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Message par Invité le Mer 10 Juin 2015 - 19:55

Tout augmente; source de difficultés professionnelles croissantes.
Ma charge de travail... non, elle n'augmente pas vraiment, sur un an; elle le fait de mars à juin; il s'agit d'être sur le terrain au lever du soleil, ce qui veut dire se lever de plus en plus tôt, en fin de période à 5h, 4h30, 4h... Bagatelle me direz-vous, mais encore faut-il s'adapter à ce rythme mouvant. Pour autant, les exigences de la partie "bureau" ne cessent pas; ce n'est pas parce qu'on a commencé à 5h, qu'on ne peut pas avoir une réunion à 14h; le téléphone, les mails tombent non stop et celui qui appelle, et bien, il veut sa réponse: ça ne le regarde pas que vous ayez commencé à 5h et donc en théorie (les heures sup étant interdites par ordre supérieur) fini à 13 ou même à 15: il attend de vous une disponibilité pendant les heures dites de bureau, au moins 9h-17h, c'est normal.
En outre, le vent qui souffle de l'employeur va dans le sens d'en demander plus à des salariés déjà constamment sur la ligne rouge... un collègue confiait l'autre jour avoir failli s'endormir 3 fois au volant en 5 km. Ledit employeur répond que la fatigue est un argument qu'il n'entend pas du tout. On nous paie (mal, c'est une asso, mais on nous paie) donc l'employeur attend que nous soyons au top en permanence. Là encore, c'est normal. Nos limites physiques, ça ne le regarde pas. Il commence à envisager de nous demander de travailler plus régulièrement pendant le temps de WE et de vacances (sachant qu'on le fait déjà tous un peu).

Ma charge de travail non professionnelle itou: sans entrer dans les détails, engagement "politique" avec blog, présence dans plusieurs assos, engagement en paroisse aussi, bref, tout ça est source d'attentes des autres, de WE de travail, colloques, réunions le soir. Nous avons une demi-douzaine d'engagements. Comme beaucoup de monde dans ce pays.

Mon âge, enfin. J'approche de la quarantaine et je crains de ne plus être capable de relever ces défis. (J'ai un burn-out au compteur, il y a quelques années, et mes capacités de travail s'en sont trouvées durablement amoindries. Travailler 15h/jour, 8h pour l'employeur et 7 pour le reste, je ne peux plus du tout.) Problème: je ne suis pas sûr de savoir faire grand-chose d'autre. Ni d'être capable d'assumer ce "déclin". Du reste, autour de moi, personne ne le tolèrera, jamais. C'est "tu fais face, toujours au top, ou tu dégages, on te pourrit comme incapable dans tous tes réseaux". Normal, quoi, ce qu'on trouve partout !

Et c'est ça qui m'inquiète: le monde entier attend que j'en fasse beaucoup plus, vu que je ne fais, somme toute, rien d'incroyable...
Et je n'en suis pas capable !
Je me sens face à un mur.

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Message par Invité le Mer 10 Juin 2015 - 20:18

Toute heure travaillée est supposée être payée. Soit ton employeur te paie plus, soit tu as des récup, soit il embauche une deuxième personne. C'est la loi, d'autant plus, si tu mets ta santé en jeu.

Pour tes engagements non professionnels (j'en ai un paquet également), si ton corps dit stop, tu risques d'en payer le prix. Moi, je préviens toujours que quand je suis trop fatiguée, je ne viens pas, c'est tout. Si c'est une activité en club, j'ai payé ma cotisation. Si c'est du bénévolat, c'est du bénévolat donc un don de soi.

Tu crois vraiment que si on te "pourrit", ça affectera ta carrière? Ta santé et ta qualité de vie ne passent pas avant? Tu dis toi-même ne pas en être capable!

Au boulot, je fais des heures supps pas toujours rattrappées dans des cas exceptionnels, je ne compte pas forcément mes heures. Mais c'est exceptionnel.
Pour mes nombreux engagements associatifs, je considère que je donne du temps à ces organismes politiques, c'est du bénévolat, si je suis fatiguée ou que j'ai autre chose à faire, ma vie perso passe avant. Pour mes activités extra-professionnelles (que je paie), parfois je n'y vais pas si la fatigue est trop forte (mon corps dit stop, si je travaille, tant pis, je dois me lever le lendemain donc mes activités sautent), mais j'essaie d'y aller autant que possible tant que ça me fait plaisir de le faire.

Tu n'as qu'une vie! TES attentes à toi ne sont-elles pas plus importantes que celles des autres? Franchement, je doute que les gens soient si reconnaissants que ça des sacrifices que l'on fait...

