Ses propres limites intellectuelles

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Re: Ses propres limites intellectuelles

Message par Suce ces p'tits Bleus ! le Mer 1 Juil 2015 - 7:38

C'est foupoudav dès que tu sais que tu nais pour crever, trouver du sens à l'absurde, c'est être un Don Quichotte. Reste le jeu, faut s'amuser. Je sais que je ne serai jamais heureux, mais tant que je joue, je ne serai jamais malheureux.

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Re: Ses propres limites intellectuelles

Message par Slafka le Mer 1 Juil 2015 - 11:04

Ni heureux, ni malheureux, ça sonne fataliste. Pour que la soupe soit moins fade, rajouter un brin quelque chose ? Un brin d'aneth ? d'Annette ?

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Re: Ses propres limites intellectuelles

Message par Suce ces p'tits Bleus ! le Mer 1 Juil 2015 - 11:12

Slava a écrit:Ni heureux, ni malheureux, ça sonne fataliste. Pour que la soupe soit moins fade, rajouter un brin quelque chose ? Un brin d'aneth ? d'Annette ?

C'est l'issue qui est fatale, en attendant c'est une question d'équilibre, je suis un éternel insatisfait, donc il faut savoir se satisfaire de peu. Dent pétée

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Re: Ses propres limites intellectuelles

Message par Slafka le Mer 1 Juil 2015 - 11:15

Ah non, ne dis pas ça, tu vas relancer Princeton, il reviendra avec ses rouleaux de papyrus !

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Re: Ses propres limites intellectuelles

Message par Suce ces p'tits Bleus ! le Mer 1 Juil 2015 - 11:24

Slava a écrit:Ah non, ne dis pas ça, tu vas relancer Princeton, il reviendra avec ses rouleaux de papyrus !
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Re: Ses propres limites intellectuelles

Message par vymain le Dim 26 Juil 2015 - 2:10

Vous arrive-t-il de vous trouver face à vos limites intellectuelles, vos limites de compréhension ?
Oui, tout le temps.
Dans quelles situations ?
Toutes celles dans lesquelles je ne suis pas capable de me flatter à mon insu.
Pouvez-vous décrire certaines de ces situations et comment vous les vivez, ce que vous vous dites lorsque vous êtes confronté à un pareil constat ?
J'approche d'un carrefour en T, je me souviens que les personnes venant de ma gauche sont censées me laisser passer et que je suis censé laisser passer celles venant de ma droite ; je me souviens qu'il m'arrive de ne pas faire la différence entre divers emplacements symétriquement opposés, je me souviens que je suis obligé d'accorder une attention particulière à certaines tâches très simples. Je me souviens que rien ne m'intéresse et que les efforts intellectuels me rebutent. Je me souviens que je trouvais du plaisir à me trouver intelligent, que je pensais avoir tout compris à tout. Je me souviens de quand j'arrivais à m'enthousiasmer de découvertes soudaines de mon intelligence (qui ne pouvaient être que géniales), et que seulement récemment je conçois que ces découvertes capitales concernent les détails les plus accessoires, comme découvrir un nouveau mot ou un nouvel usage de celui-ci, une nouvelle signification..., ou entendre la musique différemment, voir autrement ce qu'on a vu mille fois... comprendre ce que tout le monde a compris depuis des lustres...
Est-ce facile pour vous de vous avouer d'avoir manqué de discernement ? Croyez-vous être capable de faire preuve d'autant de sens critique lorsqu'il s'agit d'un domaine pour lequel vous pensez être bon, et qui a de l'importance pour vous ?
Mes angles morts se situent dans toutes possibilités qui me sont offertes et qui sont inexistantes à mes yeux, complètement hors de mon champ de compréhension ou d'imagination. Quand je manque de discernement, je ne m'en rends pas compte, je suppose. Je ne peux pas être critique sur ce que je ne perçois pas. Pour le reste, si je suis capable de constater moi-même mes erreurs ou une fois qu'on me les ait expliquées, en supposant que celles-ci puissent avoir de l'importance, je peux faire l'expérience aussi souvent que je m'observe que je suis étourdi et résigné, ou au moins un peu idiot et en progrès. Si l'explication me dépasse, elle n'existe pas en tant que telle à mes yeux. Impossible de savoir là où ça pêche. C'est plus facile de réduire ce qui est entendu à ce que je suis capable de comprendre, et d'ignorer d'avoir commis un gros raccourci. Être lucide a de l'importance pour moi. Heureusement, débiner ma prétendue lucidité entre dans le cadre de ce que j'imagine être le fait de faire preuve de lucidité. L'honneur est sauf.
Vous êtes-vous déjà rendu compte après coup, qu'à une période de votre vie, dans un ou plusieurs domaines, vous aviez momentanément atteint vos limites et que vous n'agissiez donc pas aussi bien que vous ne sauriez le faire aujourd'hui (maintenant que vous avez une meilleure idée de vos compétences et aussi une vision plus juste en ce qui concerne le ou les domaines concernés, et également peut-être de vous-même) ?
Oui. Dans un jeu de course, en dézoomant, pour voir la voiture de plus loin (exemple réel et parlant et simplet mais parlant), je me suis rendu compte que ma façon de conduire (en accélérant à fond et en dérapant très souvent) était mauvaise et que mes trajectoires étaient des caricatures de virages, alors que des petits ajustements de vitesse et une conduite plus régulière et plus souple était au moins autant efficace et moins hasardeuse. J'ai pris conscience aussi que je me prenais pour un as sans pour autant savoir conduire simplement et normalement.
Cela vous est-il arrivé souvent ?
Me prendre pour un as et comprendre après coup que je n'étais pas apte à en juger du tout ? Oui.
La découverte a-t-elle été soudaine ?
De quelques jours à quelques années selon les cas.
Recherchez-vous spécialement à avoir une idée juste sur l'état de vos compétences/connaissances/capacités pour certaines activités ?
Oui.
Vous êtes-vous déjà rendu compte que vous aviez autrefois une mauvaise vision des problématiques en jeu dans certaines situations, que vous pouviez même vous tromper dans les buts que vous vous fixiez ?
Oui.

