Je suis sauvage

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Je suis sauvage

Message par abou le Lun 26 Mai 2014 - 22:37

C'était un qualificatif qu'on me donnait quand j'étais petite : sauvage. Du genre à ne pas vouloir parler aux gens, à ne pas leur faire de belles façons, réservée, méfiante etc. Quand on venait me dire que j'avais des beaux yeux je répondais par le pire air de boeuf que vous pouvez imaginer venant de la part d'une enfant de 4 ans.

Et puis aujourd'hui, c'est pareil. Bon, je sais me tenir en société, mais la plupart du temps, je ne veux pas qu'on vienne m'embêter, je ne veux pas être sollicitée de toutes parts. Au boulot, c'est dommage, mais j'ai souvent pas envie de parler aux gens parce que les conversations m'ennuient. En ce moment, je travaille avec un mec qui a certains intérêts communs avec moi, mais parfois, j'essaie de faire avancer une conversation que je trouve intéressante, et tout-à-coup, lui il a plus rien à dire, la conversation meure. Revenir le lundi, c'est le pire, tout le monde veut savoir ce que t'as fait de ta fin de semaine, mais j'ai pas envie de parler, pas plus que j'ai envie de savoir ce qu'ils ont fait pendant leur propre fin de semaine. Je sais que j'ai l'air blasée comme ça, mais c'est pas ça, c'est seulement que j'ai besoin très souvent besoin d'être dans ma bulle et c'est une chose qui est difficile à vivre quand on doit côtoyer des gens tout le temps. Parce que j'ai l'impression que tout le monde n'est pas comme ça. Oui, tout le monde a besoin d'être dans sa bulle de temps en temps, mais la mienne est particulièrement persistance. Et j'en ai marre très rapidement de travailler avec les mêmes personnes. Je commence tout juste sur le marché du travail (autrement que du travail d'étudiant), alors je ne sais pas encore ce que c'est de travailler plusieurs années avec les mêmes personnes. Mais auparavant, j'étais toujours soulagée de terminer un travail d'été ou un petit contrat parce que je commençais justement déjà à m'ennuyer et j'avais hâte au changement.

Hâte au changement, ça c'est paradoxal, parce qu'en fait, j'aime le changement et il me fait atrocement peur en même temps. L'avenir me fait peur. Je suis toujours en train d'anticiper sur ce qu'il va arriver et du coup je souffre beaucoup, parce que je me fais peur à moi-même (mes scénarios sont rarement les plus positifs), je vis 10 000 scénarios avant que les choses ne se produisent elles-mêmes, je passe beaucoup de temps à angoisser sur l'avenir que j'en gâche le présent. Bref, c'est un autre point, mais je trouvais qu'il y avait un lien à faire.

Qu'en pensez-vous? Ça vous dit quelque chose? Vous vous reconnaissez autant pour le côté sauvage que pour l'angoisse de l'avenir?


Dernière édition par abou le Mar 27 Mai 2014 - 0:36, édité 2 fois

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Re: Je suis sauvage

Message par Bird le Lun 26 Mai 2014 - 22:56

Pour ma part, un accompagnement efficace m'a permis de me débarrasser presque entièrement de cette anticipation anxieuse dont j'ai souffert très longtemps. Je n'y croyais plus guère et j'en suis d'autant plus heureux. Ça n'arrive pas qu'aux autres  Wink .

J'ai aussi besoin de moments de retrait quotidiens, de solitude, sans lesquels j'ai vite le sentiment de me perdre. J'ai aussi du mal à entretenir certaines conversations et c'est très difficile de faire mieux. En tout cas je ne considère pas avoir fait des progrès dans ce domaine. Je me demande si j'y arriverai un jour, je fais de mon mieux. Mais le fait de "décrocher" est un phénomène dont je n'ai pas la maîtrise. Pas plus que d'aborder en société des sujets qui n'intéressent que moi. Ou avec une façon de voir qui dérange.

J'ai heureusement quelques ami(e)s de mon acabit. Mais leur dispersion fait que nos rencontres sont trop rares (je n'apprécie que le contact direct) mais toujours nourrissantes.

Pas totalement "sauvage" donc. Enfin, disons que je dissimule un peu (beaucoup...) cet aspect de moi.

Il faut faire avec...


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Re: Je suis sauvage

Message par Invité le Lun 26 Mai 2014 - 23:47

Je suis aussi comme ça. Introverti. Et non, tout le monde n'est pas comme ça. Le réel problème, pour moi, c'est qu'on m'a répété trop longtemps que ce n'était pas normal, qu'il fallait parler plus, être extraverti, aller vers les autres hors ça va à l'encontre de ce que je suis.

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Re: Je suis sauvage

Message par Invité le Mar 27 Mai 2014 - 0:21

Tigrou a écrit:Je suis aussi comme ça. Introverti. Et non, tout le monde n'est pas comme ça. Le réel problème, pour moi, c'est qu'on m'a répété trop longtemps que ce n'était pas normal, qu'il fallait parler plus, être extraverti, aller vers les autres hors ça va à l'encontre de ce que je suis.

