Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

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Message par Doinel le Lun 22 Avr 2013 - 14:59

Harry Nilsson est surtout connu pour deux titres qu'il n'a pas écrits: Everybody's Talkin', que j'adore, et Without You, que j'aime beaucoup moins.



Mais il a aussi écrit des chansons superbes. Voici mes deux préférées:


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 22 Avr 2013 - 15:08


Salut Harpo!

J'aime Michel Gondry. Je n'aime pas toujours ses films, j'y trouve souvent des choses qui m'agacent, mais l'homme derrière tout ça et celui qui s'exprime lors des interviews (et en ce moment il y en a) me touche énormément.

Je pense qu'il faut voir Eternal Sunshine au moins deux fois pour passer outre le côté sinueux de la narration et accepter la naïveté de certaines scènes et les partis pris bricolos des effets spéciaux. Revoir le film en connaissant son histoire est une toute nouvelle expérience. L'émotion ressentie à la fin peut alors imprégner ce qui amène.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 22 Avr 2013 - 15:23

Harry Nilsson était surnommé le "cinquième Beatle" parce que Lennon avait dit un jour que c'était le seul à jouer dans la même catégorie que les Beatles. Lennon aurait pu écrire "One", sauf qu'il l'aurait appelée "Love".


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par fleur_bleue le Lun 22 Avr 2013 - 15:39

Eh beh, j'ai déclenché quelque chose, apparemment... Contente de te relire un peu par ici, Doinel! Smile

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Invité le Lun 22 Avr 2013 - 16:41

J'aime beaucoup "One" aussi!

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Message par Invité le Lun 22 Avr 2013 - 16:52

...et celle-ci me fait sourire! sunny


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Mowa le Lun 22 Avr 2013 - 17:16

Un ptit bonjour Doinel Smile

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Quel est le plus petit pas possible que je peux faire pour me rendre la vie plus belle aujourd'hui?

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 22 Avr 2013 - 18:56


Bonjour Zébrée Bisous

Ben oui Fleur, tu dois savoir ce que c'est: je n'ai rien d'intéressant à dire en ce moment. Je vois qu'on poste sur mon fil, alors je regarde. Je m'inquiète qu'on puisse s'inquiéter alors je réponds. Puis comme je veux faire "utile", là dessus je poste des vidéos, et puis Steph m'encourage à continuer...

Coconut est une des chansons rigolotes de Nilsson que je n'écoute pas trop souvent, mais je ne connaissais pas cette vidéo bien sympa. Merci Steph.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Super PY est rive le Lun 22 Avr 2013 - 19:13

Oh, qu'importent les posts utiles, content de te voir, et de faire un petit coucou Smile

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 22 Avr 2013 - 21:24


Merci PY. Bonjour à toi.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par fleur_bleue le Mar 23 Avr 2013 - 10:06

+1 avec Py qui m'ôte les mots de la bouche. Wink

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Invité le Mar 23 Avr 2013 - 13:24

Je me joins à Fleur et Py.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 20 Mai 2013 - 14:36


Un des films qui m'a le plus marqué dans les années 80 fut Brazil de Terry Gilliam, l'histoire inspirée de 1984 d'un homme qui cherche à s'évader d'une dictature déshumanisée et à séduire la femme de ses rêves (au sens littéral, puisqu'il rêve d'elle avant de la rencontrer).

Brazil est par essence un film culte, qu'on adore ou qui laisse complètement froid. Son univers visuel et sonore rétro-futuriste est unique et a été par la suite recyclé, notamment dans des pubs et dans des films de Jeunet et Caro ou des frères Coen. Il est pétri d'un humour désopilant et d'une noirceur rarement atteinte au cinéma, au service d'un contenu à l'opposé très idéaliste et sentimental. La narration et la mise en scène sont très audacieuses, au point que Gilliam a connu de gros problèmes avec la distribution du film aux Etats-Unis.

