Amour et résilience ?

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Amour et résilience ?

Message par Invité le Dim 6 Sep 2015 - 18:15



J'y vois des liens et vous ?

Spoiler:
(pour Erik : Je vois des liens entre la résilience, la construction ou la reconstruction de soi et le fait de construire une relation affective avec ou sans génie et sans bouillir) si tu n'appelles pas Erik et que mon K de figure t'intéresse, tu peux me donner ton avis aussi, négatif ou pas, en mangeant des céréales spécial K ou pas, et tout en écouter le groupe Placebo et son titre "Spécial K" ou pas :


Dernière édition par Je te l'avais dit :) le Mer 11 Mai 2016 - 1:35, édité 1 fois

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Re: Amour et résilience ?

Message par Fab. Fabrice le Dim 6 Sep 2015 - 21:41

Tu penses lier ta reconstruction à la construction d'une relation amoureuse, relation amoureuse béquille ?

Ouhaou, dommage pour la relation, non ?
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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Dim 6 Sep 2015 - 21:45

Fab. Fabrice a écrit:Tu penses lier ta reconstruction à la construction d'une relation amoureuse, relation amoureuse béquille ?

Ouhaou, dommage pour la relation, non ?



Penses tu que j'ai attendu 43 ans pour me reconstruire ?

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Re: Amour et résilience ?

Message par Fab. Fabrice le Dim 6 Sep 2015 - 21:49

Je ne présume de rien, ni même que tu n'ai eu qu'une reconstruction à vivre, possible dès lors ( et même sans) à 43 ans

ne limite pas ma pensée ;-)
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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Dim 6 Sep 2015 - 21:51

Fab. Fabrice a écrit:Tu penses lier ta reconstruction à la construction d'une relation amoureuse, relation amoureuse béquille ?

Ouhaou, dommage pour la relation, non ?


Confuse j'ai donc mal compris.

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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Dim 6 Sep 2015 - 21:52

[quote="Fab. Fabrice"]Je ne présume de rien, ni même que tu n'ai eu qu'une reconstruction à vivre, possible dès lors ( et même sans)  à en 43 ans


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Re: Amour et résilience ?

Message par Fab. Fabrice le Dim 6 Sep 2015 - 22:00

+1 pour la rectification du 'à' en 'en' Very Happy
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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Dim 6 Sep 2015 - 22:08

Fab. Fabrice a écrit:+1 pour la rectification du 'à' en 'en' Very Happy

Je rectifie pas, je recentre. J'y vois et j'en ai fait des liens. Tu n'en vois pas. Pas de souci pour moi.

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Re: Amour et résilience ?

Message par Mayaa le Lun 7 Sep 2015 - 1:01

J'ai trouvé la vidéo très intéressante alors je vais tenter de répondre, même si j'avoue que je maitrise mal le sujet..

Germaine Tillion a dès son enfance été aimée par sa famille, par ses proches. Elle a apparemment grandi dans un environnement épanouissant. Elle a pu se construire sereinement, et donc acquérir confiance en elle, et donc s'aimer. Elle savait aussi s'entourer à son école, signe que c'était une enfant intégrée, bien dans sa peau.

Lorsqu'elle a été déportée dans un camp, c'est cet amour qui l'a sauvé et qui a sauvé également ses codétenues, puisqu'elle leur a fait partager sa force, son savoir, ses "poèmes".. Cyrulnik le dit lui-même : un enfant qui n'aurait pas eu les bases solides qu'elle a eu enfant n'aurait pas survécu à ce trauma. Elle a su garder son identité puisqu'elle a continué son "travail" d'anthropologue au sein du camp, a même su garder une pointe "d'humour" en écrivant une opérette sur sa vie la bas, a su garder un peu de "compassion" envers ces 2 nazis amoureux, victimes du totalitarisme.

A la libération, elle s'est servi de ce vécu pour le transmettre, là aussi par amour d'autrui, et grâce à l'amour reçu, "pour ne pas que ça recommence" : ça a été sa résilience.

Cette femme a eu une identité dont le socle était très bien construit dès le départ. Elle a eu assez confiance en elle (amour de soi) pour traverser ces épreuves et les transformer en quelque chose de bon, qu'elle a su partager avec intelligence (amour de l'autre)

Voilà. Je suis peut être à coté de la plaque, mais j'ai tenté le coup Pété de rire
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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Lun 7 Sep 2015 - 1:06

Floralys a écrit:J'ai trouvé la vidéo très intéressante alors je vais tenter de répondre, même si j'avoue que je maitrise mal le sujet..

Germaine Tillion a dès son enfance été aimée par sa famille, par ses proches. Elle a apparemment grandi dans un environnement épanouissant. Elle a pu se construire sereinement, et donc acquérir confiance en elle, et donc s'aimer. Elle savait aussi s'entourer à son école, signe que c'était une enfant intégrée, bien dans sa peau.

Lorsqu'elle a été déportée dans un camp, c'est cet amour qui l'a sauvé et qui a sauvé également ses codétenues, puisqu'elle leur a fait partager sa force, son savoir, ses "poèmes".. Cyrulnik le dit lui-même : un enfant qui n'aurait pas eu les bases solides qu'elle a eu enfant n'aurait pas survécu à ce trauma. Elle a su garder son identité puisqu'elle a continué son "travail" d'anthropologue au sein du camp, a même su garder une pointe "d'humour" en écrivant une opérette sur sa vie la bas, a su garder un peu de "compassion" envers ces 2 nazis amoureux, victimes du totalitarisme.