C'est pareil pour moi. Je ne sais pas si cela s'explique par le fait que je prends de l'âge (j'ai 23 ans, humhum.) mais j'étreins de plus en plus étroitement ma personnalité et son penchant "asocial" "systématiquement épuisé par les gens". Je ne fais plus aucune tentative pour "sociabiliser", j'ai déjà des amis satisfaisants. Pour autant, je n'envoie pas paître ceux qui font la démarche de m'approcher, je tente d'agir d'une manière identique à ceux qui font preuve de gentillesse à mon égard. Mais voilà, j'ai énormément de mal à supporter les gens IRL, ça me bouffe trop d'énergie d'être bienveillante lorsque de leur côté il me font voir la vie de manière kaléidoscopique. J'n'ai aucune colère, je ne trouve pas les gens foncièrement cons mais voilà je peux pas alors je ne me force pas (ou plus) quitte à être considérée comme une jeune femme arrogante ou quelque peu bizarre. Smile

Ce qui m'effraie c'est le moment où j'accèderai au marché du travail. Mais bon. J'fais en sorte que mon diplôme me permette de bouger et de travailler de manière autonome.


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Re: Je suis sauvage

Message par Invité le Mar 27 Mai 2014 - 9:31

J'ai choisi d'assumer aussi Smile J'ai pas l'impression d'empirer en faisant ça, je ne poursuis juste plus un objectif inatteignable. J'étais très mauvais dans ma quête d'être quelqu'un de normal de toute façon.

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Re: Je suis sauvage

Message par Helios Il Du Vent le Mar 27 Mai 2014 - 11:09

abou a écrit:C'était un qualificatif qu'on me donnait quand j'étais petite : sauvage. Du genre à ne pas vouloir parler aux gens, à ne pas leur faire de belles façons, réservée, méfiante etc.


A cet âge j'ai senti la même chose
En fait je commençais simplement à ne pas vouloir faire bêtement et semblant les choses mais être en harmonie avec soi même
Pourquoi devais saluer autant de gens dans la rue que je ne connaissais pas ? ma mère les saluait, elle n'était pas pas "amie" avec ...

Donc elle me disait de dire bonjour car ce n'était pas poli ...
Et je ne voulais par leur dire bonjour parce que je ne les connaissais pas et que ma mère voulait m obliger ! et j'ai jamais supporté qu'on croit même à 3 ans que je ne savais pas penser et être par moi-même
je voulais d'autant moins leur dire bonjour que je sentais/avais l'impression qu'elles ne nous aimaient pas franchement ^^
ahaha
ma mère "oui mais tu dis bonjour quand même"
moi "nan ... " ^^
Ben voilà "sauvage" c'était juste parce que je voulais faire ce que je voulais ^^ être fidèle à moi-même et pas partir dans les faux semblant de la société
héhé
ça s'est transformé en timidité car c'est le seul coin où je pouvais me réfugier sans entrer en conflit avec la société
quand on comprend des choses ça part la fausse timidité parce que pour eux t'es soit timide, soit sauvage, soit effrontée ou je ne sais quelle autre étiquette Smile
mais je suis toujours "sauvage" puisque je mène ma vie comme elle me plait et je n'ai pas besoin d'être désagréable et d'entrer en conflit pour ça, non je suis toujours agréable avec moi même puisque de bonne humeur et quand je ne le suis pas à l'intérieur un jour où je suis trop occupée intérieurement je respecte ça et je ne m'oblige pas à aller vers les gens, dire bonjour à tout le monde et sourire si j'en ai pas envie je suis discrète
comme me disait un caissier: "t'achètes les gens avec un sourire !" "dans le commerce"
oui mais moi j'achète personne, je souris vraiment ....
lol
voilà

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Re: Je suis sauvage

Message par Invité le Mar 27 Mai 2014 - 11:23

abou a écrit:
Qu'en pensez-vous? Ça vous dit quelque chose? Vous vous reconnaissez autant pour le côté sauvage que pour l'angoisse de l'avenir?

Ouais.

Du coup, tu as peut être intérêt à formuler ton projet professionnel de façon à ce qu'il te permette de rencontrer beaucoup d'équipes différentes. Histoire de ne pas devenir dingue ou dépressive. Peut être aussi qu'on peut s'acclimater. Peut être. J'ai changé d'emploi tous les ans. Et je ne regrette pas. Ce que je regrette c'est de ne pas avoir franchement prévu de le faire à la base.

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Re: Je suis sauvage

Message par Tennessee le Mar 27 Mai 2014 - 12:00

...


