Dépression et cerveau

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Dépression et cerveau

Message par offset le Lun 2 Juin 2014 - 18:48


Les formidables progrès en matière d'imagerie médicale permettent aujourd'hui d'observer le cerveau de manière très précise, que cela soit du point de vue anatomique ou fonctionnel.Des études assez récentes ont ainsi observé des cerveaux de personnes dépressives
et les ont comparés avec des cerveaux de personnes en bonne santé. Les observations sont claires: les cerveaux de personnes dépressives présentent des particularités étonnantes.

L’hippocampe

L'hippocampe est très important dans notre équilibre émotionnel et cognitif: il régule le stress, l'anxiété, possède un rôle déterminant dans nos mémorisations et dans le fonctionnement global du cerveau. Chez le sujet dépressif, l'hippocampe est atrophié de manière parfois très importante.

Cortex préfrontal gauche (chez le droitier)

Il joue un rôle très important dans les prises de décisions, le passage à l'action. Il semble également être impliqué dans les émotions et les états d'esprit positifs. Chez un sujet sain, il est bien actif. L'observation du cortex préfrontal de personnes dépressives démontre une baisse importante de son activité.

L’amygdale

L'amygdale est une petite structure qui fait partie, avec l'hippocampe notamment, du système limbique. Elle est impliquée dans le traitement des émotions, et dans les comportements de réaction aux émotions négatives telles que la peur, et l'anxiété. L'activité de l'amygdale est elle-même régulée (stimulée ou freinée) par le cortex cérébral. Et chez les personnes dépressives (qui sont souvent très anxieuses), l'amygdale présente une suractivité.

D’autres dysfonctionnements cérébraux

Nous avons présenté ici quelques modifications observables au niveau du fonctionnement du cerveau. Il y en a bien d'autres. Comme par exemple les modifications liées aux neurotransmetteurs, essentiellement la sérotonine et la noradrénaline qui semblent impliquées également dans les problèmes dépressifs. Les quelques découvertes présentées ci-dessus ont pour intérêt en tous les cas de mettre en évidence des liens entre les symptômes de la dépression et des modifications de certaines régions du cerveau. Il reste à présent à déterminer clairement si ces modifications sont la cause ou la conséquence de la dépression. A moins que, comme souvent, ce soit "un petit peu des deux".
http://www.lepsychologue.org/psychologie/depression-et-neuropsychologie.php


Les événements quotidiens et la manière dont nous les gérons troublent parfois notre tranquillité d’esprit. Tout le monde se sent parfois triste, énervé, coupable ou fatigué : ces sentiments font partie de la vie normale. Mais lorsqu’ils se prolongent durant des semaines, voire des mois, ils peuvent être les signes avant-coureurs d’une dépression. Les problèmes psychiatriques sont beaucoup plus fréquents que les maladies neurologiques. Les troubles mentaux sont assez variés et trouvent tous une partie de leur explication dans le fonctionnement du cerveau

Les signes de la dépression

En France, la dépression affecte environ 5 % de la population, soit 3 millions de personnes, dont 70 % ont moins de 45 ans. On estime que la dépression peut toucher un homme sur dix et une femme sur cinq au cours de sa vie.  Les femmes sont donc particulièrement concernées. Elles sont spécialement vulnérables entre 35 et 45 ans et après avoir donné naissance à un enfant. C’est la fameuse dépression post-partum. L’état dépressif est très courant et peut perturber énormément le mode de vie d’une personne et son sentiment de bien-être, en l’empêchant de gérer ses activités, son travail, ses relations personnelles. Les formes les plus sévères de dépression se caractérisent par une combinaison de symptômes qui rendent impossible une vie normale. Les psychiatres considèrent généralement qu’une personne souffre de dépression quand elle présente presque tous les jours pendant au moins deux semaines au moins cinq des symptômes suivants :
Humeur déprimée, absence d’intérêts ou de plaisir, perte ou augmentation de poids et de l’appétit, agitation, insomnie, fatigue et perte d’énergie, sentiment de culpabilité retrait social, difficulté à penser ou à se concentrer, pensées morbides….Chez l’homme, les symptômes sont le plus souvent de la colère et de l’irritabilité, plutôt que des comportements de repli ou un sentiment d’impuissance. Lorsqu’un médecin fait le diagnostic d’une dépression, il est important d’envisager un traitement le plus rapidement possible pour éviter que l’état dépressif ne s’aggrave. On sait en effet qu’une dépression non traitée tend à devenir chronique.
Les recherches sur les causes de la dépression dévoilent de plus en plus le caractère complexe de cette maladie et les nombreux facteurs qui peuvent favoriser son apparition.

