La vida de Juanbau

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La vida de Juanbau

Message par Juanbau le Jeu 12 Sep 2013 - 22:45

¡Hola!

Je ne sais trop que dire, que ne pas dire, par où commencer, si je ponds une pavasse là maintenant tout de suite ou si j'attends de laisser le temps au temps pour me faire connaître... Pour ce soir, je me contenterai d'aller à l'essentiel (mais je me connais, je commence en disant ça et puis... vous aurez droit à la pavasse quand même Nargue ).

Je suis Juan (Juan, Juan Bau, Juanchi, Juanito sont mes noms d'adoption, pour l'état civil c'est Jean-Baptiste), j'ai DÉJÀ 23 ans (la vache, ça défile) et je n'ai pas encore l'impression d'avoir commencé ma vie. Comme beaucoup ici, je crois, j'ai découvert le forum bien avant de m'y inscrire. Je crois que ça fait à peu près un an, à deux semaines près, que je visite épisodiquement ZC. Mais, la flemme de franchir le pas... terrible. non 

J'ai eu la chance de me faire détecter très tôt, dans l'enfance, à l'instigation de mes parents qui avaient bien remarqué que j'étais "autre" ; depuis, j'ai vivoté, je ne me suis jamais posé trop de questions quant à cette altérité, j'en vivais bien sûr les conséquences au quotidien (bonnes et mauvaises) mais sans jamais trop faire le lien entre ma qualité de vie et ma "surdouance". La surdouance étant censée être un don, en tout cas dans l'imaginaire collectif qu'alors je partageais, je me disais : elle devait être sacrément stone, cette psy qui m'a déclaré surdoué après m'avoir simplement posé des questions de culture générale et fait dessiner des poissons (véridique ! je ne sais pas quelle version du WISC c'était...). Parce que, ¡caramba! si c'est ÇA être surdoué ! Horreur  Toujours à la masse, avoir un cran de maturité en moins par rapport à tout le monde, et n'être MÊME PAS tout le temps premier de classe, n'avoir pas même un don spécial, v'là l'utilité, quoi... C'est donc assez naturellement que j'ai, au fil du temps, fait passer à l'arrière-plan la conscience que j'avais d'avoir la chance d'être surdoué, jusqu'à l'oublier quasiment, et que j'ai mis mes problèmes de socialisation et de manque d'intérêt pour mes études, sur le compte d'une quelconque tare congénitale non déterminée. Non désolé 

Ce n'est que l'année dernière, un soir de septembre qui n'était pas fait comme un autre, qu'après plusieurs années passées à m'abîmer dans des études scientifiques pour lesquelles mes sentiments étaient progressivement passés de la molle désaffection à la répugnance viscérale, j'ai simplement tapé "surdoué" dans Google (après avoir essayé "déprime" et "suis-je un raté"), juste pour être sûr que ce n'était pas ça... et là, atterrissage. Illumination. Éveil. Satori. C'était lumineux. Je n'ai pas besoin de vous faire un dessin, on est entre nous, vous connaissez ça.

Ce qui ne m'a pas empêché de passer l'année la plus naze de ma vie. J'ai mis tellement d'énergie à décrocher un diplôme dont je n'avais pas envie (et dont je n'ai d'ailleurs pas envie de parler ici), que cela m'a complètement "vidé". Fin de stage de fin d'études septembre 2012, validation du cursus dans la foulée après examen oral obtenu de justesse, évitement des formalités réputées obligatoires (du style rendre un rapport écrit, rester en contact avec le maître de stage, etc.), évidemment pas de projets pour l'année déjà commencée... je suis retourné chez mes parents pour hiberner quelques semaines, me retirer du monde, goûter au repos, après cinq années passées la tête dans le guidon, sans une once de satisfaction personnelle à la clé. Un diplôme bac +5 dont je ne ferai rien, une belle ligne sur un CV, certes, surtout quand on sait la proportion de zèbres qui n'arrivent pas jusque là... mais à quel prix ! Bref, les semaines devenant rapidement des mois, ma cure de repos s'est vite transformée en naufrage dépressif. Pas d'objectifs de vie, pas même de raisons de vivre tout court... mes études achevées, je redevenais libre comme l'air. Donc errant sans but.

