Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Ven 4 Sep 2015 - 22:03

Re: Choses diverses et variées que vous voulez

Aimant a écrit:

Citations de Sun Tzu :

Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie.

Le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre

L’invincibilité se trouve dans la défense, la possibilité de victoire dans l’attaque.

Celui qui se défend montre que sa force est inadéquate, celui qui attaque qu’elle est abondante.

Qui connaît l’autre et se connaît lui-même, peut livrer cent batailles sans jamais être en péril.

Qui ne connaît pas l’autre mais se connaît lui-même, pour chaque victoire, connaîtra une défaite.

Qui ne connaît ni l’autre ni lui-même, perdra inéluctablement toutes les batailles.

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Sam 5 Sep 2015 - 9:25

http://www.love-communication.fr/concevoir-un-retro-planning-a76405723

LOL

Le surdoué ne sait pas s'expliquer. ni comment il est arrivé à cette déduction. Il planait ?

Doit il alors rétro planner ? pour pouvoir s'expliquer ?

Bon le temps qu'il bloque sur le mot "rétro" (d'abord je plane pas et je suis retro si je veux de toute façon le monde moderne, et bla bla tout ça ...... )

Mais c'est élaimantaire, mon cher Watt Sonne Wink

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Sam 5 Sep 2015 - 19:49

Alors ça c'est intéressant, très intéressant, surprenant, étonnant, enrichissant et cela donne matières à beaucoup de réflexions.

Chouette chouette Smile

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Dim 6 Sep 2015 - 11:31

Nath a écrit:Alors ça c'est intéressant, très intéressant, surprenant, étonnant, enrichissant et cela donne matières à beaucoup de réflexions.

Chouette chouette Smile

Chouette chouette Smile
et ça me change du y bout avec sa réflexion du fond du trou....

il semble donc y avoir un tunnel et de l'air au bout. je vais peut être m'engager sur une voie où je me laisserais ferrée Wink

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Lun 7 Sep 2015 - 9:43

Les adultes surdoués – comparaison des ouvrages sur le sujet (partie 1)


AZLYGHT ♦ 2 NOVEMBRE 2013 ♦

Partie 1 : présentation des ouvrages et considérations scientifiques et sémantiques
Partie 2 : caractéristiques des surdoué-e-s
Partie 3 : quel ouvrage choisir ?

Entre 2008 et 2012 sont parus au moins quatre ouvrages vulgarisateurs sur les « adultes surdoués »[1]. C’est un sujet qui m’intéresse, je me suis donc précipitée dessus lors de leur parution en librairie. Mais en bonne perfectionniste, j’étais ennuyée : comment en lire un sans les lire tous, de peur de manquer un élément important ? D’un autre côté, est-ce vraiment utile de lire ces quatre ouvrages pour comprendre ce dont il est question ? Pour éviter à quelqu’un d’autre cet effroyable dilemme, j’ai décidé d’établir une petite comparaison de ces quatre ouvrages, afin d’y voir plus clair :

– Siaud-Facchin Jeanne, Trop intelligent pour être heureux ? – l’adulte surdoué, Odile Jacob, 2008 (1)
– de Kermadec Monique, L’adulte surdoué – apprendre à faire simple quand on est compliqué, Albin Michel, 2011 (2)
– Petitcollin Christel, Je pense trop – comment canaliser ce mental envahissant, Guy Trédaniel Editeur, 2012 (3)
– Bost Cécile, Différence & souffrance de l’adulte surdoué, Vuibert pratique, 2011 (4)

Surdoué1

Ces quatre ouvrages ont été écrits par des femmes, les trois premières sont psychologues et la dernière est une adulte surdouée. Leurs livres se basent sur les témoignages de patients pour les premières, et sur les témoignages de chatteurs et l’expérience propre de l’auteur pour la seconde.

1. Présentation de ces ouvrages

Ces ouvrages ont tous un point commun, comme l’indique trois des quatre titres : ils parlent explicitement « d’adultes surdoués ». Je pense trop (3) est le seul à déroger à cette règle : tant le titre que le résumé en quatrième de couverture évitent le terme « surdoué » par des euphémismes : « mental envahissant ; être intelligent ; cerveaux surefficients ». Deux des quatre illustrations font référence au cerveau (2 et 3), les deux autres à la « tête » : ces ouvrages présentent donc le fait d’être surdoué comme quelque chose « dans le crâne ».

Sans surprise, si le livre écrit par Cécile Bost (4) est présenté simplement comme une description de ce qu’est l’adulte surdoué (4ème de couverture : « écrit de l’intérieur, cet ouvrage offre un regard nouveau sur le sujet des adultes surdoués et sur leurs ressentis »), les ouvrages écrits par les trois psychologues se posent en guides pratiques : il s’agit de « de se sentir mieux avec soi et avec les autres, pour se réaliser enfin » (1), d’obtenir les « clés nécessaires pour réapprendre à s’estimer, se construire, trouver l’âme soeur, s’épanouir enfin dans la plénitude de leurs talents et de leur extraordinaire personnalité » (2) ou d’assimiler des « cours de mécanique et de pilotage de ces cerveaux surefficients » (3).

Si on se penche sur les tables des matières, on peut remarquer que ces livres ont des constructions assez similaires, même si le niveau de détails (ou les éléments sur lesquels il est mis l’accent) différent. Ces ouvrages commencent par expliquer pourquoi ils sont intéressants, ce qui est toujours stratégique : ils soulignent ainsi la singularité des adultes surdoués par rapport au reste de la population « normale » (aussi baptisés « normo-pensants » (3), terme que personnellement je trouve

plein de saveur, ou mieux, « neuro-standard » (4)) et leur singularité par rapport aux enfants surdoués (ou enfants précoces), et en profitent généralement pour brosser à grand trait un portrait de l’adulte surdoué. Après quelques considérations sur les termes à employer (voir 2.1), ces ouvrages s’attachent à défaire les mythes qui entourent le terme « surdoué » et les tests de QI, en expliquant la façon dont ils sont construits, leurs apports et leurs limites. Ils s’intéressent ensuite au fonctionnement de la pensée et/ou du cerveau des surdoués.

Vient enfin le moment que nous attendions tous, la description des caractéristiques des surdoués. Dans un dernier temps vient le volet « conseils » : qu’il s’agisse de convaincre les adultes qui se reconnaitraient dans les descriptions de faire le test (parce que savoir c’est toujours mieux), d’entamer une thérapie, ou plus modestement de leurs donner quelques conseils pour se sentir mieux (ou quelques conseils à leur entourage,

puisque bien que l’objectif de ces ouvrages soient en premier lieu que des adultes en souffrance se reconnaissent comme adultes surdoués et interprètent leur malaise par ce prisme, ils se destinent en général également au commun des mortels ou à des thérapeutes, afin qu’ils apprennent à identifier les adultes dans cette situation et à se comporter avec eux en conséquences).

L’ouvrage de Siaud-Facchin (1) est le plus long, et le plus complet : le sommaire à rallonge va des tests de QI aux conseils pour aller bien en tant qu’adulte surdoué, en passant par l’énumération la plus exhaustive des quatre ouvrages des caractéristiques  de la personnalité des adultes surdoués, les enfants précoces, les femmes surdouées, la formation d’un couple quand on est surdoué…

c’est également le livre qui a le ton le plus positif : l’auteur semble assez attendrie par son objet, et elle met davantage l’accent que les autres sur les avantages qu’on peut tirer d’un cerveau surdoué. Le ton est également davantage vulgarisateur, sans être simpliste pour autant.

Le livre de de Kermadec (2) est un livre de psychologue, et elle le fait sentir[2] : elle ne s’attarde pas à des considérations bassement matérielles comme la description du fonctionnement de la pensée ou du cerveau, ni même sur la description de ce qu’est un adulte surdoué, pour aller au plus vite vers le nerf de sa guerre : le faux self.