Les causes de la dépression

Un certain nombre de facteurs interviennent dans le développement de la dépression chez l’homme. Ceux-ci interagissent entre eux, de sorte que la dépression, plutôt que d’avoir une seule cause, résulte la plupart du temps de la rencontre du « terrain » d’une personne avec un certain nombre de circonstances favorables. Des évènements dans la vie de l’individu peuvent contribuer au développement d’une dépression, comme le décès d’un être cher, une séparation, la perte d’un emploi, des problèmes financiers, une maladie invalidante….
L’histoire de la personne, faite de souffrances vécues pendant l’enfance ou au contraire nourrie d’encouragements et d’occasions d’épanouissement, façonne le caractère particulier d’un individu et le rend plus ou moins sensible à la dépression. Les scientifiques ont démontré que des facteurs génétiques qui affectent le cerveau peuvent rendre une personne plus fragile à la dépression. Les statistiques épidémiologiques le prouvent. Les personnes dont les parents proches ont souffert d’une dépression ont 15 % de risque d’en développer une aussi, alors que chez les personnes dont les parents proches ne sont pas dépressifs les risques sont seulement 2 à 3 %.
Les systèmes nerveux des personnes déprimées montrent une diminution de l’activité de plusieurs neurotransmetteurs, les molécules permettant la conduction des messages nerveux. Trois substances sont particulièrement impliquées : la dopamine, la noradrénaline et surtout la sérotonine. La sérotonine est un dérivé de l’acide aminé tryptophane, produit par les cellules intestinales mais aussi par des neurones spécialisés d’une zone ancienne du cerveau, les noyaux du raphé.
Elle favorise la communication cellulaire et la production d’autres peptides dans de nombreux secteurs du cerveau ; l’amygdale, l’hypothalamus et les aires corticales. Le ralentissement psychomoteur que subissent les personnes déprimées pourrait être dû à des défauts de fonctionnement de leurs circuits sérotoninergiques. Mais le cerveau est complexe, et il existe
Sans doute plusieurs causes cérébrales possibles à une dépression. Les recherches ont ainsi
mis en évidence le rôle parfois majeur des hormones (comme le cortisol, hormone de stress, ou les œstrogènes, hormones sexuelles féminines) et des facteurs de croissance des neurones.
Cette diversité des configurations cérébrales explique notamment pourquoi certains antidépresseurs sont efficaces et d’autres non sur un patient. Toute dépression a des causes multiples que l’on ne peut simplifier. Les médecins peuvent aujourd’hui observer le cerveau des personnes déprimées pour analyser ses particularités de fonctionnement par rapport à la normale.
Plusieurs observations ont été rapportées, comme la taille inférieure de l’hippocampe (zone ancienne liée à l’humeur et à la mémoire), des microlésions dans la matière blanche et la matière grise et une moindre activité de la zone régulatrice des émotions.
Article du magazine « questions science »


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Re: Dépression et cerveau

Message par Ise le Mar 3 Juin 2014 - 17:44

Très intéressant  sunny 

Merci Offset

J'ai lu par ailleurs que le cerveau se reconstruit en permanence.
J'en conclus que toute l'imagerie en période de dépression sert à la recherche, peut servir au diagnostic.

Il ne faudrait pas en conclure que notre cerveau est à jamais atrophié.
Courage donc, on en sort

Ise
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Re: Dépression et cerveau

Message par offset le Mar 3 Juin 2014 - 17:49

Ise,

Tu as bien compris le principe. La partie sur le cerveau atrophié m'interpelle aussi.
Avec le cerveau rien n'est figé, décidément c'est un grand mystère.


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Re: Dépression et cerveau

Message par Ise le Mar 3 Juin 2014 - 18:00

Aaaaaaaargh j'essaie de trouver sur le net un article super sur le sujet.
Pour éviter de tout retaper.
Pffffff

C'est dans le journal Le Point n° 2160, pages 60 à 71

Heeeeelp

Il y aurait un lecteur informaticien qui pourrait nous trouver ça ?  bounce 

Ise
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Re: Dépression et cerveau

Message par Sélène-Nyx le Mar 3 Juin 2014 - 19:27


J'avais posté un message sur "le lien entre le suicide et les lésions cérébrales" .. Je pense qu'il s'agit des mêmes zones du cerveau.

http://www.zebrascrossing.net/t14189-correlation-entre-suicide-et-lesions-cerebrales

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Re: Dépression et cerveau

Message par Lyhan le Mar 3 Juin 2014 - 20:16

Ont-ils comparé le cerveau d'une même personne diagnostiquée dans un état dépressif d'une part, puis dans un état "normal" d'autre part, afin de comparer l'évolution des différentes zones sur lesquelles une dépression pourrait influer ?

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Re: Dépression et cerveau

Message par Sélène-Nyx le Mar 3 Juin 2014 - 20:35


Bon, c'est pas récent (Novembre 2011), mais assez explicite.
http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-percer-les-secrets-du-cerveau-depressif-5231.asp?1=1

Un extrait:
L'étude portait sur l’efficacité d’une technique récente encore en évaluation dans le traitement de la dépression : la stimulation magnétique transcrânienne. "Il s’agit, en simplifiant beaucoup, de stimuler l’activité neurologique et ainsi la production de neurotransmetteurs", explique le Dr Marie-Laure Paillère Martinot, qui a coordonné ces travaux. Car il est désormais établi que l’état dépressif est justement associé à une sorte de ralentissement de certaines zones du cerveau tandis que d’autres s’emballent.

"Les 31 patients suivis étaient tous gravement déprimés, depuis plusieurs années, malgré au moins deux traitements médicamenteux différents bien conduits, poursuit le Dr Paillère Martinot. Dix-sept ont été très améliorés par la stimulation. Les quatorze autres pas du tout." Les chercheurs ont alors comparé les cerveaux des deux groupes de patients et constaté deux différences. D’une part, l’atrophie, la petite taille, d’une certaine zone du cortex dont ils observaient aussi le faible fonctionnement. Et d’autre part, l’hyperactivité d’une autre région : l’amygdale gauche. Or, celle-ci a pour fonction d’envoyer des messages d’alerte en situation de stress qui devraient être "régulés" par la partie du cortex justement défaillante. Cela pourrait expliquer leurs difficultés.

