Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

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Message par thingfish le Dim 1 Juin 2014 - 14:57



Album hommage à la musique noire américaine par les principaux intéressés, en 2012.

A part ça il n'existe pas de musique noire...

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Invité le Dim 1 Juin 2014 - 16:56

Je reviens encore une fois sur ces histoires de rythmes, ne serait-ce que parce que le terrorisme intellectuel qui règne sur ce forum à l'encontre de toute forme de raisonnement par analogie commence sérieusement à me gonfler...  Very Happy 

thingfish a écrit:Tu crois que je n'avais pas anticipé le fait que tu allais citer ces exemples? Que ce soient les battements du coeur, la respiration, la marche, etc... Je veux bien concevoir que c'est très poétique de lier ces phénomènes au rythme de la musique. Mais ce n'est pas parce que c'est poétique que c'est logique et que ça a été mûrement réfléchi. Je prend l'exemple d'une marche militaire. Tu vois bien que dans la rue tout le monde marche à son rythme. Dans un défilé, tout le monde marche en cadence sur un rythme qui n'a rien de corporel. Il est artificiel et c'est le corps qui se cale dessus. C'est valable aussi pour les mouvements de la danse, et pour la respiration parfois. Quand aux battements du coeur... sérieusement tu n'en aurais pas marre si toute la musique que tu écoutais était cadencée sur ton rythme cardiaque? Ce n'est pas parce qu'une chose entre en raisonnance par coïncidence avec un rythme passif de ta machine corporelle en fonctionnement qu'elle a un intéret que n'aurait pas une musique conçue différemment. Encore une fois c'est une idée reçue à laquelle je suis certain que tu n'as jamais réellement réfléchi tant la logique d'une interaction entre la musique et les rythmes les plus évidents de ton corps t'a semblée immédiatement certaine.
T'est-il possible de sortir une seconde de ton préjugé qui te rend impossible la compréhension de toute autre forme de raisonnement que le lien causal, et d'envisager que le raisonnement par analogie, présent depuis toujours et dans toutes les cultures, n'est pas la signature d'un esprit dérangé ou irréfléchi ?
Je n'ai pas parlé de musique cadencée sur les rythmes corporels, bien évidemment, mais de rythmes "qui entrent en quelque sorte en résonance avec les (ou mes) rythmes corporels"...

Je reviens dessus en faisant cette fois le lien avec ton exposé sur les spiritualités (très intéressant au passage) et en développant un peu ce que j'ai voulu dire par ce rappel de la "force vitale".
La religion judéo-chrétienne inscrit une séparation forte entre le corps et l'esprit, la bête et l'ange, le premier étant symbolique du mal, et le deuxième du bien. Ceci dans le but louable de civiliser l'homme et de l'éloigner des instincts, mais avec au final une diabolisation de la partie animale de l'humain.
D'un autre côté, on a des spiritualités "animistes" (ce n'est peut-être pas le bon terme, je vous laisse rectifier) pour lesquelles l'esprit et la matière ne sont pas séparés, l'un s'exprimant et se reflétant à travers l'autre.
Ne peut-on raisonnablement envisager que les deux types de musique dites "noires" ou "blanches" se soient construites, à la base, sur ces deux conceptions différentes ? Bon, après, je ne connais quasiment rien des musiques populaires occidentales datant d'avant le métissage culturel en question, et qui démentent peut-être mon hypothèse (t'as vu, j'te file même le bâton pour me coller ma volée, c'est mon côté empathe )

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Harpo le Dim 1 Juin 2014 - 19:39

Equinoxe, tu peux lire en guise de réponse un passage de la lettre ouverte de Philipp Tagg que j'ai posté plus haut. Il s'agit du dernier chapitre intitulé "Projection et compensation" que je trouve assez savoureux Wink

