Rapport à l'Autre

Page 1 sur 6 1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Rapport à l'Autre

Message par Invité le Dim 17 Oct 2010 - 14:59

Bonjour !

Après m’être présentée dans le sous-forum adéquat, et avoir été chaleureusement accueillie Wink, me voilà à lancer ma première discussion.
Difficile de formuler une question, après la lecture du livre de JSF et un peu de temps à lire le forum, j’ai à l’esprit une sorte de fouillis d’idées et de questions mal posées (rappel : je ne suis pas zèbre). Je ne veux aujourd’hui vexer personne (je parle de zèbres et de « gens normaux » dans la suite, ce n’est pas péjoratif, c’est pour simplifier le message) ; je veux juste mieux comprendre votre situation…avec bienveillance, croyez-moi cheers

Ce qui m’amène à ouvrir un post, c’est la vaste question du rapport qu’a le zèbre vis-à-vis de l’Autre, et en particulier l’autre « normal ». Je dirais même « l’ouverture » à l’autre.
Cette question part notamment du constat de l’ennui (désintérêt) que vous ressentez tous « en société », au contact des autres, de votre sentiment de grande solitude, qui vous pousse entre autres raisons à vous rassembler sur ce forum pour y échanger problèmes, angoisses et autres incompréhensions.
Alors, chers zèbres, qu’est-ce qui vous isole tant, désespérément, des gens « normaux » ?
J’ai pu lire souvent des centres d’intérêt trop différents (trop terre-à-terre chez les normaux). Je comprends que certains sujets vous ennuient à mourir, mais, parmi cette foultitude de gens normaux, tous ne me semblent pas synonymes de superficialité, de futilité, de matérialisme.
Je connais plein de gens qui, sans être des zèbres, se posent des questions sur le monde, la vie, qui ne sont pas matérialistes…qui s’intéressent à l’art, à la musique…qui sont révoltés par l’incohérence du monde, l’injustice, la nature qui se meure… En bref, qui sont assez loin du cliché du citoyen « de base », qui ne s’intéresse qu’à son nombril et à ses biens matériels… N’existe-t-il pas plein de gens normaux avec qui vous pourriez être heureux (je pense notamment aux couples), des gens normaux qui peuvent avoir des centres d’intérêt proches des vôtres, et qui soient simplement suffisamment ouverts et compréhensifs pour accepter et bien vivre avec votre « particularité » ?
J’imagine que vous n’êtes pas tous dans une situation de solitude extrême, que certains forumeurs arrivent à se sentir plus ou moins bien avec les autres…(?). Mais je ressens bien malgré tout cet immense sentiment d’isolement, et ça me chagrine Sad .

Qu’en est-il, donc, de votre perception de l’Autre, « l’autre normal », et de la perception de votre propre isolement ?
Je finirais par une réflexion : est-ce que votre isolement n’est pas aussi provoqué/renforcé par :
- d’un côté, l’Autre qui peut se désintéresser de vous car a priori vous lui semblez froid, distant, « bizarre », etc.
- mais aussi de votre côté, par un a priori négatif que vous pouvez avoir de l’autre à cause des premières apparences (personne inintéressante, banale, superficielle…), souvent en fort décalage avec ce qu’est vraiment l'autre.
En bref, une première « barrière » toujours infranchie, faute d’envie (pour le zèbre ou l’autre) de creuser davantage (ou autres raisons) ?

Hyper long ce premier post, peut-être pour des questions inintéressantes? Embarassed

Merci pour vos réponses I love you


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par augenblick le Dim 17 Oct 2010 - 15:43

Pour ma part, je m'entends bien avec des personnes très différentes et je recherche avant tout la beauté humaine et la diversité, qui m'enrichit.

En revanche, il est vrai que la rencontre de mes pairs a profondément changé quelque chose en moi. On ne passe certaines étapes que par l'autre et si certains territoires n'ont jamais été mis en résonance par un autre qui est au moins à la même mesure que soi, cela reste un espace non découvert, un potentiel non exploité (c'est cela l'isolement du surdoué). Le potentiel n'est pas forcément purement intellectuel, entendons-nous bien. Maintenant que je sais qui je suis, je peux mieux explorer le monde dans sa diversité. Je n'ai jamais autant progressé, évolué, appris.

En outre, un malentendu de communication a été levé, j'avais une estime de moi déplorable et je pensais que les autres me trouvaient folle et bête. Alors que les autres me trouvaient souvent prétentieuse et extrêmement exigeante...

Savoir se situer permet de mieux s'ajuster à l'autre, quel qu'il soit ; de s'en faire des amis, ou de passer son chemin.

En espérant éclairer un peu ton questionnement par ces propos.
augenblick
augenblick

Messages : 6243
Date d'inscription : 05/12/2009
Localisation : Paris

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Dim 17 Oct 2010 - 16:37

Le problème n'est pas l'Autre, surdoué ou pas, me concernant. Le problème c'est soi. Cette incessante et pénible méta-pensée qui distancie de l'action, de la relation...

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Dim 17 Oct 2010 - 17:10

Super Marre a écrit:Le problème n'est pas l'Autre, surdoué ou pas, me concernant. Le problème c'est soi. Cette incessante et pénible méta-pensée qui distancie de l'action, de la relation...
Le fait d'être toujours en train de considérer le présent au regard à la fois du passé et de l'avenir proche et moins proche, de se demander toujours pourquoi ? de se voir faire les choses ?
Ça empêche de vivre le présent, c'est cela ?
Penses-tu que cette pénible sensation puisse être atténuée ? avec certaines personnes (d'autres zèbres), en faisant certaines choses... ??

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Dim 17 Oct 2010 - 17:31

C'est à peu près ça oui.
Pour ma part j'ai atténué cette pénible sensation plus jeune en abusant de certains toxiques, mais j'ai arrêté cela il y a longtemps. Et je n'ai malheureusement aucune solution. C'est là, je l'accepte. Ainsi que la douleur qui va avec.
De temps à autres, ça s'enfuit... dans un petit moment de magie, avec quelques rares personnes en de rares occasions, dans certaines rencontres charnelles rarissimes, quand quelque chose me frappe de stupeur et entrave temporairement ma pensée. Mais je crois que c'est inhérent à ce que je suis, ça ne s'en ira pas. Probablement jamais.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Lanza le Dim 17 Oct 2010 - 17:59

Je vais parler pour ma pomme, je sais que tout le monde ici ne partage pas la même expérience.

cadichon a écrit:Qu’en est-il, donc, de votre perception de l’Autre, « l’autre normal », et de la perception de votre propre isolement ?
Déjà, pour commencer, il faut comprendre que la perception de l'autre non-surdoué, ou normal, ou quoique ce soit, on ne peut l'avoir qu'une fois qu'on a compris qu'il y avait une différence, et la nature de celle-ci. J'ai personnellement toujours fait le vide dans mes relations (parce que c'est bien moi qui l'ai fait) jusqu'à il y a 6 mois sans savoir pourquoi ni comment je le faisais, ni même que je le faisais. Je me suis "rejeté", et finalement isolé, tout seul à force de ne pas comprendre les autres, et d'avoir la sensation permanente d'être incompris.

cadichon a écrit:Je finirais par une réflexion : est-ce que votre isolement n’est pas aussi provoqué/renforcé par :
- d’un côté, l’Autre qui peut se désintéresser de vous car a priori vous lui semblez froid, distant, « bizarre », etc.
J'ai appris très récemment que je fais effectivement cet effet-là. Si l'Autre savait ce qui se passe derrière, je pense qu'il serait assez surpris : je me sens en général très très con de ne pas comprendre une conversation à laquelle tout le monde semble pouvoir participer, sauf moi, faute de voir où les gens veulent en venir. Donc je ferme ma gueule, et je ne dis rien.

cadichon a écrit:
- mais aussi de votre côté, par un a priori négatif que vous pouvez avoir de l’autre à cause des premières apparences (personne inintéressante, banale, superficielle…), souvent en fort décalage avec ce qu’est vraiment l'autre.
En fait, en ce qui me concerne, c'est plutôt l'inverse. Je me sens absolument inintéressant puisqu'incapable de participer à une conversation banale. Il me suffit par exemple d'un "il fait beau aujourd'hui", sur le ton de l'invitation à la conversation pour que je sois complètement perdu et que je ne sache pas ce que je dois répondre. (Ce qui se passe dans ma tête c'est à peu près : "Effectivement, il fait beau, c'est un fait, et donc ? Il faut en tirer quelles conclusions ? Je suis censé dire quoiiiiiiiiiiiiii ?")

J'ai fini par comprendre que le problème, c'est que les Autres échangent leurs ressentis ("oui, il fait beau c'est agréable, pourvu que ça dure, je pourrai sortir ce week end"), et que moi je suis sur le mode des idées ("il fait beau parce qu'on voit le soleil, parce qu'il n'y'a pas de nuages, parce que le vent ne les a pas amené jusqu'ici, et parce que..."), et qu'effectivement, sur ce plan là, on ne va nulle part.
Lanza
Lanza

Messages : 1912
Date d'inscription : 14/04/2010
Age : 42
Localisation : Finistère sud

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Luciole dans l'herbe le Dim 17 Oct 2010 - 18:55

Eh bien, je peux dire que Lanza a parlé pour deux pommes: la sienne et la mienne. Tout pareil, absolutely ze same! Wink
Luciole dans l'herbe
Luciole dans l'herbe

Messages : 73
Date d'inscription : 10/06/2010
Age : 41
Localisation : dans l'herbe, pardi!

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par zheibr le Dim 17 Oct 2010 - 18:57

.


Dernière édition par zheibr le Ven 4 Nov 2011 - 11:24, édité 4 fois
zheibr
zheibr

Messages : 1508
Date d'inscription : 15/06/2010
Age : 51
Localisation : kornog don

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Od@vie le Dim 17 Oct 2010 - 19:16

Cadichon, j'apprécie beaucoup ta démarche. Very Happy



Od@vie
Od@vie

Messages : 811
Date d'inscription : 03/08/2010
Localisation : somewhere over the rainbow

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par braifs le Dim 17 Oct 2010 - 21:10

cadichon a écrit:Hyper long ce premier post, peut-être pour des questions inintéressantes? Embarassed
Merci pour vos réponses I love you

Merci pour tes questions! I love you
braifs
braifs

Messages : 256
Date d'inscription : 12/07/2010
Localisation : Montreal

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par lilie le Dim 17 Oct 2010 - 21:22

ha oui c'est une question intéressante. ^^
moi je suis une fausse zèbre, ou du moins une demi zèbre, donc mon témoignage ne compte que pour demi...
enfin...les zèbres sont tous différents(si si, je vous assure...), donc nous aurions surement tous notre version...