Le film se termine sur un long final complètement délirant, qui voit le héros finalement échapper à ses tortionnaires, en compagnie de sa douce et belle (belle assurément mais pas si douce que cela). Sauf que... la dernière scène montre que cette évasion n'est que le dernier espace de liberté d'un homme torturé jusqu'à un point de non retour. Trop fou et trop pessimiste pour les distributeurs américains qui veulent imposer à Gilliam une version remaniée avec moins de délires et surtout un happy end. Gilliam refuse de transiger, la sortie américaine est bloquée. Gilliam finit par acheter toute une page dans le magasine Variety pour demander aux distributeurs de sortir son film dans sa version originale. Ils finiront par céder après que différents critiques auront décrété que Brazil était le meilleur film de l'année.

Une de mes copines de fac m'a dit un jour que Brazil était un film typiquement masculin, déclenchant un enthousiasme délirant chez les mâles et laissant les demoiselles totalement indifférentes.

Je ne sais pas. En tout cas, la critique assassine que j'ai lue à l'époque dans un magasine télé grand public était écrit par une femme. Non seulement le film était nul mais en plus c'était une arnaque complète: alors que le nom de Robert De Niro figurait en bonne place dans la distribution, ses apparitions étaient rares et la plupart du temps avec une cagoule sur la tête!

La bande originale du film est exceptionnelle, avec un thème récurrent basé sur un morceau célèbre dont le titre usuel a donné le nom au film. "Brazil" symbolise la quête de bonheur, de liberté et d'amour du héros.

L’occurrence la plus connue et qui est indissociable du style du film est celle-ci:



Chantée par Kate Bush, la chanson accompagne les rêves du héros. La vidéo contient la version samba qu'on entend pendant les dernières minutes du générique de fin.



Juste avant cette version très joyeuse, la scène de fin qui dévoile la nature réelle de l'évasion de Sam Lowry se clôt sur cette version nostalgique, interprétée par Geoff Muldaur:



A l'époque du film, j'ai appris que Brazil était un standard des années 30. J'ai longtemps cru que c'était une chanson américaine jouant sur l'exotisme brésilien avant de découvrir que c'était un vrai standard de la samba brésilienne composé par Ary Barroso et qui a pour titre original Aquarela Do Brasil.



Le morceau a été repris par tous les grands noms brésiliens, sous forme de samba, de bossa ou de jazz. Voici une version par Tom Jobim.



Pour finir, une version par un des groupes phare du rock moderne, les canadiens d'Arcade Fire:


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Harpo le Lun 20 Mai 2013 - 14:48

Ma version préférée de Brazil, par 3 monstres de la musique brésilienne : Joao Gilberto, Caetano Veloso et Gilberto Gil. Cette musique représente pour moi un fonds musical de mes jeunes années, et des trajets en voiture, la nuit, vers les plages de la Méditerranée Wink



Pour le film, j'ai un avis assez ambigu. J'aime la folie du film, et surtout les scènes kafkaiennes dans les bureaux, le thème vie imaginaire / vie réelle, et je trouve toutes les interventions de De Niro extrêmement savoureuses. Par contre, je trouve globalement le film trop long, et je n'aime pas du tout la fin, too much pour moi Wink

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 20 Mai 2013 - 15:02


J'ai failli mettre cette version magnifique.

Je ne partage pas tes réserves sur la fin dont le délire est pour moi une apothéose. Cela s'explique peut être par le fait que nous ne sommes pas de la même génération Twisted Evil

Une autre jolie version:


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Harpo le Lun 20 Mai 2013 - 15:07

Doinel a écrit:
J'ai failli mettre cette version magnifique.

Je ne partage pas tes réserves sur la fin dont le délire est pour moi une apothéose. Cela s'explique peut être par le fait que nous ne sommes pas de la même génération :

Le fourbe ! Wink

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 20 Mai 2013 - 15:20

Ma bande son privilégiée pour rouler vers la mer de chez moi et en particulier vers Saint Malo, c'est cette chanson, avec une partie chantée à tue tête au moment où j'arrive dans la ville:


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 20 Mai 2013 - 16:03

Aujourd'hui, je me sens euphorique suite à un appel reçu à trois heures du matin et la perspective de revoir aujourd'hui une personne qui m'est très chère.

D'où mon envie retrouvée d'écrire sur ce fil et qui n'est pas encore rassasiée.

