Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

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Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

Message par Kadjagoogoo le Dim 30 Nov 2014 - 16:14

Je poste ça ici à défaut d'avoir le temps et le goût de chercher l'endroit ad hoc. Merci donc à la modération de caser ce topic dans la bonne section si jamais c'était pas conforme.

Bref, je suis dans mon salon, devant mon PC (forcément, si j'écris ça), je viens d'avaler sans enthousiasme un plat de coquillettes relativement insipide et je dois me bouger car dans moins de deux heures, j'accueillerai chez moi ma future colocataire, une diva "artiste" ridiculement excentrique qui a "été élevée" comme une princesse" et va très probablement vouloir me convertir en son domestique, son factotum. J'ai quasiment connu ça avec mes deux derniers colocs, expérience cuisante que, en bon masochiste, je m'apprête à renouveler, potentiellement.

Faut que je fasse le ménage, de la place, me motive à grand renfort de méthode Coué ("Tout va bien, tout va bien...", "ce n'est pas grave, pas grave", "Tu dramatises pour rien, encore une fois"...) ; que j'essaie au moins de faire semblant d'y croire, quoi.
Ce dimanche, je touche le fond, je crois. Une dégringolade qui s'est enclenché l'hiver dernier et à débouché sur la perte de mon emploi fin mars. Depuis, c'est l'expectative anxieuse avec remise en question perpétuelle - un truc familier, chez les zèbres (je sais même pas si j'en suis vraiment un, pourtant). Zéro revenu, zéro perspective d'avenir, un entourage qui ne pose même plus de question à propos de ce que je fais de mes journées, de mes éventuels projets. D'ailleurs, je ne veux plus voir personne, désormais. Je glisse, lentement, sûrement... (J'ai encore annulé deux sorties possibles aujourd'hui, pour mieux pouvoir accueillir mon prochain bourreau.)

Ma vie sentimentale ? No comment.

Bref. J'accumule les vacheries depuis quelques mois et là, je m'accorde quelques instants de lucidité distanciée pour observer que, cela se confirme : je vis en ce moment même le climax de ma chute sociale, en boxer à mon bureau, sans même la force et l'envie d'écouter de la musique, d'allumer la TV, la radio ou faire quoi que ce soit de stimulant. Juste envie de constater mon échec absolu.
Et vous inviter à partager ici l'instantané d'un désarroi, l'illustration d'un désespoir, la cristallisation d'une aliénation (perte de sens) jusqu'ici diffuse, le souvenir d'une fois où, peut-être, vous vous êtes vu, vous aussi, dans l'impasse - la vraie, qui rend hospitalisation volontaire en milieu psychiatrique désirable, presque. (J'ai d'ailleurs passé la nuit dans ce désir, à m'informer dans ce sens, me projeter...)

Je vais regretter la création de ce sujet dans quelques heures, voir immédiatement, même, mais peut-être que quelques-uns, parmi nous, trouveront là une tribune pour verbaliser une souffrance, passée ou actuelle, et essayer comme j'ai voulu le faire de tourner en dérision une détresse suffocante.


Dernière édition par Kadjagoogoo le Dim 30 Nov 2014 - 16:39, édité 1 fois

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Message par Deedee le Dim 30 Nov 2014 - 16:35

J'ai connu cette descente aux enfers et j'en suis remontée, on peut échanger en MP si tu veux Console

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Message par Kadjagoogoo le Dim 30 Nov 2014 - 16:41

Merci pour pour ton intervention et ta proposition, que j'accueille avec intérêt et gratitude.
Dès que j'aurai accompli mon destin (compliquer ma vie domestique, ce soir, en me privant ainsi de mon dernier refuge  mouais ), je te rejoins en coulisses pour échanger, bien volontiers. Wink

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Message par r'Eve le Dim 30 Nov 2014 - 16:59

Ton désir de cette nuit, je l'ai eu il y a une quinzaine de jours je crois
Je l'ai même hurlé ici
Tu es en boxer ?
Je suis en pyj
Tu fais du ménage alors que ...
Et bien je me prépare un bon repas alors que ... je ne le mangerais pas

Ne baisse pas les bras mon Googoo
Je n'ai pas encore répondu à ton mp car moi même j'ignore ce que je désire
Dans le fond je le sais oui mais j'ai peur, peur de croire en un avenir qui finira comme tous ceux auxquels j'ai osé croire par le passé

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Message par louise le Dim 30 Nov 2014 - 17:03

Arretez, vous me foutez toutes les boules, là, on va se serrer les coudes, non?

