Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Invité le Ven 15 Mar 2013 - 6:31

Doinel a écrit:
.../...
Nous sommes de formidables machines à penser, théoriser, analyser, croire et douter.
Et puis il y a cette fichue sur-stimulabilité et son corolaire, l'hypersensibilité, qui font appels à la partie la plus animale de notre cerveau. Nous sommes les jouets des angoisses, des frayeurs, des joies les plus primaires, qui peuvent nous rendre plus "stupides" que ceux qui ressentent moins intensément les choses. Nos sens et nos émotions peuvent nous submerger, prendre le dessus sur notre logique.

Je peux décrire les qualités que j'attends d'une femme. Ce serait la description de qualités humaines. Je peux le faire d'une manière détaillée, argumentée, analytique.

Et puis je peux rencontrer une femme. Tout ce que je peux constater c'est que la regarder et écouter le son de sa voix me procure un doux plaisir sensuel. Le grain de sa peau me donne envie de la toucher. A ses côtés, je ressens les choses plus fortement. C'est comme si un halo l'entourait, qui m'englobe quand je suis à ses côtés.
.../...
Une personne hypersensible peut dire "OK il/elle est ceci ou cela mais j'aime sentir sa présence à mes côtés, sa voix au téléphone, son odeur, certaines expressions de son visage et sa peau sous mes doigts".
Une personne Z rajoutera peut être "Et ma supposée intelligence est complètement inopérante sur ce sujet"
..../...

Infiniment merci !

Tu viens de mettre des mots sur quelque chose que mes proches ont du comprendre mais que l'ours mal dégrossi ne pouvait pas "oraliser" tout seul.
Tu viens de me donner un chemin de compréhension d'un terrible ressenti (je voudrai mettre tremendous, parce que cela sonne comme tremblement de terre et inondation et terreur et force brutale en même temps - (je me fiche ici d'aller vérifier ce que ce mot veut réellement dire..)) qui me ronge depuis 13 mois et dont je peine à trouver une porte de rétablissement et une raison.

Infiniment merci !

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Ven 15 Mar 2013 - 10:06


Moi aussi j'ai envie de te remercier.

Il arrive quelques fois qu'une personne, comme toi ici, me dit qu'un de mes textes lui a été utile, lui ouvre une porte. Alors je me dis que ce fil n'est pas ou pas seulement ce que je crains parfois qu'il soit, au pire un simple étalage de mon ego, au mieux un outil qui m'aide à m'analyser et me sert de béquille dans les moments difficiles.

J'ai commencé à être actif sur Internet il y a 20 ans, à y livrer un peu de moi il y a trois ans, beaucoup depuis six mois. Tout ce qui m'indique que je n'ai pas fait que basculer vers l'exhibition que j'ai toujours honnie chez les autres me fait énormément de bien.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Super PY est rive le Ven 15 Mar 2013 - 10:31

Là dessus, Doinel, je ne lis pas forcément tous tes posts et oui, tu t'exhibe un peu. Mais, tu le fais toujours quand même avec une certaine pudeur, un certain recul, qui rend la chose plutôt agréable.

Et puis j'ai aussi envie de dire qu'il y a plusieurs manière de parler de soi, de s'étaler, je vois ça, quand je viens ici, plus comme un voyage dans ta personnalité, tes réflexions, tes ressentis qui est plutôt agréable.

D'ailleurs, à ce propos, je vais mettre une citation de José Ortega y Gasset que j'ai découverte dans le Plafond de Montaigne de Frédéric Schiffter, à propos de la métaphysique : "La vie est celle de chacun. Si bien que si on veut philosopher sérieusement sur la vie, c'est à condition de le faire de l'intérieur, depuis un au-dedans singulier, à condition de parler de soi-même." Je trouve aussi, à ce titre que c'est toujours compliqué de parlé de l'autre, ou même d'un autre. Parce qu'à un moment, on n'est pas lui, on ne sait pas ce qu'il est réellement en-dedans, on ne ressent pas pour lui, bref, simplement parce qu'il est autre.

