C'est décousu...mais c'est déjà ça

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par zelle le Lun 13 Juil 2015 - 11:51

Intéressant. Merci.

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Vladimir Vissotsky le Lun 13 Juil 2015 - 12:19

Est-ce que c'est ce que l'on appelle la 'mémoire génétique' ?
Car dans ce sens, j'aimerai savoir si une personne dans ce cas à un enfant, est ce qu'elle lui passe une partie de ses gènes 'traumatisés' ?
Ce qui en soit me semble logique.

D'ou un 'gène plus réceptif à l'alcool' perçu chez certains individus.

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Lun 13 Juil 2015 - 13:24

Merci Zelle. Wink

Enchantée Vladimir Vysotsky de ton passage ici. J'aime beaucoup ton fil, je résonne à chacune de tes publications, et j'agrandis mon répertoire musical par la même occasion Wink

Pour ton questionnement...mémoire génétique, héritage familial, transmission transgénérationnelle, j'aurais tendance à mettre un peu tous ces termes dans le même tiroir, oui.

Deux références me viennent:
- Un livre que je n'ai pas encore lu :L'écorce et le noyau, N.Abraham, M.Torok
- Un lien super riche et interessant: A l'écoute des fantômes, Claude Nachin

Pour moi, de réfléchir en mode analytique et transgénérationnel plutôt que "gène ou pas gène", cela laisse accès à l'épigénétique justement. Connaître son histoire, pouvoir la nommer, afin de "faire évoluer" notre héritage et ne plus simplement le transmettre de manière subie et inconsciente...

C'est plus parlant que la mode "génétique" actuelle. Enfin, la manière dont la société en parle ne me va pas (le "vous avez le gène, attention..." => on entretient la peur et le cycle infernal si on s'en tient là).

NB: parce que si y'a le "gène plus réceptif à l'alcool" pour les enfants de parents alcooliques, et qu'on est rangé dans une "population à risque" (ce que le système se régale à faire de nos jours (cf le dernier DSM sorti qui comporte plus de 200 nouvelles patho psy par rapport au précédent fait 10/15 ans plus tôt...à ce rythme, l'intelligence en fera partie dans la prochaine édition!!), alors y'a aussi le "gène abuseur", le gène pervers", le "gène impuissant", le gène "bon à rien"...pour moi, ça a peu de sens de se réduire à cela. Voire même dangereux.

La science actuelle parvient seulement aujourd'hui à "matérialiser" de manière scientifique un instant T d'une cellule humaine. Les mitoses sont nombreuses, et l'expression sélective des gènes d'une cellule dépend de son environnement et de son carburant me semble-t-il.
Bon, pas très à l'aise dans ce que je verbalise, ni très élaboré.


Espérant répondre un tant soit peu à ta question, et partante pour réfléchir sur le clavier si tu le souhaites...

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Vladimir Vissotsky le Lun 13 Juil 2015 - 15:45

transgénérationnel
Je voulais dire, une femme qui boit pendant qu'elle est enceinte empoisonne le foetus qui plus tard, même si elle arrête en court de grossesse, aura enfant et adulte une sensibilité plus forte à la molécule d'alcool. L'alcool réagit dans le cerveau un peu comme une récompense selon mon psy, on en boit et on a l'ivresse en récompense.
Cette ivresse s'inscrit dans notre mémoire cellulaire. Je n'irai pas à parler de gènes pour le coup, mais on peut la transmettre à l'enfant.

le "gène abuseur", le gène pervers", etc...
La on est dans la relation sociale, cognitive. Je sais qu'on a des 'organes cognitifs', si on les retire, on ne communique plus, on est des légumes, mais par rapport à l'alcool, c'est l'éducation qui fait qu'on devient la chose susnommée plus haut.

J'résume, on picole pendant qu'on est enceinte, notre gosse ne deviendra pas forcément alcoolique, mais il sera plus réceptif à la molécule d'alcool.
On partouze pendant qu'on est enceinte, notre gosse ne deviendra pas un obsédé sexuel. (Quoiqu'il ressent la jouissance dans le ventre de la mère Smile Smile ).

Tu as déjà entendu parler du 'suicide des fœtus' qui ne se sentant pas dans un corps sein, décident de se décrocher et de 'mourir'.

Fetal suicide
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Vladimir Vissotsky
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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Lun 13 Juil 2015 - 17:17

Je voulais dire, une femme qui boit pendant qu'elle est enceinte empoisonne le foetus qui plus tard, même si elle arrête en court de grossesse, aura enfant et adulte une sensibilité plus forte à la molécule d'alcool.

Je te donne raison sur le fait que l'alcool en cours de grossesse peut avoir des effets tératogènes délétères et irréversibles. C'est le cas du syndrome d'alcoolisation foetale, SAF : lien

L'alcool réagit dans le cerveau un peu comme une récompense selon mon psy, on en boit et on a l'ivresse en récompense.
Cette ivresse s'inscrit dans notre mémoire cellulaire. Je n'irai pas à parler de gènes pour le coup, mais on peut la transmettre à l'enfant.
[...] C'est l'éducation qui fait qu'on devient la chose susnommée plus haut.

Ca, je pourrais en dire de même pour les opiacés, voire les substances de la péridurale administrées à la mère durant la grossesse ou le travail. Cela "aiguise" les récepteurs sensoriels de l'enfant, et certaines études (je n'ai pas réussi à retrouver les études sur la toile)  ont tendance à montrer un risque accru d'addiction en tout genre sur les enfants à long terme.

Si on n'est pas dans un cas de SAF avéré (donc avec lésions irréversibles et développement anormal du foetus par effet tératogène de l'alcool), alors je ramène les choses à l'environnement dans lequel cet enfant se développe.

Scientifiquement, on explique pas pourquoi certains développent le SAF, d'autres pas, ni on ne détermine à quelle dose d'éthanol seuil il apparaît.

Donc pour moi, tout (ou presque) est donc question d'environnement (puis éducation par extension) dans lequel le foetus, puis l'enfant se développe Vs. son capital et potentiel génétique dont il hérite à la réunion des gamètes de ses parents (loterie plus ou moins "truquée"? "prédéfinie"?, ça j'y ai pas encore réfléchi et je manque d'éléments pour)


J'résume, on picole pendant qu'on est enceinte, notre gosse ne deviendra pas forcément alcoolique, mais il sera plus réceptif à la molécule d'alcool.
On partouze pendant qu'on est enceinte, notre gosse ne deviendra pas un obsédé sexuel. (Quoiqu'il ressent la jouissance dans le ventre de la mère Smile Smile ).

Mais il y sera plus enclin...comme pour l'alcool (à mon sens....)

Dans les 2 cas, mère alcoolique ou partouzeuse, cela sera l'environnement primaire au sein duquel l'enfant se développe, physiquement comme psychiquement.
Il ne deviendra pas forcément alcoolique, ni forcément obsédé, mais dans les deux cas, cela sera sa première représentation et sensation du monde externe qu'il aura. Sa première "normalité du monde" avant qu'il puisse estimer (ou pas) son anormalité.
Et dont il faudra qu'il se dépètre détache (sortir de la matrice, c'est pas des plus conforts, mais être pris dedans, ça sonne faux!!... j'ai revu Matrix hier^^) s'il en est capable psychiquement, cognitivement, instinctivement, intellectuellement...le travail d'une vie...

Tu as déjà entendu parler du 'suicide des fœtus' qui ne se sentant pas dans un corps sein, décident de se décrocher et de 'mourir'.

Petit lapsus "corps sain, corps sein", à propos vu ta question Wink
Si le corps n'est pas sain/sein donc nourrissier...l'enfant est-il en mesure de se suicider?

A part dans l'effet papillon, je n'en ai pas entendu parler sous ces termes. Wink

Après, du coup, ta question me renvoie aux morts foetales inexpliquées à terme, aux morts subites du nourrisson, et aux fausses couches précoces et/ou tardives...c'est trop complexe pour que j'ai une opinion sur ce sujet. Je pense que c'est du cas par cas, au vu de l'histoire familiale de chaque couple, et du moment de conception. J'exclue pas l'idée que certains foetus sont peut-être prédestinés à ne pas voir le jour...mais ça me fait réfléchir sur des oeufs tout ça!...(ahahah le jeu de mots à deux balles qui vient tout seul et que je réalise après l'avoir écrit Smile )

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Lun 13 Juil 2015 - 22:46

ARTICLE L'identification à l'agresseur chez Ferenczi :

source article: cairn, Michèle Bertrand, 2009

L’identification à l’agresseur évoque pour beaucoup les travaux d’Anna Freud (1937). Cependant, quelques années plus tôt, Ferenczi avait proposé, sous la même dénomination, une notion bien différente. La notion ferenczienne d’identification à l’agresseur est particulièrement intéressante, eu égard aux problématiques rencontrées aujourd’hui dans la pratique psychanalytique, en particulier l’intrication du masochisme au narcissisme.

Dès 1925, dans « Thalassa », Ferenczi évoque le plaisir de passivité résultant de « l’identification à l’homme victorieux ». L’homme victorieux n’est pas explicitement désigné comme agresseur, mais le contexte nous invite à franchir le pas, car l’agressivité masculine y est opposée au masochisme féminin. De plus, le plaisir de passivité implique une régression narcissique des pulsions érotiques à l’ensemble du corps et à l’ensemble du Moi.