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Message par Invité le Dim 30 Nov 2014 - 17:06

Bisous Long hug

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Message par Invité le Dim 30 Nov 2014 - 17:10

Petite déprime hivernale ou réelle dépression qui nécessite un soutien psychologique ?

Verbalise, face à une personne, pas un écran.

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Message par Andromaque le Dim 30 Nov 2014 - 17:55

Kadjagoogoo a écrit:(...) qui rend hospitalisation volontaire en milieu psychiatrique désirable, presque. (J'ai d'ailleurs passé la nuit dans ce désir, à m'informer dans ce sens, me projeter...)

Je compatis, mais j'ai surtout envie de te mettre en garde contre ce type de tentation, car ça me rappelle un fort mauvais souvenir. Une amie qui se sentait couler et ne parvenait pas à se ressaisir, a demandé à être internée sur un coup de tête. Quand elle s'est sentie mieux, elle a voulu sortir, mais elle s'est retrouvée retenue contre son gré, car entre temps, la croyant sans famille (famille qui se désintéressait de son cas), la machine administrative a pris la main et elle s'est retrouvée à 33 ans dépossédée d'elle-même. Elle a pu me passer un coup de fil in extremis et me donner les coordonnées d'un ami à elle, monsieur d'un certain âge d'apparence fort respectable (ça compte pour faire le bras de fer avec les médecins). Il a fallu que nous allions ensemble faire un numéro d'intimidation (avertir les journaux, la police, les services sociaux...) pour obtenir qu'ils la laissent sortir, bien que majeur, et alors qu'elle avait demandé elle-même à être hospitalisée. Il faut donc faire très attention. Ce n'est pas parce qu'on est venu librement qu'on peut ressortir quand on veut. Une fois la personne admise dans un hôpital en psy, surtout si celle-ci n'a pas de famille ou que celle-ci n s'impose pas au chevet de la personne hospitalisée, l'institution peut s'emballer et la retenir contre son gré tant que les médecins considèrent qu'elle n'est pas guérie (concept élastique). Je ne dis pas que c'est automatique et moi-même avant de l'avoir vécu, j'aurais eu du mal à le croire. Mais je l'ai vécu et je me contente de témoigner. Je peux donner en MP le nom de l'établissement qui est en région parisienne.

A part ça je ne suis pas forte pour dire des trucs intelligents dans des cas pareils. Mais ce que je sais de façon certaine c'est que les zèbres sont très doués pour descendre très bas, et parfois même pour creuser le fond de la piscine. Mais ils sont aussi très doués pour rebondir d'un coup de rein. C'est pourquoi il ne faut faire le dos rond quand ça va mal, ne pas s'épuiser en vain et attendre le moment de reprendre la main, ce qui tardera d'autant moins que tu ne te seras pas effondré psychologiquement. Ce que tu vis n'est peut-être qu'une phase qui te permettra de t'élever davantage sur le plan de la réalisation personnelle(une phase de désintégration positive selon Dabrowski).

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Message par r'Eve le Dim 30 Nov 2014 - 18:04

Andromaque, ce que tu racontes est vrai
J'ai été à la place de cette jf moi aussi  What a Face (entrée volontaire, demande de sortie refusée  Rolling Eyes )
J'avais oublié cet épisode  pale  merci de me le remémorer

PS : le plus drôle, c'est que lorsque j'avais demandé à être internée, ils ne comprenaient pas pourquoi, pour eux il n'y avait pas de "problème". J'ai limite du les forcer à me prendre Arrow
Pour moi, me faire interner revenait à me mettre dans une bulle, à me couper du monde et donc à être "protégée"
Mouais

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Message par Andromaque le Dim 30 Nov 2014 - 18:16

Pandémonium a écrit:PS : le plus drôle, c'est que lorsque j'avais demandé à être internée, ils ne comprenaient pas pourquoi, pour eux il n'y avait pas de "problème". J'ai limite du les forcer à me prendre Arrow
Pour moi, me faire interner revenait à me mettre dans une bulle, à me couper du monde et donc à être "protégée"
Mouais

Exactement comme mon amie. Et je peux garantir qu'ils étaient bien déterminée à la garder! Il a vraiment fallu faire un sacré bras de fer pour qu'ils la lâchent.

