprécie, c’est avoir l’impression d’aimer. Secrètement, il rêve d’être humain. Mais qu’en fait-il, des êtres humains ?  Il les manipule. C’est ainsi qu’il s’affirme : en gangrenant un peu plus chaque jour l’environnement dans lequel il évolue. Il prospère sur la misère d’autrui. Il est comme une tumeur. Une tumeur de l’Humanité. Une négation de ce qui fonde les règles du vivre-ensemble. Alors il se conditionne. Se rassure en développant ce qu’il croit être de la philanthropie. L’argent ne saurait acheter une conscience. Il n’en offre que l’illusion… fade ! Car il lui manque quelque chose qu’il n’aura jamais : les qualités du coeur. Cela le hante secrètement la nuit lorsque surgissent les fantômes d’une vie stérile. Il a bien tenté une psychanalyse mais cela n’a abouti qu’à renforcer un narcissisme bien singulier; la pluralité étant inaccessible à celui dont la douleur est ego-centrée.

Tout obéit à un mouvement de balancier : plus vous allez loin dans un sens, plus vous irez explorer le sens inverse. En résumé, plus l’ascension est rapide, plus la chute est rude ! C’est ainsi qu’il porte en lui les graines de son propre anéantissement. Elles ne tarderont pas à germer et donneront naissance à une explosion de couleurs sublimées et de senteurs magnifiées. Irrémédiable floraison car l’aridité du terrain sur lequel pousse un végétal forge sa résistance.

Oui, la vacuité de son mode de vie va enfin lui être révélée. Qu’en fera-t-il ? Cela lui appartient…
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Et tu étais car je suis. Et nous fûmes car tu seras.

Message par Symphoenix le Sam 2 Avr 2016 - 18:29

Et tu étais car je suis. Et nous fûmes car tu seras.

Des filets d’eau serpentaient sur les vitres tels des affluents miniatures. On regardait silencieusement à travers la fenêtre la pluie battre les carreaux de son rythme irrégulier, mais certain.

A ce moment précis, on croyait savoir ce qu’était l’amour. La vie était comme suspendue. Ta tête, reposant sur mon ventre, s’élevait au rythme de ma respiration. Nous étions juste bien. L’impression d’être en adéquation avec le temps, le lieu et… l’être cher. D’être sur les rails de sa propre destinée. D’enfin avancer alors qu’immobiles. Paradoxe étrange mais familier aux périodes d’illumination.

Le temps semblait s’étirer alors que l’on revivait intérieurement notre journée, notre soirée, notre nuit. Tout cela apparaîtrait certainement dans quelques années comme la plus belle des périodes. Quelle injustice de pouvoir tremper ses lèvres dans la pure extase avant de nous la voir retirer aussitôt…

Et tu étais car je suis. Et nous fûmes car tu seras. Déclaration informulée. Le silence recèle en lui une puissance acoustique infinie. Alors on l’écoute. Espérant de la mélodie du vide qu’elle ne nous quitte plus. Alors on l’écoute, encore…


Dernière édition par Symphoenix le Dim 3 Avr 2016 - 0:15, édité 1 fois
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Beautymist le Sam 2 Avr 2016 - 20:14

Bonjour et merci de partager ces textes.

Je m'identifie moi aussi à "La fille de nulle part". encore une histoire perso d'âmes blessées qui ne veulent pas encore mourir, enfin... pas tout à fait. Pas encore...

"Il voulait savourer encore durant une heure l'angoisse du hasard". Julien Gracq (je cite de mémoire).

Et puisque ma vie n'est rien, alors je la veux toute... (oui, ça c'est du Carla Bruni). ;-)
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Symphoenix le Sam 2 Avr 2016 - 20:29

@Beautymist
Merci !
En guise de réponse de globale : "La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie..." (oui, ça c'est du Alain Souchon). ;-)
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Beautymist le Sam 2 Avr 2016 - 21:47

Symphoenix a écrit:@Beautymist
Merci !
En guise de réponse de globale : "La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie..." (oui, ça c'est du Alain Souchon). ;-)

Il vaut combien le "Alain Souchon pour les nuls" chez Joseph Gibert, déjà ? Je suis dehors

Merci j'ai bien ri... et c'est déjà beaucoup vu l'ambiance du moment... Trinquons
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Symphoenix le Mar 5 Avr 2016 - 9:28

Incubus

Ma nouvelle "Incubus" a été retenue par Short Edition pour participer au concours d'été.

http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/incubus

N'hésitez pas à voter si vous aimez ! Very Happy
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par fleurdesel le Mer 6 Avr 2016 - 5:46

hum, ce n'est pas une nouvelle, mais un premier chapitre Razz tu comptes écrire une suite ? parce que perso ça me donne envie de lire ce qui vient après...
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Revz le Sam 9 Avr 2016 - 0:13

Vivement le prochain Smile Pété de rire
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Ex nihilo

Message par Symphoenix le Sam 14 Mai 2016 - 23:14

Ex nihilo

Il surfe sur un océan de destinées où chaque vague représente un futur possible. Tribulations fantasques d’un surfeur déjanté qui chuta plus d’une fois mais qui sut toujours remonter sur sa planche. Quel est l’avenir qui ne s’est jamais présenté à lui ? Il ne saurait le dire. Tout ce qu’il sait c’est que ses yeux sont faits pour contempler, ses poumons pour hurler, ses mains pour façonner et ses pieds pour courir. Si nul n’est prophète en son pays, lui est apatride. Il guide et se faisant, se trouve guidé. Il aime et se faisant, se trouve aimé. Il est l’alpha sans omega. Alors il vit car, comme il aime à le répéter, c’est la seule chose qu’il sache faire. Et cette pulsion irradie sur ceux qui l’entourent.

