vos souvenirs d'enfance

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vos souvenirs d'enfance

Message par offset le Jeu 13 Fév 2014 - 21:29

Mes souvenirs d'enfance,

Quand je repense à mon enfance, j'ai envie de jouer à la marelle, de bondir devant
les cadeaux de noël, de faire de la balançoire à perdre la tête, de jouer à la corde à sauter
mais aussi de chanter et danser sur mes comptines préférées :


Les jolies colonies de vacances
Merci maman, merci papa
Tous les ans, je voudrais que ça r'commence
You kaïdi aïdi aïda.

ou bien :

Sur le pont d'Avignon
On y danse, on y danse
Sur le pont d'Avignon
On y danse tout en rond
****************************************************
Qui ne rêve pas de revivre des épisodes de son enfance ?
Retrouver des saveurs, revoir des paysages ou revivre un moment.

Alors racontez !

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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par Invité le Jeu 13 Fév 2014 - 22:34

Spoiler:


Refrain
Petit écureuil, toi qui fais le fou,
Je le vois ton oeil quand tu viens chez nous,
Petit écureuil, toi qui fais le fou,
Je le vois ton oeil quand tu viens chez nous.
1er couplet :
Je vois ton panache et tes yeux fripons
Tu fais cache-cache autour du vieux tronc.
2ème couplet :
Je vois tes oreilles et ton poil tout roux,
Mais gare aux abeilles qui piquent partout.
3ème couplet :
Je vois les noisettes que tu viens manger,
Tu laisses les miettes de ton déjeuner.
4ème couplet :
Très haut dans les arbres tu vas te coucher,
Tout près des étoiles tes yeux sont fermés.
Refrain
Petit écureuil, ne fait plus le fou,
Il a fermé l’oeil et dort loin de nous
Petit écureuil ne fait plus le fou,
Il a fermé l’oeil et dort loin de nous.


Puis colchique dans les près, la plupart des chansons des Poppys. "my fair lady" aussi. etc.


Ma maison qui se construisait, les immenses "montagnes de terre rouge" dans lesquelles ma mère ne voulait pas que j'aille. Mon chien qui était jaloux de mon arrivée car il était là avant ma naissance. La fois où mon grand-père adoré m'a donné un rond de bois correspondant à ce qui avait été extrait pour la ventilation dans la cuisine. Mon frère qui me chouchoutait bébé et reprenait tout le monde sur "comment mettre les couches idéalement".
Habiter chez mes grands-parents le temps des travaux. Regarder questions pour un champion avec mon grand-père dès tout bébé, bien aimer les minikeums que regardaient mon frère. Avoir des peluches mais aucun "doudou". Accepter une poupée dans mon lit à barreaux "pour la forme" à quelques mois. Appeler, terrifiée, en pleine nuit à pleins poumons, la seule fois où ma mère ne s'est pas déplacée du tout, elle devait être absente. J'avais mis ma poupée par dessus bord, avec mes petits bras j'essayais de la rattraper j'ai réussi à la saisir par sa main et j'ai tiré... J'ai hurlé de plus belle en constatant que je lui avais arraché le bras, le reste du corps n'ayant pas pu passer à travers les barreaux.
L'abandon chez la nourrice à mes 2 ans. Ma colère immense, la tristesse et la figurine articulée Pocahontas que j'ai écrasée de toutes mes forces sur les graviers de la nourrice. Le choc, le mutisme.
La balançoire de la mère de la nourrice et son immense domaine. Les nounours mis en poupées russes chez elle et le petit dernier qui tenait un petit paquet de fraises tagada. Je n'aimais pas trop les bonbons, mais j'aimais le principe.
L'ennui intense, abominable.
La maternelle. "que fais-je en ce lieu étrange ?"
La sieste. Horreur. Je ne la fais plus depuis longtemps, et on a renoncé à m'en faire faire. Mais pas l'école. Ils s'acharnent. Je les déteste.
Obligation d'amener un "doudou" pour la sieste, de le mettre dans le "bac à doudou". Quelle idiotie.
L'institutrice. Cruella. Grande section. Elle dit que je suis arriérée mentale. Mes parents sont très choqués car je discute déjà à niveau d'une jeune adulte avec les autres adultes. Ils sont ouverts d'esprit, malgré tout. Pédopsychiatre. Psychorigide. Il dit que je suis une "enfant précoce" il ne croit pas en la douance. Il dit qu'on doit à tout prix me fixer des limites car je mène tout le monde par le bout du nez. C'est faux. Je fais ce qui me chante sans nuire aux autres. Ca a l'air de le déranger particulièrement. Il n'apprécie pas non plus mes lacunes sociales, les conventions sociales me sont totalement étrangères. Orthophoniste. Les deux donnent un compte rendu. Je suis tout sauf arriérée mentale, plutôt le total opposé. On dénote aussi que je "considère les autres au même titre que les objets" que je ne "fais pas la différence réelle entre les deux". Je ne voyais pas le mal. J'adore les objets. Je ne leur marche pas dessus, je les contourne et ils n'existent pas s'ils ne m'intéressent pas.

