Le nid de Castor

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Le nid de Castor

Message par ♥ El Castor ♥ le Sam 5 Mar 2011 - 19:20

Bonjoir tout le monde,

Je m'appelle Castor, j'ai 25 ans, et je suis alcoolique.
Et hypersensible.
Et hypergéné par cette présentation...
Comment faire pour être original, pour faire mon interessant, montrer que je suis intelligent à des gens intelligents ?
Bon sang quel complexe d'infériorité !
Obligé de sortir la pirouette de la présentation des alcooliques anonymes, car j'ai l'impression d'entrer dans une "communauté" pour confier mes déboires, avouer en public que j'ai un problème :
je suis... intelligent !  Sad

Bref, je trouve ça ironique.
Peut-être est-ce d'ailleurs là l'origine du terme zèbre ?
C'est vrai l'allure carnavalesque du zèbre pousse à l'autodérision.

Mais pourquoi le zèbre sinon ?
Plus sérieusement ?
C'est là que c'est ça, tu vas voir...

Quitte à se dessiner des rayures sur le corps pour être plus facilement reconnu par ses congénères (et molesté par d'autres à la recré), je choisis la parure du tigre, pour inspirer crainte et respect;
plutôt que d'errer dans les rues tel un fantôme.
Tiens d'ailleurs, le terme fantôme existe-t-il pour désigner un groupe d'individus aux caractéristiques similaires, à l'instar du zèbre ?

"Bonjour je m'appelle Patrick, 25 ans, je suis un fantôme
- AAAAAAAAAaaaahhaaaaaaaaaaaaAAAAAAAAAAAAAAaHHHHHHHHHHHH !!!
- Allez calme toi, depuis le temps que tu diriges ce groupe de thérapie, tu devrais t'y habituer à force !"


Donc voilà, pour être un peu plus sérieux, je suis un Tigre  cat
fier de l'être.
Un tigre associe des caractéristiques du zèbre (que je n'ai pas encore pris le temps d'analyser complètement, en fait je n'ai quasiment rien lu sur ce site, j'ai vu un zèbre à la tv ça m'a rappelé ce terme pour qualifier les "surdoués" alors j'ai tappé sur google et me voilà)
et de l'hypersensible.
Je me qualifie plus volontiers d'hypersensible car mes émotions sont très présentes et inhibitrices de ma pensée en société (en contact direct, beaucoup moins derrière mon écran bien sur).
Et je suppose que la frustration engendrée par ces barrières m'a poussé à développer des qualités, pour surcompenser.
Parcequ'on a tous besoin de plaire aux autres, d'une manière ou d'une autre.


Et sinon j'ai lu que vous organisiez des rencontres entre zèbres
albino  elephant (lapin, éléphant...mais meme pas de zèbre sur un forum de zèbres ?! MAIS POURQUOI ???  Mad )
Qu'y faites vous ?
J'aurais tenté une blague si j'avais 15 ans de moins...  geek  jocolor  clown

Je suppose qu'un tigre, plus inhibé par ses émotions que les zèbres, serait molesté à ce genre de réunion ?


cherry  ?
Un homme cerise ?

What a Face
Un....  Monsieur ADN (Jurassic park) ?


Bref, j'ai vu que vous étiez plutôt nombreux, je n'ai pas eu le temps de sonder l'ambiance; j'aime les discussions poussées mais pas la polémique, les prises de tête, le manque de respect et ceux qui se prennent trop au sérieux et prennent les gens de haut.

Donc tapez moi pas trop fort svp.


Biz à + tard




Edith : Nouvelle présentation, plus sérieuse, plus sincère. Je partage un peu de ma vie avec ceux que ça intéresserait.
Si, à la suite de cette lecture, vous avez pitié pour moi, j'accepte les chèques mais préfère le liquide.

"Père Castor, raconte nous ton histoire, pour ton anniversaire.
Allez, sois narcissique, soit égoïste, raconte toi la, vieux papy, vis, partage, plains toi. Raconte comme t'étais balèze, qu'on puisse te dire que tu te la pètes. Raconte comme t'as souffert, qu'on puisse te dire que tu te la pètes aussi, et que tu joues sur la corde sensible pour attirer la sympathie, ou la pitié. Montre nous tes défauts d'humain, pour que des pervers viennent piocher des informations pour les retourner contre toi, te mettre mal à l'aise, te mettre en "porte-à-faux" (j'aime ce mot).
Il ne doit pas être normal que quelqu'un soit apprécié sans parler de lui, sans s'exposer, sans se risquer à vivre sans sa carapace, pour esquiver la possibilité de ne pas être parfait, comme nous, comme toi, et comme toi.
Ce sera ton exercice.
"Voici votre devoir pour la semaine prochaine : vous allez provoquer une bagarre. Vous allez la provoquer, et vous allez la perdre."

La flamme de l'enfant:
Je suis né quelque part en Normandie, entre la Lune et le Soleil une nuit d'éclipse lunaire en plein été. Lion et Tigre sont mes signes astrologiques, deux signes de feu, les meilleurs bien évidement. Seule ombre au tableau : mon prénom dont la fête se déroule le jour de la fête du travail, et dont la place dans l'histoire et l'inconscient collectif évoque un rôle de martyr, ces deux considérations me poursuivront tout au long de ma vie : un fil rouge de malchanceux et de paresseux. Petit homme rêveur portant en lui la flamme du feu sacré. Sur mes photos il y avait toujours une lumière au dessus de ma tête. Certains disaient que j'étais le fils de Dieu, même si ces personnes ne sont pas réelles. Un Dieu du stade peut-être, portant ainsi la flamme olympique, héritée de mon père, un grand sportif, professeur d'EPS. L'être de lumière qu'on m'appelait (je le vécus bien, ça va). Probablement destiné à devenir un champion de football, de Formule 1 ou de tennis, tels étaient mes rêves de gosse en tout cas. A ce propos je me demande combien de jeunes zèbres rêvaient de devenir médecin, avocat, ingénieur, président ? Ca ne m'est jamais passé par la tête, ces métiers me semblaient ennuyeux, et ce n'est pas ce que mes parents souhaitaient pour moi. Ils ne souhaitaient d'ailleurs rien de spécial et ne m'ont jamais poussé dans quelque direction que ce soit, contrairement à certains qui rêvent pour leurs enfants les rêves qu'ils n'ont pas pu vivre eux. On m'a simplement laissé vivre comme un enfant libre. M'offrant également la possibilité de voyager, dès mes 6 mois je partais aux îles canaris. On eu ensuite des canaris d'ailleurs, enfermés dans une cage. Puis Tunisie, Grèce, Yougoslavie, Angleterre. Mon père était un voyageur, capable de partir en Afrique sans un sou, il avait passé son enfance en Turquie puis au Liban avant de rentrer à Paris pour enfin faire ce qu'il n'avait pas le droit de faire dans ces pays là : draguer des gonzesses.
Bref, j'étais probablement destiné à faire de grandes choses, car c'est ce que ma mère disait qu'on ferait ensemble.
Maintenant que j'y repense, j'ai bien plus développé ma flemme que ma flamme, mais j'en fais assurément profiter ma mère actuellement...

Comme tous les enfants j'avais tout pour être heureux, mes deux parents qui travaillaient, une maison, mes jouets, mes rêves de gosse, mon "youpala", mon petit camion où il fallait pousser avec les pieds pour avancer, puis ma McLaren (celle de Prost vous savez, avec les couleurs de Marlboro) à pédale que mon modèle paternel m'avait offert. Je lui ressemblais, j'eu un accident avec mon petit camion, ne pouvant contenir la fougue de mon pilotage, comme mon papa qui se retournait en karting au premier virage (je me demande encore comment c'est possible, un tonneau en karting, vu la hauteur du centre de gravité, je n'ai jamais réussi à en retourner). Il voulait devenir pilote de F1 avant, mais ma maman avait peur, alors il m'offrit cette McLaren et le même rêve qui va avec. Je me rappelle m'être régalé avec en traquant les talons des gens dans les rues de Londres.
Un jour je voulu l'imiter avec la grosse voiture (une Citroën GSA), on partait en vacance et je voulais dire à ma façon "tu vas voir Papa, comme je suis précoce et doué pour ça, je vais te prouver que je peux devenir pilote, c'est moi qui vais vous emmener en vacances. Ainsi je saccageais le système de clignotants et la batterie. Je les ai saboté, défoncé, déglingué, bousillé, massacré, escagassé, laminé, pulvérisé, explosé etc, comme un sale petit sagouin, avec un plaisir non dissimulé. Bref, nous dûmes reporter notre départ au lendemain. Je ne me souviens plus bien de sa réaction, mais je crois qu'il n'était pas très content, alors que je voulais l'impressionner...dur ! Par contre je me souviens bien du lendemain, où cette fois je décidais de me venger sur ma peluche Mickey en lui mettant la tête dans le pot d'échappement, moteur en marche. Pourquoi m'avait-on offert cette peluche aussi ? A quel moment avais-je mentionné aimer Mickey ? Je suis un enfant alors j'aime Mickey ? Je suis pas d'accord, je supportais pas Mickey, ce sale rat débile, neuneu, nian-nian, avec une voix si agaçante qu'elle m'angoissait. J'ai toujours trouvé Mickey surcoté, un peu comme les joueurs de l'équipe de France maintenant. Et surtout je m'en méfiais comme de la peste, sa voix son rire etc, je me disais que d'un instant à l'autre il pouvait se transformer en démon machiavélique, en supo de Satan. Je crois que c'était une façon de matérialiser ce que je ressentais à travers cet infâme rongeur nauséabond : le symbole de la manipulation à l'américaine. Et donc, preuve de mon génie, de ma zébritude, cet acte de la mise en pot avait une grande valeur symbolique qui remplace bien des paroles : dénoncer le système capitaliste américain. Mais ça, c'est une autre histoire. Ce n'était que mon humble contribution à la lutte contre le système capitaliste, mon hommage à Karl Marx, et depuis ce jour je ne m'intéresse plus à la politique. En tout cas, ne voici pas là une belle illustration de l'effet papillon digne d'un épisode des Simpsons ? Un enfant qui veut impressionner son père, un acte anodin qui découle sur un acte lourd de sens et une prise de position politique fort risquée vu mon âge et l'époque. Je précise qu'on était au "lendemain" de la chute du mur de Berlin.