En feuilletant son ouvrage, on a vraiment le sentiment que ce qui fait la spécificité d’une personne surdouée, et l’origine de tous ses maux, c’est que cette personne ne parvient pas à être elle-même (enfin, c’est également ce que prétendent 90% des guides pratiques). Elle détaille longuement des conseils pour « transformer ses faiblesses en force » mais surtout consulter un thérapeute, seul véritable salut possible (les chapitres 5 et 6 s’intitulent quand même respectivement « les raisons de consulter » et « les bénéfices d’une thérapie », même si ladite thérapie est finalement peu évoquée au sein de ces chapitres).

Cet opuscule met également davantage l’accent sur le surdoué comme un être socialement inadapté que sur le fonctionnement de son intériorité (personnalité, fonctionnement de la pensée).

Christel Petitcollin (3) semble elle aussi assez fascinée par son objet (notamment dans un passage surréaliste où elle met en garde les gentils surefficients qui sont tous pleins d’amour à revendre contre les méchants méchants manipulateurs qui eux sont tous vides et qui veulent les manger… j’exagère à peine).

Comme l’indique le titre, elle pense les surdoués en termes de « trop » ou « d’hyper », qu’elle lie directement à un fonctionnement particulier du cerveau (passage particulièrement intéressant).

Elle dresse une typologie relativement bien construite de « l’organisation mentale » (chapitre 1) et de la « personnalité » (chapitre 2) des personnes surdouées (là où Siaud-Facchin (1) part un peu dans tous les sens). C’est également l’ouvrage qui donne les conseils les plus concrets, en s’appuyant par exemple sur des exercices de type programmation neuro-linguistiques ou des conseils diététiques (pour avoir un sommeil paisible, une denrée rare), et pas de simples recommandations bouleversantes comme « apprendre le goût du bonheur » (2).

Cécile Bost (4) diffère nettement par le ton qu’elle emploie dans son ouvrage : comme l’indique le titre (« souffrance »), il est misérabiliste. Être surdoué, c’est vraiment pas terrible, et elle s’attache à le démontrer (notamment en mettant l’accent sur les risques auxquels les personnes surdouées sont particulièrement vulnérables, comme les comportements addictifs à des drogues ou des comportements dangereux, la dépression, le suicide…).

Elle lie intimement la spécificité neurophysiologique des personnes surdouées à un fonctionnement particulier de la pensée, et ce fonctionnement à une personnalité particulière (caractérisée par sa sensibilité). Là où Siaud-Facchin (1) décrit des traits de personnalités à la chaine et Petitcollin (2) sépare dans sa description le fonctionnement de la pensée et la personnalité, Brost se centre sur le fonctionnement de la pensée et les ressentis, y compris dans leur dimension corporelle. C’est également l’ouvrage le plus illustratif, qui fait le plus appel à des témoignages pour appuyer chacune de ses affirmations.

Voilà donc, à grands traits, l’esprit de ces ouvrages. A présent, je vais m’intéresser aux discours que ces ouvrages mobilisent pour être considérés comme des ouvrages « sérieux » par les lecteurs.

2. Considérations scientifiques et sémantiques

Comme le souligne systématiquement chacune des auteurs, le terme « surdoué » (ou de « QI ») est souvent mal compris et lié à des prénotions fausses. Il s’agit donc de défaire le mythe selon lequel le surdoué, c’est un génie qui éblouit (ou rabaisse) autrui par son intelligence supérieure. Pour ce faire, de nombreuses sources sont mobilisées : l’histoire et la construction des tests de QI, les études concernant le fonctionnement du cerveau, des neurones…

  2.1   Comment les appeler ?

Les quatre livres sur les adultes surdoués critiquent le terme même de surdoué[3]. Ce terme est trompeur pour deux raisons : d’une part, il suggère que les personnes dans cette situation sont plus que les autres (alors qu’il s’agit d’une différence d’intelligence qualitative plus que quantitative) et d’autre part parce qu’il fait prétentieux (Cécile Brost (4) le rapproche même de l’idéologie nazie). Il suscite donc des résistances des personnes qui ne sont pas sensibilisés à cette cause, et même des problèmes d’identification pour les personnes dans cette situation puisque ces personnes sont parfois en échec scolaire ou professionnel ou simplement voient leurs limites et leurs faiblesses avec une grande acuité.

Les termes « intellectuellement précoce », « HP » (haut potentiel) ou « précoce » sont également rejetés, dans la mesure où ils suggèrent que les enfants dans cette situation sont simplement un peu en avance par rapport aux autres et que l’écart se réduira avec le temps/à l’âge adulte, négligeant que ces personnes présentent également des particularités à l’âge adulte (sans compter qu’il n’est pas très réjouissant de se dire qu’on a eu un haut potentiel pendant l’enfance et qu’on ne l’a pas réalisé à l’âge adulte).

Enfin, le terme « HQI » (pour « haut QI ») est mentionné, mais vu les résistances que soulignent la notion de QI, il n’a rien de stratégique (sans compter que l’intelligence n’est pas un nombre, etc.).

A partir de là, chacune y va de sa petite chapelle. Siaud-Facchin (1) a un faible pour le terme « zèbre », suggéré par un de ses jeunes patients : c’est le seul équidé que les humains n’ont pas apprivoisés, il se distingue des autres par sa robe (mais il parvient à se fondre dans le paysage grâce à ses rayures),

il a besoin des autres pour vivre et prend soin de ses petits. Christel Petitcollin (3) approuve ce terme, mais selon elle il manque dans ce terme l’aspect chien (pour sa fidélité, la loyauté, le dévouement, l’attachement), chat (pour sa délicatesse, l’acuité de leurs sens ou sa susceptibilité), chameau (pour son endurance) et hamster (qui tourne en rond à toute vitesse dans sa roue). Personnellement,

j’ai tendance à penser que quand ça tourne à l’animalerie, il est temps d’arrêter. Elle évoque également quelques termes qu’elle a envisagé (ADSL, haut débit, spidermind) ou qui plaisent aux patients (comme « surefficience mentale » ou « cerveau droit dominant ») mais elle leur préfère (heureusement) le terme de « surefficience mentale », qui symbolise bien l’état d’effervescence mentale que ressentent les personnes qui « pensent trop ».

Cécile Bost (4) quant à elle parle de « polymathe »[4] (mais « ce mot ne fait pas vraiment rêver », sans compter que le fait d’être surdoué n’est pas du tout lié aux connaissances possédées) ou « absurdoué » (car « il y a quelque chose d’absurde dans le surdon »). En pratique, Siaud-Facchin (1), de Kermadec (2) et Bost (4) écrivent « surdoué » ou « adulte surdoué » dans leurs développements, et Petitcollin (3) « surefficients » ou « surefficients mentaux ».

De façon secondaire par rapport à ces considérations sémantiques, ces auteurs tentent également de défaire les mythes qui entourent l’idée de « surdoué », tant pour que les personnes surefficientes puissent se reconnaitre dans ce portrait (or, les quatre ouvrages soulignent que ces personnes ont souvent une faible estime de soi) que pour édifier le lecteur à ce sujet.

Notamment, elles soulignent qu’il n’y a pas de lien systématique entre surdon et réussite (professionnelle ou scolaire), ou que le surdoué n’est ni omniscient, ni performant dans tous les domaines. Et bien que les personnes appartenant à des milieux sociaux favorisés ou les hommes sont plus susceptibles d’être détectés et/ou de réussir les tests, on trouve des personnes surefficientes dans tous les milieux sociaux et des deux sexes.

