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Message par Invité le Dim 5 Mai 2013 - 19:56

C'est ici la réunion des gens occupés à tourner en rond dans leur caboche ? Très bien, je prends la carte du club. Et oui je fais partie comme nombre d'entre vous de ces hurluberlus à qui on a répété cent fois que trop d'intellectualisation confinait à l'immobilisme, mais qui malgré les efforts et ces brefs instants d'audace qui jalonnent notre modeste existence ne réchappent pas à cette passion de l'examen. De la même façon qu'il serait un peu idiot de demander à un leucémique d'arrêter de se faire du mauvais sang (pardon), il est tout à fait vain de tenter d'échapper à sa nature de petit être égaré en quête d'explications, de pourquoi, de comment, de logique, histoire de mettre un peu d'ordre dans ce bordel universel (même si parfois c'est l'effet inverse qui se produit). En bref une manie cérébrale qu'on espère être utile pour arriver à anticiper quelques miettes de notre sort et ne pas se noyer.

Mais revenons à nos moutons. A la base je débarquais ici avec pour idée de vous exposer un énième fait d'arme sentimental. Mais ça n'a plus de sens parce que mon cas n'a rien de particulièrement intéressant ou d'original, si ce n'est pour les questionnements généraux qu'il pourrait soulever (et qu'à la fin, ironiquement, chacun ajustera à son cas personnel). Pourquoi ici ? Parce que je me disais que même si ce n'était pas une garantie de pertinence, au moins les gens réfléchissent à deux fois avant de répondre, pour ne pas déroger en mal à ce qu'on attend d'eux. Enfin c'est une supposition.

L'histoire est d'un banal. La bonne personne au mauvais moment. Ah vous aussi vous avez connu ? Enfin ça c'est ce qu'on se dit pour se rassurer. Non à l'heure où je vous parle, je m'en voudrais presque de rester aussi romanticucu à 25 ans, même avec l'excuse que l'esprit restera la dupe du cœur. Mais quand même, moi grande cynique devant l'Eternel estimant, à tort, son esprit bien supérieur aux affres du cœur, excusez que mon orgueil soit un peu piqué d'afficher autant de faiblesse.

Au moment de la rencontre par exemple. L'héroïne romanesque qui sommeille en vous, vous susurre que c'est une évidence, qu'à défaut de destin, il y eut au moins une conspiration. Rencontrer un alter ego avec qui on peut lâcher la bride quand on est soi même un peu pittoresque, pour l'euphémisme, c'est trop rare. Quelles en sont les probabilités ? Demain je vais me mettre à jouer au Loto, tiens. Comme si un double six en appelait un autre.

Par contre votre côté professeur aride lui vous affuble volontiers d'explications beaucoup plus terre à terre. Après tout peut-on sérieusement être surpris de voir deux êtres plutôt bien faits de leur personne et en âge de procréer, évoluant dans les mêmes sphères sociales et partageant a priori le même capital culturel, s'attirer mutuellement ? Je passe le couplet sur les hormones. Entre la part animale et le déterminisme sociologique, exit la magie et la guimauve. Je ne parlerai même pas de psychanalyse, mais juste parce que ça me barbe.

Enfin, la part mégalomane conclut qu'il n'y a vraiment que le vulgum pecus bien ignorant des causes qui les font agir pour tomber encore dans le vil piège de l'illusion amoureuse. J'oubliais le frustré qui se demande encore pourquoi dame nature a eu la sombre idée de nous soumettre à la reproduction sexuée, si ce n'est pour faire parler et couler un paquet d'encre pendant que la bactérie peut s'engendrer tranquillement sans le recours d'un partenaire. Quelle mesquinerie madame, vraiment.
Encore que l'humain semble moins s'intéresser à cette finalité qu'à d'autres objectifs plus obscurs, entre goût certain pour la lubricité et renforcement des liens sociaux. Il paraît.