A la libération, elle s'est servi de ce vécu pour le transmettre, là aussi par amour d'autrui, et grâce à l'amour reçu, "pour ne pas que ça recommence" : ça a été sa résilience.

Cette femme a eu une identité dont le socle était très bien construit dès le départ. Elle a eu assez confiance en elle (amour de soi) pour traverser ces épreuves et les transformer en quelque chose de bon, qu'elle a su partager avec intelligence (amour de l'autre)

Voilà. Je suis peut être à coté de la plaque, mais j'ai tenté le coup Pété de rire



et ton avis sur tout ceci en lien avec le sujet et le fait que je vois des liens entre amour, résilience ? et relation affective ?

que penses tu ?

(j'aime bien le mot socle et autrui Smile

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Re: Amour et résilience ?

Message par Mayaa le Lun 7 Sep 2015 - 9:32

Je dirai qu'il faut être résilient pour pouvoir aimer et être aimer sainement. Je ne parle pas que de l'amour-couple mais de l'amour envers ses proches, sa famille, l'amour pour la vie.

Cyrulnik a dit une phrase qui m'a beaucoup marqué. Il a imité les enfants non résilients qui se sentent toujours agressés : "Et pourquoi tu me regardes comme ça?" en y ajoutant un faciès agressif. Les non résilients ne peuvent pas accueillir l'amour, car ils perçoivent tout échange comme une agression.

La question que je me pose c'est : comment ces enfants non résilients arrivent finalement à se construire ce cocon qu'ils n'ont pas eu, à apprendre à se faire confiance et donc à aimer. Comment un enfant non résilient peut il se relever d'un trauma..

Mais ce n'est pas l'objet de ton sujet Wink
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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Lun 7 Sep 2015 - 9:38

Floralys a écrit:Je dirai qu'il faut être résilient pour pouvoir aimer et être aimer sainement. Je ne parle pas que de l'amour-couple mais de l'amour envers ses proches, sa famille, l'amour pour la vie.

Cyrulnik a dit une phrase qui m'a beaucoup marqué. Il a imité les enfants non résilients qui se sentent toujours agressés : "Et pourquoi tu me regardes comme ça?" en y ajoutant un faciès agressif. Les non résilients ne peuvent pas accueillir l'amour, car ils perçoivent tout échange comme une agression.

La question que je me pose c'est : comment ces enfants non résilients arrivent finalement à se construire ce cocon qu'ils n'ont pas eu, à apprendre à se faire confiance et donc à aimer. Comment un enfant non résilient peut il se relever d'un trauma..

Mais ce n'est pas l'objet de ton sujet Wink

Très intéressant et pour moi tu es complètement dans le sujet. Merci de cette façon de poser les choses.

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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Lun 7 Sep 2015 - 9:56

Salut Smile

Floralys a écrit:Comment un enfant non résilient peut il se relever d'un trauma..
Pareil que Nath, pour moi c'est dans le sujet. Merci Smile

En étant confronté à un résilient qui lui montre comme faire confiance, puis la suite ?

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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Lun 7 Sep 2015 - 10:06

Résilience : comment ils s'en sortent

Ils refusent leur rôle de victime passive, ont des rêves fous et de l’humour. Ces blessés de l’âme ont transformé leur souffrance en une rage de vivre.

Boris Cyrulnik explique comment ils se défendent et se construisent.
Isabelle Taubes


Le psychiatre et psychothérapeute Boris Cyrulnik enseigne à l’université de Toulon. Spécialiste des comportements animaux et humains, il a travaillé sur les processus d’attachement précoces et les rituels amoureux.

On lui doit de nombreux ouvrages, dont “Sous le signe du lien” (Hachette, 1997), “La Naissance du sens” (Hachette, 1998), “Les Nourritures affectives” (O. Jacob, 2000) et “Un merveilleux malheur” (O. Jacob, 1999), dans lequel il étudie déjà la résilience.
Face aux traumatismes, certains s’en tirent mieux que d’autres.

Ils vivent, rient, aiment, travaillent, créent, alors que les épreuves qu’ils ont traversées auraient logiquement dû les terrasser. Par quel miracle ? Cette énigme s’appelle la « résilience ». Les recherches en ce domaine ont débuté dans les années 90, sous l’influence de psychiatres américains spécialistes de la petite enfance, tels Emmy Warner ou John Bowlby.

En France, Boris Cyrulnik a été le premier à s’y atteler.

Dans son essai “Un merveilleux malheur”, il s’interrogeait sur les processus de réparation de soi inventés par les rescapés de l’horreur. Dans “Les Vilains Petits Canards”, qui vient de paraître aux éditions Odile Jacob, il montre comment ces processus se mettent en place dès les premiers jours de la vie et permettent de se reconstruire après la blessure.

Psychologies : Comment définissez-vous la résilience ? Quelle est l’origine de ce terme ?

Boris Cyrulnik : C’est l’aptitude d’un corps à résister aux pressions et à reprendre sa structure initiale. Ce terme est souvent employé par les sous-mariniers de Toulon, car il vient de la physique. En psychologie, la résilience est la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité.

On a le sentiment que ce terme ne s’applique qu’aux traumatisés profonds. Mais ne concerne-t-il pas chacun d’entre nous ?