Lors de certaines soirées, il m'arrive parfois d'abandonner ma réserve habituelle pour proposer de manière insistante un quiz musical, qui souvent ne passionne que moi. C'est mon côté chiant dont une variante plus commune est de m'enthousiasmer en parlant d'un film, au point de vouloir le regarder tout de suite, quelle que soit l'heure, avec le témoin de mon exaltation. En général, la réponse "pas maintenant" ou "pourquoi regarder un film que tu connais déjà alors que tu en as tant que tu n'as pas encore vu?" me plonge dans le désespoir.

Le quiz a deux variantes principales: faire deviner les versions françaises de chansons originales étrangères ou au contraire reprises par des étrangers. Une troisième est plus perverse: combiner les deux et faire deviner si la version étrangère est l'originale ou si c'est la française.

Par exemple:










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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mer 22 Mai 2013 - 16:56


J'ai un problème de communication.

Jusqu'ici, j'aurais plutôt affirmé que c'était les autres qui avaient un problème de communication, ce qui, sur un tel sujet, est d'une stupidité absolue.

Voici un exemple dont on a déjà discuté sur ce fil et ailleurs sur ZC, un exemple où j'ai eu l'impression d'avoir raison contre (pratiquement) tout le monde. Il s'agit des "vérités" qu'on exprime sous le coup d'une émotion, généralement la colère. Pour moi la "vérité du moment" n'existe pas. La vérité est stable et à tout moment il faut savoir l'exprimer de la manière la plus précise possible. De même, les mots ne devraient jamais "dépasser la pensée", une pensée générée sous le coup de l'émotion n'a pas de valeur autre que celle d'un exutoire de cette émotion. A quelqu'un pris en flagrant délit de mensonge, j'éviterai de dire "tu es un menteur!" si j'estime que cette personne ne ment pas habituellement. Je ne peux prendre un "je te déteste!" que comme une affirmation définitive, qui restera valide une fois l'émotion passée. Pourquoi ne pas dire à la place "là tout de suite je te déteste", ou encore mieux ajouter "mais c'est juste parce que je suis en colère"? Pendant longtemps je n'ai tout simplement pas compris qu'il soit possible de dire dans un état émotionnel intense des choses qu'on ne pouvait répéter une fois calmé. A une de mes ex je demandais parfois de dire si ce qu'elle avait lâché sous le coup de la colère était vrai ou faux. Sa réponse: "c'était vrai au moment où je l'ai dit" m'était incompréhensible. Tout au plus pouvais je la prendre comme la volonté de ne pas se dédire. Aujourd'hui, intellectuellement je comprends qu'il est possible, même naturel de dire des choses différentes, voire contradictoires à des moments différents. Je comprends mais je ne peux m'empêcher de réagir comme si ce n'était pas le cas. J'attends au moins une "correction", une "réassurance" du message alternatif.

Non seulement j'ai un problème de communication, je découvre de plus en plus son étendue.

J'ai toujours considéré le langage comme un trésor, mais un trésor qu'il faut utiliser avec parcimonie. Concision, précision, clarté, recherche du reflet le plus proche possible de la réalité.

Je n'aime pas les phrases compliquées, l'utilisation de mots rares, l'illustration sur des phrases et des phrases de ce qui est déjà clair. L'écriture de Carl Jung m'impressionne parce qu'elle possède pour moi toutes les qualités d'une expression optimisée.

La poésie purement évocatrice, à laquelle il m'est impossible d'associer tout de suite un premier sens univoque me pose problème. Sa lecture produit en moi une confusion qui se transforme rapidement en panique. Mon esprit part dans tous les sens, sans pouvoir se fixer sur une signification particulière. Je ne lui laisse pas le temps de décanter, je me détourne rapidement de ce poème que je ressens comme une agression.

Je sais que je ne suis pas "lisible" pour un bon nombre de personnes. Ce n'est pas parce que je porte un masque. C'est parce que j'ai du mal à être moi même ou à l'être entièrement et constamment dans la plupart des contextes. Je sais que l'image que je renvoie la plupart du temps est très différente de ce que je suis, parfois à l'opposé. Mais je suis toujours plus ou moins "moi", jamais un autre.