J'ai vu des tas de conseillers d'orientation et de psys différents, cette année, mais ce n'est rien de tout cela dont j'avais besoin. Avant de penser à l'avenir, il est clair que j'avais besoin d'un rééquilibrage mental. C'est malheureux à dire, mais il a fallu que l'idée vienne de moi. Mes parents, avec qui je vis pourtant, ont dû finir par s'habituer à me voir mal comme ça, et ne m'ont jamais seulement suggéré d'aller me faire aider. Enfin, je mentirais par omission si je cachais que nos relations sont, déjà en temps normal, tendues. Bref. J'ai lâché un paquet de thunes chez une psy en thérapie courte, qui n'a eu aucun effet sur moi. Je l'ai quittée quand elle m'a annoncé d'un ton péremptoire que la surdouance n'avait rien à voir avec ce que je traversais. Suspect  Elle m'a quand même conseillé de voir un généraliste, juste pour connaître son avis, voir si les symptômes dépressifs ne pouvaient pas être simplement traités par la médication ; c'est bien la meilleure chose qu'elle m'ait dite. C'est ce que j'ai fait, résultat, je prends des anti-psychotiques depuis mi-août et cela fait bien deux ans que je ne m'étais pas senti aussi bien. Je sors peu à peu de la spirale de la procrastination (mon arrivée sur ce forum, dont l'idée me trottait en tête depuis septembre dernier, le prouve), j'ai recommencé à lire des choses un peu compliquées. J'arrive à m'occuper sans rester prostré à pleurnicher au fond de mon lit, ce qui auparavant arrivait, non pas tous les jours, mais assez régulièrement. Si seulement j'avais su dès le départ que ce n'était qu'un problème de chimie du cerveau, si je m'étais adressé à la bonne personne il y a 10 mois... Enfin, on ne refait pas le passé. D'ailleurs, ça ne résout que le problème de mes sautes d'humeur. Le problème de mes projets d'avenir, lui, reste entier : une année quasiment a passé, et je suis toujours en hibernation. Mais j'y travaille, avec ma généraliste.

Voilà pour mon histoire. Méga-pavasse, comme de juste. Vite fait, mes principaux centres d'intérêt : histoire ancienne, langues (vivantes et mortes), linguistique générale, philosophie. Je suis néanmoins scientifique jusqu'au bout des ongles, dans ma façon de penser, de fonctionner. Pas littéraire pour deux sous... D'où, sans doute, ma difficulté à me situer, dans le panorama des disciplines universitaires. Surtout dans un pays comme la France où il y a une aussi forte tradition de cloisonnement.

Pour le reste, on apprendra à se connaître petit à petit, du moins l'espèré-je*. Wink 

JB


* C'est pas souvent qu'on écrit "espèré" tiens, ça fait marrant de le voir écrit comme ça. D'ailleurs le correcteur auto est en train de se dire que je pète un câble. Very Happy

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Re: La vida de Juanbau

Message par Invité le Ven 13 Sep 2013 - 0:48

Bienvenue à toi,

C'est effectivement déjà un très grand pas d'être venu t'inscrire, en espérant que tes ailes continueront de pousser. Smile

J'ai moi-même pris une pause après le bac, qui finalement s'est transformé en année sabatique/dodo 15h par jours / la flemme de m'habiller/ l'impression que la vie est pourrie. Ca m'a fait du mal, mais c'était nécessaire. Je n'ai pas repris mes études, mais j'ai cherché des métiers atypiques pour m'épanouir en décalage de ce monde qui ma foi n'est pas vraiment ma tasse de thé...

J'espère que tu trouvera ta voie, tôt ou tard, bien que tôt serait bien mieux.

