Ma conception de l'instruction

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par zebravalia le Jeu 27 Fév 2014 - 1:25

Je vous donne ce lien :

http://mooc-francophone.com/agenda-mooc-francophones/

sur les ressources éducatives libres.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Plurebati le Jeu 27 Fév 2014 - 19:16

@Cartman

Une astuce toute bête serait de lui mettre dans son sac un dictaphone qui enregistrerait l'intégralité de sa journée. Afin de surveiller ce qu'il s'y passe


Est-ce que ton idée c'est d'enregistrer sa voix à lui seul ou est-ce que tu penses que les personnes qu'il rencontrera te donneront l'autorisation de les enregistrer aussi ?[/quote]

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Plurebati le Jeu 27 Fév 2014 - 19:47

Je vous propose une piste pour l'enseignement des sciences : la démarche de "La main à la pâte", qui consiste à faire découvrir les sciences par l'expérimentation. Elle est pratiquée parfois en primaire, malheureusement elle est très gourmande en temps : celui des élèves (contraint par les programmes), celui des enseignants : pour être appliquée dans de bonnes conditions, il faut que les groupes soient de 15 élèves, alors que les effectifs actuels tournent autour de 28. Le fait que la trace écrite ne soit pas consistante et normée (ce sont les élèves qui choisissent ce qu'ils notent) la disqualifie aux yeux des inspections, plus portées actuellement sur une somme de contenus à faire apprendre aux élèves que sur une démarche leur permettant de développer leur autonomie.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cartman le Jeu 27 Fév 2014 - 21:32

Plurebati a écrit:@Cartman

Une astuce toute bête serait de lui mettre dans son sac un dictaphone qui enregistrerait l'intégralité de sa journée. Afin de surveiller ce qu'il s'y passe


Est-ce que ton idée c'est d'enregistrer sa voix à lui seul ou est-ce que tu penses que les personnes qu'il rencontrera te donneront l'autorisation de les enregistrer aussi ?

Je ne pense pas que ce soit interdit d'enregistrer quelqu'un sans son consentement explicite, ce qui est interdit c'est surtout d'enregistrer quelqu'un dans sa vie privée, et ensuite de s'en servir contre lui.

Exemple : enregistrer quelqu'un dans sa chambre quand il est avec sa petite amie, pour ensuite aller montrer à diverses personnes ses pratiques sexuelles.

Maintenant, enregistrer quelqu'un sans s'en servir pour lui nuire, je suis à peu près certain que ça ne soit pas interdit. Sinon énormément d'étudiants seraient condamnés (à la fac, énormément de personnes enregistrent les cours par exemple).

Quelqu'un qui connait précisément la loi pourrait-il confirmer ou infirmer ?

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Ainaelin le Jeu 27 Fév 2014 - 21:40

Article 226-1 du Code Pénal a écrit:
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende le fait, au
moyen d'un procédé quelconque, volontairement de porter atteinte à
l'intimité de la vie privée d'autrui :
1º En captant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur
auteur, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel ;
2º En fixant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de
celle-ci, l'image d'une personne se trouvant dans un lieu privé.
Lorsque les actes mentionnés au présent article ont été accomplis au vu
et au su des intéressés sans qu'ils s'y soient opposés, alors qu'ils étaient
en mesure de le faire, le consentement de ceux-ci est présumé.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cartman le Jeu 27 Fév 2014 - 23:39

Tu ne réponds pas à la question.

1º En captant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur
auteur, des paroles prononcées à titre privé ou confidentiel

Ce qui est dit dans une classe (ou pendant la récré) est-il vraiment privé ou confidentiel ?

porter atteinte à l'intimité de la vie privée d'autrui

Si on enregistre sans le transmettre ni le faire écouter à autrui, est-ce que c'est considéré comme atteinte à l'intimité d'autrui ?

Cette définition juridique me semble surtout correspondre au cas que j'avais énoncé plus haut : le fait d'aller enregistrer quelqu'un chez lui, contre son gré, pour aller déballer sa vie privé ensuite.

Mais je ne suis pas juriste, donc je peux me tromper.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Ainaelin le Jeu 27 Fév 2014 - 23:47

Cartman a écrit:Tu ne réponds pas à la question.

