Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

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Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Sam 29 Aoû 2015 - 11:32

Le bocal à con, ludique, efficace, unique!


La plupart du temps, les solutions élaborées par les clients sont trop personnelles pour pouvoir être utiles à d’autres. Cependant, parfois, leurs caractéristiques métaphoriques peuvent les rendre transformables en véritables outils exploitables par bon nombre de personnes.

Ainsi l’autre jour, voilà ma cliente A., avec qui je travaille sur le relationnel professionnel, qui me lance une de ses œillades malicieuses dont elle a le secret et m’explique qu’elle et son mari sont les heureux inventeurs d’un concept qu’ils auraient du breveter il y a plus de 20 ans : le bocal à con.

J’en reste sans voix. Je suis éblouie par le potentiel phénoménal, l’étendue du champ d’action possible d’une telle idée. Merci donc à A. qui non seulement m’a fourni un outil ludique et efficace, et qui en plus m’a autorisée à le partager avec vous.

Le concept


Le concept est ultra simple. Quand nos tentatives bienveillantes pour améliorer les relations avec un abruti donné ont échoué,  il s’agit tout simplement d’imaginer qu’on place ledit abruti dans un bocal. Car le con, une fois coincé dans un bocal hermétiquement fermé, a beaucoup plus de mal à nuire : Il n’a plus de son, plus d’odeur. De plus, pour peu qu’on ait choisi un bocal en verre, les parois arrondies lui déforment la figure, nous donnant une sorte de caricature de notre abruti qui diminue grandement l’emprise que ses comportements ont sur nous.

Regardons-le, enfermé dans son bocal: ni ses mots, ni son agressivité, ni ses petites et grandes manipulations, ou encore ses comportements de persécuteur, ses attitudes et manies qui nous insupportent ne parviennent à franchir la barrière de verre qui le sépare de nous. Le con est devenu inoffensif, impuissant.

Le bocal peut ensuite être placé sur une étagère décorative, au fond d’un placard ou encore planqué à la cave. Selon la nature de notre relation au con en question et la solution qui nous convient le mieux, nous pouvons choisir de ranger notre con à la place qui lui revient.

Etes-vous du genre agressif ou soumis? Au lieu de vous cataloguer un peu trop vite, admettons qu’en fait, ce n’est probablement ni l’un ni l’autre! Plutôt un mélange savant et unique des deux, en fonction des circonstances. Partons donc en exploration des comportements hérissons et paillassons, et trouvons le juste milieu…

Hérisson/Paillasson


devenir assertif au lieu de réagir en paillasson ou hérisson/Comportements et estampilles hâtives


Les catégories, genres, étiquettes, ainsi que les adjectifs qui vont avec, sont fort utiles: en simplifiant le monde ils le rendent lisible, compréhensible, rassurant.
Nous avons donc tendance à coller des estampilles de préférence hâtives et souvent définitives sur un maximum de choses. Comme ça, pas de surprise, nous savons à quoi nous en tenir / nous attendre et à partir de quelles généralisations abusives ou de quelles convictions construire notre perception du monde en général et des autres en particulier.

Le hic avec les étiquettes, c’est qu’elles sont vite erronées: notre personnalité n’est pas figée et même le copain le plus saule pleureur est capable de nous étonner par son enthousiasme aussi soudain qu’inattendu vis-à-vis d’un d’un nouveau projet.
Il en va de même dans nos relations: nos réactions sont souvent davantage une question de circonstances que de nature. Quand elles s’y prêtent, l’ours peut se transformer en mouton, la poule mouillée en peau de vache, le dragon en gentil chien-chien.

Nous pouvons aussi passer d’un extrême à l’autre, avec de temps en temps des éclairs de génie pendant lesquels nous ne sommes plus ni hérissons ni paillassons, mais bels et bien assertifs, c’est à dire que nous nous affirmons tout en prenant en compte et en respectant les intérêts des autres parties – bref, nous sommes capables d’être grandioses.

Hérisson Vs Paillasson

L’imagerie animalière regorgeant d’expressions appropriées, continuons dans ce registre aussi gaiement que le pinson entame une chanson. C’est bien connu: chat échaudé craint l’eau froide. Du coup, face à une situation ou un comportement qui lui déplaît, différentes réactions sont possibles et parmi elles, les réactions hérisson ou paillasson.

Il se peut alors qu’il se retrouve à montrer les crocs, toutes griffes dehors, prêt à monter sur ses grands chevaux, à distribuer les chiens de sa chienne, à chercher des poux dans des têtes, à secouer des puces, à clouer des becs.

A l’autre bout de la ligne, à force de ménager la chèvre et le chou, d’être doux comme un agneau, voilà notre matou échaudé qui peut tout aussi bien se retrouver fermé comme une huître, enfermé dans sa coquille, voire prêt à se faire pigeonner, à avaler toutes les couleuvres, bref dindon de la farce, bouc-émissaire, fait comme un rat.

Bref, entre réaction agressives et retrait excessif soumis au bon vouloir d’autrui, les expressions d’un égo malmené par les circonstances s’expriment au détriment:

de la relation à soi: la dévalorisation et la perte d’estime de soi ne sont pas loin.
de la relation à l’autre en générant des interactions déséquilibrées en mode dominant-dominé.
Pourtant, le greffier n’a pas forcément besoin qu’on le prenne sous son aile pour retomber sur ses pattes et réagir avec une affirmation de soisereine et respectueuse de l’autre, cette gentillesse ni serpillière ni prison qui caractérise ceux qui sont sortis de l’égo au profit d’une estime d’eux-même capable d’accueillir l’autre, y compris dans ses défauts. Et ce sans se soumettre à lui ou le passer à la moulinette de ses propres vertus outragées. Pour exemple, faites donc un tour du coté de la vidéo de cet admirable minet champion de l’affirmation de soi.



Mais si notre greffier héros du jour ne craint pas les crocodiles, ça ne signifie pas pour autant qu’il ne craint personne. On peut parfaitement imaginer que ce chat-là ait du mal à prendre la parole en réunion. La plupart d’entre nous agissons parfois en hérisson, parfois en paillasson, et nous gagnons tous à identifier ces situations et ce qu’elles nous renvoient pour renforcer notre assurance et notre aisance relationnelle.



Mini coaching: connaissance de soi – hérisson et paillasson

Bon, arrêtons-là le bestiaire / bêtisier de nos relations et penchons-nous sur nos mécanismes relationnels pour identifier nos circonstances paillasson et nos circonstances hérisson dans le but de faire un premier pas (de loup?) vers l’assertivité et un environnement relationnel qui ne ressembe pas à un panier de crabes (promis, maintenant j’arrête). Il s’agit donc bien d’un pas vers la sortie du triangle dramatique / relationnel / infernal de ce bon vieux Karpman.


Dans quels types de situations avez-vous tendance à être hérisson? Paillasson?
Avec quels types de personnes avez-vous tendance à être hérisson? Paillasson?
Qu’est-ce que ça vous dit sur vous-même?
Sur vos besoins?
Qu’avez-vous besoin d’apprendre, de renforcer, de développer pour vous affirmer davantage, avec douceur et fermeté?

http://www.ithaquecoaching.com/articles/guide-de-survie-aux-abrutis-le-bocal-a-con-814.html
http://www.ithaquecoaching.com/articles/relations-herisson-et-paillasson-843.html

La carotte, l'oeuf et le café.
source inconnue
reçu de Chabella
Vous ne regarderez plus jamais une tasse de café de la même façon.

Une jeune femme va chez sa mère et lui dit que sa vie est tellement difficile qu'elle ne sait pas si elle peut continuer. Elle veut abandonner, elle est fatiguée de se battre tout le temps. Il semble qu'aussitôt qu'un problème est réglé, un autre apparaît.

Sa mère l'amena dans la cuisine. Elle remplit trois chaudrons d'eau et les place chacun sur la cuisinière à feu élevé. Bientôt, l'eau commence à bouillir.

Dans le premier chaudron, elle place des carottes, dans le deuxième, elle met des oeufs et dans le troisième, elle met des grains de café moulus. Elle les laisse bouillir sur le feu sans dire un mot. Après 20 minutes, elle retourne à la cuisinière. Elle sort les carottes et les place dans un bol. Elle sort les oeufs et les place dans un bol. Puis, elle verse le café dans une carafe.

Se tournant vers sa fille, elle dit : "Dis-moi, que vois-tu?"

"Des carottes, des oeufs et du café", répondit sa fille.

La femme l'amena plus près et lui demanda de toucher les carottes. La fille leur toucha et nota qu'elles étaient toutes molles et souples. La mère lui demanda alors de prendre un oeuf et de le briser. La fille enleva la coquille d'un oeuf et observa qu'il était cuit dur. Finalement, la mère lui demande de goûter au café. La fille sourit comme elle goûtait son arôme riche.

La fille demanda alors, "Qu'est-ce que ça veut dire maman?"
Sa mère lui expliqua que chaque objet avait fait face à la même eau bouillante, mais que chacun avait réagit différemment.

La carotte y est entrée forte, dure et solide. Mais après être passée dans l'eau bouillante, elle a ramolli et est devenue faible.

L'oeuf était fragile avec l'intérieur fluide. Mais après être passé dans l'eau bouillante, son intérieur est devenu dur.

Quant aux grains de café, eux, ont réagi de façon unique. Après avoir été dans l'eau bouillante, ils ont changé l'eau.

"Lequel es-tu?", demanda la mère à sa fille. "Lorsque l'adversité frappe à ta porte, comment réponds-tu? Es-tu une carotte, un oeuf ou un grain de café?"

Penses-y?

Suis-je la carotte qui semble forte, mais qui dans la douleur et l'adversité devient molle et perd sa force?

Suis-je un oeuf qui commence avec un coeur malléable, mais change avec les problèmes? Ai-je un esprit fluide qui devient dur et inflexible dans la douleur?
Est-ce que ma coquille ne change pas, mais mon intérieur devient encore plus dur?

Ou suis-je comme un grain de café? Le grain change l'eau, il change la source de sa douleur. Lorsque l'eau devient chaude, il relâche sa fragrance et sa saveur. Si tu es comme un grain de café, tu deviens meilleure et change la situation autour de toi lorsque les choses en sont à leur pire.

Comment faites-vous face à l'adversité? Comme une carotte, un oeuf ou un grain de café?





Un petit garçon de 8 ans rejoint son père, scientifique, qui cherche à résoudre les problèmes de l’humanité.