2.2   La construction des tests de QI

Toujours dans cette optique de déconstruire les mythes autour des personnes surefficientes et des tests de QI, toutes les auteurs évoquent l’origine historique des tests de QI (détecter les personnes « en retard » plutôt que celles qui sont en avance), la façon dont il est calculé (par rapport à une norme statistique afin de répartir la population selon une distribution gaussienne et non de manière absolue), les différents tests et les différents quotients dont le QI est la synthèse… Elles soulignent également les limites de ces tests. Tout d’abord, ils dépendent grandement des conditions de l’évaluation (comme tous les tests) et les personnes surefficientes étant facilement stressées, il est possible que les scores obtenus soient très en-deçà de leurs possibilités, et ce d’autant que certaines épreuves se font en temps limité. Les résultats peuvent être affectés par l’anxiété, la dépression…

De plus, l’étalonnage est réalisé à partir d’une population ayant un même référentiel culturel : les personnes immigrées ou appartenant à un milieu social défavorisé sont moins susceptibles de connaitre les références culturelles qui font partie des tests de mémoire par exemple. Plus largement, ces tests rappellent des épreuves de type scolaire, or l’école a pu être pour certaines personnes un traumatisme. Certains handicaps ou même simplement le fait d’être « cerveau droit dominant » plutôt que « cerveau gauche » peuvent également avoir un impact négatif sur les résultats, notamment les troubles en dys- (comme la dyslexie). Enfin, l’hétérogénéité entre des échelles (par exemple, avoir de très bons scores en intelligence verbale mais mauvais en raisonnement logico-mathématique) peuvent rendre la synthèse (et donc le calcul du score de QI) difficile (1).

De plus, ces auteurs (notamment 1 et 4) soulignent qu’il y a plusieurs sortes d’intelligences, et qu’elles ne sont pas toutes prises en compte par le test de QI : émotionnelle, musicale, sociale… Ainsi, comme l’écrit Siaud-Facchin, le résultat d’un test de QI est moins un diagnostic qu’un indice qui oriente le diagnostic (1), qui doit être pris en compte dans une démarche plus globale (4). Bost (4) reprend une typologie des différentes intelligences, et parle des « hyperexcitabilités ».

 2.3   Le fonctionnement du cerveau des surdoués

Trois des quatre auteurs relient le fait d’être surdoué à des dispositions cérébrales particulières : selon Cécile Bost, « le surdon est une réalité neurophysiologique » (4).

D’une part, les personnes surdouées auraient une architecture cellulaire cérébrale différente, un traitement de l’information différent (mobilisant plus de zones du cerveau simultanément), leurs structure neuronale serait plus dense, leur matière blanche se constituerait plus vite et serait plus dense également, les embryons seraient exposés à un excès de testostérone pendant la gestation, l’activité électrique cérébrale serait plus intense, le cerveau consommerait moins de glucose (4)…

Il y aurait également une plus grande interaction entre les hémisphères (4). Le cerveau des surefficients serait hyperactif par rapport à la normale, la vitesse de transmission de l’information serait plus grande (1). Par ailleurs, leur amygdale[5] serait particulièrement sensible et aurait un seuil de réactivité très bas (c’est-à-dire que les surdoués paniquent rapidement, ils sont constamment sur le qui-vive et perdent facilement leurs moyens) (1, 3 et 4).

Cécile Bost souligne que ce fonctionnement cérébral particulier a des coûts : les surdoués seraient davantage exposés que la moyenne à l’épilepsie, des maladies auto-immunes et des troubles psychiatriques (4).

D’autre part, les surefficients seraient majoritairement « cerveau droit » (leur hémisphère droit serait dominant) dans une population majoritairement « cerveau gauche » (qui représenteraient 70 à 85% de la population) (3). Les personnes « cerveaux droits » ont notamment un traitement global et en image des informations, une capacité de traitement simultané d’un grand nombre de données, un fonctionnement analogique par associations d’idées, une intelligence intuitive, de la créativité, une pensée divergente (« outside the box »), une pensée intuitive et une forte implication émotionnelle (1).

Les auteurs de ces livres tendent donc de donner une image nuancée de ce qu’est être un adulte surdoué, en soulignant d’une part que cela ne signifie pas être plus intelligent mais avoir une intelligence différente (« cerveau droit ») et d’autre part que ce diagnostic n’est pas lié exclusivement lié à un score à un test de QI (qui comporte des biais, comme tous les tests) mais à un fonctionnement de la pensée et des traits de personnalités particuliers, qui constituent le cœur de l’argumentaire de ces livres.

[1] Nul doute que les psychologues qui avaient écrits des ouvrages sur les enfants surdoués avaient désormais à disposition un vivier de patients désormais adultes pour pouvoir écrire la suite.

[2] Par la mobilisation d’études de psychologie sur les adultes surdoués, d’une interprétation des difficultés des surdoués par l’utilisation d’un concept psychologique (faux self/vrai self) et par l’insistance sur le besoin de thérapie de ces individus.

[3] Et ses avatars : douance (qualifié par de Kermadec(2) de « barbarisme à la mode »), surdouance, doué, surdon

[4] Qui a des connaissances variées et approfondies

[5] Glande cérébrale qui met le corps en alerte dans les situations d’agression physique ou psychologique

3. Ce qu’est un-e surdoué-e

Le principal objectif de ces livres est de faire regagner aux adultes surdoués qui s’ignorent le droit chemin de l’auto-identification à cette catégorie de personnes, et éventuellement de permettre à ceux qui le savaient déjà de mieux gérer leurs différences et aux « normo-pensants » de comprendre ce que sont ces créatures étranges et mystérieuses que sont les surdoué-e-s. ils s’attardent donc forcément longuement sur la description des caractéristiques psychiques et émotionnelles de ces personnes[1].

    3.1  Pensée divergente

La principale caractéristique qui différencierait les personnes surdouées des « normo-pensants », c’est le fonctionnement de leur pensée : ils penseraient beaucoup plus vite que la majorité de la population (d’où le « je pense trop » du titre du livre de Christel Petitcollin (3), subtile), en arborescence et divergente. Là où Siaud-Facchin (1) et de Kermadec (2) s’intéressent plutôt à la dimension affective et sociale de la personnalité des personnes surdouées, Petitcollin (3) et Bost (4) en font le cœur de leur démonstration. Plus explicitement, les surdoué-e-s pensent en « feu d’artifice » : « une idée en fait faillir 10, qui à leur tour en font jaillir 10 nouvelles, fonctionnant par association d’idées, dans un foisonnement infini. […] Là où la pensée séquentielle enchaine une idée après l’autre de façon linéaire, cette pensée explore simultanément et parallèlement de nombreuses pistes de réflexion. […] Le travail est extrêmement rapide, au point que la solution semble s’imposer d’elle-même » (3, p.66-67). Cécile Bost l’associe à une pensée divergente, « outside the box » pour reprendre l’expression consacrée, qui permet de « faire apparaitre de nouvelles perspectives, de nouvelles solutions, faire émerger une idée géniale ou révolutionnaire » (4, p.106). Mais pas de pression.

Cette pensée serait un peu le couteau suisse mental, très utile dans certains milieux (création artistique, recherche, création d’entreprise) et elle permet grosso modo d’innover (2, p.38), de voir les choses sous un angle différent par une prise en compte du contexte global, de faire des liens entre des éléments en apparence sans rapport. Cependant, elle présente évidemment des inconvénients, de plusieurs ordres.