En effet. Je cite la loi et je vous laisse l'interpréter selon votre bon vouloir. !def

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Plurebati le Ven 28 Fév 2014 - 20:58

L'école n'est pas un lieu public, son accès est réglementé, réservé à des personnes précises. La salle de classe est encore moins publique : seuls peuvent y entrer le professeur qui va faire cours, les élèves de la classe concernée et occasionnellement la hiérarchie de l'établissement et l'inspection. D'autres personnes peuvent y être acceptées, avec l'accord du professeur. Les adultes en charge des élèves sont soumis au secret professionnel : ce qui se dit en classe ne peut pas être révélé sous n'importe quelles conditions. Les cours (ceux en faculté également) relèvent du droit d'auteur, tant dans leur partie orale que les documents fournis aux élèves.

Dans cette idée de tout enregistrer, la personne qui pourrait le plus en souffrir serait l'enfant qu'on veut protéger : il n'aurait plus d'espace privé, de possibilité de se créer des relations personnelles au-delà du jugement de ses parents.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cartman le Sam 1 Mar 2014 - 2:31

Dans cette idée de tout enregistrer, la personne qui pourrait le plus en souffrir serait l'enfant qu'on veut protéger : il n'aurait plus d'espace privé, de possibilité de se créer des relations personnelles au-delà du jugement de ses parents.

Très juste !

Cependant, quelle différence entre le fait d'être chez soi avec les parents, ou au collège en étant surveillé indirectement par les parents ? (Cette question n'est pas rhétorique, elle est sincère.)

De plus, est-ce que ce petit manque de liberté (à fortiori chez un enfant ou un jeune adolescent) ne vaudrait-il pas le coup par rapport aux avantages lié au fait de pouvoir éviter toute souffrance scolaire ?

Cet enregistrement, pour l'enfant, serait-il vraiment différent de la surveillance constante (à raison !) des maîtresses dans les écoles primaires (et théoriquement dans les collèges également où, selon certains règlements intérieurs "les enfants ne sont jamais laissés seuls, mais sont toujours sous la surveillance d'un adulte") ?

Pour en revenir sur le droit d'enregistrer, énormément d'étudiants, de lycéens voir de collégiens le font déjà, ça n'a jamais posé problèmes à ma connaissance.

Dans certaines classes préparatoires, les professeurs conseillent eux mêmes aux élèves d'enregistrer les cours.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Plurebati le Sam 1 Mar 2014 - 11:07

L'enfant, même à la maison, a des moments et des lieux où il est seul. Plus il grandit, plus son espace se privatise, jusqu'à l'adolescent qui demande qu'on frappe avant d'entrer dans sa chambre. Lorsqu'il reçoit ses amis, il le fait dans l'intimité. Toute personne a le droit à sa vie privée, quelque soit son âge.  
A l'école, c'est la même chose : la relation qu'il a avec les autres personnes de la classe  relève de l'intime, dans la cour la surveillance se fait de loin, et les conversations ne sont pas écoutées.
Placer un enfant sous surveillance permanente c'est lui dire qu'il est fragile, c'est lui enseigner la peur de tout, c'est l'empêcher de devenir autonome, donc de grandir . Se trouver loin des yeux et des oreilles des parents pendant quelques heures puis toute une journée est une des étapes de l'apprentissage à l'autonomie que permet la scolarisation.
Une protection efficace que peut apporter un parent à son enfant c'est de parler avec lui (ce qui implique qu'il sait que ce parent ne sera pas intrusif, qu'il respectera son droit à penser différemment de lui, qu'il reconnaitra sa souffrance) . Il faut que l'enfant ose dire ce qui lui pose problème, parce qu'il aura confiance dans la capacité de ce parent de lui donner des pistes de réflexion pour être, encore une fois, autonome dans sa vie à l'école, ou lorsqu'il n'y a aucune autre alternative, d'agir pour le protéger. (Je parle de vécu : un de mes enfants a eu des soucis au collège, et nous avons trouvé ensemble des solutions, qu'il baisse ses notes mais pas son niveau réel pour ne plus être l'"intello" de la classe en a été une, lui faire accepter que les profs soient imparfaits, injustes parfois parce que humains une autre... Mes enfants ont mal vécu de se retrouver dans le lycée où leur père enseignait : ils ont perdu une partie de leur intimité avec certains profs qui ne séparaient pas le collègue du parent).

Sur le droit d'enregistrer : c'est le professeur qui décide, la plupart ont une conception très partageuse de leur savoir (c'est pourquoi ils exercent cette profession). Mais ils seraient moins coulants s'ils retrouvaient leurs cours sur internet, et encore plus sur des sites payants ou rémunérés par de la publicité, ou sans mention de leur nom comme auteur.
Enregistrer un cours magistral ne pose aucun problème de respect de la vie privée, mais dès lors qu'il y a des interventions d'enfants (questions ou réponses) les parents doivent en donner l'autorisation. Le professeur qui accepte l'enregistrement sans anticiper cette difficulté peut se voir poursuivi par les parents.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cartman le Sam 1 Mar 2014 - 20:42

L'enfant, même à la maison, a des moments et des lieux où il est seul.