Ce que je trouve notamment intéressant là dedans aussi, quand on lit quelqu'un qui parle comme ça, c'est qu'on peut retrouver chez l'autre aussi certaines problématiques internes, et le fait de les voir aussi chez l'autre permet aussi parfois de pouvoir regarder, d'explorer les siennes avec plus de simplicité, d'humilité, de sincérité etc...

Après, voilà, selon les fois, on sera plus ou moins touché, plus ou moins interpelé par ce que tu auras écris, plus ou moins dans l'humeur pour s'y plonger aussi. Mais c'est autre chose. Enfin, voilà Smile

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Invité le Ven 15 Mar 2013 - 16:48

Et puis j'ai aussi envie de dire qu'il y a plusieurs manière de parler de soi, de s'étaler, je vois ça, quand je viens ici, plus comme un voyage dans ta personnalité, tes réflexions, tes ressentis qui est plutôt agréable.

Des billets d'humeurs, des images, des tranches de vie...

Ce que je trouve notamment intéressant là dedans aussi, quand on lit quelqu'un qui parle comme ça, c'est qu'on peut retrouver chez l'autre aussi certaines problématiques internes, et le fait de les voir aussi chez l'autre permet aussi parfois de pouvoir regarder, d'explorer les siennes avec plus de simplicité, d'humilité, de sincérité etc...

Après, voilà, selon les fois, on sera plus ou moins touché, plus ou moins interpelé par ce que tu auras écris, plus ou moins dans l'humeur pour s'y plonger aussi. Mais c'est autre chose. Enfin, voilà

Et si un simple merci peut servir d'encouragement : Merci !! )

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Sam 16 Mar 2013 - 9:21

Merci PY, merci Saper.


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Harpo le Sam 16 Mar 2013 - 9:48


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Invité le Sam 16 Mar 2013 - 12:05

très joli duo pour finir...(aussi beau à écouter qu'à regarder)

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Sam 16 Mar 2013 - 17:31

Oui très sympa le duo. Merci Harpo.

Celui qui suit ne marche pas aussi bien. Trouvé pour Billy Bragg, découvert à 20 ans en Angleterre.


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Dim 17 Mar 2013 - 16:09

Il y a deux sortes de bourreaux: le bourreau de nature et le bourreau de circonstance.

Le premier est une brute, un psychopathe. Des prédispositions génétiques, des traumatismes de l'enfance expliquent sans doute sa nature. Le fait est qu'il se sent dans son élément quand il s'agit de faire souffrir et de tuer d'autres êtres humains. C'est le membre type des forces paramilitaires nazies (SA, SS) d'avant guerre. C'est Amon Goeth, le tueur en série et en uniforme d'officier de La Liste De Schindler. C'est Josef Mengele, le médecin prenant plaisir à "euthanasier" lui même les prisonniers d'Auschwitz.

Et puis il y a l'immense masse des victimes de la "banalité du mal". Des personnes normales, avec plus ou moins de qualités humaines, qui, par ambition, soumission à l'autorité, idéologie ou immersion dans un environnement inhumain perdent eux mêmes leur humanité. Il s'agit d'Adolf Eichmann, le logisticien de la Shoah, de Rudolf Hoess, le principal chef de camp d'Auschwitz, des appelés américains auteurs des sévices d'Abu Graib, des 65% des cobayes de l'expérience de Milgram qui appuient sur le dernier bouton.

En général, on présente ces personnes comme victimes de transformations successives. La personne plus ou moins sympathique, plus ou moins estimable, plus ou moins pacifique, devient dans certaines circonstances un monstre, qui n'a plus grand chose à voir avec ce qu'elle était avant. Puis, revenue à une vie normale, elle redevient cet homme ou cette femme si peu extraordinaire d'avant.