Cet épisode me représente bien tel que j'étais à l'époque (et peu importe si certains restent sceptiques devant cette histoire). J'avais une gueule d'ange, avec de grands yeux bleus brillant, et une lumière derrière ma tête, mais je n'étais pas sage.
Ainsi je connu ma première exclusion d'un établissement scolaire, à seulement 3 ans ! Pour faute grave. En effet, je refusais de faire la sieste, je ne dormais pas. Je n'ai jamais su dormir sur commande, dommage car cela m'aurait évité bien des insomnies et je ne serais surement pas là où j'en suis actuellement. Dormir était une perte de temps pour moi, je n'allais tout de même pas me rabaisser à cela. Pourquoi faire ? Suivre les autres enfants ? Cette bande de moutons lobotomisés, qui me semblaient être sous camisole chimique tellement ils étaient mous. Eux, tu les fais lever tôt le matin exprès, tu les emmènes dans un établissement spécial où ils sont sensé s'amuser, apprendre, découvrir, et finalement arrivé là bas tu leur dis "allez maintenant tu vas dormir"...et ben ils le font !
Moi, pas sommeil, je lui ai dis à la dame : "Mais Madame, est-ce pour avoir la paix et être payée à ne rien faire que vous nous faite dormir ?"
Allez, ouste ! Dehors, petit garnement !
Expulsé pour avoir dis ce que je pense et qui semblait être une vérité qui gène, Eugène.
On est en 89 ou pas ? Le bicentenaire de la révolution, lui fis-je remarquer.
Oui je sais ce que vous allez me dire... Alors oui, c'est certes un raccourcit assez cavalier, mais voilà, je n'avais que 3 ans.

Je fus donc libéré de cette prison, et nous étions prêt à partir. Nous déménagions dans le Sud, dans la ville où je me trouve à l'heure où j'écris. Mon père était muté, car il avait une maladie. Etait-ce une mutation génétique alors ? Je l'ignorais, je ne comprenais pas bien ce que cela signifiait vraiment. Je me disais seulement, en mode loveur, "à moi les ptites méditerranéennes !"


Nous arrivâmes (arf) en provence et je découvrais alors ma nouvelle et première vraie école, l'école maternelle du clos fleurit, dont je n'ai quasiment aucun souvenir puisque je n'y pas resté plus de 2 mois. Notons l'importance de ce détail. Non le premier véritable souvenir d'école, la première vraie image qui restera gravé dans mon esprit est celle de mes camarades lorsque j'intégrais ma deuxième première vraie école maternelle, celle où j'ai passé deux ans. J'intégrais la classe de Mme Sayou, en cours d'année, et là la susse nommée me présente à mes nouveaux petits camarades qui s'écrièrent en chœur, les yeux écarquillés "Oh il est nouveau ! Oh il est nouveau !" Nan mais au secours, j'étais déjà très intimidé, et là... Mais que suis-je venu faire dans cette galère ? Qu'allais-je devenir au milieu de ce troupeau d'êtres inquiétants et visiblement attardés mentaux ? Je n'avais qu'une seule envie c'est de fuir, See you Mme Sayou. Sayou nara.
Je ne me souviens plus bien de la suite avec exactitude, vous m'en excuserez. J'ai du griller pas mal de neurones depuis et il y a toujours débat pour savoir si celles ci se régénèrent et si oui jusqu'à quel âge ?
Je me souviens surtout avoir été un petit garçon très timide, dans son monde, livré à lui même, un peu perdu. Mon père du s'en rendre compte d'ailleurs, ou pas. Ou il ne me le montrait pas, trop préoccupé par sa maladie sans doute.
Oh si je me souviens bien m'être bagarré plusieurs fois pour un tricycle dans la cour de récré. En observant les adultes d'ailleurs je me dis souvent que ça n'a pas beaucoup changé, on se bat toujours pour des tricycles. Je me souviens aussi avoir fait du papier, la bonne blague... Moi qui espérait apprendre à faire de belles feuilles blanches comme celles sur lesquelles j'avais l'habitude de représenter des armes et des meurtres. Mais non, loin de là, j'ai commencé à comprendre que les adultes nous prenaient souvent pour des cons, qu'ils nous infantilisaient, je ne me suis jamais senti autant infantilisé que durant mon enfance, c'est là que j'ai eu la révélation et je ne m'en suis probablement jamais remis vous savez. Non pas de belles feuilles blanches bien lisses, mais bel et bien un assemblage informe et grisâtre fait à partir d'une espèce de bouillie malodorante infecte de papiers toilettes et autres déchets dans laquelle il fallait plonger les mains puis former une pâte avec ses mains collantes avec lesquelles on ne pouvait pas se gratter ni essuyer ses larmes, puis laisser sécher avant de devoir faire semblant de la brandir fièrement comme si c'était un exploit d'avoir réussit à concevoir une horreur semblable à un bout de carton abandonné dehors dans la boue au lendemain d'une journée pluvieuse. Ni plus ni moins, mon copain.
Et puis on devait parfois rassembler différents objets de la même couleur...
"Dis t'as fait le DM pour demain ?
- Ah nan vraiment j'ai pas réussi c'est chaud je vais demander conseil à ma grande sœur qui a du le faire à mon âge".
On avait aussi droit aux interminables et laborieuses séances de coupage-collage où en un clic droit t'avais les doigts plein de colle séchée que t'enlevais délicatement comme ces peaux mortes quand tu pèles à la plage.
Et enfin, les spectacles humiliants qu'on devait préparer pour l'école, en apprenant des chorégraphies ridicules vétus d'un insupportable collant moulant mais surtout collant, et grattant. Les adultes te demandent jamais ton avis. Je n'étais qu'une marionnette, un siphon (un siphon, font font, les petites marionnettes...). D'ailleurs ma sœur me déguisait parfois en fille et m'appelait Marion.
Une fois on avait invité la voisine d'à côté qui avait un an de moins que moi mais faisait ma taille, cette grande blonde qui venait à mon anniversaire juste pour manger du gâteau et qui détruisait des créations que j'avais faite dans un coin de terre accessible à nos deux maisons en me disant "j'ai vu que t'avais passé beaucoup de temps à les faire, alors j'ai tout cassé". Bref, cette incarnation du mal (elle aurait été espagnole, elle se serait appelé Incarnation) ne m'a pas reconnu quand j'étais déguisée en fille, preuve que je comprends et ressens tellement bien le genre féminin, la partie féminine qui est en moi, que je peux être une fille, si je veux. Ou preuve qu'elle est bête, aussi, entre les deux mon cœur la balance.
Je me rappelle aussi de mon "honeteté innocente" de jeune enfant qui n'hésite pas à dire à son camarade Olivier, pégueux comme une olive (je suis désolé, il péguait, mais je n'avais pas les mots pour le lui signifier) : "non, c'est pas un arbre" lorsqu'il me montrait son dessin avec fierté. Mais c'est vrai, moi je prenais le temps de dessiner chaque feuille une par une quand lui me présentait une espèce de grossière pomme d'amour verte, qui semblait péguer elle aussi, tellement il avait écrasé grossièrement ses crayons sur sa feuille, comme un bourrin. Olivier, si tu m'entends...
C'est fou, on peut plus dire les choses aussi franchement quand on est adulte, c'est plus "mmhhh, "pas mal" "