Spoiler:
Philipp Tagg a écrit:Projection et compensation

Pour mieux comprendre quelques-uns des mécanismes sous-tendant l’idéalisation blanche de l’« afro » dans la « musique afro-américaine », prenons le cas fictif d’un de mes ancêtres, un apprenti cordonnier, et braconnier à ses heures, venant du Northamptonshire qui, après avoir purgé une courte peine de prison, est envoyé aux colonies d’Amérique. Après quelques années passées en servitude chez un représentant de la couronne en Virginie, il part dans les bois reculés des Appalaches, où il déboise une terre et démarre une petite plantation. Il contracte des emprunts considérables pour la propriété, l’équipement et les matériaux de construction. Il se marie et se retrouve rapidement avec trois enfants. Il a quatre bouches à nourrir et doit en plus payer ses dettes. Il doit travailler du matin jusqu’au soir tous les jours de l’année. Il vaut mieux à ce stade qu’il planifie ses affaires plus prudemment : en limitant ses dépenses, en opérant une meilleure rotation des récoltes. Pour autant, il peut se dire qu’une nouvelle grange résoudrait les problèmes d’entreposage. S’il pouvait trouver de la main-d’œuvre en plus, voilà qui lui permettrait de produire et de vendre davantage. Il achète donc son premier esclave. La production croît remarquablement. Il investit alors sur deux autres esclaves, l’un mâle et l’autre femelle. S’ils ont des enfants vite et souvent, il n’aura plus d’autres dépenses de capital à faire sur les esclaves. Le manque de travail est maintenant la seule chose qui le retient…

« … En plus de leur travail, il était demandé [aux nègres] d’engendrer d’autres esclaves  ; les hommes travaillaient, les femmes étaient en travail. L’amour jouait un bien petit rôle là-dedans : les couples se rencontraient aux ordres du propriétaire de la plantation » […] « Les esclaves étaient classés en dessous du bétail et lorsqu’ils étaient vendus à la place des enchères, ils avaient à subir les examens les plus humiliants et déshumanisants, lesquels étaient d’abord destinés à prouver leur force et leur potentiel de procréation. Avec l’étalon nègre est venue la conception du « big buck nigger » qui lui conférait un statut sous-humain distinct. Les mères fécondes et les mâles fertiles étaient les biens de leur propriétaire qui les élevait comme il élevait son bétail. »

Si dès lors le profit de mon ancêtre devait augmenter, il allait lui-même devoir épargner et planifier prudemment, de même qu’essayer de faire en sorte que ses esclaves se multiplient comme des lapins. Puisque la procréation chez les esclaves était, pour des raisons commerciales, un facteur si important, et qu’une conception puritaine de la sexualité dominait chez les Blancs dans le Sud rural, il est peu surprenant que mon ancêtre ait projeté la plupart de ses propres fantasmes sexuels sur les Noirs. Bien que l’adage « Fait aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent » ait été ignoré, il vivait dans une crainte considérable des décrets moraux stricts de son Église. Tout en portant son « fardeau sexuel du petit Blanc », il utilisait un argument circulaire qui mettait la charrue avant les bœufs pour justifier doublement qu’il traitât les Noirs comme des animaux. En ne tenant pas compte du fait qu’il les encourageait et les forçait à la promiscuité, il prenait la liberté de conclure que, puisqu’il était un homme si chaste alors qu’ils étaient si immoraux, ce devaient être des animaux. Et que, puisque c’étaient des animaux, il devait avoir le droit de les forcer à une promiscuité plus grande encore.

Cette situation a confronté mon ancêtre fictif à une équation psychologique qui n’était pas des plus faciles à résoudre. Là, sur le pas de sa porte, il y avait son big buck nigger semant son avoine proverbiale d’un champ à l’autre alors que lui avait été élevé dans une monogamie stricte avec sa femme, laquelle avait acquis dieu seul sait combien de peurs et de culpabilité envers le sexe. Pas étonnant que nos aïeux s’imaginassent les hommes noirs comme dotés de plus gros membres et de plus grands désirs ou d’une plus grande potentialité sexuelle que nous pensions être autorisés à avoir, ne serait-ce qu’en pensée. Pas étonnant non plus que nous ayons projeté sur les femmes noires une sorte de nymphomanie insatiable que nous réprimions fortement chez nous, terrifiés à l’idée que Dieu puisse découvrir que nous en ayons seulement rêvé. Ceci a également été utilisé comme une pierre de plus à l’édifice implacable de la « supériorité » raciale : on se voyait encore plus ascètes et encore plus éloignés de « leur » statut en tant qu’animaux. Ils faisaient toutes les « vilaines » et « sales » affaires, autant dans le travail que dans le sexe, là où nos désirs sexuels étaient souvent étouffés, pervertis ou criminalisés. Une bonne façon de se débarrasser de cette culpabilité était de la projeter sur les esclaves. En ce sens, nous pouvions rester « propres » et ils resteraient « sales » aux yeux des autorités culturelles, sociales, religieuses et politiques auxquelles nous croyions devoir obéir. Inversement, si nous avions été encouragés à respecter et apprécier notre propre sexualité au lieu d’en avoir peur, il y aurait eu une raison de moins pour traiter les esclaves comme du bétail. L’oppression de la sexualité parmi les Blancs et sa projection sur les Noirs semblent donc avoir été un élément crucial dans la chaîne de l’oppression, faisant de l’esclavage dans le Nouveau Monde une entreprise qui marchait bien. Grâce à son propre complexe sexuel, mon ancêtre fictif « savait » trop bien où il se situait moralement en relation à ses supérieurs (un misérable pécheur aux pensées malsaines) et, à travers sa projection de culpabilité et de désirs, par rapport aux esclaves. De cette façon, le statu quo d’une société raciste a pu être préservé et perpétué plus efficacement.

