Relation au père

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Message par unbeldi le Ven 10 Oct 2014 - 11:35

le moins possible

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Re: Relation au père

Message par La patte le Mar 21 Oct 2014 - 13:48

Pour ma part, le livre d'Alice Miller qui m'a le plus parlé, c'est "le corps ne ment jamais". Je ne pense pas que "le drame..." parle de la douane au sens où on l'entend sur ce site. Pas du tout.

Je suis en train de lire (re-lire, je l'avais survolé) "Parents toxiques" de Susan Forward. Il es t très instructif. De même que les théories systémiques sur la famille (en fait, je connais surtout le triangle de Bowen, particulièrement intéressant)

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Re: Relation au père

Message par La patte le Mar 21 Oct 2014 - 14:02

@Marioons

"Et puis au final, je crois qu'une fois que l'on est bien avec soi-même, notre entourage change automatiquement d'attitude"

Je pense que c'est faux. Rien ne prouve que c'est systématique.
Le fait d'adopter une nouvelle attitude et de s'affirmer face aux autres/à notre entourage peut, par contre, contribuer à les faire changer d'attitude à notre égard. Mais là encore, rien de systématique.
Ce que j'entends, c'est que tu l'espères. Est-ce que ce ne serait pas ça ? Tu espères que ton entourage change ?

Le point déterminant comme tu le dis à d'autres moments, c'est d'apprendre bien avec soi-même, à s'aimer. Je pense que c'est très difficile si on reste au contact de personnes qui nous enfoncent tout en disant qu'ils nous aiment. Il faut d'abord démasquer/dénoncer ce faux amour, sinon comment apprendre à s'aimer, à aimer "tout court"

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Re: Relation au père

Message par Deedee le Mar 21 Oct 2014 - 14:25

La patte a écrit:@Marioons

"Et puis au final, je crois qu'une fois que l'on est bien avec soi-même, notre entourage change automatiquement d'attitude"

Je pense que c'est faux. Rien ne prouve que c'est systématique.
Le fait d'adopter une nouvelle attitude et de s'affirmer face aux autres/à notre entourage peut, par contre, contribuer à les faire changer d'attitude à notre égard. Mais là encore, rien de systématique.

+1
La conséquence possible est aussi que les autres n'acceptent pas cette nouvelle personnalité affirmée et qui n'accepte plus de se faire marcher dessus. Il peut en résulter pas mal de rejet/tensions/violence dans un 1er temps, il faut y être préparé et tenir bon.


La patte a écrit:Le point déterminant comme tu le dis à d'autres moments, c'est d'apprendre bien avec soi-même, à s'aimer. Je pense que c'est très difficile si on reste au contact de personnes qui nous enfoncent tout en disant qu'ils nous aiment. Il faut d'abord démasquer/dénoncer ce faux amour, sinon comment apprendre à s'aimer, à aimer "tout court"

+1 encore, c'est tellement vrai et tellement important ! La base de toute tentative d'aller mieux à mon avis. Reconnaitre ceux qui t'aiment vraiment de ceux qui t'aiment quand tu saignes de leurs blessures.

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Re: Relation au père

Message par Marioons le Mer 22 Oct 2014 - 8:53

Je pense que vous avez raison, il n'est pas automatique que l'entourage change en "mieux" si nous changeons. C'était pure conclusion hâtive et naïve de ma part. Je m'en rend bien compte et je l'ai réalisé ces derniers temps par l'expérience.

Par contre je pense qu'il y'a forcément réaction, et cette réaction peut en effet être du rejet, plus ou moins violent et explicite. Car la personne en face a son histoire et ses traumatismes personnels, et n'est pas forcément prête à bouger au même moment, avec la même intensité ni sur les mêmes points que nous.