La flamme de l'enfer:

Pendant ce temps mon père était de plus en plus malade. Après plusieurs visites à l'hôpital il finit par revenir à la maison sur un lit d'hôpital, paraplégique. Je ne comprenais pas que c'étaient ses derniers jours qu'il venait passer avec nous. Sinon je suppose que je l'aurais embrassé, au moins pour dire bonnuit. Comme ma mère qui avait droit, du coup, à une double ration de bisous pour prendre la part de Papa. Une cuillère pour Maman, eeeeet une cuillère pouuuuur Maman aussi. Dommage ! Pas de bras, pas de chocolat... Pas de jambes, pas de bisou.
"L'invalide" n'était sans doute plus mon modèle, ce doit être là l'explication.
Quel sale gosse surtout.
Après, je n'eu pas le temps de me remettre en question et de lui laisser une seconde chance, il repartait à l'hôpital. Je me disais que c'était juste pour un séjour, non, c'est pour ses jours y finir. Juste le temps de lui rendre visite pour fêter mon 6e anniversaire et prendre une lettre qu'il m'avait écrite, pleine d'optimisme, à son image. Il n'aimait pas que je le vois dans cet état, mon comportement n'y était sans doute pas étranger. Et surtout, il y croyait jusqu'au bout, il disait à ma mère "on va s'en sortir tu verras, ça va aller, je vais guérir et on finira par y aller aux Etats-Unis, comme on aurait du le faire cet été."

Aujourd'hui je me dis que j'ai intériorisé la pensée suivante :"Etre optimiste quand ça finit comme ça... à quoi bon ? "
Ainsi je suis quelqu'un d'optimiste je crois, de positif, mais je ne fais rien, j'attends... La mort sans doute. Je me laisse mourir, je m'autodétruis même, avec l'alcool et la cigarette, et les acides gras saturés. Que se passera-t-il lorsque j'aurai l'âge de mon père à sa mort ? Vais-je aller en Afrique avant ? Cet endroit où selon ma mère on lui aurait jeté un mauvais sort, expliquant sa maladie. Et oui quand il arrive une fatalité on cherche quand même des explications : pourquoi ? Comment ? Quelle erreur a été faite, que je sache comment éviter ça ?
A quoi bon se risquer à vivre si on peut être emporté par quelque chose d'incontrôlable à tout moment, même en ayant fait les choses bien ? (Mon père était sportif, ne buvait pas beaucoup, avait arrêté de fumer assez jeune, avait une alimentation plutôt saine, buvait de la St Yort etc).

J'étais en pension chez des amis de mes parents le jour de l'annonce officielle. Fort heureusement on ne l'a pas appris par sms, ça n'existait pas encore.
J'étais dans un bain avec une fille ! Ooouuuuh ! Elle était poilue, velue même... Aaaahhh !
J'étais le seul à ne pas pleurer. Aujourd'hui encore je ne pleure pas la mort de mon grand père, ni de mes chats.
Non pas que je me retienne de toutes mes forces, non, je n'en ressens juste pas l'envie. C'est triste, de ne pas être triste. Est-ce que c'est mal ?
Je n'embrasse plus mon père, je ne pleure pas sa mort, comme si je m'en fichais. Je suis un monstre ?
Ou bien j'avais compris depuis un moment, compris que c'était devenu moi l'homme de la maison, que quelque chose s'était brisé entre nous bien avant.
Ma mère disait que j'étais fort de ne pas pleurer. J'étais devenu son petit homme, elle m'a d'ailleurs mis dans son lit à la place de papa, pour me consoler, pour se consoler. Elle me faisait du lap dance aussi, le soir... Ou pas.
Précoce pour un gamin de 6 ans n'est-ce pas ?
C'est là que j'ai pris conscience de ma "zébritude" (j'aime pas ce mot). C'était mon test.
Parceque vous pouvez commencer à comprendre que ma mère eu ensuite d'autres soucis que de se préoccuper de mes éventuelles rayures (j'aime pas ce mot). Elle même n'eut pas beaucoup d'attention dans son enfance. A son époque ce devait être encore le regne de WAIS II, non ? Quand WAIS IV a-t-il accédé au pouvoir ? Je suis sur que ce genre d'info intéresse quelqu'un. En tout cas, elle doit être zèbre elle aussi.

Bref, j'avais donc un avenir tout tracé, sur le tracé d'un circuit de F1, assurément. J'allais aussi aider ma mère désormais, carrément. L'aider à surmonter son chagrin, car moi, j'étais plus fort, et je n'avais pas de chagrin, je pouvais donc assumer le sien, tout prendre sur mon dos, moi, l'homme de la maison.
Autant se "faire la main" sur sa mère quand on sait que plus tard on va également prendre les problèmes des femmes sur son dos plutôt que de sortir avec elles. Je le savais. J'ai toujours été une sorte de prophète, d'où mon prénom.
Autant zapper tout de suite mon enfance qui ne sert qu'à jouer après tout, pour prendre des responsabilités d'adulte avec les armes d'un enfant.
A partir de là, les choses ont commencé à devenir "bizarres", avant que je commence à me rendre compte qu'elles étaient traumatisantes afin de pouvoir enfin en souffrir, à l'aube de ma "2e naissance" (adolescence).
J'allais aussi me faire opérer de l'oreille moyenne, d'une maladie congénitale nécessitant des interventions de 4h derrière le tympan sous anesthésie générale bien sur, abîmant le système d'acquisition du son. J'en subis 4, de 7 à 14 ans, et je n'eu jamais le droit de mettre la tête sous l'eau sans un bouchon spécial, je ne sais donc pas plonger maintenant, c'est affreux. Dieu merci ça ne repousse pas depuis, cette membrane qui peut percer le tympan voire atteindre les méninges si on ne la retire pas.
Curieusement j'ai développé cette maladie après la mort de mon père. Alors on va s'essayer à la psychosomatisation de comptoir : j'ai développé une maladie à l'oreille car j'avais besoin d'être sourd aux malheurs de ma vie. Je me suis bouché les oreilles comme un enfant qui veut pas entendre ce qu'on lui dit "lalalalala j'entends pas lalalalala".
J'allais en tout cas à mes opérations la force tranquille, la force de l'insouciance de l'enfant, qui ne stresse pas vraiment car il a moyennement conscience de ce qu'il lui arrive. En gros, j'y comprenais rien. Il fallait le faire. En plus, j'avais droit à une nouvelle console de jeux à chaque fois. Ca m'a permit de comprendre qu'un cadeau, ça se mérite.

A noter qu'à cette époque, j'étais un sale petit polygame, j'avais genre 6 amoureuses, en comptant ma voisine supo de satan (déjà à l'époque, j'attirais les perverses). J'en profitais certainement car je me doutais que par la suite, j'allais la plupart du temps être bien seul. J'ai toujours été une sorte de prophète, d'où mon prénom.
Et puis, disons qu'en mûrissant, j'ai compris que la monogamie était la voie de la sagesse... en effet comment entretenir plusieurs femmes à la fois quand on a déjà du mal à en trouver une ?

Bref.

Ayant perdus le ciment de notre famille, notre guide, notre base s'est effondrée, nous n'avions plus de repères. Ma mère ayant une base personnelle très fragile, ayant pas mal souffert dans son enfance, c'est mon père qui jusque là la portait, l'équilibrait, lui donnait confiance. De plus, j'ai vite compris que les gens autour de nous ont peur de la souffrance d'autrui, ne savent pas comment réagir, alors ils préfèrent s'éloigner, ils ne veulent pas voir ça, ils se sentent honteux devant leurs propres limites sans doute. Ainsi nous eûmes peu de soutien de l'extérieur, et ma mère se mit à faire n'importe quoi.
Voyant qu'elle allait mal, voulant la voir heureuse, je lui dis "vas-y Maman, tu peux trouver un autre homme pour remplacer Papa". Ce qu'elle s'empressa de faire. Elle m'enlevait alors de la place du père pour y mettre un puis d'autres hommes, plutôt "malsains", et couchait avec sans pudeur, on l'entendait bien. Elle se laissait manipuler, étant trop gentille, naïve, et "à l'ouest", et dilapidait l'argent de l'héritage de mon père. Elle avait notamment acheté une Golf à un mec, qui était surement censée être la voiture de notre famille, toute flambante neuve, mais le mec avait sa famille à lui, "ses cousins", Momo et toute sa clique, que j'ai vu un jour débarquer à la maison avec des flingues, pour se disputer la voiture, pour se disputer l'argent de mon père, en somme...