Dernière édition par Tennessee le Lun 30 Juin 2014 - 17:38, édité 1 fois

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Re: Je suis sauvage

Message par Tennessee le Mar 27 Mai 2014 - 12:04

et avec tout ça je suis moins timide.. de temps en temps, quelques montées d'angoisse, mais j'essaie vraiment de prendre le dessus..... que le chemin fut long, je regrette aujourd'hui d'avoir été une sauvage, car je suis passée à côté de tout un tas d’opportunités, c'est si dommage...
voilà, j'espère ne pas vous avoir ennuyé, peut être avoir donné une piste...à bientôt. Dent pétée 

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Re: Je suis sauvage

Message par CarpeDiem le Mar 27 Mai 2014 - 12:33

Tiens donc... "sauvage", c'est exactement le terme avec lequel on m'a qualifié (et me qualifie encore) dans ma famille. Cela me rendait folle! Je ne comprenais pas pourquoi on m'affublait d'un tel qualificatif, le tout avec un air pas très sympathique!
Je ne comprenais pas qu'on ne comprenne pas que non, je n'avais pas spécialement envie de voir du monde (pas du tout en fait), que non, je n'avais pas spécialement envie de dire bonjour (si on ne connaît pas la personne ou que la personne est détestable...), etc...
Comme vous, j'étais en accord avec moi-même. Pas d'hypocrisie, je faisais ce qui me semblait juste/bien.
A vous lire, je ne comprends que mieux la situation... Même si ça n'est jamais simple tant le besoin d'identification fait que l'on ne songerait même pas à imaginer qu'autrui agisse naturellement autrement.

J'ai passé une période où je me suis forcée à aller vers les gens, sortir tout le temps, etc... Cela a marché, j'ai vu plus de monde, sortais tout le temps (avec des gens hypocrites...). Je revenais des sorties et je pleurais, pleurais, sans même comprendre pourquoi... Je me disais: "Mais j'ai passé une soirée dont tout jeune rêve... comment j'ose pleurer?!!!". Et puis, il y a eu un moment où je n'ai plus supporté cette bande d'hypocrites (avant, je ne me forçais absolument pas à côtoyer de tels gens). Tout est parti en cacahuètes et moi, je suis reparti dans un trip "solitude" qui ne m'a, certes, pas fait de bien au moral ("je suis anormale", "pourquoi je ne peux pas faire comme tout le monde?", etc...) mais j'étais tellement mieux dans mon monde, dans ma bulle... A ne pas me forcer à sortir dans des bars, etc...

Aujourd'hui, je me force toujours un peu à sortir (honnêtement, je ne ferai plus rien sinon). Mais j'ai (plus ou moins) accepté que non, je ne suis pas comme tout le monde...
Mais il y a toujours des piqûres de rappel lorsque je croise un jeune "normal"...

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Re: Je suis sauvage

Message par Invité le Mar 27 Mai 2014 - 12:50

Je crois qu'on est unanimes. Smile C'est intéressant tout vos témoignages. Est-ce que quelqu'un a trouvé des choses concernant les origines de ce caractère introverti ? Cela m'intrigue depuis toujours.

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Re: Je suis sauvage

Message par abou le Mar 27 Mai 2014 - 16:17

CarpeDiem a écrit:
J'ai passé une période où je me suis forcée à aller vers les gens, sortir tout le temps, etc... Cela a marché, j'ai vu plus de monde, sortais tout le temps (avec des gens hypocrites...). Je revenais des sorties et je pleurais, pleurais, sans même comprendre pourquoi... Je me disais: "Mais j'ai passé une soirée dont tout jeune rêve... comment j'ose pleurer?!!!". Et puis, il y a eu un moment où je n'ai plus supporté cette bande d'hypocrites (avant, je ne me forçais absolument pas à côtoyer de tels gens). Tout est parti en cacahuètes et moi, je suis reparti dans un trip "solitude" qui ne m'a, certes, pas fait de bien au moral ("je suis anormale", "pourquoi je ne peux pas faire comme tout le monde?", etc...) mais j'étais tellement mieux dans mon monde, dans ma bulle... A ne pas me forcer à sortir dans des bars, etc...

Aujourd'hui, je me force toujours un peu à sortir (honnêtement, je ne ferai plus rien sinon). Mais j'ai (plus ou moins) accepté que non, je ne suis pas comme tout le monde...
Mais il y a toujours des piqûres de rappel lorsque je croise un jeune "normal"...

Je me reconnais bien là... Sauf, que j'ai pas eu de période où je sortais tout le temps, mais certaines fois où j'ai accepté parce qu'on me disait «Allez, ça va être amusant!», ben moi, je ne m'amusais pas vraiment, et en rentrant à la maison, je me sentais bien et mal à la fois, parce que je me disais que le lendemain je pourrais enfin faire comme tout le monde et dire que je suis sortie la veille, alors que je savais bien que ça ne m'avait pas plu.

Maintenant, je suis un peu comme plusieurs d'entre vous : j'assume un peu mieux ce côté de moi. Mon copain avec qui je suis en couple depuis 8 mois m'y aide beaucoup. Il est plutôt extraverti, il aime parler aux gens, et sortir de temps en temps, mais pas trop, un bel équilibre (je pourrais pas vivre avec un fêtard). Dans les premiers mois, je me sentais mal, de par ma «sauvagerie» et ma timidité, quand je l'accompagnais dans des soirées avec ses amis. Je lui disais qu'il en aurait marre un jour de ma façon d'être, mais il m'a rassurée en me disant qu'il m'aime telle que je suis et il ne veut absolument pas que je me force à changer de comportement. Il tient à ce que je demeure moi-même avec toute ma réserve, peu importe ce que vont dire les autres. C'est rassurant de savoir qu'on peut quand même être aimé, accepté, malgré ce trait de caractère.