Guerres, terrorisme, abus, scandales,,, absorbent la réflexion du père.
Le petit garçon entre dans le bureau, tire la manche de son papa et lui dit : « Papa, je veux t’aider ! »
Son père le renvoie : « Non non, mon fils, j’ai beaucoup de travail. »
Mais le petit insiste.
Il y a là une revue avec une carte du monde. Alors, le père prend la carte, avec des ciseaux il la découpe en tout petits morceaux, qu’il lui remet avec de la colle : « Voilà, essaie de reconstruire le monde. »
Il croit occuper ainsi son fils pour une dizaine de jours.
Mais après deux heures, le fils a résolu le problème et revient voir son père.
» Comment as-tu pu faire cela ?  » lui dit le père interloqué.
» Eh bien, Papa, j’ai vu que l’autre côté de la carte, il y avait la figure d’un homme. Le monde, je ne le connais pas. Mais l’homme, si. Alors, j’ai retourné tous les petits papiers. Et j’ai d’abord reconstruit l’homme. Puis, j’ai retourné le papier, j’avais reconstruit le monde aussi.  »


L’histoire du Loup Blanc et du Loup Noir

C’est l’histoire d’un enfant qui, comme tous les enfants, joue, rêve et se pose beaucoup de bonnes questions.
Un jour, il va voir son grand-père considéré comme le vieux sage du village.
Il lui demande « Dis-moi, Grand Père, qu’est-ce qu’un Homme ? »
Alors son grand-père, avec ses mots, l’emmène en voyage. Il lui parle de territoires immenses, connus et inconnus, des loups qu’on y trouve.
Il lui raconte le loup noir, sombre, manipulateur, envieux, colérique, hargneux et menaçant, qui hurle la nuit, se cache, se bat avec les uns et dévore les autres, terrifie, domine par la peur et tue.
Il lui raconte aussi le loup blanc, accueillant, équitable, joyeux, solidaire et fraternel. Pacifique, lucide, il protège les siens et soutient les autres, attentif, généreux et confiant.
Puis il lui dit : « Tu vois, l’Homme a ces deux loups en lui. Chacun de nous abrite en lui un loup noir et un loup blanc qui ne cessent de s’affronter. »
L’enfant réfléchit et lui demande :  » … et c’est lequel qui gagne ? »
Alors, le vieux lui répond doucement :
« Celui qui gagne, …… c’est celui que tu nourris. »
Jolie métaphore qui nous raconte. Cette dualité nous fait parfois souffrir. A l’adolescence, période particulièrement vulnérable, cette lutte est souvent à l’origine de confusions et de comportements chaotiques qui favorisent un mal être et une perte de sens.
De cette histoire, nous sommes partis pour élaborer un parcours concret et efficace. Associant coaching scolaire, développement personnel, neuroéducation: la réussite et l’épanouissement ne s’acquièrent durablement que par un regard global sur notre singularité et une réconciliation avec soi.

Nourrir son Loup Blanc, c’est retrouver confiance en soi, développer l’estime de soi, comprendre ses leviers de motivation, renforcer sa concentration, devenir responsable de ses choix et atteindre ses objectifs.

http://www.parcoursduloupblanc.com/blog/lenfant-qui-devait-reconstruire-le-monde/



Spoiler:
http://www.languageguide.org/french/readings/jokes/grenouille/


Dernière édition par Iamsosure le Mar 19 Juil 2016 - 13:02, édité 1 fois

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Ven 4 Sep 2015 - 22:37

La part du Colibri



Un immense incendie ravage la jungle.
Affolés, les animaux fuient en tous sens.
Seul un colibri, sans relâche,
fait l’aller-retour de la rivière au brasier,
une minuscule goutte d’eau dans son bec,
pour l’y déposer sur le feu.
Un toucan à l’énorme bec l’interpelle :
“tu es fou, colibri, tu vois bien que cela ne sert à rien”.
“Oui, je sais” réponds le colibri, “mais je fais ma part”…





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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Lun 7 Sep 2015 - 14:51

Un scorpion voulait passer sur la rive opposée d'une petite rivière, mais n'étant pas un animal amphibie, il ne sait comment faire.
Voici qu'il aperçoit une charmante grenouille qui prend le frais sur le bord.
Il l'interpelle :
"Eh, toi la grenouille, prend-moi sur ton dos et emmène-moi de l'autre côté de la rivière",
"sûrement pas" rétorque t-elle "si je te prends sur mon dos, tu vas me piquer avec ton aiguillon venimeux",
"enfin, grenouille, réfléchis, si je te pique, nous allons sombrer tous les deux au fond de la rivière, et si tu meurs, je meurs. Donc, pourquoi ferais-je ça ?"
La grenouille, convaincue, prend le scorpion sur son dos et ce curieux attelage se met en route pour passer sur l'autre rive.
Et voilà qu'au milieu du ruisseau, le scorpion, pique la grenouille qui, au fur et à mesure que le venin l'envahit, se sent lentement sombrer avec le scorpion toujours solidement accroché sur elle.
Incrédule elle le questionne, tandis qu'elle coule et sens progressivement ses forces l'abandonner :
"Mais, pourquoi ? pourquoi ? Tu m'avais pourtant promis et nous allons mourrir tous les deux, pourquoi as-tu fait ça ?
"Je sais, je sais, mais tu me connais... Si j'ai fait ça, c'est... parce que c'est dans ma nature..."
 

Par Daniel-lebeau

Une fois le scorpion,disait à la grenouille:
"Veux-tu me ramener,sur ton dos,jusqu'en face,
Où la prairie est riche,en vers et en limaces;
Ici il n'y a rien,à sortir de mes fouilles!

La rénette disait:"je ne suis pas idiote:
J'ai peur que tu me piques,au milieu de la flotte!"

Et le scorpion jurait qu'il ferait attention;
Il ne voulait mourir ensemble dans l'étang.

La roussette apaisée,le mettait sur son dos,
Pour le faire accoster l'autre rive en nageant.
Mais au milieu du lac,il transperse la peau
De la pauvre grenouille,oubliant son serment!

La grenouille apeurée rappelait son juron,
Etait-il si content de se noyer dedans?

Le scorpion disait:"Non,je sais qu'on va mourir!
Mais mon instinct me pousse à user de mon dard;
Je ne peux contrecarrer ma nature qui part!
Et tant pis si on va se noyer et périr."

Il ne faut se fier jamais à un méchant,
Il ne peut dominer ses tendances du sang,
Il se sert,tôt ou tard,de son âpre poison!

http://ladameauxpapillons.over-blog.com/article-la-fable-du-scorpion-et-de-la-grenouille-81581385.html

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Mar 8 Sep 2015 - 20:04

Un sage hindou qui était en visite au Gange pour prendre un bain a remarqué un groupe de personnes criant de colère les uns après les autres.

Il se tourna vers ses disciples, a souri et a demandé :

- Savez-vous pourquoi les gens crient les uns sur les autres lorsqu'ils sont en colère ?

Les disciples y pensèrent pendant un moment et l'un d'eux dit:

- C'est parce que nous perdons notre calme que nous crions.

- Mais pourquoi criez vous quand l'autre personne est juste à côté de vous?, demanda le guide.

- Pourriez-vous tout aussi bien lui dire ce que vous avez à dire d'une manière plus douce?

Lorsqu'aucune des réponses des disciples n'était suffisamment satisfaisantes pour le sage, il a finalement expliqué:

- Quand deux personnes sont en colère l'une contre l'autre, leurs cœurs sont séparés par une grande distance.

Pour couvrir cette distance, ils doivent crier, car sinon ils sont incapables de s'entendre l'un et l'autre.

Plus ils sont en colère et plus ils auront besoin de crier fort pour s'entendre l'un et l'autre pour arriver à couvrir cette grande distance.

- Qu'est-ce qui se passe lorsque deux personnes tombent en amour?

Ils ne crient pas à l'autre, mais ils se parlent doucement parce que leurs cœurs sont très proches. La distance entre eux est soit inexistante, soit très faible.

Le sage continua...

- Quand ils s'aiment encore plus, que se produit-il ? Ils ne se parlent pas, ils chuchotent et obtiennent encore plus de proximité et plus d'amour.

Enfin vient un moment où ils n'ont même plus besoin de chuchoter, ils se regardent seulement l'un et l'autre et se comprennent.

Puis il regarda ses disciples et leur dit :
- Ainsi quand vous discutez les uns avec les autres ne laissez pas vos cœurs s'éloigner.

Ne dites pas les mots qui vous éloignent davantage, ou bien viendra un jour où la distance sera si grande que vous ne trouverez pas le chemin du retour...

Auteur inconnu

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Sam 12 Sep 2015 - 12:20




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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Dim 13 Sep 2015 - 11:38


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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Lun 14 Sep 2015 - 18:54


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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Lun 14 Sep 2015 - 18:55

Spoiler:
parce que le bassiste est bon Smile

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Pola le Dim 27 Sep 2015 - 16:06

Elle était seule, il était seul. Ca ne pouvait pas coller.

Elle s'est occupée, il s'est occupé. Ils ne pouvaient pas se trouver.

Elle s'arrêta, il s'arrêta. Il ne manquait qu'un pas.

Elle l'accepta, il l'accepta. La vie n'était qu'un pas


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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Jeu 5 Nov 2015 - 15:43

http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/05/maire-juvisy-simcity-ca-donne-ame-batisseur-261853

de la vie oui mais de la vie en partant de quel angle de vue ?

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Dim 15 Nov 2015 - 14:30

1.  UN CONTE ORIENTAL : L’HISTOIRE DU CASSEUR DE PIERRES



Il était une fois un casseur de pierre dans une mine. Il se lamentait sur son sort pauvre et misérable, et il enviait les grands, les puissants, ceux qui ont beaucoup de pouvoir. Un jour, passa un magicien, qui lui dit qu’il pourrait devenir ce qu’il souhaiterait. Le casseur de pierre se tourna d’abord vers le soleil, qui réchauffe, illumine, fait croître la vie, et qui fait les jours et les nuits. « C’est assurément quelqu’un de très brillant, se dit-il, et pourvu d’un pouvoir extraordinaire. Je veux devenir soleil.  » Mais à ce moment, un gros nuage noir passa devant le soleil, tout devint  sombre gris  et  l’on commença à avoir froid. « Un nuage suffit à ternir le soleil, à l’occulter et même à le faire disparaître, se dit le casseur de pierres. Si le nuage est plus puissant que le soleil, je veux devenir nuage. » Il chercha alors parmi les nuages lequel il voudrait devenir, le plus grand, le plus fort. Il voulait assurément un nuage de haut rang. Il chercha longtemps, brume, cirrus, stratus, cumulus…. Il tomba enfin sur un cumulo-nimbus, grand, puissant. Et il se dit : « Je veux devenir ce nuage. »  Mais survint alors un violent mistral qui coupa en deux le nuage, le dispersa, l’émietta et le réduit enfin à néant. Im­pres­sionné par la puissance et le pouvoir du vent, le casseur de pierre se dit : « Assurément, je veux devenir le vent. »  Il chercha parmi les vents celui qui devrait le conduire vers les plus beaux horizons : mistral, tramontane, fœhn, sirocco, chinook, zéphyr. Enfin, le casseur de pierre fut séduit par la force de l’ouragan, à qui rien ne résiste. Pourtant, il vit l’ouragan s’écraser contre un rocher, souffler, souffler à en perdre haleine. Et le rocher tint bon. Le casseur de pierre se dit : « Je veux devenir le rocher, puisque le rocher est plus fort que le vent. Et le rocher à la fois le plus beau et le plus dur. » Mais, se promenant dans une carrière, il vit un casseur de pierre qui, à grands coups de masse, fendait un magnifique granit, le taillait, le sculptait et lui donnait la forme qu’il voulait. Alors, il se dit : « Le casseur de pierre est plus puissant que le rocher. » Et le casseur de pierre redevint casseur de pierres.

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Mar 17 Nov 2015 - 21:24

Bisou N Ours


http://www.society-magazine.fr/la-creme-de-la-creme/




La crème de la crème


Aujourd'hui, le monde célèbre la journée de la Gentillesse. Et comme on ne compte plus ces moments où on est (un peu trop) bon, c'est aussi un peu notre fête. La preuve.
PAR THOMAS BOHBOT, MAXIME CHAMOUX, ANTOINE MESTRES, MATTHIEU PÉCOT, NOÉMIE PENNACINO ET MICHAËL SIMSOLO 13 NOVEMBRE 2015




On s’excuse auprès des poteaux qu’on bouscule.
On se fait toujours servir en dernier quand le bar de la boîte est bondé.
Dans le vestiaire aussi, tout le monde nous double.
On répond « et que les tiennes durent toujours » après un « à tes amours ».
On donne rendez-vous à notre pote en bas de chez lui.
Nos parents écoutaient les Beatles et Alain Souchon.
On a donné de l’argent à Wikipédia. Et à Greenpeace. Et aux pompiers.
On n’a jamais publié les commentaires “Mais ferme un peu ta gueule” qu’on avait commencé à écrire sous les statuts idiots de nos amis Facebook.
On connaît les problèmes de tous nos collègues, ils viennent à notre bureau nous les raconter en détails.
Quand on s’énerve, on fait peur à tout le monde.
Mais dix minutes plus tard, on revient s’excuser.
Et la nuit qui suit, on dort mal.