Vient ensuite le temps du test. Et autre chose. tout ressort positif. être surdoué est la norme dans ma famille. Les non-surdoués sont amplement minoritaires. Ma mère refuse de m'envoyer dans un centre spécialisé malgré les recommandations du psy et d'un médecin. Nous sommes très fusionnelles. Je l'aime par dessus toute chose en ce monde.

L'école privée, je ne suis pas très axée sur la religion, je rêve à autre chose pendant les cours de catéchisme. à un Ailleurs. Je passe mon temps à compléter mes dossiers de projets. Je ne suis rien en cours, je sais déjà lire, déjà écrire, déjà compter. Je m'ennuie tant. On me propose de sauter des classes plusieurs fois dans ma scolarité. Déclinées chaque fois. Je ne pense pas que ça aurait réglé quelque chose. Je me sens si étrangère à ce système. Je ne veux pas aller apprendre encore et encore des choses si c'est pour ne pas agir, ne rien faire de concret. A quoi bon manier des idées complexes si c'est pour rester enfermer dans son propre esprit ? Je n'en vois pas l'intérêt, je réfléchis tout de même constamment mais ça je n'en ai pas le choix.

Déceptions sur déceptions, mon coeur se compresse dans un vide intersidéral chaque fois. Les blessures s'élargissent et l'on y jette du sel. Je ne sais pas me comporter avec les autres.

A côté de cet enfer, la Nature. Les cochons d'inde. Mes cochons d'inde.

La portée dévorée sous mes yeux par un chien alors que nous faisions refaire le portail, le maître qui ne rappelle pas son chien. Mes hurlements qui résonnent en moi. J'essaie de le pousser, même de le frapper, je suis impuissante. Ma mère n'est pas venue à temps. Je lui en veux mais je m'en veux encore plus.

L'art d'accumuler les choses. Les glands, les insectes, les cailloux etc. Je passe mon temps libre à cela. Etudier mes prises et les relâcher en leur donnant une offrande (si insectes). Je cherche des escargots accrochés sur les pieds de Marguerites. Je fouine le lierre chez mes grands-parents pour y trouver insectes et escargots. Bonheur.

J'écris, je lis, je dessine, je fais du théâtre, je joue du piano, etc.

la super nintendo, la nintendo 64, etc. La gameboy.

Gameboy en se mettant au coin du feu, enroulée dans une couette. Plénitude.

L'hypersensibilité intense, impossible de ne pas sur-réagir. Les larmes, acides. Mon lit, ma vue sur le jardin et les champs. Le soleil qui donne à travers les vitres et qui sèche mes larmes doucement. J'adore cette sensation. Le calme.

Les lego.

La botanique, les livres sur cela, j'en dévore plein.

Le soulagement en rentrant de l'école. Tout était bien à sa place.

Le décompte des jours jusqu'à la fin de mes études de médecine "idéalement" (sans compter redoublement ou autre) je barre un jour chaque soir en rentrant. Commencement de cela au CP.

La pluie de Normandie. les arc-en-ciel parfois. Le sentiment de grandeur face à ces vastes champs que je vois de ma chambre. Les bois.

La tempête de 99. Effrayant. Mais génial. couper du bois et le ramener à la maison, car le propriétaire du bois ne se manifestait pas et il fallait le débarrasser. Plein d'insectes et d'animaux.

La splendeur de la chouette effraie.

La cuisine maison. Les magnifiques plats plein de sons en tout genre.


Les cadeaux toute l'année et pas seulement anniversaire et noël, privilège par rapport à la plupart des gens. le bonheur d'en découvrir un caché sous mon oreiller ou autre.

La satisfaction d'avoir une mère qui ne me prend pas pour une débile, n'a jamais cherché à me faire croire à "la petite souris" ou au "père noël". Je laisse les autres y croire, une fois qu'ils l'apprendront, ils seront déçus de leurs parents et prendront en pleine face une vérité cruelle "papa/maman peut mentir sciemment, ME mentir".

Mes 4 ans où, soudainement, en pleine cours de récréation, je me suis moi "pris la vérité en pleine face" : les autres ne font pas semblant, les autres sont ce qu'ils montrent, les autres ne sont et ne seront jamais comme moi ni de près, ni de loin. Choc démesuré. Comme un casse tête enfin résolu alors qu'on avait déjà la démarche pour le résoudre, mais qu'on avait cette crainte d'arriver au terme.


Les nombreux partages avec mon grand-père.