C'est vrai que j'ai rarement envie de sourire aux inconnus. Ou alors, si c'est nécessaire, je fais ce petit sourire qui ne montre pas les dents, mais il y en a toujours qui trouvent que ce n'est pas suffisant «Souris un peu!» «Mais je souris, qu'est-ce qui va pas avec mon sourire?!». Toutefois, dans le privé, avec les gens que j'aime, dans mon petit monde, c'est différent.

D'ailleurs, quand tu as parlé de ton monde CarpeDiem, je me suis retrouvée aussi. C'est pareil : je suis tellement bien dans mon monde, mais parfois, je m'en veux, parce que je me dis aussi que c'est pas normal... Alors en ce moment, le fait de suivre mon copain pour sortir de temps en temps, je trouve que c'est un bon équilibre pour me forcer à voir des gens. Et il est adorable, toujours à me demander si ça va, si je me sens à l'aise «Sinon, on s'en va et c'est tout.».

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Re: Je suis sauvage

Message par Cleore le Mar 27 Mai 2014 - 18:45

Le mot "sauvage" me convient bien également, bien que je puisse être très sociable et avenante par moments. J'ai d'ailleurs utilisé ce mot dans ma présentation, spontanément. Je n'en suis ni fière ni honteuse, c'est ainsi et puis c'est tout. Je ne suis pas d'un abord facile, sauf si je l'ai décidé ainsi et si je suis là pour ça (genre sorties en groupe), j'aime ma tranquillité et ma petite carapace et je suis assez timide, même si ça ne se voit pas forcément. Enfant j'adorais me promener seule dans la nature, personne ne savait où j'étais. Heureusement je n'ai rencontré aucun satyre. J'aime toujours cette solitude, cette tranquillité. On peut m'aborder pour me demander son chemin mais j'ai rarement envie de tenir la conversation à des inconnus juste pour parler. Je ne compte plus les regards assassins qu'ont reçu ceux qui ont essayé. Et encore, je me suis arrangée un peu avec l'âge. C'est un peu une protection, j'ai une bouille de gentille, voire de bonne poire, ce qui fait que j'attire les emm... les piqueurs de sous pour plein de causes dont je me fiche ou pour me vendre des trucs inutiles ou bien les adeptes de sectes en tout genre, et je ne parle pas des dragueurs qui s'imaginent que je suis du genre naïve et facile. Ce paradoxe entre mon apparence et mon être intérieur est si gênant à vivre qu'être "sauvage" est un bon moyen de rappeler que je ne suis pas une poupée qui dit oui. Donc, j'entretiens avec soin ma sauvagerie (roaaaar).

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Re: Je suis sauvage

Message par Invité le Mar 27 Mai 2014 - 21:44


Bon, bah, je dois vous avouer quelque chose : Cleore, c'est moi ! Very Happy

Chacun de tes mots j'aurais pu l'écrire ! Notamment, la dissension entre mon apparence fragile, mes yeux hagards et mon for intérieur plus déterminé et moins candide.

Trois anecdotes sauvages sorties de mon cru :

> Rester dans ma chambre des heures durants en attendant le départ des invités pour la simple raison que je ne voulais pas les saluer, "sociabiliser", sortir des "comment ça va" dont tout le monde en réalité se fout de la réponse.

> Ne presque jamais décrocher le téléphone (j'y suis vraiment allergique, test sanguin à l'appui) tout en étant capable de dépêcher quelqu'un pour le faire même s'il se trouve à des kilomètres et de sortir les pires excuses pour justifier un appel manqué ("j'ai un problème avec ma sonnerie mais je vais changer de portable, je ne peux plus me permettre de louper tes appels" xD).

> Ne jamais me rendre (en tout cas faire mon possible) aux mariages, baptêmes et autres célébrations qui me pompent de précieuses heures dans ma journée.


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Re: Je suis sauvage

Message par colonel Sponz le Mer 28 Mai 2014 - 2:14

partout ou je suis passé on me surnommait le "Bigfoot"
depuis ça a changé, je me coupe les cheveux la barbe et les ongles, il m'arrive même(rarement)de boire un café en terrasse

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Re: Je suis sauvage

Message par Cleore le Mer 28 Mai 2014 - 9:47

Jasmine a écrit:
Bon, bah, je dois vous avouer quelque chose : Cleore, c'est moi ! Very Happy

Chacun de tes mots j'aurais pu l'écrire ! Notamment, la dissension entre mon apparence fragile, mes yeux hagards et mon for intérieur plus déterminé et moins candide.

Nous sommes des clones alors. Ouaah ! 

tu as les yeux verts aussi ?  Very Happy 

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Re: Je suis sauvage

Message par Atopia le Mer 28 Mai 2014 - 22:35

Cleore et Jasmine, merci.
Je me reconnais dans vos écrits.

