Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

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Message par Zebraskaroll le Dim 28 Juin 2015 - 21:03

Comme je te comprend Lechalote. Il est vrai que de mon coté aussi ce type d’événements très déstabilisants m'ont obligée à changer mon propre comportement. Je suis naturellement quelqu'un de très coopératif, qui évite autant que faire ce peut le conflit, mais quand les gens en abusent au bout d'un moment ça suffit. Cela m'a obligée à changer, à me défendre, et clairement finalement à attaquer. Prendre un avocat c'est fait, aller aux prud'hommes c'est fait aussi. J'ai pas encore fini de ne pas me laisser marcher sur les pieds. Je suis devenue une vraie teigne, alors tu penses bien qu'avec mon état d'esprit actuel, lorsque j'ai appris qu'à l'école mon gamin commençait à subir les autres juste parce qu'il était en 6 ème dans un collège où il ne connaissait personne, pfffff j'ai sortie les griffes et les crocs. Heureusement que j'ai un mari qui tempère les choses et relativise parce que je distribuerai bien des claques parfois. Il y a vraiment des mentalités qui me font sortir de mes gonds. Les parents qui viennent chercher leur gosse et stationnent leur Mercedès de manière à empêcher tout le monde d'entrer et sortir du parking, whaou j'ai les nerfs qui montent, pas grave j'arrive avec ma vieille titine, elle risque plus grand chose niveau carrosserie, alors tu te pousses où je la pousse moi même ta jolie Mercedès rutilante ? Et bien ça marche, de suite elle a dégagé de la voie de circulation du parking et a prit une place comme tout le monde. C'est désolant mais si les gens ne savent plus avoir un comportement civique, il faut s'imposer. Je me sens obligée d'apprendre à mon gosse à se faire respecter et à s'imposer pour ne pas être embêté, quelque part cela me désole et même m'attriste parce que j'aimerai qu'il puisse vivre une enfance et une pré adolescence paisible. Malheureusement je n'ai pas encore trouvé d'autre moyen que de lui expliquer la réalité de la vie qui l'entoure. Il est même obligé de s'adapter aux langages des autres pour être comprit. Il me dit parfois qu'il est content à la maison parce que lorsqu'il fait un jeu de mot, tout le monde rit et y va de son commentaire, alors qu'à l'école on le regarde et on lui demande pourquoi il dit ça Sad

Je suis peinée de lire ce qu'a subit ta fille notamment se faire déboîter le genou ce qui est très grave tout de même sans parler des insultes. Je ne pense pas que j'aurais réagit avec autant de gants que toi. La mère je ne lui aurait certainement pas écrit, je lui aurait plutôt parlé entre 4 yeux (ou entre deux baffes...) et j'aurai porté plainte contre l'école pour défaut de surveillance. Alors est ce que c'est lié au fait que j'ai largement assez subit plus jeune pour créer mon expérience et ne plus me laisser faire quitte à devenir un peu hargneuse, je ne saurais le dire, mais si il y a une étiquette que je refuse qu'on me colle c'est bien celui de victime.

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par lechalote le Dim 28 Juin 2015 - 21:17

Zebraskaroll a écrit:Il me dit parfois qu'il est content à la maison parce que lorsqu'il fait un jeu de mot, tout le monde rit et y va de son commentaire, alors qu'à l'école on le regarde et on lui demande pourquoi il dit ça Sad

J'ai la même. Personne ne comprend ses blagues, sauf nous, qu'elles font mourir de rire. Elle a rêvé cent fois de fuir, mais n'est pas partie parce qu'elle pensait qu'on aurait trop de peine.
J'ai adopté le comportement de victime une fois, enfin d'après ce qu'on m'a dit, je n'en suis toujours pas sûre. Je me suis mise à l'abri, c'est tout. C'est ce qu'on m'a dit aussi.
Comme toi, plus jamais.
Ni pour moi, ni pour mes enfants.
Et tant pis si ça me fait vomir parfois le matin.
Et même s'il fallait les retirer de ce système, on le ferait. J'ai promis.

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Zebraskaroll le Dim 28 Juin 2015 - 21:49

lechalote a écrit:Et même s'il fallait les retirer de ce système, on le ferait. J'ai promis.

C'est une question que je me suis beaucoup posée. Est ce que le système scolaire actuel correspond à nos enfants ? Clairement non, en tous les cas pas uniquement. Nous pouvons mettre en place pas mal de chose à coté pour leur permettre de se nourrir intellectuellement, mais leur apprendre à comprendre le système et faire leur propre arme est très certainement une des choses essentielles pour leur futur.

Mon grand à très peu connu l'enseignement public et a fait ses études de la 6 ème à la terminale en privé multilangue. C'était un établissement très ouvert car international et qui avait de forte exigence en matière de résultats. Il a adoré y faire ses études et nous avons tenté une réintégration dans le public en seconde. Je l'ai sorti de là au moins de janvier (il a tenu 5 mois bravo à lui) il était totalement déprimé, le niveau était très bas, il s'ennuyait et se faisait appeler l'intello par les autres parce qu'il refusait leur comportement et ne répondait pas impunément aux profs. Il n'a pas subit de brimades autres, compte tenu de sa carrure et de sa taille mais je crois que c'est vraiment ça qui l'a empêché.

Aussi j'en suis arrivé à la conclusion qu'ils doivent apprendre à se débrouiller dans ce système et faire leur propre arme. La meilleure chose que nous puissions leur fournir et la compréhension des processus ainsi que leur donner le plus de confiance en eux et d'estime d'eux même possible. La valorisation de ce qu'ils sont est également à mon sens essentiel. Ils ont des ressources énormes à nous de leur apprendre à les utiliser. Wink

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par lechalote le Lun 29 Juin 2015 - 7:35

Je suis en phase, on doit les guider, leur expliquer le processus et confiance en eux. Les activités extra scolaires aident beaucoup aussi.
Ma fille aînée a le même sentiment que moi. Ca ne sera peut-être pas mieux, mais elle n'aura plus toujours affaire aux mêmes.
De l'air, quoi.
Combien de fois ne m'a-t-elle dit :toi au moins tu peux changer de travail! Moi je ne peux pas changer de collège!
Je lui ai expliqué que ce qui semblait une décision simple pour moi ne l'était pas pour la plupart des gens, mais qu'on est jamais coincé dans aucune situation.
La preuve, j'avais décidé qu'on vendrait cet appartement pour qu'elle change de collège, et on l'a fait (prudence étant mère de sûreté, on loue en attendant de voir, et si ça ne nous convient pas, on finira bien par trouver l'endroit où on se sent bien).
Je ne dis pas que tout est plus rose ailleurs, mais on n'est pas obligé pour autant de rester dans les cailloux...et ici, c'est spécialement bordélique. D'autant qu'en primaire, le niveau d'enseignement est si bas et les relations si violentes que les parents ont pensé à faire un collectif contre le directeur. Et on est pas dans le 93 hein mais dans un petit patelin propret comme il faut.
Pensé seulement, dommage...


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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Cyril THQI le Lun 29 Juin 2015 - 8:18

J'ai connu le même genre de comportements lorsque j'étais à l'école. Je ne pense pas que cela soit typique d'aujourd'hui. C'est pour moi une des raisons de ne pas scolariser mes enfants.

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Zebraskaroll le Lun 29 Juin 2015 - 8:28

Oh cela m’intéresse Cyril, est comment t'organises tu ? Tu passes par le CNED ? Comment gères tu la socialisation de tes enfants ? Oui je sais ça en fait des questions mais c'est vraiment quelque chose que j'aimerai connaitre afin de pouvoir réagir rapidement en cas de besoin. Merci.

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Cyril THQI le Lun 29 Juin 2015 - 10:10

Zebraskaroll a écrit:Oh cela m’intéresse Cyril, est comment t'organises tu ? Tu passes par le CNED ? Comment gères tu la socialisation de tes enfants ? Oui je sais ça en fait des questions mais c'est vraiment quelque chose que j'aimerai connaitre afin de pouvoir réagir rapidement en cas de besoin. Merci.
Pour l'instant l'aînée a 4 ans et 4 mois donc rien n'urge. J'ai ouvert un sujet sur ma conception de l'instruction où tu trouveras des réponses à ces questions et à d'autres. Mes idées évoluent mais l'essentiel reste d'actualité.

La socialisation semble généralement meilleure chez les enfants n'allant pas à l'école, certains critiquant le manque de socialisation des enfants scolarisés.

Les familles n'envoyant pas leurs enfants à l'école cherchent souvent à se rapprocher. C'est une occasion (parmi d'autres) de rapports sociaux entre enfants d'âges divers.