La douceur de soigner les animaux sauvages blessés.


Négatif comme positif, je ne peux ni ne veux dissocier l'un de l'autre.





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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par tagore le Jeu 13 Fév 2014 - 22:42

Merci Strigide. (parce que je peux ressentir en te lisant le sacré de tes images, de tes associations, et parce que cela me ramène à moi-même : à toutes ces impressions indéfinissables, ces manières de sentir, qui ont un "goût" et une valeur purement personnels)

C'est étrange, quand on y pense, que tout cela vive encore en nous d'une certaine manière, au présent... (expérience d'étonnement magnifique)


Dernière édition par tagore le Sam 15 Fév 2014 - 1:02, édité 3 fois

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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par offset le Ven 14 Fév 2014 - 7:11

un témoignage qui me remplit d'émotion tellement c'est beau
merci de nous faire partager cette belle enfance.






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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par Invité le Dim 16 Fév 2014 - 0:57

Bah j'ai fait de la balançoire la semaine dernière moi Very Happy

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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par offset le Dim 16 Fév 2014 - 1:10

une balançoire pour chat ? cela doit être mignon.
y'a pas si longtemps j'ai fait du carrousel, mais chut faut pas le dire


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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par Unhorriblehurlement le Dim 16 Fév 2014 - 1:21

J'avais oublié.:
Maternelle

Je me balance de gauche à droite, comme une pendule, sur l'un des bancs de classe pendant que la maîtresse parle. Mes camarades à ma droite et à ma gauche me demandent toujours d'arrêter.
Je chuchotte à l'oreille de Cédric pendant que la maîtresse parle, elle me fait aller au coin. Je suis choqué, je ne suis jamais allé au coin. Je pleurs toutes mes larmes, elle me fait revenir.
À la cantine, à table avec les autres, je suis perdu dans mes pensées. On me réveille, Eden, qui était en face de moi me demande "Tu es amoureux de moi ?", mes yeux plongeaient dans les siens depuis le début de mon égarement.
Dans la classe, nous plions nos pulls et voulons montrer qui sait plier le mieux.
Dans la salle de sieste, j'ai l'impression d'être enfermé. Je suis réveillé, l'odeur du lit n'est pas celle de chez moi et je ne peux rien faire. Je suis paralysé.


Primaire

Premier jour de CP, à la récréation, ils jouent au foot, je n'ai jamais joué au foot avec des gens. Je vais jouer. Je suis à côté du gardien, la balle va très haut, je veux faire une retournette comme dans Olive et Tom. Je m'élance, saute, touche la balle et la met dans les cages. Sauf qu'à 6 ans, je ne connaissais pas la gravité. Je retombe lourdement sur mes fesses et me fais très mal. Les camarades m'expliquent que c'est parce que le sol est en béton.
En CE2, Miss Brigitte vient nous donner des cours d'Anglais. Elle répète "Black" pour la vingtième fois. Je m'endors. Je me réveille, il n'y a personne dans la classe. Le professeur très sévère m'a laissé dormir, car même lui concevait que Miss Brigitte est horriblement chiante.
En CM1, je chante en cours, ce qui dérange les gens.
Je ne sais pas quand, on nous annonce qu'un clown va venir. Je n'ai vu les clowns qu'au cirque, je veux en voir un à l'école. Il arrive, il n'a pas de vêtement de clown, pas de maquillage de clown, pas de tours de clown. Juste homme un peu plus petit que la moyenne, gros et chauve. On est tous dans la cours de récréation, debout, et il nous dit qu'il nous fera tous rire en 5 minutes sans nous parler ou nous toucher. Je prends le pari. Je suis le dernier en jeu, il me surprend en me touchant et je ris beaucoup. Il m'a donné envie de faire de l'humour.
CP, on est en classe verte. Il y a Judith, qui n'est pas en cours avec nous, mais qui est venue à la classe verte. On me dit que j'aime Judith. Je crois les gens. En diligence, Judith s'endort sur mon épaule, je suis content. Lors du repas, on demande à Judith si elle m'aime, elle dit non, je trouve cela dommage. C'est la fin du voyage, on rentre chez nous.
Dans la classe verte, la truie Tagada m'a poursuivi.
En CM1 ou CM2, je fais rêver des amis en leur racontant des histoires totalement fausses mais que je dis être vraies.
Après avoir mangé, j'ai aggloméré quelques emballages de cire de Babibel, j'en fais une boule et je la lance en l'air à la verticale. Je n'ai toujours pas conscience de la gravité, elle tombe sur ma tête et j'ai un bleu.
Après avoir mangé, j'ai aggloméré quelques emballages de cire de Babibel, j'en fais une boule. Je jongle un peu avec. Je tire dedans, elle décrit une parabole oblique magnifique avant de cogner la tête de Noémie. Noémie tombe à la renverse, je ris beaucoup, avec le camarade à côté de moi.
Dans la cours de récré', Maxence me dit qu'Olivia a des gros seins. C'est très abstrait pour moi.
En CE2, on a une interrogation sur la conjugaison des verbes. Je viens de sauter une classe, je ne sais pas ce que c'est, mais je le fais.