Et puis il y a le cas des personnes avec lesquelles je me sens en sécurité, en permanence ou très souvent. Je me sens en sécurité parce que j'ai l'impression de lire facilement en eux, parfois au delà des mots et des apparences, et que j'aime ce que je perçois. Ces personnes peuvent me voir tel que je suis et n'auront aucune difficulté à me comprendre comme je les comprends.

Ce n'est généralement pas le cas. Est-ce même déjà arrivé?

J'ai cru alors qu'il suffisait de donner quelques clés pour devenir complètement lisible. Un petit quart d'heure d'explications, claires, précises, concises, et 95% de mon comportement devenait limpide. J'estime que je suis très cohérent. "Cohérence" est un de mes mots fétiches. Je l'utilise souvent pour déplorer son manque chez les autres. Là où il ne peut y avoir de vérité absolue je recherche de la cohérence.

Et ça non plus ça ne marche pas très bien.

Je surestime la capacité de beaucoup à faire le cheminement analytique d'un comportement spécifique aux clés qui l'expliquent. Je surestime leur capacité à passer outre leur propre grille de lecture et ce que les émotions qu'ils ressentent leur suggère. Je viens de réaliser qu'une personne peut tout à fait comprendre le pourquoi d'un de mes gestes et pourtant lui préférer une explication basée sur son ressenti.

Je considère que redire, réexpliquer, illustrer, c'est leur faire perdre leur temps et insulter leur intelligence.

J'estime que beaucoup de choses n'ont pas besoin d'être dites tellement elles sont évidentes, que la proximité et la compréhension mutuelle qu'elle implique rendent inutile la parole, que je suis suffisamment transparent pour que tout soit clair.

Je réalise qu'il faudrait que je communique beaucoup plus, que j'évite les non dits, les implicites, que je sous titre plus souvent mes actions et mes paroles.

Franchement, cela me semble être le bout du monde.

On m'a dit que moi même, même si j'ai l'impression de lire facilement les autres, en tout cas ceux dont je me rapproche, je ne peux jamais être sur à 100% que mon interprétation de leur comportement est la bonne. C'est vrai et j'en suis tout à fait conscient. Jamais je ne suis certain d'avoir raison, parfois je ne sais quoi penser. Il faudrait alors leur demander.

Leur demander? Quelle drôle d'idée! Elle ne m'était jamais venue.

J'ai toujours eu ma propre manière, auto-suffisante, de gérer mon incertitude sur les autres. Une de mes erreurs a sans doute été de supposer que les autres fonctionnaient comme moi.

Certains actes, certaines paroles peuvent déplaire, choquer, blesser. Mon réflexe est toujours de rechercher des raisons bienveillantes ou compréhensives qui peuvent les expliquer. Au pire les considérer comme des hypothèses plausibles en attente de confirmation ou infirmation. Au mieux, les privilégier par rapport à des explications plus négatives. Cela ne signifie pas que mon attitude ne va pas changer par rapport à cette personne. Je peux juger des actes tout en ne jugeant pas de la même manière son auteur. Je peux m'éloigner d'une personne du fait de ses actes et de leur impact sur moi tout en gardant mon estime pour elle.

S'il me faut traduire un geste ou une parole en une intention me concernant, même si je pense à 90% l'avoir bien identifiée, je vais toujours décider de l'interpréter de la manière qui m'est le plus défavorable, tout en laissant la porte ouverte pour une autre interprétation. C'est un mécanisme de défense. Mieux vaut opter pour le pire que d'être déçu. De fait, je suis quelqu'un à qui il faut souvent mettre les points sur les "i", alors même que je prétends lire dans les autres et ne pas toujours avoir à m'expliquer moi même. Pour ma défense, je dirais qu'une interprétation négative et fausse doit obligatoirement provoquer une mise au point, donc la parole ou le geste (plus) univoque. Ou alors, ce n'était pas si important que cela (autant être fataliste).


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par 'Sengabl le Mer 22 Mai 2013 - 17:19

Long hug

Hmmm...
En fait, pour ne pas contrecarrer la croisade de la communication, je vais ajouter des mots au bidule qui prend dans les bras.

Ce post est vraiment très touchant. Pour autant de raisons qu'il contient de mots.

Et pourvu que le virus émotion continue de gangréner ta raison Razz

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mer 22 Mai 2013 - 18:54


Hmm, on m'a dit que je donnais l'impression de privilégier le rationnel sur l'émotion.