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Message par r'Eve le Dim 30 Nov 2014 - 18:20

oui je sais
moi même j'avais planqué un téléphone car normallement on n'a pas le droit de les garder avec nous (confisqué dès l'arrivée)
j'ai appelé en urgence mon père pour lui dire de prévenir la police que j'étais retenue contre ma volonté et de venir immédiatement
Ce n'est que grace à cela que j'ai pu sortir
sans cette ruse de téléphone caché, j'y serais peut être encore silent

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Message par Andromaque le Dim 30 Nov 2014 - 18:28

Pareil aussi, le dernier coup de fil in extremis avant qu'on lui confisque le téléphone... Décidément, leur petit numéro est bien rôdé... C'était pas dans le 94 par hasard?

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Message par r'Eve le Dim 30 Nov 2014 - 18:36

Non, le 77
Mais je crois que la même politique est appliquée dans tous les hopitaux en fait

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Re: Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

Message par Andromaque le Dim 30 Nov 2014 - 18:44

C'est pas rassurant. Moi qui pensait que mon amie avait joué de malchance, en fait c'est bien plus préoccupant que ce que je croyais.

Donc il est doublement important que Kadjagoogoo et tous ceux qui serait tentés par une hospitalisation volontaire se méfient et prennent leurs dispositions, notamment en accord avec leur famille.

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Re: Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

Message par Lyanah le Dim 30 Nov 2014 - 18:57

J'en ai eu l'envie très forte il y a quelques mois. J'ai bien fait de ne pas le faire... et de me barrer loin de mon environnement (je dis pas que je vais bien maintenant, ni mieux, mais moins mal ^^). Y'a bien une personne que j'aurais envie d'interner à grands coups de pieds dans le train mais là n'est pas le sujet.

Kadjagoogoo, ne creuse pas le fond de la piscine, ça fait du béton et de la terre partout Smile Parle autant que tu veux pour extérioriser, je crois que tu en as besoin. Je compatis sincèrement à ton état, et au désintéressement de ton entourage. Et puis aussi à cet énergumène qui doit désormais être ta coloc...

Je te dirais bien "essaie de la contredire et de juste dire non pour voir comment ça fait", mais je ne suis même pas sûre que tu puisses trouver ça amusant ou intéressant (et je comprends tout à fait).

Mais ne t'enferme pas plus, exprime-toi, n'hésite pas ! Smile

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Re: Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

Message par Invité le Dim 30 Nov 2014 - 19:05

pandomenium a écrit:Mais je crois que la même politique est appliquée dans tous les hopitaux en fait

non,je travaille dans un hopital du sud de la france en psy et chez nous quelqu'un qui est hospitalisé de son plein gré peut sortir à tout moment,et sous decharge si le medecin estime que la sortie est prematurée
le medecin ne peut pas librement changer la mesure d'hospitalisation en "sous contrainte" sans justification reelle et meme si cela reste à l'appreciation medicale entre autres,donc subjectif,il faut l'avis de plusieurs medecin,ou de la famille ou du maire,il y a une procedure tres stricte,de mise en place de la mesure et de son maintien (ou pas) à appliquer aupres de l'ars,du juge des libertés etc et chaque abus est severement relevé à l'heure actuelle

je ne dis pas qu'il ne peut pas exister des abus,mais pour etre dans un  service specialisé dans les hospitalisation sans consentement (et nous sommes en lien permanent avec les autres services d'hospitalisation  libre et j'y bosse parfois aussi),je peux vous assurer que les gens qui y sont sont soignés ont de bonnes raisons de l'etre,et sont soit dangereux pour eux memes,soit pour les autres..... le maintien de mesure est tres stricte egalement,le medecin ne fait pas juste selon l'humeur et l'envie

je ne pense pas tres judicieux ni tres respectueux de generaliser une simple experience personnelle et ponctuelle,aussi difficile soit elle,à l'ensemble des pratiques de la psychiatrie en france .... car il n'en est rien Smile..le vol au dessus d'un nid de coucou n'est tout de meme plus trop d'actualité,et surtout depuis le decret de 2011 qui garantit les droits des personnes hospitalisées sous contrainte au niveau juridique

