Ne jugez pas un livre à sa couverture.

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Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Jeu 1 Mai 2014 - 17:20

(Idée de jeu tirée du forum d'écriture JE)


Quoique... !

Je vous propose un nouveau jeu d'écriture basé sur cette notion. Ce site, en effet, propose des couvertures générées aléatoirement à partir de mots et d'image : il suffit d'entrer votre nom - ou pseudonyme si vous ne voulez pas livrer votre vrai nom - et le site vous proposera une couverture créée pour l'occasion !

Le jeu, dès lors, repose sur un principe simple : il suffit de vous inspirer de la couverture (titre et image) et de proposer un petit texte (ou long si vous voulez, mais rien ne vous y oblige) en rapport. Je recommande de sauvegarder la couverture et de nous la montrer en accompagnement de votre texte, sinon ce n'est pas drôle. Wink

Pour pimenter le jeu, plusieurs options :
- Essayez de vous en tenir à la première couverture générée, et ne faites pas défiler jusqu'à ce qu'une couverture vous plaise.
- Placez dans votre texte, une liste de dix mots, tout en livrant un ensemble cohérent. Si vous jouez le jeu, je vous fais un gâteau !
- D'autres idées... ? Smile

À vos plumes !


Dernière édition par Alphonsine le Sam 30 Aoû 2014 - 15:07, édité 1 fois

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Jeu 1 Mai 2014 - 17:43

Je vais le faire cette nuit ! J'adore ton idée Very Happy

Comment on obtient les dix mots ?

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Jeu 1 Mai 2014 - 17:49

Super, Pom !
Pour avoir dix mots, soit tu les génères aléatoirement par toi-même (le feuilletage de dictionnaire, si tu en as un à portée, ou de livre fonctionne bien), soit tu les pioches dans le topic du jeu des dix mots (tu trouveras la dernière liste à la fin du dernier post). Smile

Je devrais tenter ma chance aussi d'ici peu, d'ailleurs ! Je trouve le procédé assez inspirant ! Very Happy

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Je suis éditée chez "Aléatoires", eh oui, la classe !!! ;)

Message par Invité le Jeu 1 Mai 2014 - 18:34

La rondeur de l'espace ? Qui est ce qui m'a collé un titre pareil ! Une sorte de director's cut qui m'imposerait la 1ère pierre de mon roman comme ils détournent les fins originales de films hollywoodiens ?  Aberration ! Que je sache, ce qui est rond doit pouvoir se toucher, non ? Quoique...on dit bien la rondeur d'une voix, et une voix, certes, ça peut vous toucher mais pour y mettre la main dessus c'est une autre paire de manches : Bien souvent, elle vous tend le bout du fil de la pelote et au moment où vous êtes sur le point de la saisir, hop ! Elle se rétracte dans le silence. Et si les petites ondes tricotées se propagent si bien dans l'espace, elles n'ont nulle envie de faire partie de l'inventaire des petites mains de la boutique du coin ! Chacune dans leur case, classées par couleurs, les pelotes de voix se sentent reléguées, comme nous le sommes nous aussi parfois, mais heureusement, ce camaïeu de rose même bien rangé est appelé à progresser vers d'autres tons...Puis celle-ci va bien finir par trouver acquéreur, reste à savoir s'il/elle en fera bon usage !  Wink



Dernière édition par Guillemette de Troll le Ven 2 Mai 2014 - 17:36, édité 4 fois (Raison : version retouchée ;))

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Jeu 1 Mai 2014 - 18:36

Guilemette de Troll : il suffit de l'enregistrer sur ton ordinateur et de l'héberger toi-même - ou de la réheberger depuis l'URL, si c'est possible. Des sites comme servimg.com permettent cela. Et cela évite ainsi le lien direct tout en nous permettant de voir laditecouverture.

(Note que ta réflexion ferait un prologue intéressant à un roman avec ce titre :p )

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Jeu 1 Mai 2014 - 18:57

Alphonsine a écrit:Guilemette de Troll : il suffit de l'enregistrer sur ton ordinateur et de l'héberger toi-même - ou de la réheberger depuis l'URL, si c'est possible. Des sites comme servimg.com permettent cela. Et cela évite ainsi le lien direct tout en nous permettant de voir laditecouverture.