« Thalassa » est une théorie de la génitalité, et ce qui est postulé dans ce texte c’est le nouage masochisme féminin / narcissisme. Dans « Confusion de langue entre les adultes et l’enfant », la notion d’identification à l’agresseur comporte aussi un nouage entre masochisme et narcissisme, mais il s’agit d’une intrication beaucoup plus régressive.

IDENTIFICATION A L’AGRESSEUR ET CLIVAGE NARCISSIQUE DU MOI

Dans « Confusion de langue... », en effet, l’identification à l’agresseur résulte d’un trauma primaire suivi d’un clivage narcissique du Moi. Elle se produit dans des conditions particulières, celle d’expériences extrêmes : peur extrême, détresse extrême. « La peur, quand elle atteint son point culminant, les oblige à se soumettre automatiquement à la volonté de l’agresseur, à deviner le moindre de ses désirs, à obéir en s’oubliant complètement et en s’identifiant totalement à l’agresseur. »

Ferenczi évoque dans cet article des abus sexuels, des colères folles, un terrorisme de la souffrance, un langage passionnel de l’adulte en décalage total avec le langage de la tendresse qui est celui de l’enfant. Mais des expériences extrêmes à l’âge adulte peuvent aussi induire des comportements de passivité et une identification totale à l’agresseur comme condition de la survie psychique.

Le déni de la violence par celui ou ceux qui l’ont perpétrée a aussi pour contrepartie d’invalider l’instance tierce qui préside à la distinction du bien et du mal, du juste et de l’injuste. La perte des repères surmoïques met le sujet dans un état de grande confusion.
Il n’est plus en mesure de qualifier ce qui lui arrive, et il est pris dans une relation perverse où il est assujetti sans recours possible à la volonté imprévisible de l’agresseur.

Selon Ferenczi, l’identification à l’agresseur a pour effet de faire disparaître ce dernier en tant que réalité extérieure : l’agresseur devient intrapsychique. L’intrapsychisme est soumis aux processus primaires et, suivant le principe de plaisir, peut être transformé de manière hallucinatoire. L’agression cesse alors d’exister comme réalité extérieure, l’enfant réussit ainsi à maintenir la situation de tendresse antérieure. Un noyau de la personnalité reste fixé à un moment où les réactions alloplastiques (transformations de la réalité externe) sont impossibles, et réagit de façon autoplastique par des transformations psychiques.

Quelles sont ces transformations psychiques ? Ferenczi a noté que le clivage du Moi s’accompagne de changements particulièrement significatifs : l’introjection du sentiment de culpabilité de l’adulte, l’éclosion soudaine de l’ « intellect ».

Dans une organisation névrotique, l’identification à l’agresseur peut être considérée comme une étape dans la formation d’un Surmoi œdipien. Rien de tel dans la situation dont nous parlons. On ne peut dire que le sentiment de culpabilité « introjecté » relève d’un Surmoi œdipien. Il n’est pas davantage possible de rapporter l’identification à l’agresseur à un conflit d’ambivalence. À l’horizon de l’identification à l’agresseur se trouvent le risque de désintégration psychique et l’urgence de préserver une partie du Moi. Lorsque l’objet (l’agresseur) devient intrapsychique, ce n’est plus un objet à proprement parler, mais une partie du Moi. La différenciation entre le sujet et l’objet est abolie. L’identification à l’agresseur ignore l’autre comme autre, elle constitue un corps étranger interne-externe. Les conditions ne sont pas réunies pour qu’il y ait conflit psychique. Il y a plutôt, comme le rappelle G. Bourdellon, « implant destructeur ». Quel sens a alors le sentiment de culpabilité ? Je reviendrai plus loin sur cette question.

Une autre transformation consécutive au trauma primaire est le clivage narcissique du Moi entre une partie qui sait, mais ne souffre pas, et une partie qui souffre, mais ne sait pas. L’éclosion soudaine de facultés surprenantes résulte de ce clivage : « Une détresse extrême a le pouvoir d’éveiller et d’activer soudainement des dispositions latentes non encore investies. » Cet éveil brusque de dispositions latentes, non encore activées, peut être qualifié de prématurité pathologique : le nourrisson savant en est la figure emblématique.

Ferenczi revient à plusieurs reprises sur ce phénomène. Dans la note du 2 avril 1931, « Remarques aphoristiques sur le thème : être mort, être femme », il écrit : « Une sorte de savoir universel sur le monde, avec une évaluation juste des rapports de force propres et étrangers [...], au moment du trauma, rend la personne [...] plus ou moins clairvoyante. Ce serait la source de l’intuition féminine. »

Mais c’est la note du 9 avril 1931 qui expose de façon complète « la naissance de l’intellect » en relation avec le clivage narcissique du Moi. L’intellect dont parle Ferenczi n’est pas celui de la pensée discursive et logique, mais une capacité intuitive et inconsciente à évaluer correctement une situation critique et à y faire face du mieux possible, de manière à préserver la vie ou le Moi. L’intellect, écrit Ferenczi, naît de la souffrance : pas n’importe quelle souffrance, mais la souffrance traumatique. Il se constitue comme phénomène secondaire ou tentative de compensation à une paralysie psychique complète. L’arrêt ou la destruction des processus de perception de défense et de protection conscients, c’est-à-dire une mort partielle, semble être le moment où émergent, à partir d’une source apparemment inconnue, sans aucune collaboration de la conscience, des performances intellectuelles qu’on pourrait dire presque parfaites, telle l’évaluation la plus précise de tous les facteurs donnés, internes et externes, permettant de saisir la seule possibilité correcte, ou la seule qui reste. Une partie du Moi abandonne, se soumet et se résigne à une reddition totale, tandis qu’une autre cherche à préserver et protéger la frontière du Moi.

PASSIVITE ET DESTRUCTIVITE

Comment ce processus d’autodestruction peut-il être lié à un sentiment de plaisir, voire de jouissance ? Pour Ferenczi, l’identification à l’agresseur est liée à l’aspiration à retrouver l’état de repos perturbé par des excitations douloureuses dont l’intensité est insupportable.

Ferenczi distingue dans l’aspiration au repos une double polarité, « égoïste » et « altruiste »: dans le premier cas, le Moi utilise le monde matériel (ou l’environnement humain) à ses propres fins ; dans le second, il se sacrifie pour apaiser la tension douloureuse. Égoïsme et altruisme seraient donc deux modalités d’une « pulsion de repos ». Ferenczi identifie également l’égoïsme au masculin et l’altruisme au féminin (ces deux tendances existent universellement, c’est-à-dire dans les deux sexes).

Ferenczi hésite sur la nature de cette dualité. Dans les « Notes et fragments » (Psychanalyse IV), il fait de l’une (l’égoïste) une pulsion de vie, et de l’autre (l’altruiste) une pulsion de mort. Il fait également l’hypothèse que le repos égoïste et le repos altruiste ne sont que deux formes d’un même principe général, la pulsion de repos, auquel sont soumises les pulsions de vie (égoïstes) et de mort (altruistes). Dans le Journal clinique, il identifie l’affirmation de soi égoïste au principe de plaisir, et l’altruisme au principe de réalité (p. 91).

Cette identification de la dualité au dualisme pulsions de vie / pulsions de mort, ou au dualisme principe de plaisir / principe de réalité, n’est pas très convaincante et appelle un commentaire.

Le sacrifice de soi est pour Ferenczi le moyen de retrouver un état de repos, sans tensions ni douleur. Or l’abolition des tensions et leur retour au degré zéro constituent la visée du narcissisme primaire. Ainsi, la « pulsion de repos » masque en réalité une double destructivité : la destructivité « égoïste » sous forme d’autosuffisance négatrice de l’objet, et la destructivité « altruiste » négatrice du Moi.

Dans « Pulsions et destin des pulsions », Freud écrit qu’au début le mauvais, le haï, l’étranger sont identiques. À partir de là, on peut concevoir qu’un conflit s’organise entre une partie du Moi et une autre partie intruse, non-Moi qui aurait pénétré et colonisé le Moi (A. Green, Le travail du négatif, p. 181).

Mais si, comme dans l’identification à l’agresseur, il y a incorporation de l’autre, incorporation qui fait de l’autre et du Moi une même entité indiscernable, le conflit ne peut s’organiser.

En l’absence de conflit, l’identification à l’agresseur est une solution sacrificielle : aller au-devant de la mort, se jeter comme l’oiseau dans les griffes du prédateur, cela peut être une forme de jouissance. Ce n’en est pas moins destructeur.

Cependant, le processus d’autodestruction ne va pas toujours jusqu’au bout. « Dès que la rage des éléments ou de l’entourage humain s’est épuisée, la partie non détruite du Moi s’empresse de reconstruire, à partir des fragments préservés, une nouvelle personnalité, qui portera cependant les traces de la lutte. » Une personnalité qui se sera adaptée aux circonstances.

Ferenczi fait ainsi de l’ « adaptation », ou plutôt de la réorganisation psychique consécutive à un trauma primaire, un processus d’autodestruction interrompu dans son développement, une mort partielle.

La nouvelle personnalité qui résulte de ces processus psychiques peut être adaptée, voire hyperadaptée dans sa « normalité », ce qui évoquera les personnalités en faux self de Winnicott.