Je n'ai pas l'impression d'avoir vécu tout cela.
Tout ceci n'a aucun sens.
Je n'ai pas l'impression d'exister dans ces souvenirs.
Je pense en rajouter d'autres, je me plais à raconter ceci.

Deuxième couche


Je me souviens:
Maternelle

Je devais aller à l'anniversaire de Siam. C'était nouveau. Je rentre dans l'appartement, et je ne me sens pas chez moi du tout. Première fois que j'étais dans un lieu complètement nouveau seul. Je pleure, je me sens mal.
Dans la cours de récréation, on se donne des coups de pied et on se poursuit avec les CPs.
Dans la cours de récréation, on joue à la famille, je suis le père, je vais travailler. Concrètement, je vais à l'autre bout de la cour de manière à ce qu'ils ne me voient pas, et j'y reste le plus longtemps possible, puis je reviens voir. À chaque fois, la classe commence juste après mon retour et au final, on n'est jamais tous ensemble. C'est comme ça que je me représentais le rôle de père.
Dans la cours de récréation, j'apprends à faire du vélo, je vais tout droit sans problème, mais dès qu'il faut tourner, je tombe. Je continue à essayer, et je finis par réussir.
À la cantine, je dis "les dames de service", on me reprend et on me dit que c'est "les femmes de service".
À la maison, mon frère me donne la gameboy avec pokémon. Je joue, je lui repasse, il me la redonne. Le jeu, c'était pokémon, je suis bloqué dans ma chambre, je n'arrive pas à en sortir. Il me débloque simplement. En fait, le jeu n'avait pas la qualité graphique de ceux d'aujourd'hui, et donc je n'avais pas compris que les escaliers étaient des escaliers.
J'ai une queue de cheval et ça me plait.


Dernière édition par Ko Kayne le Dim 16 Fév 2014 - 10:14, édité 1 fois

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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par offset le Dim 16 Fév 2014 - 9:29

@Ko Kayne, tes souvenirs sont pleins de charme.

J'ai connu aussi la cire de babybel, j'en mettais sur mes ongles pour faire croire que c'était du vernis.

Quelques extraits de mon enfance :

[i:96c1:
Peau en lambeaux

A l'école une fille m'avait étalé de la colle liquide sur le bras, quand j'ai vue l'effet que cela a provoqué, j'ai cru que ma peau partait en lambeau, j'ai couru affolée vers la maîtresse qui m'a rassurée. Cela les a bien fait rire.

J'ai horreur des masques

Lors d'une fête ou les gens se déguisaient j'ai été poursuivie par un homme masquée et j'ai eu la peur de ma vie. Même si après j'ai pardonné à cette personne de m'avoir fait cette mauvaise blague je n'ai pas encore fait la paix avec tous les masques.

Même avec une bouée

A la piscine le maître nageur voulant exorciser ma peur de l'eau m'a poussé au milieu du grand bain, j'avais une bouée mais cela ne n'empêchait pas d'avoir peur. Je l'ai supplié de me sortir de là mais il n'a rien voulu entendre. Le pire c'est que mon maître d'école s'en amusait, j'étais furieuse. A cause de cela j'ai mis du temps à aller dans le grand bain, sa technique n'était pas la bonne.

Mais ou est la cheminée ?

Le jour ou j'ai appris que le père noël passait par la cheminée, j'ai veillé presque toute la
nuit pour le faire entrer, car on avait pas de cheminée."

]


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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par Invité le Dim 16 Fév 2014 - 23:17

Spoiler:


J'aime me rendre à une mare non loin de chez moi, pour observer les poissons et tout le petit peuple qui y joue. le corps et la tête contre un arbre, appréciant les sons de la nature.

Je pêche à une mare avec mon père, et j'aperçois deux garçons qui se jettent à l'eau ! je suis impressionnée, moi je n'aime pas toute cette vase, cela me répugne. quelle n'est pas ma surprise que de les voir ressortir avec une grenouille (vivante !) dans chaque main ! je suis bluffée par le spectacle, presque bouche ouverte. Ils semblent le remarquer, retournent dans l'eau. En ressortant, ils viennent vers moi et m'offrent 4 grenouilles, j'écarquille les yeux en voyant les 4 amphibiens, et mes yeux font des allers-retours entre ces derniers et les deux chasseurs hors pair. Je ne leur réponds pas, ils semblent étonnés. Ils sont plus âgés que moi. Je finis par les remercier du bout des lèvres, gênée car je ne vois aucune raison à ces "offrandes". Certains admirent les grands mathématiciens, d'autres les artistes. Moi j'admire ceux qui chassent la grenouille à mains nues.