Nos potes doivent se dire qu’on aime bien les cadeaux de merde.
On a participé à la cagnotte pour l’anniversaire de Sylvie de la compta alors qu’on peut pas la blairer.
On est de tous les déménagements.
On est de tous les rangements les lendemains de soirée.
On répond régulièrement “Merci, vous aussi” à la serveuse qui nous souhaite bon appétit.
Et quand elle revient pour savoir si on prendra des desserts et que tous nos potes font non de la tête avec une tête de gens rassasiés, bon bah on fait pareil. Tant pis pour les profiteroles.
On n’a jamais osé mettre de pancarte “Sorry we’re closed” sur la porte de notre chambre.
On ne dit rien quand les gens nous passent devant dans la file d’attente.
Parfois, on écrit “ahahah” alors que c’était pas si drôle.
La première fois qu’on a vu nos beaux-parents, ils avaient fait de la paella. On a dit que c’était très bon alors qu’on déteste ça. Ça fait quatre ans qu’ils font de la paella à chaque fois qu’on va chez eux, pour nous faire plaisir.
On a passé la moitié de notre vie à culpabiliser.
On propose aux témoins de Jéhovah d’entrer boire un café.
C’est beaucoup trop court mais le coiffeur est sympa, alors quand il nous demande si “ça va comme ça”, on dit oui. Quand il nous propose un shampooing à 20 euros, on dit oui aussi. Et on laisse un pourboire.
Quand on était petit(e), on invitait quand même à notre anniversaire ceux qui ne nous avaient pas invité(e) au leur.
On s’est fait virer de la boîte où on était videur parce qu’on faisait rentrer tout le monde.

On dit “allez oui, c’est d’accord” quand le boucher nous met pour 1,4 kilo de rôti alors qu’on a demandé 800 grammes.
On n’arrive pas à avoir des plans culs. On a des copines.
Une fois, on est allé(e) acheté une paire de baskets chez Foot Locker. On est reparti(e) avec une paire de baskets, un produit nettoyant, une bombe imperméabilisante, un chiffon en poil doux de chamois, deux paires de semelles et un chausse-pied.
On est incapable de vendre nos vieilles affaires sur LeBonCoin, on a l’impression d’arnaquer les gens.
On sait rire sur commande.
“Comment ça les heures supp sont payées ???”
On like les messages d’anniversaire de tout le monde sur notre wall, même de ceux qui disent “happy !” ou “bonne annif miss”.
On achète beaucoup de chewing-gums mais on en mange assez peu.
On n’a jamais pris l’avion mais qu’est-ce qu’on connaît bien le dépose-minute de l’aéroport !
On a souvent perdu sciemment.
Quand au menu, c’est poulet rôti, on se retrouve toujours avec le haut de cuisse.
Peu importe qu’on ne comprenne rien à l’informatique et qu’on déteste Sylvie, on va quand même passer la nuit sur des forums pour lui installer sa suite Adobe crackée.

“Non mais je vais pas te laisser devant une station de métro quand même. Et puis ces embouteillages vont bien finir par se résorber.”
D’ailleurs, sur Blablacar, on a coché “je me plierai en quatre” dans l’onglet Détours.
On s’excuse toujours d’être bourré en taxi.
On ne dit pas “de rien” mais “il n’y a pas de quoi, tout le plaisir était pour moi”.
On est fan des Dieux du Stade et de Clara Morgane mais on a quand même un calendrier des éboueurs et un autre de La Poste, au cas où.
On a acheté huit des dix carnets de tombola de notre neveu. C’est pour l’école.
On s’est déjà auto-vouvoyé en se croisant par hasard dans une glace.
Quand on demande “une baguette pas trop cuite s’il vous plaît”, on dit quand même “merci, bonne journée, au revoir” à cette ordure de boulangère qui a volontairement choisi la plus rousse.

Elle avait pourtant promis qu’elle offrirait les cafés parce qu’elle s’était trompée dans notre commande… Tant pis, pourboire.
On insiste quand l’autre dit « non c’est pour moi » à la fin d’un restau.
Et aussi quand l’autre dit “c’est pas toi, c’est moi” à la fin d’une histoire.
On regarde vraiment les premiers courts-métrages de nos amis.
On tient la porte à l’entrée du métro. Genre longtemps avant.
On se sent toujours obligé(e) d’inventer des excuses extraordinaires au moment de mettre un plan à quelqu’un.
D’ailleurs demain, il faut qu’on aille acheter une plante et en fait c’est relou parce que c’est une plante rare et lourde, ça va nous prendre toute la journée mais on préfère quand même y aller seul(e), t’inquiète.
On laisse notre place de bus à des gens qui ne sont ni vieux ni handicapés.
On fait le ménage à la fin de notre soirée d’anniversaire surprise.
On laisse notre ex inviter nos amis pour le Nouvel An.
On est celui (celle) qui finit par baisser les yeux.


PAR THOMAS BOHBOT, MAXIME CHAMOUX, ANTOINE MESTRES, MATTHIEU PÉCOT, NOÉMIE PENNACINO ET MICHAËL SIMSOLO





(de toute façon, c'est toujours le méchant qui a l air con au final, si vous avez coché toutes les propositions, consultez quand même au cas où Smile)

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Dim 22 Nov 2015 - 18:21




Pendant que nous nous sommes pas les gens....

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Mar 24 Nov 2015 - 13:23

- et je devais donc non pas arrêter de penser mais aussi de pencher, 

suis je pour autant convaincue que de, qui sait, passer pour celle qui se se serait prise pour la Tour de Pise sera moins problématique ?

-ça dépend si ces personnes sont parties ou pas à Rome.

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Jeu 24 Déc 2015 - 17:59









J'irai toujours voir les "n'attends quelque part"  I love you

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Gabriel le Jeu 24 Déc 2015 - 18:47

Je vous partage une petite histoire que je pense connue.

Il y avait, dans un village, un homme très pauvre qui avait un très beau cheval. Le cheval était si beau que les Seigneurs du château voulaient le lui acheter, mais il refusait toujours.
« Pour moi, ce cheval n’est pas un animal, c’est un ami. Comment voulez-vous vendre un ami ? » demandait-il.
Un matin, il se rend à l’écurie et le cheval n’est plus là.
Tous les villageois lui disent : « On te l’avait bien dit ! Tu aurais mieux fait de le vendre. Maintenant, on te l’a volé... quelle malchance ! »
Le vieil homme répond :
« Chance, malchance, qui peut le dire ? »
Tout le monde se moque de lui. Mais 15 jours plus tard, le cheval revient, avec toute une horde de chevaux sauvages. Il s’était échappé, avait séduit une belle jument et rentrait avec le reste de la horde.
« Quelle chance ! » disent les villageois.
Le vieil homme et son fils se mettent au dressage des chevaux sauvages.
Mais une semaine plus tard, son fils se casse une jambe à l’entraînement.
« Quelle malchance ! » disent ses amis. « Comment vas-tu faire, toi qui es déjà si pauvre, si ton fils, ton seul support, ne peut plus t’aider ! »
Le vieil homme répond :
« Chance, malchance, qui peut le dire ? »
Quelque temps plus tard, l’armée du Seigneur du pays arrive dans le village, et enrôle de force tous les jeunes gens disponibles.
Tous... sauf le fils du vieil homme, qui a la jambe cassée.
« Quelle chance tu as, tous nos enfants sont partis à la guerre, et toi tu es le seul à garder avec toi ton fils. Les nôtres vont peut-être se faire tuer..."
Le vieil homme répond : « Chance, malchance, qui peut le dire ? »

---
Cette histoire a été éditée en bande dessinée pour enfant voici quelques mois. Je recherche cette BD dont je n'ai ni l'auteur, ni le titre, ni l'éditeur. Si quelqu'un a l'information, merci !

Gabriel
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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Jeu 24 Déc 2015 - 18:53

Spoiler:
pour info j'ai entendu parler de celle ci à laquelle tu m'as fait penser
http://www.unamourdebd.fr/2015/12/le-cheval-dorgueil-recit-complet/

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Lun 14 Mar 2016 - 15:35

LE VÉLO DU VIEUX BONHOMME
Publié le 14 Mars 2016 par Alexis Magine
Catégories : #Contes
Robert Polomme était un vieux bonhomme qui, toute sa vie, s'était déplacé à vélo. Pour aller à l'école d'abord, puis au travail, pour faire les courses, aller voir ses amis, se promener.
Partout, tout le temps, et sous tous les temps. Qu'il fasse beau, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige. Dès qu'il avait quelque chose à faire, dès qu'il devait aller quelque part, Robert Polomme montait sur son vélo.
Même maintenant que Robert Polomme était devenu un vieux bonhomme, il se déplaçait toujours à vélo. Malgré ses vieilles douleurs et ses rhumatismes. Malgré ses jambes fatiguées qui le faisaient souffrir, sa peau toute ridée et ses cheveux gris, il ne se séparait jamais de son vieux vélo.
Mais Robert Polomme savait qu'il allait vers la fin de son existence. Jour après jour, année après année, il devenait plus âgé, tout comme une fleur qui finissait par se faner. Plus il avançait, plus il sentait la fin approcher. Et il en avait très peur. Il y pensait sans arrêt, tous les jours, toutes les heures, en pédalant sur son vélo.
Un matin, alors que Robert Polomme faisait du vélo, un petit gamin le dépassa tout à coup sur son petit vélo. Il ne l'avait pas entendu venir qu'il le voyait déjà repartir. Il se mit aussitôt à râler et, sans même y penser, à accélérer.
Est-ce qu'à tout hasard, ce gamin insouciant le prendrait pour un vieux croulant ? Il allait lui montrer, lui, Robert Polomme, s'il était déjà mûr pour le cimetière. Parce qu'il avait décidé de ne pas se laisser faire. La jeunesse allait devoir faire des efforts pour arriver à le laisser sur le bord.
Robert Polomme pédala, et pédala encore. Il dépensa son énergie sans compter, et fit un maximum d'efforts. Peu à peu, il rattrapa le gamin qui ne se doutait de rien, et il finit par le dépasser. Celui-ci comprit le jeu qu'il voulait lui imposer. Et alors, lui aussi pédala plus fort.
Ils pédalèrent tous les deux aussi vite qu'ils le pouvaient. Mais Robert Polomme, malgré qu'il soit un vieux bonhomme, restait toujours devant le gamin.
Il pédalait tellement, il donnait tant et tant, qu'il n'arriva jamais à le rattraper. Filant comme le vent, il le vit finalement disparaître au bout d'un champ.
Robert Polomme avait fini par gagner la course. Sa dernière course. Il avait tant pédalé, s'était tellement fatigué que, fier de sa victoire, heureux de cette fin plus qu'honorable, et le sourire dessiné sur son visage de vieux bonhomme, il dut absolument se reposer. Et cela pour l'éternité.





http://alexismagine.over-blog.com/

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Mar 19 Juil 2016 - 13:01

"La Légende De La Pierre Qui Tourne"

Il y a des dizaines de milliers d’années, d'énormes blocs de pierre éboulés de falaises ou déposés par les glaciers lors de leur recul se sont dressés sur la Terre. 
Ces blocs se retrouvent dans beaucoup de régions, en particulier en Bretagne.