Tout d’abord, le surdoué perd facilement le fil : il se laisse entrainer d’une pensée à l’autre et commence soudain à réfléchir avec un problème passionnant mais qui n’a aucun rapport avec la problématique initiale qu’il devait résoudre ou le thème de la discussion[2], ou plus embêtant, vers des pensées/souvenirs négatifs qui lui font dégringoler le thermomètre émotionnel. Résultats, le surdoué se disperse dans son travail ou ne se concentre pas suffisamment pour retenir les informations (lors de l’apprentissage « par cœur » notamment[3]). En effet, les neurones exigeants du surefficient ne se satisfont pas de la facilité et de la médiocrité, qui les incitent plutôt à « décrocher » : ces cerveaux ont besoin de complexité pour fonctionner correctement[4] (3, 4), sinon il sombre dans l’ennui[5] (3).

Cette activité cérébrale rapide et permanente a également pour corolaire l’incapacité des surdoués à s’arrêter de penser, ou du moins à en ralentir l’emballement (3). Cela peut avoir pour conséquence une fatigabilité plus grande que la plupart des gens[6], ou au contraire un excès d’énergie mentale (mais pas physique) en fin de journée si le surdoué n’a pas donné assez de grain à moudre à son cerveau. Notamment, cela peut induire des problèmes de sommeil : le cerveau des surdoués refuse de s’éteindre, de lâcher prise, alors même que le corps est trop fatigué pour faire autre chose que rester allongé sans rien faire (3).

De même, il est difficile pour un surdoué de répondre simplement à un certain nombre de questions, parce qu’un grand nombre d’informations et d’éléments de réponses se chevauchent dans son esprit sans qu’il ait le temps de les organiser et les hiérarchiser. Du coup, soit il bafouille, soit il parle à toute vitesse, soit il donne l’impression de répondre totalement à côté de la plaque (3, 4).

Toujours dans le volet « handicap social », ce mode de pensée va tellement vite que le surdoué ne peut pas toujours prendre conscience des étapes d’un raisonnement : il n’a donc pas toujours les éléments pour en défendre les conclusions face à autrui, ce qui peut conduire à une mise en doute par autrui de leurs propos, voire au discrédit et à l’exclusion (2, 4). De plus, la capacité à prendre en compte un grand nombre d’informations en même temps leur donne une approche extrêmement nuancée d’un problème ou d’une situation, ce qui peut les amener à douter de la fiabilité desdites conclusions. Difficile d’avoir un avis tranché quand on a en tête toutes les circonstances dans lesquelles une affirmation n’est pas valable, ou un certain nombre de contre-exemple (3).

Ce sur quoi ces différents livres ne mettent pas suffisamment l’accent (à part peut-être celui de Bost (4)) ou alors euphémisé sous la formulation « curiosité insatiable », c’est le besoin d’être nourri de l’esprit de ces personnes. Ils pensent vite. Donc ils ont besoin de produire de nouvelles pensées en permanence pour ne pas ressasser et s’ennuyer. C’est particulièrement handicapant dans les conversations, le surdoué s’impatiente pendant que son interlocuteur finit son raisonnement, son exposé, sa phrase (1). Donc ils « zappent »,d’une pensée à l’autre, d’une activité à l’autre, se lancent dans de nouveaux hobbies (et s’en lassent vite), font plusieurs choses en même temps, consomment des énigmes (4)…

De plus, « ils sont préoccupés par les questions mystiques, par la recherche de vérité et la découverte d’un sens à la vie » (2). Le surdoué a besoin de comprendre, de réponses. Le problème, c’est que les réponses aux deux questions « pourquoi on vit ? » et « qu’est-ce qu’il y a après la mort ? » ne peuvent pas vraiment être tranchées. Du coup, soit cela devient un des rares grains aptes à faire mouliner le cerveau du surdoué, soit devient une pierre d’achoppement sur laquelle il bute et qui l’entraine dans des abymes de réflexion vertigineux.

Bref, être surdoué c’est fatigant : on pense à plein de choses, tout le temps, et pas comme les autres.

3.2   Hyperesthésie

La deuxième chose sur laquelle ces ouvrages mettent l’accent[7], c’est l’hyperesthésie des personnes surdouées, c’est-à-dire le fait que leurs sens soient nettement plus développés que la moyenne de la population. Petitcollin (3) souligne ainsi que ces personnes perçoivent plus de choses, tant d’un point de vue quantitatif (ils perçoivent un plus grand nombre de détails d’un environnement donné) que qualitatif (leurs sens sont plus affutés, ils perçoivent davantage les nuances).

Par exemple, un surdoué peut écouter plusieurs choses en même temps, suivre plusieurs conversations. Cependant, cette plus grande acuité va de pair avec une difficulté à discriminer (les sons, les odeurs), c’est-à-dire à ne pas prêter attention aux informations inutiles[8]. Par exemple, les personnes surdouées se fatiguent vite dans les environnements bruyants, parce qu’ils ont du mal à faire abstraction des bruits de fond. Elle va également de pair avec des risques de surréaction, comme le souligne Cécile Bost (4), qui évoque l’hypersensibilité à la lumière ou l’inconfort extrême provoqué par les étiquettes de vêtements que ressentent plusieurs de ses connaissances surdouées.

De plus, un nombre significatif de surdoués sont synesthètes (1, 3, 4). « La synesthésie est définie comme une association involontaire de plusieurs sens, ce qui veut dire que la stimulation d’un sens est perçue simultanément par un autre sens, sans que celui-ci ait été stimulé spécifiquement. […] Par exemple, un synesthète peut non seulement voir la couleur rouge, mais « l’entendre » aussi. L’origine ? Un excès de substance blanche dans le cerveau qui permet la connexion entre les différentes zones du cortex et le transfert des informations. Les surdoués semblent particulièrement concernés par cette prolifération de substance blanche et seraient très fréquemment synesthètes. » (1, p.51).

Cette acuité accrue des sens va de pair avec une hypersensibilité émotionnelle.

3.3 Hypersensibilité

L’expression qui revient à propos du fonctionnement émotionnel des surdoué-e-s est « les montagnes russes » (1, 3, 4). En effet, le cerveau droit serait celui des émotions et des affects (3). Quoi qu’il en soit, les personnes surdouées se caractérisent par l’intensité et la profondeur de leurs émotions[9], mais aussi par une hyper-réactivité émotionnelle. En somme, un rien a le pouvoir de les plonger dans les affres de l’affliction ou dans l’euphorie. Et ce d’autant que du fait de leur excellente mémoire, un détail peut les renvoyer instantanément à un souvenir porteur d’une forte charge émotionnelle. Bref, un-e surdoué-e peut brusquement avoir les larmes aux yeux, sans que son entourage ne comprenne pourquoi, puisqu’il n’a pas suivi la tempête émotionnelle sous le crâne. Et du fait de leur déficit d’inhibition latente, il est difficile pour un surdoué de ne pas se laisser entrainer dans cette tempête, de lâcher prise, de relativiser.

Cette intensité des émotions va de pair avec une grande capacité d’empathie, et une sensibilité exacerbée aux émotions ambiantes. En effet, les surdoué-e-s ressentent intuitivement les émotions des autres, ou qui chargent une atmosphère donnée, et ce d’autant que grâce à leurs sens développés, ils captent souvent des choses que les autres ne perçoivent pas (1, 2, 3).

3.4   Hyperlucidité

Les surdoués se caractériseraient donc par une « hyperlucidité » (3) ou une forme de « clairvoyance » (2). En effet, entre leur capacité à faire spontanément la synthèse d’un grand nombre d’informations, à percevoir plusieurs aspects d’une même situation, leur capacité à repérer de nombreux détails de leur environnement et à décrypter les émotions des personnes qui les entourent… ils ont la capacité d’« estimer très rapidement les gens et les situations » (4, p.91) de façon intuitive ou de « percevoir les « dissonances » entre apparences et réalité, entre ce que les « autres » laissent apparaitre et ce qu’ils sont vraiment, déceler les non-dits » (4, p.92). Résultats, « les adultes surdoués sont souvent perçus comme dotés de pouvoirs surnaturels, d’un don de double vue » (2, p.43).

