Ma conception de l'instruction

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par krapopithèque le Ven 12 Juil 2013 - 7:41

Cyril THQI a écrit:
the buru a écrit:Sinon je te soutiens totalement et, si j'avais 5 ans, j'aurais été heureux d'avoir un père comme toi

Je te remercie. Reste à savoir si mes enfants seront de ton avis.


Et oui c 'est là le véritable challenge car si les dix prochaines années vont être préférables pour tes enfants comparées au milieu "E.N." ensuite , à l'adolescence cela risque de dysfonctionner .

Mais je suis convaincu que ces problèmes futurs seront vécus différemment de ce que l'on a vécu .

Bravo pour ton courage et bonne réussite . sunny


http://www.sophie-cote.fr/index.html pour infos


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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Uccen le Ven 12 Juil 2013 - 7:55

Cyril THQI a écrit:

Ainsi, aux 3 objectifs fondamentaux que j'estime philosophiquement défendables s'en ajoutent 2 autres à l'école :
- La promotion d'idéologies
- La défense d'intérêts de groupes étrangers ou minoritaires


Et la défense d'intérêts majoritaires, mais cela rejoint pour une part l'idéologie, ou ne pose peut-être pas problème....

D'ailleurs je ne vois pas vraiment comment l'on peut séparer philosophie et idéologie.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par bepo le Ven 12 Juil 2013 - 13:54

On peut aussi, bien que ce soit malgré tout un rôle quasi biologique des parents, regretter que l'enseignement à domicile mette le parent en situation de plein pouvoir.
C'est une source d'enrichissement pour l'enfant que d'être confronté au monde extérieur et apprendre à se faire une opinion en expliquant son ressenti à ses parents qui ne savent rien de ce qui va dire dit. L'enfant est ainsi pleinement responsable de cette communication avec les parents.
Il apprend aussi a mettre en cohérence des points de vues différents en les classant, les comparant.

Je suis persuadé qu'une éducation qui prépare à une vie doit être elle même à l'image de cette vie. En fait pour préciser, l’école idéale serait celle de la vie.
Donc préparer à une vie en société ne peut se concevoir en dehors. Ou alors cette éducation prépare à autre chose. (et donc il faut prévoir les patchs et corrections de bugs ultérieurs)
Préparer à un monde imparfait signifie nager dans cette imperfection, mais avec les clef de décryptage à portée.
C'est le degré de cohérence au cours de l'enfance et entre le monde adulte et le monde de l'enfance qui importe le plus. Une qualité objective et quantifiable, si elle était possible à définir jouerait a mon avis un rôle prédictif beaucoup plus faible.

Sauf a considérer qu'il soit possible de fournir aux enfant un équilibre complet, complètement et totalement dénué d'influences névrotiques. C’est évidement a ne pas exclure, mais il me semble que le risque est trop grand pour ne pas sacrifier un peut d’équilibre, et donc de potentialité, à une adaptation spécifique dans un certain nombre de domaines.
On en revient à l'idée qu'un décalage de plus de deux écart type rend la notion d'une échelle de pertinence continue dans l'expression de l'intelligence humaine, caduque. Un avis plus intelligent est ainsi perçu comme inadapté. En appliquant ce raisonnement à l’éducation elle doit donc être fournie dans cette fourchette pour être fructueuse, ou en tous cas apprendre à gérer cette difficulté. Et comme la mise en situation me semble la meilleure solution...

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Aristarque le Ven 12 Juil 2013 - 14:21

qwerty a écrit:On peut aussi, bien que ce soit malgré tout un rôle quasi biologique des parents, regretter que l'enseignement à domicile mette le parent en situation de plein pouvoir.
C'est une source d'enrichissement pour l'enfant que d'être confronté au monde extérieur et apprendre à se faire une opinion en expliquant son ressenti à ses parents qui ne savent rien de ce qui va dire dit. L'enfant est ainsi pleinement responsable de cette communication avec les parents.
Il apprend aussi a mettre en cohérence des points de vues différents en les classant, les comparant.

Je suis persuadé qu'une éducation qui prépare à une vie doit être elle même à l'image de cette vie. En fait pour préciser, l’école idéale serait celle de la vie.
Donc préparer à une vie en société ne peut se concevoir en dehors. Ou alors cette éducation prépare à autre chose. (et donc il faut prévoir les patchs et corrections de bugs ultérieurs)


Salut qwerty (et les autres),

Merci à Cyril d'avoir lancé ce sujet passionnant (et de se lancer lui-même dans le projet!).

En lisant le message de qwerty, et en espérant ne pas être blessant (là n'est pas mon intention), je suis pantois et je ressens des frissons quand je lis "qu'une éducation qui prépare à une vie doit être elle(-)même à l'image de cette vie". C'est en contradiction avec un des éléments de la "conception" que je peux avoir de la vie: faite de créativité, d'inattendus, de possibilité de changer mille fois le cours de son existence, la vie est un des exemples-types de cette part du "réel" dont on ne peut précisément pas produire d'image, et certainement pas à l'avance... On peut l'anticiper (se "l'imaginer"), certes, mais l'idée que le présent doit être à l'image d'un avenir que l'on s'imagine, c'est risquer de ne pas laisser nos propres ressources individuelles s'exprimer au "bon" moment. Certes, nombre d'entre nous sont sans doute toujours dans l'anticipation, dans la "prédiction"... nous (enfin, les zèbres moins que d'autres) sommes conditionnés à acquérir des habitudes, un "ethos", au point de nous y enfermer et de pourrir les relations sociales, dépourvues alors de créativité et de "fraîcheur".

Je peux bien entendu avoir quelque lucidité sur l'état (parfois déplorable) de notre monde et de notre société. Cela n'empêche pas à mon sens de donner à nos enfants une éducation dans un contexte "décalé" ou divergent de ce monde et de cette société.



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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Invité le Ven 12 Juil 2013 - 19:18

Bonjour Cyril

Je vais suivre ton fil avec intérêt. J'ai beaucoup de questions à te poser, mais comme d'habitude je vais attendre un peu et puis revenir plus tard.

C'est très courageux, et généreux envers tes enfants de te soucier de leur éducation de la sorte. Si j'ai des questions que je juge trop personnelle, je te les enverrai par MP si tu l'acceptes.