Monolithes, Menhirs et Mégalithes étaient le centre de nombreux rituels magiques.
Considérés comme des portes, des passages vers d'Autres Mondes s'ouvrant et se refermant selon les mouvements du Soleil, ils étaient Sacrés. 


À cette époque l'homme croyait encore au pouvoir de la nature et la craignait, les forêts étaient le territoire des Fées, des Vouivres et autres Créatures Fantastiques.
Druides et Sorcières pratiquaient leurs cérémonies en dansant et tournant autour de ces Pierres géantes, tant et si bien qu'elles finissaient par tourner sur elles-mêmes.


On raconte que lorsque le Petit Peuple et les Créatures Fantastiques furent chassés des forêts par les religieux venus évangéliser les lieux, ils rassemblèrent toutes leurs richesses et les cachèrent sous ces Pierres Enchantées.


Pendant des années les Pierres gardèrent leur secret, mais un siècle plus tard aux douze coups de minuit le soir de Noël, elles se mirent à tourner sur elles-mêmes, dévoilant leurs trésors enfouis.
Or, bijoux et pierres précieuses étaient à portée de main pour un temps jusqu'à ce que la Pierre se remette à tourner, enfermant à nouveau son trésor pour cent ans...
http://le-melting-pot-de-soylent.blogspot.fr/2012/09/la-legende-de-la-pierre-qui-tourne.html

Nombreuses sont les Légendes autour de ces Pierres Enchantées.
Mélanie CLIMENT, Élodie FRAYSSE et Émilie FREZET s'en sont inspirées et ont imaginé ce merveilleux Conte "La Légende De La Pierre Qui Tourne". 


" Le véritable trésor n'est pas forcement là ou l'on pense."




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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Ven 22 Juil 2016 - 13:48

Après la mort de son père, illustre seigneur gallois et de ses frères lors de tournois, sa mère l'élève seul à l'écart de tout dans une forêt, car elle n'a qu'une crainte : qu'il veuille devenir chevalier.
LÉGENDE.

La tentation de Perceval; Arthur Hacker
Mais un jour, Perceval aperçoit de brillants chevaliers dans la forêt. Il veut les imiter et revêtir leur armure étincelante. Il gagne alors la cour du roi Arthur où il est accepté pour y apprendre le maniement des armes.
Après avoir été adoubé, Perceval part en quête d'exploits. En cours de route, il pénètre dans le mystérieux château du Roi pêcheur ou Peschéor, qui est gravement blessé, et où il aperçoit plusieurs objets étonnants mais il s'abstient de poser des questions.
Il s'éloigne du château et il apprend par la suite que Peschéor est en fait son oncle qui attendait les questions au sujet d'une lance, d'un tailloir et d'une coupe de la part d'un jeune chevalier afin de pouvoir guérir. Il décide alors de revenir au château qu'il retrouve non sans quelques difficultés. Le vieux roi Peschéor guérit mais vu son âge il confie son royaume à Perceval qui va le gouverner en toute sagesse pendant plusieurs années. Puis un jour, il se retire dans un ermitage en emportant les trois mystérieux objets ne sachant toujours pas que la coupe n'est autre que le Graal. Le jour de sa mort les trois objets allèrent au ciel.
"Tandis qu'ils parlaient de choses et d'autres, un jeune valet, qui porte une lance blanche qu'il tient par le milieu, sort d'une chambre ; il passe entre le feu et ceux qui étaient assis sur le lit. Tout le monde pouvait voir la lance blanche et l'éclat de son fer. Il sortait une goutte de sang à la pointe de la lance et cette goutte vermeille coulait jusqu'à la pointe. Le jeune Perceval qui vient d'arriver en ces lieux voit ce spectacle surprenant mais il se retient de demander comment cela peut se produire, car il se rappelle la recommandation de celui qui lui a appris la chevalerie : il faut se garder de trop parler. Il a donc peur, s'il pose une question, qu'on le trouve grossier et c'est pour cette raison qu'il ne demande rien." 
Chrétien de Troyes Perceval, le conte du Graal « Perceval chez le roi pêcheur»

Les légendes de Perceval ont leurs origines dans le récit en gallois de Peredur.
http://mythologica.fr/medieval/perceval.htm
Donc toutes les paires se valent ? eh ben non mais une paire d'idées perdurent sur ce sujet. M'en vais paires siffler Wink

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Jonedo le Ven 22 Juil 2016 - 23:52

Un sage d'aujourd'hui pointant un ciel couvert et gris dit à son disciple :
- même quand tout t'apparaît triste, que tu as cette impression que rien ne va, que tu penses que la vie c'est de la merde...
Rappelle-toi que le soleil est toujours au dessus, et il n'y a que toi pour le faire revenir !

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Sam 23 Juil 2016 - 17:37

LES ENFANTS APPRENNENT SELON CE QU'ILS VIVENT

"Children Learn What They Live"


Si les enfants vivent avec la critique, ils apprennent à condamner.
Si les enfants vivent avec l’hostilité, ils apprennent à se battre.
Si les enfants vivent avec la peur, ils apprennent à craindre.
Si les enfants vivent avec la pitié, ils apprennent à se sentir désolés pour eux-mêmes.
Si les enfants vivent avec le ridicule, ils apprennent à se sentir gênés.
Si les enfants vivent avec la jalousie, ils apprennent à ressentir l'envie.
Si les enfants vivent avec la honte, ils apprennent à se sentir coupables.


Si les enfants vivent avec des encouragements, ils apprennent la confiance.
Si les enfants vivent dans la tolérance, ils apprennent la patience.
Si les enfants vivent avec des éloges, ils apprennent appréciation.
Si les enfants vivent avec l'acceptation, ils apprennent à aimer.
Si les enfants vivent avec l'approbation, ils apprennent à s'aimer.
Si les enfants vivent avec la reconnaissance, ils apprennent qu'il est bon d'avoir un objectif.
Si les enfants vivent avec le partage, ils apprennent la générosité.
Si les enfants vivent avec l’honnêteté, ils apprennent la véracité.
Si les enfants vivent avec l’équité, ils apprennent la justice.
Si les enfants vivent avec bonté et considération, ils apprennent le respect.
Si les enfants vivent en sécurité, ils apprennent à avoir confiance en eux et dans leur entourage.
Si les enfants vivent avec l’amitié, ils apprennent que le monde est un endroit agréable où vivre.

Dorothy Law Nolte et Rachel Harris, Children Learn What They Live,1998,
Poème extrait : “Children Learn What They Live”, (Les enfants apprennent selon ce qu'ils vivent)

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Dim 24 Juil 2016 - 20:43

Respect et Politesse sont sauvagement assassinés

Publié le 5 mars, 2016 par Helene Hug


Respect et Politesse sont assassinés par Mépris et Inconvenance. (Interlude avant de passer à des choses plus sérieuses…) Enquête menée par l’inspecteur « Casquette de travers ». Inspecteur « Casquette de travers », se rendant sur la scène du crime de Respect et politesse, était consterné par les premiers indices récoltés lors de son premier regard sur la scène. Petit récit traité avec humour, histoire que chacun réfléchisse sur son attitude envers autrui. « Ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse ». Cela veut dire, traiter l’autre comme tu aimerais que l’on te traite. Aime-toi et tu aimeras l’autre. (Ce n’est que mon avis) La vie n’est qu’amour. Donnez de l’amour et chacun recevra de l’amour en retour.
Inspecteur « Casquette de travers » est doté d’un regard de lynx avec une intuition à vous couper le souffle et des question et réponses à décoiffer vos certitudes les plus encrées en terre.
L’inspecteur « Casquette de travers » avait roulé sa bosse, et bien que son cœur bienveillant puisse entendre et comprendre toute situation, il ne pouvait supporter l’injustice sous toutes ses formes. Et surtout pas celle-ci que je vous conte.

Respect et Politesse avaient été assassiné sous mes yeux





L’inspecteur « Casquette de travers », de suite sur le terrain, pouvait constater le délit : des débris comme ressemblant à des morceaux d’os, des brisures de vies, des monceaux de résidus ressemblant à ce que nous mettons dans nos poubelles, sauf que là c’était sur la place du marché (en bas de ma fenêtre) nettoyée la veille. Et oui, j’ai été témoin du crime commis, vais-je témoigner au péril de ma vie pour rendre hommage à Respect et Politesse ? Respect et Politesse venaient d’être assassinés sous mes yeux et il était évident que je me manifeste pour aider l’inspecteur « Casquette de travers ».
Comment l’Inspecteur «Casquette de travers» va-t-il réussir à résoudre cette affaire bien étrange ?
Vous voulez savoir la suite ? Je risque ma vie pour vous conter la suite de cette affaire. Comprenez que, en tant que témoin, je cherche à me mettre à l’abri du tueur, donc je vous demande indulgence et protection et vous dis bien sincèrement merci de votre protection.

Enquête sur l’assassinat de Respect et Politesse en cours




J’aime profondément Respect et Politesse. J’ose mettre un doigt sur les éléments de l’enquête pour aider l’Inspecteur «Casquette de travers» à mes risques et périls. Brrr… j’ai peur… (Un tout petit peu…) Êtes-vous derrière moi pour m’encourager ? Si jamais vous constatez un silence anormal de ma part, merci d’en informer mes proches pour ceux qui me connaissent ! Pour les autres, faites confiance au pouvoir de l’internet diffusant les nouvelles à vitesse au-delà de la vitesse lumière.
Respect et Politesse ont toujours été fâché avec Mépris et Inconvenance : je suis prête à risquer mon existence pour élucider cet assassinat. Peu importe les intimidations, suis déterminée à participer à l’élucidation de ce terrible drame.