Et il faut en effet être préparé à ça pour faire consciemment le choix de ne pas céder dans notre évolution, en pliant encore une fois face à ce mur de refus de remise en question. Mais on plie pour des raisons humaines : on a besoin d'amour et de tendresse et parfois on sacrifie notre individuation pour obtenir ce que l'on pense être de l'amour, retrouver momentanément nos "doudous" rassurants, quitte à stagner. Mais lorsqu'on réalise que ça n'est pas toujours de l'amour, du moins pas si pur ni inconditionnel que l'on croyait, et quand on comprend que l'on n'a plus besoin d'être acceptés, compris, admirés, ni même aimés par tous (et notamment nos parents) pour survivre, notre attitude face à ces murs peut changer. Et on peut choisir de ne plus céder ni même foncer dedans, mais de simplement les contourner pour tracer notre route. La route qui mène au centre de soi, permet de s'aimer réellement, et par conséquent, d'aimer réellement l'autre.

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Re: Relation au père

Message par Marioons le Mer 22 Oct 2014 - 9:28

Deedee a écrit: La base de toute tentative d'aller mieux à mon avis. Reconnaitre ceux qui t'aiment vraiment de ceux qui t'aiment quand tu saignes de leurs blessures.

Je suis d'accord sur le fait qu'il est crucial d'ouvrir les yeux sur les relations malsaines que l'on entretient, mais je ne te rejoins pas sur le fait que c'est la "base". On ne peut ouvrir les yeux sur ce qu'est "l'amour véritable" que si une prise de conscience a été faite au préalable, et ça c'est la base à mon avis. Je pinaille, je sais, mais c'est pour développer des nuances qui me paraissent importantes. Cette distinction ne peut se faire que si l'on a connu et reconnu au moins un "échantillon" de véritable amour, car sinon on se laissera encore leurrer par des illusions d'amour car notre point de comparaison n'est pas pur. Le danger au départ est peut-être de se lancer exclusivement en fuite vers l'extérieur, dans la recherche de "ceux" qui nous "aiment vraiment", et ainsi de s'éloigner de soi. Je ne sais pas si je suis très claire m'enfin j'essaie d'exprimer ma pensée ^^.

Après effectivement je pense aussi que c'est en côtoyant l'autre qu'on apprend à se connaître soi, c'est un aller-retour permanent. Plus je m'écoute, me respecte, plus je m'entoure naturellement de personnes qui m'écoutent et me respectent, plus je m'autorise à m'écouter et me respecter...  
Ce que je veux dire, c'est qu'en agissant exclusivement par réaction ("ah, lui il m'aime davantage au moins !"), ou en recherchant cet amour uniquement à l'extérieur et de manière trop "volontariste", on risque d'idéaliser certaines personnes, de se lancer dans une espèce de tri sélectif, de se focaliser sur des critères subjectifs, de développer une certaine intolérance à la critique et à l'imperfection chez l'autre, d'être très déçus si la personne s'avère finalement pas si "parfaite" dans son amour que ce que l'on avait cru au départ.
Ceci dit c'est aussi un chemin, qui fait de toute façon avancer, par "essais / erreur", mais je crois qu'il peut-être épuisant si l'on ne se recentre pas régulièrement pour avant tout apprendre à se connaître soi. En tout cas c'est l'expérience que j'ai vécue récemment, et après recul, je vous en fait part Smile

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Re: Relation au père

Message par La patte le Mer 22 Oct 2014 - 12:29

Je trouve tes réflexions très intéressantes Marioons. Je me permets d'apporter quelques commentaires.

Marioons a écrit:
Par contre je pense qu'il y'a forcément réaction, et cette réaction peut en effet être du rejet, plus ou moins violent et explicite. Car la personne en face a son histoire et ses traumatismes personnels, et n'est pas forcément prête à bouger au même moment, avec la même intensité ni sur les mêmes points que nous.

On peut se heurter à une personne qui ne voudra jamais changer, avec qui toute discussion sera inutile.