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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Dauphin le Ven 12 Juil 2013 - 23:24

qwerty a écrit:On peut aussi, bien que ce soit malgré tout un rôle quasi biologique des parents, regretter que l'enseignement à domicile mette le parent en situation de plein pouvoir.
Pleins pouvoirs: qu'entends-tu par là? De ce que je comprends, tu négliges le positionnement dudit parent...mais je n'ai peut-être pas bien compris! Un interlocuteur "unique" (ce qui n'est d'ailleurs pas présenté comme tel par Cyril) n'est pas forcément en situation de "pleins pouvoirs", sa posture influe...

qwerty a écrit:C'est une source d'enrichissement pour l'enfant que d'être confronté au monde extérieur et apprendre à se faire une opinion en expliquant son ressenti à ses parents qui ne savent rien de ce qui va dire dit. L'enfant est ainsi pleinement responsable de cette communication avec les parents.
Cyril prévoit a priori plus de rencontres extérieures que n'en ont lieu à l'école...
Tu supputes là que l'enfant raconte forcément sa journée à ses parents, une fois à la maison: ce n'est pas le cas de tous!
Quant à la pleine responsabilité de l'enfant dans la communication avec ses parents...elle peut se cultiver autrement...!

qwerty a écrit:Il apprend aussi a mettre en cohérence des points de vues différents en les classant, les comparant.
Déjà envisagé (fil à relire: question déjà posée; réponse donnée)

qwerty a écrit:Je suis persuadé qu'une éducation qui prépare à une vie doit être elle même à l'image de cette vie. En fait pour préciser, l’école idéale serait celle de la vie.
Donc préparer à une vie en société ne peut se concevoir en dehors.
Ce n'est d'ailleurs pas contradictoire avec une non scolarisation ds l'EN...

qwerty a écrit:Ou alors cette éducation prépare à autre chose. (et donc il faut prévoir les patchs et corrections de bugs ultérieurs)
Un peu de précision me serait utile...!

qwerty a écrit:Préparer à un monde imparfait signifie nager dans cette imperfection, mais avec les clef de décryptage à portée.
socio-psychologie...(entre autres)

qwerty a écrit:C'est le degré de cohérence au cours de l'enfance et entre le monde adulte et le monde de l'enfance qui importe le plus. Une qualité objective et quantifiable, si elle était possible à définir jouerait a mon avis un rôle prédictif beaucoup plus faible.
???

qwerty a écrit:Sauf a considérer qu'il soit possible de fournir aux enfant un équilibre complet, complètement et totalement dénué d'influences névrotiques.

C'est où le monde dénué d'influences?

qwerty a écrit:C’est évidement a ne pas exclure, mais il me semble que le risque est trop grand pour ne pas sacrifier un peut d’équilibre, et donc de potentialité, à une adaptation spécifique dans un certain nombre de domaines.
Là il y a incompréhension...mais de la part de qui?...

qwerty a écrit:On en revient à l'idée qu'un décalage de plus de deux écart type rend la notion d'une échelle de pertinence continue dans l'expression de l'intelligence humaine, caduque. Un avis plus intelligent est ainsi perçu comme inadapté.
Le décalage responsable de l'incompréhension ne vient pas du QI, mais du mode de fonctionnement...

qwerty a écrit:En appliquant ce raisonnement à l’éducation elle doit donc être fournie dans cette fourchette pour être fructueuse, ou en tous cas apprendre à gérer cette difficulté. Et comme la mise en situation me semble la meilleure solution...
En même temps, ne pas oublier qu'un enfant reste un enfant...! Wink

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cyril THQI le Sam 13 Juil 2013 - 17:00

Je remercie tous ceux qui me soutiennent dans mon projet. Ces encouragements ont d'autant plus de valeur que ma démarche est atypique.

mrs doubtfull a écrit:D'autre part, il y a des enfants pour lesquels travailler avec leurs parents s'avère très difficile, notamment à partir de la pré adolescence. Je ne pense pas que ce soit chose aisée d'enseigner dans des situations conflictuelles, avec une distance forcément moindre au niveau affectif qu'avec un prof lambda du collège voisin.
C'est effectivement le problème que je crains le plus. Le problème est qu'un grand nombre de choses fondamentales que je souhaite que mes enfants sachent ne seront pas enseignées par le prof lambda. Et je me sentirais obliger de passer derrière pour corriger les différentes erreurs des profs.

Uccen a écrit:D'ailleurs je ne vois pas vraiment comment l'on peut séparer philosophie et idéologie.
J'ai écrit que je souhaite enseigner la philosophie mais que je n'approuve pas la promotion d'idéologies à l'école. Pour moi, enseigner la philosophie implique d'enseigner l'esprit critique. Tout système philosophique doit être étudié avec un œil critique pour en déceler les failles. La promotion d'une idéologie, au contraire fuit la critique et cherche par différents moyens l'adhésion.

qwerty a écrit:On peut aussi, bien que ce soit malgré tout un rôle quasi biologique des parents, regretter que l'enseignement à domicile mette le parent en situation de plein pouvoir.
Ce n'est pas une situation de pleins pouvoirs. Les parents sont inspectés une fois par an. Il est vérifié que leur instruction ne met pas à retard l'enfant pour l'obtention du « tronc commun ».

qwerty a écrit:C'est une source d'enrichissement pour l'enfant que d'être confronté au monde extérieur
Bien entendu ! Mais le monde extérieur à quoi ? A la famille ? A l'école ? Vous pensez sans doute au monde extérieur à la famille. Il n'est pas question d'enfermer nos enfants, mais au contraire de les mettre en contact autant physique qu'intellectuel avec divers aspects et milieux de la société. L'éducation de l'Emile de Jean-Jacques Rousseau se fonde sur le contact avec le monde. Et Emile n'est pas scolarisé.

N'est-ce pas plutôt l'école qui limite la confrontation au monde extérieur à elle-même ? J'ai parlé avec plusieurs parents pratiquant l'instruction en famille. Pour nombre d'entre eux, le souci de mettre en contact l'enfant avec le monde extérieur à l'école apparaît parmi les premières raisons de leur choix.

qwerty a écrit:... et apprendre à se faire une opinion en expliquant son ressenti à ses parents qui ne savent rien de ce qui va dire dit.
A-t-on besoin d'enseigner à un enfant à se faire une opinion ? Il s'en fait très bien seul sans qu'on demande ou qu'on fasse quoi que soit. L'important n'est pas de savoir s'il va ou non se construire une opinion mais de savoir à partir de quoi il va se la construire. Lorsque j'écoute à droite à gauche les gens exprimer leurs opinions (sur ZC et dans les cafés philo y compris), j'entends le plus souvent des lieux communs. J'ai bien souvent l'impression qu'ils ne font que répéter des idées entendues. J'observe un très fort mimétisme. Ces opinions sont souvent basées sur des raisonnement fallacieux ou des données fausses.

A mon sens, en la matière, la tâche de l'enseignant est triple :

1. Il doit donner à l'enfant des connaissances qui lui permettront jauger les idées qu'on lui proposera ou qu'il imaginera.

2. Il doit avoir des connaissances épistémologiques et logiques solides.

3. Il doit entraîner son sens critique. L'important n'est pas de donner son avis et de le défendre, mais au contraire de le critiquer et de critiquer celui des autres.

qwerty a écrit:Je suis persuadé qu'une éducation qui prépare à une vie doit être elle même à l'image de cette vie.
Las ou heureusement, nous n'avons pas de boule de cristal pour savoir ce que sera cette vie. Et qu'entendez-vous par « être à l'image » ? De toute façon, la vie n'est pas figée. Elle est multiple dans l'espace et dans le temps. On ne peut « être à l'image » de tous les possibles. On doit être prêt à l'imprévisible.

qwerty a écrit:En fait pour préciser, l’école idéale serait celle de la vie.
Amusant cela. Car lorsqu'on parle de l'école de la vie on le fait justement en opposition avec l'institution scolaire.

qwerty a écrit:Donc préparer à une vie en société ne peut se concevoir en dehors.
Là encore le hiatus repose sur ce que vous et moi considérons comme en dehors de la vie en société. Pour moi, l'école met les individus dans une situation très particulière qu'il ne rencontreront guère après et que je pourrais à la limite considérer comme en dehors de la vie en société, alors que vous semblez imaginer que des parents qui s'occupent de l'instruction de leurs enfants les enferment dans un univers propre et n'ont guère de contacts avec l'extérieur. Avis que bien entendu je ne partage pas.

qwerty a écrit:C'est le degré de cohérence au cours de l'enfance et entre le monde adulte et le monde de l'enfance qui importe le plus.
J'ignore ce qu'est ce degré de cohérence dont vous parlez.