B.C : Les deux sont vrais. Je pense qu’on ne peut parler de traumatisme – et d’évolution résiliente – que si l’on a côtoyé la mort, si l’on a été agressé par la vie ou par les autres, ou encore si des personnes de notre entourage ont été en danger.

Mais les processus qui permettent de reprendre son développement après un coup du sort nous concernent tous, car ils obligent à penser la vie en termes de devenir, d’évolution.

D’ailleurs, environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence, qu’il s’agisse d’un inceste, d’un viol, de la perte précoce d’un être cher, d’une maladie grave ou d’une guerre.

Pourquoi vous êtes-vous intéressé à ce problème ?

B.C : La vraie question est plutôt : pourquoi suis-je devenu psychiatre ? Enfant, en pensant à toutes les horreurs, à toutes les tragédies humaines, je me suis demandé : « Comment de telles choses sont-elles possibles ? Comment peut-on s’en sortir ? Comment agir pour que “ça” ne se reproduise pas ? Comment aider ceux qui ont souffert, qui souffrent ? »

C’est pour répondre à ces interrogations qu’à l’âge de 10 ans, j’ai décidé de devenir psychiatre. Si j’avais été plus équilibré, je n’aurais jamais fait d’études de médecine et, a fortiori, de psychiatrie.

En 1990, un peu avant sa mort, mon « maître », le psychiatre John Bowlby, déclarait dans un article :

« Nous devons absolument développer les travaux sur la résilience, car nous pourrons alors observer directement la manière dont les processus d’évolution se mettent en place, et donc savoir comment mieux aider les enfants blessés. » Je l’ai suivi. Le mot « résilience », encore inconnu en France il y a peu, a, depuis, rencontré un vif succès. Dans un catalogue, j’ai même découvert récemment une publicité pour « les matelas résilients »…

Dans cette aptitude à surmonter les chocs, quelle est la part de l’inné et celle de l’acquis ?

B.C : Naturellement, des déterminants génétiques existent. En dépit des affirmations des psychologues, on peut prédire un nombre élevé de comportements. Ainsi, en observant une bandelette d’ADN, on peut savoir que le cerveau de tel individu sécrétera beaucoup de dopamine et de sérotonine, substances cérébrales qui rendent actifs et donnent une fringale de vie. Mais il est impossible de déterminer génétiquement que tel ou tel enfant aura une évolution résiliente, même s’il est très tonique.

Quels sont les facteurs qui favorisent une évolution résiliente ?

B.C : On en repère trois principaux :

• le tempérament de l’enfant,
• le milieu affectif dans lequel il baigne au cours des premières années,
• un environnement soutenant ou non.

Statistiquement, un enfant au tempérament souple, confiant, capable d’aller chercher de l’aide à l’extérieur, est mieux armé. Or, ce rapport au monde dépend étroitement du climat familial : des parents qui s’entendent bien, une mère rendue heureuse par son homme, par sa vie, et qui va créer, autour du bébé une ambiance de fête sensorielle et rythmée.

A l’âge de 10 mois environ, l’enfant apprend une certaine manière de se faire aimer : par des sourires, en babillant, en cherchant les regards et les paroles des adultes. La réponse de ces derniers créera un attachement sécure. Aussi, même s’il arrive malheur à sa mère, le petit aura acquis un mode de conquête de l’autre. Enfin, dernier facteur : la présence d’un réseau relationnel extérieur qui peut soutenir l’enfant – d’autres enfants, des adultes rassurants.

Toutefois, c’est à nuancer, car un enfant que son tempérament pourrait rendre résilient dans une société ou une famille particulière, ne le sera pas forcément dans une autre.

En Algérie, les bébés « marmottes », les grands dormeurs, sont particulièrement appréciés. Aux Etats-Unis, ces mêmes enfants sont traités de mollassons, ce qui augmente leur inertie et entrave leur développement. Et si un bébé affectueux a plus de chances de connaître une évolution résiliente, ce ne sera pas le cas dans une famille rigide où, parce qu’il sollicite les regards et les caresses, il sera tenu pour un « lèche pomme » encombrant, et donc rejeté.

Vous insistez sur le rôle du couple parental et de l’attachement maternel précoce dans la mise en place des processus de résilience.

Que se passe-t-il pour les orphelins ?

B.C : S’il y a ratage au cours des premières années, c’est quand même rejouable avec d’autres acteurs, plus tard. Ce sera certainement plus long, moins spontané, mais possible ! J’ai beaucoup travaillé avec les orphelins roumains de l’ère Ceausescu, abandonnés très tôt dans des institutions inhumaines. Quand on nous parlait de ces enfants, on nous disait : « Ce sont des monstres. »

Et, réellement, ils étaient sales, sentaient mauvais, ne parlaient pas, se balançaient en permanence, mordaient, se frappaient la tête sur le sol dès que l’on s’adressait à eux.

Mais parfois, des paysannes arrivaient : « Puisque je vis seule, je vais le prendre un peu, ce petit. » Elles parvenaient à reconstituer symboliquement un semblant de famille autour de lui car, proches de ces femmes, il y avait d’autres adultes, des parents, des voisins, tout un village.

Du coup, ces petits avaient dans leur tête un référent, une personne centrale soutenue par tout un environnement.

Et ils ont repris leur développement de manière tout à fait incroyable. Quelques-uns sont devenus des petites merveilles d’intelligence et de gentillesse.
Pourquoi les enfants d’une même famille ont-ils des réactions si variées face au même traumatisme ?