Marioons a écrit:
Et il faut en effet être préparé à ça pour faire consciemment le choix de ne pas céder dans notre évolution, en pliant encore une fois face à ce mur de refus de remise en question. Mais on plie pour des raisons humaines : on a besoin d'amour et de tendresse et parfois on sacrifie notre individuation pour obtenir ce que l'on pense être de l'amour, retrouver momentanément nos "doudous" rassurants, quitte à stagner. Mais lorsqu'on réalise que ça n'est pas toujours de l'amour, du moins pas si pur ni inconditionnel que l'on croyait, et quand on comprend que l'on n'a plus besoin d'être acceptés, compris, admirés, ni même aimés par tous (et notamment nos parents) pour survivre, notre attitude face à ces murs peut changer. Et on peut choisir de ne plus céder ni même foncer dedans, mais de simplement les contourner pour tracer notre route. La route qui mène au centre de soi, permet de s'aimer réellement, et par conséquent, d'aimer réellement l'autre.

Je ne sais pas exactement ce que tu désignes par le fait de "contourner".
Ce que tu décris ma paraît une situation un peu idéale. Ou le mieux qu'il puisse arriver. Je pense que beaucoup n'arrivent pas forcément à ce niveau de conscience et restent bloqués dans des systèmes familiaux pourris où l'amour n'est qu'un canada dry. Et les conséquences sur leur vie seront très importantes.
Pour d'autres, sortir de tels contextes familiaux aura été tellement difficile qu'il leur sera impossible de se remettre en contact avec.
Quant à ceux qui ont vécu des horreurs, ce serait suicidaire.

Comme toi, je pense que réaliser qu'on n'a plus besoin de l'amour de nos parents est essentiel pour avancer. Malheureusement, ça n'implique pas qu'on identifie immédiatement l'amour "purifié" du soit-disant amour. C'est un premier pas, qui va en nécessiter beaucoup d'autres. Avant d'y voir clair. Ca dépend sans doute des situations d'origine.

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Re: Relation au père

Message par La patte le Mer 22 Oct 2014 - 13:04

Encore une fois, je trouve que ce que tu dis est très intéressant. Je me permets d'apporter quelques éléments de réflexion personnelle

Marioons a écrit:
Deedee a écrit: La base de toute tentative d'aller mieux à mon avis. Reconnaitre ceux qui t'aiment vraiment de ceux qui t'aiment quand tu saignes de leurs blessures.

Je suis d'accord sur le fait qu'il est crucial d'ouvrir les yeux sur les relations malsaines que l'on entretient, mais je ne te rejoins pas sur le fait que c'est la "base". On ne peut ouvrir les yeux sur ce qu'est "l'amour véritable" que si une prise de conscience a été faite au préalable, et ça c'est la base à mon avis. Je pinaille, je sais, mais c'est pour développer des nuances qui me paraissent importantes. Cette distinction ne peut se faire que si l'on a connu et reconnu au moins un "échantillon" de véritable amour, car sinon on se laissera encore leurrer par des illusions d'amour car notre point de comparaison n'est pas pur.

Alors ceux qui n'ont pas reçu le moindre échantillon d'amour véritable ne pourront donc jamais le connaître ? J'espère bien que non. Je pense que pour les personnes qui peuvent faire face à leur histoire, il est possible d'avancer.

Marioons a écrit:
Le danger au départ est peut-être de se lancer exclusivement en fuite vers l'extérieur, dans la recherche de "ceux" qui nous "aiment vraiment", et ainsi de s'éloigner de soi. Je ne sais pas si je suis très claire m'enfin j'essaie d'exprimer ma pensée ^^.
Se lancer dans une quête éperdue d'un amour chez autrui pour compenser des besoins anciens que nos parents n'ont pas comblé, ça peut amener de grandes déceptions. Je ne suis pas sûr qu'elle éloigne de soi pour autant. Peut-être que cette quête peut nous faire toucher du doigt ce qui nous a manqué et l'intensité du manque. Donc en ce sens, permettre de se rapprocher de soi