Pour résumer, j'ai le sentiment de lire beaucoup de pétitions de principe dans votre discours.

Colours a écrit:Je vais suivre ton fil avec intérêt. J'ai beaucoup de questions à te poser, mais comme d'habitude je vais attendre un peu et puis revenir plus tard.

C'est très courageux, et généreux envers tes enfants de te soucier de leur éducation de la sorte. Si j'ai des questions que je juge trop personnelle, je te les enverrai par MP si tu l'acceptes.
N'hésite pas à poser tes questions publiquement. Si je les estime trop personnelles, je le ferai savoir à ce moment-là.


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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Bayadère le Sam 13 Juil 2013 - 17:30

Je ne peux que souhaiter une réussite à cette démarche, certes atypique, mais qui semble mûrement réfléchie et préparée.

Je peux seulement t'apporter une petite vision de ce qu'implique le travail avec un préado lorsque le parent est aussi l'enseignant.

J'ai vécu cette situation, non pas pour un cadre scolaire, il est vrai, mais pour mes cours de danse. Je suivais cet enseignement 1h30 tous les jours. Vers mes dix ans, j'avais avec ma mère en tant que pédagogue une très grand complicité, qui a cependant aussi déteint dans nos rapport personnels à la maison lorsque la puberté est arrivée.

Nos conversations versaient dans ce rapport hiérarchique quasi-permanent, et à l'âge où je voulais et devais (pour mon esprit critique) commencer à jauger les différentes démarches de mes parents, y compris professionnelles, la maison s'est transformée en champ de batailles, de piques, de joutes.

Encore une fois, il y avait un amalgame entre le rôle d'enseignant, d'instructeur de vie, de parent protecteur, d'instance "punitive" (plutôt législative, dirais-je), si bien que les mésententes d'une tranche des activités alimentait la rancœur de l'autre. Ainsi, un des moyens de montrer mon mécontentent consistait en un "sabotage" de certains leçons, avec provocation, refus d'obtempérer. De même, pour nourrir les conflits internes et propres d'une famille, je faisais référence à des activités "scolaires" de ma mère. Carnage assuré.

Il n'est pas dit que tes enfants seront aussi bellicistes et têtus que moi, mais maintes fois, la situation devenait intolérable. Elle s'est achevée assez tragiquement avec un accident de danse, qui m'a affaiblie, a encore nourri de l'animosité contre une mère qui n'avait pas su ou pu prendre assez de recul entre deux rôles pour remarquer la fatigue physique. Nous avons traversé une période de crise, et si nos rapports sont des plus enviables aujourd'hui, je te mentirais en disant que c'était l'issue inéluctable.

Je te conseillerais donc (si jamais tu me le permets, et si ce n'est pas trop présomptueux Smile ), de penser à une tierce personne, un homme ou une femme de confiance, mais qui soit respecté(e) par tes enfants, qui pourrait éventuellement prendre le relai de certains enseignements - toujours selon ta méthode, avec tes idéaux - lors de ces années difficiles. Cela aurait l'avantage de perpétuer ton travail, mais de ne pas l'interrompre pour des raisons de divergences personnelles qui, par un effet de vase communicants, viendraient altérer l'acquisition de connaissances, de méthodes de travail, et d'un esprit alerte capable d'assumer et de construire un individu lucide et équilibré.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cyril THQI le Sam 13 Juil 2013 - 17:44

Merci Bayadère pour ce témoignage. Dans la mesure du possible, je compte faire intervenir d'autres personnes. Pas seulement une mais plusieurs. Mon boulot de prof de piano me donne une position stratégique pour cela. Mes élèves adultes ou parents d'élèves proviennent la plupart de milieux cultivés. Je proposerai à certains un échange de service. Vous enseignez à mes enfant telle chose correspondant à votre domaine de compétence et je donne des cours de piano gratuitement à vous ou vos à enfants en échange. J'en ai déjà parlé à plusieurs de mes parents d'élèves. La plupart sont partants.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Invité le Sam 13 Juil 2013 - 18:28

Je suis tout à fait convaincue par ta conception de l'instruction, Cyril, et ton projet me paraît vraiment mûrement réfléchi à tout point de vue! Belle réflexion!
L'un de mes fils, enfant précoce, m'avait demandée, alors qu'il avait 8 ans de suivre des cours à la maison, tant le milieu scolaire lui insupportait! Il avait pourtant la chance de pouvoir étudier seul lorsqu'il avait fini le "programme commun", étant dans une école qui prenait en compte toutes les différences, mais apparemment il n'a jamais pu se socialiser de façon satisfaisante pour lui. Au fil des années, et avec mon aide modeste, il a réussi à supporter le collège, puis le lycée, et vient d'avoir son bac; il a toujours étudié les sujets qui l'intéressaient de façon autonome, et toujours avec mon aide.
Il intègre la fac à la rentrée, ce qui lui conviendra mieux puisqu'il pourra travailler en grande partie seul. Je dois souligner qu'il ne souhaitait pas faire d'activités en dehors de l'école car, disait-il, il "voyait assez les autres comme ça!"
Tout cela pour te dire, Cyril, que si c'était à refaire, je scolariserais mon fils à la maison, la socialisation par le biais de l'école étant somme toute illusoire pour certains enfants, je crois plus effectivement aux sorties dans les parcs, sous surveillance mais en laissant l'enfant aller vers les autres, aux activités associatives, sportives et artistiques, et aux autres rencontres avec des enfants d'amis.
Je précise que les enfants précoces qui ont "sauté" des classes sont monnaie courante dans ma famille... avec du bon et du moins bon, en gros cela s'est bien passé pour les acquisitions de savoirs, mais moins bien hélas pour ce qui s'agit du plan humain : intégration difficile avec les enfants de la classe d'âge supérieur! Pour cette raison, j'ai refusé que mon fils saute une classe, étant bien entendu qu'il pouvait compléter ses acquis à la maison, ce dont il ne s'est pas privé, notamment au travers de lectures qu'il choisissait toujours!


Dernière édition par rain and tears le Sam 13 Juil 2013 - 18:51, édité 1 fois (Raison : précision)

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Invité le Sam 13 Juil 2013 - 20:40

.


Dernière édition par Puzzle le Dim 5 Jan 2014 - 21:35, édité 1 fois

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cyril THQI le Dim 14 Juil 2013 - 8:33

Merci rain and tears et Puzzle pour vos encouragements. Merci aussi pour le lien.