C'est faux.

En face d'une situation donnée, mes émotions et ma raison turbinent à fond. Il est rare que les premières annihilent la seconde. Il m'est impossible de taire mes émotions.

Dans un contexte affectif, je vais toujours suivre ce que mes émotions me disent de faire, même si ma raison contredit mon interprétation émotionnelle de ce qui se passe et m'a prévenu des conséquences possibles de ce que j'ai envie de faire. Tout au plus la raison peut elle me permettre de garder une certaine mesure.

C'est parfois bizarre, comme dans le cas évoqué plus haut où on me dit un truc comme "je te déteste" ou "tu es un connard". Ma raison me dit qu'il ne faut pas le prendre comme une vérité absolue, mon émotion réagit comme si ça l'était. Alors je choisis de croire ce qui a 99% de chances d'être faux et j'agis en conséquence. A une époque, j'aurais pu claquer la porte avec l'intention de ne pas revenir avant au moins le lendemain (je l'ai fait). Maintenant je peux claquer la porte pour une heure, voire même juste m'enfermer en moi même dans l'attente d'un mot ou d'un geste gentil. Mais dans tous les cas, ce n'est pas moi qui ferai le premier pas vers la réconciliation. On dit que je suis une "tête de con".

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par 'Sengabl le Mer 22 Mai 2013 - 19:26

J'ai longtemps été celle qui ne faisait pas les premiers pas. Une vraie grosse tête de con.

Et puis j'ai compris : "tu es bornée". Tu es limitée. Et je n'ai pas aimé l'idée d'être limitée.

Alors j'ai essayé d'apprendre à ouvrir les portes. Rarement tout de suite, parce que mes émotions m'enferment aussi dans l'éloignement de l'autre (source de souffrance, sûrement). Et ma raison intervient (toujours un échafaudage très construit) pour "me donner raison" = valider mes émotions. Ça peut durer longtemps les conneries.
Mais c'est trop bête.
Parce que la seule chose qui me limite, c'est moi.

Alors j'ai arrêté de me penser comme celle qui ne ferait jamais le premier pas.
Parce que rien ne dure, que ça va ça vient, parce que les "aléas" de la vie, ses courbes et ses vrilles, etc. (parce que la seule chose que l'on ne peut pas changer, c'est mourir).

Alors même si au moment des disputes j'y crois dur comme fer, maintenant, je sais que, peut-être, à un moment, je changerai d'avis.

Et finalement, c'est dans un souci de cohérence que j'ai changé la manière de le penser. Parce qu'objectivement, ces pas, j'ai souvent eu envie de les faire. Mais, me pensant "celle qui ne ferait pas le pas", je me l'interdisais. Pour être cohérente...
Je suis toujours cohérente. J'ai juste changé l'énoncé de la problématique.

L'exemple le plus flagrant, c'est avec ma mère.
Je ne lui parle plus depuis... peut-être 3 ans 1/2 il me semble. Et quand j'en parle je dis toujours "peut-être que ça ne durera pas, mais pour l'instant, c'est comme ça". Et je me sens libre. De continuer à faire la gueule ou d'aller la voir un jour.

Le risque, c'est toujours que l'autre ne t'accueille pas quand tu reviens. Mais la donnée est intégrée aussi... Parfois, on perd des gens proches parce qu'on a été très en colère. C'est ainsi.

Mais parfois, de manière inattendue, je fais des pas. Et la plupart du temps, de jolies choses en sortent. Ne serait-ce que l'admiration que j'ai pour l'autre de savoir me laisser "revenir" (sur mes pas, sur mon avis, sur ma colère).

Je suis toujours cohérente. Mais je ne suis plus intransigeante.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mer 22 Mai 2013 - 20:15


Chez moi il y a quand même l'idée que celui qui a fait couler le premier sang doit faire le premier pas. Le problème c'est que souvent chacun a sa propre version. Si j'ai conscience que c'est moi, le pas je vais le faire.