Respect et Politesse se sentent injuriés par Mépris et Inconvenance





La suite… Respect et Politesse gisaient sur le pavé, suintants de sentiments de dégout, le sang dégoulinant sur le pavé, l’ambulance pompier aux sirènes hurlantes arrivait sur les lieux… Un troisième larron se nommant Intolérance n’arrêtait pas de s’agiter et de crier avec Mépris et Inconvenance des insanités. Respect et Politesse furent pris en charge de suite pour tenter de les sauver.
Alertée par des voix au ton plutôt violent, je me décolle de mon ordinateur pour me diriger vers la fenêtre pour savoir ce qui se passe. Quoi un évènement croustillant à se mettre sous la dent ? Quelle aubaine ! Consternation !
Respect et Politesse gisant au sol, (il est temps de sensibiliser nos plus jeunes sur ce thème) Mépris et Inconvenance aidé de Intolérance, s’acharnaient encore et encore en donnant des coups et encore des coups tout en criant des insanités. Le sang coulait et rien ne les arrêtaient. Impuissante, j’assistait à la scène. Tout s’est passé très vite. Les secours sont arrivés, les victimes prisent en charge, agresseurs maitrisés. Règlement de compte ? Peu importe. Il ne se passe jamais rien chez moi ? Et bien si, bien des évènements. Ce qui peut vous paraitre banal en apparence ne l’est pas. Chaque évènement traversant vos vies apporte un enseignement. Quoi, j’avais parlé d’humour ? L’inspecteur  » Casquette de travers « , installé dans mon canapé (et bien oui… ne soyez pas jaloux de l’accueil que je lui ai prodigué, si un jour vous venez chez moi, vous serez aussi chaleureusement accueilli),  est en train de me conter tout les tenants et aboutissant de cette affaire. Tellement passionnée par son récit, il me faut vous laisser… Bon que cela n’affecte pas vos envies de laisser une petite trace de votre passage ici. Merci pour Respect et Politesse.
http://www.reussitepossible.com/respect-politesse-sauvagement-assassines/

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par Invité le Mer 27 Juil 2016 - 13:22

Entre Rêves et Réalité : 19 Photos de Vacances Qui Montrent la Différence. 377 PARTAGES Partager sur Facebook Pin it Depuis toujours, les belles cartes postales que l'on reçoit nous incitent à voyager toujours plus. Et quand finalement on a assez d'argent pour partir, on s'imagine beaucoup de belles choses dans nos têtes. Malheureusement, nous ne sommes pas les seuls à voyager surtout pendant les vacances scolaires ! Résultat, quand on arrive sur place, la réalité est parfois bien loin de ce que l'on imaginait. Regardez plutôt la différence : 1. Visiter la Grande Muraille de Chine 2. Prendre une photo avec la Tour de Pise qui penche 3. Admirer la Joconde au Musée du Louvre 4. Faire un pique-nique à côté de la Tour Eiffel 5. Se détendre sur les superbes plages des Maldives 6. Prendre un bain de soleil sur la fameuse plage de Rio de Janeiro 7. Faire un tour tranquille en Gondole à Venise 8. Apprendre à faire du ski à la montagne 9. Se promener sur l'île de Santorin en Grèce 10. Admirer le splendide Taj Mahal en Inde 11. Profiter d'un moment paisible sur les plages de Thaïlande 12. Admirer la magnifique fontaine de Trevi à Rome 13. Visiter les pyramides de Gizeh en Égypte 14. Regarder le coucher de soleil à Stonehenge en Angleterre 15. Grimper le Mont Everest au Népal 16. Profiter de la place devant la Basilique Saint-Pierre au Vatican 17. Admirer la Petite Sirène à Copenhague 18. Visiter l'Acropole d'Athènes 19. Se promener dans Central Park à New York 




Photos sur :
http://www.comment-economiser.fr/entre-reves-realite-photos-vacances-qui-montrent-difference.html

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Re: Racontes moi, inventes moi des histoires simples de la simple vie