Est-ce qu'être capable de se représenter ses limites intellectuelles est selon vous une part importante de ce que l'on pourrait appeler la lucidité ?
« Se représenter ses limites intellectuelles » est impossible.

Peut-on être capable de juger soi-même de son niveau d'intelligence ?
« Niveau d'intelligence » ne veut rien dire.
Est-ce que ce diagnostic, s'il était possible, ne supposerait pas déjà une capacité à accomplir une acrobatie du cerveau qui consiste à avoir conscience d'avoir conscience, et alors, au départ, une certaine habileté mentale ? Dit autrement, ce diagnostic implique-t-il d'être capable de s'observer agir à tout moment de la journée – ce qui nécessiterait au moins un peu de ressources, et serait déjà le témoin que quelque chose fonctionne – ?
On est toujours plus limité qu'on ne peut l'imaginer. Ou alors on se sursurdoue (ce qui est rare).
En supposant que l'on soit capable d'un certain recul qui permette d'observer soi-même son propre fonctionnement, comment savoir si l'on serait de bonne foi avec nous-mêmes et si nous serions capables de nous voir plus comme nous sommes que comme nous voulons être ?
Le meilleur moyen serait d'en avoir rien à faire, mais à ce point de désintéressement on se ficherait aussi du bénéfice éventuel à en tirer.

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Re: Ses propres limites intellectuelles

Message par Verticordia le Ven 14 Aoû 2015 - 22:09

Vous arrive-t-il de vous trouver face à vos limites intellectuelles, vos limites de compréhension ?

Depuis quelques temps je me pousse à fond intellectuellement. Je suis étudiant à temps plein à la fac dans une licence difficile, j'écris un livre dans mes temps libres et je suis friand de toute spiritualité, aller au-delà du rationalisme scientifique qui prime comme mode de pensée et d'approche des choses. Je remarque que peu importe la volonté ou la motivation, nous sommes confrontés à la limite de notre cerveau, qui est un organe lui-même limité par des lois biologiques. Nous pouvons toujours améliorer notre endurance, notre rapidité, mais nous n'aurons jamais le développement linéaire ou exponentiel qu'offrent les machines.

Dans quelles situations ?

A un moment, la mémoire flanche, les idées ne viennent plus, on pense à autre chose... le cerveau nous envoie des signes comme quoi il a besoin de repos.