L’ENIGME DU « PLAISIR DE PASSIVITE »

Dans les « Notes et fragments » de 1930 et 1931 (Psychanalyse IV), ainsi que dans le Journal clinique, Ferenczi pose la question d’un « plaisir de passivité » qui est en fait inextricablement lié à un « au-delà du principe de plaisir », où la destructivité interne, le fait d’aller au-devant de la mort, est, paradoxalement, jouissance.

Une note du 24 août 1930 s’interroge sur la capacité à supporter le déplaisir dans les expériences extrêmes, capacité qui peut aller jusqu’au sacrifice de soi : « Au moment où l’on doit cesser de n’employer le monde alentour que comme moyen d’assurer sa propre défense et son propre bien-être, on se donne pour ainsi dire avec volupté au sacrifice, c’est-à-dire comme matière à d’autres forces égoïstes plus puissantes. »

D’où vient le « plaisir de la défaite » ?

Ferenczi a proposé plusieurs réponses, sans prétendre à l’exhaustivité :
— la contemplation de la force et de la grandeur de l’adversaire apporte un « plaisir esthétique » ;
— le Moi tire satisfaction de sa propre sagesse et supériorité intellectuelle, face à la force brutale ;
— enfin, il y a cet aspect « suprêmement maternel » qui, dans le clivage narcissique, fait que la partie restée intacte veille sur la partie « morte » et la protège comme une mère protège son enfant.

Dans ces trois hypothèses, on relève qu’il y a une jouissance d’ordre narcissique (impliquant le narcissisme secondaire aussi bien que primaire), qui coexiste avec la souffrance traumatique et se noue avec elle, sans qu’on puisse parler d’un plaisir de la douleur. Il s’agit plutôt d’une coexcitation :
— la puissance du vainqueur, surestimée, rehausse d’autant le Moi qu’elle valorise ;
— la satisfaction que le sujet tire de sa propre supériorité intellectuelle face à une force aveugle est aussi d’essence narcissique ; cela évoque un sentiment de triomphe caractéristique d’une défense maniaque ;
— enfin, la sollicitude avec laquelle la partie restée intacte veille sur la partie « morte » du Moi est sinon une visée de restitutio ad integrum, tout au moins une tentative de protection des frontières du Moi.

Dans la note du 2 avril 1931, Ferenczi, qui n’est pas totalement satisfait de ses hypothèses, revient sur la question : « Mais voici de nouveau le maudit problème du masochisme ! D’où vient la faculté non seulement de devenir objectif aussi loin que nécessaire, de renoncer et même de mourir, mais encore de se procurer du plaisir à partir de cette destruction ? » Et il avance d’autres explications possibles, parmi lesquelles celle-ci : « Aller au-devant du déplaisir, précipiter les choses, présente des avantages subjectifs par rapport à l’attente. Avant tout, c’est moi-même qui prescris pour moi-même le rythme de la vie et de la mort ” .

Aller au-devant du déplaisir, et même de la mort, présente ainsi deux bénéfices : tout d’abord, éviter l’angoisse de l’attente d’un événement irreprésentable – en l’occurrence, d’un événement traumatique. On pense à ce texte de Freud, « Au-delà du principe de plaisir » : l’angoisse réactionnelle à un événement traumatique met en scène, répétitivement, l’attente d’un trauma tout en prémunissant psychiquement le Moi contre cet événement. L’angoisse est ici un dispositif pare-excitation. Mais le dispositif peut s’avérer inefficace, la montée de l’angoisse devient insupportable. Se jeter au-devant de l’inconnu redouté, c’est mettre un terme à l’attente.

Le second bénéfice, c’est que précipiter les choses, aller au-devant de la mort, c’est se rendre maître de la vie et de la mort, quand aucune échappatoire n’est plus possible. Viser la mort, ou l’immortalité, cela revient au même (Green, 1982, p. 198). Il y a, dans le passage à l’acte maniaque, un fantasme d’omnipotence.

Dans le Journal clinique, le problème de l’affirmation du déplaisir est à nouveau posé. Ainsi, les pages datées du 14 février 1932 évoquent les issues possibles à des expériences extrêmes.

Ainsi la « solution philosophique », présentée aussi dans les « Réflexions sur le traumatisme » (Psychanalyse IV) :
« Quand on réussit philosophiquement à insérer la situation de déplaisir existant dans la réalité dans une unité plus grande ou perçue comme quelque chose d’inévitable, voire de nécessaire à la pensée, mais surtout quand on réussit à transférer la libido sur cette plus grande unité [...], le sentiment de déplaisir peut s’évanouir, bien que ses causes subsistent. »

Il se peut même que cette disposition soit ou devienne si teintée de plaisir qu’elle agisse comme force d’attraction.

Replacer l’événement personnel dans un ensemble plus vaste, en comprendre la nécessité : Ferenczi aurait-il découvert les sources pulsionnelles de la sagesse stoïcienne ?


Il est certain que, pour lui, l’issue philosophique est l’une de celles (avec l’issue somatique et l’issue délirante) que l’on rencontre chez des personnes ayant vécu des expériences extrêmes.

À l’origine de cette disposition, il y a la souffrance excessive (forte, destructrice). Un enfant qui vit une souffrance extrême est « hors de lui », ce dont témoignent symptomatiquement une absence de réactions émotionnelles, une sorte d’insensibilité, en même temps qu’un raidissement musculaire, voire une paralysie physique. être « hors de soi » ne signifie pas un « non-être », mais un « ne pas être là ». Où est-il, cet être qui n’est pas là ? Il est, selon les associations des patients, très loin, très haut, hors d’atteinte. Il vole rapidement entre les astres. Là où il est, le temps n’a plus cours : présent, passé et futur sont là devant lui. En d’autres termes, il est hors du temps et de l’espace.

Cela rappelle les effets de clivage, de déni et de déréalisation sur les personnes déportées dans les camps d’extermination, dont Bettelheim (1963) a témoigné. Vue de cette « vaste et gigantesque » perspective, l’importance de la souffrance propre disparaît, et s’ouvre alors une compréhension de la nécessité, une sagesse, qui peut être investie par une partie du Moi.

Il s’agit moins, alors, de l’affirmation du déplaisir et d’une compulsion masochiste que d’une façon de s’absenter d’une situation de souffrance extrême. Chercher à embrasser par la pensée tout l’univers, comprendre le sens de toutes choses, permet de trouver une satisfaction narcissique dans la jouissance de sa propre capacité à penser, dans la maîtrise par la pensée des événements qu’en actes on n’a pu contrôler. Cela tandis qu’une autre partie du Moi, clivée, reste en état de détresse.

La solution philosophique proprement dite peut être comprise comme un après-coup et une élaboration dans les processus secondaires de cette expérience extrême. Une fois le retour à la réalité accompli, la compulsion à philosopher est peut-être ce qui reste de la « vaste » perspective, portant la trace de l’expérience extrême. J’ai rapporté ailleurs le cas d’un jeune lycéen du Burundi qui, au cours du génocide des années 1993, faillit brûler vif. Ses camarades le désignaient comme le « philosophe », à cause de sa grande sagesse, et de la contrainte où il se trouvait continuellement à se poser des questions philosophiques et à tenter d’y répondre (Bertrand, 2004, pp. 42-43).

Chez des personnes ayant vécu des expériences extrêmes, la réversibilité de l’impuissance en omnipotence est un symptôme de la détresse extrême, voire de l’agonie au sens winnicottien, qu’elles ont pu vivre.

APRES LA CATASTROPHE : QUATRE MODALITES DE TRANSFORMATIONS PSYCHIQUES

Ces remarques permettent de comprendre les destins des pulsions à la suite d’une catastrophe narcissique.
Il en ressort que la personne traumatisée n’est pas seulement faite de Surmoi et de Ça, comme le dit Ferenczi. Tout son travail clinique montre au contraire les efforts de restauration narcissique du Moi, tentatives plus ou moins efficaces. Les transformations psychiques qu’une telle catastrophe provoque s’effectuent en effet selon plusieurs modalités, qui peuvent éventuellement correspondre à différents moments d’un ajustement. Je distinguerai quatre modalités, qui impliquent de façon différente masochisme et narcissisme. Le masochisme ne sera pas présenté comme jouissance tirée d’une souffrance, mais comme plaisir associé à une souffrance, et rendant cette dernière plus supportable. Jusqu’à quel point sera-t-il le gardien de la vie ?

Première modalité. — Le clivage post-traumatique permet au sujet de s’absenter de l’expérience.

Dans la figure du nourrisson savant, une partie sage et omnipotente veille sur la partie « morte » de la personnalité, et tente de la protéger. Le narcissisme se réfugie dans la visée d’omnipotence et d’omniscience. Le masochisme est mis hors jeu, du fait de ce clivage : une partie du Moi sait, mais ne souffre pas ; une autre partie souffre, mais ne le sait pas. Le Moi qui sait s’identifie à un sauveur tout-puissant.


Deuxième modalité. — L’identification à l’agresseur est moins l’incorporation de la culpabilité de ce dernier que celle de son omnipotence.