Heureusement ça n'a pas duré, elle a trouvé un mec mieux après, un certain Mr BELLEVERGE. Etait-ce une forme d'inceste ? Les psychanalystes s'amuseraient avec moi. Ou ils deviendraient fous, si je le voulais, haha.
Pendant ce temps, moi, du coup, j'avais commencé à m'isoler sérieusement dans ma bulle, mon cocon mental. Je m'allongeais souvent par terre pour dessiner sur un grand rouleau de papier (je me rappelle avoir dessiné l'incinération de mon père d'ailleurs, avec un échelonage des flammes, de la plus petite à la plus grande, comme sur la gazinière, loule (bah quoi, c'est drôle, lawl. C'est très féminin ça, d'écrire "lawl", "loule", "laule", j'assume, c'est meugnon). Je me débrouillais bien, j'ai su dessiner à partir de 2 ans.

Ensuite je suis entré courageusement en CP, malgré la sensation de vide, de solitude, d'abandon. Avec l'impression d'être tout petit, face aux grands CM2. Ca m'a d'ailleurs soulagé de voir le petit Karim, le caïd de la maternelle, pleurer comme un bébé le jour de la rentrée, pendant que j'acceptais courageusement mon sort sans broncher. Je devais l'être, courageux, mais trop seul et abandonné. Et ça, les petits pseudo-caïds lâches le sentent comme les chiens sentent la peur. Notamment un qui venait régulièrement m'emmerder, comme si c'était le moment... Cet âne me prit pour cible, moi, jeune garçon sensible, timide, gentil, n'avait-il pas d'autres cibles en l'cibouleau ? C'est là que j'ai compris que dans le monde il y a les âmes sensibles et les ânes sans cibles.

Voilà à quoi ressemble le monde, mon p'tit bonhomme. T'es tout seul, la fatalité te prend ton père, arnaque et nique ta mère, la laissant en pleure et complètement paumée, l'école ressemble à un champ de bataille où règne la cruauté et t'es du côté des proies, pas d'bol. Difficile d'imaginer pire climat d'insécurité, d'hostilité, pour un gamin de cet âge, que j'ai envie de protéger là tout de suite, et pourtant, ça n'allait pas aller en s'améliorant. La seule issue possible est le refuge à l'intérieur de sa carcasse, une profonde introversion dont il me sera très dur de sortir toute ma vie. D'autant que je pensais déjà l'être à la base, mais en naturel et pas nuit (épanoui, pas sombre comme la nuit, t'as compris ?).

Il parait que j'étais premier de la classe en CP, pourtant j'étais complètement dans la lune, ce que je faisais me semblais simple, juste un jeu, et je ratais souvent les cours, déjà, ou bien j'écoutais à peine, rêvassant, dessinant des dinosaures dont je connaissais tous les noms et savais parfaitement les orthographier, du fameux et sulfureux Tyranosaurus Rex au Rhymphorincus (dont j'ai du googlisé le nom, sans le trouver). Les mots compliqués ne me faisaient pas peur, quand les autres galéraient pour écrire "Gâteau" et de toute façon, qu'ils sachent l'écrire ou pas, leurs parents leur en donnaient tant qu'ils voulaient, des gâteaux (oui je sais, c'est bas). J'allais d'ailleurs vite avoir l'occasion d'orthographier ORL, otorhinolaryngologiste car je saignais de l'oreille gauche chez un copain et du aller me faire opérer, donc. Je ne comprenais pas trop ce que cela représentait, mais comme ma mère disait que j'étais courageux, alors j'étais courageux. Et comme elle m'a promit la Super Nintendo, alors j'ai promit d'être courageux. Ca m'a apprit qu'un cadeau, ça se mérite, donc.
(il aime le comique de répétition).
(il aime le comique de répétition).
Avec mon énorme pansement sur l'oreille (avec un tube à l'intérieur qui rentre dans l'oreille jusqu'à derrière le tympan, horrible), que je dus garder deux semaines, je n'allais pas cracher sur un moyen de m'évader un peu en me faisant plaisir... Mais ça à l'époque c'était sain quoi ! Bon pour toi. Super Mario est ton ami. Plus que le nouveau copain de Maman.
Enfin si, il est gentil des fois, il te dit qu'il te considère comme ton fils. Puis des fois, il t'écrase la tête dans ton steack haché le jour de ton anniversaire car t'as plus faim, puis te soulève par le cou et te plaque au mur en te criant dessus. Des fois il t'emmène pêcher (même si t'aime pas ça), des fois il se bagarre avec toi pour jouer en te plaquant par terre. "Mince, t'as encore gagné, mais attend, demain je prends 50kg et je te battrai". Ou bien il te fait essayer le harpon dans le jardin pour t'entraîner à chasser mais oublie de te prévenir qu'il y a un recul quand tu tires, que tu te prends en plein dans le nez alors que t'as encore le pansement. Bref, c'est un amour aussi ambigu que ses caresses et ses allusions sexuelles récurrentes, car en plus, Monsieur est un gros obsédé-pervers.

Heureusement qu'à l'âge que j'avais, on ne sait pas encore ce qui est bien ou pas, ce qui est "gentil" ou pas, ce qu'on a mérité ou pas... heureusement !
De toute façon, ma mère, complice de ces "agressions", laissait faire, c'est que ce devait être normal, mérité etc...
A cet âge, on ne se dit pas que l'ambiance est sordide, anarchique, malsaine, que sa mère est perdue, complètement à l'ouest, complixe, qu'il se passe des choses graves, que ses mecs sont dangereux. On ne se dit pas "on se croirait dans un film de... , dans un livre de...", on n'a pas toutes ces références culturelles que je pourrais avoir aujourd'hui. On ne sait pas non plus ce que signifie "climat incestueux" (ce que ce mec ne saura jamais non plus).
Non, on apprend la vie telle qu'elle vient, comme on nous la présente, on intègre ce qu'on voit, ce qu'on vit, avec innocence, comme si c'était normal.
Malgré tout j'ai du sentir que ma mère m'avait "trahit" et à son tour, je ne l'embrassais plus, plus de câlins, rien, et ce jusqu'à une bonne quinzaine d'années plus tard.
L'insécurité palpable est intériorisée, ainsi que plein d'autres conditionnements psychologiques dus à cette violence, cette ambiguïté malsaine, ces bizarreries, cet "abandon" de ma mère, et plein d'autres réjouissances de "l'esprit inconscient" qui se régalait à prendre possession de moi en grande partie en même temps que je me déconnectais du monde conscient et de mes émotions pour me protéger.

Ensuite ma mère tombait enceinte de ce type. Plus tard elle dira "J'allais pas bien, cet enfant m'a bien aidé"... J'imagine que mon petit frère sera ravi de l'apprendre... puis de l'apprendre à son psy, peut-être, un jour.
Bref un petit frère pas né dans les meilleures conditions, notamment pour moi, car le fils de ce mec, d'une part, qui permettra à cet homme de laisser une trace de lui proche de moi durant toute mon enfance, mon adolescence, mon adulescence et ma jeunesse adulte. D'autre part car il prenait ma place de sauveur de ma mère, place prise inconsciemment et qu'elle n'a jamais reconnu, bien sur. En plus, le coup classique du petit frère qui va désormais avoir toute l'attention de ma mère, déjà que je n'en avais pas beaucoup... Alors cliché de la jalousie mais en pire.
D'autant plus que j'avais droit aussi à la jalousie de ma grande sœur, excessivement pénible et autoritaire avec moi, alors que je ne lui avais rien fait. Bref, ouin ouin, c'est horrible, etc...

Après sa naissance et avant mes 9 ans, on dût quitter la maison attribuée à mes parents derrière le collège car ils y étaient profs tous les deux. Avis d'expulsion. Ce qui devait arriver arriva. En effet mon "beau"-père faisait pousser des plans de canabis ayant atteint plus d'1m50 de haut (des cannabisiers, donc) dans le jardin, qui se trouvait en face du stade du collège, visible de tous... C'est à dire qu'il fumait souvent, dans le salon, avec ma mère (et avec le bong parfois), pendant qu'on jouait à Mario avec ma soeur. ("Non Castor, pas de cannabis pour toi, tu es tombé dedans quand tu étais petit"). Il a donc certainement dû fumer aussi au moment de les planter dans le jardin.

Bref, pour fêter notre départ de la maison des malheurs, on s'est tous amusé à tirer dans les murs avec le pistolet à plomb, ordre des piliers ivres de notre famille, pendant que mes petits camarades de classe faisaient gentiment leurs devoirs, se brossaient les dents puis allaient se coucher après l'histoire de Papa et le borderage-bisouillage de Maman.
Ce trimestre là, j'ai du finir 3e de ma classe, derrière les deux zèbres là, qui se disputaient la première place pour rendre fiers leurs parents, quand j'étais à des années lumières de ce genre de considération. J'étais quand même fier et voulais rendre fiers mes parents à moi. Mais ma mère s'en foutait un peu car mon frère venait de naître, et mon "père de substitution" ne savait de toute façon presque pas lire ou faire de multiplications.
Je quittais alors un de mes terrains de jeu favori : la cour de récré déserte du collège, où j'escaladais parfois le toit du collège avec un copain avant de me prendre une fessée par le gros conchierge moustachu. Cette cour où ma sœur et ma cousine, voulant jouer à "j't'attrape par les pieds pour te faire basculer sous mes jambes" m'ont causé un traumatisme crânien léger qui a fait partie de mon analyse psychologique personnelle lorsque, jeune adulte, je cherchais des réponses à mes handicaps sociaux.