Message par I am so sure le Lun 12 Sep 2016 - 19:24

Les bâtisseurs de ponts 
Le moins que pût attendre Findlayson, des travaux publics, c'était la Croix de l'Empire indien. Il rêvait de l'Étoile des Indes. Même ses amis lui assuraient qu'il méritait mieux. Depuis trois ans il endurait froid, chaud, déceptions, manque d'aises, dangers et maladies, sans parler d'une responsabilité quasi trop lourde pour une seule paire d'épaules ; et chaque jour, tout ce temps-là, le grand pont de Kashi sur le Gange avait grandi par ses soins. Maintenant, avant trois mois, si tout allait bien, Son Excellence le vice-roi ouvrirait le pont en grande cérémonie, un prélat le bénirait, le premier train chargé de soldats passerait dessus et il y aurait des discours. 
Findlayson, ingénieur civil, assis dans son trolley sur une ligne volante qui courait le long d'un des revêtements principaux — les môles gigantesques bardés de pierre luisaient sur une longueur de trois milles au nord comme au sud de part et d'autre du fleuve — se permit, pour la première fois, d'envisager la fin proche. Approches comprises, son œuvre mesurait un mille trois quarts de longueur ; c'était un pont en poutres de fer, assemblées au boulon Findlayson, et porté par vingt-sept piles de briques. Chacune de ces piles comportait vingt-quatre pieds de diamètre, un faîte de grès rouge d'Agra, et s'enfonçait à quatre-vingts pieds sous les sables mouvants du Gange. Dessus, passait la voie ferrée, large de quinze pieds ; plus haut encore, une route charretière de dix-huit pieds, flanquée de trottoirs. À chaque bout montaient des tours de brique rouge, percées de meurtrières pour la mousqueterie et d'embrasures pour les gros canons, et l'on achevait d'exhausser jusqu'au pied de leur masse accroupie la rampe de la route. Sur la terre crue des levées en construction grouillaient des centaines d'ânes minuscules qui grimpaient sous des sacs de matériaux du fond de l'abîme artificiel béant à leurs pieds, et des bruits de sabots, le cliquetis des bâtons d'âniers, des chocs mous de gravats jetés et qui roulent emplissaient l'air brûlant de l'après-midi. Le fleuve était très bas, et, tachant la
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blancheur éblouissante du sable entre les trois piles centrales, des supports provisoires de traverses croisées, remplies de boue à l'intérieur et crépies de boue au-dehors, s'élevaient, destinés à soutenir les dernières fermes au fur et à mesure qu'on les rivait là-haut. 
Au-dessus du peu d'eau profonde laissée par la sécheresse, une grue voyageait d'avant et d'arrière le long de ses rails, jetant d'un coup les pièces de fer à leur place, ronflant, culant et grognant comme un éléphant dans un chantier de bois. Les riveurs par centaines fourmillaient sur le treillage latéral et le toit de fer de la voie, se balançaient à des échafauds invisibles sous le ventre des fermes, pendaient en grappes à la gorge des piles, chevauchaient à hauteur des trottoirs la saillie des élançons ; leurs pots à feu et les jets de flammes qui répondaient à chaque coup de marteau ne mettaient guère qu'une touche de jaune pâle dans l'éblouissement du soleil. À l'est, à l'ouest, au nord et au sud, les trains de ballast roulaient et sifflaient à grand bruit le long des remblais, menant le fracas des trucks chargés de pierre brune et blanche jusqu'au moment où, chevilles poussées, s'abattaient les planches latérales et où, dans un tonnerre qui s'achevait en grognement, quelques milliers de tonnes de matériaux de plus s'ajoutaient à la prison du fleuve. 
Findlayson, ingénieur civil, se tourna sur son trolley et couvrit du regard cette campagne dont il avait changé l'aspect à sept milles à la ronde. Il regarda en arrière la cité bourdonnante de ses cinq mille ouvriers, en amont et en aval de la perspective de maçonnerie et de sables, par-dessus le fleuve jusqu'aux piles les plus éloignées, à peine distinctes dans la buée, en l'air vers les tours de garde, — celles-là, lui seul en connaissait la force, — et il vit avec un soupir de contentement que son ouvrage était bon. Son pont se dressait là devant lui en plein soleil, il y manquait à peine quelques semaines de travail aux fermes des trois piles centrales — son pont, fruste encore et laid comme le péché originel, mais pukka, durable — assez pour subsister encore lorsque tout souvenir de l'architecte, qui sait, même de
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l'admirable boulon Findlayson, aurait péri. En somme, l'œuvre était fait. Hitchcock, son adjoint, arrivait au galop le long de la ligne sur un petit poney de Kaboul à queue fouaillante, qui à force d'habitude eût trotté sans se faire prier sur une claie, et fit à son chef un signe de tête complice. 
— Fini, ou tout comme, dit-il avec un sourire. 
— J'y pensais, répondit l'ancien. Ce n'est pas un mauvais bout de besogne pour deux hommes, dites ? 
— Un… et demi. Dieu, quel blanc-bec je faisais quand je suis arrivé aux chantiers ! 
Hitchcock se sentait très vieux d'expérience acquise dans les nombreuses occasions des trois dernières années ; elles lui avaient enseigné le commandement et la responsabilité. 
— C'est vrai que vous étiez quelque peu poulain alors, dit Findlayson. Je me demande comment cela vous ira de reprendre le travail de bureau une fois cette besogne terminée. 
— Horreur ! dit le jeune homme. (Son œil, à mesure, suivit celui de Findlayson, et il murmura Smile Est-ce assez bien fichu ? 
« Je pense que nous monterons en grade de conserve, se dit Findlayson à lui-même. Tu es une trop bonne recrue pour qu'on te laisse à un autre. Blanc-bec tu étais, adjoint tu es. Adjoint personnel tu seras, et à Simla, si je tire quelque honneur de ceci ! » 
À vrai dire, tout le faix du travail avait pesé sur Findlayson et son adjoint, ce jeune homme qu'il avait choisi à cause de son inexpérience, afin de le rompre à ses propres besoins. Il y avait là cinquante entrepreneurs de travaux — ajusteurs et riveurs
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européens, empruntés aux ateliers des chemins de fer, avec peutêtre vingt subordonnés ou métis pour diriger, dirigés eux-mêmes, les équipes d'ouvriers — mais nul mieux que ces deux-là, en leur confiance mutuelle, ne savait le peu de confiance qu'il fallait accorder aux subalternes. Ils avaient essuyé maintes fois l'épreuve de crises soudaines — glissements de chaînes, bris de poulie, accidents aux grues, sans compter le courroux du fleuve — mais nulle de ces occurrences n'avait mis en lumière parmi ceuxlà un homme auquel Findlayson et Hitchcock eussent fait l'honneur de le soumettre au travail opiniâtre qu'ils s'imposaient à eux-mêmes. Findlayson se remémora les choses depuis le commencement : les calculs préalables de plusieurs mois ruinés d'un coup lorsque le gouvernement de l'Inde, au dernier moment, avait ajouté deux pieds à la largeur de la construction, sans doute avec l'idée qu'un pont cela se découpe dans du papier, réduisant ainsi à néant un demi-acre au moins d'épures — de sorte que Hitchcock, novice en matière de déceptions, avait mis sa tête dans ses mains et pleuré ; les retards désespérants avant la signature des contrats en Angleterre, les correspondances fastidieuses où miroitaient les offres de grosses commissions dans le cas où se conclurait une adjudication, une seule, de caractère douteux ; la guerre qui suivit le refus ; à l'autre bout, l'obstruction prudente et polie qui avait suivi la guerre, si bien que le jeune Hitchcock, ajoutant un mois de congé à un autre et empruntant dix jours à Findlayson, avait dépensé ses pauvres petites économies d'un an à courir à Londres, où, comme il l'affirmait lui-même et comme devaient le prouver les adjudications, il avait mis la crainte de Dieu au cœur d'un homme dont la puissance était telle qu'il ne craignait que le Parlement, ce dont il se vanta jusqu'au moment où Hitchcock l'entreprit à sa propre table… et où il se mit à craindre aussi le pont de Kashi et tous ceux qui parlaient en son nom. Puis il y eut le choléra qui vint, une nuit, au village près des travaux du pont ; et après le choléra, la petite vérole. Quant à la fièvre, elle ne les quitta jamais. Hitchcock s'était vu nommer magistrat de première classe avec droit de fouet, pour le plus grand bien de la communauté, et Findlayson l'observait exerçant ses pouvoirs avec modération, apprenant ce qu'on peut excuser et ce qu'il faut punir. Ce fut une longue, très longue rêverie ; elle
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mêlait orages, crues soudaines, la mort sous toutes les formes, rappels de fureurs enrayées lorsque les bureaux poussaient à la frénésie l'esprit qui sait l'urgence d'autres soins ; sécheresse, hygiène, administration, naissances, mariages, décès, rixes dans le village entre vingt castes ennemies, arguments, remontrances, persuasion, et les désespoirs mornes sur lesquels on se couche, heureux que son fusil soit démonté dans sa boîte. Derrière tout cela montait la silhouette noire du pont de Kashi, — plaque par plaque, boulon par boulon, portée par portée — et chaque pile en rappelait Hitchcock, l'homme à tout faire, dont le chef avait senti le dévouement coude à coude, sans lassitude, depuis le premier moment jusqu'à la fin que voilà. 
Ainsi le pont était l'ouvrage de deux hommes — à moins de compter Peroo, comme Peroo se fût certainement compté luimême. C'était un Lascar, un Kharva de Bulsar, qui avait roulé tous les ports entre Rockhampton et Londres, et qui, arrivé au grade de serang sur les bateaux de la British India, mais fatigué de revues, de rassemblements et de porter des habits propres, avait quitté son poste et gagné l'intérieur des terres, où les hommes de son calibre étaient sûrs d'un emploi. Habitué aux leviers, expert à la manœuvre des poids lourds. Peroo valait le prix qu'il lui eût plu de fixer à ses services ; mais c'est la coutume qui règle les gages des contremaîtres, et il s'en fallait de maints écus d'argent que Peroo fût payé à sa valeur. Ni rapides, ni vertige ne lui faisaient peur ; et, en sa qualité d'ex-serang, il savait montrer de l'autorité. Nulle pièce de fer, si grosse ni si mal placée, que Peroo ne pût inventer un palan pour soulever — quelque arrangement boiteux, mal torché, équipé à renfort de bavardage immodéré jusqu'au scandale, mais parfaitement adapté à la besogne urgente. C'était Peroo qui avait sauvé la ferme de la pile 7, quand le câble de fer neuf se coinça dans l'œil de la grue et que l'énorme masse, penchant dans ses sangles, menaça de glisser obliquement. Les ouvriers indigènes perdirent alors la tête et poussèrent de grands cris, et Hitchcock eut le bras droit cassé par la chute d'un T de fonte, après quoi il boutonna son bras dans son veston, s'évanouit, puis revint à lui et dirigea tout quatre heures durant, jusqu'au moment où Peroo, du haut de la grue, déclara :
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« Tout va bien », et que la ferme oscillante prit lentement sa place. Il n'y avait personne comme Peroo, serang, pour amarrer, nouer et boucler, pour régler la marche des petites machines de service, pour hisser astucieusement une locomotive du fond d'un déblai où elle avait roulé ; pour se dévêtir et plonger au besoin afin de voir comment les blocs de béton autour des piles résistaient à l'effort de la Mère Gunga, ou pour s'aventurer en amont par une nuit de mousson et faire son rapport sur l'état des revêtements des berges. Il lui arrivait d'interrompre sans pudeur les conseils de Findlayson et d'Hitchcock, après quoi son étonnant anglais, ou son sabir plus étonnant encore, moitié portugais moitié anglais, ne suffisait plus et il devait prendre une ficelle pour montrer les nœuds qu'il recommandait. Il gouvernait son escouade de préposés aux palans — toute une parenté mystérieuse, venue de Kutch Mandvi, hommes ramassés à des mois d'intervalle et triés scrupuleusement. Aucune considération de famille ou de race n'eût induit Peroo à conserver sur le rôle des salaires des bras faibles ou une tête peu solide : « Mon honneur est l'honneur du pont, disait-il à l'homme sur le point d'être congédié. Que m'importe ton honneur à toi ? Va-t'en travailler sur un steamer. Tu n'es bon qu'à ça. » 
Le petit groupe de huttes où il habitait avec son équipe entourait la demeure aux murs troués d'un prêtre de mer — un prêtre qui, sans avoir jamais mis le pied sur l'Eau Noire, avait été choisi comme directeur spirituel par deux générations de gens de mer, tous à l'épreuve des missionnaires des ports aussi bien que de ces religions où des agences sans discrétion embrigadent les matelots le long de la Tamise. Le prêtre des Lascars n'avait rien à faire avec leur caste, ni même, à vrai dire, avec quoi que ce fût. Il mangeait les offrandes de son église, il fumait, puis redormait encore, « car, disait Peroo qui l'avait remorqué depuis la côte sur une distance de huit cents milles, c'est un très saint homme. Il ne s'occupe pas de ce que vous mangez tant que vous ne mangez pas de bœuf, et c'est une bonne chose, car à terre nous adorons Shiva, nous autres Kharvas ; mais en mer, sur les bateaux des compagnies, nous obéissons strictement aux ordres de Burra
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Malum (le premier maître), et sur ce pont nous observons ce que dit Findlayson Sahib ». 
Findlayson Sahib avait, ce jour-là, donné l'ordre de débarrasser de son échafaudage la tour de garde de la rive droite, et Peroo s'occupait avec ses compagnons à délier et à descendre les perches de bambou et les madriers aussi promptement qu'ils eussent jamais expédié le chargement d'un caboteur. 
De son trolley il pouvait entendre le sifflet d'argent du serang, de même que le grincement et les chocs des poulies. Peroo se tenait sur le faîtage de la tour, vêtu de la dungaree bleue de son ancien métier, et comme Findlayson lui faisait signe de prendre garde, parce que sa vie n'était pas de celles qu'on pût exposer à la légère, il empoigna la dernière perche et, la main en abat-jour sur les yeux, à la manière des marins, répondit par le long cri plaintif de la vigie au gaillard d'avant : « Ham Dekhta hai » (Je veille). Findlayson se mit à rire, puis soupira. 