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Message par Invité le Mer 10 Juin 2015 - 21:01

Eh... c'est que ma vie n'est pas distincte de mes engagements. Il n'y a pas "ma vie pour moi" (qui serait actuellement réduite à rien) et "ma vie pour les autres" bouffant tout. Que ce soit mon boulot ou mes (enfin nos, parce que c'est en couple) engagements bénévoles, ce sont des démarches en cohérence avec nos choix de vie, notre vision du monde (écologie intégrale) qui nous nourrissent en même temps qu'ils servent à donner quelque chose aux autres, tant qu'on se trouve dans une assez large zone d'équilibre. Je dis assez large parce qu'on avait réussi à y tenir pendant pas mal de temps.

Or, "tout augmente", ça veut dire: les exigences extérieures pour bien accomplir ces engagements augmentent. Quand on fait partie de certains réseaux où on n'est pas très nombreux, non seulement se faire pourrir équivaut à une mise à mort, mais il faut voir aussi que dès qu'on n'est pas à un événement, dès qu'on ne réagit pas à une actu, il faut s'en justifier. Et bizarrement, ce n'est pas du tout entendu comme argument de dire "je ne suis pas monté à Paris pour tel colloque ou telle manif écolo parce qu'en ce moment, pour faire mon travail d'écologue, je me lève à 4h tous les matins..." justement parce que ça ne regarde pas les autres, les efforts qu'on fait. Ils n'ont aucune raison de l'écouter, d'en tenir compte !
Mais ce qui augmente aussi, donc, c'est mon âge, ou si tu veux, ma capacité à faire face diminue. Ce qui rend de plus en plus aléatoire la possibilité de rester dans la zone d'équilibre, au moins pendant la période critique mai-juin.

Je fais quand même un truc pour moi, je prends des cours de luth, et il est très rare que j'en reporte un pour cause de fatigue. Mais nous avons déjà des engagements qui sont en complet standby, un au moins qu'on envisage d'abandonner... On avait décidé, comme ça, juste pour nous, d'apprendre le suédois, avec les bouquins qu'on peut trouver en France... Et bien ça a beau l'air d'être une langue assez simple, là aussi, on a totalement décroché.

Autour de nous, on ne voit que des gens qui font face, assument, gèrent des emplois du temps de dingue avec le sourire aux lèvres... N'importe quel cadre bosse de 7h à 20h 6 jours sur 7 au minimum, comme beaucoup de Français il pose 3 semaines de vacances dans l'année à tout casser, tout en prenant soin de sa famille et en assumant souvent au moins autant d'engagements que nous. La durée hebdomadaire de travail moyenne frôle les 41 heures, payées 35 (dont "chaque heure payée est due", c'est déjà fini depuis longtemps)...

Quand je vois ça, je me sens dramatiquement en-dessous des exigences de notre monde en termes de puissance de travail. Ce qui veut dire que si je décide de "penser à moi" ou "prendre soin de moi", ben tout simplement, je me ferai dégager de partout, parce que tout travail réclame plus que ce que je peux faire. Elle est là, l'angoisse.

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Message par Princeton le Mer 10 Juin 2015 - 22:05

Salut Fus, ton témoignage m'a beaucoup touché. Est-ce que tout augmente ou est-ce que tout diminue ? Question de point de vue... Tu parles d'une zone d'équilibre que vous aviez réussi à maintenir jusqu'à maintenant, eh bien moi en te lisant je n'ai pas perçu d'équilibre, mais plutôt une sorte de tyrannie, des apparences, du travail, de la performance, de la croissance, de l'augmentation indéfinie, qui fait tout enfler et déforme tout, et qui in fine, terrorise au lieu de libérer... Si tout augmente, alors peut-être serions-nous arrivés au moment où tout explose enfin ?

Il est possible que tu voies la diminution de tes activités comme une diminution de ta personne, tu fais plusieurs références à ton âge qui vont en ce sens. Mais diminuer tes activités, ce n'est pas avouer ta faiblesse, ou par comparaison, te sentir moins résistant que tes collègues (concernant lesquels d'ailleurs je pense que tu formes une image trompeuse, car si en apparence ils semblent heureux, les choses sont en réalité souvent beaucoup plus nuancées... Mais peut-être que la vision que tu as d'eux ne reflète que la vision que tu essaies de donner de toi-même, ou que tu voudrais pour toi-même...), c'est surtout fixer tes priorités, et user de ta liberté. D'abord, avant tout, en premier lieu, il y a toi : un être humain, unique, sacré, qui a droit au respect de son corps, de son intégrité, de ses émotions, ressentis, etc. Ce respect, il faut que tu te le donnes, que tu l'exiges de toi-même, avant de songer à l'obtenir des autres, à l'exiger des autres. Charité bien ordonnée...