Marioons a écrit:
Après effectivement je pense aussi que c'est en côtoyant l'autre qu'on apprend à se connaître soi, c'est un aller-retour permanent. Plus je m'écoute, me respecte, plus je m'entoure naturellement de personnes qui m'écoutent et me respectent, plus je m'autorise à m'écouter et me respecter...  
Ce que je veux dire, c'est qu'en agissant exclusivement par réaction ("ah, lui il m'aime davantage au moins !"), ou en recherchant cet amour uniquement à l'extérieur et de manière trop "volontariste", on risque d'idéaliser certaines personnes, de se lancer dans une espèce de tri sélectif, de se focaliser sur des critères subjectifs, de développer une certaine intolérance à la critique et à l'imperfection chez l'autre, d'être très déçus si la personne s'avère finalement pas si "parfaite" dans son amour que ce que l'on avait cru au départ.
Ceci dit c'est aussi un chemin, qui fait de toute façon avancer, par "essais / erreur", mais je crois qu'il peut-être épuisant si l'on ne se recentre pas régulièrement pour avant tout apprendre à se connaître soi. En tout cas c'est l'expérience que j'ai vécue récemment, et après recul, je vous en fait part Smile

Oui, je suis plutôt, voir grandement, d'accord avec toi. Mais encore une fois, à mon sens, ça dépend du niveau de conscience et d'analyse que l'on peut avoir sur son propre passé.
Merci de me donner l'opportunité de discuter de ces sujets

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Re: Relation au père

Message par Marioons le Jeu 23 Oct 2014 - 19:01

Coucou La patte, et merci à toi de prendre part à cette discussion et d'apporter ton point de vue.

Désolée d'avance pour le pavé, mais tout ça m'a fait cogiter et je ne peux m'empêcher de le partager Smile

La patte a écrit:
Je ne sais pas exactement ce que tu désignes par le fait de "contourner".
Ce que tu décris ma paraît une situation un peu idéale. Ou le mieux qu'il puisse arriver. Je pense que beaucoup n'arrivent pas forcément à ce niveau de conscience et restent bloqués dans des systèmes familiaux pourris où l'amour n'est qu'un canada dry. Et les conséquences sur leur vie seront très importantes.
Pour d'autres, sortir de tels contextes familiaux aura été tellement difficile qu'il leur sera impossible de se remettre en contact avec.
Quant à ceux qui ont vécu des horreurs, ce serait suicidaire.

Par contourner, j’entends renoncer à vouloir convaincre ou être compris face à des personnes qui ne sont de toute façon pas dans une démarche d’ouverture vis-à-vis de nous.  Un peu ce que tu disais, éviter les discussions inutiles.

Je ne suis pas sûre d’avoir compris ce que tu veux dire par la suite lorsque tu parles de situation idéale, de niveau de conscience, de conséquences importantes sur la vie etc : veux tu dire qu’il y’aurait des situations tellement inextricables qu’il serait impossible d’atteindre un niveau de conscience suffisant pour sortir de la mêlée et de la souffrance ?
Si c’est cela, alors ça me fait penser à un serpent qui se mord la queue : je juge que la situation est trop compliquée pour que je m’en sorte facilement donc je renonce à mes idéaux donc la situation reste compliquée etc.
Ce que je veux dire c’est que pour moi « l’idéal » est atteignable quelle que soit la situation de départ, quelle que  soit sa « gravité », son « inextricabilité » apparente, puisque finalement tout va être conditionné par la façon très intime dont JE vis la situation. C’est peut être très « idéaliste » justement, mais pour moi le temps et les efforts que nécessitent la solution d’un problème ne sont pas proportionnels à l’intensité apparente du problème. C’est comme si la « solution » était un point central, notre vie un cercle qui tourne autour, et qu’à tout moment on pouvait emprunter le chemin qui mène directement au centre = le rayon du cercle. Disons que je remet en ce moment en question les notions de mérite, de no pain no gain, de traumatismes tellement lourds à purger dont on ne peut espérer se défaire qu’au terme d’une looongue thérapie…  Bon bref c’est une digression mais comme tous les chemins mènent à Rome… ^^

Tu parles de niveau de conscience, et c’est une notion qui me paraît en effet très importante, car si c’est notre façon de voir le monde qui crée nos souffrances, c’est également elle qui est capable d’y mettre fin. Et il semble qu’une façon « éveillée » de voir le monde va de paire avec une diminution nette des souffrances.
Comment alors décréter que certains individus, dans certaines situations, seraient moins aptes à atteindre cet éveil de la conscience que d’autres ? C’est il me semble, extérioriser les causes et de ce même fait les solutions de la souffrance.