Même s’il y a un Surmoi qui adresse des reproches au Moi, c’est d’un Surmoi archaïque qu’il s’agit. Le sentiment de culpabilité peut être marqué par l’omnipotence : je suis à l’origine de tout ce qui m’arrive, proclame-t-il.
Dans cette configuration, le masochisme ne fonctionne plus comme gardien de la vie. Ce sont les pulsions de déliaison et la destructivité qui l’emportent. L’identification à l’agresseur prend la forme d’une identification à celui qui « prescrit le rythme de la vie et de la mort ». La figure limite en est le suicide : se suicider, c’est être le maître de sa propre vie et de sa propre mort.


Troisième modalité. — Un « développement soudain de l’intellect » se produit, tel une faculté d’accomplir des performances quasi parfaites, propres à garantir la survie psychique ou physique, au prix du sacrifice d’une partie de soi.

Cette configuration se traduit par une réaction hyperadaptée, voire le développement d’un faux self.
Le narcissisme trouve à se satisfaire d’une supériorité intellectuelle face à la force brute, aveugle ou stupide de l’environnement matériel ou humain. Cette satisfaction narcissique permet d’affronter la douleur traumatique en favorisant la constitution d’un masochisme.
L’identification à l’agresseur, si elle a lieu, se retrouve dans le « plaisir esthétique » que produit la contemplation de sa puissance.



Quatrième modalité. — Il est une identification à l’agresseur qui manifeste la lutte des pulsions de vie (érotiques) contre les forces de déliaison et la destructivité.

C’est lorsque l’identification prend la forme d’une empathie (Einfühlung) afin de rétablir la « situation de tendresse antérieure ». On la trouve dans le « syndrome de Stockholm ». En « comprenant » l’agresseur, en lui attribuant une partie de sa propre souffrance (l’agresseur a lui-même subi des préjudices, il n’a pu agir autrement, il a du bon en lui, etc.), on recrée avec lui une situation de communauté.
Le masochisme est alors relié à une satisfaction qui n’est pas seulement d’ordre narcissique, mais d’ordre érotique. La projection de sa propre souffrance en l’autre permet de réintrojecter ensuite la souffrance en soi, ce qui est une forme d’identification projective « normale ».



Autre possibilité : le clivage amour-haine qui permet de conserver l’objet aimé. On la trouve parfois chez des adolescent(e)s maltraité(e)s, réservant la haine au personnel éducatif, et conservant leur amour au parent maltraitant.

=> La négociation d’une catastrophe peut prendre l’une ou l’autre de ces modalités, voire plusieurs successivement. Le retour à une gestion plus névrotique s’avère difficile, voire problématique.



Dernière édition par Ayla le Dim 23 Aoû 2015 - 17:32, édité 3 fois

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Vladimir Vissotsky le Mar 14 Juil 2015 - 1:42


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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Mar 14 Juil 2015 - 12:11



Nous avons massacré
Dans le jardin de beauté
Creusant des tombes au lieu de planter
Pitié pour les crucifiés
Une amère justice
Suppliant l'éternité pour de l'amour
Nous ne sommes rien
Nous sommes tout

Je ne suis rien
Là, je suis tout le monde

Nous ne sommes rien
Et nous le sommes encore

La sagesse illumine la voie de la vie

Je te connais

Un peu d'art ce matin...

L'Origine de la Guerre émane de L'Origine du Monde:




L'Origine de la Guerre, Orlan, 1989

Dans le cadre de l'exposition Masculin / Masculin organisée au Musée d'Orsay jusqu'au 2 janvier 2014, est présentée l'œuvre d'ORLAN intitulée "L'origine de la Guerre". Une interprétation du célèbre tableau de Gustave Courbet, peint en 1866: "l'Origine du monde". La version d'Orlan, réalisée en 1989, est une photographie représentant un homme aux jambes écartées, phallus en érection, travestissant ainsi l'iconographie féminine de Courbet.

L'Origine du Monde, Gustave Courbet, 1866)

Le premier propriétaire de L'Origine du monde, et certainement son commanditaire, fut le diplomate turco-égyptien Khalil-Bey (1831-1879). Figure flamboyante du Tout-Paris des années 1860, il rassemble une éphémère mais éblouissante collection, dédiée à la célébration du corps féminin, avant d'être ruiné par ses dettes de jeux. Par la suite, le destin précis du tableau reste mal connu. Jusqu'à son entrée au musée d'Orsay en 1995, L'Origine du monde, qui faisait alors partie de la collection du psychanalyste Jacques Lacan, représente le paradoxe d'une oeuvre célèbre, mais peu vue.

Courbet n'a cessé de revisiter le nu féminin, parfois dans une veine franchement libertine. Mais avec L'Origine du monde, il s'autorise une audace et une franchise qui donnent au tableau son pouvoir de fascination. La description quasi anatomique d'un sexe féminin n'est atténuée par aucun artifice historique ou littéraire. Grâce à la grande virtuosité de Courbet, au raffinement d'une gamme colorée ambrée, L'Origine du monde échappe cependant au statut d'image pornographique. La franchise et l'audace de ce nouveau langage n'excluent pas un lien avec la tradition : ainsi, la touche ample et sensuelle et l'utilisation de la couleur rappelle la peinture vénitienne, et Courbet lui-même se réclamait de Titien et Véronèse, de Corrège, et de la tradition d'une peinture charnelle et lyrique.

L'Origine du monde, désormais présenté sans aucun cache, retrouve sa juste place dans l'histoire de la peinture moderne. Mais il ne cesse pourtant de poser d'une façon troublante la question du regard.

Quelques oeuvres de Jean-Michel Basquiat









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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Vladimir Vissotsky le Mar 14 Juil 2015 - 23:18

Surréalisme corporel de Lin Cheng Yung.






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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Jeu 16 Juil 2015 - 12:55

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Dernière édition par Ayla le Dim 23 Aoû 2015 - 17:32, édité 2 fois

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Stauk le Jeu 16 Juil 2015 - 20:31

Ayla a écrit:
Pour élever un enfant, il  faut tout un village (proverbe africain).
+1 les africains. La dessus je vous rejoins totalement.


Bref je venais poser une tite connerie, en pensant avoir trouvé quelqu'un avec qui délirer, et je tombe sur 800 pages de table des matières, du coup je me sens un peu moins légitime, d'un coup. Du coup.

Bref .... comme magie, dire à un homme qu'il souhaite secrètement coucher avec sa mère, ça le fait pas. Alors la psychanalyse je suis contre, pas contre en tant que (pseudo)science, mais contre en tant que (pseudo ?) magie. La magie c'est un truc sérieux, surtout quand on parle de magie qui sert à guérir.  J'ai lu tes propos psycho-analytiques, et je dois dire qu'en terme de magie, je veux bien croire que y a quand même un bon petit fond, juste je comprends vraiment pas du tout cette envie ou ce besoin de passer par un tout "parents/enfants". On fait pas de bons plats dans une assiette sale.

Bon j'ai peut être un peu trop taté des conséquences de cette mode psychanalytique, au niveau de mon environnement familial, pour être capable d'en voir les aspects positifs. Ca me sort par tous les orifices.

Stauk
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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Jeu 16 Juil 2015 - 21:23

Bref je venais poser une tite connerie, en pensant avoir trouvé quelqu'un avec qui délirer, et je tombe sur 800 pages de table des matières, du coup je me sens un peu moins légitime, d'un coup. Du coup. 

Pété de rire   Bienvenu Stauk^^

Et merci du passage, et de la lecture en diagonale malgré ton aversion pour la psychanalyse^^

Je me réunis, me reconstitue et me consolide ici, donc c'est par sur ce fil que je déconne le plus (bon, et pis j'suis ma jauge "déconne attitude" est à développer un peu plus), mais je cherche pas non plus à en faire un post "bienvenu pour vous pendre chez moi, les cordes c'est par là...  Dent pétée

Moi, c'est ce qui m'a permis de sortir de la mouise dans laquelle j'étais empêtrée. C'est pas tant que je souhaite annoncer aux hommes qu'ils sont restés coincés dans les jupes de maman (bien que ce soit pas faux assez régulièrement quand même^^) que de réaliser que j'ai passé ma vie à essayer de satisfaire maman, papa, pépé, pour être aimé et me sentir aimée.

Et justement, de se rendre compte que l'assiette est crade, on sait contre quoi on est immunisé et soit continuer à bouffer dans la même auge puante, ou passer à des couverts un peu plus décents et des mets plus savoureux^^

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Ven 17 Juil 2015 - 13:08

Luchini, sur le couple...




Matière à méditer et analyser...Bon support pour réfléchir sur ce sujet complexe...

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Dim 19 Juil 2015 - 10:53


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Article : Les non-dits, maîtres silencieux de nos destins

Quelle famille n’a pas ses secrets ? Pourtant, petits ou grands, ils risquent d’engendrer de lourds conflits familiaux et individuels qui pèsent sur plusieurs générations.