A part ça, je me rappelle être allé voir un psy, vers 10 ans peut-être, je ne m'en souviens pas bien, tellement ça a été inutile. Ce géant blond me laissait parler tout seul, sans chercher à m'orienter, alors qu'il voyait bien que je n'arrivais pas à parler. Il attendait simplement la fin de la séance pour empocher son argent. J'avais bien du évoquer un sentiment d'injustice, très présent en moi, durant longtemps (ouais, normal quoi... Tiens, on s'en fout mais là je me souviens de mon premier gros sentiment d'injustice dans la cour de récré, c'est important d'en parler : j'avais ramené, tout fier, mon premier ballon en mousse à l'école, pour jouer avec les copains, et au bout d'un moment, un petit CE1 arrive et me dit "hé mais c'est mon ballon", puis revient à la charge 10min plus tard après son échec, avec une "maîtresse"...avec une tête de sorcière, qui me fixe dans les yeux avec son air méchant, terrifiant, et se contente de tendre la main pour me demander de donner mon ballon à ce sale gosse...horrible, j'ai beau eu dire que c'était le mien, non, rien à faire...
Je me rappelle aussi de certaines bagarres dans la cour de récré, une fois un "mec" (de 9 ans) me provoquait, m'insultait, alors je me suis énervé, l'ai mis à terre et lui ai shooté dans les côtes pour le calmer, et là une prof arrive et me met une grosse baffe dans la tête, au niveau de mon oreille gauche où je me suis fait opéré), ça n'avait pas l'air de l'intéresser plus que ça. Alors il a fini par décréter que je n'avais pas de problème, pas plus qu'un autre enfant de mon âge, et il a préféré prendre ma mère à ma place... Mouarf.
En fait il n'a jamais été question de passer de tests QI, de me faire sauter de classe, toutes ces considérations, pourtant courantes chez les zèbres ici (disons, je ne sais pas, un sur 2, sur 3, le passent étant jeune ?), n'ont jamais été à l'ordre du jour chez moi, nous avions bien d'autres soucis, ma mère bien d'autres préoccupations. Je pourrais dire qu'elle s'en est foutu de moi, mais j'oublierais que ce n'est pas sympa de dire ça, sachant combien il est difficile d'élever ses enfants seule, avec les moyens dont elle disposait, ses soucis personnels etc... Evidemment c'eut été impossible d'être un parent parfait et d'en trouver un de substitution, mâle, parfait également, car une femme élevant son enfant seul ne peut pas jouer en plus le rôle du père.
Sous anti-dépresseurs, elle allait mieux, mais ça lui donnait un sentiment de toute-puissance que je trouverais inquiétant avec mon regard actuel. Elle voulait notamment nous emmener faire le tour du monde, en camping-car... Ca a du me marquer, me laisser un gout d'inachevé, pour en rêver encore aujourd'hui ce n'est pas anodin.


Adolescence:


Avant d'arriver au collège, ma mère se décida enfin à virer mon dingue de "beau"-père après que celui-ci l'ait traité de boniche sensée laver ses fringues dégueulasses sans broncher, devant un de ses potes, pour "faire l'homme", puis l'ait menacé avec un couteau car ma mère "avait trop de graine" (traduction du langage du midi : elle se laissait pas faire). J'observais la scène sans rien pouvoir faire, j'étais trop petit... Sentiment d'impuissance intériorisé, qui va me poursuivre longtemps...
Juste une parenthèse pour développer sur le cas de ce gentleman : il s'agit d'une véritable caricature à lui tout seul, caricature du macho, du bourrin, de l'insensible, du porc, digne d'un film ou d'un roman. Il a toujours eu des chiens pour pouvoir taper dessus, leur donner des ordres pour se sentir plus viril, puis les abandonner en voiture, ou les faire courir derrière jusqu'à ce qu'ils se blessent. Il picolait et fumait à l'excès, évidemment. Conduisait comme un malade, et sans permis pendant longtemps, sans jamais se faire prendre, a eu une vingtaine d'accidents de voiture dans sa vie. Je me souviens d'un soir où il m'a ramené chez ma mère, sur une route départementale, limitée à 90 donc. Il devait bien rouler à 180, avec les chiens à l'arrière de la voiture qui passaient devant à chaque freinage, m'obligeant à les retenir; dérapages à chaque virages etc. C'était marrant. Il avait également une propention exceptionnelle à se blesser, car c'est ce genre de personne à laquelle je ne pourrai probablement jamais ressembler : celles qui ne font attention à RIEN. Il s'est par exemple blessé avec une TRONCONNEUSE, pendant qu'il élaguait des arbres, il a du vouloir se gratter le cuir chevelu, oubliant qu'il avait en main une tronçonneuse... Laule quoi.