Et c’est là que je trouve des limites à l’approche d’Alice Miller : je trouve très utiles ses écrits sur la nécessité de s’autoriser à éprouver les émotions de colère et de tristesse  vis-à-vis de l’attitude des parents refoulées pendant l’enfance. Par contre l’effet kiskool pervers est du coup à mon sens de focaliser sur les causes externes, c'est-à-dire l’attitude des parents comme cause de tous nos maux. Ce que je veux dire, c’est qu’elle cherche à nous faire sortir de la culpabilité et pour ça je dis bravo, merci, dans le mile. Par contre, il me semble (mais je me trompe peut être) qu’elle n’est pas loin de tomber dans le penchant inverse, qui est la victimisation, et pour ça je dis pas glop. Car ce positionnement de victime nous ôte notre « responsabilité» au sens de « je suis entièrement capable de répondre à cette apparente problématique qui me touche, et seul moi le peut d’ailleurs ».  On zappe souvent la nuance pourtant primordiale entre « coupable » et « responsable ».  

Et puis tout ramener à un traumatisme d’enfance encore une fois, ça me gêne finalement, je me dis qu’il manque quelque chose… Car qu’est-ce qui fait que je vais vivre telle situation comme traumatisante alors que mon jumeau qui vit la même en copier coller ne sera pas autant touché, ou du moins de façon totalement différente ? N’y a-t-il pas quelque chose de bien plus global, et paradoxalement bien plus individuel, et surtout bien plus profond qui se joue, au-delà du simple conditionnement de l’enfance ? Il me semble que Jung a une approche qui me parle d'avantage, mais je ne l'ai pas encore assez lu pour pouvoir juger...


Dernière édition par Marioons le Jeu 23 Oct 2014 - 19:20, édité 4 fois

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Re: Relation au père

Message par Marioons le Jeu 23 Oct 2014 - 19:04

La patte a écrit:
Alors ceux qui n'ont pas reçu le moindre échantillon d'amour véritable ne pourront donc jamais le connaître ? J'espère bien que non. Je pense que pour les personnes qui peuvent faire face à leur histoire, il est possible d'avancer.

Non, mes propos pouvaient laisser penser ça c’est vrai, mais je ne crois pas cela.
Je crois déjà que l’amour est là, en permanence autour de nous, bien que parfois bien enfoui, et comme le dis Alice Miller, un enfant (et je pense que c’est valable pour l’adulte aussi) est une sorte de système hyper-réceptif à l’amour qui en capte la moindre miette. Donc même si le milieu de base était fortement dépourvu d’amour, il est très rare qu’un enfant n’ai jamais été en contact avec des personnes / ambiances extérieures à la famille, et donc même si il n’a pas connu de «pur » amour, au moins il en aura déjà connu un d’un peu plus pur que celui de la famille. Donc première marche disponible dans l’ouverture de conscience à ce que peut être l’amour.
Et même sans cela, je pense que l’échantillon d’amour pur, nous l’avons de toute façon tous en nous, dès la naissance. Donc nous le connaissons instinctivement bien que souvent inconsciemment.  J’enlèverais donc le mot « connu » dans ce que j’ai écrit, et je garderai « reconnu ». On connait  déjà inconsciemment, et on  RE-connaît consciemment.
Bref, en gros donc, on en revient au fait que c’est l’ouverture de conscience face à l’expérience et non l’expérience elle-même qui est la véritable source du changement, mais quelle est alors l'origine de cette ouverture de conscience, mystère...


