Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

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Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par playmobile5 le Sam 11 Avr 2015 - 13:05

Certains auraient mieux fait de rester gentillement assis...

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Zarbitude le Sam 11 Avr 2015 - 13:06

Hello mec normal avec douance Very Happy
Dis, pourquoi tu ne mets pas d'espace entre numéro et 6 ?

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Kass le Sam 11 Avr 2015 - 13:51


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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par poupée BB le Sam 11 Avr 2015 - 13:59

Asperger,je connais le fonctionnement (cause familiale)
Relativisons alors,ce ne sont que quelques fautes!!

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par poupée BB le Sam 11 Avr 2015 - 14:32

[quote="Numero6"]Ben, tant qu'à parler des trucs qui piquent, ça serait un problème de mettre une majuscule à T et des espaces après les points et les virgules ? C'est pas que ça m'embête vraiment,  Evil or Very Mad mais je ne vois plus que ça.  albino

Je le fais bien mon petit Asperger, hmmmm ?[/quote
Oh toi tais toi!

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par offset le Sam 11 Avr 2015 - 14:50

Bonjour tout le monde


Allors on fait joujou sans moi   Smile


Une réponse à la ponctuation avec un humour un peu spécial, personne ne rougira j’espère Very Happy  


Spoiler:


Number6


Toi qui a un savoir immense   Rolling Eyes que penses-tu des Illuminati  ?  







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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Numero6 le Sam 11 Avr 2015 - 15:46

Zarbitude a écrit:Hello mec normal avec douance  Very Happy
Dis, pourquoi tu ne mets pas d'espace entre numéro et 6 ?

Putain de bonne question !

Aucune idée. Je crois qu'au départ je pensais qu'il fallait éviter les espaces pour le pseudo comme dans les adresses http.

Tu as raison, je change.


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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Numero6 le Sam 11 Avr 2015 - 15:49

J'ai essayé avec No. 6, mais ça ne marche pas. Je savais bien.

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Numero6 le Sam 11 Avr 2015 - 15:50

Kass a écrit:

OK

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Numero6 le Sam 11 Avr 2015 - 15:56

offset a écrit:Toi qui a un savoir immense,  Prisonnier que penses-tu des Illuminati  ?  

Je fais des tris. Je tente de renifler si j'ai quelque chose à gratter pour un peu n'importe quoi. Du coté des illuminati je n'ai jamais rien senti d'intéressant. Je ne connais pas du tout.
Comme ça, en regardant quelques vidéos, j'ai l'impression que l'obsession de déceler des signes de complot partout finissait par abrutir les gens, par réduire leur esprit critique.
Je n'y vois qu'une alternative de décérébration parmi tant d'autres, destinés à des êtres inoffensifs et qui aimeraient se penser menaçant pour le système.

Mais je n'y connais rien du tout.

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Yul le Sam 11 Avr 2015 - 15:59

ça c'est du pavé:
Numero6 a écrit:Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint un sexisme extravagant, une répudiation de l'univers masculin, de la vénération pour l'objet manufacturé, de la mauvaise foi à l'état de minerai, l'immolation de vos totems.

Et tout ça pour réussir à vous caser Sandra Bullock en PJ et BJ, des citations du blog Mon Oeil* ainsi que quelques scènes déterminantes pour mon imaginaire, de Demolition Man à Shameless US.

Rien que pour explorer cette foutue tendance à parer la réalité de ce qu'elle a décidé de me priver une fois pour toutes. Cette capacité à ennoblir le quelconque de mes décorations de l'Ordre du Fantasme.

Si ça vous fait chier, c'est que vous êtes en bonne santé. Vous pouvez poursuivre votre chemin et finir d'explorer les richesses de ZC.
Si vous trouvez de l'intérêt à lire le contenu du spoiler, vous devriez reprendre votre traitement. Maintenant.


Enjoy or GFY:
Pan dans l’Émile.



Cherche femme(s) à bourrer par tous les trous

Des trous, des trous, je veux des trous.

On n'en fabrique plus.

Des trous.

Plus assez rentable, production artisanale.

Il était une fois un petit chaperon rouge qui s'en allait chez sa mère-grand avec une galette et un petit pot de beurre.

J'ai connu ça, nature, sans Bettelheim et ses branlettes psychanalysantes, sans cette merde conscientisante, sans cette prétention du définissable, sans les tueurs de rêves, sans la 3D migrainante, sans les images d'Albator ou de Bob l'éponge qui te dégueulent leurs couleurs et leurs onomatopées à raison de 5 plans-séquences par seconde.

Une histoire pleine de trous.

Une histoire comme un théâtre d'ombre chinoise où le personnage met trois quart d'heures pour aller d'un bout à l'autre du décor. Et là mon pote, à moins de meubler toi-même, putain ce que tu peux te faire chier !
Et d'ailleurs je me faisais chier quand il s'agissait d'un spectacle scolaire. Purge d'entre les purges. Fureur et ennui.
Mais pas chez moi, au calme, quand je plantais le décor et le déroulé de l'intrigue, me laissant bercer par le récit.

Pourquoi la jolie petite fille est-elle "un" chaperon rouge, pourquoi sa grand-mère était une mère-grand (c'est encore plus vieux ?) et pourquoi une galette ? C'était en janvier ? Il mangeait de la galette tous les jours ou c'était juste pour faire plaisir à la vieille qui vivait toute seule dans la forêt ? On fait plaisir aux vieux en leur offrant du bon beurre Président ?

Et puis d'abord, dés le départ, il y a un bug. Vous enverriez votre petite fille chérie toute seule chez sa mère-grand traverser une forêt pleine de loups ? Et si tout le problème vient du risque de parler aux loups, il n'y avait personne pour le prévenir, "le" petit chaperon rouge ? Mais merde, rien que pour traverser la seule route qui menait au supermarché, comment ils me gonflaient la bite mes vieux, regarder à droite, puis à gauche et une dernière fois à droite. C'était évident que les parents du chaperon étaient des gros cas sociaux qui auraient du faire l'objet d'un signalement aux services sociaux d'aide à l'enfance.
Il manquait des bouts, forcément.

C'était de l'archéologie. On ne faisait que recueillir des bribes de la véritable histoire, on extrapolait à partir de vieux grimoires rescapés du frigo de Kass ou d'un incendie. Et les parents font ce qu'ils peuvent, ils tentent de raconter avec les bribes à leur disposition.

Alors je comblais les trous. Pfff, vous ne saurez jamais à quel point on pouvait souffrir quand on était gamin dans les temps anciens.

Parce que le lendemain, on reprenait le sujet et les parents n'avaient pas progressé d'un iota. Ils leurs arrivaient régulièrement de se tromper, parfois ils disaient "le chaperon rouge" au lieu de "le petit chaperon rouge". Tssss....

Et il fallait que j'en meuble des trous. Pleins. La grand-mère par exemple. La mienne de grand-mère, elle voyait un loup, elle lui balançait de la chevrotine dans la face à cette saloperie de bestiole. Et elle revendait la peau parce qu'il n'y a pas de petit profit. C'était une tueuse ma grand-mère, aucun lapin, aucun poulet ne lui résistait bien longtemps quand la coupelle déposée au sol finissait de se remplir du sang de sa victime. Ma grand-mère était une gourmande, dans sa jeunesse elle avait du être favorable à la re-introduction. Mais pas des loups.

Il fallait que je me tricote du cacochyme, du flétri, du qui tient à peine debout, qui sent le pipi et la mort. Tout ça à la main, dans ma petite tête à moi. Elle devait tellement être repoussante la vioque que sa famille la laissait lentement pourrir sur pied en pleine forêt, ça évitait de percevoir les remugles nauséabonds de ses entrailles en putréfaction, aussi anciennes que celles de Toutankhamon mais sans l'embaumement.