B.C : Chaque enfant a des parents différents, même les jumeaux. Je cite l’exemple de vrais jumeaux. L’un, Mathieu, avait la tête plus ronde que son frère Thomas. Face à la rondeur de ce crâne, leur mère se disait : « Ce bébé restera bébé plus longtemps et me rendra donc mère plus longtemps. » C’est à Mathieu qu’elle parlait le plus, avec qui elle communiquait le mieux.

Il s’endormait paisiblement et se réveillait souriant, tandis que Thomas, pourtant doté du même équipement génétique, s’endormait difficilement et se réveillait grognon. Leur mère avait donc la preuve que le bébé à la tête ronde était « mieux » que l’autre. Et ce petit avait une mère toujours agréable, alors que son jumeau avait, lui, une mère nettement plus maussade.

Concrètement, quels traits psychologiques remarque-t-on le plus souvent chez les résilients ?

B.C : En fait, ils ont mis en place toute une série d’attitudes de protection. Et en premier lieu la révolte, le refus d’être condamné au rôle de victime passive : « J’ai en moi la force de réagir, aussi je vais me battre, chercher à comprendre. »

Puis, il y a le rêve. « Je m’appelle Georges Perec, j’ai 8 ans, j’ignore ce que mes parents sont devenus. Alors, je vais écrire, écrire pour leur donner un tombeau. » Dans son roman “La Disparition”, la lettre disparue, ce « e » manquant, c’est « eux ».
On observe également une forte dose de mégalomanie chez les résilients. Les enfants blessés ressassent en silence : « Un jour je m’en sortirai, un jour je leur montrerai. » Ils ont des rêves grandioses, fous. Qu’ils taisent.

Autre mécanisme de protection : le déni. « J’ai été blessé, violé, je me suis prostitué, mais ce n’est pas si grave, on s’en sort. » Le déni leur sert à se protéger de la pitié des autres, à préserver leur dignité et leur propre image. Mais dans leur monde intime, ils pleurent, souffrent, rêvent…

Enfin, dernier mode de défense qu’ils mettent en œuvre : l’humour. « Si je fais rire, sourire de ce qui m’est arrivé, je peux m’intégrer, cesser d’être un phénomène de foire. » Bien sûr, tous les résilients n’ont pas un sens de l’humour développé. D’ailleurs quand on souffre vraiment trop, l’humour devient impossible.

La chanteuse Barbara a subi l’inceste ; l’écrivain Charles Dickens puisait son inspiration dans une enfance misérable ; Michel del Castillo, Jean Genêt ou encore Rudyard Kipling ont vécu l’abandon, l’enfermement, le rejet… Pourquoi trouve-t-on un tel pourcentage de créateurs chez les résilients ?

B.C : Etre créateur, c’est installer dans le monde quelque chose qui n’y était pas avant nous. Donc, pour l’être, il convient d’être un peu marginal, de marcher sur un sentier de montagne et pas sur l’autoroute. Or, les résilients, à cause des difficultés qu’ils ont traversées, ont quitté les chemins balisés. La vie, la société, les en a chassés. Très tôt, ils commencent à écrire le récit de leurs épreuves, même si ce récit n’est jamais publié et reste au fond d’un tiroir.

Est-on résilient ou non résilient une fois pour toutes ?

B.C : Il me semble que, lorsqu’on a été blessé dans sa vie, on est contraint de mettre en place, de tricoter un processus de résilience jusqu’à sa mort. La blessure est enfouie, maîtrisée, transformée, mais elle ne guérit jamais complètement.

mars 2001

http://www.psychologies.com/Therapies/Psychanalyse/Travail-psychanalytique/Interviews/Resilience-comment-ils-s-en-sortent

(Merci de me rappeler que je n'ai plus 20 ans Smile un Mars et ça repart ?)

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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Lun 7 Sep 2015 - 10:16

Boris Cyrulnik : « Mon histoire, je la raconte à travers celle des autres »

L’homme qui a fait connaître la résilience au grand public ne cesse, de livre en livre, de creuser le mystère des capacités à renaître après un traumatisme. Une recherche qui l’engage totalement et vient de son passé. Alors qu’il publie Autobiographie d’un épouvantail, nous l’avons écouté parler des racines du mal en l’homme et des liens qui permettent aux victimes de se reconstruire.
Pascale Senk


À lire vos essais, à vous écouter en conférence ou à la radio, on se dit que vous êtes un conteur…

Boris Cyrulnik : C’est vrai, j’aime raconter des parcours.

Mon livre Les Vilains Petits Canards débutait déjà avec des témoignages : Barbara, Jean Genet…

Dans mon dernier essai, comme dans tous les autres, je raconte deux histoires, puis je pose le problème théorique : quelle est l’importance du récit dans un processus de résilience, c’est-à-dire dans la capacité à rebondir après un trauma ou une grande catastrophe ? Pourquoi, dans le cas des enfants dont je parle, leur vie a-t-elle été détruite ou améliorée par une phrase, un récit ou, au contraire, par l’impossibilité de faire un récit ?

Mais le titre de ce livre,
Autobiographie d’un épouvantail,
ressemble à un pied de nez fait aux lecteurs.
Car en réalité vous ne racontez rien de votre parcours personnel (1). En même temps, à la fin, on a l’impression de tout savoir de votre histoire…

Oui, car ma motivation au départ est clairement autobiographique : après la guerre, pendant très longtemps, j’ai cru que j’étais un épouvantail.