Mais pour ma part j'ai un rapport à l'autre plutôt anormale, mais dans le sens inverse de "l'asociabilité"
Je suis quelqu'un de plutôt seul, qui peut sans soucis rassurer, discuter, faire rire mon interlocuteur, je suis plutôt charismatique en faites.
Mais malgré tous, il reste toujours ce moment de flottement ou on n'a l'impression de fonctionner à piles plutôt qu'à prise. (oui vive la métaphore...;p) j'ai un fonctionnement totalement parallèle aux autres, donc, j'ai des relation très saines avec les "gens normaux" mais ne suis génèralement amis qu'avec des gens totalement décalé, pas dans le sens zebrique du terme...
Mais même si je suis capable d'avoir des relations sociale tous à fait basique, je suis renfermé en miroir, par dégout peut être d'être la seul à être "hors de ma tête" même si je n'y voit, rien de péjoratif sur les autres, c'est plus un problème avec moi, c'est moi qui suis "hors de ma tête" c'est donc moi qui refuse de parler...heum...comme un chat qui c'est planté une aiguilles dans le coussinet en faites.
Du coup je suis ici comme tu dit, parce que j'ai trouvé un mode de fonctionnement qui se rapproche un minima du miens, et qu'ici je ne me sent pas seul "hors de ma tête" et peu donc communiquer sans gêne. sans avoir l'impression de parler d'une couleur qui n'existe pas.

...je ne suis pas clair je croit, désolé.

en tous cas je suivrais le topic. ^^



Dernière édition par lilie le Lun 18 Oct 2010 - 13:02, édité 1 fois
lilie
lilie

Messages : 48
Date d'inscription : 11/09/2010
Age : 22
Localisation : je suit la lune.

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Black Swan le Dim 17 Oct 2010 - 22:28

tu es très claire ma lilie, jolie !!

Cadichon, tu es là et pourtant tu es l'autre, dois-je développer une réponse a la quelle tu réponds.
Monde effrayant.
L'autre non z et moi parlons la même langue mais pas le même langage.
JE: idéologie portait a son extrême logique, simplifications complexes, ramifications, interactions, dénominateurs communs, sous ensembles, anticipation et voir plus selon paramètres et L'autre non z Shocked
Je suis froide et distante parce que je ne suis plus là, systématiquement plus à l'instant présent mon cerveaux calculant les répercutions possibles et envisageables selon le JE ensemble indissociable qui fait qu'un simple Bonjour ne peut se contenter d'une seule réponse.
Mon rapport a l'autre s'est détériorait avec le temps, assez de voir les personnes pour qui j'avais de l'affection se prendre un mur sur l'instant alors qu'ils ne le rencontrent que six mois voir un an plus tard avec ce regards qui me tord les boyaux et ce sempiternel "j'aurais du t'écouter" et puis que l'on me traite de sorcière, me rend irritable.
Ici je me trouve, il n'y a qu'ici que je comprends l'autre.
Black Swan
Black Swan

Messages : 1386
Date d'inscription : 30/07/2010
Age : 51
Localisation : Bordeaux

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Dim 17 Oct 2010 - 23:28

Cadichon, j'ai envie de dire, déjà, que ce dont tu parles - notre difficulté à "trouver de l'intérêt" aux non-Z - n'est vrai que de manière statistique, et certainement pas a priori. Mais ce n'est pas facile d'aller trouver chez l'autre cette facette qui va nous parler à nous - et je pense que c'est exactement pareil chez les non-Z. Pour parler crûment, les conversations, les préoccupations sur le mode superficiel-beauf-consumériste tiennent tellement le haut du pavé, il est si fréquent de rencontrer des interlocuteurs qui professent un mépris agressif pour tout le reste ("conneries d'intello" etc) que pour n'importe qui, la tentation est grande de laisser tomber ou participer du bout des lèvres - et renoncer au reste. Renoncer à aller chercher l'artiste ou l'astronome qui roupille dans un coin du cerveau de cet interlocuteur.
Ensuite, pour nous écorchés vifs, il suffit de pas grand-chose pour que l'incompréhension prenne les dimensions d'un rouleau de barbelé. C'est tellement lassant d'être incompris alors qu'on n'avait aucune mauvaise intention. De là, tentation de se replier vers un groupe où l'on a davantage de chances d'être compris plutôt que de progresser en rampant dans les barbelés pour atteindre, enfin, son but.

Vrai, mais en général, chaque personne s'intéresse ou se sent concerné par 1 seul ou quelques sujets sans relation entre eux, éventuellement deux sujets correlés, mais à partir de 3 ça devient rare, et au-delà quasi introuvable.

Je plussoie ceci aussi. Les personnes qui cumulent 3 ou 4 passions dont une seule fait passer pour un doux original, c'est aussi rare que les Z (je ne sais pas si c'est superposé mais il y a des chances).

Je pense que nous avons besoin d'une espèce d'apprivoisement extrêmement délicat et dangereux, qui ne va fonctionner que si l'autre est intéressé par l'alien que nous sommes, fait montre d'assez d'ouverture (pour ne pas mettre en oeuvre des classifications-clichés face à notre profil atypique) ET de bienveillance. Personnellement mon objectif, c'est d'arriver à l'échange en vérité, seul véritablement intéressant. Il nécessite un gros a priori bienveillant de part et d'autre et pour moi, une grosse prise de risque. Reste que j'ai souvent constaté que parler en vérité incite souvent l'autre à le faire à son tour. Chacun découvre alors souvent qu'il partage avec l'autre quelque chose dans quoi il se croyait isolé. Et là c'est enrichissant pour tous les deux.

Lorsque ce n'est pas possible, personnellement je ressens toujours une frustration lorsque je sais qu'avec untel ou untel, je suis condamné à rester en surface ou à taire certaines facettes. J'ai l'impression de ne pas être moi, de ne pas être vrai. Et avec un peu de malveillance, j'interprèterais cela comme : j'ai une si haute idée de moi que je me dis que ce malheureux interlocuteur ne sait pas ce qu'il perd, à ne voir qu'un bout de l'iceberg. Embarassed

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par eolia le Lun 18 Oct 2010 - 15:36

Et zut, j'avais pensé ne plus parlotter aujourd'hui ! Very Happy

Bon, tout d'abord les "gens normaux", c'est nous, d'abord ! Pourquoi serait-ce moi qui serait anormale ? Twisted Evil Parce que nous sommes une minorité de zèbres ? Dans ma maison : 4 zèbres donc nous sommes majoritaires, compte tenu qu'il y a aussi deux chats et un chien. What a Face Les zèbres l'emportent !
Ok, je m'amuse. Mais je n'aime pas ce terme de "norme".

Pour répondre à ta question, oui, j'aime passer des moments avec des personnes au fonctionnement différent du mien, mais pour me sentir vraiment bien, il faut que je puisse être moi sans qu'on me répète "mais cesse de réfléchir" ou "cesse de tout décortiquer ou de chercher la petite bête". Je prends sur moi parfois et lorsque je peux me lâcher et qu'on sait simplement que je suis comme ça, ouff !!!! Parce que je trouve qu'une des choses compliquées lorsqu'on est avec des non zèbres, c'est de chercher de quoi il est question et surtout ce qu'il faut répondre ! Parfois, je bous sur ma chaise car j'entends des certitudes (dernière en date qui m'a particulièrement marquée : "la révolution française était dûe à l'explosion du volcan islandais" et moi de me dire "m'enfin, ce n'est tout de même pas possible de simplifier ainsi !") ou bien je crains de ne pas avoir assez d'informations pour donner une explication vraiment détaillée ou bien je ne vois pas toujours où les autres veulent en venir ou je m'ennuie parce que ça fait dix fois qu'untel répète la même chose ! Alors, j'observe, parfois je réponds en décalage et même mes mots parviennent à s'emmêler !! Du coup, je me sens stupide... Maintenant, je me tais de moins en moins souvent, j'assume. Deux idées se sont entrechoquées, pas grave, je reprends en plaisantant. Je passe pour une étourdie, mais en général une étourdie pas stupide.
Donc oui, en principe, c'est plus facile avec des zèbres dès que nous sommes branchés sur la même longueur d'ondes.
Et puis, avec l'arrivée des enfants, je peux discuter aussi d'éducation, même si là encore, zut, mes conceptions ne sont pas toujours identiques et on a du mal parfois à comprendre que je discute avec eux !
Mais je suis parfaitement d'accord : certains non zèbres ont une telle richesse de coeur qu'il serait vraiment dommage de passer à côté d'eux... Maintenant,c'est malheureux à dire, mais il vaut mieux que nous ayons un minimum de sujets en commun... J'ai complexé pendant un certain temps parce qu'une femme d'une grande générosité voulait être mon amie, mais moi, je m'ennuyais !!! Pourquoi me parlait-elle tous les jours du temps qu'il faisait, de ses conserves, pourquoi ne comprenait-elle pas mes questionnements, même pas seulement un ou deux ? Elle était tellement gentille et simple... Etais-je donc si tordue pour ne pas apprécier et me satisfaire de son amitié ? Et puis, j'ai compris que je n'étais simplement pas moi-même puisque je ne pouvais pas partir dans mes "délires".
Je crois que la nuance est là : oui, nous pouvons apprécier, discuter avec des personnes au fonctionnement différent. Mais pouvons-nous être amis sans être au moins un peu nous-mêmes ? Et finalement nous pouvons vraiment apprécier des non zèbres et nouer certains liens, à cette unique condition me semble-t-il.
eolia
eolia

Messages : 208
Date d'inscription : 28/07/2010

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par prjevalski le Lun 18 Oct 2010 - 18:06

Merci pour la question Smile ,

En ce qui me concerne, mon rapport à l'autre est sacrément compliqué, mais j'ai l'impression que c'est surtout de mon fait (de toutes façon je n'arrive déjà pas à me changer moi, alors changer les autres...)

Cette difficulté dans la relation à l'autre et dans l'image de soi peut être illustré par le concept du SPACA ; Sinusoïde Para-égotique à Alternance de Complexes et d'Autodévaluation) clown .

Je déteste cette impression de peuple élu / caste / microcosme fermé au monde extérieur que l'on peut avoir avec une première lecture simpliste des échanges sur ce forum.