Jasmine, tes trois anecdotes, c'est tout à fait moi aussi.
Enfant j'étais une sauvage (je me sentais d'ailleurs plus proche des animaux que de mes semblables !) .
J'ai tenté de me conformer dans un souci d'appartenance au groupe à l'adolescence puis me suis oubliée au profit de ma famille à l'âge adulte tant que j'ai pu le faire.

A 40 ans, j'ai finalement laissé ma sauvagerie reprendre l'avantage. Il y a eu des dommages collatéraux mais je suis en accord avec moi même.
Elle se traduit par des phases de retrait, des fuites comme par l'expression la plus simple des sentiments les plus forts.
Je peux affirmer aujourd'hui qu'elle m'est bénéfique et j'assume totalement cette caractéristique. Smile

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Re: Je suis sauvage

Message par wendy le Dim 1 Juin 2014 - 13:06

c'est drôle, sauvage c'est un mot que j'ai beaucoup entendu dans mon enfance aussi, avec cette différence que ma mère me disait: mais ma chérie, t'es pas sauvage tout de même! ou bien: mais tu n'as pas grandi dans la forêt! et à penser à ça maintenant, je me rends compte à quel point ma mère, pourtant bien intentionnée, niait ce que j'étais à la place de regarder, d'accepter. tu n'es pas sauvage. eh bien si. des fois. et alors? par contre moi j'aime parler à des inconnus. j'aime rencontrer des gens. j'aime les gens. c'est juste que la plupart du temps j'ai ce sentiment que l'échange reste à la surface. qu'il n'y a pas vraie communication, vraie rencontre. et alors je pars. je quitte le lieu ou si je reste je n'écoute plus, je ne dis plus rien, je suis ailleurs. soit loin dans mes pensées, soit en train d'observer les gens s'il s'agit d'un groupe, ça m'amuse de faire ça. ou les choses autour s'il y en a qui attirent mon attention (ce qui n'est pas très difficile je crois! Smile). je me demande depuis quelque temps quelle est ma part de responsabilité dans ce manque de vraie rencontre. est-ce que si moi de mon côté j'étais un peu plus ouverte ça serait différent? pourtant parfois c'est tellement simple! il n'y a aucun effort à faire! tu rencontres quelqu'un et tu sens que cette personne te comprend avant même que tu dises quelque chose. tu sens que tu peux tout lui dire et que ça sera compris. que vous êtes sur la même longueur d'onde. c'est rare, mais c'est possible. et alors je me dis pourquoi faire des efforts? pourquoi perdre son temps à forcer une communication inexistante? après souvent je fais des efforts, non pas pour m'ouvrir, mais pour rester avec les autres, particulièrement s'il s'agit de mes proches. pour rentrer dans leur façon de communiquer, même si ça m'ennuie... j'ai beaucoup fait ça dans ma vie, j'en ai tellement l'habitude. c'est comme une espèce de gentillesse. si je sens que ça rend quelqu'un heureux je le fais. j'en suis consciente aujourd'hui qu'en faisant ça je contribue moi-même à cette non-rencontre, car oui, je me cache derrière différents personnages qui correspondent à ce que les autres veulent (ou moi j'ai deviné qu'ils veulent) voir. c'est comme si je fais semblant d'être comme les autres, comme si je disais je suis comme vous, tout en me sentant sur une autre planète. peut-être que le jour où moi-même j'aurais vraiment accepté ce sentiment de décalage, sans peur, ni culpabilité, ni honte, quelque chose va changer. peut-être quelque chose est déjà en train de changer. je ne sais pas si c'est très clair ce que je dis.

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Re: Je suis sauvage

Message par Raintaya le Ven 6 Juin 2014 - 11:41

Wendy, ce que tu dis est très clair.
Nous croyons bien faire en nous façonnant autant de masques correspondant aux attentes des autres ... Sauf que ce n'est pas nous ... Et qu'on finit par ne plus s'y retrouver à se dissimuler !
L'une des clés est le lâcher-prise ... Plus facile à dire qu'à faire !

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Re: Je suis sauvage

Message par Kodiak le Mer 18 Juin 2014 - 12:08

abou a écrit:C'était un qualificatif qu'on me donnait quand j'étais petite : sauvage. Du genre à ne pas vouloir parler aux gens, à ne pas leur faire de belles façons, réservée, méfiante etc. Quand on venait me dire que j'avais des beaux yeux je répondais par le pire air de boeuf que vous pouvez imaginer venant de la part d'une enfant de 4 ans.

Et puis aujourd'hui, c'est pareil. Bon, je sais me tenir en société, mais la plupart du temps, je ne veux pas qu'on vienne m'embêter, je ne veux pas être sollicitée de toutes parts. Au boulot, c'est dommage, mais j'ai souvent pas envie de parler aux gens parce que les conversations m'ennuient. Hâte au changement, ça c'est paradoxal, parce qu'en fait, j'aime le changement et il me fait atrocement peur en même temps. L'avenir me fait peur. Je suis toujours en train d'anticiper sur ce qu'il va arriver et du coup je souffre beaucoup, parce que je me fais peur à moi-même (mes scénarios sont rarement les plus positifs), je vis 10 000 scénarios avant que les choses ne se produisent elles-mêmes, je passe beaucoup de temps à angoisser sur l'avenir que j'en gâche le présent. Bref, c'est un autre point, mais je trouvais qu'il y avait un lien à faire.