Helge, honorable bourgeois, fête ce soir ses 60 ans. Réunion de famille, ambiance joyeuse, dîner au champagne. Christian se lève. " Je voudrais proposer le premier toast. Après tout, c’est mon devoir de fils aîné. [...] C’est une sorte de “discours de vérité”. Je l’ai intitulé : “Quand papa prenait son bain”. [...] Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais papa était un maniaque de la propreté. Il emmenait Linda et moi dans son bureau. Il avait d’abord une chose à régler. Il verrouillait la porte, baissait les persiennes et allumait une jolie petite lampe. Il enlevait sa chemise et son pantalon et nous devions en faire autant. Il nous allongeait sur la banquette verte, qu’on a jetée depuis, puis il nous violait. Il abusait de nous sexuellement. Il avait des rapports sexuels avec ses chers petits. A la mort de ma sœur (ndlr : elle s’est suicidée il y a juste un an), j’ai réalisé que Helge était un homme très propre, avec tous ces bains. J’ai donc pensé qu’il fallait partager ceci avec la famille. Des bains été comme hiver, au printemps, en automne, matin et soir. "

“Festen”, le film exemplaire de Thomas Vinterberg, illustre à merveille ce qui définit un secret de famille : un savoir commun mais que l’on ne partage pas avec les autres membres de la tribu. Nul ne sait jamais qui sait quoi exactement. Aussi, il crée une dynamique particulière au sein du groupe et engendre de lourds conflits, familiaux et individuels, qui se répercutent sur plusieurs générations. Toutes les familles abritent des secrets. Petits ou grands, ils ont toujours des conséquences. Leur gravité réside dans " l’importance du secret, mais aussi dans l’insistance mise en œuvre pour le préserver ", observe le psychanalyste Gilbert Maurey (auteur de Secret, secrets, De Boeck université, 1998). Quand le clan familial s’impose le silence sur un événement, communiquer devient finalement impossible. C’est ainsi que, porteurs de nos passés occultés, de nos bouts de mémoire manquants, les secrets de famille deviennent les maîtres silencieux de nombreux destins.


On tait ce dont on a honte



" Durant toute mon enfance, j’ai eu des crises d’angoisse terrible, se souvient Nadine, 35 ans. J’avais peur d’être enterrée vivante. Or, récemment, j’ai appris que cela était arrivé à mon arrière-grand-père pendant la guerre de 14-18. Cette mort atroce avait été cachée : “Il avait succombé en héros sous les balles ennemies”, racontait la légende familiale. "
" Les contenus des secrets de famille touchent essentiellement la mort, les origines, la sexualité, la stérilité, le divorce, la maladie mentale, le handicap, les transgressions morales et/ou juridiques, les revers de fortune ", observe Sylvie Angel, psychanalyste, directrice du Centre Monceau, à Paris, spécialisé dans les thérapies familiales. Tout ce qui peut entacher l’image qu’une famille a d’elle-même, tout ce qui n’aurait jamais dû exister, tout ce dont on a honte. Même s’il s’agit d’un fait anodin. Ainsi, Camille a dû attendre l’âge de 30 ans pour apprendre que, lorsqu’elle en avait 4, elle avait été confiée quelques mois à sa tante. " Ma mère, malade, avait été hospitalisée. Puis, elle avait eu honte de révéler qu’elle avait failli à sa “mission” de mère parfaite en “m’abandonnant” à sa sœur. "
Le " secret des secrets ", c’est l’inceste. Mais on dissimule aussi la double vie de papa, l’homosexualité de tonton… Des parents n’acceptant pas leur stérilité tairont à leur enfant qu’il est né par insémination artificielle, ou qu’il a été adopté. Par souci de respectabilité, on ne racontera pas que le petit dernier est un enfant adultérin. On cachera l’existence de tante Adèle, qui s’est déroulée entre les murs d’un hôpital psychiatrique. Autrefois, on rayait purement et simplement de l’arbre généalogique les enfants morts en bas âge.
Avec le temps et l’évolution des mentalités, le contenu des secrets de famille a changé. Exemple : les filles mères que l’on montrait du doigt deviennent d’honorables mères célibataires qui ont courageusement décidé d’élever seules un enfant. De même, au hit-parade des secrets, ce n’est plus la syphilis qui l’emporte, mais le sida. " Certains de mes patients dont l’un des parents est mort du sida ne l’ont appris que plus tard, raconte Sylvie Angel. Un secret qui, automatiquement, soulève d’autres questions : “Mon père était-il bisexuel, toxicomane ? Comment a-t-il pu contracter la maladie ?”"


Le secret est contagieux



Le prénom, porteur d’un secret de famille ?
Un cas rare, relevé par la thérapeute Anne Ancelin Schützenberger (1). L’un de ses patients était dépressif : son jeune frère, Luc, venait de mourir d’une overdose. En établissant un arbre généalogique, ils constatent que 14 de ses cousins s’appellent Luc, Lucien, Lucie, Lucienne… dont 9 sont morts jeunes par accident ! Ils découvrent aussi qu’un siècle plus tôt son ancêtre Lucien avait été adopté ainsi qu’une petite fille, Maria. Mais la famille, trop pauvre, avait dû se séparer d’elle. Plus tard, Lucien a retrouvé Maria et l’a épousée. Pourquoi tous ces décès ? C’est comme si la famille avait voulu se " punir " inconsciemment de cet " inceste ", non pas réel mais généalogique, affirme Anne Ancelin, à l’origine de la théorie du " syndrome d’anniversaire " expliquant ce genre de répétitions.


" Virginie interrompait constamment la tétée de son bébé, raconte le psychanalyste Serge Tisseron. Dès qu’il commençait à boire son biberon, elle lui retirait la tétine de la bouche en disant : “Arrête, tu vas t’étouffer !” Après un moment de surprise, le bébé pleurait. La mère lui rendait alors le biberon, puis le lui retirait à nouveau précipitamment, en répétant : “Tu vas t’étouffer !”. Il en était ainsi à chaque tétée. " Dans les faits, le grand-père maternel de Virginie était mort étouffé et ce drame avait été tenu secret. Mais sa propre mère l’avait commémoré, à son insu, en venant vérifier chaque nuit, quand Virginie était enfant, si elle ne s’étouffait pas avec ses couvertures. D’où les angoisses que celle-ci projetait, adulte, sur son bébé et qui se traduisaient par sa façon de le nourrir. Cependant, en procédant ainsi, elle ancrait en lui une crainte, non de l’étouffement, mais du manque (crainte qu’il léguera sans doute à sa descendance sous la forme de la peur de manquer d’amour, d’argent, de nourriture…).
Une jeune femme " jolie et bien mariée ", mais frigide et obsédée par la crainte que sa petite fille prenne froid, consulte le psychanalyste Claude Nachin. Le grand-père de cette femme " en froid avec le froid " était mort noyé dans l’eau glacée lors d’un voyage avec sa maîtresse. Cette tragédie ne lui avait pas été cachée. Mais elle n’avait pu prendre la mesure de la douleur qui avait affecté sa grand-mère, ses tantes et sa mère : elles-mêmes la niaient, feignant… la froideur. " L’amour conduit à la mort ", voilà tout ce qu’elle avait pu entendre du drame. Sa frigidité et sa phobie du froid étaient une manière pour elle de " s’arranger " de cette idée.
Le secret transpire par le biais d’attitudes étranges ou anxieuses des parents, par leurs petites phrases équivoques, leurs mimiques, les voix qui s’altèrent dès qu’un mot, un nom rappelant le drame caché est prononcé. Autant de microcomportements qui parlent à l’inconscient des enfants et leur indiquent qu’il y a du secret dans l’air… Mais aussi de la souffrance.
D’ailleurs, leurs symptômes, leurs conduites pathologiques sont, selon Claude Nachin, autant de tentatives – inadaptées ! – pour soigner leurs parents et mettre fin au malheur familial. On constate aussi qu’un même secret ne touche pas de façon identique les membres de la fratrie. " Chacun construit son psychisme, ses repères personnels, en interrelation avec ses divers proches ", explique Serge Tisseron. Ce n’est donc pas le même discours, ou le même silence, qui est envoyé à chacun.


Il traverse les générations



Martine était issue d’une lignée de filles. Comme sa mère, elle avait deux sœurs et avait déjà mis au monde une petite fille. Sa deuxième grossesse – un garçon cette fois – s’était soldée par une fausse couche tardive. Enceinte une troisième fois, d’un garçon, elle avait dû être hospitalisée dès le début du cinquième mois pour éviter un accouchement prématuré. D’où venait cette impossibilité de mettre au monde un garçon ? Prise en charge par une psychanalyste, elle a découvert que sa grand-mère maternelle avait eu un fils mort-né dont elle n’avait jamais parlé. Ce deuil non fait s’était répercuté de génération en génération.

Dans son livre Aïe, mes aïeux, la psychothérapeute Anne Ancelin Schützenberger cite plusieurs cas de transmission, à l’identique, des secrets familiaux : on dissimule l’existence d’un oncle escroc et deux générations plus tard apparaissent des petits neveux escrocs… " Il est exceptionnel que les choses se déroulent ainsi ", assure Claude Nachin. D’ailleurs, pour que " ça " n’arrive plus jamais, les générations suivantes adoptent parfois des conduites aux antipodes de ceux des ancêtres. Un exemple : une femme à la cuisse légère s’est fait engrosser, pendant la Première Guerre, par un soldat qui a disparu dans la nature. Le fils était donc un enfant illégitime. Pour éviter la naissance d’autres enfants illégitimes, plusieurs des descendants ont opté, sans savoir pourquoi, pour l’homosexualité ou l’absence de sexualité.