Nous parlons beaucoup de la socialisation. Certains pensent que l'Education Nationale la facilite plus que la famille. D'autres comme moi, pensent le contraire. Mais bien que la socialisation soit une des raisons qui me font souhaiter soustraire mes enfants à l'école, elle n'est pas la seule. J'estime que certains savoirs et savoir faire très importants ne sont pas enseignés à l'école. L'école souffre de lacunes profondes en matière d'enseignement. Même si j'envoyais mes enfants à l'école, que j'estime qu'il y trouveront un milieu favorable à leur socialisation ou que j'y sois contraint par diverses raisons, j'estimerais tout de même de mon devoir de leur enseigner toutes ces choses cruciales dont ne parle pas ou peu l'école. Voici quelques exemples :

L'autonomie.
Il s'agit d'enseigner des savoirs et savoir faire permettant à l'individu d'être le moins possible dépendant d'autrui. L'évolution de la société actuelle va exactement dans le sens inverse, rendant chaque jour la population un peu plus dépendante à travers une multitude de dimensions. L'autonomie poussée à l'extrême est l'autarcie. Cette question de l'autarcie est clairement posée par le livre de Daniel Defoe, Robinson Crusoé. Il est important que la population s'approprie des outils qui auraient été utiles à ce personnage de fiction. Ils sont très nombreux. Mais il s'agit aussi de savoir comment être autonome en supposant acquis certains apports de la société (que l'enseignant suppose suffisamment pérennes), l'autarcie réelle n'étant guère envisageable.

Il s'agit donc de savoir cueillir (alimentation et médication), chasser, pêcher, jardiner, se déplacer, se protéger, se soigner, construire, réparer, transformer, communiquer, etc. en faisant le moins possible appel au travail d'autrui.

La philosophie.
Elle n'est enseignée qu'en terminale. C'est-à-dire trop tard. Que pourrait-on attendre d'un enseignement des autres disciplines s'il ne se faisait qu'en terminale ? Pas grand chose. Il en est de même pour la philosophie. Je pense que cette éviction de la philosophie de l'enseignement n'est pas innocente. La philosophie permet de développer des critiques profondes de la société. Le philosophe est plus libre, et peut plus facilement remettre en cause le pouvoir établi. Les individus sont plus différents les uns des autres et par conséquent plus difficiles à diriger en tant que groupe. On comprend alors que le pouvoir n'ait pas intérêt à ce que la pensée philosophique se répande dans la population et  la cantonne aux classes de terminale. L'enseignement de la philosophie en tant qu'outil majeur pour améliorer la société doit être entrepris bien plus tôt et bien plus sérieusement. L'une de mes anciennes élèves ayant un QI mesuré à 147, fait partie d'une association réunissant des enfants surdoués de tous âges. Ils ont diverses activités dont la philosophie. Elle m'a dit que les enfants plus jeunes sont plus intéressés que les plus vieux. Cela va dans le sens de mon opinion selon laquelle la philosophie a une fonction de fondement. Les fondements ont d'autant plus de valeur qu'on est jeune. La « philosophie » des adultes est plus une philosophie de refondation qu'une authentique philosophie de fondation.

Les sciences humaines.
Nous vivons dans un milieu humain. Notre cerveau doit gérer quotidiennement des informations relatives aux humains, bien plus que des informations relatives au monde physique ou au monde biologique et bien plus encore que des informations relatives à l'histoire, à la littérature, à la musique ou aux arts plastiques. Et pourtant la psychologie et la sociologie ne sont quasiment pas abordée.

De nombreuses connaissances issues de la recherche dans ces disciplines seraient très utiles aux gens pour gérer leurs rapports avec les autres au mieux. Et même leurs rapports avec eux-mêmes.

La marche du monde.
Pour choisir sa vie, pour choisir son rôle dans le monde, il est important de le connaître. Il faut connaître les rapports de pouvoir entre nations et entre groupes d'individus pour comprendre comment notre vie s'insère dans cette gigantesque machine. Comprenant la machine, nous comprenons notre rôle en tant que rouage. Lorsque nous avons conscience des effets de nos actions sur la marche du monde, nous pouvons alors choisir d'agir conformément aux valeurs morales et politiques issues de notre réflexion philosophique.

Le mensonge est la règle en matière d'information publique sur la marche du monde. Il faut donc à effectuer un gros travail de recherche d'information qui doit être soumis à un esprit critique aiguisé (aidé en cela par la réflexion philosophique sur la logique et l'épistémologie, ainsi que par la connaissance des biais classiques du raisonnement humain (voir par exemple Tversky et Kahnemann).

Cette liste n'est pas exhaustive. Et pourtant elle nécessite déjà un enseignement régulier et important sur de nombreuses années.

Cyril THQI
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Re: Ma conception de l'instruction

Message par krapopithèque le Dim 14 Juil 2013 - 9:00

Toujours d ' accord avec ces quatre derniers points !

On connait l ' expression : " nul n'est censé ignorer la loi " mais à l ' E.N. on l 'oublie (même le code soleil)

Bonne poursuite ' sunny 

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Lanaka le Lun 15 Juil 2013 - 11:25

Je n'ai pas lu toutes les réponses mais tu sembles au courant de la pédagogie Montessori et tu t'en inspires pour une bonne part; pourquoi ne pas inscrire tes enfants à une de ces écoles?

Autre point à relever est que du fait de ta relations avec tes enfants ceux-ci ne te considéreront pas nécessairement comme un pédagogue, je pense que les difficultés principales et les faiblesses de la scolarité à la maison pourraient venir de ce point. Pour ma part, l'exemple flagrant est la musique: bien qu'à la maison j'essaie de faire travailler mes enfants exactement de la même manière que leur professeur, le résultat est loin d'être à la hauteur. Ils posent sur moi un regard plus critique et n'écoutent pas nécessairement les consignes quand c'est moi qui les donne alors qu'il ne leur viendrait pas à l'idée de défier ainsi leur professeur (et donc le temps qu'ils ne perdent pas à cela est utilisé plus efficacement afin d'obtenir les résultats). Je pense qu'il est important qu'ils travaillent avec un intervenant extérieur à la famille, au moins pour une partie des activités. Par ailleurs, cette autre personnalité, autre vision du monde, autres exigences, autre rapport sont en eux-mêmes une source d'apprentissage et d'adaptation à faire par l'enfant. Par ailleurs, je pourrai dire la même chose du lieu -il n'est pas du tout de la même dynamique de se rendre à son école et de rentrer ensuite chez soi ou de rester dans le même lieu pour le travail, l'affectif, le sommeil... où serait leur refuge en cas de conflit éventuel? Maman de quatre enfants je constate que quand ils ne sortent pas ils sont très excités et énervés... et pourtant nous avons un jardin! Certes tu vas dire qu'on n'est pas obligés de rester à la maison  mais tu m'accorderas que des "sorties" ce n'est pas la même chose que d'avoir un lieu de travail. Beaucoup d'adultes ont du mal à travailler à la maison, pour les enfants la tâche sera encore plus complexe.

Aussi, penses-tu avoir la force morale nécessaire pour gérer tout ça? Il est dur de rester en permanence avec ses enfants, à force de donner on se sent vidé... où et quand penses-tu te ressourcer? Tout en sachant que plus ton implication et ta présence soient grandes et plus et plus souvent tu auras besoin de "décrocher".