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Message par Andromaque le Dim 30 Nov 2014 - 19:29

@Zeb76

C'est moi qui me suis permise de raconter l'anecdote. Je comprends bien que dire qu'il y a un risque, c'est toujours un peu généraliser. Mais je crois que les gens sont responsables et doivent savoir que ça existe. Je ne dis pas de ne pas se faire hospitaliser, mais de le faire en se faisant entourer de parents qui assurent et sont capable de se faire entendre en cas de problème. Dans le cas de mon amie, c'est l'absence de famille qui l'a rendu dépendante du système. Considérée comme une adulte isolée, elle ne pouvait plus répondre d'elle-même (alors qu'elle n'avait qu'une petite déprime passagère, mais chez un surdoué hypersensible, c'est toujours plus et trop que chez les autres) et personne n'était autorisé à répondre d'elle, car ses parents ne s'impliquaient pas. C'est là semble t-il qu'était la faille dans son cas. Il faut pouvoir avoir à l'extérieur un membre de la famille qui assure la décharge de la personne. Dans le cas de mon amie, on était pas dans la psychiatrie lourde, mais dans une demande d'aide légère pourtant. Et puis la machine s'est mise en branle...

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Re: Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

Message par louise le Dim 30 Nov 2014 - 19:30

Je lis tous ces posts : je suis dans l'impasse aussi. Et je crains aussi vivre la spirale infernale décrite par K. même si on essaie de m'aider par ailleurs.

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Message par r'Eve le Dim 30 Nov 2014 - 19:39

Zeb76,
Ben en ce qui me concerne c'était avant 2011 donc ...
Sinon c'est amusant que tu fasses réf à ce film, car justement j'ai aussi un ami qui a bossé en psy dans l'hopital dont je parle et qui a sorti un bouquin "viol au dessus d'un nid de cocu"
Dedans, il parle de l'hopital justement et des dérives qui ont eu lieu et je peux te dire que ... l'osto n'a pas été très content  What a Face
Fin bref, je ne faisais pas de généralité, je "supposais"

Après tout, deux cas exposés, deux fois exactement la même chose ... c'est un peu étrange quand même

Maintenant j'espère de tout coeur oui que cela n'est pas pareil partout et que ce decrêt est respecté
Paske c'est pas très drôle à vivre No

+1 Andromaque
Oui, les gens doivent savoir que cela existe quand même

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Re: Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

Message par fleur_bleue le Dim 30 Nov 2014 - 21:38

Salut Kadja,

Je découvre ce fil à l'instant et j'ai envie de te répondre. J'ai connu une situation un peu comparable il y a quelques années, à me retrouver avec plus rien, et c'est vrai que c'est très difficile à vivre. Moi, j'avais la chance d'avoir une famille très (parfois trop) présente et je me suis retrouvée dans une sorte "d'engrenage" de recherche de boulot, y compris passage de concours. Malgré cela, il m'a fallu pas mal de temps pour remonter la pente et ça reste fragile. J'ai eu d'autres gens qui m'ont soutenue, en plus de la famille - une psychologue/amie, puis des amis, le psychologue que je vois actuellement (zébré lui aussi), mon ex à l'époque où on était ensemble. C'est surtout eux qui m'ont permis de refaire surface, de digérer au moins partiellement ce qui n'allait pas, de retrouver un peu de joie.
Donc on peut être au fond du trou et quand même en sortir, mais c'est très difficile à faire seul, je pense. L'hôpital psy n'est pas forcément la solution idéale, mais peut-être voir un psychologue? Puis la prochaine fois, n'annule pas les sorties, même si c'est difficile au début, généralement ça aide. En tout cas j'ai fait cette expérience.
Long hug

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Re: Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

Message par Kadjagoogoo le Mar 2 Déc 2014 - 1:52

Merci à tous ceux qui ont bien voulu soit partager une expérience analogue (qui leur est directement arrivée - r'Eve, fleur_bleue - ou bien vécue par procuration - Andromaque), soit nous apporter quelques précisions avisés (Zeb76 et son précieux point de vue professionnel sur la psychiatrie), soit nous alerter d'une difficulté similaire affleurant chez eux (Larousse). J'ai été touché par votre soutien et ce forum ne fait jamais tant sens à mes yeux que lorsque j'y puise ainsi chaleur humaine et réconfort obligeant. Merci à vous.