Un peu de répit pour moi avant d'attaquer le collège, qui restera pour moi le pire établissement fréquenté, au niveau émotionnel, une sorte de jungle, où il faut survivre.
Le jour de la rentrée nos parents avaient le droit de nous accompagner en classe, la honte...
Inutile de rentrer dans les détails pour expliquer la suite, assez glauque et sordide (je ne sais pas si ce sont les qualificatifs qui conviennent), mais finalement, assez commune à beaucoup de zèbres, j'imagine, pour le contraste entre nos émotions et celles des autres, pour la solitude etc. Sauf que j'étais déjà "écorché vif" en y entrant, très sensible, vivant souvent dans la peur, la méfiance, la phobie sociale, le cœur qui bat à 120 bpm tout le temps dès la barrière franchie. J'ai logiquement participé à des bastons, mais cette fois bien plus violentes qu'en primaire, on passait au stade des coups de poing dans la tête, coups de pieds dans les valseuses, têtes écrasées dans le bac à sable du triple saut, ou contre le crépis des murs de la cour de récré. (hahahahahaha, amor amor...à mort à mort) Avec un corps qui grandissait, qui devenait plus puissant. J'étais le plus grand de ma classe en 5e tiens, 1m70, j'ai quasiment arrêté de grandir depuis, je suis maintenant un "plutôt petit" Sad, n'ayant pas pu me nourrir assez bien par la suite.
Heureusement, je me défendais bien, j'étais plutôt sportif, hargneux, et "technique".
Et oui, il en faut de la technique, pour se défoncer la tête efficacement, lawl. Dans ce genre de combat ce sont surtout les émotions qui parlent, on devient une boule de nerf qui frappe n'importe comment, ou bien on arrive direct au corps au corps pour offrir au reste de la cour (qui adorait les bastons, bien sur...comme dans Astérix) une joute parfois surréaliste, avec les deux protagonistes qui se tiennent par le t-shirt au niveau des épaules, en forçant ensemble pour essayer de... faire tomber l'autre peut-être ? Ca donnant l'impression qu'ils dansaient un "slow viril". Certaines intimidations me faisaient peur car je craignais d'en arriver à ce type de combat, je voulais calculer pour être sur de pouvoir tenir à distance mon adversaire, plutôt que de foncer dessus tête baissée. Bref, délicat, très délicat de conserver son sang froid à cette époque, mais par contre je me sentais d'une certaine façon "vivant" comme rarement cela m'est arrivé, cette impression de vivre au niveau émotionnel, au delà de la simple pensée, ne m'est revenu qu'avant certains rencarts avec des filles, sauf que là je n'avais pas les techniques pour me battre avec elles. Je crois que je recherche cette reconnexion avec l'émotionnel quand je bois de l'alcool. Certains diront que c'est l'inverse, que je noie mes ressentis, hé bien je leur dis non, ce n'est pas toujours si simple, il faut nuancer, parfois c'est l'inverse.
Bref, je finissais souvent gagnant, ne prenant qu'un bleu, au pire.
Il faut dire que j'arrivais à éviter les affrontements où j'étais sûr de perdre car l'adversaire en face était supérieur en nombre.
Car c'était le pire, selon moi : devoir subir sans pouvoir se défendre la bande de p'tits caïds à deux balles organisée autour d'une même philosophie : se moquer, intimider, provoquer, rabaisser les "plus faibles", ceux qui semblent seuls, timides, gentils, sensibles ou fragiles ou tout à la fois. Peut-être que dans leur tête, inconsciemment ou pas, c'était pour "rétablir un équilibre"... Sauf que je n'étais pas un fils à Papa avantagé par la vie, mieux à même de réussir ma vie qu'eux.
Je me rappelle d'une fois, la seule, où j'ai pleuré de rage, de haine, parceque l'un d'eux m'avait frappé et que je n'ai pas pu réagir sachant qu'il y avait ses 20 potes derrière, sinon je l'aurais massacré pour ce qu'il avait fait, dans cette situation, il était plus maigre que moi. Il a cru bon de défendre un gars qui était en train de pleurer et leur avait raconté que c'était à cause de moi, car je l'avais traité de fils de pute. La vérité c'est qu'il pleurait de peur à l'idée que je me venge de ce qu'il m'avait dit : il avait insulté mon père mort. Je lui ai "laissé la vie sauve" car les potes avec qui j'étais se moquaient de lui car il était "spécial" (autiste en fait, je pense, maintenant), je n'aimais pas ça, qu'ils se moquent, mais je ne méritais pas une telle insulte alors que moi, je ne lui avais absolument rien fait. Et en voulant être tolérant, je me suis pris une 2e injustice derrière... Cela m'a marqué, profondément, et je me suis juré de ne plus utiliser la violence ensuite, quand je vois les dégâts que ça peut faire...sur moi. J'aurais pu me dire l'inverse : "voyant ce qu'il m'est arrivé, j'aurais du utiliser la violence", d'ailleurs cette violence je l'ai longtemps ressenti, mais je l'ai étouffé, trop étouffé, jusqu'à ce qu'elle se retourne en violence contre moi même, en honte de ne pas avoir réagit "comme un homme", comme un con mais comme un homme, ma virilité aurait été moins mise à mâle, l'honneur de mon père aussi.
Plusieurs fois dans ma vie, où "j'aurais du" réagir "comme un homme", je n'ai pas pu, car j'étais trop petit, trop faible, trop frêle, ou juste pas assez nombreux. Le sentiment d'impuissance qui en a découlé a été terrible (je rappelle que je suis très sensible à la base, que les événements de la vie m'ont rendu davantage sensible, et que chaque expérience a été vécue comme quelque chose de fort, compte tenu de ma sensibilité, et a rendu chaque nouvel événement encore plus douloureux, encore plus marquant), il s'est ancré en moi et fait que parfois encore, même dans un corps d'adulte (super musclé, bien sur), je peux me sentir impuissant, inférieur, avoir peur voire être tétanisé par l'agressivité de quelqu'un, et je regrette beaucoup ensuite, car je me dis que même si c'est pas très mature, j'aimerais bien taper dans la gueule de quelqu'un qui le mérite, et qu'en plus j'ai de bonnes chances de m'en sortir plutôt bien. Mais à ce niveau là, quand on est trop émotif et blessé, on ne sait jamais bien se défendre, garder son sang froid, on peut aussi se sentir attaqué plus que de raison. On ne sait plus bien quand il faut se défendre sur le coup, ni comment. On peut ne rien dire à quelqu'un qui mériterait une bonne leçon (ce qui m'est arrivé plusieurs fois dans ma vie, forcement), comme on peut s'énerver outre mesure sur quelqu'un qui n'en mérite pas tant. Et dans tous les cas, on s'en veut ensuite, et on se déteste. Parcequ'on se sent coupable d'être fragile, alors que c'est pas notre faute.
Pour en revenir à cet épisode, je me serais fait déglingué certainement, si j'avais réagis, à 1 contre 20, mais mon amour propre aurait moins souffert (et il aurait été impossible d'expliquer à ce mec et ses "cousins" ce qu'il s'était vraiment passé, avec l'émotion je n'aurais pas pu me faire comprendre, et même si c'était le cas, ces mecs n'écoutent pas ce genre d'histoire, et t'empêchent de t'exprimer). Dans ces cas là, c'est ni plus ni moins que l'envie de détruire, de tuer même, qui nous passe par la tête. Peut-être que ça va en choquer certain, mais je crois comprendre en partie ce qui se passe dans la tête de ceux qui se mettent à tuer, pas tous (pas les psychopathes maladifs qui ne ressentent apparemment rien, dit-on), même si je ne cautionne pas le passage à l'acte bien sûr, dois-je le préciser etc. Je pense qu'il y a encore de gros efforts à faire dans notre société pour éviter que ça arrive, pour écouter les gens qui souffrent, éviter les injustices, prendre les problèmes en amont plutôt que de les avaler, de punir, mettre en zonzon, condamner. Mais c'est un vaste débat.
(Je ne veux cependant effrayer personne, je ne ressens plus l'envie de tuer, par contre l'envie de frapper ceux qui m'ont trop manqué de respect à la suite d'une grande injustice, ça m'arrive, et alors je ne les fréquente plus, tout simplement, je veux éviter de laisser les choses négatives m'envahir. Il y a malheureusement des gens ici qui m'ont profondément manqué de respect et qui ne respectent pas mes demandes de me laisser tranquille, je trouve ça injuste de devoir quitter un endroit (ce n'est pas la seule raison bien sûr) où il y a plein de gens que j'apprécie juste pour éviter de croiser ces quelques rares personnes perverses et irrespectueuses à mon égard, parcequ'ils n'ont pas l'humilité, l'empathie et les connaissances nécessaires pour arrêter de titiller ce qu'ils ne connaissent pas, ne comprennent pas; et généralement, ce sont des gens croyant tout savoir.)

Certains étaient immigrés et en voulaient aux "sales français" ou "sales blancs" sans savoir pourquoi, peut-être une idée formulée par leurs parents, peut-être mal interprétée. Le fait est que moi, entre bien d'autres, je n'y étais pour rien, je ne leur avais rien fait, peut-être pensaient-ils qu'un gars comme moi était indirectement responsable de leurs problèmes et de ceux de leurs parents, par ailleurs moindres par rapports aux problèmes des miens. Mais ça personne leur expliquait, il n'y a aucun suivi psychologique, moral etc pour les familles.
Et si on s'exprime, on s'expose au risque d'être taxé de racisme, quand on dénonce une forme de racisme bien moins reconnue et politiquement correcte que la première (celle envers les immigrés).
Ou bien tout simplement, c'est le règne des instincts naturels, animaux, bien peu adaptés à notre société.
Même problème : les gens ne sont pas pris en charge pour ça, les parents n'ont pas les compétences ou le temps qu'il faut pour éduquer leurs enfants, etc, vaste débat.
Toujours est-il que le résultat est là : tout le monde en prend plein la gueule à cette période, et ça forme des "monstres" qui finissent par reproduire une forme d'agressivité, de méchanceté, en grandissant, et la société devient une sorte de champ de mine, de bombe à retardement, où tout le monde se tire dans les pattes. Bref, je ne vais pas m'attarder là dessus.

J'étais très souvent tout seul, mais j'ai pu sympathiser avec quelques personnes disons presque aussi bizarres et différents que moi, des zèbres en fait, maintenant que j'y repense. L'un d'eux avait des 20 partout, élève modèle, bosseur, sérieux, mais drôle, on rigolait bien en cours. Un autre aimait beaucoup écrire, il voulait écrire des romans, il me racontait des histoires quand j'allais chez lui jouer au foot, en pleine campagne. Il finit par avoir 19 au bac de français, 18 de moyenne en philo etc. Le seul élève que j'ai vu sanctionné parcequ'il écrivait trop. "Bon 45 pages c'est beaucoup trop pour le DM que j'ai demandé, je ne corrige pas".

J'avais aussi trouvé une solution pour m'intégrer à certains, ou du moins me faire respecter un minimum : le foot. J'étais très doué à ça (le "zidane blanc" qu'on m'appelait), je m'éclatais, les parties de foot étaient les rares moments que j'appréciais au collège, à part les moments de rire en classe, où là aussi j'étais très doué pour amuser les autres comme un clown triste. Mon autre moyen d'intégration, éternel, et très puissant, qui m'a en quelque sorte sauvé la vie, je crois. En dehors du fait de permettre de prendre du recul avec la vie, de la tourner en dérision, ce qui fut une bonne béquille pour accompagner mes nombreux moments de solitude.