(Note que ta réflexion ferait un prologue intéressant à un roman avec ce titre :p )
Yes, je bataille avec ces outils depuis une heure ; j'avais posté initialement un PS où je disais une chose est sûre : je ne suis pas une zèbre de l'informatique Wink

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Harpo le Jeu 1 Mai 2014 - 18:59



Extrait :

...
Fanon falsifiait les fourmis fécondées en les factorisant. Fée fêlée en furie, elle féodalisait des familles fulminantes, les fratassant en de fumantes et factices frénésies. Fanfreluches fantasmées par sa féminine folie ou farandoles faisandées en fagots fanatiques : Fanon fascinait ses familiers. Flattée, elle fanfaronnait, ses fesses frêles et faséientes festoyant en fines flutes fendillées et fartées. Parfois fainéante, elle farinait des fétiches frelons, farfouillant fièrement leurs flancs fendillés. La foldingue s’y faufilait, fédérant félicités fébriles et farfelus ferroutages.
...


Les 10 mots :
Fourmis
Fée
Famille
Furie
Folie
Factice
Fumante
Félicité
Flute
Flattée

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Jeu 1 Mai 2014 - 19:16

@Harpo : Eh bien les contraintes aléatoires définissent des règles qui ne génèrent visiblement pas la vacance des mots entre eux Wink

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Carla de Miltraize III le Jeu 1 Mai 2014 - 19:59




Le temps du renouveau, la nature foisonnante de vie, tout,  autour de nous, appelait à l'éveil et  aux réjouissances. Mais nos cœurs restaient éteints en nous sourdait la rumeur de l'horreur,  sous le choc encore...

Le miroir me renvoya un instant le reflet de mes yeux délavés, je détournai le regard, un nœud me tordant les entrailles, les larmes semblaient avoir fait de mon corps, en entier, leur lit. Mon écorce devenait liquide.

Nos joies en boutons, surprises par une gelée blanche tardive. Paralysées. Comment vivre maintenant ?

Et toujours ce pourquoi, lancinant, me torturant encore et encore, revenant sans cesse, j'aurai voulu broyer toutes mes pensées, annihiler tous mes souvenirs...  On ne trouve pas de sens à l'inconcevable.

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Jeu 1 Mai 2014 - 23:48

Je trouve pas comment on s'inscrit sur servimg.com  Sad 

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Ven 2 Mai 2014 - 0:07

Tu n'as pas besoin de t'inscrire si tu passes par le forum (l'icône pour ajouter des images). Sinon, essaie un autre hébergeur, comme https://imageshack.com/ Wink

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Ven 2 Mai 2014 - 0:19

Merci Smile Ça marche grâce à tes indications.

J'ai plus qu'à écrire un roman.  Razz 

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Ven 2 Mai 2014 - 1:54



Anneli Lehtonen ne pouvait plus supporter une telle situation. Son mari, Aleksanteri Lehtonen, allait bientôt finir de ruiner la réputation de leur famille. Non pas que Anneli accordait beaucoup d'importance à son image de marque, mais elle souhaitait conserver tout de même la liberté de fréquenter le monde sans craindre d'affronter quelques regards désapprobateurs. Ce qui lui importait, en effet, c'était le monde. Que dis-je ? Le monde se limitait principalement pour Anneli à son club de lecture et ses fréquentations consistant en de vieilles femmes aimant bavarder en prenant le thé. Elle aurait bien aimé ne pas avoir à se soucier d'un époux distrait qui manquait chaque jour de mettre sur la paille de braves entrepreneurs. Aleksanteri était courtier en bourse. Il détenait entre ses mains le destin de riches familles de notre chère petite ville de Kemi, lesquelles, pour la plupart, faisaient justement partie des connaissances mondaines de sa femme. Aleksanteri était en effet bien distrait, il avait de drôles d'inquiétudes plus ou moins extravagantes : ce colosse tout en muscle avait une peur panique des fourmis, dont il était persuadé qu'elles propagent des maladies exotiques, et il craignait également que les pâtisseries de sa belle-mère fussent agrémentées d'un poison radioactif très rare, que seuls utilisent les agents secrets pour éliminer les indésirables. Il était fort original, à la limite de la folie selon certains. Heureusement, ses errements étranges dans des mondes peuplés de monstres ou de fées jouant de la flûte pour invoquer d'étranges créatures (tout était possible dans son esprit,  même ses plus fidèles amis ne me démentiraient pas), ne le distrayaient pas tout à fait suffisamment pour qu'il fasse mal son travail à ce point que Anneli dût faire une croix sur ses conversations littéraires et les sympathiques tasses de thé fumantes invitant les confessions les plus croustillantes. D'ailleurs les biscuits allégés en sucre de Eija n'en manquaient guère... de croustillant.