Aujourd’hui, avec le recul, je me rends compte combien c’était une période invraisemblable, folle.
Mais quand j’étais enfant, c’était là-dedans qu’il me fallait vivre, et me débattre. J’étais là et je faisais avec, mais je me sentais avec du bois à la place du cœur et de la paille à la place du cerveau.
Ce n’est pas une métaphore, c’est une sensation. Je n’avais pas de famille, pas d’histoire.

Les autres croyaient que j’étais un être humain, je n’en avais que l’apparence. D'ailleurs, si j’avais été équilibré, je ne serais jamais devenu psychiatre, j’aurais été ébéniste, comme mon père, ou danseur de tango argentin.

Quand j’ai travaillé avec les enfants roumains ou palestiniens mis, via la politique ou un accident, dans une situation analogue à celle que j’ai vécue – même si ce n’est jamais comparable –, j’ai observé qu’ils se prenaient tous pour des épouvantails.

Je me suis dit : « Il faut leur donner la parole. » Et mon autobiographie s’arrête là…

1. En 1942, quand ses parents sont déportés, le petit Boris, alors âgé de 5 ans, est recueilli et caché par une institutrice bordelaise, Marguerite Farges. Un an et demi après, il est raflé à son tour. Il parvient à s’évader, seul, au moment du transfert pour Drancy et Auschwitz.

Raconter son histoire fait partie du processus de résilience.

Pourquoi vous taire ?

Je me suis d’abord tu parce que pendant la guerre il fallait que je me taise. Là, le secret, c’était le secret défense. Se taire, c’était vivre. Celui qui parlait mourait : neuf enfants juifs sur dix ont été tués en Europe en trois ans ! Parler, c’était aussi entraîner dans la mort ceux qui s’occupaient de vous, donc cela générait une culpabilité très forte.

Et puis, quand la guerre est finie – les petits Rwandais ou Cambodgiens m’ont tous dit la même chose –, si les enfants veulent parler, on ne les croit pas parce que dans le monde des adultes, ce qu’ils pourraient raconter est insupportable, invraisemblable. C’est ce déni des adultes qui provoque le clivage des enfants.

Ceux-ci apprennent à n’exprimer qu’une partie de leur personnalité, celle que les adultes supportent. Mais l’autre partie d’eux souffre en cachette : puisque je ne peux pas tout dire de ma vie, c’est que je suis un monstre, un vilain petit canard, ou un épouvantail…

Ces situations de silence obligé évoluent tout de même ?

Oui, mais ça dépend de la culture en place. Maintenant, les petits Rwandais accueillis en Belgique ou en Allemagne sont intelligemment invités à la parole. Ces enfants se sentent moins monstrueux. Le processus de résilience sera probablement moins difficile parce que la société a compris comment il faut les entourer.

C’est donc une transaction constante entre le blessé, qui doit témoigner pour ne pas trahir, et la culture, qui doit évoluer pour accepter d’entendre ça. Le chanteur Corneille, qui respire la gentillesse, m’a confié un jour : « Mes parents allemands ont eu un grand talent en me disant : “On t’accueille avec ton histoire. Si tu veux parler, on t’écoute; si tu ne veux pas, tu ne parles pas.” » Ils ont respecté ce temps de déni, alors que les petits Juifs en Europe, on a préféré les faire taire pendant quarante ans.

Pour se relever du pire, s’agit-il juste de témoigner ?

Il ne suffit pas de parler pour être bien. C’est pour cela que j’insiste sur le mot partager. Je ne peux parler qu’avec quelqu’un à qui je prête le pouvoir de me comprendre.

De plus, dès que j’ai livré mon secret, qui m’a permis de survivre, j’ai donné à l’autre un pouvoir énorme sur moi. Il peut m’aider, s’il le souhaite; mais il peut me détruire aussi, s’il le souhaite. Le secret provoque un trouble relationnel, surtout entre parents et enfants, mais c’est en même temps un mécanisme de défense précieux.

Notre identité se clôture et se renforce le jour où, enfant, nous pouvons affirmer : « Je le dis si je veux, et je le tiens secret si je veux. » Mais dans les cas les plus graves, la vraie question est : « À qui témoigner de ce que j’ai vécu ? » Je pense à celles de mes patientes qui ont été abusées sexuellement, toutes m’ont expliqué comme il est difficile de savoir où et à qui le dire.

Et d’ailleurs comment le dire ? Avec le ton de Niki de Saint Phalle ? « Mon père, ce banquier que j’admirais tant, est entré dans mon lit quand j’avais 11 ans (2)… » Dès l’instant où quelque chose est monstrueux, « hors humanité », il n’y a pas vraiment de lieu pour en parler. Pour métamorphoser sa blessure, restent les détours par l’œuvre d’art, l’essai philosophique, les associations, l’engagement politique, la psychologie… Car si l’on ne métamorphose pas la blessure, on fait seulement revenir la souffrance.

2. In Mon secret de Niki de Saint Phalle (La Différence, 1994).

La psychanalyse vous a-t-elle aidé ?

Personnellement, ça n’a pas été rendu possible par la psychanalyse, et je pense aussi à beaucoup de ceux qui ont vécu la même épreuve que moi et qui sont devenus psychanalystes. Ils avouent que la cure ne les a pas aidés.

