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Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par John_95 le Lun 2 Mai 2016 - 19:29

Aussi, mon père est (je déteste ce mot) un pervers narcissique, vous trouvez ça judicieux de lui en parler quand même où c'est peine perdue ?

ABSOLUMENT PAS.
Le PN ne peut prendre conscience de son état. Ce n'est pas une maladie, ce n'est pas un trouble, c'est un état de fait et c'est incurable.
Si tu lui en parles il va se débrouiller pour te faire porter la responsabilité de ses problèmes. Je rappelle que le PN se nourrit de l'intériorité de ses proies, car sa nature est à la fois celle d'un parasite et d'un prédateur social.
Si vous êtes en relation avec un PN je ne saurai que vous conseiller de FUIR.

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par lunamania le Lun 2 Mai 2016 - 19:39

excusez moi de me meler de votre conversation mais ça m'interresse car je pense que ma mère est aussi PN. Comment ça "se nourrit de l'interiorité"?

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par John_95 le Lun 2 Mai 2016 - 19:58

L'intériorité, j’entends par là la capacité d'empathie, de créativité, d'émotivité, de sincérité, mais aussi la capacité personnelle de sa proie à utiliser cette force intérieure pour surmonter la frustration de ses traumatismes pour en faire quelque chose de constructif. Car le PN lui est le résultat d'un traumatisme qu'il n'a pas su dépasser.

1 Culpabilise les autres au nom du lien familial, de l’amitié, de l’amour, de la conscience professionnelle
2 Reporte sa responsabilité sur les autres, ou se démet des siennes
3 Ne communique pas clairement ses demandes, ses besoins, ses sentiments et opinions
4 Répond très souvent de façon floue
5 Change ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes ou les situations
6 Invoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes
7 Fait croire aux autres qu’ils doivent être parfaits, qu’ils ne doivent jamais changer d’avis, qu’ils doivent tout savoir et répondre immédiatement aux demandes et questions
8 Met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres : il critique sans en avoir l’air, dévalorise et juge
9 Fait faire ses messages par autrui
10 Sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner
11 Sait se placer en victime pour qu’on le plaigne
12 Ignore les demandes même s’il dit s’en occuper
13 Utilise les principes moraux des autres pour assouvir ses besoins
14 Menace de façon déguisée, ou pratique un chantage ouvert
15 Change carrément de sujet au cours d’une conversation
16 Évite ou s’échappe de l’entretien, de la réunion
17 Mise sur l’ignorance des autres et fait croire en sa supériorité
18 Ment
19 Prêche le faux pour savoir le vrai
20 Est égocentrique
21 Peut être jaloux
22 Ne supporte pas la critique et nie les évidences
23 Ne tient pas compte des droits, des besoins et des désirs des autres
24 Utilise souvent le dernier moment pour ordonner ou faire agir autrui
25 Son discours paraît logique ou cohérent alors que ses attitudes répondent au schéma opposé
26 Flatte pour vous plaire, fait des cadeaux, se met soudain aux petits soins pour vous
27 Produit un sentiment de malaise ou de non-liberté
28 Est parfaitement efficace pour atteindre ses propres buts mais aux dépens d’autrui
29 Nous fait faire des choses que nous n’aurions probablement pas faites de notre propre gré
30 Fait constamment l’objet des conversations, même lorsqu’il n’est pas là

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par lunamania le Lun 2 Mai 2016 - 20:07

Merci en effet c'est ma mère....Quand je pense que j'ai survécu a ça.. ... What a Face

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par Vincenz' le Lun 2 Mai 2016 - 21:52

@John_95:
Juste pour expliquer mon point de vue... c'est juste que j'en ai ras le bol de ce sujet. On ne peut plus parler de rien sans que ça retombe au bout d'un moment sur les PNs à tel point que oui, ça devient de la paranoïa. "Il m'a dit non puis oui, je suis sûr que c'est un pervers narcissique qui me manipule" et tout ça... on en est pas si loin que ça. Bientôt quand quelqu'un dira "il pleut" on lui répondra "attention aux PNs, ça sort même sous la pluie ces gens-là !".