Dire non, ce n'est pas une faiblesse, ce n'est pas un désaveu, c'est une force, c'est une affirmation vitale, qui pose les limites, tes limites. Alors si des choses augmentent, d'autres diminuent : ta tolérance en premier lieu. Et tant mieux peut-être ? C'est l'opportunité de reprendre les choses en main, de remettre les choses à plat, de retrouver un rapport à l'existence qui ne soit ni dans l'apparence ni dans la performance, mais dans... dans quoi ? A toi seul de le dire... Que voudrais-tu diminuer ? La fatigue ? La peur ? L'anxiété ? Que voudrais-tu augmenter ? La joie ? L'amour ? La paix ? Le goût, les sens ? C'est à toi de le dire. Rien ne devrait être une corvée, un fardeau, une contrainte, surtout la manière dont on use de son temps libre. Sitôt qu'elle les devient, ne faut-il pas s'interroger ? Sur le sens de l'action ? Est-ce qu'elle nous éloigne de nous-mêmes, nous éparpille, ou est-ce qu'elle permet de nous réaliser ? Tout le malheur de l'homme vient de ce qu'il ne sait pas rester en repos dans une chambre, disait Pascal... Et si tu l'essayais, ce repos ? Face au temps de la frénésie, de l'urgence, des contraintes horaires et des emplois du temps qui se fissurent sous le poids des obligations, masquant à peine que ce qui croule, derrière, c'est l'homme, bien réel, lui...

Enfin, je ressens la peur de ce que les autres vont penser. Mais je pense que c'est avant tout ta propre peur qu'il faut affronter : celle de n'être ni dans l'apparence, ni dans la performance, de sortir d'un cercle vicieux et déshumanisant, d'une grille de lecture qui oublie ton humanité quand elle devrait en faire le centre, de te montrer... humain ? Bienvenue dans notre triste siècle, où être humain est une source de honte, où faire des choix, exiger le respect de soi-même est une aberration. Les autres en ont aussi peur, sans doute parce que si quelqu'un osait dire non, alors quel tremblement de terre, quel séisme, quel cataclysme ! Alors nous pourrions... faire autrement ? Nous pourrions arrêter de subir et de prétendre ? Nous serions... libres ?

Je te laisse avec tout mon courage et toute ma sympathie pour ce que tu traverses, et avec cette citation de Christian Bobin, qui te parlera peut-être :

"À quoi reconnaît-on les gens fatigués. À ce qu'ils font des choses sans arrêt. À ce qu'ils rendent impossible l'entrée en eux d'un repos, d'un silence, d'un amour. Les gens fatigués font des affaires, bâtissent des maisons, suivent une carrière. C'est pour fuir la fatigue qu'ils font toutes ces choses, et c'est en la fuyant qu'ils s'y soumettent. Le temps manque à leur temps. Ce qu'ils font de plus en plus, ils le font de moins en moins. La vie manque à leur vie."
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Message par Invité le Mer 10 Juin 2015 - 22:39

Dire non, ce n'est pas une faiblesse, ce n'est pas un désaveu, c'est une force, c'est une affirmation vitale, qui pose les limites, tes limites.

Oui, mais ça je l'ai entendu plein de fois. C'est très vrai, sauf que personne au monde n'ose le mettre en oeuvre. Tout le monde l'enseigne aux autres, mais personne ne peut se le permettre. Celui qui dit non rien qu'une fois est voué à la mise à mort, car le monde ne pourrait pas fonctionner si ce fou-là se mettait à faire des émules. Si, je n'en vois qu'un qui ait osé récemment, mais à 85 ans, ça passe; pas à 39. Tu le dis toi-même plus loin, d'ailleurs. Personne n'ose. Et puis "c'est la crise" et tout et tout, c'est pas le moment de se reposer. C'est marche ou crève.

Rien ne devrait être une corvée, un fardeau, une contrainte, surtout la manière dont on use de son temps libre. Sitôt qu'elle les devient, ne faut-il pas s'interroger ? Sur le sens de l'action ? Est-ce qu'elle nous éloigne de nous-mêmes, nous éparpille, ou est-ce qu'elle permet de nous réaliser ?

Ce dont je n'ai pas du tout envie, c'est d'être ma propre fin. Tout est bien, si ce que je construis me construit aussi, me nourrit, ne serait-ce que parce que cela signifie que je gagne des forces au lieu d'en consommer, que je fais donc tout mieux, avec plus d'efficacité, et avec un sincère sourire en plus. Dans la joie. Je veux plus d'énergie et de joie pour construire quelque chose, pas pour me réaliser. Si je m'y réalise dans l'histoire, tant mieux, pour les mêmes raisons. Mais ce n'est pas moi que j'ai envie de construire, ce qui me plaît, c'est de faire partie de la myriade des ouvriers attelés au bien commun. ça passe autant par mon couple et la famille qui, j'espère, en naîtra que par "l'engagement politique" (au sens large), mais un projet de vie autocentré, ça ne m'intéresse pas, mais vraiment pas du tout. C'est drôlement plus passionnant de bêcher dans un coin d'un jardin grand comme le monde que de tailler sa haie de lauriers bien close.