Au plaisir de te lire Smile

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Re: La vida de Juanbau

Message par Ardel le Ven 13 Sep 2013 - 0:49

Salut Juan, et bienvenue ! cheers

Heureux d'avoir lu ta pavasse (joli ça, je ne connaissais pas) en entier, et de voir que ça s'arrange sur la fin après un petit (gros?) trou noir au milieu.

Heureux bien sûr que tu te décides à franchir le pas et que tu deviennes acteur du forum.

Quand tu voudras, il faudra qu'on parle un peu de ta belle ligne de CV, voir si on peut se trouver des atomes crochus (t'as ptet pas fait 5 ans en n'aimant absolument rien de ce que tu faisais, quand même Wink ).

A bientôt, ou du moins je l'espère*

*je suis gentil avec les correcteurs auto, moi !

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Re: La vida de Juanbau

Message par Juanbau le Ven 13 Sep 2013 - 11:06

Merci pour votre accueil !

Je vois en effet que nous sommes passés par une phase similaire, Ailem. À ceci près que j'ai toujours essayé de garder un train de vie normal (levé 9 h, lavé, habillé, repas à heures fixes), et que dans mon cas cette crise de la quarantaine précoce m'a pris après mes études. Enfin, disons plutôt qu'elle m'a pris pendant, et que l'abcès a fini par crever juste à la fin. Du coup, vu que j'ai quand même dans l'idée de faire des études dans lesquelles je puisse m'épanouir (l'idée d'une vie de bohème ne m'attire pas trop trop, pour être honnête), c'est un peu comme si je n'avais rien fait jusqu'à présent, et que je devais repartir de zéro... c'est assez frustrant, à l'âge où certains travaillent, ont déjà un crédit immobilier, des enfants en route... Mais je suppose que nous ne sommes pas faits, précisément, pour avoir la vie de monsieur Tout-le-monde. C'est ce que mon médecin essaie de me faire rentrer dans le crâne à coups de masse. Je suis quand même curieux de savoir ce que toi tu as fait de ta vie !

Merci Ardel. Je me doutais que la question arriverait, donc parlons-en. Pourquoi j'ai fait 5 ans d'études supérieures (maths sup, maths spé + obscure école d'ingé) avant de craquer ? Tout simplement parce que je n'ai jamais su ce que je voulais faire de ma vie, que comme je l'ai dit j'avais plus de dispositions scientifiques que littéraires au lycée et que j'ai naturellement été orienté vers la prétendue "voie royale", et que j'ai, jusqu'au moins à bac +4, continué de caresser l'espoir d'un "déclic" qui viendrait peut-être... Je me berçais d'illusions, bien sûr, mais puisque je me disais qu'il fallait bien que je fasse quelque chose de ma vie et que je n'avais ni vocation ni passion stable qui puisse correspondre à un emploi précis (étudier l'arabe classique en même temps que l'histoire grecque et la sagesse néo-testamentaire, ne constitue pas en soi un métier très recherché répondant aux besoins d'une société moderne), eh bien, autant finir ce que j'avais commencé au lieu d'abandonner lâchement en cours de route, et voir après, me disais-je. Et me voici. Mais les années passées à me lever chaque matin en me disant que j'allais encore m'emmerder toute la journée à faire des trucs bidons avec des profs très peu compréhensifs et en compagnie de condisciples qui me voyaient comme un extraterrestre, ont été une épreuve globalement, même si ponctuellement j'ai pu, bien sûr, y passer de bons moments.

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Re: La vida de Juanbau

Message par siamois93 le Ven 13 Sep 2013 - 12:00

Parfois dans son cursus scolaire, on est dans le bon établissement mais pas la bonne filière. Tu peux ainsi étudier ton lycée et là où tu as fais sup et spé pour voir si, le hasard étant ce qu'il est, il n'y aurait pas des pistes à glaner.
Et ton côté créatif il dit quoi ?

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Re: La vida de Juanbau

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