Bref, malgré ce côté rationnel qui me permet, croyais-je, du haut de ma tour de guet, d'échapper au torrent impétueux des émotions, je cristallise à fond. En général avec une chanson, un hochet musical que j'agite un soir d'ennui et qui fait subitement le lien entre le sentiment de volupté qui m'envahit alors et une personne (qui me plaît bien de base, s'entend). Pour ça, j'ai toujours 14 ans. Coutumière du fait, je me suis vite rendue compte que l'objet de la cristallisation pouvait être interchangeable. Lui, elle, ou un phoque. Les combinaisons sont infinies.

Mais passons. Lui il me parlait carrément de romans d'amour, et plus précisément de Belle du seigneur, une révélation pour lui disait-il. Que je n'ai pas lu, parce que les romans d'amour autant dire que c'est pas vraiment ma tasse de thé. J'ai l'impression qu'on me parle d'une chose à laquelle je n'entends rien, ou la plupart du temps d'une maladie grave qui m'a été épargnée parce que j'ai un gros animus embusqué derrière mes airs de poupée blonde. Mais la vérité c'est plutôt qu'il est plus prudent pour les tempéraments hautement sensibles d'éviter ce genre de littérature sans quoi ce serait ouvrir la porte aux égarements indignes et qui n'ont plus rien de noble à l'ère du surintellectualisme. Pas vrai ?

N'ayant jamais douté qu'il était doté d'une grande intelligence sociale, dont la manifestation la plus aboutie est bien cette aptitude naturelle et intuitive à séduire au sens large, il aurait entrepris de conquérir de la gourgandine cultivée et avertie qu'il ne s'y serait pas pris autrement. Pour ma part, je n'estime pas maîtriser suffisamment les subtilités de la communication humaine pour en déjouer les stratégies par un bon mot. Et pourtant en tant qu'être pittoresque, vous devez bien connaître cette tendance prononcée à mettre sur table tout ce qui relève de la métacommunication, des intentions, des non dits. Ce qui déstabilise souvent nos interlocuteurs, ou en tout cas ne manque jamais de les surprendre.

S'il avait voulu viser encore plus juste me concernant, il m'aurait parlé de l'Insoutenable légèreté de l'être. Mais personne n'est parfait. Enfin tout ça pour dire que la cristallisation a bien fonctionné et que mon ego, qui a toujours été un trouble fête pas mal envahissant dans toutes mes relations, en a honte.
C'est sans compter que la distance qui s'est désormais introduite a ravivé le brasier. Comme j'ai coupé les ponts de façon un peu expéditive, il n'en saura rien, et c'est tant mieux car c'est une affaire entre ma fierté mal placée et moi même.

Malgré tout je reste bien emmerdée, l'adaptation cinématographique sort début juin. Heureusement qu'il s'annonce comme une pub aseptisée pour un parfum de grande marque mais qui durerait plus d'une heure avec des acteurs à l'expressivité de bulot. Oui et ? Qui n'a pas tenté de tourner en ridicule les élans du cœur ou de les assécher par trop d'explications pour mieux les exorciser ? Chacun sa méthode, bon.

Tiens, comme ce sujet ne posait pas de question particulière et partira inéluctablement dans tous les sens, cette dernière interrogation pourra très bien faire office de problématique principale. Combien de fois vos suranalyses n'ont cherché qu'à canaliser maladroitement une sensibilité à fleur de peau voire à fleur de chair pour les écorchés vifs ?

Et puis autre chose.
Vous n'avez jamais trouvé ça suspect vous, les gens qui parlent, écrivent, chantent si aisément les sentiments ? Comme s'ils les sentaient à moitié et que l'autre moitié s'était transformée en simples représentations, en signes vidés de leur contenu émotionnel. Vous arrivez à jouer une musique qui vous bouleverse véritablement vous, sans que la machine se grippe un moment ou un autre ?
On fait comment quand, tout bien considéré, on ne parvient à avoir qu'un empire fragile sur nos embrouillamini sentimentaux ? Parce que c'est bien de ça dont il s'agit.
Aller hop, j'ai trouvé un titre pour ce fil, qui j'espère ne sera pas trop à côté de la plaque.

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Message par Invité le Lun 6 Mai 2013 - 9:01

J'ai renoncé à canaliser ma sensibilité, c'est peine perdue, mon côté fleur bleue me fait rejouer Always ou Ghost en boucle.
Le seul moyen que j'ai trouvé est de me dire qu'à 44 ans tout ce que je devais connaître de fort dans ce domaine m'était déjà arrivé.
La dernière grande histoire m'ayant presque détruit et la belle ayant coupé les ponts ( tiens...) à cause de moi, de nous, de mes erreurs, des siennes, peu importe, reste la douleur et la culpabilité qui reviennent parfois, par vague.
Alors je joue l'homme, je m'isole, drapé dans mes anciennes histoires.
peut-être qu'un petit message me parviendra un jour..on peut rêver...même pas vacciné.

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Message par Arkhèss le Lun 6 Mai 2013 - 14:29

On confond souvent amour et attirance sexuelle, je crois.
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Message par anianka05 le Lun 6 Mai 2013 - 15:07

Besoin de précision: quelles définition donnée à la sensibilité, ici?

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Message par Invité le Lun 6 Mai 2013 - 19:06

Pour la définition il me fallait un terme un peu générique qui engloberait à la fois les acceptions modernes d'excitabilité ou réceptivité sensorielle, émotionnelle, sentimentale.
Les trois genres entretenant des liens étroits. Je reviendrai peut être plus tard sur ce point quand j'aurai cumulé plus de deux heures de sommeil.

Pomme-cannelle: Always ou Ghost ça risque de pas être possible par contre. Bon pour le reste, on a suffisamment de bouteille pour savoir qu'on en revient, fais toi confiance.

Adcvh: ce que je décris se rapproche davantage de l'obsession amoureuse, on dira que c'est une catégorie bâtarde.

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Message par Arkhèss le Mar 7 Mai 2013 - 10:29

J'avais bien saisi, mais pour moi les deux sont un peu équivalents.

Quand une obsession vis à vis d'une relation peut se mettre en place ?
Peut-être même : quand une obsession peut se mettre en place, tout simplement ?

A vue de nez comme ça, je dirais qu'on peut devenir obsédé par une relation ou quelque chose quand on obtient pas satisfaction vis à vis de ce qu'on en attend.
En tout cas, comme ça, à première vue, ça me semble à peu près correct pour ce qui est des relations.

Donc à partir de là, c'est déjà une super information ça, parce que tu peux te dire "si je commence à être obsédée par une personne, alors c'est que la relation ne me satisfait pas, qu'elle est probablement déséquilibrée".
Et une relation amoureuse c'est avant tout une relation équilibrée. Une relation amoureuse qui marche j'entends, sinon j'appelle ça juste de l'attirance pour des raisons plus ou moins superficielles (attirance sexuelle primaire, par exemple).
Et quand je parle de "raisons superficielles" ou d'attirance sexuelle "primaire", je ne veux pas dire "bouh c'est mâaaal, c'est pas bieng ! vilain connard, vilaine salope !", ce que je veux dire c'est que ce sont sûrement des émotions gérées par une zone du cerveau primitif. Comme le cortex reptilien... N'étant pas expert en neurologie, je m'étalerais pas trop là dessus, ce qu'il faut retenir de cette dernière remarque, pour comprendre ce que je veux dire, c'est que ce sont des émotions qui m'ont l'air d'être gérées par un système qui n'est pas capable de tenir compte d'un grand nombre de variables, et qui n'est pas non plus nécessairement très précis/efficace.
Suffit de voir le nombre de gens (hommes et femmes) qui tombent dans le panneau de "l'amour" tel que tu le décris dans ton message initial, et qui en pâtissent, en se demandant ensuite "mais merde, comment j'ai pu me faire avoir par ... ça ??!"
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Message par Invité le Mar 7 Mai 2013 - 19:43

J'entends bien ton point de vue adcvh, et je me suis sérieusement (mais pas trop quand même) posée la question de savoir de quelle étoffe était fait l'instant qui annonce l'obsession. Et que si l'attirance sexuelle a sa voix au chapitre, c'est quand même pas suffisant. Les premiers résultats de mon expérience pas très scientifique sont tombés.

Alors que tout se passe sous de bonnes augures et que les verrous sautent sans résistance, qu'on se laisse couler dans le bain chaud de la confiance, il y a toujours ce détail, cette parole ou ce geste insignifiant qui nous plonge dans le doute, à ne plus savoir si l'on plaît dans son entier alors même qu'on s'était mutuellement confirmer l'attirance. J'ai toujours pensé que le coupable était donc ce minuscule point de bascule que personne ne voit venir.

Mais pour parvenir à cet instant d'incertitude où le jugement de l'autre et la peur de lui déplaire va devenir une préoccupation assez incommode, il fallait que soit advenue juste avant cette sensation de paix toute relative, quand il nous semble avoir trouvé un ami ou un égal avec qui échanger sans calcul.

Alors suivant ce processus, le piège se referme et on sent monter l'amertume qui nous indique que le chemin de croix ne fait que commencer et que l'on va bientôt regretter de ne pas s'être engagé dans l'armée. Bref, que la situation est en train de nous échapper. Ou, pour reprendre ta terminologie, que notre néo cortex vient de se faire royalement court circuiter par notre système limbique (ou notre cerveau reptilien, ou encore les deux), finger in the nose.

Mais je ne voudrais pas trop dramatiser cette situation qui pour moi s'apparente davantage au comique de répétition, un peu comme un sketch de Buster Keaton toujours prompt à foncer dans des situations désespérées débouchant sur une chute inévitable.

Bon après l'obsession peut se renforcer avec l'apparition d'un obstacle (ce fut mon cas, mais de façon générale c'est souvent le cas).

Tout ça pour dire, le sentiment amoureux quoiqu'il arrive naît et se nourrit d'une dose d'incertitude. Mais voilà, poison ou fortifiant, c'est toujours un problème de dose selon sa constitution personnelle (ou sa sensibilité, pour rester dans le sujet).

Et puis une relation équilibrée, oui bien sûr mais c'est quoi quand on sait que l'équilibre est le résultat d'une alternance de petits déséquilibres qui se compensent ?

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Message par Arkhèss le Mar 7 Mai 2013 - 21:06

La marche n'est rien d'autre qu'une succession de déséquilibres selon certains. Pourtant, tant que tu gardes l'équilibre, tu ne tombes pas. Tu n'as même pas le vertige.

La peur de déplaire à l'autre... Ca, clairement, pour moi, on est déjà plus dans un contexte d'une vraie relation de partage (ce que devrait aussi être une relation amoureuse, et n'importe quelle relation équilibrée, je pense).

Admettons que ça ne soit pas toi, mais lui qui finisse par te déplaire à toi. Que fais-tu ? Tu l'avais pas vue venir celle-là ? Si tu me réponds "non", je te répondrais : "si tu l'as vue venir". D'ailleurs, tu parles de doute, de ce petit point de bascule.
On pourrait penser qu'on peut être fort et ne pas en tenir compte, tout en se disant "bon, je vais pas l'embêter avec ça... ça risque de l'agacer, je vais l'énerver et lui déplaire". Et en fin de compte, tout ce qu'on a réussi à faire c'est de taire notre sens de l'observation... Du moins le croit-on, parce qu'à force, tout ce qu'on obtient ainsi c'est d'accumuler les doutes qui finissent par devenir une source de grande frustration.

Et dire qu'on était censés échanger sans calcul à l'origine... Et voilà qu'en fin de compte, on se met à calculer, à se faire souffrir soi-même pour éviter de fâcher monsieur ou madame. Si c'est pas du calcul ça. C'est une tentative de manipulation maladroite, quelque part, non ?

C'aurait été si compliqué que ça de lui en parler, d'exposer nos doutes. Quitte à le ou la fâcher... S'il ou elle se fâche pour ça... Pas que ça soit peu de chose, non. Mais ce conjoint n'est-il pas censé nous rendre heureux ? Ok, pas nécessairement à tout instant. Mais s'il ou elle ne fait pas son boulot, dans la globalité de la relation... J'entends par là que si la relation est merdique au point que l'équilibre penche en la défaveur de l'un ou de l'autre, voir carrément des deux, qu'est-ce que vous foutez ensemble ?
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Message par Lilou7777777 le Mar 14 Mai 2013 - 13:03

MDR
si je l'ouvre, il se fâche.
si je la ferme et fais le toutou, je suis frustrée, il est content.
si je le lâche, il s'accroche, il tombe.
si je le lâche, je me sens mal, je culpabilise.
si je ne le lâche pas, je deviens méchante, agressive.
si je deviens agressive, il se fâche.
s'il se fâche, je ne la ferme plus.
si je ne la ferme plus, il devient "fou"
si je le quitte, je culpabilise.
La boucle est bouclée.
Mon compte est bon.

Juste pour reprendre: qu'est ce qu'on fout ensemble??
Je ne sais pas... du mal?
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Message par Invité le Mar 14 Mai 2013 - 13:17

On n'utilise pas la même langue. Tu parles d'un idéal, de façon prescriptive (« c'est comme ça que ça devrait être »). Je parle du terrain en m'arrêtant au descriptif, tout au plus j'ironise sur ma façon de juger ces faits, en ne perdant pas de vue que ce qui nous afflige ce sont bien les jugements que l'on porte sur les choses, plus que les choses en elles mêmes (obvious).

Enfin, tu as mis le doigt sur un point important. Non on ne voit pas venir le moment où surgit la peur de déplaire. De la même façon que le symptôme ne vient qu'après la maladie (j'aurais envie d'ouvrir une parenthèse là dessus mais je me contenterai de la refermer). C'est pourtant lui qui signale que quelque chose cloche. Cette peur peut venir d'un détail mal interprété, ou n'être que le fruit de notre imagination, peu importe, un enjeu vient d'émerger qui va assiéger l'esprit. C'est la définition de l'obsession.

Ceci étant posé je ne connais pas une seule relation où chacun met au gramme près et en rythme s'il vous plaît le même poids sur la balance. Néanmoins il y a souvent des réajustements à faire pour éviter que la dynamique s'écroule. On ne quitte pas le navire parce que le bilan de ses petits comptes d'apothicaire se révèle déficitaire. Jamais vu. Et puis j'aurais quand même du mal avec cette vision petite bourgeoise où la viabilité d'une entreprise sentimentale n'est garantie que dans la mesure où ses intérêts sont respectés à la lettre.
Même en amitié c'est pas de mise. Sans compter que l'amitié laisse rarement la place à cette envie de posséder l'autre qui fausse tout et nous pousse à considérer ce qu'il est bon de laisser paraître ou de donner à l'autre dans le but de nous attirer sa sympathie. Les amis sont rares, c'est pas pour rien.
Qu'il y ait du calcul maladroit dans la relation amoureuse, j'ai envie de dire : n'y réchappe-t-on jamais ?

(En passant il y a quelque chose qui me gêne dans le ton que tu emploies. Un peu comme si on disait à un alcoolique "ça te fait du mal, arrête de boire", puis déconcerté par l'impuissance du raisonnement élémentaire, on se souciait plus d'accuser les gens de suivre une logique biaisée, plutôt que de la dénouer pour leur apporter une solution à leur mesure.)

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Message par Uccen le Mar 14 Mai 2013 - 14:12

Craindre déplaire à un prosélyte de Belle du Seigneur...(en fait je parle sans savoir...et ne le veut pas, savoir).
Si doute, amour, si pas, routine.


Luna Lunedda a écrit:Pourquoi ici ? Parce que je me disais que même si ce n'était pas une garantie de pertinence, au moins les gens réfléchissent à deux fois avant de répondre, pour ne pas déroger en mal à ce qu'on attend d'eux. Enfin c'est une supposition.

Avérée?
Je n'aide vraisemblablement pas à sa validation.
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Message par Lilou7777777 le Mar 14 Mai 2013 - 19:04

Luna : et en raccourcis, tu dis quoi?

Franchement, je trouve que tu écris vraiment très bien. Mais faut faire moultes efforts pour arriver à tout lire et pour traduire tous les effets de style.
Après, je suis fan !! Very Happy

...mais j'avoue que je ne connais toujours pas ta pensée ! MDR

bon, je sors Embarassed
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Message par krapopithèque le Mer 17 Juil 2013 - 2:24

C'est en trop canalisant que l'on s'enlise , , ,

La sensibilité ressort du domaine des sensations ; pas du verbe .

Sinon bonne route , soleil et caresses ; le parcours est restreint .
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Message par Invité le Jeu 18 Juil 2013 - 20:30

Lilou si tu reviens: merci, mais ma pensée sur quoi ? J'ai abordé plusieurs choses de façon assez confuse j'admets, je ne sais pas ce que j'ai omis de préciser.

krapo:
Je ne suis pas tout à fait d'accord sur le fait de trop canaliser mais je m'explique. La sensibilité est comme une eau qui va être troublée par des stimuli extérieurs. Parfois cela risque de devenir un torrent incontrôlable, capricieux, dévastateur, en particulier pour les personnes qui ont la chair à vif. Canaliser n'est pas créer des digues qui de toute façon céderont à brève échéance ou encore essayer de nager à contre courant. Ce serait plutôt comme en détourner le cours, débusquer les sources et les réaménager de telle sorte qu'on assiste pas à des tumultes qui risquent de tout ravager sur leur passage.

En fait c'est une histoire de trouver le bon canal pour la communiquer. J'ai parcouru quelques manuels de développement personnel, que j'abhorre habituellement pour des raisons "idéologiques" que je n'exposerai pas ici, mais les blocages sont toujours là. J'ai toujours, à un degré un peu moindre maintenant, cette peur de l'intimité émotionnelle qui me déstabilise énormément. Se balader à poil dans la rue me poserait moins de problème que d'exposer cette dimension de ma personnalité qui souffrirait beaucoup du rejet ou de toute autre forme de fermeture.
Bref, c'est nul.

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Message par krapopithèque le Jeu 18 Juil 2013 - 21:05

Le système endocrinien tient la barre et l'intellect ni peut rien , ne craindre le rejet qu'en interne et accepter de perdre la face devant un
rustre ; la belle affaire .

http://wikipedia.orange.fr/wiki/Belle_du_Seigneur sunny 
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Message par the buru le Ven 19 Juil 2013 - 3:29

En fait c'est une histoire de trouver le bon canal pour la communiquer. J'ai parcouru quelques manuels de développement personnel, que j'abhorre habituellement pour des raisons "idéologiques" que je n'exposerai pas ici, mais les blocages sont toujours là. J'ai toujours, à un degré un peu moindre maintenant, cette peur de l'intimité émotionnelle qui me déstabilise énormément. Se balader à poil dans la rue me poserait moins de problème que d'exposer cette dimension de ma personnalité qui souffrirait beaucoup du rejet ou de toute autre forme de fermeture.

Tu en es la...

Il n'y a pas d'obligation à etre proche...A te lire je sent une sorte de sur envie d'etre intime alors que, de toute évidence, une partie de toi ne le sent pas.

En t'acceptant impuissante, comme tu es, la maintenant, meme si ca ne changes pas, tu deviendras plus proche de toi...Et alors proche de l'autre seras peut etre, parfois, possible.
Cela demande de lâcher vraiment...Complétement, l'idée d'y arriver et de t'aimer pour ce que tu es, la maintenant. Sans condition.
Allez, je commence What a Face  Wink

Je plaisante Wink Fait comme tu sent Smile

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Message par Harpo le Ven 19 Juil 2013 - 13:41

Luna Lunedda a écrit:
Bref, c'est nul.

Je quote juste la suite, celle que the Buru n'a pas quoté. C'est nul, et tu le sais. Wink

Mais bon, cette histoire la, ça peut être l'histoire d'une vie, c'est déjà génial que tu ait cette lucidité là à ton âge. Pas évident du tout de faire avec cette peur de l'intimité émotionnelle. Et pourtant, comment vivre avec l'autre, partager, échanger ?

Pas de recette miracle. Moi j'apprends juste à le vivre tout ça. Échanger, dire, ne pas laisser trainer ou ressasser. Écouter ses émotions, les communiquer.

Bonne chance Luna ! J'aime beaucoup ton style, délicieux à lire. Si j'osais, je te conseillerais juste un truc : aller voir un peu du côté de la simplicité et de la légèreté. Tu aimes Kundera apparemment...

Ps : c'est mignon Luna, c'est le nom de ma chienne Wink
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