Freud, dans la préface d’un ouvrage d’August Aichhorn (3), l’écrivait clairement : « Les enfants en privation sensorielle et affective ne peuvent pas bénéficier de la psychanalyse. »

D’ailleurs, ce que j’ai revécu via le transfert, c’est l’isolement sensoriel dont j’avais un peu réussi à me débarrasser. Mon analyste me disait à peu près un mot tous les six mois et il ne me disait pas bonjour quand j’arrivais. Je peux dire que ce silence m’a torturé.

Ensuite, j’ai été formé à rester silencieux. Dans mon métier, on nous disait : « Ne parlez pas; si vous le faites, vous empêchez l’émergence des fantasmes. » Je voyais bien que ça angoissait les malades. C’est pour cela que j’ai décidé d’être psychiatre. J’ai dit : « Moi je parlerai. »

Aujourd’hui, heureusement, les jeunes psychanalystes parlent et favorisent l’intersubjectivité. Ils savent que l’efficacité thérapeutique naît d’elle.

Ce qui m’a aidé personnellement, c’est l’engagement, l’action politique, intellectuelle, affective, les copains, ma femme, mes enfants… la vie.

Pas la vie qui tombe du ciel, mais la vie qu’il faut aller arracher, et reconstruire.

3. August Aichhorn (1878-1949), compagnon de Freud, il fut l’un des premiers psychanalystes à s’intéresser aux adolescents délinquants. Il est l’auteur de Jeunes en souffrance, préfacé par Freud (Les Éditions du champ social, 2005).

Dans ce livre, vous explorez pour la première fois de manière détaillée la dimension du mal, la psychologie des êtres pervers…

Je dirais plutôt pervertis. Les psychanalystes ont été très utiles en isolant le concept de narcissisme pervers. Le nourrisson est pervers parce qu’il ne peut pas être autre chose que narcissique : pour lui, il n’y a pas d’autre, il n’y a pas d’empathie. Il se représente juste : « J’ai faim, j’ai froid… »

Il vit dans son monde, et si ce narcissisme n’est pas nourri, réchauffé, le bébé meurt. Donc un nourrisson doit être pervers s’il veut survivre, mais c’est alors physiologique, « développemental » et nécessaire. La « narcissisation » est biologiquement nécessaire, mais elle devient perverse quand, plus tard, le stade de l’empathie, de la représentation du monde de l’autre n’est pas possible.

Parce que quelque chose que j’ignore s’est passé dans leur développement, certains adultes sont restés à ce stade, ils sont physiquement adultes et affectivement nourrissons : l’autre n’existe que par le plaisir qu’il me donne, et sa personne, je n’en tiens pas compte.

Sade disait : « Les femmes sont d’agréables tubulures… »
Vous dites que le pervers est celui qui ne voit pas l’autre en face de lui, mais juste « l’idée qu’il s’en fait »…

Le pervers narcissique éprouve seulement l’impression que l’autre lui fait. Quand j’ai une relation avec une personne, je pense : « Elle m’amuse, elle m’étonne, elle m’énerve…, mais je suis attaché à elle, et pourtant elle m’énerve ! » C’est une autre, qui existe. Même si son monde mental n’est pas le mien, je le découvre, elle me le fait comprendre.

Tandis que pour Leopold von Sacher-Masoch (4), par exemple, la femme c’est toujours Vénus nue sous une fourrure. Quelle que soit la femme, il arrivera un jour à la faire se coucher nue sous une fourrure. Pour les nazis, dans les camps, les Juifs n’étaient pas des personnes, mais des Stucks, comme ils les appelaient, des « morceaux ».
Contrairement aux préjugés, je ne dis pas que les pervers commettent des actes monstrueux parce qu’ils sont monstrueux. Pas du tout !

Ils commettent des actes monstrueux, mais ils peuvent être charmants. Dans le cadre des expertises de terroristes que j’ai eues à mener, j’ai ainsi rencontré des hommes et des femmes polis, intelligents, de conversation agréable… Les névrosés explosent parfois, se taisent ou vous agressent. Les pervers sont charmants !

4. Leopold von Sacher-Masoch (1836-1895), écrivain et journaliste autrichien, auteur notamment de La Vénus à la fourrure (Le Cercle, “Poche”, 2008).

Cette exploration du mal vous a-t-elle apaisé ?

J’ai fait psychiatrie parce que je pensais que cela me permettrait de répondre à mon enfance. Après quarante ans de pratique, je me suis rendu compte que j’ai répondu à beaucoup de choses, mais pas à ça. De toute façon, c’est la recherche du sens qui a un effet résilient, bien plus que le sens trouvé. Marjane Satrapi, la jeune Iranienne qui a fait de son enfance une bande dessinée (5), a trouvé son sens à elle. Pour un autre, ce sera la politique, un autre encore la psychiatrie.

5. Persepolis de Marjane Satrapi (L’Association, 2007).

Pensez-vous qu’un jour vous pourrez tout raconter ?

Je ne crois pas. Ça veut dire que je me pense encore en tant que monstre parce que j’ai eu une enfance monstrueuse. Dès l’instant où un épisode comme ça est rendu public, on est soumis au regard des autres. Il importe de moins en moins pour moi… mais j’aurais quand même une impression d’indécence. J’aime parfois parler de mon évasion comme ça dans une conversation, j’en éprouve même du plaisir, mais le simple fait de rassembler tous les souvenirs pour en faire un livre, je pense que je n’y arriverais pas. Cela me prouve que le problème n’est pas complètement liquidé quand même. S’il est liquidable.