Je doute encore pas mal des théories lues sur la douance, me demandant s'il ne s'agit pas d'une fumeuse théorie commerciale servant d'attrape-nigauds à tous les bipolaires / borderline / sociopathe déçus de la psychiatrie et de la psychologie conventionnelle.

Mais en ce qui me concerne, force est de constater que j'ai de plus en plus de mal à me lier avec les autres.

J'ai l'impression de ne rien leur apporter, voir de les abimer (pour ceux que j'aime) et d'être vu comme un gogo ou un psychopathe par les autres alors que je ne demande qu'à pouvoir les aimer (à ma manière un peu extrême) et avoir l'impression d'être aimé sans arrière pensées...

Donc j'ai sacrément envie de fuir, espérant parfois avec probablement un peu d'aveuglement que la solution est dans le partage passionné avec mes confrères handicapés de la communication (au sens mise en commun) de ZC.

Pour résumer j'ai l'impression d'être le fils spirituel de bozo le clown et de Chateaubrillante (sœur cachée de Chateaubriand, qui préfèrerait ne sortir que la nuit pour déclamer des vers en pleurant face à l'océan déchainé), et d'être enfermé à l'intérieur de moi même...
prjevalski
prjevalski

Messages : 245
Date d'inscription : 02/07/2010
Age : 48
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mar 19 Oct 2010 - 19:23

Aaaaaaaaaah! mais vous avez beaucoup parlé, et moi j'avions point lu tous ces messages affraid
Merci, c'est super toutes ces réponses, oui, ça éclaire un peu les questions que j'ai posées au départ...Smile

Pour répondre à différents messages :

cadichon a écrit:plein de gens qui, sans être des zèbres, se posent des questions sur le monde, la vie, qui ne sont pas matérialistes…
zheibr a écrit:Vrai, mais en général, chaque personne s'intéresse ou se sent concerné par 1 seul ou quelques sujets sans relation entre eux, éventuellement deux sujets correlés, mais à partir de 3 ça devient rare, et au-delà quasi introuvable.
Oui je suis d'accord, c'est rare...
cadichon a écrit:vous semblez froid, distant, « bizarre »
zheibr a écrit:à part le bizarre qu'on me ressert souvent, c'est plutôt moi qui trouve les "normaux" froids, distants, ou plus exactement désintéressés, je-m'en-foutiste, pas impliqués, superficiels.
Je ne connais pas assez de zèbres pour donner mon avis...
Mais encore une fois, c'est pas que je veux absolument défendre les non-Z (!), mais il y a beaucoup de gens qui peuvent paraître froids, distants et inintéressés parce que la vie quotidienne en société et ses codes ne favorisent pas l'expression "vraie" des gens. Il y a des tas de gens qui ont un abord froid car timides, ou absorbés par leurs soucis, ou juste mal à l'aise aux côtés de personnes qu'ils ne connaissent pas. Des gens qui me semblent "plats" et complètement désintéressés et superficiels, j'en vois plein aussi, mais je ne sais pas pourquoi, je pars toujours du principe (à tort parfois, sûrement) que ce n'est qu'un a priori. De plus en plus aujourd'hui, les personnes n'apparaissent dans toute leur vérité que dans des conditions particulières (chez eux, en famille, etc), qui ne se produisent jamais dans leur quotidien (je pense au contexte professionnel entre autres). En gros, on passe le plus clair de notre temps avec des gens qui nous échappent à 90%. Mais peut-être que je me trompe...Suspect
Pour revenir à ces personnes qui semblent résolument "superficielles", même quand on les connait bien, oui, moi aussi je me demande comment ils font (parfois je me dis, mais à quoi pensent-ils, tous les jours, une fois sortis de leur travail ?? Shocked ). Moi aussi, au bout d'un certain temps, je peux m'ennuyer.
Mais est-ce que vous (ou toi, Zheibr, puisque c'est toi qui en parle!) n'arrivez vraiment pas à apprécier quand même ces personnes, justement, précisément à cause de leur "simplicité", légèreté, superficialité ?
Ca m'amène à reprendre cette notion de miroir. On ne se découvre, ne se connaît bien soi-même que par effet de miroir avec les autres. Le zèbre s'identifie zèbre aux contacts d'autres zèbres, car il se "reconnait", et ça marche avec tout le monde, y compris tous les non-Z, et ça peut se faire aussi par "portions". Ça rejoint aussi ce que tu dis, Zheibr :
Zheibr a écrit:Ma stratégie de survie ? partager des intérêts communs avec des passionnés, en zappant pour pas me lasser parce que chaque personne est passionnée par un seul truc alors c'est vite monochrome. Pour varier et enrichir la palette, faut multiplier les sujets.
... pour se sentir bien, il faut aller chercher chez différentes personnes les différents aspects de la personnalité (ou fonctionnement de pensée, ou centres d'intérêt) qui nous composent. Sans cela, il y a des pans entiers de notre être qui ne s'expriment pas, qui ne sont pas "exploités" (ça rejoint un autre message ça aussi), d'où un sentiment de solitude.
Mais pour revenir aux gens "superficiels" (hou là je sens que je vais bientôt me perdre scratch), si tu n'aimes vraiment pas cette compagnie, cela veut-il dire que, en toi, tu n'as pas cette part de légèreté, de superficialité, que tu pourrais prendre plaisir à partager avec ces personnes ?
Je dis ça parce que pour ma part, je connais quelques personnes comme cela, et je les apprécie rien que pour ça : je les vois juste pour déconner un peu, s'envoyer des blagues pourries et s'amuser comme des gamins. Je ne cherche rien d'autre chez ces gens là qu'un peu de légèreté, que je possède moi-même et qu'il me fait du bien de partager parfois.
Zheibr a écrit:Et puis, surtout, faire plusieurs choses en même temps (ma spécialité)
Je suis étonnée. Je croyais que les zèbres avaient tendance à être au contraire mono-tâche ? (besoin de se concentrer à fond sur une chose, incapacité à faire plusieurs choses à la fois de façon partielle..). Ou alors t'es un super-zèbre, qui fait plein de tâches, à fond et parfaitement ! What a Face
Zheibr a écrit:Alors quand il faut se coltiner des réunions barbantes de 3 heures [...] Ou se forcer à faire semblant de participer à des discussions que pourtant les autres jugent de la plus haute importance… Attention ce n'est pas du mépris pour les autres. Simplement (je rejoins Lanza) "que dire ?"
Je voyais une différence avec ce que disait Lanza (intéressant témoignage!) : il me semblait qu'il parlait, lui (dans son exemple "Tiens il fait beau aujourd'hui"), d'une vraie incompréhension, d'un sentiment de mal-être car réellement, il ne savait pas quoi répondre à cela. Alors que toi, c'est plutôt "que dire, que répondre à toutes ces banalités". Ce n'est pas pareil, ou alors j'ai mal compris c'est possible! Rolling Eyes
Zheibr a écrit:C'est dingue mais dans ces banalités, ce que je peux me sentir bête !
Mais, tu te sens bête parce que tu n'as rien à dire (le sujet t'ennuie, tu n'y vois aucun intérêt), ou parce que tu ne sais pas quoi dire parce que tu ne comprends pas vraiment les autres ? (Lanza disait je crois "je ne comprends pas où ils veulent en venir).


Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par zheibr le Mar 19 Oct 2010 - 20:24

Rolling Eyes


Dernière édition par zheibr le Ven 4 Nov 2011 - 11:25, édité 2 fois
zheibr
zheibr

Messages : 1508
Date d'inscription : 15/06/2010
Age : 51
Localisation : kornog don

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mar 19 Oct 2010 - 21:37

zheibr a écrit:Piou, quelle interro !
Oups, désolée Embarassed
Je ne pense pas qu'on me qualifierait facilement de "lègère" ni "superficielle" pour autant ça ne veut pas dire que je ne sache pas déconner ! [...] j'en ai étonné plus d'un ; dans le genre "déjantée" certains jours… Surtout quand mon "statut" selon les circonstances est censé être gage de grand sérieux.
D'accord. Donc tu as bien une part de légèreté en toi cheers , comme la plupart des gens ! Moi c'est tout pareil. Je pense apparaître sérieuse et consciencieuse dans mon boulot, mais si je me sens bien, s'il y a les gens qu'il faut, je peux être carrément dissipée, et en particulier dans des contextes qui sont censés ne pas s'y prêter Rolling Eyes Je trouve que les autres se prennent justement trop au sérieux dans certaines situations, et c'est précisément ça qui me fait rire (un besoin subit de dédramatiser certaines situations qui me stressent peut-être, au fond ?!).
Là c'est moi qui ne comprends pas ton incompréhension. Il m'a semblé que je vivais le même malaise que Lanza. Devant la "fadeur" de certains propos, je dois me creuser les méninges et faire des efforts pour trouver poliment quelque chose à répondre qui soit dans le ton. Sinon silence gêné, quiproquo, incompréhension… C'est le mot banalité peut-être qui amène ton incompréhension ? Si c'est banal, c'est connu et la réponse coule de source ? Donc pourquoi se poser des questions ?
Je persiste dans mon interprétation différente de ces deux cas Twisted Evil . Seul Lanza peut trancher ! Razz
Pour reprendre son exemple, Lanza disait qu'il se "limitait" à la signification réelle, physique, des faits (il fait beau car pas de nuages etc). Il explique avoir compris qu'il fallait l'interpréter en terme d'émotion (il fait beau, on se bien, c'est agréable...), et que là, ça allait mieux (ça il l'a pas dit mais je l'ai compris comme ça Suspect ).
Alors que toi, ça te barbe, tu ne vois rien à redire... alors que tu sais bien que c'est un "code" social, que c'est une façon de "contacter" les gens, d'humaniser le quotidien, et que la boulangère attend juste un truc du genre "oui, pourvu que ça dure", ou "oui mais ça souffle beaucoup" Laughing . L'intérêt n'est pas dans le contenu de la phrase (la boulangère s'en fout complètement aussi) mais dans le contenant : l'échange, le contact humain. Sachant cela, en quoi ça peut vous bloquer, vous ennuyer? C'est pas sympa de dire quelques banalités à la boulangère et d'échanger un sourire ? Laughing
Et bien face à ces banalités, moi je me pose quand même des questions tous les jours parce que à chaque fois je ne peux pas m'empêcher de me demander "y a ptèt qqch à comprendre aujourd'hui ?"
C'est fou ça scratch (ici s'arrête ma capacité à comprendre le zèbre Laughing). Bon, ça répond à ma question juste avant en fait...
Ou au contraire, des situations "banales" qui m'ont donné des maux de tête et m'ont fait tourner bourrique, parce qu'une fois fallait faire comme si, une autre fois fallait faire autrement [...] Argh tu peux pas savoir le schmilblick dans la tête !
Hein ? Mais, mais, mais pourquoi ??? Shocked Désolée il va falloir encore que tu m'expliques Rolling Eyes
Surtout ne cherche pas de typicité. Que des exemplaires uniques.
Oui, merci pour le conseil ! Laughing