Maintenant, on a très vite fait de basculer de l'entreprise enthousiasmante au devoir écrasant d'une guerre-habitude d'un nouveau genre. Ce n'est pas que les bases étaient viciées au départ.

"À quoi reconnaît-on les gens fatigués. À ce qu'ils font des choses sans arrêt. À ce qu'ils rendent impossible l'entrée en eux d'un repos, d'un silence, d'un amour. Les gens fatigués font des affaires, bâtissent des maisons, suivent une carrière. C'est pour fuir la fatigue qu'ils font toutes ces choses, et c'est en la fuyant qu'ils s'y soumettent. Le temps manque à leur temps. Ce qu'ils font de plus en plus, ils le font de moins en moins. La vie manque à leur vie."

Effectivement, c'est ça qui me parle le plus. Cette bascule se produit. Il faudrait ajouter que dans cette fuite, ils croient, je crois accroître leur créance sur le monde, le droit que nous aurons d'exiger un jour la récompense et le repos (la récompense sous forme de repos ?) qu'il nous refuse jusque-là. Le repos est une carte qu'on hésite à abattre. Car dès que tu souffles un instant, quand tu repars, on attend de toi que tu sois de nouveau en pleine possession des moyens de tes vingt ans. D'un vague week-end de trois jours succédant à six mois de cadences infernales, on tire argument pour exiger de toi une performance au top pendant les six mois suivants ! Tu viens de te reposer, n'est-ce pas ? donc aucune excuse. Le repos devient un piège. Alors, on s'y ferme au moment où on en a le plus besoin. Fatigué, on caresse l'espoir que le monde abaisse d'un cheveu sa pression, dans un inhabituel accès d'humanité. Avec ceux qui n'arborent pas de cernes, il perd toute pitié. La fatigue est le seul espoir d'arracher un droit au repos, voilà pourquoi il ne faut jamais se reposer.

Enfin, si on avait eu les moyens, il y a un mois, nous serions partis une semaine dans un monastère. Là, se trouvent le silence et le repos espérés. Là, l'employeur ne peut même plus t'atteindre au téléphone ou par mail (car un employeur moderne se fout pas mal que tu sois en congé: il te contacte.) On n'a pas pu se le payer. Ce n'est pas qu'on ne voulait pas.

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Message par Invité le Mer 10 Juin 2015 - 22:43

Je n'ai pas voulu te bousculer, ni te juger mais au vu des deux dernières phrases de ton premier message, je me suis dit qu'il serait dommage que tu finisses par craquer. Wink

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Message par Princeton le Mer 10 Juin 2015 - 23:32

Fus... a écrit:
Dire non, ce n'est pas une faiblesse, ce n'est pas un désaveu, c'est une force, c'est une affirmation vitale, qui pose les limites, tes limites.
Oui, mais ça je l'ai entendu plein de fois. C'est très vrai, sauf que personne au monde n'ose le mettre en oeuvre. Tout le monde l'enseigne aux autres, mais personne ne peut se le permettre. Celui qui dit non rien qu'une fois est voué à la mise à mort, car le monde ne pourrait pas fonctionner si ce fou-là se mettait à faire des émules. Si, je n'en vois qu'un qui ait osé récemment, mais à 85 ans, ça passe; pas à 39. Tu le dis toi-même plus loin, d'ailleurs. Personne n'ose. Et puis "c'est la crise" et tout et tout, c'est pas le moment de se reposer. C'est marche ou crève.

Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait... Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles... Les choses nous paraissent difficiles jusqu'à ce qu'elles soient faites... Je comprends ce que tu veux dire, mais parce que personne n'ose ne veut pas dire que tu ne le peux pas toi-même. Le monde ne va pas s'arrêter de tourner parce que tu oses dire non à quelque chose. L'immense majorité continuera à faire comme elle a toujours fait, jusqu'à ce que... ? Parfois jusqu'à la mort.

"C'est marche ou crève" : effectivement, sauf que ce que tu considères comme marcher est pour moi crever, et ce que tu considères comme crever est pour moi marcher, après s'être relevé. Désobéir n'est pas une tare, et encore une fois, c'est parfois le signe d'un élan vital, d'une envie de s'en sortir, de sortir, de prendre l'air... "It is no measure of health to be well-adjusted to a profundly-sick society." (Krishnamurti)

Fus a écrit:
Rien ne devrait être une corvée, un fardeau, une contrainte, surtout la manière dont on use de son temps libre. Sitôt qu'elle les devient, ne faut-il pas s'interroger ? Sur le sens de l'action ? Est-ce qu'elle nous éloigne de nous-mêmes, nous éparpille, ou est-ce qu'elle permet de nous réaliser ?
Ce dont je n'ai pas du tout envie, c'est d'être ma propre fin.