Christel Petitcollin investit à fond cette idée et brode un petit portrait des surefficients en médiums, en affirmant que « la plupart des surefficients mentaux pratiquent naturellement la télépathie, sans même le savoir. Pour eux, c’est naturel de deviner l’état émotionnel des gens, de connaitre leurs attentes et leurs pensées », grâce à leur capacité à « capter l’information, à lire le langage non-verbal, à détecter le moindre changement d’intonation ou d’expression » (3, p.49). Pour elle, « de la télépathie à l’extralucidité, il n’y a qu’un pas que la plupart des surefficients mentaux ont en général franchi. Extralucide, cela veut juste dire « très lucide ». Ca n’a rien de magique. » (3, p.51).

Ce qui ne l’empêche pas d’affirmer 4 pages plus loin que « les surefficients mentaux avouent vivre des expériences paranormales : télépathie, états extatiques de paix et d’amour pur, clairvoyance, sensation de communion avec la nature, prémonitions[10], et parfois plus ; capacité à percevoir les auras, à ressentir des présences occultes, à se souvenir de vies antérieures… » (3, p.55). A titre personnel, je veux bien croire la sincérité des expériences vécues par ces personnes, mais je dois avouer que le grand écart entre « ça n’a rien de magique » et « expériences paranormales » me semble légèrement audacieux.

Cette lucidité tournée vers les autres et l’environnement a pour corollaire une grande capacité à s’auto-analyser, à se remettre en question, à prendre conscience de ses propres limites…[11] En effet, le surdoué « ne compare jamais ce qu’il possède et qui lui est facile – son talent propre – avec un autre individu, surdoué ou pas, mais avec ce qu’il ne possède pas » (2, p.89). Le surdoué ne se trouve « jamais assez bien, jamais assez compétent, jamais assez performant. Quel que soit le domaine » (1, p.222).

Le surdoué porte donc un regard très aiguisé sur son environnement et sur autrui (ce qui peut provoquer une réaction de rejet de la part des gens qu’il fréquente) mais aussi sur lui-même (ce qui entame son estime de soi).

    3.5   Hyperaffectivité

Comme l’exposent longuement Petitcollin (3) et Siaud-Facchin (1), les surdoué-e-s sont régi-e-s par l’affectif : ils « pensent avec leur cœur » (1). « Les surefficients ont réellement besoin d’affection, d’encouragements, de chaleur humaine, de contact, et même de câlins, d’un climat relationnel serein et positif. Ayant un égo très faible, ils sont maladivement sensibles au jugement d’autrui, qu’ils ne savent pas relativiser et ont en permanence besoin d’être rassurés sur eux-mêmes » (3, p.41-42).

Petitcollin en déduit que les surdoué-e-s sont du coup des cibles privilégiées pour les manipulateurs, puisque « avides de relations intenses, intimes et chaleureuses, eux-mêmes maladivement sincères, les surefficients mentaux ne voient pas l’entreprise de séduction délibérée ni la flatterie calculée du manipulateur » (3, p.142). Il y aurait ainsi « une redoutable complémentarité entre les pervers narcissiques et les surefficients. Ils sont comme les deux pièces, noire et blanche, d’un même puzzle. C’est pratiquement la rencontre d’un ange et d’un démon. S’en suit un combat inégalitaire et sans merci entre le bien et le mal, la vie et la mort, entre un calculateur et un naïf.  […] Les complémentarités sont innombrables : les manipulateurs sont sournois, menteurs et malveillants.

Les surefficients sont francs, sincères à en être transparents et d’une bienveillance maladive. Les manipulateurs sont sûrs d’eux, péremptoires et accusateurs. Les surefficients doutent d’eux-mêmes, sont peu affirmés et enclin à se remettre systématiquement en cause. Pour un surefficient mental, tout le monde a un bon fond. On ne peut pas être méchant gratuitement. Dans leur monde, la haine, la jalousie, la rancœur n’existent pas. Alors, si on est méchant, c’est forcément parce qu’on est vraiment très malheureux.

Or, ce rapport de cause à effet est faux. […] Les manipulateurs sont très méchants et même cruels. Ils sont surtout très contents de l’être et ils ne sont pas du tout malheureux. La méchanceté et l’illusion de toute-puissance qu’elle donne leur procure au contraire une jouissance aiguë et enivrante.

Quand ils mentent et quand ils blessent, ils se croient très forts et très intelligents, ça les euphorise. » (3, p.143-146). « [les surefficients] ont tellement d’amour à donner et les pervers sont tellement vides. […] comme les pervers narcissiques sont sans affect, il n’y a pas de réservoir à remplir. L’amour se déverse dans le vide. » (3, p.174-175).

Je me suis permise de recopier ce long passage parce qu’il m’a beaucoup énervé, et ce d’autant que je trouve le livre plutôt bon dans l’ensemble, à l’exception notable de ce passage. Tout d’abord, ce ton condescendant-attendri me rend malade.

Si je résume, il y a les gentils bisounours qui risquent de tomber dans les griffes des méchants méchants manipulateurs, mais les surefficients sont trop naïfs pour s’en rendre compte. A la limite, je veux bien, mais pas dans un ton aussi sirupeux.

Par ailleurs, je ne comprends pas comment quelqu’un qui a l’ambition de comprendre les méandres de l’esprit humain peut se permettre d’essentialiser ainsi des personnes. « Rencontre d’un ange et d’un démon », « un combat inégalitaire et sans merci entre le bien et le mal, la vie et la mort »… Vraiment ?… Que le fait de parler de type de personnes oblige à forcer un peu le trait, je veux bien l’admettre, mais je ne vois pas comment on peut affirmer qu’il y a des bons et des méchants, ontologiquement parlant.

Soit on est dans un livre de psychologie et on explique que dans certaines situations, certaines personnes vont tenter de prendre l’ascendant sur d’autres personnes (et éventuellement on peut donner des pistes du pourquoi), ou encore qu’il existe des maladies psychiques ou neurologiques qui empêchent certaines personnes de ressentir de l’empathie et dans ce cas on écrit un passage sur les personnes psychopathes. Soit on est dans un essai de self-help médiocre et on affirme qu’il existe des gens « vides ».

Enfin, je trouve que l’affirmation de Petitcollin que les surefficients ne savent pas que la haine, la jalousie, la rancœur existent est en totale contradiction avec son constat précédent du fait que les surefficients sont hyperlucides et hyperempathiques. Que les surefficients accordent leur confiance trop facilement et qu’ils fassent preuve de cécité sélective face à une personne pour qui ils ont de l’affection, je veux bien le croire.

Mais cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas conscience que ça existe, ou qu’ils n’ont jamais ressentis de telles émotions ou été victimes de personnes qui n’ont pas fait preuve de bienveillance envers eux. Au contraire, c’est bien parce qu’il a pu leur arriver d’être blessés par des personnes désinvoltes ou mal disposées envers eux qu’ils cherchent à se protéger du monde extérieur. Alors, j’ai envie de demander : qui est le bisounours ? Les surefficients ou la psychologue fascinée par son objet d’études ?

Bref, les surdoués manquent de confiance en eux et sont donc avides d’affection et de validation extérieure, ce qui les amènent à se conformer aux attentes d’autrui, parfois au prix de leur bien-être.