L'enfant qui va à l'école rentre à la maison également, donc il retrouve également des lieux privés.

Plus il grandit, plus son espace se privatise, jusqu'à l'adolescent qui demande qu'on frappe avant d'entrer dans sa chambre. Lorsqu'il reçoit ses amis, il le fait dans l'intimité. Toute personne a le droit à sa vie privée, quelque soit son âge.

Le but n'est pas de le priver de toute vie privée, mais simplement de l'enregistrer le temps de l'école.
 
dans la cour la surveillance se fait de loin, et les conversations ne sont pas écoutées.

A ton avis, quels moments les bourreaux vont choisir pour détruire la vie de la petite victime ?

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Bayadère le Ven 14 Mar 2014 - 0:23

Pour en revenir brièvement aux langues anciennes...

Elles ont certes un intérêt culturel, mais Cyril a formulé l'objection très avisée que s'il ne s'agissait que de culture, autant faire confiance aux grands traducteurs qui connaissent plus de subtilités de ces langues.

Non - les langues anciennes sont amusantes par ce qu'elles sont une énigme. Et, lorsqu'elles sont bien enseignées, elles obligent à sérieusement cogiter, et ne pas se satisfaire de jugements à l'emporte-pièce.

J'ai été au lycée en section scientifique - les mathématiques et la physique, j'adorais cela. Mais je n'avais jamais fait de langues anciennes. En commençant celles-ci, j'ai regretté de ne pas les avoir apprises plus tôt - avant de commencer l'étude de matières scientifiques, avant de me confronter à la logique.

En effet, ces langues ont un système de formation très mathématique. Elles sont également porteuses d'un baffe philosophique propre via leur grammaire.
Un exemple tout bête - un verbe déponent. Un verbe qui ne se conjugue qu'au passif, mais de sens actif. Comme mourir, imiter, avoir peur.
Je n'ai peur que parce que quelque chose d'extérieur fait naître l'angoisse en moi - et pourtant, c'est moi qui suis en train de ressentir cette peur.
Et ce n'est qu'un infime exemple de ce qu'une grammaire peut porter de sens et de réflexion sur le langage.

Étudier le latin, c'est certes revoir une approche civilisationnelle, cnet certes comprendre sa propre langue, mais c'est surtout avoir accès à tout autre système de pensée.
Le latin n'est qu'un exemple - on pourrait tout aussi bien préconiser le russe ou la musique pour développer la logique, la créativité, la curiosité, le perfectionnisme.
Mais, sansdoute parce que ces langues anciennes sont figées, qu'elles sont "mortes", elles ont ce petit statut à part - elles ne servent à rien d'autre qu'à apprendre à réfléchir. D'ailleurs l'épreuve de logique est commune à 3 agregs - maths, philosophie et grammaire.

Je trouve donc qu'apprendre le latin, c'est faire de la philosophie appliquée. Et je crois que, mine de rien, dans ce système scolaire qui privilégie le nivellement par le bas, l'abrutissement constant, et qui enlève une bonne part de réflexion et de ludique sous prétexte de braquer les élèves, un peu de résistance ne fait pas de mal.

Et puis, comme dirait l'autre, on a autant d'âmes que l'on parle de langues.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Invité le Lun 17 Mar 2014 - 9:40

Bayadère a écrit:
Elles ont certes un intérêt culturel, mais Cyril a formulé l'objection très avisée que s'il ne s'agissait que de culture, autant faire confiance aux grands traducteurs qui connaissent plus de subtilités de ces langues.
J'arrive comme un cheveu sur la soupe. C'était juste pour ajouter que certaines subtilités du langage sont difficilement traduisibles, et peuvent influencer l'interprétation d'un texte.
A la fac, je sais que ceux qui faisaient un travail de recherche sur des textes écrits dans une autre langue, devaient la maitriser un minimum. Et là je pense à ceux qui bossaient sur Platon, Aristote et co...


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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Bayadère le Mer 19 Mar 2014 - 21:05

J'y ai pensé aussi, depuis.
Notamment au sujet des histoires d'intraduisibles.

Laisser les autres traduire à notre place, c'est faire preuve de culture. En gros, on bénéficie de l'intelligence des autres (et on ne fait pas forcément marcher la nôtre).