Tu parles d'un mal omniprésent, des gens parlent des autistes comme des meurtriers de masse en puissance à cause de leur "intériorité bouffée par ce qu'ils sont". Va savoir qui est dans le vrai, peut-être qu'eux aussi ont raison, peut-être qu'on devrai éradiquer les autistes au titre que des gens pensent qu'ils sont un mal omniprésent, t'en penses quoi toi ? Moi, je pense que les croyances populaires (et les croyances en général) sont très douées pour créer un "mal omniprésent". Avant-hier le diable, hier le malade mental, aujourd'hui le PN, demain quoi ? Le chômeur ? Le roux ? Les gens de petite taille au titre que chez les chiens plus ils sont petits plus ils sont chiants ?

Après j'en sais rien, avec mes difficultés en communication, je rentre dans plein d'items de ta liste, en l'occurrence (d'après mon point de vue sur moi-même) les 3, 4, 6, 7, 8, 11, 12, 15, 16, 17, 20, 21, 22, 23 et mon égo me pousserai presque à ajouter le 30... même si je n'y crois pas trop. Autrement dis, un joli score de 50%, hop, pervers narcissique, vous l'avez mis où la guillotine ?

La plupart de ces items sont des traits de personnalités, d'autres peuvent être causés par des codes sociaux (la 5 EST un code social, c'est étrange, stupide et plutôt illogique, mais l'employé qui dit à son patron qu'il l'aime bien alors qu'il le déteste n'est pas un pervers narcissique, juste un être humain lambda), d'autres encore peuvent venir de manque de capacité en communication (3,4,6... tu te rends bien compte que l'incompréhension des codes sociaux pousse beaucoup d'autistes à rentrer dans la description du 8 du point de vue des gens à qui ils parlent j'espère). Donc... s'il y a une conséquence qui a plusieurs causes, prendre ce lien comme seul et unique possibilité (puisque ce sont les "caractéristiques des PNs") me paraît... étrange. J'ai dis bonjour à un humain, il s'en est allé donc saluer les gens les fais partir ? Non. L'humain est plus complexe que ça.

À ce niveau-là, autant résumer ça à "je l'aime pas c'est un PN". Hier on diagnostiquait la déficience intellectuelle et la schizophrénie comme ça, pourquoi pas un trouble de la personnalité ? Voilà pourquoi j'en ai marre de voir ce genre de post, parce que, oui, que vous le vouliez ou non, ça créé de la paranoïa pour rien. 99% des humains peuvent être vus comme PN, doit-on pour autant fuir l'humanité tout entière ? Est-ce seulement possible de vivre sans être en danger permanent à moins d'être dans un abris nucléaire ou un bunker en général ?

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par John_95 le Lun 2 Mai 2016 - 22:31

Personne n'a parlé d'éradiquer qui que ce soit, arrête de te projeter dans mes propos, merci. Ensuite je n'ai aucune envie de savoir dans quels points tu te retrouves, c'est entre toi et ta conscience et ça ne m'intéresse pas de te psychanalyser.

La plupart de ces items sont des traits de personnalités, d'autres peuvent être causés par des codes sociaux (la 5 EST un code social, c'est étrange, stupide et plutôt illogique, mais l'employé qui dit à son patron qu'il l'aime bien alors qu'il le déteste n'est pas un pervers narcissique, juste un être humain lambda)
La liste en tant que tel comporte des points indissociables les uns des autres, comprenant eux-même une description unie, pour éviter justement que le profane plein de mauvaise foi ne soit tenté de piocher ce qui l'intéresse sur le point 5 en ignorant la totalité de la description afin de produire un parfait contre-exemple du point 5 comme tu l'as fait ci-dessus. UNE VIRGULE N'EST PAS UN SLASH.

s'il y a une conséquence qui a plusieurs causes, prendre ce lien comme seul et unique possibilité (puisque ce sont les "caractéristiques des PNs") me paraît... étrange.
Tu évoques une causalité multiple en apposant ta désapprobation, et? Que ça te paraisse étrange, c'est très bien, fais tes recherches, ouvre un bouquin de psycho.
Mais le fait que ça te paraisse "étrange" n'apporte aucun élément susceptible de soutenir ton propos sur ce point. Tu ne fais que jeter un doute franchement fallacieux sur un élément contre lequel tu n'as aucun argument concret.