Dernière édition par Marioons le Jeu 23 Oct 2014 - 19:15, édité 1 fois

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Re: Relation au père

Message par Marioons le Jeu 23 Oct 2014 - 19:07

La patte a écrit:
Se lancer dans une quête éperdue d'un amour chez autrui pour compenser des besoins anciens que nos parents n'ont pas comblé, ça peut amener de grandes déceptions. Je ne suis pas sûr qu'elle éloigne de soi pour autant. Peut-être que cette quête peut nous faire toucher du doigt ce qui nous a manqué et l'intensité du manque. Donc en ce sens, permettre de se rapprocher de soi

Oui, je dirais que c’est alors un éloignement momentané de soi qui nous renvoie en boomerang d’autant plus fort vers nous-même. D’autant plus fort qu’aura été la déception, suite à la répétition des mêmes schémas infructueux. Et en effet, on constate qu’on a souvent besoin de répéter des schémas relationnels  malsains très similaires et de vivre plusieurs échecs avant d’en arriver à un ras le bol et/ou un niveau de conscience suffisant pour changer de cap. Je dirais que l’intensité de peine nécessaire au « réveil » est inversement proportionnelle au niveau de conscience.
(Ce qui ne veut pas dire qu’il faudra forcément souffrir beaucoup ou longtemps lorsque le niveau de conscience est bas, car ce niveau je crois peut changer à tout moment. Et encore une fois, qu’est-ce qui détermine ce changement, j’irais même jusqu’à dire, cette décision… Est-ce que ce serait de l’ordre de la combustion spontanée, et que tout déterminisme extérieur ne saurait l’expliquer… ? Bon c’est un autre débat, entre existence du libre arbitre ou pas etc… )

Mais on peut aussi vivre tout une vie de répétition et de désillusions sans pour autant en comprendre les causes, et là alors, je ne parlerais plus d’éloignement de soi, puisque tu as raison le soi est toujours là, proche, mais alors de vie passée à côté de soi, et de souffrances à répétition  qui auraient pu être abrégées à tout moment  si la conscience était venue apporter sa lumière sur la situation.

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Re: Relation au père

Message par La patte le Jeu 23 Oct 2014 - 21:30

Très intéressant.

La réponse est bien dans la prise de conscience à mon sens.
Quant à l'impact des traumatismes de l'enfance dans nos vies, je pense qu'il est grand : il n'y a qu'à prendre l'exemple que tu cites "mais alors de vie passée à côté de soi, et de souffrances à répétition qui auraient pu être abrégées à tout moment si la conscience était venue apporter sa lumière sur la situation". Ouille !

Je ne pense pas que ce soit de la victimisation qu'essayer de trouver dans son histoire les choses qui nous font répéter des choses malsaines.
S'enfermer dans le reproche permanents à nos parents, non... Pas très constructif, vu comme ça. Replacer les responsabilités là où elles sont, oui.

Peut-être qu'il y a d'autres voies, je ne le nie pas.

Je m'interroge sur l'efficacité des unes et des autres voies aujourd'hui. J'ai surtout fait des démarches de type analytiques et/ou proches de la psychtraumatologie. Ca m'a permis de faire du chemin. Notamment côté conscience.
J'ai aussi fait deux TCC pour des problématiques particulières. Ca peut aider aussi.
(Je pense que je vais tenter d'autres choses dans les prochains mois dans le traitement des traumatismes)

La philosophie peut peut-être aussi.

Je suis désolé, je ne réponds pas à tout ce que tu dis. Je reviendrai peut-être plus tard

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Re: Relation au père

Message par Marioons le Ven 24 Oct 2014 - 14:54

Je suis entièrement d'accord, l'impact est grand, il ne faut pas le négliger, et il ne s'agit pas de victimisation que de s'intéresser à son passé.
C'était juste que je me disais qu'après voire pendant cette prise de conscience, il était peut être important de remettre les choses dans un contexte plus global, d'y trouver du sens, afin de pouvoir vraiment faire le ménage et trouver une paix intérieure.
Mais en effet si l'on veut du propre, il faut bien mettre le nez dans la saleté à un moment ou un autre...  Mais je me dis qu'il y a peut-être juste des moyens de le faire tout en gardant la tête "hors de l'eau" afin de ne pas se prendre toute la poussière dans le nez et de la recracher sur les autres, garder une sorte de recul dans l'action, peut être grâce à la méditation, l'écrit, l'expression artistique tout ça tout ça... la philosophie je suis d'accord aussi.