Depuis des années il n'avait pas vu un steamer, et il se sentait le mal du pays. Au moment où son trolley passait sous la tour, Peroo descendit par une corde, comme un singe, et cria : 
— Cela marche maintenant, Sahib. Notre pont est fait ou peu s'en faut. Que dira, pensez-vous, la Mère Gunga quand les rails passeront dessus ? 
— Elle n'a guère parlé jusqu'ici. Ce n'est point la Mère Gunga qui nous a jamais retardés. 
— Elle prend toujours son temps ; et d'ailleurs il y a eu du retard tout de même. Le Sahib a-t-il oublié la crue de l'automne dernier, quand les chalands à pierre ont coulé sans prévenir, ou sans prévenir au moins plus d'une journée d'avance ? 
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— Oui, mais il n'y a qu'une grande inondation qui pourrait nous faire du mal à cette heure. Les brise-lames d'ouest tiendront bon. 
— La Mère Gunga mange de gros morceaux. Il y aura toujours de la place pour quelques pierres de plus sur les revêtements. C'est ce que je dis au Chota1 Sahib (il voulait dire Hitchcock) et il s'en moque. 
— Peu importe, Peroo. Une autre année tu pourras bâtir un pont à ta mode à toi. 
Le Lascar grimaça un sourire. 
— Alors, ce ne sera pas de cette façon, avec de la maçonnerie sombrée sous l'eau, comme le Quetta sombra. Ce que j'aime, ce sont les ponts sus… sus…pendus, qui volent d'une rive à l'autre, avec un grand marchepied, comme une planche à décharger. Il n'y a pas d'eau qui puisse abîmer cela. Quand le Lord Sahib2 vient-il pour ouvrir le pont ? 
— Dans trois mois, quand il fera plus frais. 
— Oh ! Oh ! Il est comme le Burra Malum. Il dort en dessous pendant qu'on fait l'ouvrage. Puis il arrive sur le gaillard d'arrière, touche du doigt, et dit : « Voici qui n'est pas propre ! Sacré jiboonwallah ! » 
— Mais le Lord Sahib ne me traite pas de sacré jiboonwallah, Peroo. 
                                       1 Petit, par opposition à Burra (grand). 2 Le vice-roi.
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— Non, Sahib ; mais il ne monte pas sur le pont avant que tout l'ouvrage soit fini. Même que le Burra Malum du Nerbudda disait une fois à Tuticorin… 
— Bah ! Va ! Je suis occupé. 
— Et moi, donc ! dit Peroo sans se troubler. Puis-je prendre le petit canot maintenant et nager le long des môles ? 
— Pour les retenir avec tes mains ? Ils sont, je pense, suffisamment solides. 
— Non, Sahib. C'est ainsi. En mer, sur l'Eau Noire, nous avons de la place pour danser de haut en bas sans prendre garde. Ici nous n'avons pas de place du tout. Regardez, nous avons mis la rivière dans un dock, nous l'avons fait courir entre deux murs de pierre. 
Findlayson sourit au « nous ». 
— Nous lui avons mis un mors et une bride. Elle n'est pas comme la mer avec une plage molle à battre. C'est la Mère Gunga… aux fers. 
Sa voix baissa d'un ton. 
— Peroo, tu as couru le monde du haut en bas plus encore que moi. Dis la vérité maintenant. Combien, au fond du cœur, crois-tu à la Mère Gunga ? 
— Je crois tout ce que notre prêtre dit ; Londres est Londres, Sahib, Sydney est Sydney, et Port-Darwin est Port-Darwin. La Mère Gunga est aussi la Mère Gunga, et quand je reviens sur ses
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rives je le sais et j'adore. À Londres j'ai fait poojah3 au grand temple sur les bords du fleuve en l'honneur du Dieu qui l'habite… Oui, je ne prendrai pas les coussins dans le canot. 
Findlayson enfourcha son cheval et trotta jusqu'au hangar d'un bungalow qu'il partageait avec son adjoint. L'endroit lui était devenu un véritable « home » depuis trois années. Il avait grillé dans les chaleurs, sué par les pluies, et frissonné de fièvre sous le chaume grossier ; le plâtre contre la porte était couvert de dessins ébauchés et de formules, et l'usure qui traçait comme un chemin de factionnaire sur la natte de la véranda montrait où il s'était promené seul. Il n'y a pas de journée de huit heures pour le travail d'un ingénieur, et c'est en bottes et en éperons qu'il prenait avec Hitchcock leur repas du soir : en fumant leurs cigares ils écoutaient le bourdonnement du village, tandis que les équipes remontaient du lit du fleuve et que les lumières commençaient à scintiller. 
— Peroo est allé visiter les môles avec votre canot. Il a pris deux neveux avec lui, et il se prélasse à l'arrière, comme un commodore, dit Hitchcock. 
— C'est très bien. Il a quelque chose en tête. On croirait, n'estce pas, que dix ans sur les bateaux de la British India devraient lui avoir fait passer le plus clair de ses principes religieux ? 
— C'est ce qui est arrivé, dit Hitchcock en riant. Je l'ai surpris l'autre jour à tenir des discours parfaitement athées à leur gros vieux guru. Peroo niait l'efficacité de la prière et proposait au guru de s'embarquer avec lui pour assister à une tempête en mer et voir s'il pourrait arrêter une mousson. 
— N'importe, si on lui enlevait son guru, vous le verriez filer comme la flèche. Il me débitait à l'instant tout un chapelet à                                        3 Révéré.
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propos de prières au dôme de Saint-Paul pendant qu'il était à Londres. 
— Il m'a raconté que, la première fois qu'il entra dans la chambre des machines d'un steamer, quand il était petit, il fit sa prière au cylindre à basse pression. 
— Pas si bête, en somme. Pour le moment, il est en train de rendre favorables ses propres dieux et il veut savoir ce que la Mère Gunga pensera du pont qui l'enjambe. Qui est là ? 
Une ombre obscurcit le cadre de la porte, et on mit un télégramme dans la main de Hitchcock. 
— La Mère Gunga devrait avoir l'habitude. Ce n'est rien. Sans doute la réponse de Ralli à propos des nouveaux rivets… Bon Dieu ! 
Hitchcock sauta sur ses pieds. 
— Qu'est-ce que c'est ? dit son ancien. (Et il prit le télégramme.) Le voilà donc l'avis de la Mère Gunga, dit-il en lisant. Du calme, jouvenceau. On nous a mâché la besogne. Voyons, Muir télégraphie il y a une demi-heure : Crue de la Ramgunga. Ouvrez l'œil. Bien, cela nous donne — une, deux, — neuf heures et demie avant que l'eau atteigne Melipur Ghaut, plus sept, qui fait seize et demie jusqu'à Latodi, c'est-à-dire quinze heures avant qu'elle nous arrive. 
— Le diable de cet égout à neige de Ramgunga ! Findlayson, cela survient deux mois avant qu'on pût rien prévoir, et la rive gauche est encore couverte de matériaux. Deux grands mois trop tôt ! 
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— Voilà pourquoi cela arrive. Je ne connais les rivières indiennes que depuis vingt-cinq ans, et je n'ai pas encore la prétention de comprendre. Voici un autre télégramme. (Findlayson ouvrit l'enveloppe.) C'est de Cockran, cette fois, du canal du Gange : « Fortes pluies ici. Mauvais. » Il aurait pu faire l'économie du dernier mot. Eh bien, nous n'avons pas besoin d'en savoir plus. Nous allons mettre les équipes à l'ouvrage toute la nuit pour débarrasser le lit du fleuve. Vous prendrez la rive Est et vous vous arrangerez pour me rencontrer au milieu. Ramassez tout ce qui flotte en amont du pont : nous avons bien assez d'épaves comme cela au fil du courant sans laisser les chalands à pierre faire bélier contre les piles. Avez-vous quelque chose sur la rive Est à quoi parer encore ? 
— Un ponton, un grand ponton avec sa grue. L'autre grue sur le ponton raccommodé, avec les rivets de la route charretière de la vingtième à la vingt-troisième pile — deux lignes de construction et un arc-boutant tournant. Les piles s'arrangeront comme elles pourront, dit Hitchcock. 
— Très bien ! Remontez tout ce qui vous tombera sous la main. Nous allons donner à l'équipe quinze minutes de plus pour avaler son dîner. 
Tout près de la véranda pendait un gros gong de nuit qui ne servait qu'en cas d'inondation ou d'incendie dans le village. Hitchcock avait demandé un cheval frais et galopait déjà sur la route vers son côté de pont quand Findlayson, s'armant du bâton enveloppé de chiffons, se mit à frapper à grands coups traînés, de manière à faire rendre au métal son plein tonnerre. 
Le dernier grondement n'était pas éteint que depuis longtemps tous les gongs de nuit du village avaient repris le tocsin. À cela vint s'ajouter le rauquement des conques dans les petits temples, le battement des tambours et des tam-tams, tandis que du quartier européen, où habitaient les riveurs, le clairon de Mac Cartney, instrument de persécution les dimanches et jours de
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fête, brayait un boute-selle désespéré. Les machines qui rentraient l'une après l'autre le long des môles après leur journée se mirent à siffler ensemble jusqu'à ce qu'on répondît à leurs sifflets de la rive opposée. Puis le gros gong sonna trois fois pour dire qu'il s'agissait d'inondation et non d'incendie ; conques, tambours et sifflets répétèrent l'avertissement, et le village tout entier frémit au bruit mat de pieds nus courant sur la terre molle. La consigne, en tout cas, enjoignait de se rendre au lieu de la tâche commencée et d'y attendre les instructions. Un flot d'équipes se rua dans le crépuscule ; des hommes s'arrêtaient pour nouer un pagne ou rattacher une sandale ; des contremaîtres criaient des ordres à leurs subordonnés comme ceux-ci couraient ou s'arrêtaient auprès des hangars d'outils pour y prendre des barres et des pioches ; des locomotives rampaient sur leurs rails jusqu'au moyeu dans la cohue dont le torrent cuivré se déversait dans le lit noir de la rivière, des formes couraient sur les pilotis, grouillaient en essaim le long des treillages, pendaient en grappe autour des grues ; puis tout resta là sans bouger, chaque homme à sa place. 
Alors le battement d'alarme du gong donna l'ordre de ramasser toutes choses et de les porter plus haut que la ligne des hautes eaux, et les lampes fusantes s'allumèrent par centaines dans la trame de la fonte, tandis que les riveurs commençaient la nuit de besogne qu'ils avaient pour gagner de vitesse la crue en chemin. Les fermes des trois piles centrales — celles qui reposaient sur les supports de traverses — n'étaient pas, il s'en fallait, en position. Elles réclamaient autant de boulons qu'on pouvait leur en mettre, car la crue balayerait assurément les supports, et la masse métallique viendrait porter sur les faîtes de pierre si l'on n'en fixait pas les extrémités. Cent leviers à la fois pesèrent sur les traverses de la ligne provisoire qui desservait les piles inachevées. Elle fut soulevée par sections, chargée sur des trucks et remontée sur la rive au-dessus du niveau de la crue par des locomotives soufflantes. Les hangars d'outils sur les sables fondirent en un clin d'œil sous l'assaut d'armées vociférantes, et avec eux s'évanouirent ballots d'approvisionnements entassés, caisses à rivets cerclées de fer, pinces, ciseaux à froid, pièces de rechange
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pour machines à river, pompes et chaînes de réserve. La grosse grue devait partir la dernière, car c'est elle qui servait à hisser tout le matériel jusqu'au maître ouvrage du pont. On sema les blocs de béton qui chargeaient la flottille de chalands dans les creux d'eau profonde, pour protéger les piles ; après quoi les bateaux vides eux-mêmes, poussés à la gaffe sous le pont, furent rangés en aval. C'est là que le sifflet de Peroo sonna le plus clair, car le premier coup du gros gong avait ramené le canot à toute vitesse, et Peroo avec ses gens, nus jusqu'à la ceinture, peinaient de concert pour l'honneur et le bon renom plus précieux que la vie. 
— Je savais bien qu'elle parlerait ! Cria-t-il. Je le savais, moi, mais le télégraphe nous a prévenus. O fils d'un lit innombrable — enfants d'indicible abjection — sommes-nous donc ici pour faire semblant ? 
Findlayson craignait surtout pour les chalands. Mac Cartney, avec ses équipes, fixait les extrémités des trois fermes douteuses, mais des bateaux en dérive, en cas de crue à haut étiage, pouvaient compromettre les tabliers, et dans les canaux resserrés par la chaleur se pressait une véritable flotte. 
— Range-les en arrière du remous de la tour de garde ! Cria-t-il d'en haut à Peroo. Il y aura morte-eau là ; amène-les en aval du pont. 
— Accha ! (Très bien !) Oui, je sais. Nous sommes à les amarrer avec du filin d'acier. Eh ! Écoutez le Chota Sahib. Il travaille dur. 
De l'autre côté de la rivière venait un sifflement lointain, presque continu, de locomotives, sur une basse grondante de pierres écroulées. Hitchcock, au dernier moment, ajoutait quelques centaines de trucks de pierre de Tarakee aux revêtements et aux digues.
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— Le pont jette un défi à la Mère Gunga, dit Peroo en riant. Mais, quand elle va parler, je sais qui criera le plus fort. 
Pendant des heures les ouvriers nus travaillèrent, parmi les cris et les appels, sous les lumières. Il faisait une nuit chaude, sans lune, obscurcie vers sa fin par des nuages et une rafale soudaine qui rembrunit Findlayson. 
— Elle bouge ! dit Peroo un peu avant l'aube. La Mère Gunga se réveille ! Écoutez ! 
Il trempa sa main dans l'eau, par-dessus le bordage d'un chaland, et le flot gémit contre l'obstacle. Une petite vague heurta d'une claque sèche une pile en passant. 
— Six heures avant le temps prévu, dit Findlayson en s'épongeant le front avec rage. Maintenant nous ne pouvons plus compter sur rien. Il vaut mieux faire sortir tout le monde du lit de la rivière. 
Le gros gong retentit de nouveau, suivi pour la seconde fois par la ruée des pieds nus sur la terre et le fer sonore ; le fracas des outils cessa. Dans le silence les hommes entendaient le petit bâillement de l'eau rampante comme elle recouvrait le sable altéré. 
L'un après l'autre chaque contremaître cria à Findlayson, posté au pied de la tour de garde, que son secteur du lit du fleuve était débarrassé, et quand la dernière voix s'éteignit, Findlayson, à grands pas, s'avança sur le pont jusqu'au point où les tôles de la voie définitive faisaient place au planchéiage provisoire qui réunissait les trois piles centrales. Là il rencontra Hitchcock. 
— Tout est nettoyé de votre côté ? demanda Findlayson.
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Son chuchotement résonna dans la boîte treillagée. 