J'ai dis bonjour à un humain, il s'en est allé donc saluer les gens les fais partir ? Non. L'humain est plus complexe que ça.
Alors là c'est la wurstfest la plus totale. Tout d'abord je te remercie de ta sollicitude mais j'ai bossé mon sujet et de ce fait ton lieu commun sur la complexité de l'être humain est rédhibitoire et très malvenu.
Le pinacle de la mauvaise foi, tu compares un diagnostic différentiel à une relation de causalité erronée qui si elle a déjà été prononcée un jour a forcément dû l'être par un quelconque enfant en bas âge présentant un trouble évident du développement cérébral.
Je ne te félicite pas, à ce niveau-là de pauvreté métaphorique sur une échelle verticale on passe au-dessous de la comptine illustrée.

À ce niveau-là, autant résumer ça à "je l'aime pas c'est un PN". Hier on diagnostiquait la déficience intellectuelle et la schizophrénie comme ça, pourquoi pas un trouble de la personnalité ? Voilà pourquoi j'en ai marre de voir ce genre de post, parce que, oui, que vous le vouliez ou non, ça créé de la paranoïa pour rien. 99% des humains peuvent être vus comme PN, doit-on pour autant fuir l'humanité tout entière ? Est-ce seulement possible de vivre sans être en danger permanent à moins d'être dans un abris nucléaire ou un bunker en général ?
On en vient donc à ça, c'est triste.
"Autant résumer à" personne ne t'a demandé de résumer quoique ce soit, tu te permets donc par cette tentative malveillante de vulgarisation, appuyée juste ensuite par l'argument passéiste qui est le tien, tu réitères avec le terme "paranoïa" qui plus est, de relancer une comparaison métaphorique à mi-chemin entre la seconde guerre mondiale, la guerre froide et une fiction post-po survivaliste de ton cru.
Personne ne s'est jamais enfermé sous six mètres de béton pour échapper à un PN. Et tu le sais.
Tu ne prends aucun poids en compte dans tes équivalences ce qui les rend frauduleuses du début à la fin. Décevant.

Si tu ne souhaites plus entendre parler des PN libre à toi de te boucher les oreilles et de chantonner. Cela ne change rien ni à la dangerosité ni à la réalité de la profusion de ces individus. Toute. Proportion. Gardée.

Maintenant s'il est possible de revenir au syndrome d'Asperger, au lieu de nous voir imposer ce spectacle de piètre qualité dans lequel tu gesticules parce qu'on en parle trop avant d'en parler encore plus, justifiant tes interventions franchement dispensables en quémandant d'ignorer tes messages ou en postant du vide avec un spoiler de hors-sujet, ça me bouffe mon temps mon énergie et ma bonne humeur. Merci bien.

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par Cliae le Lun 2 Mai 2016 - 23:40

John_95 a écrit:

ABSOLUMENT PAS.
Le PN ne peut prendre conscience de son état. Ce n'est pas une maladie, ce n'est pas un trouble, c'est un état de fait et c'est incurable.
Si tu lui en parles il va se débrouiller pour te faire porter la responsabilité de ses problèmes. Je rappelle que le PN se nourrit de l'intériorité de ses proies, car sa nature est à la fois celle d'un parasite et d'un prédateur social.
Si vous êtes en relation avec un PN je ne saurai que vous conseiller de FUIR.