Je comprends tes motivations et tes craintes, j'avais (et j'ai toujours) les mêmes concernant l'école telle qu'elle est; mais je doute que retirer (ou plutôt ne pas mettre) ses enfants dans le système soit nécessairement une bonne solution, ne serait-ce que parce que à un moment où un autre ils devront de toute manière affronter cette société dont ils devront faire partie une fois adultes. N'as-tu pas peur que si tu ne leur "infliges" pas cette souffrance à dose de vaccin que le choc de la réalité soit d'autant plus douloureux quand ils devront s'y confronter après avoir été élevés dans un cocon protecteur crée à leur mesure?

Si vraiment tu ne veux pas les mettre dans l'école même hors contrat, pense peut-être à les inscrire à des activités extrascolaires et école de musique. Les miens pratiquent le hockey sur glace et c'est une grande source d'épanouissement pour eux: il y a l'équipe où tous les enfants, malgré leurs différences, ont un objectif commun (éviter le foot qui est très individualiste!!) quant à la musique les cours individuels permettent à l'enfant d'évoluer à son rythme mais il se retrouve également en groupe au travers du solfège, chant, orchestre...

Autre chose, tu sembles très sûr de tes choix ce qui est une bonne chose en soi, mais sache que les enfants te forceront à revoir un certain nombre de points car ça ne se passe jamais vraiment comme prévu avec eux, et plus ils grandissent plus l'écart peut être important. Parfois, la seule bonne volonté ne suffit pas.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Pieyre le Lun 15 Juil 2013 - 12:15

J'ai toujours bien aimé l'école, c'est-à-dire le fait d'y être instruit, mais sans avoir finalement appris grand-chose en classe. Le plus souvent je n'écoutais pas et je me contentais de copier, me réservant d'apprendre et de comprendre en travaillant négligemment chez moi. Sur le plan de l'acquisition des savoirs, des cours par correspondance auraient été aussi utiles, pour un temps passé bien moindre.

Il me semble que le système idéal pour l'enfant serait d'alterner des cours avec des précepteurs habilités (et rémunérés par l'État pour les savoirs fondamentaux) et des activités en petits groupes là où la mise en relation des savoirs et des compétences est utile.
Par ailleurs il me paraîtrait souhaitable d'organiser différemment les examens et concours. Ils seraient à la fois plus fréquents, toujours passés en groupe mais avec un caractère moins définitif que les épreuves de sélection en fin d'année scolaire.

Mais bien sûr cette conception s'accompagne de deux inconvénients :
— en fonction des stratégies de choix des parents, il serait difficile de limiter les disparités de la qualité de l'enseignement;
— il faudrait y consacrer des moyens financiers importants.

À y bien réfléchir, ces deux inconvénients sont déjà présents dans le système actuels, du fait de sa lourdeur notamment. Une évaluation serait donc nécessaire dans un premier temps.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cyril THQI le Lun 15 Juil 2013 - 14:40

Lanaka, il est dommage que tu n'aies pas lu toutes les réponses car un bon nombre de remarques que tu fais ont déjà été exprimées et j'y ai déjà répondu. Je vais donc me focaliser sur ce qui est spécifique dans ton message.

Mon approche est très éloignée de l'approche de Maria Montessori. Je partage avec elle le souci de l'environnement de l'enfant (qu'elle appelle « ambiance »). Je suis également d'accord avec son slogan « Aide-moi à faire seul ». Pour le reste nos conceptions sont très différentes. Je trouve son action bien plus proche de ce que je vois à l'école que de ce que je souhaite mettre en place.

Lanaka a écrit:Autre point à relever est que du fait de ta relations avec tes enfants ceux-ci ne te considéreront pas nécessairement comme un pédagogue,
Au contraire ! Un enfant en bas-âge considère toujours que ses parents sont ses instructeurs. A un moment, un retournement de situation peut se faire. Mais pour quelle raison ? Cela ne pourrait-il pas être parce que les parents ont abdiqué leur rôle ? Parce que justement ils ont abandonné l'instruction de leur enfant ? A partir du moment ou mes parents m'ont expliqué que je devais aller à l'école pour apprendre certaines choses, la relation de confiance était perdue. Ils sont tombés de leur piédestal. Et je suis devenu bien plus imperméable à leur discours. Ils ont perdu énormément en autorité en me faisant comprendre implicitement que des étrangers leur étaient supérieurs pour s'occuper de moi et qu'ils ne souhaitaient pas faire d'effort pour pallier à ce problème.

Pour moi le comportement de vos enfants est logique. Vous leur avez dit que leur professeur de musique n'était pas vous. Ils en tirent les conséquences. Lorsque je désignerai quelqu'un pour s'occuper de tel ou tel enseignement, je ne pense pas pouvoir faire marche arrière. J'aurai perdu toute crédibilité pour enseigner cette discipline.  

Dans l'ensemble, les familles faisant l'instruction ne se plaignent pas souvent de rébellion de la part de leurs enfants.

Lanaka a écrit:Par ailleurs, je pourrai dire la même chose du lieu -il n'est pas du tout de la même dynamique de se rendre à son école et de rentrer ensuite chez soi ou de rester dans le même lieu pour le travail, l'affectif, le sommeil...
Qui te dit que ce sera le même lieu ? En ce moment, 2 pièces de la maison sont dédiées uniquement à l'enseignement. Et je pense que la plupart des enseignements futurs auront lieu en dehors de la maison dans des lieux divers (bibliothèques, forêts, plage, amis, lieux de réalisation d'une activité particulière, lieux à découvrir, etc.). Au contraire, l'école enferme les enfants dans un endroit monolithique pendant de longues durées, ce qui est à mon sens assez déprimant et pauvre intellectuellement.

Je trouve très étrange cette assimilation régulière de l'instruction en famille à un enfermement dans une maison, alors que bien souvent nous serons dehors lorsque les autres seront enfermés en classe.

Lanaka a écrit:Aussi, penses-tu avoir la force morale nécessaire pour gérer tout ça? Il est dur de rester en permanence avec ses enfants, à force de donner on se sent vidé... où et quand penses-tu te ressourcer? Tout en sachant que plus ton implication et ta présence soient grandes et plus et plus souvent tu auras besoin de "décrocher".
Aujourd'hui, je consacre une bonne partie de mon temps libre à ma fille et je ne m'en sens pas plus mal. Au contraire. Je ne me sens pas vidé, mais plutôt comblé par la relation. Je ne ressens pas ce besoin de ressourcement parce que ce que je fais me convient.

Lanaka a écrit:Si vraiment tu ne veux pas les mettre dans l'école même hors contrat, pense peut-être à les inscrire à des activités extrascolaires et école de musique.
Lorsqu'il n'y a pas de scolarité, il n'y pas non plus d'activité extrascolaire. Cette distinction n'a pas de sens dans ce contexte.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Lanaka le Lun 15 Juil 2013 - 16:09

Attention, d'après ce que je lis entre les lignes tes motivations semblent être en bonne partie centrées sur toi -je ne remets pas en cause ton envie sincère de faire de ton mieux pour tes enfants- mais on dirait que à travers ce choix tu cherches à réparer quelque mal qui t'a été fait à toi.