C'est bien, tu as l'air d'avoir testé des approches variées, et finalement, étant donné qu'aucune approche ne traite tout à la fois, c'est peut être le plus intelligent et le plus complet à faire : varier les angles "d'attaque", afin de cerner de plus en plus efficacement le problème tout en gardant une vision globale.

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Re: Relation au père

Message par oufy-dame le Sam 6 Déc 2014 - 0:08

Je n'ai lu que ton 1er et ton dernier post, et le reste à peine parcouru en diagonale. Je pense que d'autres lectures qu'Alice Miller et "Parents toxiques" t'aideraient aussi : MF Hirigoyen (elle a aussi un site web), Muriel Salmona (qui donne de nombreux exemples du discours des pervers et de l'emprise, mais le sujet porte sur les violences sexuelles, donc c'est traumatisant à lire).

J'ai l'impression qu'une psychothérapie avec un-e psychotraumatologue t'aiderait à "déconstruire" les discours et comportements destructeurs que tu as peut-être intériorisés (des pistes en mp si tu veux).

J'espère que tu as une fratrie solidaire... et ta mère dans tout ça ?

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Re: Relation au père

Message par Marioons le Sam 6 Déc 2014 - 1:02

Bonsoir Oufyfille,

Merci pour tes pistes, j'irai y jeter un coup d'oeil ! Ma mère est très différente de mon père, problématique presque opposée en fait, c'est assez amusant. Je n'ai pas tellement de fratrie, un demi-frère plus âgé que moi avec qui je n'ai pas grandi et qui habite loin...

J'avoue que depuis, ça m'a aidé à conscientiser pas mal de choses, j'ai vécu des moments de colère, de tristesse (émotions refoulées qui remontaient je pense), j'ai exprimé une partie de ce que j'avais sur le coeur, puis me suis apaisée, en comprenant que finalement je préférais faire la paix avec tout ça et me voir comme une entité libre, responsable et capable d'évoluer sans avoir besoin de me sentir "prisonnière", dépendante du passé et des autres.

En fait je crois qu'aujourd'hui j'ai envie de voir la vie du côté de "ce qui va bien et ce que j'ai envie de réaliser" plutôt que des "traumas à résoudre".

Bien que je pense utile d'analyser un minimum ce qui nous freine, et suis très reconnaissante envers les personnes qui se sont penchées sur la question, je me dis qu'il n'est pas non plus nécessaire de s'y attarder trop longtemps, au risque de plonger dans un trou sans fond, qui nous fournira autant de problèmes que l'on en cherche...

Et toi, comment vois tu tout cela ?

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Re: Relation au père

Message par oufy-dame le Sam 6 Déc 2014 - 21:43

Je constate régulièrement que je suis toujours "colonisée psychiquement" :-(

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Re: Relation au père

Message par Marioons le Sam 6 Déc 2014 - 22:45

J'aime bien ton expression, c'est vraiment ça... Une sorte de pollution mentale qui empêche de voir clair dans qui l'on est et ce que l'on désire réellement, et nous retire insidieusement la force et le courage de réaliser nos rêves.
As tu cerné des croyances limitantes qui reviennent tout particulièrement ?

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Re: Relation au père

Message par sunshine1981 le Lun 7 Mar 2016 - 0:47

Salut Marion,
Je vois que ton message date de deux années...Et j'aurais bien aimé savoir où tu en étais aujourd'hui de ta relation à ton père ? Parce que de mon côté, je suis totalement dépendante de lui et complètement bloquée dans ma vie à cause notamment de cette relation. Je le déteste et le vénère en même temps, et j'ai bien besoin d'en parler à des personnes qui ont connu cela !

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Re: Relation au père

Message par no idea le Mer 23 Nov 2016 - 20:45

Salut Marioons !

Exactement dans le même cas ! et vu que je travaille avec dans l' entreprise familiale je te racontes pas la galère !

Apparemment il faut lire Miller. Je vais me renseigner ! Bon courage en tout cas ! je compatis sachant ce que tu traverses.

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Re: Relation au père

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