La souffrance en héritage



Les première, seconde et troisième générations ne laisseront pas le secret transpirer de la même manière

La première, porteuse du secret, est partagée entre l’envie de se taire et le besoin d’avouer. Une attitude ambivalente qui empoisonne les relations avec l’entourage et perturbe les enfants. Comme cette femme mariée qui, découvrant, grâce à des tests sanguins, que son second fils était l’enfant de son amant, s’est employée de façon obsessionnelle à empêcher mari et enfants de recueillir une quelconque information sur les groupes sanguins par les médias. Elle éteignait la télévision ou changeait de chaîne dès qu’une émission sur le sujet était programmée. En fait, sa stratégie consistait simultanément à cacher et à montrer qu’elle cachait quelque chose.
A la seconde génération, le contenu du secret est ignoré : la " chose " est donc innommable. Mais l’enfant pressent le mystère et se coupe psychiquement en deux. Tandis qu’une part de lui a l’intuition de la dissimulation, l’autre essaie de se persuader du contraire (les parents n’ont pu mentir ou mal se comporter…). Il n’est pas rare qu’apparaissent alors des troubles de la personnalité, voire des symptômes graves. Sylvie Angel se souvient d’une famille venue au Centre Monceau pour une adolescente de 16 ans, fugueuse et en pleine débâcle scolaire. " Mutique, elle n’ouvrait la bouche que pour répéter : “Je n’ai pas confiance, je n’ai pas confiance.” Je décide donc d’organiser une séance sur le thème de la confiance. Rien ne se passe. Mais au moment de décider du rendez-vous suivant, le père demande brusquement à parler et se met à raconter un pan de son histoire, ignoré de tous : il avait eu une jeune sœur, qui s’était suicidée à l’âge de 16 ans, l’âge de sa fille. Celle-ci s’était, sans le savoir, identifiée à la disparue. Sans doute son comportement “suicidaire” avait-il été influencé par l’attitude de son père qui craignait sans cesse pour elle. "
Heureusement, il arrive que les effets du secret sur la seconde génération soient moins dramatiques. Martine a eu son dernier fils avec son amant, un homme politique assez connu. Le mari et l’enfant, Jérôme, l’ignorent. Les années passent. Le petit devient adulte et son père " officiel " souhaite qu’il devienne commerçant, comme lui. Jérôme s’y oppose avec véhémence, s’acharne à entrer à l’université, et se lance en… politique. En fait, par amour pour son ancien amant, Martine avait favorisé ses ambitions et, sans s’en rendre compte, l’avait poussé dans cette voie.
A la troisième génération, le secret est encore plus toxique : d’innommable, il devient impensable. D’où souvent des problèmes plus graves (délinquance, toxicomanie, voire schizophrénie). L’individu est la proie d’émotions (dépression récurrente, angoisses rebelles, pensées suicidaires…), d’images obsédantes, de désirs qui lui semblent totalement étrangers…


Briser la loi du silence



Tous les thérapeutes s’accordent sur un point : la révélation du secret ne permet pas d’en guérir. Du moins, n’est-elle pas suffisante. Certains réussissent à s’en sortir par la création artistique ou l’écriture, mais beaucoup ont besoin d’emprunter la voie thérapeutique. "On peut envisager une thérapie familiale, une psychanalyse, une psychothérapie", recommande Claude Nachin. Celles-ci consisteront à aider la personne à reconnaître les symptômes, les attitudes qu’elle s’est fabriquée pour d’autres dont elle a pris en charge les secrets honteux. " Elle doit réaliser qu’en tant qu’adulte elle n’a plus à gérer les malheurs passés de sa famille. Et qu’il est temps pour elle d’utiliser ses ressources intérieures pour sa propre vie. " Et ainsi reprendre en main son destin.

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David Gilmour, des Pink Floyd...inspiré par la SNCF...ça donne Rattle that rock!! J'penserai à lui pour rester zen la prochaine fois que je suis en gare Smile 



flower  Bon dimanche à toustes  flower

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Mer 22 Juil 2015 - 14:15

Métaphore intéressante^^



Merci Maritzanka pour la découverte du PsychoLab Smile . J'adhère à leurs propos. Pertinent, synthétique, imagé par des références cinématographiques (du coup, plein de films à mater!!). Ca résume bien les connaissances que je brasse depuis quelques temps!


PTSD: Post-Traumatic Syndrom Disorder : Syndrome post-traumatique

 








Les films à penser à regarder:

- Donnie Darko
- Fearless
- Jimmy P.
- Antwone Fischer
- Black Snake Moan
- Manga Ghost Hound
- Les fragments d'Antonin
- Valse avec Bachir
- It's a king of funny story
- Suicide club
- The hours  (N.Kidman)
- Rambo
- documentaire arte (2010) : en finir avec la peur
- Virgin suicide
- Mysterious Skin

- The Fisher King
- Spider
- Répulsion (polanski)
- The voices
- Clean Shaven

"La folie est parfois la meilleure façon de s'adapter à la réalité..."

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Ven 24 Juil 2015 - 23:11

  
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J-2 avant mon immersion en semaine de stage...

C'est impossible de savoir à quoi m'attendre. Je sais juste que cela sera intense, riche, et enrichissant. Mais pas forcément une partie de plaisir. Plonger dans sa souffrance et côtoyer celle des autres. Essayer d'en faire quelque chose au lieu de la subir. 
Je suis curieuse de voir, depuis ces 8 derniers mois, le chemin parcouru et ma manière de vivre de bouillon. Vais-je boire la tasse? Vais-je être en mesure de ne pas être submergée par ce flot d'émotions et d'informations que l'on va brasser et vivre? 

Si non, je ne referais qu'un tour de plus dans ma lessiveuse interne. (ça ne sera pas pire qu'avant) 
Si oui, je sortirais encore grandie de cette semaine, plus à même de côtoyer et accompagner autrui au cœur même de nos déboires respectifs. (s'appuyer sur sa souffrance pour accéder à la vie, ne plus lutter contre)

Mes craintes : le trop d'informations, sensations, émotions. Un groupe de 20 à patauger dans la merde, ça va pas être jojo.
Si je ne m'exprime pas à temps, ou si je ne prends pas le recul suffisant de ce qui se rejoue de ma vie et du comment je suis en mesure de l'aborder aujourd'hui, je vais être surchargée comme une pile surchargée et ne pourrai plus analyser au fur et à mesure. Et vais péter un cable ou me replier sur moi.

Mes intentions: suivre du mieux que je puisse ce qui se trame pour moi, au milieu de ce qui se trame pour autrui. CANALISER ce qui est utile de ce qui ne l'est pas. Avancer dans le comment agir, de manière juste et subtile dans des situations délicates, explorer, apprivoiser et développer mes ressources. Faire une force de mes faiblesses, de ma sensibilité,de ma capacité à savoir souffrir. Apprendre à l'utiliser à bon escient. 

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"La souffrance reconnue comme telle par un tiers permet son assimilation voire son introjection graduelle. (Le travail d'introjection n'a pas forcément à devenir conscient pour être efficace. Le plus souvent, il se produit à notre insu.
Il nous faut pouvoir nous remémorer le passé, nous souvenir de ce qui nous a été enlevé, faire notre deuil de tout ce qui n'a pas pu être faute d'amour, par suite de persécutions, de maladies ou de traumas - pour qu'il nous soit donné de vouloir vivre encore, de nous trouver, de nous renouveler, de vouloir faire plaisir aux autres et à nous-même."
N. Abraham et M.Torok, L'écorce et le noyau


______________________________________________________________________________________________________________________________

  


Dernière édition par Ayla le Dim 23 Aoû 2015 - 17:33, édité 5 fois (Raison : rajout photos et vidéos et corrections mise en page)

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Invité le Sam 25 Juil 2015 - 12:13

Salut Ayla Smile

Ayla a écrit:
J-2 avant mon immersion en semaine ferenczienne...

C'est impossible de savoir à quoi m'attendre. Je sais juste que cela sera intense, riche, et enrichissant. Mais pas forcément une partie de plaisir. Plonger dans sa souffrance et côtoyer celle des autres. Essayer d'en faire quelque chose au lieu de la subir. 
Je suis curieuse de voir, depuis ces 8 derniers mois, le chemin parcouru et ma manière de vivre de bouillon. Vais-je boire la tasse? Vais-je être en mesure de ne pas être submergée par ce flot d'émotions et d'informations que l'on va brasser et vivre? 
Il n'y a pas d'enjeu hein ? Smile . Tu as déjà fait un sacré bout de chemin, pas de raisons que tout s'évapore d'un coup Smile

Ayla a écrit:
Si non, je ne referais qu'un tour de plus dans ma lessiveuse interne. (ça ne sera pas pire qu'avant) 
Si oui, je sortirais encore grandie de cette semaine, plus à même de côtoyer et accompagner autrui au cœur même de nos déboires respectifs. (s'appuyer sur sa souffrance pour accéder à la vie, ne plus lutter contre)
Je parie sur le "sortir grandie" Smile

Ayla a écrit:
"La souffrance reconnue comme telle par un tiers permet son assimilation voire son introjection graduelle. (Le travail d'introjection n'a pas forcément à devenir conscient pour être efficace. Le plus souvent, il se produit à notre insu.
Il nous faut pouvoir nous remémorer le passé, nous souvenir de ce qui nous a été enlevé, faire notre deuil de tout ce qui n'a pas pu être faute d'amour, par suite de persécutions, de maladies ou de traumas - pour qu'il nous soit donné de vouloir vivre encore, de nous trouver, de nous renouveler, de vouloir faire plaisir aux autres et à nous-même."
N. Abraham et M.Torok, L'écorce et le noyau
Merci pour cela Smile

Comment se passe ton installation, quasi un mois après ? Smile

Bon weekend Smile

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Sam 25 Juil 2015 - 14:55

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Sam 25 Juil 2015 - 16:16

Merci pour ton retour et ta venue aux nouvelles Aimant!