Je me dis parfois que même si on ne maîtrise pas parfaitement une langue ancienne, avoir des rudiments permet de se rendre compte de bien des défauts de traduction (je pense à un vers de métamorphoses d'Ovide, intraduisible, ou les sympathiques oxymores de Lucain). C'est exercer son esprit critique, réfléchir, avoir - comme on dit - "l'intelligence du texte" ou saisir "le génie de la langue".

Finalement, une langue charrie autant par sa structure propre que par les images qu'elle évoque, et on ne me fera pas sortir de l'idée que lire dans la langue d'origine n'est pas comparable à un duc prémâché par un autre, qui y livre forcément son interprétation ou sa vision des choses. Traductions, trahisons.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par zebravalia le Lun 14 Avr 2014 - 19:02

J'ai été traductrice d'italien pendant quelques années pour les éditions Milan. Je peux vous dire que la traduction, ce sont deux travaux d'écriture consécutifs et distincts : traduire et réécrire sa traduction pour la rendre digeste dans la nouvelle langue.
Ce qui signifie que j'ai fait des choix, pour rendre une sensibilité typique d'un pays compréhensible par des lecteurs d'une autre culture, qu'un autre traducteur aurait peut-être récusés. Et c'était une langue vivante !

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Invité le Lun 14 Avr 2014 - 20:03

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cyril THQI le Mar 15 Avr 2014 - 7:59

zebravalia a écrit:je crois qu'une des raisons pour lesquelles les petits alterdoués ont du mal à l'école "classique", c'est leur absolu manque de recul face à l'injustice. Ainsi, récemment tous les élèves de la classe de mon fils se sont moqués de l'un d'entre eux parce qu'il est venu en cours d'année avec des lunettes. Plutôt que de bêler avec les autres, il les a attaqués de front, défendant le petit lunnetteux, lui disant "tu sais tu es aussi beau qu'avant et moi je t'aime", et demandant aux moqueurs s'ils estimaient que la responsable de l'école, qui a des lunettes et qu'ils craignent terriblement doit aussi être raillée, auquel cas il se ferait un plaisir d'aller les cafter.
L'une des racines des problèmes du surdoué vis-à-vis de l'injustice peut à mon avis être décrite comme suit : la société lui dit de diverses manières qu'il faut être juste. Il répond « OK. Ca me va ». Il en tire diverses conclusions, puis constate que ceux-là mêmes qui l'ont convaincu de l'importance de la justice sont injustes et ne protègent pas de l'injustice. Et là, la claque est violente. L'incompréhension est forte.

Cartman a écrit:D'être un minimum préparé aux études post-bac qui ne peuvent être fait à la maison. Si jamais ils veulent faire médecine, prépa ou je ne sais quoi.

Si ils se retrouvent pour la première fois de leur vie dans une classe, ils auront une difficulté supplémentaire dû à l'adaptation.
Tu penses que l'adaptation est mieux réalisée lorsqu'on s'y prend tôt. Je pense au contraire qu'elle l'est d'autant mieux que l'individu a eu le temps de se construire.

Bayadère a écrit:Elles sont également porteuses d'un baffe philosophique propre via leur grammaire.
Un exemple tout bête - un verbe déponent. Un verbe qui ne se conjugue qu'au passif, mais de sens actif. Comme mourir, imiter, avoir peur.
Je n'ai peur que parce que quelque chose d'extérieur fait naître l'angoisse en moi - et pourtant, c'est moi qui suis en train de ressentir cette peur.
Et ce n'est qu'un infime exemple de ce qu'une grammaire peut porter de sens et de réflexion sur le langage.
Je suis désolé, mais je n'ai pas saisi la baffe philosophique des verbes déponents. Peut-être serais-je plus sensible à d'autres exemples.

Miss P a écrit:Cependant je serais d'avis qu'elle mérite une attention particulière, un cours qui lui serais dédié, il s'agit de l'imagination. Celle-là même dont zebravalia a besoin pour faire ses traduction ou dont un scientifique a besoin pour trouver une solution différente, dont tous les artistes ont forcément besoin. Il y a des méthodes pour la développer, souvent utilisées dans les domaines artistiques.
Miss P, « imagination » est polysémique. Quelle acception utilises-tu ? De quelles méthodes parles-tu ?

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Invité le Mar 15 Avr 2014 - 10:08

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cyril THQI le Mar 15 Avr 2014 - 10:26

Je saisis mieux avec le mot "créativité". Je compte effectivement enseigner ce que j'estime être les mécanismes de la créativité en espérant que cela puisse servir à son développement.