En revanche, donner la parole à ce que j’appelle des « délégués narcissiques », ça oui.

Mon histoire, je la raconte à travers la leur. Il ne le sait pas, mais le psychanalyste Philippe Grimbert, en parlant dans Un secret(6), son magnifique livre, de son enfance et de sa famille, a écrit une partie de ma biographie !

6. Un secret de Philippe Grimbert (LGF, “Le Livre de poche”, 2007).

À lire

Autobiographie d’un épouvantail de Boris Cyrulnik

Pour ceux qui ont vécu l’inhumain, la capacité à dire son histoire est fondamentale.

Mais il faut que la culture en place reconnaisse et favorise ces témoignages.

Un texte encourageant, mais qui scrute avec rigueur tous les aspects du mal

Ses dates clés

1937 | Naissance à Bordeaux.
1942 | Ses parents sont déportés. Ils ne reviendront pas.
1944 | Après une rafle, il parvient à s’évader, seul, en sautant d’un train en partance pour Drancy.
1970 | Il devient médecin, éthologue et neuropsychiatre.
1983 | Il publie son premier livre, Mémoire de singe et Paroles d’homme (Hachette Littératures, “Pluriel”, 2007).
1989 | Sous le signe du lien (Hachette Littératures, “Pluriel”, 1997).
1999 | Un merveilleux malheur (Odile Jacob, “Poches”, 2002), dans lequel il explique le concept de la résilience.
2001 | Les Vilains Petits Canards (Odile Jacob, “Poches”, 2004).
2003 | Le Murmure des fantômes (Odile Jacob, “Poches”, 2005).
2004 | Parler d’amour au bord du gouffre (Odile Jacob, “Poches”, 2007).
2006 | De chair et d’âme (Odile Jacob, “Poches”, 2008).
2008 | Autobiographie d’un épouvantail (Odile Jacob).

http://www.psychologies.com/Therapies/Developpement-personnel/Methodes/Articles-et-Dossiers/Boris-Cyrulnik-Mon-histoire-je-la-raconte-a-travers-celle-des-autres


Dernière édition par Nath le Lun 7 Sep 2015 - 10:20, édité 1 fois

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Re: Amour et résilience ?

Message par Mayaa le Lun 7 Sep 2015 - 10:16

Merci pour ton partage. C'est un sujet qui m'intéresse tout particulièrement.
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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Lun 7 Sep 2015 - 10:27

Floralys a écrit:Merci pour ton partage. C'est un sujet qui m'intéresse tout particulièrement.

De rien. Je suis plutôt impressionnée du parcours de ce monsieur. Et contente d'avoir pu le lire tout au long du mien et encore aujourd'hui.

(Je devrai lui écrire tiens qu'il est ma boîte à outils Smile un maître à panser ?)

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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Lun 7 Sep 2015 - 10:31

[quote="Aimant"]Salut Smile

Floralys a écrit:Comment un enfant non résilient peut il se relever d'un trauma..
Pareil que Nath, pour moi c'est dans le sujet. Merci Smile

En étant confronté à un résilient qui lui montre comme faire confiance, puis la suite ?

C'est bien possible. (cela dit ne frontes pas trop avec les c Smile)

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Re: Amour et résilience ?

Message par fleurblanche le Mar 8 Sep 2015 - 2:38

Floralys a écrit:La question que je me pose c'est : comment ces enfants non résilients arrivent finalement à se construire ce cocon qu'ils n'ont pas eu, à apprendre à se faire confiance et donc à aimer. Comment un enfant non résilient peut il se relever d'un trauma..

La résilience se bâtit.

Il y a toujours une base (un terreau) sur laquelle on peut construire pour aider la personne à se relever.

Et sur ce terreau, il suffit parfois de planter juste une petite graine : sourire à l'enfant, le caresser, le prendre dans ses bras, l'encourager, jouer avec lui, lui dire des mots d'affection, lui prêter de l'attention, lui apprendre qu'il a de la valeur... et tout cela, pas de façon ponctuelle, mais c'est tout un programme (cohérent) qui dure dans le temps.

Ce qui est sûr, c'est que l'enfant traumatisé ne peut pas y arriver seul, ou alors il y arrivera mal. Il a besoin d'un soutien adéquat, à la fois familial/communautaire (ex : les paysannes et les orphelins évoqués dans un post plus haut) et spécialisé.

Souvent je me dis que les maux de la société, les criminels, les délinquants, les violents, etc. , ce sont juste des personnes qui ont grandi sans l'environnement sécure, du moins affectivement, qui aurait du être le leur. Et ils élèveront leurs enfants de la même manière qu'ils ont été élevés.

Les sociétés dans lesquelles nous vivons et dont les maux nous font nous plaindre, c'est nous même qui les avons façonnées à cause de la manière dont nous élevons les enfants.

Bâtir une société, c'est d'abord bâtir les individus qui la composent.

Nous voulons une société plus sécure, plus...  ? Alors nous devons bâtir des enfants qui deviendront plus tard des adultes bien dans leur peau. On récolte ce que l'on sème, sur ce plan-là.
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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Mar 8 Sep 2015 - 13:44

Bien d'accord avec toi Fleurblanche.