Une IRM permettrait alors de savoir, à l’avance, si le traitement a plus de chances d’être efficace. Une prédiction précieuse étant donné la lourdeur de ces stimulations quotidiennes d’au moins 20 minutes sur un minimum de 15 jours. Surtout, pareils travaux devraient améliorer la compréhension de ces formes de dépression. Cette perte de volume du cortex est-elle le fruit ou la cause des années de maladie ? Faut-il concevoir différentes stimulations pour ces patients ? Il reste malheureusement encore beaucoup de recherches à faire avant d’apporter une solution spécifique à leurs souffrances
.

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Re: Dépression et cerveau

Message par Wayne le Mar 3 Juin 2014 - 22:41

Quitte à se marrer, autant y aller à fond :


  • (SitP Bruxelles): Expériences de mort imminente: survol de près de 40 ans de recherche et considérations actuelles (de 40:28 à 45:15)
  • Brain dead yet mind alive: A positron emission tomography case study of brain metabolism in Cotard’s syndrome


(Où l'on parle du syndrome de Cotard et de ses effets constatés sur le cerveau d'un malade)

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Re: Dépression et cerveau

Message par Sélène-Nyx le Mar 3 Juin 2014 - 23:24

Wayne a écrit:Quitte à se marrer, autant y aller à fond :


  • (SitP Bruxelles): Expériences de mort imminente: survol de près de 40 ans de recherche et considérations actuelles (de 40:28 à 45:15)
  • Brain dead yet mind alive: A positron emission tomography case study of brain metabolism in Cotard’s syndrome


(Où l'on parle du syndrome de Cotard et de ses effets constatés sur le cerveau d'un malade)

   J'avoue que je ne comprends pas très bien ce morceau de phrase: "Quitte à se marrer" ... Why are you laughing, please?

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Re: Dépression et cerveau

Message par Wayne le Mer 4 Juin 2014 - 0:08

Sélène-Nyx a écrit:J'avoue que je ne comprends pas très bien ce morceau de phrase: "Quitte à se marrer" ... Why are you laughing, please?

Certains sujets me paraissent si sérieux que j'estime qu'ils méritent mieux que d'être traités sur un ton aussi grave. Dans le cas présent, la farce me semblait à-propos.

Ou, pour le dire autrement, ce n'était qu'une antiphrase ironique Wink

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Re: Dépression et cerveau

Message par offset le Mer 4 Juin 2014 - 9:55

SOS Dépression : 08 92 70 12 38


http://www.france-depression.org/



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Re: Dépression et cerveau

Message par colonel Sponz le Mer 4 Juin 2014 - 10:16

L’hippocampe

L'hippocampe est très important dans notre équilibre émotionnel et cognitif: il régule le stress, l'anxiété, possède un rôle déterminant dans nos mémorisations et dans le fonctionnement global du cerveau. Chez le sujet dépressif, l'hippocampe est atrophié de manière parfois très importante.



j'ai des études là dessus
d'ailleurs des dysfonctionnements au niveau de l'hippocampe sont à l'origine de nombreuses maladies neurologiques

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Re: Dépression et cerveau

Message par Wayne le Mer 4 Juin 2014 - 10:17

Ise a écrit:C'est dans le journal Le Point n° 2160, pages 60 à 71

Le Point n°2160 du Jeudi 6 Février 2014 a écrit:
  • Pages 60-61
  • Pages 62-63
  • Pages 64-65
  • Pages 66-67
  • Pages 68-69
  • Pages 70-71

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Re: Dépression et cerveau

Message par offset le Mer 4 Juin 2014 - 10:51

Wayne, ça c'est de la doc ! Y'a de quoi se désaltérer l'esprit
Tu peux nous faire un résumé ?  Non je plaisante Very Happy

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Re: Dépression et cerveau

Message par Mag le Mer 4 Juin 2014 - 11:03

Bonjour à "Toustes" Very Happy
Ce sujet m'interesse beaucoup sauf que depuis le début de l'année je me refuse à considérer les phénomènes de vie uniquement sous l'angle du cerveau de la tête
ou alors en tenant compte avec sa partie limbique de tout le système qui va avec notamment "Le système nerveux entérique"

Lundi dernier je notais tout en soignant les "conséquences ventrales" des de mes stress actuels "Ce que j'ai fais en des dizaines d'années avec mon corps grâce aux exercices orientaux commence à entrer en ligne :"


http://www.inrees.com/articles/intelligence-du-ventre/"
L’intelligence du ventre
Digérer une émotion qui nous est restée sur l’estomac, écouter son instinct viscéral et faire confiance à ses tripes… tant d’expressions populaires qui pourraient s’avérer ne pas être que des métaphores. Enquête au cœur de notre ventre où un deuxième cerveau serait doté de capacités véritablement surprenantes.
© Juan Gatti
Tout le monde le sait, nous avons un cerveau dans la tête - bien que parfois c’est à se demander s’il est bien là. Logé à l’abri de la boîte crânienne, il est souvent considéré comme étant l’organe le plus précieux que nous ayons. Son rôle serait alors de centraliser, par le biais d’un large réseau neuronal, les informations majeures de l’organisme pour en gérer toutes les fonctions vitales. Mais ce système nerveux central est-il réellement tout-puissant ?