Je reviens donc sur ce fil de discussion après deux jours mouvementés, qui furent paradoxalement autant l'occasion de focaliser sur mon impasse actuelle que de l'oublier, dans l'affairement et l'urgence des préparatifs puis de l'installation afférentes à la venue de ma nouvelle colocataire. Cette dernière a bien les défauts de ses qualités - ou plutôt l'inverse : elle est objectivement cinglée (j'en ai croisé des cas, dans mon entourage proche ou bien par le truchement de films - documentaires, reportages ou fiction -, mais alors là, je reste impressionné par ce cas qui résiste à l'analyse, échappe à l'entendement, reste hermétique à tout diagnostic hâtif Suspect ). Je vais vous épargner le détail de ma cohabitation avec cette femme loufoque (doux euphémisme, croyez-moi), pour vous dire que je lui accorde tout de même une originalité après laquelle je cours sans cesse, que je désire - et le désir reste le maître-mot, le leitmotiv de mon existence.
Bref, je suis toujours très inquiet par cette nouvelle expérience qui débute là, échaudé après une double expérience de colocation relativement cuisante depuis la rentrée. (Oui, c'est encore tout récent, mais bon sang j'apprends vite, plus que jamais, dans ces circonstances hystérisées par le profil résolument atypique des personnes successivement réunies chez moi, dans cette cuisine fortement épicée, pour ne pas dire toxique. Assomme )

Pour répondre à Fleur_Bleue et à ceux qui se poseraient également la question : je vois une psychiatre depuis des années (depuis le printemps 2008, date de ma première crise professionnelle, début d'une dépression intermittence, dans laquelle je glisse depuis tous les deux ans environ, à la défaveur, surtout, de cette adversité professionnelle qui m'a officiellement conduit jusqu'à la "faute grave" fin mars et laissé sur le carreau depuis), un suivi médical sans grande incidence sur mon développement personnel. Assez logiquement, en fait, puisque le champ d'investigation de cet accompagnement thérapeutique reste principalement la pharmacopée. Et j'ai justement décidé depuis un an de ne plus prendre de médicaments, d'affronter la réalité sans filtres ni béquilles, de lui faire face malgré l'inconfort moral (doux euphémisme, là encore, pour parler de cette souffrance à peine supportable - une souffrance quasi impossible à souffrir...) que le "simple" fait de vivre charrie inévitablement, a fortiori chez des êtres aussi sensibles et vulnérables que nous autres zèbres, si enclins et prompts à la remise en question sévère et anxieuse. Nous sommes plus démunis, sans l'armure et le "mode warrior" que leur fonctionnement "neuro-typique" accorde apparemment plus volontiers aux "normo-pensants".

Ce bourbier dans lequel je m'enlise périodiquement, ces affres que je côtoie - et que vous connaissez sûrement très bien, pour la plupart -, je tâche de les apprivoiser par la fréquentations de lectures éclairantes (ce forum est une mine, en l'occurrence), d'expériences esthétiques (le cinéma et la littérature, notamment, mais l'art en général est une vraie consolation, un refuge, un prisme salvateur dans ce monde où les émotions nous persécutent constamment) et de "musique antalgique" (comme dit si bien Souchon).
Mon erreur actuelle, elle réside dans ce "mode autruche" qui m'occupe (je néglige mes démarches administratives - celles qui pourraient notamment me valoir un bilan de compétences et/ou un RSA, qui sait Non désolé ), mon désintérêt pour la prochaine étape de ma vie professionnelle (j'entamerais une nouvelle "carrière" le 8 mars prochain, sans avoir aucunement dans quel domaine, dans quel service mon employeur tout-puissant voudra bien m'envoyer non ), et cette naïveté que j'aie là de (faire semblant de) croire qu'une belle rencontre (amoureuse) serait judicieuse, salutaire, dans ces conditions. Mais bon, c'est juste chiant de se dire que faut d'abord que je nettoie la merde dans ma vie professionnelle pour pouvoir prétendre à (avoir le droit de) faire une telle rencontre ambitieuse... Calimero

Mon post est déjà super long mais je partage avec vous une double expérience récente que j'ai faite avec la psychiatrie :