Gros malin le Perrault. Au lieu de "pousse la porte", il nous invente une formule magique tire la chevillette et la bobinette cherra. Il existe des mondes étranges où les grand-mères sont des mères-grands et où les gamines se font gloupper au brunch parce qu'elles ont fait la connerie de faire la conversation à un loup. C'est pire que dans les Hauts-de-Seine, même les époux Balkhani n’enverraient pas leur fille dans le bois de Boulogne passé minuit.
Nom di Diou de nom di Diou, le bordel qu'il faut faire dans sa tête pour inventer un machin susceptible de choir de l'autre coté de la porte quand un branleur de loup vient tirer la bobinette.
Et puis alors super malin le loup, parce que moi, j'habite dans une forêt avec ce genre de sale bête qui rode, la première pensée qui me vient en installant une serrure c'est d'éviter qu'elle soit actionnable par une putain de bobinette que le premier bâtard de loup peut cherrer à sa guise.

C'était complètement loufoque leur histoire débile. J'aimais bien. Ça ne tenait pas la route une seule seconde. J'imaginais la faim atroce qui tenaillait les loups pour bouffer du vieux, parce si il y avait bien un truc qui m'effrayait à l'époque c'était de devoir toucher un vieux ou une vieille à moustaches. Beeeuuuurrkkkkk.
C'était un travail d'équipe, ma mère déroulait la trame, et je me berçais la tête en ornant l'histoire de détails de mon quotidien ou sortis de mon imagination. La chevillette ressemblait à une calebasse à l'extérieur, son extrémité en arc de cercle passait l'huis pour actionner la bobinette ouvreuse de seuil. Clang. Fallait qu'elle soit sourdingue la mémère pour ne pas foncer direct chez Castorama. Ou pauvre. J'avais compris que vieux n'était pas un statut enviable.
Les enfants étaient cons, ça aussi je l'avais compris depuis longtemps.
C'est toujours énervés les enfants, c'est tout plein de rage et de sadisme gratuit, c'est toujours très très cons.
Alors ils sont punis quand ils sont vieux et trop moches et trop puants pour qu'il soit encore possible de perdre une seconde de patience avec ces morts qui ne le savent pas encore.

Les vieux sont des crevures. Ils sont toujours aussi cons et agressifs que les gamins, naviguant à bord du brise-glace "vous me devez le respect", les vieux sont des salopards fripés, les mêmes exactement que dans la cour de récréation, il n'y a que le dentier ou la perruque qui changent. Et l'odeur, celle qui permet de savoir leur présence comme la clochette des lépreux.

Les adultes sont des enculés obligés de bien se tenir. Ils traversent la période la plus insupportable de leur vie, celle où l'on a pas la possibilité de blesser à sa guise, pour garder une épouse, un métier, une place de parking. C'est une parenthèse qui se prolonge. Pour tenir le coup, ils s'amusent à faire se confronter les deux classes qu'ils détestent, les vieux et les enfants.

- Tiens ma fille que j'aime et que j'adore, va porter cette galette et ce petit pot de beurre que j'ai préparé avec amour à ton parchemin animé, à la vioque qui pue la chambre d'adolescente, à ta mère-grand (oui, je sais, ça la fait chier, elle voulait qu'on l'appelle mamie, cette salope qui m'a pourri l'enfance, mais elle peut toujours crever), tiens mon amour, ma chair et mon sang, va te péter le ridicule en forêt toute seule, avec un fanion vermillon pour bien que les loups repèrent ton petit cul gouleyant et tes cuisses de saloperie de chiure d'enfant de merde, tu arrêteras peut-être de me les briser menu avec tes caprices existentiels de princesse maltraitée. Tu sais à quel point je t'aime, ma chérie ?

C'est galant un loup, beaucoup mieux éduqué qu'un adulte, il débarrasse le décor des vieux qui finissent de se dessécher connement, mais ça sait rester ludique et patient avec les enfants. Parce que les pets comme les enfants, on ne supporte que les siens, il n'y aucune raison valable pour que le loup prenne le temps de jouer avec le petit chaperon rouge. Il s'en fout de toute manière, il ne voit pas les couleurs.
Il goinfre la vieille sans barguigner, parce que je suis bien d'accord avec lui, rien de pire que de se taper les litanies égrotantes des pré-cadavres. Par contre pour la jeunesse au chaperon rouge, et zyva que je te cause de mes yeux, de mes oreilles, de comment qu'elles sont belles mes dents, et que c'est pour mieux te manger mon enfant. Mais qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour se taper des jeunesses ! Pédophile, c'était un métier éprouvant à l'époque.
Jusque là, tout allait bien, j'imaginais le contre-jour qui masquait le visage du loup, je tentais de discerner le faciès de cauchemar de la vieille pour qu'on puisse le confondre avec celui d'un prédateur repu. Tout bien.

Bon, donc, l'autre petite salope qui se fait bouffer parce qu'elle cause aux loups, elle me rassurait. Parce que si il y avait bien une connerie que j'étais persuadé de ne jamais faire, c'était de tailler une bavette avec un loup, déjà que j'ai du mal avec les langues étrangères. Donc, bien fait pour sa gueule à cette pouffiasse prétentiarde et polyglotte. De toute façon, tu le sens dés le départ que ça va en chier pour son matricule, des parents responsables ne t'envoient pas dans la forêt toute seule avec une galette et un petit pot de beurre. C'est un appel à des pensées malsaines un contenu pareil.

Le seul moment où je flippais ma race, c'est quand les chasseurs-bucherons venaient tirer le loup comme un car de CRS tombé en panne aux Minguettes. Pourquoi ma mère avait-elle besoin de me rassurer ? C'est con ton truc, d'abord je ne suis pas "une" chaperon rouge, ensuite je ne cause pas aux loups, et la bobinette je la chois si je veux. Rien de plus angoissant que des parents qui veulent vous rassurer. C'est pire qu'un homme politique qui déclare que les impôts n'augmenteront pas, ça pue. C'est le seul moment où je me disais que, finalement, il y avait peut-être un blème qui m'avait échappé.


Mon cerveau c'est comme de l'Emmental, sans trou il ressemble à du gruyère.
Il me faut planter moi-même le décor, peindre la trainée pisseuse sur le devant de la chemise de nuit de l'aïeule, exposez la façade au Sud pour que la caméra capte bien le cherroiement de la bobinette, avec un gros plan tellement c'est compliqué le coup de la chevillette. Je zoomais en fonction de la difficulté du concept. C'est la longueur du trajet entre la maison chaperonesque et la back-room du loup que je n'ai jamais pu évaluer. Ma mère passait directement du petit pot de beurre à la conversation fatale. Faich, précise, merde !

M'faut des trous. Avec les chaperons comme avec les gonzesses. Les meufs je les veux pleine de trous, pleines de trucs que je ne connais pas, et que je ne veux surtout pas connaitre. Les grandes lignes, pas plus, pour les détails c'est là que j'interviens.

Les mecs c'est même pas la peine, ils n'ont aucun trou, de véritables blocs massifs, prévisibles jusque dans leur manière de se tripoter la bite dans les douches du vestiaire. Un mec c'est fragile, ça pleure quand ça ne peut pas te casser la gueule, c'est tout malheureux quand ça ne peut pas faire son tyran domestique, et son ulcère se creuse quand sa bagnole est moins valorisante que la tienne, il faut le consoler, il faut lui dire que la sienne est mieux conçue, plus pratique et finalement bien meilleure que ton six-cylindres feulant la victoire statutaire. Pas de trou. Un mec n'a absolument aucun intérêt. Tu n'as pas besoin de le consoler pour sa Logan de pauvre moderne, il le fait lui-même, il arrive à se persuader que pour posséder une Série 6, il faut vraiment avoir de la merde dans la tête. Mais putain que c'est con et prévisible un mec.