Je suis tombé sur un post facebook qui disait que peut être que ces gens étaient paumés et n'arrivaient pas à communiquer. Je me suis dit que ça paraissait logique et je lui ai tout raconté ... En me livrant beaucoup trop pale

Je suis complètement paumée, j'ai beaucoup de mal à concevoir que quelqu'un soit mauvais. #PointBisounours

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Message par John_95 le Lun 2 Mai 2016 - 23:45

Une charmante jeune femme a écrit:Je suis complètement paumée, j'ai beaucoup de mal à concevoir que quelqu'un soit mauvais.
C'est toute la difficulté dans l'acceptation de la réalité de cet état de fait PN.
Si tu veux m'en parler en privé je ne bouge pas. J'ai un parent comme ça, et je sors d'une relation de 6 ans avec quelqu'un qui l'est aussi.

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par Mily_Moheori le Lun 2 Mai 2016 - 23:55

Les dernières interventions proviennent de ce topic : http://www.zebrascrossing.net/t26463p25-asperger-besoin-d-aide#1103758

Bonne lecture

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par Parisette le Mar 3 Mai 2016 - 1:21

Pour Cliae:

Extrait du livre : "pour en finir avec les tyrans et les pervers dans la famille", d' Yvonne Poncet-Bonissol.


Une famille formidable

Toute la difficulté pour l’enfant confronté à un parent pervers narcissique réside dans un paradoxe : sa souffrance est d’autant plus gigantesque que tous les signes extérieurs de son développement, ainsi que ceux relatifs à son milieu familial, non seulement ne laissent transparaître aucune faille, aucune souffrance, mais renverraient même l‘image d’une famille quasi parfaite, dans laquelle l’enfant se développe et grandit dans l’harmonie sans jamais poser de problème.
Par conséquent, cet enfant n’a aucun moyen direct de crier son malaise, aucune accroche possible dans cette illusion d’harmonie et cette réalité factice, aucune place pour une quelconque révolte : le piège est bien ficelé, l’image renvoyée est lisse, socialement correcte. C’est un peu comme avoir un revolver braqué dans le dos et être obligé de faire bonne figure pour ne pas que celui qui le pointe tire. Ne surtout pas attirer l’attention sur la face cachée de la réalité.