Eduard Wirths sort de ce cadre.

Wirths était un homme bien, un homme doté de qualités humaines peu communes. Un brillant médecin aussi.
Wirths aurait sans doute pu connaitre un destin comparable à celui d'Albert Schweitzer.
Wirths fut un des principaux instruments de la machine de mort nazie.

Son père, brancardier durant la première guerre mondiale, en était revenu dépressif et empreint de valeurs pacifistes et humanistes. Il fit de ses fils des médecins, des hommes dédiés au mieux être de leurs semblables.

Eduard devint un brillant médecin et un médecin possédant de grandes qualités d'empathie avec ses patients.

Mais Eduard était très influençable, obéissant et doté d'un sens du devoir hors norme. Son père et d'autres substituts lui traçaient la voie à suivre. Parmi ces substituts il y eut Adolf Hitler. Eduard embrassa l'idéologie nazie exaltant les valeurs de la "race" allemande, le besoin de préserver la pureté de cette race et la stigmatisation des juifs comme la principale menace à cette pureté. Pourtant, Wirths continua longtemps à soigner clandestinement les juifs qui venaient dans son cabinet.

Eduard était aussi très rigoureux, d'une méticulosité obsessionnelle. Ces qualités firent de lui le vecteur idéal pour sauver des vies, mais aussi pour organiser de manière très efficace l'extermination.

Il fut nommé chef de la vingtaine de "médecins" d'Auschwitz. Le chef de Josef Mengele, de Carl Clauberg et de Horst Schumann, cautionnant ainsi leurs "expériences" inhumaines et, la plupart du temps, fatales.

Il fut l'initiateur de la sélection par des médecins, à leur arrivée au camp, de ceux qui allaient mourir et de ceux qui allaient survivre pour un temps. Comme médecin, il prit part à cette sélection. Il décida également, avec les autorités du camp, des critères à utiliser.

Il dirigea certaines expériences sur des prisonniers, sans y prendre part lui même. Des expériences sur le cancer de l'utérus et sur le typhus qui causèrent souffrances terribles et morts parmi les cobayes.

Eduard Wirths fut incontestablement un meurtrier de masse.

Et pourtant...

Il fit toujours preuve d'une grande humanité avec les prisonniers, imposa d'en intégrer certains au corps des médecins du camp, s'opposa aux brutalités, aux exécutions sommaires, interdit les injections léthales par des médecins, améliora les conditions sanitaires du camp et sauva de nombreuses vies en défendant la capacité de certains prisonniers à fournir un travail. Avec lui, un peu d'humanité existait dans ce monde inhumain. Avec lui, il était possible d'en sauver quelques uns.

Wirths était "sous influence". Son secrétaire, un prisonnier communiste, et d'autres l'utilisaient pour épargner tel ou tel groupe de prisonniers. Ils pouvaient compter sur lui. C'était un allié fiable dans le camp. Au point de le supplier de ne pas partir quand il en exprimait l'envie. Au point de lui promettre la protection de la résistance interne quand sa condamnation à mort fut annoncée par la radio alliée.

Wirths était torturé entre son désir de préserver la vie et de faire son "devoir". Il était dépressif, rongé par la culpabilité, souvent suicidaire.

Pour supporter cette dualité, continuer à vivre et à faire son devoir paradoxal de préserver la vie en tant que médecin et de tuer en tant que nazi, il avait recours à une multitude de "béquilles" psychologiques que je trouve importantes de décrire.

Pour lui il était essentiel de préserver son estime de soi et de minimiser sa culpabilité.

Il y avait bien sur le sens du devoir, le souhait de servir le peuple allemand et sa "croisade" pour imposer un peu de morale et d'humanité dans une entreprise qui en était exempte, quitte à prendre quelques risques, quitte à s'opposer à certains. Il s'imposait une rectitude personnelle qui ne connut que quelques entorses mineures comparées aux excès perpétrés dans le camp.