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par zheibr le Mar 19 Oct 2010 - 21:45

on appelle lanza à la rescousse ?
zheibr
zheibr

Messages : 1508
Date d'inscription : 15/06/2010
Age : 51
Localisation : kornog don

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mar 19 Oct 2010 - 21:51

zheibr a écrit:on appelle lanza à la rescousse ?
Laughing Ouaip bounce Lanzaaaaaaaaaaaaa t'es où ? cheers
Heu...t'as un moyen de l'appeler plus efficacement ? Laughing

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par zheibr le Mar 19 Oct 2010 - 21:52

c'est fait, faut juste qu'il aille voir ses messages...
zheibr
zheibr

Messages : 1508
Date d'inscription : 15/06/2010
Age : 51
Localisation : kornog don

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mar 19 Oct 2010 - 21:59

Bah tiens, j'avais écris un message, pi il n'apparait pas, faut que je recommence Mad
prjevalski a écrit:Je doute encore pas mal des théories lues sur la douance, me demandant s'il ne s'agit pas d'une fumeuse théorie commerciale servant d'attrape-nigauds à tous les bipolaires / borderline / sociopathe déçus de la psychiatrie et de la psychologie conventionnelle.
Oui, toutes ces théories risquent encore de beaucoup évoluer dans les prochaines années...Tout ça n'est pas très clair Suspect

prjevalski a écrit:J'ai l'impression de ne rien leur apporter, voir de les abimer (pour ceux que j'aime) et d'être vu comme un gogo ou un psychopathe par les autres alors que je ne demande qu'à pouvoir les aimer (à ma manière un peu extrême) et avoir l'impression d'être aimé sans arrière pensées...
Oh... Sad Pourquoi les "abimer", et comment cela à ta "manière un peu extrême" ? (je vous avais prévenu que je venais ici pour mieux comprendre les zèbres.. Embarassed ). Mais tu n'es pas obligé de répondre, Prjevalski...
prjevalski a écrit:Donc j'ai sacrément envie de fuir, espérant parfois avec probablement un peu d'aveuglement que la solution est dans le partage passionné avec mes confrères handicapés de la communication (au sens mise en commun) de ZC.
Oui, même si le forum peut être un repère, une façon de se retrouver, il peut aider pendant un temps, ou longtemps, en effet il n'est probablement pas une solution en soi... Sad Franchement, ça me fait trop de peine de lire ça...

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mar 19 Oct 2010 - 22:05

eolia a écrit:Je crois que la nuance est là : oui, nous pouvons apprécier, discuter avec des personnes au fonctionnement différent. Mais pouvons-nous être amis sans être au moins un peu nous-mêmes ? Et finalement nous pouvons vraiment apprécier des non zèbres et nouer certains liens, à cette unique condition me semble-t-il.
Tout à fait d'accord avec toi Eolia... Pareil pour tout le monde, zèbres comme non-zèbres!
Ma question portait bien sur le fait de pouvoir être avec des gens différents, partager quelques moments, apprécier éventuellement leur compagnie, mais pas forcément à ce qu'ils deviennent amis (où là en effet pas possible si l'on est pas "au moins un peu nous-même").

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mar 19 Oct 2010 - 22:11

lilie a écrit:j'ai un fonctionnement totalement parallèle aux autres, donc, j'ai des relation très saines avec les "gens normaux" mais ne suis génèralement amis qu'avec des gens totalement décalé, pas dans le sens zebrique du terme..
Bonjour Lilie !
Des gens décalés de quelle façon ?
lilie a écrit:Mais même si je suis capable d'avoir des relations sociale tous à fait basique, je suis renfermé en miroir, par dégout peut être d'être la seul à être "hors de ma tête" même si je n'y voit, rien de péjoratif sur les autres, c'est plus un problème avec moi, c'est moi qui suis "hors de ma tête" c'est donc moi qui refuse de parler...heum...comme un chat qui c'est planté une aiguilles dans le coussinet en faites.
Ayé, j'ai complètement décroché, je ne te comprends plus ! Laughing ... Déjà, ça veut dire quoi "hors de ta tête" ? Suspect

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Lanza le Mar 19 Oct 2010 - 22:48

Ah, on me mande ?

Alors il y a un avant et un après avoir compris que j'étais surdoué, et j'ai pas encore trop testé l'après avec des non-Z. Avant, je ne comprenais pas. Pire, j'étais limite persuadé que les gens savaient un truc que moi je ne savais pas... Un peu parano, quoi.

Mais je ne pense pas que mon ressenti et celui de Zheibr soient totalement différents. Dans les deux cas, on se demande ce qu'on fout là, on est paumés, et si on n'est pas paumés de toutes façons on se sent seuls et on finit par s'ennuyer. Je pense que ce qui peut changer, c'est la façon dont on s'explique le phénomène.

Quand je dis que je ne vois pas où il veulent en venir, c'est peut-être bien parce que finalement, je cherche un sens qu'il n'y a pas. Mais que sans ce sens qui me fait défaut, oui, ça me paraît sans intérêt, voire fade. Et je ne sais pas répondre sur le même registre, puisque l'intérêt de la discussion m'échappe totalement.
Lanza
Lanza

Messages : 1912
Date d'inscription : 14/04/2010
Age : 42
Localisation : Finistère sud

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Lanza le Mar 19 Oct 2010 - 22:53

cadichon a écrit:
prjevalski a écrit:Je doute encore pas mal des théories lues sur la douance, me demandant s'il ne s'agit pas d'une fumeuse théorie commerciale servant d'attrape-nigauds à tous les bipolaires / borderline / sociopathe déçus de la psychiatrie et de la psychologie conventionnelle.
Oui, toutes ces théories risquent encore de beaucoup évoluer dans les prochaines années...Tout ça n'est pas très clair Suspect
Hmmm ? Des réponses sont sur le forum. Etre doué n'empêche pas d'être bipolaire, borderline ou sociopathe, c'est autre chose, et le diagnostic est suffisamment différent pour qu'un psy averti ne s'y trompe pas.

Maintenant, oui, ça va évoluer, au fur et à mesure qu'on comprend comment fonctionne le cerveau humain.
Lanza
Lanza

Messages : 1912
Date d'inscription : 14/04/2010
Age : 42
Localisation : Finistère sud

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mar 19 Oct 2010 - 23:05

Lanza a écrit:Hmmm ? Des réponses sont sur le forum. Être doué n'empêche pas d'être bipolaire, borderline ou sociopathe, c'est autre chose, et le diagnostic est suffisamment différent pour qu'un psy averti ne s'y trompe pas.
Ok, je fouinerai davantage sur le forum alors ! Mais il me semblait que cette "catégorisation" des "troubles" n'était pas si évidente et les différences bien mal tranchées (cas intermédiaires, mais bon, c'est peut-être le propre de la psychologie aussi...). Les dernières lignes du livre de Jeanne Siaud-Facchin semblent aussi montrer que la douance est a priori l'explication miracle (sans connotation négative Wink ) à tous les cas cliniques qu'elle a pu rencontrer, mais cela reste visiblement très récent comme point de vue.

Lanza, hors-sujet : ton avatar...c'est vraiment toi ? Rolling Eyes

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mar 19 Oct 2010 - 23:13

Lanza a écrit:Ah, on me mande ?
Voui, merci d'être venu cheers
Lanza a écrit:Alors il y a un avant et un après avoir compris que j'étais surdoué, et j'ai pas encore trop testé l'après avec des non-Z. Avant, je ne comprenais pas. Pire, j'étais limite persuadé que les gens savaient un truc que moi je ne savais pas...
C'est de là je pense que vient la confusion. En fait, c'est de ça dont je parlais à Zheibr...
Donc c'est bien ce que tu dis, au final entre toi et Zheibr, le ressenti est le même, mais pas pour les mêmes raisons (du moins, dans ta période avant-Z). Depuis que tu sais que tu es zèbre, peut-être que vous êtes en effet dans le même cas.
Lanza a écrit:Mais que sans ce sens qui me fait défaut, oui, ça me paraît sans intérêt, voire fade. Et je ne sais pas répondre sur le même registre, puisque l'intérêt de la discussion m'échappe totalement.
Mais sachant maintenant qu'il n'y a rien à comprendre, que c'est sans intérêt, et que c'est juste une sorte de code social, ça pourrait ne plus te déranger...et tu sais quoi répondre... non ? Suspect

Allez bonne nuit les zèbres Sleep

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mar 19 Oct 2010 - 23:22

Je rebondis un peu sur la légèreté et la superficialité...

Pendant pas mal d'années, je me suis beaucoup donné dans un groupe de supporters; souvent, hors contexte de matchs, on se retrouvait pour des soirées, WE... de grosse déconnade. Le genre, quelques bières, blagues un peu grasses, souvenirs d'anciens combattants de l'asso. Tout cela existe encore, mais, maintenant, cet aspect déconnade, ben... il m'ennuie. Disons : ça va bien une heure ou deux. Mais s'il n'y a QUE ça, s'il n'y a pas un moment dans la soirée où on se retrouve dans l'un de ces petits groupes qui se forment toujours passé une certaine heure, pour discuter un peu plus sérieusement, de choses un peu plus vraies sur nos vies, ou ces moments où même sans forcément parler de sujets bien graves, on sent qu'on "connecte" avec la personne, je repartirai en m'étant emmerdé. Régulièrement, dans ces soirées, je m'écarte un peu de l'agitation, si on est dehors j'en profite pour regarder ou écouter les oiseaux, voire, je sors quelques minutes les jumelles ou le détecteur à chauves-souris. Ce n'est pas seulement parce que mon radar à faune ne se déconnecte jamais, c'est aussi par ennui de ce que je vivais par ailleurs.
Il n'y a pas besoin que les interlocuteurs soient Z pour ces conversations "plus sérieuses" mais elles ont alors bien plus de chances de se produire avec des personnes qui me connaissent suffisamment pour que j'ose être moi, comme elles osent être elles.
La superficialité, sincèrement, je n'y trouve plus rien, ce n'est pas une posture, j'en suis presque surpris, c'était totalement faux il y a encore 4-5 ans. J'ai dû vieillir, tout simplement. Mais ma femme, Z dûment estampillée, qui est un peu plus jeune que moi, a moins de mal que moi à son âge à se laisser prendre par un truc "superficiel" qui lui "vide la tête".