les 10 mots:
J'ai abandonné de les caser en cours de route.  Embarassed 

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Ven 2 Mai 2014 - 12:58

Guillemette de Troll a écrit:La rondeur de l'espace ? [...] Chacune dans  sa case, classée par couleurs, la pelote de voix se sent reléguée, comme nous le sommes nous aussi parfois, mais heureusement, ce camaïeu de rose même bien rangé est appelé à progresser vers d'autres tons...Puis elle va bien finir par trouver acquéreur, reste à savoir s'il/elle en fera bon usage !  Wink

mais que sont devenues mes pelotes roses ?:


Mes pelotes ont trouvé une tricoteuse prolifique : une cute happy-end pour mon roman ! Wink

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Ven 2 Mai 2014 - 16:43

Je profite de ce post pour vous remercier tous pour vos textes, c'est un plaisir de vous lire. Smile


La Charité des avant-gardes


La radio est souffreteuse. Dans un coin de la cave, l'antenne dressée, elle crachote des accents qu'elle ne comprend pas bien. C'est de la mandoline ou de la guitare, elle n'arrive même pas à le dire… et retranscrit les sons comme on annone une langue étrangère.
Un homme se tient seul, voûté sur son bureau, de l'autre côté de la pièce. Il a gardé son manteau sur les épaules, car il fait froid et humide alentours. Un chapeau noir enfoncé sur le crâne,il a l'air d'un épouvantail qu'on tente de faire sécher là. La pièce autour est trop étrange pour être rassurante : on dirait l'antre d'un terroriste ou d'un fou.
C'est que ce Monsieur est les deux à la fois. Il fait partie des dernières mouvances esthétiques pas encore à la mode, et il a bien vocation à se sacrifier pour l'avancée de l'art. Il est un de ces ouvriers de l'ombre, que l'on voit à peine et que l'on entend moins encore – de ceux dont on oublie, avec le temps, jusqu'à l'existence, mais qui tapissent de leur corps le vaste chantier de l’œuvre humaine. Il en sont les artisans, ils en sont la matière. Monsieur est donc artisan – artiste, peut-être, mais il n'espère déjà plus obtenir cette consécration-là de son vivant . Tâcheron de l'absurde, il reste assis là, le borsalino vissé sur la tête, un cigare au bec, à peaufiner ses distiques. Autour de lui, les menus objets d'une vie misérable, accumulés en bouquet de feuilles mortes. Des tickets de tramway tapissent le sol, comme des plumes tombées à la mue ; des livres se gondolent de rire d'avoir été laissés entrouverts, et un vieux fauteuil pleure lentement sa garniture, sans qu'on se soucie de lui plus que ça. Et puis des papiers, des papiers,  n'en plus finir… ! Des notes, des espoirs, des potentialités que le poète a amoncelés, et qui s'effondrent au moindre soupir ou au premier prétexte venu – les textes de race sont des créatures capricieuses.
Et l'homme s'affaire, dans un brouhaha tel qu'il est un silence. Qu'importe le monde dehors, qu'importe la vie qui se fait sans lui. Il est poète, Monsieur ! Et même si cela fait bien longtemps que son armée à lui n'a plus les moyens d'entretenir une tour d'ivoire, ce n'est pas grave : lui et ses semblables se terrent à présent au fond des caves, des entresols ou dans les chambres mansardées. Il y fait froid, on y meurt jeune, mais rien n'y fait… ils sont de plus en plus nombreux. Le gouvernement a beau faire, il peut les poursuivre, les enfermer, leur interdire… les avant-gardes renaissent toujours, plus hargneuses, plus violentes encore. Le poète a entendu parler d'un héros à leur cause qui s'est précipité dehors, en plein jour, en déclamant un texte qu'il avait décrété beau. Il s'en était même sorti, de peu. La ruse était pourtant fort simple, et tenait en si peu de choses… Un chapeau à ses pieds, pour quêter sa pitance. Les gendarmes avaient bien dû le laisser faire, le surveillant simplement du coin de l’œil… que pouvaient-ils dire ? Ce n'était pas un acte de poésie gratuit, ce n'était pas illégal… Depuis, le poète rêve d'une action plus éclatante, plus sublime encore. Il tentera le tout pour le tour, avec audace. Une bouteille à la mer, des poésies laissées au hasard de la rue, ou du terrorisme plus direct encore ! Et s'il perd tout, ce n'est que chose due. Qu'avait-il à perdre, de toute façon… ?
Fort de son obsession, il s'était créé une œuvre, qui serait sa vie. Tout le reste, il l'a écarté, d'un geste : cela menaçait sa cause. De ses parents, aucune nouvelle. Il avait quitté la jeune modiste qui l'aimait assez brutalement pour qu'elle ne cherche pas à le retrouver… il oubliait ses amis – distractions inutiles qui l'empêchaient d'écrire – d'écrire assez vite avant de se faire prendre…
Cette arrestation qui mettrait un terme à sa vie de poète, il y a songé à maintes reprises. Se voir, en imagination, farci de tous les principes à la mode, se trouver forcé d'être enfin utile – créateur de richesses… matériellement, s'entend… et y perdre son âme, sans rédemption possible… Le poète sait qu'il n'y échappera pas, alors… autant soigner son départ. Sans doute aurait-il aimé partir comme l'ont fait ses prédécesseurs. Sa génération n'était pas la première à s'être sacrifiée pour le bien de l'art, et nombreux sont ceux qui, avant lui, ont tout donné pour leur œuvre avant de mourir, inachevés eux-mêmes, à vingt-deux, vingt-quatre ou vingt-sept ans… les poètes les célèbrent comme des héros victorieux, pour la générosité de leur sacrifice. En voilà qui n'avaient point peur de tout donner pour autrui ! Mais s'éteindre doucement d'un nénuphar dans la gorge ou dans le cœur était un luxe qu'on ne pouvait plus se permettre aujourd'hui. De plus, qui en aurait été encore interpellé… ? Des temps plus violents nécessitaient des mises en scène plus abruptes, des actions plus directes. Le poète le savait : il ne ferait rien mieux qu'éclairer le monde de son travail, et après avoir entendu son chef d’œuvre, qu'il avait mis des semaines – des mois – à travailler, l'on ne pourrait plus souffrir la médiocrité. Il aura attaqué son pan de forteresse, fragilisé ce qu'il pouvait… les suivants continueraient.
C'est en songeant à ce héros en devenir qu'il est qu'il met la dernière main à son poème – celui-ci est élégiaque et sublime. Tout est terminé ; le poète a rempli son devoir. Il relit, d'un œil qui pense déjà à autre chose et, le texte en main, il se lève. Ôte son chapeau – présent de la belle modiste – y dépose une baiser et le laisse sur la commode qui tangue… La pièce triste a un pauvre sourire d'au revoir.