Le modèle a été un peu amélioré ces derniers temps avec les Nouvelles Tafioles. Il ne s'agit pourtant que d'un maquillage outrancier, le moteur tout merdique reste le même et la boite de vitesse accroche toujours autant. Les NT sont trop lourdes, elles ne tiennent plus la distance et s'effondre en larmes quand leur embrayage patine sous l'effort de traction, sans compter leur consommation excessive, elles coutent environ trois entrecôtes, cinq pipes, trente compliments et cinquante engueulades pour descendre la poubelle deux fois par semaine.
Aucun intérêt.
On disait qu'une Lada au sommet d'une côte était un miracle. Un mec qui descend la poubelle sans barguigner est à classer dans la même catégorie.

Faites péter les trous, c'est beaucoup plus drôle. Une gonzesse c'est comme une bagnole coréenne avec de l'électronique partout, et tous les matins les commandes changent, tous les matins il faut passer en revue tous les boutons avant de prendre le volant, sinon tu te vautres comme une merde. Chaque jour il faut réécrire le manuel de l'utilisateur. En coréen du Sud.

Si on réfléchit bien, une femme est aussi peu probable qu'un petit chaperon rouge, normalement ça n'existe pas ce truc. Ils ont monté les commandes à l'envers. Tu es gentil elle te tyrannise, tu lui mets un soufflet, elle pleure et elle est toute gentille après, malheureuse et gentille, toute calme, toute tranquille, elle fait beaucoup moins de bruit quand tu la pousses sur l'autoroute par la suite. Alors que le manuel d'origine te précise bien qu'il ne faut jamais frapper les femmes, même avec une rose. Comme si j'avais le loisir de foncer chez le fleuriste quand madame a décidé de me pourrir la soirée parce que ? Parce que.
Une femme c'est comme un moteur sans rupteur, ça monte dans les tours en furie, et si tu ne décides pas à lui couper l'arrivée d'essence à grands coups de clé à molette dans le carbu, elle te pète un joint de culasse dans la minute. Vite, vite, met moi un grand coup, je sens que je pars en vrille.

Intuitives ? Pffff... Illogiques, oui. Enfin, elles, elles sont persuadées d'être logiques, c'est juste que la logique change tous les quart d'heure. Elle te poupougne, elle te chouchoute, elle te câline, tu te détends, l'instant est cossu, tes sphincters se relâchent et tu lâches une caisse de force 12. Et boum, elle se détraque complètement, les commandes s'inversent.
Tu t'imagines à 185 sur l'autoroute à bord d'un véhicule dont les pédales changent d'attribution quand tu loufes sur ta sellerie cuir ? Tu enroulais tranquille sur le gras du couple moteur, et bing, sans prévenir, tu te retrouves à enfoncer la pédale de frein. Merci l'ABS, le TCS, l'ECT et les Michelin PilotSport préconisés sur les AMG.

Alors tu n'oses plus péter, ce qui contribue à beaucoup de mésententes conjugales. La congestion intestinale est mauvaise pour la patience.

Je vous le rappelle, les commandes s'inversent. Le seul enchainement logique après le premier pet c'est un deuxième. En un seul pet tu passes d'allié fiable à traitre, Staline après Yalta. Avec le deuxième pet, tu récupères un statut de bouffon bien dans ses sphincters. L'intention de nuire est effacée des motifs de mise en examen. Prouaaa.


Pendant longtemps, on a risqué à tout moment de se retrouver face à une personne peu bavarde ou peu intéressante, à devoir lui faire la conversation bien qu’on n’ait rien à lui dire. Pendant longtemps, il a fallu ruser, broder une discussion de façade, s’emparer de n’importe quel détail pour monter un sujet de conversation… Et quand la mince étincelle se produisait, il fallait ne pas relâcher l’effort : il fallait souffler sur les braises pour ne pas que la discussion s’éteigne.
*
Cette phrase servait d'introduction pour une réflexion sur les téléphones portables.

Il y a beaucoup de personnes qui sont comme ces conversations, il faut leur broder de l'existence, ruser et utiliser des subterfuges pour s'épargner de les voir simplement comme ils sont : des nourritures insipides, sans gluten, sans gras, sans calorie, sans sel.
Quoi de plus attirant ? Une personnalité à construire dans sa tête comme un meuble Ikea. Une partition vierge. Mais pas vraiment vierge. Une partition barbouillée par un petit salopard que ses parents prennent pour un génie, un magnifique papier, finement orné d'un support à musique, de lignes d'un bleu délicat. Et pour retrouver une mélodie agréable, il faut placer des notes, des silences, entre les gribouillis.
C'est crevant.
En plus, ils préfèrent leurs baragouins, c'est comme pour les pets, respect total pour tout ce qui sort de leur corps.
C'est épuisant.
Me faut du silence, me faut une partition vraiment vierge, me faut la page blanche.

Lorsqu’il parle de la petite maison-refuge dans laquelle il a pris l’habitude d’aller souffler, Jim Harrison, dans son autobiographie En marge, le dit d'une autre manière.

J’ai cru pendant des années que ce chalet me permettait de me remettre de mes batailles avec le monde réel et de m’y préparer. En réalité, il me préparait seulement à passer davantage de temps dans ce même chalet.
*

Parfois encore, nous avons ce rêve juvénile de voir se matérialiser la musique que l’on a en tête ou que l’on écoute au casque, de la voir se répandre partout où l’on se trouve…
*



Ma partition plus forte que vos pets. Ne serait la dangereuse tentation de se muer en dictateur de l'esprit, l'idée est séduisante.
Ne restait plus que la quête d'esprits sensibles à ma musique. Ils avaient un point en commun, le renoncement à la valeur intrinsèque de leur existence, le bonheur sincère de se savoir vivant, la sagesse d'admettre que rien sur cette terre ne vous est du. Les pauvres sont formés très jeunes à cette discipline. La misère est une maladie dont on ne guérit jamais. Un pauvre sait rapidement que sa naissance n'avait rien de précieux, un pauvre peut disparaitre du jour au lendemain sans émoi. Il n'est pas contre un peu de ma musique. Pour un pauvre, tout est bon à prendre, car rien n'est du.

La Misère, cette divine marâtre, fit pour ces deux jeunes gens ce que leurs mères n’avaient pu faire, elle leur apprit l’économie, le monde et la vie ; elle leur donna cette grande, cette forte éducation qu’elle dispense à coups d’étrivières aux grands hommes.
*
Balzac, dans Le cousin Pons.

Lorsque la chance de l'intelligence vous permet de rejoindre le clan de ceux qui pensent valoir quelque chose, vous êtes foudroyés par cette évidence que vos nouveaux amis ne verront jamais sans sombrer dans la dépression la plus désespérée : ils n'ont rien de précieux. Eux aussi pourraient parfaitement ne pas exister. La seule différence c'est que eux refusent de le savoir. Leur quête n'est que la tentative de reproduction de leur petit, tout petit, minuscule univers, le monde de ceux qui se pensent précieux. Vu de l'intérieur, je n'y vois que préciosité futile, exigences de pacotille, tourments de bien-nourris.
En entrant dans leur univers par la cuisse neuronale, ils m'ont prostitué selon leur mode rituel : la sanctification de leurs valeurs, la valorisation de leurs ego.
Si fragiles dans leurs convictions, ils ne survivent à mes assauts que par la fuite, ils vont se terrer dans leurs valeurs, les leurs, qu'ils sont les seuls à posséder, petit nid douillet, airbags fiables. Leur obsession est le maintien de leur lignage, ils n'ont pas pris assez de coups pour oser sortir sans la protection de leurs origines.
Ils ne savent pas vivre dans un monde où tout est bon à prendre. Les joies comme les peines. Les baffes comme les rat burgers.



Not bad. As a matter of fact this is the best burger que je comprends pas ce qu'il dit ensuite

Voilà bien une fiction. Ce qui compte avant tout pour ces gens-là, c'est la manière, leurs manières, leurs codes. Dans la réalité, il n'y aucune chance d’espérer combler le moindre trou, leur univers se veut hermétique à celui des autres, celui du vulgaire. D'un autre coté, Sandra Bullock et sa robe argentées, j'irais jusqu'à tenter l'impossible, je prendrais le risque d'assumer le vulgaire, pour lui en faire gouter les bienfaits.
C'est une forme de renoncement. S'affirmer vulgaire pour apporter sa touche. Se torcher le cul pour revendiquer ses origines, électron libre égaré. Bouffon repousseur d'ennui. Les prendre par les couilles et tordre jusqu'à l'épuisement. Ton univers m'a absorbé, prépare le Motilium, tu vas en chier.