Pouvez-vous décrire certaines de ces situations et comment vous les vivez, ce que vous vous dites lorsque vous êtes confronté à un pareil constat ?

Au début je trouvais ça frustrant, car je pensais que je pouvais indéfiniment utiliser mon cerveau au maximum de mes capacités. J'ai enfin compris que c'était un organe comme un autre et qu'il avait besoin de repos. A force de connaître son cerveau, on optimise son utilisation et on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.  lol!

Est-ce facile pour vous de vous avouer d'avoir manqué de discernement ? Croyez-vous être capable de faire preuve d'autant de sens critique lorsqu'il s'agit d'un domaine pour lequel vous pensez être bon, et qui a de l'importance pour vous ?  


Nous vivons dans une société où l'échec et l'erreur sont nécessairement mauvais. Je pense plutôt que le chemin de la réussite est jonché d'échecs et d'erreurs.

Vous êtes-vous déjà rendu compte après coup, qu'à une période de votre vie, dans un ou plusieurs domaines, vous aviez momentanément atteint vos limites et que vous n'agissiez donc pas aussi bien que vous ne sauriez le faire aujourd'hui (maintenant que vous avez une meilleure idée de vos compétences et aussi une vision plus juste en ce qui concerne le ou les domaines concernés, et également peut-être de vous-même) ?

Contrairement à la croissance physique et sa précoce obsolescence (les mecs commencent à perdre des cheveux à vingt ans), je pense que le développement intellectuel se poursuit tout au long de sa vie. Demain nous saurons toujours mieux faire qu'hier. Je refuse de tomber dans le piège de croire qu'on atteint un jour notre maximum, il y a toujours place à amélioration.

Cela vous est-il arrivé souvent ?  

Plus je vieillis, plus je vois les opportunités de m'améliorer. La jeunesse est pleine de certitudes.

La découverte a-t-elle été soudaine ?

Je pense que les grandes découvertes de la vie se font progressivement.

Recherchez-vous spécialement à avoir une idée juste sur l'état de vos compétences/connaissances/capacités pour certaines activités ?

Oui, en étant systématique, les forces et les carences apparaissent plus clairement.

Vous êtes-vous déjà rendu compte que vous aviez autrefois une mauvaise vision des problématiques en jeu dans certaines situations, que vous pouviez même vous tromper dans les buts que vous vous fixiez ?

Oui souvent. La vie est pleine d'enseignements.

Est-ce qu'être capable de se représenter ses limites intellectuelles est selon vous une part importante de ce que l'on pourrait appeler la lucidité ?

Connaître ses limites est le meilleur moyen de les dépasser.

Peut-on être capable de juger soi-même de son niveau d'intelligence ?

Je pense que la notion d'intelligence est relative. Nous nous classifions dans notre espèce, des idiots, des génies, etc. Cependant, un humain abruti sera quand même beaucoup plus intelligent qu'un autre animal. Tout est relatif.

Est-ce que ce diagnostic, s'il était possible, ne supposerait pas déjà une capacité à accomplir une acrobatie du cerveau qui consiste à avoir conscience d'avoir conscience, et alors, au départ, une certaine habileté mentale ? Dit autrement, ce diagnostic implique-t-il d'être capable de s'observer agir à tout moment de la journée – ce qui nécessiterait au moins un peu de ressources, et serait déjà le témoin que quelque chose fonctionne – ?

Le piège est de donner une explication trop limitative de l'intelligence. Si on regarde les fourmis, elles ne semblent pas présenter de conscience individuelle, cependant, à l'échelle d'un groupe, elles font des prouesses.

En supposant que l'on soit capable d'un certain recul qui permette d'observer soi-même son propre fonctionnement, comment savoir si l'on serait de bonne foi avec nous-mêmes et si nous serions capables de nous voir plus comme nous sommes que comme nous voulons être ?

Je pense qu'il s'agit de valeurs. Si nous recherchons la vérité, la vérité d'être aussi, notre introspection sera plus objective. Je pense que chaque décision est motivée par la croyance qu'aucun autre choix à ce moment précis n'était mieux adapté. L'analyse qu'on en fait plus tard est une autre chose.

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