    3.6 Le faux self

Les trois ouvrages écrits par des psychologues s’intéressent au « faux self » des surdoué-e-s. le faux self, c’est la personnalité qu’on adopte en société, par opposition au « moi véritable ». Siaud-Facchin ne l’évoque que brièvement et semble considérer que le diagnostic (par le biais d’un test de QI) suffira à dissiper le décalage entre le moi réel et le moi social (1). Elle souligne cependant que « un surdoué est un caméléon. Il peut jouer un registre très large : il ajuste son comportement, sa pensée, ses actes, pour les adapter au plus près des contraintes de l’environnement. D’une certaine façon, le surdoué joue avec son intelligence et sa sensibilité pour déterminer son adéquation au monde. » (1, p.156)[12].

Petitcollin développe plus longuement les mécanismes qui conduisent les surdoué-e-s à adopter un « faux self » (3). Ils ont besoin de validation, d’encouragement, or leur entourage sanctionne leurs différences. De plus, « dans notre société, on relève plus les erreurs qu’on ne valide les progrès » (3, p.110). Ajoutez à tout ça l’hypersensibilité (et l’hyper-susceptibilité) des surdoués, et vous avez des individus qui intériorisent les critiques et adaptent leur comportement dans l’espoir de les prévenir, se mettent en quatre pour satisfaire les désirs et les attentes des autres, même si cela leur en coûte ou si cela étouffe leur « vrai moi ».

De Kermadec (2) consacre à cette question un chapitre entier, en décrivant les théories de psychologie qui conceptualisent la formation du faux self, son impact sur les « adultes à fort potentiel », et ses dangers (perte de contact avec le moi profond par la négation de ses talents, la peur paralysante de prendre des risques et la recherche de l’approbation des autres).

Cependant, et sans que ces auteurs semblent percevoir la contradiction[13], ces auteurs affirment également que les surdoués peuvent paraitre froids aux yeux d’autrui, détachés, manipulateurs (alors qu’ils ont tellement besoin d’amour, comme l’écrit Petitcollin (3)), tentant de mettre de la distance entre autrui et eux-mêmes pour éviter d’être blessés.

A l’inverse, Bost n’emploie pas ce terme (et d’une façon générale évoque peu le décalage perçu par les surdoué-e-s entre le moi social et le moi réel[14]) et parle de « syndrome du falsificateur » et du « syndrome de l’imposteur » (4) sur trois pages.

Plus largement, toutes les auteurs insistent sur le sentiment de décalage que ressentent les surdoué-e-s, et qui peut les amener à se construire un faux self « en béton armé » (3).

  3.7 Sentiment de décalage

Pour toutes les raisons évoquées précédemment et pour d’autres encore, les surdoué-e-s se sentent profondément différents des autres. Ils se sentent rejetés à cause de leur hypersensibilité, leur façon de pensée différente, leur lucidité qui met autrui sur la défensive, les questions existentielles qui ne semblent préoccuper qu’eux, leur fatigue liée au flot de ses pensées et à son hyperesthésie… « Leur précocité a été vécue comme un problème par leurs parents et par leur entourage qui a tenté de les normaliser à tout prix, en les rabrouant à chaque fois que leur différence se manifestait de façon trop flagrante » (2, p.142).

De plus, les surdoué-e-s souffrent d’un décalage de rythme par rapport à autrui. La vitesse de leur pensée fait qu’ils s’ennuient et s’impatientent facilement, ils sont « en avance » (« il a abouti quand les autres démarrent, il a compris quand la formulation de la question n’est pas terminée » (1, p.160)), ils ont l’impression d’être vieux avant l’heure (1, 4). Mais il arrive aussi qu’ils soient en retard, quand ils se « déconnectent », emportés par leurs pensées, emprisonnés dans une émotion, captivés par un détail (1, 4).

Plus largement, « [leur] mode de fonctionnement, sur les versants intellectuel et affectif, [leur] donne une hypermaturité très caractéristique » (1, p.156). Leur hyperconscience de leur environnement, leur bonne mémoire et le fait qu’ils anticipent anxieusement le futur les empêche d’être dans l’instant, ils sont à cheval sur le passé, le présent et le futur quasiment en permanence (1, p.158-159, 2, p.76-77) : « pour le surdoué, être totalement dans l’instant présent, synchronisé avec ses sensations, ses émotions, en prenant le plaisir simple du moment, est une mission quasi-impossible. Le carpe diem des philosophes qui incite à profiter pleinement de ce que l’on vit dans l’ici et maintenant de la situation reste inaccessible. La méta-analyse du surdoué sur tous les moments vécus le prive de la possibilité d’être tranquillement acteur » (1, p.222).

Notamment, comme les surdoués analysent leur environnement en permanence et se laissent facilement entrainer dans des tourbillons de pensées, ils ont tendance à être légèrement anxieux, en permanence, voire carrément paranos. « Toute nouvelle situation génère de l’anxiété : entrer dans un lieu inconnu, rencontrer quelqu’un de nouveau, entamer une nouvelle activité. C’est la peur de ne pas pouvoir tout maitriser qui taraude, insidieuse. » (4, p.57). Le surdoué est sans cesse en mode « hyper-vigilance », en imaginant tout ce qui pourrait tourner mal et le mettre en danger. Cette anticipation anxieuse a pour corollaire la volonté de tout maitriser.

Enfin, les surdoué-e-s ont du mal à saisir les implicites sociaux, les règles tacites qui régissent le monde social. Le monde extérieur est vécu comme frivole et superficiel ; constitué d’un réseau de relations sociales compliquées et hypocrites (2). Ils comprennent mal l’intérêt des conversations ou des soirées qui ne permettent que des échanges superficiels, ils s’y ennuient[15], car ils conçoivent les relations sociales comme impliquant un réel échange entre deux personnes[16].

Bref, les surdoué-e-s se sentent seuls, en dehors du monde, mais souvent sans comprendre pourquoi puisque toujours selon ces auteurs, ils mesurent mal l’écart entre leur mode de fonctionnement et celui du reste des « normo-pensants ».

   3.8 Des idéaux élevés

Les surdoués ont un sens aigu de la justice et de l’injustice (3,4). Plus largement, ils ont un système de valeurs très rigide, avec « une idée très précise de ce doivent être la justice, la franchise, la loyauté, l’honnêteté, l’amitié, l’amour » (3, p.129, 1). Ils « revendiquent leurs critères extrêmes comme étant normaux et évidents » (3, p.129). Cela peut rendre leurs rapports aux lois en vigueur ou à l’autorité difficiles, dans la mesure où ils privilégieraient ce système de valeurs sur les usages courants (3, 4).

Ces idéaux élevés se manifestent également dans les attentes qu’ils ont vis-à-vis des projets qu’ils mènent : ils sont très perfectionnistes. En effet, le fonctionnement de leur pensée les amène à voir les potentialités de perfectionnement d’un objet donné. Avides de précision, d’exactitude et de maitrise, ils aiment ne rien laisser au hasard. Ils ont peur de laisser passer LE détail qui pourrait avoir un impact considérable sur l’ensemble. Ils ont également des difficultés à considérer une tâche donnée comme terminée, ou à déléguer. Ce perfectionnisme est également lié à leur manque d’estime de soi : pour éviter d’être pris en défaut ou de faire une erreur, ils préfèrent tout passer en revue, dans les moindres détails. Cet aspect  de la personnalité des surdoués est également évoqué par les quatre livres.

Bref, les surdoué-e-s sont exigeants, envers les autres mais plus encore envers eux-mêmes, ce qui leur fait dépenser beaucoup d’énergie (ou au contraire se décourager d’avance) dans les relations intimes qu’ils nouent ou les projets qu’ils entreprennent.

Que retenir de ce fatras ? Si on veut résumer ce qu’est un surdoué en quelques mots, disons simplement que c’est une personne dont la pensée va très vite et qui a beaucoup du mal à la contrôler (ce qu’on peut qualifier par le terme pompeux de « déficit d’inhibition latente »). A partir de là, en découle le fait que c’est une personne qui ressent les choses intensément, très stressé, perfectionniste et qui se sent seul. Je ne sais pas si ça suffira à les identifier, mais ça a au moins le mérite d’être synthétique. A présent, abordons la question que vous attendiez tous.