Autre fois. Mare. Un homme cueille des roseaux en ayant remonté son pantalon jusqu'aux genoux. En ressortant de l'eau, j'aperçois quelque chose à l'un de ses mollets. Je m'approche et vois une sangsue. Comme c'est laid. Je suis effrayée et me dépêche de partir loin.


Un jour au supermarché, je passe devant l'étal de poissonnerie. J'aperçois des palourdes, comme c'est cruel de les dévorer. Je voudrais tant les sauver. J'ai du sable à la maison. J'ai 3 ans. J'en subtilise deux. Arrivée chez moi, je prends un petit bac et verse de l'eau dedans puis du sable, lorsque le sable est retombé au fond, je mets les coquilles. Ma mère me découvre quelques temps plus tard à les observer et me dispute très fort vis-à-vis de maladies ou je ne sais pas quoi. Elle n'a aucune âme de sauveteuse !


4 ans. Panique dans toute ma rue. J'ai échappé à la vigilance de ma grand-mère, je suis introuvable ! Ma mère pleure déjà en s'imaginant d'affreux scénarios. Quelques petites heures s'écoulent puis un voisin rentre et aperçoit tout le petit monde et décide de chercher aussi. La nuit commence à tomber alors il prévient qu'il va chercher une lampe chez lui assez puissante pour continuer à chercher, au cas où. Il entre à peine dans son jardin qu'il m'aperçoit accroupie face à son bassin, à regarder les poissons fixement, sans bouger. Je suis restée comme ça pendant des heures, cela m'a paru 10 minutes. Maman n'était pas contente, on m'a même baffée. La police s'est déplacée pour rien. Mais je n'y peux rien si on ne me fait pas confiance, moi, je sais très bien ce que je fais, je suis loin d'être une tête brûlée. Maman était encore moins contente quand elle a appris que non, je n'étais pas sourde du tout du tout, car cela signifiait que je les entendais crier mon nom, et que je n'ai pas répondu. Ce n'est pas de ma faute si les poissons sont si gracieux et "absorbants".

On me dit que j'ai des yeux de chat. De très grands yeux bleus océans, immenses. des billes légèrement en amande comme ceux d'un chaton. Une femme me dit un jour "Ohhh tes yeux... ! je les croquerais bien !" j'ai eu excessivement peur et me suis mise à pleurer toutes les larmes de mon corps, car j'y tenais, à ma vue.
La première fois qu'on me fît la remarque pour les yeux de chat, j'eus un grand sourire ! les adultes se regardèrent, sans comprendre, je filais déjà dans ma chambre et tout le monde se demandait ce que je fabriquais... Je déboulais à nouveau dans le salon avec les mains fermées et je les ouvrais, elles étaient pleines de billes qu'on appelait "oeil-de-chat". Ils ont ri comme peu d'adultes rient vraiment, un rire qui sort du coeur, qu'on ne peut réprimer, pas le rire sociétal qu'on peut croiser souvent. J'étais vexée.


Il y a un salon de coiffure pour enfants. Un salon très mignon avec de petites télévisions décorées, et le salon est fait avec goût dans les thèmes de l'enfance, je l'apprécie esthétiquement. Maman m'y emmène, mais c'est légèrement en "sous-sol" je pleure, je tape du pied, je n'irai pas là-dedans. Elle insiste et me dit que c'est important, que c'est pour couper mes cheveux. Je fonds en larmes, on m'y traîne de force. Le coiffeur est gentil pourtant, et j'aperçois des ciseaux, je me met à hurler rien qu'à l'idée que l'on va toucher à mes cheveux. Je suis dans un tel état que ma mère s'excuse mille fois et ressort avec moi, qui allait débuter une crise d'asthme. (Je n'ai vaincu ma phobie des coiffeurs qu'à 11 ans, et encore. Aucune explication rationnelle à cela, je cherche encore aujourd'hui)