C'est très intéressant ce que tu dis. J'ai peut-être mal choisi mon terme, car ce que j'ai en idée part de soi pour aller vers autrui, ce n'est pas une action tournée vers soi-même comme fin, donc pas égoïste, mais une action qui prend son centre en soi-même, comme source. Disons qu'il peut y avoir un moment où l'action perd un sens propre, l'homme devient une machine. Cette idée est en lien avec les réflexions et les expériences de Milgram sur l'autorité. Et je la perçois dans les mots que tu utilises : l'augmentation, et maintenant, gagner au lieu de consommer, faire tout mieux, être plus efficace, avec plus d'énergie... En somme, économiser, profiter, rentabiliser, optimiser, construire le plus avec le moins, trouver les ressources, produire... Mais tu n'es pas une machine, tu n'es pas invincible... Tu as tes limites, comme tout humain... Et si tu ne les respectes pas, c'est autant de personnes qui en profitent. Ce qui me rappelle la fin d'une phrase, des gens qui "établissent leurs propres limites sans demander si le corps supporte." Prends soin de toi...

Ce que j'entends aussi dans tes mots, c'est l'abnégation, et j'irais même jusqu'à dire : le sacrifice. D'où la souffrance, comme une expiation, une réparation. Pour quels crimes et quels péchés ? Quel homme peut porter le poids du monde ? Tu mentionnes une paroisse dans un message précédent... Le christianisme est-il passé par là ? Nous sommes coupables... et pénitents... Plus tard, nous pourrons peut-être nous reposer, seulement si nous avons assez soufferts, si nous avons assez carburés, si nous nous sommes assez usés. La souffrance est notre monnaie, notre créance, notre valeur d'échange, notre droit à la retraite... Après l'effort, le réconfort ? Comme si tout devait passer par pertes et profits, qu'il fallait acquérir pour obtenir, gagner pour gagner, et ne jamais perdre, ne jamais craquer, surtout... Une créance sur le monde ? Tu ne lui dois rien, et il ne te doit rien non plus. La vie n'est pas réductible à des créances et des dettes, à des gains ou des pertes, à gagner ou à perdre.

Fus a écrit:je crois accroître leur créance sur le monde, le droit que nous aurons d'exiger un jour la récompense et le repos (la récompense sous forme de repos ?) qu'il nous refuse jusque-là.

Je ne comprends pas comment tu peux accepter de subir ce genre de traitements dégradants et inhumains. Tu mérites, s'il faut parler de mérite, mieux que ça, tu as tous les droits d'être vulnérable, de faire des erreurs, de douter, de ne pas savoir, d'avoir peur, de ne pas te sentir à l'aise, de critiquer... Mais ces droits, il faut te les donner... Je pense que ton message sur le forum montre que tu as déjà avancé dans tes réflexions, car tu cherches une solution... à des problèmes. Mais s'il n'y a pas de solution, alors il n'y a pas de problème. A toi de voir si tu crois qu'il y a une issue ou non. Il m'est d'avis que si tu poses des questions, tu espères des réponses. Ce ne sont peut-être pas celles que tu attends, et elles ne sont peut-être pas justes... Mais j'ai présenté les miennes. Je trouve que c'est important, car le monde que tu décris est sombre, sans issue, terrible, encore une fois, tyrannique, despotique, totalitaire, il est comme sans couleurs, sans espoir... comme la survie des plus adaptés... Il m'effraie... Mon monde (professionnel du moins) y ressemblait, parce que je le voyais et vivais ainsi, puis mes perceptions ont changées, lentement, des voies alternatives sont apparues, la vie a retrouvé des couleurs, des nuances... Je te souhaite de les voir apparaître aussi, car je pense qu'elles te feront du bien, même si elles sont légitimement effrayantes elles aussi, quand on a passé autant de temps sans les voir... Attention les yeux ! Mais le monde n'est pas si noir, je crois... Je crois même qu'il est en couleurs...

Je te joins encore un petit texte, peut-être aura-t-il autant de succès que le premier, c'est un extrait d'un livre de Raoul Vaneighem :

"Et cependant tout le monde veut respirer et personne ne peut respirer, et beaucoup disent : "Nous respirerons plus tard", et la plupart ne meurent pas, car ils sont déjà morts.

(...)