Beaucoup d'approches sont possibles avec l'instruction à domicile. Dans tous les cas, inutile d'avoir une méthode d'instruction prête à être mise en oeuvre dès le lendemain de la déscolarisation. On peut permettre à l'enfant de souffler en prenant quelques semaines de vacances pendant que ses parents planifient ce qu'ils veulent faire. Le CNED est une bonne solution pour les parents qui veulent suivre scrupuleusement le programme. Pour d'autres, comme moi, ce n'en est pas une. Essentiellement parce que je souhaite enseigner certaines choses qui ne sont pas au programme (la connaissance approfondie de la langue française, la recherche méthodique d'informations, le raisonnement, l'esprit critique, l'esprit de synthèse, la rhétorique, par exemple), mais aussi parce que je suis en désaccord avec certains enseignements que l'on trouve dans les manuels scolaires ou parce qu'il me semblent constituer une perte de temps (tous les enseignements qui seront oubliés faute d'être utilisés sont des pertes de temps ; ils se chiffrent en milliers d'heures).

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Invité le Lun 29 Juin 2015 - 10:48

Ce que vous dites là doit être lié à vos personnalités. Vous devez être des gens qui écoutent, qui comprennent, et qui soulagent. Sans doute est-ce une position que vous avez assumé plus jeune, dont vous vous êtes extirpé en partie, mais qui continue de vous suivre. Vous aimantez parce que vous aimez Razz Wink . Alors oui, ça vous donne un chemin de croix vis à vis des autres. Et c'est chiant à la fin. Mais voyez le positif (toujours! Smile ). Ce n'est pas acceptable, on pourrait rêver mieux, mais c'est comme ça. Vous êtes "au-dessus de la mêlée". Vous avez la force de le comprendre, et d'agir dessus. Ce n'est pas donné à tout le monde. Est-ce parce que vous êtes des "zèbres" ? Qui sait ... Quoiqu'il en soit, départissez-vous de cette colère, après l'avoir entendu Smile . Vous ne pouvez qu'y gagner Smile

Oui, la violence psychologique est une réalité. Oui, vous savez la décrypter. Oui, elle vous emmerde. Mais vous avez aussi le choix de voir le bon Razz Wink . Et de ne pas y participer du coup Smile . Serait-ce cette différence qui vous gêne, ou vous lasse ?

Quant à la déscolarisation des enfants, à titre perso, je ne suis pas pour, même si je peux le comprendre. Mes gamins sont de toute façon en partie confrontés à cette violence, via leurs liens avec leur mère (triste, mais bon ...). Aussi, l'école n'est que le préalable au travail. A moi d'être attentif pour qu'il fasse cette expérience de la meilleure des manières, et qu'ils en deviennent plus forts Smile . On ne peut pas les protéger de tout. Quant à leurs faire découvrir d'autres choses, je m'y emploie. Exemple récent, ne pas les envoyer à l'école le jour de la dernière éclipse pour prendre le temps de leur expliquer ce qui se passe, pourquoi, comment ... (Les écoles voulaient les confiner en salle, de peur qu'ils ne se brulent les yeux en regardant le soleil). Et je vois alors dans les yeux de mes gamins leurs plaisirs à découvrir cela Smile .


Dernière édition par Aimant le Mer 1 Juil 2015 - 1:52, édité 1 fois

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par lechalote le Lun 29 Juin 2015 - 17:38

Cyril THQI a écrit:

La socialisation semble généralement meilleure chez les enfants n'allant pas à l'école, certains critiquant le manque de socialisation des enfants scolarisés.

Je ne crois pas non plus que s'en prendre plein la tête depuis la maternelle aide à s'endurcir, au contraire, je suis certaine que ça fragilise les enfants. La stabilité de départ, la confiance en soi, l'écoute, l'apprentissage à son propre rythme ne peuvent que donner de bonnes bases pour savoir ce qui leur convient ou pas, plutôt que de partir du principe que l'environnement est forcément toxique et qu'il faudra bien s'habituer, sans jamais savoir ce qu'on veut. Ça fait juste des générations de névrosés sous anxiolytiques, la preuve.

Je me demande si ça n'est pas Krishnamurti qui disait également qu'il faut juste être dangereusement fêlé pour confier l'éducation de ses mômes à une institution. Après recherche, il l'a dit mieux que ça : "c'est parce que nous sommes si desséchés nous même, si vides et sans amour, que nous avons permis à nos gouvernements de s'emparer de l'éducation de nos enfants et de la direction de nos vies".

Je cite encore:" L'éducation dans le vrai sens de ce mot consiste à comprendre l'enfant tel qu'il est, sans lui imposer l'image de ce que nous pensons qu'il devrait être".

Évidemment, y'a du boulot...Il a écrit sur le sujet et je vais regarder ça de plus près notamment "De l'éducation".

Et je ne résiste pas à raconter cette expérience lue dans le Géo Ado de ma fille, faite avec des enfants en Afrique (qui ne s'applique probablement pas à tout l'Afrique, on est d'accord) pour montrer ce que j'aimerais retrouver parfois un peu à l'école :

Tous les enfants sont sur une ligne. Plus loin, une corbeille de fruits. Et le jeu, c'est que le premier arrivé à la corbeille de fruits pourra la manger tout seul.
Les enfants se donnent tous la main, arrivent en même temps, se mettent en cercle, et mangent les fruits ensemble.

- Pourquoi avez vous fait ça alors qu'un seul pouvait tout avoir?
- Parce que nous ne pouvons pas être heureux de manger ces fruits si un seul d'en nous est malheureux.

Il me semble parfois qu'on leur apprend juste le contraire avec ce système de compétition...qu'ils ne peuvent être heureux que si les autres sont plus malheureux qu'eux. Que c'est une règle immuable.


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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par lechalote le Lun 29 Juin 2015 - 17:42

Aimant a écrit:... Quoiqu'il en soit, départissez-vous de cette colère, après l'avoir entendu Smile . Vous ne pouvez qu'y gagner Smile

Complètement d'accord avec toi. C'est ma colère qui me ronge. En CNV, la colère est l'expression d'un besoin qui n'est pas entendu. Et j'ai BESOIN que mes enfants grandissent dans un environnement respectueux, tant que leur esprit n'est pas formé en tous cas. Dans ce sens, la démarche de Cyril me semble hyper cohérente, et la mienne...beaucoup moins.

Elle vient aussi d'un jugement (toujours en mode CNV), ça "devrait" être autrement. Oui, mais c'est comme ça. Le système EST comme ça. On peut de détendre et voir ce qu'il y a à faire. Et là, je te rejoins également.

En conclusion....d'où le yoga... Very Happy


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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Cyril THQI le Lun 29 Juin 2015 - 17:50

A l'origine l'instruction obligatoire à été instaurée pour éviter aux enfants de travailler. L'instruction n'était que la mission numéro 2. Les conditions de vies des masses populaires ne leur permettaient pas de consacrer du temps à l'instruction de leurs enfants. De plus, ils n'en avaient pas les moyens (culturels, intellectuels, ...). La situation est tout autre aujourd'hui. Un enfant non scolarisé ne va pas travailler. Beaucoup de parents disposent du temps suffisant pour s'occuper de l'instruction de leur progéniture (le chômage et les temps partiels aident beaucoup). Et le niveau d'instruction moyen est plus élevé. Si on ajoute que la qualité de l'enseignement est réputée se dégrader aujourd'hui, on peut raisonnablement faire l'hypothèse que l'instruction en famille va connaître un essor dans les prochaines décennies.

lechalote a écrit:Elle vient aussi d'un jugement (toujours en mode CNV), ça "devrait" être autrement. Oui, mais c'est comme ça. Le système EST comme ça.
Et tu rejoins là un couple cher à Krishnamurti : ce qui est et ce qui devrait être. Et tu sais ce qu'il en pense...

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par lechalote le Lun 29 Juin 2015 - 18:14

Cyril THQI a écrit:A l'origine l'instruction obligatoire à été instaurée pour éviter aux enfants de travailler. L'instruction n'était que la mission numéro 2. Les conditions de vies des masses populaires ne leur permettaient pas de consacrer du temps à l'instruction de leurs enfants. De plus, ils n'en avaient pas les moyens (culturels, intellectuels, ...). La situation est tout autre aujourd'hui. Un enfant non scolarisé ne va pas travailler. Beaucoup de parents disposent du temps suffisant pour s'occuper de l'instruction de leur progéniture (le chômage et les temps partiels aident beaucoup). Et le niveau d'instruction moyen est plus élevé. Si on ajoute que la qualité de l'enseignement est réputée se dégrader aujourd'hui, on peut raisonnablement faire l'hypothèse que l'instruction en famille va connaître un essor dans les prochaines décennies.