[1] A part de Kermadec (2), qui ne s’attarde pas sur ce genre de considérations bassement matérielles.

[2] Les pensées, ça va. C’est plutôt les gens qui le prennent mal.

[3] Et ce d’autant que les surdoués ont une très bonne mémoire, ils retiennent beaucoup d’informations et de souvenirs, sans effort, ce qui fait que souvent ils ne savent pas comment on apprend.

[4] Voir le récit d’Amélie Nothomb dans Stupeur et tremblement qui recommence encore et encore les mêmes opérations comptables sans parvenir à obtenir deux fois de suite le même résultat : ce n’est pas qu’elle est inapte à compter, c’est que son esprit est incapable de se concentrer suffisamment longtemps sur une tâche aussi inintéressante pour parvenir à la mener à bien.

[5] Et d’expérience, le fait de rester seul avec son cerveau est un des cauchemars du surdoué.

[6] « un cerveau qui tourne à plein régime épuise, moins par l’énergie qu’il consomme que par l’énergie que l’on peut passer à tenter de le maitriser » (4, p. 129)

[7] A part de Kermadec (2), parce que quand même en psychologie le corps on s’en fout un peu.

[8] « Chez la plupart des gens, un tri s’opère automatiquement dans les informations sensorielles disponibles. Les informations inutiles se mettent en veilleuse naturellement. Le cerveau est alors disponible pour se focaliser sur l’essentiel. Cette hiérarchisation automatique des stimuli permet de se concentrer sans effort sur ce qui est pertinent. Chez les surefficients mentaux, ce tri ne se fait pas automatiquement, mais uniquement en mode manuel. C’est à la personne de décider ce qui mérite son attention et de faire l’effort de décider de ce qui mérite son attention et de faire l’effort mental de passer le reste au second plan. Cette hiérarchisation manuelle est difficile. Elle demande un effort conscient. […] Au bout du compte, il est aussi fatigant d’essayer de zapper les stimuli non-pertinents que de les subir. » (3, p.34-35).

[9] « Le mode de fonctionnement émotionnel sacrifie la précision à la vitesse : il saisit les choses dans leur ensemble, d’un seul coup, mais réagit sans être capable de prendre le temps d’analyser complètement la situation. » (4, p.6)

[10] Céclie Bost fait également mention dans son livre d’un-e surdoué-e qui fait des rêves prémonitoires (4).

[11] Ce point est abordé par tous les ouvrages.

[12] Ce passage fait écho à un autre, de Petitcollin : « les surefficients mentaux ne comprenant rien aux implicites sociaux essaient de copier les façons de faire de leur entourage. » (3, p.117-118).

[13] C’est d’ailleurs le défaut de ces livres de vulgarisation, en prenant les surdoué-e-s comme une essence, ils ne prennent pas suffisamment en compte (ou du moins ils ne le traitent pas de façon suffisamment explicite) les différentes façons dont un-e surdoué-e va se comporter en fonction de la relation qu’il entretient avec son interlocuteur ou la situation.

[14] A part dans ce passage « on a le sentiment de porter un masque, de jouer un rôle, de ne pas être vraiment soi-même au contact des autres – simplement pour « faire comme les autres », et surtout se protéger » (4, p.115).

[15] « les codes sociaux en vigueur les dépassent ou les révoltent : trop de non-dits, d’hypocrisie, de lâcheté, de rituels stupides et hypocrites » (3, p.130).

[16] « je cherche à optimiser le bénéfice d’une relation, pour moi comme pour l’autre. C’est-à-dire sans perte d’énergie. Car lorsqu’on s’engage dans une relation cela crée une énergie importante. » (1, p.203).

Une sociologue chez le coiffeur. https://systemececilia.wordpress.com/

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Lun 7 Sep 2015 - 9:45

Bon je vais chez le coiffeur Smile

(pourquoi 2001 ? et pourquoi toujours des personnes qui coupent les cheveux en 4 ? alors que j'aurai du me faire une crête ?)

Pourquoi ?


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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Mar 8 Sep 2015 - 9:01

B) Le tact, la délicatesse et la politesse : pour une éthique de la langue et du langage.







NOTA BENE : Ne pas confondre faire preuve de tact (faire preuve d’une juste attention aux choses et aux autres en prêtant attention aux manières de parler et de s’exprimer) et « faire des manières ou des façons/être maniéré, être précieux ou pédant » c’est-à-dire mimer les codes de la bonne conduite au point de les surjouer sans prêter attention aux situations, parfois même se servir de sa connaissance des codes dans un milieu dans le but de dominer. (Manières bonnes et bonnes manières, la préciosité…).



Qui confond ces sens ? Ceux et celles qui s’attachent à la simple forme et ceux qui ne s’y attachent pas du tout. Les thèses adverses visées par notre critique sont donc les suivantes :



- celle qui affirme que les mots ne sont rien (ex. : ce ne sont « que des mots ») et que, le plus important, « c’est l’intention qui compte » (donc « tu m’as compris » ou « je me comprends »).  



- Les thèses et les discours qui valorisent une certaine vision de la sincérité, du naturel, de la spontanéité ou du « parler vrai » ou de la franchise qui consisterait à « tout dire » (dire tout ce qu’on pense ou tout ce qui nous passe par la tête, ne pas être « hypocrite ») sans avoir à y réfléchir ou à y prêter une attention.







Que nous apprennent du langage (et de sa puissance) les façons d’en user que l’on appelle le tact et la délicatesse ? (pour ceux et celles qui pensent que c ‘est important qu’on doit en faire une valeur)



1)   Le tact nous apprend que parler ou nommer c’est toucher, saisir (ex. des prénoms des élèves en début d’année) ou s’emparer de… ce ou ceux dont on parle. Tact vient du même mot que tactile et désigne le toucher. Sans tact je peux donc salir ce dont je parle (ex. : un souvenir), blesser une personne ou détruire ce dont je m’empare en l’exprimant mal. On parle aussi de la dimension phatique (Jakobson) du langage pour minimiser sa seule fonction référentielle.



2)   Le tact m’apprend que le langage manifeste une certaine façon de se rapporter aux choses, de les approcher et de s’en saisir. Faire preuve de tact c’est faire preuve de délicatesse (entourer de soin ou d’attention) pour ne pas détruire ce qui est visé (parfois la réalité d’une chose ne tient qu’à la façon de l’exprimer. Cf. la poésie, l’amour…). Nous voyons ici que les choses et les êtres ne sont pas dissociables du langage dans lequel nous les insérons (mal approchés, ils peuvent fuir ou disparaître). Ce toucher du langage, comparable à celui d’un bâton (voir le type de monde dans lequel vit ce qu’on appelle en espagnol le « pica mierda ») ou à celui d’une caresse, va remuer la réalité et la faire surgir sous des aspects très différents. On comprend ici que le langage est avant tout un outil et une technique qui forme et transforme la réalité et dont celle-ci dépend intimement. On pourrait faire aussi référence aux paroles bienveillantes et respectueuses qui montrent qu’un discours peut révéler (voir créer) chez une personne ou dans une situation des ressources insoupçonnables.