La science a récemment découvert que nous avons d’autres cerveaux dans le corps. Voilà qui est plutôt inattendu. Déjà, une nébuleuse neuronale incroyablement performante, composée de plus de 40 000 neurones, est localisée au niveau de notre cœur, comme nous le décrit l’article « Le cœur, notre maître émotionnel » (Inexploré n°21). Mais de surcroît, un autre complexe, riche au grand minimum de 100 millions de neurones, fait office au creux de nos intestins. Nous avons donc aussi un cerveau dans le ventre, et pas des moindres. C’est étonnant. A quoi sert-il ? Cela veut-il dire que nous avons d’autres sortes d’intelligences ? L’heure semble être en tout cas à la délocalisation car il ne serait même pas évident, dans certains cas, de savoir quel cerveau possède un ascendant sur quel autre.


Une anatomie insoupçonnée et autonome

C’est relativement tard, au 19ème siècle, qu’une présence neuronale à été détectée dans nos intestins par Léopold Auerbach, un anatomiste allemand. Depuis, de nombreux scientifiques se sont penchés sur ce complexe nerveux surprenant. Non seulement un énorme réseau possédant seulement mille fois moins de neurones que le cerveau central serait logé au cœur de notre ventre, mais la connexion entre ces deux cerveaux serait étonnamment sommaire. « En comparaison avec le nombre de cellules nerveuses dans le ventre, le nombre de neurones moteurs qui connectent les deux cerveaux est incroyablement petit », explique le Dr Gershon, un grand spécialiste de la neuro-gastroentérologie, dans son livre The Second Brain (Le deuxième cerveau).

Autonomie d’action, voilà ce que cela veut dire. Les deux cerveaux seraient capables de poursuivre leur train-train chacun de leur coté sans se mélanger les pinceaux, car justement, ils ont trop peu de pinceaux en commun. Si, sans avoir besoin de l’aval du cerveau crânien, le cerveau ventral pourrait alors procéder à des actions de son propre chef, il pourrait aussi faire carrément de la rétention d’information. « Contrairement au reste du système nerveux, le système entérique ne suit pas nécessairement les commandes qu’il reçoit du cerveau ou de la moelle épinière. Et il ne leur envoie pas forcément non plus les informations qu’il collecte. Le système nerveux entérique peut, quand il le choisit, gérer des données que ces récepteurs ont relevées par eux-mêmes, et agir sur la base de ces données pour activer un ensemble d’effecteurs qu’il est le seul à contrôler. Le système entérique n’est donc pas un esclave du système nerveux central, mais un opposant doté d’un esprit libre », poursuit Michael Gershon. Qu’on se le dise.


La décentralisation a le vent en poupe

Visez bien, le diagramme figurant le cerveau crânien en train de centraliser toutes les données pour gérer le reste de l’organisme, part à la poubelle. Page blanche. Ebauche d’une nouvelle vision systémique et élaboration de nouveaux organigrammes. « Ces dernières années, un ensemble de nouveaux modèles et métaphores s’est répandu à travers la communauté scientifique, et progressivement dans la culture populaire. Beaucoup de ces nouvelles idées ne viennent pas de la physique, mais de la biologie. (…) Il y a un glissement général vers des modèles décentralisés, dont les actions ne sont pas déterminées par une autorité centrale, mais par des interactions locales avec des composants décentralisés », explique Mitchel Resnick du Massachusetts Institute of Technology.

La délocalisation ne serait pas juste une nouvelle idée politique, mais une réalité de terrain. Plus économique, plus écologique et plus efficace, tout simplement. « Au delà de la digestion et de l’absorption des nutriments, les intestins doivent aussi nous défendre contre l’invasion de bactéries hostiles. (…) Il est alors logique que l’évolution ait placé un cerveau nécessaire à ces performances primordiales à notre survie à cet endroit-là. Il faut tellement de cellules nerveuses pour accomplir toutes ces tâches, que si elles étaient contrôlées depuis la tête, l’épaisseur des câbles neuronaux pour toutes ces connexions serait intolérable. Il est plus sûr et plus effectif de laisser les intestins s’occuper de ces affaires », poursuit le Dr Gershon.

Visiblement, nos intestins ont du pain sur la planche et un deuxième cerveau ne semble pas de trop pour les soutenir dans leurs tâches. Car ce qu’il faut comprendre c’est que le tube digestif qui nous traverse de part en part, est en quelque sorte un canal extérieur à l’intérieur de nous-mêmes. Donc au delà de la gestion de notre digestion, qui est déjà une mission très complexe, administrer cette barrière fondamentale, par laquelle nous avons des échanges intimes mais potentiellement létaux avec le monde, est véritablement une histoire de survie.


Un ventre intelligent ?

Le système nerveux entérique gère donc des fonctions physiologiques vitales. Mais quand nous parlons de cerveau, ne parlons-nous pas généralement de capacités intelligentes ? Si nous trouvons dans le cerveau ventral les mêmes neurones et les mêmes neurotransmetteurs nécessaires à la communication nerveuse, que dans le cerveau crânien, est-ce que cela veut dire que notre ventre est capable de penser ? « Le système nerveux entérique est une véritable usine chimique dans laquelle on retrouve toutes les sortes de neurotransmetteurs trouvées dans le système nerveux central », souligne le Dr Gershon. Il serait notamment un grand fournisseur de dopamine, une hormone du bien-être, et de 95% de la sérotonine du corps, dont la variabilité joue un grand rôle dans l’apparition d’états dépressifs.