Seul au monde

Le sentiment dominant, de loin, chez cet enfant, est celui d’un isolement profond et d’une immense solitude, précise Catherine Salobir, psychologue clinicienne. D’abord parce qu’il n’existe entre son parent pervers narcissique et lui aucune transmission, quelle qu’elle soit. Rien ne lui est dit, rien ne lui est jamais raconté, ou alors, bien enrobé et lissé . Il prendra conscience, au fil des années, qu’il y a des trous dans son histoire, parce qu’il n’y a jamais eu de véritable récit à ce sujet. Les bribes d’information que l’enfant finira par obtenir ne seront que celles qu’il aura pu glaner de ci de là, au fil des conversations dont il aura été le témoin avec certains proches de la famille, ou de recoupements que lui seul sera parvenu à établir. Le pervers narcissique ne se dévoile pas, il ne livre rien. Ainsi, tant sur le plan de son histoire personnelle que sur celui des connaissances générales, l’enfant comprend très tôt qu’il doit tout découvrir et apprendre par lui-même. Il sait qu’il devra grandir seul, ce qu’il aura beaucoup de mal à pardonner.
L’enfant a par conséquent du mal à se situer dans son histoire, à trouver sa place, comme si le lien de la filiation n’existait finalement que sur les registres d’état civil. C’est là encore un paradoxe : son parent est bien vivant, mais en réalité, l’enfant se sent orphelin, à ceci près qu’il n’a aucune chance d’être adopté, ce à quoi il pense d’ailleurs parfois car cela signifierait enfin avoir un parent, c'est-à-dire quelqu’un qui sait que l’essentiel est dans le don et l’échange, quelqu’un qui sait vivre .
Le pervers narcissique vit avec son enfant, mais séparément ; ils ne partagent rien. Sécheresse absolue. Un gouffre infini les sépare. Le parent ne sait pas ouvrir les portes de son coeur, symboliquement tenir chaud et envelopper. C’est un langage qu’il ignore complètement et dont il ne veut rien entendre, préférant se réfugier dans une intellectualisation quasi systématique des évènements de la vie, qui lui permet habilement, (car il s’agit en général d’un être brillant), de ne pas aborder les sujets sensibles tout en jouissant d’un pouvoir de fascination sur son entourage, qui se laisse, hélas, berner.
De cette mascarade, l’enfant est témoin, mais il a appris à dissimuler sa nausée et son chagrin. Sa plaie est à l’intérieur, comme sa solitude. Que son parent soit donc rassuré, pour l’heure tout semble désespérément normal.
Le pervers narcissique ne présente son enfant aux autres qu’à travers son propre narcissisme, ce qui le valorise aussi. De fait, l’extérieur ne perçoit cet enfant qu’à travers la description qu’il lui en fait, et le méconnaît. Une fois encore, nous sommes dans le domaine de l’image, de l’apparence. L’enfant expérimente la solitude qu’il y a à ne pas être reconnu et compris, à peaufiner l’image du foyer parfait, comme un accessoire dernier cri qu’il est de bon ton d’afficher.
Il arrive néanmoins que certaines personnes proches de l’entourage familial parviennent à saisir quelque chose de cet enfant : capables d’une réelle écoute et de se faire leur propre idée sur lui, sans être influencés par le discours ambiant des parents, ils établissent avec lui une relation sincère et vraie, simplement parce qu’ils le regardent, lui.
Cette situation nouvelle procure à l’enfant un profond bien-être, même si, dans le même temps, cela ne fait qu’intensifier sa souffrance de réaliser que ses proches sont incapables de saisir au quotidien ce que d’autres, plus éloignés et plus anonymes, ont su percevoir.
Un dernier aspect du sentiment d’isolement est directement lié à l’autre parent, le conjoint sur lequel le pervers narcissique exerce une emprise considérable, pris dans une relation de soumission, avalé par celui qui organise et centre chaque instant de la vie autour de lui, devant abandonner presque totalement son rôle de parent pour se dévouer exclusivement à celui d’époux ou d’épouse. L’enfant est doublement orphelin de ses parents : il réalise l’impensable, il lui faut faire son deuil et surmonter l’anachronisme qu’il y a à vivre avec ceux qui sont déjà morts, qu’il doit déjà enterrer .

Qui suis-je ?

L’affirmation de soi est également très délicate pour l’enfant : n’ayant pas de place réelle, il a beaucoup de mal à se manifester autrement qu’à travers ce qu’il a compris de ce qu’il devait être. Il ne réclame jamais grand-chose, n’est quasiment jamais demandeur. Il sait qu’il doit se glisser dans le costume tristement étroit qu’on a confectionné pour lui, sinon il deviendra un étranger. Il n’y a pas d’espace pour la contestation, qui serait immédiatement étouffée et violemment réprimée. L’enfant perçoit très tôt, dans ce simulacre d’équilibre, l’intolérance de son parent à toute forme de différence, à tout ce qui ne lui ressemble pas. La singularité est taboue.
La discrète mais réelle dictature ambiante ne laisse évidemment pas de place à la discussion, à l’échange de points de vue différents, puisque rien ne doit risquer de menacer l’ordre établi et le sentiment de toute puissance que le pervers narcissique défend envers et contre tout. L’enfant sait que c’est ailleurs qu’il pourra vivre libre, qu’il doit pour l’instant se taire s’il ne veut pas être rejeté ou risquer de confronter son parent à son propre néant. Il ne s’oppose pas de front au pervers narcissique, il se réfugie souvent dans le silence, ce qui lui vaut alors d’être défini comme un enfant sage et bien élevé, un enfant modèle qui vient redorer bien malgré lui le blason du narcissisme du parent, qui, incapable de la moindre empathie, à aucun moment ne réalise l’artificiel de cette attitude.
Ce silence imposé verrouille chez l’enfant toute verbalisation des sentiments et des affects. La parole avec le pervers narcissique ne s’articule qu’autour de discussions où les émotions ne transparaissent jamais parce quelles sont dangereuses pour lui, risqueraient de l’affaiblir, de le rendre vulnérable et de lui faire perdre son pouvoir. Son discours, souvent empreint d’une culture à vertu protectrice, est toujours sérieux . Sa parole, sa pensée, doit occuper tout l’espace, tant celui des autres que celui de leurs émotions. Ici, on ne s’épanche pas, on raisonne. Ici, on ne vit pas, on est mort.