Le soir, on aura lu dans les journaux : Un déséquilibré, pour avoir lu de la mauvaise poésie sur le pont des arts, est tombé à l'eau.


Spoiler:
Les dix mots proposés par Pieyre ont été placés, soit :
Commode
Modiste
Distique
Ticket
Quêter
Terminé
Nénuphar
Farci
Cigare
Garniture

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Carla de Miltraize III le Ven 2 Mai 2014 - 19:05

Spoiler:
Je me régale Smile
Merci

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Ven 2 Mai 2014 - 21:51



Il en avait fallu du laudanum pour supporter cet authentique dégoût. Domestique par habitude, rabougri par des années de somnolence, interdit de soi-même. Collection de capitulations, l’une après l’autre, sans rémission. Falsifier méthodiquement, ne rien laisser au hasard, détruire la plus petite velléité de sursaut. Capsule après capsule. Mais ce n'est jamais assez, d’attention, de concentration, toujours trop de temps perdu qui ne se rattrape plus, c’est du boulot d’oublier, on n’imagine pas. Fatigue, insondable fatigue. Alors un tout petit détail fourbe échappe, le temps de lui courir après de peur qu’il ne sauve et déjà un autre calte, plus sournois encore. Détail après détail, le fil se perd, la mémoire détricote. Hier ?