Voilà, moi, ces choses-là m'apparaissent un peu fades. C'est comme de la mozzarella sans huile d'olive, basilic et tomates bien goûtues. Il faut autre chose avec pour apprécier l'ensemble.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mar 19 Oct 2010 - 23:35

Sans être zèbre, je peux apprécier encore cette superficialité mais je ne peux pas non plus le supporter pendant toute une soirée, enfin tout dépend du "degré" de superficialité et de sa nature. Dans le genre de soirée que tu décris, perso l'ennui arrive vite aussi... mais y'a souvent dans le lot une personne ou deux qui cherchent aussi un peu de retour au "vrai". Smile
Si ce n'est pas le cas, je me ferme comme une huître, j'arrive aussi à en vouloir aux autres, et limite on me fait la gueule en me disant que je suis quelqu'un de triste, trop sérieuse voire coincée. Neutral Pourtant jsuis pas Z, alors j'imagine bien ce que ça peut être pour vous...(comme moi, en pire?! ). affraid

Au fait, quel âge as-tu, Plume, si c'est pas indiscret ? Embarassed

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par kid Pharaon le Mer 20 Oct 2010 - 0:21

cadichon a écrit:
Ok, je fouinerai davantage sur le forum alors ! Mais il me semblait que cette "catégorisation" des "troubles" n'était pas si évidente et les différences bien mal tranchées (cas intermédiaires, mais bon, c'est peut-être le propre de la psychologie aussi...). Les dernières lignes du livre de Jeanne Siaud-Facchin semblent aussi montrer que la douance est a priori l'explication miracle (sans connotation négative Wink ) à tous les cas cliniques qu'elle a pu rencontrer, mais cela reste visiblement très récent comme point de vue.

L'un (la douance) n'empêche pas l'autre (les troubles psychiatriques) sans doute, mais parfois le fait de ne voir que l'un (troubles psychiatrique) n'est que la manifestation de l'ignorance de l'existence de l'autre (la douance) et de certaines de ses manifestations. Lorsque l'on se reconnait dans le JSF, que l'on passe un test de QI et que l'on se retrouve avec plus de 130 de Qi (2% de la population), on peut raisonnablement se dire que l'auto-évaluation que permet le livre n'est pas si mauvaise que ça.

Par ailleurs, il doit il y a avoir quelque part sur le forum, un lien vers une thèse qu'un médecin à défendue, selon laquelle il était possible qu'une part conséquente de patients traités pour troubles psychiatrique soient en réalité des surdoués mal diagnostiqués. Son étude concluait à la présence de surdoués à proportion de 17% en hôpitaux psychiatriques si mes souvenirs sont bons. Ce qui est considérable.

Il y a sur ce forum, des personnes qui ont été soignées pour des troubles psychiatriques et qui ont pu s'en passer (car les soins étaient de fait inadaptés) du jour où elles ont découvert leur douance.
kid Pharaon
kid Pharaon

Messages : 650
Date d'inscription : 05/05/2010
Age : 49
Localisation : Panama City

http://www.zebrascrossing.net/t803-time-to-pretend

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par xabi le Mer 20 Oct 2010 - 1:32

"L'homme raisonnable s'adapte au monde ; l'homme déraisonnable s'obstine à essayer d'adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l'homme déraisonnable." George Bernard Shaw
C’est un ainsi que je perçois les zèbres, des femmes et des hommes déraisonnables. Je pense que c’est pour cette raison que le zèbre a du mal à s’adapter aux autres, il attend que les autres s’adaptent à lui. Autant dire que la situation est bloquée…

Mais c’est très difficile de théoriser sur la différence exacte qu’il y a entre les zèbres et les non zèbres. On pourrait le voir comme un continuum, à la manière dont Freud expliquait le rapport entre normalité et pathologie. On retrouve les mêmes choses entre zèbres et non zèbres. Il y a du pareil et du différent.

Quand j’étais enfant, je jouais dans ma chambre avec une amie, et pendant que je l’écoutais, je me suis demandé si mon amie voyait mon bureau. Je me disais que oui vu qu’elle ne s’y cognait pas, mais je n’étais pas sûr qu’elle le voyait tel que je le voyais, ni ma chambre. Je me suis bien sur demandé si au même instant elle se posait la même question dans sa tête tout en me parlant.
Je pense que cette réflexion a conditionné une bonne partie de ma vie, sans cesse à me demander la différence qu’il existait entre moi et les autres et à vouloir la saisir dans tous les sens du terme.

Je pense avoir été un enfant joyeux mais qui pouvait être profondément affecté par le monde. A 9 ans, j’ai lu un article sur le tourisme sexuel aux Philippines et je me disais que quand je serai plus grand, je ferai quelque chose pour ces enfants. Je m’intéressais déjà à l’astronomie, je lisais des revues scientifiques etc. Et je savais que je ne pouvais pas partager ce genre de chose avec les autres et qu’il y avait une vie quand j’étais seul et une autre avec les autres.
Aujourd’hui encore, je ne regarde pas les infos car je ne les oublie pas une fois le poste éteint, je préfère ne pas savoir, je souhaite m’en préserver parce que je sais que sinon, elles vont me hanter. Malheureusement, beaucoup de choses sont conditionnés par l’angoisse, je suis néophobe en ce qui concerne certaines choses de la vie.

Quand je fus plus grand j’ai essayé de mélanger ces deux mondes. A une amie, qui me disait qu’elle aimait regarder le ciel la nuit avec les étoiles, j’ai essayé de me risquer à lui parler de ce que je savais mais elle a coupé court.
Une autre fois, avec une autre personne, je lui ai fait part d’une réflexion qui m’amusait en lui disant que si le ciel et la terre était inversé, l’univers serait tout petit et condensé, tandis que la terre serait infinie et en expansion mais je n’ai pas été suivi dans mon délire.

Adolescent, je ne pense pas qu’il y avait de la place pour la légèreté, je ne concevais pas de parler à quelqu’un pendant une heure sans jamais le revoir tellement j’avais ressenti quelque chose de profond entre nous. Ce genre de relation superficielle n’avait aucun sens à mes yeux.

Mais quand j’ai rencontré des zèbres la première fois, il n’y avait plus de frustrations, au contraire, c’était l’occasion de mélanger mes mondes, de pouvoir échanger et d’aller plus loin dans mes réflexions, dans ma pensée. Cependant, il fallait des affinités, sinon dans les rencontres que l’on faisait on se regardait en chien de faïence et là on sortait des banalités, ou pire on se forçait à essayer d’être intellectuel, mais ça ne faisait pas naturel.
Mais avec ceux qui sont devenus mes amis par la suite, aucune banalité à dire, on rentre directement dans le vif du sujet, au point qu’on se dit à peine bonjour.


Mais il y a un facteur temps que l’on doit souligner, au début il y a un fort besoin d’identification, je n’étais qu’avec des zèbres et uniquement des zèbres. On se sent moins seul, compris et puis on finit par se demander si tout cela a un sens. Quoi faire de tout ce surdon intellectuel que l’on partage ? On change le monde ? On crée quelque chose d’utile ?
On se sent mieux un temps et puis les doutes reviennent, les différences apparaissent, on a juste l’impression de rêver à plusieurs, à avoir des discussions interminables mais qui ne mènent concrètement à rien alors qu’on a des ambitions à satisfaire, et qu’avec l’âge, elles se font pressantes.

Je pense que c’est à partir de ce moment là qu’on élargit son cercle d’amis aux non zèbres et que l’on se rend compte que si on veut avancer dans la vie, il faut accepter de passer par certaines étapes, de modifier ses comportements, de revoir certaines de ses valeurs que l’on considèrent comme indéfectibles mais qui en fait ne nous aident pas.
Parmi mes amis zèbres, je suis toujours le plus marginal et anti conformiste au niveau des idées, du rythme de vie et je suis un boulimique de tout, je peux être très envahissant mais j’apprend à me modérer aux contacts des autres, car ce n’est pas sain non plus pour soi d’être trop entier, de vouloir aller trop vite, trop loin, d’être trop affirmé etc.

Je prends plaisir aujourd’hui à parler avec des gens le temps d’une action, que ce soit avec le type qui manœuvre le bateau pendant une excursion, ou l’infirmière qui me raconte ce que les manifestants chantaient dans la rue. Peu importe, je me rends compte que tout est bon à prendre, que j’avais tort de négliger ce type de moment, de partage d’un instant et que j’avais beaucoup à en apprendre. Et surtout beaucoup à apprendre des gens. Je me suis rendu compte que la norme n’était au final qu’une fiction, que l’hyperempathie ne faisait pas de moi un omniscient et que le ressenti que l’on peut avoir des autres ne sont pas les autres mais seulement ce qu’on ressent d’eux.
Maintenant, je m'adapte aux gens que je rencontre et plus exactement à la relation que j'entretiens avec eux. Je crois avoir trouver un très bon équilibre social.

Car au final, je trouve cette citation de Bernard Shaw incomplète, je pense que l’homme déraisonnable doit s’adapter un minimum pour agir et donc laisser un héritage dans ce monde, ne serait-ce que pour simplement transformer sa vie. Il doit adapter ses comportements, modérer ses emportements et s’efforcer d’être en harmonie que ce soit avec des zèbres ou non zèbres. Il y sera réfractaire tant qu’il pensera que cela veut dire que c’est renoncer à soi même, mais ce n’est pas le cas, c’est développer un soi social (car on a aussi une identité sociale) autant qu’un soi personnel nécessaires pour vivre en paix.

xabi

Messages : 209
Date d'inscription : 21/08/2010

http://intelligencedifferente.xooit.fr/index.php

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mer 20 Oct 2010 - 7:46

cheers
Merci pour ton message xabi....
Quel âge as-tu ?