— Oui, et le canal de l'Est s'emplit. Nous sommes complètement dépassés dans nos calculs. Quand la tuile nous tombera-t-elle ? 
— Impossible à dire. Ça monte aussi vite que ça peut. Regardez ! 
Findlayson désigna du doigt le plancher à ses pieds. Le sable, en bas, torride et souillé par des mois de travail, commençait à crépiter et siffler. 
— Quels ordres ? demanda Hitchcock. 
— Faire l'appel — le compte des vivres — se tourner les pouces — et prier pour le pont. C'est tout, je crois. Bonsoir, ne risquez pas votre vie à tenter de rien repêcher en aval. 
— Oh, je serai aussi prudent que vous !… Bon Dieu, comme elle monte ! Et voici la pluie pour de bon ! 
Par le même chemin Findlayson regagna sa rive, rabattant devant lui les derniers riveurs de Mac Cartney. Les équipes s'étaient répandues le long des berges maçonnées, sans souci de la pluie froide de l'aube, et là elles attendaient l'inondation. Peroo seul tenait ses hommes rassemblés en arrière du retrait de la tour de garde, où se trouvaient les chalands amarrés en proue et en poupe à l'aide de haussières, de câbles de fer et de chaînes. 
Une plainte perçante courut le long de la ligne, achevée en hurlement, un cri mêlé de surprise et d'effroi ; la surface du fleuve blanchit d'une rive à l'autre entre les revêtements de pierre, et dans le lointain les môles disparurent sous des panaches d'écume.
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La Mère Gunga d'un coup montait à fleur de rives, et un mur d'eau couleur chocolat l'annonçait en avant. Un grincement aigu domina le rugissement de l'eau : c'était la plainte des fermes retombées sur leurs amorces, tandis que la trombe du flot, emportant les soutiens de traverses, faisait le vide sous leur ventre de fer. On entendit les chalands gémir et moudre leurs bordages dans le tourbillon qui se forma au revers de la culée, et leurs moignons de mâts montaient plus haut, plus haut, contre la ligne terne du ciel. 
— Avant qu'elle fût enfermée entre ces murailles nous savions de quoi elle était capable. Maintenant qu'elle est ainsi garrottée, Dieu seul sait ce qu'elle va faire ! dit Peroo en surveillant le furieux tumulte des eaux au pied de la tour de garde. Ohé ! Lutte donc ! Frappe dur ! Ainsi les femmes usent leur force. 
Mais la Mère Gunga ne voulait pas lutter selon les désirs de Peroo. Aucune autre muraille d'eau ne suivit le premier mascaret ; la rivière se souleva d'un seul coup, comme un serpent qui boit en été, rognant et tripotant tout le long des digues, et gonflée en arrière des piles à tel point que Findlayson lui-même se mit à recalculer mentalement la résistance de son œuvre. 
Quand le jour vint, le village béa de stupeur. 
— Dire que la nuit dernière, s'écrièrent les hommes en se tournant l'un vers l'autre, c'était comme une ville dans le lit de la rivière ! Voyez maintenant ! 
Et ils se reprirent à regarder et à s'émerveiller de l'eau profonde, de l'eau torrentielle qui léchait maintenant la gorge des piles. La rive opposée se voilait d'une buée de pluie où s'évanouissait la perspective du pont ; des remous et des brisants marquaient seuls la place des jetées d'amont, et en aval, la rivière captive, une fois libre de lisières, s'élargissait à l'horizon comme une mer. Alors commencèrent à descendre très vite et roulés par
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le flot, des hommes et du bétail mort, pêle-mêle, avec, par intervalle, un toit de chaume qui fondait soudain au toucher d'une pile. 
— Grosse crue, dit Peroo. 
Et Findlayson fit signe que oui. Il n'en souhaitait pas davantage. Son pont résisterait à l'épreuve présente, mais il n'en faudrait pas beaucoup plus, et si, par quelques chances sur mille, il y avait un défaut dans les endiguements, la Mère Gunga emporterait à la mer son honneur entre autres épaves. Le pire, c'est qu'il n'y avait rien à faire qu'à rester tranquille, et Findlayson resta donc immobile sous son caoutchouc jusqu'à ce que son casque se réduisît en pulpe sur sa tête et que ses bottes disparussent dans la boue par-dessus les chevilles. Sans tenir compte du temps écoulé, car la rivière se chargeait de marquer les heures, pouce par pouce et pied par pied le long de l'endiguement, il écoutait, transi, affamé, les chalands tourmenter leurs chaînes, le tonnerre étouffé de l'eau sous les piles, les cent bruits divers qui se mêlent dans la grande voix de l'inondation. Une fois, un serviteur ruisselant lui apporta des aliments, mais il ne pouvait pas manger ; une autre fois, il crut entendre corner vaguement une locomotive de l'autre côté du fleuve, et alors il sourit. 
La catastrophe du pont léserait sans doute gravement son adjoint, mais Hitchcock était jeune, avec le gros œuvre de son existence encore devant lui. Tandis que, pour Findlayson, un tel malheur emportait tout — tout ce qui vaut d'être vécu d'une vie énergique. Les hommes de son bord diraient… Il se rappelait ce qu'il avait dit lui-même, son ton de pitié condescendante quand les grands réservoirs de Lockhart avaient crevé, crevé en informe débâcle de briques et de fange, et que Lockhart, tout ressort viril brisé dans sa poitrine, en était mort. Il se rappelait ce qu'il avait dit lui-même quand le grand raz de marée avait emporté le pont de Sumao, et il se souvint du visage du pauvre Hartopp trois semaines plus tard, quand la honte l'eut marqué. Son pont avait
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deux fois la taille de celui de Hartopp, et il portait le boulon Findlayson aussi bien que la nouvelle culée — la culée boulonnée Findlayson. Il ne s'agissait pas de raisons ni d'excuses dans son service. Le gouvernement peut-être pourrait prêter l'oreille, mais les gens du métier le jugeraient d'après son pont, selon qu'il serait debout ou par terre. Il repassa ses devis mentalement, plaque par plaque, portée par portée, brique par brique, pile par pile, se remémorant, comparant, estimant et recalculant, de peur qu'il n'y eût quelque erreur, et souvent durant les longues heures, parmi les volées de formules qui dansaient et tournaient devant lui, il sentit une crainte glacée le mordre au cœur. De son côté, ses chiffres ne faisaient point question ; mais qui pouvait connaître l'arithmétique de la Mère Gunga ? À l'instant même où il équilibrait tout à coups de table de multiplication, la rivière forait peut-être des trous à la base de quelqu'un de ces piliers de quatrevingts pieds qui portaient sa réputation. Un domestique vint de nouveau lui apporter à manger, mais il avait la bouche sèche et ne put que boire avant de revenir à ses décimales. Et la rivière montait toujours. Peroo, sous le couvert d'un surtout de natte, accroupi à ses pieds, observait tantôt sa physionomie, tantôt celle du fleuve, mais ne disait rien. 
À la fin, le Lascar se leva et pataugea dans la boue vers le village, non sans avoir pris soin de laisser un séide à la garde des bateaux. 
Il revint tout de suite, poussant devant lui de la façon la plus irrévérencieuse le prêtre de sa foi — un vieil homme obèse dont la barbe grise fouettait le vent en mesure avec le lambeau détrempé qui volait sur son épaule. Onques vit-on si lamentable guru. 
— À quoi servent les offrandes et les petites lampes à pétrole et le grain mûr, cria Peroo, si tu ne peux rien faire que rester le derrière dans la boue ? Voilà longtemps que tu as affaire à des dieux repus et bienveillants. Maintenant qu'ils sont en colère, parle-leur ! 
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— Qu'est-ce qu'un homme devant le courroux des dieux ? Geignit le prêtre, en s'accoudant sous la violence des rafales. Laisse-moi aller au temple, et là je prierai. 
— Fils de porc, prie ici ! Alors, toujours du poisson salé, de la poudre de cari, des oignons séchés, et rien en échange. Appelle à haute voix ! Dis à la Mère Gunga que c'est assez. Demande-lui de rester tranquille pour la nuit. Je ne sais pas prier, mais j'ai servi sur les bateaux de la compagnie, et quand les hommes n'obéissaient pas à mes ordres, je… 
Un moulinet du câble de fer termina la phrase, et le prêtre, échappant à son disciple, s'enfuit vers le village. 
— Gros pourceau ! dit Peroo. Après tout ce que nous avons fait pour lui ! Quand la crue aura baissé je m'occuperai de nous trouver un nouveau guru. Findlayson Sahib, voici qu'il va faire nuit, et depuis hier on n'a rien mangé. Soyez raisonnable, Sahib. Nul homme ne peut supporter de veiller tard ni de penser beaucoup avec le ventre vide. Couchez-vous, Sahib. La rivière fera ce qu'elle fera. 
— Le pont m'appartient ; je ne peux pas le quitter. 
— Le tiendras-tu donc debout avec tes mains ? dit Peroo en riant ; j'étais inquiet de mes chalands et de mes bigues avant que la crue arrive. Maintenant nous sommes dans les mains des dieux. Le Sahib ne mange ni ne dort ? Qu'il prenne ceci, alors. Ceci vaut à la fois la viande et le meilleur toddy, et tue toute fatigue outre la fièvre qui suit la pluie. Je n'ai rien mangé d'autre aujourd'hui. 
Il tira de sa ceinture trempée une petite tabatière d'étain et la fourra dans la main de Findlayson, en disant : 
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— Non, n'ayez pas peur. Ce n'est que de l'opium, du pur opium de Malwa. 
Findlayson fit tomber dans sa main deux ou trois des pilules brun foncé, et, sachant à peine ce qu'il faisait, les avala. À tout prendre la drogue préservait de la fièvre — la fièvre qui l'envahissait et montait de la boue — et il avait vu ce que Peroo pouvait faire dans l'étuve des brouillards d'automne sous l'influence d'une prise à la boîte d'étain. 
Peroo fit un signe de tête. Ses yeux brillaient. 
— D'ici peu… d'ici peu le Sahib s'apercevra qu'il pense de nouveau. Moi aussi, je vais… 
Il plongea les doigts dans la précieuse boîte, réassujettit sur sa tête son imperméable et s'accroupit pour regarder les bateaux. Il faisait trop noir à présent pour rien voir au-delà de la première pile et la nuit semblait avoir accru la vigueur de la rivière. Findlayson se tenait le menton sur la poitrine tout pensif. Il restait au sujet de l'une des piles — la septième — un point qu'il n'avait pas complètement éclairci. Les chiffres ne voulaient pas se dessiner nettement à l'œil, sauf un par un et à d'énormes intervalles de temps. Un son plein et harmonieux, pareil à la note la plus grave d'un tuba, emplissait ses oreilles, note ensorcelante à laquelle sa pensée, lui sembla-t-il, s'attardait des heures. Puis Peroo surgit à son coude, criant des choses à propos d'une haussière d'acier rompue et de chalands en dérive. Findlayson vit la flottille s'ouvrir et s'égailler en éventail dans un cri prolongé de fils de fer distendus. 
— Un arbre les a heurtés. Ils s'en iront tous, cria Peroo. La haussière principale a cédé. Que fait le Sahib ? 
Un plan immensément complexe se traça en un éclair dans l'esprit de Findlayson. Il vit les cordes courir d'un bateau à l'autre
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en lignes droites, à angles droits — chacune marquée en traits de feu pâle. Mais il y en avait une qui était la maîtresse corde. Il la voyait bien. Qu'il pût une bonne fois la saisir et il était absolument et mathématiquement certain que la flottille en désordre se rassemblerait d'elle-même dans le bras mort derrière la tour de garde. Mais pourquoi Peroo s'accrochait-il désespérément à sa ceinture, tandis qu'ils descendaient le talus ? 
Il fallait écarter le Lascar, doucement, sans colère, parce qu'il fallait sauver les bateaux, et, de plus, démontrer l'extrême facilité du problème si ardu d'apparence. Et alors — mais cela ne présentait pas la moindre importance — un câble de fil de fer lui glissa entre les doigts, avec une sensation de brûlure, la haute berge disparut, et, avec elle, lentement dispersés, tous les facteurs du problème. Il était assis parmi l'ombre pluvieuse — assis dans un bateau qui pirouettait comme une toupie, et Peroo se tenait debout au-dessus de lui. 
— J'avais oublié, dit lentement le Lascar, que pour les gens à jeun et qui n'y sont pas accoutumés l'opium est pire que le vin le plus fort. Ceux qui meurent au sein de Gunga vont aux dieux. Toutefois, je n'ai nul désir de me présenter devant de si grands personnages. Le Sahib sait-il nager ? 
— Quel besoin ? Il sait voler… voler aussi vite que le vent, répondit une voix pâteuse. 
— Il est fou ! Murmura Peroo. Dire qu'il m'a jeté de côté comme un paquet de bouses de vache ! Eh bien, il ne connaîtra pas sa mort. Le bateau ne pourra pas tenir une heure ici, même s'il ne touche rien. Il n'est pas bon de contempler la mort d'un œil clair. 
Il puisa de nouveau au contenu de la boîte d'étain, s'accroupit au fond de l'esquif tournoyant, les yeux fixés à travers la brume sur le néant qui était là. Une chaude langueur envahit Findlayson,
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l'ingénieur en chef, à qui son devoir défendait de quitter son poste. Les lourdes gouttes de pluie le frappaient de mille petits chocs tintinnabulants, et tout le poids du temps, depuis que le temps existe, pesait sur ses paupières. Il concevait et percevait sa sécurité parfaite, car l'eau était si solide qu'on pouvait sans crainte marcher dessus, et qu'en se tenant debout immobile, les jambes écartées pour conserver l'équilibre — c'était le point essentiel — on serait porté au bord avec aisance et vélocité. Mais un meilleur plan encore lui vint à l'esprit. Il suffisait à l'âme d'un effort de volonté pour projeter le corps sur la rive comme le vent pousse un papier, pour l'enlever sur le bord comme un cerfvolant. Après cela — le bateau tournoyait vertigineusement — supposons que le vent prenne par en dessous le corps délivré. S'élèverait-il comme un cerf-volant et piquerait-il la tête la première sur les sables lointains, ou bien oscillerait-il sans gouverne à travers toute l'éternité ? Findlayson s'agrippa au platbord comme pour s'ancrer à sa place, car il lui semblait qu'il allait prendre son vol avant d'avoir arrêté tous ses plans. L'opium a plus d'effet sur l'homme blanc que sur le noir. Peroo ne ressentait qu'une indifférence facile et résignée en ce qui concernait les accidents.

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Zébré et vacciné
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