3)   Avoir du tact c’est faire attention à la façon (façon de parler) ou aux manières (de dire, de faire…) c’est-à-dire à autrui. Pourquoi ? Parce que nos façons c’est ce que nous donnons à voir aux autres. Notre façon de nous exprimer c’est ce que nous présentons à autrui. Se moquer des façons c’est donc mépriser le regard d’autrui, penser qu’il ne nous concerne pas… C’est en plus nier le fait qu’il soit différent (ou nier tout autrui qui serait différent), on dit « on s’est compris ! » quand on ne veut pas préciser pour l’autre). Se moquer des façons c’est donc se moquer non seulement d’autrui lui-même mais aussi de ce qu’il nous apporte (nos relations) en nous offrant son jugement sur ce que nous avons exprimé, et pour terminer c’est se désintéresser du fait que les façons de dire façonnent (sculptent) et influencent ce que nous avons à dire et permettent de le penser (sans façons, une pensée sans forme serait-elle encore digne de ce nom ?).



4)   Si le langage demande du tact (un sens du toucher) c’est également qu’il consiste à aller toucher la personne ou la chose là où elle se trouve et en ce sens à marquer sa distance vis-à-vis de nous (tout en la franchissant). Nous savons alors que nous pouvons, en parlant mal ou sans tact, dépasser certaines limites et ne plus être à notre place. Ce manque de respect manifeste la dimension éminemment morale qui est en jeu dans le langage et l’expression. Cela nous révèle aussi que le langage est aussi un marqueur d’identité et d’espace social. Bien parler à quelqu’un c’est alors le respecter en respectant une certaine distance qui lui assure comme un espace de protection et de liberté. On ne s’empare pas de l’image d’une personne en la manipulant sans dommage pour lui. Respecter cette distance ce n’est pas être hypocrite, au contraire c’est marquer par des mots une attention pour la personne et pour sa différence en refusant d’être familier (ou indifférent). Cet espace qui sépare les êtres tout en les liant existe chez les animaux. En éthologie on l’appelle la distance critique (ex. : voyez les sardines dans un ban, elles régulent l’espace qui les séparent grâce à la petite ligne noire qu’elles ont sur le coté…). Regardez à présent les gens qui sont encore moins sensibles que des sardines (ex. : dans les couloirs du lycée, sur les plages, lors d’un slow avec un séducteur « lourd »…). Même si cela peut changer selon les contextes (heures de pointe dans le métro, sociétés plus ou moins extraverties), il n’en reste pas moins que ne pas avoir de tact consiste toujours à passer en force c’est-à-dire à ne pas tenir compte des situations et des gens présents. Le tact est donc un phénomène essentiellement sensible au double sens de la sensualité qu’il requiert mais aussi de la moralité. En effet, avoir du tact c’est toujours procéder à des évaluations morales avec sa propre sensibilité. Le tact demande à l’individu de faire ses propres dosages et d’être l’auteur responsable de son expression. Le tact nous demande donc d’habiter nos façons de parler et de refuser de déserter le langage en nous confiant à des façons de parler toutes faites.







Conclusion : le tact comme art des distinctions (et des individuations)



(et pas juste comme une manière pour une personne d’être distinguée !).



Cela consiste à la fois à goûter et à respecter les différences (entre les gens et dans les choses) dans le détail (ce « grain du réel » comme l’écrivait Roland Barthes). Mais aussi comme éthique de l’attention (faire ici la différence entre la fausse attention scolaire qui consiste à tout prendre en notes sans investir sa réflexion dans le cours et la belle attention de l’amoureux dont on dit qu’il est « attentionné », à la fois dans la proposition mais aussi dans l’ouverture de l’écoute.







Textes du sémiologue et philosophe Roland Barthes, extraits des leçons au collège de France Comment vivre ensemble et Le Neutre (1977-1978) (de la page 58 à la page 66, donner à écouter à partir de 63min et 37ss).


http://uncoursdephilosophie.eklablog.net/tact-delicatesse-et-politesse-p441883

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Mer 9 Sep 2015 - 10:05

Je m'aime Smile

et il est des personnes que j'apprécie.

et si des personnes tentent de crever ma bulle, libre à elles. Chacun a le choix de tenter de crever ou de faire des bulles.

J'ai pris la deuxième option Smile



Celui ou celle qui lutte contre la houle (elle) il gagne ? Wink

Si je préfère la glace pistache chocolat, on pourra me démontrer par A + B que ce n'est pas bon, c'est mon goût. Si on préfère la glace bleue, on prend une glace bleue. et si on veut on peut aller manger une glace, peu importe le parfum choisi par chacun, le but étant de partager un moment ensemble.

Après celui ou celle qui n'aime pas la glace.....il ou elle fait ce qu'il veut. et si des personnes ont du temps pour convaincre celui ou celle qui n'aime pas la glace d'en manger une, ça les regarde.

Je mangerais pour ma part, ma glace quand même Smile

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Jeu 10 Sep 2015 - 9:00

Parfois se poser des questions c'est bien et parfois non.

Et il faut savoir se les poser pas du tout, de suite, mais pas après.

Rester bien connectée, et bien au fait.

cat



Détroit/tout droit/ça vous fait quoi d'être au milieu/DTC ? et comme elle vient,

Je sens la philo/filou à plein nez aujourd'hui je crois bien Smile

(oui mais tu sais ce qu'il a fait, oui oui je sais, Smile






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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Dim 13 Sep 2015 - 10:12







(au moins je sais que certains n'ont pas de problèmes de starter, créativité ? merci de m'avoir laissé ce message, je reste sage)




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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Mar 15 Sep 2015 - 15:46

http://justinepunkrock.bandcamp.com/album/raret-s-reprises-et-autres-jign-ts-2

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Mar 15 Sep 2015 - 21:27

je transmets ce que je peux d'essentiel à des mômes et à des jeunes.

ça prend encore ça va apparemment on m'écoute encore, je ne dois pas être conne Smile c'est surprenant. et ça m'apaise souvent...

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Jeu 17 Sep 2015 - 11:24

Contente Smile

Tout va bien. et je ne croise que des personnes intéressantes et sympas dans la vraie vie.
Des attentions, du bonheur, des bons moments, de la simplicité.
J'avais des doutes et tant mieux car trop de confiance en soi tue la confiance en soi mais j'ai bel et bien pris les bonnes décisions à un moment donné et avec les bonnes personnes qui me permettent d'aller dans le bon sens avec bon sens.
Je suis enfin débarrassée des personnes qui enfermées dans leur cloison et leur ignorance, auraient fini par penser qu'ils arriveraient à me convaincre de leur espèce de vie virtuelle et fantasmée qui ne dure qu'un temps et n'est qu'une façade qui ne peut durer qu'un temps.
Allez hop encore une petite journée sympa qui s'annonce Smile 
C'est chouette d'avoir l'esprit d'ouverture et de le garder, on a les portes ouvertes partout Smile 
Je suis contente d'être une belle personne qui ne connait que des belles personnes. Wink

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Ven 18 Sep 2015 - 16:54

et mon amoureux Smile!!!!  I love you I love you I love you tongue pirat

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Ven 18 Sep 2015 - 17:36



rugir de plaisir Wink miaou Smile

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par offset le Sam 19 Sep 2015 - 9:40

Bonjour Nath





Je te lis très souvent et plus je te lis et plus je pense que tu es une personne sensible qui a beaucoup d'écoute et de patience


Bon samedi   flower

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Sam 19 Sep 2015 - 20:07

offset a écrit:Bonjour Nath





Je te lis très souvent et plus je te lis et plus je pense que tu es une personne sensible qui a beaucoup d'écoute et de patience


Bon samedi   flower

J'ai été Numérosisée Wink à mon avis plusieurs fois dans ma vie. (ils sont plusieurs à être plusieurs ? ça doit être un complot, je vais vérifier). merci de ton attention et de ton message Offset Smile

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

Message par Invité le Dim 4 Oct 2015 - 12:45


(inspiration honteusement piqué à Ardel sur le chat Smile)

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Re: Bord(elle) de journal (yeah) le flux des flux, posée à la cafét de la gare. Game over... the rainbow :)

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