De même, lorsque les termes « musique afro-américaine » et « musique européenne » sont utilisés sans définition claire, il y a à mon avis le risque qu’un processus de projection similaire entre en jeu. Parfois nous semblons attribuer aux gens à la peau foncée —Africains autant qu’Afro-américains — toutes les notes, tous les timbres et rythmes « sales-et-vilains-mais-agréables », que nous imaginons hors de notre portée — quelque mystérieux « notre-père-blanc-qui-est-en-Europe-que-son-art-soit-sanctifié » nous ayant interdit de les produire (misérables, insignifiants et rigides européens que nous sommes). Nous pensons même, du fait des falsifications historiques de ce personnage paternel — auquel, pour des raisons encore inconnues, nous semblons toujours croire—, que les gens de notre teinte blafarde n’ont jamais produit aucune note, aucun timbre ni aucun rythme sale-et-vilain-mais-agréable et que nous, petits Blancs refoulés et asexués que nous croyons être, ne pouvons avoir joué aucun rôle majeur dans la création de tous ces sons « immoraux » (mais agréables) sur lesquels on groove actuellement. Nous préférons croire que nous n’avons que les gens de descendance africaine à remercier, ou à incriminer, pour chaque once de musique « immorale » que nous apprécions. Il y a, en d’autres termes, le risque que notre projection massive du « défendu », qu’il soit jugé bien ou mal, sur les peuples noirs d’origine africaine, emprunte le même processus de projection que j’ai décrit avec l’exemple de mon ancêtre fictif. En nous défaisant de toute responsabilité face à notre propre corporalité musicale, nous forçons le peuple noir à jouer le rôle absurde du house nigger. Nous utilisons une musique que nous croyons à tort n’avoir rien en commun avec les traditions musicales européennes, comme panacée corporelle contre nos propres problèmes de subjectivité et d’aliénation. C’est peut-être pour cette raison que certains d’entre nous sont déçus lorsque les artistes noirs ne correspondent pas au stéréotype comportemental que nous attendons d’eux, si on ne voit pas un tortillement constant du derrière, si on n’entend pas le discours jive, etc. Peut-être est-ce pour cette même raison que certains d’entre nous ne considèrent pas Paul Robeson, Charlie Pride, Nat King Cole et Milt Jackson comme vraiment « noirs » ou « afro », ou encore qu’on ne semble jamais attendre d’un musicien noir qu’il écrive une symphonie, un opéra, ou autre chose dans laquelle un long procédé thématique est en jeu. Dans de tels cas où nos attentes stéréotypées ne se réalisent pas, nous risquons de ressentir une certaine insécurité puisque le statu quo de la race, de la culture et de la société est radicalement remis en question.

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par thingfish le Dim 1 Juin 2014 - 21:36

Equinoxe a écrit:Je reviens encore une fois sur ces histoires de rythmes, ne serait-ce que parce que le terrorisme intellectuel qui règne sur ce forum à l'encontre de toute forme de raisonnement par analogie commence sérieusement à me gonfler...  Very Happy 