Bref.
Sinon, oui, ça fait 4 mois de ZC, et 3 semaines que j'ai enfin un chez moi rien qu'à moi, après 2 ans chez les parents, 3 chez mon ex, et 4 chez mon ex ex!!!

Une petite météo interne pour l'occasion Smile

Que ça fait du bien d'être entre 4 murs et sans interférences aucune! Première fois que je savoure cette conjoncture. Première fois que j'ai décoré et investi les lieux en à peine 3 jours, alors que tous les endroits où j'ai vécu auparavant, cela m'était d'une difficulté et d'un stress terrible de savoir quoi mettre aux murs, comment agencer, comment m'approprier les lieux.

Là, ça coule de source. 
Je m'y sens bien. 30m2, c'est bien plus petit que ce que j'ai "squatté" ces 10 dernières années, mais du coup, c'est cocoon et douillet.

Et la déco, ben c'est un panaché de mes créations de ces 3 dernières années. Mandalas, masques, dessins...le rendu est super agréable en vibration et visuel. J'apprends à apprécier mes bons comme mes mauvais côtés (car ce quand je créais, c'était toujours dans une énergie très douloureuse et négative, j'essayais de canaliser comme je pouvais, et il m'a fallu du temps pour pouvoir valoriser le regard que je portais sur ce qui sortait de moi dans cet état)
Du coup, ce qui m'a été douloureux à traverser m'est aujourd'hui esthétique et doux à regarder.

La ville me plaît beaucoup. Très boisé, des commerces de proximité, Gros centre-ville à 15 min en bus. Un très bon compromis ville-campagne qui me sied à ravir! Smile

Le projet pro suit son cours. Je suis en attente de signature de compromis de vente. J'avais un temps d'avance sur la sage-femme qui vend. Son notaire a besoin de documents pour pouvoir fixer un rdv. Ça ne devrait pas tarder, et ça me permet du coup de réfléchir au moyen de financement, m'inscrire à Pole emploi, atterrir dans cette nouvelle vie et reprendre un fonctionnement pleinement solo et autonome... sans être tout de suite happée par le milieu pro. 

A la signature du compromis, je vais aller voir un peu comment elle travaille et me préparer à la reprise de sa patientèle. Je suis ravie d'avoir eu ce mois de juillet dans cette dynamique, et de ne pas tout faire en même temps, car mine de rien, c'est quand même dense tout ce qu'il y a à penser et faire de tous les côtés.

En interne, ça se gère assez bien. Un fond de fatigue (chaleur et remue-ménage de ce grand tournant de vie), mais pas de débordements. Je sens toujours mon fond d'angoisse, mais il ne m'aspire plus. Je me dynamise avec, et prend le temps de me reposer pour me ressourcer. Je continue mes footings et découvre ainsi les parcs et alentours de la ville. 

J'ai réalisé l'apaisement acquis ces derniers mois lundi, quand je suis allée à la préfecture pour récupérer mon permis après une suspension de 6 mois, et que l'on m'a dit gentiment de revenir 2 jours plus tard. 
J'avais pourtant fait tout mon possible, téléphoné, m'assurer que c'était bien là et à cette date que je pouvais m'y rendre (car personne te dit rien dans cette situation, un vrai jeu de piste!...), et ne pas me retrouver dans cette situation d'être venue pour rien (préfecture à 50 min de chez mes parents, et c'est mon père qui faisait le taxi).
Bref, cette situation m'a fait frémir mon volcan, mis les larmes aux yeux quand j'ai réalisé que le papier rose que je voyais derrière la vitre, ben je repartirai pas avec...et pis j'ai pu verbaliser la colère dans laquelle cette situation me mettait sans péter de câble ni trop enrager. 

Et en sortant, il m'a fallu une petite heure pour rebondir et réajuster ma semaine en fonction de cet événement.

J'ai réalisé que j'avais passé 3 ans avec ce volcan en éruption permanente. Là, il a craché un coup, et c'était fini. C'était chouette à réaliser...

Bref, c'était l'anecdote pour dire que j'ai toujours ce fond intense, mais que je vis de mieux en mieux avec, et surtout je ne culpabilise plus d'être ce que je suis et de ressentir ce que je ressens. Et je m'exprime de mieux en mieux, seulement avec les personnes avec qui c'est possible. Je m'économise.

Et j'espère reprendre la vie active, avec tous ses aléas et nouvelles choses à gérer, avec cette nouvelle écologie de soi, et me préserver ainsi du mieux que je puisse des interférences externes comme internes...

flower  Bon week-end à vous toustes, et au plaisir de vous lire.  flower


Dernière édition par Ayla le Dim 23 Aoû 2015 - 17:35, édité 3 fois

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Mag le Sam 25 Juil 2015 - 20:55

Very Happy Coucou !
du coup, je sais pas comment est reçu tout ce que je dépose et réunis ici...en tout cas, je suis contente d'avoir résumé mes notes sur mon fil.
Ça devient mon armoire à rangement de notions, connaissances, et centres d'intérêt.
moi j'aime bien regarder dans ton armoire Wink j'y trouve certains jours des sons qui résonnent dans la mienne Very Happy et aujourd'hui particulièrement...

je laisse résonner et écrit pour moi, mes points de vues sont différents de ceux que tu explore en ce moment, et j'aime ça : lorsque plusieurs points de vue montrent la même chose, cela joue le rôle que l'absence passée/présente ne rempli pas : voir l'autre mettre ses mots sur un vécu que j'ai traversé, me fait pareil que le formuler à voix haute dans mon quotidien, l'énergie circule librement entre moi et le vécu, entre moi et les autres Very Happy

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Invité le Dim 26 Juil 2015 - 13:19

Ayla a écrit:Merci pour ton retour et ta venue aux nouvelles Aimant!
Avec plaisir Smile

Ayla a écrit:J'suis en mode ferenczien depuis 1-2 semaines, c'est plutôt dense et profond, et peu de personnes commentent...du coup, je sais pas comment est reçu tout ce que je dépose et réunis ici...en tout cas, je suis contente d'avoir résumé mes notes sur mon fil.
Je ne connais pas trop Ferenczi. Je te lis, et tu me sembles très juste Smile . Après, pour un retour, tu ne poses pas de questions Razz Wink . Perso, je me dis que c'est de l'acquis pour toi du coup.
 
Ayla a écrit:Ça devient mon armoire à rangement de notions, connaissances, et centres d'intérêt. 
Et avec le sommaire, je m'y retrouve de mieux en mieux et peut me remémorer en un coup d'oeil ce que j'ai sous la main. Very Happy
Oui, ça fait une belle balise temporelle Smile

Ayla a écrit:Que ça fait du bien d'être entre 4 murs et sans interférences aucune! Première fois que je savoure cette conjoncture. Première fois que j'ai décoré et investi les lieux en à peine 3 jours, alors que tous les endroits où j'ai vécu auparavant, cela m'était d'une difficulté et d'un stress terrible de savoir quoi mettre aux murs, comment agencer, comment m'approprier les lieux.

Là, ça coule de source. 
Je m'y sens bien. 30m2, c'est bien plus petit que ce que j'ai "squatté" ces 10 dernières années, mais du coup, c'est cocoon et douillet.
cheers . Ouaip, sa bulle à soi Smile

Ayla a écrit:Et la déco, ben c'est un panaché de mes créations de ces 3 dernières années. Mandalas, masques, dessins...le rendu est super agréable en vibration et visuel. J'apprends à apprécier mes bons comme mes mauvais côtés (car ce quand je créais, c'était toujours dans une énergie très douloureuse et négative, j'essayais de canaliser comme je pouvais, et il m'a fallu du temps pour pouvoir valoriser le regard que je portais sur ce qui sortait de moi dans cet état)
Du coup, ce qui m'a été douloureux à traverser m'est aujourd'hui esthétique et doux à regarder.
Impec ! Smile

Ayla a écrit:La ville me plaît beaucoup. Très boisé, des commerces de proximité, gros centre ville à 15 min en bus. Un très bon compromis ville-campagne qui me sied à ravir! Smile
Ah ... la province ... Wink

Ayla a écrit:Le projet pro suit son cours. Je suis en attente de signature de compromis de vente. J'avais un temps d'avance sur la sage-femme qui vend. Son notaire a besoin de documents pour pouvoir fixer un rdv. Ça ne devrait pas tarder, et ça me permet du coup de réfléchir au moyen de financement, m'inscrire à Pole emploi, atterrir dans cette nouvelle vie et reprendre un fonctionnement pleinement solo et autonome... sans être tout de suite happée par le milieu pro. 
Ça fait toujours du bien un peu de vacances. Des vraies ! Wink

Ayla a écrit:En interne, ça se gère assez bien. Un fond de fatigue (chaleur et remue-ménage de ce grand tournant de vie), mais pas de débordements. Je sens toujours mon fond d'angoisse, mais il ne m'aspire plus. Je me dynamise avec, et prend le temps de me reposer pour me ressourcer. Je continue mes footings et découvre ainsi les parcs et alentours de la ville. 
Keep up the good work ! Smile

Ayla a écrit:J'ai réalisé l'apaisement acquis ces derniers mois lundi, quand je suis allée à la préfecture pour récupérer mon permis après une suspension de 6 mois, et que l'on m'a dit gentiment de revenir 2 jours plus tard. 
J'avais pourtant fait tout mon possible, téléphoné, m'assurer que c'était bien là et à cette date que je pouvais m'y rendre (car personne te dit rien dans cette situation, un vrai jeu de piste!...), et ne pas me retrouver dans cette situation d'être venue pour rien (préfecture à 50 min de chez mes parents, et c'est mon père qui faisait le taxi).
Bref, cette situation m'a fait frémir mon volcan, mis les larmes aux yeux quand j'ai réalisé que le papier rose que je voyais derrière la vitre, ben je repartirai pas avec...et pis j'ai pu verbaliser la colère dans laquelle cette situation me mettait sans péter de câble ni trop enrager. 