Hormis ces soucis, la 6e s'est bien passé en terme de résultats, ayant beaucoup de facilité pour comprendre et mémoriser, j'étais surement dans les deux premiers.
En 5e par contre j'ai commencé à décrocher, tout en maintenant une moyenne "nécessaire et suffisante" (les fameuses CNS). Mais de nombreuses absences, de nombreux devoirs non rendus (dont une rédaction jamais terminée car "arborescence" (j'étais parti pour écrire un roman), "perfectionnisme" etc, déjà), puis pas mal de bêtises, problèmes de discipline, de concentration en classe, je trollais parfois, déjà.
L'ambiance du collège me dégoûtait, les cours faciles et sans intéret ne me passionnaient pas, le manque d'envie de rendre fière le seul parent qui me restait, et surtout, l'arrivée de la PlayStation, après une nouvelle opération à l'oreille, ont eu raison de mon assiduité pour les cours, sans réelles conséquences toutefois, puisque je respectais les CNS. Juste pour dire que je n'ai jamais exploité véritablement mon potentiel à ce niveau là, jamais.
Je préférais JOUER, enfin ! Profiter un peu de la vie dès que j'en ai l'occasion, oublier les galères, les rôles d'adulte que je devais jouer, toujours jouer, la vie est un jeu, joue le rôle de ta vie etc. Bref, trouver un havre de paix, pour fuir, toujours fuir, la vie est une fuite, fais l'autruche de ta vie etc.
Je me rappelle de mes grands débuts en tant que pilote à Gran Turismo, notamment, avant d'essayer le karting en vrai (en me montrant vraiment prometteur (et rendant jaloux mon cousin pour un long moment, encore aujourd'hui), mais voilà, pas d'argent, pas de Papa, dans ce milieu là tu peux rien faire, à part devant un écran). Gran Turismo et son pilotage très pointu : je montais ma GTO Twin Turbo à bloc et me servait des murs pour tourner (le fameux wallsurfing).

En dehors du collège, dans mon quartier (une résidence sociale assez pauvre, assez mal fréquentée, par des gens comme moi, entre autre), "faute de mieux", j'avais mes copains gitans avec qui je pouvais traîner. Leurs passe-temps favoris ? Montrer leur cul à un pauvre vieux qui les observait, outré, depuis sa fenêtre, traquer des pauvres gens, jouer à la roulette russe avec un mec (avec "mon" pistolet à plomb... si le gars avait porté plainte c'est moi qui aurait prit, alors que c'était pas mon idée) en lui faisait croire qu'il allait mourir car on était tous déjà passé avant lui et qu'il restait qu'un coup, donc LA balle, LE plomb. Evidement le chargeur était vide en fait, ça les amusait juste de le voir pleurer de peur. Ils aimaient bien aussi s'aligner au bord de la route pour se masturber ensemble en faisant exprès de s'extasier bien fort "Oh oui c'est bon !" quand quelqu'un passait à côté.
Ils ont essayé de m'entraîner dans leurs conneries, mais je n'ai "pas osé". J'ai fini par les laisser tomber, "quelque chose me dérangeait" chez eux.
Peu après le père de mon frère est revenu me voir, à l'aube de mes 13 ans, pour me proposer un cadeau d'anniversaire inédit. Il me coinçait entre 4 murs et me parlait pendant quoi, 20 bonnes minutes (l'alcool fait tourner en boucle, tu sais) des bienfaits d'aller voir une pute, pour me dépuceler. Lui l'avait fait, ce serait bon pour moi, on a probablement le même type de sensibilité après tout...
Je n'étais pas très à l'aise avec le sexe, normal étant donné les différentes choses qu'il m'était arrivé plus jeune, principalement à cause de ce mec. Aujourd'hui, au fond de moi, ça me gène toujours, des mots comme "malsain", "sale", "honteux" sont associés à ça, même si ce n'est pas ma conception de la chose, consciemment. Désormais je préfère rire de tout ça, je ne veux pas être un coincé prude vieille école etc. Même si en pratique, je n'ai pas le choix d'être comme ça finalement, et je pense être de plus en plus à l'aise avec ma vision de la chose et ce que je veux en faire, à savoir que jamais je ne pourrai m'amuser, coucher le 1er soir (enfin, ça m'étonnerait, mais je n'en sais rien, je peux changer dans les années à venir; en tout cas je n'ai rien ceux qui ont une sexualité libérée, débridée), je veux juste prendre mon temps avec une femme, attendre d'être à l'aise avec elle, dans une relation de couple normale, comme avec ma première copine.

On avait aussi des voisins affreux sales et méchants, mal élevés, irrespectueux, égoïstes, vivant à 12 au dessus de nous dans un T3 par exemple et visiblement jaloux qu'on ait eu le rez-de-chaussé (grâce au directeur du collège que ma mère avait dragué...). Ils nous jetaient des ordures dans notre jardin (emballages, briques de lait, morceaux de PQ usagés, couches sales de bébé), les gamines nous insultaient gratuitement, crachaient etc. Chez eux, c'est tellement sale au niveau de leur évier et de leur baignoire qu'ils nous ont causé des dégâts des eaux monstrueux que l'agence qui s'occupe de l'immeuble a mis 3 ans à venir réparer.
Le clou du clou a été le dégât des eaux dans les toilettes, je n'étais pas là à l'époque, mais j'ai vu les photos : ils avaient tellement bouché leurs WC, accumulé pendant des mois, que lorsqu'ils ont fait venir les plombiers pour évacuer, une partie est arrivée dans notre tuyauterie et est ressortie par la cuvette de nos WC... HOR-RI-BLE ! On était inondé de leur merde quoi, sur bien 10m². Et ils sont même pas venus aider ou s'excuser, ils ont dit "ah, faut faire venir quelqu'un, c'est pas normal ça".
Il y en avait une aussi, à l'étage au dessus de ces gens là, la caricature de la femme vulgaire, qui s'en était prise à ma mère pour je ne sais quelle raison injuste, s'est mise à la frapper sur le parking, puis a URINE depuis sa fenêtre dans notre jardin, le long du mur...
Je me demande comment elle a fait d'ailleurs, c'est assez "incroyable mais vrai".
Et je ne raconte pas tout, parcequ'en y repensant, je ne peux m'empêcher de m'énerver encore, un peu.

Bref, pendant longtemps, partout autour de moi où que j'allais en sortant de ma chambre, c'était les galères, la jungle, le sordide, l'horreur, le moche, la violence etc. Alors je m'enfermais dans ma chambre, toujours dans mon cocon, pour jouer, aux petites voitures, aux termitors (lawl), aux légos puis aux jeux vidéos.

Arriva le brevet où je me rappelle être allé boire ma première bière au McDo un midi entre 2 épreuves. Comme ça je pouvais dire "ouais, j'ai eu mon brevet alors que j'étais bourré pour la dernière épreuve, t'as vu".
C'est pour ça, que j'ai eu que 12 en math ! 12 quoi... Je précise que j'ai fais math sup ensuite.
Si je veux je dis que l'épreuve où j'étais bourré, c'était les maths, si je veux.
Mais il y a une autre explication : la prof, que je n'aimais pas. Qui ne m'a pas transmis la passion pour les maths, qui n'a pas su me révéler, de par son style strict, sévère, académique. Bon, il m'arrivait de battre Einstein (mon ami qui avait 20 partout) de temps en temps, ainsi qu'en physique, mais voilà, ce n'étaient que des "coups d'éclat", des petits 20 pour le show, pour me "rappeler au bon souvenir de tous" (j'aime cette expression). Cette prof me mettait mal à l'aise, et puis, elle avait conseillé à ma mère de m'emmener voir un psy, parceque j'avais volé un paquet de bonbons (des haribots magiques je crois) à "Cheval Passion", ce festival du cheval où elle adorait nous emmener, la coquine. Bon, à l'époque nous avions du mal à voir le côté bienveillant derrière sa tête à claques à lunettes, mais je suis sur qu'elle pensait bien faire mais qu'elle était maladroite, que nous vivions dans 2 mondes différents etc.
Bon, comme quoi, pour beaucoup, nos "capacités" dépendent des professeurs, de la façon de transmettre le savoir, la passion. Car je pense qu'à la base on est tous plus ou moins capables de tout faire, surtout un zèbre, bien sur, hein, on va pas se mentir non plus. C'est surtout l'expérience qui nous dicte ce qu'on va aimer faire, je crois. Et ce, de par de très nombreux facteurs, dont il est difficile d'avoir pleinement conscience.

Oh et puis, en parlant de profs, j'ai eu de ces profs... Mon prof d'espagnol, notamment ! Ce prof d'espagnol, mes amis ! Mais c'est une longue histoire, je le garde pour moi.
En tout cas, selon ses dires, j'étais un sacré "mécréant", qu'est-ce que j'ai pu faire comme conneries, en 3e...
Bref, osef.

J'allais passer au lycée, à la rentrée prochaine, après avoir passé une partie de l'été à Rome avec mes lunettes rouges horribles, mon oreille percée et ma coupe en brosse cheveux décolorés horrible. Tant est si bien qu'on me demandait des clopes dans la rue, des clopes quoi. J'ai commencé à fumer 2 mois plus tard. J'ai aussi "re-rencontré" une cousine, la première fille à me prendre dans ses bras. Bien sur pour elle c'était normal et bien sur moi, je suis tombé simili-amoureux.
Faut dire que jusque là...


adulescence j'adule mes sens:

je ne m'en souviens pas pour le moment, gueule de bois
(mais ça risque d'être encore plus long que les paragraphes précédents... au cas où quelqu'un les lise)

adult-ère, vieillesse:

je ne m'en souviens pas pour le moment, gueule de bois


Dernière édition par Castor le Lun 6 Jan 2014 - 6:43, édité 4 fois

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Re: Le nid de Castor

Message par ♥ El Castor ♥ le Sam 5 Mar 2011 - 19:23

Salut, bienvenue à toi l'ami !