Tout à fait en phase. Remarque on vit encore la centralisation Napoléonienne, la remise en question n'est de toute évidence pas la qualité première de l'état français qui n'a pas l'air de comprendre à quel point il perpétue un système inégal qui correspond parfaitement aux lois capitalistes pour faire de bons petits consommateurs soumis...Et il faut une énorme force de caractère et pas mal de ténacité je pense pour ne pas aller dans le sens du système.

lechalote a écrit:Elle vient aussi d'un jugement (toujours en mode CNV), ça "devrait" être autrement. Oui, mais c'est comme ça. Le système EST comme ça.
Cyril THQI a écrit:Et tu rejoins là un couple cher à Krishnamurti : ce qui est et ce qui devrait être. Et tu sais ce qu'il en pense...

Accepter que ce qui est... est réduit la colère, on est d'accord. J'essaye de faire ce travail chaque jour, mais je me fais souvent embarquer par mes grandes indignations. bounce
Après restent les moyens d'action à notre disposition. beaucoup plus constructif.

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Invité le Lun 29 Juin 2015 - 21:19

Cyril THQI a écrit:La socialisation semble généralement meilleure chez les enfants n'allant pas à l'école, certains critiquant le manque de socialisation des enfants scolarisés.
Ce n'est pas le problème que je vois. C'est le risque de dépendance. Comment estimer si ta figure de référence (sens PNL) est digne de confiance si tu ne peux pas la comparer à d'autres figures de référence ?

Je te donne un exemple. Cette année, l'instit de mon moyen (7 ans) avait divisé la classe en deux groupes : les rapides et les lents. Il se retrouvait dans les lents, et c'était pour lui normal. Ben oui, l'instit lui avait dit qu'il avait le droit d'être lent. J'ai été au courant de cette situation en janvier. Je lui ai dit que je ne voulais pas qu'il soit "un lent". Je l'ai cadré, je lui ai fait faire ses exercices dans des délais acceptables. Il a réussi, avec moi. Mais il gardait le même rythme avec son instit. Je l'ai prévenu, je lui ai dit que cela allait se retourner contre lui. "Tu parles Papa, j'ai le droit, elle l'a dit". Résultat des courses, il me ramène son bulletin la semaine dernière : "Papa, tu ne vas pas être content". Ah bon ? ... Merde, son instit a écrit qu'il est lent, et que c'est mal. Je n'ai pas insisté plus que ça, pour ne pas le culpabiliser. Lui, il a compris qu'il s'est fait avoir. Et que quand je lui dis un truc pas forcément cool, c'est quand même pour son bien.  

Je l'ai vécu pareil à mon niveau vis à vis de mon père. Les autres adultes étaient des connards finis, mais lui, je pouvais lui faire confiance. J'en ai croisé peu qui soient dignes de confiance à l'école. Mais j'ai eu de la chance, j'en ai croisé. Ils ont mon éternelle reconnaissance.

Maintenant, je ne remets pas en question le choix de déscolariser des enfants. Si tu fais cette démarche, nul doute pour moi qu'elle est réfléchie Smile . J'ai lu ton post à ce sujet, ça a l'air cool Smile . Perso, j'ai d'autres contraintes qui ne me le permettraient pas.

J'en discutais avec mon grand ce soir (11 ans) :
Lui : je ne veux pas d'école
Moi : Ok, tu veux jouer à longueur de temps, je le sais ça Very Happy ... Mais t'as pas le choix. A la maison, ou à l'école ?
Lui : à l'école, je veux mes copains.

Alors la nuance, c'est qu'il est déjà dans le système depuis un bout de temps, comparé à ta fille.

lechalote a écrit:Je ne crois pas non plus que s'en prendre plein la tête depuis la maternelle aide à s'endurcir, au contraire, je suis certaine que ça fragilise les enfants. La stabilité de départ, la confiance en soi, l'écoute, l'apprentissage à son propre rythme ne peuvent que donner de bonnes bases pour savoir ce qui leur convient ou pas, plutôt que de partir du principe que l'environnement est forcément toxique et qu'il faudra bien s'habituer, sans jamais savoir ce qu'on veut. Ça fait juste des générations de névrosés sous anxiolytiques, la preuve.
Je verrai plus l'environnement familial qui donne des gens à problèmes, au lieu de l'environnement sociétal. Psychogénéalogie : lien.  

Vous vous en êtes pris dans les dents à l'école. A vous lire, je n'ai pas l'impression que cela fasse de vous des névrosés ou psychotiques en puissance. Au contraire même Smile ...

Vous oubliez aussi votre possible impact sur les situations.

lechalote a écrit:Je cite encore:" L'éducation dans le vrai sens de ce mot consiste à comprendre l'enfant tel qu'il est, sans lui imposer l'image de ce que nous pensons qu'il devrait être".
Un gosse, il lui faut un cadre sécurisant. Pas sécurisé. C'est ce qui l'amènera à l'autonomie. Après, il prendra exemple sur les valeurs de ses parents. Ou le contre-exemple, ça dépend.

lechalote a écrit:Tous les enfants sont sur une ligne. Plus loin, une corbeille de fruits. Et le jeu, c'est que le premier arrivé à la corbeille de fruits pourra la manger tout seul.
Les enfants se donnent tous la main, arrivent en même temps, se mettent en cercle, et mangent les fruits ensemble.

- Pourquoi avez vous fait ça alors qu'un seul pouvait tout avoir?
- Parce que nous ne pouvons pas être heureux de manger ces fruits si un seul d'en nous est malheureux.

Il me semble parfois qu'on leur apprend juste le contraire avec ce système de compétition...qu'ils ne peuvent être heureux que si les autres sont plus malheureux qu'eux. Que c'est une règle immuable.
C'est joli, merci Smile

Cyril THQI a écrit:A l'origine l'instruction obligatoire à été instaurée pour éviter aux enfants de travailler. L'instruction n'était que la mission numéro 2. Les conditions de vies des masses populaires ne leur permettaient pas de consacrer du temps à l'instruction de leurs enfants. De plus, ils n'en avaient pas les moyens (culturels, intellectuels, ...).
Oui, tout comme la maternelle au départ.

Cyril THQI a écrit:La situation est tout autre aujourd'hui. Un enfant non scolarisé ne va pas travailler. Beaucoup de parents disposent du temps suffisant pour s'occuper de l'instruction de leur progéniture (le chômage et les temps partiels aident beaucoup). Et le niveau d'instruction moyen est plus élevé. Si on ajoute que la qualité de l'enseignement est réputée se dégrader aujourd'hui, on peut raisonnablement faire l'hypothèse que l'instruction en famille va connaître un essor dans les prochaines décennies.
Je pense à mon niveau qu'elle est loin d'être tout autre. Que le niveau d'instruction moyen soit plus élevé ne veut pas dire qu'il est haut. Et l'instruction n'est pas l'éducation. Question de pédagogie derrière. Beaucoup de parents sont instruits, mais mal éduqués. Ils reproduisent les erreurs de leurs propres parents.

lechalote a écrit:Remarque on vit encore la centralisation Napoléonienne, la remise en question n'est de toute évidence pas la qualité première de l'état français qui n'a pas l'air de comprendre à quel point il perpétue un système inégal qui correspond parfaitement aux lois capitalistes pour faire de bons petits consommateurs soumis...Et il faut une énorme force de caractère et pas mal de ténacité je pense pour ne pas aller dans le sens du système.
Quel est l’intérêt de se retrouver à la marge ? On peut être dans le système, et bien vivre.

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Lucy (+0) le Lun 29 Juin 2015 - 22:08

lechalote a écrit:Je ne crois pas non plus que s'en prendre plein la tête depuis la maternelle aide à s'endurcir, au contraire, je suis certaine que ça fragilise les enfants.
Bienvenue dans le monde merveilleux des Bisounours.

C'est beaucoup plus complexe que cela, et j'espère que mon expérience t'éclairera :
En primaire je me battais, souvent contre des garçons plus âgés qui m'attaquaient en bande. Au collège, j'ai été harcelée, au lycée j'ai recommencé à me battre, toujours contre des garçons.
Tout au long de mon enfance et de mon adolescence, j'ai effectivement été très seule, souvent angoissée, et j'ai fini par faire des dépressions.
Voilà pour le côté obscur.