Plus étonnant, il y eut un amour passionnel et fusionnel pour sa femme et ses enfants. Ils représentaient pour lui la plus belle partie de son être. L'amour qu'il leur portait, son souci de leur bien être et de leur sécurité, justifiaient ses actes les plus horribles. Il était meurtrier par amour. Pouvait on lui reprocher d'être amoureux? Le père si tendre avec ses enfants pouvait il être un monstre?

Son père et son frère lui demandaient de rester dans le camp et d'y faire le plus de bien possible. Il avait leur caution et il pouvait à l'occasion les accuser d'être responsables de ses tourments.

Il avait recours à divers transferts. S'apitoyer sur le sort de sa famille ou le dilemme d'avoir à décider ou non d'euthanasier son chien lui permettait d'oublier ce qu'il faisait à d'autres êtres humains.

Sauver des prisonniers, recevoir les signes de leur reconnaissance, lui permettait de considérer qu'il faisait aussi le bien. Ce qui était le cas.

Il se réfugia dans la religion, se convainquit que son oeuvre était sacrificielle et d'ordre divin.

Il somatisait beaucoup, souffrait dans sa chair du mal environnant.

Il était primordial pour lui de croire que Hitler n'était pas au courant de ce qui se passait dans les camps. Sinon, toute son idéologie s'écroulait.

Un homme de bien se devait d'être le témoin de ce qui se passait, devait même y prendre part, toucher à cette réalité monstrueuse.

Et puis, il y avait aussi le suicide comme issue, la possibilité d'éviter de se confronter au sens de ses actes.

En 1945, Eduard Wirths fut fait prisonnier par les anglais. Un officier lui serra la main et observa aussitôt qu'il venait de serrer la main d'un homme responsable de la mort de quatre millions d'êtres humains. Dans la nuit, Wirths se suicida.

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 18 Mar 2013 - 10:56


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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 18 Mar 2013 - 12:45


Quand La Guerre Est Déclarée est passé à Cannes, j'ai immédiatement eu très envie de le voir. Un film d'auteur positif, racontant la lutte de parents contre le cancer de leur enfant, une histoire vraie interprétée par ceux qui l'ont vécue.

Le voir mais surtout pas au cinéma. Sangloter pendant tout le film, entouré d'inconnus, pas question.

Alors j'ai attendu. Je l'ai vu et j'ai été très déçu.

Je n'ai pas aimé le style, les effets de mise en scène, les clins d’œil trop appuyés à la Nouvelle Vague. Surtout, je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotion. Pourtant, le pire des films, la moindre série américaine standardisée peut m'émouvoir au détour d'une scène sans la moindre imagination.

Quand j'ai vu La Rafle à la télé, je m'attendais à ne pas aimer. J'avais raison. Mise en scène bancale, clichés, dialogues approximatifs, jeu d'acteur inégal. Il y eut pourtant cette scène à la fin qui me fit pleurer. Celle où l'infirmière retrouve un des enfants dont elle s'était occupé avant leur départ pour un camp.

Mes émotions cinématographiques sont sélectives.

Je me rends compte qu'une situation en soi ne m'émeut pas vraiment. La souffrance, la détresse, la mort d'un personnage ne va pas particulièrement me toucher. Tout comme le cinéma d'épouvante ne m'a jamais fait peur et les films violents ne m'ont jamais rebuté. Tout ça c'est du cinéma. Déjà adolescent une tête qui éclatait dans un film (c'était à la mode à une époque) me faisait rire alors que certains sujets du JT me glaçaient d'effroi.

Mon émotion au cinéma est toujours empathique. Je ne vais pas souffrir de voir un personnage mourir, je vais souffrir de la tristesse que cette mort va provoquer chez un autre personnage.

Mais ce ne sont pas les événements les plus dramatiques qui vont le plus m'émouvoir. C'est l'expression de sentiments entre des amants ou entre un parent et son enfant.

Cette empathie extrême pour les sentiments entre un père ou une mère et son enfant m'a toujours surpris, moi qui me suis tant éloigné affectivement de mes parents. J'ai l'impression qu'elle est née quand je suis devenu père. Mon plus ancien souvenir d'avoir été submergé par une telle émotion est quand j'ai vu La Chambre Du Fils de Nanni Moretti. C'était en 2001, mes ainés étaient tout petits. Un film sur la perte d'un enfant m'avait complètement chamboulé.

J'ai récemment vu Amour. C'était mon premier Haneke. Jusqu'ici, la réputation d'entomologiste froid et voyeuriste du réalisateur m'avait tenu éloigné de ses films.

La diversité des réactions, toujours fortes, des critiques avait suscité ma curiosité. La majorité voyait dans le film une ode touchante à l'amour. Certains y voyaient un film d'horreur, insupportable par son exhibition de la déchéance provoquée par la maladie. D'autres enfin faisaient à Haneke le reproche habituel du manque d'empathie pour ce qu'il montrait.

Le film m'a énormément touché. En soi, la description de la maladie, de ses effets humiliants sur le personnage d'Emmanuelle Riva, l'avancée inexorable vers la mort, ne m'ont ni choqué (Haneke suggère plus qu'il ne montre), ni profondément ému. Par contre, l'émotion constamment contenue de Jean Louis Trintignant et celle plus rare et plus démonstrative d'Isabelle Huppert ont eu prise sur moi. On sait qu'on regarde un immense comédien dans le film d'un grand réalisateur quand l'émotion nait d'une absence d'émotion apparente.

Haneke a fait le film idéal pour un spectateur comme moi. Un film qui génère des émotions qui font venir les larmes aux yeux, les empêche de couler comme une rivière, les fait refluer par des moments de répit, puis revenir au bord des yeux, en libère quelques unes de temps en temps parce que cela fait du bien. Une émotion forte mais contrôlée, respectée.

Certaines scènes sont sublimes.

Plusieurs fois, Trintignant est obligé de porter ou de soutenir sa femme. Ces gestes pratiques et pénibles sont chorégraphiés et filmés de telle manière qu'on ne peut pas ne pas penser à des étreintes amoureuses.

Et puis il y a ce moment magique. Tellement furtif que j'ai cru me tromper et ai du revenir en arrière pour vérifier. Trintignant aide Riva à marcher. Rapidement, l'exercice devient pénible. Elle souffre terriblement. Alors, Trintignant, désemparé, esquisse le mouvement d'un baiser, aussitôt avorté. Cela a duré un dixième de seconde, dans un plan large. C'est ça la vie.

Le film est déjà visible dans son intégralité sur Youtube, ce qui n'est pas une bonne chose. Je le mets pour cette scène qui commence vers 55:30.



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Message par Doinel le Mar 19 Mar 2013 - 0:57


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Message par Invité le Mar 19 Mar 2013 - 6:44

Laughing

Tellement exact !!!!

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Message par Doinel le Mar 19 Mar 2013 - 9:30

Quelques ours pour toi...






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Message par Invité le Mar 19 Mar 2013 - 10:28

Pété de rire

"Crunchy-Chewy", j'adore !

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Mar 19 Mar 2013 - 10:55

J'ai découvert les dessins de Gary Larson il y a une vingtaine d'années, par l'intermédiaire d'un ami Z allemand. Il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans cet univers absurde et cet humour parfois si décalé que certains dessins sont carrément des casse têtes à comprendre. Puis je suis devenu fan, au point qu'on m'a offert l'intégrale (deux énormes volumes).

Encore quelques uns...













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Message par Invité le Mar 19 Mar 2013 - 11:44

La dernière est sublime.
C'est l'une des formes d'humour que je préfère.

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Message par Invité le Lun 1 Avr 2013 - 20:13

Un ptit coucou par ici. Pour Toi

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Message par fleur_bleue le Lun 22 Avr 2013 - 9:18

Coucou Doinel, ça va? Bisous

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 22 Avr 2013 - 10:23


Bonjour Fleur. Ca va bien merci. Ces derniers temps, je n'ai eu envie ni de lire ni d'écrire sur ZC. Ca reviendra!

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Message par Invité le Lun 22 Avr 2013 - 11:28


Bonjour Doinel! sunny

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 22 Avr 2013 - 11:53


Bonjour à toi Steph! Bisous

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Doinel le Lun 22 Avr 2013 - 12:16

En ce moment, je repeuple mon iPod après un crash.

Un peu de Luke Haines...




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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Invité le Lun 22 Avr 2013 - 12:57

Oui oui, de la musique! Hourra !

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Re: Je suis Alphonse Doinel, le fils d'Antoine

Message par Harpo le Lun 22 Avr 2013 - 13:42

Doinel a écrit:Il y a quelques années, à Montréal, je suis allé voir Eternal Sunshine Of The Spotless Mind de Michel Gondry.

En sortant du cinéma, j'étais mitigé. Je trouvais le film assez bancal, je n'avais pas adhéré à tous les partis pris de la mise en scène, j'avais trouvé certaines scènes maladroites, voire ridicules. Cependant le film m'avait touché, un peu. Je ne regrettais pas de l'avoir vu.

...

Jim Carrey c'est moi, Kate Winslet c'est elle. Cette histoire d'un homme qui décide par dépit d'imiter son ex en se faisant effacer tous les souvenirs qu'il a d'elle, cet homme qui, pendant qu'on procède à l'effacement systématique de chacun de ces souvenirs, lutte désespérément dans ses rêves pour en garder au moins un, c'était moi pendant toutes ces années.

Et ces deux anciens amants qui se retrouvent à un rendez vous dont ils n'ont même pas conscience, cette femme qui le drague, cet homme décontenancé qui résiste mollement, ce nouveau couple qui risque de se former en ayant oublié tout le mal que chacun à fait à l'autre, qui va par la force des choses découvrir ce passé et va devoir décider que faire... Nous étions ces deux anciens amants à cet instant précis.

Hello Doinel !

Je suis allé déterrer ce que tu avais écris sur ce film, et ce que cela disait de ton histoire. Il se trouve que j'ai vu ce film il y a quelques jours. Comme toi, je n'étais pas seul en le visionnant.

Comme toi aussi lors de ta première vision, je suis très mitigé. Ce qui m’embête, d'entrée, c'est de voir les ficelles, de comprendre très rapidement ce qui va se passer. J'ai besoin de magie, de me laisser prendre par les images, l'histoire, et là je ne pouvais plus, je réfléchissais avant de ressentir. Le scénario est tordu, bien ficelé, mais surtout malin. Les indices sont disséminés un peu partout pour relier le tout, et au bout d'un moment ça m'agace, je n'arrive pas à entrer dans le jeu. C'est un bon film, certes, mais je ne suis pas touché.

Heureusement, il y a la fin. Ce couple qui se retrouve, malgré tout, après s'être tout dit via cassettes audio interposées, surtout sur leur impossibilité de vivre ensemble. L'agacement, l'ennui, le mal que l'on s'est fait. Et malgré tout l'acceptation de ce constat, et le droit à une deuxième chance. Maintenant, on sait, alors banco ! Comme si il fallait le temps d'un film pour entrer dans une relation "adulte". Soudain, tout d'un coup, cette histoire (trop) bien ficelée, maline, vient croiser ma vie, mon expérience, et je peux enfin entrer. Bon, entrer dans les dernières minutes ne permet pas vraiment d'aimer totalement un film Wink

Voilà, un clin d’œil en passant.


Harpo
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