Et en sortant, il m'a fallu une petite heure pour rebondir et réajuster ma semaine en fonction de cet événement.
Ça te tenait à cœur de le récupérer Smile . Cool si l'histoire se termine bien Smile

Ayla a écrit:J'ai réalisé que j'avais passé 3 ans avec ce volcan en éruption permanente. Là, il a craché un coup, et c'était fini. C'était chouette à réaliser...
Smile

Ayla a écrit:Bref, c'était l'anecdote pour dire que j'ai toujours ce fond intense, mais que je vis de mieux en mieux avec, et surtout je ne culpabilise plus d'être ce que je suis et de ressentir ce que je ressens. Et je m'exprime de mieux en mieux, seulement avec les personnes avec qui c'est possible. Je m'économise.
Wink

Ayla a écrit:Et j'espère reprendre la vie active, avec tous ses aléas et nouvelles choses à gérer, avec cette nouvelle écologie de soi, et me préserver ainsi du mieux que je puisse des interférences externes comme internes...
A suivre alors Smile

Profite bien de la fin du weekend, et de ta semaine Smile
Long hug Bisous

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Phierd'ars le Mar 28 Juil 2015 - 14:21

[je sais pas comment est reçu tout ce que je dépose et réunis ici...en tout cas, je suis contente d'avoir résumé mes notes sur mon fil. ]

J'aime bien !
Et je lis. C'est très intéressant.

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Mer 29 Juil 2015 - 7:36


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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ereen le Lun 3 Aoû 2015 - 0:38

Ayla a écrit: J'suis en mode ferenczien depuis 1-2 semaines, c'est plutôt dense et profond, et peu de personnes commentent...du coup, je sais pas comment est reçu tout ce que je dépose et réunis ici...en tout cas, je suis contente d'avoir résumé mes notes sur mon fil. 

Oui c'est très très dense, et ça a l'air super intéressant, mais ça peut être un peu difficile suivre, à internaliser, quand on est extérieur, en fait ça donne envie d'essayer ^^, je pense que tu as pu travailler sur une foultitude de choses durant ces séances, sur des plans très profonds.

L'anecdote du permis de conduire à la préfecture est très parlante... ! Effectivement, parvenir à verbaliser son émotion en temps réel, c'est un exercice très difficile car implique en même temps le regard sur l'émotion et à la fois la maitrise de soi pour ne pas s'y laisser aller, et au total permet la communication avec l'autre, car on lui dit notre émotion (en plus ça défoule^^), il est courant, on l'a averti ; en l’occurrence, ils auront pu comprendre qu'ils avaient merdé à mort dans la transmission interne de leurs info, (bon je sais pas si ils vont changer leur système pour autant, mais qui sait !) donc, important tout ça au final ! La maitrise du volcan, s'exprimer...

Au fait, la vidéo de Luccini sur le couple, vraiment d'accord !! "quand j'ai compris que personne allait vivre à ma place..."
Haha, la vidéo sur le consentement et la cup of tea, parfaite ! Smile ... l'importance de l'observation et de poser des questions.

Bon emménagement et reprise pro !

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Re: C'est décousu...mais c'est déjà ça

Message par Ayla le Lun 3 Aoû 2015 - 11:47

Retour et ratterrissage de ma semaine de stage.

Résumé, en musique déjà:

Philosophique:

Tansférentiel:

Et en mots:

Encore une semaine dont je reviens grandie.

Je souffre. J'ai mal. J'ai peur. Et je vis de mieux en mieux avec ce qui m'anime. Plus besoin de me couper de ce qui m'anime. Bien au contraire. Etre avec en permanence, accepter, être. Cela donne une justesse et une posture qui me met en accord avec moi-même, et qui m'amoindri beaucoup la résonance de la posture d'autrui, quand elle ne l'est pas. Car quand ce n'est pas juste pour moi, c'est que l'on me charge d'une souffrance dont on ne veut pas.

Mon chemin de vie est de pouvoir porter ce fardeau. Je n'ai pas le choix. 
Et je commence à savoir faire avec. C'est bon. Je me sens forte, puissante, fière, en accord avec ma vie. 
Car enfin, je la vis. 

Et je vois et sens à quel point c'est bénéfique pour moi, comme pour autrui (le petit enfant souffrant emmuré derrière son mur blindé construit tout au long de sa vie pour ne pas crever ou devenir dingue de ce qu'il a subi, enduré, épongé, traversé...).

J'ai écroulé ce mur blindé il y a 5 ans maintenant, et je me relève après avoir été un peu ensevelie sous les décombres. Il me fallait une dynamite pour l'écrouler tellement je l'avais bien bâti.

Je me sens libérée. Souffrante dans mon être, dans ma chaire, mais libérée. Je (la petite tétanisée et enragée) ne suis plus enfermée dans ce bunker. 
Je m'apaise. 
Et je suis dans un corps d'adulte aujourd'hui, avec un esprit d'adulte, capable de penser et réfléchir à ma vie dysfonctionnelle, à La Vie. A la Mort.
Cela libère. 

Le prix de la liberté, c'est le poids de la souffrance humaine.
Cela vaut son pesant d'or. 
Car ma vie n'avait pas de sens, ou un sens tellement atroce avant d'être en mesure de concevoir les choses ainsi.

Cela donne accès à une dimension particulière, fabuleuse, grisante comme effrayante. VIVANTE. 

J'ai vécu encore une semaine très très riche en expérience et en vécus. 

L'amour. Le besoin de l'autre. De le toucher. 
Quand on sait et sent d'où ça vient...cela devient d'une délicatesse et d'une complexité immense d'être en lien.

Je m'interroge sur ma capacité d'être un jour en couple et fonder une famille avec cette vision du monde. 
La personne complémentaire à mon évolution et vice-versa ne sera pas né de la dernière pluie...

Mais mieux vaut être seule que mal accompagnée = que d'être en lien archaïque.

De sentir quand ça touche cette dimension soulève beaucoup de questionnements sur le couple. 
Comment composer avec cette sphère affective douloureuse inhérente à chacun. 
Souffler sur les braises, ça ravive le feu. 
Étouffer les braises, ça l'éteint. 
Une attention permanente est nécessaire pour que ce feu de vie reste dans son âtre et chauffe et éclaire juste suffisamment, et ce jusqu'à son dernier souffle. 
Qu'il ne s'embrase ni se s'étouffe pas avant mon dernier souffle.

Plus il y a d’interaction, plus il est délicat de porter attention à ce feu. On peut être distrait, happé, empêché un temps plus ou moins long par ces interactions. 
Et ça vire en un rien de temps en feu de forêt ou en sécheresse.

C'est ça la Vie. On le voit de par l'Histoire de l'humanité.

On est rarement à son poste, à sa place pour que l'ensemble tourne rond, pour que la mayo prenne et qu'elle soit délicieuse (malgré le piquant ou l'amertume...toutes les saveurs sont nécessaires pour un bon équilibre).

C'est comme ça, la Vie.

Et tant qu'on évite la Mort et la Souffrance, par le sexe, la distraction, le jeu, la consommation compulsive de tout ce qui peut nous éloigner de ce fondement, et ben on s'éloigne d'elle. Un ersatz, une illusion emplie de frustration, déception, amertume dès que l'on s'arrête un court instant pour percevoir ce trouble interne.
Et c'est souvent tellement trop qu'on repart dans son tourbillon de semblant de vie. 
Et ça continue, encore et encore...
Et c'est jamais fini, d'accord, d'accord...

Accepter. Supporter l'insupportable. Reconnaître, Nommer. Penser la dysfonction plutôt que de la subir. C'est cela, être adulte. 
La part à développer pour qu'éventuellement un jour, dans moultess générations, l'Humain ne soit pas aussi pitoyable quand il pense à sa condition humaine. 

Y'a du pain sur la planche.

Mais d'être en conscience, et d'agir à travers cette perspective donne du sens à ma vie, à ma souffrance, à mon souffle. Je sais pourquoi j'entretiens avec amour et bienveillance mon feu.


Dernière édition par Ayla le Dim 23 Aoû 2015 - 17:37, édité 2 fois

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