- la première a consisté à rendre visite, il y a un mois, à une amie proche, internée au Vinatier, l’hôpital psychiatrique de référence ici, à Lyon. Elle est bipolaire et bordeline et je commence ainsi à prendre l'habitude de la visiter en milieu psychiatrique. La fois précédente, c'était dans l'enceinte d'une clinique psychiatrique de la campagne lyonnaise, que j'avais hâtivement qualifiée de "havre de paix", en la découvrant par un après-midi avantageux du printemps dernier. Hâtivement et présomptueusement, car j'apprendrai en effet dès le lendemain qu'une camarade de mon amie, 35 ans et mère de deux enfants en bas âge, s'était pendue au matin dans sa chambre. Et puis quelques semaines plus tard, ce fut une nouvelle aussi déprimante qui plomba le service, quand une copine de mon amie, que j'avais d'ailleurs croisée là-bas et qui m'avait semblé être bien mieux disposée et lotie que d'autres pour sortir de cet enfer tiède, avait fait une overdose fatale dans l'établissement, la came continuant à rentrer pour permettre une évasion symbolique...
Bref, le Vinatier, c'était juste l'horreur intégrale, en comparaison : aucune activité proposée, des sollicitations salaces en permanences, des agressions en puissance à chaque coin de bâtiments, et toujours l'intérêt exclusif pour la Sainte Trinité Hospitalière : les clopes, les médocs, les docs.
Du coup, j'ai ravalé mon envie de supplier ma psy de m'envoyer là-bas - car j'avais déjà eu envie de me faire interner, à ce moment-là, oui. J'ai ensuite fait une belle rencontre, avec une zèbre non diagnostiquée (mais y a pas photo, comme on dit) et pareillement tentée par l'hospitalisation volontaire, avec qui je me suis bien entendu sur le principe de la coïncidences de nos appétences confuses et morbide à ce niveau. Elle aussi à renoncer à franchir le cap, probablement rattrapé, comme je le fus, par un orgueil au moins aussi prégnant, puissant et prononcé chez moi que l'instinct de conservation.

- l'autre expérience a eu lieu il y a deux nuits, lorsque j'ai visionné ce remarquable documentaire produit par Arte :


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Re: Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

Message par Invité le Mar 2 Déc 2014 - 8:09

Kadjagoogoo a écrit:zèbres (je sais même pas si j'en suis vraiment un, pourtant). Zéro revenu, zéro perspective d'avenir
En France, en 2014, on est encore libre de nommer Zèbre ce qu'il nous plait de nommer Zèbre. Profites en bien, ça va pas durer.

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Re: Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

Message par Shipee le Dim 4 Jan 2015 - 15:29

Kadjagoogoo, j'ai essayé de visionner le documentaire, les deux premières minutes sont tellement violentes et anxiogènes que je n'ai pas pu aller plus loin....

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Re: Le fond de la piscine sans Adjani, ou l'aliénation dans l'adversité

Message par Izab3lle le Dim 4 Jan 2015 - 21:55

Alors tout d'abord: accroches-toi mon googoo sunny le soleil est là bas quelque part!

C'est une évidence que ta "coloc" n'est pas la personne qui conviendrait (mais cela le ferait à n'importe qui!) pour l'avoir rencontré. Oui cet étrange énergumène peut avoir des répercussions anxiogènes et dépressifs pour emprunter le jargon "psy".

Tu traverses une période difficile, entre cette coloc, ta perte d'emploi et l’expectative dans lesquels tu t'es englué. Sauf que, crois-moi, rien est irrémédiable. Tout peux changer. Déjà prends les problèmes les uns après les autres. Pas tous d'un seul bloc (sous lequel tu pourrais te faire assommer). Bon ton petit séjour dans notre capitale doit t'avoir donné une bouffée d’oxygène je l'espère...!

En ce qui me concerne, et pour apporter ma pierre à l'édifice, je suis la personne bipolaire et borderline à qui notre Kadjagoogoo a rendu visite. Oui j'ai été interné plusieurs fois de mon plein gré. Presque toujours dans des cliniques. Mais je dois l'admettre, mon état le nécessitait. J'étais devenue un démon et une loque en même temps (état mixte du trouble bipolaire, tentatives de suicide etc.) et je n'avais d'après le psy, plus ma place dans la société. Trop dangereuse pour moi même...