thingfish a écrit:Tu crois que je n'avais pas anticipé le fait que tu allais citer ces exemples? Que ce soient les battements du coeur, la respiration, la marche, etc... Je veux bien concevoir que c'est très poétique de lier ces phénomènes au rythme de la musique. Mais ce n'est pas parce que c'est poétique que c'est logique et que ça a été mûrement réfléchi. Je prend l'exemple d'une marche militaire. Tu vois bien que dans la rue tout le monde marche à son rythme. Dans un défilé, tout le monde marche en cadence sur un rythme qui n'a rien de corporel. Il est artificiel et c'est le corps qui se cale dessus. C'est valable aussi pour les mouvements de la danse, et pour la respiration parfois. Quand aux battements du coeur... sérieusement tu n'en aurais pas marre si toute la musique que tu écoutais était cadencée sur ton rythme cardiaque? Ce n'est pas parce qu'une chose entre en raisonnance par coïncidence avec un rythme passif de ta machine corporelle en fonctionnement qu'elle a un intéret que n'aurait pas une musique conçue différemment. Encore une fois c'est une idée reçue à laquelle je suis certain que tu n'as jamais réellement réfléchi tant la logique d'une interaction entre la musique et les rythmes les plus évidents de ton corps t'a semblée immédiatement certaine.
T'est-il possible de sortir une seconde de ton préjugé qui te rend impossible la compréhension de toute autre forme de raisonnement que le lien causal, et d'envisager que le raisonnement par analogie, présent depuis toujours et dans toutes les cultures, n'est pas la signature d'un esprit dérangé ou irréfléchi ?
Je n'ai pas parlé de musique cadencée sur les rythmes corporels, bien évidemment, mais de rythmes "qui entrent en quelque sorte en résonance avec les (ou mes) rythmes corporels"...

Je reviens dessus en faisant cette fois le lien avec ton exposé sur les spiritualités (très intéressant au passage) et en développant un peu ce que j'ai voulu dire par ce rappel de la "force vitale".
La religion judéo-chrétienne inscrit une séparation forte entre le corps et l'esprit, la bête et l'ange, le premier étant symbolique du mal, et le deuxième du bien. Ceci dans le but louable de civiliser l'homme et de l'éloigner des instincts, mais avec au final une diabolisation de la partie animale de l'humain.
D'un autre côté, on a des spiritualités "animistes" (ce n'est peut-être pas le bon terme, je vous laisse rectifier) pour lesquelles l'esprit et la matière ne sont pas séparés, l'un s'exprimant et se reflétant à travers l'autre.
Ne peut-on raisonnablement envisager que les deux types de musique dites "noires" ou "blanches" se soient construites, à la base, sur ces deux conceptions différentes ? Bon, après, je ne connais quasiment rien des musiques populaires occidentales datant d'avant le métissage culturel en question, et qui démentent peut-être mon hypothèse (t'as vu, j'te file même le bâton pour me coller ma volée, c'est mon côté empathe )

Bon déjà tu n'as pas besoin de m'agresser, c'est inutile et ça ne va rien t'apporter. Il y a évidemment plusieurs manières d'aborder la question du rythme. Il y a une manière théorique et une manière pratique. On peut très avoir une compréhension implicite, pratique du rythme sans forcément savoir le théoriser, mais lorsqu'on essaye clairement de comprendre ce qu'est techniquement le rythme, il est important d'être précis sur les termes et de ne pas se faire avoir par des idées fumeuses qui sont jolies mais qui n'ont rien de concret. Par exemple quand tu utilises l'expression "entrer en raisonnance", certes c'est une tournure de phrase séduisante, sans doute métaphorique, mais qui ne veut pas dire grand chose. Le corps n'entre pas en raisonnance avec la musique et les rythmes musicaux ne sont pas les rythmes corporels. Ça c'est la vision concrète de la chose. Evidemment rien ne t'interdit d'avoir une vision abstraite, d'utiliser des métaphores pour construire ta propre conception de ce qu'est le rythme pour toi. Mais cette vision ne sera pas universelle, tandis que la conception concrète, me permet de comprendre ce que je joue, ce que je compose, ce qu'on attend de moi quand je travaille, de communiquer de façon claire et précise lorsque je travaille avec d'autres musiciens. On est obligé pour cela d'avoir une vision concrète (en plus éventuellement des conceptions abstraites propres à chacun) pour savoir exactement de quoi on parle.