Je suis donc d'accord avec toi. La créativité mérite d'être enseignée et est malheureusement délaissée. A décharge, il faut reconnaître qu'il est difficile de proposer une méthode d'enseignement consensuelle. Bien des personnes voient quelque chose de magique dans la créativité et pensent que du fait même de sa nature, elle ne peut être enseignée. Et parmi ceux qui pensent qu'elle peut l'être, il existe sans doute de fortes divergences dans les conceptions des méthodes à employer.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Invité le Mar 15 Avr 2014 - 12:41

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cyril THQI le Mar 15 Avr 2014 - 13:57

Difficile de répondre simplement et rapidement. Je risque donc d'être hermétique. Je vais tout de même esquisser les grandes lignes de mes idées.

Tout d'abord, j'observe des isomorphismes entre différents systèmes ouverts sujets à la néguentropie. En particulier, je m'intéresse aux systèmes suivants : les êtres vivants, les sciences, l'esprit, et les systèmes conceptuels (individuels ou collectifs). Je classe l'art dans les systèmes conceptuels. Les correspondances structurelles entre ces domaines sont  nombreuses et porteuses d'hypothèses intéressantes. Les connaissances sur la structure profonde de l'un d'eux peuvent souvent être transposée aux autres.

Par exemple, tous sont susceptibles d'évolution par essais et erreurs. Le fonctionnement naturel de ces systèmes les porte à augmenter leur complexité (jusqu'à un climax si le milieu est stable). Le mot « créativité » peut recouvrir différentes choses selon les auteurs, mais la plupart du temps, le sens auquel il est fait référence correspond à quelque chose s'inscrivant dans un processus d'augmentation de la complexité d'un système conceptuel. Du coup, il est possible d'utiliser à profit les connaissances sur la sélection naturelle et sur l'histoire et l'épistémologie des sciences pour modéliser la créativité, ces domaines ayant l'avantage d'être bien documentés.

Une fois la créativité modélisée à partir de ces analogies de structures, qu'en faire ? Deux voies me semblent pertinentes pour le pédagogue. La première consiste à justement enseigner à lélève le fonctionnement de la créativité en pensant à développer les connaissances fondamentales sur la sélection naturelle et celles sur l'histoire et l'épistémologie des sciences. La seconde consiste à mettre l'individu dans des milieux dans lesquels les processus en question ont plus de probabilité de s'exprimer.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Invité le Mar 15 Avr 2014 - 19:06

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cartman le Mar 15 Avr 2014 - 19:32

Tu penses que l'adaptation est mieux réalisée lorsqu'on s'y prend tôt. Je pense au contraire qu'elle l'est d'autant mieux que l'individu a eu le temps de se construire.

Non, ce n'est pas ça. Je veux dire qu'il faut avoir de l'expérience d'une situation donnée pour pouvoir la gérer.

Or, à 18 ans, je veux bien qu'on soit plus fort qu'à 8, cependant quelqu'un de 18 ans qui n'est jamais allé en classe ne saura pas forcément s'adapter ou se défendre contre un groupe (je ne parle pas de violences physiques, il y a beaucoup de façon de nuire à quelqu'un).

Donc j'insiste : idéalement, selon moi, il faudrait que l'enfant fasse au moins un ou deux ans dans une vraie classe le long de son parcours.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Cyril THQI le Mer 16 Avr 2014 - 7:07

Miss P a écrit:Si tu as des références de bouquins sur le sujet je suis preneuse.
Je n'en ai pas. Je dois reconnaître que je n'en ai pas cherché.

Cartman, je note que nous ne sommes pas d'accord sur ce point.

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Re: Ma conception de l'instruction

Message par Mowa le Ven 18 Avr 2014 - 0:01

Je me permets de rebondir sur le point abordé par Cartman, parce que c'est précisément la raison pour laquelle j'ai renoncé à l'IEF pour mes enfants, ayant moi-même vécu à quel point l'insertion sociale peut être difficile lorsqu'on n'a pas grandi avec.

Sans aller jusqu'à la nécessité (pourtant souvent réelle) de devoir se défendre contre un groupe, le simple fait de s'y intégrer nécessite un réel savoir-faire, voire un savoir-être, que je ne me sens pas capable de transmettre à mes enfants hors d'une confrontation réelle au quotidien - ne serait-ce que parce que les codes sociaux de leur génération vont nécessairement différer des miens. Ce qui demeurera, ce sont les mécanismes humains sous-jacents, que je ferai de mon mieux pour démonter afin de les leur expliquer.

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Re: Ma conception de l'instruction

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