Ainsi, j'ai connu une quinzaine d'hospitalisations, des "soins-études"... J'ai été hospitalisé en hiver dernier et au printemps 2014 durant cinq longs mois et croyez-moi, ce fut raide. Déjà je n'avais plus recours à mes libertés. Je me retrouvais sans cesse privée de mon téléphone, de mon tabac (car oui les cliniques psy et HP c'est la course au tabac, 99% des patients fument), de quoi péter un câble et se retrouver encore plus lobotomisé qu'au départ.

J'ai connu la camisole chimique, les gainages (les sangles pour être attaché), les électrochocs (vive les énormes pertes de mémoire). J'ai connu les départs précipités de deux de mes camarades (dont l'une était ma "coloc") - en fait le vain mot était "suicide par pendaison" et "overdose" au sein même de l'unité.

Puis, alors que je traversais une tempête solaire dans ma tête; à vrai dire une rupture sentimentale fort douloureuse, à Aix-en-Provence (alors que je suis lyonnaise), à la suite d'une grave tentative de suicide qui m'envoya directe dans le coma, je fus hospitalisée à la demande d'un tiers (HDT) dans l'HP d'aix. Et là ça ne rigolait plus. Moi qui était une habituée des cliniques psy, je me suis retrouvée dans un énorme HP, en pyjama bleu, sans mes vêtements, sans mon téléphone, sans mes e-cigarettes, sans tabac, sans mon sac à main; bref privée de tous mes biens personnels.
Fort heureusement j'ai pu trouver du soutien au près de certains patients (mais à dire vrai, bon nombre étaient juste "intéressés", de vrai crevards) dont une jeune fille qui m'a pris sous son aile. Sauf que dans ma torpeur, mon état fort mélancolique qui allait de mal en pis, je me retrouva à délirer et à déverser tout mon malheur, mes idées sub-délirantes sur les autres ce qui m'a valu un séjour de près d'une semaine en cellule d'isolement (en terme plus médical "chambre d'isolement"). Je ne vous raconte pas l'horreur. Ce qu'on appelle un lit, cloué au sol. Un chiotte et un lavabo dans le mur, pas de fenêtre et des sorties uniquement pour manger (et je mangeais devant trois infirmiers qui m'encourageaient à m'alimenter alors que je me refusais ne serait-ce qu'avaler une cuillère de yaourt) et les visites du doc, qui avait le plein pouvoir sur moi.

Bref, à l'issue ce ce douloureux bras de fer entre moi et moi-même (car je fis une bouffée délirante aiguës devant la chaine "arte" que j'avais demandé) je pu rejoindre le pavillon et mes camarades.

Cette méthode peut paraitre barbare et elle a ses limites, n'empêche que sur moi ça a marché et je me retrouva bien mieux. Je fus ainsi transférée dans le plus gros HP de Lyon, le Vinatier. Et là l'horreur, que des cas décérébrés, les murs tous blancs, aucunes activités etc. Fort heureusement et grâce à l'appui de ma famille j'ai pu me sortir des griffes de cet établissement.


En bref, si vous pouvez évitez la case ""hospit" sauf en cas de péril éminent (fortes idées suicidaires, mal infligé etc).

Je précise qu'en tant que bonne "borderline" j'ai pu aller au font des choses et j'ai connu également les "cures de désintox" suite à mes nombreuses addictions. Pour autant, je m'en suis "miraculeusement" sortie (et je mets des guillemets car mes soins prodigués ont porté leur fruits).

bref mon googoo, tu m'as vu dans les pires conditions et j'espère que ça aura un impact décisif sur ta vie, des remises en questions et un "électrochoc" salvateur" pour te sortir du trou. Déjà tu connais mon idée sur la question "coloc". Le reste suivra... Mais tu peux avoir mon soutien dans ta lutte.

Sur ce, au plaisir, mon vieil ami!!!
Verdict: l'hospitalisation peut mettre à l’abri ceux & celles qui veulent en finir, qui ont des idées délirantes etc. Mais à choisir, mieux vaut passer son chemin.

Je regarde cette vidéo non sans émotions fortes, car elle ravive de nombreux douloureux souvenirs; souvenirs qui je l'espère le resteront sans se renouveler encore et encore...

Izab3lle
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