Je vais juste répondre à un point:

Au contraire ! Un enfant en bas-âge considère toujours que ses parents sont ses instructeurs. A un moment, un retournement de situation peut se faire. Mais pour quelle raison ? Cela ne pourrait-il pas être parce que les parents ont abdiqué leur rôle ? Parce que justement ils ont abandonné l'instruction de leur enfant ? A partir du moment ou mes parents m'ont expliqué que je devais aller à l'école pour apprendre certaines choses, la relation de confiance était perdue. Ils sont tombés de leur piédestal. Et je suis devenu bien plus imperméable à leur discours. Ils ont perdu énormément en autorité en me faisant comprendre implicitement que des étrangers leur étaient supérieurs pour s'occuper de moi et qu'ils ne souhaitaient pas faire d'effort pour pallier à ce problème.

Dans la relation au parent l'affectif est au premier plan. L'enfant connait son parent mieux que le parent ne connait l'enfant, il est à même de le manipuler de manière efficace. De plus, quand tu parles de la raison du retournement, pour moi elle est bien plus simple: le besoin de se détacher de ses parents justement, d'affirmer son propre moi. Et cela commence dès 18 mois pour certains enfants avec la fameuse phase du non! Et puis, que fais-tu de la personnalité de chacun? Qui te dit que tu t'entendras forcément avec ton enfant quand celui-ci va grandir un peu?... Enfin, plus ton enfant est intelligent et plus il TE remettra en question, d'autant plus que tu dis vouloir le mener à l'autonomie. Si tu n'est QUE son père, il va remettre en question ton autorité et tes valeurs (ça arrive bien avant l'adolescence...), si tu es en plus son principal enseignant, il remettra en cause ton enseignement.

Pour moi le comportement de vos enfants est logique. Vous leur avez dit que leur professeur de musique n'était pas vous. Ils en tirent les conséquences. Lorsque je désignerai quelqu'un pour s'occuper de tel ou tel enseignement, je ne pense pas pouvoir faire marche arrière. J'aurai perdu toute crédibilité pour enseigner cette discipline.

J'ai le sentiment que c'est bien là que le bat blesse. Cette envie d'être au centre de leur univers, ne surtout pas déléguer à quelqu'un, les protéger à tout prix contre des incompétents, les idiots, ceux qui ne comprennent pas, les pas assez bien, les autres. Au fond, je crois que si quelqu'un se montrait à la hauteur ce serait encore plus frustrant... de perdre ce piédestal de père omnipotent et omniprésent...

Lorsqu'il n'y a pas de scolarité, il n'y pas non plus d'activité extrascolaire. Cette distinction n'a pas de sens dans ce contexte.

Bien que les zèbres aient souvent des problèmes avec le sens caché de mots je suis sûre que celui de ma phrase ne vous a pas échappé: peu importe comment vous appellerez ces fameuses activités, le but étant de donner à l'enfant accès à d'autres adultes, d'autres règles, d'autres modes de pensée et d'autres références que la manière de faire pratiquée à la maison (on a bien évidemment moins d'impact sur une structure que sur UN adulte en particulier que l'on choisirait pour faire intervenir auprès de son enfant)

Aujourd'hui, je consacre une bonne partie de mon temps libre à ma fille et je ne m'en sens pas plus mal. Au contraire. Je ne me sens pas vidé, mais plutôt comblé par la relation. Je ne ressens pas ce besoin de ressourcement parce que ce que je fais me convient.

Quelle sorte de relation? Sincèrement, pour ayant fait le choix d'être mère au foyer je connais assez bien le problème... élever un enfant est une source de bonheur et d'émerveillement inépuisable, toutefois au moins jusque l'âge de 9/10 ans l'échange intellectuel reste limité (je n'ai pas dit inexistant!) et l'apport d'information se fait presque exclusivement à sens unique (même si bien entendu ils nous surprennent toujours par leurs mots et propos si pertinents). Autre point est la responsabilité de son enfant. Permanente, elle finit par être étouffante. Une chose est de "passer beaucoup de temps avec son enfant", s'y consacrer en est une autre, on ne voit pas forcément les choses sous le même angle



Je ne remets pas vraiment ton choix en question, d'autant plus que comme je l'ai déjà dit je suis consciente de tous les travers du système et je suis moi-même en plein questionnement quant à la meilleure option pour mes enfants, sans toutefois avoir de réponse satisfaisante. J'attire seulement votre attention sur ce trop-plein de certitudes (et par conséquences le manque d'interrogations et de remise en question) qui, pour moi, sont toujours dangereuses ou du moins qui cachent d'autres motivations que celles que la bienséance ne puisse permettre d'avouer. Et en occurrence ce qui m'interpelle dans votre discours c'est ce besoin de tout contrôler, de tout filtrer, de tout approuver dans ses moindres détails, encore une fois, d'être à tout prix au centre de leur univers, ce qui à mon sens est assez contradictoire avec la VRAIE autonomie que vous évoquez (cela dit on peut très bien être parfaitement autonome pour ranger sa chambre et totalement dépendant psychologiquement parlant...). Je ne suis là ni pour approuver ni pour juger vos choix, n'est-ce pas; mais ayant un regard extérieur et dénué d'affectif dans cette situation précise je me permets de mettre le doigt sur ce qui me semble incohérent. A vous d'en faire ce que vous voulez.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cyril THQI le Lun 15 Juil 2013 - 20:47

Pieyre a écrit:Il me semble que le système idéal pour l'enfant serait d'alterner des cours avec des précepteurs habilités (et rémunérés par l'État pour les savoirs fondamentaux) et des activités en petits groupes là où la mise en relation des savoirs et des compétences est utile.
Ce serait effectivement excellent.

Pieyre a écrit:Mais bien sûr cette conception s'accompagne de deux inconvénients :
— en fonction des stratégies de choix des parents, il serait difficile de limiter les disparités de la qualité de l'enseignement;
— il faudrait y consacrer des moyens financiers importants.
Le premier problème ne se pose pas si les précepteurs suivent un programme commun.
Concernant le deuxième, certes le coût serait très important, mais si cela permet une bien meilleure efficacité de l'enseignement, il y a aussi un certain retour sur investissement.

Lanaka a écrit:Attention, d'après ce que je lis entre les lignes tes motivations semblent être en bonne partie centrées sur toi -je ne remets pas en cause ton envie sincère de faire de ton mieux pour tes enfants- mais on dirait que à travers ce choix tu cherches à réparer quelque mal qui t'a été fait à toi.
Vous auriez gagné en clairvoyance si vous vous étiez abstenue de lire entre les lignes. Cela vous aurait évité de faire des hypothèses hasardeuses. Il aurait été préférable que vous consacriez plus d'attention à ce que j'ai écrit qu'à ce que je n'ai pas écrit. Votre réponse est un tissu de spéculations sur mes intentions et sur la psychologie. Je ne me reconnais pas du tout dans le portrait que vous brossez de moi. Je le trouve aussi injustifié que désobligeant.