Dans une société industrielle qui confond travail et productivité, la nécessité de produire a toujours été antagoniste au désir de créer. Que reste-t-il d'étincelle humaine, c'est-à-dire de créativité possible, chez un être tiré du sommeil à six heures chaque matin, cahoté dans les trains de banlieue, assourdi par le fracas des machines, lessivé, bué par les cadences, les gestes privés de sens, le contrôle statistique, et rejeté vers la fin du jour dans les halls de gares, cathédrales de départ pour l'enfer des semaines et l'infime paradis des week-ends, où la foule communie dans la fatigue et l'abrutissement ? De l'adolescence à l'âge de la retraite, les cycles de vingt-quatre heures font succéder leur uniforme émiettement de vitre brisée : fêlure du rythme figé, fêlure du temps-qui-est-de-l'argent, fêlure de la soumission aux chefs, fêlure de l'ennui, fêlure de la fatigue. De la force vive déchiquetée brutalement à la déchirure béante de la vieillesse, la vie craque de partout sous les coups du travail forcé. Jamais une civilisation n'atteignit un tel mépris de la vie ; noyée dans le dégoût, jamais une génération n'éprouva à ce point le goût enragé de vivre. Ceux qu'on assassine lentement dans les abattoirs mécanisés du travail, les voici qui discutent, chantent, boivent, dansent, baisent, tiennent la rue, prennent les armes, inventent une poésie nouvelle. Déjà se constitue le front contre le travail forcé, déjà les gestes de refus modèlent la conscience future."
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Message par Invité le Jeu 11 Juin 2015 - 10:49

Dire non, j'ai déjà commencé. J'ai demandé à être déchargé d'une petite partie de mon travail sur des collègues dont le planning s'était trouvé fortement allégé. Je ne l'ai pas ressenti comme une blessure à l'ego Laughing Bien que mon objectif soit de franchir la période haute sans passer par la case arrêt maladie pour asthénie (je m'y résous quand je constate que je m'endors debout, au sens propre, de manière récurrente) y parvenir n'a rien d'une performance olympique...
Mais ça reste un "non" limité. Si je dis non, en effet, le monde ne s'arrêtera pas de tourner, mais moi, je perdrai mon emploi. Il ne faut pas se faire d'illusion, peu importe depuis combien de temps on est là, ce qu'on a pu apporter etc: le jour où tu ne tires plus la charrette assez vite, c'est: dehors, sans un regard. Et si on retrouve partout la même situation ? Changer de boulot ne changera rien. Quant à construire un mode de vie alternatif, ben, oui, mais ça ne se fait pas en un clin d'oeil. C'est même excessivement compliqué.

Je me suis proposé (et ai été élu) délégué du personnel aussi pour lutter contre l'irruption du "fonctionnement d'entreprise" dans ce qu'il a de pire, la performance à tout crin, le salarié regardé comme une machine (juste un peu plus dégoûtante et vile, parce que ne coûtant pas cher à l'achat), le fait de boucler le budget qui justifie tout, y compris de marcher sur les êtres humains. Mais ça fait surtout un combat de plus à porter tous les jours, et on est seul, bien seul. Parce que là où je diverge du texte que tu cites, c'est que la majorité des damnés du travail préfère ne rien dire et tabler sur sa petite drogue-consommation qui l'attend le week-end. Avalée par le virtuel, elle est en train, sauf une petite minorité, d'oublier ce que signifie vivre, et d'appeler vie le temps qu'elle passe vissée à ses appareils.

Tu mentionnes une paroisse dans un message précédent... Le christianisme est-il passé par là ? Nous sommes coupables... et pénitents... Plus tard, nous pourrons peut-être nous reposer, seulement si nous avons assez soufferts, si nous avons assez carburés, si nous nous sommes assez usés.

Non, certainement pas. La paroisse est même le seul endroit où jamais personne ne me dira rien si je dis "j'en peux plus, j'arrête". Par contre, le monde de l'entreprise, lui, a très bien su récupérer le très français et très hérétique jansénisme et son dolorisme de merde. Le monde associatif aussi. La gloire de Dieu, c'est l'homme debout. Si quelqu'un me demande de me tuer à la tâche pour quelque chose de plus grand que moi, ce n'est pas lui. Je trouverai toujours des charlatans qui l'exigeront de moi en son nom, mais actuellement, ce n'est pas le cas. Pas de fausse piste facile.

Le propre d'une dictature, c'est que tu as des droits, mais que ça te fait une belle jambe car personne ne te les reconnaît. Actuellement, celui qui dit stop passe d'abord pour un faible, ensuite pour un fou, finalement pour un individu inutile et même nuisible: un cafard.

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Message par Walri le Jeu 11 Juin 2015 - 14:24

