Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

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Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Prosopeion le Mar 29 Juin 2010 - 22:44

Plutôt que d’intervenir dans une succession de sujets qui me donnent envie de réagir, et risquer ainsi de me répéter, j’ai préféré en ouvrir un en essayant d’y résumer ma façon de voir les choses. En espérant, qu’elle fera profit à certains…


S'il y a un point qui me semble commun aux différents "zèbres" de ce forum, c'est le constat d'une lucidité pas toujours désirée. C'est-à-dire la capacité à détecter des incohérences ou à percevoir/ déduire des informations qui vont au-delà des interprétations et idéologies communes. Autrement dit, la réalité des "zèbres" serait moins imprégnée d'apparences et d'aprioris que celles des autres hommes.

Via cette lucidité exacerbée, certains tirent le constat d'une monde décevant : déception concernant les capacités humaines, intellectuelles aussi bien que morale, déceptions théologiques, cosmologiques, déceptions du quotidien avec l'ennui qui persiste, les échanges infructueux, à sens unique, les relations instables, les cercles vicieux des uns des autres, le manque d'envie, etc. Et déception de soi-même pour certains.
Face à cette déception globale se dégage, me semble-t-il, beaucoup de souffrance avec une hésitation entre espérer malgré tout et assumer un certaine position de scission entre le reste du monde et soi, scission qui peut s’accompagner d’aigreur, de mépris, etc.

Il y aurait donc une catégorie de gens qui vit plutôt bien sa représentation du monde en ne la questionnant pas ou peu, ceux que certains envient pour leur "ignorance", et une autre qui doit se dépêtrer d'un monde dont ils perçoivent les failles et les limites (et les douleurs). La différence entre ces deux catégories tiendrait seulement à la capacité de perception et d'analyse, mais dans le fond, les deux seraient identiques au niveau du désir et des espoirs. Tous attendent quelque chose du monde, les premiers pensent l'obtenir, les deuxièmes se débattent avec la certitude qu'ils ne l'auront pas.

C'est le moment opportun pour raconter une blague. (si, si) (si tu la connais, tu dis rien, hein !)
Un homme se plaint à son médecin : "Quand j'appuie sur mon front, j'ai mal, quand j'appuie sur mon ventre j'ai mal, quand j'appuie sur ma jambe, j'ai mal, etc". Le médecin le regarde et lui répond : " Vous avez le doigt cassé."
(La prochaine fois, je te raconterais, celle des deux psychanalystes dans l’ascenseur, tu vas voir, elle est terrible.)

En en détournant un petit peu le sens (qui joue sur le fait que la cause de la souffrance n'est pas là où on l'attendait, et que sa source est en fait plus évidente et justifie toutes les douleurs par une seule explication) on peut tenter un parallèle avec la déception : quand l’humanité, le monde, la vie me causent une quantité de souffrances, pourquoi prendre pour une vérité que c’est ce qu’ils sont, que c’est leur nature, indépendante de nous, qui cause de la souffrance ? Pourquoi penser qu’on a « mal aux autres » et pas plutôt qu’on a « mal à soi » ? On peut dresser sa déception du monde comme un constat objectif de la réalité (« c’est lui qui me déçoit, me fait mal»), et pourtant, non, la déception n'est jamais objective, c'est un jugement de valeur qui nous est propre. Le même constat sur l’humanité ne fait pas le même effet à chacun, tout le monde ne se désole pas des mêmes choses.
Nous sommes déçus en fonction d’une attente que nous avions. Nous voulions la réalité non pas telle qu’elle est, mais telle que nous l’attendions (des humains solidaires, capables de visions à long terme, engagés dans la défense de droits fondamentaux, digne de confiance, -compléter selon vos attentes - etc). A proprement parler, on ne souffre pas de la réalité, on souffre de ce qu'on s'en représente. On la veut autre, et c'est non négociable.

Et ce n’est pas un cas de figure réservé aux zèbres, chaque être humain rencontre un moment de conflit entre le monde qu’il désire, celui qui le satisfera, et le monde tel qu’il est : un divorce qui scinde la famille, l’intérêt qu’on n’arrive pas à susciter chez quelqu’un, un décès que l’on refuse, etc. On doit abandonner la toute-puissance de l’enfance, se départir de certains rêves et espoirs, prendre le monde tel qu’il est, en vertu du « principe de réalité ». On fait le deuil.

Mais tout ceci ne semble être que des mots. On y réfléchit, on veut bien accepter l’idée qu’on espère trop, mais on souffre quand même. Ca ne devrait pas être comme ça. Et la souffrance recommence.
Vient aussi un moment où l’on se dit qu’on ne peut pas tout accepter, ça serait se renier. Tout n’est pas neutre et tolérable, il faut bien accoler des valeurs aux faits, on ne peut vivre dans un monde amoral.
Et c’est vrai.

Pourtant qu’est-ce que c’est qu’une vision du monde qu’on n’arrive pas à accepter et dont on souffre sinon une névrose, un conflit psychique qui nous use, nous met en désaccord avec nous-même en nous laissant chroniquement frustré et amer ? Il y a bien quelque chose de maladif à ne pouvoir faire le deuil d’une certaine vision du monde, et je fais l’hypothèse que pour les zèbres, cette difficulté est renforcée par l’importance d’une portée absolue à tout raisonnement, toute entreprise, une exigence d’universalité, qu’il semble au zèbre que renoncer à certains principes c’est accepter que toute tentative de changer les choses vole en éclat, qu’aucune solution totale puisse un jour être trouvée.

Nous nous opposons à nous-mêmes, nous allons contre nos propres intérêts : comment avoir une emprise sur quelque chose dont on refuse d’accepter la nature ? Comment gérer nos relations avec les humains si nous ne cessons en réalité de les nier pour ce qu’il sont et de nous apitoyer sur l’idée que nous en avons, leur reprocher de ne pas être sur le piédestal que nous avons dressé pour l’homo sapiens. Ce sont les attentes absolues qui sont irréalistes, absurdes, comme des caprices : la réalité doit être ainsi sinon je n’en veux pas. C’est une souffrance inutile que l’on s’inflige avec constance.

Alors le cynique campe sur son demi-raisonnement, il se plaint des autres sans avoir balayé devant sa porte, il leur reproche de ne pas correspondre à ce que son œil est capable de voir. Le misanthrope est fatigué de côtoyer des hommes réels qui ne correspondent pas aux hommes rêvés, le désabusé est à cours de ses propres désirs, il ne se remet pas de ce que le monde n’est pas comme il le fantasme.
La lucidité n’est pas une malédiction, elle est neutre : quand elle montre l’humanité avec ses compromis, ses imperfections, ses incomplétudes, elle ne dit pas de s’en accabler. C’est au contraire un défaut de lucidité, un travail laissé inachevé, que de croire la réalité décevante, c’est prendre la réalité pour ses désirs, c’est rester immature dans son rapport au monde, être incapable d’aller au-delà.

Tôt ou tard, il faut prendre la véritable mesure des choses plutôt que de démesurer le monde.
Recalibrer ses attentes, pour les rendre efficaces.
D’abord s’ajuster au monde. Ensuite ajuster le monde à soi.
Il existe une voie pour changer sans se renier. On peut faire le deuil de nombreuses choses et rester soi-même. C’est long et fatiguant (on ne perd pas de soi sans trouver des compensations par ailleurs) mais, sans garantir une vie heureuse, ça permet de se débarrasser de souffrances parasites qui nous dévorent la vie. Et on peut enfin faire des projets réalisables, qui ont du sens, une portée. On peut se projeter et être utile.
A l’échelle humaine.

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par ouuuh le Mar 29 Juin 2010 - 22:58

C'est ce que chacun découvre à son rythme, du moins je veux le croire (sans être déçue quand ce n'est pas le cas). Smile

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Invité le Mer 30 Juin 2010 - 9:02

merci pour ça Prosopeion Like a Star @ heaven

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Martel en tête le Mer 30 Juin 2010 - 9:43

ouep merci.

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par micheline le Mer 30 Juin 2010 - 11:24

Je suis complètement d'accord avec toi Prosopeion ! ton post me fait très plaisir.

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Babou le Mer 30 Juin 2010 - 11:32

C'est peut-être pour ça que tant de zèbres se tournent vers la spiritualité ! Smile

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Laetitia P. le Mer 30 Juin 2010 - 11:37

Voilà un post qui va générer beaucoup de réflexion et pendant longtemps ... Merci Smile

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par chrissieb63 le Mer 30 Juin 2010 - 11:42

très pertinent ton post
moi j'ai adopté la philosophie de l'absurde, enfin la mienne, arrangée à ma sauce
ce monde est absurde, il est absurde que je sois "obligée" de supporter tant de choses "minables" mais la nature ne doit pas être si mal faite puisque je tiens le coup et que j'évolue relativement à l'aise dans mon environnement, la nana totalement adaptée...
je n'ai pas encore fait un passage en asile, pas non plus tué qui que ce soit, je n'écrase même pas une araignée, c'est dire Wink

quoi qu'il en soit je mène ma barque, j'essaie de m'exprimer dans ce que je fais, et puis de goûter aux mille saveurs de l'existence, et ne laisser personne gâcher mon plaisir, enfin tant que ce peut

mais comme c'est navrant et fatigant à la longue de prendre sur soi, c'est celui qui sait qui doit s'adapter à l'ignorant...euh enfin je sais pas, que les mots ont du mal à sonner juste parfois...


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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par bluecat le Mer 30 Juin 2010 - 12:20

quelle sagesse! Smile Je mène un long combat contre mon indécrottable idéalisme et c'est vrai que comme tu dis, le changer d'échelle permet d'avancer tout en ne le/se reniant pas (pcq s'empêcher de rêver ça c'est pas gagné).
thx Like a Star @ heaven

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Prosopeion le Mer 30 Juin 2010 - 13:41

Merci à tous de vos réactions bienveillantes.

Pour compléter, je voulais dire qu'évidemment, j'avais vécu ce ressentiment envers les autres. Vers 16 ans, déçu du comportement humain j'ai décidé de vivre en manipulateur, oeil pour oeil... Et puis je n'ai pas réussi à me convaincre moi-même que tous ceux que je pouvais manipuler le méritait, qu'on pouvait appeler justice le fait de rendre une injustice pour une autre. Le reste a pris du temps, et je dois le reconnaître demande de trouver des forces quelque part (amis, famille, reconnaissance sociale, confiance en soi, etc) pour pouvoir abandonner ce sentiment pesant d'être seul et de devoir en plus gérer la différence des autres quand eux ne reconnaissent pas la nôtre.
Mais on est gagnant à la fin.

Chrissieb63 a écrit:mais comme c'est navrant et fatigant à la longue de prendre sur soi, c'est celui qui sait qui doit s'adapter à l'ignorant...
C'est exactement ça : l'usure de devoir s'adapter, avoir le temps d'avance, connaître la solution et attendre que les autres se l'approprient. Et d'un autre côté, chacun, zèbre ou non, fait avec ses possibilités. Alors comme nous ne sommes pas des surhommes, il faut savoir se ménager des moments à nous, qui ne soit pas dans la "patience", que ce soit entre pairs, ou bien se réserver des activités stimulantes, dans l'action, la réflexion, ou tout simplement le jeu.


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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Invité le Mer 30 Juin 2010 - 14:16

oui!
ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

hum pardon What a Face

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Prosopeion le Mer 30 Juin 2010 - 14:18

Une cigarette ?

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Martel en tête le Mer 30 Juin 2010 - 14:20

Quelle puissance !

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Invité le Mer 30 Juin 2010 - 14:42

ah oui, une clope, excellente idée cheers

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Invité le Mer 30 Juin 2010 - 17:26

roh l'autre.... faut pas proposer une clope à SM!!

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Super PY est rive le Mer 30 Juin 2010 - 17:30

t'en veux une aussi?? lol! lol!

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Invité le Mer 30 Juin 2010 - 17:36

Nan je fume que celles de mon chéri!

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par bepo le Mer 30 Juin 2010 - 17:49

cheers


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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Prosopeion le Mer 30 Juin 2010 - 18:48

vega a écrit:roh l'autre.... faut pas proposer une clope à SM!!
Pourquoi ? Elle essaie d'arrêter de... hum... fumer ?

Vague : je suis des idéaux, mais en les considérant seulement comme des principes régulateurs : le monde ne sera jamais "sauvé", mais à chaque fois qu'on peut le faire aller un peu mieux, c'est bon à prendre. Je me situe plus dans l'ici et maintenant. Qu'est- ce que je peux attendre des autres, de quoi puis-je être légitimement déçu, qu'est-ce que je peux donner ? Quelque part ça ressemble à l'Épicurisme, faire un optimum de chaque situation ( "de quelques olives et un peu d'eau, je fais un festin") au lieu de rêver en grand mais stérilement.
Bon dit comme ça, j'ai peut-être l'air un peu austère, et tu dois croire que je connais le summum du plaisir en regardant "Les chiffres et les lettres". Mais, c'est faux, il m'est arrivé quelquefois de veiller après minuit pour voir un film érotique sur le TNT : je jure que je ne me vante pas, c'est juste que pour moi le frisson n'a pas de prix.
(Voilà, maintenant je pense que je suis grillé).

(La fusée de détresse ! Ouah, ça doit être quelque chose... Very Happy )

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Super PY est rive le Mer 30 Juin 2010 - 19:20

Je ne suis pas totalement d'accord, même si pas mal quand même. Je vis dans un monde amoral, injuste... La mort ne vient pas d'une justice que nous puissions saisir. La maladie frappe les gens au hasard, certains naissent avec une meilleure santé que d'autres, dans des pays où le niveau de confort de la vie est meilleur que dans d'autres. Est-ce moral? Cela nous empêche-t-il de vivre?
La Morale, la Justice, le Bien, le Mal... qu'est-ce sinon des créations humaines inventées pour mieux vivre en société? Sinon des échelles de valeur humaines, culturelles, créés pour nous permettre de collaborer, d'éviter d'entrer dans des disputes stériles?

Et pourquoi faire le deuil de ses attentes? Elles nous donnent une direction, un sens. Le seul deuil que j'ai fait c'est celui qu'il n'y sera jamais parfaitement répondu. Que personne n'a a y répondre, et oui, c'est triste, c'est une souffrance quelque part, mais pas une souffrance dont les autres sont responsables, pas une souffrance dont je veux me soustraire, car c'est aussi une source de joie, de frisson, de plaisir, de ferveur quand elles sont entendues, quand la soif qu'elles génèrent reçoit un peu d'eau, quand je vois que des choses avancent dans cette direction.

Pour moi la lucidité, ce n'est pas de ne pas vouloir de souffrance, puisqu'on en aura toujours d'une manière ou d'une autre, mais comme tu dis aussi, c'est de ne pas se laisser aveugler par elle, de ne pas s'y complaire, de savoir l'identifier, de savoir l'accueillir, de la même manière qu'on accueille le plaisir. Je crois qu'on se nourrit autant de l'un que de l'autre. La lucidité, pour moi, c'est d'accepter souffrance et plaisir, c'est de savoir que certaines attentes sont ancrées en nous, qu'elles seront à la fois en partie déçues, et en partie comblées, mais que personne d'autre n'en est responsable. Que chaque personne y répondra plus ou moins, et que ça ne veut pas dire que ceux qui y répondent plus ou moins ont plus ou moins de valeur, juste qu'on aura plus ou moins d'affinités.

Sinon, cheers cheers , et merci pour le sujet, j'aime beaucoup Wink

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par bepo le Mer 30 Juin 2010 - 19:23



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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par bepo le Mer 30 Juin 2010 - 19:31



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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Christelle le Mer 30 Juin 2010 - 21:40

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Invité le Mer 30 Juin 2010 - 21:44

Je comprends pas trop bien en quoi tu n'es pas d'accord avec prosopéion.

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

Message par Christelle le Mer 30 Juin 2010 - 21:51

Je trouve simplement que ça manque d'optimisme tout ça... Smile

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Re: Misanthropie, cynisme, désabusement, dédain : avoir « mal aux autres » et aller au-delà.

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