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mer 20 Oct 2010 - 9:01

Il y sera réfractaire tant qu’il pensera que cela veut dire que c’est renoncer à soi même, mais ce n’est pas le cas, c’est développer un soi social (car on a aussi une identité sociale) autant qu’un soi personnel nécessaires pour vivre en paix.

mmm... ça veut dire qu'il faut avoir deux soi ? un d'intérieur un d'extérieur ?
Sans l'avoir théorisé de cette manière surtout que je n'étais pas encore au courant pour la douance, j'ai fonctionné un peu comme ça quelques années, mais ça a fini par ne plus fonctionner... je me suis aperçu que les autres essayaient trop de modifier mon soi-social quand il gênait leurs idées reçues. Je voyais le soi-social comme une poupée de papier blanc : il fallait le colorier soi-même, sinon il serait colorié par les autres. Et puis j'ai fini par constater que même pour les parties que j'avais coloriées, les autres prenaient une gomme et essayaient d'effacer une couleur dont la présence les perturbait. "Non, tu ne dois pas être ça. ça ne va pas ensemble. Non, on t'attend comme ceci, c'est incompatible avec le fait d'être comme cela, enlève". Jusqu'à me retrouver avec un moi-social tout gribouillé, résultat d'incompréhensions et de dénis.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Invité le Mer 20 Oct 2010 - 10:03

Juste pour compléter ce que dis Kid : toutes les pathologies psychiatriques provoquent des baisses de QI à l'exception du syndrôme d'Asperger et de la maladie maniaco-dépressive (QI fluctuant en fonction des phases).
Source : ANAE (revue professionnelle)

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par prjevalski le Mer 20 Oct 2010 - 10:29

Pour ajouter un modeste gravillon à la réflexion sur les liens entre douance et pathologie psychiatrique, et sur la prise de distance vis à vis de ce que je ne souhaite pas voir comme La Vérité, mais comme un éclairage important de ce que je ressent (Le "Siaud-Facchinisme" Smile )...

Je vais parler de Moi clown

Après plus de 10 ans de rapports assez dubitatifs avec des psychiatres et des médicaments, puis avoir fait la connaissance d'un psychiatre en qui j'ai confiance, je commence à me demander si je ne suis pas relativement bipolaire : Nous avons évoqué cette piste parce que mon frère (médecin, mais non psy) m'a un jour balancé dans la gueule que je devais être maniaco dépressif. Nous en discutons depuis des années avec mon médecin (le vrai, parce que j'adore me frangin, mais pour me soigner la tête...). Il me dit qu'il a des doutes mais a fini par me proposer d'essayer la chimie régulatrice de ce genre de troubles. Il faut peut être essayer, c'est la seule façon de me faire une idée...

Ceci dit Cadichon, j'ai le sentiment que la psychiatrie "scientifique et homologuée par le conseil de l'ordre" a un train de retard concernant la prise en compte / en charge de la douance.

Combien de publications en France ? Combien de thèse ? Combien de psychiatre faut-il voir pour voir évoquée l'hypothèse d'une précocité ?
prjevalski
prjevalski

Messages : 245
Date d'inscription : 02/07/2010
Age : 48
Localisation : Lyon

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par strad le Mer 20 Oct 2010 - 11:46

Bonjour cadichon.
Pour te répondre, je copirais simplement TOUT ce qu'a dit Lanza plus haut.
En ce qui concerne ma sociabilité, elle n'est pas terrible, et comme l'a si bien dit Lanza, on (ceux qui s'y reconnaissent) s'isole. Je ne pense même pas avoir essayé de comprendre, car j'ai toujours eu l'impression que je ne m'y ferai jamais. Depuis toujours, j'ai le sentiment d'être à côté de la plaque (premier sentiment de décalage en 2è année de maternelle), je me sens bête, et donc ça amène à réflechir et souvent à souffrir. J'en ai voulu aux "autres", il m'est arrivé de reprocher au monde entier le fait qu'il ne me comprenait pas. J'ai toujours été persuadé que je n'arriverai jamais à me fondre dans "la masse".

J'essaye d'évoluer, et j'avoue que ce forum m'aide vraiment à entamer des petits chemins qui me mèneront j'espère vers quelque chose de plus serein. D'ailleurs, j'en profite pour remercier tous les membres du forum pour leurs posts, car certains m'ont été très bénéfiques.
En espérant répondre à tes questions...

Bonne journée
strad
strad

Messages : 177
Date d'inscription : 16/08/2010
Age : 35

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Zébu le Mer 20 Oct 2010 - 12:26

Dans un autre fil, on parle de la relation amoureuse et la difficulté (ou pas) de vivre ensemble.
C'est pareil ici, et je crois que si beaucoup ont des difficultés relationnelles, on ne peut pas nécessairement toutes les mettre sur le dos des rayures.
Bien entendu, être zèbre entraîne une complication dans la relation, mais les autres difficultés relatées ici montrent que le problème est aussi ailleurs.
Et tant mieux, ça veut dire qu'avec un travail sur soi il est possible d'assumer son intelligence et d'avoir des contacts riches avec les autres.

Pour ma part, la psychothérapie m'a certainement appris à mieux savoir comment je fonctionnais et à assumer cela, mais le bénéfice le plus important est dans la rapport à l'autre, nettement plus harmonieux et pour moi ça vaut toutes les échelles de QI du monde.
Zébu
Zébu

Messages : 489
Date d'inscription : 10/09/2010
Age : 51
Localisation : Brabant Wallon

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Lanza le Mer 20 Oct 2010 - 13:23

cadichon a écrit:
Lanza a écrit:Hmmm ? Des réponses sont sur le forum. Être doué n'empêche pas d'être bipolaire, borderline ou sociopathe, c'est autre chose, et le diagnostic est suffisamment différent pour qu'un psy averti ne s'y trompe pas.
Ok, je fouinerai davantage sur le forum alors ! Mais il me semblait que cette "catégorisation" des "troubles" n'était pas si évidente et les différences bien mal tranchées (cas intermédiaires, mais bon, c'est peut-être le propre de la psychologie aussi...). Les dernières lignes du livre de Jeanne Siaud-Facchin semblent aussi montrer que la douance est a priori l'explication miracle (sans connotation négative Wink ) à tous les cas cliniques qu'elle a pu rencontrer, mais cela reste visiblement très récent comme point de vue.
Non, ce n'est pas ce que dit JSF, par contre, c'est bien ce que beaucoup ont envie d'y lire. Elle insiste tout au long du bouquin sur le fait que seul un bilan permet un diagnostic.

cadichon a écrit:
Lanza a écrit:Mais que sans ce sens qui me fait défaut, oui, ça me paraît sans intérêt, voire fade. Et je ne sais pas répondre sur le même registre, puisque l'intérêt de la discussion m'échappe totalement.
Mais sachant maintenant qu'il n'y a rien à comprendre, que c'est sans intérêt, et que c'est juste une sorte de code social, ça pourrait ne plus te déranger...et tu sais quoi répondre... non ? Suspect
Non, je ne sais pas quoi répondre dans la majorité des cas. J'ai donné UN exemple que j'ai compris, mais la plupart du temps, je ne sais pas. Et finalement, ça m'apporterait quoi ? Qu'est-ce que je pourrais trouver de nourrissant dans un échange sans intérêt ? J'aime les non-Z spécialistes, ceux qui ont un savoir, ceux qui ont une passion et qui la partagent avec les yeux qui s'allument. Ceux qui ont autre chose à partager que leurs frustrations du moment et le reality show d'hier.

Alors oui, je pourrais probablement faire l'effort de les comprendre et d'apprendre par cœur tout un ensemble de codes sociaux, mais si c'est pour être complètement hypocrite et faire semblant, pour au final ne rien en retirer, ça ne m'intéresse pas. S'intégrer pour s'intégrer ? Je suis différent, et maintenant je sais pourquoi, je ne vais pas faire semblant d'être comme tout le monde sous prétexte que ça leur fait plaisir à eux... à moins qu'ils ne fassent l'effort de comprendre aussi.
Certains l'ont fait et en souffrent (qui a un faux self, ici ? What a Face). Ce n'est certainement pas en faisant semblant, même en sachant que ce n'est pas le cas de l'autre, qu'on va se sentir moins seul.

cadichon a écrit:Lanza, hors-sujet : ton avatar...c'est vraiment toi ? Rolling Eyes
C'est vraiment moi, on reconnaît bien mon gros nez. clown

cadichon a écrit: Pourtant jsuis pas Z
Ça, c'est toi qui le dit, et pour l'instant, c'est pas prouvé. What a Face
Lanza
Lanza

Messages : 1912
Date d'inscription : 14/04/2010
Age : 42
Localisation : Finistère sud

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par zheibr le Mer 20 Oct 2010 - 13:49

.


Dernière édition par zheibr le Ven 4 Nov 2011 - 11:26, édité 1 fois
zheibr
zheibr

Messages : 1508
Date d'inscription : 15/06/2010
Age : 51
Localisation : kornog don

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par strad le Mer 20 Oct 2010 - 13:57

En fait cadichon, ce n'est pas forcément un manque d'envie mais plutôt une incapacité à en avoir envie. Parfois, je me dis que si j'avais intégré certains codes sociaux, les choses iraient mieux au travail, à la fac, en famille etc... mais il n'en est rien. Je ne peux pas me forcer, c'est vraiment impossible.

Anecdote

Un jour, alors que je bossais dans un resto (job étudiant), le patron est venu en fin de service en cuisine. Nous y étions tous, en train de laver etc... Puis il nous propose un café, on accepte. Tout le monde était autour de lui (vous imaginez le tableau: ô Grand Patron!). Et il commence à sortir des blagues salaces, tout le monde rigole sauf moi. Et là ce patron me demande avec un sourire: "pourquoi tu ne ris pas" (bon déjà je ne comprends même pas qu'on puisse poser la question mais bon...), et là une autre personne (on l'appelera le sous-chef ^^), répond à ma place: "ne vous inquiétez pas, il est spécial". J'ai vraiment été blessé, donc j'ai répondu: "non, je ne suis pas spécial, ça ne me fait simplement pas rigoler". Et là rire jaune. J'admet que ses blagues ne faisaient dans l'absolu rire personne, mais ce type de comportement rentre dans la catégorie "codes sociaux que je n'ai pas (envie de) développé(er). Bah oui, ils ont tous explosé de rire, et me disaient une fois le patron parti "mais c'est le patron quand même"... CQFD
Si ce genre de situation arrivaient de temps en temps, je ne m'en souviendrais peut être pas, mais ça arrive trop souvent pour que ça ne me ferme pas des portes. Ou dans la plupart des cas, mon comportement suscite chez les autres l'envie de me cataloguer de "spécial" "chelou" "impoli" "méprisant" et j'en passe... Il m'est arrivé d'avoir envie de faire comme les autres pour éviter des longs silences dont j'étais le "coupable", mais je n'y arrive pas. Donc au risque de paraître encore méprisant, oui je m'ennuie souvent mais c'est de ma faute... sûrement.
strad
strad

Messages : 177
Date d'inscription : 16/08/2010
Age : 35

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Zébu le Mer 20 Oct 2010 - 14:02

@zheibr
Pas mal la représentation de soi !
Evoluer n'implique pas être quelqu'un d'autre.