Peut être as-tu simplement trop d'activités à la fois?
Si tu ne veux pas dire "non" aux gens qui comptent sur toi, essaye au moins de te dire "non" à toi même. Il faut faire des choix, et à mon avis il vaut mieux que tu sois efficace au travail et dans une activité annexe que moyen (ou même médiocre, si tu dors debout) dans tout ce que tu fais.
Ce sera bien plus gratifiant pour toi comme pour tes collègues, il faut simplement accepter que l'on ne peut pas tout faire !
Si tu es aussi fatigué, il est impossible que tu travailles efficacement, donc tu perds ton temps, donc tu te fatigues encore plus : c'est un cercle vicieux.
Quant aux collègues, je ne pourrais pas supporter de mentalité "marche ou crève" pour ma part. S'il n'y a aucune reconnaissance de ton travail et de ton investissement, pourquoi t'acharner ? Tu pourras bien plus t'épanouir en exerçant ton travail d'une autre façon !
Pour le reste, je suis d'accord avec Princeton, je pense que tu idéalise grandement la vie des autres. "Autour de nous, on ne voit que des gens qui font face, assument, gèrent des emplois du temps de dingue avec le sourire aux lèvres... N'importe quel cadre bosse de 7h à 20h 6 jours sur 7 au minimum" => C'est tout à fait faux, beaucoup de gens travaillent moins que ça, même les cadres, et ceux qui suivent ce rythme ne peuvent pas le faire au delà d'un certain temps.
A mon avis, tu arrives effectivement à un stade où tu n'es plus capable d'assumer toutes tes fonctions, non pas parce que tu es moins bon qu'avant mais parce que tu en fais trop et que ton corps te dit stop. Il faut savoir s'écouter et, de temps en temps, envoyer chier ceux qui veulent te dicter ta vie.
Quoi qu'il en soit, je suis de tout cœur avec toi et j'espère vraiment que tu trouveras une solution. Tu parles d'une semaine de repos dans un monastère qui a été avortée, pourquoi ? Si c'est une question d'argent, un simple séjour en campagne pourra t'apporter un repos bien mérité, que ce soit en gîte ou en camping, pour vraiment pas cher.
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Message par Invité le Jeu 11 Juin 2015 - 15:08

Possible tout ça; de toute façon, on va alléger un peu pour l'année qui vient... mais parce qu'il nous faut anticiper une hausse par ailleurs... Après, il y a la question du timing. J'ai arraché l'an dernier et cette année une semaine de vacances en plein coeur de la période haute, arguant du fait que j'en avais besoin pour tenir la distance et qu'il valait mieux une semaine planifiée qu'un arrêt maladie impromptu. Seulement, faute d'avoir pu partir au vert, cette année, la semaine de pause n'a pas eu le bénéfice escompté, et je me trouve là au 11 juin, ne pouvant poser de jours, ne pouvant pas davantage décemment aller me faire arrêter par un toubib à moins que cela ne s'aggrave vraiment, car cela me vaudrait sans aucun doute une mise à la porte en fin d'année. Bref, je ne peux rien espérer, sinon deux malheureuses semaines de vacances début août (3 posées, mais la dernière, il m'a été... euh... rappelé qu'on attendait de moi une adaptation à la charge de travail, et donc que congés ou pas, il faudrait être au bureau. Là non plus, rien d'original, ça se pratique partout !) C'est beaucoup trop peu pour couper, et ça veut dire recommencer l'année avec déjà un déficit !

Mais une autre façon... encore faut-il la trouver...

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Message par Walri le Lun 15 Juin 2015 - 10:14

C'est bien d'avoir prévu un allègement ! Après l'idéal serait quand même que ce soit pour se reposer et souffler un peu, plutôt que pour se préparer à refaire encore plus par la suite.
Je ne sais pas exactement comment se passent les relations dans ton travail mais est-ce qu'il ne serait pas possible de trouver un arrangement? Est-ce qu'on t'en demande tout simplement trop ou bien l'organisation serait-elle à revoir pour gagner en efficacité (aussi bien ton organisation que celle de la boite)?
En tout cas pour tes vacances en août essaye d'en profiter pour réellement te déconnecter du travail ! Ne les vois pas comme deux "malheureuses" semaines mais au contraire comme une belle occasion de prendre un peu de recul, une coupure qui te permettra de te reposer. Pour la troisième semaine, dis toi que tu pourras la prendre dès la fin de la saison et donc avoir encore une occasion de souffler un peu après un travail bien accompli. Si tu recherches vraiment une "coupure" franche alors soit tu attend de cumuler tes congés jusqu'à pouvoir partir un mois, soit tu te prends une année sabbatique (en fonction de ton contrat ton employeur ne peut pas forcément te la refuser).
Sinon, si le problème vient de ton travail et que c'est lui qui te rend malheureux, alors peut être qu'il faudrait penser à une autre manier de l'exercer, et là je suis d'accord, la question est "comment" ?
Je ne sais pas ce que tu fais exactement donc ça va être difficile de te donner une réponse miracle, mais à tout problème il y a une solution ! Et de nos jours, avec internet tu dois nécessairement pouvoir trouver des exemples de gens qui font ce que tu aimerais faire, tu peux alors prendre contact avec ces gens, glaner des conseils et des retours d'expérience jusqu'à être prêt pour te lancer. Le tout est de savoir ce que tu veux : peux-tu améliorer les conditions de ton travail actuel ou bien est-ce peine perdue? Car si le blocage ne vient pas de toi, il est parfois difficile de résoudre les choses et s'acharner peut faire plus de mal que de bien. Encore une fois je ne te connais pas et ne connais pas ton travail mais il a quand même l'air de ne pas t'apporter ce dont tu as besoin alors peut être est-il temps de le remettre en cause et de penser à des alternatives. Prend le temps de faire des recherches et d'examiner les solutions qui s'offrent à toi, il y en a forcément pour qui sait les chercher, pour qui a envie de les trouver !
Bon courage à toi, je te souhaite de trouver l'apaisement et le bonheur. Quoi qu'il en soit, il ne faut jamais oublié que le pessimisme est un cercle vicieux, et mieux vaut se forcer à l'optimisme ou au moins à la neutralité pour mettre toutes les chances de ton coté !
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Message par Invité le Lun 15 Juin 2015 - 10:36