Qu'en pensez-vous? Ça vous dit quelque chose? Vous vous reconnaissez autant pour le côté sauvage que pour l'angoisse de l'avenir?

Oui, la sauvagerie (au sens de timidité, de sensation d'impudeur et de gêne en étant le point d'attention du moment, de phobie des voix mielleuses et des mimiques hypocrites que prenaient certains adultes en ma présence) enfantine, cela me parle parfaitement.

L'angoisse de l'avenir, la peur du changement (tout en le désirant parfois en même temps), cela me parle également (ce phénomène s'atténuant tout de même un peu avec l'âge).


En outre, une autre forme de "sauvagerie" m'est venue à l'âge adulte : celle dont je fais preuve face aux personnes dont le comportement et/ou les propos envers moi sont perçus de ma part comme manipulateurs, mensongers, frustrants, agressifs, dominateurs, condescendants, impératifs, etc. Ces stimuli négatifs doivent générer une forte douleur (souvent inconsciente) en moi, et mon schéma réactionnel est toujours instinctivement douleur -> colère -> rage canalisée sur l'auteur de l'offense -> contre agression la plus violente possible (une sorte de loi du talion avec intérêts "pour un œil les deux yeux, pour une dent une mâchoire"). Les éléments constitutifs de ce mécanisme sont parfaitement décrits dans le fonctionnement du type ennéagramme 8 (phobie du contrôle et de la domination d'autrui, faible tolérance à la frustration, désir de vengeance irrépressible).

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Re: Je suis sauvage

Message par wendy le Mer 18 Juin 2014 - 22:09

bonjour raintaya,
merci pour ton feedback!
mais je vois bien que je ne m'étais pas très bien exprimée. Smile je ne crois pas que dissimulation soit le mon juste. et c'est pas que c'est pas nous non plus. c'est des parties de nous. c'est pas des masques, c'est pas faux, juste incomplet. par ex moi j'ai toujours eu plusieurs boulots. (même petite j'allais dans toutes les activités proposées aux enfants dans ma petite ville, j'étais très curieuse et voulais tout faire). alors quand quelqu'un me demande en quoi je travaille je sais jamais vraiment quoi répondre. et je choisis en fonction de qui me demande, ce que je pense que l'intéresserait plus. j'invente pas! juste je sélectionne. si tu dis j'ai 7 emplois différents, soit les gens te prennent pour un fou, soit pour un bizarre, soit pour quelqu'un de pas sérieux. alors je réponds avec un de mes boulots, les gens ne se choquent pas, et moi je me sens acceptée... c'est dans ce sens-là que je disais.

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Re: Je suis sauvage

Message par Enfant sauvage le Jeu 23 Avr 2015 - 16:44

abou a écrit:C'était un qualificatif qu'on me donnait quand j'étais petite : sauvage. Du genre à ne pas vouloir parler aux gens, à ne pas leur faire de belles façons, réservée, méfiante etc. Quand on venait me dire que j'avais des beaux yeux je répondais par le pire air de boeuf que vous pouvez imaginer venant de la part d'une enfant de 4 ans.

Et puis aujourd'hui, c'est pareil. Bon, je sais me tenir en société, mais la plupart du temps, je ne veux pas qu'on vienne m'embêter, je ne veux pas être sollicitée de toutes parts. Au boulot, c'est dommage, mais j'ai souvent pas envie de parler aux gens parce que les conversations m'ennuient. En ce moment, je travaille avec un mec qui a certains intérêts communs avec moi, mais parfois, j'essaie de faire avancer une conversation que je trouve intéressante, et tout-à-coup, lui il a plus rien à dire, la conversation meure. Revenir le lundi, c'est le pire, tout le monde veut savoir ce que t'as fait de ta fin de semaine, mais j'ai pas envie de parler, pas plus que j'ai envie de savoir ce qu'ils ont fait pendant leur propre fin de semaine. Je sais que j'ai l'air blasée comme ça, mais c'est pas ça, c'est seulement que j'ai besoin très souvent besoin d'être dans ma bulle et c'est une chose qui est difficile à vivre quand on doit côtoyer des gens tout le temps. Parce que j'ai l'impression que tout le monde n'est pas comme ça. Oui, tout le monde a besoin d'être dans sa bulle de temps en temps, mais la mienne est particulièrement persistance. Et j'en ai marre très rapidement de travailler avec les mêmes personnes. Je commence tout juste sur le marché du travail (autrement que du travail d'étudiant), alors je ne sais pas encore ce que c'est de travailler plusieurs années avec les mêmes personnes. Mais auparavant, j'étais toujours soulagée de terminer un travail d'été ou un petit contrat parce que je commençais justement déjà à m'ennuyer et j'avais hâte au changement.