La nuit, je dors fort mal. J'ai une peur immense du noir. Ce n'est pas très courageux, alors je ne le dis pas et je défends ma mère de le répéter aux autres. Peur parce que le noir me laisse deviner trop de choses, c'est une explosion de sensations et de formes que mon cerveau interprète à vitesse folle, il voit des visages partout et des tas d'autres choses. Au moins, quand la lumière est allumée, je sais ce qui est là ou non, tout est concret et a consistance. C'est comme mettre des oeillères, cela m'empêche de partir dans tous les sens, il est toujours possible de le faire mais je suis limitée par l'image réelle, un peu plus que dans le noir total. J'ai mal à la tête à force, dans le noir.
Dormir équivaut à "demain arrivera vite", et je ne veux pas que demain arrive. Je voudrais tant me réveiller un matin dans un autre univers qui me plairait davantage. Je ne veux pas aller à l'école, mais je ne peux pas le dire à maman car je ne peux pas la décevoir. Je dois sourire et dire que j'adore l'école puisque je suis première de classe. C'est difficile. Alors la nuit, je ne dors pas, je réfléchis. Je rêve à cet Ailleurs qui n'existe probablement pas. Je reste éveillée pour repousser demain, pour retenir l'aiguille dans sa course effrénée. N'avez-vous jamais remarqué combien tout est suspendu la nuit ? tout passe si lentement lorsque, dans notre lit, nous fixons ce plafond en pensant très fort. C'était mon seul moyen de lutter contre le temps qui passe. Ainsi j'étais la seule petite fille à avoir des cernes dès la première année de maternelle. Lorsque je m'endormais d'épuisement, je faisais des cauchemars affreux et je devais lutter seule car je ne trouvais pas justifié de déranger qui que ce soit pour cela. Alors je prenais sur moi et je pleurais en silence à mon réveil, en tentant de rassembler tout le courage que je pouvais trouver à l'intérieur de moi-même.

Les crises de somnambulisme arrivaient régulièrement elles aussi. J'étais constamment malade enfant et pour me réconforter la nuit j'éjectais mon père de leur chambre et je rejoignais ma mère pour qu'elle puisse me veiller, et elle m'a vue de multiples fois m'asseoir dans le lit et dire des choses incompréhensibles, ou alors me lever et me coucher par terre, et autres. Je me réveillais le matin sans souvenir de cela.

L'enfer de la fièvre, les frissons mêlés à la chaleur diffuse. L'impression de n'être jamais pleinement "là".


Je me rends sur les chemins gallo-romains près de chez moi pour ensuite rejoindre "la colline aux papillons" avec un filet, mais je les libère aussitôt car je sais que leur durée de vie est incomparable avec la mienne. J'aime ces couleurs papillonnantes et leurs danses.


Chaque fois que je suis malade, je me sens comme dans cette chanson : http://www.youtube.com/watch?v=PC6vNgL4gz4
Cela semble si lointain, et pourtant je sens une libération qui arrivera, un retour à mon état initial, et cela est réconfortant malgré tout. En plus, cela me permet de manquer les cours sans décevoir. C'est un doux enfer.


En ce1, 7 ans. Pierre et Isabelle me font croire qu'ils connaissent des vampires, je suis d'une crédulité parfaite, car je ne vois pas pourquoi on me mentirait, quelle utilité. Je commence donc à partir dans des explications probables. Je continue à rechercher, y compris dans des livres. Au détour d'une recherche qui n'avait rien à voir avec ce sujet je trouve la solution, je vais les voir le lendemain, heureuse de ma trouvaille, et je leur dis "les gens que vous connaissez sont simplement atteints de Porphyrie !!!" je jubilais d'avoir trouvé de quoi expliquer leurs propos. Je pensais leur faire plaisir et j'attendais déjà la cascade de questions. En guise de réaction, ils se sont décomposés et m'ont demandé ce que c'était, suite à mon explication ils m'ont dit que j'étais bête. J'ai été inconsolable pendant des jours.


Un peu à la suite de cela, dans les jours qui suivent, un petit garçon vient me voir et me demande si je veux être son amie. Je réponds d'un air renfrogné "Je ne veux pas d'amis parce que ce sont des relations fausses, les gens se disent amis mais c'est faux faux faux. Les gens se mentent et se font croire des choses, ça ne m'intéresse pas. Tu n'as qu'à trouver d'autres humains pour cela, je ne suis pas la bonne personne." Il s'est mis à pleurer et cela m'a énervée encore plus alors je suis partie. J'ai culpabilisé après.


J'essaie d'apprendre à tricoter, je suis d'une nullité affligeante... Cela me navre, moi qui d'habitude ai des facilités, je me met même en colère. On me dit "mais non, c'est le début, tu y arrives quand même, c'est normal de faire des fautes" mais je me sens fatiguée de refaire le même mouvement. Je jette les aiguilles par terre et je pars me rouler en boule dans un coin. Je suis triste car je voulais faire des bonnets pour mes cochons d'inde juste pour les prendre en photo avec.


je vais au zoo. Je déteste cet endroit instantanément et je demande si je peux libérer les animaux. Ma mère a dû prendre peur car elle ne m'y a plus emmenée.

Chez un voisin, j'ouvre le poulailler. Catastrophe. Elles partent partout, poursuivies par le chien (pas méchant, il jouait mais cela leur faisait encore plus peur). Le voisin arrive, affolé. Je récupère toutes les poules une à une pour les remettre dans le poulailler, tant bien que mal.