Lanaka a écrit:A vous d'en faire ce que vous voulez.
Je sais très bien ce que je vais en faire. Et si cette fois votre intuition est bonne, vous le savez aussi bien que moi.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Pieyre le Lun 15 Juil 2013 - 23:27

Cyril THQI a écrit:
Pieyre a écrit:— en fonction des stratégies de choix des parents, il serait difficile de limiter les disparités de la qualité de l'enseignement;
— il faudrait y consacrer des moyens financiers importants.
Le premier problème ne se pose pas si les précepteurs suivent un programme commun.
Dans le principe il n'y aurait pas de problème, sans doute. Il y aurait un corps de précepteurs, avec des grades selon le niveau d'enseignement, obtenus grâce à des concours, comme pour les enseignants actuels, et pour chaque niveau un programme à respecter. Il seraient de même soumis à un contrôle par des inspecteurs.
Ce corps de précepteurs serait comparable à celui des médecins, c'est-à-dire qu'ils se répartiraient librement sur le territoire, avec les mêmes avantages et inconvénients : proximité plus ou moins grande, réputation plus ou moins établie, etc.
Pour les établissements d'enseignement actuels il y a une carte scolaire, mais pour les précepteurs cela me paraît plus difficile à mettre en place. Or, même dans le cadre actuel, il arrive que les parents s'arrangent pour favoriser les chances de leur enfant : dérogations, déménagement à proximité d'un lycée qui prépare aux grands concours lorsque l'élève à été admis (j'ai vu le cas avec le lycée Henri IV à Paris), etc.
De même que pour les médecins, il y aurait des précepteurs non conventionnés, dont les parents assumeraient le dépassement d'honoraires. Ce serait semblable au cas de l'enseignement privé actuel sans doute, mais, là encore, de façon plus souple, c'est-à-dire que les parents auraient davantage le choix.
Ou alors il faudrait faire dépendre ces précepteurs de centres d'enseignement locaux, où se dérouleraient les épreuves d'évaluation des connaissances, voire les cours en petits groupes.

Ces préoccupations correspondent à une exigence d'égalité des chances. Mais je ne suis pas opposé à ce que les parents les plus soucieux de l'avenir de leurs enfants leur assurent de meilleures conditions d'enseignement, du moment qu'une base solide, la plus élevée possible, est garantie pour tous.

Concernant le deuxième, certes le coût serait très important, mais si cela permet une bien meilleure efficacité de l'enseignement, il y a aussi un certain retour sur investissement.
Je le pense aussi, mais je crois qu'il y aurait de grandes difficultés à l'admettre chez les responsables politiques.

Et quand bien même ils l'admettraient, il y aurait sans doute de leur part de fortes réticences idéologiques. L'institution d'une école dispensée dans les classes est ancienne, alors qu'on aurait pu envisager dès le départ un autre système. Sans doute y avait-il moins de professeurs qualifiés, mais est-ce à ranger du côté de la cause ou la conséquence ?
En France, sous l'Ancien Régime, bien avant Jules Ferry donc, il y avait déjà des classes, comportant le plus souvent des petits effectifs, avec des élèves de tous niveaux dont le professeur s'occupait alternativement et qu'il faisait travailler en parallèle. Aussi l'âge n'était pas aussi important qu'à notre époque, et des élèves brillants pouvaient apprendre plus rapidement, même si au final l'enseignement s'arrêtait généralement assez tôt.
Alors il serait intéressant dans cette perspective de se demander pourquoi la classe de type actuel s'est imposée partout, ou presque.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par krapopithèque le Lun 15 Juil 2013 - 23:55

Et peut-on imaginer un "télé-enseignement" à l'image du télétravail ?

De même un crédit d'enseignement pour les jeunes en rupture à la puberté et désireux de travailler mais qui pourrait souhaiter

reprendre des cours lorsque jeunes adultes ?

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Sélène-Nyx le Mar 16 Juil 2013 - 1:07


Cyril THQI, ton idée est séduisante, cependant elle n'est pas "nouvelle" , et j'avoue avoir été tentée d'y adhérer lorsque mes enfants étaient petits et que je venais de me retrouver au chômage, suite à un déménagement pour suivre mon époux. A cette époque, les personnes qui préconisaient l'instruction "à domicile" étaient issues de Mai 68, et avaient envie de changer le système scolaire ... Parmi ces avant-gardistes, je me souviens surtout de l'écrivain Christiane Rochefort, ("le repos du guerrier", mais surtout "les petits enfants du siècle" et "encore heureux qu'on va vers l'été"), et ses idées sur le libre choix des parents de choisir une instruction en dehors de l'école . Mais, voilà, cela me paraissait irréalisable pour des critères économiques ... et à cause de certaines matières qui ne m'avaient jamais intéressée, comme la physique ... Donc, je me suis contentée d'apporter mon "grain de sel" en complétant, à ma façon, certains cours de français, d'anglais (mes enfants ont, par exemple, lu au moins un "Agatha Christie" en anglais, puisque ce genre policier les ont intéressés, un temps, et c'est à ce moment qu'ils ont réellement fait des progrès), et en "philosophant" à partir de certains sujets ...
Mais, alors, pourquoi ces idées ont-elles été jugées comme "utopiques", et qu'en reste-t-il?

D’ailleurs, c’est là le message global de Christiane ROCHEFORT. Elle nous invite à nous opposer à toute forme d’oppression. Son droit de hurler et d’invoquer l’appel à l’"anormalité" comme la seule chance possible de vivre sa vie authentiquement dans un monde qui ne l’est pas est aussi notre credo, porté par la conviction que c’est dans le domaine de l’éducation qu’il faut mesurer l’ampleur du travail à accomplir afin d’éviter la reproduction à l’infini de citoyens dociles et "asexués".
http://papiersuniversitaires.wordpress.com/2012/05/25/education-lutopie-de-christiane-rochefort-entre-les-villes-tentaculaires-et-la-misere-urbaine-des-annees-soixante-par-raphael-frangione/

Il y avait aussi "une société sans école" d'Ivan Illitch ...
Et tant d'autres que j'ai un peu oubliés ... (parce qu'on n'en parle plus???)

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Harpo le Mar 16 Juil 2013 - 1:38

hors sujet:
Christiane Rochefort, "les petits enfants du siècle", rien que l'évocation de ce titre déclenche un grand  Smile bouquin prété par ma grande sœur à mon adolescence, quasiment lu en cachette car presque érotique....
Et je me demande bien aussi pourquoi j'ai lu "une société sans écoles" d'Ivan Illitch à peu près au même âge scratch 
Merci Sélène-Nyx pour cette petite madeleine !

Il y a beaucoup a dire sur ces derniers échanges, j'y reviendrai demain...

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Dauphin le Jeu 18 Juil 2013 - 0:08

Lanaka a écrit:

Au contraire ! Un enfant en bas-âge considère toujours que ses parents sont ses instructeurs. A un moment, un retournement de situation peut se faire. Mais pour quelle raison ? Cela ne pourrait-il pas être parce que les parents ont abdiqué leur rôle ? Parce que justement ils ont abandonné l'instruction de leur enfant ? A partir du moment ou mes parents m'ont expliqué que je devais aller à l'école pour apprendre certaines choses, la relation de confiance était perdue. Ils sont tombés de leur piédestal. Et je suis devenu bien plus imperméable à leur discours. Ils ont perdu énormément en autorité en me faisant comprendre implicitement que des étrangers leur étaient supérieurs pour s'occuper de moi et qu'ils ne souhaitaient pas faire d'effort pour pallier à ce problème.