Tout cela est bel et bon, seulement, je ne peux pas accumuler des congés. Il y a des semaines de fermeture (2 en été, 1 entre les fêtes) et le reste du temps la consigne verbale est: tu poses tes congés, mais tu bosses, parce que pour boucler le budget, il faut vendre plus de journées de travail. Ce sera une coupure parce qu'on va partir loin de nos ordis et boîtes mail, mais une fois de retour ? Même en CP, on attend désormais d'un salarié qu'a minima, il traite ses mails et ses coups de téléphone pro (de toute façon, si je ne le décroche pas, souvent la personne rappelle sur mon perso, souvenir du temps où je n'avais pas de tel pro, du coup tout le monde a le perso...)
Donc ben oui il y aura une coupure, mais pas assez; et tout est là: on sature, parce qu'on a trop de trucs à faire, trop sollicitants presque jour et nuit, et les périodes permettant une vraie coupure sont extrêmement brèves, en fait, pas plus que les 2 semaines estivales. Et il est là, le noeud de l'histoire. Nos grands-parents travaillaient 6 jours sur 7, 14 heures par jour, 50 semaines par an, et ils y arrivaient.

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Message par Invité le Lun 15 Juin 2015 - 13:06

Fus... a écrit:
Enfin, si on avait eu les moyens, il y a un mois, nous serions partis une semaine dans un monastère. Là, se trouvent le silence et le repos espérés. Là, l'employeur ne peut même plus t'atteindre au téléphone ou par mail (car un employeur moderne se fout pas mal que tu sois en congé: il te contacte.) On n'a pas pu se le payer. Ce n'est pas qu'on ne voulait pas.

Ouais sinon tu peux aller dans les bois, y a pas le téléphone non plus et c'est gratos.

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Message par zelle le Lun 15 Juin 2015 - 13:28

Bonjour Fus...,

Je pourrais écrire des lignes et des lignes, mais je vais juste demander :

Qu'est-ce qui se passerait si tu en faisait moins.

Je veux dire par là que nous sommes sur un forum de surdoués, donc le vide, l'ennui, le sentiment d'inutilité... tu luttes peut-être contre;

Et je pense aussi que tu as une vision des autres qui est peut-être erronée. Travaillent-ils autant que toi, vraiment ? Car un zèbre, fait son action, et comme il doute beaucoup il travaille du chapeau aussi. Il cherchent des solutions, nos solutions, les vraies qui résoudraient les vrais problèmes.

Je découvre depuis peu que je ne travaille pas comme mes collègues. Car quand j'ai une solution qui règlerait les problèmes du service, je cherche à la mettre en place. Mais je suis seule ou presque à le faire.

Ils sont dans un autre type de fonctionnement. Tu peux regarder ce qui se passe, et nous décrire quelques actions, on t'en dira peut-être certaines choses que tu n'as pas vues.

J'ai vécu l'horreur au travail pendant quinze ans, et petit à petit mon fonctionnement change. Wink

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Message par Invité le Lun 15 Juin 2015 - 13:34

οἶος a écrit:
Fus... a écrit:
Enfin, si on avait eu les moyens, il y a un mois, nous serions partis une semaine dans un monastère. Là, se trouvent le silence et le repos espérés. Là, l'employeur ne peut même plus t'atteindre au téléphone ou par mail (car un employeur moderne se fout pas mal que tu sois en congé: il te contacte.) On n'a pas pu se le payer. Ce n'est pas qu'on ne voulait pas.

Ouais sinon tu peux aller dans les bois, y a pas le téléphone non plus et c'est gratos.

Je ne sais pas très bien chasser le chevreuil. Et y'a souvent de la 4G, même dans les bois.

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Message par Invité le Lun 15 Juin 2015 - 13:36

Qu'est-ce qui se passerait si tu en faisait moins

Dans certains domaines, on en fait juste assez pour ne pas tout compromettre. On vit dans un monde où toute baisse de rythme est lue comme le fait que tu décroches, t'es plus dans le coup, tombé du train, tu dégages.
Ailleurs, on a déjà commencé à élaguer, mais ça ne suffira pas.

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