Mais il n'y a pas que cela.
Si je n'avais pas su me défendre, à 14 ans j'aurais été violée par un inconnu sur un terrain vague.
Si je n'avais pas fait ces dépressions, je ne serais pas aussi forte et heureuse aujourd'hui. Je ne me serais jamais reprise en main, pour me défendre contre tous ceux qui ont tenté de me harceler, échapper à un pervers-narcissique, à une relation toxique, sortir la tête haute d'un burn-out et d'un harcèlement professionnel. Je ne saurais pas gérer mes crises d'angoisse, je n'aurais pas toute cette culture acquise à défaut de sorties, je n'aurais probablement pas fait les mêmes études qui ne m'auraient probablement pas menée là où je suis aujourd'hui.

La question du harcèlement des surdoués est complexe, car personne ne peut protéger éternellement ses enfants. Quand je vois ce que sont, à l'âge adulte, ceux qui ont été des enfants sur-protégés, qu'on a empêchés de se heurter à la réalité, je me sens réellement chanceuse. Parce que le harcèlement ne s'arrêtera pas après l'école, il continuera pendant les études supérieures, au travail, dans les relations amoureuses et amicales... Et si c'est injuste, on ne peut pas supprimer complètement le risque.
La seule chose qu'on peut faire, c'est d'apprendre à se défendre, ce qu'on n'apprend qu'en se confrontant à la situation. Car il y a autant de profils de victimes de harcèlement que de manières de s'en défendre et d'en réchapper (plus ou moins) indemne.

Voilà pourquoi ce n'est ni complètement noir, ni complètement blanc.
D'un côté, le harcèlement est toujours terrible à vivre, à endurer, et peut provoquer tout un tas de troubles.
Mais de l'autre, la violence forme au monde réel.

Note : Je suis personnellement opposée à toute forme de violence, quelle qu'en soit sa forme ou sa raison d'être. Je suis convaincue que répondre à la violence par la violence n'est jamais une solution. Mais je sais aussi que le monde réel est loin de ressembler à celui des contes de fées, et qu'accepter sa dureté permet de l'affronter sans être violent ou blessé.

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par lechalote le Mar 30 Juin 2015 - 6:45

- Lucy - a écrit:
Bienvenue dans le monde merveilleux des Bisounours.

C'est beaucoup plus complexe que cela, et j'espère que mon expérience t'éclairera (...)
Voilà pourquoi ce n'est ni complètement noir, ni complètement blanc.
D'un côté, le harcèlement est toujours terrible à vivre, à endurer, et peut provoquer tout un tas de troubles.
Mais de l'autre, la violence forme au monde réel.

Chère Lucy. Ce que tu as vécu est vraiment terrible. C'est très compliqué de te répondre d'ailleurs, à cause de cette souffrance dont je pressens qu'avant tout elle a besoin d'être exprimée et entendue, mais je vais essayer de le faire quand même.
Comme l'a dit Aimant qui avait plutôt bien deviné, j'ai passé mon enfance à essayer de réparer les gens au tour de moi (à commencer par ma mère) et à tenter de comprendre.
Bien entendu, on surmonte ces événements, on en fait une force, on transforme, c'est la résilience (cf Cyrulnic et Alice Miller pour la violence faite aux enfants). Néanmoins, je constate que nombre de personnes en restent gravement blessées , justement parce qu'à force de dire que c'est normal, qu'il va bien falloir "faire avec" et que c'est l'école de la vie, ils ne sont jamais entendus, et finissent pas se couper d'eux-même.

Non je ne crois pas que ce soit "normal", et je pense qu'en 2015, dans ce pays, un enfant devrait pouvoir grandir dans un environnement respectueux et sécurisant, ou tout au moins avec des règles. Le risque, c'est de garder pour toujours ce sentiment d'insécurité en soi. Or, si c'est utile à certains moments de la vie, à d'autres, on devrait pouvoir baisser les armes. Mais quand le trauma est trop fort, et pas soigné, on ne peut plus, et la violence devient ingérable. On finit par la retourner contre soi, ou contre l'autre. J'ai vraiment beaucoup d'exemples qui vont dans ce sens.

Ce n'est pas parce que nombre de violences sont courantes qu'elles sont acceptables.
Les tiennes ne le sont en rien, et j'ai le souvenir que ma mère me répétait en boucle que ce qu'elle avait vécu était banal tant elle avait intériorisé la violence (quand elle a bien voulu en lâcher deux mots), et je peux t'assurer que ça ne l'était en rien non plus. L'idée n'étant pas de s'apitoyer. Elle a aussi une belle capacité de résilience, et a poursuivi sa vie comme un magnifique petit soldat, les poings en avant, les dents serrées, hurlant toutes les 5 mn pour des broutilles alors qu'elle soignait des cancers à la chaîne sans rien dire, et se vidant sur les chiottes touts les nuits. Elle sursaute encore aujourd'hui au moindre bruit.
Effectivement, elle a si bien réussi à se protéger que plus personne ne pouvait l'approcher.
Ce qui est arrivé est arrivé, mais on peut poser que ce qui est arrivé est inacceptable, qu'on n'a reçu aucune aide (cela existe pourtant), et se permettre de ré-accéder à un peu de douceur pour soi-même en étant capable de baisser la garde de temps en temps.
A 63 ans, elle commence tout juste à y arriver, parfois.
Pour revenir à l'école, je le disais plus haut, ma fille de 10 ans maîtrise parfaitement le "dégage, va te faire foutre" et le fait de tirer un garçon par les cheveux (en mettant bien ma main comme ça maman, tu vois, ça marche super bien, tu n'as plus qu'à les traîner en arrière) pour l'empêcher de mettre des coups de pieds dans la colonne vertébrale de son copain. Est-ce que ça me soulage qu'elle sache faire ça? Oui. Est-ce que je trouve ça normal? Absolument pas. Un mec m'a agressée sexuellement, je me suis défendu et l'ai agoni d'insultes sur 600 mètres. Je peux te dire que je me suis surprise, et que là aussi j'étais heureuse de ma réaction.
J'insiste, ce n'est pas parce que nombre de violences sont courantes qu'elles sont acceptables. Et pour moi, ça commence dès le départ, à l'école, par le fait de refuser systématiquement et autant que faire se peut toute forme de violence. Ce qui n'est pas contradictoire avec le fait de savoir se défendre, puisque en effet, elle est là.


Dernière édition par lechalote le Mar 30 Juin 2015 - 8:31, édité 4 fois

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Cyril THQI le Mar 30 Juin 2015 - 7:02

- Lucy - a écrit:
lechalote a écrit:Je ne crois pas non plus que s'en prendre plein la tête depuis la maternelle aide à s'endurcir, au contraire, je suis certaine que ça fragilise les enfants.
Bienvenue dans le monde merveilleux des Bisounours.

C'est beaucoup plus complexe que cela, et j'espère que mon expérience t'éclairera :
En primaire je me battais, souvent contre des garçons plus âgés qui m'attaquaient en bande. Au collège, j'ai été harcelée, au lycée j'ai recommencé à me battre, toujours contre des garçons.
Tout au long de mon enfance et de mon adolescence, j'ai effectivement été très seule, souvent angoissée, et j'ai fini par faire des dépressions.
Voilà pour le côté obscur.

Mais il n'y a pas que cela.
Si je n'avais pas su me défendre, à 14 ans j'aurais été violée par un inconnu sur un terrain vague.
Si je n'avais pas fait ces dépressions, je ne serais pas aussi forte et heureuse aujourd'hui. Je ne me serais jamais reprise en main, pour me défendre contre tous ceux qui ont tenté de me harceler, échapper à un pervers-narcissique, à une relation toxique, sortir la tête haute d'un burn-out et d'un harcèlement professionnel. Je ne saurais pas gérer mes crises d'angoisse, je n'aurais pas toute cette culture acquise à défaut de sorties, je n'aurais probablement pas fait les mêmes études qui ne m'auraient probablement pas menée là où je suis aujourd'hui.

La question du harcèlement des surdoués est complexe, car personne ne peut protéger éternellement ses enfants. Quand je vois ce que sont, à l'âge adulte, ceux qui ont été des enfants sur-protégés, qu'on a empêchés de se heurter à la réalité, je me sens réellement chanceuse. Parce que le harcèlement ne s'arrêtera pas après l'école, il continuera pendant les études supérieures, au travail, dans les relations amoureuses et amicales... Et si c'est injuste, on ne peut pas supprimer complètement le risque.
La seule chose qu'on peut faire, c'est d'apprendre à se défendre, ce qu'on n'apprend qu'en se confrontant à la situation. Car il y a autant de profils de victimes de harcèlement que de manières de s'en défendre et d'en réchapper (plus ou moins) indemne.