Une île au milieu des gens

Le fardeau que supporte l’enfant du pervers narcissique a un impact sur ses relations avec le monde extérieur.
Sur le plan relationnel, l’enfant dans sa famille témoigne d’une raideur forte vis-à-vis du contact physique. Les rares étreintes avec le parent ne sont pas chaleureuses, comme si l’enfant se préservait de manière inconsciente, d’une dangereuse contamination. Au quotidien, ce contact physique se réduit au strict minimum, comme s’il fallait mettre le plus de distance entre la vie et la mort. Il faut dire que le parent narcissique n’est pas lui non plus enclin au contact physique.
Sur le plan social, il ne sera pas facile à l’enfant de nouer des contacts avec les autres. D’avoir vécu auprès d’un parent intolérant à toute différence, systématiquement dans le jugement et préoccupé par l’apparence lui aura rendu difficile toute spontanéité et toute intégration dans un groupe : du temps lui sera nécessaire.

L’enfant du pervers narcissique, qui a appris à survivre à la tragédie des faux-semblants, a toujours eu en lui la connaissance intuitive et très précoce qu’il échapperait au piège de son parent et qu’il trouverait, dehors, la terre qu’il devait conquérir pour vivre libre (sauf si les manipulations font apparaître le monde extérieur comme dangereux, auquel cas il sera pris dans un filet de contradictions inconscientes plutôt paralysant).
Plus âgé, il sait qu’il est un rescapé, qu’il est passé à côté de ce qui aurait pu l’enterrer vivant, le rendre taciturne ou pire. C’est pourquoi il a parfois la rage de vivre chevillée à l’âme, la rage d’exister, de dire, de se dire, et surtout de partager, de transmettre. Dans ce duel ultra sophistiqué, le pervers narcissique n’est pas parvenu à mettre la voix de son enfant en échec, ni sa richesse, ni sa chaleur.
L’immense solitude dans laquelle il l’aura fait vivre pendant des années aura fait naître un sentiment de force et d’indépendance, même s’il met du temps à se révéler. Il a grandi seul, est devenu fort et avide de liberté, lui qui a connu la prison. Il saura jouir de la vie dune manière qui déplaira certainement à son parent, confronté à son propre vide et à son affligeante inconsistance. Tel est le destin d’un enfant parvenu à faire de sa souffrance l’oeuvre d’art de sa vie.
Cependant, les enfants n’ont pas tous, face au drame d’avoir un parent pervers narcissique, ce potentiel de lutte et de survie. Pour la majorité d’entre eux, certains symptomes empreints de souffrance s’expriment très tôt : agressivité, terreurs nocturnes, troubles alimentaires, psychosomatisations, allergies Toutes ces manifestations expriment une soif d’être aimé, regardé et entendu. Tyrannique, coléreux, agressif Non, il n’est pas caractériel. Mais en révolte.
Dans la constellation familiale du pervers narcissique, on constate que l’enfant est très tôt désigné comme l’héritier du parent pervers. C’est celui qui, généralement, est le préféré de ce dernier, comme s’il avait reconnu d’emblée celui qui serait digne de lui succéder . Alors peu à peu, une toile d’araignée perverse se tisse.