En réalité, il ne suffit pas d’avoir des neurones et des neurotransmetteurs pour élaborer des pensées conscientes. Ces dernières se produiraient grâce à la partie la plus récente du système nerveux central, le néocortex. Impliqué dans les fonctions cognitives considérées comme supérieures, le néocortex permettrait notamment : la prise de conscience, le raisonnement spatial, le langage, et les commandes volontaires. En revanche, par définition, tout cerveau serait capable d’élaborer des activités psychiques non conscientes. En effet, ces complexes neuronaux sont chargés de recevoir des signaux sensoriels, d’élaborer des sensations distinctes, de les comparer à des mémoires déjà acquises, et de produire des réponses cohérentes et dites intelligentes, sous forme de messages parfois subtils et/ou complexes. Si cela peut paraître étrange d’imaginer le ventre en train de produire des représentations, d’avoir des préoccupations à partir desquelles il adopte des positionnements, le fait qu’il est doté d’une intelligence qui lui est propre semble pourtant incontournable.


Des désordres psychiques du ventre ?


« Puisque le système nerveux entérique peut fonctionner tout seul, nous devons considérer qu’il est probable qu’il ait aussi ses propres névroses », nous dit Michael Gershon. Est-ce pour cela que nos intestins réagissent parfois si fortement au moment de grands stress ? Crampes, ballonnements, diarrhée, constipation... « Les réactions entériques face aux grandes émotions ne sont pas un concept théorique ou ésotérique pour la plupart des gens, ils peuvent voir que le lien est bien réel », souligne le Dr Gershon. Nos réactions instinctives - d’ailleurs souvent appelées viscérales - pourraient selon les circonstances nous tordre le ventre. Le cerveau ventral serait alors le gestionnaire d’une base de données instinctives et fondamentales, composée de milliards de mini-réactions à notre environnement et d’autant de variations dans nos ressentis, sans laquelle nous ne serions tout simplement pas vivants. Traduisant en signaux neuronaux cette source d’informations incommensurable sur le monde, le cerveau entérique serait aussi l’un des fournisseurs de données majeurs pour notre inconscient. Et quand nous voyons, avec les recherches du neurologue Benjamin Libet, que ce sont surtout des processus inconscients qui sont aux commandes de notre vie – parce que la conscience a toujours une demie seconde de retard sur notre réalité (voir « Cerveau, qui décide ? » Inexploré n°18) - nous pouvons entrevoir l’importance que prend cet instinct dans notre quotidien.

Alors, si le système entérique peut produire des pathologies, aurait-il aussi des aptitudes à les résoudre ? « Nous pensons que le système digestif a la fonction de dissoudre les tensions émotionnelles, en déchargeant à travers la paroi intestinale les résidus et la pression liés au stress. Ainsi, nos intestins et le système nerveux entérique ont une capacité d’auto-régulation des émotions par la digestion des impacts du stress », nous explique François Lewin, auteur du livre La Psychologie Biodynamique, une thérapie qui donne la parole au corps. Car si nous pensons aux intestins plutôt en termes d’absorption d’aliments, nous oublions souvent qu’il est aussi un organe d’élimination très important. Par des techniques de massage et de relaxation, il serait alors possible de soutenir cette capacité de gestion des états psychiques de notre ventre, pour mieux nous occuper de ce qui nous est resté sur l’estomac et générer un mieux être.


Des capacités psychiques surprenantes


Gestionnaire de notre instinct, fournisseur d’informations inconscientes, et régulateur d’états d’âme ? Notre cerveau ventral semble avoir des activités surprenantes. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Deux chercheurs, Dean Radin et Marylin Schlitz, se sont penchés sur les capacités de perception du cerveau entérique. Utilisant un électrogastrogramme (EGG) - un appareil capable de détecter les activités électriques des neurones dans le ventre, ainsi qu’un appareil mesurant la résistance galvanique de la peau, qui s’apparente habituellement aux contractions de l’estomac - ils ont mesuré les réactions du cerveau ventral dans une situation pour le moins… originale. Ayant réuni 26 volontaires, ils les ont regroupés par paires en décidant que l’un des deux serait l’émetteur et l’autre le receveur. L’émetteur est alors parti dans une pièce et le receveur dans une autre. Il a alors été demandé à l’émetteur de visionner sur un écran des images sélectionnées pour leur capacité à provoquer des réactions fortes – tristesse, dégoût, révolte, désir, tendresse... tout en visionnant de temps en temps le receveur sur un autre écran. Après un total de 206 tests les chercheurs ont pu constater que « les lectures de l’EGG du sujet récepteur étaient notamment plus élevées et correspondaient à celles du sujet émetteur lorsque celui-ci éprouvait d’intenses émotions, positives ou négatives », rapporte Lynne McTaggart dans son livre La science de l’intention. C’est incroyable. Le cerveau que nous avons dans le ventre serait capable de capter, à distance, l’état psychique d’une personne avec qui nous sommes en lien. Il semblerait que les aptitudes du système nerveux entérique n’aient pas fini de nous surprendre.



et hier cet autre article est venu comme un point d'orgue sur mes observations aussi bien interne qu'externe des fonctionnements dit pour faire court "égoïstes" "égocentrique" et "vampiriques" (ce sont mes termes personnels ):

http://www.inrees.com/articles/Les-dangers-de-automensonge/

Nous mentir à nous-mêmes nous éloigne de notre propre vérité et blesse le corps et l'âme
Si un petit mensonge blanc ne fait en général de mal à personne, il en est tout autre des mensonges profonds que l'on se fait à soi-même. Dans son livre Du mensonge à l'authenticité, Marie Lise Labonté prévient des conséquences que l'automensonge peut avoir sur la reconnaissance de soi. 