Voilà pourquoi ce n'est ni complètement noir, ni complètement blanc.
D'un côté, le harcèlement est toujours terrible à vivre, à endurer, et peut provoquer tout un tas de troubles.
Mais de l'autre, la violence forme au monde réel.

Note : Je suis personnellement opposée à toute forme de violence, quelle qu'en soit sa forme ou sa raison d'être. Je suis convaincue que répondre à la violence par la violence n'est jamais une solution. Mais je sais aussi que le monde réel est loin de ressembler à celui des contes de fées, et qu'accepter sa dureté permet de l'affronter sans être violent ou blessé.
Face à une agression on peut réagir de 3 façons différentes :
- Fuir ;
- Combattre ;
- Etre en inhibition de l'action.

La première possibilité n'est guère possible pour un enfant agressé à l'cole.
La troisième expose à des problèmes psychologiques et somatiques.

Il reste la deuxième. C'est la voie que tu as empruntée. C'est très bien. Mais tout le monde ne peut pas l'emprunter. Certains se retrouveront en situation d'inhibition de l'action et en souffriront.

Cyril THQI
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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Invité le Mar 30 Juin 2015 - 10:00

Salut Lucy Smile

Sacré parcours, et belle force que tu montres Smile

lechalote a écrit:Comme l'a dit Aimant qui avait plutôt bien deviné, j'ai passé mon enfance à essayer de réparer les gens au tour de moi (à commencer par ma mère) et à tenter de comprendre.
Ce n'est pas de la divination, c'est un vécu commun Razz Wink . Vous utilisez des mots et avez des connaissances qui ne peuvent être rattachés qu'à cette expérience.

lechalote a écrit:Bien entendu, on surmonte ces événements, on en fait une force, on transforme, c'est la résilience (cf Cyrulnic et Alice Miller pour la violence faite aux enfants). Néanmoins, je constate que nombre de personnes en restent gravement blessées , justement parce qu'à force de dire que c'est normal, qu'il va bien falloir "faire avec" et que c'est l'école de la vie, ils ne sont jamais entendus, et finissent pas se couper d'eux-même.

Non je ne crois pas que ce soit "normal", et je pense qu'en 2015, dans ce pays, un enfant devrait pouvoir grandir dans un environnement respectueux et sécurisant, ou tout au moins avec des règles. Le risque, c'est de garder pour toujours ce sentiment d'insécurité en soi. Or, si c'est utile à certains moments de la vie, à d'autres, on devrait pouvoir baisser les armes. Mais quand le trauma est trop fort, et pas soigné, on ne peut plus, et la violence devient ingérable. On finit par la retourner contre soi, ou contre l'autre. J'ai vraiment beaucoup d'exemples qui vont dans ce sens.
Je suis tout à fait d'accord avec toi. Au bémol près fonction de mon expérience que ce n'est pas la violence sociétale qui amène à ce résultat, mais la violence familiale subie dans l'enfance. Perso, je suis effaré par certaines situations malsaines acceptées par des adultes et générées par leurs parents.

C'est aussi une différence entre des types de familles. Celles détruisant, à "transactions paradoxales" (lien), VS celles construisant, à transactions individuées (lien). C'est pour cela que la combinaison de ces deux types de familles ne colle pas. Ma propre cellule familiale a explosé pour cette raison.

Vous connaissez le principe psychologique de contenant émotionnel ? Une histoire de vases communicants, et la capacité à contenir ses émotions/pulsions. Faisons la différence entre ta fille et sa copine. Tu as géré la violence subie par ta fille, ce qui l'a sécurisé. De ce que j'ai lu, personne n'a géré la violence subie par sa copine. J'aurai même tendance à dire que ses parents en sont à l'origine. C'est ça la différence entre toi et les autres parents. Tu es "plus forte" qu'eux, mais subir cette notion de contenance est une violence pour toi, qui s'explique.

On devrait pouvoir baisser les armes, je suis d'accord avec toi. On devrait ... On l'a déjà fait. Mais ce n'est pas reproductible partout, et tout le temps. Il y a aussi une voie dont vous ne parlez pas, c'est d'identifier cette violence, mais de ne pas y participer. C'est ce qui la désamorce. Dire non. Et ce n'est pas combattre.

lechalote a écrit:Ce n'est pas parce que nombre de violences sont courantes qu'elles sont acceptables.
(...)
J'insiste, ce n'est pas parce que nombre de violences sont courantes qu'elles sont acceptables. Et pour moi, ça commence dès le départ, à l'école, par le fait de refuser systématiquement et autant que faire se peut toute forme de violence. Ce qui n'est pas contradictoire avec le fait de savoir se défendre, puisque en effet, elle est là.
Parce que vous identifiez cette violence, pas les autres ... C'est leur mode relationnel "de base". Ce n'est cependant plus le votre.

Que se passe-t-il quand vous dites à d'autres "je trouve que c'est une situation violente" ? ...

En tant que tel, ce n'est pas de la violence, c'est de l'avidité émotionnelle. Vous leur offrez ce que personne ne peut leur offrir, de par leur et votre expérience. C'est parce que vous l'avez vécu comme violent à l'époque et peut-être que vous ne vous en êtes pas encore totalement détaché. Pareil pour l'école, qui n'est que le sociétal de vos enfants. Vous n'êtes pas les guérisseurs des autres, et vos enfants n'ont pas plus à l'être. Mais je ne le verrai pas comme une raison pour du communautarisme. Pour moi, cela reviendrait à m'exclure de moi-même, et c'est hors de question. Je ne leur ferai pas ce plaisir.

Cyril THQI a écrit:Il reste la deuxième. C'est la voie que tu as empruntée. C'est très bien. Mais tout le monde ne peut pas l'emprunter. Certains se retrouveront en situation d'inhibition de l'action et en souffriront.
Tu m'intéresses là. Qu'est-ce qui te fait dire que tout le monde ne peut pas l'emprunter ?

Perso, je me dis qu'il vaut mieux apprendre au gamin à se défendre. Vous le voyez différemment ?

Ce matin, j'ai amené mon gosses à l'école. Plus tôt, pour une sortie. Un de ses "agresseurs" était là. Le gamin le regarde de travers et mon gosse n'aime pas ça. Le gosse l'a fait direct devant moi, sans scrupules, de manière répétée. Sa posture était "choquante". A un moment donné, j'ai dit à mon gamin "c'est ce comportement là qui t'emmerde ?". Il m'a répondu que oui. Et là je lui ai dit "mais regarde le, il a l'air complètement débile à faire ça, il se ridiculise de lui-même...". Et là, mon gosse surpris par ma réaction, le regarde et "ah oui c'est vrai  Idea  Very Happy . Il se pisse dessus, tout le monde dit qu'il est un peu fou, etc ...". J'ai senti que c'était libérateur pour lui. Il subissait un comportement incohérent, ce qui le perturbait. Il se sentait rabaissé, alors que franchement, il n'y avait pas de raison. C'est ça aussi être parent : faire le tri des choses pour les gosses. Comme tu l'as fait lechalote Smile .

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Cyril THQI le Mar 30 Juin 2015 - 16:50

Aimant a écrit:Tu m'intéresses là. Qu'est-ce qui te fait dire que tout le monde ne peut pas l'emprunter ?
Je constate que tout le monde ne l'emprunte pas.

A noter qu'on sait produire expérimentalement l'inhibition de l'action. Il faut et il suffit d'apprendre que les actions ne permettent pas de fuir ou de combattre (voir le concept de résignation apprise).

Aimant a écrit:Perso, je me dis qu'il vaut mieux apprendre au gamin à se défendre. Vous le voyez différemment ?
Si c'est possible, c'est préférable. Mais est-ce toujours possible ? J'en doute.

Les trio fuite/lutte/inhibition de l'action a été popularisé par Henri Laborit. Il y a sans doute dans ses écrits des réponses plus intéressantes que les miennes aux questions que tu poses.

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Invité le Mar 30 Juin 2015 - 20:28

Cyril THQI a écrit:
Aimant a écrit:Qu'est-ce qui te fait dire que tout le monde ne peut pas l'emprunter ?
Je constate que tout le monde ne l'emprunte pas.
D'accord, merci Smile . Je voyais une notion de capacité entre "ne peut pas l'emprunter" et "ne l'emprunte pas", d'où ma question. De ma petite expérience, il suffit que les deux types de famille évoqués plus haut se rencontrent pour que le chemin soit emprunté par la famille "détruisante".