Et puis, pour être bien avec les autres, il faut avant tout être bien avec soi-même.
Zébu
Zébu

Messages : 489
Date d'inscription : 10/09/2010
Age : 51
Localisation : Brabant Wallon

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Lanza le Mer 20 Oct 2010 - 14:03

zheibr a écrit:Ben oui, l'impression que les autres ont compris un truc qui m'échappe à moi, ou qu'ils mettent en œuvre un mode d'emploi que j'ai pas lu et que je n'applique pas.
Et en plus ils le gardent secret, ce foutu mode d'emploi, pas moyen de mettre la main dessus !!! What a Face.

Ce qui t'échappe, cadichon, si je ne m'abuse, c'est que même avec toute la bonne volonté du monde pour comprendre l'autre, si ça reste à sens unique, le sentiment de solitude est toujours là.

Avec en plus un zeste de culpabilité, parce que quelque part, en se forçant, on ment et on manipule l'autre;
Lanza
Lanza

Messages : 1912
Date d'inscription : 14/04/2010
Age : 42
Localisation : Finistère sud

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par zheibr le Mer 20 Oct 2010 - 14:14

.


Dernière édition par zheibr le Ven 4 Nov 2011 - 11:26, édité 1 fois
zheibr
zheibr

Messages : 1508
Date d'inscription : 15/06/2010
Age : 51
Localisation : kornog don

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Zébu le Mer 20 Oct 2010 - 14:37

Les autres n'ont ni plus ni moins de problèmes que les Z.
J'imagine que la relation à l'autre est basée sur l'empathie et une identification possible à celui-ci.
Comprendre l'autre est un moyen d'entrer en contact avec lui.
Il ne s'agit pas nécessairement de partager les mêmes centres d'intérêts que lui, mais d'être (par exemple) sensible, content, joyeux de l'émerveillement que l'autre trouve à ses propres centres d'intérêt.
Ca implique donc de trouver ce mode d'emploi qui n'est pas très épais: reconnaître que l'autre, zèbre ou pas, a sa propre richesse et qu'il peut nous apporter beaucoup de choses (par sa différence).
Zébu
Zébu

Messages : 489
Date d'inscription : 10/09/2010
Age : 51
Localisation : Brabant Wallon

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par miwako le Mer 20 Oct 2010 - 14:53

lanza a écrit:(qui a un faux self, ici ? What a Face)
*sautille en levant la main* moi! moi! moi! bounce

plus sérieusement, Cadichon, voici mon témoignage.

je me sens effectivement décalée depuis toujours, seulement... je pensais que c'était le cas pour tout le monde. vu que nous sommes "tous différents". Je pensais que les relations sociales c'était difficile pour tout le monde, un challenge permanent, comme un espèce de jeu de rôles géant ou on joue notre tranquillité et notre popularité. donc, (là je pense à moi enfant) j'essaye dans chaque situation de comprendre ce que je dois dire ou faire, en fonction de mes interlocuteurs, pour être en phase. après tout, c'est ca être en groupe... on est a plusieurs, chacun fait un pas vers les autres, c'est tout a fait normal, "tout le monde le fait". Du coup, quand je répondais a coté, que je passais pour la fille bizarre et un peu extraterrestre, je me disais "zut ! j'ai mal joué ! bah, ça arrive, tu fera mieux la prochaine fois". Comme ca m'arrivait très, trèèèès souvent, j'ai fini par penser que j'étais nulle a ce jeu, que j'avais un problème, que j'étais malhabile et que les autres avaient raison de me trouver nulle. Et voila comment on détruit son estime de sois en essayant de s'adapter.
Sauf que c'est faux, tout le monde n'a pas les même difficultés. pour la majorité des gens, cela coule de source ; j'ajoute même que ce sentiment de simplicité (exemple, conversation légère et sympathique avec la boulangère) et de discution qui coule de source est censé donner la sensation agréable d'être en phase, bien dans sa société, à sa place parmi ses semblables.
Ca n'est pas le cas pour moi. ca ne coule pas de source, et c'est même stressant et fatiguant.

A l'adolescence, j'ai eu un sursaut de fierté... je me suis dis que, même si j'étais anormale, je méritais au moins que moi même, je respecte ma manière d'être. je ne suis pas pourrie, je ne suis pas méchante. je ne méritais pas de me briser sans arrêt contre les rejets ou les regards bizarres des autres.
que si je préférais les livres aux discutions avec mes semblables, je pouvais aussi décider d'arrêter de m'en vouloir, et de l'accepter, même avec de la honte et un pincement au cœur. (quand je dis préférer, je ne dis pas que les livres valent mieux que les gens ou que la réalité, juste que MOI, je passais un meilleur moment en lisant un bouquin qu'en m'efforçant de discuter de choses qui ne me sont totalement étrangères et de m'intégrer auprès d'un groupe avec qui ca ne colle pas. pour pouvoir intégrer leurs discutions, il aurait fallu que je regarde la tv, que j’arrête de lire, que j'écoute NRJ pour savoir ce qui passait un peu dans le top 50. déjà pas facile la journée à l'école, il fallait en plus que je ne tape d'horribles devoir à la maison? car oui, pour moi, faire tout cela aurait été un supplice extra scolaire. je ne trouverai pas ca normal que tout le monde se force a lire pour se mettre sur ma longueur d'onde, et ce n'est pas normal non plus que moi je souffre autant pour me mettre sur la leur... il me semble).
j'en avais marre de voir, de constater chaque jour que oui, je n'arrivais pas a m'intégrer malgré tout mes efforts, ma gentillesse (je ne dis pas ca pour me vanter, mais j’étais juste une fille gentille, a l'écoute, aimant les gens... j'en ai pris pas mal plein la gueule a cause de ca. apparemment c'est rigolo ce genre de personnage Razz). j'en avait marre de me voir être aussi nulle au jeu "soyons un humain", tout le temps.
je voyais régulièrement des choses que personne ne voyait, et je pensais que j'étais parano. je parle d'empathie, de sensibilité et de réflexion, mais pas seulement. je sens (odorat) et j'entends (ouïe) des trucs que personne d'autre ne sens ou n'entends. exemple, le cri des chauves souris. j'ai encore failli rendre mes boyaux en voyage d'études l'année dernière, a cause d'une abominable odeur "fantôme". Au bout d'un moment, j'ai fini par me demander si je n'étais pas folle.... après tout, c'est quoi la folie ? etre dans son monde, n'avoir aucune idée de la différence entre son délire et la réalité. je pensais qu'en effet, ce que je comprenais, pensais, voyais, entendais, sentais, c'était peut être dans ma tête... j'ai douté, j'ai eu peur... et je me suis protégée, j'ai décidé d'arrêter de faire des efforts et de plutôt me couper de mes semblables. je sais que je ne suis pas méchante, je suis juste différente. j'ai vécu des années dans la peur que que les gens se rendent compte que j'étais folle, et veuillent me soigner...
je voulais juste etre acceptée. je ne voulais pas être changée. ca me faisait peur. je me suis passionnée pour la tératologie, les différentes maladies bizarres que l'humain peut avoir, la trisomie, et toutes les différences qui existent...
je me disais que moi, je n'avais rien, j'étais juste un peu naze. mais ces histoires au lieu de m'horrifier me faisaient pleurer de compassion et de compréhension, j'avais elephant man comme ami imaginaire. d'ailleurs, j'ai remarqué que les gens "différents", vraiment différents, ont une richesse extraordinaire qui n'a rien a voir avec le fait d'être surdoué. ils ont une ouverture d'esprit, une expérience de la différence et du rejet, que nous pouvons partager. je me demande si ce n'est pas ca que les zèbres cherchent parmi leurs semblables surdoués, encore plus que cette intelligence un peu bizarre.




pour toutes ces raisons, m'intégrer ca n'est pas très facile pour moi.
je le fais, je fais de mon mieux. mais je ne suis toujours pas géniale a ce jeu. pour que je sache y jouer vraiment bien, il me faudrait un gros bouquin ou un logiciel qui recense toutes les réponses possibles a toutes les questions sociales possible.

exemple : "ca va?" ca ne veut pas dire qu'on te demande si ca va. ca veux dire qu'on te salue. même si ca va pas, il faut dire "oui, ca va et toi?"
j'ai mis longtemps a comprendre que les gens, quand tu réponds "non, ca va pas, je suis en dépression et ma grand mère est a l’hôpital... dur en ce moment..." sont étonnés et te trouvent bizarre. ca n'est pas la bonne réponse, même si c'est vrai. les gens se sentent mal a l'aise, tu les met pas bien, comme si tu voulais déverser ta tristesse sur eux agressivement.


jouer le jeu je le fais quand même, bien sur, parce que j'aime les gens, j'aime les voir sourire, j'aime discuter, et en effet tout le monde a une facette formidable a découvrir (musique, métier, investissement dans un domaine que je ne connais pas, qualités de coeur...)
Et de toute façon, je suis un être humain, je suis obligée de m'adapter... je le fais avec bonheur, même si ca me demande un effort énorme et permanent lors de ces moments (je suis hyper concentrée, toute phrase banale est pesée, mesurée et ciselée avec soin, et quand je déclenche un sourire je sens que j'ai gagné...). de toute façon, je sais que les autres ne sont pas capables de faire l'effort inverse (pas de jugement de valeur, mais c'est un fait, ils ne peuvent pas.)
bien sur, quand je suis avec des amis surdoués, je suis moins fatiguée et moins stressée. c'est comme être une sorte de géant, et parler d'une toute petite voix, faire des tout petits pas, faire attention en se déplaçant a ne rien casser, a ne pas serrer trop fort la main, a respirer doucement pour ne pas que tout s'envole.... pour le plaisir de partager un pique nique avec les villageois. c'est un vrai bonheur, et un effort, mais on sais bien que les autres ne peuvent pas le faire à notre place. (j'espère ne pas donner l"impression par cet exemple que je me considère en un sens comme "supérieure"...
le problème aussi, soyons réalistes, c'est que souvent les villageois détestent les géants Razz ca m'est arrivé plein de fois. j'essaye de me faire petite et d'être humble, mais ca m'attire aussi beaucoup d'agressivité. l'an dernier, des filles de ma classe m'ont craché des litres de bile dans le dos, a cause de mes résultats qui s'opposaient à mon coté humble...