I thought you wanna make love. Is that what you call this ?

Le seul mérite que j'accorde aux riches est de produire des jolies femmes. Pas seulement par les fringues, les bijoux ou le chihuahua, mais par cette persistance de princesse que les miasmes ont épargné depuis toujours. Le cinéma est un grand pourvoyeur d'illusions, il mélange les milieux et les exigences pour faire croire au prolo que la femme du riche ressemble à celle qu'il serait en droit d'attendre. Parfois, c'est réussi. Le simple geste de récupération du chewing-gum dans l'extrait suivant en est un exemple. Apparence de femme de riche et accessible par sa simplicité.


Sandra Bullock

Rigolez, rigolez, méprisez la carriériste Sandra, mais creusez-vous la cervelle. Vous en connaissez combien des vrais pauvres dont la gonzesse ressemble à SB ? C'est du cinoche.

Dans la vie réelle, rien de tout ça. Dans le cinéma français, c'est une galère de prendre un taxi. Dans ma vie à moi, c'est un luxe inutile, le métro est plus pratique. Et il m'épargne une conversation pénible.
Le cinéma français est une succession de privilégiés qui n'en ont jamais assez. Ils sont devenus insupportables par qu'ils ont renoncé aux exigences de leur classe sociale, la distinction et l'éducation. Ces riches, qui refusent de se penser ainsi, ont atteint un niveau de vulgarité et de bassesse dans leurs exigences personnelles qui me donnent la nausée. Un riche est invivable lorsqu'il mime les manières du prolo.
Ils font des trucs bizarres, ils ont des tourments existentiels, ils se déchirent, ils se retrouvent, ils affrontent leur père, ils désirent leurs cousines, et tout se termine dans la communion solennelle de la maison familiale à Deauville-les-Bains. Ce sont des poissons rouges dans un tout petit bocal. Pas de trous, pas de liberté. Il faut se glisser dans leur aquarium et prétendre que tout y est merveilleux. Et absolument indispensable.

Alors que pour moi-même personnellement, je me fous éperdument de leurs "valeurs" qui n'en sont plus depuis longtemps, la seule chose qui me motive c'est l'élégance des tailleurs Chanel et la qualité des escarpins de leurs femelles, rien de plus déprimant qu'une paire de pompe éculée. Parce que ça, c'est le seul trésor que tu ne trouveras jamais dans le quartier des Minguettes. Si ce n'est pas travaillé dés le berceau, le tailleur Chanel restera à jamais un déguisement, une fantaisie. Il n'aura jamais la grâce de la simplicité et de l'évidence.
Jean ou Hijab, je ne vois aucune différence.

Les États-Unis ont cet avantage de savoir valoriser des héros populaires, avec des énergies populaires, des exigences et des valeurs populaires. Chez nous on doit se contenter de Louis la Brocante ou de Plus belle la vie, des gens du peuple qui s'expriment comme des instituteurs de ZEP, avec le politiquement correct en perfusion à dose de cheval. C'est facile à identifier, le méchant c'est toujours le riche.



Shameless version US

Chez les ricains, un voleur, menteur, escroc, raciste, alcoolique peut devenir un personnage attachant. Les femelles n'ont pas d'angoisses existentielles, ce luxe n'a aucun sens, survivre avant tout, vivre si possible. Elles se font violer par un père alcoolique, mais ont un système de valeur très précis, elles trouvent leur place à grand coup de menaces verbales et de fucking bullshit, de renvois dans les cordes, GFY. Go Fuck Yourself.


Men are never right. That's why women were invented. To think for you, assholes.

Ce n'est que du spectacle. L'héroïne héroïque reste malgré tout issue de la classe moyenne, c'est une déchéance, mais une déchéance qui semble temporaire. Il est plus facile de s'identifier à ses rêves. Quand avoir chaud et manger sont les priorités, on ne largue pas un mec friqué par qu'on a besoin d'une chose indéfinissable. Quand on peut manger on mange.


I need something else now. I don't known but I know it's not you. You have to let me go.

Petite princesse, va. Le frisson de la séparation est tellement bon, si précieux, si indispensable. Mon âme mérite sa lacération. GFY. Pas de places pour combler le moindre orifice, les trous sont déjà largement remplis.

Ceux qui me semblent encore humainement atteignable sont les vrais prolos, ceux qui sont les faire-valoir des Gallaghers, ceux qui vivent depuis toujours la déchéance temporaire des Gallaghers. J'adore la petite Mandy et son langage de charretier. Elles se fait défoncer le cul par tout ce qui porte une bite depuis son enfance, son cul n'est pas un temple, c'est une autoroute gratuite. Elle n'a plus le biais cognitif de la princesse.

Son cul à Mandy, il y a longtemps qu'il n'a plus rien de précieux. Il est juste un moyen efficace de se vider les couilles pour les hommes qui l'entourent. Alors quand un mec ne veut pas lui mettre sa bite dedans, elle se trouve face à une faille spatio-temporelle. C'est elle qui constate un trou. Le truc qui manque. Le truc à combler impérativement pour prolonger la relation.
D’où cette scène que je trouve débordante d'humanité. Il faut expliquer à Mandy que certains ne sont pas câblés comme les autres. Il y a un regard de gamine qui découvre une autre réalité, un homme dont la préoccupation première n'est pas de la lui mettre dans le cul. Un homme qu'on pourrait avoir comme ami, pour la première fois de sa vie.


Mais gaffe les mecs, gaffe, homo est le minimum requis. C'est suffisant à Mandy pour boucher les trous. Elle peut se montrer protectrice, se prétendre girlfriend pour épargner le coming out à son nouveau complice. Il en faut peu pour qu'elle baisse sa garde. Il en faut peu pour qu'elle croit deviner les signes d'un grand amour quand elle est confronté à un hétéro qui ne se comporte pas comme les mecs qu'elle cotoit au quotidien. Le seul moyen qui lui reste pour remplir cet énorme trou est d'évoquer le grand amour.

Et Lip ne veut pas s'en rendre compte. Lip c'est le génie de la famille Gallagher. Il en fallait un. Pas de fiction US sans un génie méconnu. Pauvres petits zèbres. Ils n'ont pas choisi l'acteur au hasard, il a écrit un court-métrage The Fourth en 2008, dont la fiche IMDB indique While house-sitting, a young boy falls into the hands of his own imagination and conscience.

Lip ne se rend pas compte que s'occuper de la demi-sœur handicapée de Mandy, ou de son travelo de parent, est équivalent à une demande en mariage. Avec toutes les implications en cascade. Dans son système de valeur à lui, il n'a fait que son devoir d'être humain. Dans le système de Mandy, personne ne se fera autant chier sans être mu par un amour inconditionnel.

Sa sœur ainée, Fiona, tente de lui faire comprendre :

- But, lip, doing shit like this signals something to a girl like mandy. You sure you know what kind of signals you're sending?

Lip finit par la trouver collante la Mandy. Il lui rend service et en échange elle se croit autorisée à s'immiscer dans son intimité, dans son quotidien, à imposer ses signes de soumission maladroits.
Dans sa camionnette où il vend de la beu et des glaces, Mandy lui offre ses services, lui montre à quel point elle peut lui être utile. Traduis dans le langage de Lip, ça donne "tu es trop nul pour te débrouiller seul", alors que depuis toujours il ne compte que sur lui-même, son cerveau, son seul airbag dans l'existence. Alors il l'envoie chier.

- I can handle it.
- I'm good to stay.
- No, please just go home, mandy-- To your own fucking house, for once.

Et ça pour Mandy, c'est l'horreur.

- That was harsh, lui confirme le personnage de Kevin Ball.

Pas évident que Lip accepte le jugement, il n'a fait que demander à Mandy de le laisser se débrouiller à sa manière, celle qui marche, la seule en laquelle il puisse avoir confiance.

Kevin est obligé de lui en remettre une couche, de combler à sa place l'énorme trou qu'il refuse de voir.

- Yo, so what's up with you and mandy? You guys seem tight.

- I guess. She's gotten hella clingy.

- You rescued her cross-dressing sibling. You swashbuckled that shit, man. Seals the deal for a chick. I'm serious. Girls take that hero crap straight to the bank.
- She cook for you now ?
- Fold your clothes ?

- Sometimes.

- She stay over more than four nights a week ? Help you out with random stuff ?
- Dude, you are ghetto married.
- Enjoy it. You get all the perks, no paperwork.
- Guys would kill for that setup.

- I kinda hate it.

- What's wrong with you, man ?

Ce qui ne va pas ? Tu donnes, tu offres ton aide, donc les autres ont des droits sur toi. Tu deviens le héros. Pas seulement pour la bonne intention, surtout pour la réussite. Entourée d'échecs, Mandy veut mettre à la banque ce trésor du mec qui réussit. Elle va aller jusqu'à protéger ce trésor contre la volonté de Lip qui refuse de signer l'inscription dans une école prestigieuse. Un mec qui réussit c'est comme un rayon de soleil, il fait du bien.

Il lui en faudra du temps pour arrêter d'en vouloir à Mandy, de n'avoir pas tenu compte de son refus du collège. C'est le problème quand tu n'as que son cerveau à vendre, le sentiment de se prostituer n'est jamais loin. C'est comme dans Will Hunting.

- Écoute, t'es mon meilleur copain, alors le prends pas mal. Si dans 20 ans, t'es encore ici, si tu viens regarder la télé, et si t'es encore maçon, je te tue. C'est pas une menace, c'est un fait.

- Qu'est-ce qui te prend ?

- T'as un truc que n'a aucun de nous.

- Tu vas pas recommencer ! ''Je me dois de.'' Et si je veux pas ?

- Je t'emmerde ! C'est pas à toi que tu le dois. C'est à moi. Demain, je me réveille, j'ai 50 ans. Et je fais toujours la même chose. Je me plains pas. Toi, t'es assis sur le billet gagnant, mais t'es trop lâche pour t'en servir. Et ça, c'est con. Je ferais tout pour avoir ce que t'as. Nous tous, ici.
- Tu nous insultes si t'es encore là dans 20 ans. Rester ici, c'est une perte de temps pour toi.

Il faut avoir une putain de mentalité de riche pour cracher sur une splendide, magnifique, rutilante Honda Goldwing 1800. Toujours pas digéré l'intervention de 12051959, et je me fous de savoir si il ou elle souffre. Le clodo qui m'a tapé des clopes à la Sorbonne, il l'appréciait vachement ma bécane. Pas de vile flatterie, l'affaire était close, je ne lui filerais rien de plus, à part lui parler comme au premier banquier venu. Non, il avait le plaisir de voir une belle mécanique, de parler d'un super moteur, d'en parler comme si il était temporairement dépourvu des moyens de l'acquérir. On peut être pauvre et apprécier le luxe motocycliste. Il faut une saloperie merdique d'esprit pourri de riche pour cracher sur une merveille pareille. Le clodo je lui ai indiqué sa valeur neuve pour répondre à sa question. Mais je l'ai joué petit bras, je n'ai pas pu m'empêcher d'ajouter "ouais, ils ne s'emmerdent pas chez Honda". Je me suis senti gêné d'avoir prononcé cette phrase. Condescendance.

Plus tard dans la série Shameless, Mandy confessera à Lip qu'il l'avait traitée mieux que n'importe qui jusqu'alors, et qu'il méritait d'aller au collège, même si cela incluait leur séparation.

Philosophie de pauvre. Le trésor n'est pas en soi. Le trésor est plus précieux que l'individu. Moteur six-cylindres en ligne ou capacité cognitive.
A la grande époque soixante-huitarde, un universitaire avait fait l'effort de se faire embaucher dans une usine. Premier constat, c'est très difficile d'être ouvrier, physiquement, manuellement, psychologiquement. Il faut être armé. Ce n'est pas donné à tout le monde.
Deuxième constat, tous les soins sont accordés aux objets, aux voitures sur la chaine de montage. La tache sur la carrosserie est soigneusement effacée, les pièces moteur sont manipulés avec délicatesse. L'objet est plus important que les mains de l'ouvrier. C'est une fierté que les riches ne pourront jamais comprendre. De toute façon, les riches sont incapables de tenir plus de deux semaines sur une ligne d'assemblage.
C'est la chevalerie du pauvre, son honneur et sa revendication.

J'encule à mes heures perdus les branlomanes végétatifs qui se repaissent de ma soumission statutaire aux chromes de ma bécane. C'est pour vous dire si je m'ennuie.

Vous vous croyez pauvre parce que vous bénéficiez des aides sociales ? GFY.

Vous avez des revendications, des exigences, des besoins de riches. Un pauvre n'est pas fier de sa capacité à planter des choux, il est fier des choux qu'il a réussi à faire pousser dans son jardin ouvrier, propriétaire privilégié d'un royaume de 50 m2, conscient de la jalousie qu'il provoque. Ça cause choux, tomates et impôts locaux, ça ne cause pas nature, écologie et épanouissement personnel.

Ceci dit, il y a une nouvelle classe de riches. Les riches pauvres. Qui pensent encore comme des riches. Qui ont des exigences de riches. Et qui ne voient pas qu'ils sont pauvres. Il ne s'agit que d'une erreur de casting. Temporaire.
Enseignants, médecins généralistes, avocats, travailleurs sociaux, psychologues, crève-la-faim modernes qui jouent encore aux nobliaux temporairement empêchés. Tu as envie de leur glisser une petite pièce, et ils te jouent la noblesse intransigeante sur les valeurs. Dans leur tête ils se sentent riches. Dans leur tête. Dans leur tête seulement. Ils leur manquent la malice et l'humilité des pauvres. Ils sont foutus.
Il est définitivement impossible de combler leurs trous, ils sont tellement persuadés que leur rôle est de remplir celui des autres de leurs VALEURS. Ça touche le SMIC et ça vient t'expliquer la vie, ses tenants et ses aboutissants. Particule démonétisée. Monsieur Jean-Eude de la Fac de la Gauche de la Valeur. Oui, moi aussi, je t'emmerde, fin de race. Tu as vu, j'ai le Cruise Control ! Qu'un élément mécanique puisse te faire autant chier me ravit d'aise et guérit ma mycose plantaire.
Tu es tellement con que c'est un bonheur de te titiller la noblesse déchue.

J'ai une mentalité de pauvre. J'assume. De toute façon, le premier qui touche à ma bécane, physiquement ou symboliquement, il doit s'attendre à des représailles. Nanmého. On ne plaisante pas avec un six-cylindres en ligne, la noblesse mécanique par excellence.
Ma douance, mon esprit, ce que vous croyez être des convictions, là vous pouvez sabrer, je m'en fous un peu, ça repousse.

Je vous regarde défendre vos positions sur l'écologie, le marxisme, la psychanalyse, votre sensibilité exacerbée, votre zébritude comme des gosses de riches. A croire que votre démarche initiale restera toujours de choisir ce que la masse a déclassé depuis longtemps.

- Tu as quoi comme bécane ?
- J'ai le potentiel de chevaucher une YZF ! Je sens en moi la rage du pilote qui frôle la mort et l'exploit à chaque instant.
- Mais t'as quoi comme bécane ?
- Mais je n'ai pas de moto, c'est polluant, ça réchauffe le climat, ça tue des chattons et c'est impossible à garer dans Paris.
- Mais tu as le potentiel d'un pilote ?
- C'est ça
- Yo men, respect.

A titre personnel, je me suis toujours senti le potentiel d'un Casanova, l'esprit d'un Don Juan. Les faits sont contrariants, ils accordent peu de respect au Potentiel. Les faits sont têtus, et ma main gauche ampoulée. C'est con d'être ambidextre, pas moyen d'avoir l'impression que c'est quelqu'un d'autre qui manipule le manche à balai.

Dans la scène suivante, le gosse de riches de la série finit par craquer, ses tourments et ses besoins ne sont jamais pris en considération. A la fin, ça agace. Fiona lui signale qu'elle est simplement en train de déterrer un cadavre, et que ses petits problèmes existentiels, vous voyez où il peut se les mettre le Steve ?


My tragedy is bigger than your tragedy

Mais encore une fois, c'est du cinoche. C'est là pour flatter la ménagère de moins de 50 ans, la femme forte face à l'adversité, celle qui sait prioriser le quotidien, et remettre à leur juste place les besoins masculins, à la poubelle. GFY.
La Fiona ce qui compte pour elle, c'est sa famille, ses priorités, ses actes. La femme est l'avenir de la société de consommation.
That's a pussy move.
C'est l'argument ultime des chieuses modernes. Si tu refuses d'affronter leur rage simiesque, le verdict tombe : Pussy.

Tu as raison ma poule, et la fiotte va aller mettre ses abattis à l'abri.
Cinoche.
Dans une relation c'est elle qui doit rester la priorité. Elle se pense encore comme un butin précieux, au lieu de pomper le dard et de servir la soupe à Steve, seul en mesure de la sortir de sa mouise. Et en plus il en est raide dingue. Elle le garde au niveau de l'option, pas de la priorité. Mais elle tient à conserver l'option.
C'est con, son nouveau mari le comprend tout de suite.


You said you have unfinished business with him !

Prêtes à tout pour nous, mais pas prêtes à ce qui nous est indispensable.


I think what was bad for our marriage was your decision to sleep with your ex.

Rhaaaa, il déchire le barbu, il réveille la jeune fille en moi, emmène-moi au bout du monde.

Si quelqu'un n'a pas encore vu cette série en version US (2011) il a la chance d'avoir de bons moments en perspective.

Mais franchement je préférais le Petit Chaperon Rouge. Beaucoup plus hardcore.

Pour saisir tout ce qui précède, il va vous falloir sortir les rustines et la colle néoprène, boucher les trous de tout ce qui vous échappe. Prenez le grand modèle, celui qui marche à tous les coups : "Putain, mais qu'il est con !"

Du moment que vous ne touchez pas à ma bécane...

Numero6, le Hollandais Volant du pognon et de l'intelligence, condamné à errer dans les limbes pour l'éternité.

* Extraits du blog Mon oeil

Horreur

Se prosterne

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Numero6 le Sam 11 Avr 2015 - 17:04

Pavé du jour, bonjour.

The Ice Man




Allez hop, un peu de testostérone pour se ragaillardir le gourdin.


Richard Kuklinski est manifestement un pur zèbre. C'est dommage que les zèbres du forum s'interroge seulement sur les personnes remarquables comme les musiciens, les écrivains pour valoriser la zébritude.

Ce type est un vrai génie. Froid, déterminé, plus de deux cents meurtres de sang-froid lui sont attribués.

Quand la journaliste lui demande de préciser l'émotion provoquée en lui par le meurtre d'un de ses proches, voici sa réponse :


My attempt at levity. Cause bien le tueur en série.


D'emblée, il sait que la journaliste ne va pas capter qu'il plaisante, et il précise tout de suite qu'il s'agit de second degré.
Je fais ça tout le temps.

Je me mets à sa place. Cela fait plus d'une heure qu'il lui explique comment il fonctionne, qu'il est soit un psychopathe, soit un sociopathe, soit un tueur de sang-froid, qu'il est capable de tuer quelqu'un dans la rue juste pour tester une nouvelle arme, et la journaliste lui demande quel sentiment il a éprouvé à l'annonce d'un meurtre.

Le plus incroyable, c'est que s'il ne précisait pas qu'il plaisantait, elle aurait probablement cherché à lui faire préciser comment il se sentait dévasté.

Ce n'est pas que les gens soient stupides, ils sont sourds. Vous leur dites les choses, mais ils n'entendent pas, ils veulent toujours vous ramener à LEUR morale, leurs valeurs. Ce qui est bon et ce qui ne l'est pas. Il leur est très difficile d'entendre simplement ce qui est.

Plus tard dans la vidéo, la journaliste l'interroge sur son frère, violeur et meurtrier, et ce qu'ils se disent en se croisant dans les couloirs de la zonzon.


Ce que je voudrais en fait c'est juste un endroit où penser tranquillement



kuklinski est parfait de sincérité. Il décrit parfaitement le lien familial en peu de mots. Son laconisme n'interdit pas la précision. A l'entendre, je vois parfaitement la scène entre lui et son frère.

Regardez la tronche du bonhomme quand la journaliste lui envoie "c'est dommage". Mais putain, de quoi on parle, il vient de lui parler du parcours d'un sociopathe de haut niveau, dénué de toute empathie, d'un frère meurtrier dés le plus jeune âge, et qu'est-ce qui reste le plus problématique pour la journaliste ? Qu'ils se ne parlent pas entre eux, qu'ils ne communiquent pas plus.

Mais ma chérie, as-tu pris la peine d'écouter ? Non, la seule chose qui prédomine dans la tête de la journaliste c'est la préservation des règles de son propre univers : c'est important de communiquer au sein d'une famille.

La réponse au "c'est dommage" tient compte des capacités de la journaliste : "ça dépend comment on voit les choses." Je suis à peu près certain qu'elle n'a pas pu comprendre le sens de la réponse.


Je n'aimerais pas croiser la route d'un type pareil. Mais quand je le regarde s'exprimer je retrouve tellement de tournures de phrase que j'emploie régulièrement. C'est sans doute l'analogie avec ma manière de parler qui me frappe. Je me contente de dire des choses simples, et en face la seule réponse prévisible est l'expression d'une MORALE.
A croire qu'il ne sert à rien de dire les choses, seule compterait la morale et les règles.

Ce que cette vidéo a de remarquable c'est que Richard Kuklinski sait parfaitement qu'il vit en dehors de la morale commune, il décrit avec brio son mode de fonctionnement.
La journaliste ne sait que lui renvoyer une morale prudente, maternante. Compatible avec son propre mode de fonctionnement.


C'est souvent la question que je me pose. Une fois expliqué en long, en large et en travers mon mode de fonctionnement, que faut-il faire pour que la compréhension surmonte l'obstacle de la morale ? Morale qui, c'est un fait commun, est toujours la morale des autres.

Je prends ce simple exemple : pourquoi le fait qu'il soit un tueur et les sentiments moraux que cela implique immédiatement empêchent-t-ils de réfléchir à sa zébrutide ? Aucun chaton ne serait tué pourtant par cette réflexion. Ce ne serait pas accepter ses meurtres, ni lui donner raison. Mais la morale est souvent plus insistante que la réflexion. Réfléchir cela semble signifier "accepter" pour beaucoup de gens.

Comment faire passer un message simpliste : je ne fonctionne pas comme tu aimerais que je fonctionne. Ni gloire, ni révolte, c'est comme ça.

Einstein, Léonard de Vinci, Bill Gates, toujours des références valorisantes pour les zèbres. Le parcours de Kuklinski et ses expressions faciales ne sont pourtant pas dénués d'intérêt. Qu'il ait dessoudé des centaines de personnes n'y change rien. Le fils de Kuklinski a été testé à plus de 170 pour le QI. Ça cause non ?
Car malgré une idée répandue, la moyenne des QI des tueurs en série se situe dans la moyenne.


Je voudrais bien parvenir à parler de ce que je ne parviens pas à formuler depuis une éternité : les visages qui parlent.