Pour ce qui est de ta théorie en revanche sur les musiques "noires" et "blanches", je la partage également. Tu vois qu'on peut s'entendre! Mon but n'a jamais été de contredire tout ce que tu avances. En ce qui concerne les musiques populaires, ou "traditionnelles" occidentales, je ne suis pas non plus expert mais je les ai étudiées un peu dans leur globalité, et bien qu'elles n'avaient pas, du moins à l'ère du monothéisme, de fonction spirituelle aussi forte que pour les musiques traditionnelles africaines. En Europe les musiques traditionnelles avaient davantage une utilité rituelle liée à la vie communautaire. En Afrique, la musique était beaucoup plus symbolique, chaque rythme avait sa signification, dans certaines tribus, certains rythmes étaient même interdits aux enfants, ou réservées aux femmes, ou réservées à seulement certaines occasions parfois très rares. On ne pouvait pas jouer ce qu'on voulait pour s'amuser car la musique n'était en aucun cas un divertissement. C'était une langue à raisonnace hautement spirituelle. Mais ça c'était avant que la culture occidentale anéantisse toute les cultures dont c'était la conception, et relaye la musique au simple ornement décoratif ou divertissant, jusqu'à imposer complètement cette vision sinistre au point que la musique n'est plus qu'une marchandise comme une autre et que plus personne ou presque ne s'intéresse vraiment à ce qu'elle est de plus, à ce qu'elle apporte de plus à l'humain que le plaisir immédiat d'entendre quelque chose dont on a l'habitude et qui symbolise pour nous des concepts simples tels que: joie, tristesse, envie de bouger, planant, etc... Sans que nous cherchions la plupart du temps à comprendre le pourquoi de ces symboliques.

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Invité le Dim 1 Juin 2014 - 23:20

@Harpo :
J'avais commencé à lire le doc, mais je m'étais arrêtée avant.
Bon, j'étais pas trop loin du compte, avec mon hypothèse judéo-chrétienne... Mais c'est pas un peu dépassé, quand même, comme conception, depuis que le rock et ses dérivés ont pris en charge la symbolique "voyou", immoral, "sale-vilain-mais-agréable" de la musique ?  Wink 
Edit : Je veux dire (j'ai l'esprit embrouillé ce soir, j'aurais dû attendre pour poster), est-ce que c'est pas plutôt le rock etc. qui traduit la façon dont la culture judéo-chrétienne a interprété et s'est appropriée l'apport des musiques issues de l'esclavage, plutôt que les musiques labellisées "noires" en elles-mêmes ?

@Thingfish :
Je suis contente qu'on puisse échanger sur un tempo plus calme !  Smile 
Par exemple quand tu utilises l'expression "entrer en raisonnance", certes c'est une tournure de phrase séduisante, sans doute métaphorique, mais qui ne veut pas dire grand chose.
Ouais, la tournure est peut-être mal choisie, mais c'est bien l'aspect métaphorique et symbolique qui est à entendre ici.
(Bon, j'y reviendrai peut-être, je me rends compte que je n'arrive pas du tout à exprimer clairement ce que je crois concevoir.)
En gros, c'est un peu ça que je voulais dire :
En Afrique, la musique était beaucoup plus symbolique, chaque rythme avait sa signification[...]
Je partais de l'idée que les rythmes d'une façon générale dans la musique étaient un écho, une retranscription symbolique des rythmes naturels, plus marquée dans des cultures n'ayant pas renié le corps. Sans perdre de vue le fait que les rythmes de la vie y ont un sens spirituel.

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par krapopithèque le Lun 2 Juin 2014 - 14:11


http://www.youtube.com/watch?v=rOT3yuTk3_4&feature=player_detailpage  Cool 

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Harpo le Lun 2 Juin 2014 - 15:52

Equinoxe a écrit:@Harpo :
J'avais commencé à lire le doc, mais je m'étais arrêtée avant.
Bon, j'étais pas trop loin du compte, avec mon hypothèse judéo-chrétienne... Mais c'est pas un peu dépassé, quand même, comme conception, depuis que le rock et ses dérivés ont pris en charge la symbolique "voyou", immoral, "sale-vilain-mais-agréable" de la musique ?  Wink 
Edit : Je veux dire (j'ai l'esprit embrouillé ce soir, j'aurais dû attendre pour poster), est-ce que c'est pas plutôt le rock etc. qui traduit la façon dont la culture judéo-chrétienne a interprété et s'est appropriée l'apport des musiques issues de l'esclavage, plutôt que les musiques labellisées "noires" en elles-mêmes ?

Est-ce que c'est dépassé ? Je n'en suis pas si sur, si on s'en tient à l'inconscient collectif. Ce qui est sur, c'est que toutes ses musiques se mélangent, se métissent. Ne peut-on pas d'ailleurs, si on continue à parler en terme de couleur, considérer que le rock est une émanation "blanche" de cette "musique noire" ? Tout en continuant de mettre ces termes entre guillemets.

Je dirais plutôt que le rock est plus une expression musicale de la révolte adolescente. La symbolique "voyou", "immoral" vient peut-être tout autant du côté "rock-star" - en notant d'ailleurs que pas mal de rappeurs se sont inspirés de cette attitude.