En voiture en rentrant à la maison, il y a une tourterelle au milieu de la route, elle ne s'envole pas à l'approche de la voiture. Mon père s'arrête et nous descendons. Elle commence à marcher, de peur. Je m'accroupis et je lui parle. J'arrive à la prendre dans mes bras et nous retournons à la maison. Je l'examine. Elle est en bonne santé, j'en suis sûre mais je ne suis pas vétérinaire. Elle ne peut pas voler. Je la nourris, et je passe les jours suivants à lui apprendre à voler, elle sur mon doigt, moi qui baisse la main et hop elle tente de voler. Elle a fait maintes cascades, mais plus de peur que de mal. Au final elle réussit à rejoindre un point à l'autre, je la rappelle en faisant un mouvement précis de main, et un signal, elle se repose sur mon doigt. Je décide vite de la confronter au plein air, elle va dans l'immense cèdre de la voisine et y passe ses journées, le soir elle revient et frappe au carreau pour que je la rentre. Je l'adore. Elle aime se mettre dans la cheminée. Heureusement que c'est l'été et qu'elle ne sert pas. elle y dort souvent la nuit. J'aurais voulu que cette relation dure toujours.


A l'école, on se sert de mon hypermnésie pour trancher qui a raison entre les élèves et l'institutrice. Si elle a bien prévenu pour tel devoir ou autre.


Je rêve de croiser quelqu'un qui est capable de faire la même chose avec son pouce que le mien. coude posé sur table ou autre. Paume vers le ciel, prendre le pouce et l'amener jusqu'au poignet "franco". Cela fait partie des premières choses que je demande à quelqu'un lorsque je le rencontre. Les gens écarquillent les yeux ou "eurk", essaient mais n'y arrivent jamais. Je suis déçue. On ne comprend pas que je sois déçue.



Je suis incapable de lire s'il y a une mouche ou des bruits d'oiseaux. Je m'isole donc, et je lis quand il n'y a pas d'activités "bruyante" chez moi (hyperacousie).
Ma mère adore mettre la radio. J'en avais parfois tellement marre que je venais en mode espion au rez-de-chaussée, j'éteignais et je cachais la télécommande, pour avoir un peu de tranquilité.


Visite d'un site archéologique en primaire. Lors du déjeuner nous sommes dans un parc. Je me promène car je n'ai pas faim. J'entends des cris, je vais voir, une taupe décapitée et un garçon qui la brandit pour la lancer sur une fille... Puis il tombe, la tête la première sur la taupe qu'il avait lâché sous l'effet du déséquilibre. Une des rares fois où j'ai vraiment ri en étant en groupe.


J'aime le piano. Je débute vers 2 ans, à l'oreille. Je n'ai aucune technique, et je m'en contrefiche. J'ai une tendance à jouer trop vite. Qu'importe. Mais je n'aime pas que l'on voit mon visage dans ces moments-ci, même lorsque je suis seule. Je déniche un masque. Un masque neutre. Je le mets. Magie. On ne peut plus décortiquer mes émotions. J'aime être cachée, combien j'aime ce sentiment ! C'est à ce moment que je me rends compte que la dissimulation m'est Ô combien précieuse. Ne pas mentir, mais cacher. Elle me sauve, elle me préserve. Je l'aime.

J'aime les longs poils blancs de mon chien, je n'aime pas quand il grogne quand on s'approche de sa gamelle. Je me fiche de ses croquettes, moi.
Un jour j'arrive à côté de lui avec des gâteaux, il grogne devant sa gamelle. Grande surprise. Comme si j'allais manger ses croquettes alors que j'avais de très bons biscuits dans la main ! J'explose littéralement de rire. J'ai encore sa tête interloquée (autant qu'un chien peut l'être) à l'esprit.

J'ai beaucoup de stéréotypies, mon frère se moque de moi, mes parents ne s'en inquiètent pas.

J'adore parler avec les adultes. Ils sont d'un mortel ennui, mais ils ont des données et des informations que je peux collecter ! mais je ne veux pas devenir adulte, oh ça non. Je veux bien partir en études supérieures "plus tard" mais bloquée à l'apparence d'une petite fille de cinq ans, ça oui. De toutes façons je me sens déjà du même âge que ces adultes de 20 à 80 ans que je peux croiser. Je ne vois pas en quoi ils sont plus âgés que moi, je comprends tout ce qu'ils disent et je peux y réagir, à quoi sert l'âge alors ? je l'ai même demandé à un homme dans la quarantaine. Il a ri, mais quand je lui ai reposé ma question avec ce même sérieux, il a fait une drôle de tête. Il n'a même pas su me fournir une réponse digne de ce nom, je suis très déçue. Si c'est ça être adulte, très peu pour moi.