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par Boomboom le Lun 9 Mai 2016 - 13:09

+1000 Vincenz'. Les PN sont déjà impossible à démasquer avec certitude par un psychologue. Il n'existe aucuns tests valable pour ce genre de cas alors c'est pas des gens qui pourraient être mon voisin ou le mec a côté de moi dans le bus qui va pouvoir.

Tout ce qui se trouve dans cette liste, qu'on peut d'ailleurs trouver sans mal sur internet ya juste à pomper. Tout le monde le fait...  Tout le monde a déjà menti, tout le monde change de comportement en fonction des personnes avec lesquelles ils se trouvent ( on va pas être pareil avec son patron comme avec sa soeur), tout le monde est un poil focus ou hypocrite, personne n'aime avoir tort et peu de gens aiment être prit pour des cons. La grande majorité des points évoqués dans la liste sont vérifiables. Et c'est un mal nécessaire pour nous être humain, l'animal le plus sociable sur Terre. Nous sommes les plus évolué sur le plan du langage et de la communication et nous devons de ce fait nous imposer des barrières.
C'est comme si je disais " les gens sur ce forum sont des gros prétentieux parce qu'ils s'estiment plus intelligent que la plupart des français et que personne ne comprends leurs raisonnement tellement abouti et poussé",  un gros raccourci. Alors va y avoir vraiment des gens oui qui ont un réelle forme d'intelligence et l'autre beuleuleu qui a réussi à répondre à 2 questions d'affilé à money drop.

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par Farandole31 le Lun 16 Mai 2016 - 9:49

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par Sethlans le Lun 16 Mai 2016 - 10:24

Question à laquelle il a peut être déjà été répondu (question théorique parce qu'il ne me semble pas pour ma part en avoir croisé) - je précise que je n'ai pas lu l'ensemble du sujet, bien trop vaste pour le temps que j'ai :p.
Dans quelle mesure un pervers narcissique n'est il pas simplement pervers, et narcissique, en ce sens qu'il a des défauts (encombrants), plutôt que d'être un Pervers Narcissique, comme un état, essentiel qu'il traîne ?

Ce sujet parle de relations avec des PN (pour reprendre l’appellation :p), mais au final ce sont des êtres humains, et si ils sont si dangereux pour des zèbres (et je ne sais pas dans quelle mesure c'est du ressenti ou de la réalité statistique), c'est peut être simplement parce qu'ils ont face à eux un caractère propre à développer leurs propres défauts, quand face à une autre personne d'un caractère différent ce PN aurait peut être été mieux bordé et eu un meilleur comportement.

Ce que je veux dire en substance c'est que les termes créent les "pathologies" dans un certain nombre de cas. Par exemple (bien différent) il n'y a pas eu d'homosexuels jusqu'à l'apparition du terme homosexuel, et l'identité sexuelle est devenue un vrai problème, chacun devant aujourd'hui se positionner plus ou moins par rapport à des critères arbitraires, quand longtemps elle était basée sur d'autres éléments (la hiérarchie par exemple). Parler de PN, au point d'en faire un acronyme rend "réel", enlève la nuance des comportements possibles en les figeant dans un cadre, mal défini et de ce fait difficile à contredire.

Alors évidemment il faut fuir les gens qui vous détruisent (je ne l'ai pas toujours fait :p), mais ça n'en fait pas des "PN", juste des gens qui vous détruisent, éventuellement pervers et/ou narcissique et/ou autre chose d'ailleurs. J'ai l'impression que nommer la chose comme un ensemble cohérent, défini, en quelque sorte hors-sol ne le rend ni plus simple à comprendre, ni plus simple à gérer, simplement plus simple à rejeter sans nuance ni compréhension. Ce qui est bien quand c'est une question de se défendre, mais beaucoup moins intelligent à mon sens quand il s'agit d'en parler et d'y voir un peu clair.

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

Message par ISIS75 le Mer 26 Oct 2016 - 12:32

bonjour avez-vous vu cette video ?
https://www.youtube.com/watch?v=OD2t1g7CEME

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Re: Relations toxiques: pervers narcissiques ou autre...

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