Cyril THQI a écrit:A noter qu'on sait produire expérimentalement l'inhibition de l'action. Il faut et il suffit d'apprendre que les actions ne permettent pas de fuir ou de combattre (voir le concept de résignation apprise).
Les trio fuite/lutte/inhibition de l'action a été popularisé par Henri Laborit. Il y a sans doute dans ses écrits des réponses plus intéressantes que les miennes aux questions que tu poses.
Rien ne vaut l'expérience Smile . Et tu as une démarche vis à vis de l'école sans doute en relation. Toute expérience est bonne à partager Smile

Je connais Laborit, on me l'a déjà fait découvrir. Le conditionnement à la Pavlov expliqué en ramenant cela aux fonctionnements neuronaux. Je ne suis pas d'accord avec tout. Je préfère Morin. Aussi, on peut "déconditionner". Les thérapies comportementales et cognitives (TCC : lien) en sont un exemple qui a un bon taux de réussite. Cela me fait douter quant aux fonctionnements neuronaux. Il est communément admis que le cerveau trouve sa structure finale en début de vie adulte. Les TCC en sont un contre-exemple ...

Cyril THQI a écrit:
Aimant a écrit:Perso, je me dis qu'il vaut mieux apprendre au gamin à se défendre. Vous le voyez différemment ?
Si c'est possible, c'est préférable. Mais est-ce toujours possible ? J'en doute.
Tout dépend le spectre visé, et l'époque de vie à laquelle cela survient. Personne ne peut résister à un changement voulu, car connu.

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par lechalote le Mer 1 Juil 2015 - 6:23

Aimant a écrit:
Je suis tout à fait d'accord avec toi. Au bémol près fonction de mon expérience que ce n'est pas la violence sociétale qui amène à ce résultat, mais la violence familiale subie dans l'enfance. Perso, je suis effaré par certaines situations malsaines acceptées par des adultes et générées par leurs parents.

Totalement en phase sur la violence sociétale versus familiales. Mais c'est un peu l'histoire de la poule et de l'oeuf, non? Cette violence familiale acceptée par la société devient une violence sociétale. Regarde la levée de boucliers sur la fessée..qu'est-ce qu'il y a de difficile à comprendre dans le fait qu'on ne frappe pas un adulte et à fortiori pas un môme?
Je passe le harcèlement moral et sexuel qui sont toujours aussi difficiles à faire reconnaître, et le nombre d'enfants qui se font agresser sexuellement et moralement dans le cadre familial, où la manipulation affective règne en maître très souvent , alors que dans le même temps, (là aussi c'est totalement incohérent), on n'a pratiquement plus le droit de punir et encore moins d'exclure un môme (tout au moins en primaire). Voire, on préfère exclure celui qui se fait harceler.
En gros, tant que les encadrants dans ce système n'auront pas pris de recul sur leur éducation, on ne va pas s'en sortir. Et tout ce joyeux système familial est calqué sans filtre en entreprise et dans toute collectivité, quel bonheur! Quand je vois le nombre de psychopathes qui se baladent en liberté aux postes de management en entreprise, c'est effarant. (Hier, mon manager qui venait de m"intimer l'ordre de ne pas me comporter comme une petite fille  Suspect pourchassait ma collègue après avoir jeté ses chaussures par la fenêtre... Shocked )
Anecdote pour rire (ou pas), un des mômes de la classe de ma fille a dû quitter le collège parce que le fils de la CPE le traitait de petit PD et que tout le collège a repris en cœur, même les filles qui le huaient dans les vestiaires.

Aimant a écrit:En tant que tel, ce n'est pas de la violence, c'est de l'avidité émotionnelle. Vous leur offrez ce que personne ne peut leur offrir, de par leur et votre expérience. C'est parce que vous l'avez vécu comme violent à l'époque et peut-être que vous ne vous en êtes pas encore totalement détaché. Pareil pour l'école, qui n'est que le sociétal de vos enfants. Vous n'êtes pas les guérisseurs des autres, et vos enfants n'ont pas plus à l'être. Mais je ne le verrai pas comme une raison pour du communautarisme. Pour moi, cela reviendrait à m'exclure de moi-même, et c'est hors de question. Je ne leur ferai pas ce plaisir.

C'est marrant ce que tu dis (même ça me trouble de le voir écrit comme ça)  sur l'avidité émotionnelle et être les guérisseurs des autres, car je crois qu'elles sortent en effet tout juste de cette phase. Sacrée leçon tiens!

Je n'avais même pas compris le terme d'avidité émotionnelle tellement c'est proche, c'est mon mari qui me l'a expliqué. Oui, on vit ça comme une agression caractérisée absolument! Moi, j'appelle ça le "système Violetta" ou "comment se faire la misère toute la journée".
Mais bon, n'en reste pas moins qu'avidité émotionnelle ou psychose caractérisée, si on explique trente fois à quelqu'un qu'il doit vous lâcher la grappe et que lieu de ça, il préfère passer ses journées à tenter de vous nuire et/ou à vous pourchasser pour que vous soyez son ami au lieu de vous laisser simplement tranquille, ça s'appelle du harcèlement.

Ma fille aînée notamment était vue je pense comme suffisamment forte pour pouvoir subir ces comportements, sous entendu tu seras toujours là pour nous. Elle a tendu la main trois fois, depuis le début de la 6ème, et trois fois se l'est pris dans la tête: exclusion, rumeurs, chantage au suicide, mensonges, etc.

Quand elle a finalement expliqué que non, elle n'est pas un punching ball, qu'on ne peut pas s'intéresser à elle uniquement quand l'une ou l'autre harceleuse  n'est pas là, et que donc, elle changeait d'amie (en l'espèce une bonne suiveuse qui avait quand même passé 6 mois tous les soirs chez nous, et lui faisait le coup pour la deuxième fois), ça a été un drame et une incompréhension totales en face. Tant pis, la môme continuera à se scarifier, mais la mienne est au clair avec elle même, elle ne subit plus les névroses des autres.

Pareil pour la gamine qui venait d'arriver et qui faisait la gueule tous les matins, se plaignait de tout tout le temps, dont le frère a dit à ma fille "si je la vois encore ici, je la gicle" (ouh, chouette famille) et a fini par tambouriner à notre porte en hurlant qu'elle pouvait bien mourir on s'en foutait...hum...la porte est restée close. Allez mourir plus loin, ma fille a piscine aujourd'hui. Évidemment la mère était énervée de ne plus avoir la gentille bouée de sauvetage à disposition, elle nous a appelée furax, tous les arguments psys à deux balles y sont passés. Mon mari a répondu "Hum, hum, je comprends, je comprends... Bien. C'est votre avis. Bonne soirée madame." Vivent les bouquins sur la contre manipulation, on a tous bien appris notre leçon!
Ras le bol, hein. Gardez votre "avidité émotionnelle", dévorez-vous émotionnellement entre vous et foutez nous la paix. N'empêche, heureusement que ma fille ne retournait pas au collège, je ne te dis pas ce qu'elle aurait pris!

Ma petite, pareil, elle a enfin pigé qu'on ne guérit pas les autres, on ne peut que se protéger. Je crois qu'elle, ça lui a pris encore plus de temps, elle ne voulait vraiment pas y croire, mais ça y est, enfin! Very Happy

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Invité le Mer 1 Juil 2015 - 14:58

lechalote a écrit:Cette violence familiale acceptée par la société devient une violence sociétale. Regarde la levée de boucliers sur la fessée..qu'est-ce qu'il y a de difficile à comprendre dans le fait qu'on ne frappe pas un adulte et à fortiori pas un môme?
Il y a divers degrés. On ne frappe pas un adulte, mais on le consigne dans sa chambre (prison) Prisonnier .