BREF.
c'est TRES récemment que j'ai compris comment s'appelait ma différence. et que je n'étais pas un être humain minable. et que, non, tout le monde ne faisait pas les mêmes efforts, tout le monde ne jouait pas en permanence un jeu auquel j'étais vraiment la plus mauvaise des mauvaises.

eh bien crois moi, c'est un soulagement. et oui, en ce moment je suis heureuse de pouvoir réduire mes efforts, et de me sentir moins seule au monde.
miwako
miwako

Messages : 369
Date d'inscription : 16/04/2010
Age : 34
Localisation : Alsace

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Lanza le Mer 20 Oct 2010 - 15:20

Zébu a écrit:Les autres n'ont ni plus ni moins de problèmes que les Z.
Ça, c'est un peu facile. Peut-être, mais ils n'ont pas les mêmes. Et le fait qu'ils aient des problèmes n'est pas une raison pour nier les nôtres.

Zébu a écrit:Comprendre l'autre est un moyen d'entrer en contact avec lui.
Je suis bien d'accord. Ça explique même pourquoi il y a un paquet de monde qui n'entre pas en contact avec moi. What a Face

Zébu a écrit:Il ne s'agit pas nécessairement de partager les mêmes centres d'intérêts que lui, mais d'être (par exemple) sensible, content, joyeux de l'émerveillement que l'autre trouve à ses propres centres d'intérêt.
Je suis de nouveau d'accord, c'est même ce que j'ai dit plus haut. Personne n'a dit qu'il fallait partager les mêmes intérêts, bien au au contraire.

Zébu a écrit:Ca implique donc de trouver ce mode d'emploi qui n'est pas très épais: reconnaître que l'autre, zèbre ou pas, a sa propre richesse et qu'il peut nous apporter beaucoup de choses (par sa différence).
Non, je ne suis pas d'accord là dessus. C'est une jolie phrase pleine d'amour, déguisée en sagesse. Oui l'autre peut nous apporter beaucoup par sa différence, à la condition sine qua non qu'il accepte la notre. Or, ma richesse, si je puis m'exprimer ainsi, je constate qu'ils n'en veulent pas, quand elle ne les effraie pas carrément.

Alors je fais quoi, je ferme ma gueule et je profite de la leur ?

Oui, on peut se sentir bien dans sa peau de Z, et certainement avoir des relations riches avec des non-Z, mais ça ne suffit pas, et ce n'est pas en niant l'existence du problème que ça peut poser qu'on y arrive. D'ailleurs, si ça suffisait, que ferais-tu ici ? Wink
Lanza
Lanza

Messages : 1912
Date d'inscription : 14/04/2010
Age : 42
Localisation : Finistère sud

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par V.Lady le Mer 20 Oct 2010 - 15:53



J'aime beaucoup ton témoignage, Miwako, il me touche et me donne envie d'apporter ma pierre...

J'ai rêvé longtemps d'être populaire au moins une fois à l'école. De ne pas être celle qui était le bouc-émissaire en primaire et, pour partie, au collège; de ne pas être celle qui, lorsque sa seule amie était absente, passait ses journées seule au collège ou au lycée. Et quand je parle d'ami... jusqu'au lycée, je n'ai pas rencontré de véritable alter-égo.

Aujourd'hui, ça va mieux Smile et moins j'essaye de me normaliser, mieux ça va. J'ai renoncé à mon faux-self, et ça passe beaucoup mieux auprès de tout le monde. Certes, je suis bizarre... mais j'ai une excuse : je suis écrivain, et cela se sait. Je suis capable d'entretenir avec ma boulangère ou avec les personnes que je croise régulièrement dans ma vie sociale "obligatoire" des conversations superficielles en faisant mine d'y trouver un intérêt (mais c'est parce que je pense à autre chose en même temps). J'ai des amis, la plupart sont des zèbres... et avec eux, c'est beaucoup plus simple. Les échanges sont riches, je n'ai pas besoin de me contenir, je n'ai pas besoin de commenter la météo...

Je comprends intellectuellement la nécessité d'entretenir ces sortes de relations superficielles qui sont le marqueur social de ton humanité... mais, aujourd'hui, je m'en moque complètement. Je ne vois quasiment que des personnes que je choisis. Lors de mes incursions dans le monde des Autres, je me plie aux codes et je le fais de bonne grâce, mais je ne m'empêche pas non plus de montrer aussi ce que je suis, et tant pis si je dérange, parce que je n'ai pas besoin de me sentir liée à des personnes avec qui je ne partage pas d'intérêt. Je ne fais pas peur, quand même, mais si je bouscule un peu les convenances en n'adhérant pas toujours aux idées reçues véhiculées, en faisant valoir un autre point de vue, en ne riant pas à une blague raciste et en le signalant... sauf que je ne le fais jamais de manière agressive, toujours en douceur... et cela passe bien, la majeure partie du temps.


Édit : Lanza a écrit entre temps... j'y reviendrai donc.

V.Lady

Messages : 2239
Date d'inscription : 12/05/2010
Age : 44
Localisation : Nord vraiment au nord.

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par V.Lady le Mer 20 Oct 2010 - 16:08

Lanza a écrit:

Zébu a écrit:Ca implique donc de trouver ce mode d'emploi qui n'est pas très épais: reconnaître que l'autre, zèbre ou pas, a sa propre richesse et qu'il peut nous apporter beaucoup de choses (par sa différence).
Non, je ne suis pas d'accord là dessus. C'est une jolie phrase pleine d'amour, déguisée en sagesse. Oui l'autre peut nous apporter beaucoup par sa différence, à la condition sine qua non qu'il accepte la notre. Or, ma richesse, si je puis m'exprimer ainsi, je constate qu'ils n'en veulent pas, quand elle ne les effraie pas carrément.

Alors je fais quoi, je ferme ma gueule et je profite de la leur ?

Oui, on peut se sentir bien dans sa peau de Z, et certainement avoir des relations riches avec des non-Z, mais ça ne suffit pas, et ce n'est pas en niant l'existence du problème que ça peut poser qu'on y arrive. D'ailleurs, si ça suffisait, que ferais-tu ici ? Wink

Je suis d'accord avec Lanza : c'est vivre dans un monde de bisounours que de penser que tout le monde a quelque chose à apporter à tout le monde (Z ou non, d'ailleurs). À présent que je sais en quoi je suis différente, il m'est plus facile d'avoir des relations avec des non-Z... quelques-uns ont une place importante dans ma vie... mais si la majorité des personnes que je côtoie volontairement sont des zèbres, ce n'est pas un hasard : avec eux, je peux laisser ma complexité s'exprimer, dans la légèreté et dans la gravité... et lorsque ce n'est pas possible, je m'ennuie, je décroche.
En complément de mon propos précédent, lorsque je suis tenue d'avoir une relation sociale, je joue le jeu sans trop me contraindre, mais en veillant néanmoins à ne pas dépasser ce qui est acceptable pour l'interlocuteur. Mon empathie me sert beaucoup pour cela. Je n'ai JAMAIS rencontré l'inverse. Jamais un non-Z n'a cessé de me parler de quelque chose qui m'ennuyait, me dérangeait... parce qu'il ne l'a pas perçu. Aujourd'hui, je pose mes limites, mais, les non-Z ne les comprennent pas toujours... c'est compliqué.

Je ne me sens pour autant nullement supérieure... je me sens différente. Maintenant que je connais la raison de ce sentiment, ouf, c'est un vrai soulagement...

V.Lady

Messages : 2239
Date d'inscription : 12/05/2010
Age : 44
Localisation : Nord vraiment au nord.

Revenir en haut Aller en bas

Rapport à l'Autre Empty Re: Rapport à l'Autre

Message par Black Swan le Mer 20 Oct 2010 - 16:22

Lanza j'admire ta vérité, sa rafraîchit sa me fais un bien que je ne saurais expliquer comme tout ce qui me concerne, je suis si malhabile.
Je suis ce que je suis et je ne sais ni mentir ni tromper, expliquer, moi qui ne sait qu'apprendre reviens a décrire mon pseudo, à l'aise sur l'eau (dans mon silence) et pataude sur terre (dans la conversation).
Je suis le silence, j'ai été élever comme ça, j'observe, j'écoute;
Miwako à dit "exemple : "ca va?" ca ne veut pas dire qu'on te demande si ca va. ca veux dire qu'on te salue. même si ca va pas, il faut dire "oui, ca va et toi?"
j'ai mis longtemps a comprendre que les gens, quand tu réponds "non, ca va pas, je suis en dépression et ma grand mère est a l’hôpital... dur en ce moment..." sont étonnés et te trouvent bizarre. ca n'est pas la bonne réponse, même si c'est vrai. les gens se sentent mal a l'aise, tu les met pas bien, comme si tu voulais déverser ta tristesse sur eux agressivement."
Je l'ai appris trés tôt et je l'ai appris par ma mère, me taire était la seule façon qu'elle avait de me supporter, mais je n'ai pas appris le mensonge pour autant.
ça fait le trie c'est tout, j'ai eu deux véritables amies jusque là, mais je reste moi, et ne désespère pas (j'ai peut-être une nouvelle amie Smile ).
Je suis d'une naïveté fatigante avec mes "pourquoi" et mes "oui mais" qui traînent dans tous les coins de la conversation.
Et puis ma compréhension de l'autre qui passe pour de la lâcheté, ma gentillesse et mon dévouement qui me font passé pour une illuminer même si je sais ce qu'il en ai, je ne sais pas être une autre, j'aimerais bien, mais je sais pas faire, alors rester moi me permet de faire un trie vrai naturel ( Razz )
Et puis je vous ai vous grâce à qui je me découvre un peu plus chaque jours.
Pas le temps là, les ptits loups à emmener au parc et puis puis sa permettra a mon angoisse de diminuée, je reprendrais le fil, pour lire I love you La Laie.
Black Swan
Black Swan

Messages : 1386
Date d'inscription : 30/07/2010
Age : 51
Localisation : Bordeaux

Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 6 1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum