Sérendipité

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Re: Sérendipité

Message par Renarde20 le Lun 24 Juin 2013 - 10:26

A que ... COUCOU ! Mouahahahahaha ! Z'adorrrrrrrrrrrrre Very Happy

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Lun 24 Juin 2013 - 13:17









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Re: Sérendipité

Message par Invité le Lun 24 Juin 2013 - 18:28

@Encre sombre

Hey Smile pas de problème ! En espérant te lire bientôt, me permets-tu de m'enquérir de tes diverses avancées pendant cette période d'absence ?

Bisous

@ Basilice

Je ne manquerai pas de passer à Toulouse , sois en sure Smile

Amitiés

@ Ours

Je ne connaissais pas la version longue et les différents modèles. Cela m'a bien fait rire. Et, au delà de ça, me fait encore penser à la sémiotique...

Amitiés

@ renarde20

Ta réaction n'a fait qu'amplifier la mienne. Comment vas-tu ?

Bises

@ DesperateRobot

Je préparais un texte un réponse au votre et vous voilà partie...
Je reste attentif à vos posts, restez libre de revenir ici quand cela vous sied.

Cordialement

----------------------  

Tout autre chose à présent. J'ai, au travers de mes pérégrinations sur la toile, croisé la roure d'un artiste 3D, Rafaël Grasseti.
Je suis admiratif devant sa rapidité et l'aspect réaliste de son art.

http://grassetti.wordpress.com/

http://grassetti.cghub.com/images/












----------------------

Et pour finir, un peu de musique : le "Best Of" d'Enya



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Re: Sérendipité

Message par Invité le Lun 24 Juin 2013 - 19:54

Vous le savez, je m'intéresse fort à la sémiotique et donc à la représentation du monde que l'on peut se faire au travers de l'agglomérat de mots, la teinture y résidant dépassant la charge sémantique de chaque vocable ainsi concaténé.

Dans mon irrépressible besoin de recherche, je suis "tombé" sur un ouvrage en accès libre (" La pensée-signe - Etude sur C.S. Pierce") que vous trouverez ici : http://books.openedition.org/cdf/2211

Pour vous "donner faim" ... deux citations de Pierce:

Une fois seulement, si je me souviens bien, ai-je pu goûter le plaisir de l’éloge – non pour ce qu’il peut apporter, mais en lui-même. Ce fut un plaisir béatifique ; pourtant l’éloge qui en fut la cause était censé être un reproche : c’est quand un critique dit de moi que je n’avais pas l’air d’être absolument sûr de mes propres conclusions. Que jamais, si j’y puis quelque chose, les yeux de ce critique ne tombent sur ce que je suis en train d’écrire ; je lui dois en effet une joie sans pareille ; et son animosité était si évidente que, s’il venait à le découvrir, il serait, je le crains, plus fou de rage encore.

L’homme est pour l’essentiel un animal social ; mais être social est une chose, être grégaire en est une autre : je me refuse à servir de mouton de tête. Mon livre est fait pour des gens qui veulent trouver ; quant à ceux qui veulent qu’on leur distribue la philosophie à la louche, ils peuvent aller ailleurs. Il y a, Dieu merci, des marchands de soupe philosophique à tous les coins de rue.

Ensuite, un site web parlant de neurosémiotique : http://www.neurosemiotics.com/fr/

...  Le concept est donc un ensemble de signes à fonction apodictique (démonstrative) produit principalement par l’hémisphère gauche du cerveau humain, alors que l’image est un ensembles de signes à fonction apophantique (illustrative) produit principalement par l’hémisphère droit.

Les expériences de R.S.Sperry, J.E. Bogen, P.J.Vogel et M.S.Gazzaniga nous ont permis de distinguer les relations intra-hémisphériques et les relations inter-hémisphériques du cerveau humain. Chaque hémisphère connaît une activité interne qui reste étrangère à l’autre hémisphère et une activité où les deux hémisphères s’échangent des signes.

Excellentes lecture et découverte à tous (curiosité devant l'évidence d'un infini intérieur insoupçonné ...)

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Lun 24 Juin 2013 - 21:47


Guy-Ernest Debord a écrit:Entre les divers procédés situationnistes, la dérive se définit comme une technique du passage hâtif à travers des ambiances variées. Le concept de dérive est indissolublement lié à la reconnaissance d’effets de nature psychogéographique, et à l’affirmation d’un comportement ludique-constructif, ce qui l’oppose en tous points aux notions classiques de voyage et de promenade.

Une ou plusieurs personnes se livrant à la dérive renoncent pour une durée plus ou moins longue, aux raisons de se déplacer et d’agir qu’elles se connaissent généralement, aux relations, aux travaux et aux loisirs qui leur sont propres, pour se laisser aller aux sollicitations du terrain et des rencontres qui y correspondent. La part de l’aléatoire est ici moins déterminante qu’on ne croit : du point de vue de la dérive, il existe un relief psychogéographique des villes, avec des courants constants, des points fixes, et des tourbillons qui rendent l’accès ou la sortie de certaines zones fort malaisés.


Mais la dérive, dans son unité, comprend à la fois ce laisser-aller et sa contradiction nécessaire : la domination des variations psychogéographiques par la connaissance et le calcul de leurs possibilités. Sous ce dernier aspect, les données mises en évidence par l’écologie, et si borné que soit à priori l’espace social dont cette science se propose l’étude, ne laissent pas de soutenir utilement la pensée psychogéographique.

L’analyse écologique du caractère absolu ou relatif des coupures du tissu urbain, du rôle des microclimats, des unités élémentaires entièrement distinctes des quartiers administratifs, et surtout de l’action dominante de centres d’attraction, doit être utilisée et complétée par la méthode psychogéographique. Le terrain passionnel objectif où se meut la dérive doit être défini en même temps selon son propre déterminisme et selon ses rapports avec la morphologie sociale.

Chombart de Lauwe dans son étude sur “ Paris et l’agglomération parisienne ” (Bibliothèque de Sociologie Contemporaine, P.U.F. 1952) note qu’un “ quartier urbain n’est pas déterminé seulement par les facteurs géographiques et économiques mais par la représentation que ses habitants et ceux des autres quartiers en ont ” ; et présente dans le même ouvrage – pour montrer “ l’étroitesse du Paris réel dans lequel vit chaque individu… géographiquement un cadre dont le rayon est extrêmement petit ” – le tracé de tous les parcours effectués en une année par une étudiante du XVIe arrondissement : ces parcours dessinent un triangle de dimension réduite, sans échappées, dont les trois sommets sont l’Ecole des Sciences Politiques, le domicile de la jeune fille et celui de son professeur de piano.

Il n’est pas douteux que de tels schémas, exemples d’une poésie moderne susceptible d’entraîner de vives réactions affectives – dans ce cas l’indignation qu’il soit possible de vivre de la sorte -, ou même la théorie, avancée par Burgess à propos de Chicago, de la répartition des activités sociales en zones concentriques définies, ne doivent servir aux progrès de la dérive.

Le hasard joue dans la dérive un rôle d’autant plus important que l’observation psychogéographique est encore peu assurée. Mais l’action du hasard est naturellement conservatrice et tend, dans un nouveau cadre, à tout ramener à l’alternance d’un nombre limité de variantes, et à l’habitude. Le progrès n’étant jamais que la rupture d’un des champs où s’exerce le hasard, par la création de nouvelles conditions plus favorables à nos desseins, on peut dire que les hasards de la dérive sont foncièrement différents de ceux de la promenade, mais que les premières attirances psychogéographiques découvertes risquent de fixer le sujet ou le groupe dérivant autour de nouveaux axes habituels, où tout les ramène constamment.

Une insuffisante défiance à l’égard du hasard, et de son emploi idéologique toujours réactionnaire, condamnait à un échec morne la célèbre déambulation sans but tentée en 1923 par quatre surréalistes à partir d’une ville tirée au sort : l’errance en rase campagne est évidemment déprimante, et les interventions du hasard y sont plus pauvres que jamais. Mais l’irréflexion est poussée bien plus loin dans “ Médium ” (mai 1954), par un certain Pierre Vendryes qui croit pouvoir rapprocher de cette anecdote – parce que tout cela participerait d’une même libération antidéterministe – quelques expériences probabilistes, par exemple sur la répartition aléatoire de têtards de grenouille dans un cristallisoir circulaire, dont il donne le fin mot en précisant : “ il faut, bien entendu, qu’une telle foule ne subisse de l’extérieur aucune influence directrice ”. Dans ces conditions, la palme revient effectivement aux têtards qui ont cet avantage d’être “ aussi dénués que possible d’intelligence, de sociabilité et de sexualité ”, et, par conséquent, “ vraiment indépendants les uns des autres ”.

Aux antipodes de ces aberrations, le caractère principalement urbain de la dérive, au contact des centres de possibilités et de significations que sont les grandes villes transformées par l’industrie, répondrait plutôt à la phrase de Marx : “ Les hommes ne peuvent rien voir autour d’eux qui ne soit leur visage, tout leur parle d’eux-mêmes. Leur paysage même est animé. ”

On peut dériver seul, mais tout indique que la répartition numérique la plus fructueuse consiste en plusieurs petits groupes de deux ou trois personnes parvenues à une même prise de conscience, le recoupement des impressions de ces différents groupes devant permettre d’aboutir à des conclusions objectives, Il est souhaitable que la composition de ces groupes change d’une dérive à l’autre. Au-dessus de quatre ou cinq participants, le caractère propre à la dérive décroit rapidement et en tout cas il est impossible de dépasser la dizaine sans que la dérive ne se fragmente en plusieurs dérives menées simultanément. La pratique de ce dernier mouvement est d’ailleurs d’un grand intérêt, mais les difficultés qu’il entraîne n’ont pas permis jusqu’à présent de l’organiser avec l’ampleur désirable.

La durée moyenne d’une dérive est la journée, considérée comme l’intervalle de temps compris entre deux périodes de sommeil. Les points de départ et d’arrivée, dans le temps, par rapport à la journée solaire, sont indifférents, mais il faut noter cependant que les dernières heures de la nuit sont généralement impropres à la dérive.

Cette durée moyenne de la dérive n’a qu’une valeur statistique. D’abord, elle se présente assez rarement dans toute sa pureté, les intéressés évitant difficilement, au début ou à la fin de cette journée, d’en distraire une ou deux heures pour les employer à des occupations banales ; en fin de journée, la fatigue contribue beaucoup à cet abandon. Mais surtout la dérive se déroule souvent en quelques heures délibérément fixées, ou même fortuitement pendant d’assez brefs instants, ou au contraire pendant plusieurs jours sans interruption. Malgré les arrêts imposés par la nécessité de dormir, certaines dérives d’une intensité suffisante se sont prolongées trois ou quatre jours, voire même davantage. Il est vrai que dans le cas d’une succession de dérives pendant une assez longue période, il est presque impossible de déterminer avec quelque précision le moment où l’état d’esprit propre à une dérive donnée fait place à un autre. Une succession de dérives a été poursuivie sans interruption notable jusqu’aux environ de deux mois, ce qui ne va pas sans amener de nouvelles conditions objectives de comportement qui entraînent la disparition de bon nombre des anciennes.

L’influence sur la dérive des variations du climat, quoique réelle, n’est déterminante que dans le cas de pluies prolongées qui l’interdisent presque absolument. Mais les orages ou les autres espèces de précipitations y sont plutôt propices.

Le champ spatial de la dérive est plus ou moins précis ou vague selon que cette activité vise plutôt à l’étude d’un terrain on à des résultats affectifs déroutants. Il ne faut pas négliger le fait que ces deux aspects de la dérive présentent de multiples interférences et qu’il est impossible d’en isoler un à l’état pur. Mais enfin l’usage des taxis, par exemple, peut fournir une ligne de partage assez claire : si dans le cours d’une dérive on prend un taxi, soit pour une destination précise, soit pour se déplacer de vingt minutes vers l’ouest, c’est que l’on s’attache surtout au dépaysement personnel. Si l’on s’en tient à l’exploration directe d’un terrain, on met en avant la recherche d’un urbanisme psychogéographique.

Dans tous les cas le champ spatial est d’abord fonction des bases de départ constituées, pour les sujets isolés, par leurs domiciles, et pour les groupes, par les points de réunion choisis. L’étendue maximum de ce champ spatial ne dépasse pas l’ensemble d’une grande ville et de ses banlieues. Son étendue minimum peut être bornée à une petite unité d’ambiance : un seul quartier, ou même un seul îlot s’il en vaut la peine (à l’extrême limite la dérive-statique d’une journée sans sortir de la gare Lazare).

L’exploration d’un champ spatial fixé suppose donc l’établissement de bases, et le calcul des directions de pénétration. C’est ici qu’intervient l’étude des cartes, tant courantes qu’écologiques ou psychogéographiques, la rectification et l’amélioration de ces cartes. Est-il besoin de dire que le goût du quartier en lui-même inconnu, jamais parcouru, n’intervient aucunement ? Outre son insignifiance, cet aspect du problème est tout à fait subjectif, et ne subsiste pas longtemps. Ce critère n’a jamais été employé, si ce n’est, occasionnellement quand il s’agit de trouver les issues psychogéographiques d’une zone en s’écartant systématiquement de tous les points coutumiers. On peut alors s’égarer dans des quartiers déjà fort parcourus.

La part de l’exploration au contraire est minime, par rapport à celle d’un comportement déroutant, dans le “ rendez-vous possible ”. Le sujet est prié de se rendre seul à une heure qui est précisée dans un endroit qu’on lui fixe. Il est affranchi des pénibles obligations du rendez-vous ordinaire, puisqu’il n’a personne à attendre. Cependant ce “ rendez-vous possible ” l’ayant mené à l’improviste en un lieu qu’il peut connaître ou ignorer, il en observe les alentours. On a pu en même temps donner au même endroit un autre “ rendez-vous possible ” à quelqu’un dont il ne peut prévoir l’identité. Il peut même ne l’avoir jamais vu, ce qui incite à lier conversation avec divers passants. Il peut ne rencontrer personne, ou même rencontrer par hasard celui qui a fixé le “ rendez-vous possible ”. De toute façon, et surtout si le lieu et l’heure ont été bien choisis, l’emploi du temps du sujet y prendra une tournure imprévue. Il peut même demander par téléphone un autre “ rendez-vous possible ” à quelqu’un qui ignore où le premier l’a conduit. On voit les ressources presque infinies de ce passe-temps.

Ainsi, quelques plaisanteries d’un goût dit douteux, que j’ai toujours vivement appréciées dans mon entourage, comme par exemple s’introduire nuitamment dans les étages des maisons en démolition, parcourir sans arrêt Paris en auto-stop pendant une grève des transports, sous le prétexte d’aggraver la confusion en se faisant conduire n’importe où, errer dans ceux des souterrains des catacombes qui sont interdits au public, relèveraient d’un sentiment plus général qui ne serait autre que le sentiment de la dérive.

Les enseignements de la dérive permettent d’établir les premiers relevés des articulations psychogéographiques d’une cité moderne. Au-delà de la reconnaissance d’unités d’ambiance, de leurs composantes principales et de leur localisation spatiale, on perçoit leurs axes principaux de passage, leurs sorties et leurs défenses. On en vient à l’hypothèse centrale de l’existence de plaques tournantes psychogéographiques. On mesure les distances qui séparent effectivement deux régions d’une ville, et qui sont sans commune mesure avec ce qu’une vision approximative d’un plan pouvait faire croire. On peut dresser, à l’aide des vieilles cartes, de vues photographiques aériennes et de dérives expérimentales une cartographie influentielle qui manquait jusqu’à présent, et dont l’incertitude actuelle, inévitable avant qu’un immense travail ne soit accompli, n’est pas pire que celle des premiers portulans, à cette différence près qu’il ne s’agit plus de délimiter précisément des continents durables, mais de changer l’architecture et l’urbanisme.

Les différentes unités d’atmosphère et d’habitation, aujourd’hui, ne sont pas exactement tranchées, mais entourées de marges frontières plus ou moins étendues. Le changement le plus général que la dérive conduit à proposer, c’est la diminution constante de ces marges frontières, jusqu’à leur suppression complète.

Dans l’architecture même, le goût de la dérive porte à préconiser toutes sortes de nouvelles formes du labyrinthe, que les possibilités modernes de construction favorisent. Ainsi, la presse signalait en mars 1955 la construction à New-York d’un immeuble où l’on peut voir les premiers signes d’une occasion de dérive à l’intérieur d’un appartement :

“ Les logements de la maison hélicoïdale auront la forme d’une tranche de gâteau. Ils pourront être agrandis ou diminués à volonté par le déplacement de cloisons mobiles. La gradation par demi-étage évite de limiter le nombre de pièces, le locataire pouvant demander à utiliser la tranche suivante en surplomb ou en contrebas. Ce système permet de transformer en six heures trois appartements de quatre pièces en un appartement de douze pièces ou plus. ”

Le sentiment de la dérive se rattache naturellement à une façon plus générale de prendre la vie, qu’il serait pourtant maladroit d’en déduire mécaniquement. Je ne m’étendrai ni sur les précurseurs de la dérive, que l’on peut reconnaître justement, ou détourner abusivement, dans la littérature du passé, ni sur les aspects passionnels particuliers que cette activité entraîne. Les difficultés de la dérive sont celles de la liberté. Tout porte à croire que l’avenir précipitera le changement irréversible du comportement et du décor de la société actuelle. Un jour, on construira des villes pour dériver. On peut utiliser, avec des retouches relativement légères, certaines zones qui existent déjà. On peut utiliser certaines personnes qui existent déjà.

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Lun 24 Juin 2013 - 22:37


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Re: Sérendipité

Message par Invité le Lun 24 Juin 2013 - 22:37

Caroline Casey: Regarder au delà des limites

http://www.ted.com/talks/lang/fr/caroline_casey_looking_past_limits.html

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Lun 24 Juin 2013 - 23:23


Merci pour la vidéo...Que d'émotions avec Caroline Casey....

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Mar 25 Juin 2013 - 7:38

Mjöllnir, citant Guy-Ernest Debord a écrit:Entre les divers procédés situationnistes, la dérive se définit comme une technique du passage hâtif à travers des ambiances variées. Le concept de dérive est indissolublement lié à la reconnaissance d’effets de nature psychogéographique, et à l’affirmation d’un comportement ludique-constructif, ce qui l’oppose en tous points aux notions classiques de voyage et de promenade.

Une ou plusieurs personnes se livrant à la dérive renoncent pour une durée plus ou moins longue, aux raisons de se déplacer et d’agir qu’elles se connaissent généralement, aux relations, aux travaux et aux loisirs qui leur sont propres, pour se laisser aller aux sollicitations du terrain et des rencontres qui y correspondent. La part de l’aléatoire est ici moins déterminante qu’on ne croit : du point de vue de la dérive, il existe un relief psychogéographique des villes, avec des courants constants, des points fixes, et des tourbillons qui rendent l’accès ou la sortie de certaines zones fort malaisés.....

Merci, très intéressant et très ancré au réel.

Dérive du errant urbain, cherchant à "sentir" l'essence d'une ville ou d'un lieu (j'appelle cela roder) qui se retrouve insensiblement à passer par les mêmes lieux, à boucler en quelque sorte.
Dérive du errant "campagnard-montagnard-collinaire" qui croyant découvrir des géographies inspirantes, chemine en réalité sur des sentes "culturelles", liées aux lieux et aux habitants, humains ou animaux.

Ressenti tant de fois, en ville, en colline, en savane africaine, en résolutions des difficultés professionnelles et personnelles...

Image de notre processus de réflexion, de nos "refuges sécuritaires" mentaux, de nos à priori.
En quelque sorte, nos pas dessinent au sol nos interactions sociales personnelles.

Symétriquement, a-t-on le droit d'imaginer que nos pas réels ou virtuels, pour peu qu'ils soient conscientisés et constitutifs d'une pensée délibérément originale, finiront par avoir une action sur notre processus de pensée habituel. Autrement dit, le promeneur, le voyageur (et non le dériveur) voit-il sa pensée profondément modifiée par son expérience, non pas simplement dans les données factuelles manipulées mais dans l'ontologie de celle-ci.

Tout marcheur solitaire (et la vraie marche est solitaire) en connait les bienfaits sur l'équilibre mental
Il faudrait alors savoir se faire violence suffisamment pour sortir des ornières, mais pas trop pour ne pas se bloquer dans un maquis inextricable, qui bloquerait toute espérance de renouveau.

Bonne journée à toi.


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Re: Sérendipité

Message par ♡Maïa le Mar 25 Juin 2013 - 9:21

Il fut un temps où, vivant à Paris, j'avais collé au mur de ma chambre un grand plan de la ville sur lequel je plantais des épingles colorées sur chaque endroit visité. C'est probablement la période où j'ai le plus marché seule. Le début d'une sorte de renaissance... Pas tout à fait de la sérendipité mais l'idée "d'élargir mon champ" y était. Faut-il préciser que cela a coïncidé avec le début d'une psychothérapie ? Smile
Merci pour ce partage Mjöllnir.

♡Maïa
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Re: Sérendipité

Message par Invité le Mar 25 Juin 2013 - 11:12

@ Estelle

Merci pour les images, et je suis heureux que l'émotion positive transmise par Caroline Casey soit perceptible à d'autres que moi. Il n'y a de vraie joie que dans le dépassement...

@ Ours

Très ancré dans le réel... je ne sais pas... Je tend à penser que ce réel n'est que ce que chacun interprète en son état présent. Si cela est le cas, ce réel ne l'est que dans l'instant, fusion liminaire entre le soi et " l'hors de soi " agglomérée dans la bribe de temps qui l'emporte.

... Symétriquement, a-t-on le droit d'imaginer que nos pas réels ou virtuels, pour peu qu'ils soient conscientisés et constitutifs d'une pensée délibérément originale, finiront par avoir une action sur notre processus de pensée habituel. Autrement dit, le promeneur, le voyageur (et non le dériveur) voit-il sa pensée profondément modifiée par son expérience, non pas simplement dans les données factuelles manipulées mais dans l'ontologie de celle-ci ...

Je crois détecter une boucle dans ce que tu décris là : ".../...voit-il sa pensée profondément modifiée par son expérience .../...". Si j'opère au ressenti instinctif de cette phrase, je considère l'expérience comme un frein à l'acquisition libre de nouveaux stimuli, tant il est évident que le "bonheur" ou le "malheur" nous poussent, même subrepticement, à reproduire ou rechercher l'arrivée de l'un et le départ de l'autre. De plus, et de manière également sous-jacente, le désir de stabilité nous fait généralement préférer l'automatisme dans la gestion du quotidien, bien plus que la redécouverte permanente et l'apprentissage d'un nouveau savoir-faire ou plutôt "savoir-être".
C'est bien là que se situe, à mon sens, la dualité mortifère qui habite l'être humain "standard", écartelé entre le confort des habitudes et le désir d'un renouveau empli de plénitude.

Donc, pour moi, l'expérience n'est rien de plus que l'acquisition d'outils. Non pas d'outils de mesure (ce qu'elle à tendance à devenir dans l'imaginaire collectif actuel), mais d'outils de construction, espace d'agglomérat permettant de se construire une image du monde, image du monde dont les facettes ne cessent de se multiplier et de se colorer au fur et à mesure du voyage.
L'expérience se dévoile en moi en la mesure de l'espérance qu'elle fait naître, non pas espérance en un cadeau subit (dans le sens improbable, confortant et immédiat) de la vie, mais plus dans la possibilité d'ouverture globale à ce qui m'entoure parce que j'ai appris que la diversité est et ne cessera d'être, et que l’accueil de cette dernière n'a que la teinte que je lui donne : j'en suis le premier et le seul décideur.

Je suis donc le seul à qualifier mon expérience, comme je qualifie les données qui me pénètrent dans chacune des situations que je vis : Expérience et données sont deux processus parallèles et auto-générants. Il n'y en à pas un, à mon sens, qui prévale sur l'autre.
Ainsi, je me sens ternaire bien,plus que binaire, de cette binarité que je repousse et dont je constate jour après jour les méfaits dans notre société, de part la dichotomie morbide qu'elle impose en figeant les pensées dans un cadre oui/non pernicieux.

A ce propos (intrication ?) il y a, en suivant le lien ci-dessous, un bel article sur l'inconscient (de Michael S. Gazzianga) et de son rapport au langage à à l'interprétation du monde :

http://www.jung-neuroscience.com/michael-gazzaniga/

Au plaisir de te lire

Amitiés

@ Mog*why

De rien Mog*why. Pour moi, le partage est une forme de communication sans heurt, sans prise de position, sans envahissement, sans jugement. C'est livrer à ceux avec lesquels on échange un axe de vue, peut-être différent, peut-être complémentaire, etc. et ceci sans préjuger ni de sa force, ni de son utilité pour l'autre, ni de la raison que l'on possèderait (nombrilisme à cet instant) de le mettre en avant comme étant symbole de force, de vanité, de savoir, etc.
Pour moi, le partage n'a d'autre importance que le partage lui-même. Il est sans fard, sans demande, sans autre couleur que l'apport d'une information dont je laisse aisément la qualification à celui qui vient la chercher. Je n'ai en aucun cas à en faire démonstration pour moi, car le fait même que je la pose en est le témoin silencieux. C'est donc l'offrande en quelque sorte qui parle, désengorgée du fait de vouloir apposer en plus une teinture qui m'est strictement personnelle.

Il m'est venu aux oreilles qu'au dessus d'un certain niveau de Q.I., il était beaucoup plus facile d'inventer son propre monde, d'agglomérer des informations diverses et variées qui prenaient la forme d'un tout cohérent, "tout" difficile pour ne pas dire impossible à représenter aux autres.
C'est un peu ce qu'il m'arrive. Je n'ai pas encore les outils qui me permettent, au travers des mots que j'emploie, de "dessiner" en quelque sorte la carte mentale des imbrications que je distingue dans le flux de données diverses et variées que je traite.

Il est beaucoup plus facile pour moi, dans le but d'établir une forme de communication, de procéder par touches de peinture (touches de peinture que j'assimile ici à ces différentes informations que je poste) afin d'établir un genre de tableau qui m'est propre.
Je rejoins en cela, par ce parallèle, un des mécanismes qu'employait Burroughs (dont j'ai posté un "cri") en pratiquant des découpes dans des journaux et en les assemblant pour en tirer une image différente au travers de l'imbrication des textes.

Comme je le précisais à Ours, je commence à assimiler l'expérience à une donnée comme les autres, "être vivant" en interaction permanente, non pas source du Moi mais résultante de son évolution et donc soumise à révision. Je deviens ternaire (ou peut-être devrais-je dire que ma conscience prend enfin en compte que nous le sommes tous...).


Au plaisir de te lire.

Bises

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Mar 25 Juin 2013 - 13:59

Mjöllnir a écrit:
.../...
@ Ours
Je crois détecter une boucle dans ce que tu décris là : ".../...voit-il sa pensée profondément modifiée par son expérience .../...". Si j'opère au ressenti instinctif de cette phrase, je considère l'expérience comme un frein à l'acquisition libre de nouveaux stimuli, tant il est évident que le "bonheur" ou le "malheur" nous poussent, même subrepticement, à reproduire ou rechercher l'arrivée de l'un et le départ de l'autre. De plus, et de manière également sous-jacente, le désir de stabilité nous fait généralement préférer l'automatisme dans la gestion du quotidien, bien plus que la redécouverte permanente et l'apprentissage d'un nouveau savoir-faire ou plutôt "savoir-être".
C'est bien là que se situe, à mon sens, la dualité mortifère qui habite l'être humain "standard", écartelé entre le confort des habitudes et le désir d'un renouveau empli de plénitude.

Donc, pour moi, l'expérience n'est rien de plus que l'acquisition d'outils. Non pas d'outils de mesure (ce qu'elle à tendance à devenir dans l'imaginaire collectif actuel), mais d'outils de construction, espace d'agglomérat permettant de se construire une image du monde, image du monde dont les facettes ne cessent de se multiplier et de se colorer au fur et à mesure du voyage..../...

Si boucle il y a, c'est une mauvaise expression de ma part.
Je voulais insister sur l'interaction entre l'expérience volontaire et consciente et le mode de fonctionnement intellectuel au delà des données du dit fonctionnement, une sorte de bio feedback. Et ceci en "opposition" avec ce texte sur les déplacements urbains bien loin de l'aléatoire.
Quant au dualisme mortifère, oui, je comprend ce que tu veux dire par là. Dans la nature rien n'est dichotomique, mis à part des végétaux très anciens. Ce dualisme que nous avons accepté pour construire notre société technocratique n'est pas source de vie ; nous entrons dans des cases, issues de réponses à des questions dichotomiques. Il ne nous reste qu'à nous gaver de vitamines et d'antibiotiques et à pondre. Quelle différence finalement avec cela ?


Quant à l'expérience, elle n'a pour moi de valeur que si elle est centrifuge et non centripète. Si elle est repli et sauvegarde, à quoi bon.

En dernier point, je trouve très éclairant "Il est beaucoup plus facile pour moi, dans le but d'établir une forme de communication, de procéder par touches de peinture (touches de peinture que j'assimile ici à ces différentes informations que je poste) afin d'établir un genre de tableau qui m'est propre.".
C'est un ressenti très profond pour moi, celui de ne pouvoir exprimer l'intégralité de ce que je ressens, simplement du fait que j'en perçois la cohérence mais suis dans l'incapacité d'en dénombrer et décrire la multitude. J'ai le goût, l'harmonie, mais pas les aliments, les instruments. J'essaie, mais de cet ensemble ne sortent que des fragments disparates et incompréhensibles pour la quasi totalité des personnes que je connais.
C'est une grande frustration physique, mentale, affective. Subir cette encapsulation complète de ce que je voudrais partager, non parce que c'est de moi, mais parce que cela me parait beau, bon, doux (un loukoum (Smile)) est générateur de colère, de dérèglements, de violence que je tourne contre moi car je porte la responsabilité de cette incommunicabilité.
J'avais pris le parti de taire cela, il y a longtemps, de n'en rien dire.
Mon chemin ici, m'a amené dans un premier temps à m'obliger à considérer comme vrai mes ressentis, dans un second temps à harmoniser, temporiser, comprendre les assauts, les pulsions, les jaillissements en tout genre, les accepter et les "cadrer".
J'en suis maintenant à tenter de comprendre comment je pourrais partager cela. Mais je constate l'inanité de ce désir de partage tant la chose est impartageable. Tout juste m'est-il possible de dire "je ressens" et de recevoir un "je sais, moi aussi" ; quand c'est synchronisé, alors c'est un moment cristal.
Je dois me contenter de cette solitude profonde mais elle reste pour le moment inadmissible. Je m'insurge contre elle et pourtant elle me conduira à la poussière, je le sais. Quand la conscience de cette situation se fait plus aiguë au fil des moments ou des jours, je me demande "à quoi cela peut-il servir". J'arrive, le plus souvent, à me contenir en constatant que mon absurdité individuelle est peut-être signifiante pour d'autres.

Bien à toi.


Dernière édition par Ours le Mar 25 Juin 2013 - 17:31, édité 1 fois (Raison : est et non et... sinon aucun sens !)

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Re: Sérendipité

Message par Renarde20 le Mar 25 Juin 2013 - 15:13




Des milliers d'instantanés pour reconstituer l'image globale ...




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Re: Sérendipité

Message par Invité le Mar 25 Juin 2013 - 17:22

@ Ours

A la lecture de tes précisions un recoupement se fait en mon esprit avec la conférence TED de Caroline Casey, cette recherche en soi du moteur d'avancée, d'une voie de contournement, tracée non pas pour oblitérer un amer que l'on aurait sciemment posé devant nous, mais bien plus pour lever les freins que notre méconnaissance, nos peurs, nous doutes, nos renoncements, etc. ont installés en ce que nous sommes devenus.

Je vais à mon tour rebondir sur ce que j'extrais de l'expérience, et ainsi proposerai - sur l'instant - de la prendre comme centrifuge si elle m'a conduit à des désillusions, et centripète si elle m'a satisfait. Mais... ne vois-tu pas le clin d’œil ? Si je pratique à cette action, que suis-je à même de changer ?
Maintenant, si je considère que cette expérience est centrifuge, m’éjecterai-je de moi-même afin de l’oblitérer (fuite), ou bien encore en ferais-je fi afin de l'occulter (égotisme), les deux mécanismes visant au même but, refaire virginité là où le temps laissât sa trace, mais par des moyens qui, sans préjuger du reste, invalident un pan entier de ma personne et la transforment en profondeur ?

Et (proposition de réflexion que je te fais pour débat) si je me mettais à considérer que cette expérience n'est, en fin de compte, qu'un et un seul "programme" auquel j'ai donné priorité au sein de la multitude de ceux qui me composent ?
Que les attendus qu'il m'a délivré ne sont en fait que le résultat normal de son processus interne, et que, par là-même, en remplaçant ce "logiciel" par un autre, sans pour autant supprimer le précédent (mais en le mettant en quelque sorte en veille), je peux me permettre de repasser les "données" traitées par le dernier en donc obtenir un résultat différent ?
Changerais-je, en tant que moi profond ? Je ne le crois pas. Je prendrais même substance, par le seul fait que je puisse reconnaitre ma capacité à orienter l'analyse d'un réel que je me forge à la demande (presque un Deus ex-machina internalisé). Ceci posé, je me doute bien que ce changement conceptuel m'offrira une autre vue de la réalité, tout aussi prégnante que la précédente, plaçant les échecs et réussites dans un plan différent, permutant des souffrances et des joies, mais balançant ses dernières avec un fréquence vibratoire ressemblante...

Qu'en déduirai-je au vu de ma porte ? Que, par la même, je peins des couches sur mon tableau (le sfumato de Léonard de Vinci : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sfumato). Effectivement, cela produit des contours imprécis, car la superposition d'état ne se fait que couche par couche (les éléments n'étant, à un instant T, que traités par un seul des "programmes" dont je parle). Donc... donc : C'est cette superposition finale qui donne sens à l'être. Ni les différentes couches (programmes), ni les sensations et stimuli (couleurs). L'être, en fin de compte, n'en est que transparence, en plus d'en avoir conscience...

C'est bien là la dichotomie dont nous relevons tous les deux l'aspect pernicieux que je dénonce et j'oppose à mon raisonnement. Dichotomie déjà présente dans les écrits d'Aristote, dans l'opposition bien/mal des religions judéo-chrétiennes, dans le manichéisme économique, dans le diktat de la sécurité à tout prix, etc. Dichotomie qui tend au plus grand immobilisme qu'il soit.

Le pendant se cache dans cette rage de dire, d'exprimer, de faire. Une frustration devant l'impossibilité à extraire de soi l'essence de la voix qui crie en silence dans l'insondable intérieur qui nous compose...
Il me semble qu'il y a là évolution. Que nous somme sur la piste qui conduit à l'invention de nouveaux outils, d'autres mots, d'un autre langage, adapté à la morphologie changeante de nos cerveaux, de nos perceptions et de notre besoin de communication.

De mon coté, je n'ai plus de frustration à ne pouvoir, tel que tu l'évoques, communiquer cette résurgence de beauté et de saveurs qui s’élève comme une fumée dans l'air pur d'un matin. J'ai choisi de peindre avec les mots et des données qui viennent de droite et de gauche, d'étaler le patchwork de ma pensée en ne teintant rien des extraits qui symbolisent un arrêt que j'ai fait sur le monde. Je considère chacun comme un lien entre moi et celui qui se l'appropriera en l'imbibant de sa substance, corde vibrante en lieu et place du rien qui prévalait auparavant.

Ceci est pour moi un changement de "programme". Je n'ai plus besoin de proximité ni d'écho, et regarde ainsi le monde d'un autre œil, comme peut le faire un homme qui, grâce à l'écartement de ses deux yeux est capable de saisir à la fois les distances et les reliefs. En résumé, changer le paradigme procédant de l'expérience me permet d'induire une dimension ternaire dans l’assentiment que j'ai au monde.

Bien à toi.

@ renarde20

Comme à ton habitude, une parfait illustration à la fois du propos et de la construction de la recherche !

Bisous

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Re: Sérendipité

Message par Renarde20 le Mar 25 Juin 2013 - 17:59

Mjöllnir a écrit:
De mon coté, je n'ai plus de frustration à ne pouvoir, tel que tu l'évoques, communiquer cette résurgence de beauté et de saveurs qui s’élève comme une fumée dans l'air pur d'un matin. J'ai choisi de peindre avec les mots et des données qui viennent de droite et de gauche, d'étaler le patchwork de ma pensée en ne teintant rien des extraits qui symbolisent un arrêt que j'ai fait sur le monde. Je considère chacun comme un lien entre moi et celui qui se l'appropriera en l'imbibant de sa substance, corde vibrante en lieu et place du rien qui prévalait auparavant.


Bisous

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Mar 25 Juin 2013 - 18:25

Mjöllnir a écrit:...Changerais-je, en tant que moi profond ? Je ne le crois pas. Je prendrais même substance, par le seul fait que je puisse reconnaitre ma capacité à orienter l'analyse d'un réel que je me forge à la demande...

C'est là un point d'écart. A l'image de l'impact de l'environnement sur le génotype (épigénétisme si j'en crois mes souvenirs), je pense (ou peut-être devrais-je dire "je crois" mais le dirais-je que je romprais le débat, foi et raison ne faisant pas un bon ménage, n'en déplairait à feu Jean Paul II et l'une de ses encycliques) que notre vie influe sur ce que nous sommes. Le Deus ex-machina évoqué/invoqué me fait penser à un artifice, plus machina que Deus, une machine expérimentale, sorte de sur-couche protectrice d'un moi plus fondamental.
Quand j'évoque l'expérience comme forme centrifuge de ce que je suis, il y a certes comme tu le soulignes un risque de s'éjecter (dans mon vocabulaire familier, je dis être en sur-pilotage). Mais dans ce risque, que tu nommes fuite, moi j'y vois la richesse créative de la "fuite" du "traitre" au sens que Deleuze donne à ces 2 mots.

Je cite car il y a là des concepts qui me rassurent et m'oriente quand je dérive (Wink) :

"Une fuite est une espèce de délire. Délirer, c'est exactement sortir du sillon (comme « déconner », etc.). Il y a quelque chose de démoniaque, ou de démonique, dans une ligne de fuite. Les démons se distinguent des dieux, parce que les dieux ont des attributs, des propriétés et des fonctions fixes, des territoires et des codes : ils ont affaire aux sillons, aux bornes et aux cadastres. Le propre des démons, c'est de sauter les intervalles, et d'un intervalle à l'autre.
Il y a toujours de la trahison dans une ligne de fuite. Pas tricher à la manière d'un homme d'ordre qui ménage son avenir, mais trahir à la façon d'un homme simple qui n'a plus de passé ni de futur. On trahit les puissances fixes qui veulent nous retenir, les puissances établies de la terre. Le mouvement de la trahison a été défini par le double détournement l'homme détourne son visage de Dieu, qui ne détourne pas moins son visage de l'homme. C'est dans ce double détournement, dans l'écart des visages, que se trace la ligne de fuite, c'est-à-dire la déterritorialisation de l'homme.
La trahison, c'est comme le vol, elle est toujours double. Dieu se détourne de l’homme qui se détourne de Dieu, c’est d’abord le sujet de l’Ancien Testament. Le prophète se reconnait à ceci, qu’il prend la direction opposée à celle que Dieu lui ordonne, et par là réalise le commandement de Dieu mieux que s’il avait obéi. Traitre, il a pris le mal sur lui.
Dans les grandes découvertes, les grandes expéditions, il n’y a pas seulement l’incertitude de ce que l’on va découvrir et conquête d’un inconnu, mais l’invention d’une ligne de fuite et la puissance de la trahison : être le seul traitre et traitre à tous.
Le traître est le personnage essentiel du roman, le héros. Traître au monde des significations dominantes et de l'ordre établi. C'est très différent du tricheur : le tricheur, lui, prétend s'emparer de propriétés fixes, ou conquérir un territoire, ou même instaurer un nouvel ordre. Le tricheur a beaucoup d'avenir, mais pas du tout de devenir. Le prêtre, le devin, est un tricheur, mais l'expérimentateur un traître. L'homme d'Etat, ou l'homme de cour, est un tricheur, mais l'homme de guerre (pas maréchal ou général) un traitre.


Je suis là dedans, car je pense que la vie n'est pas qu'une trace, qu'un chemin mais l'intégrale de toutes ces infimes parcelles de temps, d'espace, d'influences ; la vie comme une aile d'hélicoptère, à la fois motrice et sustentatrice et pourtant inopérante quand elle est immobile.


Deviens capable d'aimer sans souvenir, sans fantasme et sans interprétation, sans faire le point.
Qu'il y ait seulement des flux, qui tantôt tarissent, se glacent ou débordent, tantôt se conjuguent ou s'écartent.
Un homme et une femme sont des flux.
Tous les devenirs qu'il y a dans faire l'amour, tous les sexes, les n sexes en un seul ou dans deux, et qui n'ont rien voir avec la castration. Sur les lignes de fuite, il ne peut plus y avoir qu'une chose, l'expérimentation-vie.
On ne sait jamais d'avance, parce qu'on n'a pas plus d'avenir que de passé.
« Moi, voilà comme je suis », c'est fini tout ça.
Il n'y a plus de fantasme, mais seulement des programmes de vie, toujours modifiés à mesure qu'ils se font, trahis à mesure qu'ils se creusent, comme des rives qui défilent ou des canaux qui se distribuent pour que coule un flux.
Il n'y a plus que des explorations où l'on trouve toujours à l'ouest ce qu'on pensait être à l'est, organes inversés.


Et de fait, plus j'expérimente, plus j'augmente les capacité de mon aile, jusqu'à la rupture, bien sur.

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Mar 25 Juin 2013 - 18:52

Mjöllnir a écrit:.../...De mon coté, je n'ai plus de frustration à ne pouvoir, tel que tu l'évoques, communiquer cette résurgence de beauté et de saveurs qui s’élève comme une fumée dans l'air pur d'un matin. J'ai choisi de peindre avec les mots et des données qui viennent de droite et de gauche, d'étaler le patchwork de ma pensée en ne teintant rien des extraits qui symbolisent un arrêt que j'ai fait sur le monde. Je considère chacun comme un lien entre moi et celui qui se l'appropriera en l'imbibant de sa substance, corde vibrante en lieu et place du rien qui prévalait auparavant.

Ceci est pour moi un changement de "programme". Je n'ai plus besoin de proximité ni d'écho, et regarde ainsi le monde d'un autre œil, comme peut le faire un homme qui, grâce à l'écartement de ses deux yeux est capable de saisir à la fois les distances et les reliefs. En résumé, changer le paradigme procédant de l'expérience me permet d'induire une dimension ternaire dans l’assentiment que j'ai au monde.
.../...

J'ai toujours cette difficulté. J'ai encore cette immaturité qui me pousse à extérioriser ce qui me surprend, m'étonne, me comble.
"assentiment au monde" : oui, je sens qu'effectivement je suis moins en révolte y compris sur des sujets de grande sensibilité. Je n'ai pas ou plus de désir de compensation, de revanche,..

Ni proposition, ni démonstration mais libre mise à disposition d'éléments, susceptibles de recevoir les couleurs de chacun, constituant ainsi un réseau de liens indirects puisque peut-être le lien direct est impossible. C'est une reformulation dont j'ai besoin de ce tu écris en espérant ne pas trahir ta pensée.
Ce lien direct, d'ailleurs, est-il possible entre 2 individus. Probablement pas, mais cela, dans le domaine de l'affectif, j'ai du mal à l'intégrer bien que je pressente qu'il y a, précisément en la matière, une voie royale d'équilibre.

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Mar 25 Juin 2013 - 18:54

Je comprends le sous-jacent des écrits de Deleuze, mais ne peut en rien adhérer aux termes qu'il emploie. Si je prend comme référence la religion qui teinte les termes employés de la culpabilité inhérente des termes démons, trahison, etc, s'instille doucement une odeur culpabilisante en arrière fond, commencement de l'amertume à jamais trainée derrière soi, lien à la cheville, joue tendue, perte d'autonomie, etc.

Je ne suis pas croyant parce que je ne peux ni prouver l’existence d'une déité, pas plus que je ne peux affirmer son absence. Ceci me donne force, car cela me met devant la portée pleine et entière de mon choix raisonné : Ce qui m’advient lors que je choisis est de mon unique ressort.
Je n'ai donc rien à trahir, à part mon éthique et les valeurs de respect d'autrui (et de ses biens) que je me suis fixées.

Aucun changement de direction n'est donc un viol de quelque entité externe que ce soit, mais représente juste à mes yeux une lecture différente d'une trame, cette trame que l'on appelle vie ou encore existence (à ce propos, le terme "existence" n'appelle-t-il pas comme une saveur "subie" lorsque tu le prononce ?). Je ne trahis donc pas, je ne deviens pas un instant démiurge. Je pratique juste à un saut "quantique" (pardon si, au travers de ce parallèle je heurte des sensibilités Wink), un changement d'état, état facette de mon comportement en évolution, que cette dernière soit maitrisée ou spontanée.

Ainsi, je vois l'échelle qui va de la souffrance (du mal infligé ou subi) à la joie la plus pure comme une gradation sur une seule et même règle. Il reste à chacun des êtres composant l’humanité à en fixer son propre point "zéro", et à diverger autour de ce dernier, cherchant à faire coïncider ce repère avec celui, imaginaire car indéterminé, qui correspondrait au "milieu" de la règle.

Alors, tous les mots, quels qu'ils soient, ne seraient après tout, dans mon imaginaire, que suites de nuances décrivant le déplacement d'un curseur personnel sur cette règle "de vie".

-----------------------

EDIT pour répondre au cross-post que nous venons de faire.
... Ni proposition, ni démonstration mais libre mise à disposition d'éléments, susceptibles de recevoir les couleurs de chacun, constituant ainsi un réseau de liens indirects puisque peut-être le lien direct est impossible. C'est une reformulation dont j'ai besoin de ce tu écris en espérant ne pas trahir ta pensée.
Non, pas de trahison Wink

Effectivement, je ne crois pas que le lien direct soit possible. Le serait-il que la recherche de compréhension n'aurait pratiquement plus utilité, privant par là-même le chemin de ces errements qui pratiquent de la sérendipité.

Là où je te rejoins, et exprime le même avis que le tien, c'est en l'affect. Je pense que ce dernier, par l’acception de l'autre qu'il suppose, permet de franchir cette barrière de l'indicible, remplaçant une vibration voulue par une vibration induite. Ainsi, je ne crois pas que l’affect procède de la recherche, mais de l'inné, du ressenti, et donc de l'infrangible.

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Lun 8 Juil 2013 - 14:31

La mise à mort du travail





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Re: Sérendipité

Message par Invité le Lun 8 Juil 2013 - 15:14






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Re: Sérendipité

Message par Invité le Lun 8 Juil 2013 - 20:00

Plus le temps passe, moins je suis capable de parler ou d'écrire.
Je regarde le monde en train de s'anesthésier et mourir, regarde l'histoire se poursuivre dans de rares endroits de la planète, regarde la majesté de la nature, regarde le temps qui passe et l'Univers qui poursuit sa route, bien loin de la vanité de l'homme. Et regarde ces nomades qui vivent, vivent seulement... mais vivent pleinement.



































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Re: Sérendipité

Message par Invité le Mar 9 Juil 2013 - 11:52

Pour les amoureux du ciel et des étoiles :

http://www.cosmiccollisions.org/

http://www.lecosmographe.com/

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Mar 9 Juil 2013 - 14:04




Sogyal Rimpoché a écrit:Alors même que l'on nous a conduit à croire que si nous lâchions prise, nous nous retrouverions les mains vides, la vie elle-même nous révèle sans cesse le contraire : le lâcher-prise est le chemin de la vraie liberté.
Lewis Carroll (Alice au Pays des Merveilles) a écrit:- Qui es-tu ? demanda la chenille
- Je ne sais pas très bien, en ce moment, répondit timidement Alice; disons que je sais qui j'étais quand je me suis levée ce matin, mais je pense que j'ai changé plusieurs fois depuis ce moment là.
Le lâcher-prise

Lâcher prise, ce n'est pas se montrer indifférent mais simplement admettre que l'on ne peut agir à la place de quelqu'un d'autre.
Lâcher prise, ce n'est pas être passif mais au contraire tirer une leçon des conséquences inhérentes à un événement.
Lâcher prise, ce n'est pas blâmer ou vouloir changer autrui mais donner le meilleur de soi-même.
Lâcher prise, ce n'est pas prendre soin des autres mais se sentir concerné par eux.
Lâcher prise, ce n'est pas "assister" mais encourager.
Lâcher prise, ce n'est pas juger mais accorder à autrui le droit d'être humain.
Lâcher prise, ce n'est pas s'occuper de tout ce qui arrive mais laisser les autres gérer leur propre destin.
Lâcher prise, ce n'est pas materner les autres mais leur permettre d'affronter la réalité.
Lâcher prise, ce n'est pas rejeter, c'est au contraire accepter.
Lâcher prise, ce n'est pas harceler, sermonner ou gronder, mais tenter de déceler ses propres faiblesses et s'en défaire.
Lâcher prise, ce n'est pas adapter les choses à ses propres désirs, mais prendre chaque jour comme il vient et l'apprécier.
Lâcher prise, ce n'est pas critiquer ou corriger autrui mais s'efforcer de devenir ce que l'on rêve de devenir.
Lâcher prise, ce n'est pas regretter le passé mais vivre et grandir pour l'avenir.
Lâcher prise, c'est craindre moins et aimer davantage.
Lâcher prise, c'est aller vers la liberté et la paix de l'esprit.

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Re: Sérendipité

Message par Lemniscate le papillon le Mar 9 Juil 2013 - 14:53

Bizour.... Mjo....
 
Comme je suis d'accord.... plus le temps passe, plus la clé EST là....

 

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Re: Sérendipité

Message par Invité le Jeu 11 Juil 2013 - 13:31

Odyssée dans l'espace mental.


















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Re: Sérendipité

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