© George Grie
In Search of Mind


Nous pouvons tenter de nous mentir à nous-mêmes, mais il y a toujours une partie de nous qui sait que nous nous mentons. Cette partie est notre corps, siège de l'inconscient. Souvent, lorsque nous sommes enfermés dans le mensonge, notre corps nous adresse des signaux, notre inconscient nous envoie des rêves nous informant qu'un temps de sincérité et d'honnêteté avec soi serait approprié pour notre santé physique et mentale. Si nous refusons ces signes qui nous interpellent pour attirer notre attention, nous pouvons avoir l'impression que notre corps est notre ennemi et qu'une partie de nous tente d'avoir raison sur nous. Nous sommes alors aveugles ou sourds. Nous aimerions tellement que notre monde intérieur se mente à lui-même, tout comme nous le faisons avec notre personnalité. 



Heureusement pour nous et malheureusement pour notre ego, notre corps et notre inconscient portent en eux une sagesse, une partie intacte qui sait que nous sommes dans le leurre, même si nous croyons que nous faisons les bons choix. Cette partie ne nous ment pas, même si nous nous mentons à nous-mêmes. Notre corps et les dimensions inconscientes en nous sont les amis de notre sincérité profonde. Ils sont nos guides vers l'authenticité. 



Nous avons tous le droit de mentir et nous avons nos raisons pour le faire. Mais, à la longue, mentir blesse le corps et l'âme. Il y a un prix à payer pour utiliser le mensonge comme outil de protection, de manipulation ou de pouvoir. Ce prix est une inauthenticité envers les autres, mais avant tout et surtout envers soi-même, ce qui n'est pas sans conséquences physiques, émotionnelles et psychiques. Mentir cause du stress. Il y a décharge hormonale, libération d'adrénaline, sueurs, anxiété. Les menteurs chroniques s'habituent à ces symptômes physiques, s'y identifient jusqu'à les cultiver, car ces symptômes peuvent engendrer une accoutumance semblable à certaines drogues. (...) 


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© Inconnu

Nous mentir à nous-mêmes nous éloigne de notre propre vérité et creuse un fossé entre les parties de soi qui « savent » et les autres parties qui font semblant de ne pas savoir. Le cas de Mylène n'est pas unique : se mentir à soi-même est souvent accompagné d'un retour vers des compulsions telles que l'alcool, le sexe, la drogue physique ou affective. Ce phénomène est pernicieux, car le fait de nier une vérité intérieure engendre d'importantes frustrations, beaucoup d'irritation et de colère dirigée contre soi. Ces expériences émotionnelles sont souvent suivies d'un sentiment de désespoir et de séparation intérieure. Pour notre personnalité consciente, ces émotions sont douloureuses, c'est pourquoi nous pouvons ressentir le besoin urgent de combler cet état de frustration par la compulsion. La satisfaction est alors immédiate et elle anesthésie la partie de nous qui sait la vérité. 



Plus le degré de colère contre nous est élevé, plus durement nous pouvons utiliser la compulsion pour nous punir, nous faire souffrir. C'est un cercle vicieux d'autopunition. Si nous reprenons le cas de Mylène, l'achat de magnifiques vêtements satisfait sa personnalité, mais vide son compte de banque. La sensation excitante des achats compulsifs est comme un anesthésiant qui lui permet de faire face au fait qu'elle vient encore une fois de se mentir à elle-même. Cette anesthésie ne sert qu'à endormir la souffrance reliée à l'acte de se mentir. Lorsque Mylène est venue me voir pour sa première consultation, elle était consciente de cette autodestruction, mais elle y était enfermée. La prise de conscience est un pas dans la bonne direction, mais ce n'est pas toujours suffisant pour s'en sortir. 



A l'opposé de Mylène, pour beaucoup, l'automensonge n'est pas un acte conscient. Au contraire, il peut s'agir de bons vieux réflexes d'autoprotection, de survie, qui sont devenus des habitudes comportementales non réfléchies. C'est là que le mensonge blesse. Le mensonge envers soi-même n'est pas innocent dans l'écologie intérieure : il entraîne des conséquences qui bouleversent notre être. 
 

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La blessure de se mentir



La blessure du mensonge ressemble à une compresse de gaze qui au début remplissait sa fonction. Une compresse de gaze recouvre et protège une plaie, réalisant un pansement qui prévient l'infection. On peut retirer périodiquement ce pansement pour permettre à la plaie de respirer, ce qui favorise la cicatrisation. Imaginons maintenant que la compresse est laissée en place pendant des mois et que la plaie n'est plus traitée. Que se passera-t-il ? La plaie s'infectera et la gaze s'amalgamera à la chair. Si l'on tentait alors de retirer le pansement brusquement, on arracherait la peau, laissant une nouvelle plaie encore plus grande que la première. 