J'ai un calendrier en tissu pour enfants avec le temps, les mois, les jours, etc. Il est joli mais j'en voudrais un encore plus beau. Je dis à ma mère que je vais en faire un, je le dessine. Elle n'a jamais acheté les scratch et le tissu pour que je le fasse. Tristesse.

"Je m'ennuie"

"Dis, tu m'aimes ?"

Les deux phrases que j'ai dû le plus prononcer durant mon enfance, à ma mère.

J'aime prendre les arbres dans les bras, mais c'est un secret. Personne ne comprend de toutes façons. Je lui chuchote mes observations sur les humains et je lui lis mes poèmes, j'essaie de mettre mon oreille contre son tronc, combien j'aimerais apercevoir le son de la sève. Aucun arbre n'a jamais voulu me le montrer.

J'aime sourire à l'oreille des animaux, puis leur embrasser l'encolure. Parfois je mets mon front contre celui d'un animal, moment de communion ultime, je ferme les yeux, il me semble même que je ne respire pas. Je me demande s'il peut sentir la douce luminosité qui irradie au fond de moi sans jamais trouver de fin. Aucun ne me l'a jamais dit.

Je coiffe ma mère pendant qu'elle me parle de tout, j'essaie de la comprendre, et de l'aider. J'aime ses cheveux blonds, épais et soyeux. Je regrette que les miens n'aient pas la couleur des siens. Mais ce n'est pas grave, c'est la couleur des anges et je suis une simple mortelle.



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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par offset le Lun 17 Fév 2014 - 7:18

@strigide,

c'est tout simplement magnifique et c'est avec plaisir que je te relirai.
Le texte de la chanson me parle beaucoup. Dis moi le tricot t'en est où ?  Smile 

 sunny 

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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par Pieyre le Ven 11 Avr 2014 - 21:18

C'est la rentrée de 1968 en dernière année d'école maternelle; j'ai quatre ans et demi; mon frère entre lui en première année. Quand notre mère nous laisse dans la pièce d'accueil des parents, où les enfants attendent le début des classes, mon frère pleure; moi pas, bien triste pourtant mais ne voulant pas le paraître.
Je nous revois à quelques mètres de distance, assis sur le premier banc, moi à gauche, lui à droite. Nous sommes bien malheureux... et notre mère qui s'en va, attendrie sans doute mais assez insouciante tout de même, voire amusée... Mais peut-être n'est-ce que le reflet du jugement que je portais alors...

Je suis dans une salle de classe, plutôt au fond à gauche. Il s'agit de recopier quelques lignes écrites au tableau alors que nous ne savons pas lire. Je me revois regarder ces lignes. L'exercice est un peu absurde mais je m'applique de bonne grâce, fier de lui trouver un côté absurde.

La scène se déroule à la garderie du centre social de mon quartier. Une garderie, c'est ce qu'on nommerait une crèche à notre époque, comme si tout enfant était un petit Jésus. Quant au terme de centre social, je l'ai toujours trouvé bizarre.
Alors, je me revois dans un grand couloir, juste à l'entrée, où il y a des panneaux, avec des papiers affichés concernant les activités des enfants notamment. Ma mère doit être venue me rechercher qui discute sans doute un peu plus loin.
Et puis il y a en face de moi une fille de mon âge, qui attend peut-être aussi sa mère. Dans mon souvenir elle est en petite robe blanche, toute charmante, et toute attentive.
Alors cette fille pointe le doigt vers le panneau d'affichage et me dit que tel prénom, qui est tracé sur une liste, ne s'écrit pas comme ça. Je réponds que si : c'est bien comme ça; elle redit sûre d'elle que non; je maintiens fermement que si; et elle alors de déclarer : je le sais quand même, c'est comme ça que je m'appelle ! J'allais répondre : moi aussi ! mais d'un coup les mots ne peuvent sortir. J'ai compris... Si je m'étais livré, il aurait fallu tout dévoiler : ce qui fait la différence entre Emmanuel et Emmanuelle, c'est que moi je suis un garçon et que toi tu es une fille... Mais ça, jamais je ne pourrais le dire !
Les mots, déjà... voilà tout ce qui m'a manqué avec les filles. Et c'est ce qui compte le plus.

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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par offset le Ven 11 Avr 2014 - 21:31

@Pieyre,

merci pour cette belle confidence.

Beaucoup parlent de leurs arguments comme à prendre au pied de la lettre.

Certains adultes aussi veulent toujours avoir raison.

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Re: vos souvenirs d'enfance

Message par Zwischending le Ven 11 Avr 2014 - 21:57

Les derniers témoignages sont magnifiques. C.C, Strigide, offset, Pieyre, l'enfant qui parle dans vos mots est magnifique. Merci Smile


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Re: vos souvenirs d'enfance

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