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Invité le Lun 2 Juin 2014 - 16:51

Ne peut-on pas d'ailleurs, si on continue à parler en terme de couleur, considérer que le rock est une émanation "blanche" de cette "musique noire" ?
Oui, j'en parlais en termes d'interprétation et d'appropriation, dans la mesure où ces musiques "blanches" me semblent devenir alors un peu l'expression symbolique d'une lutte contre la morale dominante, avec donc un déplacement du contexte ressenti comme oppressif.
Je vois dans ces musiques rock et dérivées une forme d'expression cathartique de la partie "sombre" (mouarf) de la psyché, qui va peut-être au-delà la révolte ado  Wink 
Avec le rap, on revient de nouveau sur le terrain de l'oppression raciale et sociale, superposée à ce que représente symboliquement la figure du voyou (ou la provocation, plus largement), non ?
'fin bon, tout ça nous fait dériver pas mal du jazz  Smile

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Harpo le Lun 2 Juin 2014 - 18:28

Un petit retour au jazz alors, enfin toujours métissé...



et un petit clin d'oeil au rap avec Quasimoto


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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Kass le Mar 10 Juin 2014 - 8:43

swing and all that (electro) jazz


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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Raiponce le Mar 10 Juin 2014 - 12:49

 Le nouvel album de José James est en écoute ici: http://www.npr.org/2014/06/01/316464382/first-listen-jose-james-while-you-were-sleeping?

Ça change des précédents, mais j'aime de plus en plus.  Amoureux

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par thingfish le Mar 10 Juin 2014 - 13:20

Raiponce a écrit: Le nouvel album de José James est en écoute ici: http://www.npr.org/2014/06/01/316464382/first-listen-jose-james-while-you-were-sleeping?

Ça change des précédents, mais j'aime de plus en plus.  Amoureux


Ouahh!! Ça sent Chris Dave à plein nez à la batterie!!
Il chôme pas José James n'empêche! Son album précédent c'était il y a à peine un an! Je suis en train d'écouter celui là, il a l'air monstre!

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par thingfish le Mar 10 Juin 2014 - 13:22

Après vérification c'est même pas Chris Dave, mais c'est vraiment la même famille.

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Fata Morgana le Mar 10 Juin 2014 - 13:33

Ce Vander quand même...hallucinant... Shocked 


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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par colonel Sponz le Mar 10 Juin 2014 - 18:19


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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Patate le Mar 10 Juin 2014 - 19:58

héhéhé jeudi je vais écouter Mirabassi, concert privé à domicile. Du pur bonheur pour bibi !!!
Je bassine mais quand on aime...

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Martel en tête le Sam 14 Juin 2014 - 20:10

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par utilisateurLambda1 le Dim 15 Juin 2014 - 8:50

Sympa, ce sujet Smile
Bien que je n'aie pas encore eu le temps de tout écouter, j'ai découvert quelques morceaux bien sympas.

Je suis tombé sur ça, récemment. Même si on ne peut pas vraiment considérer cet artiste comme étant jazzman, ce morceau est vraiment une perle !



Dernière édition par utilisateurLambda1 le Dim 15 Juin 2014 - 12:43, édité 1 fois

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Fata Morgana le Dim 15 Juin 2014 - 9:26


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Un géant du jazz s'en est allé

Message par tibursse le Ven 20 Juin 2014 - 20:14

Hommage à Horace Silver qui vient de mourir



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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Nicoco le Sam 19 Juil 2014 - 12:41


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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Martel en tête le Sam 19 Juil 2014 - 13:09

Mais il est bien chéper ce Jacob

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Mégalopin le Lun 21 Juil 2014 - 12:59

Nicoco a écrit:Jacob Collier

Il a vraiment tout ce que j'aime...  Shocked Amour  Crazy Se prosterne

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Martel en tête le Lun 21 Juil 2014 - 21:23



Cordialement,

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

Message par Lanita le Lun 18 Aoû 2014 - 22:52

Amatrice de rock, j'avoue que j'avais du mal avec le jazz, peut être était-ce trop subtil... Mais ma soeur a commencé à jouer de la clarinette, et entre "une souris verte" et un morceau de jazz...
Puis j'ai commencé à m'y intéresser avec elle, et voici un groupe bien sympathique, qui en plus vient de pas loin de chez moi (j'aime encourager les talents locaux).
http://vimeo.com/71221911

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Re: Le jazz n'est pas mort, (même si il a peut être une drôle d'odeur...)

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