Le visage de Kuklinski parle en permanence. Et je vais vous faire une confidence, pour moi c'est comme si on mettait les sous-titres, ce que je ne perçois pas dans ses paroles, je le suis sans problème sur son visage. J'ai l'image et le son. Ses expressions faciales et ses paroles ne sont qu'une partie de ce qui se passe dans sa tête. Les deux sont parfaitement synchronisées, je saisis sans aucune difficulté ce qu'il veut dire.
Par exemple, quand il sourit je sais qu'il est sincère, il a l'habitude de ne pas être compris, il anticipe la réaction de surprise ou d'incompréhension. Quand il prend un air sérieux, je sais qu'il baratine, il joue. Je ne crois pas qu'il ait besoin de gravité pour se savoir conséquent.
Son visage est constamment animé, les ondulations de la brise sur les eaux du Léman. Je peux facilement sentir le souffle qui l'anime.

Mais pourquoi ce n'est pas toujours comme ça ?


Je voudrais vous parler de ces gens dont les paroles et les gestes sont totalement désaccordés. Là, c'est l'horreur, je suis obligé de ne pas les regarder pour comprendre ce qu'ils souhaitent me dire. J'ai le film devant les yeux, mais c'est le mauvais film, alors que la bande-son cherche à imposer sa réalité. L'effort de concentration est maximum.
J'ai deux messages contradictoires. Ce serait comme une amante qui hurlerait de plaisir tout en baillant et en regardant sa montre. Déroutant.

Le vrai message, quel est-il ? Je simule pour te faire plaisir ? Je simule pour que tu jouisses plus vite parce que j'ai la dalle et que mon seul fantasme est un Burger avec Ketchup et mayo ? Je ne sens jamais rien mais je sais que je suis censée jouir ? J'ai toujours fait comme ça, sinon il faut que je me fasse chier à rassurer monsieur sur sa virilité triomphante après ?

Mais putain, mais quel est le message ???

En plus, impossible de poser des questions. Impossible de demander à l'amante ce qui la pousse à simuler. Je vois qu'elle simule mais je n'ai pas le droit de le savoir. Ils ne sont pas compliqués déjà.
Si j'apprend que la dame simule parce qu'elle a remarqué que c'était bon pour flatter ma libido, mais comment que je fais tout pour la garder dans mon giron ! Mais bienvenue, mais reprend un petit chocolat à l'orange, un petit thé, un verre de rhum douze ans d'âge, les bonnes intentions méritent d'être encouragées.

Si j'ai bien tout compris, ça non plus je n'ai pas le droit de le dire. Mais qu'ils sont compliqués !

Mon problème le plus quotidien c'est l'absence d'expression. Il y a si peu de visages qui parlent. Ou dans un registre tellement limité, répétitif, standardisé, et ce quelque soit le contenu émotionnel supposé des paroles. Je vois quelqu'un me parler d'une peine, d'une grande douleur, d'une grande joie, mais sans aucun traduction sur son visage. C'est déroutant. J'ai l'impression de croiser en permanence des autistes.

Quand je suis de mauvais poil, je finis par penser que la seule chose qui puisse expliquer leurs visages figés c'est qu'ils me fassent la gueule. Les visages se ferment quand les gens sont maussades. Celui qui s'apprête à décocher un coup dissimule ses intentions, il fige son visage pour ne pas se trahir.
Je ne suis pas parano, hmm, hmm, mais quand un visage ne parle pas, je me méfie toujours d'une intention néfaste à mon égard. Dis ce qui ne va pas à Papa.

Quel cauchemar !

Parce qu'en plus, ça marche dans l'autre sens. Je peux tirer une gueule d'enfer et me déclarer satisfait. Personne ne voit rien, c'est absolument dingue. Je me crois transparent, je fais attention à mes expressions, mais c'est inutile dans la grande majorité des cas. Mais que faut-il faire pour qu'ils me voient ? J'ai réussi à caser dans une conversation "vous êtes une grosse conne" avec le plus large sourire dont je sois capable et il a fallu plus de dix secondes avant que ne tombe la question "vous avez dit quoi, là ?". Rien, continuer, je vous écoute. ET ÇA MARCHE. ÇA MARCHE.

Autistes, ils sont autistes.
rendeer  cherry

Déconnexion complète entre le dedans et le dehors. Les mots ne sont que des formulaires officiels, des protocoles appris par cœur.

Ah putain, mais que voilà de quoi se dépoussiérer le clavier. Et si ce n'était pas les surdoués qui étaient autistes, mais les autres, tous les autres dont je suis incapable de deviner la pensée par absence d'expressions synchrones entre leurs mots, leur langage corporel, leur regard ?
La lecture du bouquin d'Ekman ne m'a donné aucune piste.

Il ne s'agit pas d'un autisme pathologique ou congénital, c'est un autisme par mimétisme consensuel. Certains sont toujours à la recherche du courant de pensée dominant pour s'y conformer le plus possible, je pense qu'ils font de même avec leurs visages. Ils se copient entre eux, en suivant les images médiatiques, les expressions de leurs voisins.
C'est ainsi que dans ma province les gens me serrent la main sans sourire. Au début, j'ai eu du mal.
En région parisienne j'avais appris à sourire en serrant les mains.
Arrggghh, sourire ET serrer une main, vous ne direz pas que je ne fais aucun effort d'intégration !

Et arrivé en province, les gens serrent la main sans sourire, même pas un tout petit peu. Ce qui me permet de repérer immédiatement les parisiens en goguette, se sentant obligés d'afficher un sourire radieux pour éveiller les taiseux, et leur signaler la chance ultime qu'ils ont de vivre à l'extérieur du périph', libres et sains, si proches de Gaia.

Leur face inamovible n'est pas le résultat d'une pathologie mentale, mais d'un consensus. Il convient d'afficher une expression précise. A Paris, faire la gueule dans la rue est le minimum syndical. Un qui sourit, celui-là attire la méfiance, il est malade ou bien ?

Bon ben, je fais comme eux, ça gagne du temps sur les malentendus. Déjà que si je me risque à parler naturellement j'ai l'impression d'avoir en face de moi la même crispation douloureuse que présentent les autistes, si jamais mon visage rajoute encore une anomalie je ne suis pas sorti de l'auberge.

Je me demande si ce n'est pas ce qui s'exprime dans les premières IRL.
On cherche les codes. Y en a pas. Heula, heula, mais comment qu'on fait quand il n'y a pas de codes ? Ben rien, il n'y a pas de codes. Cinq minutes pour comprendre le truc, trente secondes pour se lancer, et des heures pour en profiter. Pas de codes. Yoouuuhhoouuuuu.  bounce  Bon, ça, c'est la phase euphorique juste avant que les hypersensibles ne vous rappellent à l'ordre.  lol!

Je voudrais finir sur le dernier modèle, le plus surprenant, l'autiste par dressage, par auto-dressage. Le surdoué qui garde son visage impassible en toute circonstance. Sans être nullement concerné par l'autisme ou le syndrome d'Asperger, par routine.
Celui-là, je le compare aux parents qui n'osent plus rien dire à leur enfant autiste. Quoi qu'ils disent, la réaction va être négative, le laisser dans son monde est la seule protection contre les manifestations violentes.
Ce modèle de surdoué croise au long de sa journée, de sa vie, des personnes qui ont des réactions bizarres quand il parle ou que son visage exprime des sentiments. Rideau, on ferme. Plus rien ne transparaitra.

Je me demande même si, dans une situation génératrice d'expressions variées comme un jeu vidéo de baston, ils ne seraient pas capables de garder un visage indemne de toute brise émotionnelle. Ils se sont dressés eux-mêmes. Les moins stricts laissent malgré tout le système neurovégétatif gambader, le pouls et le souffle restent spontanés. Coucou, je la vois battre ta carotide.
Ou bien c'est comme au téléphone.
Pourquoi les gens sourient-ils en téléphonant ? Ça s'entend à l'autre bout du fil ?
Dans un Doom-like ont-ils la même Poker-face que si l'adversaire les épiait en direct ?