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Re: Le nid de Castor

Message par Luc le Sam 5 Mar 2011 - 19:28

Bienvenue !

Hypersensible ? c'est par ici

Et il y a un début de mode d'emploi du forum ici

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Re: Le nid de Castor

Message par Clemelle le Sam 5 Mar 2011 - 19:41

Bienvenue ! Smile

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Re: Le nid de Castor

Message par augenblick le Sam 5 Mar 2011 - 21:12

Bienvenue cheers ; et le bénéfice des rencontres de surdoués, c'est lààà !

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Re: Le nid de Castor

Message par ♥ El Castor ♥ le Sam 5 Mar 2011 - 21:26

augenblick, merci pour le lien, j'ai commencé à lire, ça donne envie même si on est timide.
Vous faites des ateliers ?
Interessant...

Je me suis rendu compte aussi que l'hypersensibilité est plus fréquente que ce que je pensais chez les zèbres...

augenblick ?
Tu as...
QUATRE MILLE HUIT CENT TRENTE TROIS messages ??? Shocked


edit : un de mes sujets a disparu apparement, ça arrive souvent ?

merci aux autres pour votre accueil.

Luc, merci pour les liens.
En fait je connaissais déjà celui sur l'hypersensibilité, interessant mais très peu de fréquentation c'est dommage.

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Re: Le nid de Castor

Message par Black Swan le Sam 5 Mar 2011 - 21:49

Bonsoir et bienvenue !


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Re: Le nid de Castor

Message par ♥ El Castor ♥ le Dim 6 Mar 2011 - 0:44

Merci swan.


Pardonnez ma présentation, un peu bizarre peut-être...

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Re: Le nid de Castor

Message par Maurelle (IRM) le Dim 6 Mar 2011 - 4:54

cheers
Bienvenue à toi Fantôme AA...

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Re: Le nid de Castor

Message par Ilowan le Dim 6 Mar 2011 - 7:07

Bienvenue ami tigre cheers

N'hésite pas à poster dans le sujet hypersensibilité.
Faire remonter un sujet en tête de file le re dynamise très souvent.

Pour le "Pardonnez ma présentation, un peu bizarre peut-être...",
t'es mal barré... scratch
le pardon n'est pas très commun en ce lieu étrange.
Quant au bizarre... des premiers pas hypersensibles... je te laisse parcourir quelques présentations... Very Happy

Au plaisir de te lire
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Re: Le nid de Castor

Message par lynka le Dim 6 Mar 2011 - 18:38

bienvenue Castor Very Happy
Présentation pas bizarre du tout.. pourquoi? Shocked

Amuse-toi bien Smile

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Re: Le nid de Castor

Message par TrucTruc le Dim 6 Mar 2011 - 19:42

PTDR

Super top géniale cette présentation ! très drôle !

Donc la bizarrerie est pardonnée. Et puis, tout le monde est un peu bizarre je pense sur ce forum, puisque le zèbre est un incompris ?

Sinon, j'ai un truc (aaarfeuh!) pour toi :
[img][/img]
extrait du livre "Trop intelligent pour être heureux ?" de J. SF

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Re: Le nid de Castor

Message par B! le Dim 6 Mar 2011 - 19:49

bienvenue à toi le tigre zebré!!

je te souhaite de te sentir ici comme chez toi!

B!
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Re: Le nid de Castor

Message par .............. le Dim 6 Mar 2011 - 20:40

Salut à toi

J'ai bien aimé ta présentation... pas comme la mienne Laughing

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Re: Le nid de Castor

Message par coeur sensible le Dim 6 Mar 2011 - 20:53

Dans sa quête de l'identité,
le zèbre se sent parfois enivré...
des multiples possibilités
si tentantes à explorer...

mais si d'aucune on ne sort satisfait,
comment savoir qu'il l'on "nait"?

coeur sensible
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Re: Le nid de Castor

Message par ♥ El Castor ♥ le Lun 7 Mar 2011 - 4:03

Merci à vous !
Ilowan, Maurelle (qui a 96 ans !), lynka, Bochra, TrucTruc (merci pour l'explication des zèbres, un tantinet plus poussée que la mienne, presque trop !), T-Rex (mes animaux préférés quand j'étais petit ! Je les dessinais au lieu de suivre les cours, merci Jurassic Park et merci... Monsieur ADN => What a Face ) et coeur sensible.

C'est la 1ère fois que je suis acceuillis comme ça.

Alors je ne suis pas bizarre ?

Mais c'était là ma seule véritable identité !
J'y avais pris gout, j'ai forgé ma personnalité autour de cette idée.

Ne plus me sentir bizarre serait comme être déraciné, seul, perdu.

Comment quelqu'un de bizarre puisse-t-il trouver une famille ?
S'il trouve une famille de gens bizarre, il sera comme eux, donc ne sera plus bizarre en comparaison, donc déraciné, désorienté...

Est-ce ce que tu voulais me dire coeur sensible ?
"Dans sa quête de l'identité,
le zèbre se sent parfois enivré...
des multiples possibilités
si tentantes à explorer...

mais si d'aucune on ne sort satisfait,
comment savoir qu'il l'on "nait"?."



Je vais me recoucher

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Re: Le nid de Castor

Message par Maurelle (IRM) le Lun 7 Mar 2011 - 4:13

Et bien oui CastorTroll, Maurelle a 96 ans...

Ça fait partie des trucs bizarres... Wink cyclops bounce

Cherchez l'erreur... Question Idea

Bonne nuit les Petits...! Bear hug

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Re: Le nid de Castor

Message par TrucTruc le Lun 7 Mar 2011 - 13:41

Un castor à rayures de tigre patricide et à tendance magique, si, c'est définitivement bizarre. Carrément chelou, même.

Te voilà rassuré ?
Smile

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Re: Le nid de Castor

Message par Hicio le Lun 7 Mar 2011 - 13:54

Intelligent ou pas, nous sommes tous le con de quelqu'un... donc pas de complexe à avoir Cool

Je te souhaite la bienvenue et je pense que ce forum t'aidera (j'y suis depuis moins de 24h et j'y ai appris énormément de choses en le parcourant !!!)

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Re: Le nid de Castor

Message par ♥ El Castor ♥ le Lun 7 Mar 2011 - 16:37

TrucTruc a écrit:Un castor à rayures de tigre patricide et à tendance magique, si, c'est définitivement bizarre. Carrément chelou, même.

Te voilà rassuré ?
Smile

Magique ? confused

Tenir des propos intelligents à 96 ans après avoir vecu (au moins) 2 guerres, ça c'est magique.

Mais c'est toujours flatteur de se faire draguer, bien sur.


Intelligent ou pas, nous sommes tous le con de quelqu'un... donc pas de complexe à avoir

Je te souhaite la bienvenue et je pense que ce forum t'aidera (j'y suis depuis moins de 24h et j'y ai appris énormément de choses en le parcourant !!!)

Merci.

C'est vrai bien que j'ai parfois l'impression que certains sont aux extrèmes de l'echelle.
C'est à dire prennent tout le monde pour des cons, ou sont toujours les bons cons.
Un peu comme la chaîne alimentaire.
J'en ai des frissons !

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Re: Le nid de Castor

Message par Fata Morgana le Lun 7 Mar 2011 - 16:43

Certains. Pas tous pas tous. Smile

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Re: Le nid de Castor

Message par ♥ El Castor ♥ le Mar 8 Mar 2011 - 10:00

Non, surtout pas les lémuriens !

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Re: Le nid de Castor

Message par TrucTruc le Mar 8 Mar 2011 - 15:50

CastorTroll a écrit:Magique ? confused
Tenir des propos intelligents à 96 ans après avoir vecu (au moins) 2 guerres, ça c'est magique.
Mais c'est toujours flatteur de se faire draguer, bien sur.
Hum... "magique" pour "Troll"
je ne cherche ni ne drague personne
J'ai d'autres castors à fouetter...

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Re: Le nid de Castor

Message par ♥ El Castor ♥ le Mar 8 Mar 2011 - 17:06

T'es susceptible hein...

dis...

hein ?

pas vrai ?

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Re: Le nid de Castor

Message par Invité le Mar 8 Mar 2011 - 18:25

.


Dernière édition par ZeBruNette le Mar 21 Juin 2011 - 11:08, édité 2 fois (Raison : ma polio ...)

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Re: Le nid de Castor

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