Dans la relation au parent l'affectif est au premier plan. L'enfant connait son parent mieux que le parent ne connait l'enfant, il est à même de le manipuler de manière efficace. De plus, quand tu parles de la raison du retournement, pour moi elle est bien plus simple: le besoin de se détacher de ses parents justement, d'affirmer son propre moi. Et cela commence dès 18 mois pour certains enfants avec la fameuse phase du non! Et puis, que fais-tu de la personnalité de chacun? Qui te dit que tu t'entendras forcément avec ton enfant quand celui-ci va grandir un peu?... Enfin, plus ton enfant est intelligent et plus il TE remettra en question, d'autant plus que tu dis vouloir le mener à l'autonomie. Si tu n'est QUE son père, il va remettre en question ton autorité et tes valeurs (ça arrive bien avant l'adolescence...), si tu es en plus son principal enseignant, il remettra en cause ton enseignement.

L'enfant connait son parent mieux que le parent ne connait l'enfant
Je ne partage pas cet avis...pas quand le parent répond aux besoins de l'enfant.
Si je me suis retrouvée très tôt dans la situation décrite, ce n'a pas été le cas de mes enfants, et ne l'est toujours pas (19.5-14-12-9.5-ndt)...
Ce qui a fait que je me suis trouvée dans ce qui est décrit, c'est que je me suis rendue compte que je ne pouvais pas compter sur mes parents...pour m'expliquer, pour me rassurer, pour me considérer... Et les explications dont je parle ne font pas référence à une somme de savoir: j'aurais compris qu'il ne sachent pas! Qui peut tout savoir? Ce que je ne pouvais pas admettre, et c'est bien là qu'arrive le sentiment d'abandon: c'est le défaut d'effort pour répondre à un besoin naturel et somme toute légitime... A ce moment j'ai regardé mes parents d'une autre manière, j'avais incorporé l'info (arrivée comme un boomerang en pleine face)...je me suis donc attelée à rechercher les lacunes, les points qu'il fallait que je comble sans leur aide. Là ils ont perdu leur toute puissance, qu'eux cultivaient...!

Le besoin de différenciation de l'enfant est une étape nécessaire et fondatrice de la personnalité. J'ai toujours envisagé l'éducation de mes enfants comme une autonomisation...aucun n'a pleuré son 1er jour d'école, où ils vaquaient dans la classe, où ils regardaient ceux qui pleuraient comme des extraterrestres, bien intrigués par cette attitude!
Avec un tel aspect, la remise en question est une vraie aubaine...et pour les 2 "parties"
-Pour l'adulte, qui continue à réfléchir, à s'adapter et à expliquer...
-pour l'enfant, qui apprend différentes raisons à un même aspect, l'argumentation, différentes valeurs, se différencie (ou pas!)...et vit la sensation de confort, car il peut se sentir en confiance, rassuré...l'arbitraire n'a pas sa place ici, mais l'autonomisation se nourrit de cette situation

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Lanaka le Jeu 18 Juil 2013 - 10:35

Si je me suis retrouvée très tôt dans la situation décrite, ce n'a pas été le cas de mes enfants, et ne l'est toujours pas (19.5-14-12-9.5-ndt)

Je serai intéressée par contre de lire les avis des personnes qui, elles, ont été instruites à la maison et quel aura été leur ressenti à posteriori après cette expérience, quels ont été, d'après elles, les points forts et faibles de ce mode d'éducation, ce qu'elles aimeraient reproduire ou pas à leur tour, ce qui leur aura manqué (car quel que soit le mode d'éducation choisi il y en a forcément, la perfection n'étant pas de ce monde). J'ai quelque réserves à prendre pour argent comptant les spéculations que l'on puisse avoir concernant le ressenti de ses propres enfants et sa prétendue propre compétence à pourvoir en tout temps à tous leurs besoins (et quand bien même cela puisse être le cas, est-ce réellement souhaitable? Ce n'est pas un avis, juste une question ouverte à méditer) . Un peu comme ces parents qui disent "mes enfants sont très heureux, très épanouis et très bien élevés", curieusement, le trop-plein de certitudes me laisse toujours dubitative.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Faab le Jeu 18 Juil 2013 - 12:12

Cyril,

Il y a une chose qui m'inquiète dans ton post, mais c'est peut-être bien un soucis de présentation: on a l'impression de lire un coach, pas un papa. Ça fait penser au père des soeurs Williams, qui avait décidé de réussir à travers le succès sportif de ses filles, et a forgé leurs personalités, leurs corps, leurs idéaux et toute leur vie de famille autour de son ambition personnelle. Le père des frères et soeurs Jackson a fait pareil avec la musique.

J'ai vu plein de gens détruits par le surinvestissement de leurs parents : ils intériorisent le fait que leur parents veulent réussir à travers eux, que tout échec de leur part est une trahison et une source de souffrance pour leurs parents. En voulant trop bien faire, ces parents ont volé l'individualité de leurs enfants.

Ton post parle de moyens, mais pour le comprendre,  j'aurais besoin de comprendre la finalité : que veux-tu que tes enfants soient à l'issue de leur éducation ? Heureux ? Respectés ? Aimés ? Admirés ? Des membres productifs de la société ? Le reflet de tes idéaux ? De ce que tu aurais voulu être toi ? Veux-tu qu'ils se sentent normaux ou exceptionnels ? Veux-tu les préparer au monde tel qu'il est, ou au monde tel qu'à ton sens il devrait être ? Y a-t-il des souffrances que tu as connues et que tu veux à tout prix leur éviter ?

Tu veux certainement tout ça à la fois, et plein d'autres choses encore, comme tout le monde, mais la vie te forcera à faire des choix ; quelles seront tes priorités face aux choix les plus difficiles ? Quel est le strict minimum en dessous duquel tu considéreras avoir échoué ? Comment comptes-tu faire participer tes enfants à ces choix qui influenceront avant tout leurs vies ? Dans quelle mesure es-tu préparé à la possibilité qu'ils n'adhèrent pas à ton projet ?

Enfin, je ressens un décalage entre l'ambition affichée de les autonomiser, et une description où le programme a été choisi par toi pour eux pour les 20 ans qui viennent, avant qu'ils soient nés. Tu souhaites évidemment qu'ils s'approprient leur éducation, mais tu sembles l'entendre dans le sens où ils acquièrent tes idéaux et en fassent les leurs, plutôt qu'ils ne fassent leurs choix fondamentaux eux-mêmes, y compris ceux qui te débectent, le plus vite possible. Un peu comme dans les jeux de rôles informatiques : le programme te donne une illusion de choix au niveau tactique, mais la grande trame de l'histoire est fixée au niveau stratégique. Il y a un seul chemin vers la victoire, et le programme t'empêche de trop t'en éloigner, quitte à te faire perdre si c'est la seule façon d'éviter que tu ne divagues trop loin de la trame prévue à l'avance.

Faab
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Re: Ma conception de l'instruction

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