J'ai l'impression que ceux-là ont tellement l'habitude de déclencher des réactions bizarres qu'ils finissent par réduire au strict minimum toute manifestation, verbale ou corporelle. Ils ont tendance à détourner le regard pour amoindrir définitivement les messages délivrés.
Ils mettent beaucoup de temps à accepter de laisser parler leur visage, mais le manque d'entrainement laisse sa trace. Va falloir muscler ton jeu.
Ils ont tellement l'habitude de se planquer qu'être compris finit par ressembler à une menace.

Je suis frustré. Je garde ce sujet en réserve depuis des mois. Mais je ne suis pas satisfait. Je trouve qu'il manque un truc essentiel mais je ne sais pas lequel. Question

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Oni le Sam 11 Avr 2015 - 17:36

Et si tu regardais du côté de l’éthologie, par exemple René Zayan

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Numero6 le Sam 11 Avr 2015 - 17:57

René Zayan fait partie de mes chouchoux, j'adore quand il roule des grands yeux pour mimer la femelle en chaleur, en passant sa main dans les cheveux qu'il n'a pas. D'après ses étudiants ses cours étaient passionnants.

Selon lui les plus grands séducteurs sont ceux qui savent capter les signes d'appel.

Je trouve que sa démonstration est passionnante, je me suis demandé si la plupart des hommes ne voyaient pas les signaux de séduction parce qu'ils ne pouvaient se penser objets de désir.

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Yul le Sam 11 Avr 2015 - 18:07

... et Ötzi? Dent pétée


Dernière édition par Yul le Sam 11 Avr 2015 - 18:08, édité 1 fois

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Stauk le Sam 11 Avr 2015 - 18:08


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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Patate le Sam 11 Avr 2015 - 18:10

Numero6 a écrit:
Je voudrais bien parvenir à parler de ce que je ne parviens pas à formuler depuis une éternité : les visages qui parlent.




Je suis frustré. Je garde ce sujet en réserve depuis des mois. Mais je ne suis pas satisfait. Je trouve qu'il manque un truc essentiel mais je ne sais pas lequel. Question

Peu importe,
enfin un truc de vrai, puissamment vrai,
pas de considérations doucereuses ou volontairement outrées,
sur des sujets rengaines ressassés encyclopédiquement,
juste la constatation lucide d'une évidence.
Il manque l'Amour.
Nan j'déconne, quoique.

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Stauk le Sam 11 Avr 2015 - 18:30


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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Numero6 le Sam 11 Avr 2015 - 18:32

Stauk a écrit:

Merde tu as raison. Le ton de la voix est aussi une source de discordance.

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Numero6 le Sam 11 Avr 2015 - 18:45

Patate a écrit:Il manque l'Amour.
Nan j'déconne, quoique.

Quoique pas tant que ça. C'est un peu le fond du problème, le brouillage du message émis empêche le rapprochement, c'est une mise à distance.

J'ai parfois l'impression qu'ils portent un uniforme qu'ils nous demandent de respecter. Leurs expressions, leurs intonations (thks Stauk), leurs langages corporels indique une priorité, le respect de leur identité. Et la communication ou l'échange semble secondaires. A tel point que l'on peut sortir deux énoncés totalement contradictoires en quelques secondes sans provoquer la moindre réaction. Je trouve que c'est un signe pratique pour vérifier que l'autre n'accorde que peu d'intérêt à ce que j'énonce.
Le plus important semble être d'émettre plein de messages, de saturer l'autre, d'inonder la place de sa présence.

Quand le discours lui-même est une tentative d'imposer ses codes, son territoire, sa manière de pensée, j'ai souvent envie de leur dire, bon ben, finis-toi à la main, tu te débrouilles très bien sans moi.

Les surdoués n'échappent pas au phénomène. La seule différence que je verrais c'est une insatiable curiosité, le plaisir de la stimulation, la satisfaction par le différent.

Une des choses que je gère avec le plus de difficulté c'est la fausse question, la fausse curiosité, ultime manœuvre pour imposer son mode de pensée.

Et l'amour dans tout ça ?

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Patate le Sam 11 Avr 2015 - 18:47

Merde keski m'arrive j'écris comme Uccen.

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Kass le Sam 11 Avr 2015 - 20:38


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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Oni le Sam 11 Avr 2015 - 21:08

Zayan, oui le rencontrer, c'est comme rencontrer un être tout coloré en dedans et en dehors Wink Je me souviendrais toujours d'un examen avec lui... Rien foutu, méga stressée et j'entends un "Entrer" Lui dans un transat:" Nous pouvons commencer l'examen. Avez-vous lu mon cours? ... "bibi:" Non" pour au final m'entendre dire, les asiatiques sont tout de même plus intelligents... J'ai eu un 16... Sais pas comment, ni pourquoi... Mais, c'était du Zayan Laughing "Otzi" Yul, ça me donne l'impression de faire partie de la préhistoire Shocked Very Happy

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Numero6 le Sam 11 Avr 2015 - 21:37

Oni, c'est bon, je vais arrêter de me creuser la tête pour savoir de quel génocide tu parlais.

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

Message par Numero6 le Sam 11 Avr 2015 - 21:42

Kass a écrit:

Some of them, they're really opened
And you feel incredible pains
Some people have so much pain
In the sitting of the front of me, it's not about me anymore, very soon I'm just the mirror of their own self.


Ben c'est ça.
Les gens ne se voient plus eux-mêmes. Je crois même qu'ils ne savent plus identifier les douleurs qui les rongent. Ils ne restent qu'une attitude agressive et défensive.
Ils pleurent, ils se lamentent, ils réclament, mais ne savent plus se voir.

Ils cherchent désespérément à se voir enfin. Et pour ça ils ont besoin d'un autre regard.

Ils font beaucoup de bruit pour être regardés. Il y a que le silence qui puisse le leur permettre. L'absence complète de manifestation d'un autre ego. Le silence.

C'est bien ce qui me fait chier. Et moi là-dedans ?


Il s'agit là d'une performance au MoMA, les musées sont devenus les lieux modernes du recueillement et du silence. Et la latina a un visage extraordinaire qui autorise toutes les projections.

Mais dans la vraie vie, pour qu'ils puissent enfin se voir, il faudrait devenir neutre, silencieux, inexistant, rien qu'une présence bienveillante qui ne réclame rien.

Et moi, ça me saoule grave. J'ai toujours envie de leur demander de déposer leur énorme souffrance sur la table, fais péter ta douleur, belle pièce camarade, tu n'as pas molli du slip. Et maintenant que c'est fait, on peut discuter, papoter, flirter, gazouiller ?

Je me souvenais de cette vidéo en raison du caractère absurde de la proposition, vivre quelque chose d'intense en étant simplement assis face à une femme muette au regard inaltérable.

C'est fascinant, c'est troublant.

La seule conclusion que j'arrive à en tirer c'est que notre société néglige des besoins fondamentaux de l'humain. Cela fait longtemps que j'ai le sentiment que l'art tente de prendre la place laisser vacante par l'absence de spiritualité, de l'être supérieur bienveillant.

L'être humain ne se supporte que dilué dans une réalité qui le dépasse. Tout ce qui favorise le narcissisme ou l'égocentrisme va à l'encontre de ce besoin, les gens se meurtrissent là où ils pensent obtenir des privilèges. Moi d'abord c'est moi tout seul.

Sinon la robe rouge est sublime.
La seule chose qui me dérange dans cette vidéo c'est le caractère pseudo-mystique d'une révélation organisée, les visiteurs se font les acteurs d'une expérience qui reste commerciale au sens large du terme. Et la part de fake et de survalorisation typiques de l'art moderne s'invite à la table.

N’empêche, faire pleurer un homme rien qu'en laisser l'espace s'emplir de son être, c'est bouleversant.

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Re: Je ne suis pas un HQI, je suis un homme libre

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