Cette description peut choquer, car l'image est forte. Il n'empêche que se mentir à soi-même, c'est comme mettre des pansements sur une plaie qui s'infecte, alors que cette souffrance ancienne aurait plutôt besoin de vivre à l'air libre, dans une expression juste de soi. Se mentir laisse en place une blessure de non-reconnaissance de soi. Elle crée en nous un doute profond sur notre authenticité et perturbe gravement la relation de confiance de soi à soi, confiance pourtant nécessaire dans la construction de notre réelle identité. 

Du mensonge à l'authenticité, Marie-Lise Labonté - Éditions de l'Homme (février 2014 ; 176 pages)


J'ai observé en moi et autour de moi que nous nous mentons sans arrêt à nous même, et par conséquent aux autres, quand nous refusons de prendre en compte les avertissements de notre ventre et de les gérer à partir du troisième cerveau celui du coeur.

Nous nous mentons en entrant dans la sentimentalité bizounoursienne qui nous calme sans que nous ayons à faire l'effort d'aller voir à la cave ce qui envoie des odeurs nauséabondes et qui pour parler de moi uniquement concernent les messages intuitifs hyper fort que je reçois au contact de mes proches et à la lecture de ce forum la plupart du temps par exemple,
et que je peux traiter en me lançant dans un état hypnotique à rester collée au forum
ou dans un état de mal être tel au sujet de la santé d'un proche, que je mange n'importe comment et vit une vie de zombie.

Avoir en plus un profil cognitif hyper emphatique me fait entrer en résonance avec les drames humains sur la planète et les souffrances des foules ce qui vu les temps qui courent pas est hyper violent en ce moment car injuste et périmé vu le niveau de conscience qui nous est alloué en 2014 complètement hors de portée des raisonnements sur base de mensonges médiatique.

Pour résumé se mentir à soi m'aime est aussi le fait de notre société française et nous touche là où de manière semblable nous nous mentons à nous même.

Ce que j'écris là n'est que le fruit de mes grandes discutions avec Pote en Ciel et ne saurait en aucun cas être un écrit de vérité absolue d'autant plus que pour nous la vérité est une succession de variété de vérités relatives érigées ou pas en croyances et que c'est inutile de polémiquer mais passionnant pour moi de pouvoir échanger expériences et informations en résonances Very Happy

Merci de ce sujet Ofset Very Happy
en espérant ne pas te l'avoir mité Wink ou miné et si c'est le cas je vous prie de ne pas m'en vouloir Wink

mon intention est fondamentalement de faire avancer le "smilblic" personnel et commun pour une vraie liberté d'être de chaque un et un meilleur Tout plus en harmonie avec l'Univers…( dit mon super égo-héro interne avec grandiloquence  Pété de rire )

Et merci à tous les canadiens et autres non français qui m'ont aidés tout au long de mes "autopsychanalisations" à "Dabrowskyser ma vie" depuis l'adolescence  alien

Je nous aime et c'est pas un mensonge  Pété de rire 

Mag
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Re: Dépression et cerveau

Message par offset le Mer 4 Juin 2014 - 11:26

"Mag" a écrit :

"Nous mentir à nous-mêmes nous éloigne de notre propre vérité et blesse le corps et l'âme
Si un petit mensonge blanc ne fait en général de mal à personne, il en est tout autre des mensonges profonds que l'on se fait à soi-même. Dans son livre Du mensonge à l'authenticité, Marie Lise Labonté prévient des conséquences que l'automensonge peut avoir sur la reconnaissance de soi. 

Nous pouvons tenter de nous mentir à nous-mêmes, mais il y a toujours une partie de nous qui sait que nous nous mentons. Cette partie est notre corps, siège de l'inconscient. Souvent, lorsque nous sommes enfermés dans le mensonge, notre corps nous adresse des signaux, notre inconscient nous envoie des rêves nous informant qu'un temps de sincérité et d'honnêteté avec soi serait approprié pour notre santé physique et mentale. Si nous refusons ces signes qui nous interpellent pour attirer notre attention, nous pouvons avoir l'impression que notre corps est notre ennemi et qu'une partie de nous tente d'avoir raison sur nous. Nous sommes alors aveugles ou sourds. Nous aimerions tellement que notre monde intérieur se mente à lui-même, tout comme nous le faisons avec notre personnalité. 



Heureusement pour nous et malheureusement pour notre ego, notre corps et notre inconscient portent en eux une sagesse, une partie intacte qui sait que nous sommes dans le leurre, même si nous croyons que nous faisons les bons choix. Cette partie ne nous ment pas, même si nous nous mentons à nous-mêmes. Notre corps et les dimensions inconscientes en nous sont les amis de notre sincérité profonde. Ils sont nos guides vers l'authenticité. 



Nous avons tous le droit de mentir et nous avons nos raisons pour le faire. Mais, à la longue, mentir blesse le corps et l'âme. Il y a un prix à payer pour utiliser le mensonge comme outil de protection, de manipulation ou de pouvoir. Ce prix est une inauthenticité envers les autres, mais avant tout et surtout envers soi-même, ce qui n'est pas sans conséquences physiques, émotionnelles et psychiques. Mentir cause du stress. Il y a décharge hormonale, libération d'adrénaline, sueurs, anxiété. Les menteurs chroniques s'habituent à ces symptômes physiques, s'y identifient jusqu'à les cultiver, car ces symptômes peuvent engendrer une accoutumance semblable à certaines drogues. (...) 