Hâte au changement, ça c'est paradoxal, parce qu'en fait, j'aime le changement et il me fait atrocement peur en même temps. L'avenir me fait peur. Je suis toujours en train d'anticiper sur ce qu'il va arriver et du coup je souffre beaucoup, parce que je me fais peur à moi-même (mes scénarios sont rarement les plus positifs), je vis 10 000 scénarios avant que les choses ne se produisent elles-mêmes, je passe beaucoup de temps à angoisser sur l'avenir que j'en gâche le présent. Bref, c'est un autre point, mais je trouvais qu'il y avait un lien à faire.

Qu'en pensez-vous? Ça vous dit quelque chose? Vous vous reconnaissez autant pour le côté sauvage que pour l'angoisse de l'avenir?

C'est chouette de savoir que je ne suis pas le seul enfant sauvage ici...
PAREIL : C'était un qualificatif qu'on me donnait quand j'étais petit : sauvage. Du genre à ne pas vouloir parler aux gens, à ne pas leur faire de belles façons, réservé, méfiant etc.

PAREIL : Et puis aujourd'hui, c'est pareil. Bon, je sais me tenir en société, mais la plupart du temps, je ne veux pas qu'on vienne m'embêter, je ne veux pas être sollicitée de toutes parts. Au boulot, c'est dommage, mais j'ai souvent pas envie de parler aux gens parce que les conversations m'ennuient. Revenir le lundi, c'est le pire, tout le monde veut savoir ce que t'as fait de ta fin de semaine, mais j'ai pas envie de parler, pas plus que j'ai envie de savoir ce qu'ils ont fait pendant leur propre fin de semaine. Je sais que j'ai l'air blasé comme ça, mais c'est pas ça, c'est seulement que j'ai besoin très souvent besoin d'être dans ma bulle et c'est une chose qui est difficile à vivre quand on doit côtoyer des gens tout le temps. Parce que j'ai l'impression que tout le monde n'est pas comme ça. Oui, tout le monde a besoin d'être dans sa bulle de temps en temps, mais la mienne est particulièrement persistance. Et j'en ai marre très rapidement de travailler avec les mêmes personnes.

PAREIL : Hâte au changement, ça c'est paradoxal, parce qu'en fait, j'aime le changement et il me fait atrocement peur en même temps. L'avenir me fait peur. Je suis toujours en train d'anticiper sur ce qu'il va arriver et du coup je souffre beaucoup, parce que je me fais peur à moi-même (mes scénarios sont rarement les plus positifs), je vis 10 000 scénarios avant que les choses ne se produisent elles-mêmes, je passe beaucoup de temps à angoisser sur l'avenir que j'en gâche le présent. Bref, c'est un autre point, mais je trouvais qu'il y avait un lien à faire.

Oui, j'ai fais du copcol et alors...
Un de ces jours, je viendrais compléter ce post...
Le compléter en développant vraiment...

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Re: Je suis sauvage

Message par CarpeDiem le Jeu 23 Avr 2015 - 19:52

abou a écrit:C'était un qualificatif qu'on me donnait quand j'étais petite : sauvage. Du genre à ne pas vouloir parler aux gens, à ne pas leur faire de belles façons, réservée, méfiante etc. Quand on venait me dire que j'avais des beaux yeux je répondais par le pire air de boeuf que vous pouvez imaginer venant de la part d'une enfant de 4 ans.

Et puis aujourd'hui, c'est pareil. Bon, je sais me tenir en société, mais la plupart du temps, je ne veux pas qu'on vienne m'embêter, je ne veux pas être sollicitée de toutes parts. Au boulot, c'est dommage, mais j'ai souvent pas envie de parler aux gens parce que les conversations m'ennuient. En ce moment, je travaille avec un mec qui a certains intérêts communs avec moi, mais parfois, j'essaie de faire avancer une conversation que je trouve intéressante, et tout-à-coup, lui il a plus rien à dire, la conversation meure. Revenir le lundi, c'est le pire, tout le monde veut savoir ce que t'as fait de ta fin de semaine, mais j'ai pas envie de parler, pas plus que j'ai envie de savoir ce qu'ils ont fait pendant leur propre fin de semaine. Je sais que j'ai l'air blasée comme ça, mais c'est pas ça, c'est seulement que j'ai besoin très souvent besoin d'être dans ma bulle et c'est une chose qui est difficile à vivre quand on doit côtoyer des gens tout le temps. Parce que j'ai l'impression que tout le monde n'est pas comme ça. Oui, tout le monde a besoin d'être dans sa bulle de temps en temps, mais la mienne est particulièrement persistance. Et j'en ai marre très rapidement de travailler avec les mêmes personnes. Je commence tout juste sur le marché du travail (autrement que du travail d'étudiant), alors je ne sais pas encore ce que c'est de travailler plusieurs années avec les mêmes personnes. Mais auparavant, j'étais toujours soulagée de terminer un travail d'été ou un petit contrat parce que je commençais justement déjà à m'ennuyer et j'avais hâte au changement.