Sinon, ça peut durer très longtemps. Mais il ne me faut souvent qu'un tout petit rien venant de l'autre pour revenir. Et il n'y a pas de rancune.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Basilice le Jeu 23 Mai 2013 - 9:18

Doinel a écrit:
Chez moi il y a quand même l'idée que celui qui a fait couler le premier sang doit faire le premier pas.

Coucou Doinel Smile

Je te lis et je fais un lien entre "être en attente" (d'une reconnaissance) et la vision binaire "j'ai tort, l'autre a raison" ou l'inverse.
Je fais aussi un lien avec la légitimité des ressentis et des pensées.
J'ai l'impression que lorsque qu'on s'accroche très fort à sa vérité, c'est parce qu'on manque de confiance en soi.
Et quand on manque de confiance en soi, on est souvent en attente d'une validation extérieure à soi.
Est-ce que mon ressenti est légitime ? Est-ce que j'ai le droit de penser cela ? De sentir ce que je sens ? Les choses se sont-elles vraiment passées comme je le pense, sens ?
A mon sens ces questions sont vaines.
Je pense cela, je ressens cela, donc je suis. Mes pensées et mes ressentis sont.
(Mais pour poser cela en effet, il faut savoir revenir à soi, et non pas rester "dans" l'autre.)
Une fois cela posé, on peut passer du "pourquoi ?" au "comment ?"
Je ressens cela, je pense cela, ma vision est celle-ci... Comment trouver un espace de partage avec l'autre, qui pense, qui ressent autrement ?

Je crois que c'est important de dire à l'autre son fonctionnement, quand on le connaît.
Une anecdote...
Quand j'étais petite, je me disputais souvent avec ma meilleure amie (sur toute sorte de sujets).
Elle soutenait qu'elle avait raison, et je faisais de même.
Cela finissait invariablement de la même façon : elle se mettait à crier "papaaaaaa ?!" et filait vers le bureau de son père, un brillant et écrasant "sachant" (prof).
Je la suivais en traînant des pieds et me présentais, toute droite, aux côtés de mon amie. Face à son père, immense, parce que c'était la règle.
Mon amie exposait le litige tandis que je demeurais silencieuse, connaissant déjà l'issue de ce que je vivais comme un procès.
Et sans surprise, comme à son âge mon amie ne pouvait que répéter les vérités de son père, son père gonflait ses plumes en entendant sa science dans les paroles assurées de son enfant.
Il souriait avec fierté et affirmait : "Tu as raison ma fille".
Mon amie se tournait alors vers moi en me disant : "Ah ! Tu vois ?!"
Et je voyais, en effet, une terrible injustice.
Je partais du bureau repliée en moi-même, mutique et je restais ainsi plusieurs minutes, parfois plus d'une heure... Ce qui exaspérait mon amie.
"Papaaaaaaaa ?! Basilice ne veut plus me parler !"
Non, je ne voulais plus parler. Ni à elle, ni à lui.
Je leur en voulais d'avoir toujours raison, et surtout, je m'en voulais à moi de n'avoir pas trouvé la juste réponse (celle qui me permettrait d'être en paix.)
Je sais aujourd'hui que si le brillant "sachant" s'était comporté autrement, s'il avait accueilli ma vérité avec pédagogie au lieu de gonfler ses plumes, j'aurais sans doute eu un autre comportement en conséquence.

Il reste encore aujourd'hui un peu de cette enfant blessée en moi, et il m'arrive de partir au quart de tour ou de sentir une tristesse écrasante quand l'autre en face, nie ma vérité.
Dans ces moments-là, je me rappelle que gonfler ses plumes ça marche dans les deux sens, et qu'il n'importe pas de savoir qui a tort ou qui a raison.
Ma vérité existe, elle m'appartient, personne d'autre que moi ne peut la valider. Quand je m'emporte ou que je me replie parce que j'étais en attente de validation et que l'autre n'a pas validé, et que cela fait de la peine à l'autre, je m'en excuse et j'explique.
Je peux dire qu'aujourd'hui, mes relations sont beaucoup plus sereines.





Basilice
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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Fa le Jeu 23 Mai 2013 - 9:32

Sengabl a écrit:j'ai souvent eu envie de les faire. Mais, me pensant "celle qui ne ferait pas le pas", je me l'interdisais. Pour être cohérente...
Enorme.
Joli Courbette Merci.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

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