_____________________________________________________________

Dans le lien ci-joint une étude clinique psychologique basée sur le WISC III / Test des contes / Rorschach + dessin du tuteur de résilience : lien

Objectif : valider ou invalider quatre hypothèses quant à :
- la variété plus ou moins étendue quant à l'utilisation de mécanismes de défense,
- la richesse de l'espace imaginaire afin de s'adapter,
- la qualité de la mentalisation,
- la rencontre avec un tuteur de résilience auprès de qui s'identifier,

Et vérification de l'impact quant à la capacité de résilience. Résilience qui est définie comme un processus dynamique adaptatif de négociation du risque via la tolérance à la vulnérabilité.

Attention, cette étude de par son spectre réduit n'a pas vocation à généraliser les conclusions (clairement indiqué dans le document). Les conclusions de cette étude doivent être lues dans leur ensemble (4 pages du pdf). Les faire ressortir ici ne me parait pas pertinent.

_____________________________________________________________

J'ai trouvé ce document très intéressant à lire, notamment en tant que parent moi-même. Par contre, que de souffrances exprimées par des enfants ....... Sad

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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Mar 8 Sep 2015 - 15:07


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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Mar 8 Sep 2015 - 22:46



J'ai pris cette photo hier en sortant faire mon tour et ça m'a fait penser à ce sujet. Je vous la partage. J'espère que je croiserai toujours des petites fleurs comme ça qui se moquent des bouches d'égout. Smile et continuent de fleurir comme bon leur semble.

flower sunny albino


Dernière édition par Nath le Mer 9 Sep 2015 - 10:10, édité 1 fois

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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Mar 8 Sep 2015 - 22:50

Ugly Brat Brulant Nicolas a écrit:

Hello, je n'avais pas vu ton message.

je suis d'accord avec toi, il faut aussi de l'eau et s'abreuver aux bonnes fontaines. Smile

ou alors chacun peut dire "Fontaine, je ne boirai pas de ton eau", chacun est libre de son destin, du moins c'est mon avis.

Very Happy

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Re: Amour et résilience ?

Message par ErikFromFrance le Mer 9 Sep 2015 - 1:48

Nath a écrit:
Spoiler:
(pour Erik : Je vois des liens entre la résilience, la construction ou la reconstruction de soi et le fait de construire une relation affective avec ou sans génie et sans bouillir)
Spoiler:
Pour Nath : Je pense saisir la raison pour laquelle tu me laisses ce message mais je pense aussi que les choses que j'ai pu exprimer ne sont qu'indirectement en lien avec la résilience (sérieusement!) qui est l'objet de ce topic. C'est un peu complexe et je ne souhaite pas faire dévier ce topic. Et je ne souhaite pas non plus prendre trop de coups sans raison pendant quelques jours... Il faut savoir se ménager.
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ErikFromFrance
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Re: Amour et résilience ?

Message par Invité le Mer 9 Sep 2015 - 10:25

ErikFromFrance a écrit:
Nath a écrit:
Spoiler:
(pour Erik : Je vois des liens entre la résilience, la construction ou la reconstruction de soi et le fait de construire une relation affective avec ou sans génie et sans bouillir)
Spoiler:
Pour Nath : Je pense saisir la raison pour laquelle tu me laisses ce message mais je pense aussi que les choses que j'ai pu exprimer ne sont qu'indirectement en lien avec la résilience (sérieusement!) qui est l'objet de ce topic. C'est un peu complexe et je ne souhaite pas faire dévier ce topic. Et je ne souhaite pas non plus prendre trop de coups sans raison pendant quelques jours... Il faut savoir se ménager.

Spoiler:
Tu as raison. C'était un clin d'oeil pour te l'indiquer. Comme je ne suis pas toi et que tu n'es pas moi, il est normal que nous ayons des avis qui peuvent et doivent être différents sinon nous aurions la même vie, les mêmes parents, la même famille, la même origine, les mêmes vacances, les mêmes boulots, on habiterait tous au même endroit, et on irait tous aux toilettes au même moment, au même endroit, on aurait lu les mêmes choses, on aurait les mêmes centres d'intérêts, on serait touché par les mes événements, on trouverait nazes les mêmes choses, on aurait envie de coucher avec les mêmes personnes, on aurait tous le même chien, la même voiture, la même maison, le même jardin, il est bien évident que comme je n'ai pas accepté certains comportements à mon égard, je n'ai pas eu à faire les mêmes choses que d'autres personnes et que je n'ai pas suivi les mêmes directions et donc pas abouti aux même conclusions et que je n'admette donc pas qu'on m'indique comment j'aurai du me comporter dans telle situation si la personne en face ne l'a pas vécue.

Je ne sais pas si mr Boris entre dans des statistiques ou dans des études, je sais par contre que ce monsieur est entré dans ma bibliothèque il y a très longtemps et qu'il a été un très bon compagnon pour moi durant ma vie et que des choses qu'il a écrites m'ont permis de me créer un modèle de vie qui me permet d'être le plus souvent bien dans mes baskets, ce forum étant un forum de partage, j'ai souhaité partager ce qui m'a réussi et en parler si c'était souhaité avec des personnes à qui ça pourrait servir et si pour reprendre ton propos, ça devait servir à des personnes pour tenter de me mettre des coups, elles peuvent perdre leur temps à le faire, ça ne changera pas mon avis d'un iota comme je ne tenterai pas de changer leur avis. leur vie n'est pas ma vie. et ma vie n'est pas la leur. Chacun a sa boîte à outils et chacun y met ce qu'il veut. Merci de ta réponse

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Re: Amour et résilience ?

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