Ils sont de plus en plus nombreux à le suivre. Bientôt, ils formeront une nation. Révolution silencieuse en mouvement. Le labeur d’une fourmilière ne trouble pas l’oreille humaine. Vivez dans une cage dorée et vous vous déconnecterez peu à peu de vos semblables. Vivez les orteils dans la poussière, les doigts tendus vers le ciel et vous entrerez en contact avec vos frères. Bien qu’il eut mille vies, aucune ne l’a satisfait. Bien qu’il eut fortune et gloire, rien ne le combla. Il ne commença véritablement à entendre que lorsqu’il se tut. Etre parasité par sa propre voix, qu’elle soit audible ou intérieure, voilà ce qui entrave.

A mesure qu’il écoutait les doléances de ses compagnons de route, il édicta des principes qui furent appliqués comme s’ils étaient de nature divine. La mesure de sa sagesse n’était pas immédiatement accessible tant ces préceptes étaient simples. Mais l’évidence ne reste-t-elle pas cachée à quiconque parcourt ce monde paré d’artifices ? Le diable se cachant dans les détails, il revint alors à la simplicité essentielle. Suprême affirmation de l’importance de ne rien avoir à perdre pour se sentir libre.

Il s’interrogeait longuement sur la raison qui les poussait à le suivre. Il finit par comprendre que tous étaient en quête de sens. Et il leur fournissait un idéal dont tant de générations avant la leur avaient été privées. L’entreprise de déshumanisation du Grand Capital touchait à sa fin, du moins le pensaient-ils. Ils avaient été comprimés tel un ressort et la puissance placée dans leur oppression n’allait avoir d’égale que la force de leur libération. C’est ainsi qu’ils voyaient en lui une icône. Une idole. Adorée sans raison tangible. Il se trouvait juste là au bon moment, au bon endroit.
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Symphoenix le Mar 12 Sep 2017 - 11:34

De la forme de l'eau

Tu es un bit sauvage. En quête d’identité dans cet océan informe de données, tu ne sais plus si tu es 0 ou 1. Bien que le magnétisme te fasse exister, l’électronique trouble tes sens. Alors chevauche les vibrations du son qui emplit la pièce. Les basses sont profondes, les aigus saturés. Le tempo à 180 bpm est jouissif. Tu t’abandonnes. Tu as l’impression que tout fait écho en toi. Mais tes sens font-ils sens ? Peu importe. Expression brute d’un neo-épicurisme. Tu es techno-identifié. Une machine à produire qui est mais ne sera pas. La volonté apporte-t-elle une certaine forme de liberté ?

Je suis devenu amour du fait de l’adversité. Quelle autre solution raisonnable face à la douleur ? Rien. Ce n’est que dans l’appréciation de ce qui fonde nos différences que je m’en suis remis. L’horreur peut parfois s’incarner mais elle n’est pas définitive. Elle est en effet faillible car son instantanéité est sa faiblesse. L’amour de l’Autre s’est affranchi de l’aspect cyclique naturel des Choses. La trace du Divin ? Je ne pourrai le certifier. Ce ne serait pas un acte de foi…

J’erre dans un étage avant de passer au suivant. Qu’y a-t-il de bon à en tirer ? Question essentielle à se poser lorsque l’on est confronté aux épreuves de la Vie. Je suis car le solipsisme est la seule vérité qui tienne. Le reste n’est que construction de l’intellect. Je ne dis pas que cela soit une mauvaise chose mais juste qu’Alain (Emile Chartier) avait raison.

Alors je revêt toutes les apparences, les unes après les autres, en espérant secrètement pouvoir un jour me fixer.

De la forme de l’eau…
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Re: Ecrire pour ne pas mourir

Message par Symphoenix le Mar 12 Sep 2017 - 11:36

Rage against the dying light

Crie, pleure, tape du poing, tu ne peux rien contre la lumière qui se meurt…

Tu aimerais figer un monde qui te fut par le passé si familier. Mais la mutation qui l’étreint ne fait que l’éloigner un peu plus chaque jour de ta compréhension. Toi qui refuse de t’adapter, tu seras le prochain puisque tu n’as rien fait quand ils s’en sont pris à tes frères. Qui pour te défendre maintenant ?

Tu es seul car tu as choisi la solitude… jusqu’à ce qu’elle te choisisse ! Piège atrocement pathétique. Tu as couru avec le troupeau sans réaliser qu’il fonçait droit dans un précipice. Et que te reste-t-il aujourd’hui ? Tes yeux pour pleurer, ta voix pour gémir et ton esprit pour souffrir.

Quand tu repenses à ces années de gloire et de toute-puissance, il n’en reste qu’amertume. Tu n’as même pas su en profiter pleinement, ayant toujours eu peur du lendemain. Cela ne t’a pourtant pas empêché de ne pas la voir venir, la puissante lame de fond. Faite de la matière de celle qui fait s’écrouler les empires, elle t’a cisaillé.

On se repait aujourd’hui avec délectation d’un foie qui se régénère chaque jour. Nous les vautours, nous les charognards, nous sommes toujours là. Nous les nuisibles, nous les pestiférés, nous t’avons mis au pas. Te voir te débattre telle une larve de volants nous réjouit alors que nous dansons sur les cadavres de ta descendance spirituelle.

Nous sommes absolus. Nous sommes tout. Démons de Nyx, anges de Lumière. Quoique tu fasses, nous serons toujours derrière toi pour te susurrer à l’oreille nos cantiques. Tu as voulu être immortel alors assume…

Crie, pleure, tape du poing, tu ne peux rien contre la lumière qui se meurt…
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