La fessée ... Je ne suis ni pour la fessée, ni pour son interdiction. Plutôt pour l'éducation des parents. Il m'est arrivé de mettre une fessée (une petite tape vexante, pas un truc où je me défoule) après avoir usé de tous les stratagèmes possibles pour calmer et faire parler mon gosse. C'est ce qu'il attendait. Une histoire de cadre là encore. J'avais lu un débat à ce sujet sur un autre forum. C'étaient les personnes tyrannisés par leurs parents les plus véhémentes et les plus enclines à interdire la fessée. Sans compter qu'elles n'étaient même pas parents, c'étaient les parents les plus mesurés. Faut pas tout assimiler ...

lechalote a écrit:Je passe le harcèlement moral et sexuel qui sont toujours aussi difficiles à faire reconnaître, et le nombre d'enfants qui se font agresser sexuellement et moralement dans le cadre familial, où la manipulation affective règne en maître très souvent , alors que dans le même temps, (là aussi c'est totalement incohérent), on n'a pratiquement plus le droit de punir et encore moins d'exclure un môme (tout au moins en primaire). Voire, on préfère exclure celui qui se fait harceler.
Mais là on est d'accord.

lechalote a écrit:En gros, tant que les encadrants dans ce système n'auront pas pris de recul sur leur éducation, on ne va pas s'en sortir. Et tout ce joyeux système familial est calqué sans filtre en entreprise et dans toute collectivité, quel bonheur! Quand je vois le nombre de psychopathes qui se baladent en liberté aux postes de management en entreprise, c'est effarant.
Pas de bol, vous avez de l'avance Razz Wink

lechalote a écrit:(Hier, mon manager qui venait de m"intimer l'ordre de ne pas me comporter comme une petite fille  Suspect pourchassait ma collègue après avoir jeté ses chaussures par la fenêtre... Shocked )
lol!

lechalote a écrit:Anecdote pour rire (ou pas), un des mômes de la classe de ma fille a dû quitter le collège parce que le fils de la CPE le traitait de petit PD et que tout le collège a repris en cœur, même les filles qui le huaient dans les vestiaires.
Plainte si ça ne change pas après gueulante, épicétou ...

lechalote a écrit:C'est marrant ce que tu dis (même ça me trouble de le voir écrit comme ça)  sur l'avidité émotionnelle et être les guérisseurs des autres, car je crois qu'elles sortent en effet tout juste de cette phase. Sacrée leçon tiens!
Ben écoutes ... Smile

lechalote a écrit:Je n'avais même pas compris le terme d'avidité émotionnelle tellement c'est proche, c'est mon mari qui me l'a expliqué. Oui, on vit ça comme une agression caractérisée absolument! Moi, j'appelle ça le "système Violetta" ou "comment se faire la misère toute la journée".
Apprendre à fermer les écoutilles Razz Wink

lechalote a écrit:Mais bon, n'en reste pas moins qu'avidité émotionnelle ou psychose caractérisée, si on explique trente fois à quelqu'un qu'il doit vous lâcher la grappe et que lieu de ça, il préfère passer ses journées à tenter de vous nuire et/ou à vous pourchasser pour que vous soyez son ami au lieu de vous laisser simplement tranquille, ça s'appelle du harcèlement.
Harcèlement qui a toujours une raison. Si tu n'en as rien à foutre de quelqu'un, tu lui fous la paix...

lechalote a écrit:Ma fille aînée notamment était vue je pense comme suffisamment forte pour pouvoir subir ces comportements, sous entendu tu seras toujours là pour nous. Elle a tendu la main trois fois, depuis le début de la 6ème, et trois fois se l'est pris dans la tête: exclusion, rumeurs, chantage au suicide, mensonges, etc.

Quand elle a finalement expliqué que non, elle n'est pas un punching ball, qu'on ne peut pas s'intéresser à elle uniquement quand l'une ou l'autre harceleuse  n'est pas là, et que donc, elle changeait d'amie (en l'espèce une bonne suiveuse qui avait quand même passé 6 mois tous les soirs chez nous, et lui faisait le coup pour la deuxième fois), ça a été un drame et une incompréhension totales en face. Tant pis, la môme continuera à se scarifier, mais la mienne est au clair avec elle même, elle ne subit plus les névroses des autres.
Tu as connu ça môme aussi ? Moi oui.

lechalote a écrit:Pareil pour la gamine qui venait d'arriver et qui faisait la gueule tous les matins, se plaignait de tout tout le temps, dont le frère a dit à ma fille "si je la vois encore ici, je la gicle" (ouh, chouette famille) et a fini par tambouriner à notre porte en hurlant qu'elle pouvait bien mourir on s'en foutait...hum...la porte est restée close. Allez mourir plus loin, ma fille a piscine aujourd'hui. Évidemment la mère était énervée de ne plus avoir la gentille bouée de sauvetage à disposition, elle nous a appelée furax, tous les arguments psys à deux balles y sont passés. Mon mari a répondu "Hum, hum, je comprends, je comprends... Bien. C'est votre avis. Bonne soirée madame." Vivent les bouquins sur la contre manipulation, on a tous bien appris notre leçon!
Vous êtes cools Smile . Perso, je suis du genre à ouvrir la porte, et à répondre moins gentiment au téléphone. Sur ces sujets s'entend. Quand tu aboies plus fort que quelqu'un, il se tait toujours. C'est de famille ça Smile

lechalote a écrit:Ras le bol, hein. Gardez votre "avidité émotionnelle", dévorez-vous émotionnellement entre vous et foutez nous la paix. N'empêche, heureusement que ma fille ne retournait pas au collège, je ne te dis pas ce qu'elle aurait pris!
Effectivement Smile . Mais à partir du moment où tu le sais, tu peux mieux le vivre Smile

lechalote a écrit:Ma petite, pareil, elle a enfin pigé qu'on ne guérit pas les autres, on ne peut que se protéger. Je crois qu'elle, ça lui a pris encore plus de temps, elle ne voulait vraiment pas y croire, mais ça y est, enfin! Very Happy
Attention à ne pas se protéger à outrance. On peut tomber dans l'excès inverse.

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par lechalote le Jeu 2 Juil 2015 - 12:35

Aimant a écrit:
Tu as connu ça môme aussi ? Moi oui.

Bin écoute, non, vraiment, je n'ai pas connu ça.
Je ne me suis jamais fait harceler enfant, sauf une fois en CE1, mais ça n'a pas duré très longtemps, et plus après.
Il faut dire que je n'avais aucun problème à être seule, dans la cour ou chez moi, je m'isolais donc assez facilement, et j'ai toujours eu horreur des conflits, j'en avais assez chez moi.
Le harcèlement en entreprise a eu lieu pour la première fois pour moi à 35 ans, 37 pour mon mari, j'ai mis suffisamment de temps à m'en remettre (pour mon mari, son agresseur a réellement fait une TS en réunion après son départ).

Avec un peu de recul, je me rends compte à quel point j'ai été choquée par ces comportements, de cette violence verbale et physique chez des enfants, dans un environnement dit "privilégié". D'autant que très souvent (dans mon expérience en tous cas) les parents sont en relation étroite avec le corps enseignant (profs, parents d'élèves, personnel de mairie au service scolaire etc). Relation qui donne visiblement aux enfants un sentiment d'impunité malheureusement justifié. Ce qui, en tant que fille de prolo qui n'a jamais bénéficié d'aucune relation ni privilège, me rend encore plus hystérique.

Mais apparemment, tout le monde est habitué, y compris l'encadrement scolaire...Comme le directeur du collège qui nous écrit que c'est classique à cet âge qu'une môme clame à tout le monde qu'elle a voulu se suicider à cause de ma fille. Bin si c'est normal alors...Ou l'infirmière qui me dit que si c'est un viol à la sortie du collège alors c'est différent  Suspect . Je n'ai même pas compris de quoi elle me parlait. Évidemment que c'est différent, madame, c'est du pénal.

Je peux maintenant comprendre le décalage entre mes réactions et celles du collège. Il me semble évident toutefois que laisser glisser et tolérer les choses à ce point est extrêmement dangereux pour ces enfants, donc je continuerai à dire ce qui ne va pas... en essayant d'être moins en colère Razz

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par lechalote le Ven 3 Juil 2015 - 6:04

Clôture de ces années magnifiques avant déménagement. Ma fille me ramène un carnet...comment dire...genre moyenne moyennante. Ou plutôt d'ailleurs elle l'oublie, donc soufflante et retour à l'école le lendemain matin pour le récupérer. L'instit : "Ah mais vous savez, ses résultats sont bons, on voit qu'elle travaille, on est pas inquiets pour elle!".
Deuxième fois. Ses notes sont nulles, mais personne n'est inquiet. Alleluia  Perplexe . Et mon discours du "tu vas te bouger les fesses", à la benne en 3 secondes. Scrogneugneu !