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Sam 3 Mai 2014 - 1:18



- Belle matinée, voisin, ne trouvez-vous pas ?
- Absolument parfaite, c’est un printemps merveilleusement pluvieux que nous avons là... (Mais qu’est-ce qu’il me veut, encore, à me parler de mâtinées, avons-nous jamais gardé perles et cochons ensemble ?).
- Irez-vous en ville écouter la nouvelle fanfare ? Il paraît qu’un fantastique hélicon y a fait une entrée remarquable.
- Non, je ne goûte ni les tambours, ni les trompettes (Hélicon, mais bien sûr... dans une seconde, le chant du pipeau).
- La flûte traversière vous plairait-elle plus, voisin ?
- (Que disais-je...) Ni flûte, ni pipeau, merci bien. Et bonjour chez vous.

Foutu voisin. Maudites petites considérations doucereuses, lancées bien à l’abri derrière son affreuse haie de thuyas. Je hais les thuyas. Tu-y-as-tu, tues-y-as-tué, c’est bien un de ces jeux de mots débiles, ce pervers trouve même le moyen de faire des jeux de mots débiles avec ses plantes. Toxiques de préférence. Poisons lents portés par une brise hypocrite, âcres odeurs des miasmes végétaux. J’aime les jours de pluie, pauvres répits, bien à l’abri dans mon petit pavillon, ma citadelle.

Spoiler:
Je risque de squatter. J'adore ce jeu ludique. Faut me dire si j'abuse. Je crois que j'abuse déjà...

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Sam 3 Mai 2014 - 1:27

Spoiler:
Mais non, Gallinago, c'est très bien de faire vivre ce sujet, et je t'en remercie ! :)Si tu as peur d'abuser, je te conseille de ne pas te restreindre mais de garder tes créations en réserve, et de les poster dès que quelqu'un a écrit entre temps - même un simple message comme le mien , présentement. Ainsi, tu donneras l'impression de ne pas être trop présente. Je filoute souvent comme ça sur les sujets - et c'est un bon moyen de s'assurer qu'ils remontent, au bout du compte.

Très heureuse que ce jeu te plaise, en tout cas ! Ton enthousiasme fait plaisir à voir. Smile

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Sam 3 Mai 2014 - 20:40

c'était prévis....:

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Sam 3 Mai 2014 - 21:05

Oui, bien sûr:
Moi-même je me prévois assez bien (mais pas toujours) Et donc, quoi ?

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Sam 3 Mai 2014 - 21:09

Bah rien, et pis c'est bien comme fil laissons là:

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Sam 3 Mai 2014 - 21:50

Une réaction à vos écrits :
@Alphonsine:
ton texte exploite à fond les composantes imposées à savoir titre / couv / 10 mots...et avec un style riche et agréable. Belle chute que celle de ton poète qui m'évoque certaines espèces d'insectes dont les femelles meurent après avoir "accouché de leur oeuvre", comme si tous avaient rempli leur mission ici bas et n'avaient plus de raison d'être. (J'espère que tu ne considèreras pas ma référence dégradante Wink)
@Gallinego:
Ta révolution des capsules est intrigante (dans le bon sens Smile) : je crois comprendre que dans un 1er temps ton héroïne s'attache à oublier "activement", ce qui est déjà antithétique puis le petit détail vient comme un grain de sable perturber l'engrenage de la maîtrise ou le faire tourner à contresens puisque en s'échappant il lui fait perdre le fil de sa mémoire. Ce que je ne saisis pas du coup c'est pourquoi elle veut retenir ces éléments qui fuient alors que c'était son premier dessein ?

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Sam 3 Mai 2014 - 22:04

@Guillemette:
Ben je ne sais pas vraiment. C'est venu comme ça, et ça n'a pas l'air très logique, effectivement, mais j'ai laissé filer Smile.

Une histoire d'hypercontrôle de l'oubli, je crois. Mais les petits détails remontent à la mémoire malgré le personnage (que je voyais plutôt masculin, pourquoi, je ne sais pas non plus), les laisser s'échapper c'est se souvenir de ce qu'il veut oublier.

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

Message par Invité le Sam 3 Mai 2014 - 22:27

@Gallinego:

ah d'accord, donc il s'échappent dans une "dynamique de remémorisation" ? Donc ça rejoint ce que je pensais (parfois, je fais moi aussi confiance aux vertus d'une forme de lâcher prise de l'écriture  Wink.
La mémoire en psycho, est connue pour être un piège pour qui veut contrôler l'oubli d'un objet, c'est contreproductif, au contraire tu surenchéris la présence de cet objet à ta conscience et donc dans ta mémoire. Je ne sais pas si c'est que tu voulais exprimer.

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Re: Ne jugez pas un livre à sa couverture.

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