Hâte au changement, ça c'est paradoxal, parce qu'en fait, j'aime le changement et il me fait atrocement peur en même temps. L'avenir me fait peur. Je suis toujours en train d'anticiper sur ce qu'il va arriver et du coup je souffre beaucoup, parce que je me fais peur à moi-même (mes scénarios sont rarement les plus positifs), je vis 10 000 scénarios avant que les choses ne se produisent elles-mêmes, je passe beaucoup de temps à angoisser sur l'avenir que j'en gâche le présent. Bref, c'est un autre point, mais je trouvais qu'il y avait un lien à faire.

Qu'en pensez-vous? Ça vous dit quelque chose? Vous vous reconnaissez autant pour le côté sauvage que pour l'angoisse de l'avenir?

Et bien, tu me décris mot pour mot et je dois dire que ça fait du bien de me lire... C'est pas facile tous les jours, sentiment d'être anormale, bonjour!

Par contre, je suis sauvage mais je ne suis pas introvertie... En fait, ça dépend de qui j'ai en face de moi... Si on me parle de choses intéressantes, si je suis à l'aise...

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Re: Je suis sauvage

Message par Enfant sauvage le Sam 25 Avr 2015 - 19:39

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été un enfant sauvage...
Lorsque j'étais petit, je limitais mes contacts préférant me réfugier dans mon monde intérieur.
Lors des réunions de familles (cousins, tante, etc,) j'avais la manie de me glisser sous la table au milieu des convives pour ne voir personne afin de me sentir en sécurité.
Par nature, j'évitais au maximum les contacts avec ceux qui ne faisaient pas partie de la fratrie.

A l'adolescence, ce fut une violence intérieure qui s'exprimait de toutes sortes jusqu'aux TS avec cette fuite des gens normaux que je trouvais inintéressants.
Même lorsque je fus placé dans un foyer pour cas sociaux, je trouvais encore le moyen de m'isoler dans la cour dès que je le pouvais mais il se trouvait au fil du temps toujours plusieurs dizaines de personnes pour s'asseoir là où je me trouvais en permanence. (lieu qui devint avec le temps, un nouveau lieu de rassemblement)

Je n'avais jamais les mêmes gouts ou intérêts que mes camarades.
Je trouvais leurs discussions d'un pathétique et d'une bêtise que je préférais rester seul dans mon coin.

L'âge adulte venant, rien ne changea vraiment...
Pas d'amis, pas de relation extérieur dépassant le nombre de 2 en dehors de mes jobs toujours plus nombreux durant lesquels, je passais pour un asocial, un connard et un fouteur de merde parce que je bossais régulièrement deux fois plus et deux fois plus vite que les autres.

Depuis 12 ans que je bosse enfin dans un milieu pro qui me convient et que j'ai trouvé par hasard, je suis passé pour un prétentieux, un psycho-rigide, un gars qui ne sait pas rire...
Désolé, de ne pas aimer picoler, de ne pas m'intéresser au foot ni aux bagnoles et de ne pas considérer qu'il faut forcément être vulgaire en parlant des femmes...

Ouaip, j'ai un cerveau et j'aime m'en servir pour faire autre chose que de l'utiliser comme les gens normaux et comme tout le monde...

Aujourd'hui, j'essaie de régler une phobie qui m'envahit de plus en plus souvent.
La peur d'être enfermé dans les lieux clos avec des normaux.
Ascenseur et transport en commun en particulier.

Lorsque je vois des normaux de mon entourage, j'ai toujours peur de ne pas savoir quoi répondre lors des conversations.
Que faut-il répondre ?
Quand et comment prendre la parole ?
Quand faut-il se taire pour laisser l'autre parler ?
Quand faut-il rire et comment se forcer intelligemment sans que cela paraisse suspect ?
Des questions et encore des questions tout le temps pour essayer d'être à la hauteur et ne pas montrer ma différence...

J'ai de plus en plus l'impression de ne pas faire partie de ce monde et de venir d'une autre époque, d'un autre univers.
Les humains sont parfois de véritables cas d'études lorsque j'observe leur comportements et leurs manières de se parler...

Et je ne parle pas de l'avenir qui me terrifie de plus en plus...
Enfant, je n'imaginais pas un jour devenir adulte...
C'était juste inconcevable...

Aujourd'hui, je ne sais pas encore commet je vais arriver au terme de ma vie que j'ai fais tatoué sur ma peau (70 ans)
Cela me semble tellement long...
Long à vivre tellement chaque journée est longue avec un cerveau qui accroit sa vitesse de pensée inexorablement...
J'ai parfois peur d'exploser mentalement...
Lorsue j'étais ado, j'avais trouvé agréable le vie en hôpital psy...
Peut-être que je ferais en sorte d'y retourner un jour... Juste pour être bourré de calmants afin de ne plus penser...

En attendant, je vais continuer à chercher le contact humain comme jamais même s'il me fait de plus en plus peur...
Que j'aimerais parfois être un normal parmi les autres.
J'aurais ainsi le sentiment d'être heureux car mon cerveau serait mort...

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Re: Je suis sauvage

Message par Invité le Sam 25 Avr 2015 - 23:45

http://goo.gl/ZGBKYI pour ceux qui éventuellement se reconnaîtraient dans le trouble schizoïde

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