Nous mentir à nous-mêmes nous éloigne de notre propre vérité et creuse un fossé entre les parties de soi qui « savent » et les autres parties qui font semblant de ne pas savoir. Le cas de Mylène n'est pas unique : se mentir à soi-même est souvent accompagné d'un retour vers des compulsions telles que l'alcool, le sexe, la drogue physique ou affective. Ce phénomène est pernicieux, car le fait de nier une vérité intérieure engendre d'importantes frustrations, beaucoup d'irritation et de colère dirigée contre soi. Ces expériences émotionnelles sont souvent suivies d'un sentiment de désespoir et de séparation intérieure. Pour notre personnalité consciente, ces émotions sont douloureuses, c'est pourquoi nous pouvons ressentir le besoin urgent de combler cet état de frustration par la compulsion. La satisfaction est alors immédiate et elle anesthésie la partie de nous qui sait la vérité. 



Plus le degré de colère contre nous est élevé, plus durement nous pouvons utiliser la compulsion pour nous punir, nous faire souffrir. C'est un cercle vicieux d'autopunition. Si nous reprenons le cas de Mylène, l'achat de magnifiques vêtements satisfait sa personnalité, mais vide son compte de banque. La sensation excitante des achats compulsifs est comme un anesthésiant qui lui permet de faire face au fait qu'elle vient encore une fois de se mentir à elle-même. Cette anesthésie ne sert qu'à endormir la souffrance reliée à l'acte de se mentir. Lorsque Mylène est venue me voir pour sa première consultation, elle était consciente de cette autodestruction, mais elle y était enfermée. La prise de conscience est un pas dans la bonne direction, mais ce n'est pas toujours suffisant pour s'en sortir. 



A l'opposé de Mylène, pour beaucoup, l'automensonge n'est pas un acte conscient. Au contraire, il peut s'agir de bons vieux réflexes d'autoprotection, de survie, qui sont devenus des habitudes comportementales non réfléchies. C'est là que le mensonge blesse. Le mensonge envers soi-même n'est pas innocent dans l'écologie intérieure : il entraîne des conséquences qui bouleversent notre être. 
 
La blessure du mensonge ressemble à une compresse de gaze qui au début remplissait sa fonction. Une compresse de gaze recouvre et protège une plaie, réalisant un pansement qui prévient l'infection. On peut retirer périodiquement ce pansement pour permettre à la plaie de respirer, ce qui favorise la cicatrisation. Imaginons maintenant que la compresse est laissée en place pendant des mois et que la plaie n'est plus traitée. Que se passera-t-il ? La plaie s'infectera et la gaze s'amalgamera à la chair. Si l'on tentait alors de retirer le pansement brusquement, on arracherait la peau, laissant une nouvelle plaie encore plus grande que la première. 



Cette description peut choquer, car l'image est forte. Il n'empêche que se mentir à soi-même, c'est comme mettre des pansements sur une plaie qui s'infecte, alors que cette souffrance ancienne aurait plutôt besoin de vivre à l'air libre, dans une expression juste de soi. Se mentir laisse en place une blessure de non-reconnaissance de soi. Elle crée en nous un doute profond sur notre authenticité et perturbe gravement la relation de confiance de soi à soi, confiance pourtant nécessaire dans la construction de notre réelle identité. 

Du mensonge à l'authenticité, Marie-Lise Labonté - Éditions de l'Homme (février 2014 ; 176 pages)"


Offset à Mag, un grand merci pour ces informations qui contiennent beaucoup de sagesses
Rassure toi tu as formidablement enrichi ce sujet, je pense que tu as mis du coeur et du temps
pour le faire.
UN GRAND MERCI A TOI Impec !

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Re: Dépression et cerveau

Message par Ise le Dim 15 Juin 2014 - 17:37

Coucou !

Ca y est je sais comment copier-coller des docs  bounce 

Voici donc un des articles. Je relirai les suivants avant de vous les mettre pour ne pas faire de hors-sujet... Déjà là j'ai un doute  Rolling Eyes 




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Re: Dépression et cerveau

Message par Ise le Dim 15 Juin 2014 - 17:38


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Re: Dépression et cerveau

Message par Ise le Dim 15 Juin 2014 - 17:38


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Re: Dépression et cerveau

Message par Ise le Dim 15 Juin 2014 - 17:39


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Re: Dépression et cerveau

Message par Ise le Dim 15 Juin 2014 - 17:40


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Re: Dépression et cerveau

Message par Ise le Dim 15 Juin 2014 - 17:41


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Re: Dépression et cerveau

Message par Ise le Dim 15 Juin 2014 - 17:42


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Re: Dépression et cerveau

Message par offset le Dim 15 Juin 2014 - 21:57

Merci Ise, c'est du beau travail  Very Happy

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Re: Dépression et cerveau

Message par Christelle le Dim 15 Juin 2014 - 22:42

Merci Ise, c'est passionnant (mais bon j'ai pas tout lu, c'est un format difficile pour mon ordi et j'y voit flou. Je m'y remets demain

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