Spectacle le soir. Avec qui elle joue sa petite scène de deux personnes qui se crient dessus? Avec qui hein?  Horreur Avec la sale gamine qui ne l'a pas lâchée pendant deux ans, et pour laquelle j'ai demandé rectorat à l'appui qu'elles n'aient plus de contact et qu'on fasse soigner la môme. J'aurais dû demander qu'on fasse soigner le directeur avec tiens. Se tape la tête cont

Je suis partie avant le buffet gâteau au yaourt pour ne massacrer personne, et j'ai essayé de ne pas gâcher la fierté de ma Choups, mais quand même... Tomates Cowboy Crazy


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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par Invité le Ven 3 Juil 2015 - 10:24

lechalote a écrit:Bin écoute, non, vraiment, je n'ai pas connu ça.
Je ne me suis jamais fait harceler enfant, sauf une fois en CE1, mais ça n'a pas duré très longtemps, et plus après.
Je ne parlais pas du harcèlement, mais de changer d'amie parce que tu te rendais compte que la relation était à ton désavantage. Cela suppose le principe de symétrie dans la relation (donner/échanger/recevoir), avec le respect qui va avec : lien

lechalote a écrit:Il faut dire que je n'avais aucun problème à être seule, dans la cour ou chez moi, je m'isolais donc assez facilement, et j'ai toujours eu horreur des conflits, j'en avais assez chez moi.
Ce lien m'avait fait prendre conscience de la dynamique qui se met en place dans ce type de relation : enfant seul - enfant abandonné.

lechalote a écrit:Le harcèlement en entreprise a eu lieu pour la première fois pour moi à 35 ans, 37 pour mon mari, j'ai mis suffisamment de temps à m'en remettre (pour mon mari, son agresseur a réellement fait une TS en réunion après son départ).
Long hug

Pour les principes : lien

lechalote a écrit:Avec un peu de recul, je me rends compte à quel point j'ai été choquée par ces comportements, de cette violence verbale et physique chez des enfants, dans un environnement dit "privilégié". D'autant que très souvent (dans mon expérience en tous cas) les parents sont en relation étroite avec le corps enseignant (profs, parents d'élèves, personnel de mairie au service scolaire etc). Relation qui donne visiblement aux enfants un sentiment d'impunité malheureusement justifié. Ce qui, en tant que fille de prolo qui n'a jamais bénéficié d'aucune relation ni privilège, me rend encore plus hystérique.
Mais tu es mère maintenant, plus fille Razz

lechalote a écrit:Je peux maintenant comprendre le décalage entre mes réactions et celles du collège. Il me semble évident toutefois que laisser glisser et tolérer les choses à ce point est extrêmement dangereux pour ces enfants, donc je continuerai à dire ce qui ne va pas... en essayant d'être moins en colère Razz
Wink

lechalote a écrit:Clôture de ces années magnifiques avant déménagement. Ma fille me ramène un carnet...comment dire...genre moyenne moyennante. Ou plutôt d'ailleurs elle l'oublie, donc soufflante et retour à l'école le lendemain matin pour le récupérer. L'instit : "Ah mais vous savez, ses résultats sont bons, on voit qu'elle travaille, on est pas inquiets pour elle!".
Deuxième fois. Ses notes sont nulles, mais personne n'est inquiet. Alleluia. Et mon discours du "tu vas te bouger les fesses", à la benne en 3 secondes.
C'est quoi pour toi "moyenne moyennante" ?

Peut-être aussi est-ce là un autre décalage ? Tu vois un environnement "privilégié", alors que les profs voient un environnement de bas niveau.

lechalote a écrit:Spectacle le soir. Avec qui elle joue sa petite scène de deux personnes qui se crient dessus? Avec qui hein? Avec la sale gamine qui ne l'a pas lâchée pendant deux ans, et pour laquelle j'ai demandé rectorat à l'appui qu'elles n'aient plus de contact et qu'on fasse soigner la môme.

Je suis partie avant le buffet gâteau au yaourt pour ne massacrer personne, et j'ai essayé de ne pas gâcher la fierté de ma Choups, mais quand même...
L'année est finie, la prochaine se fera ailleurs Smile . C'est un nouveau départ Smile .

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Re: Enfant précoce et relations à l'école et au collège, votre expérience?

Message par lechalote le Ven 3 Juil 2015 - 13:06

Aimant a écrit:
lechalote a écrit:Bin écoute, non, vraiment, je n'ai pas connu ça.
Je ne me suis jamais fait harceler enfant, sauf une fois en CE1, mais ça n'a pas duré très longtemps, et plus après.
Je ne parlais pas du harcèlement, mais de changer d'amie parce que tu te rendais compte que la relation était à ton désavantage. Cela suppose le principe de symétrie dans la relation (donner/échanger/recevoir), avec le respect qui va avec : lien
Ah ça oui! Heu...pas tout le temps, mais pas loin  Cocard

Aimant a écrit:
lechalote a écrit:Il faut dire que je n'avais aucun problème à être seule, dans la cour ou chez moi, je m'isolais donc assez facilement, et j'ai toujours eu horreur des conflits, j'en avais assez chez moi.
Ce lien m'avait fait prendre conscience de la dynamique qui se met en place dans ce type de relation : enfant seul - enfant abandonné.

Bouhouhou  Calimero  (ouais j'ai cliqué sur + de smileys et ça m'éclate!)

Aimant a écrit:
lechalote a écrit:Le harcèlement en entreprise a eu lieu pour la première fois pour moi à 35 ans, 37 pour mon mari, j'ai mis suffisamment de temps à m'en remettre (pour mon mari, son agresseur a réellement fait une TS en réunion après son départ).
Long hug Pour les principes : lien

Merci  Amis  Top les deux liens. Je pense à l'hypnose d'ailleurs, car mon nouveau chef est un vrai malade, et j'ai beau savoir qu'il ne peut rien me faire, y'a un truc dans mon bide ou ailleurs qui n'a pas pigé ça...Cette fois, je ne veux pas me barrer parce que je le vois très peu, et que j'ai vécu ça, donc je SAIS (dans mon cerveau seulement malheureusement) qu'il n'a de prise sur moi que si je le veux bien. Et nos 7 mn de communication /semaine devraient être gérables sans xanax...



Aimant a écrit:
lechalote a écrit:Avec un peu de recul, je me rends compte à quel point j'ai été choquée par ces comportements, de cette violence verbale et physique chez des enfants, dans un environnement dit "privilégié". D'autant que très souvent (dans mon expérience en tous cas) les parents sont en relation étroite avec le corps enseignant (profs, parents d'élèves, personnel de mairie au service scolaire etc). Relation qui donne visiblement aux enfants un sentiment d'impunité malheureusement justifié. Ce qui, en tant que fille de prolo qui n'a jamais bénéficié d'aucune relation ni privilège, me rend encore plus hystérique.
Mais tu es mère maintenant, plus fille Razz

C'est vrai !N'empêche, je déteste qu'on utilise ses petits privilèges pour sa pomme. Comme faire monter sa fille de 14 ans la moitié du temps dans le spectacle d'une classe de CM1 et la faire applaudir une heure. Ou être responsable du service scolaire et se croire tout permis. Ou être CPE et avoir un fils harceleur. Ou être chef et défouler ses névroses sur les autres.  Groumph

Aimant a écrit:
lechalote a écrit:Je peux maintenant comprendre le décalage entre mes réactions et celles du collège. Il me semble évident toutefois que laisser glisser et tolérer les choses à ce point est extrêmement dangereux pour ces enfants, donc je continuerai à dire ce qui ne va pas... en essayant d'être moins en colère Razz
Wink

lechalote a écrit:Clôture de ces années magnifiques avant déménagement. Ma fille me ramène un carnet...comment dire...genre moyenne moyennante. Ou plutôt d'ailleurs elle l'oublie, donc soufflante et retour à l'école le lendemain matin pour le récupérer. L'instit : "Ah mais vous savez, ses résultats sont bons, on voit qu'elle travaille, on est pas inquiets pour elle!".
Deuxième fois. Ses notes sont nulles, mais personne n'est inquiet. Alleluia. Et mon discours du "tu vas te bouger les fesses", à la benne en 3 secondes.
C'est quoi pour toi "moyenne moyennante" ?

Peut-être aussi est-ce là un autre décalage ? Tu vois un environnement "privilégié", alors que les profs voient un environnement de bas niveau.

Nan, nan. Il m'a dit que la moyenne était bien supérieure à la moyenne nationale  Se tape la tête cont

Aimant a écrit:
lechalote a écrit:Spectacle le soir. Avec qui elle joue sa petite scène de deux personnes qui se crient dessus? Avec qui hein? Avec la sale gamine qui ne l'a pas lâchée pendant deux ans, et pour laquelle j'ai demandé rectorat à l'appui qu'elles n'aient plus de contact et qu'on fasse soigner la môme.

Je suis partie avant le buffet gâteau au yaourt pour ne massacrer personne, et j'ai essayé de ne pas gâcher la fierté de ma Choups, mais quand même...
L'année est finie, la prochaine se fera ailleurs Smile . C'est un nouveau départ Smile .

Hourra !

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